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    Plan détaillé Texte intégral La politique commémorative entre la colonie et la métropole Monumentaliser l’avenir de la colonie Affirmation et contestation d’un symbole de la conquête Notes de bas de page Auteur

    Une histoire sociale et culturelle du politique en Algérie

    Ce livre est recensé par

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    Table des matières

    L’espace urbain, le symbolique et l’avenir de la colonie : l’histoire de la statue du duc d’Orléans à Alger (1845)

    Jan C. Jansen

    p. 57-72

    Texte intégral La politique commémorative entre la colonie et la métropole Monumentaliser l’avenir de la colonie Affirmation et contestation d’un symbole de la conquête Notes de bas de page Auteur

    Texte intégral

    1Au milieu de l’année 1936, la formation parallèle du gouvernement du Front populaire en France et du Congrès musulman algérien met les villes algériennes en effervescence. Le 14 juin 1936, des membres des partis de gauche, des syndicalistes, des chômeurs et des militants du Congrès musulman gagnent la rue pour célébrer la formation du nouveau gouvernement et scander leurs revendications variées1. La manifestation la plus importante a lieu à Alger, siège du gouvernement colonial, avec une foule d’environ 18 000 personnes. Un mois après, lors de la fête nationale – et lieu de mémoire révolutionnaire – du 14 Juillet, les défilés reprennent, le nombre de manifestants allant encore croissant2. Pendant les deux ans qui suivent, et en dépit de la crise sévère traversée par le gouvernement de gauche, de la mobilisation décroissante (en nombre de militants), des clivages idéologiques au sein du Front populaire comme du Congrès musulman, ou des conflits autour d’une fraction récalcitrante de nationalistes algériens, les militants continuent à marcher. Le 14 juillet voit chaque année défiler des milliers de manifestants et des confrontations de plus en plus violentes.

    2L’« explosion festive3 » de ces années obéit à une logique spatiale. Influencées par l’esthétique politique dominante de l’époque, les manifestations s’organisent en défilés, bien contrôlés et organisés. À Alger, comme dans la plupart des autres villes algériennes, les parcours restent les mêmes, du 14 juin 1936 au 14 juillet 1938, avec une chorégraphie de plus en plus raffinée. Avec le Champ de manœuvres, proche du port, comme point de départ, le défilé du 14 juillet 1938 assigne différents slogans à chaque étape du parcours à travers la ville, liant les revendications, politiques, sociales et coloniales, aux lieux4. En 1938, comme les années précédentes, les scènes les plus animées ont lieu au point d’arrivée du défilé, sur la place du Gouvernement, une grande place située au nord du centre-ville, au pied de la vieille ville (la Casbah). Mais un élément de la place retient plus particulièrement l’attention des manifestants : une statue équestre du duc d’Orléans Ferdinand-Philippe, prince héritier sous la monarchie de Juillet (1830-1848), qui avait été érigée trois ans après sa mort accidentelle en 1842. Le 14 juin 1936, des manifestants montent sur la statue et l’ornent d’un drapeau et d’une cravate rouges. Les 14 juillet 1936 et 1937, les organisateurs français et algériens du défilé, réunis autour du piédestal du monument, parfois juchés là-dessus, s’adressent aux manifestants. Et c’est encore en arrivant au monument que les manifestants du 14 juillet 1938 scandent leurs revendications de réforme du régime colonial, imitant un groupe de nationalistes algériens de l’année précédente5.

    3La rencontre du prince héritier d’une monarchie depuis longtemps révolue et des parcours de ces manifestants est-elle fortuite ? Certainement pas. En inscrivant leurs revendications dans le tissu urbain et symbolique d’Alger, les manifestants répondent à une véritable révolution de l’espace, initiée plus d’un siècle auparavant, avec l’occupation et la colonisation de l’Algérie à partir de 18306. Dès le début, la ville d’Alger a été l’un des principaux théâtres de cette révolution. Après la capitulation du dey d’Alger le 5 juillet 1830, la ville a servi de relais important et de quartier général de l’armée française. Plus tard, elle devint le siège du Gouverneur général et de l’administration coloniale – sorte de capitale informelle de l’Algérie française, voire de l’Afrique du Nord sous domination française. Pendant les premières décennies de l’occupation, Alger a également servi de champ d’expérimentation pour une politique coloniale d’intervention dans l’espace urbain nord-africain, politique qui évolua de la destruction partielle de la vieille ville et d’essais brutaux d’« européanisation » à la construction de nouveaux quartiers autour de l’ancien centre-ville7. Cette politique urbaine expérimentale reflétait une situation encore largement incertaine et ouverte jusqu’aux années 1870, marquée par une conquête lente et difficile, une opinion métropolitaine sceptique vis-à-vis des aventures coloniales, des changements fréquents de régimes en France, des revirements brusques de la politique coloniale, ainsi qu’un conflit croissant, sur place, entre une administration dominée par les militaires et une population européenne civile en pleine croissance.

    4La recomposition violente de l’espace urbain d’Alger obéissait à des exigences militaires, policières, logistiques et sanitaires, mais aussi à « une volonté de domination symbolique8 ». La création de vastes espaces vacants par la destruction de centaines d’immeubles visait à produire des lieux de rassemblement militaire, mais elle était également censée reproduire l’image d’une ville européenne. Des mosquées furent utilisées comme entrepôts et casernes ou furent converties en églises. La dénomination des rues, pour citer enfin un aspect moins connu, entamée dans les premières années de l’occupation et systématisée dans les dernières décennies du xixe siècle, servit à la gestion et à la standardisation de l’espace urbain comme elle devint un moyen de commémoration9.

    5La statue du duc d’Orléans nous mène au cœur de ce laboratoire de l’espace urbain symbolique qu’était Alger dans les années 1840. Cette statue initia en effet une série de projets de monuments commémoratifs dans l’espace changeant d’Alger pendant la période d’administration militaire, par lesquels des acteurs variés entendaient répondre à la situation incertaine de l’Algérie comme colonie française10. L’analyse détaillée de la genèse du monument montre que le personnage historique du duc d’Orléans, l’un des principaux représentants du régime politique métropolitain, peu lié au territoire algérien, fut soumis à une lecture coloniale. Sa monumentalisation dans l’Alger des années 1840 devint l’acte d’affirmation d’une occupation coloniale toujours loin d’être certaine. En même temps, la production de cette statue généra un processus d’interaction et de négociation. Loin d’être dominé par un acteur ou un seul groupe d’acteurs, le projet en impliqua plusieurs aux intérêts souvent conflictuels, en métropole comme à la colonie. Zone d’interaction entre la colonie et la métropole, comme entre divers groupes au sein de la société coloniale algérienne, la scène commémorative née en Algérie à partir des années 1840 fut façonnée par un nombre croissant d’acteurs qui la rendirent de plus en plus complexe, embrouillée et incontrôlable.

    La politique commémorative entre la colonie et la métropole

    6La statue équestre du duc d’Orléans ne vit pas le jour qu’à Alger. En cette même journée du 28 octobre 1845, une seconde statue, fabriquée sur le même modèle, était dévoilée au Carrousel du Louvre à Paris. Le destin commun de ces deux statues, minutieusement arrangé (les deux inaugurations ayant quasiment lieu à la même heure), fut bientôt perturbé. Le monument parisien n’exista pas même trois ans : des républicains le déboulonnèrent peu après la proclamation de la Deuxième République, le 24 février 1848, et il fut transformé en pièce de musée11. À Alger, une ville pourtant réputée comme un centre du républicanisme radical, la statue du prince royal survécut à la fin de la monarchie de Juillet en 1848 et à celle du Second Empire en 1870, mais pas à la fin de l’Algérie française : en 1962, elle fut démontée de son piédestal.

    7Est-il possible que la statue du prince héritier ait été plus fermement ancrée à la colonie qu’elle ne l’était en terre métropolitaine ? La genèse du monument nous en dit plus sur ce rapport à la colonie naissante. Il ne s’agit nullement de l’extension du deuil public métropolitain au territoire colonial. Au contraire, les premières initiatives, voire les plus importantes pour la construction de la statue du duc d’Orléans, émanèrent de la colonie même. L’idée d’ériger à Alger un monument commémorant le prince suivit immédiatement la nouvelle de sa mort, le 1er août 1842, comme si certains n’avaient attendu qu’une telle occasion. À peine trois semaines après le décès, le comte Guyot, membre de l’administration civile et l’un des défenseurs de la colonisation civile de l’Algérie, soumit au gouverneur général une pétition à cette fin, signée par plusieurs colons12. Elle fut reprise dans la presse locale et le gouverneur général Bugeaud donna alors son accord à une souscription et à la formation d’une commission13. À l’image de ses initiateurs, cette commission revêtait un caractère nettement civil. Elle était présidée par Guyot, reléguant le commandant de la division d’Alger, un proche de Bugeaud, au rang de vice-président. Composée de 14 membres, la commission ne comptait que deux autres militaires. Le reste des membres civils étaient des membres de la chambre de commerce ou des propriétaires fonciers comme le baron de Vialar, l’un des fameux « colons en gants jaunes » nobles, qui assuma la fonction du secrétaire14. Un appel publié le même jour lançait aux militaires et aux colons un appel à contribution pour l’érection d’un monument sur la « place principale » d’Alger15. S’ensuivit une action fiévreuse du comité et de la presse locale qui, à peine deux mois plus tard, avaient engrangé 20 000 francs, soit une bonne part des 50 000 francs estimés nécessaires à la réalisation du projet.

    8En France, le gouvernement commença alors à s’intéresser à ces activités, qui, après tout, entendaient faire du prince héritier l’objet d’une commémoration semi-officielle. La souscription d’Alger cadrait bien avec le projet de la monarchie de Juillet de capitaliser sur les engagements militaires des fils du roi16. Averti du projet après que le chef de la division d’Alger eut commencé à recueillir des souscriptions de militaires en métropole, le ministre de la Guerre eut rapidement la haute main sur cette idée. En novembre, il donna son aval officiel à la souscription, qui battait déjà son plein, et l’étendit à l’ensemble du pays17. Un glissement du rapport de force entre militaires et civils s’opéra avec la transformation du projet en initiative « officielle » : l’arrêté ministériel ne permettait explicitement que des souscriptions émanant de l’armée et il instaurait une nouvelle commission principale, à Paris, dépouillant de facto le comité d’Alger de son mandat. Présidée par l’ancien gouverneur général Valée, cette commission se composait exclusivement de militaires de haut rang, dont les carrières étaient davantage liées au Premier Empire qu’à la conquête de l’Algérie. Un deuxième arrêté parut trois semaines plus tard, qui impliquait la Marine dans la souscription et, surtout, renforçait le rôle joué par la métropole dans le projet. Il était désormais question d’ériger deux statues, l’une à Alger, l’autre à Paris18. De plus, le ministre arrêtait que l’arc de triomphe romain de Djemila (l’antique Cuicul) en Algérie orientale serait transporté à Paris et transformé en un monument à la gloire de l’armée d’Afrique – réalisant de la sorte un vœu exprimé par le défunt prince en 1839.

    9La conception du monument et le choix de l’artiste furent également décidés à Paris. Avant même la fin de l’année, le sculpteur franco-italien Carlo Marochetti, proche du roi, présentait une ébauche de statue équestre. Elle mettait l’accent sur l’engagement militaire du prince, mais le détachait du contexte algérien. Le duc d’Orléans apparaissait en uniforme, l’épée dégainée. Deux bas-reliefs, sur le piédestal, faisaient le lien entre les exploits du prince en et hors d’Europe : l’un représentait la prise de la citadelle d’Anvers (en 1832) et l’autre, la prise du col de Mouzaïa (en 1840), effectuées toutes les deux sous le commandement du duc.

    10En l’espace d’un mois, la métropole avait donc pris le contrôle du projet et l’avait réorganisé considérablement. Les initiateurs originaux ne se laissèrent cependant pas complètement évincer : la première commission, toujours dominée par les civils, mais aussi des représentants éminents de l’armée et de l’administration continuait à s’impliquer dans le projet. Cela n’était pas dû tant à des querelles de compétences entre organismes publics qu’à la signification spécifique que le projet revêtait dans le contexte algérien des années 1840. Vu d’Alger, le projet ne touchait pas (seulement) à la mémoire du prince défunt, mais à l’avenir politique de l’Algérie qui n’était rien moins que certain, en 1842 comme au moment de l’inauguration en 1845. Certes, la nomination de Bugeaud comme gouverneur général à la fin de 1840 favorisa l’option d’une « occupation totale » du pays, déclenchant à Alger et aux alentours un véritable rush foncier et immobilier19. Mais la résistance algérienne, mobilisée à l’époque surtout par l’émir ‘Abd al-Qadir, s’avérait intacte et avançait jusqu’aux portes d’Alger. Aux yeux des dirigeants français, il était clair que des renforts massifs étaient nécessaires pour parvenir à une victoire militaire et à la suppression effective des mouvements de résistance. De plus, sous le gouvernement de Bugeaud, les conflits autour du statut et de la forme de l’Algérie une fois conquise gagnaient en ampleur et en intensité.

    11Dans ce contexte, la mémoire du prince défunt révèle des dimensions spécifiquement « algériennes ». Dès l’annonce de sa mort, le journal local L’Akhbar avait souligné la raison pour laquelle sa mémoire était particulièrement chère en Algérie :

    Certes, partout où flotte le drapeau français, cet épouvantable événement a dû briser les âmes : mais nous, colons ou soldats de l’Algérie, avec les mêmes motifs de nous affliger que nos compatriotes de la métropole, nous en avons d’autres qui tiennent à notre position dans ce pays : nous perdons tous, dans Mgr le duc d’Orléans, un protecteur bienveillant et éclairé20.

    12Dans l’appel à souscription, la commission algéroise ne laissait pas non plus de doute sur le fait que le prince avait été un participant éminent de la conquête en cours. Elle mettait l’accent sur les exploits militaires du duc d’Orléans, notamment sur ses trois voyages en Algérie qu’elle dépeignait comme la preuve d’un attachement personnel à la colonie et d’un investissement officiel de l’État français en Algérie, « colonie à jamais française ». Dans ce sens, le monument à ériger exprimait non seulement la reconnaissance envers le prince royal, mais également les liens étroits entre la colonie et l’héritier du trône, fils du défunt auquel un appel direct était lancé :

    Que sur la place principale de cette cité s’élève son image chérie ! qu’elle rappelle à la Mère-Patrie et à son Auguste Chef les vœux de leur fils bien-aimé ; qu’elle rappelle aussi un jour à l’orphelin qui doit supporter le poids de la couronne les sentiments que son infortuné père portait à l’Algérie et à l’Armée21 !

    13Cette signification propre au contexte algérien explique pourquoi la souscription atteignit un public bien plus large que l’armée. Elle impliqua non seulement un grand nombre de particuliers et de fonctionnaires civils français, mais également des colons européens non français et plusieurs notables juifs et musulmans qui en profitèrent pour afficher leur intérêt pour le maintien d’une tutelle française22. Cela était particulièrement clair chez ce groupe de notables musulmans de Constantine qui regroupait, autour du khalīfa, les ‘ulamā, le qā’id et les membres algériens (nommés) du conseil municipal23. Par leur contribution non négligeable, 2 000 francs, ils signalaient leur loyauté et réclamaient, en même temps, une position « égale » comme « enfants » de la France :

    Veuillez nous pardonner la liberté que nous prenons, adhérez à notre demande et veuillez aussi la faire accueillir par votre puissant Gouvernement, afin [qu’en cette circonstance] notre position soit égale à la vôtre ; car en toutes choses nous sommes considérés comme des vôtres. Nos Esprits et nos âmes doivent être comptés comme des Enfants serviteurs de la Puissance Française24.

    14L’envoi d’une telle somme s’explique par la situation politique à Constantine. L’autorité française s’était appuyée, après la chute d’Ahmad Bey, sur un réseau de notables locaux et de grandes familles auxquels elle avait procuré de lucratives positions d’influence25. Cette expérimentation de formes d’administration indirecte dégénéra, au tournant des années 1840, en de vigoureuses querelles parmi des groupes rivaux de notables et de commandants français. Le principal acteur de la contribution constantinoise était sans doute ‘Alī b. Bā-Aḥmad, connu sous le nom de Caïd Ali, proche allié du commandant français de Constantine, le général Négrier. Par la violence, les deux hommes s’étaient approprié le pouvoir dans la province et avaient éliminé leurs concurrents. En septembre et octobre 1842, la critique publique et interne de ce règne de la terreur avait atteint un niveau tel à Constantine que la destitution de Caïd Ali et le remplacement de Négrier semblaient imminents. La générosité ostentatoire de la part de l’élite menacée répondait donc à cette situation. La contribution à la souscription donna le signal à toute une série de pétitions par laquelle ces notables cherchèrent à garder le statu quo, à empêcher la destitution de Négrier, et à déjouer la réintégration du ḥakam de Constantine, Ḥammūda26.

    Monumentaliser l’avenir de la colonie

    15Les liens étroits entre la monumentalisation du prince défunt et la question de l’avenir colonial de l’Algérie se retrouvent dans les polémiques qui ponctuèrent la réalisation du projet. Deux questions essentielles – celle de l’emplacement et celle des inscriptions – chargées de symbolisme devaient concentrer les enjeux. Dès l’origine, toutes les parties intéressées s’étaient accordées sur le fait qu’il n’y avait pas de meilleur emplacement pour le monument que la « place principale » d’Alger, connue (après plusieurs changements de nom) comme la place du Gouvernement. Le projet d’un vaste terrain dégagé près du port, dans la ville basse d’Alger, datait de la première année de l’occupation française, sous le gouverneur général Clauzel27. S’appuyant sur des considérations d’ordre militaire, il entendait par ailleurs rapprocher la ville ottomane des modèles européens. La démolition de centaines d’immeubles d’habitation et de commerce ainsi que de l’importante mosquée Al-Sayyida créa des faits irréversibles, à un moment où la politique métropolitaine était profondément divisée sur la durée et les objectifs de la présence française à Alger. Complètement démesurée par rapport aux dimensions de la ville de l’époque, la place mais aussi les travaux liés à sa création formèrent un symbole tangible de l’occupation française à Alger pendant ses deux premières décennies.

    16Par son importance logistique et symbolique, la place du Gouvernement constitua l’élément central de la lutte (beaucoup plus générale) entre les militaires et la population civile européenne autour du développement urbain d’Alger dans les années 1830 et 1840. Les travaux s’étalèrent jusqu’à la fin des années 1840. Pendant les deux décennies de sa construction, la forme de la place changea plusieurs fois, ainsi que sa fonction et sa décoration. Il fut en revanche acquis quasiment d’emblée que la place devrait constituer une sorte de « forum » de la colonie autour duquel se réuniraient les institutions importantes du gouvernement (comme le siège de l’administration centrale) et de la vie culturelle (comme le théâtre)28. Un projet, présenté par l’administration civile (le directeur de l’Intérieur Guyot et son architecte Guiauchain) en 1840, prévoyait déjà un élément commémoratif, une colonne en l’honneur de l’armée d’Afrique29. La statue du duc d’Orléans contribuait ainsi à la densification de la présence française à Alger. Composé dans le style de la statuaire académique de l’époque, le monument s’insérait bien dans le cadre architectural « français » de la place. En raison de son importance, la statue fut aussi immédiatement l’objet de querelles entre militaires et civils. L’armée hésita plus de six décennies avant de la céder, en 1909-1910, à la municipalité30.

    17Malgré une unanimité sur l’emplacement, la position exacte de la statue sur la place et son orientation, lourdes en symboles, causèrent des remous. Louis-Philippe décida en juillet 1844, après un long temps d’indécision, que la statue serait placée au milieu de la place, face à la mer31. De cette façon, le prince ferait face à la mère-patrie, comme le précisait un rapport préparatoire32. Sur place, l’idée fut rapidement combattue. Deux semaines après la décision du roi, le conseil d’administration, dominé par des fonctionnaires civils, décida de soumettre un modèle du monument à des experts, aux membres du conseil et au public, afin que ceux-ci déterminent le meilleur emplacement33. En dépit des assurances du commandant du génie militaire, qu’une telle consultation validerait la décision royale, les acteurs sur place la firent réviser34. Après de longs débats, le directeur de l’Intérieur Guyot, arguant de la forme hexagonale de la place, imposa l’idée de déplacer la statue vers son extrémité orientale, ouverte sur la mer35.

    18Le conseil d’administration jugea plus urgent encore de changer l’orientation de la statue, qui se révélait porteuse d’un message particulier. Avant même de s’être mis d’accord sur l’emplacement de la statue, les conseillers déclarent à l’unanimité, en s’appuyant sur l’opinion publique locale, « qu’en plaçant la Statue de manière à ce que la face en soit tournée vers l’Algérie, la pose sera[it] plus exactement conforme à l’attitude du Prince quand il vint y combattre pour la dernière fois36 ». Un rapport du gouverneur général au roi souligna plus clairement encore cette dimension symbolique en soulignant « qu’il n’était pas naturel que le prince parût fuir la terre conquise par la France, et qu’il valait mieux qu’il fit face à ce pays où il a laissé tant et de si nobles souvenirs37 ». Au lieu d’aspirer à retourner en Europe, le représentant de la France devait faire face à l’intérieur du pays dont la conquête était loin d’être accomplie. Par décision du 1er novembre 1844, le roi accepta les propositions sur l’emplacement et l’orientation de la statue38.

    19Cet épisode devint très vite l’objet de légendes locales, autre fait qui témoigne de la signification énorme que pouvaient revêtir de tels détails alors que l’avenir colonial était toujours incertain. Dans un nouveau contexte de débats sur l’avenir de l’Algérie dans les années 1860, Charles Desprez, un artiste et intime connaisseur d’Alger, répercuta l’épisode, en le dramatisant. Selon sa version (encore vivace des décennies plus tard), il existait « à Paris, à ce moment – déjà – tout un groupe d’hommes d’État, voire des ministres, animés de très mauvaises intentions à l’égard de la colonie », et qui avaient voulu empêcher l’envoi de la statue. Seul le fils du roi, le duc d’Aumale, avait brisé cette opposition, en décidant l’envoi et l’emplacement de la statue par ces mots nets : « À l’extrémité de la place, vers l’intérieur de l’Afrique et adossée à la mer, pour qu’il soit bien compris que la France ne peut plus reculer39. »

    20Le deuxième différend portait sur les inscriptions du monument et n’était pas non plus détaché des conflits autour de l’avenir de la colonie. En avril 1845, la décision fut prise à Paris que les deux statues, de Paris et d’Alger, porteraient une simple et même inscription : « L’armée au Duc d’Orléans, Prince Royal, 184240 ». Il s’agissait à la fois d’insister sur la similitude des deux statues et, en n’évoquant que l’armée, d’entériner la prise en main du projet par le ministère de la Guerre et de l’exclusivité sur la souscription accordée à l’armée. Du fait de l’intervention du ministre de la Guerre, plus de 90 % du total des 320 000 francs provenaient des souscriptions de l’armée et des subventions du ministère41.

    21En dépit du caractère sans appel de ces chiffres, l’insistance sur le rôle de l’armée provoqua des protestations à Alger : des représentants des colons n’étaient-ils pas, après tout, à l’origine du projet ? Les souscriptions antérieures à l’intervention ministérielle de novembre 1842 ne témoignaient-elles pas d’une participation presque égale des civils ? Devant la vigueur des luttes entre militaires et civils, Bugeaud lui-même semble avoir considéré l’omission de ces derniers comme risquée et difficile à justifier. Sans concertation avec le ministère, le gouvernement général prépara des inscriptions alternatives. En français et latin, celles-ci évoquaient la « population africaine » (cives africani) comme promotrice de la statue. Le général de Lamoricière, alors gouverneur général par intérim, trouva ces notes parmi les papiers de Bugeaud et y ajouta ses propres réflexions. Il regrettait qu’« aucun mot ne rappell[a] que ce sont les Français qui ont élevé la statue42 », et il formulait le souhait, par ailleurs, que l’inscription apparaisse également en arabe. Le ministère réagit sèchement à ces initiatives et engagea Alger à respecter la décision du roi. Avec l’arrivée de la statue à Alger en septembre 1845, la question prit un caractère d’urgence et la pression locale augmenta43. Guyot, se référant à la paternité civile du projet et au grand contingent de souscriptions des civils, faisait pression pour inclure ces derniers dans l’inscription, le commandant du génie et Bugeaud intervenant eux-mêmes dans ce sens, mais sans succès auprès du ministre44. Le blocage eut pour conséquence une inauguration du monument sans inscription le 28 octobre 1845.

    22L’inauguration passée, la lutte s’intensifia encore, mobilisant un public plus important. Alors qu’un journal local essayait encore de calmer un public apparemment révolté, lui promettant que la participation des colons serait reconnue, le ministère maintint sa position intransigeante45. Au rappel des souscriptions civiles, le ministre rétorqua qu’il n’en avait pas été averti, sans quoi il aurait su s’y opposer, « par la raison que les divers ordres civils de France n’ont point été admis à y concourir, et que l’armée seule était appelée à faire hommage du monument, par conséquent, à en couvrir les frais46 ». La querelle atteignit jusqu’au roi, à qui des membres civils de la commission adressèrent, en novembre 1845, une pétition au nom de la population civile d’Alger. Ils y mettaient en relief non seulement la paternité civile du projet, leur part dans les souscriptions et la majorité civile au sein du comité d’organisation, mais dépeignaient aussi le prince royal comme un partisan de la colonisation civile et un ami des colons : « Celui à qui nous avons voulu rendre ce dernier hommage, aimait à s’entourer des colons ; il encourageait et honorait nos travaux. Nous invoquons sa mémoire. Il ne répudierait pas l’hommage de notre douleur et de notre amour47. » Peu après, un membre de la commission parisienne reconnut l’engagement civil en faveur du monument. Avec le commandant du génie chargé de la production du piédestal, ils pointèrent l’« effet négatif » d’une exclusion de la population civile européenne d’Alger et insistèrent sur l’engagement de cette dernière dans les milices. Un changement de l’inscription fut alors accordé48. En mars 1846, quasiment six mois après l’inauguration, l’inscription définitive était établie : « L’armée et la population de l’Algérie au Duc d’Orléans, Prince Royal, 1842 ». Elle ne fut placée sur le monument qu’en janvier 184749.

    23Ces différends montrent que la commémoration du duc d’Orléans, ne mettant en apparence qu’en jeu la monarchie en métropole, est en fait inséparablement liée à la situation de la colonie et aux conflits qu’elle engendre. Ainsi, la controverse autour de l’inscription est née de la position disputée de la population civile dans une colonie dominée par l’armée. Les initiatives et les débats – comme ceux autour de l’emplacement du monument – manifestent également le souci d’affirmer de manière symbolique la conquête de l’Algérie, encore récente et contestée. L’inauguration en grande pompe et devant une véritable foule d’un monument sans inscription témoigne enfin de l’importance que tenait dans ce projet le souci de pérenniser la présence française50. Cet après-midi du 28 octobre 1845, à l’intérieur d’un grand carré formé de soldats et de miliciens, les autorités civiles et militaires, le clergé, les consuls européens, les muftis et cadis d’Alger et des envoyés des centres de colonisation des environs procédèrent au dévoilement de la statue. Les deux orateurs, le gouverneur général par intérim de Bar et le comte Guyot, insistèrent sur les liens entre l’Algérie et la France, désormais qualifiés d’indissolubles, que symbolisait le monument. Guyot, véritable protagoniste de l’inauguration en l’absence de Bugeaud, saisit cette signification d’une manière particulièrement claire quand il s’exclama :

    N’était-ce pas au prince si dévoué à la prospérité du pays, qu’il appartenait d’y marquer le premier l’empreinte ineffaçable de la conquête ? C’est qu’en effet ce monument, aux yeux du peuple conquérant comme aux yeux du peuple conquis, c’est le sceau de la prise de possession définitive du sol, et le peuple qui l’a voté s’est, en s’honorant lui-même, uni à cette terre par un lien indissoluble51 !

    24Devant cet arrière-plan, même le choix des matériaux pour le monument revêt une signification particulière. Ceux-ci venaient exclusivement d’Algérie, initialement par souci d’économie, mais la réalisation de la statue par la fonte de canons ottomans, butins de la prise d’Alger, cadrait particulièrement bien avec ce geste de consécration symbolique de l’occupation52.

    25Ce geste, comme Guyot le soulignait dans son discours d’inauguration, était aussi adressé au « peuple conquis ». Plusieurs observateurs de l’événement se mirent ainsi à conjecturer sur les réactions de la population algérienne face au monument, « le premier que des mains chrétiennes aient élevé ici depuis la chute de la civilisation romaine53 ». Guyot consacra presque la moitié de son discours à des réflexions sur la façon dont on pourrait expliquer à la population musulmane ce monument, comme ceux qui suivraient, éléments d’un culte des héros « civilisés ». Un journal local affirmait avoir vu « la partie éclairée de la population indigène » à la fête, alors qu’un autre rapportait que beaucoup d’Algériens avaient fait montre d’un manque total de compréhension et craignaient que la statue ne prenne vie un jour54. L’observation massive de telles réactions est douteuse : une large partie de la population algérienne semblait avoir quitté la ville ce jour-là55.

    Affirmation et contestation d’un symbole de la conquête

    26Ce caractère de symbole de la conquête fut durablement attaché à la statue à Alger, primant sur son autre fonction de symbole de la monarchie de Juillet, fonction pourtant dominante en métropole. Cette signification spécifiquement algéroise fut confirmée à plusieurs reprises au cours des changements dramatiques de régime qui marquèrent la vie politique française jusqu’à l’avènement de la IIIe République en 1870. Ainsi, après la révolution de février 1848, des républicains d’Alger s’apprêtaient à déboulonner la statue et à la jeter à la mer56. Une grande partie de la presse et du public s’inquiétèrent alors que la ville soit « privée du seul monument qui la décore57 ». Des civils indignés défendirent le monument et s’engagèrent avec succès pour sa préservation auprès du gouverneur général Cavaignac et du gouvernement provisoire à Paris. En 1870, à la chute du Second Empire, l’idée d’enlever le monument du prince et de le remplacer par une statue de la Liberté ressuscita. Le 5 septembre, un partisan du nouveau régime parvint à dissuader une foule de républicains de renverser la statue : « Nous ne […] devons pas précisément l’Algérie [au duc d’Orléans], mais il a personnellement combattu pour sa conquête ; il l’a faite déclarer française, alors que les puissances jalouses nous en contestaient le droit ; il s’est enfin montré partisan de la colonisation58. »

    27La statue du duc d’Orléans, ainsi sauvée à plusieurs reprises, marquait profondément la perception de la première place à Alger sous domination française. La population algérienne comme les Européens non français avaient rebaptisé la place du Gouvernement du nom de « Place du cheval » (Sāḥat/Blāṣat al-‘oud et Plaza del Caballo) – opérant une intéressante focalisation sur l’animal, au détriment de l’illustre cavalier59. Situés sur ce vaste terrain brutalement créé pendant les premières années de l’occupation, le prince et son cheval demeuraient le vestige symbolique des efforts menés pour faire de la place du Gouvernement le forum de la colonie60. À partir du milieu des années 1840, les priorités urbanistiques commencèrent à suivre l’expansion de la ville vers le sud.

    28Malgré la relégation dont elles souffraient, la place et sa statue, situées au carrefour de la vieille ville, du nouveau centre-ville et de Bab el-Oued, centre des « petits blancs » algérois, continuèrent à jouer un rôle de premier plan dans les processus de négociation de la domination coloniale. Bien avant les grands défilés des années 1930, le monument était victime de vandalisme et les manifestants n’hésitaient pas à se l’approprier61. Mais c’est surtout durant les dramatiques années 1930, alors que le conflit autour d’une réforme du système colonial battait son plein, que la statue du duc d’Orléans redevint le centre de l’attention – dans sa fonction de symbole de la conquête. Ce n’est donc pas par hasard si, au moment du Front populaire et du Congrès musulman, les défilés la prirent pour point final et en firent la scène de leurs revendications d’une réforme du système colonial. Vers la fin de cette époque, un journal algérien proche du mouvement des réformistes musulmans algériens formule de façon explicite cet engagement avec l’héritage symbolique de la ville, quand il émet l’idée d’ériger un monument à la gloire de Maurice Viollette, l’ex-gouverneur général « indigénophile » et l’avocat des réformes, sur la place du Gouvernement, en face du duc d’Orléans, « représentant la conquête violente, les armes à la main62 ».

    29Comme nous le savons rétrospectivement, une autre image était promise à plus d’avenir : celle de plusieurs milliers de nationalistes algériens guidés par Messali Hadj, suivant le défilé du Front populaire le 14 juillet 1937 et remplissant la place du Gouvernement en brandissant le drapeau national algérien63. Vingt-cinq ans plus tard, le 3 juillet 1962, jour de la déclaration de l’indépendance algérienne (fixée au 5 juillet), des foules en liesse gagnaient ces lieux chargés en symbolisme colonial, ornant la statue du duc d’Orléans d’un drapeau algérien64. Sa fonction de symbole de la conquête, qui l’avait préservée pendant plus d’un siècle à plusieurs moments critiques de l’histoire d’Alger, signa le sort final de la statue à Alger. Dans la nuit du 5 juillet, l’armée française l’enleva de son socle et, après un court séjour dans un entrepôt militaire, l’expédia en France65. Après de longs débats, Neuilly-sur-Seine, commune au nord-ouest de Paris et lieu de l’accident mortel du prince en 1842, devint son ultime destination. Là-bas, plus que jamais centrée sur la personne du duc, la statue changea enfin de signification – du symbole d’une conquête affirmée au vestige d’un passé colonial révolu.

    Notes de bas de page

    1 Voir par exemple les rapports : Commissaire central de la police d’Alger, Rapport au préfet d’Alger, 15 juin 1936, Archives nationales d’outre-mer [ANOM], Aix-en-Provence, Archives de la préfecture d’Alger, 91/F/5 ; Chef de la Sûreté départementale au préfet d’Oran (Cabinet), 15 juin 1936, ANOM, Archives du Gouvernement général de l’Algérie, 7G/31 ; Rapport de la Sûreté départementale de Constantine, 14 juin 1936, ANOM, Archives du Gouvernement général de l’Algérie, 9H/48.

    2 Commissaire central de la police d’Alger au directeur de la Sécurité générale de l’Algérie, 14 juillet 1936, ANOM, Archives du Gouvernement général de l’Algérie, 7CAB/30.

    3 Omar Carlier, Entre nation et jihad. Histoire sociale des radicalismes algériens, Paris, Presses de la Fondation nationale des sciences politiques, 1995, p. 52.

    4 Le Commissaire de la police spéciale départementale d’Alger, Rapport, 15 juillet 1938, ANOM, Archives du Gouvernement général de l’Algérie, 7CAB/30. Sur les célébrations du 14 juillet dans le contexte colonial algérien, voir Jan C. Jansen, « Celebrating the “Nation” in a Colonial Context : “Bastille Day” and the Contested Public Space in Algeria, 1880-1939 », The Journal of Modern History 85 (2013), p. 36-68. Sur le Front populaire et le Congrès musulman algérien, voir James McDougall, A History of Algeria, Cambridge, Cambridge University Press, 2017, p. 170-173 ; Mahfoud Kaddache, Histoire du nationalisme algérien, 1919-1951, Alger, Soc. Nationale d’Éd. et de Diffusion, 1980, t. 1, p. 373-555 ; Charles-Robert Ageron, Histoire de l’Algérie contemporaine, t. 2, De l’insurrection de 1871 au déclenchement de la guerre de libération (1954), Paris, PUF, 1979, p. 433-466 ; Claire Marynower, « Le Front populaire en Algérie et le Congrès musulman algérien », dans Abderrahmane Bouchène et al., Histoire de l’Algérie à la période coloniale, 1830-1962, Paris/Alger, La Découverte/Barzakh, 2012, p. 401-404.

    5 Voir les rapports sur ces défilés : Chef de la Sûreté départementale d’Alger, Rapport, 14 juin 1936 ; Commissaire central de la police d’Alger, Rapport au Préfet d’Alger, 15 juin 1936, ANOM, Archives de la Préfecture d’Alger, 91/F/5 ; L’Algérie, 15 juin 1936 ; Sûreté départementale d’Alger, Rapport, 15 juillet 1937 ; le Commissaire de la police spéciale départementale d’Alger, Rapport, 15 juillet 1938, ANOM, Archives du Gouvernement général de l’Algérie, 7CAB/30.

    6 Omar Carlier, « L’espace et le temps dans la recomposition du lien social : l’Algérie de 1830 à 1930 », dans Jocelyne Dakhlia (dir.), Urbanité arabe. Hommage à Bernard Lepetit, Arles, Sinbad/Actes Sud, 1998, p. 149-224, not. p. 151-177.

    7 Sur l’histoire urbaine d’Alger, voir Tal Shuval, La ville d’Alger vers la fin du xviiie siècle : population et cadre urbain, Paris, Éditions du CNRS, 1998 ; René Lespès, Alger, étude de géographie et d’histoire urbaines, Paris, Alcan, 1930 ; Zeynep Çelik, Urban Forms and Colonial Confrontations : Algiers under French Rule, Berkeley, University of California Press, 1997 ; Jean-Louis Cohen, Nabila Oulebsir, Youcef Kanoun (dir.), Alger : paysage urbain et architectures, 1800-2000, Paris, Éd. de l’Imprimeur, 2003 ; Rachid Ouahes, Le forum et l’informe : projet et régulation publique à Alger, 1830-1860, thèse de doctorat, Écoles d’architecture de Paris-Belleville, de Paris La Villette, de Paris Malaquais, de Versailles, université Paris 8‒Saint-Denis, 2006 ; Zeynep Çelik, Julia Clancy-Smith, Frances Terpak (dir.), Walls of Algiers : Narratives of the City through Text and Image, Los Angeles, Getty Research Institute, 2009.

    8 Carlier, « L’espace et le temps », art. cité, p. 153.

    9 Sur les processus de dénomination, voir Jan C. Jansen, Erobern und Erinnern : Symbolpolitik, öffentlicher Raum und französischer Kolonialismus in Algerien, 1830-1950, Munich, Oldenbourg, 2013, p. 104-116.

    10 Pour Alger comme « laboratoire commémoratif », voir Jan C. Jansen, « Un monument pour le “Royaume arabe” ? Politiques symboliques et enjeux de pouvoir à Alger, dans les années 1860 », dans Romain Bertrand, Hélène Blais, Emmanuelle Sibeud (dir.), Cultures d’empires ? Échanges et affrontements culturels en situations coloniales, Paris, Karthala, 2015, p. 271-292, not. p. 274-276.

    11 Robert Hervé, « Urbanisme et culte du grand homme au xixe siècle : le destin de la statue équestre du Duc d’Orléans par Marochetti », Bulletin de la Société de l’Histoire de Paris et de l’Île-de-France, 117 (1990), p. 295-311.

    12 Reconstruction des événements par le directeur de l’Intérieur au gouverneur général de l’Algérie [GGA], 11 octobre 1845 ; Note pour le ministre de la Guerre, 5 décembre 1845, Service historique de l’armée de terre [SHAT], Vincennes, Archives collectives et individuelles du personnel, 7Yd/1118/1 ; ministre de la Guerre au GGA, 12 septembre 1842, ANOM, Fonds ministériel [FM], F/80/1587. Voir aussi l’Adresse de la société coloniale d’Alger, 19 juillet 1842, Archives nationales, site de Paris, Maison du roi et intendance de la liste civile, O4/314.

    13 L’Akhbar, 7 août 1842 et 11 août 1842.

    14 Pour la formation et les activités de la commission, voir L’Akhbar, 11 août 1842 ; Programme de souscription pour l’érection sur la place royale à Alger d’un monument à la mémoire de S.A.R. Mgr le Duc d’Orléans, 7 août 1842 ; Rapport au ministre de la Guerre, 4 novembre 1842, SHAT, Archives collectives et individuelles du personnel, 7Yd/1118/1 ; ministre de la Guerre au GGA, 12 septembre 1842, ANOM, FM, F/80/1587. Pour la personne de Vialars, Narcisse Faucon, Le Livre d’or de l’Algérie, t. 1 : Biographies, Paris, Challamel, 1889, p. 671. Sous le règne de Louis-Philippe, les gants jaunes étaient considérés comme signe de l’aristocratie.

    15 Programme de souscription…, 7 août 1842, SHAT, Archives collectives et individuelles du personnel, 7Yd/1118/1.

    16 Sur les liens entre la conquête et la monarchie de Juillet, voir Jennifer E. Sessions, By Sword and Plow : France and the Conquest of Algeria, Ithaca, Cornell University Press, 2011, notamment chapitre 2.

    17 Arrêté du ministre de la Guerre, 8 novembre 1842, SHAT, Archives collectives et individuelles du personnel, 7Yd/1118/1 ; Le Moniteur universel, 13 novembre 1842 ; L’Akhbar, 24 novembre 1842.

    18 Arrêté du ministre de la Guerre, 29 novembre 1842 ; Valée au ministre de la Guerre, 22 novembre 1842, SHAT, Archives collectives et individuelles du personnel, 7Yd/1118/1 ; Recueil des actes du gouvernement de l’Algérie, 1830-1854, Alger, Imprimerie du Gouvernement, 1856, p. 211-212.

    19 Charles-André Julien, Histoire de l’Algérie contemporaine, t. 1 : La conquête et les débuts de la colonisation (1827-1871), Paris, PUF, 1964, p. 252-255 ; Lespès, Alger…, op. cit., p. 498-502.

    20 L’Akhbar, 21 juillet 1842.

    21 Programme de souscription…, 7 août 1842, SHAT, Archives collectives et individuelles du personnel, 7Yd/1118/1.

    22 Voir par exemple les listes de souscription d’Oran : directeur de l’Intérieur d’Oran au directeur de l’Intérieur de l’Algérie, 30 septembre 1842, Archives de la wilaya d’Oran [AWO], Oran, Série continue, 9706.

    23 Les titres du khalīfa (lieutenant) et du qā’id (chef) désignent des positions au sein du système de gouvernement indirect que l’administration militaire française expérimente à cette époque dans la région constantinoise. ‘ulamā désigne ici l’establishment religieux.

    24 Pétition au commandant de la division de Constantine, 4 octobre 1842, trad., ANOM, FM, F/80/1587. Je n’ai pas pu trouver la version originale de cette pétition. Il n’est pas clair dans cette version si l’insertion entre parenthèses apparaît également dans l’original ou si elle a été faite par le traducteur.

    25 Sur cette expérimentation avec des formes de gouvernement indirect à Constantine, voir surtout Charles-Robert Ageron, « Administration directe ou Protectorat : un conflit de méthodes sur l’organisation de la province de Constantine (1837-1838) », Revue française d’histoire d’outre-mer, 51 (1963), p. 5-40 ; Michel Levallois, Ismaÿl Urbain (1812-1884) : une autre conquête de l’Algérie, Paris, Maisonneuve et Larose, 2001.

    26 Voir les pétitions du 19 décembre 1842 et du 23 décembre 1842, trad., SHAT, Algérie, 1H/87. Le titre du ḥakam/hakem désigne également une position au sein de l’administration indigène à Constantine à l’époque.

    27 Pour l’histoire de la place, voir Lespès, Alger…, op. cit. ; Ouahes, Le forum et l’informe…, op. cit. Pour la dénomination, voir Conseil municipal d’Alger, 15 juin 1849, Archives du Conseil populaire de la ville d’Alger [ACPVA], Alger, Registre des délibérations du conseil municipal [RDCM], R1/1848‒1849, 137r.

    28 Voir notamment Ouahes, Le forum et l’informe…, op. cit.

    29 Projet d’une Colonne triomphale à élever sur la place du Gouvernement à Alger, par l’architecte de la Ville d’Alger, 1er octobre 1840, ANOM, Archives du Gouvernement général d’Alger, 1E/187, Liasse 1. Voir aussi Ouahes, Le forum et l’informe…, op. cit., p. 262.

    30 Ministre de la Guerre au sous-secrétaire d’État des Beaux-Arts, 5 avril 1910, Médiathèque de l’architecture et du patrimoine [MAP], Charenton-le-Pont, 80/1/119 ; La Dépêche algérienne, 27 décembre 1909.

    31 Ministre de la Guerre, Minute du rapport au roi, 7 juillet 1844 ; ministre de la Guerre au GGA, 12 juillet 1844, SHAT, Archives collectives et individuelles du personnel, 7Yd/1118/1.

    32 Général Valée au ministre de la Guerre, 30 décembre 1842, SHAT, Archives collectives et individuelles du personnel, 7Yd/1118/1.

    33 Conseil d’administration, 23 juillet 1844, ANOM, Archives du Gouvernement général de l’Algérie, 3F/12, Registres des délibérations, R12/1843‒1844, 270 ; Direction des affaires de l’Algérie, note pour le Secrétariat général, 5 septembre 1844, SHAT, Archives collectives et individuelles du personnel, 7Yd/1118/1.

    34 Commandant du génie au ministre de la Guerre, 10 août 1844, SHAT, Archives collectives et individuelles du personnel, 7Yd/1118/1.

    35 Conseil d’administration, 23 septembre 1844, ANOM, Archives du Gouvernement général de l’Algérie, 3F/13, Registres des délibérations, R13/1844‒1845, 19-20.

    36 Conseil d’administration, 25 août 1844, Registre des délibérations, Extrait, SHAT, Archives collectives et individuelles du personnel, 7Yd/1118/1.

    37 Note à l’appui du projet de placement, GGA, o.D., SHAT, Archives collectives et individuelles du personnel, 7Yd/1118/1.

    38 Ministre de la Guerre, Rapport au roi, 1er novembre 1844, SHAT, Archives collectives et individuelles du personnel, 7Yd/1118/1.

    39 Charles Desprez, Alger, naguère et maintenant, Alger, F. Maréchal, 1868, p. 78-99 ; La Dépêche algérienne, 27 décembre 1909.

    40 Ministre de la Guerre, Rapport au roi, 10 avril 1845, SHAT, Archives collectives et individuelles du personnel, 7Yd/1118/1.

    41 État récapitulatif des sommes souscrites, s.d., SHAT, Archives collectives et individuelles du personnel, 7Yd/1118/1.

    42 GGA (intérim) au ministre de la Guerre, 11 septembre 1845, SHAT, Archives collectives et individuelles du personnel, 7Yd/1118/1.

    43 L’Akhbar, 16 septembre 1845 et 2 octobre 1845.

    44 Directeur de l’Intérieur au GGA, 11 octobre 1845 ; GGA (intérim) au ministre de la Guerre, 14 octobre 1845 ; Commandant du génie au ministre de la Guerre, 20 octobre 1845 ; ministre de la Guerre au GGA, 24 octobre 1845, SHAT, Archives collectives et individuelles du personnel, 7Yd/1118/1.

    45 L’Akhbar, 2 novembre 1845.

    46 Ministre de la Guerre au sous-secrétaire, 30 novembre 1845, SHAT, Archives collectives et individuelles du personnel, 7Yd/1118/1.

    47 Les membres civils de la commission au roi, s.d. ; Secrétaire au cabinet du roi au ministre de la Guerre, 29 novembre 1845, SHAT, Archives collectives et individuelles du personnel, 7Yd/1118/1.

    48 Note pour le ministre de la Guerre, 5 décembre 1845 ; commandant du génie au ministre de la Guerre, 18 février 1846, SHAT, Archives collectives et individuelles du personnel, 7Yd/1118/1.

    49 Ministre de la Guerre, Rapport au roi, 6 mars 1845 ; ministre de la Guerre à Bugeaud, 7 mars 1846, SHAT, Archives collectives et individuelles du personnel, 7Yd/1118/1.

    50 L’Akhbar, 30 octobre 1845 ; La France algérienne, 29 octobre 1845 ; Le Moniteur algérien, 30 octobre 1845.

    51 Le Moniteur algérien, 30 octobre 1845.

    52 Ministère de la Guerre, Note pour le secrétaire général, 9 décembre 1842, SHAT, Archives collectives et individuelles du personnel, 7Yd/1118/1.

    53 L’Akhbar, 30 octobre 1845.

    54 La France algérienne, 29 octobre 1845 ; L’Akhbar, 2 novembre 1845.

    55 L’Akhbar, 30 octobre 1845. Selon le journal, ils craignaient notamment que leurs maisons s’écroulent suite aux salves de canons lors des fêtes.

    56 L’Akhbar, 5 mars 1848.

    57 L’Akhbar, 26 mars 1848.

    58 L’Akhbar, 15 décembre 1870.

    59 L’Afrique du Nord illustrée, 13 juin 1925 ; Nabila Oulebsir, Les usages du patrimoine : monuments, musées et politique coloniale en Algérie (1830 -1930), Paris, Éditions de la Maison des Sciences de l’Homme, 2004, p. 310.

    60 Zeynep Çelik, « Colonial/Postcolonial Intersections : Lieux de mémoire in Algiers », Third Text, 13,49 (1999), p. 63-72, spéc. p. 65-66.

    61 La Dépêche algérienne, 16 juillet 1904 ; L’Afrique du Nord illustrée, 13 juin 1925.

    62 La Défense, 7 décembre 1938. Ce projet, qui ne s’est jamais matérialisé, rappelle le débat vigoureux, à la même époque, sur la possibilité d’ériger, à Alger, un monument pour l’émir ‘Abd al-Qadir. Voir sur le sujet, Jan C. Jansen, « Creating National Heroes : Colonial Rule, Anticolonial Politics, and Conflicting Memories of Emir ‘Abd al-Qadir in Algeria, 1900s-1960s », History & Memory, 28, 2016, p. 3-46.

    63 Sûreté départementale d’Alger, Rapport, 15 juillet 1937, ANOM, Archives du Gouvernement général de l’Algérie, 7CAB/30.

    64 Le Monde, 4 juillet 1962 et 7 juillet 1962.

    65 Sur l’histoire de ces transferts et de la politique vis-à-vis de l’héritage commémoratif en 1962, voir Alain Amato, Monuments en exil, Paris, L’Atlanthrope, 1979 ; Jansen, Erobern und Erinnern…, op. cit., 1-2, p. 477-488.

    Auteur

    • Jan C. Jansen

      Research Fellow au German Historical Institute, Washington

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    1 Voir par exemple les rapports : Commissaire central de la police d’Alger, Rapport au préfet d’Alger, 15 juin 1936, Archives nationales d’outre-mer [ANOM], Aix-en-Provence, Archives de la préfecture d’Alger, 91/F/5 ; Chef de la Sûreté départementale au préfet d’Oran (Cabinet), 15 juin 1936, ANOM, Archives du Gouvernement général de l’Algérie, 7G/31 ; Rapport de la Sûreté départementale de Constantine, 14 juin 1936, ANOM, Archives du Gouvernement général de l’Algérie, 9H/48.

    2 Commissaire central de la police d’Alger au directeur de la Sécurité générale de l’Algérie, 14 juillet 1936, ANOM, Archives du Gouvernement général de l’Algérie, 7CAB/30.

    3 Omar Carlier, Entre nation et jihad. Histoire sociale des radicalismes algériens, Paris, Presses de la Fondation nationale des sciences politiques, 1995, p. 52.

    4 Le Commissaire de la police spéciale départementale d’Alger, Rapport, 15 juillet 1938, ANOM, Archives du Gouvernement général de l’Algérie, 7CAB/30. Sur les célébrations du 14 juillet dans le contexte colonial algérien, voir Jan C. Jansen, « Celebrating the “Nation” in a Colonial Context : “Bastille Day” and the Contested Public Space in Algeria, 1880-1939 », The Journal of Modern History 85 (2013), p. 36-68. Sur le Front populaire et le Congrès musulman algérien, voir James McDougall, A History of Algeria, Cambridge, Cambridge University Press, 2017, p. 170-173 ; Mahfoud Kaddache, Histoire du nationalisme algérien, 1919-1951, Alger, Soc. Nationale d’Éd. et de Diffusion, 1980, t. 1, p. 373-555 ; Charles-Robert Ageron, Histoire de l’Algérie contemporaine, t. 2, De l’insurrection de 1871 au déclenchement de la guerre de libération (1954), Paris, PUF, 1979, p. 433-466 ; Claire Marynower, « Le Front populaire en Algérie et le Congrès musulman algérien », dans Abderrahmane Bouchène et al., Histoire de l’Algérie à la période coloniale, 1830-1962, Paris/Alger, La Découverte/Barzakh, 2012, p. 401-404.

    5 Voir les rapports sur ces défilés : Chef de la Sûreté départementale d’Alger, Rapport, 14 juin 1936 ; Commissaire central de la police d’Alger, Rapport au Préfet d’Alger, 15 juin 1936, ANOM, Archives de la Préfecture d’Alger, 91/F/5 ; L’Algérie, 15 juin 1936 ; Sûreté départementale d’Alger, Rapport, 15 juillet 1937 ; le Commissaire de la police spéciale départementale d’Alger, Rapport, 15 juillet 1938, ANOM, Archives du Gouvernement général de l’Algérie, 7CAB/30.

    6 Omar Carlier, « L’espace et le temps dans la recomposition du lien social : l’Algérie de 1830 à 1930 », dans Jocelyne Dakhlia (dir.), Urbanité arabe. Hommage à Bernard Lepetit, Arles, Sinbad/Actes Sud, 1998, p. 149-224, not. p. 151-177.

    7 Sur l’histoire urbaine d’Alger, voir Tal Shuval, La ville d’Alger vers la fin du xviiie siècle : population et cadre urbain, Paris, Éditions du CNRS, 1998 ; René Lespès, Alger, étude de géographie et d’histoire urbaines, Paris, Alcan, 1930 ; Zeynep Çelik, Urban Forms and Colonial Confrontations : Algiers under French Rule, Berkeley, University of California Press, 1997 ; Jean-Louis Cohen, Nabila Oulebsir, Youcef Kanoun (dir.), Alger : paysage urbain et architectures, 1800-2000, Paris, Éd. de l’Imprimeur, 2003 ; Rachid Ouahes, Le forum et l’informe : projet et régulation publique à Alger, 1830-1860, thèse de doctorat, Écoles d’architecture de Paris-Belleville, de Paris La Villette, de Paris Malaquais, de Versailles, université Paris 8‒Saint-Denis, 2006 ; Zeynep Çelik, Julia Clancy-Smith, Frances Terpak (dir.), Walls of Algiers : Narratives of the City through Text and Image, Los Angeles, Getty Research Institute, 2009.

    8 Carlier, « L’espace et le temps », art. cité, p. 153.

    9 Sur les processus de dénomination, voir Jan C. Jansen, Erobern und Erinnern : Symbolpolitik, öffentlicher Raum und französischer Kolonialismus in Algerien, 1830-1950, Munich, Oldenbourg, 2013, p. 104-116.

    10 Pour Alger comme « laboratoire commémoratif », voir Jan C. Jansen, « Un monument pour le “Royaume arabe” ? Politiques symboliques et enjeux de pouvoir à Alger, dans les années 1860 », dans Romain Bertrand, Hélène Blais, Emmanuelle Sibeud (dir.), Cultures d’empires ? Échanges et affrontements culturels en situations coloniales, Paris, Karthala, 2015, p. 271-292, not. p. 274-276.

    11 Robert Hervé, « Urbanisme et culte du grand homme au xixe siècle : le destin de la statue équestre du Duc d’Orléans par Marochetti », Bulletin de la Société de l’Histoire de Paris et de l’Île-de-France, 117 (1990), p. 295-311.

    12 Reconstruction des événements par le directeur de l’Intérieur au gouverneur général de l’Algérie [GGA], 11 octobre 1845 ; Note pour le ministre de la Guerre, 5 décembre 1845, Service historique de l’armée de terre [SHAT], Vincennes, Archives collectives et individuelles du personnel, 7Yd/1118/1 ; ministre de la Guerre au GGA, 12 septembre 1842, ANOM, Fonds ministériel [FM], F/80/1587. Voir aussi l’Adresse de la société coloniale d’Alger, 19 juillet 1842, Archives nationales, site de Paris, Maison du roi et intendance de la liste civile, O4/314.

    13 L’Akhbar, 7 août 1842 et 11 août 1842.

    14 Pour la formation et les activités de la commission, voir L’Akhbar, 11 août 1842 ; Programme de souscription pour l’érection sur la place royale à Alger d’un monument à la mémoire de S.A.R. Mgr le Duc d’Orléans, 7 août 1842 ; Rapport au ministre de la Guerre, 4 novembre 1842, SHAT, Archives collectives et individuelles du personnel, 7Yd/1118/1 ; ministre de la Guerre au GGA, 12 septembre 1842, ANOM, FM, F/80/1587. Pour la personne de Vialars, Narcisse Faucon, Le Livre d’or de l’Algérie, t. 1 : Biographies, Paris, Challamel, 1889, p. 671. Sous le règne de Louis-Philippe, les gants jaunes étaient considérés comme signe de l’aristocratie.

    15 Programme de souscription…, 7 août 1842, SHAT, Archives collectives et individuelles du personnel, 7Yd/1118/1.

    16 Sur les liens entre la conquête et la monarchie de Juillet, voir Jennifer E. Sessions, By Sword and Plow : France and the Conquest of Algeria, Ithaca, Cornell University Press, 2011, notamment chapitre 2.

    17 Arrêté du ministre de la Guerre, 8 novembre 1842, SHAT, Archives collectives et individuelles du personnel, 7Yd/1118/1 ; Le Moniteur universel, 13 novembre 1842 ; L’Akhbar, 24 novembre 1842.

    18 Arrêté du ministre de la Guerre, 29 novembre 1842 ; Valée au ministre de la Guerre, 22 novembre 1842, SHAT, Archives collectives et individuelles du personnel, 7Yd/1118/1 ; Recueil des actes du gouvernement de l’Algérie, 1830-1854, Alger, Imprimerie du Gouvernement, 1856, p. 211-212.

    19 Charles-André Julien, Histoire de l’Algérie contemporaine, t. 1 : La conquête et les débuts de la colonisation (1827-1871), Paris, PUF, 1964, p. 252-255 ; Lespès, Alger…, op. cit., p. 498-502.

    20 L’Akhbar, 21 juillet 1842.

    21 Programme de souscription…, 7 août 1842, SHAT, Archives collectives et individuelles du personnel, 7Yd/1118/1.

    22 Voir par exemple les listes de souscription d’Oran : directeur de l’Intérieur d’Oran au directeur de l’Intérieur de l’Algérie, 30 septembre 1842, Archives de la wilaya d’Oran [AWO], Oran, Série continue, 9706.

    23 Les titres du khalīfa (lieutenant) et du qā’id (chef) désignent des positions au sein du système de gouvernement indirect que l’administration militaire française expérimente à cette époque dans la région constantinoise. ‘ulamā désigne ici l’establishment religieux.

    24 Pétition au commandant de la division de Constantine, 4 octobre 1842, trad., ANOM, FM, F/80/1587. Je n’ai pas pu trouver la version originale de cette pétition. Il n’est pas clair dans cette version si l’insertion entre parenthèses apparaît également dans l’original ou si elle a été faite par le traducteur.

    25 Sur cette expérimentation avec des formes de gouvernement indirect à Constantine, voir surtout Charles-Robert Ageron, « Administration directe ou Protectorat : un conflit de méthodes sur l’organisation de la province de Constantine (1837-1838) », Revue française d’histoire d’outre-mer, 51 (1963), p. 5-40 ; Michel Levallois, Ismaÿl Urbain (1812-1884) : une autre conquête de l’Algérie, Paris, Maisonneuve et Larose, 2001.

    26 Voir les pétitions du 19 décembre 1842 et du 23 décembre 1842, trad., SHAT, Algérie, 1H/87. Le titre du ḥakam/hakem désigne également une position au sein de l’administration indigène à Constantine à l’époque.

    27 Pour l’histoire de la place, voir Lespès, Alger…, op. cit. ; Ouahes, Le forum et l’informe…, op. cit. Pour la dénomination, voir Conseil municipal d’Alger, 15 juin 1849, Archives du Conseil populaire de la ville d’Alger [ACPVA], Alger, Registre des délibérations du conseil municipal [RDCM], R1/1848‒1849, 137r.

    28 Voir notamment Ouahes, Le forum et l’informe…, op. cit.

    29 Projet d’une Colonne triomphale à élever sur la place du Gouvernement à Alger, par l’architecte de la Ville d’Alger, 1er octobre 1840, ANOM, Archives du Gouvernement général d’Alger, 1E/187, Liasse 1. Voir aussi Ouahes, Le forum et l’informe…, op. cit., p. 262.

    30 Ministre de la Guerre au sous-secrétaire d’État des Beaux-Arts, 5 avril 1910, Médiathèque de l’architecture et du patrimoine [MAP], Charenton-le-Pont, 80/1/119 ; La Dépêche algérienne, 27 décembre 1909.

    31 Ministre de la Guerre, Minute du rapport au roi, 7 juillet 1844 ; ministre de la Guerre au GGA, 12 juillet 1844, SHAT, Archives collectives et individuelles du personnel, 7Yd/1118/1.

    32 Général Valée au ministre de la Guerre, 30 décembre 1842, SHAT, Archives collectives et individuelles du personnel, 7Yd/1118/1.

    33 Conseil d’administration, 23 juillet 1844, ANOM, Archives du Gouvernement général de l’Algérie, 3F/12, Registres des délibérations, R12/1843‒1844, 270 ; Direction des affaires de l’Algérie, note pour le Secrétariat général, 5 septembre 1844, SHAT, Archives collectives et individuelles du personnel, 7Yd/1118/1.

    34 Commandant du génie au ministre de la Guerre, 10 août 1844, SHAT, Archives collectives et individuelles du personnel, 7Yd/1118/1.

    35 Conseil d’administration, 23 septembre 1844, ANOM, Archives du Gouvernement général de l’Algérie, 3F/13, Registres des délibérations, R13/1844‒1845, 19-20.

    36 Conseil d’administration, 25 août 1844, Registre des délibérations, Extrait, SHAT, Archives collectives et individuelles du personnel, 7Yd/1118/1.

    37 Note à l’appui du projet de placement, GGA, o.D., SHAT, Archives collectives et individuelles du personnel, 7Yd/1118/1.

    38 Ministre de la Guerre, Rapport au roi, 1er novembre 1844, SHAT, Archives collectives et individuelles du personnel, 7Yd/1118/1.

    39 Charles Desprez, Alger, naguère et maintenant, Alger, F. Maréchal, 1868, p. 78-99 ; La Dépêche algérienne, 27 décembre 1909.

    40 Ministre de la Guerre, Rapport au roi, 10 avril 1845, SHAT, Archives collectives et individuelles du personnel, 7Yd/1118/1.

    41 État récapitulatif des sommes souscrites, s.d., SHAT, Archives collectives et individuelles du personnel, 7Yd/1118/1.

    42 GGA (intérim) au ministre de la Guerre, 11 septembre 1845, SHAT, Archives collectives et individuelles du personnel, 7Yd/1118/1.

    43 L’Akhbar, 16 septembre 1845 et 2 octobre 1845.

    44 Directeur de l’Intérieur au GGA, 11 octobre 1845 ; GGA (intérim) au ministre de la Guerre, 14 octobre 1845 ; Commandant du génie au ministre de la Guerre, 20 octobre 1845 ; ministre de la Guerre au GGA, 24 octobre 1845, SHAT, Archives collectives et individuelles du personnel, 7Yd/1118/1.

    45 L’Akhbar, 2 novembre 1845.

    46 Ministre de la Guerre au sous-secrétaire, 30 novembre 1845, SHAT, Archives collectives et individuelles du personnel, 7Yd/1118/1.

    47 Les membres civils de la commission au roi, s.d. ; Secrétaire au cabinet du roi au ministre de la Guerre, 29 novembre 1845, SHAT, Archives collectives et individuelles du personnel, 7Yd/1118/1.

    48 Note pour le ministre de la Guerre, 5 décembre 1845 ; commandant du génie au ministre de la Guerre, 18 février 1846, SHAT, Archives collectives et individuelles du personnel, 7Yd/1118/1.

    49 Ministre de la Guerre, Rapport au roi, 6 mars 1845 ; ministre de la Guerre à Bugeaud, 7 mars 1846, SHAT, Archives collectives et individuelles du personnel, 7Yd/1118/1.

    50 L’Akhbar, 30 octobre 1845 ; La France algérienne, 29 octobre 1845 ; Le Moniteur algérien, 30 octobre 1845.

    51 Le Moniteur algérien, 30 octobre 1845.

    52 Ministère de la Guerre, Note pour le secrétaire général, 9 décembre 1842, SHAT, Archives collectives et individuelles du personnel, 7Yd/1118/1.

    53 L’Akhbar, 30 octobre 1845.

    54 La France algérienne, 29 octobre 1845 ; L’Akhbar, 2 novembre 1845.

    55 L’Akhbar, 30 octobre 1845. Selon le journal, ils craignaient notamment que leurs maisons s’écroulent suite aux salves de canons lors des fêtes.

    56 L’Akhbar, 5 mars 1848.

    57 L’Akhbar, 26 mars 1848.

    58 L’Akhbar, 15 décembre 1870.

    59 L’Afrique du Nord illustrée, 13 juin 1925 ; Nabila Oulebsir, Les usages du patrimoine : monuments, musées et politique coloniale en Algérie (1830 -1930), Paris, Éditions de la Maison des Sciences de l’Homme, 2004, p. 310.

    60 Zeynep Çelik, « Colonial/Postcolonial Intersections : Lieux de mémoire in Algiers », Third Text, 13,49 (1999), p. 63-72, spéc. p. 65-66.

    61 La Dépêche algérienne, 16 juillet 1904 ; L’Afrique du Nord illustrée, 13 juin 1925.

    62 La Défense, 7 décembre 1938. Ce projet, qui ne s’est jamais matérialisé, rappelle le débat vigoureux, à la même époque, sur la possibilité d’ériger, à Alger, un monument pour l’émir ‘Abd al-Qadir. Voir sur le sujet, Jan C. Jansen, « Creating National Heroes : Colonial Rule, Anticolonial Politics, and Conflicting Memories of Emir ‘Abd al-Qadir in Algeria, 1900s-1960s », History & Memory, 28, 2016, p. 3-46.

    63 Sûreté départementale d’Alger, Rapport, 15 juillet 1937, ANOM, Archives du Gouvernement général de l’Algérie, 7CAB/30.

    64 Le Monde, 4 juillet 1962 et 7 juillet 1962.

    65 Sur l’histoire de ces transferts et de la politique vis-à-vis de l’héritage commémoratif en 1962, voir Alain Amato, Monuments en exil, Paris, L’Atlanthrope, 1979 ; Jansen, Erobern und Erinnern…, op. cit., 1-2, p. 477-488.

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    Jansen, J. (2018). L’espace urbain, le symbolique et l’avenir de la colonie : l’histoire de la statue du duc d’Orléans à Alger (1845). In M. Corriou & M. Oualdi (éds.), Une histoire sociale et culturelle du politique en Algérie. Paris: Éditions de la Sorbonne. https://doi.org/10.4000/books.psorbonne.55493
    Jansen, Jan C. « L’espace urbain, le symbolique et l’avenir de la colonie : l’histoire de la statue du duc d’Orléans à Alger (1845) ». In Une histoire sociale et culturelle du politique en Algérie, édité par Morgan Corriou et M’hamed Oualdi. Paris: Éditions de la Sorbonne, 2018. doi:10.4000/books.psorbonne.55493.
    Jansen, Jan C. « L’espace urbain, le symbolique et l’avenir de la colonie : l’histoire de la statue du duc d’Orléans à Alger (1845) ». Une histoire sociale et culturelle du politique en Algérie, édité par Morgan Corriou et M’hamed Oualdi, Éditions de la Sorbonne, 2018, https://doi.org/10.4000/books.psorbonne.55493.

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    Corriou, M., & Oualdi, M. (éds.). (2018). Une histoire sociale et culturelle du politique en Algérie. Paris: Éditions de la Sorbonne. https://doi.org/10.4000/books.psorbonne.55408
    Corriou, Morgan, et M’hamed Oualdi, éd. Une histoire sociale et culturelle du politique en Algérie. Paris: Éditions de la Sorbonne, 2018. doi:10.4000/books.psorbonne.55408.
    Corriou, Morgan, et M’hamed Oualdi, éditeurs. Une histoire sociale et culturelle du politique en Algérie. Éditions de la Sorbonne, 2018, https://doi.org/10.4000/books.psorbonne.55408.
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