• Contenu principal
  • Menu
OpenEdition Books
  • Accueil
  • Catalogue de 16477 livres
  • Éditeurs
  • Auteurs
  • Facebook
  • X
  • Partager
    • Facebook

    • X

    • Accueil
    • Catalogue de 16477 livres
    • Éditeurs
    • Auteurs
  • Ressources numériques en sciences humaines et sociales

    • OpenEdition
  • Nos plateformes

    • OpenEdition Books
    • OpenEdition Journals
    • Hypothèses
    • Calenda
  • Bibliothèques

    • OpenEdition Freemium
  • Suivez-nous

  • Lettre d’information
OpenEdition Search

Redirection vers OpenEdition Search.

À quel endroit ?
  • Éditions de la Sorbonne
  • ›
  • Histoire de la France aux XIXe et XXe si...
  • ›
  • L’implantation du socialisme en France a...
  • ›
  • Troisième partie. Organisations
  • ›
  • Syndicalisme et socialisme : jalons pour...
  • Éditions de la Sorbonne
  • Éditions de la Sorbonne
    Éditions de la Sorbonne
    Informations sur la couverture
    Table des matières
    Liens vers le livre
    Informations sur la couverture
    Table des matières
    Formats de lecture

    Plan

    Plan détaillé Texte intégral Le défi syndicaliste révolutionnaire (ou du bon usage de l’indépendance syndicale)Le défi communiste1920 et aprèsDans l’unité reconstruite : Front populaire et RésistanceLibération et division syndicaleBlocages des années 1950-1960Le défi de la rénovationLa CFDT ou les limites du renouveau Notes de bas de page Auteurs

    L’implantation du socialisme en France au xxe siècle. Partis, réseaux, mobilisation

    Ce livre est recensé par

    Précédent Suivant
    Table des matières

    Syndicalisme et socialisme : jalons pour une étude de la place des relations avec le syndicalisme dans l’implantation du socialisme

    Jacques Girault et Frank Georgi

    p. 209-226

    Texte intégral Le défi syndicaliste révolutionnaire (ou du bon usage de l’indépendance syndicale)Le défi communiste1920 et aprèsDans l’unité reconstruite : Front populaire et RésistanceLibération et division syndicaleBlocages des années 1950-1960Le défi de la rénovation Rénovation des acteurs Un nouveau pluralisme syndical La CFDT ou les limites du renouveau Notes de bas de page Auteurs

    Texte intégral

    1Un aspect de l’histoire de l’implantation socialiste en France dépend des relations entretenues avec les organisations syndicales et avec les syndicalistes. Cette question peut être abordée sous plusieurs angles.

    2En premier lieu, la question du rapport avec le travail et les travailleurs apparaît centrale dans l’élaboration de la ligne politique des partis socialistes. Or, ces travailleurs peuvent appartenir à des organisations professionnelles, dont les syndicats. Il y a occasion de rencontre entre l’analyse d’un parti et l’analyse d’un syndicat, mais aussi entre membres de l’une et l’autre organisation. La question des relations se pose donc au moins à deux niveaux, le niveau de l’élaboration politique, congrès ou réunion socialiste, le niveau militant avec des interférences possibles : aire de militance, lieu de rencontres (Bourse du travail ou Maison du peuple), rencontre aussi de personnes, puisqu’un militant socialiste peut également être un militant syndicaliste.

    3Il faut ensuite tenir compte, dans l’histoire des partis socialistes, des héritages de lignes politiques et des habitudes passées des militants. Les rôles respectifs de la transmission des analyses, des ancrages dans l’espace et dans le décor quotidien, des successions ou des coïncidences de responsabilités, doivent être au cœur de la recherche. Les cultures politiques et syndicales doivent toujours être décryptées de façon régressive. Pour comprendre la continuité et les conditions du renouvellement de ces relations, certaines périodes semblent décisives. Ainsi, au début du xxe siècle, les guesdistes véhiculent une relation de dépendance du syndicalisme qui s’appuie sur l’exemple de l’Allemagne où, selon le modèle social-démocrate, le syndicat doit rassembler le plus largement possible les travailleurs pour que le parti puisse y recruter ses militants. Pendant longtemps, les débats et les attitudes socialistes réagissent par rapport à ce modèle. Ensuite, quand les socialistes se heurtent à la concurrence du modèle de relation imposé par les conditions d’adhésion à l’Internationale communiste, s’ajoute le besoin de prendre des distances par rapport à un type de relations que l’on combat. Cette volonté de différenciation constitue la marque du socialisme français depuis 1920.

    4En outre, le syndicalisme peut souvent définir son propre projet général qui conduit, avec ou sans révolution, à l’édification d’une société favorable aux intérêts des travailleurs. Il y a donc ici une attitude inverse qui pourrait conduire à une prééminence du syndicalisme, c’est-à-dire à un modèle proche du travaillisme britannique. On retrouve à plusieurs reprises cette tendance dans l’histoire du syndicalisme français : dans la Charte d’Amiens et le projet syndicaliste révolutionnaire, dans le Plan de la CGT en 1935 et ses conséquences sur la politique socialiste, dans le rôle que revendique le syndicalisme issu de la Résistance dans la reconstruction de la France, dans les analyses du groupe « Reconstruction » au cours des années 1950, dans la « planification démocratique » proposée par la CFTC-CFDT dans les années 1960, dans l’affirmation de son projet autogestionnaire après 1968, voire dans le rôle du programme de la CGT dans l’élaboration du programme commun de la gauche. Enfin, les projets et les propositions socialistes peuvent être de même nature que certaines orientations syndicalistes qualifiées de « réformistes » dans le cadre d’un syndicalisme « à bases multiples ». Dans le cas des syndicats enseignants, et parfois plus largement chez les fonctionnaires, certaines réalisations en marge de l’organisation syndicale peuvent répondre aux vœux exprimés par les socialistes après la Deuxième Guerre mondiale.

    5En définitive, la meilleure façon d’aborder ces problèmes paraît être de se laisser guider par l’histoire du socialisme français, indissociable de l’histoire du syndicalisme. Chaque étape – avant 1914, après 1920, après 1935-1945, à partir des années 1960 – apporte dans les lignes et les pratiques des socialistes des réponses différentes à la question des relations possibles, voulues ou vécues, entre socialisme et syndicalisme.

    Le défi syndicaliste révolutionnaire (ou du bon usage de l’indépendance syndicale)

    6Sur la question des relations entre syndicat et parti, la SFIO qui naît en 1905 fait cohabiter en son sein des théories et des pratiques diverses, propres aux grands courants préexistants qui fusionnent progressivement. Dans les grandes régions d’influence, les orientations héritées pèsent durablement, mais des assises sociales différentes peuvent contribuer à expliquer des réactions différentes.

    7Les guesdistes ont une doctrine depuis longtemps fixée. Vulgarisateurs du marxisme, ils pensent que la classe ouvrière doit être unie et qu’il ne peut y avoir séparation entre action syndicale et action socialiste. La révolution ne peut être que le résultat de l’action du parti. Le syndicat n’est que l’antichambre du socialisme, bâtie au plus près des ouvriers, permettant la pénétration des idées socialistes dans le monde du travail. Il a nécessairement une place subordonnée et seconde. Mais si leur désir de renverser le capitalisme, seule solution véritable, leur fait minimiser théoriquement le rôle des réformes, leur pratique politique, dans le pays, au parlement, dans les municipalités, les amène progressivement à leur accorder une place centrale. Ainsi, l’activité syndicale des guesdistes est réelle : ils fondent la première fédération nationale des syndicats, dirigent de puissantes fédérations comme le textile ou les mineurs (avec, dans ce dernier cas, la prise en compte de fortes pesanteurs professionnelles). La création de la CGT en 1895 est pour partie une réponse à leur action et la Charte d’Amiens de 1906 l’emporte largement contre le souhait du dirigeant guesdiste du Textile, Victor Renard, d’établir des relations étroites avec la jeune SFIO. Les zones d’influences durables du courant en milieu ouvrier correspondent aux régions d’industries à base métallurgique ou plus variée (Nord, Allier, Haute-Vienne), d’industries textiles (Nord, Aube, Loire), enfin aux pays miniers, avec ici une plus grande hétérogénéité (Pas-de-Calais). Souvent aussi la composante ouvrière, donc la plus syndicalisable, paraît plus ténue (Midi) ; parfois, le guesdisme peut rencontrer dans le monde agricole les aspirations syndicales de salariés (Hérault).

    8Pour d’autres socialistes, d’obédiences diverses (blanquistes et allemanistes), le syndicalisme et l’action ouvrière doivent au contraire jouer un rôle essentiel dans le passage au socialisme. Le parti doit respecter l’indépendance du syndicat tout en l’aidant dans ses luttes, voire créer les conditions pour que celui-ci puisse exercer des prérogatives dirigeantes dans une société socialiste (allemanistes). Ces militants contribuent avec d’autres, issus notamment des milieux libertaires, à nourrir le courant syndicaliste révolutionnaire de la CGT qui s’oppose à l’approche guesdiste. L’influence blanquiste est particulièrement forte dans les milieux industriels de Paris et de sa banlieue et dans les départements du Nord du Massif central (métallurgistes et bûcherons du Cher). Les allemanistes sont bien implantés parmi les ouvriers de la région parisienne et du Nord-Est, chez les cheminots et les métallurgistes.

    9Enfin, les broussistes, influents surtout à Paris et dans les Ardennes, très sensibles aux particularismes régionaux et professionnels, et, malgré une grande diversité de cas, les socialistes indépendants, qui refusent d’opposer objectif révolutionnaire et démarche démocratique, ont en commun de mettre en avant les réformes partielles qui préparent l’avènement du socialisme, et d’accorder un rôle important au syndicat dans cette perspective, tout en distinguant entre action syndicale et action politique. Les broussistes ou possibilistes font parfois penser au travaillisme britannique : même effort pour répondre aux besoins des travailleurs à la base, même type de relation entre le syndicat et les institutions municipales ou le parti, chargés d’étendre les réformes.

    10De cette diversité originelle découlent, au sein de la nouvelle SFIO, des orientations et des pratiques très diverses dans les fédérations et parfois même dans les sections. La mise en place d’une doctrine et d’une pratique communes devient un objectif déterminant pour le parti, d’autant que le syndicalisme au même moment se dote d’une doctrine dans son rapport avec le socialisme. Pour la CGT de 1906, le syndicat accomplira seul la révolution, dans l’indépendance à l’égard des partis, et d’abord du Parti socialiste. Cette affirmation contraint le syndicalisme à définir lui-même le contenu d’une révolution socialiste et surtout, elle consacre la division du mouvement ouvrier entre une branche politique et une branche syndicale, laquelle, au mieux, tolère la première, et oblige les socialistes à réagir. Certains, comme Hubert Lagardelle (Le Mouvement socialiste) ou Gustave Hervé (La Guerre sociale), importent dans le parti des conceptions inspirées par le syndicalisme révolutionnaire. Pour Lagardelle, le parti, qui n’est pas composé que d’ouvriers, ne peut être révolutionnaire, ni se prétendre « l’incarnation politique des syndicats ouvriers ». La voie insurrectionnelle proposée par Hervé ne remet pas en cause le rôle moteur joué par le syndicalisme. Les guesdistes, fidèles à leurs conceptions diamétralement opposées – seul le parti est révolutionnaire – et forts de leurs pratiques, préconisent toujours des rapports étroits avec le syndicalisme. Pour cela, ils dénoncent les orientations anarchisantes des dirigeants CGT qu’ils essaient de contourner à la base. Quant aux autres courants, ils préconisent un rapprochement avec la CGT et une « libre coopération » entre les deux mouvements (Jaurès, 1906).

    11Dans les faits, la diversité des situations selon les lieux, les professions, les questions et les actions en cause, sur fond de maintien des héritages anciens, demeure grande. Mais globalement, la séparation entre action socialiste et action syndicale contribue à empêcher le Parti socialiste de devenir un parti à forte composante ouvrière. Pourtant, on le sait, dès avant les actions contre la guerre en 1913-1914, des convergences s’établissent : lieux de réunions communs (Bourses du travail, Maisons du peuple), presse commune dans un grand nombre de départements, double casquette portée par des dirigeants locaux, syndicalistes présents dans les conseils municipaux ou présence de responsables socialistes dans les directions syndicales locales. Les participations conjointes du syndicalisme et du socialisme à l’Union sacrée se préparent déjà là.

    12L’expérience syndicale, le prestige des luttes, des victoires et des sacrifices permettent même, dès avant 1914, l’émergence d’un nouveau type de notable politique, local et national, paré des attributs d’une nouvelle légitimité : le militant syndicaliste ouvrier. C’est le cas, emblématique, décrit par Bruno Dumons et Gilles Pollet, de Jean Bouveri, mineur à 12 ans, pionnier du syndicalisme minier en Saône-et-Loire, maire socialiste de Montceau de 1900 à sa mort en 1927, député dès 1901 et constamment réélu, sauf en 1919. La valorisation électorale de l’action syndicale peut jouer avec retard et même être sciemment « mise en scène », comme dans le cas de Jean-Louis Chastanet dans l’Isère, révoqué pour faits de grève dans les Postes en 1909, revenu quinze ans plus tard conquérir un siège de député et de maire de La Tour-du-Pin.

    Le défi communiste

    13Les conséquences de la Grande Guerre et de la révolution bolchévique amènent à un réexamen critique des positions antérieures. La ligne de fracture ne passe plus entre syndicalistes et socialistes. Les pratiques de collaboration à tous les niveaux ont permis une gestion en commun du quotidien. Ainsi, l’introduction par le ministre socialiste Albert Thomas de délégués d’atelier dans les usines travaillant pour la Défense nationale ouvre au syndicalisme un champ d’action, même si les limites de telles mesures ne tardent pas à apparaître. De plus, la condamnation des responsables de la guerre et de son cortège de souffrances par les nouveaux révolutionnaires ne distingue pas entre les uns et les autres, jugés également compromis dans l’Union sacrée. Dans les nouveaux clivages qui se dessinent, sont particulièrement mis en cause ceux des socialistes qui ont allié leur double compétence, syndicale et socialiste, pendant le conflit, et qui, au lendemain de celui-ci, manifestent leur hostilité au vent nouveau révolutionnaire.

    14Pour les socialistes d’après Tours, la question syndicale ne peut plus s’envisager indépendamment de l’existence et de l’action syndicale du Parti communiste.

    1920 et après

    15De fait, depuis la naissance de la Troisième Internationale, un nouveau type de rapport est défini entre syndicalisme et parti. La neuvième condition impose la constitution de « noyaux communistes », « complètement subordonnés aux partis » dans les syndicats, afin de gagner ces derniers, « par une activité incessante et tenace », à la « cause communiste » : « ces noyaux ont le devoir, dans leur activité quotidienne, de démasquer la trahison des social-patriotes et les hésitations des centristes. » En France, les partisans de l’adhésion y voient l’occasion de rendre au syndicalisme devenu réformiste son caractère révolutionnaire, en « alliance » avec le parti pour la conquête du pouvoir. Il est remarquable qu’à Tours, aucun des points de vue en présence ne nie la nécessité de liens entre syndicat et parti. La motion dite d’« adhésion avec réserves » parle même d’« entente permanente », avec présence réciproque dans les organismes de direction. Les « résistants » qui refusent l’adhésion entendent « coordonner, dans toute la mesure du possible, les deux actions ». Mais tous souhaitent maintenir l’autonomie de la CGT et rejettent l’introduction des débats politiques dans le syndicalisme. Louis-Oscar Frossard lui-même affirme que la subordination du mouvement syndical est en France « une impossibilité matérielle et une impossibilité morale ».

    16Mais cette éphémère convergence minimale est illusoire. Dans la double scission politique et syndicale, les socialistes font le choix durable, contre les communistes, de la non-subordination du syndical au politique. Ils souhaitent une coopération « en pleine indépendance réciproque » et se retrouvent, dans les faits, proches de la CGT réformiste de Jouhaux, dont de nombreux responsables sont adhérents ou sympathisants du parti, même s’ils réaffirment leur attachement à la Charte d’Amiens. Ce principe de coopération, qui n’implique pas obligatoirement un partage des responsabilités, laisse une grande latitude aux syndicalistes pour imposer leurs règles en la matière, selon les professions et les régions.

    17Il reste que, malgré sa reconstruction rapide, la SFIO de l’entre-deux-guerres peut difficilement affirmer son caractère ouvrier face au PC, surtout parmi les dirigeants et les élus nationaux. Éric Nadaud, qui étudie le groupe parlementaire socialiste entre 1924 et 1933, voit se réduire le nombre des députés syndicalistes mineurs, qui passent de huit à trois. Mais leur identité collective demeure très forte, même au sein de l’aile droite du parti dans laquelle ils se situent : aucun d’entre eux ne se joint aux scissionnistes de 1933. Dans le bassin creillois, étudié par Jean-Pierre Besse, on a en revanche l’exemple d’un fief ouvrier socialiste où le syndicalisme joue un grand rôle. Dans les années 1920, les élus sont souvent d’anciens syndicalistes, parfois sanctionnés pour leur activité syndicale comme le maire de Montataire, Auguste Génie, ou certains conseillers municipaux de Creil, révoqués après les grèves de 1920. À la même époque, les secrétaires départementaux de la CGT sont des élus municipaux socialistes. Mais dès la décennie suivante, ces derniers ne mettent plus leurs responsabilités syndicales en avant. Ils délaissent leur militantisme d’origine au profit d’une insertion croissante dans le tissu associatif local. Est-ce la traduction d’un phénomène plus général ?

    Dans l’unité reconstruite : Front populaire et Résistance

    18Deux nouveautés déterminantes marquent les années 1930, dominées par la crise et l’antifascisme.

    19Premièrement, la CGT, proche de fait des socialistes, entend désormais jouer un rôle politique offensif sans remettre en cause son indépendance. Sur le plan économique, elle propose elle-même un ambitieux programme de réformes en réponse à la crise, le Plan de la CGT, susceptible de rallier les partis. Elle intervient en février 1934 sur le terrain de la défense de la République, amorçant une dynamique antifasciste qui allait conduire au Front populaire.

    20Ensuite, la réunification syndicale, puis l’arrivée au pouvoir du Rassemblement populaire et la ruée syndicale compliquent la donne pour les socialistes. Comment lutter contre la « colonisation » communiste au sein des syndicats, et parallèlement, renforcer l’implantation ouvrière du parti, sans, dans le même temps, introduire la politique en leur sein et mettre en question leur indépendance à la façon de l’adversaire ? Une réponse, ambiguë et mal assumée, est la création des amicales socialistes d’entreprise. La formule devait rejouer, à la Libération, puis dans les années 1970, avec les groupes socialistes d’entreprise (GSE). Entre temps, l’Occupation et la Résistance ont entraîné l’élimination d’une partie des anciens acteurs socialistes et syndicaux (militants de la tendance Syndicats d’une part, paul-fauristes de l’autre, alliés sur le terrain de l’hostilité au communisme) et favorisé l’irruption d’acteurs nouveaux, étrangers à la famille : résistants sans passé militant et syndicalistes chrétiens, avec lesquels les socialistes, face à la domination communiste dans la France libérée, pourraient devoir compter.

    Libération et division syndicale

    21À la Libération pourtant, les socialistes, sur ce point comme sur d’autres, renouent avec les principes traditionnels de l’avant-guerre : respect de l’indépendance syndicale, obligation statutaire de se syndiquer, maintien de « contacts constants » et de « liens étroits »1 avec les syndicats. Les statuts de 1946 prévoient même l’obligation d’adhérer aux groupes d’entreprise, sans pour autant donner à ceux-ci de responsabilité politique. Ces GSE se développent rapidement dans les années 1946-1947 pour contrer la progression communiste, comme en témoigne la contribution de Robert Mencherini sur les Bouches-du-Rhône. Mais il y a danger de confusion avec les groupes Force ouvrière, qui mènent en parallèle la même lutte sur le terrain syndical. Pour le responsable des Amis de Force ouvrière du Pas-de-Calais, qui intervient au cours d’une réunion de sections socialistes en février 1947, les groupes FO sont plus efficaces « dans le domaine syndical » que les GSE car ils ne comportent pas ce mot « socialiste » qui les rend peu crédibles lorsqu’ils prônent l’indépendance2. Lors de la première conférence des groupes FO en novembre 1947, plusieurs intervenants dénoncent ce risque et souhaitent le développement de groupes FO totalement indépendants.

    22Le paradoxe constitutif d’une action politique contre la politisation du syndicat, déjà constaté en 1936, perturbe nécessairement l’image d’un socialisme respectueux de l’indépendance syndicale et engendre bien des ambiguïtés. Un bon exemple peut être apporté par le monde enseignant, où, traditionnellement, chez les instituteurs, l’engagement politique a généralement précédé l’engagement syndical. Lorsque se crée le cercle Jean Jaurès au Parti socialiste, la préoccupation d’indépendance risque d’être remise en cause. Ne conseille-t-on pas alors aux militants de s’engager davantage dans les œuvres péri et post-scolaires, dans les mutuelles, dans les syndicats ? En même temps, les mises en garde socialistes contre les dérives potentielles de cet activisme sont publiques et explicites : il faut « demeurer au syndicat un socialiste sans manquer à la tradition de l’indépendance du syndicalisme vis-à-vis de tout parti de gouvernement : pas de « colonisation », même à notre profit ! », avertit Aristide Beslais dans la livraison d’avril 1947 de La Revue socialiste, Pourtant, dès la Libération, le phénomène nouveau que constitue la présence de communistes à des postes de responsabilité syndicale, malgré la part modeste qu’ils occupent dans le milieu enseignant, amène les socialistes à s’interroger sur la manière de réagir. Les réponses sont diverses, même si elles convergent sur la nécessité d’être présent face aux communistes. Le représentant des Côtes-du-Nord à la conférence des secrétaires fédéraux en octobre 1945 préconise ainsi que, dans chaque fédération, les socialistes responsables syndicaux se réunissent afin qu’ils réagissent face à une poussée communiste qui pourrait aller selon lui, jusqu’à la perte de la direction du SNI3. Ailleurs, comme en Haute-Garonne, l’intervention socialiste dans la vie syndicale des instituteurs paraît faire partie des habitudes et s’avoue sans fard : le responsable du groupe socialiste de l’enseignement, dès septembre 1945, annonce aux dirigeants SFIO que ses amis, après avoir « provoqué la démission » du dirigeant du syndicat des instituteurs, entendent «(s)’installer solidement à ce poste »4. Les dirigeants enseignants appartenant au Parti socialiste développent une activité favorable aux Amis de Force ouvrière. Mais si certains militants, comme Pierre Giraud, demeurent longtemps hostiles à la scission, préférant faire évoluer la CGT de l’intérieur, d’autres, comme Irma Rapuzzi, des Bouches-du-Rhône, se montrent résolument favorables à la « libération » du syndicalisme, c’est-à-dire à la rupture. Cette dernière position, comme le montre Robert Mencherini, traduit plus largement l’état des relations entre socialistes et communistes au sein de l’UD-CGT. Sur le plan national, au lendemain de la scission confédérale, les dirigeants socialistes enseignants choisissent pourtant l’unité professionnelle et l’autonomie, engendrant une amertume durable chez leurs camarades d’autres professions qui s’en vont fonder la CGT-Force ouvrière.

    23Le cas des Bouches-du-Rhône, déjà évoqué, illustre bien, à l’échelle interprofessionnelle du département, l’échec des stratégies successives des socialistes, que l’activisme communiste paraît contraindre à inventer dans la douleur une politique syndicale. Une tentative de reconquête interne, passant dans un premier temps par une tactique de débordement des communistes sur leur gauche (soutien aux grèves) et par un appel à la démocratie syndicale, fait long feu : le rapport des forces est trop inégal. Les socialistes s’engagent alors dans la voie de la scission et du développement de Force ouvrière. Des GSE, comme celui de la police, se transforment directement en syndicats FO. Cela ne suffira pas. Les socialistes des Bouches-du-Rhône, à l’image de leurs camarades dans le reste du pays, se retrouvent face à un « syndicalisme libre » faible et éclaté. Cette situation nouvelle est source d’une sclérose persistante.

    Blocages des années 1950-1960

    24Pour la SFIO au plan national, on sait que les années 1945-1962 se traduisent par un reflux électoral constant et alarmant, malgré les deux brefs répits accordés par les scrutins de 1956 et 1958 : de 24 % des suffrages en 1945, elle tombe à 12,4 % en 1962. Phénomène beaucoup plus marqué encore du côté de la base militante : partie de plus de 350 000 adhérents en 1946, la SFIO stagne à peut-être 80 000 membres dans les années 1960. Si elle demeure, électoralement, « un parti populaire à dominante salariée »5 où ouvriers et employés sont surreprésentés, la part des ouvriers parmi les adhérents, encore importante au début des années 1950, a fortement décliné ensuite. De plus, le Parti socialiste n’attire guère les nouvelles couches techniciennes salariées, ni les jeunes. Géographiquement, malgré le maintien de zones d’implantation locales (municipales !) solides, il voit la plupart de ses anciens bastions industriels fondre au profit du PCF (à l’exception notable du Nord/Pas-de-Calais), tandis qu’il ne parvient pas à mordre sur les terres de vieille tradition catholique de l’Est et de l’Ouest. Enfin, pour parfaire ce tableau volontairement peint en couleurs sombres, la SFIO apparaît pour toute une gauche « nouvelle » qui se cherche comme un parti doctrinalement figé et intellectuellement peu attractif, ligoté stratégiquement par son anticommunisme et ses alliances à droite, et, à partir de 1956, porteur des stigmates de la « trahison » algérienne.

    25La question des relations avec le syndicalisme apparaît à cette époque, aux yeux des socialistes eux-mêmes, à la fois comme un révélateur, comme un facteur de cette sclérose et comme le levier d’un redressement possible de la SFIO en tant que parti ouvrier. La politique syndicale du parti est à plusieurs reprises l’objet de discussions au cours de la période6.

    26Le premier volet du problème est négatif. Il s’agit de mettre fin au scandale que constitue la présence, au cœur de la Guerre froide, de militants SFIO au sein de la CGT, unanimement considérée au sein du Parti socialiste comme la filiale syndicale du PCF et du Kominform, la « CGTK ». En mai 1952, le congrès de Montrouge demande expressément aux socialistes qui y militeraient encore de quitter le CGT « stalinisée ». En décembre 1957, le conseil national SFIO franchit un pas supplémentaire : il décide de classer la CGT parmi les groupements auxquels un membre du parti ne peut appartenir sous peine d’exclusion. Les sections et fédérations ont un an pour convaincre les réfractaires et se mettre en règle. L’interdiction à tout membre de la CGT non démissionnaire d’adhérer à la SFIO prend effet immédiatement.

    27Ces débats de 1957 sont éclairants. Il y a unanimité pour condamner la direction communiste de la CGT, souvent avec une grande violence verbale : le traumatisme de 1947 est encore proche pour nombre d’intervenants, eux-mêmes syndicalistes FO ou FEN, et le contexte international – la Hongrie, mais aussi l’Algérie – exacerbe encore les passions. Les interventions hostiles à l’interdiction (représentants du Bas-Rhin, de la Sarthe, de la Seine-et-Marne, de la Loire, du Calvados) avancent des arguments d’opportunité. Dans certaines corporations comme le Livre, les militants socialistes n’ont guère le choix ; de plus, les services accordés aux adhérents, comme les compléments de retraite, contribuent à les retenir. Tactiquement, dans les entreprises où seule la CGT est présente, comme dans la métallurgie de la banlieue parisienne, est-il efficace de décourager les militants qui se battent au sein des bureaux syndicaux contre l’emprise communiste ? Faut-il, alors qu’un renversement de majorité semble possible à terme, renoncer à entraîner hors de la CGT des secteurs entiers comme les contributions indirectes ? Plus fondamentalement, est-il légitime d’encourager encore la division syndicale, mal vue des travailleurs, et de prendre le risque de priver une SFIO déjà fragilisée d’une partie de sa substance ouvrière ?

    28Aux arguments d’opportunité, les promoteurs de l’interdiction, les fédérations du Nord et de la Seine, soutenues par Claude Fuzier, opposent un délai de grâce d’un an, qui doit permettre de répondre avec souplesse aux situations locales (pour la motion ultra du Pas-de-Calais, ce délai constitue déjà une complaisance coupable). Sur le fond, ils considèrent que les motifs qui ont entraîné la scission de 1947 sont plus que jamais d’actualité. Pour eux, la perte de quelques centaines de militants égarés est peut-être le prix à payer pour conserver la confiance de la seule vraie base ouvrière du parti : celle des militants organisés dans les syndicats libres, au premier rang desquels de nombreux responsables fédéraux CGT-FO, et deux secrétaires confédéraux, André Bergeron et Gabriel Ventejol, co-signataires de la motion.

    29On touche ici, par-delà les interdits, à la dimension « positive », constructive, de la question : celle de la définition par la SFIO d’une politique syndicale cohérente, condition d’une implantation réelle dans le monde du travail. Certains socialistes accusent la CGT-FO, dont ils déplorent par ailleurs la faiblesse, d’avoir vidé le parti de sa substance ouvrière par une conception trop étriquée de l’indépendance syndicale : des socialistes devenus syndicalistes abandonnent leurs responsabilités politiques et la CGT-FO obtient dès 1948 la mise en sommeil des GSE, à l’exception notable de la Seine. Les quelques tentatives d’arrimer la CGT-FO à un regroupement souple partis-syndicats, débordant la seule sensibilité socialiste (bureau exécutif de la Troisième Force en 1947/48, puis Front démocratique et social en 1953/54) ont échoué. Le paradoxe est que les syndicalistes FO sont en nombre à la SFIO, et qu’une sensibilité commune irrigue toujours les deux organisations. Au point que, lorsqu’en 1952, le Parti socialiste appelle dans une motion votée en congrès à une « liaison indispensable » entre parti et syndicat et au regroupement des « syndicats libres », il dessine un portrait-robot de la centrale au sein de laquelle doit s’effectuer ce rassemblement. Ni le syndicalisme indépendant, marqué à droite, ni le syndicalisme autonome, guetté par le corporatisme, ni le syndicalisme chrétien, soumis à « l’influence cléricale », ni bien sûr la CGT, inféodée au PCF, ne sauraient jouer ce rôle. En creux se révèle, sans surprise, le visage de la CGT-FO.

    30Il est frappant de constater que le cas de la FEN n’est pas abordé en tant que tel dans ces débats. En premier lieu parce que la SFIO ne considère ici la question syndicale qu’au plan confédéral, seul véritablement légitime. Le syndicalisme enseignant n’est alors évoqué que lorsqu’il sert à illustrer la difficulté de cohabiter avec les communistes, ou lorsqu’il fait l’objet de remarques sévères de militants pour qui le choix de l’autonomie en 1948 est l’une des causes de la faiblesse chronique de la CGT-FO, et par conséquent, de la situation peu enviable de la SFIO sur le terrain syndical. Combattre le PC dans les entreprises et renouer avec la vocation ouvrière originelle du socialisme, telles sont les ambitions affichées du parti. Le terrain enseignant, à l’inverse, est déjà largement occupé par les socialistes et l’interdépendance entre SFIO et majorité autonome de la FEN, l’interpénétration de leurs réseaux laïques, constituent une évidence depuis longtemps constatée7. Dans la première législature de la IVeRépublique, les enseignants représentent près d’un député socialiste sur deux. En 1950, plus de 40 % des membres du comité directeur sont instituteurs ou professeurs. Mais la majeure partie du monde du travail échappe toujours à l’influence du parti.

    31Rééquilibrage sociologique et politique syndicale nouvelle paraissent donc devoir aller de pair. Mais à l’aube des année 1960, l’horizon syndical de la SFIO se limite toujours à la FEN et à la CGT-FO, sans d’ailleurs que, pour des raisons différentes, aient pu se formaliser des liens organiques avec ces organisations. La sortie de l’impasse passe nécessairement soit par une transformation profonde du paysage syndical, soit par une mutation du courant socialiste. Elle exige peut-être la conjonction des deux.

    Le défi de la rénovation

    Rénovation des acteurs

    32L’innovation décisive est ici d’origine syndicale : la déconfessionnalisation du syndicalisme chrétien en 19648. Dans les années qui suivent la Libération, le groupe Reconstruction et une minorité au sein de la CFTC s’affirment « socialistes » – « socialisme, non de parti, mais de conception économique », aiment-ils à préciser. Leur souci d’indépendance syndicale est net, mais d’abord tourné contre le MRP. Ils souhaitent eux aussi un regroupement des forces syndicales libres pour équilibrer la CGT, mais regrettent le « corporatisme » de la FEN, le « manque de combativité » de la CGT-FO, le « sectarisme laïque » des deux. Le rôle du syndicalisme dans la transformation sociale est pour eux essentiel, et ils se veulent en ce sens les héritiers du syndicalisme révolutionnaire comme des confédérés de l’entre-deux-guerres. Les carences idéologiques et pratiques du socialisme politique renforcent à leurs yeux la nécessité d’élaborer leur propre projet de société, un « socialisme démocratique » appuyé sur la « planification démocratique » en 1959, qui cède la place, en 1970, à un « socialisme autogestionnaire ».

    33Les principaux militants de ce courant se sentent souvent beaucoup plus proches de la nouvelle gauche des clubs, du PSU et de la nébuleuse mendésiste que de la vieille SFIO, perçue comme un parti électoraliste et sclérosé, que sa politique algérienne achève de discréditer. Pourtant, certains sont convaincus de la nécessité de s’appuyer sur un partenaire socialiste de poids, capable d’accueillir les travailleurs chrétiens déçus du MRP, d’accéder au pouvoir et de faire passer dans la réalité les conceptions du syndicat. Dans cette perspective, assez proche du travaillisme, la SFIO est incontournable ; des syndicalistes de premier plan comme Eugène Descamps ou Paul Vignaux en sont parfaitement conscients et cultivent depuis longtemps des liens avec certains dirigeants socialistes comme Georges Brutelle. Mais, pour remplir ce rôle, la SFIO doit se rénover en profondeur, en renouvelant non seulement son programme, mais aussi ses hommes, en s’ouvrant largement aux « forces vives » du syndicalisme ouvrier. Le préalable à toute opération de ce type est le dépassement de la division historique entre laïques et cléricaux : c’est l’objet de la création de la CFDT en 1964.

    34Sur le plan syndical, l’objectif avancé d’une « grande centrale libre et démocratique » réunissant la CFDT, la CGT-FO et la FEN ne débouche sur rien : la distance culturelle entre CFDT et CGT-FO, en particulier, apparaît trop grande. Le phénomène est durable, et explique, malgré l’évolution ultérieure des relations entre CFDT et FEN, l’échec récurrent des tentatives de « recomposition syndicale » dont le Parti socialiste aurait pu être le bénéficiaire.

    35Sur le plan directement politique en revanche, l’impact est incontestable et même spectaculaire, malgré ses limites et ses ambiguïtés. La double nécessité d’un rassemblement des forces socialistes et d’un renouveau des thèmes et des hommes s’impose dans les années 1960, avec des lectures diverses, tant chez les cédétistes que chez les socialistes. L’initiative vient parfois de responsables SFIO comme dans le cas des colloques socialistes de Georges Brutelle, avant même la déconfessionnalisation, mais la CFDT entend s’imposer comme l’opérateur du processus, en multipliant les initiatives, jouant tantôt le PSU et les clubs socialisants (Rencontre socialiste de Grenoble en 1966), tantôt la FGDS. C’est cependant dans la décennie qui suit mai 1968, inaugurée par le ralliement officiel de la CFDT au socialisme (1970) d’un côté, par la création du nouveau Parti socialiste (1969), puis du PS d’Épinay (1971) de l’autre, que se met en place une configuration nouvelle.

    Un nouveau pluralisme syndical

    36Le PS de ces années connaît en effet des mutations profondes : volonté affichée de rupture dans le discours et les pratiques, stratégie d’union de la gauche, forte progression électorale et militante, homogénéisation de l’implantation organisationnelle et électorale sur l’ensemble du territoire. Sur le plan syndical, la physionomie du parti au début des années 1970 apparaît bien différente de ce qu’elle était au temps de la SFIO9.

    37En premier lieu, l’exclusive à l’encontre de la CGT est levée. Le climat unitaire, chaudement entretenu par la confédération syndicale qui mobilise en faveur du programme commun, crée les conditions d’une proximité nouvelle : dès 1973, 11 % des délégués syndiqués au congrès affichent leur appartenance à la centrale de Georges Séguy, et plus de 60 % d’entre eux la considèrent avec sympathie, notamment parmi les mitterrandistes, les amis de Jean Poperen, et au CERES. Plusieurs responsables nationaux du PS, comme Pierre Joxe, ne cachent pas leur adhésion à la CGT. Les militants cégétistes auraient représenté près du tiers des socialistes membres des groupes et sections d’entreprise du parti en 1976, avec une implantation particulièrement forte, semble-t-il, dans les bastions sidérurgiques du Nord et de l’Est, et la centrale n’aurait été entièrement absente des SE et GSE que dans un cas sur cinq10. L’apport réel des militants CGT à l’implantation du PS dans les années 1970 reste encore à mesurer. Mais en 1979, la normalisation apparente des rapports débouche sur une décision inconcevable quelques années plus tôt : c’est un ancien rédacteur en chef du Peuple, membre de la CE de la CGT et du comité directeur du PS, Claude Germon, maire de Massy, ex-conventionnel et fidèle de François Mitterrand, qui est nommé à la tête du secteur Entreprises du parti.

    38Cependant, il convient de relativiser fortement la portée des nouveaux liens tissés entre CGT et PS. En premier lieu, la part des délégués syndiqués aux congrès du PS et membres de la CGT ne décolle pas entre 1973 et 1983, et continue à stagner autour de 10 %. Au sein du comité directeur, la part des cégétistes recule. L’arrivée après 1974 des militants issus des Assises du socialisme, peu perméables à la culture cégétiste, puis la rupture de l’Union de la gauche, rappelant dans un contexte de crise les liens étroits unissant toujours la centrale au PCF, ne contribuent pas à renforcer l’image de la centrale au sein du parti. Quant au secteur Entreprises du PS, après avoir contribué à renforcer son implantation militante et constitué un enjeu politique important dans les luttes internes entre courants, il semble déjà entré, au moment où Claude Germon en prend le contrôle, dans une phase de léthargie.

    39Le deuxième phénomène qui contraste très fortement avec les décennies précédentes est la marginalisation relative de la CGT-FO au sein du PS. Dès 1973, les militants FO ne représentent plus que 14 % des délégués syndiqués au congrès du parti. Dix ans plus tard, ils sont à peine 6 %. Le choix de l’Union de la gauche et du Programme commun, mais aussi la mue idéologique du PS, l’entrée des cégétistes, les liens tissés avec la CFDT, la renaissance des groupes d’entreprise, tout contribue à distendre les liens avec une CGT-FO qui affiche haut le primat absolu de l’indépendance syndicale, dénonce la politisation de la CGT et de la CFDT et se pose en partenaire privilégié du CNPF et du gouvernement. Cette attitude nourrit en retour l’hostilité de certains secteurs du PS, qui culmine en 1974-1975, lorsque le CERES réclame l’exclusion du parti d’André Bergeron, secrétaire général de la CGT-FO. Au sein du PS, les sympathies marquées pour la CGT-FO se limitent désormais aux héritiers de l’ancienne SFIO : néo-mollettistes, rapidement marginalisés, courants Defferre et Mauroy.

    40Mais ici encore, il convient de nuancer. Les tensions entre les deux organisations ne vont pas jusqu’à la rupture, malgré des polémiques publiques. Mitterrand refuse l’exclusion de Bergeron, adhérent SFIO, puis PS, depuis 1936, au nom de l’indépendance du syndicalisme11, Si les syndicalistes FO, logiques avec eux-mêmes, militent peu dans les SE et GSE (6 % en 1976) à l’exception de bastions anciens qu’ils contrôlent comme le Pas-de-Calais, et s’ils fournissent de moins en moins de cadres dirigeants au PS (10 % des syndiqués du comité directeur en 1977, soit la même proportion que la CGT), ils représentent toujours plus de 12 % des adhérents du parti en 1979, sans parler de leur poids électoral. Les réseaux Force ouvrière se maintiennent dans certaines vieilles terres d’implantation SFIO, dans le Nord-Pas-de-Calais ou les Bouches-du-Rhône. Frédéric Sawicki a analysé le cas du Pas-de-Calais12, où persistent des liens étroits dans les mines, le secteur public et para-public : le cumul des mandats politiques et syndicaux y est chose courante et d’anciens dirigeants Force ouvrière y occupent des responsabilités politiques importantes, à l’image du maire de Lens et ancien ministre socialiste André Delelis. Il reste qu’au plan national, la CGT-FO n’est plus qu’un partenaire syndical parmi d’autres, minoritaire, hostile à la stratégie du parti, réfractaire à l’unité d’action intersyndicale et avec lequel la distance s’est creusée. La Confédération n’apparaît guère comme un vecteur dynamique de l’implantation du nouveau PS, mais davantage comme une butte-témoin de la période précédente.

    41Il n’en va pas de même pour le syndicalisme enseignant : son poids, ancien au sein du socialisme français, ne diminue pas. Au milieu des années 1970, un tiers des délégués syndiqués aux congrès du PS cotisent à la FEN, et 44 % des membres du comité directeur, soit la même proportion que dans la SFIO de 1950. Expression d’une continuité sociologique ? Hugues Portelli remarque que, à la base, et beaucoup plus nettement encore parmi les cadres du parti, les instituteurs ont cédé le pas aux professeurs, phénomène qui s’inscrit dans l’« embourgeoisement » général du parti et surtout de ses échelons supérieurs13. Traduction en termes parlementaires : au lendemain de la vague rose de juin 1981, les enseignants représentent, comme à la Libération, près de la moitié des effectifs du groupe socialiste. Deux enseignants sur trois votent alors à gauche, et près de neuf syndiqués FEN sur dix ; le vote PS domine, non seulement dans la tendance socialisante majoritaire Unité, Indépendance, Démocratie (72 % !), mais même chez les sympathisants Unité et Action (49 % contre 40 % de vote communiste). La direction de la FEN, à partir de 1974, tout en continuant à se référer à l’indépendance syndicale, s’engage ouvertement en faveur du socialisme et de l’Union de la gauche, y compris sur le plan matériel, puis, après la rupture de 1977, se situe sans ambiguïté aux côtés du PS contre le PC14. La proximité sociologique et culturelle de la FEN et du PS a créé les conditions, sur le plan local comme dans les instances dirigeantes, d’une véritable interpénétration des deux milieux. Au point que les socialistes n’hésitent pas, toujours au nom de l’indépendance syndicale, à intervenir publiquement dans la vie interne de la FEN : en mai 1975, Pierre Mauroy appelle les enseignants socialistes à rejoindre la tendance UID de la FEN ; l’année suivante, dans plusieurs départements, le PS aide la tendance dans sa stratégie de réimplantation. Il s’agit fondamentalement, dans le cadre des rapports de force au sein de la gauche, de renforcer la majorité socialisante (« qui représente un esprit très proche du nôtre », selon l’expression de François Mitterrand) face à la menace que représente le courant Unité et Action.

    42Mais la FEN n’est pas et ne peut pas être le bras syndical du PS. D’abord parce que, si puissante soit-elle, son champ de syndicalisation est par nature limité et que le PS, qui aspire à rassembler autour de lui classe ouvrière et couches moyennes, ne peut se permettre de se poser en parti des enseignants. Ensuite, parce que le fonctionnement de la centrale en tendances et l’existence en son sein d’une importante minorité communisante, rend impossible une liaison organique entre le parti et le syndicat. La situation est rendue plus complexe encore par les stratégies syndicales concurrentes des différents courants du PS et par le maintien d’une forte présence socialiste dans les rangs d’Unité et Action, ce dernier phénomène s’expliquant en partie par l’importance du clivage instituteurs/professeurs, qui ne recoupe pas les sympathies partisanes. Enfin, quelles que soient la proximité et même l’interpénétration des deux univers, et sans doute à cause de celles-ci, parti et syndicat tiennent à respecter une distance minimale : le PS ne veut pas plus d’un travaillisme enseignant qui ferait de lui le prolongement politique de la FEN – il se dote, fait nouveau, de son propre projet pour l’école – que celle-ci ne souhaite une formalisation des relations qui la subordonnerait au PS. Le même type de problème, posé de manière plus aiguë, domine les relations entre PS et CFDT.

    La CFDT ou les limites du renouveau

    43La véritable nouveauté des années 1970 est en effet le rôle déterminant que joue désormais la centrale déconfessionnalisée en 1964. En 1973 encore, seuls 11 % environ des délégués au congrès confédéral CFDT étaient adhérents au PS (contre 13 % au PSU), soit près de 40 % de l’ensemble des délégués militant dans un parti15. En 1976, les socialistes représentent déjà plus de 23 % des délégués (soit près de 57 % des congressistes « politisés »). Plus de la moitié d’entre eux étaient déjà adhérents à la CFDT avant 1968 : ce ne sont donc pas d’abord des socialistes qui se syndiquent, mais des syndicalistes qui viennent renforcer le PS. Les deux congrès suivants, en 1979 et 1982, voient un tassement de l’adhésion au PS, qui ne séduit plus qu’un cinquième des délégués. Mais comme, parallèlement, les organisations politiques concurrentes (PSU, extrême gauche) voient leur audience s’effondrer, le PS regroupe désormais 70 % des délégués qui se réclament d’un parti.

    44Symétriquement, on voit les militants CFDT s’installer solidement au sein du PS au cours des années 197016. Dès 1973, plus du quart des délégués au congrès du PS sont inscrits à la CFDT, dépassés seulement par les syndiqués FEN (un gros tiers). En 1977, les forces respectives des deux organisations dominantes s’équilibrent, avec un tiers des délégués pour chacune d’entre elles. Au début des années 1980, la CFDT s’est installée comme le syndicat le mieux représenté chez les cadres socialistes, même si elle connaît un certain tassement. À la base, au milieu de cette même décennie, le phénomène est encore plus frappant : un militant socialiste sur quatre et quatre militants socialistes syndiqués sur dix ont leur carte à la CFDT.

    45Cette mutation profonde s’inscrit dans une évolution plus générale qui a conduit une partie des militants d’origine chrétienne, syndicalistes ou non, radicalisés après 1968, à voir dans le Parti socialiste la force politique neuve susceptible de porter leur projet. Si la formation née en 1971 et surtout le programme commun de 1972 suscitent des réserves, à la fois culturelles et stratégiques, et si la CFDT semble rechercher, dans un premier temps, dans le développement des « luttes » et dans un regroupement autonome des « forces autogestionnaires » une voie différente vers le socialisme, les succès électoraux de l’Union de la gauche l’amènent à privilégier l’idée d’une entrée en masse de ses militants dans le PS, déjà amorcée depuis quelques années. D’où l’appel de juin 1974 en faveur d’« Assises du socialisme » préparant la constitution « devenue plus urgente que jamais » d’une « force socialiste puissante et populaire », ancrée dans les luttes sociales et porteuse d’un projet « autogestionnaire ». Cet appel aux militants, signé entre autres par une quarantaine de responsables nationaux, fédéraux et régionaux de la CFDT, s’il n’engage pas officiellement la confédération en tant que telle, n’en constitue pas moins une rupture avec la tradition syndicale française. Plusieurs milliers de militants cédétistes entrent au PS, contribuent avec d’autres à une meilleure implantation du parti en terre catholique, dans l’Ouest et dans l’Est, et aux succès des municipales de 1977. Des syndicalistes CFDT d’origine ouvrière conquièrent des municipalités, à l’exemple d’un René Carême17, ancien sidérurgiste lorrain, élu à Grande-Synthe (Nord) dès 1971 et consacré « maire de l’année » en 1975, ou d’un Jean Monnier, un temps pressenti pour succéder à Eugène Descamps à la tête de la confédération, adhérent au PS en 1972, devenu maire socialiste d’Angers en 1977. Mais, sauf exception, les responsabilités politiques nationales échappent à ces nouveaux militants. L’espoir de transformer de l’intérieur le parti et ses pratiques s’avère très tôt déçu.

    46Alain Bergounioux et Gérard Grunberg ont noté comment un « double mouvement de recul », tant au sein du PS que dans les rangs de la CFDT, a rapidement empêché la naissance d’un « lien structurel » de type nouveau entre parti et syndicat18. Crainte d’une mainmise « travailliste » sur le parti d’un côté, refus d’une remise en cause de l’indépendance syndicale de l’autre, réserve laïque envers les « cathos de gauche » d’une part, réticence devant la « politique professionnelle » et ses pratiques de l’autre, la permanence des défiances traditionnelles se complique avec le jeu des tendances. En effet, les nouveaux militants issus de la CFDT, à l’instar des autres syndicalistes adhérents au PS, ne se répartissent pas également entre les sensibilités qui divisent le parti. Sans surprise, leur apport aux courants héritiers de l’ancienne SFIO est faible, mais le mitterrandisme apparaît presque aussi éloigné de leur univers culturel, même s’il leur faut composer avec lui. Ils viennent d’abord grossir les rangs des amis de Michel Rocard, passés du PSU au PS lors de ces mêmes « Assises du socialisme », au point de susciter d’entrée une forte méfiance chez les gardiens de la ligne d’Épinay et de donner prise à l’assimilation entre cédétistes et « rocardiens ». Mais une partie importante d’entre eux, avant et après 1974, vient paradoxalement renforcer le courant le plus hostile au rocardisme, à savoir le CERES, qui se réclame lui aussi, mais dans une perspective plus nettement marxiste et unitaire, de la rénovation du socialisme, de la classe ouvrière et de l’autogestion. Cette division renvoie à des clivages idéologiques et culturels internes à la CFDT, qu’elle nourrit en retour. Elle contribue à rendre impossible toute issue « travailliste ».

    47Enfin, et peut-être surtout, le malaise et la déception maintes fois exprimés par les cédétistes entrés au parti, de la section locale au comité directeur, qui débouche souvent sur l’abandon rapide de toute responsabilité, voire le refus pur et simple de reprendre sa carte, traduit la distance qui continue à séparer deux univers sociologiquement et culturellement très différents19.

    48Quel bilan peut-on tirer de ce premier survol ? Dans les années 1970, le PS semble s’être dégagé d’une partie des pesanteurs léguées par la SFIO. Pour la première fois depuis 1920, le recrutement du parti prend en compte le pluralisme syndical français : la CGT n’est plus le bastion ennemi d’autrefois, le syndicalisme d’origine chrétienne fournit désormais troupes fraîches et idées neuves. Mais la syndicalisation des militants socialistes est toujours loin de refléter la réalité syndicale française : la CGT pèse peu, la CFDT, pourtant nouvelle venue, est surreprésentée, de même que la FEN, dont le poids toujours considérable traduit la permanence d’une base enseignante solide. De plus, le double héritage de la Charte d’Amiens et du contre-modèle communiste continue d’hypothéquer les relations entre parti et syndicats et la rénovation entreprise dans les années soixante ne débouche pas, en dépit de proximités nouvelles, sur une liaison organique. Sociologiquement, en dépit d’un discours volontariste, la part des ouvriers parmi les militants socialistes continue de décroître et le PS s’affirme comme un parti des classes moyennes salariées, où, paradoxalement, le groupe ouvrier apparaît comme la seule catégorie aussi nettement sous-représentée20.

    49Ces quelques jalons posés, l’histoire de ces relations entre Parti socialiste et syndicats sur trois-quarts de siècle, dans toutes ses dimensions et à toutes les échelles, reste à écrire. Quant aux deux dernières décennies, l’ampleur des bouleversements économiques, sociaux, politiques et culturels à l’œuvre depuis la fin des années 1970 et la redéfinition accélérée des rapports de forces et des enjeux interdisent toute extrapolation hâtive à partir des remarques faites plus haut. Observons simplement que la reconquête de la « classe ouvrière » ne constitue plus pour le Parti socialiste un impératif identitaire majeur, que les mutations qui redessinent le champ syndical sont telles qu’aucune hypothèse n’est plus à exclure en ce qui concerne les alliances syndicales et politiques. Mais on ne saurait pour autant sous-estimer le poids des héritages culturels. Ainsi, si l’hypothèse récurrente d’un regroupement réformiste FEN-CFDT-FO qui donnerait au PS un partenaire syndical de poids et l’ancrerait dans la société civile refait surface dans la deuxième moitié des années 1980, son échec, en dehors des contingences stratégiques et tactiques qui peuvent contribuer à l’expliquer, s’inscrit dans une histoire longue de rendez-vous manqués dont nous avons essayé d’expliquer les données principales.

    Notes de bas de page

    1 Expressions qui reviennent souvent dans les débats, par exemple employées simultanément par Henri Hauck dans son intervention au congrès national SFIO, 11-15 août 1945 (compte rendu sténographique, OURS).

    2 Arch. Nat. F la/4737, rapport des renseignements généraux du 6 février 1947.

    3 Conférence des secrétaires fédéraux, 27-28 octobre 1945, p. 65 (OURS).

    4 Lettre à la direction du parti, 7 septembre 1945 (OURS).

    5 Selon l’expression de Bergounioux (A.) et Gronberg (G.), Le long remords du pouvoir, Le Parti socialiste français 1905-1992, Paris, Fayard, 1992.

    6 Les extraits qui suivent sont tirés des comptes rendus sténographiques des réunions statutaires suivantes, conservés à l’OURS : 44e congrès national SFIO, Montrouge, 22-25 mai 1952 ; Conseil national SFIO, Puteaux, 14-15 décembre 1957.

    7 Voir par exemple Bergounioux (A.), Grunberg (G.), op, cit, , p. 191-192.

    8 Sur ces questions, voir Vignaux (P.), De la CFTC à la CFDT. Syndicalisme et socialisme : « Reconstruction » 1946-1972, Paris, Éditions ouvrières, 1980 ; Georgi (F.), L’Invention de la CFDT 1957-1970, Paris, L’Atelier/CNRS éd., 1995.

    9 Un tableau récapitulatif commode des enquêtes menées auprès des délégués PS en congrès depuis 1973 dans Mouriaux (R.), Syndicalisme et politique, Paris, Éditions ouvrières, 1985, p. 83.

    10 Voir Bachelot (C.), Les Socialistes en entreprise, Une histoire des sections et groupes socialistes d’entreprise 1969-1981, maîtrise, Paris I, 1997.

    11 Voir Bergounioux (A.), Force ouvrière, Paris, PUF, 1982, p. 100.

    12 Sawicki (F.), Les Réseaux du Parti socialiste, Sociologie d’un milieu partisan, Paris, Belin, 1997.

    13 Portelli (H.), Le Socialisme français tel qu’il est, Paris, PUF, 1980, p. 124-130. Mais la poussée des professeurs au détriment des instituteurs au sein du groupe parlementaire est déjà sensible à la Libération (voir Girault (J.), « La SFIO et le monde enseignant », in Berstein (S.)…, Le Parti socialiste entre Résistance et République, op, cit, , p. 293-306).

    14 Voir Aubert (V.) et alii., La forteresse enseignante, La Fédération de l’Éducation nationale, Paris, Fayard, 1985, p. 257-271.

    15 Voir Lozier (F.), « La CFDT en chiffres », Esprit, avril 1980, p. 15-26 et Bevort (A.), Labbé (D.), La CFDT : organisation et audience depuis 1945, Paris, La Documentation française, 1992, p. 83-90.

    16 Voir Mouriaux (R.), op, cit, , p. 83.

    17 René Careme a retracé son itinéraire dans un livre-interview, Combats d’un militant, Paris, Éditions ouvrières, 1977.

    18 Op, cit, , p. 371-372.

    19 Sur ces difficultés d’intégration, très tôt constatés, voir par exemple les dossiers consacrés à cette question par la revue Faire en 1980 (numéros 51-54) et les interviews réalisées dès le lendemain des Assises par Bizot (J.-F.), Au parti des socialistes, Plongée libre dans les courants d’un grand parti, Paris, Grasset, 1975.

    20 À la fin des années 1980, les ouvriers (qui constituent encore 30 % de la population active) ne représenteraient plus que 12 % des adhérents du PS, contre 19 % en 1973 et 43 % en 1951. selon Ber Gounioux (A.) et Grunberg (G.), op, cit, , p. 364-367.

    Auteurs

    • Jacques Girault
    • Frank Georgi
    Précédent Suivant
    Table des matières

    Cette publication numérique est issue d’un traitement automatique par reconnaissance optique de caractères.

    Le texte seul est utilisable sous licence Licence OpenEdition Books. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont « Tous droits réservés », sauf mention contraire.

    Voir plus de livres
    Le Conseil municipal de Paris de 1944 à 1977

    Le Conseil municipal de Paris de 1944 à 1977

    Philippe Nivet

    1994

    La barricade

    La barricade

    Alain Corbin et Jean-Marie Mayeur (dir.)

    1997

    Paris dans l’imaginaire national de l’entre-deux-guerres

    Paris dans l’imaginaire national de l’entre-deux-guerres

    Évelyne Cohen

    2000

    Paris le peuple

    Paris le peuple

    XVIIIe-XXe siècle

    Jean-Louis Robert et Danielle Tartakowsky (dir.)

    1999

    Parcourir Paris du Second Empire à nos jours

    Parcourir Paris du Second Empire à nos jours

    Jean El Gammal

    2001

    Les conseillers municipaux de Paris sous la Troisième République (1871-1914)

    Les conseillers municipaux de Paris sous la Troisième République (1871-1914)

    Nobuhito Nagaï

    2002

    Métro, dépôts, réseaux

    Métro, dépôts, réseaux

    Territoires et personnels des transports parisiens au XXe siècle

    Noëlle Gérôme et Michel Margairaz (dir.)

    2002

    À Paris sous la Révolution

    À Paris sous la Révolution

    Nouvelles approches de la ville

    Raymonde Monnier (dir.)

    2008

    Policiers dans la ville

    Policiers dans la ville

    La construction d’un ordre public à Paris (1854-1914)

    Quentin Deluermoz

    2012

    Plaisance près Montparnasse

    Plaisance près Montparnasse

    Quartier parisien, 1840-1985

    Jean-Louis Robert

    2012

    Maurice Agulhon

    Maurice Agulhon

    Aux carrefours de l’histoire vagabonde

    Christophe Charle et Jacqueline Lalouette (dir.)

    2017

    Autonomie, autonomies

    Autonomie, autonomies

    René Rémond et la politique universitaire en France aux lendemains de Mai 68

    Charles Mercier

    2015

    Voir plus de livres
    1 / 12
    Le Conseil municipal de Paris de 1944 à 1977

    Le Conseil municipal de Paris de 1944 à 1977

    Philippe Nivet

    1994

    La barricade

    La barricade

    Alain Corbin et Jean-Marie Mayeur (dir.)

    1997

    Paris dans l’imaginaire national de l’entre-deux-guerres

    Paris dans l’imaginaire national de l’entre-deux-guerres

    Évelyne Cohen

    2000

    Paris le peuple

    Paris le peuple

    XVIIIe-XXe siècle

    Jean-Louis Robert et Danielle Tartakowsky (dir.)

    1999

    Parcourir Paris du Second Empire à nos jours

    Parcourir Paris du Second Empire à nos jours

    Jean El Gammal

    2001

    Les conseillers municipaux de Paris sous la Troisième République (1871-1914)

    Les conseillers municipaux de Paris sous la Troisième République (1871-1914)

    Nobuhito Nagaï

    2002

    Métro, dépôts, réseaux

    Métro, dépôts, réseaux

    Territoires et personnels des transports parisiens au XXe siècle

    Noëlle Gérôme et Michel Margairaz (dir.)

    2002

    À Paris sous la Révolution

    À Paris sous la Révolution

    Nouvelles approches de la ville

    Raymonde Monnier (dir.)

    2008

    Policiers dans la ville

    Policiers dans la ville

    La construction d’un ordre public à Paris (1854-1914)

    Quentin Deluermoz

    2012

    Plaisance près Montparnasse

    Plaisance près Montparnasse

    Quartier parisien, 1840-1985

    Jean-Louis Robert

    2012

    Maurice Agulhon

    Maurice Agulhon

    Aux carrefours de l’histoire vagabonde

    Christophe Charle et Jacqueline Lalouette (dir.)

    2017

    Autonomie, autonomies

    Autonomie, autonomies

    René Rémond et la politique universitaire en France aux lendemains de Mai 68

    Charles Mercier

    2015

    Voir plus de chapitres

    6. Être militant syndical des années 1960 aux années 1980, en France et en Belgique. Pour une histoire comparée des militantismes européens

    Frank Georgi, Francine Bolle, Claude Pennetier et al.

    La fin d’un patronage politique : autour du dernier voyage de Clemenceau dans le Var (1er – 3 janvier 1920)

    Jacques Girault

    Introduction

    Jacques Girault

    Les interventions socioculturelles dans les municipalités communistes de la banlieue parisienne

    Jacques Girault

    Le communisme et les enseignants en France (années 1920-début des années 1960)

    Jacques Girault

    La terre fleurira. Le Parti communiste français et le cinéma au début des années 1950

    Jacques Girault

    Des communistes en France (années 1920-années 1960). Présentation

    Jacques Girault

    L’instituteur militant des années 1930

    Jacques Girault

    Introduction

    Jacques Girault

    Les conséquences de la révolution de 1905 sur le socialisme français : l’exemple de Paul Lafargue

    Jacques Girault et Paul Lafargue

    La SFIO et le monde enseignant

    Jacques Girault

    Voir plus de chapitres
    1 / 11

    6. Être militant syndical des années 1960 aux années 1980, en France et en Belgique. Pour une histoire comparée des militantismes européens

    Frank Georgi, Francine Bolle, Claude Pennetier et al.

    La fin d’un patronage politique : autour du dernier voyage de Clemenceau dans le Var (1er – 3 janvier 1920)

    Jacques Girault

    Introduction

    Jacques Girault

    Les interventions socioculturelles dans les municipalités communistes de la banlieue parisienne

    Jacques Girault

    Le communisme et les enseignants en France (années 1920-début des années 1960)

    Jacques Girault

    La terre fleurira. Le Parti communiste français et le cinéma au début des années 1950

    Jacques Girault

    Des communistes en France (années 1920-années 1960). Présentation

    Jacques Girault

    L’instituteur militant des années 1930

    Jacques Girault

    Introduction

    Jacques Girault

    Les conséquences de la révolution de 1905 sur le socialisme français : l’exemple de Paul Lafargue

    Jacques Girault et Paul Lafargue

    La SFIO et le monde enseignant

    Jacques Girault

    Accès ouvert

    Accès ouvert freemium

    ePub

    PDF

    PDF du chapitre

    Suggérer l’acquisition à votre bibliothèque

    Acheter

    Édition imprimée

    Éditions de la Sorbonne
    • amazon.fr
    • leslibraires.fr
    • placedeslibraires.fr
    ePub / PDF

    1 Expressions qui reviennent souvent dans les débats, par exemple employées simultanément par Henri Hauck dans son intervention au congrès national SFIO, 11-15 août 1945 (compte rendu sténographique, OURS).

    2 Arch. Nat. F la/4737, rapport des renseignements généraux du 6 février 1947.

    3 Conférence des secrétaires fédéraux, 27-28 octobre 1945, p. 65 (OURS).

    4 Lettre à la direction du parti, 7 septembre 1945 (OURS).

    5 Selon l’expression de Bergounioux (A.) et Gronberg (G.), Le long remords du pouvoir, Le Parti socialiste français 1905-1992, Paris, Fayard, 1992.

    6 Les extraits qui suivent sont tirés des comptes rendus sténographiques des réunions statutaires suivantes, conservés à l’OURS : 44e congrès national SFIO, Montrouge, 22-25 mai 1952 ; Conseil national SFIO, Puteaux, 14-15 décembre 1957.

    7 Voir par exemple Bergounioux (A.), Grunberg (G.), op, cit, , p. 191-192.

    8 Sur ces questions, voir Vignaux (P.), De la CFTC à la CFDT. Syndicalisme et socialisme : « Reconstruction » 1946-1972, Paris, Éditions ouvrières, 1980 ; Georgi (F.), L’Invention de la CFDT 1957-1970, Paris, L’Atelier/CNRS éd., 1995.

    9 Un tableau récapitulatif commode des enquêtes menées auprès des délégués PS en congrès depuis 1973 dans Mouriaux (R.), Syndicalisme et politique, Paris, Éditions ouvrières, 1985, p. 83.

    10 Voir Bachelot (C.), Les Socialistes en entreprise, Une histoire des sections et groupes socialistes d’entreprise 1969-1981, maîtrise, Paris I, 1997.

    11 Voir Bergounioux (A.), Force ouvrière, Paris, PUF, 1982, p. 100.

    12 Sawicki (F.), Les Réseaux du Parti socialiste, Sociologie d’un milieu partisan, Paris, Belin, 1997.

    13 Portelli (H.), Le Socialisme français tel qu’il est, Paris, PUF, 1980, p. 124-130. Mais la poussée des professeurs au détriment des instituteurs au sein du groupe parlementaire est déjà sensible à la Libération (voir Girault (J.), « La SFIO et le monde enseignant », in Berstein (S.)…, Le Parti socialiste entre Résistance et République, op, cit, , p. 293-306).

    14 Voir Aubert (V.) et alii., La forteresse enseignante, La Fédération de l’Éducation nationale, Paris, Fayard, 1985, p. 257-271.

    15 Voir Lozier (F.), « La CFDT en chiffres », Esprit, avril 1980, p. 15-26 et Bevort (A.), Labbé (D.), La CFDT : organisation et audience depuis 1945, Paris, La Documentation française, 1992, p. 83-90.

    16 Voir Mouriaux (R.), op, cit, , p. 83.

    17 René Careme a retracé son itinéraire dans un livre-interview, Combats d’un militant, Paris, Éditions ouvrières, 1977.

    18 Op, cit, , p. 371-372.

    19 Sur ces difficultés d’intégration, très tôt constatés, voir par exemple les dossiers consacrés à cette question par la revue Faire en 1980 (numéros 51-54) et les interviews réalisées dès le lendemain des Assises par Bizot (J.-F.), Au parti des socialistes, Plongée libre dans les courants d’un grand parti, Paris, Grasset, 1975.

    20 À la fin des années 1980, les ouvriers (qui constituent encore 30 % de la population active) ne représenteraient plus que 12 % des adhérents du PS, contre 19 % en 1973 et 43 % en 1951. selon Ber Gounioux (A.) et Grunberg (G.), op, cit, , p. 364-367.

    L’implantation du socialisme en France au xxe siècle. Partis, réseaux, mobilisation

    X Facebook Email

    L’implantation du socialisme en France au xxe siècle. Partis, réseaux, mobilisation

    Ce livre est diffusé en accès ouvert freemium. L’accès à la lecture en ligne est disponible. L’accès aux versions PDF et ePub est réservé aux bibliothèques l’ayant acquis. Vous pouvez vous connecter à votre bibliothèque à l’adresse suivante : https://freemium.openedition.org/oebooks

    Suggérer l’acquisition à votre bibliothèque Acheter ce livre aux formats PDF et ePub

    Si vous avez des questions, vous pouvez nous écrire à access[at]openedition.org

    L’implantation du socialisme en France au xxe siècle. Partis, réseaux, mobilisation

    Vérifiez si votre bibliothèque a déjà acquis ce livre : authentifiez-vous à OpenEdition Freemium for Books.

    Vous pouvez suggérer à votre bibliothèque d’acquérir un ou plusieurs livres publiés sur OpenEdition Books. N’hésitez pas à lui indiquer nos coordonnées : access[at]openedition.org

    Vous pouvez également nous indiquer, à l’aide du formulaire suivant, les coordonnées de votre bibliothèque afin que nous la contactions pour lui suggérer l’achat de ce livre. Les champs suivis de (*) sont obligatoires.

    Veuillez, s’il vous plaît, remplir tous les champs.

    La syntaxe de l’email est incorrecte.

    Référence numérique du chapitre

    Format

    Girault, J., & Georgi, F. (2001). Syndicalisme et socialisme : jalons pour une étude de la place des relations avec le syndicalisme dans l’implantation du socialisme. In J. Girault (éd.), L’implantation du socialisme en France au xxe siècle. Partis, réseaux, mobilisation. Paris: Éditions de la Sorbonne. https://doi.org/10.4000/books.psorbonne.61139
    Girault, Jacques, et Frank Georgi. « Syndicalisme et socialisme : jalons pour une étude de la place des relations avec le syndicalisme dans l’implantation du socialisme ». In L’implantation du socialisme en France au xxe siècle. Partis, réseaux, mobilisation, édité par Jacques Girault. Paris: Éditions de la Sorbonne, 2001. doi:10.4000/books.psorbonne.61139.
    Girault, Jacques, et Frank Georgi. « Syndicalisme et socialisme : jalons pour une étude de la place des relations avec le syndicalisme dans l’implantation du socialisme ». L’implantation du socialisme en France au xxe siècle. Partis, réseaux, mobilisation, édité par Jacques Girault, Éditions de la Sorbonne, 2001, https://doi.org/10.4000/books.psorbonne.61139.

    Référence numérique du livre

    Format

    Girault, J. (éd.). (2001). L’implantation du socialisme en France au xxe siècle. Partis, réseaux, mobilisation. Paris: Éditions de la Sorbonne. https://doi.org/10.4000/books.psorbonne.60964
    Girault, Jacques, éd. L’implantation du socialisme en France au xxe siècle. Partis, réseaux, mobilisation. Paris: Éditions de la Sorbonne, 2001. doi:10.4000/books.psorbonne.60964.
    Girault, Jacques, éditeur. L’implantation du socialisme en France au xxe siècle. Partis, réseaux, mobilisation. Éditions de la Sorbonne, 2001, https://doi.org/10.4000/books.psorbonne.60964.
    Compatible avec Zotero Zotero

    1 / 3

    Éditions de la Sorbonne

    Éditions de la Sorbonne

    • Mentions légales
    • Plan du site
    • Se connecter

    Suivez-nous

    • Facebook
    • Bluesky
    • Flux RSS

    URL : http://editionsdelasorbonne.fr/

    Email : edsorb@univ-paris1.fr

    OpenEdition
    • Candidater à OpenEdition Books
    • Connaître le programme OpenEdition Freemium
    • Commander des livres
    • S’abonner à la lettre d’OpenEdition
    • CGU d’OpenEdition Books
    • Accessibilité : partiellement conforme
    • Données personnelles
    • Gestion des cookies
    • Système de signalement