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    Plan détaillé Texte intégral 1927-1939 : l’impossible dialogue 1940-1947 : l’évolution du mouvement jociste 1948-1968 : la coopération distanciée 1968-1976 : le ralliement jociste à la perspective socialiste Notes de bas de page Auteur

    Des communistes en France

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    Table des matières

    D’une main tendue à l’autre : La Jeunesse ouvrière chrétienne et les communistes des années 1920 aux années 1970

    Éric Belouet

    p. 489-500

    Texte intégral 1927-1939 : l’impossible dialogue L’hostilité jociste La FJC : du conflit à la main tendue 1940-1947 : l’évolution du mouvement jociste 1948-1968 : la coopération distanciée 1968-1976 : le ralliement jociste à la perspective socialiste Notes de bas de page Auteur

    Texte intégral

    1La reconnaissance officielle de la Jeunesse ouvrière chrétienne (JOC) en France en 1927, deux ans après sa création en Belgique, répond pour une large part à la volonté de ses initiateurs de doter l’Église catholique d’un outil capable de lutter efficacement contre l’influence communiste auprès des jeunes ouvriers. Pour l’abbé Georges Guérin, le fondateur du mouvement en France, le communisme figure alors « en tête des “erreurs” dont il faut préserver la jeunesse »1. Près de cinquante ans plus tard, la présence du secrétaire général du PCF au rassemblement national de la JOC « Objectif 74 », et plus encore le ralliement jociste à un projet de société de type socialiste deux ans plus tard, témoignent d’une évolution sensible. Nous nous proposons, à travers l’étude des relations entre la JOC et les communistes – les militants du PCF bien sûr mais également ceux de ses organisations de jeunesse2 – pendant une cinquantaine d’années, de retracer les principales étapes de ce cheminement qui a conduit la JOC à saisir la main tendue aux catholiques par Georges Marchais en 1976, quarante ans après l’avoir refusé à Maurice Thorez.

    1927-1939 : l’impossible dialogue

    L’hostilité jociste

    2Au cours de ses douze premières années d’existence, la position du mouvement jociste face aux communistes n’a guère évolué, se caractérisant principalement par une hostilité ouverte et un refus de dialoguer. Cette attitude s’explique par plusieurs raisons. La première, de loin la plus importante, est qu’au cours de ces années, la doctrine sociale catholique tient lieu d’unique référent idéologique du mouvement jociste. Cette doctrine, exposée pour la première fois en 1891 dans la lettre encyclique de Léon XIII Rerum novarum, est réactualisée et complétée à l’occasion de son quarantième anniversaire par une autre lettre encyclique, Quadragesimo anno. Dans ce dernier texte, le communisme, « adversaire et ennemi déclaré de la sainte Église et de Dieu lui-même », est dénoncé avec force, tandis que la JOC, présentée comme un instrument essentiel de la reconquête à mener, se voit gratifiée d’un encouragement pontifical prenant la forme d’un hommage appuyé : « […] des signes pleins de promesses d’une rénovation sociale apparaissent dans les organisations ouvrières, parmi lesquelles Nous apercevons, à la grande joie de Notre âme, des phalanges serrées de jeunes travailleurs chrétiens qui se lèvent à l’appel de la grâce divine et nourrissent la noble ambition de reconquérir au Christ l’âme de leurs frères. »3 La JOC emprunte donc à la doctrine sociale catholique sa double condamnation du matérialisme et de la lutte de classe.

    3À cette raison s’en ajoute une autre, liée à son statut de mouvement de jeunesse et qui, pour moins fondamentale qu’elle puisse paraître, n’en joue pas moins un rôle déterminant. Elle tient aux réserves que le mouvement jociste nourrit alors à l’encontre des partis politiques. Mouvement regroupant des jeunes âgés de 13 à 25 ans – la plupart des militants jocistes n’ont donc pas le droit de vote – la JOC se veut non seulement un ensemble de services et un corps représentatif de la jeunesse salariée, mais également une école. Si elle se défend de condamner la politique en tant que telle ou même de s’en désintéresser, elle considère en revanche que, s’adressant à des individus qui sont à l’âge de l’apprentissage de la vie, son but premier doit être de leur dispenser une éducation apte à les préparer à la vie ouvrière et à assumer leurs obligations sur les trois plans que sont, par ordre décroissant d’importance pour les jocistes, la famille, la profession et la cité. La JOC considère qu’une fois cette éducation reçue, ses anciens militants devenus adultes auront tout loisir de s’engager dans le parti politique de leur choix, mais qu’avant cela, leur militantisme jociste ne saurait être compatible avec un engagement de type partisan. D’autant que, d’une façon générale, le mouvement jociste se montre méfiant à l’égard des structures de jeunes dont se dotent les partis politiques, qu’elle soupçonne de moins se soucier de formation que de vouloir constituer une main-d’œuvre militante endoctrinable et corvéable à merci4. Ce dernier point est important car il éclaire la distinction constamment opérée par la JOC entre les dirigeants de la FJC, qualifiés « d’intellectuels dévoyés »5, et les militants de base supposés être manipulés par les premiers et en qui elle veut voir des frères ouvriers et des croyants qui s’ignorent. Une autre distinction est souvent posée entre les hommes et la doctrine : « Jocistes, nous ne sommes pas des “anti” certes, et nous ne pouvons nourrir de haine contre aucun de la classe ouvrière. Mais il est des doctrines de mort comme le matérialisme que nous repousserons toujours de toute notre âme. »6 Au cours de toute cette période, le mouvement jociste se défend d’ailleurs à de nombreuses reprises dans son journal d’être anticommuniste, déplorant au passage l’anticommunisme viscéral de nombreux milieux catholiques qui feignent d’ignorer que l’extinction du communisme ne saurait suffire à résoudre le problème social.

    La FJC : du conflit à la main tendue

    4Si la position de la JOC à l’égard des communistes est immuable avant la guerre, celle des organisations communistes, en particulier de la FJC, face au mouvement jociste, est en revanche beaucoup moins figée. On peut ici distinguer deux périodes clairement délimitées par l’année 1934 et le processus unitaire du Front populaire7. En amont, après une très courte période d’indifférence liée au faible développement de la JOC, l’hostilité des jocistes vis-à-vis des communistes devient réciproque. Dès 1930, la FJC multiplie les attaques dans son journal L’Avant-garde contre un mouvement qui, tout en se prétendant ouvrier, refuse la lutte de classe, un mouvement créé par des prêtres, alliés du patronat, pour manipuler la jeunesse ouvrière. La lutte contre la JOC devient même, à partir de 1931, un objectif prioritaire des JC. Il n’est en outre pas rare que les militants des Jeunesses communistes – comme ceux des Jeunesses socialistes d’ailleurs – s’invitent aux meetings jocistes pour interpeller les orateurs et semer la zizanie dans l’assemblée. Les affrontements ne se limitent d’ailleurs pas au verbe. La Jeunesse ouvrière fourmille, pendant la période 1930-1934, de comptes rendus relatant des rixes opposant jocistes et communistes, principalement à l’occasion de la vente à la criée de leurs journaux respectifs.

    5Cette attitude change radicalement, du moins au niveau national, à partir de février 1934. À l’instar du PCF, la FJC lance alors une vaste campagne d’union de tous les jeunes ouvriers. Cette démarche est prolongée en avril 1936 par la main tendue aux catholiques par Maurice Thorez, secrétaire général du PCF. Les violentes attaques dont la JOC faisait l’objet dans la presse communiste, inefficaces, d’ailleurs, puisque les effectifs de ce mouvement n’ont cessé de croître tout au long des années 1930, disparaissent au profit d’appels à l’unité d’action. Les points communs pouvant exister entre les deux « familles », et en particulier leur commune appartenance à la classe ouvrière, que les communistes ne cherchent plus à contester à la JOC, sont mises en exergue. Les propositions de rencontres adressées par la FJC aux dirigeants jocistes se multiplient à partir d’octobre 1935, toutes se voyant opposer la même réponse négative.

    6À tous ces appels, la JOC, à l’instar de l’immense majorité des catholiques, oppose en effet une fin de non-recevoir. La plupart des catholiques trouvent une justification de leur attitude dans l’encyclique papale Divini Redemptoris sur le communisme athée, publiée en 1937 et condamnant toute collaboration entre catholiques et communistes :

    « Le communisme est intrinsèquement pervers, et l’on ne peut admettre sur aucun terrain la collaboration avec lui de la part de quiconque veut sauver la civilisation chrétienne. Si quelques-uns, induits en erreur, coopéraient à la victoire du communisme dans leur pays, ils tomberaient les premiers, victimes de leur égarement ; et plus les régions où le communisme réussit à pénétrer se distinguent par l’antiquité et la grandeur de leur civilisation chrétienne, plus la haine des “sans-Dieu” se montrera dévastatrice. »8

    7Signalons enfin qu’au cours de cette période du Front populaire, une organisation s’efforce de jouer les intermédiaires entre jocistes et communistes. Il s’agit des Chrétiens révolutionnaires, rassemblés autour du mensuel Terre nouvelle. Leur ambition est de réaliser la synthèse entre marxisme et christianisme, comme l’indique d’ailleurs leur emblème : la croix chrétienne, surmontée de la faucille et du marteau, plantée sur un globe terrestre ne figurant que deux pays, la France et l’URSS9. Très actifs pendant toute la période, ces Chrétiens révolutionnaires, parmi lesquels on trouvait quelques rares anciens jocistes, mirent à profit le grand rassemblement organisé par la JOC au Parc des Princes en juillet 1937 à l’occasion de son dixième anniversaire pour distribuer des tracts et informer les jocistes de l’existence et des objectifs de leur organisation. Très mal accueillie par les jocistes et par leurs aumôniers, cette initiative est d’autant moins couronnée de succès que le périodique Terre nouvelle avait été mis à l’index par le Vatican dès juillet 193610.

    8De 1938 jusqu’à la guerre, les rapports entres communistes et jocistes se font plus rares. Les premiers se focalisent plus que jamais sur la montée des périls, tandis que les seconds, forts de leur développement continu et de l’éclatant retentissement de leur congrès de 193711, sont tout à la préparation du grand pèlerinage devant rassembler l’ensemble des JOC nationales à Rome en septembre 1939 et qui sera finalement annulé en raison du déclenchement de la guerre.

    9Si le Front populaire n’a en rien entamé l’hostilité affichée par la JOC, à l’échelon national, vis-à-vis du communisme, en revanche les grèves de mai-juin 1936 ont incontestablement créé les conditions d’un rapprochement ou, à tout le moins, d’un dialogue à la base entre militants communistes et jocistes. Elles ont aussi permis de mettre en évidence une contradiction interne au mouvement jociste à laquelle ce dernier n’avait jusqu’alors pas eu l’occasion d’être confronté, la difficulté de concilier sa fidélité proclamée à la classe ouvrière et son refus de dialoguer avec ses organisations les plus représentatives, au premier rang desquelles la CGT réunifiée et le PCF. Ce problème, illustré à la base par des militants jocistes tiraillés entre une solidarité naturelle avec les autres ouvriers et les consignes nationales de leur mouvement dénonçant comme illégales les grèves avec occupation d’usine12, constitue le point de départ d’une évolution de la JOC dans son rapport au mouvement ouvrier qui ne devient manifeste que dans l’après-guerre.

    1940-1947 : l’évolution du mouvement jociste

    10Au cours de cette période, la JOC connaît une évolution fondamentale qui aura, à partir de 1948, des conséquences importantes sur ses rapports avec les communistes et, d’une façon plus générale, avec les composantes du mouvement ouvrier.

    11Si le Parti communiste et toutes les organisations rattachées à l’IC, dissoutes dès septembre 1939, poursuivent clandestinement leur action pendant cinq ans, la situation de la JOC est toute différente. Pour l’appréhender, il convient d’opérer une distinction entre les zones géographiques. Au nord de la ligne de démarcation, la JOC est concernée par l’ordonnance allemande du 28 août 1940 portant interdiction de toute union, société ou association à l’exception de celles fondées sur le droit public. Une note des autorités d’occupation du 18 décembre 1940 la lui rappelle. Ignorant l’avertissement, elle décide de poursuivre son activité dans une semi-clandestinité assez contraignante, en usant au maximum du « bouclier épiscopal »13. En zone sud, par contre, le mouvement, dont le secrétariat général s’est installé à Sainte-Foy-lès-Lyon (Rhône), jouit d’une existence parfaitement légale. De 1940 à 1942, la JOC montre son allégeance ou, à tout le moins, son loyalisme à l’égard du régime de Vichy, avant de prendre progressivement ses distances.

    12Léo Figuères, l’un des trois dirigeants des Jeunesses communistes de la zone sud au cours de cette période, raconte dans ses mémoires comment il fut l’un des premiers témoins extérieurs de cette évolution. Domicilié à Lyon dans le cadre de son activité clandestine, il présida, à la suite d’un enchaînement d’événements quelque peu rocambolesques et en se faisant passer pour un ancien dirigeant de l’Association catholique de la jeunesse française (ACJF), une réunion entre dirigeants jocistes des deux zones au printemps 1942 :

    « Je dois dire qu’elle fut pour moi instructive de l’évolution qui s’opérait dans l’esprit de certains membres des organisations de jeunes catholiques que le régime de Pétain avait pourtant favorisées de toutes les manières dans le cadre de sa politique visant à faire de l’Église un de ses principaux points d’appui. […] J’en tirai la conclusion qu’il y avait là une réserve d’énergie à mobiliser par un travail d’union large et persévérant dans le cadre du Front patriotique. »14

    13Ce constat eut pour première conséquence, à l’occasion du rassemblement jociste de Lyon – l’un des sept congrès régionaux organisés par la JOC en zone sud le 21 juin 1942 pour fêter le quinzième anniversaire du mouvement –, un important travail de propagande accompli par les jeunes communistes pour dénoncer auprès des jocistes « le rôle que les hommes de Vichy et certains princes de l’Église voulaient faire jouer aux jeunes catholiques ».15 Au nombre des quelques autres tentatives communistes au cours de cette période pour rallier les jocistes à la cause de la résistance, il faut compter le long article publié par L’Avant-garde clandestine pour dénoncer l’arrestation de Georges Guérin, l’aumônier national de la JOC, à la suite de la perquisition effectuée par la Gestapo au secrétariat général du mouvement en zone nord le 3 août 1943.

    14S’il convient de ne pas surestimer l’impact des initiatives menées par les communistes auprès de la JOC en ces années de guerre, il faut en revanche insister sur l’évolution que connaît cette dernière au cours de cette période. Conséquence indirecte, on l’a vu, des événements de 1936, ce changement se traduit essentiellement par une volonté nouvelle du mouvement jociste de s’inscrire pleinement dans le mouvement ouvrier, ce qui n’était pas le cas jusqu’alors, en dépit de son appartenance incontestable à la classe ouvrière. Une telle évolution est d’abord l’œuvre d’un homme : Albert Bouche, aumônier national du mouvement. Dominicain d’origine ouvrière, bon connaisseur de l’histoire du mouvement ouvrier et du marxisme, ce dernier multiplie, dans la deuxième moitié des années 1930 et tout au long des années 1940, les initiatives destinées à familiariser les jocistes avec ces questions. Il anime ainsi de nombreuses sessions sur ces différents thèmes, crée en 1942 l’Université populaire de la JOC à Marly-le-Roi et fonde à la fin de l’année 1943 la revue Masses ouvrières, destinée aux prêtres engagés dans l’Action catholique ouvrière16. Son action est rapidement relayée par les dirigeants du mouvement jociste, comme en atteste le rapport présenté par André Villette à l’occasion du XIXe conseil national de la JOC en zone sud en septembre 1942, plaidant en faveur d’une inscription plus marquée des jocistes au sein du mouvement ouvrier17.

    15Ce n’est toutefois qu’à partir de la Libération que cette évolution trouve à s’exprimer pleinement. La JOC se présente alors sous un jour bien différent de celui qui était le sien avant-guerre. Comme le souligne Jean-Pascal Bonhotal, « La nécessité d’une transformation de la société est affirmée [par le mouvement] en tant qu’objectif propre. Il y a là une évolution essentielle : la reconnaissance que le social et la politique sont autonomes par rapport au religieux »18 Cette nouvelle orientation de la dimension temporelle du mouvement se traduit d’abord par une modification de sa stratégie d’implantation au profit de l’entreprise – avec, en particulier, la création de la branche « Action au travail » –, ensuite par une modification de ses relations avec les syndicats et par la reconnaissance de la CGT comme interlocuteur en 1947.

    16Reste que la relation entre jocistes et communistes demeure extrêmement conflictuelle entre 1944 et 1947. Aux désaccords doctrinaux déjà anciens s’ajoutent de nombreuses divergences portant sur des questions alors au cœur de l’actualité politique et sociale : la bataille de la production, la campagne jociste en faveur de l’instauration d’un délégué des jeunes dans les entreprises, la laïcité, etc. Chaque numéro de L’Avant-garde est l’occasion de violentes attaques contre la JOC, auxquelles La Jeunesse ouvrière répond point par point avec non moins de virulence. Cette guerre ouverte entre la JOC et l’Union de la jeunesse républicaine de France (UJRF)19 ne s’exprime pas que par voie de presse. Elle touche également l’Union patriotique des organisations de jeunesse (UPOJ), dont les deux organisations sont membres, allant même jusqu’à paralyser son fonctionnement.

    1948-1968 : la coopération distanciée

    17À partir de l’année 1948 les relations entre la JOC et les communistes prennent une tournure nettement moins conflictuelle. Cette normalisation des relations entre les deux organisations peut être perçue autant comme une conséquence indirecte de l’évolution intervenue au sein de la JOC au cours de la Seconde Guerre mondiale et des années suivantes que comme le résultat de la nouvelle orientation de l’UJRF adoptée lors de son deuxième congrès national en mai 1948. Basée sur l’union de la jeunesse, celle-ci est exposée par Léo Figuères, secrétaire général, dans le discours qu’il y prononce :

    « […] Oui, la jeune génération, animée d’intérêts et d’espoirs communs, peut et doit s’unir pour agir et lutter. Quelles que soient nos origines et nos conceptions. Quelles que soient nos différentes façons de regarder le monde qui nous entoure, nous aspirons tous à vivre heureux et libres. Nous souffrons des mêmes maux. Nous avons tous un même amour de la patrie, une même admiration pour les héros morts pour elle. Nous voulons tous construire la France dont ils rêvaient aux derniers instants de leur belle vie.
    Alors, donnons nous la main ! Frère socialiste, frère jociste, frère laïc, et toi jeune qui a cru trouver une solution à tes soucis dans le RPF, mais dont les yeux s’ouvrent, prends la main que nous te tendons. Serre tes coudes contre les nôtres et luttons ensemble. »20

    18À partir de cette date, on ne relève plus de polémiques entre jocistes et jeunes communistes dans les colonnes de La Jeunesse ouvrière et de L’Avant-garde. Bien au contraire, l’organe de l’UJRF rend largement compte dès cette période, semaine après semaine, des actions communes menées localement par les militants des deux organisations.

    19Une autre évolution de taille est la nouvelle attitude adoptée par la JOC à l’égard du Parti communiste. Selon Rolande Trempé, « dès 1949, le PCF est considéré par la JOC comme le seul parti qui ait un projet d’avenir et lutte avec conséquence et détermination pour la libération de la classe ouvrière ».21 Chargée de symboles, 1949 est également l’année de la première rencontre entre les dirigeants de la JOC et du PCF. Une délégation jociste est ainsi reçue par Maurice Thorez pour évoquer la campagne jociste en faveur de l’amélioration des conditions de vie des jeunes appelés sous les drapeaux22. Jusqu’alors, les relations, fussent-elles conflictuelles, de la JOC avec les communistes se limitaient à leur organisation de jeunesse et n’atteignaient jamais la structure « adulte ».

    20Enfin, un dernier signe tangible de cette évolution est l’adhésion, à partir des années 1950, d’anciens militants de premier plan de la JOC au Parti communiste, par l’intermédiaire, le plus souvent, du Mouvement de libération du peuple23.

    21Il faut toutefois se garder de déduire de cet apaisement manifeste de leurs relations une union parfaite entre jocistes et communistes. Bien des préventions subsistent, notamment du côté de la JOC. Non seulement parce que cette dernière continue à condamner le communisme dans ses principes, mais également parce que, pour conserver le soutien de la hiérarchie catholique, la JOC doit se garder de toute attitude pouvant être interprétée comme une compromission avec le communisme et un manquement au respect de son mandat apostolique.

    22Ce dernier point explique pour une grande part l’extériorité du mouvement jociste dans le développement du progressisme chrétien au cours de cette période. Les aumôniers nationaux jocistes, au premier rang desquels Georges Guérin, Adrien Dewitte puis Michel Grenet, veillent scrupuleusement au respect des directives de l’Assemblée des cardinaux et archevêques et sanctionnent sans appel tout comportement pouvant sembler s’en écarter. C’est ainsi qu’Albert Bouche, devenu prêtre-ouvrier tout en conservant son poste d’aumônier jociste, est exclu en 1951 de l’aumônerie nationale de la JOC et de la direction de la revue Masses ouvrières. Le fait que le secrétariat général de la JOC se désolidarise officiellement de deux de ses militants de Limoges ayant signé l’Appel de Stockholm en mai 195024 constitue un autre exemple, parmi d’autres, de cette extrême vigilance.

    23On peut ainsi penser qu’en se tenant à l’écart des courants progressistes traversant l’Église catholique, qui se verront condamner dans les années 1950, la JOC se maintient dans une orthodoxie religieuse lui permettant de mener en parallèle des actions concrètes à la base avec les communistes sans s’attirer les foudres de la hiérarchie, et même d’obtenir son appui lorsque celui-ci lui est nécessaire, comme à l’occasion de la crise de l’ACJF (1949-1956). C’est en tout cas l’analyse que développe Émile Poulat lorsqu’il souligne que « Si l’épiscopat français a manifesté une si particulière bienveillance à la JOC, ce n’est pas par ouvriérisme ou alibi, mais bien pour sa fidélité au pacte apostolique ».25

    24Cet équilibre précaire entre la nécessité de l’action à la base et celle, non moins impérieuse à ses yeux, du respect de sa mission apostolique originelle explique l’attitude prudente de la JOC à l’égard des communistes jusqu’à la fin des années 1960. C’est pourquoi le terme de « coopération distanciée » peut caractériser cette période qui voit le mouvement jociste participer aux différents mouvements sociaux, mener localement de nombreuses actions revendicatives avec les communistes tout en cherchant à se prémunir de toute tentative d’instrumentalisation. À cet égard, expliquer le refus de la JOC de faire front commun avec le PCF au moment de la guerre d’Algérie à son seul « anticommunisme », comme le fait hâtivement Rolande Trempé26, paraît quelque peu réducteur, car ne tenant pas compte de la complexité du positionnement d’un mouvement situé au confluent de l’Église et du mouvement ouvrier.

    1968-1976 : le ralliement jociste à la perspective socialiste

    25Les événements de 1968 ne constituent pas à proprement parler une rupture radicale dans la vie du mouvement jociste en ce sens que, comme le souligne Jean-Pascal Bonhotal, « c’est tout naturellement que la JOC se sent solidaire et partie prenante du mouvement de Mai, où elle cherchera à ce que s’expriment les revendications propres des jeunes. »27 Néanmoins, ces événements sont le point de départ d’une période de dix ans qui voit la JOC affirmer toujours plus fort sa solidarité avec les autres composantes du mouvement ouvrier, au premier rang desquelles le Parti communiste.

    26Dès 1972, après avoir été reçue par le PCF, la JOC approuve le programme commun de la gauche. Deux ans plus tard, le rassemblement jociste « Objectif 74 » auquel assiste Georges Marchais – événement qui aurait été inconcevable quelques années plus tôt – marque le début d’une période de vingt ans au cours de laquelle la JOC n’invite plus à ses rassemblements que les seules organisations « de classe et de masse » que sont à ses yeux la CGT et la CFDT sur le plan syndical, le PCF et le PS sur le plan politique. On note également qu’à partir des années 1970, les adhésions d’anciens jocistes au PCF, marginales jusqu’alors, deviennent massives, allant jusqu’à représenter près de la moitié des engagements politiques post-jocistes. Ce processus de radicalisation des positions du mouvement dans le domaine temporel, dont ces quelques exemples sont loin d’être exclusifs, voit d’ailleurs son accentuation facilitée par la suppression, proclamée par les évêques en 1975, du lien de subordination entre les évêques et les mouvements d’Action catholique.

    27La conjonction de ces différents éléments permet à la JOC, pour la première fois depuis sa création, d’exprimer clairement sa préférence pour un projet politique lors de son 52e conseil national en novembre 1976. En effet, le rapport d’orientation adopté à cette occasion se prononce sans ambiguïté en faveur d’une société de type socialiste. Au vu de ce contexte, on ne saurait s’étonner que la seconde « main tendue » aux catholiques par Georges Marchais, cinquante ans après celle de Maurice Thorez, reçoive cette fois un accueil plus favorable de la part des militants jocistes.

    28Cette nouvelle orientation de la JOC ne va pas toutefois sans susciter quelques critiques et interrogations au sein de l’Église. Le grand rassemblement organisé par la JOC à La Courneuve en mai 1978 pour fêter le cinquantième anniversaire du mouvement fournit ainsi à plusieurs membres de l’épiscopat l’occasion de s’interroger publiquement sur le devenir de ce mouvement d’Église affichant de façon toujours plus ostensible son engagement au côté de la gauche politique. Mgr Etchegaray, archevêque de Marseille et président de la conférence épiscopale, publie un article à la veille du rassemblement jociste, dans lequel figure ce double avertissement qui résume à lui seul l’ensemble des critiques formulées par divers représentants de la hiérarchie : « JOC, prends garde de perdre ton âme. Église, prends garde de perdre ta JOC ».28 La présence et l’intervention du cardinal Marty, archevêque de Paris, lors de la manifestation jociste, suffit pour un temps encore à calmer les esprits. D’une façon générale, les réserves formulées par des représentants de l’Église ne remettent pas fondamentalement en cause l’orientation prise par la JOC au cours des années 1970. En dépit de ce qui peut être considéré comme un recentrage de ses positions à partir de 1986, avec en particulier la scission au sein de la JOC Internationale et la création de la CI-JOC, mais également avec l’élargissement des relations extérieures du mouvement jociste au milieu des années 199029, la JOC affiche encore aujourd’hui une préférence marquée pour la gauche, tous partis confondus (à l’exception des organisations trotskystes et anarchistes).

    29Il y a loin de l’hostilité déclarée au communisme des pionniers de la JOC aux rapprochements, voire aux adhésions, des années 1960-1970. Parti d’un militantisme chrétien exclusif, les Jocistes se sont progressivement emparés du monde et ont investi de larges champs de militance. Se reconnaissant en tant qu’ouvriers, ils ont entamé un long processus, non linéaire, non exempt d’avancées innovantes ou de fâcheuses crispations, souvent imposées par leur milieu, parfois aussi conséquences de malentendus. Les occasions de rapprochements, mais aussi d’affrontements idéologiques, ne manquent pas dans le demi-siècle. L’adversité fut surmontée en commun, par un dialogue fréquent et par une interprétation progressive des militants. Une normalisation des relations, sans compromis ni compromissions, entre les deux mouvements prend corps à la fin des années 1940. Des actions communes s’engagent ; des confrontations d’idées et de pratiques enrichissent ; pourtant la vigilance s’impose et parfois la méfiance peut subsister.

    30L’élection à la tête de la Jeunesse communiste en novembre 1998 d’un ancien militant jociste30, soixante-dix ans après la création d’une JOC dont l’un des principaux objectifs était initialement de combattre l’influence communiste au sein de la jeunesse ouvrière, en est une illustration exemplaire. Cette évolution, prenant la forme d’un rapprochement, très progressif mais néanmoins continu, n’a cessé d’interroger tout à la fois les militants et aumôniers jocistes de la première heure et certains membres de l’épiscopat. Depuis plusieurs décennies, la question d’un éventuel reniement par la JOC de sa mission apostolique originelle – l’évangélisation des jeunes du milieu populaire – est posée avec récurrence. Rien pourtant, dans l’étude des soixante-dix ans d’histoire du jocisme français, ne permet de confirmer cette hypothèse31.

    Notes de bas de page

    1 Cité par Girault (J.) in Willard (C.) dir., La France ouvrière. Histoire de la classe ouvrière et du mouvement ouvrier français, Paris, Éd. de l’Atelier, t. 2 : De 1920 à 1968, 1995, p. 30.

    2 La Fédération des jeunesses communistes (FJC) et l’Union des jeunes filles de France (UJFF). Notons toutefois que le dépouillement de la presse de l’UJFF s’est avéré infructueux puisque les publications concernées (Jeunes files de France puis Filles de France) ne font pas mention d’éventuelles relations avec la JOC féminine.

    3 PIE XI, Quadragesimo anno, Lettre encyclique du 15 mai 1931.

    4 La JOC affiche d’ailleurs les mêmes préventions à l’encontre des structures de jeunesse des confédérations syndicales. Voir sur ce point Belouet (É.), « La JOC et les organisations syndicales », Cahiers de l’atelier, n° 484, avril-juin 1999, p. 59-73.

    5 La Jeunesse ouvrière, 1er octobre 1930.

    6 Ibid., 15 avril 1929.

    7 Sur toute cette période, cf. Meillon (M.-F.), Les rapports entre la Jeunesse ouvrière chrétienne et la Fédération des jeunesses communistes, 1927-1939, Mémoire de maîtrise d’histoire, Université Paris X, 1970.

    8 pie xi, Divini redemptoris, Encyclique sur le communisme athée, 19 mars 1937. Signalons que cinq jours plus tôt, une encyclique condamnant le nazisme avait été publiée en langue allemande : pie xi, Mit brennender Sorge, Lettre encyclique « aux vénérables Frères, Archevêques et Évêques d’Allemagne et autres Ordinaires en paix et Communion avec le Siège Apostolique sur la situation de l’Église catholique dans l’Empire allemand », 14 mars 1937.

    9 Sur cette organisation, cf. Rochefort-Turquin (A.), Front populaire. Socialistes parce que chrétiens, Paris, Cerf, 1986.

    10 Ibid., p. 141.

    11 Cf. COCO (J.-P.), debes (J.), 1937, l’Élan jociste. Le dixième anniversaire de la JOC Paris, juillet 1937, Paris, Les Éditions ouvrières, 1989.

    12 Situation dont a fort bien rendu compte le romancier populaire Maxence Van Der Meersch dans Pêcheurs d’hommes (Paris, Albin Michel, 1940), roman décrivant la vie d’une section jociste à Roubaix à l’époque du Front populaire.

    13 Sur l’activité de la JOC de zone nord, cf. l’important témoignage de Bourdais (H.), La JOC sous l’occupation allemande. Témoignages et souvenirs de Henri Bourdais, vice-président national de la JOC à Paris de 1941 à 1944, Paris, Les Éditions de l’Atelier, 1995, ainsi que Jocistes dans la tourmente. Histoire des jocistes (JOC-JOCF) de la région parisienne, 1937-1947, Paris, Éditions du Témoignage Chrétien/Éditions ouvrières, 1989.

    14 Figueres (L.), Jeunesse militante. Chronique d’un jeune communiste des années 30-50. Paris, Éditions sociales, 1971, p. 130-131.

    15 Ibid., p. 131.

    16 Sur l’action d’Albert Bouche au sein de la JOC et sur l’itinéraire de ce prêtre, atypique à maints égards, cf. Belouet (É.). Viet-Depaule (N.), « Albert Bouche ou l’itinéraire d’un frontalier », Cahiers de l’atelier, n° 488, avril-juin 2000, p. 3-19.

    17 Arch. JOC, 44J 1152b, XVIIIe et XIXe conseils nationaux, 1942.

    18 Bonhotal (J.-P.), « La JOC face aux problèmes politiques et sociaux de 1927 à 1981 », Masses ouvrières, n° 376, mars 1982, p. 30-31.

    19 Créée en avril 1945, l’UJRF résulte de la fusion de la FJC, de l’UJFF et de diverses autres organisations de jeunesse issues de la Résistance.

    20 L’Avant-garde. n° 189. 12-18 mai 1948.

    21 Pierrard (P.), Launay (M.). Trempe (R.), La JOC. Regards d’historiens, Paris, Les Éditions ouvrières. 1984, p. 197-198.

    22 On trouve un récit de cette rencontre dans Georgi (F.). Eugène Descamps, chrétien et syndicaliste. Paris, Les Éditions de l’atelier, 1997, p. 120-121.

    23 Sur ce point, cf. Belouet (É.), « Itinéraires militants d’ouvriers chrétiens : pour une approche prosopographique des cadres de la JOC-JOCF (1927-1968) », Cahiers d’histoire, revue d’histoire critique. n° 69, 4e trimestre 1997, p. 89-105.

    24 Cf. Pierrard (P.), Georges Guérin. Une vie pour la JOC, Paris, Les Éditions de l’atelier, 1997, p. 227.

    25 Poulat (É.), « La JOC. la guerre et le nazisme. À propos du livre d’Henri Bourdais », Cahiers de l’atelier, n° 470. novembre-décembre 1996, p. 97.

    26 Pierrard (P.), Launay (M.), Trempe (R.), op. cit., p. 198.

    27 Bonhotal (J.-P.), op. cit., p. 41.

    28 Sur cette polémique, cf. la partie consacrée au rassemblent jociste de 1978 dans Belouet (É.), L’Avenir depuis toujours. 70 ans de JOC/F, cédérom Éditions de l’Atelier, 1998.

    29 Dont témoigne la présence de personnalités de la droite politique et des représentants de la CFTC lors du rassemblement jociste « Cap Solidaires » en 1996.

    30 II s’agit de Christophe Hodé. Cf. l’Humanité, 30 novembre 1998.

    31 Sur ce point, cf. Belouet (É.), Morlet (J.), « L’Action catholique et la transformation des modèles d’implication dans l’espace public », in Brechon (P.), Duriez (B.), Ion (J.) dir., Religion et action dans l’espace public, Paris, L’Harmattan, 2000, p. 45-58.

    Auteur

    • Éric Belouet

      Doctorant, Paris 13 (CRESC)

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    1 Cité par Girault (J.) in Willard (C.) dir., La France ouvrière. Histoire de la classe ouvrière et du mouvement ouvrier français, Paris, Éd. de l’Atelier, t. 2 : De 1920 à 1968, 1995, p. 30.

    2 La Fédération des jeunesses communistes (FJC) et l’Union des jeunes filles de France (UJFF). Notons toutefois que le dépouillement de la presse de l’UJFF s’est avéré infructueux puisque les publications concernées (Jeunes files de France puis Filles de France) ne font pas mention d’éventuelles relations avec la JOC féminine.

    3 PIE XI, Quadragesimo anno, Lettre encyclique du 15 mai 1931.

    4 La JOC affiche d’ailleurs les mêmes préventions à l’encontre des structures de jeunesse des confédérations syndicales. Voir sur ce point Belouet (É.), « La JOC et les organisations syndicales », Cahiers de l’atelier, n° 484, avril-juin 1999, p. 59-73.

    5 La Jeunesse ouvrière, 1er octobre 1930.

    6 Ibid., 15 avril 1929.

    7 Sur toute cette période, cf. Meillon (M.-F.), Les rapports entre la Jeunesse ouvrière chrétienne et la Fédération des jeunesses communistes, 1927-1939, Mémoire de maîtrise d’histoire, Université Paris X, 1970.

    8 pie xi, Divini redemptoris, Encyclique sur le communisme athée, 19 mars 1937. Signalons que cinq jours plus tôt, une encyclique condamnant le nazisme avait été publiée en langue allemande : pie xi, Mit brennender Sorge, Lettre encyclique « aux vénérables Frères, Archevêques et Évêques d’Allemagne et autres Ordinaires en paix et Communion avec le Siège Apostolique sur la situation de l’Église catholique dans l’Empire allemand », 14 mars 1937.

    9 Sur cette organisation, cf. Rochefort-Turquin (A.), Front populaire. Socialistes parce que chrétiens, Paris, Cerf, 1986.

    10 Ibid., p. 141.

    11 Cf. COCO (J.-P.), debes (J.), 1937, l’Élan jociste. Le dixième anniversaire de la JOC Paris, juillet 1937, Paris, Les Éditions ouvrières, 1989.

    12 Situation dont a fort bien rendu compte le romancier populaire Maxence Van Der Meersch dans Pêcheurs d’hommes (Paris, Albin Michel, 1940), roman décrivant la vie d’une section jociste à Roubaix à l’époque du Front populaire.

    13 Sur l’activité de la JOC de zone nord, cf. l’important témoignage de Bourdais (H.), La JOC sous l’occupation allemande. Témoignages et souvenirs de Henri Bourdais, vice-président national de la JOC à Paris de 1941 à 1944, Paris, Les Éditions de l’Atelier, 1995, ainsi que Jocistes dans la tourmente. Histoire des jocistes (JOC-JOCF) de la région parisienne, 1937-1947, Paris, Éditions du Témoignage Chrétien/Éditions ouvrières, 1989.

    14 Figueres (L.), Jeunesse militante. Chronique d’un jeune communiste des années 30-50. Paris, Éditions sociales, 1971, p. 130-131.

    15 Ibid., p. 131.

    16 Sur l’action d’Albert Bouche au sein de la JOC et sur l’itinéraire de ce prêtre, atypique à maints égards, cf. Belouet (É.). Viet-Depaule (N.), « Albert Bouche ou l’itinéraire d’un frontalier », Cahiers de l’atelier, n° 488, avril-juin 2000, p. 3-19.

    17 Arch. JOC, 44J 1152b, XVIIIe et XIXe conseils nationaux, 1942.

    18 Bonhotal (J.-P.), « La JOC face aux problèmes politiques et sociaux de 1927 à 1981 », Masses ouvrières, n° 376, mars 1982, p. 30-31.

    19 Créée en avril 1945, l’UJRF résulte de la fusion de la FJC, de l’UJFF et de diverses autres organisations de jeunesse issues de la Résistance.

    20 L’Avant-garde. n° 189. 12-18 mai 1948.

    21 Pierrard (P.), Launay (M.). Trempe (R.), La JOC. Regards d’historiens, Paris, Les Éditions ouvrières. 1984, p. 197-198.

    22 On trouve un récit de cette rencontre dans Georgi (F.). Eugène Descamps, chrétien et syndicaliste. Paris, Les Éditions de l’atelier, 1997, p. 120-121.

    23 Sur ce point, cf. Belouet (É.), « Itinéraires militants d’ouvriers chrétiens : pour une approche prosopographique des cadres de la JOC-JOCF (1927-1968) », Cahiers d’histoire, revue d’histoire critique. n° 69, 4e trimestre 1997, p. 89-105.

    24 Cf. Pierrard (P.), Georges Guérin. Une vie pour la JOC, Paris, Les Éditions de l’atelier, 1997, p. 227.

    25 Poulat (É.), « La JOC. la guerre et le nazisme. À propos du livre d’Henri Bourdais », Cahiers de l’atelier, n° 470. novembre-décembre 1996, p. 97.

    26 Pierrard (P.), Launay (M.), Trempe (R.), op. cit., p. 198.

    27 Bonhotal (J.-P.), op. cit., p. 41.

    28 Sur cette polémique, cf. la partie consacrée au rassemblent jociste de 1978 dans Belouet (É.), L’Avenir depuis toujours. 70 ans de JOC/F, cédérom Éditions de l’Atelier, 1998.

    29 Dont témoigne la présence de personnalités de la droite politique et des représentants de la CFTC lors du rassemblement jociste « Cap Solidaires » en 1996.

    30 II s’agit de Christophe Hodé. Cf. l’Humanité, 30 novembre 1998.

    31 Sur ce point, cf. Belouet (É.), Morlet (J.), « L’Action catholique et la transformation des modèles d’implication dans l’espace public », in Brechon (P.), Duriez (B.), Ion (J.) dir., Religion et action dans l’espace public, Paris, L’Harmattan, 2000, p. 45-58.

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    Belouet, Éric. (2002). D’une main tendue à l’autre : La Jeunesse ouvrière chrétienne et les communistes des années 1920 aux années 1970. In J. Girault (éd.), Des communistes en France. Paris: Éditions de la Sorbonne. https://doi.org/10.4000/books.psorbonne.60437
    Belouet, Éric. « D’une main tendue à l’autre : La Jeunesse ouvrière chrétienne et les communistes des années 1920 aux années 1970 ». In Des communistes en France, édité par Jacques Girault. Paris: Éditions de la Sorbonne, 2002. doi:10.4000/books.psorbonne.60437.
    Belouet, Éric. « D’une main tendue à l’autre : La Jeunesse ouvrière chrétienne et les communistes des années 1920 aux années 1970 ». Des communistes en France, édité par Jacques Girault, Éditions de la Sorbonne, 2002, https://doi.org/10.4000/books.psorbonne.60437.

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    Girault, J. (éd.). (2002). Des communistes en France. Paris: Éditions de la Sorbonne. https://doi.org/10.4000/books.psorbonne.60147
    Girault, Jacques, éd. Des communistes en France. Paris: Éditions de la Sorbonne, 2002. doi:10.4000/books.psorbonne.60147.
    Girault, Jacques, éditeur. Des communistes en France. Éditions de la Sorbonne, 2002, https://doi.org/10.4000/books.psorbonne.60147.
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