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    Plan détaillé Texte intégral Recrutement des pasteurs et mutations de poste Le rapport des pasteurs à l’État et l’ingérence étatique dans les affaires pastorales Les tâches accrues du clergé protestant en montagne au xviiie siècle Le corps pastoral et la volonté du politique de mieux encadrer et surveiller le comportement des paroissiens Conclusion Notes de bas de page Auteur

    Clergés, communautés et famille des montagnes d’Europe

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    Table des matières

    État protestant, clergé de montagne et encadrement des paroissiens dans la Suisse du xviiie siècle

    Anne-Lise Head-König

    p. 189-199

    Texte intégral Recrutement des pasteurs et mutations de poste Le rapport des pasteurs à l’État et l’ingérence étatique dans les affaires pastorales Les tâches accrues du clergé protestant en montagne au xviiie siècle Le corps pastoral et la volonté du politique de mieux encadrer et surveiller le comportement des paroissiens Conclusion Notes de bas de page Auteur

    Texte intégral

    1Cette contribution se propose de comparer l’influence qu’ont pu exercer les États protestants par le biais du clergé dans le contrôle des communautés rurales et de leurs habitants et d’examiner dans quelle mesure le pasteur a incarné le pouvoir politique pour les paroissiens. Or, le rôle du clergé a varié parfois fortement aussi en raison de l’organisation politique des régions étudiées, républiques fondées sur la Landsgemeinde à Glaris ou bailliages soumis à un pouvoir seigneurial urbain, ainsi l’Emmental ou les régions des Préalpes vaudoises qui dépendaient du patriciat de la ville de Berne. Il en résulte un corps ecclésiastique dont les allégeances politiques se modifient selon son mode de constitution, des modes d’élection à la charge de pasteur différents, une autre vitesse de rotation des pasteurs dans les communautés.

    2Mais il existe aussi des facteurs structurels qui affectent le rôle du clergé et son influence. La taille de leur communauté, en premier lieu. La croissance démographique dans certaines régions de montagne qui s’industrialisent s’accompagne d’une détérioration de l’encadrement des paroissiens. La forme de l’habitat, en second lieu. Il est évident qu’un habitat reculé et des fermes dispersées ont été favorables aux dissidences : anabaptistes dans l’Emmental, piétistes dans le canton de Glaris et les Grisons, parce que le contrôle des paroissiens s’y avérait plus difficile. Et en troisième lieu, le mode d’élection des pasteurs. En fait, dans les Grisons et à Glaris, la désignation du pasteur est surtout l’affaire de la paroisse qui regroupe une ou plusieurs communes politiques, alors que dans le cas de l’Emmental ou des Préalpes vaudoises, la désignation du pasteur suit des règles imposées par le gouvernement.

    Recrutement des pasteurs et mutations de poste

    3Le mode de recrutement des pasteurs joue un rôle considérable dans la transmission et l’application des décisions gouvernementales. Il est indéniable aussi qu’au xviiie siècle on assiste à une modification de la place des pasteurs dans la société. Trois éléments y contribuent : les changements dans le mode de recrutement qu’il s’agisse de territoires soumis à des patriciats urbains ou de républiques, l’émergence d’une conscience de classe et l’identihcation avec la classe dirigeante, la distance culturelle accrue entre le pasteur et ses paroissiens. Un moment crucial des transformations du corps pastoral a été, au début du xviiie siècle, l’éviction systématique, dans le cas des terres bernoises, des fils de paysans et des « habitants » ne possédant pas le statut de bourgeois, des études de théologie1. Dans le cas de Glaris, le processus d’une sélection sociale plus prononcée est entamé au cours du xviiie siècle et il se traduit par un nombre croissant de jeunes Glaronais issus de la couche supérieure qui choisissent la carrière pastorale. Mais cette évolution entraîne parallèlement une endogénéisation accrue du corps pastoral qui accentue, au xviiie siècle, l’influence gouvernementale dans la gestion des affaires paroissiales. Presque simultanément, il y a renforcement du politique dans les institutions ecclésiastiques, notamment synodales, dont l’objectif est un meilleur contrôle de la vie quotidienne des pasteurs et des paroissiens par le politique. Ces processus sont fortement en évidence dans le pays de Glaris. Dans la période 1601-1650, le canton comptait encore 81,2 % de pasteurs étrangers au canton, dans les années 1651-1700, cette proportion a fortement diminué (44,8 %), et seulement 8,3 % dans les années 1701-1750 et 11,9 % en 1751-1800 (tableau 1).

    Tableau 1. Cantons et lieux d’origine des pasteurs officiant dans le pays de Glaris (xviie-xviiie siècles)

    Origine

    1601-1650

    1651-1700

    1701-1750

    1751-1800

    Glaris

    9

    18

    33

    37

    Zurich

    29

    12

    3

    1

    Grisons

    5

    2

    –

    –

    Autres

    5

    –

    –

    4

    Total

    48

    32

    36

    42

    Source : Gottfried Heer, Die evangelische Geistlichkeit des Landes Glarus, 1530-1900, Glarus, 1908.

    4Les changements dans le recrutement des pasteurs du pays de Glaris sont évidents. L’accès à un presbytère est, au xviiie siècle, une option pour une partie des fils de familles de notables, de marchands-fabricants et de négociants qui vont étudier la théologie dans des universités réputées de Suisse et d’Allemagne. Mais ce phénomène conduit à la création d’un surplus de pasteurs et modifie le recrutement des desservants en raison du nombre accru de ressortissants glaronais. Le mode de désignation des pasteurs s’en est trouvé modifié et, de ce fait, les rapports que les instances étatiques entretenaient avec le corps pastoral. Au xviie siècle, en l’absence de candidats suffisamment formés, c’était le Conseil de Zurich qui, en Suisse orientale, dépannait les paroisses protestantes d’autres cantons, en désignant les candidats aux postes à pourvoir. Avec pour conséquence, pour les pasteurs officiant dans le canton de Glaris au xviie siècle, une symbiose importante avec les conceptions doctrinales et consistoriales zurichoises. Ce n’est qu’avec la substitution de ressortissants glaronais à ceux de Zurich que l’on assiste à la mise en place progressive de normes propres au canton de Glaris, notamment dans le domaine de la gestion consistoriale et matrimoniale, mais aussi en matière de contrôle des paroissiens et de visites pastorales. Au xviiie siècle, et contrairement au siècle précédent, la paroisse a désormais le choix de son desservant. La concurrence est alors vive, et tous les moyens sont bons pour parvenir à placer le candidat de son choix : démarches des membres du clan familial auprès des instances paroissiales, corruption, distribution de pots-de-vin aux paroissiens2 ou promesses de paiement d’une indemnité en cas d’élection, alors que la loi les interdit formellement3.

    5L’on observe toutefois dans le pays de Glaris, le même processus qu’en pays bernois : la recherche de l’établissement des fils de famille dans la ville, dans le cas de Berne, du chef-lieu, dans le canton de Glaris, ou à défaut dans les paroisses les plus fortunées ou les grosses bourgades, du fait de la disparité des salaires. Mais la concurrence est rude, parce que les postes sont moins nombreux que les candidats. Il existe donc un périple géographique des ressortissants issus de la ville ou du chef-lieu, qui visent à s’établir dans leur paroisse d’origine. Au xviiie siècle, 33,3 % des changements de postes dans les paroisses du pays de Glaris – sans compter la paroisse du chef-lieu – sont le fait de ressortissants du chef-lieu. Et lorsqu’ils parviennent à ce poste, ils y restent. Ce qui explique la faible rotation des pasteurs dans les lieux recherchés. Si la paroisse du chef-lieu, Glaris, n’a eu que cinq pasteurs entre 1686 et 1816, trois d’entre eux ayant officié plus de vingt-cinq ans, celle de Mollis n’en compte que quatre entre 1675 et 1820, trois d’entre eux avec plus de quarante ans de ministère. Mais les destins individuels influencent fortement la moyenne. Ainsi dans la paroisse la plus élevée du canton, à Elm, l’un des pasteurs, qui est resté en fonction soixante ans durant, contribue à augmenter fortement le taux moyen de fixation dans la commune.

    6La vitesse de rotation des pasteurs est un élément important du rôle qu’a le pasteur dans ses rapports avec les autorités séculières et dans ceux qu’il entretient avec ses paroissiens. Le constat de modèles de fonctionnement différents dans la Suisse protestante élevée est évident (tableau 2).

    Tableau 2. Durée moyenne des mandats au xviiie siècle dans diverses régions de montagne4

    Nbre de paroisses

    Nbre d’affectations

    Durée moyenne

    Fin par décès

    Glaris

    16

    89

    17,4 ans

    19,1 %

    Emmental

    6

    41

    16,2 ans

    34,1 %

    Grisons

    21

    238

    9,5 ans

    16,0 %

    Préalpes vaudoises

    9

    143

    6,2 ans

    7Deux régions, les Grisons et les Préalpes vaudoises sont caractérisées par une très forte instabilité pastorale qui se répercute indiscutablement sur l’impact du politique dans la vie paroissiale. La proportion de pasteurs restant moins de dix ans dans un poste est deux fois plus élevée dans les Grisons et encore davantage dans les Préalpes vaudoises que dans le canton de Glaris ou en Emmental, et à l’inverse, la proportion des durées longues, supérieures à vingt ans, est de loin inférieure dans les Grisons, voire inexistante dans les paroisses élevées du pays de Vaud (tableau 3).

    Tableau 3. Fréquence des durées dans un poste (en %)5

    Durées en années

    Glaris

    Emmental

    Grisons

    Vaud-Préalpes

    0-10

    34,8

    29,3

    66,8

    79,7

    11-20

    30,3

    36,6

    19,3

    16,8

    21-30

    15,7

    31,7

    7,1

    2,1

    31 et plus

    19,1

    2,4

    6,7

    1,4

    Total

    100

    100

    100

    100

    8Or, ces variations ne peuvent être imputées à des facteurs exogènes tel un taux de mortalité plus élevé dans certaines régions. La proportion de décès des pasteurs durant les dix premières années de leur mandat dans une paroisse est basse, aussi bien dans le pays de Glaris (4,5 %) que dans les Grisons (6,3 %), et relativement élevée en Emmental (14,6 %). Il est probable, dans ce dernier cas, que l’encombrement de la profession, tout au long du xviiie siècle, a pu contribuer à ce taux plus élevé en pays bernois. C’est que l’accès à un poste y est alors plus difficile. Les ministres bernois ont un long délai d’attente avant de pouvoir accéder à leur premier poste de pasteur : ils sont donc plus âgés que ceux de Claris, et leur risque de mortalité est donc plus élevé.

    9Il faut souligner aussi la perception inexacte du problème de relève pastorale en pays bernois dans la seconde moitié du xviiie siècle. C’est la crainte d’une pénurie qui prévaut alors, parce que, précisent les textes de l’époque, la fécondité des familles bourgeoises de la ville de Berne est en baisse d’une part, et que d’autre part, moins de fils de la bourgeoisie sont enclins à entrer au service de l’Église en raison, notamment, d’une « aversion décidée contre les emplois ecclésiastiques » et d’un « refus de l’étude »6. De plus, les parents soucieux de l’avenir de leurs fils les poussent peu vers le service de l’Église qui offre, déclare-t-on, peu de perspectives et des conditions de vie matérielle qui se détériorent7. En fait, c’est l’opposé que l’on observe, tout au moins pour les desservants des paroisses d’altitude de l’Emmental. Il ressort du parcours des pasteurs que l’on a pu reconstituer dans dix cures de l’Emmental8 que la génération née en 1701 – 1730 réussit ses examens de théologie en moyenne à 26,8 ans et celle née en 1731-1760 à 24,2 ans, en raison d’un raccourcissement du temps d’étude voulu par les autorités bernoises depuis 1751. Mais les délais d’attente pour l’accès à un poste s’allongent, en revanche, au cours du siècle. La cohorte de candidats à un poste qui ont réussi leurs examens dans les années 1701-1730 doit attendre 7,9 ans en moyenne pour accéder à un poste, 8,1 ans dans la période 1731-1760 et 10,4 ans après 17619.

    10Il est probable que les paroisses des régions où les pasteurs œuvrent plus brièvement sont celles où les difficultés matérielles préviennent un long établissement ou bien celles où règne un rapport plus conflictuel entre pasteurs et paroissiens, qui peut être encore renforcé par un degré élevé d’autonomie communale. Voyez les ordonnances souveraines bernoises limitant le nombre de mutations d’un pasteur dans le pays de Vaud, à l’exception des « cures réputées chétives à cause de la modicité du traitement qui leur est alloué, à cause de leur situation excentrique et de leur difficile accès ou de la rigueur du climat »10. Ces cures chétives sont souvent des paroisses scissipares, de création récente, bien moins dotées que la paroisse-mère. Dans le cas de la paroisse de l’Etivaz, à 1 200 mètres, détachée de celle de Chateau d’Oex en 1713, le pasteur doit passer deux années s’il souhaite briguer une cure moins défavorable. Mais Daniel Ormont, en 1765, y reste moins d’un an et passe à celle des Ormonts-dessus, à 1 100 mètres, où il ne reste que quelques mois, avant de retourner dans le Pays d’Enhaut, à Rougemont, où il restera plus de dix ans. Le séjour de son successeur à l’Etivaz, David-Joseph Marindin, est tout aussi bref et lui aussi, dans un parcours similaire, ne reste que peu de temps à Ormont-dessus. L’on a indiscutablement affaire à des conditions difficiles dans ces paroisses, puisque, à l’Etivaz, trente-deux pasteurs se succèdent dans ce poste entre 1713 et 1800, et vingt-quatre entre 1700 et 1800.

    11Mais l’on doit s’interroger aussi sur la signification des changements de poste dans les régions élevées après un long ministère. Sans doute, dans certains cas, le transfert à un autre poste permet-il à un pasteur de se rapprocher d’une ville ou d’un bourg, ou d’améliorer son traitement. Ou il peut être la conséquence d’une certaine lassitude mutuelle du pasteur et de ses paroissiens, parce qu’ils se connaissent trop bien. En revanche, la rotation peut aussi être l’arme utilisée par un gouvernement urbain et patricien pour empêcher une éventuelle solidarité entre le pasteur et sa paroisse11. Et ceci, à plus forte raison, lorsque les pratiques du pasteur divergent par rapport à la norme et qu’il sanctionne, à son gré, les infractions aux mandats et ordonnances du gouvernement. C’est le cas du pasteur de Röthenbach en Emmental qui supprime les amendes lorsque ses ouailles font preuve de repentir, mais les double en cas de récidive12. On peut s’interroger, dans ce contexte, sur les motifs véritables qui ont provoqué sa mutation après vingt et une années passées dans cette paroisse.

    Le rapport des pasteurs à l’État et l’ingérence étatique dans les affaires pastorales

    12En pays protestant, la teneur du serment que doit prêter tout nouveau pasteur varie fortement selon les régions et correspond à d’énormes différences dans les rapports que le clergé entretenait avec les autorités séculières. Les ministres bernois devaient prêter deux serments. Le premier lorsqu’ils étaient consacrés pour le ministère, le second lorsqu’on leur confiait une paroisse. Le premier était de teneur essentiellement dogmatique, et les ministres devaient jurer de se conduire par rapport à la doctrine et au service divin, selon l’Évangile, et d’une manière conforme à la Confession helvétique et aussi dénoncer tous ceux qui s’obstineraient à troubler l’État et l’Église. Le second traitait de leurs devoirs envers les souverains seigneurs de la ville et république de Berne et envers leurs paroissiens. Ils devaient jurer d’être fidèles à leurs excellences, d’avancer leurs intérêts et d’obéir à leurs ordonnances et également jurer de veiller sur leurs paroissiens, d’être attentifs à leur fréquentation du culte, de leur participation aux sacrements et de les écarter de toute doctrine erronée. Mais dans un même jet, on les menaçait de la colère de Dieu et du déplaisir du souverain en cas de manquement à leurs obligations. Rien de tout cela à Glaris. Le serment y portait, tout comme à Berne, sur le respect du dogme et l’adhésion à la Confession helvétique, mais en revanche, aucun serment de soumission à l’autorité étatique, si ce n’est que les nouveaux pasteurs devaient jurer obéissance aux lois du pays et que, par conséquent, et conformément à la loi glaronaise, il n’y avait pas eu de manipulations à l’occasion de leur nomination.

    13En fait, le mode d’ingérence dans la sphère de compétence des pasteurs et le mode de surveillance de leur vie publique et privée ont pris des formes diverses selon l’organisation de l’État. Aux Grisons, les assemblées synodales, dont l’une des tâches était l’exercice de la censure ecclésiastique, n’incluaient que des ecclésiastiques qui se réunissaient deux fois par an sur une base régionale13. C’était également le cas en terre bernoise lors des assemblées de classe et de colloque, mais au xviiie siècle, les instances politiques exigent l’envoi d’un extrait détaillé des acta de chaque séance, précisant les points susceptibles d’intéresser le gouvernement. En revanche, à Glaris, la proximité des instances politiques était plus grande, puisque les plus hautes du pays participaient avec six personnes pour le moins à l’Assemblée synodale qui traitait aussi bien de la discipline ecclésiastique et des censures que des desiderata des instances politiques14. Les rapports ambigus qu’entretenaient les représentants de l’Église et le pouvoir politique sont manifestes dans les années 1730, lors d’une redéfinition, souhaitée par le politique, de la position du Landammann ou de son représentant dans cette assemblée15. Le Landammann en revendique la présidence, et les échanges acrimonieux des deux parties en présence sont révélateurs de tensions sous-jacentes qui ressurgissent une vingtaine d’années plus tard, à l’occasion du serment que doivent prêter les pasteurs nouvellement élus. Désormais la prestation de serment, y compris celui de ne pas avoir soudoyé les électeurs lors de l’élection à un poste, se fait d’abord devant le Landammann, puis devant le doyen du synode.

    14La réunion préparatoire à l’Assemblée synodale (Prosynode), qui se tenait la veille du synode, était l’une des rares instances officielles où le corps pastoral in corpore pouvait débattre de questions en l’absence de représentants de l’État. Mais une large place y était faite aux censures : on analysait la vie publique et privée des pasteurs et on les obligeait à rapporter les comportements répréhensibles de leurs collègues. Et selon la gravité des faits, décidée à la majorité des présents, le cas était transféré à l’Assemblée synodale et donc porté à la connaissance du pouvoir séculier qui participait à la prise de décisions de sanctions envers les contrevenants.

    15Il est incontestable que les tentatives du politique pour réduire les compétences du corps pastoral dans les sphères du pouvoir et pour accroître la surveillance des paroissiens sont réelles au xviiie siècle. Dans les années 1760, les autorités étatiques contestent aux pasteurs le droit exercé depuis plus d’un siècle de désigner les deux membres du Conseil représentant les communes dans l’Assemblée synodale. Et l’on assiste aussi à diverses tentatives pour imposer la présence du chancelier aux côtés du Landammann lors des Assemblées synodales. Mais en même temps, les tâches de supervision et de gestion dans la sphère paroissiale et communale, que le politique assigne aux pasteurs en dépit de leur opposition, s’accroissent.

    Les tâches accrues du clergé protestant en montagne au xviiie siècle

    16Il est indéniable qu’au cours du xviiie siècle, les tâches incombant aux pasteurs se sont accrues pour différentes raisons. Tout d’abord, parce que le pouvoir politique élargit les domaines d’intervention des pasteurs, une évolution que confirme la Constitution glaronaise de 1836. Les pasteurs sont pleinement intégrés dans la gestion de la vie communale et ils en deviennent un rouage central. Ils ne sont pas responsables seulement des questions de croyance, mais aussi de problèmes séculiers de contrôle social, de questions touchant aux compétences des communautés d’habitants. Outre ses charges pastorales, le pasteur préside le consistoire local, c’est à lui aussi qu’incombe la charge de convoquer les autorités locales. Il dirige la police des mœurs, s’occupe de l’assistance et dresse les « rôles des pauvres », une question qui n’est pas une mince affaire, puisque doivent y figurer les apparentés obligés de contribuer jusqu’au quatrième degré de parenté et qu’il doit s’occuper du recouvrement des contributions. En outre, il s’occupe des affaires matrimoniales16.

    17Ces charges sont lourdes aussi, parce qu’il supplée les institutions, inexistantes : un rôle central lui revient dans les recherches en paternité ; il sert de secrétaire, si nécessaire, lors des délibérations du consistoire local, une obligation que l’on constate aussi bien à Glaris qu’en terres bernoises17 ; il sert de maître d’école dans les paroisses incapables d’en financer un. Encore que l’ambiguïté quant à l’objectif de l’école dans les régions rurales et de montagne reste grande au xviiie siècle. Dans l’optique des couches dirigeantes, il n’est pas nécessaire d’instruire trop les paysans et « une médiocre pratique dans l’écriture & dans la lecture leur peut suffire [...]. Dès lors quelques heures par jour, dans le plus fort de l’hyver pourroient suffire, & même une partie être vouée à la théorie de l’agriculture »18. Car d’un côté, s’il est nécessaire pour une bonne économie que la jeunesse de la campagne possède bien l’écriture et l’arithmétique, l’expérience prouve, d’un autre côté, « que ces connaissances peuvent devenir très nuisibles au peuple. Dans les divers cantons des Alpes et dans l’Emmental l’habitude de la lecture dans les heures oisives n’a servi qu’à répandre une multitude d’opinions erronées. Et la lecture de certains écrits remplis de mensonges, adroitement répandus, a engagé beaucoup de gens à abandonner leur patrie »19.

    Le corps pastoral et la volonté du politique de mieux encadrer et surveiller le comportement des paroissiens

    18À l’instar des autres autorités urbaines de Suisse, les instances gouvernementales bernoises ont mis en place, déjà au xvie siècle, des consistoires locaux destinés à faciliter la surveillance des paroissiens. En revanche, à Glaris, la création d’instances de contrôle locales a été très tardive, en raison de l’opposition très forte du corps pastoral à leur introduction. La question est débattue dès 1711, mais il a fallu un quart de siècle pour que les autorités politiques réussissent à faire plier les pasteurs. Et leur création est décidée par voie de mandat en 1734. Pour les instances politiques, et notamment le Landammann, il s’agissait, par ce moyen, d’être mieux informé de ce qui se passait dans les communes et de pouvoir mieux sanctionner les infractions à la norme, de quelque ordre qu’elles soient. Or, il ressort des interventions diverses que font les représentants du politique lors des Assemblées synodales qu’il existe tout au long du xviiie siècle une réticence des pasteurs et des autorités locales qui siègent dans les consistoires locaux à exposer publiquement ceux qui enfreignent la loi ou mènent une vie contraire aux normes en vigueur. Les manquements des ressortissants de la paroisse ne sont mentionnés que de manière anonyme, au grand dam des instances politiques.

    19Mais dans un domaine important, et contrairement aux régions bernoises, les pasteurs glaronais réussissent, par leur passivité, à limiter l’intrusion dans la vie des familles que voulait leur imposer le politique, par le biais de la visite des maisons. Les discussions de cette question sont vives dès le milieu du xviiie siècle, et dureront une vingtaine d’années, car les autorités persistent à vouloir imposer le modèle zurichois de la visite des ménages et de la tenue de registres de ménage. Mais bien que l’Assemblée synodale de 1769 impose l’obligation des visites du fait de la pression des autorités séculières, les discussions au sein de cet organe pendant les vingt années qui suivent montrent que la décision n’est pas appliquée, parce que les pasteurs estiment ne pas être partout les bienvenus et que la tâche est jugée trop vaste par ceux qui œuvrent dans les grandes paroisses. Mais, en fait, l’argument principal du corps pastoral est celui de l’autonomie communale. « Une visite généralisée et publique, sans le consentement des communes, si elle n’est pas impossible est cependant très difficile dans notre pays libre20. » Et finalement, les autorités ne réussissent pas à imposer leur point de vue et devront se contenter de la déclaration que chacun fera son possible selon ses forces et son temps disponible.

    20On peut s’interroger toutefois, si cette réticence des pasteurs glaronais à s’immiscer dans la sphère privée de leurs paroissiens n’est pas l’expression d’une évolution plus généralisée. La comparaison, article après article, du Recueil d’ordonnances pour les Églises du Pays-de-Vaud, publié en 1758 et celui des Ordonnances Ecclésiastiques pour le Pays-de-Vaud, publié en 1773, le montre à l’évidence. Les articles de 1773 consacrés aux visites des ménages sont formulés en termes généraux et l’on n’y détaille plus les questions afférentes à la sphère privée qui devaient faire l’objet de l’enquête du pasteur encore en 1758.

    Conclusion

    21Si le pouvoir politique a réussi, en grande partie, à mieux contrôler le clergé de montagne au cours du xviiie siècle, l’influence du pouvoir politique sur les communautés d’habitants et leurs ressortissants, par le biais d’une mobilisation accrue du corps pastoral, n’a guère augmenté, si ce n’est dans des domaines, comme la formation du mariage ou l’assistance, où a été mise en place une législation restrictive accompagnée de sanctions. Si en pays protestant, le pasteur est fortement ressenti comme un représentant de l’État, c’est aussi en raison de l’enchevêtrement de ses fonctions ecclésiastiques et de ses fonctions séculières. La lecture du « Grand Mandat » lors du culte renforce cette perception des pasteurs comme agents de l’État. Mais, paradoxalement, bien que l’ampleur des tâches imposées par le politique aux pasteurs atteigne une sorte de paroxysme dans la seconde moitié du xviiie siècle, l’encadrement des paroissiens diminue. C’est que la croissance démographique de bon nombre de régions de montagne (Glaris, Emmental, etc.) réduit l’impact de l’action des pasteurs. La création de nouvelles paroisses par scission ou la nomination de « pasteurs en second » y remédient parfois, mais le manque de ressources limite souvent cette option. Et le taux d’encadrement reste faible surtout lorsque l’habitat est disséminé, et que la paroisse est constituée de plusieurs communes politiques.

    Notes de bas de page

    1 Kurt Guggisberg, Bernische Kirchengeschichte, Berne, 1958, p. 442.

    2 Il s’agit d’un thème récurrent des réunions synodales après l’élection d’un pasteur. Cf. Evangelisches Synodalarchiv Glarus, Protokolle der Synode, 1760, 1766, 1773.

    3 Certains pasteurs invoquent même leur ignorance de la loi pour justifier leurs pratiques illégales. Ibid., 19 décembre 1738, 2 janvier 1749, 16 avril 1773, 14 avril 1781.

    4 Pour Glaris, les calculs ont été effectués d’après Gottfried Heer, Die evangelische Geistlichkeit des Landes Glarus, 1530-1900, Glarus, 1908. A été retenu l’ensemble des paroisses de ce canton préalpin et alpin. Pour l’Emmental, les données proviennent de : Staatsarchiv Bern (STAB), B III 237 et BIII 238 : Etat der Pfarreyen im Teutsch Bern Gebiet. Les paroisses de l’échantillon sont Ruegsau, Signau, Sumiswald, Trub, Trachselwald, Tschangnau. Pour les Grisons, les calculs sont basés sur les données de Jakob Rudolf Truog, « Die Pfarrer der evangelischen Gemeinden in Graubünden und seinen Untertanenlanden », dans Jahresbericht der Historisch-Antiquarischen Gesellschaft von Graubünden, t. 65,1935, p. 95 et suiv. L’échantillon grison comprend 21 paroisses sur un total de 132 (lettres H à M, sans Maienfeld et Malans situées en plaine). Les neuf paroisses vaudoises sont situées dans le pays d’Enhaut et les Préalpes vaudoises. Il s’agit des paroisses de Chateau d’Oex, Gryon, L’Etivaz, Leysin, Ollon, Ormont-dessous, Ormont-dessus, Rougemont, Rossinière.

    5 Sources : voir la note 4.

    6 Ein entschlossener Widerwillen wieder den Geistlichen Stand et dieser Unwille beim Studieren bey denjungen Leuthen.

    7 Ces considérations rejoignent celles de Jean-Louis Muret sur les traitements des ministres du pays de Vaud jugés insuffisants « pour faire subsister honnêtement une famille ». Aujourd’hui, « les ministres se marient à 40 ans, plusieurs demeurent célibataires, la plupart n’ont qu’un ou deux enfants ». Cf. « Mémoire sur l’état de la population dans le Pays de Vaud », dans Mémoires et obervations recueillies par la Société économique de Berne, Berne, 1766, 1re partie, p. 122.

    8 Il s’agit des paroisses d’Affoltern i. E., Dürrenroth, Eggiwil, Eriswil, Lützelflüh, Rüthenbach, Schangnau, Trachselwald, Trub, Trubschachen.

    9 Calculs effectués d’après Verzeichnis aller dissmal lebender Herren Geistlichen und Vorgesetzten in Kirchen und Schulen / Samt denen Examinaten der Stadt und Landschaft Bern Teutschen Gebiets, Berne, 1741 et suiv., et Karl Friedrich Lohner, Die reformierte Kirche und ihre Vorsteher, Thun s. d. [1864].

    10 Henri Vuilleumier, Histoire de l’Église réformée du Pays de Vaud sous le régime bernois, vol. 4, Lausanne, 1933, p. 48.

    11 Ulrich Im Hof, « Sozialdisziplinierung in der reformierten Schweiz vom 16. bis zum 18. Jahrhundert », Jahrbuch des italienisch-deutschen historischen Instituts in Trient, t. 8, 1982, p. 130.

    12 G. Reusser, « Proben aus den Chorgerichtsmanualen des Pfarrers Abraham Desgouttes », Blätter für bernische Geschichte, Kunst und Altertumskunde, 1913, p. 204-205.

    13 Ulrich Pfister, « Reformierte Sittenzucht zwischen kommunaler und territorialer Organisation : Graubünden, 15.-18. Jahrhundert », dans Archiv für Reformationsgeschichte, t. 87, 1996, p. 294.

    14 Le Landammann, et s’il était catholique, le vice-Landammann, le banneret, le trésorier du canton et le commandant des milices cantonales, et deux membres du Conseil, en tant que repésentants des communes. Comme les anciens Landammann protestants avaient aussi le droit de participer aux Assemblées, le poids des instances politiques pesait lourd dans les discussions par rapport aux pasteurs présents. On compte sept représentants des instances séculières en 1749, et souvent dix dans les années 1770. Cf. Gottfried Heer, Die evangelische Synode des Landes Glarus, 1621-1900, Glarus, 1906, p. 6 et suiv.

    15 Evangelisches Synodalarchiv Glarus, Protokolle der Synode, 1737.

    16 Op. cit., p. 44.

    17 Une obligation que l’on constate ailleurs. Cf. Recueil d’ordonnances pour les Églises du Pays-de-Vaud, Berne, 1758, p. 28.

    18 Extraits de plusieurs pièces qui ont concouru au prix indiqué pour l’année 1763. Par ordre de la Société économique de Berne sur cette question : Quelle est la meilleure méthode pour l’éducation des habitants de la campagne, relativement à l’agriculture. Rédigés par B.T., Berne, 1766, p. 56 (Mémoires et observations recueillies par la Société économique de Berne, 1766, 2e partie).

    19 Op. cit., p. 27.

    20 Gottfried Heer, Die evangelische Geistlichkeit, op. cit., p. 27.

    Auteur

    • Anne-Lise Head-König

      Université de Genève

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    2000

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    Entre croisades et révolutions

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    2009

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    2005

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    Clergés, communautés et famille des montagnes d’Europe

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    2005

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    1 Kurt Guggisberg, Bernische Kirchengeschichte, Berne, 1958, p. 442.

    2 Il s’agit d’un thème récurrent des réunions synodales après l’élection d’un pasteur. Cf. Evangelisches Synodalarchiv Glarus, Protokolle der Synode, 1760, 1766, 1773.

    3 Certains pasteurs invoquent même leur ignorance de la loi pour justifier leurs pratiques illégales. Ibid., 19 décembre 1738, 2 janvier 1749, 16 avril 1773, 14 avril 1781.

    4 Pour Glaris, les calculs ont été effectués d’après Gottfried Heer, Die evangelische Geistlichkeit des Landes Glarus, 1530-1900, Glarus, 1908. A été retenu l’ensemble des paroisses de ce canton préalpin et alpin. Pour l’Emmental, les données proviennent de : Staatsarchiv Bern (STAB), B III 237 et BIII 238 : Etat der Pfarreyen im Teutsch Bern Gebiet. Les paroisses de l’échantillon sont Ruegsau, Signau, Sumiswald, Trub, Trachselwald, Tschangnau. Pour les Grisons, les calculs sont basés sur les données de Jakob Rudolf Truog, « Die Pfarrer der evangelischen Gemeinden in Graubünden und seinen Untertanenlanden », dans Jahresbericht der Historisch-Antiquarischen Gesellschaft von Graubünden, t. 65,1935, p. 95 et suiv. L’échantillon grison comprend 21 paroisses sur un total de 132 (lettres H à M, sans Maienfeld et Malans situées en plaine). Les neuf paroisses vaudoises sont situées dans le pays d’Enhaut et les Préalpes vaudoises. Il s’agit des paroisses de Chateau d’Oex, Gryon, L’Etivaz, Leysin, Ollon, Ormont-dessous, Ormont-dessus, Rougemont, Rossinière.

    5 Sources : voir la note 4.

    6 Ein entschlossener Widerwillen wieder den Geistlichen Stand et dieser Unwille beim Studieren bey denjungen Leuthen.

    7 Ces considérations rejoignent celles de Jean-Louis Muret sur les traitements des ministres du pays de Vaud jugés insuffisants « pour faire subsister honnêtement une famille ». Aujourd’hui, « les ministres se marient à 40 ans, plusieurs demeurent célibataires, la plupart n’ont qu’un ou deux enfants ». Cf. « Mémoire sur l’état de la population dans le Pays de Vaud », dans Mémoires et obervations recueillies par la Société économique de Berne, Berne, 1766, 1re partie, p. 122.

    8 Il s’agit des paroisses d’Affoltern i. E., Dürrenroth, Eggiwil, Eriswil, Lützelflüh, Rüthenbach, Schangnau, Trachselwald, Trub, Trubschachen.

    9 Calculs effectués d’après Verzeichnis aller dissmal lebender Herren Geistlichen und Vorgesetzten in Kirchen und Schulen / Samt denen Examinaten der Stadt und Landschaft Bern Teutschen Gebiets, Berne, 1741 et suiv., et Karl Friedrich Lohner, Die reformierte Kirche und ihre Vorsteher, Thun s. d. [1864].

    10 Henri Vuilleumier, Histoire de l’Église réformée du Pays de Vaud sous le régime bernois, vol. 4, Lausanne, 1933, p. 48.

    11 Ulrich Im Hof, « Sozialdisziplinierung in der reformierten Schweiz vom 16. bis zum 18. Jahrhundert », Jahrbuch des italienisch-deutschen historischen Instituts in Trient, t. 8, 1982, p. 130.

    12 G. Reusser, « Proben aus den Chorgerichtsmanualen des Pfarrers Abraham Desgouttes », Blätter für bernische Geschichte, Kunst und Altertumskunde, 1913, p. 204-205.

    13 Ulrich Pfister, « Reformierte Sittenzucht zwischen kommunaler und territorialer Organisation : Graubünden, 15.-18. Jahrhundert », dans Archiv für Reformationsgeschichte, t. 87, 1996, p. 294.

    14 Le Landammann, et s’il était catholique, le vice-Landammann, le banneret, le trésorier du canton et le commandant des milices cantonales, et deux membres du Conseil, en tant que repésentants des communes. Comme les anciens Landammann protestants avaient aussi le droit de participer aux Assemblées, le poids des instances politiques pesait lourd dans les discussions par rapport aux pasteurs présents. On compte sept représentants des instances séculières en 1749, et souvent dix dans les années 1770. Cf. Gottfried Heer, Die evangelische Synode des Landes Glarus, 1621-1900, Glarus, 1906, p. 6 et suiv.

    15 Evangelisches Synodalarchiv Glarus, Protokolle der Synode, 1737.

    16 Op. cit., p. 44.

    17 Une obligation que l’on constate ailleurs. Cf. Recueil d’ordonnances pour les Églises du Pays-de-Vaud, Berne, 1758, p. 28.

    18 Extraits de plusieurs pièces qui ont concouru au prix indiqué pour l’année 1763. Par ordre de la Société économique de Berne sur cette question : Quelle est la meilleure méthode pour l’éducation des habitants de la campagne, relativement à l’agriculture. Rédigés par B.T., Berne, 1766, p. 56 (Mémoires et observations recueillies par la Société économique de Berne, 1766, 2e partie).

    19 Op. cit., p. 27.

    20 Gottfried Heer, Die evangelische Geistlichkeit, op. cit., p. 27.

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    Head-König, A.-L. (2005). État protestant, clergé de montagne et encadrement des paroissiens dans la Suisse du xviiie siècle. In S. Brunet & N. Lemaitre (éds.), Clergés, communautés et famille des montagnes d’Europe. Paris: Éditions de la Sorbonne. https://doi.org/10.4000/books.psorbonne.64139
    Head-König, Anne-Lise. « État protestant, clergé de montagne et encadrement des paroissiens dans la Suisse du xviiie siècle ». In Clergés, communautés et famille des montagnes d’Europe, édité par Serge Brunet et Nicole Lemaitre. Paris: Éditions de la Sorbonne, 2005. doi:10.4000/books.psorbonne.64139.
    Head-König, Anne-Lise. « État protestant, clergé de montagne et encadrement des paroissiens dans la Suisse du xviiie siècle ». Clergés, communautés et famille des montagnes d’Europe, édité par Serge Brunet et Nicole Lemaitre, Éditions de la Sorbonne, 2005, https://doi.org/10.4000/books.psorbonne.64139.

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    Brunet, S., & Lemaitre, N. (éds.). (2005). Clergés, communautés et famille des montagnes d’Europe. Paris: Éditions de la Sorbonne. https://doi.org/10.4000/books.psorbonne.63969
    Brunet, Serge, et Nicole Lemaitre, éd. Clergés, communautés et famille des montagnes d’Europe. Paris: Éditions de la Sorbonne, 2005. doi:10.4000/books.psorbonne.63969.
    Brunet, Serge, et Nicole Lemaitre, éditeurs. Clergés, communautés et famille des montagnes d’Europe. Éditions de la Sorbonne, 2005, https://doi.org/10.4000/books.psorbonne.63969.
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