Introduction au titre I
p. 257-258
Texte intégral
1Lors d’un discours du 4 décembre 1841, le Bâtonnier de l’Ordre des avocats à la Cour d’Appel de Paris, Me Marie, s’exprimait ainsi :
“ Liberté dans la discipline, égalité dans la hiérarchie, individualité dans l’unité, tel est notre Ordre. Jamais, en vérité, on n’a mieux réalisé jusqu’ici le problème de l’association et jamais non plus, l’association n’a eu une destinée plus grande, plus morale, plus féconde ”1053.
2A travers cette présentation se dessine le premier et le principal acquis du xixème siècle : la renaissance du collectif. Intervenue dans le premier tiers du siècle, celle-ci apparaît comme difficile : initialement placés sous tutelle impériale, les ordres d’avocats ne renaissent véritablement qu’avec les ordonnances royales de 1822 et 1830, qui leur rendent leurs atours d’antan tout en leur conférant une aura inégalée (Chapitre I). Au terme de cette reconstruction laborieuse, il revient aux avocats eux-mêmes de s’attacher à établir les conditions d’épanouissement de leur fonction. L’avocat apparaît alors comme tiraillé entre la relation privilégiée qu’il se doit d’établir avec son client et la nécessité de trouver sa place dans la structure judiciaire, notamment à travers ses rapports avec le juge ou le ministère public. Dans cette perspective, les membres du barreau de Marseille participent d’un mouvement plus large, qui tend à redéfinir les modalités de la défense.
3Les enjeux locaux qui marquent la vie du barreau marseillais, n’apparaissent pas singuliers, mais bien plus comme des révélateurs, au sens photographique du ternie, d’une homogénéité nationale, dont le symbole est l’indépendance.
4Cette indépendance se décline de deux manières : à travers la reformulation d’une éthique professionnelle systématisée, sanctionnée par l’autorité disciplinaire du Conseil de l’Ordre (Chapitre II), et au fil de l’activité quotidienne de l’avocat qui confronte l’indépendance retrouvée aux nécessités du fonctionnement de l’appareil judiciaire, à travers quelques batailles de première importance comme celles pour le Tableau ou pour le secret professionnel (Chapitre III).
Notes de bas de page
1053 Yves OZANAM, L’Ordre des avocats à la Cour d’Appel de Paris vu par ses Bâtonniers : analyse d’un siècle de discours de rentrée (1810 - 1910), R.S.I.H.P.A., n° 5, 1993, p. 118.
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