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    Plan détaillé Texte intégral Un flottement doctrinal de la SFIO Les données nouvelles pour les enseignants et le Parti socialiste SFIO Les socialistes et la question laïque Les enseignants face à la SFIO et la SFIO face aux enseignants Notes de bas de page Auteur

    Le parti socialiste entre Résistance et République

    Ce livre est recensé par

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    Table des matières

    La SFIO et le monde enseignant

    Jacques Girault

    p. 293-306

    Texte intégral Un flottement doctrinal de la SFIO Sur la fonction publique Sur l’école Sur les rapports avec les enseignants Sur le syndicalisme Les données nouvelles pour les enseignants et le Parti socialiste SFIO Les socialistes et la question laïque L’espoir d’un accord La question laïque devient un enjeu Vers le choix d’un combat laïque prioritaire Les enseignants face à la SFIO et la SFIO face aux enseignants Quelle est la place des enseignants ? L’intervention socialiste face aux revendications des fonctionnaires et du monde enseignant Comment arrive-t-on au choix de l’autonomie dans la FEN ? L’intervention socialiste du cercle Jean Jaurès En guise de conclusion Notes de bas de page Auteur

    Texte intégral

    1Les instituteurs apparaissent comme des alliés du socialisme. Pendant longtemps les socialistes se méfient des professeurs qui, selon eux, transmettent un enseignement pour les couches sociales dominantes, un enseignement de classe.

    2Après la guerre, se pose pour chaque parti politique la question de son assise sociale. Les enseignants espèrent la rénovation du pays et redeviennent une clientèle électorale. Les socialistes n’ont jamais brillé par leurs analyses des questions enseignantes qui, pour eux, relevaient des associations corporatives ou des groupes laïques.

    3L’expression « monde enseignant » paraît mal adaptée puisque ces femmes et ces hommes se caractérisent par des conditions de vie ou de culture hétérogènes. Le secteur public en occupe environ les trois-quarts et se dilate (191 000 en 1946, 255 000 en 1954). Les instituteurs représentent 88 % en 1946, 74 % en 1954. Les femmes, surtout dans l’enseignement primaire, dominent (68 % en 1946, 63 % en 1954).

    4Dans les groupes parlementaires socialistes, les enseignants progressent (37,4 % en 1945, 47,2 % en 1946). Parmi eux, le pourcentage des instituteurs baisse au détriment des professeurs1. Dans notre enquête sur les dirigeants du Syndicat national des instituteurs (SNI) des années 1930, sur les 92 qui exercent toujours des responsabilités syndicales après la Libération, 68,5 % appartiennent au Parti socialiste SFIO ou en sont des sympathisants.

    5Le taux de syndicalisation des enseignants augmente sensiblement (63 % en 1936, 83 % en 1946). Il varie selon les statuts. Chez les professeurs, le poids des organisations corporatives se renforce. L’engagement, souvent aux côtés de la Résistance, des instituteurs emporte la confiance des socialistes.

    6 Dans le Parti, les enseignants jouent un grand rôle. Pierre Métayer estime que les instituteurs animaient avant la guerre 2500 des 4000 sections socialistes du pays et ajoute : « je suis certain que la proportion est actuellement la même »2.

    Un flottement doctrinal de la SFIO

    Sur la fonction publique

    7La reconstruction de l’État place au premier plan la fonction publique dans une administration rénovée. Il faut lui donner des conditions de vie à la hauteur des tâches que l’on attend. Mais le Parti socialiste accepte la politique d’économies qui touche les fonctionnaires, puis remet en cause ces choix à la suite de leur mécontentement. La question du reclassement les conduit à des grèves à participation enseignante. Les débats sur le projet de Sécurité sociale pour les fonctionnaires accentuent le malaise, alimenté par les réticences de leurs mutuelles. Les rectifications tactiques se produisent dans un contexte syndical où les socialistes ne veulent pas s’aliéner les militants de Force ouvrière, nombreux chez les fonctionnaires.

    Sur l’école

    8Les socialistes veulent réformer le système scolaire. A la veille des résultats de la commission présidée par le socialiste André Philip sur l’aide aux écoles libres, Robert Verdier annonce les lignes directrices d’un programme de réformes de l’école : indépendance de l’université, liberté de pensée, respect des croyances, « préparer et renforcer, par le brassage de toute la jeunesse, dans les écoles, la cohésion et l’unité nationales », « nationalisation de l’enseignement », « service public sous le triple contrôle de l’État, des représentants du personnel enseignant et des représentants des familles »3. Dans l’immédiat, il faut restaurer le système de la IIIe République. Cette attitude répond à l’offensive du MRP sur le thème de la liberté de l’enseignement.

    9Le congrès du Parti socialiste de mars 1946 adopte un manifeste aux peuples de France et de l’Union française affirmant :

    « Éduquer est la condition du relèvement de la France et de la marche au socialisme. »

    10Dans les faits, l’enseignement ne constitue pas un sujet prioritaire pour les socialistes. La gestion du ministère de l’Éducation nationale semble leur suffire. A partir de la fin de 1948, sous l’impulsion de Maurice Deixonne, un ensemble programmatique s’élabore.

    11Faute d’une politique générale en matière scolaire, les socialistes confient à leurs élus locaux les domaines scolaires et éducatifs. Il en résulte des différences dans les traitements et les réponses données.

    Sur les rapports avec les enseignants

    12Dans un premier temps, les socialistes imaginent un système où la sécurité des enseignants serait garantie par les diplômes et la neutralité des autorités. Des propositions socialistes à l’Assemblée consultative pour réparer les mesures de Vichy par le reclassement des enseignants s’avèrent peu compatibles avec les mesures budgétaires. Après avoir décrit la mauvaise situation des instituteurs, un membre du cabinet du ministre de l’intérieur, en juillet 1946, avertit :

    « [...] le Parti socialiste a peut-être intérêt à prendre dans toute la mesure du possible la défense d’une classe où il a toujours trouvé des soutiens fervents et efficaces »4

    13Après l’accession de Guy Mollet au secrétariat général du Parti s’amorce une nouvelle attitude vis-à-vis des questions scolaires et du personnel enseignant. Dans le « redressement du parti » envisagé, ces questions tiennent une bonne place.

    14Dans la période suivante, la tactique « de la Troisième force » repose sur l’alliance avec le MRP, principal partisan de l’enseignement libre. Dans les discussions internes au Parti socialiste, le besoin apparaît de satisfaire les enseignants sur l’orientation laïque. Aussi parfois met-on en doute le fait que le Parti prenne toujours à cœur les revendications enseignantes.

    Sur le syndicalisme

    15Les rapports des socialistes et des syndicats reposent sur des principes : pas d’immixtion du politique sur le terrain syndical, respect de l’indépendance du syndicalisme, obligation statutaire de se syndiquer, maintien de « liens étroits »5 entre le Parti et les syndicats. Ces positions se trouvent remises en cause par le modèle communiste et, depuis la réunification de la CGT, par la domination des communistes dans la plupart des syndicats. Des groupes socialistes d’entreprise (GSE) se développent faisant parfois double emploi avec les groupes « Force ouvrière ».

    16Ces inflexions perturbent l’image d’un socialisme respectueux de l’indépendance du syndicat dans les luttes de l’automne 1947. Le Parti socialiste SFIO prend parti dans le processus scissionniste. Il en résulte un désaccord avec les enseignants qui choisissent l’autonomie.

    Les données nouvelles pour les enseignants et le Parti socialiste SFIO

    17Les socialistes veulent corriger l’héritage de Vichy : faveurs aux écoles libres, tassement de la proportion des élèves de l’enseignement primaire public (82,3 % en 1936, 79,4 % en 1946). Le Parti n’a ni les forces ni une politique élaborée pour l’éducation nationale. Il appuie les propositions syndicales.

    18– La situation économique laisse peu de possibilités, d’où le retard mis pour satisfaire les fonctionnaires. L’Éducation nationale ne constitue pas une priorité comme le déplorent ses ministres socialistes. Le recrutement difficile des instituteurs vient du peu d’attirance pour un métier sous-payé.

    19Le retard économique et le manque de main-d’œuvre expliquent une des priorités socialistes : l’enseignement professionnel. Mais c’est le gouvernement dirigé par le MRP Robert Schuman qui crée, en novembre 1947, un secrétariat d’État à l’enseignement technique confié au radical André Morice, coup de canif à l’hégémonie socialiste sur l’Éducation nationale.

    20– Pour préparer la réforme de l’enseignement « complète » et sans « raccommodages » (Verdier), Paul Langevin préside la commission. Les députés socialistes, en décembre 1946 puis en janvier 1947, proposent une résolution « tendant à inviter le gouvernement à hâter la conclusion de la commission de la réforme de l’enseignement ».

    21Quand les résultats arrivent, l’accueil des socialistes reste discret tandis que les communistes se saisissent des propositions pour déposer un projet de loi correspondant à ses objectifs. Pour l’élection du rapporteur, un communiste et une MRP arrivent à égalité de voix tandis que le socialiste Deixonne se trouve distancé. Le communiste Roger Garaudy, plus jeune, doit céder la place alors que les socialistes s’abstiennent. Cet épisode traduit le malaise créé à propos de la réforme de l’enseignement. Désormais les socialistes préconisent des mesures isolées s’inspirant des remarques de la commission mais aussi empruntées à d’autres sources.

    22– La prise de responsabilités. Deux ministères s’occupent des enseignants, l’Intérieur, pour les dossiers de la fonction publique, et l’Éducation nationale. Les socialistes détiennent ces portefeuilles, avec pour ce dernier le professeur d’École normale Marcel-Edmond Naegelen (janvier 1946-février 1948), puis Édouard Depreux jusqu’en juillet 1948. La présence de socialistes à la tête de ministères met indirectement au service du Parti les administrations et particulièrement les Renseignements généraux. En 1945 et 1946, ceux-ci s’intéressent peu aux organisations enseignantes. Pour le choix des collaborateurs des cabinets des ministres, souvent les techniciens occupent ces fonctions, sans qu’ils appartiennent au Parti. L’action des ministres fait l’objet de fiches d’Arguments et Ripostes. Toutefois, ils peuvent être victimes de manœuvres, de résistances administratives ou de décisions d’autres ministres.

    23Les groupes parlementaires jouent souvent un rôle de transmission en direction des ministères. Ses commissions préparent les questions ; son responsable Deixonne tient une place décisive. D’anciens responsables du syndicat des instituteurs participent à la commission de l’Éducation nationale de l’Assemblée nationale dont tous les membres socialistes ont enseigné, avec une forte majorité d’instituteurs.

    24– La poussée syndicale touche le monde enseignant. La commission Philip, comprenant des syndicalistes de la Fédération générale de l’enseignement, présente ses conclusions devant le comité directeur du Parti. Lors de la discussion critique, Verdier « voudrait connaître la réaction du syndicat des instituteurs devant le projet »6.

    25Les communistes occupent des postes de responsabilités dans les syndicats, phénomène nouveau. Les socialistes se demandent comment respecter l’indépendance du syndicalisme et intervenir en tant que Parti. En raison de la présence communiste, ils pensent qu’il ne faut pas être absent.

    26L’association des syndicats enseignants à la gestion de la profession, interrompue sous Vichy, s’accentue sous l’impulsion des ministres socialistes. La Quinzaine de l’école laïque, lancée en juin 1946, associe au ministère la Fédération de l’Éducation nationale (FEN) et la Ligue de l’enseignement. En janvier 1947, la FEN et son centre d’études et de documentation laïque créent des Cahiers pour la défense de l’école laïque, avec un responsable, le communiste Paul Delanoue.

    27Les rapports avec le SNI pour la défense de l’école laïque ne cessent pas. Après des difficultés dues aux ambiguïtés socialistes, la sérénité revient. Avant d’aller protester auprès du Président du Conseil Schuman contre le décret Poinso-Chapuis, en mai 1948, une délégation du comité directeur du Parti rencontre René Bonissel, dirigeant syndicaliste et militant socialiste7. Avant l’examen à l’Assemblée, ils consultent le SNI. Pourtant des tensions traversent le Parti sur les questions de l’école et des enseignants.

    28– Dans un contexte syndical perturbé, les socialistes favorisent les Amis de Force ouvrière sans s’immiscer dans les affaires syndicales. La présence parallèle de GSE et de groupes Force ouvrière créent un contrepoids à l’influence communiste, mais leur coexistence peut renforcer des ambiguïtés. La direction du Parti s’accorde sur la tactique des GSE qui ne doivent pas pousser à la scission syndicale

    29En dépit de ces efforts, les socialistes divergent à la fin de l’année 1947. Autour de Guy Mollet, on estime que chaque fois qu’il y a eu action des socialistes, « leur influence a été heureuse et profitable à l’ensemble des masses laborieuses »8. Pour Max Lejeune (Somme), minoritaire, la reconquête de la classe ouvrière s’impose car :

    « Nous avons perdu pied dans la CGT dans la mesure où nous n’avons pas suffisamment obtenu audience de la classe ouvrière qui s’est laissée tromper ».9

    Les socialistes et la question laïque

    L’espoir d’un accord

    30Les socialistes devront gouverner avec les démocrates chrétiens. Les fédérations de l’Ouest, constatant la politique du MRP dans la région, son alliance avec la hiérarchie catholique, estiment qu’on ne doit pas attendre qu’il respecte la laïcité. Elles obtiennent l’adjonction de la formule « respect intégral de la laïcité » dans la motion votée10.

    31Par la suite, le rappel des grandes idées et attitudes laïques reçoit un accueil favorable des militants puisque la laïcité, « pierre de touche qui permet de distinguer les républicains »11, constitue la condition de la nationalisation de l’enseignement proposée par les socialistes. Des militants souhaitent ne pas réduire la question laïque à un rituel « coup de chapeau »12 et en faire une priorité pour le Parti.

    32La commission d’études sur le statut de l’enseignement privé publie ses conclusions à la rédaction desquelles a pris part le secrétaire du SNI, Jean-Auguste Senèze, par ailleurs militant socialiste. Elles réalisent « un rapprochement sur un régime actuellement acceptable par tous ». Des socialistes les critiquent et demandent l’abrogation des lois de Vichy, y compris les lois scolaires. Ne reprenant pas les prudentes conclusions de la commission, une majorité se dégage à l’Assemblée consultative pour supprimer les subventions en mars 1945. Au lieu d’appliquer la décision dès le mois d’avril, on s’accorde pour ne suspendre les aides qu’à la fin de l’année scolaire. Ce répit permet aux milieux syndicalistes et laïques d’accuser les socialistes de modérer leurs aspirations laïques, et surtout aux partisans de l’enseignement libre de s’organiser.

    La question laïque devient un enjeu

    33Les socialistes donnent l’impression de ne préciser leurs conceptions qu’en réponse aux communistes notamment. Des fédérations opposent aux propositions des dirigeants des rappels explicites aux engagements laïques lors des discussions sur les statuts du Parti, sur les projets constitutionnels ou sur les alliances électorales.

    34L’orientation générale se retrouve dans la déclaration de principes précédant les statuts du Parti mis au point par la Conférence des secrétaires fédéraux, en février 1946,

    « Fermement attaché à la liberté de conscience et à la laïcité de l’État et de l’école, le Parti socialiste a pour action propre de grouper sans distinction de croyances philosophiques ou religieuses la masse des travailleurs de tous genres [...] »13

    35Plus tard, la propagande du Parti amplifie cet engagement en parlant de « laïcité absolue de l’État et de l’enseignement »14.

    36A partir des élections d’octobre 1945, la force du MRP s’affirme ; le programme des socialistes ne pourra plus se réaliser comme ils l’espéraient. Des alliances doivent intervenir mais la laïcité apparaît comme un écueil possible. Des comités de défense de l’école laïque se créent. Des militants peuvent même frôler l’intolérance. Un des remèdes pour conserver une orientation laïque consiste à réclamer le ministère de l’Éducation nationale.

    Vers le choix d’un combat laïque prioritaire

    37La plate-forme défendue par Guy Mollet et ses amis au congrès d’août 1946 amorce une modification dans l’approche des questions laïques et scolaires. Jusqu’alors, selon eux, on a joué la carte de l’unité en essayant de trouver des terrains d’entente avec les communistes et le MRP. Il s’agit maintenant pour le Parti de :

    « mobiliser l’opinion républicaine pour la défense de l’école laïque [...] »15

    38Les dirigeants estiment que l’alliance avec les communistes ne tiendra pas ; ils en envisagent une avec le MRP, l’adversaire, pour l’opinion laïque. Les partisans de l’enseignement libre jouent sur la division de la gauche. Après la mise à l’écart des ministres communistes, la question se pose en termes d’urgence.

    39Lors du congrès du Parti socialiste, en août 1947, les orientations débattues font le silence sur l’enseignement et la laïcité. Dans l’ultime séance, la question du combat laïque rebondit à propos de la tactique pour les élections municipales. La commission des résolutions, dans le cas d’une coalition au deuxième tour, propose un additif :

    « en aucun cas le Parti socialiste ne saurait accepter des alliances dans lesquelles la défense de la laïcité ne serait incluse et la suppression des subventions faites aux écoles dites " libres" absolument sauvegardée »16

    40Le congrès s’embrase ; les sténographes ne peuvent tout saisir. Finalement une majorité de mains se lèvent pour accepter la motion, amendement compris.

    41L’année 1948 permet d’expérimenter la tactique politique de la Troisième force. Ceux qui marquent des distances avec cette tactique invoquent l’argument laïque. Pour Guy Mollet, la participation au gouvernement dirigé par un MRP impose des « concessions importantes » sur la laïcité17, ce qui amène des réactions fermes de socialistes en faveur du combat laïque.

    42Après la difficile nationalisation des écoles des Houillères, une autre épreuve s’annonce. Le ministre de la Santé publique MRP, Germaine Poinso-Chapuis fait publier, le 22 mai 1948, un décret qui permet l’octroi de subventions à des associations familiales pour couvrir les frais de scolarité. Le camp laïque se lève ; le SNI montre sa pugnacité. Pour ne pas provoquer une cassure de la majorité, le groupe parlementaire socialiste vote, le 10 juin, le décret aménagé, tout aussi contesté par les militants laïques. Les socialistes risquent d’être à nouveau accusés d’attitude ambiguë en matière de défense laïque. La France de gauche s’enflamme. Le SNI, qui prépare les états généraux de la France laïque, s’irrite ; L’école libératrice titre :

    « Nous n’avons pu endiguer le courant qui emportait socialistes et MRP vers une transaction sur le décret du 22 mai. Tout au plus, avons-nous conscience d’avoir fait l’impossible pour l’empêcher »18

    43Le congrès national de juillet 1948 inaugure une nouvelle période. Les résolutions en discussion accordent une place à la défense de la laïcité qui devient un argument pour refuser la confiance à la direction du Parti. Les positions se radicalisent. La motion sur la laïcité n’obtient pas la majorité. Blum en demande vainement un réexamen.

    44La montée des atteintes à la laïcité, les questions des militants, les attaques antisocialistes émanant des communistes, des milieux proches de la Ligue de l’enseignement ou de la FEN, amènent la direction du Parti socialiste à adopter, à la fin de 1948, une attitude plus rigide, inspirée par le responsable des questions scolaires, Deixonne. Pour la première fois, une conférence nationale d’information, en janvier 1949, met à son ordre du jour la défense de la laïcité. Le rapport de Deixonne ne donne lieu à aucun débat mais le Bulletin intérieur le reproduit intégralement sous le titre « Le Parti socialiste seul vrai défenseur de la laïcité ». Il y dénonce « les parjures ». Qui vise-t-il ? les militants laïques ? les communistes ? Des responsables syndicalistes s’interrogent d’autant que la confusion règne et que des élus locaux hésitent à s’engager dans la voie préconisée.

    45Cette nouvelle orientation met-elle fin à l’ambiguïté ? Alors que le discours public ne cessait de faire appel aux valeurs de l’enseignement laïque, les pratiques, au niveau gouvernemental, acceptaient des concessions. Rien n’est encore définitif.

    Les enseignants face à la SFIO et la SFIO face aux enseignants

    Quelle est la place des enseignants ?

    46Le Parti se définit dès 1944 comme le parti de la classe ouvrière et comme un parti ouvrier. Il se positionne en concurrent du Parti communiste dans ce secteur social. Reste le terrain occupé, avant la guerre, par les radicaux. Daniel Mayer, le secrétaire général, donne des directives aux secrétaires fédéraux en mai 1945 :

    « Si nous prenons la place du parti radical, cela va nous amener un certain nombre d’hommes dont la venue dans notre parti ne serait peut-être pas sans inconvénient [...] il y a parfois des adhésions qu’il est dangereux de multiplier. En la circonstance nous serions menacés de devenir un parti de fonctionnaires, de professeurs, d’avocats, de médecins et de paysans, des classes moyennes. Nous voulons bien les accepter mais avec une certaine circonspection et à la condition expresse de demeurer avant tout le grand parti de la classe ouvrière »19

    47Le succès escompté en milieu ouvrier ne se produit pas et le Parti recrute surtout des fonctionnaires. Au congrès d’août 1946, la « politique de redressement », préconisée par Guy Mollet, affirme les positions d’un Parti qui défendra la laïcité en faisant appel « au concours actif du corps enseignant et à son action quotidienne au service de la jeunesse et des institutions d’éducation populaire ».

    48Dans le même temps, le Parti lance un appel aux enseignants socialistes pour encadrer les Faucons rouges et les jeunes :

    « Faites appel dans toutes vos fédérations aux camarades de l’enseignement ; ils sauront montrer aux jeunes la voie à suivre et vous les verrez venir dans nos rangs. »20

    49Les dirigeants présentent les instituteurs comme des cadres du Parti. Lors du débat sur l’adhésion au Rassemblement démocratique révolutionnaire, la résolution du congrès en juillet 1948 note que ce mouvement comporte « de très nombreux cadres de l’enseignement de tous degrés », manière de souligner que les professeurs le préfèrent au Parti socialiste. Quand se prépare une nouvelle politique laïque du Parti en 1948, les appels aux instituteurs abondent.

    50Dans les municipalités, les enseignants animent des œuvres péri et postscolaires. Vers 1947, on s’accorde sur le fait que le militantisme socialiste doit passer par des interventions dans d’autres mouvements et que les enseignants doivent occuper une place naturelle dans ce qui gravite autour de l’école. L’attitude laïque paraît être la condition de bons rapports avec les enseignants.

    51Dans le courant de 1946, une campagne laïque se développe à l’instigation du Cartel national d’action laïque, animé par la Ligue de l’enseignement et les syndicats enseignants. Les socialistes participent à ces actions, comme les communistes. Pour chacun la séparation des genres s’avère délicate. Par exemple, le responsable aux questions laïques de la FEN, Paul Delanoue, appartient au Parti communiste alors qu’un responsable de la Ligue de l’enseignement et du SNI, Clément Durand, milite dans les rangs du Parti socialiste. Dans les actions publiques, dans les meetings, ils retrouvent leurs camarades de parti. Après l’adoption du décret Poinso-Chapuis et le vote positif de la plupart des députés socialistes, les militants laïques protestent et notamment le président de la Ligue de l’enseignement, Albert Bayet. Les instituteurs contestent souvent l’attitude socialiste en matière scolaire.

    L’intervention socialiste face aux revendications des fonctionnaires et du monde enseignant

    52La proportion des enseignants dans l’ensemble de la fonction publique recule (30 % en 1936, 17 % en 1946). Une reprise s’amorce (29 % en 1954). Depuis novembre 1947, Jean Biondi, chargé de la fonction publique au gouvernement, s’attaque au reclassement réclamé par les syndicats. L’Union générale des fédérations de fonctionnaires a établi une grille d’indices et de parités. En relation avec le secrétaire général de la FEN, Lavergne, des « retouches » favorables aux enseignants, essentiellement aux instituteurs, sont introduites. Devant ses camarades du Comité directeur du Parti, Naegelen indique avoir sollicité l’aide du SNI pour lutter contre les premières propositions gouvernementales. A qui pense-t-il quand il commente : « Il faudrait quand même que nos camarades soient plus justes envers nous-mêmes » ? Et il annonce « En ce qui concerne la fonction enseignante, c’est la première fois dans l’histoire que l’on obtient un tel résultat ». Maints témoignages montrent une réelle sollicitude de la part du ministre de l’Education nationale envers les enseignants. Une fiche Arguments et Ripostes, en 1950, cite un hebdomadaire qui estime :

    « Le reclassement de la fonction enseignante amorcé par lui était de nature à gagner au ministère socialiste les sympathies du corps enseignant et à assurer des voix à son Parti. »21

    Comment arrive-t-on au choix de l’autonomie dans la FEN ?

    53Le Parti socialiste, tout en respectant l’indépendance syndicale, ne reste pas indifférent aux attitudes syndicales. Après le congrès de la FEN, La Revue socialiste constate que le syndicat veut « prendre toutes les responsabilités qui pourraient lui être confiées »22. Peu après, son responsable Pierre Giraud critique l’évolution des syndicats vers l’autonomie au nom de l’unité dans la CGT « pour faire triompher le principe d’un syndicalisme indépendant »23.

    54Des enseignants s’activent dans les groupes Force ouvrière. Lavergne siège dans la commission administrative issue de la première conférence des groupes en novembre 1947. Lors de la réunion du comité confédéral national de la CGT, les 12 et 13 décembre 1947, il signe, avec Aigueperse, la déclaration de la minorité. Quand les délégués à la deuxième conférence des groupes FO, le 18 décembre 1947, décident de se retirer des organes dirigeants de la CGT, Lavergne annonce qu’il ne peut « accepter la scission » et qu’il travaillera « au rassemblement de toutes les forces ouvrières et démocratiques pour la défense de l’école publique »24.

    55Alors que s’affirme une orientation vers l’autonomie chez les enseignants, la plupart des responsables du Parti socialiste désapprouvent ces choix mais ne l’expriment pas puisque dans l’avenir, ils contrôleront les directions syndicales. D’autres expriment leur désapprobation, comme le secrétaire des cercles Jean Jaurès, Pierre Giraud, dans des articles de La Revue socialiste. En avril 1948, il qualifie la situation dans la FEN de « bon exemple de confusion ». Les dirigeants, particulièrement les instituteurs, « jouant de l’esprit d’unité », créent une situation où « le prix payé pour le maintien de cette unité formelle est excessif ». P. Giraud appelle les enseignants socialistes à rejoindre la CGT-FO.

    56Les socialistes savent que plusieurs dirigeants syndicalistes appartiennent au Parti ; ils ont confiance en eux malgré les tensions à propos de la laïcité. L’attitude des socialistes au moment des résultats de la commission Langevin-Wallon, à partir de l’été 1947, laisse aussi le SNI, soutien actif des travaux du projet de réforme, privé du relais politique susceptible d’impulser la rénovation de l’enseignement. La FEN et ses syndicats continuent de donner régulièrement leurs avis sur les mesures préconisées par les ministres, par leurs cabinets et pour l’élaboration des propositions législatives du groupe parlementaire socialiste25. Ils acquièrent une force particulière tout en ne dépendant pas de l’instance politique.

    L’intervention socialiste du cercle Jean Jaurès

    57Au début de 1945, le prestige des communistes en milieu intellectuel, leur influence dans le syndicalisme enseignant n’apparaissent pas comme des dangers pour les socialistes conscients de leur force. Les premiers résultats électoraux, l’hégémonie communiste dans le syndicalisme confédéré amènent à une autre analyse du rapport avec les intellectuels et les enseignants.

    58Verdier, après avoir rencontré Aristide Beslais, pour réagir contre l’influence communiste26, le 4 décembre 1945, annonce le lancement des « groupes socialistes de l’enseignement » regroupés dans un cercle Jean Jaurès. Les fédérations du Parti doivent former des cercles qui tiennent lieu pour les enseignants de GSE. Leur organisation spatiale pourra varier. Les responsables des unions départementales seront des enseignants. Naegelen, qui préside la réunion inaugurale, insiste sur le choix des responsables, « condition essentielle de succès » et annonce la publication d’« une grande revue du socialisme appelée à créer dans les milieux intellectuels un mouvement favorable à notre pensée et à notre action »27.

    59Le cercle Jean Jaurès lance La Revue socialiste à partir de mai 1946 qui encarte au bout de quelques numéros des « Cahiers du cercle Jean Jaurès ». Son comité de rédaction comprend 12 enseignants sur 17 membres. Elle publie des informations sur les sections locales et les unions départementales. En octobre 1946, elle donne les adresses des correspondants pour 59 départements28. Lors du congrès national de septembre 1946, se réunissent les représentants du cercle dans une trentaine de fédérations29. Cette assemblée prend le nom de conférence nationale à partir de 1948.

    60Le cercle entend contribuer « à l’épanouissement culturel du socialisme »30. L’activité principale des groupes réside dans l’organisation de conférences sur la politique scolaire et universitaire du Parti, sur la politique générale, sur des sujets culturels ou théoriques. Sept articles portent sur l’enseignement dans les trois premières années31.

    61Les groupes du cercle Jean Jaurès entrent en concurrence avec les autres mouvements de militance socialiste. La parution de La Revue socialiste devient épisodique à partir de l’été 1948. Quand elle reparaît au début de 1949, la pagination accordée au cercle se trouve réduite. Une nouvelle période s’ouvre où dominent les questions laïques – et notamment l’intervention socialiste dans l’action péri et postscolaire – et plus politiques comme la paix par, selon les socialistes, la construction du mouvement pour les états-unis d’Europe.

    En guise de conclusion

    62Cette période correspond à la fin de certitudes pour les socialistes qui se résumaient par des signes d égalité mis entre instituteurs et socialistes, professeurs et conservateurs, amenant à penser que les enseignants pouvaient être mobilisés. L’idée de départ que les enseignants, la Ligue de l’enseignement et le Parti socialiste vivaient en osmose connaît de multiples accrocs dans cette brève période. On remet en cause l’idée qu’il suffisait de laisser faire pour assurer de bonnes relations entre le Parti et les enseignants. Ceux-ci deviennent un enjeu disputé par les courants de gauche. Les socialistes restent confiants. Une lettre de Guy Mollet, le 17 juillet 1947, aux fondateurs du mensuel L’Université socialiste évoque les aspirations des socialistes et des enseignants et conclut :

    « Rien d’étonnant à ce que l’éducateur soit si souvent et très naturellement au moins un socialiste en puissance. L’un et l’autre n’ont-ils pas d’ailleurs les mêmes adversaires, l’ignorance, le préjugé, la crainte du progrès et de l’audace réfléchie. »

    63En écrivant ce texte, le secrétaire général ne savait pas que L’Université socialiste, dans sa première version, n’aurait sans doute que deux numéros32 !

    64Le monde enseignant devient un des lieux d’affrontements politiques avec les communistes. Il met en doute très tôt les orientations du Parti socialiste. Dans toutes les contestations internes au Parti, les enseignants se retrouvent dans des postes de direction. Ces divergences portent rarement sur les seules questions enseignantes. Les aspects laïques obligent les députés à tenir compte des luttes touchant ces domaines dans leurs départements où les cadres socialistes appartiennent souvent au corps enseignant (Bretagne, Vendée).

    65La question laïque inquiète d’autant que le Parti socialiste semble ne plus lui accorder la priorité en dépit des assurances récurrentes qui paraissent comme des actes rituels plutôt que des engagements fermes. Une opposition se manifeste entre une base, où souvent les instituteurs abondent, et une direction qui recherche des alliances pour des raisons de politique générale. Elle redoute que les questions laïques fassent éclater une majorité possible et ne se rend pas toujours compte de la portée des concessions faites au MRP. Aussi un créneau se libère-t-il dans lequel s’engouffrent les harcèlements critiques des communistes.

    66Pendant ce temps, impulsé par le syndicalisme, les enseignants commencent à construire les bases multiples d’une intervention gestionnaire d’œuvres sociales, actions qui ne peuvent que convenir au Parti socialiste. Tout se passe comme si un transfert idéologique se faisait du socialisme vers le syndicalisme.

    67Remarquons, enfin, que ces difficultés, ces hésitations des partis socialistes face au monde enseignant se retrouvent à divers moments de l’histoire du socialisme français !

    Notes de bas de page

    1 Je remercie Noëlline Castagnez-Ruggiu.

    2 Conseil national du Parti socialiste SFIO, 27-28 avril 1948, compte rendu sténographique, archives de l’ours, p. 67.

    3 Schéma de conférence « Les controverses sur le problème de la laïcité de l’école », Bulletin intérieur du Parti socialiste SFIO, février 1945.

    4 Archives nationales, CARAN, F la/3252, Rapport de D. Jurgensen, juillet 1946.

    5 Expression qui revient souvent dans les débats.

    6 Comité directeur du Parti socialiste SFIO, 13 mars 1945.

    7 Décision du comité directeur du Parti socialiste SFIO, 26 mai 1948.

    8 Extrait de la motion adoptée au congrès national SFIO, 14-17 août 1947, par 2433 mandats alors que 2361 d’entre eux s’expriment différemment.

    9 Idem.

    10 Congrès national extraordinaire des cadres des fédérations socialistes reconstituées dans la Résistance, 9-12 novembre 1944, compte rendu sténographique, archives de l’ OURS.

    11 Idem, expression employée par Bercegeais (Loire-inférieure).

    12 Idem, intervention de Cottereau, Président de la Libre pensée, militant de la Seine, p. 56.

    13 Conférence des secrétaires fédéraux, Parti socialiste SFIO, 23-24 février 1946, compte rendu sténographique, archives de l’ours.

    14 Dans la fiche « Discours de politique générale », Arguments et Ripostes, octobre 1946.

    15 Bulletin intérieur..., 1er août 1946.

    16 Congrès national du Parti socialiste SFIO, 14-17 août 1947, p. 991.

    17 Rapport à la réunion du Conseil national du Parti socialiste SFIO, p. 10.

    18 17 juin 1948.

    19 Conférence des secrétaires fédéraux du Parti socialiste SFIO, 20 mai 1945, compte rendu sténographique, archives de l’OURS, p. 40.

    20 Congrès national du Parti socialiste SFIO, 11-15 août 1945. Intervention de Capdeville (Seine-inférieure).

    21 Citation de Rassemblement (RPF) du 8 décembre 1950, in Arguments et Ripostes, « Le Parti socialiste au service de l’école publique », fiche 2 [1950].

    22 La Revue socialiste, juin 1946.

    23 Idem, décembre 1946.

    24 Le 19 décembre 1947 : Force ouvrière, Denis Lefebvre (ed.), Paris, Bruno Leprince, Synthèse, 1997, p. 329.

    25 Les archives de Maurice Deixonne témoignent de ces contacts (OURS).

    26 Selon le témoignage de Robert Verdier.

    27 Bulletin intérieur..., février-mars 1946.

    28 Parmi les professions indiquées, 25 instituteurs et 16 professeurs du second degré.

    29 La Revue socialiste, octobre 1946.

    30 Selon l’article d’Aristide Beslais, La Revue socialiste, novembre 1946.

    31 Cinq sont annoncés en couverture.

    32 Selon La Revue socialiste en juillet et en novembre 1947. Ils ne figurent pas dans les collections de l’ours.

    Auteur

    • Jacques Girault

      Professeur, Centre de recherches sur l’Espace, les Sociétés et les Cultures, Université de Paris 13.

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    1 Je remercie Noëlline Castagnez-Ruggiu.

    2 Conseil national du Parti socialiste SFIO, 27-28 avril 1948, compte rendu sténographique, archives de l’ours, p. 67.

    3 Schéma de conférence « Les controverses sur le problème de la laïcité de l’école », Bulletin intérieur du Parti socialiste SFIO, février 1945.

    4 Archives nationales, CARAN, F la/3252, Rapport de D. Jurgensen, juillet 1946.

    5 Expression qui revient souvent dans les débats.

    6 Comité directeur du Parti socialiste SFIO, 13 mars 1945.

    7 Décision du comité directeur du Parti socialiste SFIO, 26 mai 1948.

    8 Extrait de la motion adoptée au congrès national SFIO, 14-17 août 1947, par 2433 mandats alors que 2361 d’entre eux s’expriment différemment.

    9 Idem.

    10 Congrès national extraordinaire des cadres des fédérations socialistes reconstituées dans la Résistance, 9-12 novembre 1944, compte rendu sténographique, archives de l’ OURS.

    11 Idem, expression employée par Bercegeais (Loire-inférieure).

    12 Idem, intervention de Cottereau, Président de la Libre pensée, militant de la Seine, p. 56.

    13 Conférence des secrétaires fédéraux, Parti socialiste SFIO, 23-24 février 1946, compte rendu sténographique, archives de l’ours.

    14 Dans la fiche « Discours de politique générale », Arguments et Ripostes, octobre 1946.

    15 Bulletin intérieur..., 1er août 1946.

    16 Congrès national du Parti socialiste SFIO, 14-17 août 1947, p. 991.

    17 Rapport à la réunion du Conseil national du Parti socialiste SFIO, p. 10.

    18 17 juin 1948.

    19 Conférence des secrétaires fédéraux du Parti socialiste SFIO, 20 mai 1945, compte rendu sténographique, archives de l’OURS, p. 40.

    20 Congrès national du Parti socialiste SFIO, 11-15 août 1945. Intervention de Capdeville (Seine-inférieure).

    21 Citation de Rassemblement (RPF) du 8 décembre 1950, in Arguments et Ripostes, « Le Parti socialiste au service de l’école publique », fiche 2 [1950].

    22 La Revue socialiste, juin 1946.

    23 Idem, décembre 1946.

    24 Le 19 décembre 1947 : Force ouvrière, Denis Lefebvre (ed.), Paris, Bruno Leprince, Synthèse, 1997, p. 329.

    25 Les archives de Maurice Deixonne témoignent de ces contacts (OURS).

    26 Selon le témoignage de Robert Verdier.

    27 Bulletin intérieur..., février-mars 1946.

    28 Parmi les professions indiquées, 25 instituteurs et 16 professeurs du second degré.

    29 La Revue socialiste, octobre 1946.

    30 Selon l’article d’Aristide Beslais, La Revue socialiste, novembre 1946.

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    Ce livre est cité par

    • Riondet, Charles. (2017) Le Comité parisien de la Libération. DOI: 10.4000/books.pur.153530
    • (2001) Librairie. Vingtième Siècle. Revue d'histoire, n o 71. DOI: 10.3917/ving.071.0128
    • Cirefice, Virgile. (2022) « L’espoir quotidien ». DOI: 10.4000/books.efr.44450
    • Cœuré, Sophie. (2001) Andrew Christopher, Mitrokhine Vassili, Le KGB contre l’Ouest. Les archives Mitrokhine (1917-1991) , trad. de l’anglais, Paris, Fayard, 2000, 982 p., 198 F., 30,18 €. Vingtième Siècle. Revue d'histoire, n o 71. DOI: 10.3917/ving.071.0128x

    Ce chapitre est cité par

    • Sawicki, Frédéric. (2004) Histoire des gauches en France. DOI: 10.3917/dec.becke.2005.02.0027

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    Girault, J. (2001). La SFIO et le monde enseignant. In S. Berstein, F. Cépède, G. Morin, & A. Prost (éds.), Le parti socialiste entre Résistance et République. Paris: Éditions de la Sorbonne. https://doi.org/10.4000/books.psorbonne.81022
    Girault, Jacques. « La SFIO et le monde enseignant ». In Le parti socialiste entre Résistance et République, édité par Serge Berstein, Frédéric Cépède, Gilles Morin, et Antoine Prost. Paris: Éditions de la Sorbonne, 2001. doi:10.4000/books.psorbonne.81022.
    Girault, Jacques. « La SFIO et le monde enseignant ». Le parti socialiste entre Résistance et République, édité par Serge Berstein et al., Éditions de la Sorbonne, 2001, https://doi.org/10.4000/books.psorbonne.81022.

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    Berstein, S., Cépède, F., Morin, G., & Prost, A. (éds.). (2001). Le parti socialiste entre Résistance et République. Paris: Éditions de la Sorbonne. https://doi.org/10.4000/books.psorbonne.80767
    Berstein, Serge, Frédéric Cépède, Gilles Morin, et Antoine Prost, éd. Le parti socialiste entre Résistance et République. Paris: Éditions de la Sorbonne, 2001. doi:10.4000/books.psorbonne.80767.
    Berstein, Serge, et al., éditeurs. Le parti socialiste entre Résistance et République. Éditions de la Sorbonne, 2001, https://doi.org/10.4000/books.psorbonne.80767.
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