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    Plan détaillé Texte intégral La difficile affirmation du courant socialiste face à la poussée unitaire de la Libération Les enjeux politiques de la question syndicale et les tentatives de regroupement face à l’hégémonie communiste Les socialistes et l’action syndicale jusqu’à l’automne 1947, de la tentation d’une stratégie de débordement à l’organisation d’un courant politique dans les entreprises Le tournant : le choix de la création de l’union départementale-Force ouvrière et de la concurrence syndicale directe avec la CGT Notes de bas de page Auteur

    L’implantation du socialisme en France au xxe siècle. Partis, réseaux, mobilisation

    Ce livre est recensé par

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    Table des matières

    Parti socialiste et syndicalisme à Marseille de la Libération au début des années 1950

    Robert Mencherini

    p. 227-236

    Texte intégral La difficile affirmation du courant socialiste face à la poussée unitaire de la Libération Les enjeux politiques de la question syndicale et les tentatives de regroupement face à l’hégémonie communiste Les socialistes et l’action syndicale jusqu’à l’automne 1947, de la tentation d’une stratégie de débordement à l’organisation d’un courant politique dans les entreprises Le tournant : le choix de la création de l’union départementale-Force ouvrière et de la concurrence syndicale directe avec la CGT Notes de bas de page Auteur

    Texte intégral

    1Dans les Bouches-du-Rhône, terre de vieille implantation du courant socialiste, celui-ci joue, avant la Deuxième Guerre mondiale, un rôle décisif dans le mouvement syndical, du moins jusqu’au milieu des années 1930. Après la Libération, en dépit de la concurrence et de la poussée communistes, les socialistes développent leur implantation chez les édiles. Mais, de manière apparemment paradoxale, c’est aussi le moment où leur influence au sein de la CGT connaît ici son étiage. Il était intéressant, à titre d’exemple, d’examiner, dans le cadre particulier d’un département où les communistes exercent une hégémonie sur le mouvement syndical, l’application et les difficultés de stratégie de reconquête interne d’abord souhaitée par les socialistes, les modalités et les résultats du choix qui les conduit à quitter la CGT en 1947-1948 et, enfin, leur intervention au sein d’un syndicalisme éclaté au début des années 1950.

    La difficile affirmation du courant socialiste face à la poussée unitaire de la Libération

    2La Libération prolonge, au sein du mouvement syndical à Marseille et dans les Bouches-du-Rhône, les évolutions amorcées au moment du Front populaire. Dès la fin de l’été 1944, le courant communiste assoit et développe l’influence affirmée dans la CGT au lendemain de la réunification de 1936.

    3C’est, en effet, en octobre 1936, que le communiste Charles Nédelec a remplacé comme secrétaire général de l’union départementale CGT des Bouches-du-Rhône, le confédéré Chauffard, démissionnaire officiellement pour raisons de santé. De fait, il s’agit bien d’un changement de majorité confirmé par le congrès départemental des 26-27 juin 1937 à l’occasion duquel les unitaires deviennent majoritaires à la CA de l’UD et Charles Nédelec est réélu secrétaire général. Au congrès des 24-25 juin 1938, le rapport moral de la nouvelle majorité est approuvé par 108 000 voix contre 26 000 en dépit d’une opposition vigoureuse menée, en particulier, par le socialiste Pierre Ferri-Pisani, responsable de la fédération des inscrits maritimes et membre de la tendance Syndicats, Un an plus tard, les 24-25 juin 1939, l’orientation unitaire n’est plus contestée que par quatorze syndicats.

    4Les bouleversements du début de la Deuxième Guerre mondiale ne modifient pas durablement la tendance. Certes, le pacte germano-soviétique entraîne une nouvelle scission de l’union départementale. Mais l’engagement déterminé des communistes dans la Résistance patriotique à partir de 1941, leur implantation dans les entreprises, l’animation de luttes ouvrières de masse (par exemple, les grèves de février-mars et mai 1944) les placent de nouveau en position de force. À tel point qu’à la Libération, les anciens unitaires occupent une place hégémonique au sein de l’union départementale CGT. Ils convoquent, dès le 3 septembre, la première réunion de cadres constitutive de l’UD-CGT où le communiste Lucien Molino est désigné comme nouveau responsable de l’UD, au sein d’un bureau monocolore.

    5Le XXVe congrès de l’union départementale CGT, les 9 et 10 juin 1945, élit un bureau très majoritairement communiste, puisque un seul de ses membres (sur huit) est socialiste. Il s’agit de Georges Dumonceau, secrétaire du syndicat des typographes. Et encore, semble-t-il, l’intervention de Benoît Frachon a été nécessaire pour garantir une présence socialiste à la direction départementale1. La même hégémonie est constatée au niveau des directions intermédiaires. Trois unions locales seulement (sur une vingtaine) échappent aux communistes qui tiennent également la plupart des syndicats des secteurs productifs.

    6Face à la poussée unitaire de la Libération, les militants socialistes réagissent apparemment de manière assez désordonnée. Des affrontements se produisent rapidement pour le contrôle d’un certain nombre de syndicats. Ainsi, chez les inscrits maritimes, corporation particulièrement sensible à Marseille, deux syndicats coexistent pendant quelques semaines, reproduisant, jusqu’à la reconnaissance par la fédération du seul syndicat dirigé par les unitaires, une situation déjà connue en 19392. Il est vrai qu’un vote organisé en février 1945 donne la majorité à ces derniers. Mais l’absence de Ferri-Pisani, alors déporté en Allemagne, a sans doute desservi le courant confédéré. Des tensions de même nature existent chez les mineurs à la fin 1944. La reconstitution d’un syndicat unique dans le bassin minier se heurte à de nombreuses difficultés, dans un climat de polémiques à propos de l’action pendant l’Occupation. Si les socialistes demeurent majoritaires dans les secteurs de Meyreuil et Gardanne, deux listes s’affrontent en novembre 1944 pour le bureau syndical de Gréasque, où les communistes l’emportent par 400 voix contre 320. Chez les instituteurs, les militants communistes du comité national des intellectuels (CNI) ont pris l’initiative de la reconstitution légale du syndicat et s’opposent dans un premier temps aux militants de L’École émancipée, dont un certain nombre ont participé à l’organisation universitaire de combat et du Mouvement de libération nationale (MLN)3. Lors des premières élections à la commission exécutive du syndicat des instituteurs, la liste présentée par le CNI emporte la totalité des sièges, par une majorité de 1 046 voix en moyenne contre 647 pour la liste présentée par le MLN, composée de militants de L’École émancipée rejoints par des militants socialistes. Mais les anciens dirigeants confédérés n’y figurent pas. Ce qui n’est pas le cas en octobre 1945 où quelques-uns de ces derniers côtoient les militants de L’École émancipée sur une liste de redressement syndical. Par exemple, Marcel Babau, ancien secrétaire adjoint de l’UD-CGT en 1935, ancien responsable national de la fédération des fonctionnaires ou Irma Rapuzzi, dirigeante socialiste connue. Cette liste est encore minoritaire par une moyenne de 540 voix contre 1 091 à celle du bureau sortant.

    7Il est intéressant de noter que, hormis ces heurts sectoriels, le courant socialiste ne s’exprime pas publiquement sur la question syndicale. Ainsi, au congrès de l’union départementale de juin 1945, les rapports sont adoptés sans problèmes ni critiques. Et toute la presse locale, y compris Le Provençal, souligne le climat d’unanimité qui règne pendant les débats4. Il faut y voir, à notre avis, l’effet d’une aspiration unitaire liée au tripartisme gouvernemental, mais sans doute aussi la conséquence d’un rapport de force très défavorable aux militants socialistes.

    Les enjeux politiques de la question syndicale et les tentatives de regroupement face à l’hégémonie communiste

    8Pourtant, les dirigeants socialistes sont bien conscients de l’importance de l’enjeu. D’autant qu’il ne s’agit pas uniquement de questions syndicales au sens strict. Le contrôle des instances syndicales a, en cette période, de fortes implications directement politiques, compte tenu de la participation de la CGT à diverses organes de pouvoir : comités départementaux et locaux de Libération (CDL et CLL), conseils municipaux. On sait que, lors de la préparation des élections municipales d’avril 1945, la présence de représentants de la CGT ès qualités sur des listes unitaires donne lieu à un affrontement entre minorité et majorité au comité confédéral national des 27-28 mars 1945. Mais, au delà des débats sur le principe même de la participation à des instances politiques qui rompt avec la position traditionnelle du syndicalisme français, la question a des retombées très concrètes : ainsi, communistes et socialistes s’opposent à Marseille à propos des représentants de la CGT figurant sur la liste commune5. Le référendum sur la Constituante entraîne de nouvelles tensions à l’automne 1945, au moment où la majorité confédérale s’engage en faveur du vote « oui/non », rejoignant ainsi les positions du PCF, en opposition à celles de la SFIO (vote « oui/oui »). L’UD-CGT mène de son côté une propagande très active en faveur du « oui/non ».

    9C’est d’ailleurs à cette occasion que Le Provençal publie un communiqué du groupe Résistance ouvrière condamnant la prise de position confédérale, rappelant les principes de la charte d’Amiens et soulignant que « toute intrusion de la Confédération générale du travail sur le plan politique ne peut qu’aboutir à la division des forces ouvrières et à l’affaiblissement de la puissance syndicale »6. Pourtant, les activités du groupe Résistance ouvrière à Marseille semblent à ce moment-là assez limitées : organisation de réunions locales régulières, en particulier de militants ayant conservé quelques responsabilités, maintien de contacts nationaux... Le secrétariat du groupe est alors assuré par Marcel Babau ou Georges Dumonceau7. Ce dernier, également secrétaire des Groupes socialistes d’entreprise (GSE), qui intervient de manière assez générale sur les questions syndicales au congrès de la fédération socialiste des Bouches-du-Rhône de novembre 19458, développe quelques semaines plus tard sa pensée dans une lettre adressée au secrétaire fédéral de la SFIO9. Si la dénonciation des pratiques communistes est assez attendue, le plus intéressant dans cet échange est la tactique de reconquête de la CGT que prône le responsable syndical. S’appuyant sur le fait que la masse des syndiqués, à la différence des dirigeants, n’est pas communiste, mais « en majeure partie composée de gens sans partis qui, de prime abord, semblent plus sympathiques [sic] aux socialistes qu’aux communistes », Georges Dumonceau préconise le développement de nouvelles pratiques au sein des syndicats, dont des « élections vraiment démocratiques ». Deux obstacles toutefois : d’une part, la passivité de la masse liée à la politisation syndicale mais aussi aux « sacrifices sans cesse renouvelés que lui impose le gouvernement », de l’autre, l’absence de véritable participation des socialistes ou sans partis aux responsabilités syndicales. Les rapports de force tendent à faire de ces souhaits des vœux pieux.

    10À ces difficultés s’ajoutent à Marseille celles, plus conjoncturelles, de la crise que connaît la fédération socialiste à la fin de l’année 1945. La scission de cette dernière la prive d’un certain nombre de militants historiques autour de Ferri-Pisani dont l’influence syndicale est loin d’être négligeable, même s’ils n’ont pas retrouvé à la Libération leur place d’avant-guerre.

    11En dépit de ses efforts, la minorité socialiste peine à s’exprimer dans les instances syndicales. Au congrès confédéral de Paris (8-12 avril 1946), une quarantaine de mandats des syndicats des Bouches-du-Rhône seulement, sur plus de six cents s’opposent à la modification des statuts proposée par les unitaires. Apparaissent ainsi dans le camp confédéré, pour le département, en majorité, la fédération du livre, la fédération des tabacs, les employés des compagnies secondaires des chemins de fer, la fédération des coiffeurs, celles des travailleurs de l’État et des voyageurs-représentants et placiers auxquelles s’ajoutent certains employés de banque et enseignants10. Au niveau départemental également Georges Dumonceau tente de faire entendre la voix de l’opposition. Il présente, au XXVIe congrès de l’UD-CGT des 29-30 juin 1946, une motion sur l’indépendance syndicale. Mais violemment contestée par les congressistes, il est contraint de s’interrompre à plusieurs reprises. Les actes du congrès ne font pas état de celle-ci, vraisemblablement retirée au profit d’une intervention de synthèse, d’ailleurs présentée par Dumonceau lui-même le lendemain et intégrant une référence explicite à l’indépendance syndicale « conformément aux stipulations de la Charte d’unité de Toulouse »11. À l’issue de ces travaux, le secrétaire du syndicat des typographes est réélu au bureau de l’UD où il est toujours seul à représenter le courant socialiste. Quelques semaines plus tard, à l’occasion de la désignation des directions des caisses de sécurité sociale, Gaston Defferre passe à l’offensive directe. Il dénonce dans Le Provençal, la mainmise du PCF sur la CGT et souligne que sur les six membres désignés par la CGT au conseil d’administration provisoire des caisses de la sécurité sociale, quatre appartiennent au PCF, ce qui selon lui, ne correspond pas à la sensibilité de la grande masse des adhérents de l’UD. L’occasion lui est ainsi donnée de constater que « dans les départements où le bureau de l’UD est communiste, non seulement, ce sont toujours des communistes qui sont chargés de représenter la CGT, mais qu’ils défendent toujours le point de vue du PC »12.

    12Mais les dénonciations de l’absence de démocratie syndicale semblent de peu d’effet. Apparaît alors liée à l’accroissement du mécontentement réel des salariés, la tentation d’utiliser une autre stratégie, celle du débordement.

    Les socialistes et l’action syndicale jusqu’à l’automne 1947, de la tentation d’une stratégie de débordement à l’organisation d’un courant politique dans les entreprises

    13Et ceci d’autant plus que le congrès confédéral de mars 1946 a été l’occasion d’un véritable réarmement de la majorité, d’une réaffirmation très nette de son ancrage dans la bataille de la production et, plus que jamais, de la condamnation des grèves. On comprend, dès lors, que l’opposition songe, dans le cadre de sa stratégie de reconquête interne, à reprendre à son compte l’arme traditionnelle du mouvement syndical. Ainsi, les grèves du livre au cours de l’année 1946 (mai-juin). Ainsi surtout la grève des PTT au cours de l’été 1946, bien que la première réaction de Gaston Defferre soit plutôt hostile à l’arrêt de travail du 30 juillet, mouvement décidé par la fédération postale (à direction unitaire) et qu’il accuse d’avoir favorisé les journaux communistes13. Mais, le lendemain, en dépit des consignes de reprise de travail de la fédération postale, la grève continue dans divers centres nationaux et au central télégraphique de Marseille. Elle s’étend et même s’envenime jusqu’à des affrontements physiques entre grévistes et non-grévistes appuyés par l’union départementale. Le mouvement se prolonge jusqu’au samedi 3 août où la fédération postale d’un côté, le comité national de grève de l’autre, comité constitué par ceux qu’il faut désormais appeler des opposants, sont reçus au ministère. La fédération socialiste, par l’intermédiaire du Provençal a apporté très nettement son soutien aux grévistes, estimant que la cause des postiers « n’est pas seulement la leur, c’est celle de l’indépendance syndicale, celle de la liberté syndicale que nous nous honorons d’avoir toujours défendu ici »14. Et Gaston Defferre tirant les leçons de ce mouvement y voit un « véritable réveil de la conscience syndicale. Les travailleurs non communistes ont compris qu’ils étaient les plus nombreux, les plus forts et que seul le respect de l’indépendance syndicale pouvait assurer le succès de leur action ». Et d’espérer que cette leçon porte ses fruits : « Cet événement ne doit pas rester isolé. Il faut que dans l’avenir le principe de l’indépendance syndicale soit à nouveau respecté et que ceux qui en sont les défenseurs aient le courage si c’est nécessaire de chasser des postes qu’ils occupent ceux qui ont démontré qu’ils en étaient les ennemis »15.

    14Mais, en dépit de cet appui à un mouvement gréviste et des protestations d’indépendance syndicale, il est évident que les militants socialistes, du fait du rôle gouvernemental de la SFIO, ne peuvent soutenir une stratégie de débordement systématique. Celle-ci devient d’ailleurs beaucoup plus complexe à manier au fil des mois, compte tenu d’abord, d’un engagement beaucoup plus décidé en faveur des grèves de la majorité confédérale, en particulier dans la région de Marseille, et de l’évolution politique nationale ensuite. Les hésitations de la SFIO au début du conflit Renault (et les déclarations du Populaire) en mai 1947 montrent les difficultés réelles de cette option dont le départ des ministres communistes du gouvernement fait d’ailleurs définitivement une impasse16.

    15Les événements de l’été 1946 ont exacerbé les tensions au sein de l’UD, les communistes dénonçant désormais les risques de scission. Ceux-ci sont encore soulignés à l’occasion des élections à la sécurité sociale du 24 avril 1947 où l’utilisation du système de panachage par les deux tendances conduit à déclasser, parfois même à éliminer les responsables les plus impliqués dans le débat. C’est le cas, par exemple, pour Dumonceau pourtant primitivement placé en troisième position. Sur les dix-sept élus de la CGT, cinq seulement ne sont pas membres du courant unitaire. On note, dans ce cadre, la volonté des militants Force ouvrière d’apparaître publiquement (appel à une réunion à la fin avril 194717) et la persistance des difficultés d’expression du courant socialiste au sein de la CGT. Le scénario de 1946 se répète au XXVIIe congrès de l’UD-CGT (4-6 juillet 1947) où Georges Dumonceau arrive à grand peine à présenter de nouveau une motion sur l’indépendance syndicale qu’il est d’ailleurs amené à retirer. Il est remplacé au bureau de l’UD (élargi à seize membres) par un autre socialiste, membre également du syndicat des typographes, Marcel Paganacci18.

    16Pendant cette période, le Parti socialiste SFIO accorde désormais la plus grande attention à la constitution de groupes socialistes d’entreprise (GSE) qui se multiplient en 1946 et 1947 et dont on relève l’existence chez les employés du service des eaux, du gaz, de la préfecture, les policiers (et les CRS), les PTT, l’enseignement, les ports et docks, les métaux, les cheminots, la marine marchande. Il est difficile d’apprécier l’activité réelle de ces groupes dont certains tiennent toutefois des réunions ouvertes au sein des entreprises, lancent des appels pour les élections sociales (comités d’entreprise, par exemple) et qu’un bulletin mensuel essaie de relier à partir d’avril 1947. Au sein du parti lui-même, le débat est engagé sur les perspectives de l’action syndicale au sein de la CGT. Le congrès de Salon de la fédération socialiste, le 10 août 1947, marque un raidissement certain des positions socialistes. Bien que Madeleine Malacrida se prononce, dans le cadre de la motion Guy Mollet, contre une scission de la CGT, Irma Rapuzzi plaide pour la libération du syndicalisme et estime, que face au PC, le Parti socialiste doit adopter une attitude plus courageuse. Le plan d’action qu’elle présente alors, en dehors de tout texte national, est voté par le congrès à main levée. La motion de synthèse de Gaston Defferre, adoptée à la quasi unanimité insiste également sur la nécessité de libérer le syndicalisme. Les difficultés d’expression au sein de la CGT, la place très minoritaire du courant socialiste dans l’UD expliquent sans doute que les socialistes des Bouches-du-Rhône penchent plutôt en faveur d’une scission. C’est ce qu’exprime Irma Rapuzzi à la conférence de FO des 8 et 9 novembre 1947, salle de Lancry à Paris en déclarant que le « mouvement pour l’indépendance vient beaucoup moins des militants conscients que de la masse, que des inorganisés »19.

    17Ces positions sont confortées par les « grèves rouges » de la fin de l’année 1947 qui donnent l’impulsion décisive au processus de scission.

    Le tournant : le choix de la création de l’union départementale-Force ouvrière et de la concurrence syndicale directe avec la CGT

    18Dès le début des grèves de novembre 1947 à Marseille, le Parti socialiste marque sa défiance envers un mouvement encadré par les militants communistes. Ainsi un encart dans Le Provençal du 14 novembre appelle les travailleurs à la vigilance face aux grèves politiques, demande, avant toute décision, l’organisation de votes à bulletins secrets avec isoloir, dépouillement public et affichage des résultats. « Si vos responsables syndicaux refusent de s’incliner faites signer des pétitions et portez-les ensuite à la Préfecture ». La démarche a peu de résultats et les arrêts de travail se multiplient dans les Bouches-du-Rhône20. Les secteurs les plus opposés à la grève sont principalement ceux des employés et fonctionnaires, qui constituent la base de Force ouvrière. Le groupe départemental de FO, tout en reconnaissant la légitimité des revendications ouvrières appelle, le 21 novembre 1947, à refuser toute « politisation de l’action syndicale »21, dénonce, le 9 décembre, la proclamation de la grève générale par l’union départementale des Bouches-du-Rhône, les violations de la démocratie, les violences et les sabotages. À la fin des grèves, il félicite « tous ses groupes des différentes corporations et plus particulièrement son groupe postal constitué par la fédération syndicaliste des PTT pour le courage et la clairvoyance dont ils ont fait preuve dans la triste période que nous venons de vivre »22. La tonalité de ce dernier communiqué est significative. Marcel Babau à la deuxième conférence nationale de Force ouvrière des 18 et 19 décembre 1947, salle des Horticulteurs, prend nettement position pour la constitution d’une organisation indépendante. Il souligne en ce sens que l’intervention publique de FO pendant les grèves, la publication de larges placards dans les journaux ont attiré vers le groupe départemental de nombreux syndicalistes, beaucoup plus que l’action interne dans une union départementale « colonisée à 98 % » (par les communistes)23, opinion largement partagée par les militants socialistes locaux. Des GSE se transforment d’ailleurs directement en syndicats FO, c’est le cas par exemple du GSE police.

    19Le congrès constitutif départemental de FO rassemble, le 14 mars 1948, 80 syndicats sur les 115 ayant signifié leur adhésion à la nouvelle centrale. En présence de Bouzanquet, Marcel Babau est élu secrétaire de l’UD. Le bureau comprend également comme secrétaire-adjoint Jean-Louis Delaunay, Vincent Poggi, trésorier, Denise Agnel, trésorier-adjoint, Roger Lerda, secrétaire aux ruraux, Turc, secrétaire à la propagande. Dans son rapport moral, Jean-Louis Delaunay, insiste sur la nécessaire indépendance du syndicalisme par rapport aux organisations politiques, se démarquant ainsi du Parti communiste, ce qui va de soi, mais également du Parti socialiste et de la Troisième force.

    20En dépit de cette affirmation de principe, le soutien du Parti socialiste SFIO à la nouvelle organisation ne se dément pas au cours des mois suivants et les syndicats FO bénéficient d’un appui multiforme attesté à maintes reprises. Le conseil général (à majorité socialiste) attribue par exemple rapidement d’importantes subventions à la nouvelle union (300 000 F dès 1948), Le Provençal imprime le journal Midi FO 24... Pourtant, cela n’empêche pas les dirigéants socialistes de s’opposer à certains responsables de Force ouvrière, continuant parfois un débat commencé au sein même de la SFIO. Ainsi, en 1951, Gaston Defferre, alors ministre de la Marine marchande, critique vertement, pour son inaction et son incompétence – et fait tout pour éliminer de ses responsabilités – Pierre Ferri-Pisani, secrétaire du syndicat FO des gens de mer, organisateur à Marseille, en janvier 1951, du congrès de l’Internationale des ouvriers des transports, affiliée à la confédération internationale des syndicats libres25. Il met en cause également les liens trop ostentatoires de ce dernier avec les Américains et Irving Brown ; il s’emploie à susciter un nouveau syndicat des marins, en liaison avec celui des pêcheurs, dirigé par Barthélémy Angelini, pourtant ancien lieutenant avant-guerre de Ferri-Pisani et dénonce, dans le même ordre d’idées, le secrétaire FO du syndicat des dockers, « dont la réputation est détestable »26. À noter d’ailleurs qu’est reconstitué dans les années 1950 un nouveau syndicat FO des dockers, de tendance SFIO selon les renseignements généraux, du moins dirigé par des militants socialistes, avec l’appui de l’entreprise SOCOMA, dont on trouve, parmi les principaux responsables, Irma Rapuzzi et Daniel Matalon27.

    21La nouvelle organisation, en dépit de ces appuis, souffre de handicaps certains dès sa naissance. Elle ne récupère pas, bien sûr, tous les syndiqués qui quittent la CGT, ni, problème crucial, beaucoup de cadres syndicaux qui, pourtant opposants au courant communiste, ne l’ont pas rejointe. La défection des militants de l’enseignement et du Livre est, pour elle, une rude perte. Dans l’enseignement, le choix national pour l’autonomie est minoritaire dans les Bouches-du-Rhône28. Lors du vote au SNI, sur 1 588 bulletins dépouillés, 917 sont favorables au maintien dans la CGT, 465 à l’autonomie, 163 à FO. Les dirigeants départementaux, tout en suivant les décisions majoritaires nationales, constituent, au sein de la FEN, un pôle de regroupement de la sensibilité unitaire, le « courant Bouches-du-Rhône ». Le choix de l’autonomie prive la nouvelle UD-Force ouvrière d’un certain nombre de cadres expérimentés, carence que Marcel Babau déplorait encore à la fin des années 1970. Il en est de même de la décision des syndicats du livre qui décident de rester à la CGT et sont toujours représentés au bureau de l’UD par Marcel Paganacci29.

    22De manière plus générale, au-delà de ces difficultés, la CGT-FO n’arrive pas vraiment à développer son influence de manière significative. Le rapport de force global, contrairement aux attentes premières, est peu modifié et la CGT reste majoritaire dans beaucoup de secteurs essentiels. La CGT-FO demeure surtout implantée chez les employés, avec quelques autres points forts, dans le bassin minier par exemple où, bien que minoritaire, son poids est loin d’être négligeable. Les renseignements généraux attribuent à la CGT une audience de l’ordre de 50 à 80 % dans les transports, les métaux, les textiles, les produits chimiques, l’alimentation, le bâtiment, chez les cheminots, les postiers30. Cet ascendant maintenu pose inévitablement la question des actions communes et contribue, en même temps, à entretenir une extrême méfiance des dirigeants de la nouvelle organisation, qui craignent en permanence de tomber dans les pièges du Front unique tel que le PC le propose. Le climat et les mots d’ordre de la Guerre froide ne facilitent pas les rapprochements et « à chaque apparition de ces arguments politiques dans une résolution préfigurant ou concluant un mouvement […] les UD de Force ouvrière et de la CTI ont chaque fois démenti l’unité d’action affirmée par la CGT et ont au contraire flétri le mobile démagogique qui présidait à la diffusion des textes résolutifs. L’unité d’action n’a, de ce fait, pratiquement jamais été réalisée »31. En 1952, le Ve congrès de l’UD CGT-FO, dénonce une CGT qui « s’efforce chaque fois même contre l’évidence de mettre en vedette la participation d’éléments FO afin de proclamer la vertu de l’unité d’action. Le mensonge est employé à l’occasion »32. Le refus est absolu du « rapprochement avec les staliniens » et des « tenants du totalitarisme »33. À « l’unité d’action proposée par les staliniens » s’oppose « le regroupement des forces syndicales ouvrières libres »34. Mais celle-ci n’est pas non plus aisée à mettre en œuvre. Et il faut vraiment des moments privilégiés pour que des mouvements de masse favorisent des rapprochements dans l’action comme pendant les grèves de l’été 1953.

    23De la Libération au début des années 1950, le courant socialiste a donc utilisé deux stratégies successives en matière d’action syndicale. Il s’est d’abord essayé à une reconquête interne de la CGT. L’échec de celle-ci, à cause de rapports de force par trop défavorables, a conduit à l’affrontement entre deux organisations rivales, le développement de FO étant désormais privilégié par le courant socialiste. Mais, contrairement aux espoirs initiaux, cette deuxième stratégie n’a pas permis de renverser le rapport de force. Au cours des années 1950, le courant socialiste ne retrouva pas la place qu’il avait en 1936, au temps où il dirigeait la CGT et les rapports de force demeurent relativement figés. C’est, bien ultérieurement, la déconfessionnalisation de la CFTC qui offrira au courant socialiste d’autres perspectives.

    Notes de bas de page

    1 Témoignage de Lucien Molino, 1980.

    2 Voir sur ce point Olivesi (A.), « La situation sociale en province : Marseille et le Sud-Est », Rémond (R.), Bourdin (J.), Édouard Daladier, chef de gouvernement, Paris, PFNSP, 1977, p. 169-188.

    3 Dont le responsable a été, à Marseille, Jean Salducci, ancien secrétaire fédéral de la fédération unitaire de l’enseignement et du syndicat unitaire de l’enseignement des Bouches-du-Rhône, de tendance École émancipée, mort en déportation.

    4 Seul Rouge-Midi fait état de l’abstention du délégué d’Aix sur le rapport moral s’abstenant « n’ayant pas eu le temps d’en discuter avec son union locale », Rouge Midi, mardi 12 juin 1945.

    5 Selon Gaston Defferre, il a fallu alors distinguer entre représentants de la CGT socialistes et communistes, Le Provençal, 25 juillet 1945. Sur les cinq représentants de la CGT sur la liste de Rassemblement démocratique, quatre sont des communistes attestés. À l’automne 1945, les représentants de la CGT ne suivent pas les socialistes dans leur retrait du conseil municipal de Marseille (après leur défaite électorale aux élections cantonales des 23 et 30 septembre 1945) et demeurent dans l’assemblée dirigée alors par le communiste Jean Cristofol.

    6 Le Provençal, 17 octobre 1945.

    7 Entretiens avec Marcel Babau, 20 mai 1980, et Fernand Cambacédés, 7 juin 1980. Rapport de Marcel Babau au congrès constitutif de l’UD CGT-FO, 14 mars 1948.

    8 Le Provençal, 27 novembre 1945.

    9 Archives départementales Bouches-du-Rhône (ADBDR), M 14 5785, reclassée en W, lettre de Dumonceau à Yzombard, 1er mars 1946

    10 D’après le relevé des votes, Compte rendu sténographié des débats du XXVIe congrès national de Paris, 8-12 avril 1946,

    11 Le Provençal, 30 juin, 1er et 2 juillet 1946.

    12 Ibid, , 17 et 25 juillet 1946.

    13 Ibid, , Defferre (G.), « Indépendance syndicale à sens unique », 31 juillet 1946.

    14 Ibid., samedi 3 août 1946.

    15 Ibid, , Defferre (G.), « Les leçons d’une grève », 7 août 1946. On sait que la grève de l’été 1946 conduit à la création d’un comité d’action syndicaliste dissident de la fédération postale (bien que les Amis de combat syndical, socialistes, et les trotskistes soient hostiles à la scission).

    16 Ibid, , 30 avril 1947.

    17 Ibid, , 30 avril 1947.

    18 D’après plusieurs témoignages, Georges Dumonceau aurait à ce moment-là quitté la région.

    19 Voir Mencherini (R.), Guerre froide, grèves rouges, Parti communiste, stalinisme et luttes sociales en France, Les grèves « insurrectionnelles » de 1947-1948, Paris, Syllepse, 1998, 307 p.

    20 Ibid,

    21 « Un appel de Force ouvrière », Le Provençal, 21 novembre 1947.

    22 Ibid, , « Un manifeste de Force ouvrière », Le Provençal, 11 décembre 1947.

    23 Lefebvre (D.), 19 décembre 1947 : Force ouvrière, Paris, Bruno Leprince, 1997, p. 280.

    24 AD BDR, 148 W 365, Rapport moral, brochure Ve congrès de l’UD CGT-FO, 24-25 mai 1952.

    25 Voir les quotidiens marseillais du 15 janvier 1981 et des jours suivants et La Marseillaise qui a publié à cette date une note de Gaston Defferre, alors ministre de la Marine marchande, au président du Conseil du 9 avril 1951 et AD BDR, 148 W 365, rapport SDRG, 8 octobre 1951.

    26 Ibid,

    27 Ibid, , 137 W 279, note sans date (août ou septembre 1957) au préfet des Bouches-du-Rhône, à l’occasion d’une requête présentée par le syndicat ports et docks et assimilés FO. Il est vrai que des syndicats indépendants recevraient également une aide d’autres acconiers.

    28 Le Provençal, 8 mars 1948.

    29 Un référendum donne 1 033 voix pour le maintien à la CGT contre 266 et 57 nuls. Au cas de départ de la CGT, 791 syndiqués se prononcent pour l’autonomie, 144 pour FO, 432 refusant de s’exprimer.

    30 AD BDR, 148 W 365, Plaquette, 26 septembre 1951, « Travail effectué à la demande de M. Le Préfet des BDR », p. 2, « principales branches de l’activité sociale à Marseille et dans les BDR, leurs effectifs, l’influence respective des différentes tendances syndicales ouvrières ».

    31 Ibid, , 148 W 365, Situation des diverses organisations syndicales, brochure « Activités des différentes centrales syndicale », 1950. SDRG, p. 5.

    32 Ibid, , 148W 365, brochure Ve congrès de l’UD CGT-FO, 24-25 mai 1952, p. 5.

    33 Ibid, , p. 20.

    34 Ibid, , allocution d’André Lafond, secrétaire confédéral.

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    1 Témoignage de Lucien Molino, 1980.

    2 Voir sur ce point Olivesi (A.), « La situation sociale en province : Marseille et le Sud-Est », Rémond (R.), Bourdin (J.), Édouard Daladier, chef de gouvernement, Paris, PFNSP, 1977, p. 169-188.

    3 Dont le responsable a été, à Marseille, Jean Salducci, ancien secrétaire fédéral de la fédération unitaire de l’enseignement et du syndicat unitaire de l’enseignement des Bouches-du-Rhône, de tendance École émancipée, mort en déportation.

    4 Seul Rouge-Midi fait état de l’abstention du délégué d’Aix sur le rapport moral s’abstenant « n’ayant pas eu le temps d’en discuter avec son union locale », Rouge Midi, mardi 12 juin 1945.

    5 Selon Gaston Defferre, il a fallu alors distinguer entre représentants de la CGT socialistes et communistes, Le Provençal, 25 juillet 1945. Sur les cinq représentants de la CGT sur la liste de Rassemblement démocratique, quatre sont des communistes attestés. À l’automne 1945, les représentants de la CGT ne suivent pas les socialistes dans leur retrait du conseil municipal de Marseille (après leur défaite électorale aux élections cantonales des 23 et 30 septembre 1945) et demeurent dans l’assemblée dirigée alors par le communiste Jean Cristofol.

    6 Le Provençal, 17 octobre 1945.

    7 Entretiens avec Marcel Babau, 20 mai 1980, et Fernand Cambacédés, 7 juin 1980. Rapport de Marcel Babau au congrès constitutif de l’UD CGT-FO, 14 mars 1948.

    8 Le Provençal, 27 novembre 1945.

    9 Archives départementales Bouches-du-Rhône (ADBDR), M 14 5785, reclassée en W, lettre de Dumonceau à Yzombard, 1er mars 1946

    10 D’après le relevé des votes, Compte rendu sténographié des débats du XXVIe congrès national de Paris, 8-12 avril 1946,

    11 Le Provençal, 30 juin, 1er et 2 juillet 1946.

    12 Ibid, , 17 et 25 juillet 1946.

    13 Ibid, , Defferre (G.), « Indépendance syndicale à sens unique », 31 juillet 1946.

    14 Ibid., samedi 3 août 1946.

    15 Ibid, , Defferre (G.), « Les leçons d’une grève », 7 août 1946. On sait que la grève de l’été 1946 conduit à la création d’un comité d’action syndicaliste dissident de la fédération postale (bien que les Amis de combat syndical, socialistes, et les trotskistes soient hostiles à la scission).

    16 Ibid, , 30 avril 1947.

    17 Ibid, , 30 avril 1947.

    18 D’après plusieurs témoignages, Georges Dumonceau aurait à ce moment-là quitté la région.

    19 Voir Mencherini (R.), Guerre froide, grèves rouges, Parti communiste, stalinisme et luttes sociales en France, Les grèves « insurrectionnelles » de 1947-1948, Paris, Syllepse, 1998, 307 p.

    20 Ibid,

    21 « Un appel de Force ouvrière », Le Provençal, 21 novembre 1947.

    22 Ibid, , « Un manifeste de Force ouvrière », Le Provençal, 11 décembre 1947.

    23 Lefebvre (D.), 19 décembre 1947 : Force ouvrière, Paris, Bruno Leprince, 1997, p. 280.

    24 AD BDR, 148 W 365, Rapport moral, brochure Ve congrès de l’UD CGT-FO, 24-25 mai 1952.

    25 Voir les quotidiens marseillais du 15 janvier 1981 et des jours suivants et La Marseillaise qui a publié à cette date une note de Gaston Defferre, alors ministre de la Marine marchande, au président du Conseil du 9 avril 1951 et AD BDR, 148 W 365, rapport SDRG, 8 octobre 1951.

    26 Ibid,

    27 Ibid, , 137 W 279, note sans date (août ou septembre 1957) au préfet des Bouches-du-Rhône, à l’occasion d’une requête présentée par le syndicat ports et docks et assimilés FO. Il est vrai que des syndicats indépendants recevraient également une aide d’autres acconiers.

    28 Le Provençal, 8 mars 1948.

    29 Un référendum donne 1 033 voix pour le maintien à la CGT contre 266 et 57 nuls. Au cas de départ de la CGT, 791 syndiqués se prononcent pour l’autonomie, 144 pour FO, 432 refusant de s’exprimer.

    30 AD BDR, 148 W 365, Plaquette, 26 septembre 1951, « Travail effectué à la demande de M. Le Préfet des BDR », p. 2, « principales branches de l’activité sociale à Marseille et dans les BDR, leurs effectifs, l’influence respective des différentes tendances syndicales ouvrières ».

    31 Ibid, , 148 W 365, Situation des diverses organisations syndicales, brochure « Activités des différentes centrales syndicale », 1950. SDRG, p. 5.

    32 Ibid, , 148W 365, brochure Ve congrès de l’UD CGT-FO, 24-25 mai 1952, p. 5.

    33 Ibid, , p. 20.

    34 Ibid, , allocution d’André Lafond, secrétaire confédéral.

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    Mencherini, R. (2001). Parti socialiste et syndicalisme à Marseille de la Libération au début des années 1950. In J. Girault (éd.), L’implantation du socialisme en France au xxe siècle. Partis, réseaux, mobilisation. Paris: Éditions de la Sorbonne. https://doi.org/10.4000/books.psorbonne.61144
    Mencherini, Robert. «  Parti socialiste et syndicalisme à Marseille de la Libération au début des années 1950 ». In L’implantation du socialisme en France au xxe siècle. Partis, réseaux, mobilisation, édité par Jacques Girault. Paris: Éditions de la Sorbonne, 2001. doi:10.4000/books.psorbonne.61144.
    Mencherini, Robert. «  Parti socialiste et syndicalisme à Marseille de la Libération au début des années 1950 ». L’implantation du socialisme en France au xxe siècle. Partis, réseaux, mobilisation, édité par Jacques Girault, Éditions de la Sorbonne, 2001, https://doi.org/10.4000/books.psorbonne.61144.

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    Girault, J. (éd.). (2001). L’implantation du socialisme en France au xxe siècle. Partis, réseaux, mobilisation. Paris: Éditions de la Sorbonne. https://doi.org/10.4000/books.psorbonne.60964
    Girault, Jacques, éd. L’implantation du socialisme en France au xxe siècle. Partis, réseaux, mobilisation. Paris: Éditions de la Sorbonne, 2001. doi:10.4000/books.psorbonne.60964.
    Girault, Jacques, éditeur. L’implantation du socialisme en France au xxe siècle. Partis, réseaux, mobilisation. Éditions de la Sorbonne, 2001, https://doi.org/10.4000/books.psorbonne.60964.
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