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    Plan détaillé Texte intégral La République ou le Commerce : quelle image de la France aux colonies ? Comment figurer l’abstraction ? Les choix effectués autour de 1900 Les imaginaires coloniaux de la République L’entrée dans la modernité philatélique : les années 1920-1930 La Seconde Guerre mondiale : les colonies comme enjeux Les paradoxes des années 1950 Notes de bas de page Auteur

    La République et ses symboles

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    L’impossible « Marianne » : la politique philatélique coloniale française (1849-1962)

    Alain Chatriot

    p. 193-203

    Texte intégral La République ou le Commerce : quelle image de la France aux colonies ? Comment figurer l’abstraction ? Les choix effectués autour de 1900 Les imaginaires coloniaux de la République L’entrée dans la modernité philatélique : les années 1920-1930 La Seconde Guerre mondiale : les colonies comme enjeux Les paradoxes des années 1950 Notes de bas de page Auteur

    Texte intégral

    1Les symboles de l’exercice du pouvoir, de la manifestation de la souveraineté et de la puissance de l’État ont toujours beaucoup intéressé les historiens. Les spécialistes des périodes médiévale et moderne ont étudié les actes, les rites et les cérémonies liés souvent à la majesté royale. Les historiens contemporanéistes, à l’exception de l’œuvre pionnière de Maurice Agulhon1, ont pendant longtemps été moins attentifs à ces marques symboliques du pouvoir. Les travaux récents, sous l’influence de l’histoire culturelle, ont pourtant montré l’importance des mises en scène et en représentation de la puissance publique. Si les funérailles, les voyages officiels, les décorations et médailles sont maintenant assez bien étudiés, on peut noter que certains objets ont été oubliés des investigations scientifiques. Les timbres-poste en sont un exemple. Considérés comme n’ayant pas de véritable intérêt pour les spécialistes de sciences sociales, ils provoquaient au mieux l’amusement, au pire l’incompréhension ; associés aux collections enfantines ou à l’action la plus banale de l’expédition du courrier, ils n’intéressaient pas les scientifiques. Malgré le développement des analyses sémiotiques, cette image semblait rester en dehors du champ des enquêtes.

    2Il est vrai que son étude pose des problèmes dans différents registres : il s’agit d’éviter la surinterprétation de la seule image des timbres-poste, de réussir à accéder à des archives, imparfaitement conservées, comme les dossiers d’émissions au musée de la Poste à Paris, d’utiliser avec prudence la masse des sources imprimées, souvent liées aux pratiques philatélistes. Il faut surtout prendre en compte la triple dimension du timbre qui est toujours et dans le même temps une taxe du courrier, un discours de l’État, et un objet collectionné. À ces difficultés s’ajoutent le problème réel de l’utilisation de l’image et des droits y afférents. La Poste, le dessinateur et le graveur peuvent chacun à leur manière bloquer l’utilisation de ces images, ce qui contraint la plupart des travaux richement illustrés à être coédités avec la Poste2.

    3Bref, les études scientifiques sur le timbre-poste restent rares malgré des démarches pionnières3 et la richesse des approches comparatives4. Préparée dans le cadre de la publication du Dictionnaire critique de la République dirigé par Vincent Duclert et Christophe Prochasson, une première approche synthétique a été proposée sur les rapports entre la production philatélique française et la République5. On se propose de compléter ces premiers résultats en posant la question de la représentation de la République dans les colonies.

    4Le corpus est immédiatement d’une taille considérable et, outre la longue durée, la variation du périmètre de l’Empire français et de la production philatélique, il faut être attentif à des phénomènes de natures différentes. Il ne s’agit pas ici de relire l’histoire coloniale française au seul prisme des représentations et des imaginaires comme certains l’ont récemment proposé. Il s’agit plutôt de voir comment le problème général de la représentation de la République, qui se pose pour les timbres français, est décliné dans l’Empire. Pour la République française, se trouvent en effet exclues les figures incarnées du pouvoir. De plus, la France n’a pas d’armoiries nationales, même s’il y eut toutefois, à l’initiative de Vichy, une longue période d’émissions de blasons des provinces et des villes. Dans le cas français, le type des timbres ordinaires varie souvent et connaît des effets de retour entre quelques grandes constantes, dans une dialectique entre la figure politisée de la Marianne républicaine et celles, plus neutres, de la mythologie agraire. Ainsi, à côté de la prolongation, le plus longtemps possible, de l’habitude de représentation rurale de la France, c’est bien l’instabilité et l’incertitude de la figuration de la République qui ressortent et qui intéressent l’historien dans le temps long de la production philatélique française. Cette hésitation est en fait renforcée pour les différentes colonies ; loin d’être une simple « image ethnographique6 », les timbres-poste des colonies françaises aident à bien percevoir les apories de la représentation de la République.

    La République ou le Commerce : quelle image de la France aux colonies ?

    Comment figurer l’abstraction ?

    5Le premier timbre français émis en janvier 1849 arbore un profil de déesse antique, représentation allégorique de la République. La figure de Cérès, divinité agricole, est essentielle pour la philatélie française car elle constitue un recours régulier quand on cherche une nouvelle figure pour les timbres d’usage courant. Dès la création des timbres-poste, les principales colonies utilisent, dans la mesure de leurs stocks disponibles, les timbres de la métropole. Quelques colonies se démarquent en créant leurs propres vignettes7. Mais c’est à partir des années 1859-1865 que sont mis en service les premiers timbres véritablement destinés aux colonies, et servant indistinctement quel qu’en soit le lieu : les types « aigle impérial ». Dans la période troublée qui succède à la guerre de 1870-1871, les envois de timbres de la métropole vers les colonies subissent quelques retards inévitables. Faute de nouvelles valeurs devant remplacer les aigles impériaux on réutilise donc les planches existantes des timbres de l’Empire mais pour bien préciser qu’il s’agissait de timbres coloniaux, ceux-ci furent émis non dentelés (fig. 18). De 1872 à 1877 ne furent émis que des timbres au type « Cérès », toujours non dentelés (fig. 2). Puis de 1877 à 1880 furent émis les types « Sage », toujours non dentelés pour utiliser les timbres de la métropole.

    6Le type « Sage », du nom du graveur, a été créé à l’issue d’un concours ouvert à l’été 1875 qui stipulait explicitement que « ces figures ou ces têtes pourront être empruntées à la personnification de la France, du commerce, de l’industrie, de l’agriculture, de la loi, de la justice, des arts, etc., mais ne devront pas avoir de caractère politique9 ». Mais la comptabilité entre l’administration des Postes et le ministère de la Marine et des Colonies se fait difficilement, et ce dernier décide de lancer lui-même un concours, ouvert en novembre 1879, pour avoir ses propres vignettes. S’appuyant sur l’avis du comité des graveurs, le ministre opte pour le poinçon proposé par Alphée Dubois. La logique de différenciation avec la métropole est bien liée à un argument comptable comme l’indique un courrier administratif rappelant « la nécessité qui s’impose à nous de modifier immédiatement le type actuel du timbre-poste colonial, dont la confusion avec le timbre-poste métropolitain a pour effet de fausser inévitablement les recettes de nos deux départements10 ». Le type Alphée Dubois, parfois baptisé « Commerce », personnifie la puissance coloniale sous les traits d’une allégorie féminine portant le drapeau tricolore et entourée d’un bateau, d’une ancre et d’une corne d’abondance (fïg. 3) ; la mention « République française » figure sur le timbre mais l’image est volontairement dépolitisée.

    7L’utilisation du même timbre d’usage courant pose cependant des difficultés, comme le note Oswald Durand, un ancien responsable des timbres coloniaux : « Par suite des différences souvent considérables qui existaient dans les cours des changes monétaires entre deux colonies, 1 000 francs de timbres-poste à Saigon par exemple pourraient représenter 1 200 à 1 300 francs de timbres à la Réunion11. » Il est donc décidé d’émettre un nouveau type qui comporterait un cartouche permettant d’indiquer le nom du territoire colonial. Le nouveau type, baptisé couramment « Groupe », est d’un dessin très détaillé : assis sur la proue d’une barque la Navigation et le Commerce brandissent ensemble le drapeau tricolore flottant au vent et tiennent respectivement de leur main libre un gouvernail et une corne d’abondance au sommet de laquelle figure le caducée (fig- 4). On trouve dès cette époque de nombreuses surcharges sur ces timbres qui intéressent déjà des collectionneurs.

    8Comme ceux de la métropole, les timbres des colonies conservent une représentation très dépolitisée.

    Les choix effectués autour de 1900

    9En France, dès les années 1890, des campagnes de presse et des interventions politiques demandent le remplacement de la figure du commerce jugée trop neutre. Le député Mesureur, rapporteur du budget des Postes à la Chambre, explique en février 1893 que, comme « la République française a le devoir d’affirmer son existence sur toutes ses manifestations publiques officielles », le timbre-poste doit être une « vignette ayant le caractère véritablement républicain et moderne qui convient à notre gouvernement et à notre démocratie ». Mais cette déclaration d’intention ne précise pas quel type d’image il convient d’adopter pour figurer la République.

    10Un nouveau concours est ouvert en février 1894, sans plus d’instructions. Si l’exposition publique des projets attire une foule importante, le jury ne décerne pas de prix, mais seulement des mentions honorables. Certains philatélistes déploient alors une activité intense de propagandistes pour l’adoption du coq comme emblème de la France. En 1898, c’est le sous-secrétaire d’État aux Postes qui décide l’adoption de trois types distincts différenciant les valeurs postales entre elles. Le premier, dessiné par Joseph Blanc, représente une République ailée, portant la balance de la Justice ou de l’Égalité et le miroir de la Vérité, aux pieds de laquelle s’embrassent deux angelots symboles de Fraternité. Le deuxième, par Louis-Eugène Mouchon, figure une femme portant une tablette marquée « Droits de l’homme », et le troisième, par Luc-Olivier Merson, une République gardienne des lois (fig. 5). Ces trois figures, où se mêlent différents symboles politiques dans des images chargées et complexes, sont mal reçues par le public. La presse et les caricaturistes se déchaînent en particulier contre le type Mouchon ; certains députés en demandent même le retrait immédiat. C’est dans ce contexte d’hésitations sur la figure postale de la République que le ministre des Finances choisit la Semeuse dessinée par Louis-Oscar Roty pour remplacer le type Mouchon. Prévue à l’origine pour une médaille de récompense agricole, cette figure orne depuis la fin de 1897 les pièces de monnaies en argent. Le règne philatélique de la Semeuse peut alors commencer. Sous différentes déclinaisons, elle incarne une République rurale mais acceptée, qui triomphe de la guerre. Symbole philatélique durant près de trente ans, le type Semeuse traverse la Première Guerre mondiale en déclinant toutes sortes d’utilisations postales. Il constitue donc la grande figure du timbre-poste français du début du siècle.

    11Ces choix de la métropole vont se retrouver aux colonies, mais avec des différences. Le type « Blanc », qui représente la Liberté tenant la balance de l’Égalité et accompagnée des deux angelots de la Fraternité, est utilisé dans les « bureaux français à l’étranger » et dans certains territoires occupés militairement ou sous mandat12. Certaines colonies commencent cependant à prendre des initiatives qui élargissent le champ de la production philatélique. Ainsi, on trouve en Afrique les premières représentations de gouverneurs avec le général Faidherbe et Noël-Eugène Ballay ; en Indochine, on utilise de nouvelles représentations féminines spécifiques (dont l’une, émise en 1904 et dessinée par Grasset, avait été proposée pour les timbres français) ; enfin, une grande série est lancée pour les colonies d’Afrique avec des scènes de la vie quotidienne dans un cadre identique, dont le fameux « marché indigène » pour le Sénégal qui est émis pendant une longue durée.

    Les imaginaires coloniaux de la République

    12Après cette période de tâtonnements, la situation change au lendemain de la Première Guerre mondiale. La production de timbres pour l’Empire devient alors marquée par de « grandes séries coloniales », avant d’être au cœur du conflit durant la Seconde Guerre mondiale. La Libération et les années 1950 restent un moment paradoxal où la célébration de la victoire se mêle à des tentatives de présentation de la modernisation des colonies françaises dans un contexte international de décolonisation.

    L’entrée dans la modernité philatélique : les années 1920-1930

    13Les années de l’entre-deux-guerres sont, en France comme dans la plupart des pays occidentaux, une période où la production philatélique s’élargit et ne se limite plus aux seuls timbres d’usage courant. Il en est de même pour les territoires coloniaux.

    14L’émission des timbres-poste sur un thème commun pour plusieurs colonies a été tentée dès 1906 – la série « Palmiers »–, mais le phénomène s’accentue avec les années 1930 et, surtout, se généralise à beaucoup de territoires : pour l’Exposition coloniale de 1931, 26 colonies émettent 103 timbres ; pour l’Exposition internationale de 1937, 21 colonies émettent 126 timbres ; en 1938, pour l’Union internationale contre le cancer avec un timbre représentant les époux Curie, 21 colonies émettent chacune un timbre ; enfin, en 1939, pour l’Exposition internationale de New York, 24 colonies émettent chacune deux timbres et, la même année, pour le cent cinquantième anniversaire de la Révolution, 24 colonies émettent pas moins de 128 timbres représentant la prise de la Bastille, avec la devise républicaine. Mises à part ces grandes séries, les différents territoires connaissent des choix philatéliques très variés, la diversité renvoyant aux situations coloniales et aux différences géographiques.

    15Un cas particulier mérite d’être signalé ici, il concerne l’Algérie. Dès 1902, les colons algériens expriment le désir d’avoir leurs propres timbres13. Le ministère de l’Intérieur s’y oppose strictement, rappelant que la différenciation des timbres pour les territoires coloniaux est née principalement du souci de lutter contre des formes de spéculation qui ne se rencontrent pas dans le cas algérien. La situation change cependant au début des années 1920, sous l’influence d’une institution internationale. Lors de la réunion de l’Union postale universelle à Madrid, le 4 octobre 1920, le représentant suisse s’oppose au mode d’attribution des voix des autres délégués, : la Grande-Bretagne avait obtenu des voix supplémentaires pour l’Australasie, l’Inde et le Canada, comme d’autres puissances coloniales pour leurs propres possessions – France, Pays-Bas, Espagne et Portugal. En 1920, la France maîtrise ainsi six voix, qui sont respectivement attribuées à la métropole, à l’ensemble de ses colonies, à la Sarre, au Maroc, à la Tunisie et à l’Algérie. Pour éviter de perdre cette dernière voix dans l’organisation internationale, il est décidé d’émettre des timbres spécifiques pour l’Algérie. Suite à des retards, on surcharge des timbres français en 1924, et en 1926 apparaissent les premières séries originales avec la rue de la Kasbah, la mosquée Sidi-Abderahman, la grande mosquée et la mosquée des Pêcheurs. Bref, là encore, le timbre n’est pas seulement une petite image, mais il renvoie à des enjeux politiques précis et assumés par le gouvernement.

    16La production philatélique massive pour les colonies françaises est difficile à évaluer mais on peut, avec David Scott, repérer des thèmes récurrents : « types indigènes mâles et femelles, agriculture et chasse, flore et faune, paysages, rituels, masques14 ». Il faut surtout insister sur le caractère volontariste de cette représentation de l’empire dans les années 1930. L’ancien gouverneur et directeur des timbres-poste coloniaux Oswald Durand en donne un bel exemple lorsqu’il écrit :

    Avec les timbres de nos territoires coloniaux, nous relisons les pages ardentes de foi de notre histoire coloniale […]. Nous suivons, pas à pas, sur les pistes du désert, dans les savanes soudanaises ruisselantes de lumière, ou dans les marais perfides du Congo, les grands explorateurs qui firent notre France extérieure, René Caillé, de Brazza, Gentil, Crampell, Binger… Nous assistons aux balbutiements de notre Empire et nous apprenons à l’administrer avec Faidherbe, Balay, Gallieni, Lyautey, Doumer, Lagarde… Le timbre colonial est, en outre, le miroir fidèle de la vie de notre France coloniale […]. Les timbres coloniaux – en s’inspirant uniquement des sujets locaux – ayant rangé une bonne fois pour toutes dans l’armoire aux vieilleries, le pompiérisme des « Groupe » et des « Commerce », complètent l’effort de la littérature coloniale et éveillent en nous le goût de l’exotisme vrai, celui qui cherche à satisfaire la curiosité du public français – et surtout du philatéliste – en faisant naître en lui ce sens impérial sans lequel toute construction outre-mer et vouée aux échecs les plus décevants15.

    17Dans le même temps, il faut reconnaître que les colonies sont peu représentées dans la production française métropolitaine, sauf aux occasions commémoratives : le centenaire de l’Algérie et l’Exposition coloniale.

    La Seconde Guerre mondiale : les colonies comme enjeux

    18Durant le second conflit mondial, l’Empire est un enjeu politique majeur entre le gouvernement du maréchal Pétain et la France libre16. Les timbres-poste illustrent cette confrontation. Pour le maréchal Pétain, il s’agit d’entretenir à tout prix l’illusion d’un Empire qui lui est entièrement fidèle. Ainsi sont émis continûment des séries colonies pour 24 colonies : en 1941, 72 timbres sur le thème de la défense de l’Empire ; en 1942, 83 timbres sur le thème de la protection de l’enfance indigène et de la quinzaine impériale et une série de 48 timbres représentant le maréchal Pétain et des paysages de l’Empire, reprise surchargée en 1944. Plusieurs de ses séries ne virent pas les colonies, mais furent émises en France et diffusées dans un contexte spéculatif pour les collectionneurs. William A. Hoisington Jr note très justement : « The Vichy government issued postage stamps for France’s colonies, protectorates, mandates, and overseas offices. Few of the stamps, however, were placed on sale in the French dependencies for which they were intended ; most of them were sold to collectors in France17. » Certaines revues philatéliques assuraient d’ailleurs l’éloge du maréchal :

    L’émission de la série coloniale du maréchal Pétain est un enchantement parce qu’il n’y a pas d’ombre au tableau. Le plaisir vraiment philatélique de voir sortir une série où aucune des laideurs de cet après-guerre ne peut s’inscrire, c’est encore au Maréchal que nous le devons. Que notre grand chef en soit respectueusement remercié […]. Et maintenant, les colonies ont, elles aussi, leurs timbres maréchal Pétain. Pour marquer en même temps que la diversité des sites, des latitudes et des mœurs, l’idée maîtresse qu’il n’y a, dans la France comme dans son Empire, qu’un seul chef, les vignettes postales reproduisent des paysages spéciaux à chaque colonie et l’effigie du Maréchal est la même sur tous les timbres. Cette série est vraiment une série d’usage général, malgré son tirage exceptionnel en taille-douce, parce que ce tirage est illimité, que sa durée de vente ou d’emploi n’a pas été limitée dans le temps et que l’habituel « impôt » imposé aux philatélistes a été volontairement omis. Ceux qui collectionnent ces vignettes – et ils sont nombreux – le feront avec amour […] loin du fruit amer de la spéculation18.

    19L’Indochine constitue un cas particulier, car c’est la seule colonie dont l’administration, dirigée par l’amiral Decoux, émet, de 1942 à 1945, des valeurs d’usage courant à l’effigie du maréchal Pétain (fig. 6) et, en novembre 1943, un timbre célébrant l’idéologie de la Révolution nationale19.

    20Pour les Français libres, la question des timbres est aussi importante, comme le rappelle Jean-Louis Crémieux Brilhac20. Pour des raisons financières, les premières initiatives consistent simplement à surcharger de l’inscription « France libre » les séries coloniales des années 1930 ou les nouvelles séries du régime du maréchal Pétain. Puis, entre 1941 et 1946, on émet à Londres pas moins de 290 timbres et 71 timbres spécifiques pour la poste aérienne, qui sont destinés à près de 14 colonies. Edmond Dulac, graveur français naturalisé anglais, joue un rôle majeur dans l’élaboration de timbres au graphisme original (fig. 7). Certains choix du sujet sont symboliques, comme l’effigie de Victor Schoelcher pour la Martinique en 1945.

    21À la Libération, de nouvelles grandes séries coloniales sont émises et se veulent particulièrement significatives : en 1945, 26 timbres pour 13 colonies représentent le gouverneur Eboué21, en 1946, 15 timbres pour 15 colonies figurent une allégorie de la Victoire, et 90 timbres pour 15 colonies, illustrant le thème « Du Tchad au Rhin », rendent hommage à la geste militaire de la France libre fondée sur l’Empire.

    Les paradoxes des années 1950

    22Cette célébration de la victoire nie paradoxalement toute velléité d’autonomie ou d’indépendance. En 1949, à l’occasion du centenaire de la première émission de timbres français, un gouverneur colonial explique ainsi :

    Quelle plus belle réponse à ceux qui prétendent que le Français n’a pas le génie « colonisateur », que ces belles figures qui, le plus souvent avec des moyens précaires, réussissent à donner, successivement, à notre pays deux empires magnifiques, dont le dernier est devenu cette Union française sur laquelle nous fondons tant d’espoirs22.

    23Le second exemple concerne l’Indochine : dans le contexte très complexe des années 1947-1948, il s’agit en effet d’émettre des timbres différenciés en fonction des territoires, comme pour la monarchie annamite restaurée. Le 16 octobre 1948, le général Blaizot, haut-commissaire par intérim se préoccupe de « la délicate question des émissions de timbres-poste destinés à ces États » :

    L’hypothèse ne peut être écartée que les États revendiquent le droit d’émission, à la fois pour des raisons de prestige, puisqu’ils pourraient à leur gré rehausser l’importance de certaines manifestations par des surcharges ou par des émissions spéciales, et pour des raisons d’intérêt, puisqu’ils n’ignorent pas combien il peut être fructueux de solliciter le collectionneur23.

    24L’absence d’archives empêche de tirer des conclusions précises de l’abondante production philatélique destinée aux colonies françaises dans les années 1950. La part des motifs floraux ou animaux et des sujets pittoresques reste importante, mais on trouve aussi une représentation de grands scientifiques24 ou des réalisations techniques affichant une certaine modernité. On trouve ainsi parmi les séries coloniales : en 1956, 26 timbres dans 10 colonies pour le FIDES (Fonds d’investissement pour le développement économique et social des territoires d’outre-mer) ou, en Afrique occidentale française, à l’occasion de la commémoration du centenaire de Dakar (1958), six timbres dont les sujets sont tous liés à la modernité au Sénégal.

    25Pour conclure, on peut constater que le problème métropolitain de figuration de la République sur les timbres apparaît renforcé aux colonies. Malgré quelques tentatives à la fin du xixe siècle, les choix de figurations n’ont pas conduit à l’émergence d’une « Marianne » des colonies, ni même à une stabilisation de la représentation dans les différents territoires de l’Empire. De plus, le phénomène de décalage croissant entre l’imaginaire colonial et les pratiques dans l’Empire, bien analysé par les historiens, se retrouve finalement dans la production philatélique.

    26Il faut cependant considérer que les autres puissances coloniales ont le plus souvent fait d’autres choix que la France, quoique l’on puisse y trouver des traits communs : la représentation de la faune, de la flore et de coutumes indigènes. L’Angleterre, premier pays à utiliser le timbre-poste, en 1840, fait d’abord émettre des cygnes en Australie (1855), des castors au Canada (1851), des déesses assises personnifiant Britannia au Cap de Bonne espérance (1853) ou à la Barbade (1852), mais très vite la reine Victoria et ses successeurs s’imposent comme figure de l’unité de l’Empire. De la même manière, les colonies portugaises utilisent des timbres du Portugal surchargés du nom des territoires, puis des représentations du souverain. Le Reich allemand émet des timbres spécifiques pour l’Afrique orientale, puis pour le Cameroun et le Togo, mais le temps de la colonisation est plus bref. Les colonies espagnoles emploient de manière variable l’effigie des souverains ou des allégories. La comparaison simplement amorcée devrait être menée de manière plus systématique ; de nombreux travaux sont à mener dans cet esprit25. On pourrait d’ailleurs réfléchir aussi, dans une problématique « postcoloniale », aux émissions après les indépendances, puisque de nombreux timbres ont continué à être gravés et imprimés en France ; les choix des thématiques en fonction des enjeux politiques internationaux et locaux pourraient être interrogés26. Enfin, cette réflexion élargie nécessiterait aussi de considérer l’influence sur les politiques d’émission et sur la réception des timbres émis d’un groupe important mais encore très méconnu : les philatélistes27.

    Notes de bas de page

    1 Patrick Laurens, « La figure officielle de la République française : monnaies et timbres », dans Christophe Charle, Jacqueline Lalouette, Michel Pigenet, Anne-Marie Sohn (dir.), La France démocratique : combats, mentalités, symboles. Mélanges offerts à Maurice Agulhon, Paris, Publications de la Sorbonne, 1998, p. 421-429.

    2 Les deux références sur la production française sont : Jean-François Brun (dir.), Le patrimoine du timbre-poste, Charenton-le-Pont, Flohic, 1998, 928 p. ; Alain Chatriot, Michel Coste, Guide de lecture du Panorama, Fontenay-aux-Roses, La Poste/SNTP, 2001, 77 p.

    3 Donald M. Reid, « The symbolism of postage stamps : A source for the historian », Journal of Contemporary History, 19/2, avril 1984, p. 223-249.

    4 Alain Chatriot, « Marianne et Germania. Les figures postales de la souveraineté en Allemagne et en France, 1 870-1949 », dans Alain Chatriot, Dieter Gosewinkel (dir.), Figurationen des Staates in Deutschland und Frankreich, 1870-1945. Les figures de l’État en Allemagne et en France, Munich/Oldenbourg, Pariser Historische Studien des Deutschen Historischen/Institut Paris, 2006, p. 277-294.

    5 Alain Chatriot, Michel Coste, « Les timbres-poste », dans Vincent Duclert, Christophe Prochasson (dir.), Dictionnaire critique de la République, Paris, Flammarion, 2002, p. 972-977.

    6 On craint quelques surinterprétations dans l’approche de David Scott, « L’image ethnographique : le timbre-poste colonial français africain de 1920 à 1950 », Protée, 30, 2002/2, p. 45-54.

    7 île de la Réunion en 1852 et Nouvelle Calédonie en 1859, avec le « Triquérat », un profil sommaire de Napoléon III.

    8 Les figures de cet article sont reproduites dans le cahier couleur en fin de volume, p. 431-434.

    9 Journal officiel de la République française, 9 août 1875, cité par Nicolas de Pellinec, « Le dernier des classiques, 1, Monsieur Hulot n’aura pas ses Sage », Timbres magazine, novembre 2002, p. 85-89.

    10 Archives du musée de la Poste, don Marchand, carton 25-4. Minute de lettre de l’administration des Monnaies et Médailles au ministre des Postes et Télégraphes, au sujet des timbres-poste pour les colonies, 24 mars 1880.

    11 Oswald Durand, Les timbres des colonies françaises, Paris, Payot, 1943, p. 21.

    12 Il est d’abord utilisé dans neuf territoires : Alexandrie, Cavalle, Chine, Crète, Dédéagh, Levant, Maroc, Port-Saïd, Zanzibar, puis des timbres sont surchargés pour certains pays : Algérie, Andorre, Alaouites, Castellorizo, Cilicie, Rouad, Syrie. Cf. Michel Melot, « Le type “Blanc” 1900-2000 (5e partie) », Timbres magazine, septembre 2000, p. 72-76.

    13 Michel Melot, « La difficile naissance de la première émission [dossier les timbres de l’Algérie française] », Timbres magazine, avril 2003, p. 36-43.

    14 David Scott, « L’image ethnographique... », art. cité, p. 49.

    15 Oswald Durand, Les timbres des colonies françaises, op. cit., p. 13.

    16 Jacques Cantier, Eric Jennings (dir.), L’Empire colonial sous Vichy, Paris, Odile Jacob, 2004.

    17 William A. Hoisington Jr, « Politics and postage stamps : The postal issues of the French State and Empire 1940-1944 », French Historical Studies, 7/3, printemps 1972, p. 349-367.

    18 La liaison philatélique, 151,25 novembre 1941, cité dans François Chauvin, « L’AOF, cœur de l’Empire, 1re partie : 1940-1942 », Timbres magazine, avril 2004, p. 76-81, ici p. 81.

    19 Didier Michaud, « 1939-1945 : la colonie oubliée », Timbres magazine, avril 2001, p. 54-58.

    20 Jean-Louis Crémieux Brilhac, La France libre. De l’appel du 18 Juin à la Libération, Paris, Gallimard, 1996.

    21 François Chauvin, « Félix Éboué et le timbre, de la France libre à la mémoire... », dans Josette Rivallain, Hélène d’Almeida-Topor (dir.), Éboué, soixante ans après, Saint-Denis, Publication de la SFHOM, 2008, p. 322-334.

    22 Le gouverneur Michel, « Les émissions de l’Union française », dans Poste et timbre-poste. Centenaire du timbre-poste français 1849-1949, Paris, Imprimerie nationale, 1949, p. 84.

    23 Cité par François Chauvin, « Quels timbres pour l’Indochine ? (1945-1949) », Timbres magazine, juillet-août 2005, p. 76-81.

    24 Le cas des colonies françaises peut ici être rapproché d’autres pays : Robert A. Jones, « Heroes of the nation ? The celebration of scientists on the postage stamps of Great Britain, France and West Germany », Journal of Contemporary History, 36/3, juillet 2001, p. 403-422.

    25 Peu de philatélies nationales ont fait l’objet d’enquêtes du type de celle que nous avons menée avec Michel Coste ; on signale cependant l’intéressant livre de l’historien d’art : Federico Zeri, I francobolli italiani. Grafica e ideologia dalle origini al 1948, Genève, Il Melangolo, 1993 [rééd. Skira, 2006], 81p.

    26 On dispose d’une bonne monographie sur la Tunisie : Janice Deledalle-Rhodes, « L’iconographie du timbre-poste tunisien pendant et après la période “coloniale” : prise de conscience d’une identité nationale », Protée, 30/2, 2002, p. 61-72.

    27 Longtemps limité à une littérature d’autocélébration, le monde philatélique commence à intéresser les chercheurs en sciences sociales : Antony Kuhn, Yves Moulin, « De la richesse des passions. Une analyse de la structuration du marché philatélique et des facteurs de valorisation des timbres de collection », Gérer et comprendre, 93, septembre 2008, p. 32-41 ; des mêmes auteurs, cf. aussi « Le rôle des conventions de qualité dans la construction d’un marché : l’évolution du marché philatélique français (1860-1995) », Entreprises et histoire, 53, 2008/4, p. 54-67.

    Auteur

    • Alain Chatriot

      Alain Chatriot, chargé de recherche CNRS (CRH-AHMOC, EHESS)

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    1 Patrick Laurens, « La figure officielle de la République française : monnaies et timbres », dans Christophe Charle, Jacqueline Lalouette, Michel Pigenet, Anne-Marie Sohn (dir.), La France démocratique : combats, mentalités, symboles. Mélanges offerts à Maurice Agulhon, Paris, Publications de la Sorbonne, 1998, p. 421-429.

    2 Les deux références sur la production française sont : Jean-François Brun (dir.), Le patrimoine du timbre-poste, Charenton-le-Pont, Flohic, 1998, 928 p. ; Alain Chatriot, Michel Coste, Guide de lecture du Panorama, Fontenay-aux-Roses, La Poste/SNTP, 2001, 77 p.

    3 Donald M. Reid, « The symbolism of postage stamps : A source for the historian », Journal of Contemporary History, 19/2, avril 1984, p. 223-249.

    4 Alain Chatriot, « Marianne et Germania. Les figures postales de la souveraineté en Allemagne et en France, 1 870-1949 », dans Alain Chatriot, Dieter Gosewinkel (dir.), Figurationen des Staates in Deutschland und Frankreich, 1870-1945. Les figures de l’État en Allemagne et en France, Munich/Oldenbourg, Pariser Historische Studien des Deutschen Historischen/Institut Paris, 2006, p. 277-294.

    5 Alain Chatriot, Michel Coste, « Les timbres-poste », dans Vincent Duclert, Christophe Prochasson (dir.), Dictionnaire critique de la République, Paris, Flammarion, 2002, p. 972-977.

    6 On craint quelques surinterprétations dans l’approche de David Scott, « L’image ethnographique : le timbre-poste colonial français africain de 1920 à 1950 », Protée, 30, 2002/2, p. 45-54.

    7 île de la Réunion en 1852 et Nouvelle Calédonie en 1859, avec le « Triquérat », un profil sommaire de Napoléon III.

    8 Les figures de cet article sont reproduites dans le cahier couleur en fin de volume, p. 431-434.

    9 Journal officiel de la République française, 9 août 1875, cité par Nicolas de Pellinec, « Le dernier des classiques, 1, Monsieur Hulot n’aura pas ses Sage », Timbres magazine, novembre 2002, p. 85-89.

    10 Archives du musée de la Poste, don Marchand, carton 25-4. Minute de lettre de l’administration des Monnaies et Médailles au ministre des Postes et Télégraphes, au sujet des timbres-poste pour les colonies, 24 mars 1880.

    11 Oswald Durand, Les timbres des colonies françaises, Paris, Payot, 1943, p. 21.

    12 Il est d’abord utilisé dans neuf territoires : Alexandrie, Cavalle, Chine, Crète, Dédéagh, Levant, Maroc, Port-Saïd, Zanzibar, puis des timbres sont surchargés pour certains pays : Algérie, Andorre, Alaouites, Castellorizo, Cilicie, Rouad, Syrie. Cf. Michel Melot, « Le type “Blanc” 1900-2000 (5e partie) », Timbres magazine, septembre 2000, p. 72-76.

    13 Michel Melot, « La difficile naissance de la première émission [dossier les timbres de l’Algérie française] », Timbres magazine, avril 2003, p. 36-43.

    14 David Scott, « L’image ethnographique... », art. cité, p. 49.

    15 Oswald Durand, Les timbres des colonies françaises, op. cit., p. 13.

    16 Jacques Cantier, Eric Jennings (dir.), L’Empire colonial sous Vichy, Paris, Odile Jacob, 2004.

    17 William A. Hoisington Jr, « Politics and postage stamps : The postal issues of the French State and Empire 1940-1944 », French Historical Studies, 7/3, printemps 1972, p. 349-367.

    18 La liaison philatélique, 151,25 novembre 1941, cité dans François Chauvin, « L’AOF, cœur de l’Empire, 1re partie : 1940-1942 », Timbres magazine, avril 2004, p. 76-81, ici p. 81.

    19 Didier Michaud, « 1939-1945 : la colonie oubliée », Timbres magazine, avril 2001, p. 54-58.

    20 Jean-Louis Crémieux Brilhac, La France libre. De l’appel du 18 Juin à la Libération, Paris, Gallimard, 1996.

    21 François Chauvin, « Félix Éboué et le timbre, de la France libre à la mémoire... », dans Josette Rivallain, Hélène d’Almeida-Topor (dir.), Éboué, soixante ans après, Saint-Denis, Publication de la SFHOM, 2008, p. 322-334.

    22 Le gouverneur Michel, « Les émissions de l’Union française », dans Poste et timbre-poste. Centenaire du timbre-poste français 1849-1949, Paris, Imprimerie nationale, 1949, p. 84.

    23 Cité par François Chauvin, « Quels timbres pour l’Indochine ? (1945-1949) », Timbres magazine, juillet-août 2005, p. 76-81.

    24 Le cas des colonies françaises peut ici être rapproché d’autres pays : Robert A. Jones, « Heroes of the nation ? The celebration of scientists on the postage stamps of Great Britain, France and West Germany », Journal of Contemporary History, 36/3, juillet 2001, p. 403-422.

    25 Peu de philatélies nationales ont fait l’objet d’enquêtes du type de celle que nous avons menée avec Michel Coste ; on signale cependant l’intéressant livre de l’historien d’art : Federico Zeri, I francobolli italiani. Grafica e ideologia dalle origini al 1948, Genève, Il Melangolo, 1993 [rééd. Skira, 2006], 81p.

    26 On dispose d’une bonne monographie sur la Tunisie : Janice Deledalle-Rhodes, « L’iconographie du timbre-poste tunisien pendant et après la période “coloniale” : prise de conscience d’une identité nationale », Protée, 30/2, 2002, p. 61-72.

    27 Longtemps limité à une littérature d’autocélébration, le monde philatélique commence à intéresser les chercheurs en sciences sociales : Antony Kuhn, Yves Moulin, « De la richesse des passions. Une analyse de la structuration du marché philatélique et des facteurs de valorisation des timbres de collection », Gérer et comprendre, 93, septembre 2008, p. 32-41 ; des mêmes auteurs, cf. aussi « Le rôle des conventions de qualité dans la construction d’un marché : l’évolution du marché philatélique français (1860-1995) », Entreprises et histoire, 53, 2008/4, p. 54-67.

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    Chatriot, A. (2013). L’impossible « Marianne » : la politique philatélique coloniale française (1849-1962). In Évelyne Cohen & G. Monnier (éds.), La République et ses symboles. Paris: Éditions de la Sorbonne. https://doi.org/10.4000/books.psorbonne.58507
    Chatriot, Alain. « L’impossible “Marianne” : la politique philatélique coloniale française (1849-1962) ». In La République et ses symboles, édité par Évelyne Cohen et Gérard Monnier. Paris: Éditions de la Sorbonne, 2013. doi:10.4000/books.psorbonne.58507.
    Chatriot, Alain. « L’impossible “Marianne” : la politique philatélique coloniale française (1849-1962) ». La République et ses symboles, édité par Évelyne Cohen et Gérard Monnier, Éditions de la Sorbonne, 2013, https://doi.org/10.4000/books.psorbonne.58507.

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    Cohen, Évelyne, & Monnier, G. (éds.). (2013). La République et ses symboles. Paris: Éditions de la Sorbonne. https://doi.org/10.4000/books.psorbonne.58312
    Cohen, Évelyne, et Gérard Monnier, éd. La République et ses symboles. Paris: Éditions de la Sorbonne, 2013. doi:10.4000/books.psorbonne.58312.
    Cohen, Évelyne, et Gérard Monnier, éditeurs. La République et ses symboles. Éditions de la Sorbonne, 2013, https://doi.org/10.4000/books.psorbonne.58312.
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