Réflexions sur le fonctionnement des sociétés rurales de l’Ile-de-France aux Espagnes
p. 85-98
Texte intégral
1Dans son grand livre consacré à La crise rurale en Ile-de-France (1550-1670), publié en 1974, Jean Jacquart avait proposé une analyse très élaborée de la société rurale en utilisant la documentation abondante, d’origine surtout notariale, que lui offraient quelques communautés villageoises, notamment Boissy-sous-Saint-Yon, Choisy, Corbreuse, Thiais ou encore Villejuif. Il avait pu suivre pendant plusieurs générations, au moins trois, les destins de familles paysannes dont quelques-unes avaient réussi finalement leur évasion du monde rural. Jean Jacquart avait cru pouvoir conclure que cette société rurale se divisait en trois groupes bien différenciés, même si demeuraient entre ces groupes d’étroites passerelles. Soit :
- le groupe le plus restreint formé de quelques familles qui monopolisaient les plus grandes exploitations et la gestion matérielle (souvent fructueuse) de la seigneurie.
- une classe moyenne de laboureurs, de marchands ruraux, de gens de la basoche.
- enfin, une masse nettement plus fournie d’artisans ruraux, de petits vignerons, d’ouvriers agricoles spécialisés ou de manouvriers1.
2Ces groupes qui abandonnent, à la marge, le monde des errants se caractérisaient par une forte endogamie. La hiérarchisation ainsi obtenue se fondait à la fois sur le statut social des individus (ou des familles) de chaque groupe à l’époque considérée, sur la richesse accumulée, enfin sur le pouvoir détenu. Dépassant les classifications établies en leur temps par « les hommes de cabinet », un Charles Loyseau, un David de Fleurance, notre ami avait voulu savoir comment ces classifications étaient vécues au quotidien, comment les hiérarchies étaient reconnues et qualifiées, quelles réalités avouait le tableau des fortunes, quel était le contenu des pouvoirs exercés par les notables et quels intermédiaires ces notables utilisaient : il avait ainsi affirmé que, parmi les quatre intermédiaires repérés, le plus important était celui du « fermier-receveur », de préférence au lieutenant de bailli, au procureur fiscal et au tabellion2.
3Cette analyse avait été testée grâce à l’étude des destins familiaux évoquée plus haut. C’est ainsi, par exemple, que les 140 inventaires rassemblés pour Thiais et Villejuif (1580-1664) avaient permis d’établir que, du seul point de vue de la fortune, on aurait dû retenir une division en 4 groupes3. Mais Jean Jacquart ne jugeait pas possible de s’en tenir seulement à cette division par la richesse. Et les « solidarités » finalement étudiées, qui mettaient en exergue la famille, la communauté villageoise, la religion et enfin le royaume de France, justifiaient la stratification sociale ternaire retenue par Jean Jacquart4.
4Depuis 20 ans les travaux consacrés aux sociétés rurale de l’Europe occidentale se sont multipliés, de telle sorte qu’il ne serait sans doute pas impossible aujourd’hui de risquer une typologie de ces sociétés. Mon ambition est moindre. Mais, compte tenu de l’abondance et de la qualité des études réalisées à propos des Espagnes, je voudrais proposer quelques réflexions de nature comparative en prenant comme référence le modèle « francilien » de Jean Jacquart et comme objets de la comparaison les sociétés paysannes ibériques.
5Nous sommes particulièrement bien informés à l’égard de la Vieille Castille et du Leon grâce aux travaux de Francis Brumont, Angel Garcia Sanz, Bartolomé Yun Casalilla, David Vassberg, auxquels j’ajouterai ma modeste contribution, relative aux campagnes de Valladolid, et le brillant essai de synthèse de Jean-Pierre Amalric5. La Galice, dont la société rurale a été étudiée en profondeur par la remarquable école d’histoire rurale créée à l’Université de Saint-Jacques-de-Compostelle autour d’Antonio Eiras Roël, illustrée par José Manuel Perez Garcia, Pegerto Saavedra, Ofelia Rey Castelao, etc., offre un deuxième terrain d’analyse bien connu6. Mais la Catalogne, Valence, la Nouvelle Castille, l’Andalousie, voire l’Extrémadure ou Murcie, permettent d’élargir la comparaison.
6En apparence, la Vieille Castille et le Leon proposent, aux XVIe et XVIIe siècles, un modèle de société rurale proche de celui défini par Jean Jacquart. Négligeons le fait que l’économie agraire repose, ici comme là-bas, sur les céréales et la vigne. Il s’agit avant tout, pour reprendre l’expression du maître parisien, de stratification sociale. Soit le travail de Francis Brumont consacré au secteur septentrional de la Vieille Castille : Bureba, Rioja, quelques districts de la Tierra de Campos7. On y retrouve les trois groupes distingués par Jean Jacquart. D’abord, une minorité de « laboureurs riches », qui ont des terres labourables, des vignes, parfois des huertas, un troupeau non négligeable et un train de culture. La valeur de leurs biens excède toujours en fin de XVIe siècle 80 000 maravédis, c’est-à-dire un peu plus de 200 ducats, « plancher » modeste mais leurs ventes annuelles signalent un niveau souvent très supérieur à ce minimum. Brumont a compté 29 individus de ce genre, appartenant à 12 villages différents, auxquels il faut adjoindre une partie des hidalgos (12 % des familles) mais, comme les nobles en Ile-de-France, « peu d’entre eux vivent dans les villages ». La plupart des nobles habitent les petites villes, telles Briviesca ou Nájera. Les curés résidents complètent ce groupe et quelques-uns d’entre eux ne se contentent pas de leur bénéfice, ils font valoir leurs terres en fermage ou s’adonnent à l’élevage des mules.
7Ensuite, une catégorie intermédiaire de petits propriétaires, de condition médiocre, dont la plupart doivent compléter le produit de leurs exploitations par le revenu qu’ils tirent de terres affermées. Dans certains villages (Salas, Castil de Peones) quelques-uns parviennent à un bien-être relatif. Dans d’autres (Solduengo) ils se distinguent à peine des journaliers.
8En troisième lieu, les journaliers. En Bureba, ils ne constituent en 1586 que 6,5 % de la population, pourcentage très faible. Mais dans la vallée de Cayón, sur les marges cantabriques, ils sont déjà 28 % en 1597 ; à Mojados, entre Valladolid et Ségovie, en 1567, sur 259 chefs de famille 80 n’ont que leurs bras et 35 d’entre eux sont qualifiés de « pauvres » ; à Cabezon, près de Valladolid, 143 paysans sur 188 vivent « du gain de leurs journées », autrement dit sont journaliers, et à Santovenia, tout près de la grand’ville, il y a 40 journaliers sur 44 paysans. C’est dire que la diversité domine et que la propriété du sol échappe aux paysans dès que l’on approche d’une métropole. Conclusion banale, qui n’avait évidemment pas échappé à Jean Jacquart8. Comme en Ile-de-France on adjoindra à cette troisième catégorie quelques artisans de village, parfois nantis d’une petite vigne, les bergers et aussi les meuniers qui n’étaient pas plus propriétaires de leurs moulins que ceux des villages de Jean Jacquart. Et aussi les paysans qui ne disposaient que de quelques centaines de pieds de vigne.
9Les nombreux cas présentés par David Vassberg attestent l’irrégularité des situations, même lorsque les villages sont proches, tels Peleagonzalez, Pozo Antiguo et Villardondiego, dans la région de Toro : dans le deuxième de ces villages la masse de la population est formée de journaliers mais ceux-ci ne représentent que la moitié des paysans dans le premier et sont très minoritaires dans le troisième. De même, le grand livre de Bartolomé Yun Casalilla consacré à la Tierra de Campos offre de bons exemples de la catégorie supérieure de la hiérarchie paysanne, ainsi les 35 laboureurs riches de Paredes de Nava qui possèdent chacun plus de 20 hectares de terres et dont les alliances avec les marchands furent, on le verra, fructueuses.
10L’extrême inégalité des fortunes paysannes constatée en Vieille Castille a son symétrique dans « l’ampleur des différences de fortune mobilière » observée par Jean Jacquart puisque l’éventail offert par les 140 inventaires de Thiais et Villejuif s’ouvre de 30 livres à 9 458 ! A Portillo, au sud de Valladolid, on trouve, en 1542, 6 familles riches de plus de 1 500 ducats et l’une de plus de 2 000. A Cigales, un Sébastien de Balboa est un « coq de village » de même rang. A l’inverse, combien de paysans très pauvres dont les inventaires révèlent la misère ! Vêtements usagés, pauvre linge, pauvres meubles, quelques volailles, quelques pieds de vigne...
11Jean Jacquart signalait la forte endogamie géographique et sociale des trois groupes distingués, notamment à l’aide de 202 contrats de mariage enregistrés à Boissy-sous-Saint-Yon. Même réalité en Vieille Castille, qu’il s’agisse des villages de Geria et de Villabañez, près de Valladolid, ou, plus tard, des villages de la Bureba.
12La « communauté paysanne » joue dans les deux régions, Ile-de-France et Vieille Castille-Leon, un rôle essentiel. D’abord parce qu’elle détient une part notable du sol et permet ainsi la jouissance de droits d’usage qui comptent dans la vie quotidienne des ruraux et peuvent fournir part de leur subsistance, même si les communautés paysannes du Hurepoix disposaient de fort peu de bois et d’« usages » rémunérateurs9. Cependant, Boissy-sous-Saint-Yon, Verrières, Illy (avec 200 arpents de bois taillis) avaient quelques communaux. Les villages de Vieille Castille et du Leon possédaient pour leur part des « propios » (communaux) souvent important : ejidos ou pâturages communs, dehesas réservées aux animaux de labour. David Vassberg a insisté à juste titre sur la derrota de mieses qui, en Castille, limitait le droit de propriété à la période comprise entre semailles et moissons, tandis que le terroir devenait d’usage collectif pendant le reste de l’année. Les communautés cantabriques conservaient souvent plus de la moitié du sol en communaux et certains villages, tels Palacios de la Sierra (près de Burgos) ou les villages situés dans la vallée moyenne du Duero, profitaient des coupes de bois que leur valaient leurs forêts.
13En Vieille Castille comme en Ile-de-France, la communauté villageoise constituait une unité fiscale qui gérait à sa manière la collecte et, souvent, la répartition de l’impôt. En Ile-de-France, il s’agissait de percevoir la taille et ses « crues » fixées par les Élus pour chaque village, à quelques exceptions près, voire certaines aides pesant sur la consommation des vins. En Vieille Castille, il s’agissait de même de lever les contributions à l’alcabala, dûes par chaque « vecino » ou chef de famille, puisque les adjudications de la taverne et, le cas échéant, de l’alcabala « du vent » (achats et ventes de propriétés foncières) ne pouvaient suffire à satisfaire le montant global de l’alcabala, fixé par l’administration royale pour chaque village, dans le cadre des circonscriptions fiscales ; c’est dans le même cadre que furent ensuite levées les contributions au service dit des « Millions ».
14L’assemblée générale ou, dans le cas castillan, le concejo, parfois qualifié d’abierto (ouvert), désignait les agents municipaux, sauf lorsque ce privilège revenait au seigneur. Mais presque toujours, en Castille comme en Ile-de-France, les assemblées des communautés choisissaient les gardes forestiers ou les gardes des pâturages, les avoués chargés de défendre les procès engagés par la communauté, le syndic, les collecteurs, éventuellement un agent chargé de la police (alguazil en Castille). S’il y avait lieu, c’était encore ces assemblées qui engageaient un médecin, un barbier-chirurgien ou un maître d’école.
15On aurait tort de négliger l’importante similitude que constitue l’adhésion quasi-unanime au catholicisme romain puisque, observait Jean Jacquart, « la tourmente de la Réforme n’avait pas touché... le peuple des campagnes parisiennes et, tout spécialement, celui de la région étudiée ». Dans les deux modèles en référence « la messe dominicale était le rassemblement de la communauté autour de l’autel » et se soustraire à ce rite à la fois religieux et civique « n’était pas seulement pécher gravement mais aussi se retrancher de la collectivité »10. Dans les deux cas, les dissidences à l’égard de la communion pascale et de la confession annuelle semblent avoir été tout à fait exceptionnelles. Toujours dans les deux cas, les dévotions traditionnelles étaient très suivies : services anniversaires des défunts, processions de « rogations », activités des confréries, dévotions envers la Vierge et les saints, pélerinages et « romerias ». Enfin, ici comme là, l’effort catéchistique a été considérable, renforcé par les prédications et les missions, et semble avoir obtenu des résultats, notament à propos de la connaissance des vérités de la foi et des prières essentielles11.
16J’ajouterai que la Nouvelle Castille ne fait qu’exagérer le modèle « Vieux Castillan ». Toutefois, la société rurale s’y réduit souvent à deux groupes : celui des notables et des coqs de village (yillanos ricos) qui sont à la fois moins nombreux et plus riches que dans le nord de la Meseta puisque Noël Salomon, utilisant les Relaciones Topográficas, a rencontré en Nouvelle Castille des laboureurs riches de 2 000 à 6 000 ducats, voire même 10 000 ducats et davantage ; celui des journaliers qui constituent la plupart du temps plus de la moitié des chefs de famille et qui sont donc à la fois plus nombreux et plus pauvres qu’en Vieille Castille, 60 à 70 % de la population paysanne selon les Relaciones Topográficas. Entre ces deux groupes, celui des petits propriétaires est tellement réduit qu’il pèse fort peu dans les relations sociales. Les autres éléments d’analyse sont conformes au cas précédent. La communauté conserve en Nouvelle Castille une importance considérable et elle dispose de propios notables : ainsi, dans la terre de Tolède étudiée par Jaime Donezar, les communaux occupent 23,6 % de la superficie totale, presque autant que la propriété roturière12.
17Un examen plus attentif révèle cependant des différences notables entre les sociétés paysannes francilienne et castillane, dont certaines ont pu infléchir de façon décisive les évolutions ultérieures. Il s’agit d’abord de la propriété du sol, qui semble accorder un avantage sensible aux paysans castillans, au moins en Vieille Castille et Leon. La proximité de Paris explique en Ile-de-France « l’importance de la propriété des privilégiés et des citadins » qui a « pour conséquence évidente la faiblesse de la propriété des villageois. Selon les cas, les ruraux se partageaient de 20 à 54 % des seigneuries étudiées »13. Ces pourcentages moyens sont nettement dépassés en Vieille Castille et Leon. Dans la Bureba, au nord de Burgos, en fin de XVIe siècle, Francis Brumont évalue la part de la propriété paysanne à 55 %, non sans variations importantes : cette part est nulle à Rubiales, alors qu’elle atteint 80 % à Quintanilla de San Garcia, Salas ou Galbarro14. Au sud de la Vieille Castille cette fois, dans la terre de Ségovie, Angel Garcia Sanz établit que la plus grande partie du sol appartenait à de petits et moyens propriétaires mais, cette fois encore, avec d’extraordinaires disparités puisque la part de la propriété paysanne, étudiée dans 33 villages, oscille de 13,2 à 93,6 % de la superficie du finage, 5,7 à 97,7 % s’il s’agit des seules terres labourées ! Au village d’El Bodón, dans la terre de Salamanque, où l’emprise seigneuriale est pourtant forte, la part des paysans est de 58 %. Et en Tierra de Campos Bartolomé Yun Casalilla signale que la propriété paysanne témoigne d’une belle vitalité. Mais cet avantage disparaît en Nouvelle Castille où la part de la propriété paysanne n’excède pas, en moyenne, le quart du sol.
18Il faut ajouter que la propriété non paysanne ne va pas en Vieille Castille aux mêmes catégories qu’en Ile-de-France : la part des bourgeois est faible, presque inexistante en Bureba, constate Francis Brumont, celle des grandes familles aristocratiques reste modeste comme le souligne Bartolomé Yun Casalilla pour la Tierra de Campos, malgré l’important domaine des comtes de Paredes ; en Bureba, les ducs de Frias, connétables de Castille, et les marquis de Poza ont de fortes positions mais les autres possessions nobiliaires sont réduites. En revanche, la propriété ecclésiastique est considérable et l’on devine aussitôt l’importance de ce constat : en raison de la main-morte, la mobilité du sol est moindre. En Tierra de Campos l’Église possède 24,4 % de la superficie cultivée à Paredes de Nava et les monastères de La Espina, de Sahagûn, l’hôpital de San Antolin de Palencia sont de véritables puissances foncières. Que dire du monastère d’Oña qui possédait des terres dans 179 villages, de ceux de San Millán de la Cogolla et de Santa Maria la Real de Nájera en Rioja, de Las Huelgas de Burgos, pour nous limiter à quelques exemples spectaculaires ! De façon plus générale, on sait que l’Église possédait en propriété utile 14,7 % du territoire des 22 provinces de la Couronne de Castille15.
19Une autre différence, originale quoique sans portée essentielle, concerne le statut juridique des personnes. En Vieille Castille et Leon il ne manque pas, en effet, de laboureurs nobles (hidalgos) qui ne sont pas obligatoirement des laboureurs riches. David Vassberg a signalé dans de nombreux villages ces hidalgos laboureurs qui font valoir eux-mêmes leurs terres et conduisent l’araire. H en repère ainsi 5 à Monleén (Salamanque) dont un seul possède un bien notable, 38 hectares environ ; plus au sud, à La Zarza, déjà en Extrémadure, qui prolonge le Leon, sur 10 hidalgos paysans 5 sont considérés comme « pauvres » et 3 seulement « riches » mais plusieurs roturiers ont des propriétés et des revenus plus considérables16. Dans le nord de la Meseta, les actuelles provinces de Burgos et Leon, on relève une proportion importante d’hidalgos laboureurs.
20La différence majeure, grosse d’avenir, concerne la nature du régime seigneurial. A première vue, la seigneurie exerce une forte emprise sur la Vieille Castille et le Leon. Cela est particulièrement vrai en Tierra de Campos où 90 % des villages étaient de « señorio » laïque ou ecclésiastique et, pour l’ensemble de la Vieille Castille, la seigneurie concerne environ 60 % du territoire, reléguant au deuxième rang le domaine royal qui, par exemple dans la province de Soria, ne contrôle que 32,4 % du territoire.
21Mais cette seigneurie est souvent très différente de celle qui sévit dans les villages de l’Ile-de-France. Dans l’immense majorité des cas elle est de nature exclusivement juridictionnelle et n’implique guère que des droits de justice car les tributs personnels ne sont plus que symboliques dès le XVIe siècle : ils ont été dévalués par l’érosion monétaire et l’inflation quasi-continue du XVIe siècle. La plupart du temps, les seigneurs n’ont droit à aucun prélèvement foncier sur leurs vassaux et doivent se satisfaire du revenu de leur propriété utile17. Telle est précisément la situation en Tierra de Campos où les grandes familles qui possèdent la seigneurie juridictionnelle (les Velasco, ducs de Frías et connétables ; les Enríquez, amiraux de Castille ; les Pimentel, comtes de Benavente) ont fondé leur fortune sur l’aliénation à leur profit d’alcabalas, de tercias et même de dîmes mais n’ont qu’une faible part de la propriété directe. Seule exception, les comtes de Paredes dont le domaine couvre environ 330 hectares. Les propriétés de l’Église sont plus considérables : 360 hectares pour la fabrique de Santa Eulalia de Paredes de Nava, 1 060 hectares pour le monastère de Sahagún !18
22Voilà une situation qui paraît favorable aux paysans castillans. Est-ce si évident ? La densité rurale de la Vieille Castille, notamment de ses régions centrales, depuis Burgos jusqu’à Avila et Ségovie, était relativement élevée à la fin du XVIe siècle (20 à 30 hab/km2), compte tenu de la productivité du sol, et seuls les laboureurs « riches » étaient indépendants, avaient suffisamment de terres à exploiter pour vivre décemment. Les autres devaient compléter leur revenu grâce au faire-valoir de terres affermées qui appartenaient à l’Église ou à la noblesse. Or, le niveau de la rente foncière était assez élevé en Vieille Castille et Leon : les calculs de Francis Brumont l’établissent à environ 20 % de la récolte en Rioja, à quelque 35-36 % en Bureba ; avant le déclenchement de la crise du XVIIe siècle, les propriétés du chapitre cathédral de Ségovie procurent, selon Angel Garcia Sanz, une rente qui équivaut à 30 % de la récolte ; l’aristocratie de la Tierra de Campos a obtenu une hausse de sa rente foncière en fin de XVIe siècle mais, comme l’a observé Bartolomé Yun Casalilla, elle a échoué dans sa tentative pour faire réévaluer ses droits seigneuriaux et perdu avec une belle régularité devant la Chancellerie de Valladolid les procès qui l’opposaient à ses vassaux. Comme les fermages sont presque toujours payables en nature (orge et blé en général) les propriétaires ne sont pas frustrés par l’inflation et sont même gagnants en mauvaise année
23L’absence de prélèvements de type féodal analogues à ceux connus en France (champarts, avérages, droits casuels de mutation, etc...) réduisait à presque rien les possibilités d’enrichissement par la gestion de la seigneurie, itinéraire essentiel des « laboureurs » français les plus habiles pour s’élever au-dessus de leur condition et préparer pour leur lignage l’évasion du monde rural. Certes, Jean Jacquart signale que, dans les districts qu’il a étudiés, la « réserve » fournit au seigneur environ 80 % de son revenu, les censives seulement 20 %. Il indique également que les champarts étaient « relativement rares dans l’ensemble de la région »19. Mais ces champarts étaient affermés par les seigneurs, tels ceux de l’abbaye de Saint Jean, et 20 % du revenu ce n’était pas rien. D’autre part, plusieurs monographies révèlent que les chapîtres cathédraux castillans géraient directement non seulement la perception des dîmes mais aussi celle des fermages : un ou deux chanoines consacraient le plus clair de leur temps à cet office. De même plusieurs ordres religieux, les cisterciens et les jésuites notamment, pratiquaient fréquemment le faire-valoir direct. Les « banalités » sont absentes du modèle castillan et ne peuvent donc donner lieu à quelque amodiation que ce soit. Le personnage du fermier-receveur, intermédiaire essentiel des campagnes de Jean Jacquart, est à peu près inconnu en Castille ; tout au plus, les grandes familles délèguent -elles à un criado de confiance ce rôle. Et le niveau de la rente ne permet qu’exceptionnellement aux fermiers de s’enrichir : d’ailleurs, en Tierra de Campos, les tentatives de fermage capitaliste avortent. On ne rencontrera pas les équivalents de Pierre Lanouiller, le fermier de La Folie à Choisy ; de Jacques Hersant, fermier de La Mothe, des Harineau, fermiers d’Avrainville, ou de Jean Josse, fermier de Rungis, toutes grosses fermes de 200 à 300 arpents. Autrement dit, tout se passe comme si, en Vieille Castille et Leon, faisaient défaut les possibilités d’évasion. Les rôles intermédiaires nécessaires au système français sont rares dans le cadre de la seigneurie laïque et inutiles à la seigneurie ecclésiastique.
24Il est significatif que les réussites paysannes, peu nombreuses au demeurant, aient emprunté d’autres canaux. Dans certains cas, les excédents de production permettaient une commercialisation notable : il en fut ainsi en Tierra de Campos où une production moyenne de 7 quintaux de blé par habitant et par an jusqu’aux années 1610 permettait la commercialisation d’environ 15 % du grain produit. Les laboureurs riches, alliés aux marchands, ont su profiter de la circonstance. Dans la terre de Valladolid, quelques paysans entreprenants ont su s’introduire dans le système des censos ou rentes constituées, dominé par les letrados et par l’Église, et se procurer ainsi un revenu annuel en argent ou, en cas de non-paiement de la rente, la possibilité d’élargir leur patrimoine foncier et les laboureurs riches de Tierra de Campos ont réussi la même manoeuvre. D’autres laboureurs ont su, autour de Valladolid et de Medina, profiter des emphytéoses pour devenir propriétaires viticulteurs et prendre position dans le commerce des vins des villes voisines. Mais ils ont rencontré sur le marché des emphytéoses la concurrence des artisans des villes ou même des marchands et des hommes de loi20. En Bureba et en Rioja, Francis Brumont a mis en évidence un procédé astucieux de fondations pieuses à effet boomerang, permettant à la famille de récupérer au terme de quelques lustres un patrimoine préservé. Mais la Castille n’offrait pas, comme l’Ile-de-France, une gamme diversifiée d’offices royaux tels qu’ils puissent servir de tremplin aux ruraux. Les offices « utiles », bien plus rares, ainsi les escribanias (charges de notaires) ou les procuradorias (charges d’avoués), étaient monopolisées par les citadins.
25Ainsi, la paysannerie de Vieille Castille, dont la condition pouvait apparaître, au premier abord, plus favorable que celle de l’Ile-de-France (part de la propriété, indépendance relative à l’égard du régime seigneurial) était-elle en définitive plus mal pourvue en possibilités d’ascension sociale, condamnée à l’immobilisme, très vulnérable aux crises. Mais il s’agit sans doute plus de nuances que de contrastes fondamentaux. Car Jean Jacquart a mis en lumière la dépossession progressive des paysans franciliens au profit des horsains, des gens de Paris, et la paupérisation croissante de la masse rurale. Il conclut sur un constat pessimiste : au temps de Colbert, la société rurale a perdu la « dynamique verdeur » du siècle précédent et son « groupe charnière », celui des laboureurs moyens et des marchands ruraux, a été laminé par la crise21. Les modèles francilien et vieux-castillan présentent finalement, aux XVIe et XVIIe siècles, plus d’analogies que de dissemblances.
26Deux autres sociétés rurales ibériques proposent à la même époque des réalités profondément différentes qui soulignent, me semble-t-il, l’intérêt de la comparaison, même si je ne procède ici qu’à un examen rapide. Soit, d’abord, la Catalogne : au milieu du XVIIe siècle, la campagne catalane apparaît désertifiée par les effets cumulés de la Peste Noire, des épidémies suivantes, des famines et des grandes luttes sociales du XVe siècle, dont la conclusion a cependant été essentielle puisque la « sentence de Guadalupe » a détruit avec les « mauvais usages » l’édifice de la féodalité catalane. Hommes rares, 11 habitants au km2 d’après fogatge de 1553, c’est dire hommes précieux. Au contraire des précédentes, la société rurale catalane est, aux XVIe et XVIIe siècles, et par nécessité, largement exogame. Pour repeupler le pays elle accueille et fixe, par le mariage et la terre, des milliers d’immigrants jeunes, des hommes pour la plupart, surtout venus de la moitié méridionale de la France : Languedociens, Pyrénéens, Aquitains, Rouergats, Auvergnats, Limousins, de telle sorte qu’à l’issue des années 1580-1600, apogée de l’immigration, les Français d’origine représentent à peu près 20 % de la population catalane.
27Les paysans catalans mettent à profit cette situation de démographie déprimée pour obtenir dans d’excellentes conditions la gestion de grandes fermes, les masiés, qui vont constituer l’ossature de la société rurale. Mais, comme les propriétaires éminents, ils ont besoin de main d’oeuvre pour remettre en culture les friches qui ont envahi le pays : ce qui explique l’ampleur du mouvement des baux emphytéotiques. Pour prix de leur travail, les paysans sans terres, dont beaucoup de jeunes immigrants, reçoivent quelques hectares de friches qu’ils doivent transformer en terres à blé, en vignes, en oliveraies, à charge pour eux d’acquitter un cens modeste en argent. Sûrs de pouvoir conserver la terre et la léguer à leurs enfants, à condition de la convertir en instrument de production et de l’entretenir, ils créent ainsi, sous l’impulsion des grands fermiers des masiés, les éléments de l’essor agricole de la Catalogne, dont Pierre Vilar a montré qu’il fut au XVIIIe siècle le tremplin du développement d’ensemble du pays, du commerce extérieur et de la « fabrique » industrielle. De surcroît, les caractères de la nouvelle agriculture catalane, très polyvalente, où les cultures arbustives (vignes, oliviers, amandiers) avaient autant ou plus d’importance que les céréales, faisaient des producteurs moins vulnérables que les paysans de Vieille Castille et du Leon, trop dépendants du marché céréalier, malgré l’importance de quelques districts viticoles. Le modèle catalan, né de circonstances adverses (épidémies, guerres, famines) se distingue donc par la faiblesse des prélèvements des catégories non paysannes et par la stabilité des exploitations qui est d’intérêt général. Je conviens volontiers que la réalité catalane est à la fois plus diverse et plus complexe mais ce schéma est grossièrement acceptable.
28Autre évolution différente, celle de la Galice. Comme le rappelait Jean-Pierre Amalric, rien ne serait plus faux et plus absurde que d’imputer à « l’Ancien Régime » la situation actuelle de la société rurale galicienne, attardée, voire archaïque22. La géographie oppose totalement la Galice à la Vieille Castille : terroirs agricoles discontinus, fragmentés, d’altitudes très contrastées ; climat océanique mais altitude et exposition multiplient des microclimats très nuancés.
29A priori, le système foncier dominant devait, au contraire de ce qui s’est passé en Catalogne, multiplier les prélèvements des rentiers (Église, noblesse), de sorte que la paysannerie galicienne aurait été accablée sous le poids de la rente foncière, schéma classique diffusé par plusieurs auteurs. Ceux-ci se fondaient sur l’extension quasi-générale en Galice du système du foro, forme de bail de longue durée qui régissait environ les 2/3 des terres de Galice dès le début du XVIe siècle. La perversion du système, selon le schéma classique, venait de ce que les titulaires des foros, qui avaient rassemblé de grandes étendues de terres, les avaient ensuite sous-louées (subforo) à de petits paysans. Ceux-ci devaient donc supporter deux rentes superposées, celle payée au titulaire du foro et celle versée au propriétaire éminent.
30Les travaux de José Manuel Perez Garcia, entre autres, ont mis ce schéma en pièces et confirmé les résultats obtenus par Antonio Eiras Roël et ses disciples. Foro et subforo se distinguent en effet par des taux très faibles, surtout lorsqu’ils doivent être acquittés aux grands monastères, propriétaires d’immenses domaines mais très modérés dans leurs exigences. Qui plus est, ces foros fixés souvent au début du XVIe siècle et payables en argent ont été dévalués par l’inflation : de la sorte, le taux de la rente globale oscillerait entre 6 et 10 % de la récolte, taux parmi les plus faibles d’Europe.
31Ainsi à l’abri des abus de la rente foncière, les paysans galiciens surent mener vers la fin du XVIe siècle et pendant la première moitié du XVIIe une révolution agricole qui épargna au pays les grandes famines du XVIIe siècle. Certes, la Galice a connu la crise de subsistances de la fin du XVIe siècle mais la dépression du XVIIe y a été réduite à 30 années (1615-45) et elle a été relativement faible : – 6 % et – 8 % dans les districts de Santiago-Côte et Nord-Ouest de 1615 à 1645, – 13 % pour l’ensemble de la Galice. Cette dépression a été suivie d’un essor puissant et prolongé de telle sorte que la période 1650-1750, loin d’être un « siècle de fer », fut pour la Galice, tout particulièrement la Galice atlantique, une époque bénie ou presque23 : après celle de 1630-32, les crises agraires disparaissent de la Galice atlantique pour plus d’un siècle.
32Plusieurs monographies ont permis de bien connaître les transformations de la Galice maritime : ainsi les juridictions de La Lanzada, Trasdeza, Xallas. Prenons comme exemple la petite région de la Ulla, non loin de Santiago, où la douceur du climat, favorable à la vigne, a permis très tôt une brillante expansion du maïs. Dans les 8 paroisses de cette petite région, toutes les possibilités de culture sont alors utilisées et, selon les paroisses, les terres cultivées représentent 26 à 75 % de la superficie totale. La vigne occupe 20 à 30 % du sol mais le plus remarquable est l’existence de rotations triennales très élaborées, sans jachère, qui associent au maïs le seigle, le blé, le lin, les navets, les haricots, avec double récolte annuelle et des rendements très honorables. Le faire-valoir direct est, de loin, le mode d’exploitation dominant exercé par de petits et moyens propriétaires. Le cas de la Ulla confirme les thèses de J-M. Perez Garcia car le poids de la rente foncière est ici faible ou très faible. Dès la fin du XVIIe siècle, ces circonstances ont fait de la Ulla un « monde plein » avec une densité rurale parmi les plus fortes de l’Occident chrétien : 67,5 habitants au km2, soit autant que La Lanzada, beaucoup plus que la Trasdeza et Xallas qui se contentaient de 34 et 26. La croissance devait continuer jusqu’au milieu du XVIIIe siècle pour atteindre, en 1752, 121,6 hab/km2 et créer une situation d’incontestable surpeuplement qui annonce le changement de tendance24.
33C’est en effet le surpeuplement associé aux pratiques successorales qui, en exagérant jusqu’à la caricature le morcellement parcellaire, devait briser l’essor séculaire de la société rurale galicienne et déclencher, à partir de 1760, « la phase de l’épuisement agricole », selon l’expression d’Antonio Eiras Roël. Même l’émigration massive du XIXe siècle vers l’Amérique n’a pu empêcher la désagrégation de l’espace agricole. Mais, compte tenu de la faiblesse de la rente foncière, les mutations de la production (expansion du maïs, rotations triennales sans jachère à deux cultures annuelles, utilisation de fertilisants naturels tels que le genêt composté ou tojal et le fumier de bovins) avaient, pendant plus d’un siècle, répondu avec succès au challenge démographique, à tel point qu’au début du XVIIIe siècle, la société rurale galicienne était l’une des plus évoluées d’Europe en matière de techniques productives25.
34Les contre-épreuves offertes par la Catalogne et la Galice soulignent en définitive le rôle essentiel de la rente foncière. Le poids très lourd de ce prélèvement condamne les paysanneries des zones de grande culture céréalière à la paupérisation (Ile-de-France) et au laminage des catégories intermédiaires ou à l’immobilisme dans la médiocrité (Vieille Castille), au bénéfice des privilégiés et de quelques fermiers capitalistes. La faiblesse de cette rente autorise soit une accumulation paysanne riche d’avenir (Catalogne), soit une poussée démographique insolite, génératrice d’une future diaspora.
Notes de bas de page
1 – J. Jacquart, La crise rurale en Ile-de-France (1550-1670), Armand Colin, 1974, p. 446-459.
2 – Idem, p. 456-57.
3 – Idem, p. 462.
4 – Idem, p. 541-582.
5 – Voir F. Brumont, Campa y Campesinos de Castilla la Vieja en tiempos de Felipe II, Ed. Siglo XXI, Madrid, 1984, 362 p. ; A. Garcia Sanz, Desarrollo y crisis del Antiguo Régimen en Castilla la Vieja : Economia y Sociedad en tierras de Segovia de 1500 a 1814, Madrid, Akal, 1977 ; B. Yun Casalilla, Sobre la transición al capitalisme en Castilla. Economia y Sociedad en Tierra de Campos (1500- 1800), Ed. Junta de Castilla y Leon, Valladolid, 1987, 671 p. ; D. Vassberg, Land and Society in Golden Age Castile, Cambridge Univ. Press, 1981, 285 p. ; J.-P. Amalric, « Au XVIIIe siècle : une agriculture bloquée ? », L’Espagne de l’immobilisme à l’essor, 1989, p. 15-71. En dépit de ce sous-titre le texte de J.– P. Amalric se réfère aussi aux évolutions des XVIe et XVIIe siècles.
6 – On peut citer, outre le recueil d’A. Eiras Roel, Estudios sobre agricultura y población en la España moderna, Santiago de Compostela, 1990, 197 p., l’étude de J.– M. Perez Garcia, Un modelo de sociedad rural de Antiguo Régimen en la Galicia costera : la peninsula de Saines, Univ. de Santiago, 1973 ; P. Saavedra, Politica y sociedad en Galicia : la provincia de Mondoñedo 1480-1830, Santiago de Compostela, 1985 ; O. Rey Castellao, Aproximación a la historia rural en la comarca de la Ulla (Siglos XVII-XVIII), Univ de Santiago, 1981.
7 – F. Brumont, op. cit., p. 218-25.
8 – J. Jacquart, op. cit., par exemple p. 459 à propos de Thiais et Villejuif.
9 – Idem, p. 563 : « A côté de la sauvegarde de ces biens et de ces droits, dont nous savons déjà qu’ils étaient fort limités pour la plupart des villages du Hurepoix… »
10 – Idem, p. 582 et 584-85.
11 – Certains ouvrages permettent d’en savoir davantage. J. Jacquart se réfère au livre de J. Ferté, La vie religieuse dans les campagnes parisiennes. En Castille, on est très bien informé sur la Nouvelle Castille, grâce surtout à J.– P. Dedieu, L’administration de la foi... et à S. Nalle, God in the Mancha… mais des études plus limitées à propos de la Vieille Castille révèlent des situations comparables.
12 – Cité par J.– P. Amalric, op. cit., p. 58.
13 – J. Jacquart op. cit., p. 107.
14 – F. Brumont, op. cit., p. 107-09.
15 – J.– P. Amalric, op. cit., p. 62.
16 – D. Vassberg, op. cit., p107-09.
17 – Voir à cet égard l’excellente analyse de J.-P.. Amalric, op. cit., p. 61.
18 – B. Yun Casalilla, op. cit.
19 – J. Jacquart, op. cit., p. 422.
20 – Proposons quelques références empruntées à l’Archivo historico provincial de Valladolid : Leg 46, fol. 98, 135, 162, 166 ; Leg 47, fol. 649 ; Leg 49, fol. 66, 142, 256, 287, 337, 399,419, 439, 1603 ; Leg 50, fol. 1 ; Leg 51, fol. 291, 363, 488,1517 ; Leg 52, fol. 222. Tous ces documents concernent le XVIe siècle et les environs de Valladolid. Ils avaient été utilisés de façon synthétique par B. Bennassar dans Valladolid… (1967) mais sans faire l’objet d’un traitement particulier. L’utilisation des emphytéoses correspond, comme en Catalogne, à une reconquête des friches.
21 – Retour à J. Jacquart, op. cit., p. 728-748.
22 – J.– P. Amalric, op. cit., p. 19.
23 – A. Eiras Roel, op. cit., p. 97.
24 – O. Rey Castelao, op. cit.
25 – J.– P. Amalric, op. cit., p. 23.
Auteur
Le texte seul est utilisable sous licence Licence OpenEdition Books. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont « Tous droits réservés », sauf mention contraire.
Les Jacobins de l’Ouest
Sociabilité révolutionnaire et formes de politisation dans le Maine et la Basse-Normandie (1789-1799)
Christine Peyrard
1996
Une société provinciale face à son devenir : le Vendômois aux xviiie et xixe siècles
Jean Vassort
1996
Aux marges du royaume
Violence, justice et société en Picardie sous François Ier
Isabelle Paresys
1998
Pays ou circonscriptions
Les collectivités territoriales de la France du Sud-Ouest sous l’Ancien Régime
Anne Zink
2000
La permanence de l’extraordinaire
Fiscalité, pouvoirs et monde social en Allemagne aux xviie- xviiie siècles
Rachel Renault
2017
Un désordre européen
La compétition internationale autour des « affaires de Provence » (1580-1598)
Fabrice Micallef
2014
Entre croisades et révolutions
Princes, noblesses et nations au centre de l’Europe (xvie-xviiie siècles)
Claude Michaud
2010
