• Contenu principal
  • Menu
OpenEdition Books
  • Accueil
  • Catalogue de 16479 livres
  • Éditeurs
  • Auteurs
  • Facebook
  • X
  • Partager
    • Facebook

    • X

    • Accueil
    • Catalogue de 16479 livres
    • Éditeurs
    • Auteurs
  • Ressources numériques en sciences humaines et sociales

    • OpenEdition
  • Nos plateformes

    • OpenEdition Books
    • OpenEdition Journals
    • Hypothèses
    • Calenda
  • Bibliothèques

    • OpenEdition Freemium
  • Suivez-nous

  • Lettre d’information
OpenEdition Search

Redirection vers OpenEdition Search.

À quel endroit ?
  • Éditions de la Sorbonne
  • ›
  • Internationale
  • ›
  • Wilhelm Röpke, l’autre Hayek
  • ›
  • Roll back : les mille et un engagements ...
  • ›
  • Chapitre 13. De Lima à Pretoria : le mei...
  • Éditions de la Sorbonne
  • Éditions de la Sorbonne
    Éditions de la Sorbonne
    Informations sur la couverture
    Table des matières
    Liens vers le livre
    Informations sur la couverture
    Table des matières
    Formats de lecture

    Plan

    Plan détaillé Texte intégral L’épineuse question du développement Sauver l’Amérique latine de la subversion Sauver l’Afrique des « cannibales » Notes de bas de page

    Wilhelm Röpke, l’autre Hayek

    Ce livre est recensé par

    Précédent Suivant
    Table des matières

    Chapitre 13. De Lima à Pretoria : le meilleur des (tiers) mondes néolibéraux

    p. 371-406

    Texte intégral L’épineuse question du développement Sauver l’Amérique latine de la subversion Sauver l’Afrique des « cannibales » Notes de bas de page

    Texte intégral

    L’épineuse question du développement

    1Wilhelm Röpke s’est tôt intéressé à la question du développement. En janvier 1935, devant l’Industrieller-Klub viennois, émanation de la grande industrie autrichienne, il présente l’évolution économique de la Turquie d’Atatürk sous un jour plutôt flatteur1. Déjà s’affichent les préoccupations qui vont guider sa réflexion de l’après-guerre sur le tiers monde. À la différence de la Grèce, la Turquie aurait su éviter une industrialisation trop rapide, négligeant la production agricole. Depuis son long séjour d’étude aux États-Unis en 1926- 1927, l’économiste genevois porte une attention toute particulière au secteur primaire2. Mais le cas turc invite également à analyser les retombées sociales et culturelles d’une modernisation synonyme de rupture avec les mentalités traditionnelles. En 1943, Wilhelm Röpke poursuit sa réflexion sur le développement. L’idée que l’industrialisation des pays pauvres serait une menace pour les pays riches repose sur la représentation erronée, car statique, du gâteau à partager. Bien au contraire, l’industrialisation des pays émergents ouvre aux pays établis de nouveaux marchés à l’exportation. Les concurrences nouvelles peuvent toutefois pénaliser certaines économies trop orientées vers les biens de consommation. L’économiste conclut sur les vertus du libéralisme, invitant les nations émergentes à ne pas s’enfermer dans le protectionnisme3.

    2Une décennie plus tard, il constate que l’angoisse face à l’industrialisation des pays pauvres a laissé la place au dessein de sortir les pays sous-développés de leur arriération4. Après 1945, la question du développement devient centrale, envahit le champ discursif, s’impose au monde occidental confronté à de nouveaux défis. Dans son discours sur l’État de l’Union du 20 janvier 1949, le président Truman réaffirme le soutien de son pays à l’ONU, confirme son implication dans la reconstruction de l’Europe et annonce la mise sur pied d’une organisation de défense commune pour faire face au bloc soviétique. Dans un point IV, il trace la perspective d’un « nouveau programme », « audacieux », mettant les « avantages de notre avance scientifique et de notre progrès industriel au service de l’amélioration et de la croissance des régions sous-développées5 ». Il s’agit d’« encourager l’investissement de capitaux dans les régions où le développement fait défaut ». Le programme esquissé par le président américain engage également les « autres pays », se veut une « entreprise collective », une collaboration « à travers les nations unies et leurs institutions spécialisées pour autant que cela soit réalisable », un « effort mondial pour assurer l’existence de la paix, de l’abondance et de la liberté ». S’il relève pour une part de l’effet d’annonce, le « Point IV » inaugure une ère nouvelle. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, le développement devient un impératif, voire une croyance sur fond de décolonisation et de guerre froide. Il n’est plus question de mettre en doute son bien-fondé, mais de penser ses modalités dans le cadre de politiques volontaristes et technocratiques.

    3De ce débat, les néolibéraux ne pouvaient rester absents. Plus tôt qu’on ne le pense, c’est-à-dire dès les années 1950, la Société du Mont-Pèlerin se penche sur les pays sous-développés6. Le SIAF d’Albert Hunold n’est pas en reste avec trois volumes de sa collection traitant du tiers monde7. À Beauvallon, en septembre 1951, Wilhelm Röpke participe à la session « Liberalism and the Underdeveloped Countries » que préside William Rappard8. La teneur de son intervention est reprise en 1953 dans ORDO9. Huit ans plus tard, le texte enrichi de paragraphes supplémentaires reparaît dans le volume Wahn und Wirklichkeit (Illusion et réalité) dirigé par Albert Hunold10. S’il n’est pas un économiste du développement, Wilhelm Röpke est donc un contributeur actif à ces discussions précoces. Ses analyses forment une première synthèse néolibérale sur la question11. Avec sa pugnacité coutumière, l’économiste dénonce une « nouvelle formule magique », celle du « développement des pays sous-développés », qui reprendrait à son compte bien des éléments de l’« idéologie du plein emploi12 ». Le recours à la notion de « pays sous-développé » ne vise pas seulement à ménager des pays « dont la susceptibilité n’est aucunement sous-développée ». Les nations les plus pauvres se voient désormais reconnaître le droit de rattraper les plus riches. Parmi les motivations ayant conduit à faire du développement une priorité, figure en bonne place un sentiment de culpabilité du monde occidental. À l’inverse, les pays sous-développés jugent normal de bénéficier du soutien des pays riches. Cette logique serait la transposition au niveau international de l’argumentaire qui a accompagné, au niveau national, la mise en place du welfare State. Dans un cas comme dans l’autre, les « défavorisés » clament leur « droit à la compensation » (Recht auf Ausgleich) et les « privilégiés » sont astreints à un devoir d’assistance13. Les débats autour du sous-développement refléteraient le nouvel état d’esprit interventionniste, étatiste et collectiviste de l’après-guerre. Le « Point IV » du président Truman est jugé très problématique.

    4La critique est récurrente chez les néolibéraux. En 1950, le publiciste américain Henry Hazlitt a publié Illusions of Point Four, pamphlet auquel se réfère Wilhelm Röpke pour affirmer que la principale source d’inspiration du discours trumanien serait un ouvrage d’Earl Browder, le secrétaire général du Parti communiste américain14. Helmut Schoeck est un autre pourfendeur du « Point IV »15. Du point de vue néolibéral, l’aide au développement pose problème dans sa philosophie consistant à substituer les gouvernements et les organisations internationales au marché : « Il s’agit là clairement d’un programme de planification économique », avancé par ceux qui ont déjà promu le plein emploi et le welfare State. Dans cette logique, l’aide occidentale bénéficie à des leaders socialisants partisans d’un « socialisme nationalo-autarcique ». Or, seule l’économie de marché peut amener le développement16. L’aide d’État à État ou par le truchement d’organisations internationales finance surtout des « plans colossaux d’inspiration socialiste et visant à une industrialisation ambitieuse17 ». Les stratégies volontaristes donnent une priorité contestable au secteur secondaire.

    5En septembre 1960, lors du congrès de Cassel, l’économiste irlandais George Alexander Duncan (1902-2006), qui s’opposa jadis de sa chaire du Trinity College à la politique protectionniste d’Eamon de Valera, se montre catégorique. Il n’est pas possible, « en construisant des barrages, des chemins de fer ou des usines », de transposer, en l’espace de seulement cinq, dix ou vingt ans, le processus complexe de croissance qui s’est étendu sur deux cents ans dans les pays développés18. Ancien élève de la LSE où il a subi l’influence de Friedrich Hayek, expert internationalement reconnu, directeur du département de sciences sociales de l’université du Gujarat, l’économiste indien Bellikoth Raghunath Shenoy (1905-1978) dénonce pour sa part la logique de la planification dans son pays et l’usage fait de l’aide étrangère, qui sert pour l’essentiel le développement du secteur public et la constitution de surcapacités dans l’industrie lourde et les entreprises d’État19. Wilhelm Röpke pense lui-même peu de bien des « aciéries de Nehru ». En 1962, un entretien avec Minoo Masani, le président du parti Swatantra, la formation d’inspiration libérale qui a vu le jour en 1959 pour combattre la politique économique du Parti du Congrès, le confirme dans son opinion que l’Inde est un « pays malheureux » dirigé par un « cryptocommuniste20 ».

    6Le scepticisme est manifeste à l’encontre d’un rationalisme technocratique dont la responsabilité n’est pas seulement imputable aux pays en voie de développement. L’Occident a montré le mauvais exemple. Wilhelm Röpke dénonce l’échec du Groundnut Scheme au Kongwa, l’un des cinq districts du Tanganyka britannique, l’actuelle Tanzanie. Lancé à la fin des années 1940 à grand renfort de mécanisation, à l’initiative notamment du ministre de l’Agriculture travailliste John Strachey, ce plan ambitieux de culture de l’arachide s’est traduit par un désastre financier et la transformation des zones cultivées en un dust-bowl. Un beau cas d’école de « toutes les erreurs et illusions d’une économie planifiée coloniale doctrinaire et méconnaissant les impondérables ». En revanche, l’économiste salue le Gisare Scheme soudanais, un programme d’irrigation qui serait parvenu à s’adapter à la culture paysanne des indigènes tout en élevant le niveau de production. Les néolibéraux accordent en effet une importance cruciale au secteur primaire. Wilhelm Röpke dénonce le « mépris typiquement néomercantiliste pour l’agriculture21 ». Disciple d’Edwin Cannan à la LSE, bon connaisseur des Indes occidentales et de la Malaisie, son collègue britannique Frederick C. Benham (1900-1962) explique à Beauvallon que le développement passe par l’augmentation du rendement par travailleur dans l’agriculture. En Grande-Bretagne et dans les autres pays occidentaux, la révolution industrielle n’a-t-elle pas largement découlé des progrès réalisés dans l’agriculture ? Si le secteur primaire devient plus performant, le niveau de vie augmente et des débouchés se font jour pour les industries indigènes22.

    7Lors du congrès de Turin, Karl Brandt plaide lui aussi en faveur de l’agriculture, qui permet de profiter au mieux des avantages comparatifs23. Wilhelm Röpke concède il est vrai que la spécialisation sur certaines productions, le cacao au Ghana, le caoutchouc en Malaisie et en Indonésie, la laine en Égypte, le tabac en Turquie, est sujette aux variations du marché24. Mais Frederick C. Benham pense qu’il vaut mieux une fluctuation à un haut niveau qu’une stabilité à un bas niveau25. Wilhelm Röpke observe que le risque est moindre si une certaine diversification de la production intervient dans le cadre d’exploitations familiales, les mieux adaptées au climat et au sol, à la différence de la grande agriculture mécanisée, source d’érosion26. À certains égards, il transpose à l’échelle du tiers monde ses préoccupations fondamentales : le souci de la mesure, le refus du gigantisme, la valorisation des petits propriétaires, la dénonciation de la modernité et de ses retombées. D’un économiste néolibéral à l’autre, des nuances se font donc sentir. Contrairement à d’autres, Wilhelm Röpke ne met pas sur le même plan la Grande-Bretagne à la fin du xixe siècle et les pays sous-développés au lendemain de 1945. La surpopulation, la faible diffusion de l’esprit d’entreprise et la pénurie de main-d’œuvre qualifiée sont des handicaps dont n’a pas souffert l’Occident au début de son industrialisation27.

    8Les néolibéraux se retrouvent pour recommander des politiques économiques libérales, seules à même d’attirer les investisseurs. Le développement ne serait pas un problème, explique Wilhelm Röpke, si les pays du tiers monde pouvaient encore bénéficier du flux de capitaux qui, à l’époque où le libéralisme était le fondement des échanges internationaux, a permis à bien des économies d’émerger, en Europe et hors d’Europe28. En 1958 à Princeton, Ludwig von Mises ne dit pas autre chose : « Dans les affaires mondiales du xixe siècle, l’événement le plus considérable et le plus important a été l’investissement étranger. » Son impact sur le développement a été majeur29. Mais ce temps n’est plus, regrette George A. Duncan. Il n’y a plus que des « transactions intergouvemementales » : « Lénine, Mossadegh, Nasser, Castro et d’autres trop nombreux pour être mentionnés ont tué l’investissement privé30. » La sécurisation des capitaux est devenue un problème. Il n’y a rien de plus timide qu’un million de dollars, met en garde Frederick C. Benham31. Le comportement d’un Nasser ou d’un Castro est jugé inacceptable. À Cassel, Alexander Rüstow avance l’idée d’un club des pays en voie de développement qui s’engageraient à respecter les capitaux privés32. Pour pallier leur pénurie, John Van Sickle recommande d’éviter des salaires trop élevés qui privent les pays pauvres de l’un de leurs principaux avantages comparatifs33. Pour Frederick C. Benham également, la priorité est d’augmenter la production. Aussi les services sociaux ne doivent-ils pas dépasser certaines limites. Il ne faut pas « mettre la charrue avant les bœufs ». Si la demande d’éducation est trop forte pour être refusée, il faut en limiter le coût au maximum34.

    9Quelle que soit sa diversité, il y a donc un discours néolibéral sur le développement. La priorité à l’agriculture, le refus de l’interventionnisme, la valorisation des investissements privés en sont les principaux éléments. Ici aussi, le néolibéralisme puise sa force de suggestion dans sa capacité à disqualifier ses adversaires, niés dans leurs différences et assignés à une seule et même « idéologie », à se poser en alternative à une « orthodoxie » particulièrement pernicieuse. John Van Sickle dénonce le « new look du problème de la croissance », tel qu’exposé en 1951 dans un rapport de l’ONU consacré au sous-développement : « Il y a du vrai dans la nouvelle théorie, mais l’essentiel de ce qu’il y a de vrai n’est pas nouveau, et l’essentiel de ce qu’il y a de nouveau est d’une validité douteuse35. » Wilhelm Röpke s’en prend au paradigme de la modernisation, évoque les « erreurs lourdes de conséquences de toutes ces théories (Rostow, Rosenstein-Rodan, Nurske et d’autres) qui opèrent avec des concepts comme ceux du big push et du take off et présentent le développement comme un processus mécanique se déroulant à un rythme de plus en plus rapide pour peu que les dépenses de capitaux nécessaires soient assurées36 ». Les économistes qui dénoncent l’aggravation des inégalités entre pays riches et pauvres pour l’imputer à la logique de marché et recommander volontarisme et planification ne sont pas mieux traités. Affirmer comme Gunnar Myrdal que les relations économiques avec les pays riches appauvrissent les pays pauvres est insensé37. Gottfried Haberler aurait démontré le contraire38.

    10Wilhelm Röpke fonde largement cette critique de l’« orthodoxie » développementiste sur les écrits de Peter Thomas Bauer (1915-2002). Cet économiste anglais d’origine hongroise accède sur le tard à une réelle notoriété. Il intègre en effet la Chambre des pairs à l’époque thatchérienne et devient en 2002 le premier lauréat du prix Milton Friedman, délivré par le Cato Institute, un think tank néolibéral d’outre-Atlantique39. Mais sa légitimité sur la question du développement est bien antérieure. En 1957, dans une collection de Cambridge dirigée par C. W. Guillebaud et Milton Friedman, il a publié avec Basil S. Yamey The Economics of Under-Developed. Countries. Au début de 1959, The Economic Journal accueille un long article critiquant Gunnar Myrdal40. Ses deux interventions présentées en septembre 1958 à Princeton font date41. La longue discussion qui s’ensuit est publiée un an plus tard dans The Mont Pèlerin Quarterly42. En 1960, à Cassel, Peter T. Bauer intervient sur le thème Why should we aid ?43 Il récuse d’abord la thèse d’un « cercle vicieux de la pauvreté ». L’Afrique de l’Ouest et l’Asie du Sud-Est se sont développées rapidement dans les cinquante ou soixante dernières années. Même en Inde, les progrès sont considérables. Souvent, les problèmes sont davantage la retombée de la croissance que de la stagnation44. Soulignant la diversité des situations et les faiblesses d’une conception quantitativiste du développement fondée sur une approche statistique contestable, Peter T. Bauer reprend ensuite l’antienne de l’aide au développement nocive parce que confortant l’interventionnisme économique des États du tiers monde45.

    11Wilhelm Röpke est séduit par l’économiste britannique, qui a lui-même apprécié son article sur la question du développement publié dans la FAZ en 1959. Les deux hommes communient dans le rejet des thèses de Gunnar Myrdal, Peter T. Bauer se demande comment un « non-sens aussi absolu en vient à être pris au sérieux dans les milieux académiques46 ». La nouvelle orthodoxie est accusée d’exercer une emprise redoutable. Codirecteur d’un ouvrage collectif intitulé Foreign Aid Reexamined47, Helmut Schoeck rapporte en octobre 1958 que Ludwig Erhard tenterait désespérément de lutter contre l’« encerclement socialiste concernant les pays en voie développement » dont il serait la victime du « côté du State Department et de la cabale internationale48 ». Peine perdue, estime Wilhelm Röpke : le ministre de l’Économie serait pris dans le « racket des pays sous-développés49 ». De telles prises de position sont fréquentes en Allemagne de l’Ouest, où les débuts de l’aide au développement ont suscité une violente critique à droite au nom de la défense des contribuables50.

    12Le rejet de l’« orthodoxie » développementaliste s’inscrit dans une réflexion plus globale sur l’émergence du tiers monde. La colonisation est ainsi considérée avec la plus grande indulgence lors du congrès de Saint-Moritz, en septembre 195751. Pour Karl Brandt, en dépit de nombreuses erreurs commises dans le détail, elle n’a pas à faire rougir l’Ouest. Elle a permis la prospérité économique des États-Unis, du Canada et de l’Australie. On lui doit également la « démocratie moderne » au Mexique, aux Philippines ou à Hawaï. Sans elle, l’Inde ne serait pas une « nation moderne ». Même les colonies d’exploitation ont bénéficié d’investissements, certes minimalistes, mais aux effets considérables. Karl Brandt dénonce un « manque d’information abyssal et les simplifications qui en résultent même chez les gens éduqués ». Il s’indigne également d’un « biais fortement proarabe et antifrançais ». La France aurait dans ses colonies des administrateurs, des ingénieurs, des scientifiques de « très haut calibre », qui fournissent un « formidable travail constructif » dont personne n’entend jamais parler en Europe ou aux États-Unis. Mais les Belges et les Portugais feraient également beaucoup « pour la population indigène et son développement52 ». Edmond Giscard d’Estaing (1894-1982) est sur la même ligne. L’ancien inspecteur des Finances, qui fut l’une des figures du débat colonial de l’entre-deux-guerres, président en 1933 de la Société financière française et coloniale, administrateur à partir de cette date de la Société des ports marocains, du Crédit foncier de l’Ouest africain, du Crédit foncier de l’Indochine et président de la Société indochinoise des cultures tropicales, affirme que « nier le rôle civilisateur de la colonisation serait nier l’évidence53 ». Quant à Arthur A. Shenfield (1909-1990), qui fut conseiller économique du gouvernement de Trinidad en 1949-1950 et devint en 1955 directeur économique de la Fédération britannique de l’industrie avant d’intégrer de nombreux think tanks néolibéraux et néoconservateurs pour enfin présider la Société du Mont-Pèlerin de 1972 à 1974, il préfère inverser la perspective : « C’est l’anticolonialisme, et non le colonialisme, qui est agressif ; et c’est l’anticolonialisme qui est le problème54. »

    13L’indépendance semble synonyme de régression. Dans les Indes occidentales britanniques, Arthur A. Shenfield prévoit une dérive autoritaire dès que la situation économique s’aggravera. Si la Malaisie et Singapour s’en sortiront mieux que l’Indonésie grâce à des techniciens et des fonctionnaires bien formés, le maintien de gouvernements fonctionnant selon des standards occidentaux sera partout compromis. Le Pakistan a beau disposer d’une élite éduquée, il n’est pas très éloigné du « niveau indonésien » en termes de corruption. La vie publique indienne est plus saine, mais le pire est à craindre lorsque la génération formée par les Anglais ne sera plus aux commandes55. À Saint-Moritz, Alexander Rüstow est donc isolé lorsqu’il présente dans l’« impérialisme colonial occidental une tache sanglante et honteuse dans l’histoire de l’humanité, une chaîne ininterrompue de crimes les plus graves contre l’humanité, une chaîne qui ne n’est pas brisée encore dans notre xxe siècle », lorsqu’il évoque le bain de sang d’Amritsar en 1919 ou les conséquences dramatiques de l’exploitation du caoutchouc en Amazonie, lorsqu’il voit dans l’absence de réforme agraire l’explication de la victoire communiste en Chine56. Wilhelm Röpke s’emporte contre son ami, le traitant de « nehruiste acharné », lui reprochant son « anticolonialisme doctrinaire57 ». À Cassel, c’est John Davenport qui résume le sentiment dominant : l’« assaut généralisé contre le colonialisme a sans doute occasionné plus de dégâts que n’importe quoi d’autre à notre époque58 ».

    14Cette indulgence à l’égard de la colonisation ne surprend pas complètement à une époque où son principe n’est pas encore totalement discrédité, notamment dans les milieux libéraux-conservateurs ouest-européens, au lendemain de la crise de Suez, en pleine guerre d’Algérie. À certains égards, la priorité accordée à l’agriculture et la représentation de l’aide au développement comme charge imposée au contribuable occidental59 ne font que réactualiser le vieux discours libéral qui prônait la mise en valeur aussi peu coûteuse que possible des territoires colonisés. Les préjugés culturalistes qui ont tant marqué les imaginaires occidentaux s’expriment encore de manière explicite. Frederick C. Benham juge que, sous les climats tropicaux chauds et humides, de nombreux ouvriers ne « veulent pas travailler très énergiquement pendant de longues heures », préférant prendre la vie du bon côté plutôt que d’améliorer leur confort60. En 1960, à Cassel, Louis Rougier explique la « différence de niveaux de développement par des différences de mentalité ». L’Occidental serait guidé par sa « volonté prométhéenne qui l’incite à relever les défis de l’existence, à ne prendre son parti d’aucune fatalité prétendue naturelle ». À l’opposé, le « fatalisme arabe a tué l’initiative », le « nirvana, attitude suprême du sage, est exactement l’inverse de l’attitude prométhéenne de l’Occidental », enfin les « aborigènes de l’Afrique centrale, de l’Australie, de la Nouvelle-Guinée n’ont pas dépassé la mentalité magique prélogique ». Pour « aider efficacement les peuples sous-développés », l’Occident doit d’abord « convaincre leurs dirigeants que rien ne peut être fait sans un changement radical de mentalité61 ».

    15L’inquiétude néolibérale est d’autant plus grande que la décolonisation apparaît inéluctable. Arthur A. Shenfield est certes tenté par un baroud d’honneur : « Pas de reddition face à l’anticolonialisme ! Vive les Belges, et même les Portugais, qui n’ont pas oublié comment gouverner ! À bas les Nasser et les Nehru ! [...] À bas avant tout les simples d’esprit à Washington qui vont nous ruiner tous avec leur fixation sur 1776 ! » Mais les choses ne sont pas si simples, poursuit-il, la résistance a ses limites. Bien que juste, la position française est indéfendable « sans détruire la France elle-même62 ». En clair, il faut faire avec la décolonisation. Edmond Giscard d’Estaing juge que le « colonialisme a fait son temps », évoque le risque d’appauvrissement lié aux indépendances et les moyens d’y remédier63, Mais les préoccupations néolibérales sont d’abord politiques. Arthur A. Shenfield propose une uchronie suggestive : si l’Inde et la Birmanie avaient été indépendantes en 1941-1942, les Japonais auraient sans doute atteint le canal de Suez. La guerre aurait été sinon perdue, du moins dramatiquement prolongée. « Dans un monde où l’Occident est aux abois, aucun libéral ne peut soutenir le remplacement de la domination occidentale par un vide du pouvoir. » S’il fait partie intégrante de la doctrine libérale, le principe d’autodétermination doit être subordonné à des impératifs de sécurité64.

    16La méfiance néolibérale n’est donc pas dissociable de la peur du communisme. En 1957, à Saint-Moritz, Karl Brandt dénonce la tentative soviétique d’édifier un empire « avec un mépris atroce pour l’humanité ». Les efforts contre les défenses occidentales sont les plus marqués là où elles sont les plus faibles, c’est-à-dire dans les zones coloniales. Contrairement à ce que pensent bien des libéraux, ce n’est pas la « question coloniale » qui pèse sur les peuples colonisés : « Pour tous les habitants des zones encore dépendantes, la menace brutale et clairement identifiable vient exclusivement des centres de l’impérialisme soviétique65. » L’Occident doit défendre les zones attaquées par les Soviétiques (areas under attack) ; « L’acte le plus infâme que les pays industrialisés avancés ayant des engagements dans les régions coloniales pourraient commettre à l’encontre de la population indigène de ces régions serait leur retrait de ces pays dans le besoin. » Une telle démission entraînerait la destruction rapide du système de sécurité militaire qui « nous permet de discuter ces questions ici en toute liberté66 ».

    17Quatre années plus tard, à Turin, le débat sur la colonisation est passé de mode. Mais l’analyse reste la même. Karl Brandt dénonce l’ambition soviétique d’isoler l’hémisphère sud du monde occidental, menacé de voir se distendre les liens économiques avec de nombreux pays en voie de développement dont il est pourtant dépendant. L’« offensive communiste pour gagner les pays sous-développés » prend de multiples visages : endoctrinement des étudiants du tiers monde dans les universités du bloc de l’Est, accords commerciaux et assistance économique, missions techniques et culturelles, « plus de mille sept cents heures de propagande radiophonique par semaine67 ». Aussi faut-il penser le développement à l’aune du risque communiste. Pour Karl Brandt, spécialiste des questions agraires et directeur du Food Institute de Stanford, le principe de la réforme agraire doit être considéré avec prudence. Distribuer la terre à une multitude de petits paysans pratiquant une agriculture de subsistance, c’est créer les conditions propices à des émeutes révolutionnaires et à la tyrannie qui ne manquera pas d’en découler. En effet, la disparition des grandes exploitations au profit d’une petite agriculture peu performante se traduira par une baisse durable de la production. « Ce processus destructeur est la première étape nécessaire de la révolution communiste qui vise à montrer que l’exploitation individuelle de la terre par des familles de paysans, en lieu et place des grands domaines, est insatisfaisante et impraticable, que la collectivisation de l’agriculture est en réalité la “seule solution”68. »

    18Wilhelm Röpke établit lui aussi un lien fort entre décolonisation, développement et communisme. Dans son entreprise coloniale, l’Occident (Abendland) a certes trahi les principes du christianisme incarné par un Las Casas et d’autres. Mais l’émancipation, « inévitable », intervient au moment où le « monde libre » ne peut pas se la permettre. Même ses partisans les plus impatients doivent, s’ils sont intelligents, souhaiter son ralentissement. Il faut également concilier une « sympathie active » pour les pays en voie de développement et la critique sans fard de leurs dirigeants69. Wilhelm Röpke n’a aucune sympathie pour les Nasser, Soekarno, Nehru et autres N’Krumah. Fondamentalement, il pense que la vision du développement théorisée par le point IV favorise le communisme bien plus qu’il ne l’écarte. La croissance engendre l’exode rural, l’industrialisation, l’urbanisation, la prolétarisation, en bref la déstabilisation dont le communisme tire profit. La stratégie occidentale souffre également de son incohérence. Si l’aide soviétique poursuit un objectif logique en accélérant l’étatisation et la planification dans les pays qui en bénéficient, l’Ouest, en assistant des États éloignés du libéralisme, joue contre son camp, encourage les « intentions précisément de ces groupes de politiciens et d’intellectuels qui, en tant que socialistes convaincus, privilégient les méthodes collectivistes de Moscou ou de Pékin ». Mais Wilhelm Röpke met moins en cause l’aide en tant que telle que ses modalités et, plus encore, le profil de ses bénéficiaires. Car il y a des pays, « de la plus haute importance stratégique mondiale », qu’il faudrait aider, la Turquie, la Chine nationaliste, la Corée, le Vietnam, le Laos et la Perse70. Le tiers monde n’est qu’un échiquier où le communisme avance ses pions et l’Occident peine à élaborer sa riposte. C’est pourquoi l’économiste prend son bâton de pèlerin et se rend sur le terrain.

    Sauver l’Amérique latine de la subversion

    19L’élargissement de la communauté néolibérale à l’Amérique latine et plus largement au tiers monde débute dès les années 1950, voire avant. Il découle pour une part du zèle missionnaire de la Société du Mont-Pèlerin, qui encourage un peu partout la création de think tanks indigènes. Mais il reflète également une demande émanant des élites latino-américaines, des réseaux locaux engagés dans la lutte contre le « socialisme », l’« étatisme » et le « communisme ». Dans cette interaction entre le centre et les périphéries, les grandes figures du néolibéralisme jouent un rôle non négligeable. À la fin des années 1950, Wilhelm Röpke accorde toute son attention à l’Amérique latine. Dès octobre 1955, au lendemain de la chute du président Perón, il se dit prêt à gagner l’Argentine71. Il séjourne finalement au Mexique et au Venezuela de la fin septembre à la fin octobre 1957, en Argentine, au Pérou et de nouveau au Venezuela au début de 1960. À chaque fois, ses interlocuteurs sont des têtes de réseau au niveau national. Au Mexique, la constitution d’un milieu néolibéral remonte au début des années 1940, lorsque Luis Montes de Oca, qui fut ministre des Finances de 1927 à 1932 puis directeur de la banque du Mexique de 1935 à 1940, invite Ludwig von Mises pour une série de conférences. Il s’agit de combattre les réformes du président Cárdenas. Ludwig von Mises synthétise son expérience mexicaine dans un livre où il recommande l’ouverture de l’économie mexicaine au monde extérieur et la privatisation des chemins de fer72.

    20Gustave R. Velasco (1903-1982) est une autre figure du néolibéralisme mexicain. En 1955, ce juriste, qui fut directeur de l’Escuela Libre de Derecho et président de l’Asociación de Banceros de México, veut faire venir Wilhelm Röpke. Il vante l’hiver mexicain, les ruines du Yucatan et les villes coloniales avant de préciser que, outre Ludwig von Mises, Henry Hazlitt, John Jewkes, Jacques Rueff, Louis Rougier et Ludwig Albert Hahn ont déjà fait le voyage73. Lors de son séjour, financé à hauteur de 3 000 DM par le ministère des Affaires étrangères ouest-allemand74, l’économiste intervient surtout à l’Instituto de Investigaciones Sociales et Económicas, un think tank néolibéral fondé par Gustave R. Velasco et dirigé par l’économiste Agustin Navarro. En Argentine, parmi les têtes de réseau figurent l’économiste Carlos Arturo Coll Benegas et Raul Lamuraglia, industriel dans le textile et président de la banque centrale, président du Centre de Difusión de la Economía Libre, fondé en 1957 par Alberto Benegas Lynch, président de la chambre argentine de commerce. Les uns et les autres intègrent la Société du Mont-Pèlerin dans le courant des années 1950.

    21Pour les néolibéraux latino-américains, afficher la présence de prestigieux congénères d’Europe ou des États-Unis est une stratégie de communication. Le 30 mai 1958, Wilhelm Röpke accepte la proposition de Raul Lamuraglia d’intégrer l’Advisory Board du Centro de Difusión de la Economía Libre. Il rejoint Friedrich Hayek, Ludwig von Mises et Louis Baudin, mais aussi les Américains Leonard E. Read et Floyd A. Harper, le président et l’économiste de la Foundation for Economic Education, qui a servi de modèle au Centro de Difusión de la Economía Libre75. Au début de 1962, Albert Hunold fait lui aussi une tournée en Amérique latine. À Caracas, il a été invité par l’avocat Nicomedes Zuloaga, qui a fondé en 1960 l’Instituto Venezolano de Análisis Económico y Social. Dans la salle où il prononce sa conférence, le Suisse est entouré des portraits de Luigi Einaudi, Ludwig von Mises, Friedrich Hayek et Wilhelm Röpke76. À peine âgé de 32 ans, Nicomedes Zuloaga est un disciple de Ludwig von Mises qui devait s’affirmer comme l’un des principaux relais du néolibéralisme en Amérique latine, organisant en 1969 un congrès régional de la Société du Mont-Pèlerin sur le thème « Development : Planning or Market ?77 ».

    22Les invitants cherchent à pérenniser l’impact de ces visites qui bénéficient d’un réel écho. À Mexico, Gustavo R. Velasco sollicite à plusieurs reprises Wilhelm Röpke, de retour en Suisse, pour qu’il autorise la publication de certains de ses textes dans l’Excelsior, l’un des grands quotidiens mexicains78. À Lima, La Prensa lui demande un article dénonçant les « intellectuels planificateurs », considérant sa future contribution « comme une grande aide pour ceux qui luttent au Pérou pour consolider un régime d’économie de marché79 ». À Buenos Aires, Guillermo Kraft, un avocat du Foro de la Libre Empresa, supervise la publication de Economía y Libertad, la brochure rassemblant les conférences de l’économiste en Argentine. Les 10000 exemplaires imprimés « vont être distribués stratégiquement80 ». En 1962, le même Foro de la Libre Empresa publie Economia de Mercado Social, qui réunit les conférences d’Albert Hunold. Le conseiller fédéral Friedrich T. Wahlen en commande 1000 exemplaires pour les ambassades et services consulaires helvétiques des pays hispanophones. Olivier Longchamp et Yves Steiner n’ont pas tort d’observer que le néolibéralisme se voit ainsi reconnaître un caractère quasi officiel81.

    23Les contacts établis s’avèrent durables. Wilhelm Röpke est souvent sollicité pour des conseils bibliographiques qui illustrent la réalité du transfert intellectuel du centre vers la périphérie de la galaxie néolibérale. Comme bien d’autres, il joue les intermédiaires en recommandant tel ou tel jeune Sud-Américain jugé digne de confiance82. Il apparaît comme une référence pour tout ceux qui veulent promouvoir les idées libérales et anticommunistes. En novembre 1960, Kurt Spalding, un homme d’affaires allemand qui a acquis la nationalité vénézuélienne, lui demande s’il serait prêt à rédiger des brochures sur le communisme ou l’économie sociale de marché. La diffusion se ferait, au-delà du Venezuela, dans toute l’Amérique latine83. Au printemps 1961, E. E. Beuchler, un Suisse installé à La Paz, directeur de la Grace & Cia, SA, recherche des textes de Wilhelm Röpke en espagnol pour les distribuer dans les ministères boliviens84. Le sénateur de Valparaiso, Pedro Ibáňez Ojeda (1913-1999), lui rend visite à Genève en 196585. L’entrepreneur, qui fut le doyen de la faculté de sciences économiques de l’université catholique de Valparaiso, est très à l’écoute. Albert Hunold, qui lui a envoyé des textes de l’économiste dès 1962, le considère comme une relation à cultiver, initiateur au Sénat chilien d’une « offensive ambitieuse contre la CEPAL, Prebisch et consorts », hostile à l’Alliance pour le progrès lancée par le président Kennedy en 196186.

    24Car les néolibéraux européens et nord-américains tirent eux aussi profit de la relation qui se tisse avec l’Amérique du Sud. La Société du Mont-Pèlerin y acquiert tôt une réelle visibilité. En septembre 1958, dans la foulée du congrès de Princeton, Gustave R. Velasco organise à Mexico une conférence réunissant une douzaine de ses têtes de file, en particulier Ludwig von Mises et Friedrich Hayek87, pour « discuter de deux ou trois problèmes économiques contemporains88 ». Plus fondamentalement, le tourisme militant des néolibéraux assoit leur réputation d’expertise, crédibilise leur contestation de l’interventionnisme et du collectivisme. Dans le bilan qu’il fait pour la FAZ de son séjour sud-américain de 1960, Wilhelm Röpke oppose les tenants de l’idéologie progressiste du développement présentés comme des technocrates sans prise avec la réalité aux néolibéraux pouvant se prévaloir d’une connaissance de terrain. Pour l’économiste genevois, qui n’est ni un expert du développement ni un spécialiste de l’Amérique latine, le contact avec les réseaux latino-américains s’avère essentiel pour faire la synthèse entre sa perception du tiers monde et de la géopolitique mondiale et des éléments d’information grappillés de manière plus ou moins informelle. De même qu’il y a « une « diplomatie du voyage », il y aurait une « économie du voyage » (Reise-Ökonomie) aux incontestables vertus heuristiques89.

    25Les politiques « inflationnistes » et « collectivistes » sont dénoncées comme la transposition des politiques similaires expérimentées par l’Europe au sortir de la guerre. L’Argentine a été particulièrement touchée par le péronisme qui, par son « mélange de démagogie sociale, de nationalisme aveugle et de collectivisme ignare », a conduit « au bord de la catastrophe » un pays qui semblait pourtant presque impossible à ruiner du fait de sa richesse naturelle. Le redressement opéré par le président Arturo Frondizi et son ministre de l’Économie, Álvaro Alsogaray, le « Erhard argentin », est jugé d’autant plus spectaculaire. La même rhétorique de la sortie du collectivisme rend compte de la situation au Chili, mais également au Pérou qui, au tournant des années 1950 et 1960, fait figure de premier de la classe90. L’entrepreneur helvéto-péruvien Max Reiser lui consacre un article dithyrambique dans le volume du SIAF sur l’Amérique latine. Louis Baudin se montre lui aussi très positif91. Wilhelm Röpke salue pour sa part son « ami Pedro Beltrán92 ». Le Premier ministre et ministre de l’Économie péruvien depuis l’été 1959, également directeur du quotidien La Prensa, est un authentique néolibéral passé par la LSE. Il compte les néolibéraux allemands, en premier lieu Wilhelm Röpke, parmi ses grandes références.

    26Aux pays qui ont renoué avec le libéralisme s’opposent les mauvais élèves qui persistent dans l’erreur. S’il avait fait partie de son périple, Wihelm Röpke aurait pu mentionner le Brésil, qui a mauvaise presse chez les néolibéraux. Journaliste à la NZZ, auteur d’ouvrages sur des pays en voie de développement, Franz Aschinger juge que le Brésil, aux riches ressources, souffre d’abord de son inflationnisme et de son protectionnisme93. Brasilia, également dénoncée par Albert Hunold, incarne la planification et le technocratisme94. Mais Wilhelm Röpke se limite aux pays qu’il a visités. Au Venezuala, Rómulo Betancourt est accusé de faire fuir les capitaux étrangers par le « cours ouvertement à gauche » de sa politique. Mais, optimiste, il y aurait là aussi des raisons d’espérer95. Au final, l’économiste met en garde contre les communistes qui font de l’« agitation contre le monde libre et contre cet héritage [moral et spirituel] qui nous est commun [aux Sud-Américains et aux Européens]96 ». Albert Hunold se préoccupe lui aussi de la question communiste97, considérée comme cruciale en Amérique latine plus encore qu’ailleurs.

    27Wilhelm Röpke se dit persuadé qu’un agitateur a été envoyé par Fidel Castro pour perturber sa conférence à l’université de Buenos Aires. Il peste contre Adlaï Stevenson, qui fut à deux reprises le challenger de Dwight Eisenhower aux présidentielles et séjourne en Argentine au même moment que lui, dont les analyses sont jugées consternantes : « Les bons yankees en Amérique latine – Un chapitre en soi, et trouble, qui plus est98. » À Caracas, devant des étudiants « totalement contaminés par le communisme », Wilhelm Röpke aurait dit des choses qui « leur ont beaucoup donné à réfléchir » et qu’un Américain n’aurait pas pu dire99. Ce état d’esprit fait de lui un interlocuteur apprécié des néolibéraux latino-américains. Ses réserves à l’encontre des États-Unis rencontrent les leurs. À Turin, en 1961, Carlos Arturo Coll Benegas dénonce l’erreur américaine consistant à considérer le continent américain comme un tout homogène. L’Alliance pour le progrès souffrirait de cette approche uniformisante100. Après avoir souligné que l’Amérique latine se trouve « en première ligne de la guerre froide », son camarade Nicomedes Zuloaga fait un bilan désabusé. Confrontés à une alternative perverse, les électeurs sud-américains n’auraient le choix qu’entre le « marxisme, le socialisme à part entière » et la « planification économique, conduisant également au socialisme, mais à un rythme plus lent, telle qu’elle est promue par les partis au gouvernement et soutenue par la politique extérieure américaine ». Parce qu’ils imposent une planification plus centralisée et un socialisme accru en contrepartie de leur aide économique, les Américains font le jeu du communisme101.

    28La critique de la politique américaine et la préoccupation anticommuniste conduisent néolibéraux de l’ancien monde et du nouveau à une réflexion parfois ambiguë sur le rôle de la démocratie et des élites. Pour Carlos A. Coll Benegas, dans un contexte où la démocratie n’est pas enracinée comme dans le monde occidental, l’armée peut être un facteur de stabilisation. Wilhelm Röpke voit même dans cette dernière la colonne vertébrale des pays sud-américains, pour peu qu’elle sache ce qu’elle veut. Il concède que la prise du pouvoir par l’armée argentine de 1955 à 1958, sous la direction de Pedro Eugenio Aramburu, n’a pas été une réussite102. Mais il se déclare satisfait de sa conférence à l’Escuela Superior de Guerra en Argentine. Délivrer aux officiers un argumentaire anticommuniste lui paraît utile103. À un niveau plus politique, l’économiste dénonce deux poids deux mesures dans l’appréciation de la situation latino-américaine. Si la dictature mexicaine, de gauche, ne suscite pas de réaction, la dictature de Marcos Pérez Jiménez au Venezuela et celle de Manuel O. Odria au Pérou ont été vouées aux gémonies, alors qu’elles ont contenu la « populace communiste » : « Même à Washington on ne comprend pas que la “démocratie” en Amérique latine peut en général être assimilée à la populace communiste. » Sauf peut-être au Costa Rica, nuance-t-il104.

    29Aux yeux d’Alexander Rüstow également, la démocratie n’est pas un régime adapté au tiers monde. Du moins dans les nouvelles nations nées de la décolonisation. Ce serait même un devoir de la science politique que d’élaborer une alternative à la dictature communiste, un « modèle adapté qui concilierait l’indispensable marge d’action que requiert leur situation et que confère la dictature avec l’ancrage garanti d’un minimum de liberté démocratique105 ». Pour sa part, Wilhelm Röpke est en accord avec Gustavo R. Velasco, qui se réjouit au printemps 1964 du renversement de João Goulart, l’« un des politiciens les plus corrompus et les plus insincères de l’Amérique latine », « un homme qui était sur le point d’ouvrir les portes au communisme au Brésil106 ». Il voit dans la « révolution » au Brésil, c’est-à-dire la prise du pouvoir par les militaires, sur laquelle il affirme avoir des « informations de première main », l’une des rares raisons d’espérer, dans une première moitié des années 1960 dramatiquement progressiste107. Il approuve également l’intervention américaine d’avril 1965 en République dominicaine, qui met un terme au soulèvement de l’ex-président progressiste Juan Bosch, qui avait été renversé par l’armée en 1963. Les Américains ne pouvaient se permettre d’être attentistes, sous peine de voir se répéter la tactique mise en œuvre par le colonel Arbenz au Guatemala ou par Fidel Castro à Cuba. Après le rôle joué en 1954 par l’administration Eisenhower dans le renversement du gouvernement Arbenz, l’action en République dominicaine est donc l’une des rares initiatives américaines approuvées par Wilhelm Röpke, qui craint toutefois que Washington ne se retire, sous la pression de l’opinion mondiale et de la « presse progressisto-communisante108 ». La dénonciation des « bien-pensants » n’est pas moins forte lorsqu’il s’agit d’évoquer l’Afrique.

    Sauver l’Afrique des « cannibales »

    30Le rejet de l’« orthodoxie » développementaliste et la peur du communisme commandent également la réflexion sur le continent noir. Ces problématiques croisent celles de la décolonisation. À partir de 1962, le temps des colonies tend il est vrai à s’estomper. Mais la domination directe des Blancs sur les Noirs reste d’actualité dans la partie la plus australe de l’Afrique. Si elle est de plus en plus anachronique, certains néolibéraux, souvent en pointe dans le débat sur le développement, ne la jugent pas ainsi. À les entendre, bonne gouvernance et performance économique rimeraient avec suprématie blanche, corruption, violence et chaos avec pouvoir noir. C’est ainsi que Wilhelm Röpke soutient l’Afrique du Sud. Son point de vue doit d’abord être considéré dans sa genèse, qui éclaire l’activisme des réseaux sud-africains. En mars 1961, il a été contacté par le comte Christoph Dönhoff (1906-1992), qui fut le chef du service juridique de l’organisation étranger du parti nazi avant de devenir un personnage clef du lobby sud-africain en RFA. Le frère de Marion Dönhoff, la célèbre journaliste de l’hebdomadaire Die Zeit, s’exprime en effet au nom de la South Africa Foundation109. Cette organisation sud-africaine fondée en 1959 est présentée comme un rassemblement de personnalités indignées par la « mise à l’index presque unanime » dont l’Afrique du Sud serait l’objet et soucieuses de faire savoir que « la grande majorité des Sud-Africains s’engagent sincèrement et sérieusement pour une coexistence pacifique, sincère et constructive de tous les groupes raciaux dans une patrie sud-africaine commune ». C’est pourquoi elle s’adresse à des personnalités comme l’économiste, crédité d’« avoir un intérêt positif et objectif pour le destin de l’Union [sud-africaine] », en leur proposant informations et contacts110.

    31Spécialiste du rôle joué par l’or dans les paiements internationaux111, lié à l’industrie aurifère, membre de nombreux conseils d’administration et président de Gold Fields of South Africa Ltd, l’économiste William John Busschau (1908-1976) est une autre relation de Wilhelm Röpke. Durant l’été 1961, il a mis sur le papier quelques réflexions sur la Constitution dont « on a besoin dans un pays comme le nôtre, dans l’objectif d’avoir un gouvernement représentatif, mais non une démocratie égalitariste112 ». Un an plus tard, il a finalisé son texte qui se revendique de Wilhelm Röpke, Friedrich Hayek et José Ortega y Gasset, et propose de s’inspirer de la conception portugaise en substituant l’éducation à la race comme critère discriminatoire dans la définition de la citoyenneté113. Mais Wilhelm Röpke n’est pas convaincu114. Il semble déjà favorable à l’ordre existant en Afrique du Sud. En septembre 1963, le séjour de trois semaines qu’il y fait en compagnie de son épouse achève de le conforter dans son opinion. À son retour, il est enthousiaste : « L’Afrique du Sud a été une grande expérience ! » « En Afrique du Sud, c’était magnifique. Un beau pays et des gens très gentils », l’« Europe de l’Afrique115 ». À son journal, il confie néanmoins que le voyage a eu des côtés oppressants, que sa sensibilité à la discrimination s’en est trouvée immensément augmentée116. Mais par la suite, il multiplie les articles favorables à l’Afrique du Sud. Dans la FAZ, dans le Rheinischer Merkur, où il publie en novembre 1963 « Justice aussi pour l’Afrique du Sud », dans les Schweizer Monatshefte, où paraît un texte plus long en mai 1964117.

    32Longtemps, l’image de l’Afrique du Sud a été positive. C’est au lendemain de la guerre que le basculement s’est opéré, analyse Wilhelm Röpke, « avec une rapidité qui montre d’une façon effrayante comment le monde occidental s’est abandonné [...] à l’intolérance idéologique d’un “progressisme” travaillant avec tous les moyens modernes pour influencer les masses ». L’économiste revendique dès lors le « courage de juger équitablement sur la base de données objectives ». Il souligne ainsi la prospérité d’un pays qui connaît une croissance « étonnante », « poursuit un cours conforme à une politique d’économie de marché » et jouit d’une « stabilité politique gouvernementale » qui cherche son équivalent dans le monde entier. L’Afrique du Sud attire massivement immigrants blancs et capitaux étrangers, qui y trouvent une rémunération très élevée. Cette prospérité s’explique déjà par la richesse du sous-sol. L’autre atout du pays, ce sont les « extraordinaires qualités de sa population blanche », qui « déploie une initiative, une activité et un esprit d’invention remarquables ». L’Afrique du Sud est le « produit du dur labeur de plusieurs siècles et de privations d’Européens », qui, vers le milieu du xviie siècle, lorsque la colonisation commença à partir du Cap, « trouvèrent un pays pour ainsi dire vide », dont ils sont les « légitimes propriétaires et maîtres ». Wilhelm Röpke a intériorisé la lecture blanche de l’histoire sud-africaine.

    33Mais l’Afrique du Sud souffre d’une « lourde hypothèque », d’un « immense problème anthropologique », d’un redoutable « problème ethnique » qui « assombrit tout » : les 3,25 millions de Blancs sont bien moins nombreux que les 11,65 millions de Noirs, sans compter les métis et les Indiens. En outre, avec l’industrialisation et l’urbanisation, les Noirs ont « pénétré profondément dans les territoires habités par les Blancs ». Wilhelm Röpke se réfère à Ernest Renan et à sa définition de la nation comme principe spirituel pour souligner la spécificité sud-africaine : « Rarement des groupes d’hommes sont si peu faits, par leur complète hétérogénéité spirituelle et ethnique, que les Blancs et les Noirs de l’Afrique du Sud pour se fondre en une nation, et bien moins encore en une démocratie. » La difficulté serait plus grande qu’aux États-Unis, où les Noirs ne sont qu’une minorité qui ne menace pas la majorité blanche, où leur communauté « s’est, au cours d’une coexistence de plusieurs siècles, plus ou moins assimilée à l’ensemble de la nation ». À l’inverse, les Noirs sud-africains sont des « hommes d’une tout autre race », « appartiennent à un genre et à un degré de civilisation entièrement différents ». La séparation des races serait donc la « tentative de faire quelque chose de raisonnable en soi ». Des comparaisons montrent sa nécessité comme son humanité. Si Grecs et Turcs cohabitaient aujourd’hui encore en Asie Mineure, il en résulterait des problèmes d’une extrême gravité. La séparation du Pakistan et de l’Inde ne serait rien d’autre qu’une forme particulière d’apartheid. Enfin, le système des castes comporterait des « duretés que l’on chercherait en vain » en Afrique du Sud.

    34Avec la création des bantoustans, l’apartheid donne aux Noirs comme aux Blancs « leurs possibilités respectives de développement ». Il serait la « forme spécifique dans laquelle l’Afrique du Sud pratique la politique de “décolonisation” et d’“aide au développement” », « sans lésiner sur les moyens », « avec l’expérience des Blancs qui depuis des siècles sont en contact avec les Noirs ». L’économiste est moins compréhensif pour le « petit apartheid », la ségrégation au quotidien, « souvent humiliante, mesquine et exaspérante », dans les contrées habitées par les Blancs. Le gouvernement sud-africain serait « bien inspiré » de « procéder ici à une révision radicale ». Mais « là aussi l’équité exige » de la nuance. Les Noirs d’Afrique du Sud ne sont pas une « masse d’hommes durement opprimés et malheureux ». Nulle part ailleurs ils ne sont aussi bien nourris, logés, payés et vêtus. Il est « ridicule » et « révoltant » de comparer leur sort avec celui des Tibétains ou des « pays baltes ou d’autres peuples à l’intérieur du super-empire communiste ». L’apartheid souffre d’être mis en œuvre « dans un climat de supernationalisme africain, d’un racisme à rebours et sous la menace de la révolution mondiale communiste ». Il n’y aurait pourtant pas de meilleure solution. Seuls des « idéologues fourvoyés », les « soi-disant “libéraux” de l’Afrique du Sud » et leurs « semblables à l’étranger » proposent d’accorder légalité des droits aux Noirs, ce qui est une « invitation au suicide national ». La transformation de l’Afrique du Sud en une « sorte de Congo ou d’Indonésie » serait un effondrement comparable au « passage de l’Amérique latine au communisme ».

    35Un tel point de vue n’est pas isolé en Suisse. Wilhelm Röpke a beau jeu de citer Willy Bretscher qui, fin 1963, évoque dans la NZZ la « situation difficile, pour ne pas dire tragique » des Blancs d’Afrique du Sud. Il cite également l’ambassadeur de Suisse en Afrique du Sud, Franz Kappeler (1898-1988). Lors d’une conférence prononcée en 1962 ou 1963 à la Swiss South African Association118, l’ancien secrétaire, puis conseiller de légation de l’ambassade de Suisse en Allemagne, qui joua un rôle important dans la négociation avec les nazis sur l’apposition d’un tampon « J » sur les passeports des Juifs allemands, s’est déclaré hostile au principe « un homme, une voix » et a légitimé l’apartheid. Il est vrai que les liens sont étroits entre la Suisse et l’Afrique du Sud. Si la première attaque onusienne contre le gouvernement sud-africain date de 1946, si l’apartheid est condamné dès 1950 par l’Assemblée générale des Nations unies comme racialement discriminatoire, les lobbies antiracistes sont peu nombreux dans un pays où le discours sur les droits de l’homme est souvent considéré comme une arme au service des grandes puissances119. En revanche, la Swiss South African Association, fondée en 1956 par des représentants des milieux industriels et financiers, pèse d’un poids certain120. Au début des années 1960, la Suisse est le quatrième investisseur étranger en Afrique du Sud. La relation entre les deux pays est d’autant plus forte que la perception de la réalité sud-africaine est empreinte de stéréotypes racistes et de réflexes anticommunistes. En 1952, le diplomate Jean de Rham estime que le risque de déstabilisation est plutôt du côté des « éléments indiens », sur lesquels les « communistes spéculent ». Les Noirs ne seraient pas capables de « faire reculer la civilisation blanche ». Ceux que l’ambassadeur a rencontrés lui ont paru « bien dégénérés121 ». Quelques années plus tard, Franz Kappeler attribue les troubles qui précèdent le massacre de Sharpeville de mars 1960 à une agitation communiste préparée de longue date122.

    36La défense de l’apartheid passe souvent par la décrédibilisation du point de vue adverse, présenté comme radical, auquel on oppose une évaluation plus « nuancée », qui serait fondée sur une connaissance de terrain123. Wilhelm Röpke s’inscrit dans ce schéma. De par sa notoriété, ses prises de position ont une réelle visibilité, à la plus grande satisfaction des autorités sud-africaines qui achètent plusieurs milliers d’exemplaires de son article publié dans les Schweizer Monatshefte. Traduit en trois langues, le texte est distribué sous la forme de tirés à part par les bons soins de l’Union des banques suisses124. La version anglaise aurait même été imprimée à 20 000 exemplaires par Pretoria pour diffusion en Amérique du Nord. Conscient de faire la promotion de l’Afrique du Sud, Wilhelm Röpke n’attend pas d’être décoré d’un quelconque ordre honorifique, mais espère être invité par les autorités sud-africaines à faire un « nouveau voyage d’information125 ». Ses interventions servent un pays dont l’image se dégrade au lendemain de Sharpeville et de l’indépendance des États africains. Fin 1962, l’assemblée générale de l’ONU recommande la rupture des relations diplomatiques, commerciales et de transport avec l’État de l’apartheid. En août 1963, le conseil de sécurité recommande un embargo sur les exportations d’armes126. Au mois de décembre, la Suisse se décide à interdire ce type de commerce avec l’Afrique du Sud. Prise pour ménager l’opinion, la décision reste théorique, n’empêchant pas la livraison de canons légers Oerlikon127. Elle n’en traduit pas moins un changement de climat. Wilhelm Röpke et Albert Hunold en font l’expérience lorsque, au printemps 1964, le cycle de conférences sur l’Afrique organisé par le SIAF suscite la critique.

    37Tout avait pourtant bien commencé. Le 8 mai 1964, Albert Hunold écrit à Wilhelm Röpke que l’ambassadeur d’Afrique du Sud, chez qui il a déjeuné, est enthousiaste128. Les liens sont manifestes entre le lobby sud-africain et le tandem Hunold-Röpke. Georg Sulzer, le fils de l’influent Hans Sulzer décédé en 1959, est à la fois membre du Kuratorium du SIAF et président de la Swiss South Africain Association129. Cette dernière veut organiser un banquet à Zurich en l’honneur de Wilhelm Röpke, à l’occasion de la conférence sur l’Afrique du Sud qu’il doit prononcer le 29 juin130. Dès le 8 juin, un cocktail a réuni les membres de l’association avec sir Roy Welensky (1907-1991), l’un des intervenants les plus en vue de ce cycle Afrique131. L’ancien cheminot et boxeur poids lourd de Rhodésie, qui fut également syndicaliste avant d’être Premier ministre de l’éphémère fédération de Rhodésie et du Nyassaland de 1956 jusqu’à sa dissolution en 1963132, vient de prononcer l’intervention qui lance la polémique. Dès le lendemain, la journaliste Regula Renschler réagit dans le Tages-Anzeiger, un quotidien zurichois à l’audience nationale où elle traite de la politique extérieure, plus particulièrement du développement et de l’Afrique133. Le 16 juin, elle reçoit le soutien de son mari, Walter Renschler (1932-2006), qui adresse un courrier à la NZZ. Celui qui devint dans les années 1970 et 1980 une figure du socialisme suisse fait déjà du tiers monde une priorité. Rédacteur de Mondo, revue sur le développement, il coordonne un groupe de contact qui rassemble des étudiants suisses et étrangers à l’université de Zurich et organise des conférences. La charge contre Roy Welensky est violente. Regula Renschler lui reproche sa défense de la colonisation, de la séparation des races en Rhodésie et en Afrique du Sud, son hostilité au principe « un homme, une voix », sa condamnation de l’ONU. Elle s’étonne de l’absence d’Africains parmi les conférenciers, qu’elle accuse de défendre la suprématie blanche et l’idéal colonial134. Le 27 juin 1956, c’est le rédacteur en chef du Tages-Anzeiger, Walter Stutzer, qui, dans un article incendiaire, reproche au SIAF de faire de la propagande. Le problème n’est pas que Roy Welensky s’exprime, précise-t-il, mais que son point de vue soit présenté comme scientifique135. La presse globalement négative met Albert Hunold en difficulté. Même la NZZ manque d’enthousiasme.

    38Sans conteste, les intervenants du cycle Afrique défendent la même vision de l’Afrique au lendemain des indépendances. Intellectuel conservateur d’origine hongroise, l’Américain Thomas Molnar est un cold warrior qui, en 1963, a fait un long séjour en Afrique centrale et australe, à l’invitation notamment des gouvernements portugais et sud-africain. Il a suivi de peu son ami Wilhelm Röpke en Afrique du Sud136. Dans sa conférence « Nationalisme : slogans et réalité », il dénonce le soutien financier et moral apporté par les États-Unis aux « éléments radicaux ». À Washington, des « observateurs naïfs » ont cru voir dans les leaders nationalistes les dirigeants de l’Afrique de demain, et les communistes ont tiré parti de la situation. Thomas Molnar considère également qu’il n’y a pas de « sentiment national naturel » chez les Noirs, mais plutôt un « sentiment d’envie du Blanc, l’aspiration à s’aligner sur lui ». Il dénie tout sens civique à l’Africain, dont le comportement s’expliquerait par la logique tribale. Il est donc faux d’affirmer que les désordres observés un peu partout depuis les indépendances sont des séquelles du colonialisme137.

    39L’intervention de l’Autrichien Erik von Kuehnelt-Leddihn, encore une connaissance de Wilhelm Röpke, un autre catholique conservateur qui a sillonné le tiers monde, n’a pas été publiée dans le volume tiré du cycle Afrique. Mais c’est Wahrhold Drascher (1892-1968), professeur à l’université de Tübingen remercié après 1945, qui présente le profil le plus embarrassant et tient les propos les plus problématiques138. Après avoir servi dans la marine impériale, il a séjourné à Valparaiso dans les années 1920. Membre sous Weimar des Casques d’acier (Stahlhelm) nationalistes et de la Ligue de combat pour la culture allemande (Kampfbund für die deusche Kultur) nationale-socialiste, l’ancien conseiller en 1937-1938 pour les affaires coloniales du Gau de Wurtemberg-Hohenzollern a certes mis de l’eau dans son vin. Il n’affirme plus, comme dans son habilitation de 1936 intitulée « La suprématie de la race blanche », qu’une « race repose sur l’harmonie du sang et du sol », qu’elle confère « à tous ses membres les mêmes traits relevant du caractère et de la biologie », que la volonté source de l’expansion coloniale découle du « sang, de l’instinct de la race », que la supériorité qui a conduit à la domination blanche s’« enracine dans la race elle-même » et qu’Adolf Hitler a indiqué la voie du redressement, celle du « renouvellement et du réveil de la conscience raciale139 ».

    40Culpabilité des Blancs ?, son dernier livre publié en 1960, n’en est pas moins une apologie du colonialisme teintée de considérations racialistes140. Sa conférence, intitulée « Histoire du problème racial au centre et au sud de l’Afrique », fait également débat. Si Wahrhold Drascher concède que la notion de race est tombée en discrédit « depuis les événements des décennies passées » et que la qualification de la peau ne dit rien sur la qualification morale de celui qui la porte, l’« histoire démontre » selon lui que la « capacité des peuples et des races à créer une civilisation de haute culture » n’est pas également répartie. Certaines races plus douées que d’autres ont pu s’imposer comme des modèles. Il manquerait aux Bantous la « force civilisatrice141 ». De tels propos ne surprennent guère chez un intellectuel qui, en 1938, jugeait la législation raciale sud-africaine exemplaire et vantait son Immorality Act interdisant les relations sexuelles entre Blancs et Noirs. Le sort des métis, « serviles, lâches et immensément aigris » du fait de l’« ambivalence de leur être », lui semblait devoir être réglé en s’inspirant de la législation antisémite nazie sur les Mischlinge142. En 1963, Wahrhold Drascher juge que le « sombre instinct de défense contre le mélange des races », observable chez les Blancs du Sud de l’Afrique, constitue une dimension de la réalité sud-africaine. Pour le reste, il se borne au constat que la « politique de séparation des races n’est en soi ni bonne ni mauvaise », que les Noirs ont besoin des Blancs pour que la faim et le besoin disparaissent, pour que des écoles et des hôpitaux soient construits. Il conclut en prophétisant la fin des « guerres de race », qui passeront comme ont passé les guerres de religion et les guerres de classe. L’anticommunisme est toutefois omniprésent dans l’analyse : il faut tout faire pour contenir le « nationalisme africain noir extrême » soutenu par Moscou et Pékin143.

    41Avec son cycle Afrique monocolore, si l’on ose dire, Albert Hunold est allé trop loin. Quelle que soit l’intensité de l’anticommunisme dans la bourgeoisie helvétique, Wahrhold Drascher pose problème. Carl Maurice Jacottet, le directeur de Sandoz SA, fait établir un rapport sur ses écrits de l’époque hitlérienne, qui conclut à leur caractère pseudo-scientifique et indéfendable144. La réputation des milieux d’affaires, mais aussi des universitaires membres des instances du SIAF est en jeu. Les réactions maladroites d’Albert Hunold ne font qu’envenimer la situation145. Le 29 juin, en conclusion du cycle Afrique, Wilhelm Röpke fait sa conférence dans un climat tendu, des étudiants mettant en doute son objectivité146. Pour les néolibéraux helvétiques, toute l’affaire est gênante. Les liens sont étroits entre Albert Hunold, le SIAF, Wilhelm Röpke et la NZZ. Toute atteinte à la réputation de l’un de ses côtés fragilise le polygone néolibéral dans son ensemble. Dans les instances du SIAF, l’énervement monte contre Albert Hunold. Le professeur de droit Werner Kägi décide même de démissionner en juin 1964. Il avait mis en garde dès le début de l’année contre le « caractère très engagé » du cycle Afrique147. Le 21 juillet 1964, le SIAF annonce un second cycle Afrique pour le début de 1965, dont l’organisation aurait été d’emblée prévue, ce qui est inexact, et qui présentera les « conceptions des représentants des peuples africains148 ». Le 27 juillet 1964, un article de la NZZ s’efforce de clore la polémique, dont l’ampleur est attribuée pour part à l’agressivité d’Albert Hunold149. Sa conclusion est une défense et illustration du SIAF, dont les « réalisations et mérites passés et les intentions en termes d’activité future justifient la confiance et la reconnaissance que lui manifeste, indépendamment de l’épisode d’un cycle de conférences controversé, l’opinion zurichoise et helvétique ». La pertinence des critiques est relativisée, l’intervention de Wilhelm Röpke est présentée comme un modèle d’objectivité. Car ce dernier a été touché par la polémique. Le 10 juillet 1964, La Vie protestante a publié « Le Herr Professor Doktor Röpke défend l’apartheid ». En août 1964, Der schweizerische Beobachter, un bimensuel de grande diffusion, publie « Pourquoi avez-vous quitté l’Allemagne nazie, Monsieur le professeur ? », qui trace un parallèle entre l’Afrique du Sud et l’Allemagne nazie150.

    42Si Wilhelm Röpke est mis en cause, la seule vraie victime de la polémique est Albert Hunold, qui doit quitter la direction du SIAF au début de 1966. Mais son retrait sanctionne avant tout sa maladresse et son autoritarisme, qui indisposaient déjà beaucoup de monde avant le printemps 1964. Dans les milieux conservateurs et libéraux, l’émotion a porté davantage sur la forme que sur le fond de l’affaire. Certes, Wilhelm Röpke s’est d’abord demandé s’il fallait publier Thomas Molnar et Wahrhold Drascher. Le passé du second l’embarrasse. Mais l’on ferait mieux, estime-t-il, de s’intéresser à Peter Rippmann, l’auteur de « Pourquoi avez-vous quitté l’Allemagne nazie, Monsieur le professeur ? », et à l’écrivain Max Frisch, ces « saboteurs de plus en plus dangereux de la Suisse ». Par une sorte d’antimaccarthysme inversé, Wilhelm Röpke disculpe Wahrhold Drascher. Lui reprocher son passé nazi équivaudrait à déclencher une chasse aux sorcières semblable à celle que les progressistes s’indigneraient de voir mise en œuvre contre un individu au passé communiste. Quant à Thomas Molnar, Wilhelm Röpke se solidarise avec lui après avoir pris connaissance de la teneur de sa conférence. Il s’indigne du retournement des instances dirigeantes du SIAF qui, après avoir approuvé le cycle Afrique, ont changé d’avis sous l’effet du « terrorisme intellectuel de gauche » (der linke Meinungsterror)151. En 1964, Trygve J. B. Hoff se dit terrifié, à propos de l’Afrique du Sud, de constater combien facilement l’« opinion est influencée par les arguments de gauche152 ». Wahrhold Drascher et Thomas Molnar n’en sont pas moins publiés dans le volume issu des deux cycles de conférences153. Et dès que l’on quitte le registre public pour celui des interventions plus confidentielles, les préventions à l’encontre des Africains s’expriment. Lorsque le comité en charge des conférences du SIAF se réunit le 13 juillet 1964 pour tenter de résoudre la crise, l’économiste Friedrich A. Lutz, qui prendra en 1966 la succession d’Albert Hunold, s’exclame que « les nègres commencent à [lui] taper sur le système avec leurs dispositions négatives154 ».

    43Pour évoquer les Africains, le registre sémantique du cannibalisme semble d’un usage relativement courant. En août 1964, à propos du second cycle Afrique, Albert Hunold s’indigne lorsque Dietrich Schindler lui suggère d’inviter le Premier ministre du Kenya, « Jomo Kenyatta, ce cannibale155 ». En janvier 1965, Wilhelm Röpke se plaint de « ces intellectuels de la NZZ [qui] ne seront contents que lorsqu’ils laisseront parler un vrai cannibale156 ». Helmut Schoeck s’est fait, pour sa part, le théoricien du « masochisme occidental », un concept auquel se réfère souvent Wilhelm Röpke. D’origine européenne, l’idée de progrès aurait mué en un « complexe de progrès masochiste et inversé » consistant à désigner comme progressiste tout ce qui, sur le plan culturel, économique ou politico-militaire, mine l’influence exercée par l’Europe et l’Occident d’inspiration européenne157. Dans sa correspondance, le sociologue impute le phénomène à un excès du devoir de mémoire : « Je pense que sans les crimes de Hitler (sur des hommes souvent très cultivés), le masochisme occidental vis-à-vis des cannibales n’aurait pas atteint une telle ampleur158. » Taraudé par la culpabilité de ne pas s’être opposé à la persécution des Juifs par Hitler, l’Occident ferait preuve d’« afrophilie ». Dans un « geste d’expiation totalement déplacé », il attribuerait aux Africains toute l’« intelligence et le potentiel culturel » des Juifs assassinés. « Mais on ne peut pas donner vie à six millions de Juifs assassinés, d’abord en élevant à leur niveau des cannibales et ensuite en leur proposant comme festin environ le même nombre de Blancs159. » Plus modéré, Wilhelm Röpke n’en fait pas moins de la race une clef d’analyse essentielle : « L’excès hitlérien n’a pas fait disparaître la race comme une réalité biologique et culturelle, ressentie comme telle160. » Dans une lettre à Wahrhold Drascher, il dénonce la « négation absolument non scientifique de la réalité de la différence ethnique (vulgo race)161 ».

    44Les motivations du soutien à l’Afrique du Sud dépassent donc la question du communisme. L’économiste se dit fier d’être né un 10 octobre, le jour de la naissance de Paul Kruger, symbole de l’histoire afrikaner. Dans son journal, il plaide l’indulgence pour Daniël F. Malan (1874-1959), figure emblématique de l’apartheid, soulignant qu’il a dû « s’affirmer au bout du monde contre une majorité écrasante de barbares noirs162 ». Le chaos dans lequel sombre le Congo au lendemain de l’indépendance suscite les commentaires les plus inquiets chez les néolibéraux. Pour Wilhelm Röpke, la « catastrophe » dans l’ancien Congo belge illustre l’absurdité de la démocratie dans certains pays163. Louis Rougier pense de même164. Pour Albert Hunold, le Congo démontre que l’Afrique est parvenue trop rapidement à l’indépendance165. À l’été 1964, Moïse Tschombé, l’ancien sécessionniste du Katanga, est nommé Premier ministre et conduit la lutte contre de nombreuses rébellions. Il bénéficie de la sollicitude des réseaux libéraux et conservateurs. Au début du mois d’octobre, peu avant que Moïse Tschombé ne soit destitué par le président de la République Joseph Kasavubu, Otto von Habsbourg écrit à Wilhelm Röpke. Si Moïse Tschombé arrive à se maintenir jusqu’à la fin de l’année et à chasser les rebelles, explique le vice-président de l’Union paneuropéenne, membre également de la Société du Mont-Pèlerin, il fera du Congo un « centre de la liberté et de l’ordre en Afrique ». Mais l’implication internationale en sa faveur est trop timide. Il faudrait que Wilhelm Röpke intervienne auprès de Ludwig Erhard166. Sollicité, ce dernier répond sans trop s’engager. Mais l’économiste estime avoir obtenu des résultats167.

    45Le Congo attise une grande peur des Africains et d’un tiers monde échappant à tout contrôle. En novembre 1964, Wilhelm Röpke évoque la « terrifiante expérience avec le cannibalisme noir au Congo ». Son ami Olof Gigon, professeur d’université, voit l’Europe engagée dans un combat défensif des plus dangereux, non seulement contre l’Est, non seulement contre les États-Unis, mais aussi contre les « hordes de sous-développés168 ». Les nombreuses lettres de soutien que reçoit Wilhelm Röpke montrent que la condamnation de l’apartheid et d’une certaine vision de l’Afrique suscite encore bien des réticences au milieu des années 1960, en Suisse et ailleurs. Certaines émanent de figures problématiques. En juillet 1964, Hermann Ehrhardt (1881-1971), l’ancien commandant de la brigade Ehrhardt qui participa au putsch Kapp avant de se lancer dans le terrorisme à la tête de l’organisation Consul, écrit à Wilhelm Röpke. Il dit son plein accord avec son article sur l’Afrique du Sud publié dans la NZZ. Il se réclame également de son « expérience » sur le terrain. Il faisait partie du corps expéditionnaire allemand responsable en 1904 du génocide des herreros, dont il impute le soulèvement aux Anglais. Il a ensuite dirigé une exploitation de tabac et de coton au Nyassaland, que les « Anglais lui ont volée en 1918 ». De 1955 à 1963, il a séjourné fréquemment au Kenya et au Tanganyika. Il s’estime donc bien placé pour dénoncer la « masse sans instinct et sans jugement des Blancs qui voient leur ami dans le nègre paresseux et impertinent plutôt que dans le Blanc qui lutte avec difficulté ». Un jour, prédit Hermann Ehrhardt, les Blancs seront « engloutis par le flot des Noirs et des Jaunes ». Aujourd’hui déjà, l’ONU « terroriserait » ses « membres blancs169 ».

    46D’autres soutiens sont plus fréquentables. Parmi eux, Ferdinand Friedensburg et Erich Eyck, deux contributeurs au débat de l’immédiat après-guerre sur la culpabilité allemande et les origines du nazisme, l’un et l’autre de sensibilité libérale-conservatrice170. Le second, célèbre biographe critique de Bismarck, ne croit pas à la solution « un homme, une voix » et dénonce le « sentimentalisme démocratique171 ». Richard Coudenhove-Kalergi approuve la « clarté » et le « courage » de Wilhelm Röpke172. Des commentaires remontent également des milieux économiques suisses. Otto Fischer (1915-1993), président depuis 1963 de la chambre suisse des arts et métiers, connu pour ses positions conservatrices et antiétatistes, et Samuel Schweizer, le président du Schweizerischer Bankverein, dénoncent la « propagande partiale » hostile à l’Afrique du Sud173. Enfin, l’économiste socialiste Fritz Marbach s’en prend à Peter Rippmann, lui reprochant d’occulter la condamnation par Wilhelm Röpke du « petit apartheid », rejetant le parallèle entre le régime nazi et le pouvoir sud-africain : « Personne ne pourra contester avec raison que la république sud-africaine s’efforce de résoudre de la manière la plus humaine possible l’un des plus difficiles problèmes ethniques au monde. » Et Fritz Marbach de demander « si les six millions de juifs tués par Hitler n’auraient pas remercié leur Dieu à genou » si le IIIe Reich leur avait accordé un Transkei Israélite174.

    47Dans le camp néolibéral, la sensibilité à l’apartheid reste longtemps limitée. Mais il y a des nuances. Au début d’octobre 1965, Albert Hunold se trouve en Afrique du Sud, plus que jamais persuadé qu’elle « joue maintenant et jouera à l’avenir un rôle important dans la survie du monde libre et le maintien de la culture occidentale ». Avec la visite du bantoustan du Transkei, son séjour a dépassé ses attentes. Albert Hunold aurait également ouï dire que Friedrich Hayek, sous l’influence de la « clique de l’université du Cap, avant tout Hutt », s’apprêterait à soutenir le « principe un vote, une voix175 ». De fait, l’économiste autrichien, qui a séjourné en Afrique du Sud à deux reprises, en 1961 et en 1978, a rejeté la discrimination des Noirs par les Blancs tout en condamnant le principe de sanctions. Durant son premier séjour, il présente l’évolution récente de la législation raciste comme un « exemple clair et même extrême de cette discrimination entre des individus qui [lui] semble être incompatible avec le règne de la liberté176 ». William H. Hutt voit pour sa part dans l’apartheid le produit de l’influence syndicale et d’une politique économique non libérale177. Ces nuances entre néolibéraux ne dépassent pas certaines limites. Dans les années 1980, la Société du Mont-Pèlerin a très sérieusement envisagé un congrès régional en Afrique du Sud, n’y renonçant que pour des raisons politiques, au mécontentement marqué d’une partie des membres178.

    48Reste que les années 1960 représentent une période charnière. Des considérations qui ont longtemps revêtu un caractère d’évidence deviennent difficiles à assumer. Le coût de leur énonciation s’élève. Wilhelm Röpke en est conscient. Lorsque la Rhodésie du Sud proclame unilatéralement son indépendance le 11 novembre 1965, il s’indigne certes des réactions négatives de la communauté internationale, dans laquelle il ne voit qu’un « mélange d’obsession idéologique, de flatterie, de bêtise et de masochisme ». Il espère que les « valeureux Rhodésiens » s’en sortiront179. Mais il ne s’engage plus publiquement. À la fin de 1965, alors que la pression augmente sur l’Afrique du Sud qui, contrairement au droit international, a fait de la Namibie une province de facto, elle aussi soumise à l’apartheid, il décline la proposition de l’ambassade sud-africaine de rédiger un petit texte sur l’ancien Sud-Ouest africain180.

    ***

    49Après la guerre, la notoriété de Wilhelm Röpke a été portée par les réseaux néolibéraux. C’est là un juste retour sur investissement pour celui qui peut être considéré comme le copilote, avec Friedrich Hayek, de la mobilisation qui prend forme au Mont-Pèlerin. Certes, dans les années 1950 et 1960, la toile néolibérale n’atteint pas encore la densité qui sera la sienne à la fin du siècle. Mais elle est déjà en expansion. Les think tanks se créent ou se développent. Sous l’impulsion d’Albert Hunold, qui travaille en lien étroit avec Friedrich Hayek et Wilhelm Röpke, le SIAF est un important relais des idées néolibérales. En 1959, l’Institute of Economic Affairs londonien prend en charge l’organisation du congrès d’Oxford de la Société du Mont-Pèlerin. En Amérique latine, les réseaux s’organisent. Il ne faut pas surestimer la portée de la crise qui, en 1962, voit partir de la Société du Mont-Pèlerin Wilhelm Röpke, Albert Hunold, Karl Brandt, Alexander Rüstow et quelques autres. Ces hommes continuent de communiquer avec leurs camarades restés aux côtés de Friedrich Hayek et Milton Friedman. Ils ont tous beaucoup en commun, notamment des ennemis. S’il a été le grand perdant de l’épreuve qui a secoué la société, Wilhelm Röpke ne devient pas une persona non grata. Sans doute aurait-il fini par la réintégrer s’il n’avait succombé à son troisième infarctus en 1966.

    50Jusqu’à la fin des années 1950, Wilhelm Röpke et Friedrich Hayek sont les deux piliers du premier néolibéralisme. En Allemagne, le Genevois est considéré comme l’un des pères de l’économie sociale de marché. Il reste également très connu en Suisse. Au-delà, il est une référence planétaire pour tous ceux qui se réclament de la « liberté » contre le « collectivisme », d’Oslo à Rome, de Washington à Tokyo, de Mexico à Buenos Aires. Ce rayonnement est le fruit d’un engagement de tous les instants, d’une incroyable productivité éditoriale, de nombreux déplacements de par le monde. À une époque où le néolibéralisme est encore sur la défensive, Wilhelm Röpke a efficacement contribué à son affirmation. Promoteur d’une économie éminemment politique, il incarne le nouveau profil de l’intellectuel transnational dont a accouché l’entreprise de rénovation entamée avec le colloque Walter Lippmann.

    51Assurément, le néolibéralisme est traversé de tensions qui ne reflètent pas seulement des conflits de personnes ou de stratégies. Mais les divergences de nature plus profonde ne doivent pas être exagérées dans leur ampleur et doivent être clairement identifiées dans leur nature. À certains égards, Wilhelm Röpke incarne une variante du néolibéralisme non pas moins mais plus radicale que celle symbolisée par Friedrich Hayek. Il professe en effet un anticommunisme pur et dur, se montre plus intransigeant en la matière que son camarade autrichien ou Willy Bretscher. Ses diatribes contre la politique américaine culminent durant les années Kennedy. Il évoque avec réprobation la dénonciation calomnieuse dont la dictature sud-vietnamienne serait la victime de la part des Américains181. Au début des années 1960, Wilhelm Röpke devient très sombre, dénonçant l’apertura a sinistra qui se manifesterait partout dans le monde. Albert Hunold, Helmut Schoeck et Karl Brandt sont eux aussi des faucons patentés.

    52Après l’avoir quittée, l’économiste genevois juge que la Société du Mont-Pèlerin est condamnée à disparaître car il lui manquerait une « doctrine », une « philosophie ». Les sécessionnistes caressent un temps l’idée d’une organisation concurrente. Mais le Forum atlanticum ne voit pas le jour182. Il avait également vocation à pallier l’impuissance supposée des États-Unis face au communisme, en particulier dans le tiers monde. L’Amérique latine préoccupe grandement Wilhelm Röpke et Albert Hunold. À la fin de 1962, le premier soumet au second l’idée, sans lendemain, d’une grande conférence « exclusivement européano-sud-américaine » qui pourrait se tenir à Tenerife183. Si Wilhelm Röpke est plus européen qu’américain, ce n’est donc pas parce qu’il incarnerait une variante plus sociale du néolibéralisme. Au début des années 1960, il est un père de l’économie sociale de marché plutôt tenaillé par une propension à l’infanticide, tant il réprouve, par exemple, la réforme des retraites de 1957 et, de manière plus générale, l’évolution de la politique économique et de la société ouest-allemandes. Sa condamnation de l’État-providence n’a rien à envier à celle des hayekiens ou des friedmaniens. Une grande distance le sépare d’un libéralisme plus social, a fortiori de la social-démocratie.

    53Cold warrior pourfendeur des États-Unis, freedom fighter brisant des lances pour l’apartheid, libéral contempteur du FDP et de l’Internationale libérale, Wilhelm Röpke se laisse difficilement appréhender. On peut presque se demander si la notion de néolibéralisme est totalement appropriée pour rendre compte d’un intellectuel qui confesse la plus grande admiration pour Gustave Thibon, cultive ses relations avec les intellectuels et les hommes politiques conservateurs, et considère la modernité comme la source de tous les maux. Wilhelm Röpke antimoderne et conservateur : voilà la dernière grille de lecture qu’il nous faut mobiliser pour cerner un intellectuel qui se révèle plus complexe que ne le suggèrent les clichés présentistes sur le néolibéralisme. Loin de préfigurer une modernité néolibérale que d’aucuns considèrent comme l’essence de notre monde contemporain, Wilhelm Röpke incarne la dimension antimoderniste et conservatrice du néolibéralisme, trop rarement prise en compte par l’historiographie.

    Notes de bas de page

    1 Wilhelm Röpke, « Die Wirtschaftsstruktur der modernen Türkei », Wiener Wirtschafts-Woche, 23 janvier 1935, p. 7-8.

    2 Id., « Das Agrarproblem der Vereinigten Staaten », Archiv für Sozialwissenschaft und Sozialpolitik, 58, n° 3, 1927, p. 478-516, 59, n° 1, 1928, p. 96-130.

    3 Id., « Sind neue Industrieländer eine Gefahr für die alten ? Ein wichtiges Nachkriegsproblem », Schweizer Monatshefte, 23, n° 7, avril 1943-mars 1944, p. 360-368.

    4 Id., « Unentwickelte Länder », ORDO. Jahrbuch für die Ordnung von Wirtschajt und Gesellschaft, 5,1953, p. 63-113, notamment p. 67.

    5 Sur le « Point IV », voir Gilbert Rist, Le développement, histoire d’une croyance occidentale, Paris, Presses de Sciences Po, 2007, 3e éd., p. 127-146.

    6 Comme l’a montré Dieter Plehwe, « The Origins of the Neoliberal Economic Development Discourse », dans Philip Mirowski et Dieter Plehwe (dir.), The Road from Mont-Pèlerin, op. cit., p. 238-279.

    7 Albert Hunold (dir.), Entwicklungsländer – Wahn und Wirklichkeit, op. cit., Albert Hunold (dir.), Lateinamerika – Land der Sorge und der Zukunft, Erlenbach-Zurich, Rentsch, 1962 ; Albert Hunold (dir.), Afrika und seine Probleme, Erlenbach-Zurich, Rentsch, 1965.

    8 Session des 14 et 15 septembre 1951. Les autres participants sont Frederick C. Benham, Herbert Frankel, Louis Baudin, Henry Hazlitt, John Jewkes et Peter Thomas Bauer. Seule la communication du premier a été conservée dans les fonds du Liberaal Archief.

    9 Wilhelm Röpke, « Unentwickelte Länder », art. cité.

    10 Id., « Die unentwickelten Länder als wirtschaftliches, soziales und gesellschaftliches Problem », dans Albert Hunold (dir.), Entwicklungslander – Wahn und Wirklichkeit, op. cit., p. 11 -82.

    11 Lettre du 21 juin 1951 à Alexander Rüstow, NR, dossier Rüstow.

    12 Wilhelm Röpke, « Unentwickelte Länder », art. cité, p. 63-64.

    13 Ibid., p. 66.

    14 Henry Hazlitt, Illusions of Point Four, New York, The Foundation for Economic Education, 1950, p. 4-5. Il s’agit de Earl Browder, Teheran – Our Path in War and Peace, New York, International Publishers, 1944.

    15 Voir notamment Helmut Schoeck, « Wert und Gefahr der Punkt-Vier Ideologie », Außenpolitik. Zeitschrift für internationale Fragen, 4, 1953, p. 436-446 ; Id., « Die USA und die Entwicklungsländer – Geschichte einer Ernüchterung », dans Albert Hunold (dir.), Afrika und seine Probleme, op. cit., p. 159-190.

    16 Wilhelm Röpke, « Unentwickelte Länder », art. cité, p. 69.

    17 Id., « Die unentwickelten Länder als wirtschaftliches, soziales und gesellschaftliches Problem », art. cité, p. 71.

    18 George A. Duncan, « Under-Developed Countries », 3 p., LA, p. 2. Les autres participants à la session « Underdeveloped Countries » du 8 septembre 1960 présidée par Daniel Villey sont Peter T. Bauer, Wolfgang Förster, John Van Sickle, D. C. Renooij et Louis Rougier.

    19 B. R. Shenoy, « Der Richtige Weg zu Indiens Fortschritt », dans Albert Hunold (dir.), Entwicklungsländer – Wahn und Wirklichkeit, op. cit., p. 139-146, notamment p. 140. Ce volume du SIAF publie les communications prononcées lors du congrès de Cassel plus quelques textes supplémentaires, dont celui de B. R. Shenoy.

    20 Wilhelm Röpke, TG, 60-64, entrées du 8 avril 1960 et du 27 septembre 1962.

    21 Id., « Unentwickelte Länder », art. cité, p. 81-82, 85.

    22 Frederick C. Benham, « Liberalism and Underdeveloped Countries », intervention faite au congrès de Beauvallon en septembre 1951, 9 p., LA, p. 1, 2, 9.

    23 Karl Brandt, « Western and Underdeveloped Nations », The Mont Pelerin Quarterly, n° 3, janvier 1962, p. 16-25, notamment p. 24. Sont également intervenus lors de la session du 6 septembre, « Western Countries and the Under-Developed World » : Gaston Leduc, G. U. Papi, Jacques Van Offelen, Alexander Rüstow, Daniel Villey. La présence de John Davenport et Ludwig von Mises n’est pas avérée. Voir Liberaal Archief (dir.), Inventory of the General Meeting Files (1947-1998), op. cit., p. 41.

    24 Wilhelm Röpke, « Unentwickelte Länder », art. cité, p. 90-91.

    25 Frederick C. Benham, « Liberalism and Underdeveloped Countries », art. cité, p. 4.

    26 Wilhelm Röpke, « Unentwickelte Länder », art. cité, p. 90-91.

    27 Id., Jenseits von Angebot und Nachfrage, op. cit., p. 254.

    28 Id., « Unentwickelte Länder », art. cité, p. 100.

    29 Les débats sur la question du sous-développement lors du congrès de Princeton ont été publiés ; voir « Underdevelopped Countries. Discussions at the 9th Meeting of the Mont- Pèlerin Society at Princeton », The Mont-Pèlerin Quarterly, n° 1, avril 1959, p. 5-26, notamment p. 19.

    30 George A. Duncan, « Under-Developed Countries », art. cité, p. 2.

    31 Frederick C. Benham, « Liberalism and Underdeveloped Countries », art. cité, p. 9.

    32 Les discussions qui ont suivi, à Cassel, les interventions sur le thème du sous-développement ont été publiées dans Albert Hunold (dir.), Entwicklungsländer, op. cit., p. 217-228, notamment p. 217-221 pour Alexander Rüstow.

    33 John Van Sickle, « Growth Theories – Old and New », 8 p., LA, p. 9.

    34 Frederick C. Benham, « Liberalism and Underdeveloped Countries », art. cité, p. 6.

    35 John Van Sickle, « Growth Theories », art. cité, p. 3-5. Voir le rapport Measures for the Economic Development of Underdeveloped Countries, New York, United Nations, 1951.

    36 Wilhelm Röpke, « Die unentwickelten Länder als wirtschaftliches, soziales und gesellschaftliches Problem », art. cité, p. 75.

    37 Voir notamment Gunnar Myrdal, An International Economy. Problems and Prospects, New York, Harper & Kegan, 1956 ; Id., Economie Theory and Under-Developed Regions, Londres, Duckworth, 1957.

    38 Wilhelm Röpke, « Entwicklungshilfe. Wasser auf kommunistische Mühlen ? », PAZ, 19/9/59.

    39 Ce prix est doté de 500 000 dollars.

    40 Peter Thomas Bauer, Basil S. Yamey, The Economics of Under-developed Countries, Chicago, The University of Chicago Press, 1957 ; Peter Thomas Bauer, « International Economic Development », The Economic Journal, 69, n° 273, 1959, p. 15-123.

    41 Peter T. Bauer, « Regulated Wages in Under-developed Countries », 19 p., LA. L’autre communication, qui n’a pas été conservée, constitue la version révisée d’un article publié : « The New Orthodoxy of Economic Development », Fortune, mai 1958, p. 142,143,194,196, 198. Peter T. Bauer se trouvant en déplacement au Pakistan, c’est le publiciste américain John Davenport qui présente ses communications.

    42 Voir Underdevelopped Countries, op. cit. Participent à la discussion des thèses de Peter T. Bauer David McCord Wright, Gustavo R. Velasco, Nobutane Kiuchi, S. Herbert Frankel, Ludwig von Mises, Eugenio Gudin, Romulo A. Ferrero.

    43 Peter T. Bauer, « Why Should we Aid ? », 5 p., LA.

    44 Ibid., p. 1-2.

    45 Voir Peter T. Bauer, « The New Orthodoxy of Economic Development », art. cité. Voir l’analyse des thèses de Peter T. Bauer que présente Dieter Plehwe, « The Origins of the Neoliberal Economic Development Discourse », art. cité, p. 262-265.

    46 Il s’agit de l’article « Entwicklungshilfe. Wasser auf kommunistische Mühlen ? » cité précédemment. Voir lettre du 6 octobre 1959 de Peter Thomas Bauer, NR, dossier AK 58-59.

    47 Helmut Schoeck, James W. Wiggins (dir.), Foreign Aid Reexamined. A Critical Appraisal, Washington, Public Affairs Press, 1958.

    48 Lettre du 22 octobre 1958 de Helmut Schoeck, NR, dossier 58-59.

    49 Lettre du 17 novembre 1958 à Helmut Schoeck, ibid.

    50 Voir Heide-Irene Schmidt, « Pushed to the Front : The Foreign Assistance Policy and the Federal Republic of Germany, 1958-1971 », Contemporary European Review, 12, 2003, n° 4, p. 473-507 ; Bastian Hein, Die Westdeutschen und die Dritte Welt. Entwicklungspolitik und Entwicklungsdienste zwischen Reform und Revolté 1959-1974, Munich, Oldenbourg, 2006.

    51 Durant la session « Liberalism and Colonialism » du 3 septembre 1957 présidée par Ludwig von Mises. Les participants sont Karl Brandt, A.A. Shenfield, Edmond Giscard d’Estaing, Alexander Rüstow et Peter T. Bauer. Le texte de ce dernier n’a pas été conservé.

    52 Karl Brandt, « Liberal Alternatives in Western Policies Toward Colonial Areas », Saint-Moritz, 1957, 13 p., LA, p. 8, 5 et 6.

    53 Edmond Giscard d’Estaing, « Libéralisme et colonialisme », Saint-Moritz, 1957, LA, 4 p., p. 1. Dans les années 1930, Edmond Giscard d’Estaing a prôné pour l’Afrique une politique coloniale duale, avec d’un côté des pôles de développement limités à quelques points sur la côte et de l’autre la grande majorité des territoires laissés à une vie reculée et autonome. Après la guerre, il demeure très impliqué sur la question coloniale. Voir Jacques Marseille, Empire colonial et capitalisme français. Histoire d’un divorce, Paris, Albin Michel, 1984, p. 218-224 ; Catherine Hodeir, Stratégies d’Empire : le grand patronat colonial face à la décolonisation, Paris, Belin, 2003 ; Id., « Grand patronat colonial français et domination blanche au tournant des indépendances », French Colonial History, 8, 2007, p. 223-244.

    54 Arthur A. Shenfield, « Liberalism and Colonialism », Saint-Moritz, 1957, LA, 6 p., p. 1.

    55 Ibid., p. 3.

    56 Alexander Rüstow, « Kolonialimperialismus », Saint-Moritz, 1957, LA, 13 p. Ce texte est un extrait de Ortsbestimmung der Gegenwart. Eine universalgeschichtliche Kulturkritik. Band 3 : Herrschaft oder Freiheit ?, Erlenbach-Zurich, Rentsch, 1957, p. 505-518, citation p. 506.

    57 Lettre du 19 septembre 1956 à Hans Ilau, lettre du 4 décembre 1956 à Volkmar Muthesius, NR, dossier AK 56-57.

    58 Albert Hunold (dir.), Entwicklungsländer, op. cit., p. 227.

    59 Sur ce point, voir Wilhelm Röpke, « Unentwickelte Länder », art. cité, p. 106.

    60 Frederick C. Benham, « Liberalism and Underdeveloped Countries », art. cité, p. 5.

    61 Louis Rougier, « Le problème de l’aide au développement », Cassel, 1960, LA, 7 p., p. 5-6 ; Id., « Das Problem der Entwicklungshilfe », dans Albert Hunold (dir.), Entwicklungsländer – Wahn und Wirklichkeit, op. cit., p. 181-190.

    62 Arthur A. Shenfield, « Liberalism and Colonialism », art. cité, p. 4.

    63 Edmond Giscard d’Estaing, « Libéralisme et colonialisme », art. cité, p. 1.

    64 Arthur A. Shenfield, « Liberalism and Colonialism », art. cité, p. 1.

    65 Karl Brandt, « Liberal Alternatives in Western Policies Toward Colonial Areas », art. cité, p. 2.

    66 Ibid., p. 13.

    67 Karl Brandt, « Western and Underdeveloped Nations », art. cité, p. 18. La stratégie économique fait également l’objet d’une intervention à Cassel, due à Wolfgang Förster, de l’Osteuropa Institut de Berlin, également pourfendeur du commerce avec l’Est. Voir Wolfgang Förster, « Die Schwerpunkte der wirtschatlichen Strategie des Ostens bei der Einflußnahme auf die Entwicklungsländer », Cassel, 1960, LA, 8 p.

    68 Karl Brandt, « Western and Underdeveloped Nations », art. cité, p. 25.

    69 Wilhelm Röpke, « Unentwickelte Länder », art. cité, p. 73-74.

    70 Id., « Die unentwickelten Länder als wirtschaftliches, soziales und gesellschaftliches Problem », art. cité, p. 67-70.

    71 Lettre du 3 octobre 1955 à Carlo von Bernhard, NR, dossier 56/57.

    72 Ludwig von Mises, Problemas económicos de Mexico. Ayer y hoy, Mexico, 1942/1998. Le texte a été réédité par l’Instituto Cultural Ludwig von Mises. Des éléments sur les réseaux mexicains dans Dieter Plehwe, « Neoliberale Ideen aus der Peripherie ins Zentrum gerückt : der Fall Mexiko », Journal für Entwicklungspolitik, n° 3, 2002, p. 249-264.

    73 Lettre du 20 juillet 1955 de Gustavo R. Velasco, NR, dossier AK 56-57.

    74 Lettre du 24 juillet 1957 du Dr Horst, NR, dossier AK 57-58.

    75 Lettre du 30 mai 1958 de Raul Lamuraglia, lettre du 9 juin 1958 à Raul Lamuraglia, NR, dossier AK 57-58. Sur le Centro de Difusión de la Economia Libre, devenu par la suite le Centro de Estudios Sobre la Libertad, voir Richard A. Cooper, « Argentine at the Crossroads », The Freeman, 39, n° 12, 1989, accessible en ligne. Sur la FEE, voir infra le chapitre 15.

    76 Lettre du 12 mars 1962 d’Albert Hunold, NR, dossier AK 62. Sur Nicomedes Zuloaga, voir Robert J. Bail Zuloaga, « Viva Zuloaga », notice sur le site Misión.riqueza (http://www.misionriqueza.org/noticias-8.htm).

    77 R. M. Hartwell, A History of the Mont-Pèlerin Society, op. cit., p. 154-156. Le premier congrès régional de la Société du Mont-Pèlerin s’est tenu à Tokyo en 1966.

    78 Voir par exemple la lettre du 15 janvier 1958 de Gustavo R. Velasco, NR, dossier AK 57-58.

    79 Lettre du 8 avril 1960 d’Alvara Belaúnde y Belaúnde, NR, dossier AK 60-61.

    80 Lettre du 6 juin 1960 de Guillermo Kraft, NR, dossier AK 60-61 ; Wilhelm Röpke, Economia y Libertad, Buenos Aires, Foro de la Libre Empresa, 1960.

    81 Albert Hunold, Economia de Mercado Social, Buenos Aires, Foro de la Libre Empresa, 1962. Antoine Pinay a été publié l’année d’avant : Antoine Pinay, El comunismo frente el liberalismo, Buenos Aires, Foro de la Libre Empresa, 1961. Sur Friedrich T. Wahlen, voir Olivier Longchamp, Yves Steiner, « Le coup de pouce zurichois au renouveau libéral. Le Schweizerisches Institutfür Auslandforschung (1943-1966) », art. cité, p. 27.

    82 Wilhelm Röpke se porte ainsi garant auprès de John Van Sickle, pour l’obtention d’une bourse, de Raymondo Guzman, un jeune juriste mexicain assistant d’Agustin Navarro, le directeur de l’Instituto de Investigaciones Sociales et Economicas. Lettre du 20 novembre 1957 à John Van Sickle, NR, dossier AK 57-58.

    83 Lettre du 11 novembre 1960 de Kurt Spalding, NR, dossier AK 60-61.

    84 Lettre du 5 avril 1961 du comte Zedlitz-Trützschler, Ibid.

    85 Wilhelm Röpke, TG, 64-65, entrée du 17 mai 1965.

    86 Lettre du 13 novembre 1962 d’Albert Hunold, NR, dossier AK 62.

    87 Sollicité, Wilhelm Röpke a choisi de rentrer directement en Europe.

    88 Lettres des 28 mai et 9 juin 1958 de Gustavo R. Velasco, NR, dossier AK 57-58.

    89 Wilhelm Röpke, « Als Nationalökonom in Südamerika », FAZ, 4 juin 1960.

    90 Ibid.

    91 Max Reiser, « Die Experiment Perus. Die Anwendung des Neoliberalismus auf ein unentwickeltes Land », dans Albert Hunold (dir.), Lateinamerika, op. cit., p. 203-224 ; Louis Baudin, « Die modernen Kulturen der Andenländer », dans ibid., p. 61-88.

    92 Wilhelm Röpke, « Als Nationalökonom in Südamerika », art. cité.

    93 Franz Aschinger, « Inflation und Wachstum in Brasilien », dans Albert Hunold (dir.), Lateinamerika, op. cit., p. 165-181 ; Id., Franz Aschinger, Stärken und Schwächen der brasilianischen Wirtschaft, Zurich, Buchverlag der NZZ, 1961.

    94 Id., « Inflation und Wachstum in Brasilien », art. cité, p. 174 ; Albert Hunold, « Sorgenland Südamerika », dans Id. (dir.), Lateinamerika, op. cit., p. 225-244, notamment p. 239.

    95 Wilhelm Röpke, « Als Nationalökonom in Südamerika », art. cité.

    96 Ibid.

    97 Albert Hunold, « Sorgenland Südamerika », art. cité.

    98 Wilhelm Röpke, TG, 60-64, entrée de mars 1960.

    99 Lettre du 3 mai 1960 à Erich Kuehnelt-Leddihn, NR, dossier AK 60-61.

    100 Carlos A. Coll Benegas, « Communism in Latin America from an Argentine Point of View and with Reference to the notion of underdeveloped countries », Turin, 1961, LA.

    101 Propos rapportés dans Ruth Sheldon Knowles, « New Ammunition Needed », The Spokesman-Review, 31 octobre 1961.

    102 Lettre du 3 mai 1960 à Erich Kuehnelt-Leddihn, NR, dossier AK 60-61.

    103 Wilhelm Röpke, TG, 60-64, entrée de mars 1960

    104 Wilhelm Röpke, TG, 58, entrée du 16/5/1958. Lettre du 17 mai 1958 à Albert Hunold, lettre du 17 mai 1958 à Erich Kuehnelt-Leddihn, NR, dossier AK 57-58.

    105 Alexander Rüstow, « Kolonialimperialismus », art. cité, p. 516-517.

    106 Lettre du 26 mai 1964 de Gustavo R. Velsaco, NR, dossier AK 64-65.

    107 Lettre du 15 juin 1964 à Otto H. Vogel, lettre du 8 juillet 1964 à Heinz Scheller, ibid.

    108 Lettre du 28 décembre 1965 à Grete Schleicher, NR, dossier AK 65.

    109 Outre la branche allemande de la South Africa Foundation, la Deutsch-Südafrikanische Gesellschaft (DSAG) créée en 1965 et présidée par Christoph Dönhoff est un autre élément du réseau sud-africain en RFA. Des éléments d’information dans Monika Rammelt, 30 Jahre DAS e. V. Die Geschichte der deutsche Afrika Stiftung e. V., Berlin, Deutsche Afrika Stiftung, 2008/2009, p. 33 (accessible sous le lien http://www.das-blog.info/DAS_blog/Eintrage/2008/12/6_30_JAHRE_DAS_e_V._files/DAS_Schriftenreihe_79_2.pdf).

    110 Lettre du 1er mars 1961 de Christoph Dönhoff, NR, dossier AK 60-61.

    111 Voir D. J. J. Botha, « William John Busschau (1908-1976) », South African Journal of Economics, 45, n° 1, 1977, p. 108-111.

    112 Lettre du 2 août 1961 de William John Busschau, NR, dossier AK 62.

    113 Le texte n’est pas conservé dans le Nachlaß Röpke. J’évoque son contenu à partir de la réaction de Wilhelm Röpke. William J. Busschau a toutefois publié quelques années plus tard : Chaos or Callocracy An Essay on the Dangers Inherent in the Franchise and Other Constitutional Provisions of Present-Day Arithmetical Democraties with Special Reference to the Franchise in a Mixed Community Like South Africa, Londres, Stacey, 1971.

    114 Wilhelm Röpke, TG, 60-64, entrée du 4 septembre 1962.

    115 Lettre du 20 octobre 1963 à Patrick Boarman, lettre du 2 octobre 1963 à Albert Hunold, lettre du 17 octobre 1963 à Louis Rougier, NR, dossier AK 63-64.

    116 Wilhelm Röpke, TG, 60-64, entrée du 1 octobre 1963.

    117 Id., « Wege und Irrwege der Apartheid », FAZ, 18 octobre 1963 ; Id., « Gerechtigkeit auch für Südafrika. Argumente, die im Meinungsstreit um die Apartheid nicht übersehen werden dürfen », Rheinischer Merkur, 8 novembre 1963 ; Id., « Südafrika – Versuch einer Würdigung », Schweizer Monatshefte, 44, n° 2, avril 1964-mars 1965, p. 1-16. Dans les trois paragraphes qui suivent, je cite la version française intitulée « L’Afrique du Sud. Essai de jugement objectif », tiré à part, 16 p.

    118 Wilhelm Röpke précise simplement « il y a plus d’un an » (p. 11).

    119 Peter Hug, « Mit der Apartheidregierung gegen den Kommunismus. Die militärischen, rüstingsindustriellen und nuklearen Beziehungen der Schweiz zu Südafrika und die Apartheid-Debatte der Uno, 1948-1994 », NPF 42+ – Schweiz-Südafrika – Synthèse der Studie von Peter Hug (accessible en ligne) ; Sandra Bott, « Le renforcement des relations économiques entre la Suisse et l’Afrique du Sud sur toile de fond d’anticommunisme et de croyance en la supériorité de la race blanche (1945-1970) », dans Michel Caillat, Mauro Cerruti, Jean-François Payet, Stéphanie Roulin (dir.), Histoire(s) de l’anticommunisme en Suisse, op. cit., p. 329-347.

    120 David Gygax, La Swiss South Africain Association (1956-2000). Un organe du capital helvétique en Afrique du Sud, Fribourg, université de Fribourg, 2001. De manière plus générale, Sandra Bott, Sébastien Gueux, Bouda Etemad (dir.), Les relations économiques entre la Suisse et l’Afrique du Sud durant l’apartheid (1945-1990), Lausanne, Antipodes, 2005.

    121 Rapport politique n° 2 de Jean de Rham, chargé d’affaires à la légation de Suisse à Capetown, au chef du DPF le 10 avril 1952, en ligne sur le site des documents diplomatiques suisses, n° Dodis 8483. Voir aussi Sandra Bott, « Le renforcement des relations économiques entre la Suisse et l’Afrique du Sud sur toile de fond d’anticommunisme et de croyance en la supériorité de la race blanche (1945-1970) », op. cit., p. 337.

    122 Voir Georg Kreis, Die Schweiz und Südafrika, Berne, Haupt, 2005, p. 199. Le 21 mars 1960, la police tire sur des manifestants, tuant 69 personnes, dont 8 femmes et 10 enfants.

    123 Ibid., p. 183.

    124 Lettre du 3 juin 1964 de H. N. Slater, NR, dossier Fan mail XI.

    125 Lettre du 29 août 1964 à Albert Hunold, NR, dossier AK 64-65, lettre du 24 janvier 1966 au comte Zedlitz-Treitzschler, NR, dossier AK 65.

    126 Sandra Bott, Sébastien Gueux, Bouda Etemad (dir.), Les relations économiques entre la Suisse et l’Afrique du Sud durant l’apartheid (1945-1990), op. cit., p. 145 et suiv.

    127 Peter Hug, « Mit der Apartheidregierung gegen den Kommunismus », art. cité, p. 5.

    128 Lettre du 8 mai 1964 d’Albert Hunold, NR, dossier AK 64-65.

    129 Olivier Longchamp, Yves Steiner, « Le coup de pouce zurichois au renouveau libéral. Le Schweizerisches Institut für Auslandforschung (1943-1966) », JE 2006, p. 33.

    130 Lettre du 13 mai 1964 d’Albert Hunold, NR, dossier AK 64-65.

    131 Olivier Longchamp, Yves Steiner, « The Contribution of the Schweizerisches Institut für Auslandforschung to the International Restoration of Neoliberalism (1949-1966) », art. cité, p. 11.

    132 Formée en 1953, elle laisse la place au Malawi, à la Zambie et à la Rhodésie du Sud, cette dernière proclamant unilatéralement son indépendance à la fin de 1965.

    133 Regula Renschler, « Die Uno – am Chaos in Afrika schuld ? », Tages-Anzeiger, 9 juin 1964.

    134 Ibid.

    135 Walter Stutzer, « Propaganda oder Forschung ? », Tages-Anzeiger, 27 juin 1964.

    136 Lettre non datée (fin de l’été 1963 probablement) de Thomas Molnar, NR, dossier AK 63-64.

    137 Thomas Molnar, « Nationalismus und Afrika. Schlagworte und Wirklichkeit », dans Albert Hunold (dir.), Afrika und seine Probleme, op. cit., p. 39-62, notamment p. 42, 44, 48 et 52.

    138 Notice biographique dans Helmut Marcon, Heinrich Strecker (dir.), 200 Jahre Wirtschafts-und Staatswissenschaften an der Eberhard-Karls-Universität Tübingen. Leben und Werkder Professoren. Die Wirtschaftswissenschaftliche Fakultät der Universität Tübingen und ihre Vorgänger (1817-2002), 2 tomes, Stuttgart, Steiner, 2004, p. 553-557.

    139 Wahrhold Drascher, Die Vorherrschaft der weissen Rasse. Die Ausbreitung des abendländischen Lebensbereiches aufdie überseeischen Erdteile, Stuttgart, Deutsche Verlags-Anstalt, 1936, p. XI, 3, 5, 7.

    140 Id., Schuld der Weissen ? Die Spätzeit des Kolonialismus, Stuttgart, Schichtenmayer, 1960.

    141 Id., « Geschichte der Rassenproblem in Mittel- und Südafrika », dans Albert Hunold (dir.), Afrika und seine Probleme, op. cit., p. 63-105, notamment p. 63, 65, 74.

    142 Id., « Der farbige Mischling », Die medizinistische Welt, 12, 1938, p. 1324 et suiv. Sur ce point, voir Albrecht Hagemann, « Nationalsozialismus, Afrikaaner-Nationalismus und die Entstehung der Apartheid in Süd-Afrika », Vierteljahrshefte für Zeitgeschichte, n° 3, 1991, p. 412-436.

    143 Wahrhold Drascher, « Geschichte der Rassenproblem in Mittel- und Südafrika », art. cité, p. 99, 103-105, 92-93.

    144 Lettre du 4 août 1964 de E. Reinhardt, Marc Sieber, « Wahrhold Drascher. Die Vorherrschaft der weissen Rasse », 4 feuillets, NR, dossier Süd-Afrika.

    145 Albert Hunold, « Der Afrika-Zyklus und seine Kritiker », NZZ, 20 juin 1964. Le 26 juin, la NZZ publie une série de lettres de lecteurs, notamment de Walter et Regula Renschler.

    146 Lettre du 15 septembre 1965 à Eduard Schweizer, NR, dossier AK 65. Le texte publié reprend celui des Schweizer Monatshefte, enrichi de quelques notes : Wilhelm Röpke, « Südafrika in der Weltwirtschaft und Weltpolitik », dans Albert Hunold (dir.), Afrika und seine Probleme, op. cit., p. 125-158. De longs extraits sont publiés dans la NZZ du 4 juillet 1964.

    147 Sur le scandale du cycle Afrique et les tensions qui en ont résulté au sein du SIAF, voir Max Silberschmidt, Das Schweizerische Institut für Auslcmdforschung 1943-1981, op. cit., p. 28-31 ; Olivier Longchamp, Yves Steiner, « Le coup de pouce zurichois au renouveau libéral. Le Schweizerisches Institut für Auslandforschung (1943-1966) », art. cité, p. 32-36.

    148 « Zur Diskussion über den Afrika-Vortragszyklus. Notwendige Klarstellungen », NZZ, 21 juillet 1964.

    149 « Nachwort zu einer Diskussion », NZZ, 27 juillet 1964.

    150 S. D., « Le Herr Professor Doktor Rôpke défend l’apartheid », La Vie protestante, 10 juillet 1964 ; Peter Rippmann, « Warum sind sie aus Hitlerdeutschland emigriert, Herr Professor ? », Der schweizerische Beobachter, n° 16, 31 août 1964.

    151 Lettre du 10 septembre 1964 à Albert Hunold, lettre du 20 novembre 1964 à Albert Hunold, NR, dossier AK 64-65.

    152 Lettre du 9 juin 1964 de Trygve Hoff, NR, dossier AK 64-65.

    153 Dans la notice biographique de Wahrhold Drascher, il est fait mention que Die Vorherrschaft der weiβen Rasse a été interdit par les autorités nazies. Sur cette interdiction, voir Helmut Marcon, Heinrich Strecker (dir.), 200 Jahre Wirtschafts- und Staatswissenschaften an der Eberhard-Karls-Universität Tübingen, op. cit., p. 73.

    154 Cité par Olivier Longchamp, Yves Steiner, « Le coup de pouce zurichois au renouveau libéral. Le Schweizerisches Institut für Auslandforschung (1943-1966) », art. cité, p. 35.

    155 Lettre du 15 août 1964 d’Albert Hunold, NR, dossier AK 64-65.

    156 Lettre du 15 janvier 1965 à Albert Hunold, ibid.

    157 Helmut Schoeck, « Der Masochismus des Abendlandes », dans Albert Hunold (dir.), Europa – Besinnung und Hoffnung, op. cit., p. 221-256, notamment p. 223. Le sociologue autrichien a également publié une contribution dans le volume Afrique, même s’il n’a pas compté parmi les conférenciers : Helmut Schoeck, « Die USA und die Entwicklungsländer. Geschichte einer Ernüchterung », Albert Hunold (dir.), Afrika und seine Probleme, op. cit., p. 159-190.

    158 Lettre du 15 décembre 1964 de Helmut Schoeck à Albert Hunold, NR, TNL Hunold.

    159 Lettre du 16 décembre 1964 de Helmut Schoeck, NR, dossier AK 64-65.

    160 Wilhelm Röpke, TG, 60-64, entrée du 4 septembre 1962.

    161 Lettre du 6 octobre 1964 à Wahrhold Drascher, NR, dossier AK 64-65.

    162 Wilhelm Röpke, TG, 59, entrées des 15 et 16 octobre 1959.

    163 Id., TG, 60-64, entrée du 4 septembre 1962.

    164 Louis Rougier, « Le problème de l’aide au développement », art. cité, p. 7.

    165 Albert Hunold, « Geleitwort », dans Albert Hunold (dir.), Afrika und seine Probleme, op. cit., p. 7-8, notamment p. 7.

    166 Lettre du 2 octobre 1964 d’Otto von Habsburg, NR, dossier AK 64-65.

    167 Lettre du 22 octobre 1964 de Ludwig Erhard, LES, correspondance Erhard-Röpke. Lettre du 10 décembre 1964 de Wilhelm Röpke à Otto von Habsburg, NR, dossier AK 64-65.

    168 Lettre du 28 novembre 1964 à Albert Hunold, lettre du 15 février 1964 d’Olof Gigon, NR, dossier AK 63-64.

    169 Lettre du 9 juillet 1964 de Hermann Ehrhardt, NR, dossier Fan mail XI.

    170 Ferdinand Friedensburg, « Das Scheitern der Weimarer Republik », Aufbau, n° 9, 1946, p. 923-927 ; Erich Eyck, Bismarck. Leben und Werk, 3 tomes, Erlenbach-Zurich, Rentsch, 1941-1944.

    171 Lettre du 31 mai 1964 d’Erich Eyck, dossier Fan mail XI. Lettre du 7 juillet 1964 de Ferdinand Friedensburg, NR, dossier Fan mail XII.

    172 Lettre du 18 juin 1964 de Richard Coudenhove-Kalergi, NR, dossier Fan mail XI.

    173 Lettre du 19 mai 1964 d’Otto Fischer, NR, dossier Fan mail XI. Lettre du 6 juillet 1964 de Samuel Schweizer, NR, dossier Fan Mail XII.

    174 Fritz Marbach, « Ein ungerechter Angriff », NZZ, 9 octobre 1964.

    175 Lettre du 3 octobre 1965 d’Albert Hunold, NR, dossier AK 65.

    176 Friedrich Hayek, « Conversation with Systematic Liberalism », Forum, septembre 1961, p. 6. Cité dans Alan Ebenstein, Friedrich Hayek. A Biography, op. cit., p. 294.

    177 William H. Hutt, The Economics of the Color Bar A Study of the Economic Origins and Consequences of Racial Ségrégation in South Africa, Londres, Deutsch, 1964.

    178 R. M. Hartwell, A History of the Mont-Pèlerin Society, op. cit., p. 188. L’auteur reste très vague sur cette question.

    179 Lettre du 15 novembre 1965 à Albert Hunold, NR, dossier AK 65.

    180 Lettre du 20 décembre 1965 de Roland Hepers, lettre du 21 décembre 1965 à Roland Hepers, NR, dossier AK 65.

    181 Lettres des 26 et 28 novembre 1963 à monsieur Riesser, NR, dossier AK 63-64. Il est probable que l’une des deux lettres seulement ait été envoyée. Leur contenu est très similaire.

    182 Lettre du 23 février 1962 à Alexander Rüstow, NR, dossier Rüstow.

    183 Lettre du 13 novembre 1962 à Albert Hunold, NR, dossier AK 62.

    Précédent Suivant
    Table des matières

    Cette publication numérique est issue d’un traitement automatique par reconnaissance optique de caractères.

    Le texte seul est utilisable sous licence Licence OpenEdition Books. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont « Tous droits réservés », sauf mention contraire.

    Voir plus de livres
    Les Europe des Européens

    Les Europe des Européens

    René Girault et Gérard Bossuat (dir.)

    1993

    Le marché du charbon, un enjeu entre l’Europe et les États-Unis de 1945 à 1958

    Le marché du charbon, un enjeu entre l’Europe et les États-Unis de 1945 à 1958

    Régine Perron

    1996

    L’Europe des Français, 1943-1959

    L’Europe des Français, 1943-1959

    La IVe République aux sources de l’Europe communautaire

    Gérard Bossuat

    1997

    Les identités européennes au XXe siècle

    Les identités européennes au XXe siècle

    Diversités, convergences et solidarités

    Robert Frank (dir.)

    2004

    La soif de Jérusalem

    La soif de Jérusalem

    Essai d’hydrohistoire (1840-1948)

    Vincent Lemire

    2011

    Misère de l’historiographie du « Maghreb » post-colonial (1962-2012)

    Misère de l’historiographie du « Maghreb » post-colonial (1962-2012)

    Pierre Vermeren

    2012

    Autour des morts de guerre

    Autour des morts de guerre

    Maghreb - Moyen-Orient

    Raphaëlle Branche, Nadine Picaudou et Pierre Vermeren (dir.)

    2013

    Capitales culturelles, capitales symboliques

    Capitales culturelles, capitales symboliques

    Paris et les expériences européennes (XVIIIe-XXe siècles)

    Christophe Charle et Daniel Roche (dir.)

    2002

    Le Paris des étrangers depuis 1945

    Le Paris des étrangers depuis 1945

    Antoine Marès et Pierre Milza (dir.)

    1995

    Au service de l’Europe

    Au service de l’Europe

    Crises et transformations sociopolitiques de la fonction publique européenne

    Didier Georgakakis

    2019

    Le laboratoire démocratique : le Mexique en révolution 1908-1913

    Le laboratoire démocratique : le Mexique en révolution 1908-1913

    Elisa Cárdenas Ayala

    2001

    Diplomatie et religion

    Diplomatie et religion

    Au cœur de l’action culturelle de la France au XXe siècle

    Gilles Ferragu et Florian Michel (dir.)

    2016

    Voir plus de livres
    1 / 12
    Les Europe des Européens

    Les Europe des Européens

    René Girault et Gérard Bossuat (dir.)

    1993

    Le marché du charbon, un enjeu entre l’Europe et les États-Unis de 1945 à 1958

    Le marché du charbon, un enjeu entre l’Europe et les États-Unis de 1945 à 1958

    Régine Perron

    1996

    L’Europe des Français, 1943-1959

    L’Europe des Français, 1943-1959

    La IVe République aux sources de l’Europe communautaire

    Gérard Bossuat

    1997

    Les identités européennes au XXe siècle

    Les identités européennes au XXe siècle

    Diversités, convergences et solidarités

    Robert Frank (dir.)

    2004

    La soif de Jérusalem

    La soif de Jérusalem

    Essai d’hydrohistoire (1840-1948)

    Vincent Lemire

    2011

    Misère de l’historiographie du « Maghreb » post-colonial (1962-2012)

    Misère de l’historiographie du « Maghreb » post-colonial (1962-2012)

    Pierre Vermeren

    2012

    Autour des morts de guerre

    Autour des morts de guerre

    Maghreb - Moyen-Orient

    Raphaëlle Branche, Nadine Picaudou et Pierre Vermeren (dir.)

    2013

    Capitales culturelles, capitales symboliques

    Capitales culturelles, capitales symboliques

    Paris et les expériences européennes (XVIIIe-XXe siècles)

    Christophe Charle et Daniel Roche (dir.)

    2002

    Le Paris des étrangers depuis 1945

    Le Paris des étrangers depuis 1945

    Antoine Marès et Pierre Milza (dir.)

    1995

    Au service de l’Europe

    Au service de l’Europe

    Crises et transformations sociopolitiques de la fonction publique européenne

    Didier Georgakakis

    2019

    Le laboratoire démocratique : le Mexique en révolution 1908-1913

    Le laboratoire démocratique : le Mexique en révolution 1908-1913

    Elisa Cárdenas Ayala

    2001

    Diplomatie et religion

    Diplomatie et religion

    Au cœur de l’action culturelle de la France au XXe siècle

    Gilles Ferragu et Florian Michel (dir.)

    2016

    Accès ouvert

    Accès ouvert freemium

    ePub

    PDF

    PDF du chapitre

    Suggérer l’acquisition à votre bibliothèque

    Acheter

    Édition imprimée

    Éditions de la Sorbonne
    • amazon.fr
    • leslibraires.fr
    • lcdpu.fr
    ePub / PDF

    1 Wilhelm Röpke, « Die Wirtschaftsstruktur der modernen Türkei », Wiener Wirtschafts-Woche, 23 janvier 1935, p. 7-8.

    2 Id., « Das Agrarproblem der Vereinigten Staaten », Archiv für Sozialwissenschaft und Sozialpolitik, 58, n° 3, 1927, p. 478-516, 59, n° 1, 1928, p. 96-130.

    3 Id., « Sind neue Industrieländer eine Gefahr für die alten ? Ein wichtiges Nachkriegsproblem », Schweizer Monatshefte, 23, n° 7, avril 1943-mars 1944, p. 360-368.

    4 Id., « Unentwickelte Länder », ORDO. Jahrbuch für die Ordnung von Wirtschajt und Gesellschaft, 5,1953, p. 63-113, notamment p. 67.

    5 Sur le « Point IV », voir Gilbert Rist, Le développement, histoire d’une croyance occidentale, Paris, Presses de Sciences Po, 2007, 3e éd., p. 127-146.

    6 Comme l’a montré Dieter Plehwe, « The Origins of the Neoliberal Economic Development Discourse », dans Philip Mirowski et Dieter Plehwe (dir.), The Road from Mont-Pèlerin, op. cit., p. 238-279.

    7 Albert Hunold (dir.), Entwicklungsländer – Wahn und Wirklichkeit, op. cit., Albert Hunold (dir.), Lateinamerika – Land der Sorge und der Zukunft, Erlenbach-Zurich, Rentsch, 1962 ; Albert Hunold (dir.), Afrika und seine Probleme, Erlenbach-Zurich, Rentsch, 1965.

    8 Session des 14 et 15 septembre 1951. Les autres participants sont Frederick C. Benham, Herbert Frankel, Louis Baudin, Henry Hazlitt, John Jewkes et Peter Thomas Bauer. Seule la communication du premier a été conservée dans les fonds du Liberaal Archief.

    9 Wilhelm Röpke, « Unentwickelte Länder », art. cité.

    10 Id., « Die unentwickelten Länder als wirtschaftliches, soziales und gesellschaftliches Problem », dans Albert Hunold (dir.), Entwicklungslander – Wahn und Wirklichkeit, op. cit., p. 11 -82.

    11 Lettre du 21 juin 1951 à Alexander Rüstow, NR, dossier Rüstow.

    12 Wilhelm Röpke, « Unentwickelte Länder », art. cité, p. 63-64.

    13 Ibid., p. 66.

    14 Henry Hazlitt, Illusions of Point Four, New York, The Foundation for Economic Education, 1950, p. 4-5. Il s’agit de Earl Browder, Teheran – Our Path in War and Peace, New York, International Publishers, 1944.

    15 Voir notamment Helmut Schoeck, « Wert und Gefahr der Punkt-Vier Ideologie », Außenpolitik. Zeitschrift für internationale Fragen, 4, 1953, p. 436-446 ; Id., « Die USA und die Entwicklungsländer – Geschichte einer Ernüchterung », dans Albert Hunold (dir.), Afrika und seine Probleme, op. cit., p. 159-190.

    16 Wilhelm Röpke, « Unentwickelte Länder », art. cité, p. 69.

    17 Id., « Die unentwickelten Länder als wirtschaftliches, soziales und gesellschaftliches Problem », art. cité, p. 71.

    18 George A. Duncan, « Under-Developed Countries », 3 p., LA, p. 2. Les autres participants à la session « Underdeveloped Countries » du 8 septembre 1960 présidée par Daniel Villey sont Peter T. Bauer, Wolfgang Förster, John Van Sickle, D. C. Renooij et Louis Rougier.

    19 B. R. Shenoy, « Der Richtige Weg zu Indiens Fortschritt », dans Albert Hunold (dir.), Entwicklungsländer – Wahn und Wirklichkeit, op. cit., p. 139-146, notamment p. 140. Ce volume du SIAF publie les communications prononcées lors du congrès de Cassel plus quelques textes supplémentaires, dont celui de B. R. Shenoy.

    20 Wilhelm Röpke, TG, 60-64, entrées du 8 avril 1960 et du 27 septembre 1962.

    21 Id., « Unentwickelte Länder », art. cité, p. 81-82, 85.

    22 Frederick C. Benham, « Liberalism and Underdeveloped Countries », intervention faite au congrès de Beauvallon en septembre 1951, 9 p., LA, p. 1, 2, 9.

    23 Karl Brandt, « Western and Underdeveloped Nations », The Mont Pelerin Quarterly, n° 3, janvier 1962, p. 16-25, notamment p. 24. Sont également intervenus lors de la session du 6 septembre, « Western Countries and the Under-Developed World » : Gaston Leduc, G. U. Papi, Jacques Van Offelen, Alexander Rüstow, Daniel Villey. La présence de John Davenport et Ludwig von Mises n’est pas avérée. Voir Liberaal Archief (dir.), Inventory of the General Meeting Files (1947-1998), op. cit., p. 41.

    24 Wilhelm Röpke, « Unentwickelte Länder », art. cité, p. 90-91.

    25 Frederick C. Benham, « Liberalism and Underdeveloped Countries », art. cité, p. 4.

    26 Wilhelm Röpke, « Unentwickelte Länder », art. cité, p. 90-91.

    27 Id., Jenseits von Angebot und Nachfrage, op. cit., p. 254.

    28 Id., « Unentwickelte Länder », art. cité, p. 100.

    29 Les débats sur la question du sous-développement lors du congrès de Princeton ont été publiés ; voir « Underdevelopped Countries. Discussions at the 9th Meeting of the Mont- Pèlerin Society at Princeton », The Mont-Pèlerin Quarterly, n° 1, avril 1959, p. 5-26, notamment p. 19.

    30 George A. Duncan, « Under-Developed Countries », art. cité, p. 2.

    31 Frederick C. Benham, « Liberalism and Underdeveloped Countries », art. cité, p. 9.

    32 Les discussions qui ont suivi, à Cassel, les interventions sur le thème du sous-développement ont été publiées dans Albert Hunold (dir.), Entwicklungsländer, op. cit., p. 217-228, notamment p. 217-221 pour Alexander Rüstow.

    33 John Van Sickle, « Growth Theories – Old and New », 8 p., LA, p. 9.

    34 Frederick C. Benham, « Liberalism and Underdeveloped Countries », art. cité, p. 6.

    35 John Van Sickle, « Growth Theories », art. cité, p. 3-5. Voir le rapport Measures for the Economic Development of Underdeveloped Countries, New York, United Nations, 1951.

    36 Wilhelm Röpke, « Die unentwickelten Länder als wirtschaftliches, soziales und gesellschaftliches Problem », art. cité, p. 75.

    37 Voir notamment Gunnar Myrdal, An International Economy. Problems and Prospects, New York, Harper & Kegan, 1956 ; Id., Economie Theory and Under-Developed Regions, Londres, Duckworth, 1957.

    38 Wilhelm Röpke, « Entwicklungshilfe. Wasser auf kommunistische Mühlen ? », PAZ, 19/9/59.

    39 Ce prix est doté de 500 000 dollars.

    40 Peter Thomas Bauer, Basil S. Yamey, The Economics of Under-developed Countries, Chicago, The University of Chicago Press, 1957 ; Peter Thomas Bauer, « International Economic Development », The Economic Journal, 69, n° 273, 1959, p. 15-123.

    41 Peter T. Bauer, « Regulated Wages in Under-developed Countries », 19 p., LA. L’autre communication, qui n’a pas été conservée, constitue la version révisée d’un article publié : « The New Orthodoxy of Economic Development », Fortune, mai 1958, p. 142,143,194,196, 198. Peter T. Bauer se trouvant en déplacement au Pakistan, c’est le publiciste américain John Davenport qui présente ses communications.

    42 Voir Underdevelopped Countries, op. cit. Participent à la discussion des thèses de Peter T. Bauer David McCord Wright, Gustavo R. Velasco, Nobutane Kiuchi, S. Herbert Frankel, Ludwig von Mises, Eugenio Gudin, Romulo A. Ferrero.

    43 Peter T. Bauer, « Why Should we Aid ? », 5 p., LA.

    44 Ibid., p. 1-2.

    45 Voir Peter T. Bauer, « The New Orthodoxy of Economic Development », art. cité. Voir l’analyse des thèses de Peter T. Bauer que présente Dieter Plehwe, « The Origins of the Neoliberal Economic Development Discourse », art. cité, p. 262-265.

    46 Il s’agit de l’article « Entwicklungshilfe. Wasser auf kommunistische Mühlen ? » cité précédemment. Voir lettre du 6 octobre 1959 de Peter Thomas Bauer, NR, dossier AK 58-59.

    47 Helmut Schoeck, James W. Wiggins (dir.), Foreign Aid Reexamined. A Critical Appraisal, Washington, Public Affairs Press, 1958.

    48 Lettre du 22 octobre 1958 de Helmut Schoeck, NR, dossier 58-59.

    49 Lettre du 17 novembre 1958 à Helmut Schoeck, ibid.

    50 Voir Heide-Irene Schmidt, « Pushed to the Front : The Foreign Assistance Policy and the Federal Republic of Germany, 1958-1971 », Contemporary European Review, 12, 2003, n° 4, p. 473-507 ; Bastian Hein, Die Westdeutschen und die Dritte Welt. Entwicklungspolitik und Entwicklungsdienste zwischen Reform und Revolté 1959-1974, Munich, Oldenbourg, 2006.

    51 Durant la session « Liberalism and Colonialism » du 3 septembre 1957 présidée par Ludwig von Mises. Les participants sont Karl Brandt, A.A. Shenfield, Edmond Giscard d’Estaing, Alexander Rüstow et Peter T. Bauer. Le texte de ce dernier n’a pas été conservé.

    52 Karl Brandt, « Liberal Alternatives in Western Policies Toward Colonial Areas », Saint-Moritz, 1957, 13 p., LA, p. 8, 5 et 6.

    53 Edmond Giscard d’Estaing, « Libéralisme et colonialisme », Saint-Moritz, 1957, LA, 4 p., p. 1. Dans les années 1930, Edmond Giscard d’Estaing a prôné pour l’Afrique une politique coloniale duale, avec d’un côté des pôles de développement limités à quelques points sur la côte et de l’autre la grande majorité des territoires laissés à une vie reculée et autonome. Après la guerre, il demeure très impliqué sur la question coloniale. Voir Jacques Marseille, Empire colonial et capitalisme français. Histoire d’un divorce, Paris, Albin Michel, 1984, p. 218-224 ; Catherine Hodeir, Stratégies d’Empire : le grand patronat colonial face à la décolonisation, Paris, Belin, 2003 ; Id., « Grand patronat colonial français et domination blanche au tournant des indépendances », French Colonial History, 8, 2007, p. 223-244.

    54 Arthur A. Shenfield, « Liberalism and Colonialism », Saint-Moritz, 1957, LA, 6 p., p. 1.

    55 Ibid., p. 3.

    56 Alexander Rüstow, « Kolonialimperialismus », Saint-Moritz, 1957, LA, 13 p. Ce texte est un extrait de Ortsbestimmung der Gegenwart. Eine universalgeschichtliche Kulturkritik. Band 3 : Herrschaft oder Freiheit ?, Erlenbach-Zurich, Rentsch, 1957, p. 505-518, citation p. 506.

    57 Lettre du 19 septembre 1956 à Hans Ilau, lettre du 4 décembre 1956 à Volkmar Muthesius, NR, dossier AK 56-57.

    58 Albert Hunold (dir.), Entwicklungsländer, op. cit., p. 227.

    59 Sur ce point, voir Wilhelm Röpke, « Unentwickelte Länder », art. cité, p. 106.

    60 Frederick C. Benham, « Liberalism and Underdeveloped Countries », art. cité, p. 5.

    61 Louis Rougier, « Le problème de l’aide au développement », Cassel, 1960, LA, 7 p., p. 5-6 ; Id., « Das Problem der Entwicklungshilfe », dans Albert Hunold (dir.), Entwicklungsländer – Wahn und Wirklichkeit, op. cit., p. 181-190.

    62 Arthur A. Shenfield, « Liberalism and Colonialism », art. cité, p. 4.

    63 Edmond Giscard d’Estaing, « Libéralisme et colonialisme », art. cité, p. 1.

    64 Arthur A. Shenfield, « Liberalism and Colonialism », art. cité, p. 1.

    65 Karl Brandt, « Liberal Alternatives in Western Policies Toward Colonial Areas », art. cité, p. 2.

    66 Ibid., p. 13.

    67 Karl Brandt, « Western and Underdeveloped Nations », art. cité, p. 18. La stratégie économique fait également l’objet d’une intervention à Cassel, due à Wolfgang Förster, de l’Osteuropa Institut de Berlin, également pourfendeur du commerce avec l’Est. Voir Wolfgang Förster, « Die Schwerpunkte der wirtschatlichen Strategie des Ostens bei der Einflußnahme auf die Entwicklungsländer », Cassel, 1960, LA, 8 p.

    68 Karl Brandt, « Western and Underdeveloped Nations », art. cité, p. 25.

    69 Wilhelm Röpke, « Unentwickelte Länder », art. cité, p. 73-74.

    70 Id., « Die unentwickelten Länder als wirtschaftliches, soziales und gesellschaftliches Problem », art. cité, p. 67-70.

    71 Lettre du 3 octobre 1955 à Carlo von Bernhard, NR, dossier 56/57.

    72 Ludwig von Mises, Problemas económicos de Mexico. Ayer y hoy, Mexico, 1942/1998. Le texte a été réédité par l’Instituto Cultural Ludwig von Mises. Des éléments sur les réseaux mexicains dans Dieter Plehwe, « Neoliberale Ideen aus der Peripherie ins Zentrum gerückt : der Fall Mexiko », Journal für Entwicklungspolitik, n° 3, 2002, p. 249-264.

    73 Lettre du 20 juillet 1955 de Gustavo R. Velasco, NR, dossier AK 56-57.

    74 Lettre du 24 juillet 1957 du Dr Horst, NR, dossier AK 57-58.

    75 Lettre du 30 mai 1958 de Raul Lamuraglia, lettre du 9 juin 1958 à Raul Lamuraglia, NR, dossier AK 57-58. Sur le Centro de Difusión de la Economia Libre, devenu par la suite le Centro de Estudios Sobre la Libertad, voir Richard A. Cooper, « Argentine at the Crossroads », The Freeman, 39, n° 12, 1989, accessible en ligne. Sur la FEE, voir infra le chapitre 15.

    76 Lettre du 12 mars 1962 d’Albert Hunold, NR, dossier AK 62. Sur Nicomedes Zuloaga, voir Robert J. Bail Zuloaga, « Viva Zuloaga », notice sur le site Misión.riqueza (http://www.misionriqueza.org/noticias-8.htm).

    77 R. M. Hartwell, A History of the Mont-Pèlerin Society, op. cit., p. 154-156. Le premier congrès régional de la Société du Mont-Pèlerin s’est tenu à Tokyo en 1966.

    78 Voir par exemple la lettre du 15 janvier 1958 de Gustavo R. Velasco, NR, dossier AK 57-58.

    79 Lettre du 8 avril 1960 d’Alvara Belaúnde y Belaúnde, NR, dossier AK 60-61.

    80 Lettre du 6 juin 1960 de Guillermo Kraft, NR, dossier AK 60-61 ; Wilhelm Röpke, Economia y Libertad, Buenos Aires, Foro de la Libre Empresa, 1960.

    81 Albert Hunold, Economia de Mercado Social, Buenos Aires, Foro de la Libre Empresa, 1962. Antoine Pinay a été publié l’année d’avant : Antoine Pinay, El comunismo frente el liberalismo, Buenos Aires, Foro de la Libre Empresa, 1961. Sur Friedrich T. Wahlen, voir Olivier Longchamp, Yves Steiner, « Le coup de pouce zurichois au renouveau libéral. Le Schweizerisches Institutfür Auslandforschung (1943-1966) », art. cité, p. 27.

    82 Wilhelm Röpke se porte ainsi garant auprès de John Van Sickle, pour l’obtention d’une bourse, de Raymondo Guzman, un jeune juriste mexicain assistant d’Agustin Navarro, le directeur de l’Instituto de Investigaciones Sociales et Economicas. Lettre du 20 novembre 1957 à John Van Sickle, NR, dossier AK 57-58.

    83 Lettre du 11 novembre 1960 de Kurt Spalding, NR, dossier AK 60-61.

    84 Lettre du 5 avril 1961 du comte Zedlitz-Trützschler, Ibid.

    85 Wilhelm Röpke, TG, 64-65, entrée du 17 mai 1965.

    86 Lettre du 13 novembre 1962 d’Albert Hunold, NR, dossier AK 62.

    87 Sollicité, Wilhelm Röpke a choisi de rentrer directement en Europe.

    88 Lettres des 28 mai et 9 juin 1958 de Gustavo R. Velasco, NR, dossier AK 57-58.

    89 Wilhelm Röpke, « Als Nationalökonom in Südamerika », FAZ, 4 juin 1960.

    90 Ibid.

    91 Max Reiser, « Die Experiment Perus. Die Anwendung des Neoliberalismus auf ein unentwickeltes Land », dans Albert Hunold (dir.), Lateinamerika, op. cit., p. 203-224 ; Louis Baudin, « Die modernen Kulturen der Andenländer », dans ibid., p. 61-88.

    92 Wilhelm Röpke, « Als Nationalökonom in Südamerika », art. cité.

    93 Franz Aschinger, « Inflation und Wachstum in Brasilien », dans Albert Hunold (dir.), Lateinamerika, op. cit., p. 165-181 ; Id., Franz Aschinger, Stärken und Schwächen der brasilianischen Wirtschaft, Zurich, Buchverlag der NZZ, 1961.

    94 Id., « Inflation und Wachstum in Brasilien », art. cité, p. 174 ; Albert Hunold, « Sorgenland Südamerika », dans Id. (dir.), Lateinamerika, op. cit., p. 225-244, notamment p. 239.

    95 Wilhelm Röpke, « Als Nationalökonom in Südamerika », art. cité.

    96 Ibid.

    97 Albert Hunold, « Sorgenland Südamerika », art. cité.

    98 Wilhelm Röpke, TG, 60-64, entrée de mars 1960.

    99 Lettre du 3 mai 1960 à Erich Kuehnelt-Leddihn, NR, dossier AK 60-61.

    100 Carlos A. Coll Benegas, « Communism in Latin America from an Argentine Point of View and with Reference to the notion of underdeveloped countries », Turin, 1961, LA.

    101 Propos rapportés dans Ruth Sheldon Knowles, « New Ammunition Needed », The Spokesman-Review, 31 octobre 1961.

    102 Lettre du 3 mai 1960 à Erich Kuehnelt-Leddihn, NR, dossier AK 60-61.

    103 Wilhelm Röpke, TG, 60-64, entrée de mars 1960

    104 Wilhelm Röpke, TG, 58, entrée du 16/5/1958. Lettre du 17 mai 1958 à Albert Hunold, lettre du 17 mai 1958 à Erich Kuehnelt-Leddihn, NR, dossier AK 57-58.

    105 Alexander Rüstow, « Kolonialimperialismus », art. cité, p. 516-517.

    106 Lettre du 26 mai 1964 de Gustavo R. Velsaco, NR, dossier AK 64-65.

    107 Lettre du 15 juin 1964 à Otto H. Vogel, lettre du 8 juillet 1964 à Heinz Scheller, ibid.

    108 Lettre du 28 décembre 1965 à Grete Schleicher, NR, dossier AK 65.

    109 Outre la branche allemande de la South Africa Foundation, la Deutsch-Südafrikanische Gesellschaft (DSAG) créée en 1965 et présidée par Christoph Dönhoff est un autre élément du réseau sud-africain en RFA. Des éléments d’information dans Monika Rammelt, 30 Jahre DAS e. V. Die Geschichte der deutsche Afrika Stiftung e. V., Berlin, Deutsche Afrika Stiftung, 2008/2009, p. 33 (accessible sous le lien http://www.das-blog.info/DAS_blog/Eintrage/2008/12/6_30_JAHRE_DAS_e_V._files/DAS_Schriftenreihe_79_2.pdf).

    110 Lettre du 1er mars 1961 de Christoph Dönhoff, NR, dossier AK 60-61.

    111 Voir D. J. J. Botha, « William John Busschau (1908-1976) », South African Journal of Economics, 45, n° 1, 1977, p. 108-111.

    112 Lettre du 2 août 1961 de William John Busschau, NR, dossier AK 62.

    113 Le texte n’est pas conservé dans le Nachlaß Röpke. J’évoque son contenu à partir de la réaction de Wilhelm Röpke. William J. Busschau a toutefois publié quelques années plus tard : Chaos or Callocracy An Essay on the Dangers Inherent in the Franchise and Other Constitutional Provisions of Present-Day Arithmetical Democraties with Special Reference to the Franchise in a Mixed Community Like South Africa, Londres, Stacey, 1971.

    114 Wilhelm Röpke, TG, 60-64, entrée du 4 septembre 1962.

    115 Lettre du 20 octobre 1963 à Patrick Boarman, lettre du 2 octobre 1963 à Albert Hunold, lettre du 17 octobre 1963 à Louis Rougier, NR, dossier AK 63-64.

    116 Wilhelm Röpke, TG, 60-64, entrée du 1 octobre 1963.

    117 Id., « Wege und Irrwege der Apartheid », FAZ, 18 octobre 1963 ; Id., « Gerechtigkeit auch für Südafrika. Argumente, die im Meinungsstreit um die Apartheid nicht übersehen werden dürfen », Rheinischer Merkur, 8 novembre 1963 ; Id., « Südafrika – Versuch einer Würdigung », Schweizer Monatshefte, 44, n° 2, avril 1964-mars 1965, p. 1-16. Dans les trois paragraphes qui suivent, je cite la version française intitulée « L’Afrique du Sud. Essai de jugement objectif », tiré à part, 16 p.

    118 Wilhelm Röpke précise simplement « il y a plus d’un an » (p. 11).

    119 Peter Hug, « Mit der Apartheidregierung gegen den Kommunismus. Die militärischen, rüstingsindustriellen und nuklearen Beziehungen der Schweiz zu Südafrika und die Apartheid-Debatte der Uno, 1948-1994 », NPF 42+ – Schweiz-Südafrika – Synthèse der Studie von Peter Hug (accessible en ligne) ; Sandra Bott, « Le renforcement des relations économiques entre la Suisse et l’Afrique du Sud sur toile de fond d’anticommunisme et de croyance en la supériorité de la race blanche (1945-1970) », dans Michel Caillat, Mauro Cerruti, Jean-François Payet, Stéphanie Roulin (dir.), Histoire(s) de l’anticommunisme en Suisse, op. cit., p. 329-347.

    120 David Gygax, La Swiss South Africain Association (1956-2000). Un organe du capital helvétique en Afrique du Sud, Fribourg, université de Fribourg, 2001. De manière plus générale, Sandra Bott, Sébastien Gueux, Bouda Etemad (dir.), Les relations économiques entre la Suisse et l’Afrique du Sud durant l’apartheid (1945-1990), Lausanne, Antipodes, 2005.

    121 Rapport politique n° 2 de Jean de Rham, chargé d’affaires à la légation de Suisse à Capetown, au chef du DPF le 10 avril 1952, en ligne sur le site des documents diplomatiques suisses, n° Dodis 8483. Voir aussi Sandra Bott, « Le renforcement des relations économiques entre la Suisse et l’Afrique du Sud sur toile de fond d’anticommunisme et de croyance en la supériorité de la race blanche (1945-1970) », op. cit., p. 337.

    122 Voir Georg Kreis, Die Schweiz und Südafrika, Berne, Haupt, 2005, p. 199. Le 21 mars 1960, la police tire sur des manifestants, tuant 69 personnes, dont 8 femmes et 10 enfants.

    123 Ibid., p. 183.

    124 Lettre du 3 juin 1964 de H. N. Slater, NR, dossier Fan mail XI.

    125 Lettre du 29 août 1964 à Albert Hunold, NR, dossier AK 64-65, lettre du 24 janvier 1966 au comte Zedlitz-Treitzschler, NR, dossier AK 65.

    126 Sandra Bott, Sébastien Gueux, Bouda Etemad (dir.), Les relations économiques entre la Suisse et l’Afrique du Sud durant l’apartheid (1945-1990), op. cit., p. 145 et suiv.

    127 Peter Hug, « Mit der Apartheidregierung gegen den Kommunismus », art. cité, p. 5.

    128 Lettre du 8 mai 1964 d’Albert Hunold, NR, dossier AK 64-65.

    129 Olivier Longchamp, Yves Steiner, « Le coup de pouce zurichois au renouveau libéral. Le Schweizerisches Institut für Auslandforschung (1943-1966) », JE 2006, p. 33.

    130 Lettre du 13 mai 1964 d’Albert Hunold, NR, dossier AK 64-65.

    131 Olivier Longchamp, Yves Steiner, « The Contribution of the Schweizerisches Institut für Auslandforschung to the International Restoration of Neoliberalism (1949-1966) », art. cité, p. 11.

    132 Formée en 1953, elle laisse la place au Malawi, à la Zambie et à la Rhodésie du Sud, cette dernière proclamant unilatéralement son indépendance à la fin de 1965.

    133 Regula Renschler, « Die Uno – am Chaos in Afrika schuld ? », Tages-Anzeiger, 9 juin 1964.

    134 Ibid.

    135 Walter Stutzer, « Propaganda oder Forschung ? », Tages-Anzeiger, 27 juin 1964.

    136 Lettre non datée (fin de l’été 1963 probablement) de Thomas Molnar, NR, dossier AK 63-64.

    137 Thomas Molnar, « Nationalismus und Afrika. Schlagworte und Wirklichkeit », dans Albert Hunold (dir.), Afrika und seine Probleme, op. cit., p. 39-62, notamment p. 42, 44, 48 et 52.

    138 Notice biographique dans Helmut Marcon, Heinrich Strecker (dir.), 200 Jahre Wirtschafts-und Staatswissenschaften an der Eberhard-Karls-Universität Tübingen. Leben und Werkder Professoren. Die Wirtschaftswissenschaftliche Fakultät der Universität Tübingen und ihre Vorgänger (1817-2002), 2 tomes, Stuttgart, Steiner, 2004, p. 553-557.

    139 Wahrhold Drascher, Die Vorherrschaft der weissen Rasse. Die Ausbreitung des abendländischen Lebensbereiches aufdie überseeischen Erdteile, Stuttgart, Deutsche Verlags-Anstalt, 1936, p. XI, 3, 5, 7.

    140 Id., Schuld der Weissen ? Die Spätzeit des Kolonialismus, Stuttgart, Schichtenmayer, 1960.

    141 Id., « Geschichte der Rassenproblem in Mittel- und Südafrika », dans Albert Hunold (dir.), Afrika und seine Probleme, op. cit., p. 63-105, notamment p. 63, 65, 74.

    142 Id., « Der farbige Mischling », Die medizinistische Welt, 12, 1938, p. 1324 et suiv. Sur ce point, voir Albrecht Hagemann, « Nationalsozialismus, Afrikaaner-Nationalismus und die Entstehung der Apartheid in Süd-Afrika », Vierteljahrshefte für Zeitgeschichte, n° 3, 1991, p. 412-436.

    143 Wahrhold Drascher, « Geschichte der Rassenproblem in Mittel- und Südafrika », art. cité, p. 99, 103-105, 92-93.

    144 Lettre du 4 août 1964 de E. Reinhardt, Marc Sieber, « Wahrhold Drascher. Die Vorherrschaft der weissen Rasse », 4 feuillets, NR, dossier Süd-Afrika.

    145 Albert Hunold, « Der Afrika-Zyklus und seine Kritiker », NZZ, 20 juin 1964. Le 26 juin, la NZZ publie une série de lettres de lecteurs, notamment de Walter et Regula Renschler.

    146 Lettre du 15 septembre 1965 à Eduard Schweizer, NR, dossier AK 65. Le texte publié reprend celui des Schweizer Monatshefte, enrichi de quelques notes : Wilhelm Röpke, « Südafrika in der Weltwirtschaft und Weltpolitik », dans Albert Hunold (dir.), Afrika und seine Probleme, op. cit., p. 125-158. De longs extraits sont publiés dans la NZZ du 4 juillet 1964.

    147 Sur le scandale du cycle Afrique et les tensions qui en ont résulté au sein du SIAF, voir Max Silberschmidt, Das Schweizerische Institut für Auslcmdforschung 1943-1981, op. cit., p. 28-31 ; Olivier Longchamp, Yves Steiner, « Le coup de pouce zurichois au renouveau libéral. Le Schweizerisches Institut für Auslandforschung (1943-1966) », art. cité, p. 32-36.

    148 « Zur Diskussion über den Afrika-Vortragszyklus. Notwendige Klarstellungen », NZZ, 21 juillet 1964.

    149 « Nachwort zu einer Diskussion », NZZ, 27 juillet 1964.

    150 S. D., « Le Herr Professor Doktor Rôpke défend l’apartheid », La Vie protestante, 10 juillet 1964 ; Peter Rippmann, « Warum sind sie aus Hitlerdeutschland emigriert, Herr Professor ? », Der schweizerische Beobachter, n° 16, 31 août 1964.

    151 Lettre du 10 septembre 1964 à Albert Hunold, lettre du 20 novembre 1964 à Albert Hunold, NR, dossier AK 64-65.

    152 Lettre du 9 juin 1964 de Trygve Hoff, NR, dossier AK 64-65.

    153 Dans la notice biographique de Wahrhold Drascher, il est fait mention que Die Vorherrschaft der weiβen Rasse a été interdit par les autorités nazies. Sur cette interdiction, voir Helmut Marcon, Heinrich Strecker (dir.), 200 Jahre Wirtschafts- und Staatswissenschaften an der Eberhard-Karls-Universität Tübingen, op. cit., p. 73.

    154 Cité par Olivier Longchamp, Yves Steiner, « Le coup de pouce zurichois au renouveau libéral. Le Schweizerisches Institut für Auslandforschung (1943-1966) », art. cité, p. 35.

    155 Lettre du 15 août 1964 d’Albert Hunold, NR, dossier AK 64-65.

    156 Lettre du 15 janvier 1965 à Albert Hunold, ibid.

    157 Helmut Schoeck, « Der Masochismus des Abendlandes », dans Albert Hunold (dir.), Europa – Besinnung und Hoffnung, op. cit., p. 221-256, notamment p. 223. Le sociologue autrichien a également publié une contribution dans le volume Afrique, même s’il n’a pas compté parmi les conférenciers : Helmut Schoeck, « Die USA und die Entwicklungsländer. Geschichte einer Ernüchterung », Albert Hunold (dir.), Afrika und seine Probleme, op. cit., p. 159-190.

    158 Lettre du 15 décembre 1964 de Helmut Schoeck à Albert Hunold, NR, TNL Hunold.

    159 Lettre du 16 décembre 1964 de Helmut Schoeck, NR, dossier AK 64-65.

    160 Wilhelm Röpke, TG, 60-64, entrée du 4 septembre 1962.

    161 Lettre du 6 octobre 1964 à Wahrhold Drascher, NR, dossier AK 64-65.

    162 Wilhelm Röpke, TG, 59, entrées des 15 et 16 octobre 1959.

    163 Id., TG, 60-64, entrée du 4 septembre 1962.

    164 Louis Rougier, « Le problème de l’aide au développement », art. cité, p. 7.

    165 Albert Hunold, « Geleitwort », dans Albert Hunold (dir.), Afrika und seine Probleme, op. cit., p. 7-8, notamment p. 7.

    166 Lettre du 2 octobre 1964 d’Otto von Habsburg, NR, dossier AK 64-65.

    167 Lettre du 22 octobre 1964 de Ludwig Erhard, LES, correspondance Erhard-Röpke. Lettre du 10 décembre 1964 de Wilhelm Röpke à Otto von Habsburg, NR, dossier AK 64-65.

    168 Lettre du 28 novembre 1964 à Albert Hunold, lettre du 15 février 1964 d’Olof Gigon, NR, dossier AK 63-64.

    169 Lettre du 9 juillet 1964 de Hermann Ehrhardt, NR, dossier Fan mail XI.

    170 Ferdinand Friedensburg, « Das Scheitern der Weimarer Republik », Aufbau, n° 9, 1946, p. 923-927 ; Erich Eyck, Bismarck. Leben und Werk, 3 tomes, Erlenbach-Zurich, Rentsch, 1941-1944.

    171 Lettre du 31 mai 1964 d’Erich Eyck, dossier Fan mail XI. Lettre du 7 juillet 1964 de Ferdinand Friedensburg, NR, dossier Fan mail XII.

    172 Lettre du 18 juin 1964 de Richard Coudenhove-Kalergi, NR, dossier Fan mail XI.

    173 Lettre du 19 mai 1964 d’Otto Fischer, NR, dossier Fan mail XI. Lettre du 6 juillet 1964 de Samuel Schweizer, NR, dossier Fan Mail XII.

    174 Fritz Marbach, « Ein ungerechter Angriff », NZZ, 9 octobre 1964.

    175 Lettre du 3 octobre 1965 d’Albert Hunold, NR, dossier AK 65.

    176 Friedrich Hayek, « Conversation with Systematic Liberalism », Forum, septembre 1961, p. 6. Cité dans Alan Ebenstein, Friedrich Hayek. A Biography, op. cit., p. 294.

    177 William H. Hutt, The Economics of the Color Bar A Study of the Economic Origins and Consequences of Racial Ségrégation in South Africa, Londres, Deutsch, 1964.

    178 R. M. Hartwell, A History of the Mont-Pèlerin Society, op. cit., p. 188. L’auteur reste très vague sur cette question.

    179 Lettre du 15 novembre 1965 à Albert Hunold, NR, dossier AK 65.

    180 Lettre du 20 décembre 1965 de Roland Hepers, lettre du 21 décembre 1965 à Roland Hepers, NR, dossier AK 65.

    181 Lettres des 26 et 28 novembre 1963 à monsieur Riesser, NR, dossier AK 63-64. Il est probable que l’une des deux lettres seulement ait été envoyée. Leur contenu est très similaire.

    182 Lettre du 23 février 1962 à Alexander Rüstow, NR, dossier Rüstow.

    183 Lettre du 13 novembre 1962 à Albert Hunold, NR, dossier AK 62.

    Wilhelm Röpke, l’autre Hayek

    X Facebook Email

    Wilhelm Röpke, l’autre Hayek

    Ce livre est diffusé en accès ouvert freemium. L’accès à la lecture en ligne est disponible. L’accès aux versions PDF et ePub est réservé aux bibliothèques l’ayant acquis. Vous pouvez vous connecter à votre bibliothèque à l’adresse suivante : https://freemium.openedition.org/oebooks

    Suggérer l’acquisition à votre bibliothèque Acheter ce livre aux formats PDF et ePub

    Si vous avez des questions, vous pouvez nous écrire à access[at]openedition.org

    Wilhelm Röpke, l’autre Hayek

    Vérifiez si votre bibliothèque a déjà acquis ce livre : authentifiez-vous à OpenEdition Freemium for Books.

    Vous pouvez suggérer à votre bibliothèque d’acquérir un ou plusieurs livres publiés sur OpenEdition Books. N’hésitez pas à lui indiquer nos coordonnées : access[at]openedition.org

    Vous pouvez également nous indiquer, à l’aide du formulaire suivant, les coordonnées de votre bibliothèque afin que nous la contactions pour lui suggérer l’achat de ce livre. Les champs suivis de (*) sont obligatoires.

    Veuillez, s’il vous plaît, remplir tous les champs.

    La syntaxe de l’email est incorrecte.

    Référence numérique du chapitre

    Format

    Solchany, J. (2015). Chapitre 13. De Lima à Pretoria : le meilleur des (tiers) mondes néolibéraux. In Wilhelm Röpke, l’autre Hayek. Paris: Éditions de la Sorbonne. https://doi.org/10.4000/books.psorbonne.41591
    Solchany, Jean. « Chapitre 13. De Lima à Pretoria : le meilleur des (tiers) mondes néolibéraux ». In Wilhelm Röpke, l’autre Hayek. Paris: Éditions de la Sorbonne, 2015. doi:10.4000/books.psorbonne.41591.
    Solchany, Jean. « Chapitre 13. De Lima à Pretoria : le meilleur des (tiers) mondes néolibéraux ». Wilhelm Röpke, l’autre Hayek, Éditions de la Sorbonne, 2015, https://doi.org/10.4000/books.psorbonne.41591.

    Référence numérique du livre

    Format

    Solchany, J. (2015). Wilhelm Röpke, l’autre Hayek. Paris: Éditions de la Sorbonne. https://doi.org/10.4000/books.psorbonne.41491
    Solchany, Jean. Wilhelm Röpke, l’autre Hayek. Paris: Éditions de la Sorbonne, 2015. doi:10.4000/books.psorbonne.41491.
    Solchany, Jean. Wilhelm Röpke, l’autre Hayek. Éditions de la Sorbonne, 2015, https://doi.org/10.4000/books.psorbonne.41491.
    Compatible avec Zotero Zotero

    1 / 3

    Éditions de la Sorbonne

    Éditions de la Sorbonne

    • Mentions légales
    • Plan du site
    • Se connecter

    Suivez-nous

    • Facebook
    • Bluesky
    • Flux RSS

    URL : http://editionsdelasorbonne.fr/

    Email : edsorb@univ-paris1.fr

    OpenEdition
    • Candidater à OpenEdition Books
    • Connaître le programme OpenEdition Freemium
    • Commander des livres
    • S’abonner à la lettre d’OpenEdition
    • CGU d’OpenEdition Books
    • Accessibilité : partiellement conforme
    • Données personnelles
    • Gestion des cookies
    • Système de signalement