Avant-propos
p. 5-6
Texte intégral
1Le volume que nous présentons ici est issu d’une école doctorale d’été consacrée aux enjeux méthodologiques des données quantitatives et sérielles en économie et en histoire, qui s’est tenue en août 2014 à Saint-Lambert-des-Bois. Elle rassemblait des doctorants des deux écoles doctorales de l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne (ED 113 et ED 465), leurs directeurs de thèse ainsi que quelques collègues et doctorants particulièrement compétents, invités à se joindre à nous, qui ont accepté de jouer le jeu, pour notre plus grand plaisir (on pense à Pierre Gervais et à Michel Armatte)1.
2L’expérience initiale s’est poursuivie par un séminaire qui s’est réuni régulièrement en 2015 et 2016 afin de préparer cette publication. Celle-ci constitue donc le résultat matériel d’une réflexion collective menée entre chercheurs, enseignants-chercheurs et doctorants de deux disciplines différentes.
3Les contraintes actuelles de l’évaluation des unités de recherche nous ont conduit à indiquer les appartenances institutionnelles des auteurs à la date de publication et non à la date de préparation des textes. Cela permet de voir le devenir des jeunes collègues associés au projet, mais brouille le lien de l’entreprise avec l’université Paris 1, que nous précisons ici. Philippe Lefeuvre, Louise Quillien, Jean-Christophe Ballois-Proyart, Djouhra Kemache, Tristan Jacques et Cédric Quertier étaient inscrits dans l’école doctorale d’histoire (ED 113) et accueillis dans trois laboratoires d’histoire de l’université Paris 1 : ARSCAN (UMR CNRS 7041), le LAMOP (UMR CNRS 8589) et l’IDHES (UMR CNRS 8533). Cléo Chassonery-Zaïgouche, Léontine Goldzahl, Charlotte Levionnois, Erich Pinzon-Fuchs, Pierrick Déchaux et Robin Hege, étaient inscrits dans l’école doctorale d’économie (ED 465) et tous accueillis au Centre d’économie de la Sorbonne (UMRCNRS 8174).
4Le plan général de l’ouvrage a été construit pour restituer les étapes successives de la réflexion. Les participants ont choisi de traiter de l’un des maillons du raisonnement à partir de leur propre recherche, c’est-à-dire de leur pratique, de leur matériau empirique, de leur questionnement. Les contributions de chacun ont ensuite été discutées collectivement. L’exercice a été l’occasion pour les doctorants d’écrire des articles réflexifs qu’ils n’auraient peut-être pas écrits sans cela. Il a été également l’occasion, pour les chercheurs qui ont travaillé avec eux de préciser leurs positions épistémologiques sur ces points.
5L’une des règles du jeu instituées lors des journées d’août 2014 était de mettre les « seniors » à contribution en leur faisant présenter non seulement des problématiques introductives, mais aussi des papiers de travail sur des sujets concernant leurs recherches. On trouvera ici la trace de cette organisation. Les parties sont introduites par des textes écrits par des chercheurs et enseignants-chercheurs encadrant des recherches. Cinq enseignants-chercheurs se sont rassemblés pour donner deux papiers originaux en ceci qu’ils se sont efforcés de faire travailler ensemble des périodes (Feller et Margairaz) ou des disciplines différentes (Chaserant, Claustre, Gramain). La place la plus grande a cependant été donnée aux doctorants : huit contributions sur les treize que compte ce volume.
6Le choix éditorial a été fait d’encadrer chaque partie par une introduction méthodologique et problématique confiée à un « senior » dont le but était de faire l’état de la question, de poser les enjeux méthodologiques et épistémologiques de la partie et de présenter les contributions afin de résumer les apports propres de chacune et de ramener ce qui devait constituer leur unité. Le rapprochement dans une même partie de contributions sur l’économie de temples mésopotamiens et sur l’usage de méthodes expérimentales en économie ne va certainement pas de soi : la préparation de ces introductions a été l’occasion de réfléchir en commun aux concepts implicitement ou explicitement mobilisés et, en retour, d’infléchir les textes proposés par les différents auteurs. Cela a été possible parce que la discipline du séminaire a été tenue et que les auteurs ont effectivement été présents à la plupart des séances (six par an), soit physiquement soit par vidéoconférence. Les organisateurs ont été frappés par le sérieux et l’assiduité des participants, par la qualité de leur argumentation dans les discussions, animées par Agnès Gramain, comme par leur aptitude à se familiariser, au fil des échanges, avec les problématiques et les méthodes de raisonnements des deux disciplines. Économistes et historiens des différentes périodes ont ainsi osé mettre en jeu leurs convictions initiales, sans pour autant céder en rien à leurs exigences de cohérence méthodologique.
7Si notre objectif est atteint, ce dont le lecteur jugera, L’évident et l’invisible offre à qui le souhaite un cheminement d’ensemble cohérent ; il peut se lire de manière discursive, d’un point de départ à un point d’arrivée. Le parcours n’ira pas sans quelques redites, inévitables pour préserver une autre pratique du livre, celle d’une lecture parcellaire ou fragmentée. Nous avons en effet veillé à ce que chaque chapitre puisse aussi se lire comme un tout, mis en perspective par l’introduction de la partie dans laquelle il se place2.
Notes de bas de page
1 S’agissant d’une expérience pédagogique à travers un thème de recherche, il n’a pas été jugé nécessaire d’étendre démesurément l’équipe mobilisée.
2 Sur ce point, il fut possible de ne pas choisir ; sur d’autres, la cohérence d’ensemble a exigé quelques entorses aux us et coutumes des disciplines. C’est le cas notamment pour la bibliographie, qui surprendra le lecteur économiste.
Auteurs
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Laurent Feller
Lamop (UMR 8589 CNRS, université Paris 1 Panthéon-Sorbonne)
-
Agnès Gramain
BETA (UMR université de Lorraine, université de Strasbourg, CNRS 7522, INRAE 1443, AgroParisTech)
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