Conclusion
p. 376
Texte intégral
1En 1947, Paul Ramadier est parvenu, sans l’avoir vraiment cherché, au faîte de sa carrière puisqu’il a tenu entre ses mains la destinée du pays pendant dix mois. Il fut un président du Conseil porté au compromis pour faire revivre en l’améliorant la République parlementaire déshonorée en 1940 ; il désirait la continuité et non pas l’innovation constitutionnelle du général de Gaulle, jugée aventureuse, ou un régime bolchevik, rejeté fermement depuis 1921. Il fut ainsi l’artisan d’une restauration politique dans la tradition parlementaire française. Auriol, Herriot, Ramadier et d’autres formés par la IIIe République ont enfanté la IVe à son image. Les plus jeunes, révélés par la Résistance, n’ont su s’imposer face à ces vieux routiers du parlementarisme sortis intacts de la guerre.
2Socialiste convaincu, il entend pratiquer cet idéal en réformateur ; réaliste devant les situations, il propose aux Français des efforts, du travail et des privations qui avec la démocratie doivent être le gage du salut. Mais les Français impatients demandent des miracles. Ce fut alors une année terrible.
3La France, grande puissance mondiale en 1939, se découvre en 1947 pays de second rang ; elle s’accroche maladroitement aux derniers attributs de sa puissance, les colonies, et se prépare un avenir difficile. Mais pour pallier les malheurs présents elle implore l’aide américaine et se retrouve, bon gré mal gré, dans le camp libéral face au camp communiste. Désormais la conjoncture internationale pèsera lourd sur la situation intérieure. Si le départ des communistes fut avant tout une affaire « hexagonale », leur non-retour au gouvernement fut la conséquence de la guerre froide ; de sorte que la rupture, non calculée, prit après coup une autre dimension.
4En 1947, Ramadier acquiert une stature nationale et internationale. Comment va-t-il poursuivre sa carrière ? L’ultime consécration serait la présidence de la République ; mais il y a peu d’élus ! Sera-t-il désormais, et pour le moins, un pilier des gouvernements ? Ses positions locales seront-elles renforcées ou au contraire, entamées par cette gloire parisienne ?
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