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    Plan détaillé Texte intégral La capitale, ses circonscriptions et ses comitésDimensions de l’expression politiqueAu fil des décennies Notes de bas de page Auteur

    Les parlementaires de la Seine sous la Troisième République. Vol. 1

    Ce livre est recensé par

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    Table des matières

    Campagnes et discours sous la Troisième République

    Jean El Gammal

    p. 147-160

    Texte intégral La capitale, ses circonscriptions et ses comitésDimensions de l’expression politiqueAu fil des décennies Notes de bas de page Auteur

    Texte intégral

    1Au fur et à mesure que s’améliore la connaissance de la vie politique parisienne, au travers de l’étude des scrutins législatifs et municipaux, comme du personnel parlementaire, il apparaît souhaitable d’explorer les structures et les formes de la culture politique ayant trait à la capitale et sa représentation. Dans ce dessein, on se propose ici d’étudier les campagnes et les discours politiques des députés parisiens. Compte tenu de son ampleur et en l’état actuel de la recherche, ce sujet ne peut être traité exhaustivement, mais un certain nombre de jalons, de données et d’exemples permettent de l’éclairer partiellement. Les campagnes législatives se déroulent le plus souvent, à l’exception des scrutins de 1871, 1885, 1919 et 1924, au scrutin d’arrondissement, le plus caractéristique du point de vue de l’implantation et de la propagande des parlementaires. Ceux-ci, certes, ne sont pas uniquement des députés. Mais outre le fait que très minoritaires sont les sénateurs parisiens qui n’ont pas également siégé à la Chambre1, les campagnes sénatoriales recueillent moins d’écho et concernent l’ensemble du département de la Seine, alors que la différence, malgré certaines préoccupations communes, est assez marquée entre Paris et la banlieue lors du renouvellement des députés. C’est donc par rapport au cadre parisien que l’on présentera successivement les données structurelles concernant les députés parisiens dans leur espace politique, puis les formes de l’expression lors des campagnes électorales et enfin, plus globalement, les rapports entre permanences et évolutions dans le Paris des députés.

    La capitale, ses circonscriptions et ses comités

    2Au titre des données initiales, il convient tout d’abord de rappeler que les campagnes et les discours électoraux des députés parisiens s’inscrivent à la fois dans une conjoncture nationale et dans l’espace-temps, si l’on peut dire, de la capitale. Entre ces dimensions existent avant, pendant et après la Troisième République des relations complexes, reposant notamment sur un jeu d’influences et de rivalités qui place à la fois Paris en situation de supériorité, compte tenu des multiples fonctions et pouvoirs concentrés dans la capitale, et d’infériorité, eu égard au poids démographique et électoral de « la province ». Dans ces conditions, Paris reflète – et réfracte – un certain nombre des caractères généraux des joutes politiques, qui se déroulent sur la « scène capitale », pour reprendre l’expression utilisée par Ivan Combeau dans sa récente étude des scrutins municipaux2. Par rapport aux départements provinciaux, Paris apparaît longtemps – avec bien des simplifications – comme la ville des révolutions ou des crises politiques, souvent3 en décalage avec le reste du pays, qu’il s’agisse, en des sens différents, de la Commune, de la crise boulangiste, de la fin de l’Affaire Dreyfus (entre 1900 et 1904), voire – mais cela concerne moins notre sujet – au 6 février 1934. C’est donc par rapport à un héritage historique qui connaît des prolongements et des discontinuités et dans une atmosphère souvent effervescente – même s’il existe des « scrutins d’apaisement » dans la capitale comme dans le pays – que se déroulent les campagnes des futurs députés et de leurs adversaires.

    3Il n’en reste pas moins que Paris constitue peut-être surtout, pour qui veut étudier les conditions concrètes des joutes électorales, un espace partagé et découpé, à l’instar des départements si l’on veut, et même au sein d’un département, dont il offre la particularité de représenter la plus grande part, puisque, phénomène unique en France, la grande majorité des circonscriptions de la Seine correspond aux vingt arrondissements de sa ville principale, même si l’accroissement démographique des communes de banlieue entraîne au fil des décennies une légère augmentation des circonscriptions des arrondissements de Sceaux et Saint-Denis.

    4Sauf lors des deux célèbres scrutins partiels de 1873 et 18894 et dans le cas des élections au scrutin de liste – qui ont d’ailleurs lieu dans de vastes circonscriptions regroupant plusieurs arrondissements en 1919 et 1924 – les futurs députés s’insèrent dans le cadre de circonscriptions parisiennes, dont l’originalité tient à leur rapport aux quartiers de la capitale, unité de base pour les élections municipales et, dans une certaine mesure, pour les divers aspects de la vie de la capitale. Les rapports structurels entre quartier, circonscription et arrondissement, doivent être présentés.

    5Globalement – on ne peut entrer ici dans les détails5 – une circonscription législative correspond :

    • à un arrondissement, dans les trois premiers arrondissements, puis quelques autres, en fonction de l’évolution de leur population.

    • à une fraction d’arrondissement, environ la moitié ou le tiers, selon l’importance de la population.

    6L’unité de base est en fait le quartier, parfois circonscription entière, pour les plus peuplés6, et qui n’est qu’assez rarement divisé sous la Troisième République7. Or les quatre-vingts quartiers de Paris sont historiquement plus anciens que les arrondissements, d’autant que ces derniers ont été remaniés en 1860. Louis Giard souligne d’ailleurs qu’alors qu’ils sont parfois socialement hétérogènes – il cite l’exemple du XVIIe – les quartiers sont homogènes, de ce point de vue (ce qui peut être nuancé) et constituent des « entités bien vivantes » quoiqu’ils n’aient « aucune autonomie administrative »8. Il existe un rapport spatial entre le cadre municipal et le cadre législatif, ce que reflètent, nous le verrons, un certain nombre de proclamations électorales. Néanmoins, la circonscription est l’horizon de référence, lié à l’arrondissement, des campagnes législatives, et au-delà, le mandat de député implique que l’on témoigne de préoccupations nationales.

    7Quelles que soient leurs origines, leurs orientations et leurs ambitions politiques, les futurs députés ont dû s’implanter et si possible se maintenir dans ces circonscriptions parisiennes. Pour ce faire, ils doivent utiliser un certain nombre d’infrastructures, de méthodes et de lieux politiques.

    8À la base ou à l’appui de nombreuses candidatures se trouvent, outre des groupes de pression9 ou certains groupements d’originaires provinciaux10, des comités dont, en l’état actuel de la recherche, mais aussi compte tenu des sources disponibles, on connaît rarement le fonctionnement précis dans la capitale, en matière électorale. Certains de ces comités sont d’ailleurs vraisemblablement en partie factices. En outre, il existe aussi des assemblées d’électeurs convoquées dans des conditions peu claires, ou à l’appel de comités qui n’apparaissent pas au premier plan, pour acclamer, selon un terme fréquemment utilisé, ou repousser la candidature de tel ou tel postulant à la députation.

    9En tout cas, la plupart des députés élus se réclament, plus ou moins explicitement, de comités ou d’organisations politiques localement définis ou dénommés, dont l’appellation figure au début ou à la fin de leur proclamation électorale. Parfois, il s’agit de formations politiques nationales, ligues ou plus souvent partis, ou bien de structures politiques moins contraignantes, comme le Comité d’action pour les réformes républicaines, dont se réclame Édouard Lockroy en 189811. Il arrive aussi que l’intitulé mis en avant aille au-delà des limites de la circonscription : en 1914, le nationaliste Henri Galli, qui se présente dans la deuxième circonscription du IVe arrondissement, est patronné par une Fédération des comités républicains, démocratiques et patriotes du IVe arrondissement12. Mais bien souvent, les comités – dont la composition, lorsqu’elle figure sur les documents électoraux, peut donner lieu à des approches sociologiques intéressantes13 — sont spécifiques, ou regroupent des comités de quartiers déjà en place pour les scrutins municipaux et sur lesquels se sont appuyés des membres de l’assemblée parisienne aspirant à la députation. Certains comités sont même très personnalisés, puisque, d’après l’usage et non sur les documents électoraux, ils portent le nom de l’élu : par exemple, Clemenceau en 188114, les socialistes Emmanuel Chauvière15, Clovis Hugues ou Arthur Rozier16, le nationaliste Paulin Méry17 ou le républicain-socialiste Raoul Brandon, qui, relevant de la filière de la Ligue de la République fondée par Paul Painlevé18, pousse très loin le sens de l’organisation19.

    10D’un point de vue politique, il est d’usage d’assurer que les députés de droite, voire du centre, s’appuient peu sur des comités structurés. Dans le cadre parisien, c’est assez vrai pour les conservateurs traditionnels, notamment dans les circonscriptions de l’Ouest parisien, mais non pour les nationalistes, dont les comités, certes d’activité inégale, sont nombreux même en laissant de côté le cas signalé plus haut20. Les modérés sont souvent épaulés par des comités, mais leur subordination à leur égard semble limitée. C’est plutôt à gauche, et particulièrement à l’extrême gauche, que les contraintes, comme en termes de programme, se font sentir : mais il s’agit davantage de sections ou de cellules de partis, lorsque ceux-ci s’organisent véritablement.

    11Une fois l’appui du comité ou de la structure politique adéquate obtenu, les fonds réunis – dans des conditions alors non contrôlées21 – et les agents électoraux22 recrutés, les campagnes se déroulent avec une intensité variable. Les réunions publiques, notamment sous des préaux d’écoles, sont surtout pratiquées dans les quartiers populaires, mais les salles servant à des réunions publiques ou privées sont nombreuses à Paris. Quelques-unes de ces réunions s’adressent à un public sociologiquement bien défini23, mais ce n’est pas le cas le plus fréquent. Par ailleurs, tapage et tumulte ne sont pas rares, par exemple lors de la crise boulangiste ou au début du siècle24, mais aussi en fonction d’un contexte local ou de la personnalité des candidats25. En tout cas, l’abondance fréquente de l’affichage26 et la diversité d’une presse qui, même lorsqu’elle n’est pas principalement politique, est riche en chroniques électorales, contribuent à amplifier les possibilités d’expression des candidats parisiens à la députation.

    Dimensions de l’expression politique

    12Si l’on examine, de manière certes non exhaustive, les professions de foi des députés élus au scrutin d’arrondissement sous la Troisième République, on observe plusieurs caractéristiques.

    13Tout d’abord, la part des considérations nationales, relatives à la conjoncture du moment ou à des préoccupations plus générales, est très nettement prépondérante. Ce phénomène, logique puisqu’il s’agit d’un mandat national, est sans doute plus marqué qu’en province. Assez rares sont les proclamations électorales qui abordent en détail les problèmes de la circonscription, de l’arrondissement ou de la capitale. Il est vrai que les scrutins municipaux sont l’occasion pour les candidats parisiens de se prononcer à ce sujet. Il est d’ailleurs significatif que les députés de la Seine qui font une place à ces questions soient souvent des conseillers municipaux en quête de leur premier mandat, comme le républicain socialiste Charles Gras en 189827 ou les nationalistes Auffray en 190228 et Poirier de Narçay en 1914. Le comité républicain socialiste national de ce dernier écrit :

    « Nul mieux qu’un ancien conseiller municipal ne peut soutenir, défendre et faire triompher les intérêts de Paris.
    Pendant les quatorze ans passés à l’Hôtel de ville, le citoyen Poirier de Narçay a étudié tous les rouages administratifs ; il connaît les désirs du commerce, de l’industrie, ceux des travailleurs pour lesquels il a livré de rudes combats au Conseil municipal ; le comité de l’alimentation parisienne invite les commerçants à voter pour lui. Il connaît les intérêts du Petit-Montrouge et de la Santé.
    Vous savez quelle a été son œuvre à l’hôtel de ville ; vous savez avec quel esprit de suite, il a amélioré le quartier qu’il représente. »29.

    14D’autre part, des parlementaires sortants continuent à suivre les dossiers de leur quartier d’élection : ainsi, le radical Louis Puech, ancien conseiller du quartier de Sainte-Avoye, dans le IIIe arrondissement ou le conservateur Joseph Denais, assez éphémère conseiller municipal des Batignolles, dans le XVIIe30.

    15Au-delà des variations locales, le discours est assez convenu. Il est parfois jugé utile d’apporter une note personnelle au sujet de l’attachement du futur élu au quartier ou à la capitale31. Citons par exemple le propos du comité républicain progressiste d’Alexis Muzet, conseiller municipal du Palais-Royal, qui bat l’ancien président du Conseil René Goblet en 1898 :

    « Enfant de Paris, vivant au milieu de vous, conseiller cinq fois élu dans notre arrondissement dont il connaît les besoins et a constamment défendu les intérêts, le citoyen Muzet donne, depuis quatorze ans, à l’Hôtel de Ville, par une longue pratique de l’Administration et des affaires, la mesure de ses réelles capacités reconnues hautement par tous. »32.

    16En 1906, dans la première circonscription du XVe arrondissement, le comité radical socialiste vante ainsi les mérites de Paul Chautard, vice-président de la commission exécutive du parti radical et président du conseil municipal :

    « Enfant du XVe arrondissement, qu’il n’a jamais quitté, ancien adjoint au maire, conseiller municipal du quartier Necker, la valeur et l’importance de ses travaux l’ont bientôt classé hors de pair à l’Hôtel de Ville, où il a conquis, en peu d’années, la première place. »33.

    17D’un point de vue plus directement politique, certains députés, en général de gauche ou d’extrême gauche, ont fait valoir leur passé personnel – Edouard Vaillant, dans le XXe arrondissement, mentionne au bas de ses affiches et proclamations sa qualité d’« ancien membre de la Commune »34 – ou rendu hommage au passé de leur espace électoral – les trois députés du XIe arrondissement, en 1889, exaltent le « Faubourg » [Saint-Antoine], « l’un des principaux centres et plus ardents foyers de la vie républicaine »35 – ou de leur circonscription, comme le font le comité du socialiste Jean-Baptiste Dumay, également en 18 8 936, le radical Mesureur et le comité du républicain socialiste Chassaing, ces derniers en 18 9 837.

    18En relation avec les références évoquées ci-dessus, il apparaît que les députés de la Seine, lorsqu’ils se penchent sur la situation de la capitale, abordent surtout les questions économiques – avec une insistance particulière sur le sort des « petits », à quelque courant qu’ils se rattachent, et notamment des commerçants, qui sont sans doute les mieux organisés en groupe de pression. Il leur arrive aussi d’aborder les questions des transports, notamment dans les arrondissements « périphériques », et du logement, mais ces considérations sont parfois englobées dans des formules plus larges ou présentées de manière assez allusive. Les proclamations électorales qui mettent en avant un programme – ce n’est pas toujours le cas – distinguent d’ailleurs plutôt entre une partie politique et une partie économique (ou sociale) et il est rare – avant le scrutin de 1936, dont il sera question par la suite – que les questions d’affaires soient mises à part et présentées à la fois de manière étoffée et sans localisme exacerbé. On peut néanmoins mentionner deux programmes datant de 1906.

    19Dans la deuxième circonscription du XIIIe arrondissement, le comité radical-socialiste de Ferdinand Buisson met en avant des thèmes parfois mentionnés, tel « Paris port de mer », il énumère un certain nombre de revendications relevant de l’élargissement des droits de Paris, notamment dans le domaine des services publics38, du budget et prône la suppression des octrois et celle de la zone militaire de Paris39. L’un des programmes parisiens les plus intéressants mais aussi les plus atypiques, d’un certain point de vue, parmi les professions de foi recueillies dans le Barodet, est sans doute celui du comité d’Arthur Rozier, dans la deuxième circonscription du XIXe arrondissement. Il mentionne tout d’abord les multiples desiderata concernant les transports et les services publics dans cette circonscription excentrée40, mais va plus loin en assurant que Rozier « s’engage à provoquer la création d’un groupe permanent des élus de la Seine (...) pour assurer la défense de la capitale contre l’État »41, qui persiste à refuser l’autonomie de la capitale et défavoriserait Paris en matière fiscale et en termes de réformes. Il s’agit là, pour une part, de revendications très présentes dans les discussions municipales42, mais qui n’ont jamais pu trouver de traduction à l’échelle de la Chambre, et a fortiori du gouvernement.

    20Ainsi les proclamations électorales sont-elles, dans leur ensemble, assez peu parisiennes et les députés de la capitale ne constituent-ils nullement une composante spécifique de l’assemblée à laquelle ils appartiennent. Néanmoins, ce n’est pas uniquement d’après les déclarations des uns et des autres que l’on peut situer par rapport à leurs électeurs et à la capitale les députés des circonscriptions parisiennes.

    Au fil des décennies

    21À la lumière de ce qui précède, il est aisé de constater que les permanences, en matière de campagnes et de discours électoraux, sont très importantes. La stabilité globale des espaces politiques donne finalement assez peu de marge d’initiative aux futurs élus. Ceux qui s’implantent durablement conservent le même type de comportement, dans leur fief parisien. Il est d’ailleurs probable que les attentes des électeurs de la capitale à l’égard de leurs députés ont assez peu varié, durant les quelque soixante-dix ans de la Troisième République, même si la première décennie constitue une période de transition et si les réalisations, en matière d’infrastructures, n’ont pas été négligeables pendant la période. Comme en province, ils souhaitent que les députés s’expriment en leur faveur – sans doute moins à la tribune que lors des discussions ayant un rapport avec les conditions de vie dans la capitale – et agissent auprès des autorités compétentes pour défendre leurs intérêts. C’est ce qui explique, vraisemblablement que nombre des députés – 110, en comptant les anciens membres de la Commune – aient fait leurs premières armes en tant que conseillers municipaux, ce qui leur permet de bien connaître les préoccupations concrètes des Parisiens, mais ne leur garantit évidemment pas l’élection en tant que député43 et ne confère pas à chacun d’entre eux un renom particulier.

    22Pour autant, on ne saurait dire qu’en termes de rapports entre élus et espaces politiques, les constantes l’emportent absolument. En effet, la conjoncture et les discours politiques – surtout dans leur partie générale – évoluent, ainsi que la représentation de la capitale. Le rôle de Paris est peut-être allé décroissant, sous la Troisième République, dans la mesure où l’image révolutionnaire de la ville s’estompe et s’inverse même à l’échelle du conseil municipal, compte tenu, pour une part, du mode de scrutin en vigueur. De manière générale, l’enracinement de la République et la réitération, à chaque scrutin législatif, de l’effet des votes provinciaux, tendent peut-être à ôter au discours « parisien », d’ailleurs morcelé, de son influence. Néanmoins, la ville aussi s’est transformée et les thèmes évoqués, même s’ils se rapportent en général aux mêmes problèmes – dont certains ne sont pas résolus, loin s’en faut, par exemple dans le domaine du logement – se sont modernisés.

    23Surtout, les élections législatives d’avril-mai 1936 font apparaître des changements, liés notamment à la poussée communiste dans les arrondissements populaires de la capitale. Bien plus qu’à la fin du XIXe siècle, où les programmes d’avant-garde étaient mis en avant par des organisations ou des comités socialistes concurrents, les textes électoraux de 193644 témoignent à la fois d’une volonté d’union et, dans le cas du Parti communiste, d’une forte discipline et de relations moins crispées qu’auparavant avec les traditions révolutionnaires de la capitale. Il est vrai que le Parti communiste a mené dans la capitale une campagne réservant une très large place aux références et surtout aux revendications locales. Son programme national contient un long texte très lyrique, mettant particulièrement l’accent sur les révolutions de 1789 à 1871 pour magnifier Paris ; intitulé « Programme de la Région-Ville »45, il est repris par ses candidats. Beaucoup de futurs députés communistes présentent de plus des programmes locaux mis en avant par les rayons des arrondissements, et dans ce cas très détaillés. Ils sont destinés à montrer que le Parti communiste se soucie particulièrement de la lutte contre l’insalubrité, des effets de la crise et de l’amélioration de l’habitat et de la vie quotidienne. Certaines formules font écho à l’histoire des arrondissements, dans un esprit différent de celui des parlementaires cités plus haut, mais également pour accroître l’ancrage local des proclamations électorales. Ainsi, dans le IIIe arrondissement, le comité du rayon écrit-il, avant de présenter son candidat, André Mercier :

    24« Notre troisième arrondissement a un beau passé toujours vivant dans les cœurs et dans la pierre.

    25Dans ses monuments et ses glorieuses vieilles maisons, dans sa courageuse population formée d’artisans, de petits commerçants, d’employés, d’ouvriers, vivent toujours les nobles traditions populaires de luttes pour la liberté, qui animèrent sa population de jadis, celle qui écrivit l’histoire de notre pays avec son sang.

    26Dans ce cadre hanté par le souvenir de nos grands ancêtres qui luttèrent au Moyen Âge, pendant la grande révolution, en 1848, pendant la Commune, nous sommes heureux, nous les communistes, dont le parti, héritier des Jacobins, porte la pure flamme du progrès humain et social, la flamme révolutionnaire, de présenter aux suffrages de la population de notre arrondissement, un candidat digne d’elle et de son passé. »46.

    27Non loin de là, dans la troisième circonscription du XIe arrondissement – en bordure du XXe – le onzième rayon, à moins qu’il ne s’agisse du candidat lui-même, a fait insérer un passage historique pour mieux soutenir Georges Cogniot :

    « C’est dans un des quartiers les plus glorieux de Paris – dans le quartier où se trouve la maison du docteur Belhomme, le grand ami de Robespierre, et où se sont dressées les dernières barricades de la Commune sans laquelle il n’y aurait pas eu de Troisième République en France – que l’élite de la population parisienne, le peuple qui, de la Nation à la République, a toujours lutté pour les plus justes causes, est livré, par les ennemis de la tradition française de progrès et d’émancipation, à la misère, au dépérissement, à la détresse la plus cruelle. »47.

    28Dans le même temps, malgré la majorité obtenue par les candidats du Front populaire dans la capitale elle-même (23 députés contre 1648), la vague de 1936 concerne plus encore la banlieue, où sont élus Charles Tillon, Étienne Fajon, Paul Vaillant-Couturier, Maurice Thorez et Jacques Duclos, après son échec de 1932 face à Marcel Déat – lui-même battu par le communiste Adrien Langumier en 193649.

    29Restent les députés, en tant que personnalités politiques. Peut-être y a-t-il aussi, les concernant, une évolution. D’un point de vue sociologique, elle est surtout visible en 1936, avec le succès de 15 ouvriers et employés modestes (il n’y en avait que 4 en 1914)50. Mais il s’agit somme toute, à l’échelle de la période, d’une élection isolée. On constate par ailleurs que la place des personnalités nationales présentes au sein de la capitale, en relation avec certaines circonscriptions et arrondissements, tend à décroître. Dans les années 1870, voire un peu au-delà, on peut citer Louis Blanc51 et Gambetta, ainsi que Clemenceau. De nombreux ministres importants, voire présidents du Conseil, ont été des députés parisiens : ainsi Goblet, Tirard, Floquet, Brisson, Lockroy, Millerand. À gauche, on peut aussi signaler la longévité électorale de Marcel Sembat. Maurice Barrés finit par représenter le Ier arrondissement. Pendant l’Entre-deux-guerres, Blum, élu au scrutin de liste, est battu (par Jacques Duclos) en 1928 ; à la fin des années 30, il n’est guère que Paul Reynaud qui soit une personnalité de premier plan52. Après avoir été député des Basses-Alpes et subi un échec en compagnie d’Henri de Kerillis lors d’un scrutin partiel en mars 1926, à la suite d’une campagne mouvementée53, il n’est d’ailleurs élu qu’en 1928, et réélu d’extrême justesse en 1936 dans le IIe arrondissement, contre le candidat communiste Delon54.

    30Ainsi, l’image des campagnes électorales renvoie-t-elle plutôt à des élus de quartier ou à des figures secondaires de la vie parlementaire, même si la guerre et la fin tragique de certains députés leur confèrent ensuite une certaine notoriété : c’est le cas pour Charles Michels, dans le XVe arrondissement55.

    31De fait, peut-être est-ce sur la longue durée qu’il conviendrait d’apprécier, dans leur ensemble, l’organisation des campagnes et la nature des discours des députés parisiens. La Troisième République leur a permis, surtout à partir de la fin des années 1870, de s’exprimer en toute liberté, et parfois avec une vigueur qu’amplifiaient leurs comités. En revanche, l’absence persistante d’une représentation unifiée de la capitale, à l’échelle municipale, a sans doute eu des répercussions sur le comportement des députés parisiens, élus dans des circonscriptions en grande partie modelées sur les quartiers de la capitale, quand elles ne leur correspondaient pas complètement. Il est vrai que les députés détenaient un mandat national. Mais de ce point de vue, en dehors de quelques figures originales, leurs proclamations n’offrent pas de caractère très marqué, par rapport à celles des élus provinciaux, même si les développements politiques et économiques généraux sont parfois assez élaborés. Sans doute n’était-il – ou n’est-il – pas si facile d’être, avec quelque brio, un député parisien.

    Notes de bas de page

    1 Parmi eux, on compte néanmoins des personnalités importantes, comme Charles de Freycinet, sénateur de la Seine de 1876 à 1920, ou influentes, comme Alfred Mascuraud, de 1905 à 1926.

    2 Voir Ivan Combeau, Paris et les élections municipales sous la Troisième République – La scène capitale dans la vie politique française, Paris, L’Harmattan, 1998, 457 p.

    3 Mais pas toujours : ainsi, durant la crise ouverte le 16 mai et close en octobre 1877.

    4 Qui entraînèrent respectivement les élections de Barodet (voir Jean-Claude Wartelle, « L’élection Barodet », Revue d’histoire moderne et contemporaine, octobre-décembre 1980, p. 601-630), et du général Boulanger – il s’agit sans doute d’un des scrutins parisiens les plus connus – alors que le scrutin de liste était encore en vigueur.

    5 Voir les cartes précises de l’ouvrage de Patrick Chamouard et Georges Weill, Députés et sénateurs de la région parisienne, Nanterre, Archives départementales des Hauts-de-Seine, 1985, p. 378-389 (de 1881 à 1936).

    6 La Folie-Méricourt, dans le XIe arrondissement, les Grandes-Carrières et Clignancourt, dans le XVIIIe, à partir de 1889 ; puis Batignolles et Épinettes, dans le XVIIe, et enfin Plaisance, dans le XIVe, à compter de 1928.

    7 Trois des quatre quartiers du XIe arrondissement sont divisés en diagonale en 1889 ; d’autres divisions s’observent par la suite, dans les VIIe et XVe arrondissements.

    8 Louis Giard, Les élections à Paris sous la Troisième République, thèse de troisième cycle, Dakar, 1966, t. 1, p. 28-29.

    9 Voir l’étude de Gilles Le Béguec dans le présent volume.

    10 Du même auteur, voir « Sociétés d’originaires et vie politique », Limousins de Paris, Limoges, Pulim, 1989, p. 15-39 ; voir également la thèse d’Évelyne Crison, Les groupements d’originaires de la Corrèze à Paris sous la Troisième République, sous la direction de Gilles Le Béguec, Université de Nancy II, 1996 et le mémoire de maîtrise de Jérôme Pozzi, Les groupements d’originaires de Meurthe-et-Moselle et de Meuse à Paris pendant l’Entre-deux-guerres, sous la direction de François Roth, Université de Nancy II, 1998.

    11 Voir Barodet, 1898, p. 652 ; il est précisé « à Paris ».

    12 Voir ibid., 1914, p. l100.

    13 Non seulement dans les quartiers populaires, mais aussi dans des arrondissements aisés : voir par exemple in APP Ba 580 (élections législatives de 1877), les comités républicains des VIIIe et IXe (quartier Saint-Georges, principalement), qui comprennent de nombreux parlementaires.

    14 Voir Éva Boumendil, La vie politique de quartier dans le XVIIIe arrondissement 1881-1914, mémoire de maîtrise, sous la direction de Jean El Gammal et Ronald Hubscher, Université Paris X-Nanterre, 1992, p. 34-35.

    15 Voir notre article « Javel – Histoire politique d’un quartier de Paris sous la Troisième République », Recherches contemporaines, n° 1, 1993, p. 31-33.

    16 Sur ces deux personnalités, voir notre étude, « La vie politique 1881-1914 », in Jean-Marie Jenn (dir.), Le dix-neuvième arrondissement – une cité nouvelle, Paris, Délégation à l’action artistique de la ville de Paris, 1996, p. 157 et 160-161.

    17 Voir la notice de Bertrand Joly, dans son Dictionnaire biographique et géographique du nationalisme français (1880-1900), Paris, Honoré Champion, 1998, p. 312-316.

    18 Voir la thèse d’État de Gilles Le Béguec, L’Entrée au Palais-Bourbon, sous la direction de René Rémond, Université Paris X-Nanterre, 1989, p. 1066.

    19 Voir les documents contenus dans les cartons D3M2 13 et D3M2 15 (élections de 1928 et 1932) des Archives de Paris : un ouvrage et une brochure publiés sous son nom, respectivement p. XII-XV et 10-13. En 1928, le comité, présidé par Jean Perrin, aurait compté 1 600 membres, dont quatre vice-présidents dans chacun des deux quartiers (Sorbonne, Jardin des Plantes) de la seconde circonscription du Ve arrondissement. Son secrétaire général, Pierre Parot, occupait déjà cette fonction au temps d’André Lefèvre, de René Viviani et Paul Painlevé, et était assisté de six secrétaires généraux adjoints, de même que le trésorier général était flanqué de six trésoriers généraux adjoints. En 1932, le comité aurait rassemblé 3 200 adhérents ; l’inflation des titres se poursuivait avec huit vice-présidents par quartier, dix secrétaires généraux adjoints et autant de trésoriers généraux adjoints ; aux deux archivistes s’ajoutaient ceux de chaque section de vote. La commission exécutive était particulièrement pléthorique.

    20 Voir le dictionnaire cité de Bertrand Joly et son étude dans le présent ouvrage.

    21 Même si des listes de souscriptions électorales sont parfois publiées dans la presse : voir par exemple Archives de la Préfecture de Police, Ba 203, élections de 1902. Selon le journaliste et chroniqueur radical Jean-Bernard Passérieu, candidat malheureux à la députation en 1906 (il se désista en faveur de Jean Allemane), « vous n’avez pas idée du prix d’une élection à Paris, quand on a à lutter contre un de ces candidats que soutiennent les ligues richissimes alimentées par les grandes dames millionnaires » (La Vie de Paris, 1906, Paris, Lemerre, 1907, p. 189).

    22 À propos desquels on manque de données d’ensemble.

    23 Ainsi, Alexandre Millerand réunit-il en avril 1910 les ouvriers et employés du P. L. M, avenue Daumesnil, pour leur vanter son bilan les concernant : voir La Petite République, 23 avril 1910, « Les élections législatives », in APP Ba 238.

    24 Il peut s’agir aussi de manifestations consécutives à la proclamation des résultats : pour le même scrutin, au sujet des nationalistes, voir Pierre Birnbaum, « Paris leur appartient : la mobilisation électorale nationaliste en 1902 », La France aux Français – Histoire des haines nationalistes, Paris, Seuil, 1993, p. 221-237.

    25 Voir par exemple dans notre ouvrage Les Hauts quartiers de l’Est parisien d’un siècle à l’autre, Paris, Publisud, 1998, p. 75-78, l’analyse de la campagne mouvementée qui oppose, en 1932, Marcel Déat à Jacques Duclos dans la deuxième circonscription du XXe arrondissement.

    26 Plus présent encore dans les quartiers populaires, semble-t-il : voir par exemple Le Matin, 26 avril 1914, « Une journée de vote à Paris », in Archives de la Seine D3M2 8.

    27 Voir Barodet, 1898, p. 637 (deuxième circonscription du Ve arrondissement).

    28 Voir ibid., 1902, p. 760 (première circonscription du Ve arrondissement).

    29 Ibid., 1914, p. 1040 (voir aussi p. 1042, 1047 et 1049, notamment, les précisions apportées par Poirier de Narcay lui-même, conseiller municipal du quartier du Petit-Montrouge).

    30 Voir ibid., 1914, p. 1055 et 1928, p. 1328.

    31 A contrario, mais le thème est rarement mis en avant de manière explicite, du moins dans les professions de foi, des critiques sont parfois adressées à des députés ne résidant pas dans leur circonscription : en 1906, le comité du socialiste André Dubois, professeur de chaudronnerie à l’École Diderot, s’en prend ainsi aux deux sortants de l’arrondissement, Clovis Hugues et Charles Bos, qui ne se représentaient pas : « Vous leur avez fait crédit pendant plusieurs années ; vous pensiez peut-être qu’ils finiraient par s’identifier à vous, mais comment auraient-ils pu le faire puisqu’ils n’ont jamais habité votre arrondissement ? Un demeurait à Montmartre, l’autre boulevard Haussmann ; ils consentaient bien à venir jusqu’à vous pour solliciter un mandat de député, mais non jusqu’à y demeurer de façon permanente » (ibid., 1906, p. 892). Il reste que bien des députés ne résidaient pas dans leur circonscription, et que l’élu ne représenta la première circonscription du XIXe arrondissement que l’espace d’un seul mandat.

    32 Ibid., 1898, p. 626.

    33 Ibid., 1906, p. 873.

    34 Voir par exemple ibid. 1893, p. 903. En 1885, Zéphirin Camélinat faisait aussi état de cet engagement : voir ibid., 1885, p. 449.

    35 Proclamation électorale de Charles Floquet, ibid. 1889, p. 791, reprise par Edouard Lockroy et Henri Mathé.

    36 Ils dénoncent Rochefort aux électeurs de la « montagne ouvrière (...) citoyens de Belleville et de Fargeau » : ibid., p. 837 ; sur le contexte électoral dans le XXe arrondissement, voir notre ouvrage, Politique et poids du passé dans la France fin de siècle, Limoges, PULIM, 1998, p. 385-386.

    37 Voir Barodet, 1898, p. 627 (il évoque les « sentiments manifestés depuis plus d’un quart de siècle par la population si fermement républicaine du IIe arrondissement ») et p. 633 (« Vous voudrez que notre IVe arrondissement, berceau de Paris, centre de tant de faits glorieux de notre histoire nationale, soit aujourd’hui, au moment du péril, le défenseur de la République »).

    38 Il est à noter que Paul Brousse, élu la même aimée dans la troisième circonscription du XVIIe arrondissement, n’a fait figurer aucune proclamation dans le Barodet, se contentant, comme deux autres députés parisiens, Groussier et Chauvière, d’adhérer au programme du Parti socialiste.

    39 Barodet, 1906, p. 868.

    40 Un partisan d’André Dubois, sous le titre, « La besogne », dénonce aussi la misère dans l’arrondissement : voir ibid., p. 892.

    41 Voir ibid., p. 896.

    42 Voir Ivan Combeau, op. cit. et, dans le présent volume, l’étude du même auteur sur le « choix » effectué.

    43 Par exemple, le fameux conseiller municipal du Combat, premier président nationaliste du conseil municipal, Armand Grébauval, n’est pas arrivé à se faire élire député du XIXe arrondissement : voir notre étude dans Le XIXe arrondissement..., op. cit., p. 160.

    44 Pour lesquels on ne dispose curieusement pas d’étude détaillée à l’échelle de la capitale : le livre de Georges Dupeux, Le Front populaire et les élections de 1936, Paris, Colin, 1959, 183 p. étant assez général, on peut se reporter à la revue de presse et aux extraits fournis par Louis Bodin et Jean Touchard in Front populaire : 1936, Paris, Colin, 1972, p. 39-57 : voir notamment, p. 47, l’extrait de la proclamation du jeune Frédéric Dupont – déjà passé par de nombreuses filières politiques : voir la thèse citée de Gilles Le Béguec, p. 486-490 et le mémoire de Jérôme Pozzi – (« La circonscription qui garde le dôme des Invalides se doit de ne pas désespérer »– Barodet, 1936, p. 1337) et p. 52-53 l’article de Lucien Rebatet à propos de la campagne – à laquelle le polémiste associe le slogan « Tous petits bourgeois »– d’André Marty dans le XIIIe arrondissement (« Préaux d’écoles. Choses vues », Candide, 19 avril 1936) ; voir aussi le programme local de Marty, « Moins de misère ! Plus de bonheur ! » in Barodet, 1936, p. 1366-1369.

    45 Voir Barodet, 1936, p. 31-36.

    46 Ibid., p. 1302.

    47 Ibid., p. 1357. Le programme ajoute : « Il faut sauver le XIe arrondissement ! ».

    48 Voir Louis Giard, op. cit., t. 1, p. 159.

    49 Voir Les hauts quartiers.... op. cit., p. 80-81.

    50 Voir Louis Giard, op. cit., t. 1, p. 162.

    51 Dont le souvenir semble assez vivace dans le Ve arrondissement.

    52 À un autre niveau, on peut mentionner aussi les deux députés d’opinions en tout point opposées que sont André Marty, déjà évoqué, et Pierre Taittinger, « héritier de Maurice Barrès » dans le « cœur nationaliste de Paris », écrit Gilles Le Béguec (thèse citée, p. 1277). Pierre Taittinger est l’un des rares députés de droite à exalter historiquement l’arrondissement qu’il représente en 1936 : il le dépeint « à l’avant-garde des idées généreuses » et le « refuge du bon sens, de la sagesse et du travail » et ajoute notamment ces lignes à la fin de sa profession de foi : « Témoin des déchirements d’antan, ayant vu, sur la place de la Concorde, couler au moment de la Révolution le sang versé dans les luttes fratricides, ayant vécu les heures les plus ardentes de notre histoire, le centre de Paris, qui en est en même temps le cœur, donnera un bel exemple d’équilibre au reste de la France » : Barodet, 1936, p. 1296 et 1299.

    53 Voir Jean-Yves Boulic et Anne Lavaure, Henri de Kerillis – L’absolu patriote, Presses universitaires de Rennes, 1997, p. 75-83 (un étonnant meeting contradictoire avait mis en présence les deux candidats et plusieurs milliers de militants communistes salle Japy). Kerillis, organisateur du Centre de propagande des républicains nationaux, ne put jamais se faire élire dans la capitale – en partie à cause de dissensions à droite – mais l’emporta dans la circonscription de Neuilly en 1936.

    54 Voir le commentaire peu amène de L’Humanité du 4 mai 1936.

    55 Voir notre article, « Javel... », p. 37-40.

    Auteur

    • Jean El Gammal

      Professeur à l’Université Nancy II

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    Table des matières

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    1 Parmi eux, on compte néanmoins des personnalités importantes, comme Charles de Freycinet, sénateur de la Seine de 1876 à 1920, ou influentes, comme Alfred Mascuraud, de 1905 à 1926.

    2 Voir Ivan Combeau, Paris et les élections municipales sous la Troisième République – La scène capitale dans la vie politique française, Paris, L’Harmattan, 1998, 457 p.

    3 Mais pas toujours : ainsi, durant la crise ouverte le 16 mai et close en octobre 1877.

    4 Qui entraînèrent respectivement les élections de Barodet (voir Jean-Claude Wartelle, « L’élection Barodet », Revue d’histoire moderne et contemporaine, octobre-décembre 1980, p. 601-630), et du général Boulanger – il s’agit sans doute d’un des scrutins parisiens les plus connus – alors que le scrutin de liste était encore en vigueur.

    5 Voir les cartes précises de l’ouvrage de Patrick Chamouard et Georges Weill, Députés et sénateurs de la région parisienne, Nanterre, Archives départementales des Hauts-de-Seine, 1985, p. 378-389 (de 1881 à 1936).

    6 La Folie-Méricourt, dans le XIe arrondissement, les Grandes-Carrières et Clignancourt, dans le XVIIIe, à partir de 1889 ; puis Batignolles et Épinettes, dans le XVIIe, et enfin Plaisance, dans le XIVe, à compter de 1928.

    7 Trois des quatre quartiers du XIe arrondissement sont divisés en diagonale en 1889 ; d’autres divisions s’observent par la suite, dans les VIIe et XVe arrondissements.

    8 Louis Giard, Les élections à Paris sous la Troisième République, thèse de troisième cycle, Dakar, 1966, t. 1, p. 28-29.

    9 Voir l’étude de Gilles Le Béguec dans le présent volume.

    10 Du même auteur, voir « Sociétés d’originaires et vie politique », Limousins de Paris, Limoges, Pulim, 1989, p. 15-39 ; voir également la thèse d’Évelyne Crison, Les groupements d’originaires de la Corrèze à Paris sous la Troisième République, sous la direction de Gilles Le Béguec, Université de Nancy II, 1996 et le mémoire de maîtrise de Jérôme Pozzi, Les groupements d’originaires de Meurthe-et-Moselle et de Meuse à Paris pendant l’Entre-deux-guerres, sous la direction de François Roth, Université de Nancy II, 1998.

    11 Voir Barodet, 1898, p. 652 ; il est précisé « à Paris ».

    12 Voir ibid., 1914, p. l100.

    13 Non seulement dans les quartiers populaires, mais aussi dans des arrondissements aisés : voir par exemple in APP Ba 580 (élections législatives de 1877), les comités républicains des VIIIe et IXe (quartier Saint-Georges, principalement), qui comprennent de nombreux parlementaires.

    14 Voir Éva Boumendil, La vie politique de quartier dans le XVIIIe arrondissement 1881-1914, mémoire de maîtrise, sous la direction de Jean El Gammal et Ronald Hubscher, Université Paris X-Nanterre, 1992, p. 34-35.

    15 Voir notre article « Javel – Histoire politique d’un quartier de Paris sous la Troisième République », Recherches contemporaines, n° 1, 1993, p. 31-33.

    16 Sur ces deux personnalités, voir notre étude, « La vie politique 1881-1914 », in Jean-Marie Jenn (dir.), Le dix-neuvième arrondissement – une cité nouvelle, Paris, Délégation à l’action artistique de la ville de Paris, 1996, p. 157 et 160-161.

    17 Voir la notice de Bertrand Joly, dans son Dictionnaire biographique et géographique du nationalisme français (1880-1900), Paris, Honoré Champion, 1998, p. 312-316.

    18 Voir la thèse d’État de Gilles Le Béguec, L’Entrée au Palais-Bourbon, sous la direction de René Rémond, Université Paris X-Nanterre, 1989, p. 1066.

    19 Voir les documents contenus dans les cartons D3M2 13 et D3M2 15 (élections de 1928 et 1932) des Archives de Paris : un ouvrage et une brochure publiés sous son nom, respectivement p. XII-XV et 10-13. En 1928, le comité, présidé par Jean Perrin, aurait compté 1 600 membres, dont quatre vice-présidents dans chacun des deux quartiers (Sorbonne, Jardin des Plantes) de la seconde circonscription du Ve arrondissement. Son secrétaire général, Pierre Parot, occupait déjà cette fonction au temps d’André Lefèvre, de René Viviani et Paul Painlevé, et était assisté de six secrétaires généraux adjoints, de même que le trésorier général était flanqué de six trésoriers généraux adjoints. En 1932, le comité aurait rassemblé 3 200 adhérents ; l’inflation des titres se poursuivait avec huit vice-présidents par quartier, dix secrétaires généraux adjoints et autant de trésoriers généraux adjoints ; aux deux archivistes s’ajoutaient ceux de chaque section de vote. La commission exécutive était particulièrement pléthorique.

    20 Voir le dictionnaire cité de Bertrand Joly et son étude dans le présent ouvrage.

    21 Même si des listes de souscriptions électorales sont parfois publiées dans la presse : voir par exemple Archives de la Préfecture de Police, Ba 203, élections de 1902. Selon le journaliste et chroniqueur radical Jean-Bernard Passérieu, candidat malheureux à la députation en 1906 (il se désista en faveur de Jean Allemane), « vous n’avez pas idée du prix d’une élection à Paris, quand on a à lutter contre un de ces candidats que soutiennent les ligues richissimes alimentées par les grandes dames millionnaires » (La Vie de Paris, 1906, Paris, Lemerre, 1907, p. 189).

    22 À propos desquels on manque de données d’ensemble.

    23 Ainsi, Alexandre Millerand réunit-il en avril 1910 les ouvriers et employés du P. L. M, avenue Daumesnil, pour leur vanter son bilan les concernant : voir La Petite République, 23 avril 1910, « Les élections législatives », in APP Ba 238.

    24 Il peut s’agir aussi de manifestations consécutives à la proclamation des résultats : pour le même scrutin, au sujet des nationalistes, voir Pierre Birnbaum, « Paris leur appartient : la mobilisation électorale nationaliste en 1902 », La France aux Français – Histoire des haines nationalistes, Paris, Seuil, 1993, p. 221-237.

    25 Voir par exemple dans notre ouvrage Les Hauts quartiers de l’Est parisien d’un siècle à l’autre, Paris, Publisud, 1998, p. 75-78, l’analyse de la campagne mouvementée qui oppose, en 1932, Marcel Déat à Jacques Duclos dans la deuxième circonscription du XXe arrondissement.

    26 Plus présent encore dans les quartiers populaires, semble-t-il : voir par exemple Le Matin, 26 avril 1914, « Une journée de vote à Paris », in Archives de la Seine D3M2 8.

    27 Voir Barodet, 1898, p. 637 (deuxième circonscription du Ve arrondissement).

    28 Voir ibid., 1902, p. 760 (première circonscription du Ve arrondissement).

    29 Ibid., 1914, p. 1040 (voir aussi p. 1042, 1047 et 1049, notamment, les précisions apportées par Poirier de Narcay lui-même, conseiller municipal du quartier du Petit-Montrouge).

    30 Voir ibid., 1914, p. 1055 et 1928, p. 1328.

    31 A contrario, mais le thème est rarement mis en avant de manière explicite, du moins dans les professions de foi, des critiques sont parfois adressées à des députés ne résidant pas dans leur circonscription : en 1906, le comité du socialiste André Dubois, professeur de chaudronnerie à l’École Diderot, s’en prend ainsi aux deux sortants de l’arrondissement, Clovis Hugues et Charles Bos, qui ne se représentaient pas : « Vous leur avez fait crédit pendant plusieurs années ; vous pensiez peut-être qu’ils finiraient par s’identifier à vous, mais comment auraient-ils pu le faire puisqu’ils n’ont jamais habité votre arrondissement ? Un demeurait à Montmartre, l’autre boulevard Haussmann ; ils consentaient bien à venir jusqu’à vous pour solliciter un mandat de député, mais non jusqu’à y demeurer de façon permanente » (ibid., 1906, p. 892). Il reste que bien des députés ne résidaient pas dans leur circonscription, et que l’élu ne représenta la première circonscription du XIXe arrondissement que l’espace d’un seul mandat.

    32 Ibid., 1898, p. 626.

    33 Ibid., 1906, p. 873.

    34 Voir par exemple ibid. 1893, p. 903. En 1885, Zéphirin Camélinat faisait aussi état de cet engagement : voir ibid., 1885, p. 449.

    35 Proclamation électorale de Charles Floquet, ibid. 1889, p. 791, reprise par Edouard Lockroy et Henri Mathé.

    36 Ils dénoncent Rochefort aux électeurs de la « montagne ouvrière (...) citoyens de Belleville et de Fargeau » : ibid., p. 837 ; sur le contexte électoral dans le XXe arrondissement, voir notre ouvrage, Politique et poids du passé dans la France fin de siècle, Limoges, PULIM, 1998, p. 385-386.

    37 Voir Barodet, 1898, p. 627 (il évoque les « sentiments manifestés depuis plus d’un quart de siècle par la population si fermement républicaine du IIe arrondissement ») et p. 633 (« Vous voudrez que notre IVe arrondissement, berceau de Paris, centre de tant de faits glorieux de notre histoire nationale, soit aujourd’hui, au moment du péril, le défenseur de la République »).

    38 Il est à noter que Paul Brousse, élu la même aimée dans la troisième circonscription du XVIIe arrondissement, n’a fait figurer aucune proclamation dans le Barodet, se contentant, comme deux autres députés parisiens, Groussier et Chauvière, d’adhérer au programme du Parti socialiste.

    39 Barodet, 1906, p. 868.

    40 Un partisan d’André Dubois, sous le titre, « La besogne », dénonce aussi la misère dans l’arrondissement : voir ibid., p. 892.

    41 Voir ibid., p. 896.

    42 Voir Ivan Combeau, op. cit. et, dans le présent volume, l’étude du même auteur sur le « choix » effectué.

    43 Par exemple, le fameux conseiller municipal du Combat, premier président nationaliste du conseil municipal, Armand Grébauval, n’est pas arrivé à se faire élire député du XIXe arrondissement : voir notre étude dans Le XIXe arrondissement..., op. cit., p. 160.

    44 Pour lesquels on ne dispose curieusement pas d’étude détaillée à l’échelle de la capitale : le livre de Georges Dupeux, Le Front populaire et les élections de 1936, Paris, Colin, 1959, 183 p. étant assez général, on peut se reporter à la revue de presse et aux extraits fournis par Louis Bodin et Jean Touchard in Front populaire : 1936, Paris, Colin, 1972, p. 39-57 : voir notamment, p. 47, l’extrait de la proclamation du jeune Frédéric Dupont – déjà passé par de nombreuses filières politiques : voir la thèse citée de Gilles Le Béguec, p. 486-490 et le mémoire de Jérôme Pozzi – (« La circonscription qui garde le dôme des Invalides se doit de ne pas désespérer »– Barodet, 1936, p. 1337) et p. 52-53 l’article de Lucien Rebatet à propos de la campagne – à laquelle le polémiste associe le slogan « Tous petits bourgeois »– d’André Marty dans le XIIIe arrondissement (« Préaux d’écoles. Choses vues », Candide, 19 avril 1936) ; voir aussi le programme local de Marty, « Moins de misère ! Plus de bonheur ! » in Barodet, 1936, p. 1366-1369.

    45 Voir Barodet, 1936, p. 31-36.

    46 Ibid., p. 1302.

    47 Ibid., p. 1357. Le programme ajoute : « Il faut sauver le XIe arrondissement ! ».

    48 Voir Louis Giard, op. cit., t. 1, p. 159.

    49 Voir Les hauts quartiers.... op. cit., p. 80-81.

    50 Voir Louis Giard, op. cit., t. 1, p. 162.

    51 Dont le souvenir semble assez vivace dans le Ve arrondissement.

    52 À un autre niveau, on peut mentionner aussi les deux députés d’opinions en tout point opposées que sont André Marty, déjà évoqué, et Pierre Taittinger, « héritier de Maurice Barrès » dans le « cœur nationaliste de Paris », écrit Gilles Le Béguec (thèse citée, p. 1277). Pierre Taittinger est l’un des rares députés de droite à exalter historiquement l’arrondissement qu’il représente en 1936 : il le dépeint « à l’avant-garde des idées généreuses » et le « refuge du bon sens, de la sagesse et du travail » et ajoute notamment ces lignes à la fin de sa profession de foi : « Témoin des déchirements d’antan, ayant vu, sur la place de la Concorde, couler au moment de la Révolution le sang versé dans les luttes fratricides, ayant vécu les heures les plus ardentes de notre histoire, le centre de Paris, qui en est en même temps le cœur, donnera un bel exemple d’équilibre au reste de la France » : Barodet, 1936, p. 1296 et 1299.

    53 Voir Jean-Yves Boulic et Anne Lavaure, Henri de Kerillis – L’absolu patriote, Presses universitaires de Rennes, 1997, p. 75-83 (un étonnant meeting contradictoire avait mis en présence les deux candidats et plusieurs milliers de militants communistes salle Japy). Kerillis, organisateur du Centre de propagande des républicains nationaux, ne put jamais se faire élire dans la capitale – en partie à cause de dissensions à droite – mais l’emporta dans la circonscription de Neuilly en 1936.

    54 Voir le commentaire peu amène de L’Humanité du 4 mai 1936.

    55 Voir notre article, « Javel... », p. 37-40.

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    Ce livre est cité par

    • Conord, Fabien. (2016) Les élections sénatoriales en France. DOI: 10.4000/books.pur.45642
    • Le Comité de jurisconsultes des congrégations : la mobilisation du droit républicain au service de la cause religieuse (1880-1905). DOI: 10.70675/4ed4ed3dz4eb2z4a74z99e7z56f4d5900792
    • Les politiques sociales des entreprises : l’exemple du Sud-Est de la France sous la Troisième République et le régime de Vichy (1870-1944). DOI: 10.70675/b7df1d20z2ed0z4a2dz9d08z56255fb33be3
    • Mobilisations politiques et expertise électorale : la question de la « représentation proportionnelle ». Histoire sociale de la réforme électorale sous la Troisième République. DOI: 10.70675/93cc4cdfz8ccaz4a96zab4cz48fd6e93d2a5
    • La Première Guerre mondiale, l'artillerie et l'industrialisation de la guerre. DOI: 10.70675/ca7e34b3za219z47a0za9b5z2fd4ed0757d2
    • Élites locales, suffrage universel et politisation : l'exemple de la Corrèze, de la Monarchie de Juillet à la Troisième République. DOI: 10.70675/f5e59e01ze256z45b9zb4d1z1d7197ac600e
    • Scandales en terre d'asile : l'indignation et les étrangers en France (1933-1939). DOI: 10.70675/67b066f9zbd27z4a82zbf25zc44ebf3f4563
    • Le législateur et le marché vinicole sous la Troisième République. DOI: 10.70675/ea39ae26z5a1dz454fz9199zab3ca564d250
    • Pierre Quesnay (1895-1937) un expert financier, de la Normandie au monde. DOI: 10.70675/2bf1504cz0d77z4495z8663za25516c4cdf1

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    • Robespierre, le poids des mots, le choc de l’échafaud. L’image de Robespierre dans le discours politique de la Restauration à la fin du XIXe siècle. DOI: 10.70675/5087cdd7z85e0z4b57zbe18zd996ec8e3089
    • Mobilisations politiques et expertise électorale : la question de la « représentation proportionnelle ». Histoire sociale de la réforme électorale sous la Troisième République. DOI: 10.70675/93cc4cdfz8ccaz4a96zab4cz48fd6e93d2a5
    • le combisme dans la France du début du XXème siècle : pratiques de pouvoir, réceptions et dissensions. DOI: 10.70675/a34a65b9z5955z4e64za485z477932dcbc9e
    • Alexandre Ribot et la République modérée : formation et ascension d'un homme politique libéral (1858-1895). DOI: 10.70675/dbb7b9ddz4c41z4c26zb319z3c8a1860516e

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    El Gammal, Jean. « Campagnes et discours sous la Troisième République ». Les parlementaires de la Seine sous la Troisième République. Vol. 1, édité par Jean-Pierre Chaline et al., Éditions de la Sorbonne, 2001, https://doi.org/10.4000/books.psorbonne.60079.

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    Chaline, J.-P., Corbin, A., & Mayeur, J.-M. (éds.). (2001). Les parlementaires de la Seine sous la Troisième République. Vol. 1. Paris: Éditions de la Sorbonne. https://doi.org/10.4000/books.psorbonne.59969
    Chaline, Jean-Pierre, Alain Corbin, et Jean-Marie Mayeur, éd. Les parlementaires de la Seine sous la Troisième République. Vol. 1. Paris: Éditions de la Sorbonne, 2001. doi:10.4000/books.psorbonne.59969.
    Chaline, Jean-Pierre, et al., éditeurs. Les parlementaires de la Seine sous la Troisième République. Vol. 1. Éditions de la Sorbonne, 2001, https://doi.org/10.4000/books.psorbonne.59969.
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