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    Plan détaillé Texte intégral Le colloque Walter Lippmann : un essai non transformé Sortie de guerre néolibérale : de la revue Occident à la Société du Mont-Pèlerin Au cœur de tous les réseaux Du rififi chez les néolibéraux Notes de bas de page

    Wilhelm Röpke, l’autre Hayek

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    Table des matières

    Chapitre 8. Wilhelm Röpke : un élément clé du dispositif néolibéral

    p. 233-270

    Texte intégral Le colloque Walter Lippmann : un essai non transformé Sortie de guerre néolibérale : de la revue Occident à la Société du Mont-Pèlerin Au cœur de tous les réseaux Du rififi chez les néolibéraux Notes de bas de page

    Texte intégral

    Le colloque Walter Lippmann : un essai non transformé

    1Au tout début de l’année 1958, Wilhelm Röpke est hors de lui. John Goormaghtigh, ancien déporté à Dachau, directeur de l’office européen de la fondation Carnegie et secrétaire général de l’Association internationale de sciences politiques, vient de lui proposer de rejoindre cette organisation fondée en 1949 sous les auspices de l’Unesco. L’économiste voit dans cette invitation plutôt flatteuse une insulte à son engagement et répond par une fin de non-recevoir, « pour des raisons de principe ». Dans une « explication franche et sincère », il explique avoir « sacrifié toutes [s]es forces à la lutte contre la peste de notre temps, qui est le totalitarisme dans toutes ses formes et couleurs, brune ou rouge ». À ses yeux, il ne saurait être question de dissocier science et politique. Or, l’Association internationale de sciences politiques, « une association qui, avant toute chose, devrait saisir la nature du totalitarisme, comprend aussi les pays communistes avec leur délégués ». Voilà bien un exemple de la « trahison des clercs », de la complaisance des intellectuels progressistes envers un « totalitarisme rouge » pourtant « infiniment plus dangereux » que le « totalitarisme brun ». John Goormaghtigh n’aurait-il pas refusé d’adhérer à une association qui aurait compris des nationaux-socialistes ? Des intellectuels démissionnaires, mais aussi la « collaboration involontaire d’une sorte de libéralisme émoussé » sont accusés de servir le totalitarisme dans son expansion1.

    2Cette réplique indignée est également révélatrice de la capacité de Wilhelm Röpke à médiatiser ses réactions. L’économiste diffuse largement son texte. Otto von Habsbourg juge que le monde n’en serait pas là où il en est si tous les leaders spirituels européens faisaient preuve de la même fermeté2. En avril 1958, Albert Hunold refuse en des termes voisins de ceux de l’économiste genevois de voir le Schweizerisches Institut für Auslandforschung, l’influent think tank qu’il dirige, adhérer à l’Association internationale de sciences politiques3. De fil en aiguille, la réplique de Wilhelm Röpke se propage pour atteindre jusqu’aux lecteurs de l’Indiannapolis Star, invités à découvrir ce « témoignage de rigueur morale et d’analyse logique de la nature du totalitarisme rédigée par quelqu’un qui a combattu tout au long de sa vie toutes les formes de dictature4 ». Dans le cheminement qui conduit du bureau de Wilhelm Röpke à celui d’Eugene Collins Pulliam, le patron de l’Indianapolis Star, le néolibéralisme se révèle dans son essence, celle d’une doctrine de combat, comme dans sa matérialité, celle d’une nébuleuse de réseaux dont l’origine remonte à la fin des années 1930, lorsqu’un groupe d’intellectuels se réunit à Paris à l’initiative du philosophe français Louis Rougier. C’est le colloque Walter Lippmann d’août 1938, moment fondateur de l’entreprise de rénovation du libéralisme, première mobilisation qui préfigure les organisations qui se mettent en place après 1945 et forment une toile de plus en plus serrée au fur et à mesure que l’on avance dans le xxe siècle.

    3Dans l’entre-deux-guerres, Wilhelm Röpke n’est pas le seul à aspirer à une refondation du libéralisme. Certes, peu de monde se préoccupe alors d’une idéologie jugée moribonde. En Suisse, on l’a vu, mais en France aussi, les hommes qui en sont proches s’interrogent. En 1938, la Société d’économie politique, pourtant une citadelle du libéralisme traditionnel, se déclare « plus tolérante et plus éclectique », la crise ayant démontré qu’il n’y a « aucun idéal qui ne doive se plier à des compromis avec la réalité ». Du côté des partis, l’Alliance démocratique réagit à la remise en cause du libéralisme en intégrant dans son programme une dose de corporatisme et de dirigisme5. Dans l’Allemagne de Weimar, après des débuts prometteurs, le libéralisme politique a quasiment disparu au début de années 19306. Dès 1925, dans un article intitulé « Y a-t-il encore un libéralisme ? », le sociologue Leopold von Wiese (1876-1969) a regretté que ce « mot [le libéralisme] soit devenu une insulte dans de nombreux milieux7 ». De fait, le libéralisme est de plus en plus assimilé à un siècle bourgeois balayé par les mises en question du début de siècle, la tourmente du premier conflit mondial et une sortie de guerre agitée8. La Grande Dépression semble lui donner le coup de grâce. Mais par contre-coup, sa récusation est également synonyme de refondation doctrinale, entre réaffirmation d’un credo jugé toujours valide et remise en question d’un laissez-faire déconsidéré.

    4Dès 1921, l’économiste suédois Eli F. Heckscher (1879-1952), un élève de Gustav Cassel, en a appelé à un nouveau libéralisme porteur d’une nouvelle conception de l’État9. En 1925, l’économiste néohistoriciste allemand Heinrich Herkner se revendique d’un libéralisme « nouveau », « moderne », porteur d’un « programme positif constructif10 ». La même année, l’économiste suisse Hans Honegger recourt à la notion de néolibéralisme, dont c’est semble-t-il la première occurrence11. Il se réfère à William Stanley Jevons, Alfred Marshall, Eugen von Böhm-Bawerk, Knut Wicksell et Gustav Cassel pour élaborer une relecture du libéralisme fondée du point de vue théorique sur une « doctrine de la concurrence » et légitimée sur le plan idéologique par la volonté de barrer le socialisme. Au-delà de ces prises de position, plusieurs foyers d’une pensée se réclamant peu ou prou d’un libéralisme renouvelé émergent au tournant des années 1920 et 1930. En Allemagne, Walter Eucken, Alexander Rüstow et Wilhelm Röpke se réclament d’un libéralisme accordant une place nouvelle à l’État. Ils rejoignent pour une part les préoccupations de la première École de Chicago, qui s’est formée autour de Frank H. Knight et de Jacob Viner en réaction à l’institutionnalisme américain, mais au sein de laquelle la condamnation des excès du capitalisme et du laissez-faire est également marquée, une réalité souvent oubliée au regard de son évolution ultérieure.

    5Dans « The Ethics of Compétition », Frank H. Knight (1885-1972) est sévère pour le capitalisme, accusé de ne pas respecter l’égalité des chances et d’évoluer en un système monopolistique faisant fi de la concurrence12. Son élève Henry C. Simons (1899-1946), le troisième homme de la première École de Chicago et dont la pensée a marqué Walter Eucken, publie A Positive Program for Laissez-Faire en 1934. Dans cet essai, il affirme que la « représentation du laissez-faire comme une simple politique d’inaction est malheureuse et erronée », et assigne à l’État le rôle de maintenir le « cadre légal et institutionnel dans le cadre duquel la compétition peut fonctionner effectivement comme une instance de contrôle13 ». Même si l’heure est à la dénonciation du New Deal, le rejet des monopoles et du gigantisme industriel incite à reformuler la doctrine libérale dans une optique plus interventionniste. À la LSE, Edwin Cannan (1861-1935) est le père fondateur d’un foyer libéral au sein d’une institution créée par les Fabiens. Il s’en prend aux monopoles, à l’interventionnisme et au pouvoir syndical. C’est le nouveau directeur du département d’économie à partir de 1929, Lionel Robbins, un bon connaisseur de l’École autrichienne, qui fait venir Friedrich Hayek à la LSE. Le pôle libéral de Londres est moins autocritique que celui de Chicago.

    6Mais, quelles que soient ces nuances, des groupes d’intellectuels soucieux de repenser le libéralisme, surtout des économistes, se sont formés dans les années 1930. Cette mobilisation transcende les frontières, reflète l’internationalisation de l’espace intellectuel occidental, dont il ne faut pas exagérer la fragmentation, même à l’heure des nationalismes triomphants. Elle invite à relativiser la spécificité de la réflexion menée par les futurs ordolibéraux dans l’Allemagne weimarienne. L’aspiration à un État fort, que traduit par exemple la pensée d’Alexander Rüstow, n’est pas seulement la manifestation d’une contamination de la pensée libérale allemande par des conceptions autoritaires qui ont le vent en poupe dans le chaos de la république finissante. Elle représente aussi la variante allemande d’une matrice néolibérale en cours d’élaboration et qui voit dans l’État le garant de la libre concurrence. Wilhelm Röpke juge en 1938 que le « cercle d’Eucken » n’est pas une « manifestation isolée », faisant un parallèle avec la réflexion qui se développe à la LSE14. Certes, l’intensité des échanges, notamment entre les États-Unis et le continent européen, n’atteint pas le niveau de l’après-Seconde Guerre mondiale. Mais la mobilité d’intellectuels comme Friedrich Hayek, Ludwig von Mises, John Bell Condliffe ou Wilhelm Röpke et la multiplication des lieux de rencontre dans l’espace occidental de l’entre-deux-guerres favorisent l’émergence d’un horizon d’attente transnational. Ce n’est donc pas un hasard si The Good Society, publié en 1937 par le journaliste américain Walter Lippmann (1889- 1974), cristallise interrogations et espoirs des deux côtés de l’Atlantique15.

    7Traduit en français sous le titre La cité libre16, avec une préface d’André Maurois, le livre reflète un infléchissement libéral et conservateur dans la carrière déjà longue du célèbre essayiste et journaliste. Issu d’une famille d’immigrés juifs allemands, socialiste dans sa jeunesse, ferme soutien du président Wilson qu’il a accompagné à Paris lors de la conférence de paix, depuis 1931 chroniqueur réputé du très républicain New York Herald Tribune – sa tribune « Today and Tomorrow », reproduite dans une centaine de journaux touche 10 millions d’Américains –, il est d’abord favorable à Roosevelt et à son New Deal. Mais il soutient son challenger républicain Alf Landon lors de la campagne de 1936. Walter Lippmann mène également une réflexion plus globale sur le destin du libéralisme et la crise de la modernité17. En 1934, dans The Method of Freedom, il a proclamé que le temps du laissez-faire était terminé18. The Good Society reformule cette problématique à la lumière d’une dénonciation beaucoup plus musclée du collectivisme. Il est vrai qu’entre-temps Walter Lippmann a fait sienne l’argumentation de Ludwig von Mises et Friedrich Hayek sur l’économie planifiée. Dans sa correspondance, il exprime d’ailleurs sa dette au futur auteur de The Road to Serfdom19.

    8Son livre offre une double niveau de réflexion, le premier apocalyptique, le second eschatologique, pour reprendre l’excellente caractérisation de Bernhard Walpen20. Walter Lippmann commence par le sombre tableau d’un monde gagné par l’étatisme, l’impérialisme, le protectionnisme et le collectivisme, qu’il s’agisse du collectivisme explicite du totalitarisme ou du gradual collectivism de la société démocratique gangrenée par les groupes d’intérêt, une évolution qu’aurait exacerbée le New Deal. Le libéralisme, accusé d’avoir dégénéré en une simple doctrine du laissez-faire, apparaît lui-même comme une cause de la crise moderne, Mais l’heure de sa refondation a sonné. Une rhétorique de la crise doublée d’une perspective de redressement, tel est le schéma de The Good Society. On le retrouve dans bien d’autres textes prêchant le renouveau du libéralisme et plus largement dans une sociologie de la « crise » alors très en vogue. Die Gesellschaftskrisis der Gegenwart de Wilhelm Röpke relève de la même mise en intrigue. Walter Lippmann a donc inauguré une prise de parole néolibérale qui devait se poursuivre. Si ses idées ne sont pas foncièrement nouvelles, leur réception enthousiaste précipite la mobilisation transnationale d’un groupe d’intellectuels prenant conscience de leur mission. En septembre 1937, William Rappard dit son admiration pour un ouvrage dont la publication fera « date dans l’histoire de notre temps21 ». Au même moment, Wilhlem Röpke écrit au journaliste américain : « Quelqu’un devait survenir pour nous insuffler un nouveau courage et pour mettre ses puissants dons littéraires au service de cette grande cause qu’est la cause de la vie et de la mort de notre civilisation tout entière. Tel est l’esprit dans lequel j’accueille votre livre22. » En 1945, la publication d’une version allemande, avec une préface de l’économiste genevois, en dit long sur l’impact durable de The Good Society23.

    9La version française a paru dès 1938. Réalité méconnue mais soulignée par François Denord, la France de la fin des années 1930 a été le théâtre d’une importante réflexion sur l’avenir du libéralisme, dont Louis Rougier a été l’initiateur24. Lorsqu’il devient professeur à l’université de Lyon en 1936 après avoir enseigné au Caire, ce philosophe importateur du positivisme logique en France ne jouit toutefois que d’une réputation assez médiocre dans le milieu philosophique. Mais il s’est forgé une réputation d’essayiste autant conservateur que libéral. En 1929, dans La Mystique démocratique, il a exprimé ses préventions à l’encontre de l’idéal démocratique, accusé de paver le chemin au marxisme et aux masses25. En 1938, dans Les Mystiques économiques, publié trois ans après ses Mystiques politiques, il s’en prend aux croyances économiques scientifiquement infondées qui feraient le lit du totalitarisme26. La même année, dans son « Retour au libéralisme » publié dans La Revue de Paris, il prêche pour un libéralisme renouvelé à mille lieux de l’École de Manchester27. En 1939, lors d’une conférence devant la Société d’économie politique de Lyon, il prône un « ordre juridique positif tel que la possibilité de la libre concurrence soit toujours sauvegardée » et synonyme d’un libéralisme plus interventionniste28. Ce message martelé de conférence en conférence l’a posé en fédérateur du nouveau libéralisme.

    10Sur le plan éditorial, les Éditions de la Librairie de Médicis, fondées en 1937 et dirigées par la dynamique Marie-Thérèse Génin, publient jusqu’à la guerre une quarantaine de textes de Ludwig von Mises, Bernard Lavergne, Friedrich Hayek, Lionel Robbins ou encore Wilhelm Röpke, avec son Explication économique du monde de 1940. C’est là que paraît La cité libre. Leur instigateur est Marcel Bourgeois, le secrétaire général de la CGPF, un homme très à droite qui finance également un bureau d’information violemment antisocialiste ainsi que, sans doute, le PPF de Jacques Doriot29. La publication d’une brassée d’ouvrages vilipendant le socialisme, le collectivisme et la planification participe d’une contre-propagande jugée plus que jamais nécessaire au lendemain du Front populaire. Par son rôle dans la sélection des ouvrages, par sa fonction de passeur entre le milieu intellectuel français et les penseurs étrangers, par son appel au rassemblement autour d’un libéralisme repensé, Louis Rougier était le mieux placé pour prendre l’initiative d’une rencontre visant à discuter les thèses exposées dans The Good Society. Les préparatifs se déroulent dans une certaine confusion. Après avoir envisagé un simple dîner autour de Walter Lippmann, de séjour en Europe pour un trimestre, le philosophe finit par planifier une opération plus ambitieuse pour la fin de l’été 1938. En juin 1938, Wilhelm Röpke, lors d’une réunion à Genève, en présence également de William Rappard, de Ludwig von Mises et du journaliste américain, lui aurait soufflé l’idée de « réaliser dès cette année notre vieux plan [à Wilhelm Röpke et à Alexander Rüstow] d’une petite table ronde informelle des libéraux ayant soif de réorientation30 ». La démarche rencontre sans conteste une forte attente, Wilhelm Röpke approuve l’idée de prendre The Good Society comme base de discussion31.

    11Du 26 au 30 août 1938, le colloque Walter Lippmann réunit à Paris un éventail de figures dont il ne faut pas, toutefois, exagérer l’homogénéité32. Certains sont en réalité éloignés des présupposés du néolibéralisme en gestation à Paris et qui se précisera au Mont-Pèlerin en 1947. Les étrangers sont présents en rangs compacts. S’il n’y a pas de représentants de l’École de Chicago, si Luigi Einaudi n’a pu venir, Friedrich Hayek, Ludwig von Mises, Michael Heilperin, Alexander Rüstow, Michael Polanyi, John Bell Condliffe et Wilhelm Röpke sont là. Du côté français, des professeurs de la faculté de droit (Louis Baudin, Bernard Lavergne) côtoient des représentants du grand patronat (Louis Marlio, Auguste Detœuf, Ernest Mercier, Marcel Bourgeois), des hauts fonctionnaires de l’administration économique (Jacques Rueff notamment) ainsi que quelques universitaires plus jeunes, comme Raymond Aron, Étienne Mantoux ou Robert Marjolin. Marqueur de l’internationalisation des débats dans l’entre-deux-guerres, le colloque Walter Lippmann montre également que l’accouchement du néolibéralisme a été favorisé par l’affirmation d’une culture de l’expertise portée par les instituts extra-universitaires, les organisations internationales et les fondations. Avec Wilhelm Röpke, Michael Heilperin et Ludwig von Mises, sans compter William Rappard qui n’a pu venir, l’IUHEI de Genève est fortement représenté. Le colloque se déroule dans les locaux de l’Institut international de coopération intellectuelle. Quant à la fondation Rockefeller, elle manifeste le plus grand intérêt pour le projet de Louis Rougier, qui a invité l’un de ses membres, Tracy B. Kittredge, ainsi que plusieurs universitaires – Luigi Einaudi, Johan Huizinga, Charles Rist – qui participent à la sélection des boursiers pris en charge par l’organisation.

    12Placée sous les auspices du libéralisme nouveau que Walter Lippmann et Louis Rougier appellent de leurs vœux lors des allocutions préliminaires, la discussion ne traduit pas un consensus. Il n’est pas sûr que tout le monde approuve Robert Marjolin lorsqu’il voit dans le libéralisme une « idéologie, au même titre que le fascisme ou le communisme33 ». Les différences sont palpables entre les promoteurs d’un libéralisme assez classique, Jacques Rueff et Ludwig von Mises, et ceux d’une posture plus autocritique, Alexander Rüstow et Wilhelm Röpke, qui préconisent une réorientation des sciences sociales pour répondre à une crise multiforme loin de se limiter à l’économie. Frappés de plein fouet par le gigantisme urbain et industriel, les ouvriers subissent une existence déracinée ; l’enjeu serait de lutter contre cette « dévitalisation34 ». Une sociologie empreinte d’antimodernisme et de pessimisme culturel participe à l’élaboration doctrinale néolibérale.

    13Face à Ludwig von Mises qui lui reproche son « esprit romantique quand il prétend que le paysan est plus satisfait que l’ouvrier », Alexander Rüstow souligne l’incapacité des « représentants du vieux libéralisme » à séduire tous ceux qui ont été gagnés au bolchevisme, au fascisme et au national-socialisme : « S’ils n’ont pas écouté Moïse et les prophètes – Adam Smith et Ricardo – comment croiront-ils M. von Mises35 ? » La concentration industrielle ou les sociétés d’anonymes alimentent les divergences. Au-delà, les participants affrontent d’épineux problèmes de dénomination. Faut-il parler de libéralisme ou plutôt d’individualisme ? Comment baptiser la « synthèse nouvelle » dont on souhaite l’émergence : « libéralisme de gauche », « libéralisme constructif », « libéralisme positif », « libéralisme social » ? Ces difficultés n’empêchent pas de s’accorder sur un « agenda du libéralisme » affirmant l’importance du « mécanisme des prix » et conférant à l’État la « responsabilité dé déterminer le régime juridique qui sert de cadre au libre développement des activités économiques36 ».

    14Mais le colloque Walter Lippmann, auquel José Ortega y Gasset avait été convié, témoigne également de l’inquiétude qui habite les libéraux face aux turbulences du temps. Ancien secrétaire général de la Fundación Nacional de Investigación y Reformas Experimentales, le juriste et pédagogue espagnol José Castillejo (1877-1945), en exil depuis la guerre civile et membre de la Commission internationale de coopération intellectuelle, s’inquiète de l’« incompréhension que manifestent les masses ». Après avoir dénoncé son « esprit d’imitation », l’économiste français Louis Baudin (1887-1964) juge que la « masse doit être moralisée si l’on veut que le libéralisme puisse fonctionner37 ». De la critique des masses à celle de la démocratie, le pas est vite franchi. Pour Louis Rougier, les masses « ont perdu l’instinct de la liberté pour la recherche de la sécurité38 ». Pour José Castillejo, les « idées démocratiques » et la « volonté du peuple » ont « ruiné le système juridique sur lequel la démocratie était fondée ». Le pronostic est sombre : « Il sera difficile aux pays démocratiques d’éviter une forme ou l’autre de totalitarisme39. » Préjugés antidémocratiques et phobie des masses ne sont donc pas l’apanage des libéraux allemands, mais une interrogation globale du néolibéralisme naissant, plus largement un reflet de l’air du temps. Alexander Rüstow ne choque pas lorsqu’il affirme que l’« État démocratique dans sa structure actuelle » ne peut assumer le rôle nouveau que lui et nombre de ses camarades lui assignent40. Un an plus tard, lors d’une conférence à Genève, il évoque la causalité qui relierait le « jeu du pluralisme » de l’époque weimarienne à la « dictature totalitaire à parti unique » de l’époque hitlérienne41.

    15Le colloque Walter Lippmann a eu un réel impact. En 1939, Louis Rougier se réjouit de la formalisation de la nouvelle doctrine, « à laquelle l’usage semble prévaloir de donner le nom de « néolibéralisme », faisant ce constat dans l’avant-propos des actes du colloque Walter Lippmann, publiés dans le premier cahier du CIERL, le Centre international d’études pour la rénovation du libéralisme, dont la création a été décidée l’année précédente42. Certes, l’organisation peine à prendre forme dans un contexte international difficile. Rassemblement de personnalités d’abord françaises, elle n’a d’international que le nom, même si Walter Lippmann, Friedrich Hayek et Wilhelm Röpke ont été chargés d’« organiser les sections américaine, anglaise et suisse du centre43 ». Mais elle existe. Le 31 mars 1939, Wilhelm Röpke félicite Louis Rougier d’« avoir réussi à attirer les chefs du syndicalisme ». À la mi-juillet, il se rend à Paris pour assister à une conférence organisée en présence de Hermann Rauschning44. S’il reprochera par la suite à Walter Lippmann son manque de détermination, il souhaite ardemment prolonger la dynamique produite par la réception enthousiaste de sa Good Society.

    Sortie de guerre néolibérale : de la revue Occident à la Société du Mont-Pèlerin

    16La guerre est un moment essentiel de la mobilisation néolibérale. Bien qu’entravée, la circulation des hommes et des idées n’est pas interrompue. En mars et avril 1942, Friedrich Hayek et William Rappard se rencontrent à Londres45. On a vu les échanges entre Wilhelm Röpke et Walter Eucken. En août 1944, l’économiste britannique Allan G. B. Fischer juge que, « incontestablement, les libéraux écrivent les meilleurs livres juste maintenant ». Il voit dans les ouvrages de Friedrich Hayek, Frank D. Graham et Wilhelm Röpke un « échantillon représentatif », mais le livre de l’économiste britannique William Hutt, un ancien de la LSE installé en Afrique du Sud, ne serait pas tout à fait à la hauteur des autres46. À l’heure où l’après-guerre est dans tous les débats, Friedrich Hayek et Wilhelm Röpke aspirent à structurer un néolibéralisme encore embryonnaire, échafaudent des projets. Si Wilhelm Röpke échoue, au sortir de la guerre, à créer la grande revue dont il rêve, si Friedrich Hayek réussit au contraire à fonder une société rassemblant la fine fleur des penseurs néolibéraux, les deux démarches se sont nourries l’une l’autre, mobilisant les mêmes idées, les mêmes hommes, les mêmes réseaux.

    17Soucieux de contrer les idées socialistes par les conceptions libérales, Friedrich Hayek avait tenté, dès 1940, de lever des fonds pour une revue baptisée Common Affairs47. À la fin de la guerre, il envisage plutôt une organisation pour catalyser les énergies. En février 1944, lors d’une conférence au King’s College de Cambridge peu avant la parution de The Road to Serfdom, il s’interroge sur l’avenir de l’Europe. L’effondrement de l’ancien ennemi risque d’entraîner l’ensemble du continent dans une spirale de destruction. Il est urgent de regagner l’Allemagne à la cause des valeurs « sur lesquelles repose la civilisation occidentale48 ». Autrement dit, la rééducation du peuple allemand est une priorité. L’économiste propose d’institutionnaliser la nécessaire coopération en la matière entre historiens allemands et britanniques au sein d’une Acton Society. Outre le célèbre historien libéral britannique, il évoque Jacob Burckhardt et Alexis de Tocqueville comme parrains alternatifs. Les trois penseurs symbolisent l’esprit de la rééducation à mettre en œuvre non seulement en Allemagne mais dans l’Europe entière49. En mai 1945, l’économiste autrichien explique à William Rappard qu’une organisation libérale permettrait de « surmonter l’isolement intellectuel causé par la guerre et l’ignorance de la plupart d’entre nous du travail similaire et utile fait ailleurs par des personnes travaillant sur la même longueur d’ondes50 ». Le mois d’après, il publie un article intitulé « A Plan for the Future of Germany51 ». En août 1945, il envoie à une centaine de personnes un long mémorandum présentant l’Acton Tocqueville Society52.

    18Si la rééducation de l’Allemagne reste d’actualité, Friedrich Hayek prône désormais une « académie internationale de philosophie politique » vouée à réfléchir de manière plus globale aux « problèmes politiques et moraux » du monde contemporain : « Nous ne pouvons en bonne conscience collaborer à la rééducation des Allemands que si nous nous efforçons dans le même temps de remettre notre propre maison en bon ordre53. » À des degrés divers, tous les pays souffrent de la « maladie de notre temps » : « Il y a presque la même nécessité de combattre dans le reste du monde ce fatalisme moral et ce défaitisme qui considèrent comme inévitables des développements vers un totalitarisme qui fait extrêmement peur, la même nécessité de repenser la relation entre la liberté individuelle et l’étendue des pouvoirs gouvernementaux, de repenser tous les problèmes que le développement de l’État moderne démocratique tout-puissant a mis sur le devant de la scène54. » Friedrich Hayek pense à des traductions d’œuvres essentielles, imagine une revue internationale qui prolongerait les discussions de l’Académie, dont il verrait bien les réunions se tenir sur un terrain neutre, en Suisse, ou bien au Tyrol. 500 000 dollars lui semblent nécessaires pour financer l’entreprise durant ses cinq premières années.

    19Ces perspectives rejoignent celles de Wilhelm Röpke, lui aussi impatient de mettre en ordre de bataille les penseurs aspirant à refonder le libéralisme. Le 2 janvier 1945, le Genevois écrit au Londonien pour souligner l’« étonnant parallélisme entre [leurs] pensées55 ». Il a pris connaissance du projet d’Acton Society et lu The Road to Serfdom, dont il préface la version allemande, traduite par sa femme Eva et publiée chez Rentsch, son éditeur attitré56. Pour sa part, il pense à une revue mensuelle internationale. L’idée aurait reçu le chaud soutien de Luigi Einaudi, qui vient de retourner en Italie après son exil helvétique57. En août 1945, le mois où Friedrich Hayek envoie son mémorandum sur l’Acton Tocqueville Society, Wilhelm Röpke diffuse de son côté un Plan for an International Periodical58. Les deux visions sont proches. Pour Friedrich Hayek, l’« ancienne civilisation commune se trouve en danger de désintégration immédiate » dans une grande partie de l’Europe59. Pour Wilhelm Röpke, du fait des « monstrueuses destructions entraînées par cette nouvelle guerre de trente ans », les « formes de la vie et de la pensée occidentales sont ébranlées jusqu’à leurs derniers fondements ». Sans refondation intellectuelle et idéologique, il sera « difficile voire impossible de porter un coup d’arrêt à la marche triomphante du collectivisme et du totalitarisme60 ».

    20De même que Friedrich Hayek, Wilhelm Röpke voit au-delà de l’économie. La « cause ultime de la crise [...] doit être recherchée dans l’effondrement des fondations intellectuelles, morales et sociophilosophiques de l’Occident61 ». Occident, tel est d’ailleurs le nom que doit porter la revue. Pleinement séduit, Friedrich Hayek apporte son aide en mobilisant ses réseaux. Le but est de constituer un « large front d’hommes de bonne volonté » appelés, dans une « coordination internationale », à combattre le « collectivisme, la civilisation de masse, la prolétarisation, le matérialisme et la perte de substance intellectuelle62 ». L’ouverture se limite toutefois aux penseurs qui se reconnaissent dans l’« humanisme occidental et les forces de la liberté ». Il ne s’agit pas non plus de flatter les « goûts de la multitude », mais de s’adresser à la « classe intellectuelle supérieure63 ». Occident doit publier des articles dans les trois langues – l’anglais, le français, l’allemand – que tout homme de culture se doit de maîtriser. À ce stade, Wilhelm Röpke voit grand. Il veut faire venir Alexander Rüstow d’Istanbul en renfort64. Il veut disposer d’une vaste palette de compétences couvrant l’économie, l’histoire et la culture. Aux États-Unis, il mobilise ses amis Karl Brandt et Harry Gideonse, tout en prenant langue avec Henry C. Simons et Henry Merritt Wriston, le président de Brown University, qui lui propose un article sur le danger que le « collectivisme » fait courir au fédéralisme. Friedrich A. Lutz, l’ancien Fribourgeois installé à Princeton, recommande Milton Friedman et Aaron Director. En Suisse, Wilhelm Röpke n’a guère de difficultés à recruter Hans Barth et William Rappard. Pour la Grande-Bretagne, enjeu stratégique s’il en est, il se repose sur Friedrich Hayek, mais contacte Allen G. B. Fischer, qu’il connaît bien. Il écrit également à William Hutt, l’ancien élève d’Edwin Cannan installé depuis 1928 en Afrique du Sud.

    21Wilhelm Röpke accorde tout son attention à la Hollande. Il écrit à Coenraad Alexander Verrijn Stuart (1865-1948), le vieil économiste libéral de sensibilité autrichienne pourfendeur de l’historicisme, sollicite l’économiste Andries de Graaf et l’industriel Henri Isaac Keus, le directeur de la Heemaf. Il regrette la « mort de Huizinga, qui aurait si bien correspondu à notre cercle65 ». En Suède, il s’adresse à Elie H. Heckscher pour savoir qui contacter et à l’historien des religions Martin Persson Nilsson (1874-1967) pour ses réflexions sur la tyrannie grecque. Du côté italien, Wilhelm Röpke compte sur Luigi Einaudi, qui lui propose un bilan critique des réflexions de Michel Roztovtzeff sur l’économie planifiée dans l’Égypte hellénistique66. Les Espagnols Salvador de Madariaga et José Ortega y Gasset promettent également leur concours. Concernant la France, Friedrich Hayek et Wilhelm Röpke sont plus perplexes. Il est dommage qu’Élie Halévy soit mort, observe le premier, tandis que le second s’adresse à Louis Baudin, son interlocuteur privilégié, pour lui avouer que son pays constitue à ses yeux une terra incognita67. Wilhelm Röpke est à la recherche d’un écrivain catholique libéral comparable à lord Acton ou Alexis de Tocqueville. Incertain, il évoque d’abord André Gide, puis Jacques Maritain. Mais il correspond aussi avec René Courtin, André Siegfried, Jean-Michel Bong-Fromont et le centralien Marcel Crozet-Fourneyron (1885-1955). Ce patron d’une entreprise familiale de construction mécanique dans la Loire, contempteur du Front populaire et adversaire du gigantisme industriel, a publié Responsabilité, un essai remarqué par Wilhelm Röpke68.

    22En janvier 1946, ce dernier manque encore de philosophes, de sociologues, d’historiens69. Il peine à remplir son premier numéro. Mais le problème du financement est plus complexe encore70. Tout avait pourtant bien commencé, le projet reposant sur la complémentarité du binôme constitué par Wilhelm Röpke et Albert Hunold. Le premier apportait sa réputation, le second ses réseaux. Titulaire d’un doctorat en économie politique, Albert Hunold (1899-1980) a d’abord été le secrétaire de la Bourse de Zurich avant de devenir celui de l’Association des établissements de crédit zurichois de 1940 à 1945, puis directeur adjoint du Crédit suisse en 1940-1946. Durant la guerre, il est aux côtés de Carlo Mötteli et de Karl Brunner dans la tentative de constituer un comité de réflexion autour de Wilhelm Röpke71. Durant la seconde moitié de 1945, il rencontre les plus hautes figures du patronat suisse pour vanter Occident. Si l’industrie est peu réceptive, la banque répond positivement aux sollicitations du lobbyiste, qui gagne également à sa cause la SDES (Wirtschaftsförderung) et son directeur Hermann Büchi. La Société de banque suisse, le Crédit suisse et l’Union des banques suisses notamment acceptent de mettre la main à la poche. Début février 1946, Occident peut compter sur 66 500 francs suisses. De quoi garantir ses deux ou trois premières années d’existence.

    23Mais une brouille entre Wilhelm Röpke et Albert Hunold vient tout gâcher. Les deux hommes se déchirent sur le choix de l’éditeur. D’abord sollicitée, la maison Francke suscite la méfiance croissante d’Albert Hunold. Son tort ? Publier une autre nouvelle revue, Kyklos, placée sous la direction d’Edgar Salin, peu en odeur de sainteté chez les néolibéraux. Aussi Albert Hunold prend-il contact avec un autre éditeur, W. Amstutz, dont Friedrich Hayek fait un portrait très flatteur après l’avoir rencontré à Londres72. Wilhelm Röpke s’interroge lui aussi, craignant l’emprise qu’Edgar Salin pourrait exercer sur Kyklos73. Il finit néanmoins par obtenir de Francke la mise en place d’un comité de direction Salin-Rappard-Röpke74. Ses préventions n’ont donc plus de raisons d’être. Mais Albert Hunold lui reproche alors d’avoir repris contact avec Francke. Plus grave, il l’accuse de vouloir s’approprier Occident et les fonds qu’il a réunis. Le 28 février 1946, il explique à Friedrich Hayek que Wilhelm Röpke est « tout simplement un homme malade75 ». L’économiste genevois dénonce au contraire la « félonie d’un homme » qui a voulu s’emparer d’une revue que seul son prestige avait pourtant permis de financer76. Mais ce naufrage assez piteux sert paradoxalement l’autre projet de la sortie de guerre néolibérale, celui de l’Acton Tocqueville Society promu par Friedrich Hayek.

    24Albert Hunold est le trait d’union entre Occident et la Société du Mont-Pèlerin. Au lendemain de sa brouille avec Wilhelm Röpke, il pense rétrocéder aux donateurs des fonds devenus sans usage. Mais la visibilité croissante de Friedrich Hayek ouvre de nouvelles perspectives. Le 10 octobre 1945, l’auteur de La route de la servitude a fait à Zurich une conférence remarquée sur « Le problème du plein emploi ». Des personnalités du monde des affaires ont pris part au repas organisé au prestigieux hôtel zurichois « Baur au lac » en son honneur77. Lorsqu’il a vent, par William Rappard, qu’il serait en train de monter un projet similaire à celui de Wilhelm Röpke, Albert Hunold propose de mettre les fonds qui lui restent à sa disposition78. Pour l’économiste autrichien de retour de sa tournée triomphale aux États-Unis à l’automne 1946, c’est l’opportunité de réunir les principaux représentants de la pensée (néo) libérale. À la fin décembre, les invitations sont lancées. La réussite de l’entreprise est moins le succès du seul Hayek que le produit d’une mobilisation collective. Friedrich Hayek n’aurait rien pu faire sans le soutien de William Rappard et de Wilhelm Röpke, qui lui a écrit en novembre 1946 que « l’idée [d’une conférence] est excellente et [qu’elle] a eu en outre l’effet positif de me réconcilier avec Hunold79 ».

    25Du 1er au 10 avril 1947, trente-neuf intellectuels se retrouvent donc à l’hôtel du Parc au Mont-Pèlerin, au-dessus de Vevey, avec une vue imprenable sur le Léman et la chaîne des Alpes. Fruit du networking conjoint de Friedrich Hayek, William Rappard et Wilhelm Röpke, de nombreux conférenciers viennent d’Amérique (notamment Karl Brandt, Aaron Director, Milton Friedman, Henry Hazlitt, Frank H. Knight et Ludwig von Mises), huit autres de Grande-Bretagne (notamment Erich Eyck, Karl Popper et Lionel Robbins), quatre de France (notamment Maurice Allais et Bertrand de Jouvenel). Albert Hunold, William Rappard et Wilhelm Röpke formant le contingent helvétique ou considéré comme tel. La faible présence allemande s’explique non par la volonté d’en limiter l’ampleur, mais par les difficultés que rencontrent les personnes pressenties pour se rendre en Suisse. Titulaire d’un passeport allemand désormais sans validité, Alexander Rüstow est coincé à Istanbul. L’historien catholique Franz Schnabel ne peut pas non plus se déplacer. Seule une intervention de Jacques Rueff permet à Walter Eucken de venir. Si la présence américaine est un fait nouveau et significatif, la sortie de guerre néolibérale est clairement pilotée et dominée par les intellectuels germaniques. Friedrich Hayek et Wilhelm Röpke, intellectuels en vue, en sont les deux têtes de file. Karl Brandt, Fritz Machlup et Ludwig von Mises exercent une fonction essentielle de passerelle entre l’ancien monde et le nouveau.

    26Haut lieu de l’émigration et plaque tournante intellectuelle, la Suisse offre le cadre idéal pour cette réunion fondatrice inaugurée par William Rappard, qui souligne l’urgence de la réflexion à une époque où le libéralisme semble remis en cause par le cours de l’histoire : « L’homme, qui est devenu politiquement son propre maître depuis l’avènement de la démocratie et a été physiquement épuisé par les fatigues de la guerre de trente ans, réclame la sécurité sociale et légalité bien plus que le progrès économique et la liberté80. » Dans son adresse inaugurale, Friedrich Hayek appelle à refonder le libéralisme, ravivant la flamme du colloque Walter Lippmann81. Les thématiques brassées sont larges, avec des sessions telles que « Libre entreprise ou ordre compétitif ? », « Historiographie moderne et éducation politique », « Problèmes et chances d’une fédération européenne », « Libéralisme et christianisme », « Mesures contracycliques, plein emploi et réforme monétaire », « Politique salariale et syndicats », « Politique agricole82 ». Au-delà, on veut rédiger une feuille de route sous la forme d’un Statement of Aims. Une première version due à Friedrich Hayek, Walter Eucken, Harry Gideonse, Henry Hazlitt, Carl Iversen et John Jewkes ne fait pas consensus83. Lionel Robbins rédige alors un second texte plus vague, sans contenu programmatique, sinon un exposé en six points.

    27Outre une réflexion sur la « crise présente », la « redéfinition des fonctions de l’État », dans le sens d’une plus grande distinction entre « ordre totalitaire » et « ordre libéral », le rétablissement de la rule of law, afin que des individus et des groupes ne puissent plus empiéter sur la liberté d’autrui, que les intérêts privés ne puissent plus devenir la base d’un « pouvoir prédateur », l’établissement de standards [sociaux] minimaux par des moyens n’allant pas à l’encontre de l’initiative et du marché, la lutte contre l’« abus de l’histoire au service de croyances hostiles à la liberté » et la création d’un ordre international garant de paix, de liberté et de relations économiques harmonieuses sont les priorités retenues84. Enfin, le choix d’un nom pour la nouvelle société s’avère ardu. Friedrich Hayek ne parvient pas à imposer son Acton Tocqueville Society. Les propositions alternatives de Lionel Robbins (The Protagonist Society) et de Karl Popper (The Periclean Society) ne trouvent pas plus preneur. Karl Brandt sort tout le monde de l’embarras en suggérant une appellation à caractère strictement géographique. La Société du Mont-Pèlerin est née.

    28Wilhelm Röpke se dit satisfait. Il a certes jugé le nombre de participants trop élevé et regretté que l’excursion ayant conduit les congressistes à Schwyz et Einsiedeln ait pris l’allure d’un « congrès de banquiers85 ». De fait, le repas de gala organisé le 5 avril à l’hôtel Wysses Rössli de Schwyz a vu un certain nombre de patrons prendre la parole. Après la réunion du Mont-Pèlerin, Alexander Hunold ne manquera pas d’envoyer un compte rendu aux bailleurs de fonds. Cette présence patronale a été délicate à gérer86. Le William Volker Fund, une fondation conservatrice américaine ayant pris en charge de coûteux voyages transatlantiques, apportant un complément de financement important87 aux fonds rassemblés par Albert Hunold, Friedrich Hayek s’est senti obligé d’inviter Jasper Crane. Récemment retraité de la direction de la Dupont de Nemours Chemical Company, cet « intellectuel patronal » à la recherche de la « Bible du capitalisme » est un proche de Harold W. Luhnow, l’administrateur du Volker Fund. Il ne lui est toutefois accordé que le statut d’observateur et non de participant88. Pour sa part, Wilhelm Röpke a fait venir l’industriel hollandais Henri Isaac Keus et l’industriel belge Henri de Lovinfosse, deux patrons également auteurs d’ouvrages économiques. Mais il ne veut pas plus donner l’image d’une mobilisation néolibérale sous influence. C’est ainsi que l’entrevue avec les représentants du monde patronal ne se déroule pas au Mont-Pèlerin.

    29Pour Wilhelm Röpke, la rencontre néolibérale s’est mieux déroulée qu’il ne l’avait escompté. Par rapport au colloque Walter Lippmann, le progrès serait « tout à fait extraordinaire89 ». Certes, une partie de l’auditoire a été peu réceptive aux préoccupations extra-économiques déjà défendues par Wilhelm Röpke et Alexander Rüstow en août 1938. L’économiste genevois n’a pas convaincu avec sa perspective d’une agriculture non soumise aux lois du marché. Mais il développe amplement son point de vue sur la question allemande, plaide en faveur d’une politique drastique combinant décentralisation, réforme monétaire et déflation, reçoit l’appui de Walter Eucken90. L’accueil chaleureux réservé à son ami fribourgeois ne peut que le réjouir, lui qui est acquis de longue date à la réintégration de ses camarades allemands dans la communauté intellectuelle occidentale. Surtout, Wilhelm Röpke se reconnaît pleinement dans la vision du monde du néolibéralisme en gestation. Affirmant que les valeurs « centrales de la civilisation sont en danger », évoquant la « crise de notre temps », affichant comme premier de ses six points la nécessité d’en cerner les causes autant morales qu’économiques, le Statement of Aims développe une rhétorique de la crise qu’il a puissamment contribué à mettre en mots.

    30Wilhelm Röpke semble persuadé que le brain-stormings sur les bords du Léman a signé l’acte de décès du vieux libéralisme. Ludwig von Mises aurait été « isolé d’une manière presque tragicomique ». Friedrich Hayek se serait ouvert à la réflexion sociologique et culturelle sur la « crise91 ». De fait, au Mont-Pèlerin, il y a consensus autour de l’idée que les forces du marché ne suffisent pas à garantir la libre concurrence. La première mouture du Statement of Aims pose que la « préservation d’un ordre économique compétitif dépend d’un cadre institutionnel et légal adapté ». À Walter Eucken, avec lequel il échange une correspondance suivie, Friedrich Hayek explique que son séjour aux États-Unis d’avril à septembre 1946 avait pour « but principal » de discuter avec ses collègues de Chicago d’un projet d’étude sur les modifications à apporter au legal framework afin que l’économie de concurrence puisse fonctionner92. Pour Wilhelm Röpke, la seule inquiétude concerne l’avenir de la jeune société : « Reste à voir ce qu’elle va réaliser93. » Rapidement, ses débuts apparaissent poussifs. Selon Albert Hunold, nombreux sont ceux qui la considèrent comme « paralysée94 ». À une époque où la distance exerce encore sa contrainte, pérenniser l’élan initial est un défi.

    31Le congrès du 3 au 10 juillet 1949 est crucial. Il se déroule de nouveau en Suisse, dans la petite cité de Seelisberg, qui surplombe le lac des Quatre Cantons et la mythique prairie du Grütli. À son lendemain, la dynamique néolibérale est définitivement lancée. Les congrès suivants, à Bloemendal en Hollande en septembre 1950, à Beauvallon en Provence en septembre 1951, de nouveau à Seelisberg en septembre 1953, à Venise en septembre 1954, à Berlin-Ouest en août/septembre 1956, de nouveau en Suisse en septembre 1957, à Princeton en septembre 1958, à Oxford en septembre 1959, à Cassel en septembre 1960 et à Turin en septembre 1961, témoignent d’une réelle montée en puissance. Avec des hauts et bas, il est vrai. La réunion de Berlin-Ouest déçoit par sa fréquentation assez famélique. En revanche, le congrès du dixième anniversaire, qui a pour cadre un luxueux hôtel de Saint-Moritz, tient ses promesses. Le congrès américain de 1958 marque une étape dans l’histoire de la société, qui souffre néanmoins de son caractère artisanal, reposant essentiellement sur le tandem Friedrich Hayek/Albert Hunold. Incontournable secrétaire, le Suisse n’a pas son pareil pour lever les fonds nécessaires à chaque nouveau congrès. Friedrich Hayek le reconnaît à la fin de 1952, lorsqu’il renonce à organiser une première réunion outre-Atlantique, faute d’avoir trouvé un « Hunold américain » en mesure de financer l’opération95.

    32Professeur depuis 1950 à l’université de Chicago, sur une chaire du Committee on Social Thought financée par le William Volker Fund, l’économiste autrichien semble parfois gagné par le découragement. Il se dit fatigué de gérer les tensions au sein de la Société du Mont-Pèlerin. Il doute également qu’elle ait un véritable impact. En 1956, il se demande si la prospérité durable de l’économie américaine et le caractère plutôt raisonnable de la présidence Eisenhower ne mettent pas en doute sa nécessité même. Si la situation ne s’améliore pas, il semble envisager sa dissolution plutôt que de la voir péricliter lentement96. Ce pessimisme témoigne du syndrome de la minorité incomprise dont souffrent bien des néolibéraux, désespérés par un monde perçu comme celui du keynésianisme, de l’interventionnisme et de l’État-providence. Le 1er avril 1947, Friedrich Hayek avait pourtant expliqué que l’initiative lancée au Mont-Pèlerin s’inscrivait dans le long terme : « Nous devons examiner les opinions qui doivent être diffusées si une société libre doit être conservée ou rétablie, non celles qui paraissent réalisables dans l’instant97. » Dans un article de 1949 intitulé « Les intellectuels et le socialisme », il avait prolongé ce constat en observant que, dans les pays démocratiques, jamais les intellectuels n’avaient exercé une si grande influence98.

    33Fondamentalement, les affrontements entre des intérêts contradictoires sont prédéterminés par des confrontations décisives sur le plan des idées et se déroulant dans des cercles restreints. Le socialisme n’est ainsi pas un mouvement ouvrier, mais une « construction de théoriciens ». Il a fallu du temps pour que la classe ouvrière se laisse persuader de l’adopter. Là où il est devenu un facteur majeur de la politique, son émergence a été précédée par une longue période durant laquelle les idéaux socialistes ont dominé la pensée des intellectuels les plus actifs. Friedrich Hayek veut donc dissiper la perception naïve de la « démocratie de masse », postulant qu’il faudrait s’adresser directement aux électeurs pour les convaincre. Car ce sont les intellectuels qui décident des conceptions appelées à dominer. Pour l’économiste autrichien, ils représentent une vaste catégorie englobant enseignants, artistes, acteurs, écrivains, journalistes, médecins et autres prêtres ; ce sont les secondhand dealers. Ils sont les organes que la société moderne a secrétés pour diffuser connaissances et idées. Leurs convictions sont le « tamis » qui filtre les nouvelles représentations avant qu’elles n’atteignent les masses. Or, de par leur penchant pour les visions globales, les intellectuels sont majoritairement socialistes. Pour qui veut sauver la liberté, l’urgence est donc de redonner au libéralisme son caractère de pensée totalisante. « Ce qui manque aujourd’hui, c’est une utopie libérale », un « libéralisme radical » qui ne se préoccupe pas des groupes d’intérêt et ne se focalise pas sur la question de ses retombées pratiques. Le renouveau prendra du temps, ne pourra venir que d’une refondation idéologique99.

    34L’analyse hayekienne est partagée. En février 1947, par la voix de Milton Friedman, les représentants de l’École de Chicago au Mont-Pèlerin se sont dits sceptiques sur la portée immédiate de la refondation, mais confiants sur son efficacité à long terme100. Un mélange de pessimisme et d’optimisme caractérise le prêche néolibéral. En conclusion de son article sur les intellectuels et le socialisme, Friedrich Hayek juge que le renouveau intellectuel libéral est déjà en cours dans de nombreux pays, mais se demande s’il n’est pas trop tard. Wilhelm Röpke conjugue de même un état des lieux catastrophiste avec la conviction que les idées porteuses du redressement ont déjà émergé. Lui aussi pense que l’état économique, social, politique et culturel d’une société à un moment donné n’est que le produit de représentations incubées dans les décennies qui ont précédé. La « crise de notre temps » découle d’idées nocives nées au xixe siècle. Mais « un nouveau climat spirituel est en devenir [...] nos meilleurs espoirs et efforts se concentrent sur le vrai xxe siècle, celui qui est encore devant nous101 ». Dans ce schéma, le penseur néolibéral apparaît comme le rédempteur à même de terrasser le mal « collectiviste », comme le prophète annonciateur des temps nouveaux.

    35À la fin des années 1950, le bilan n’est pas aussi négatif que ne le suggère Friedrich Hayek. De 64 au moment de l’enregistrement de la Société du Mont-Pèlerin dans l’Illinois, le nombre des membres dépasse la barre des 300 au milieu des années 1960. Le mécanisme du parrainage assure un recrutement continu et homogène. Dans une liste des nouveaux sociétaires datant d’octobre 1948, on trouve l’éditrice Marie-Thérèse Génin, proposée par Friedrich Hayek et Jacques Rueff, Heinrich Homberger, le directeur de l’Union suisse du commerce et de l’industrie (Vorort), proposé par Albert Hunold et William Rappard, l’ordolibéral Leonhard Miksch, proposé par Walter Eucken et Friedrich Hayek, et José Ortega y Gasset, proposé par Albert Hunold et Wilhelm Röpke102. Le recrutement reflète la diversité géographique du néolibéralisme. Parmi les 167 membres de la société au 3 septembre 1950, 64 viennent des États-Unis, Tl de Grande-Bretagne, 17 de France, 15 d’Allemagne, 9 d’Italie, 8 de Suisse et 7 de Hollande103. On compte parmi eux de nombreux rédacteurs et journalistes, comme Willy Bretscher et Carlo Mötteli, de la NZZ, Erich Welter, de la FAZ, John A. Davenport, du magazine Fortune, Henry Hazlitt, connu notamment pour ses éditoriaux dans Newsweek, George Révay, du Reader’s Digest, ou C. V. Wedgwood, de la revue londonienne Time and Tide.

    36La Société du Mont-Pèlerin mène il est vrai une existence discrète. Elle ne dispose pas d’un ancrage sous la forme d’un lieu ou d’une revue et n’a guère de visibilité dans les médias, même si la NZZ et la FAZ rendent compte de ses congrès. À certains égards, elle est plus un club de discussion qu’une entreprise de reconquête. Mais c’est en son sein que s’élabore la contestation du « collectivisme », de l’« étatisme » et du keynésianisme, discours ensuite dupliqué sous des formes plus ou moins sophistiquées par des think tanks qui font leur apparition à la fin des années 1940 pour se multiplier par la suite. La Société du Mont-Pèlerin sert de caution à des organisations plus combatives qui lui sont liées. Un exemple : à la fin des années 1950, Anthony Fischer, l’industriel à l’origine du célèbre Institute of Economic Affairs (IEA) britannique créé en 1955, mais aussi ses deux directeurs, Arthur Seldon et Ralph Harris, en sont membres. La Société du Mont-Pèlerin est le centre nerveux du néolibéralisme. Si Friedrich Hayek en est le président durant ses treize premières années d’existence, Wilhelm Röpke en est l’orateur le plus prolixe104. Cette forte présence au sein d’une organisation qu’il a activement contribué à fonder reflète la place centrale qu’il occupe au cœur de la toile néolibérale.

    Au cœur de tous les réseaux

    37Le plus significatif chez Wilhelm Röpke n’est pas son implication en demi-teinte dans l’Internationale libérale (World Liberal Union). Cette organisation fondée à Oxford du 10 au 14 avril 1947, au moment même où naît la Société du Mont-Pèlerin, aurait pourtant pu séduire un économiste soucieux de faire feu de tout bois105. Le Manifeste libéral publié au terme de la réunion fondatrice souligne que « la suppression de la liberté économique conduit nécessairement à la disparition de la liberté politique », incrimine l’État, les monopoles privés, les cartels et les trusts106. Parmi les fondateurs figurent des hommes que Wilhelm Röpke estime : le Norvégien Trygve J. B. Hoff, l’Espagnol Salvador de Madariaga, qui sera président de 1948 à 1952, et le Suisse Dietrich Schindler, remplacé après sa mort par Willy Bretscher. Le directeur de la NZZ devient une cheville ouvrière de l’organisation, dont le second congrès se tient à Zurich en 1948. Wilhelm Röpke est régulièrement sollicité. Après le congrès d’Uppsala de 1951, Willy Bretscher le prie de contribuer à la rédaction des résolutions de l’Internationale libérale107. Au début de 1952, l’économiste accepte de devenir l’un de ses « patrons », intégrant la liste des figures qui symbolisent son esprit, aux côtés de Benedetto Croce, Grigore Gafencu, Friedrich Meinecke, Gilbert Murray, Henri Queuille et Eduardo Santos108. Mais il se méfie d’une « société étrange au plus haut degré, disparate (bunt zusammengewürfelt), dont seulement des personnalités individuelles et les cercles particuliers qui leur sont liés – ainsi avant tout monsieur Bretscher et sa NZZ et également le signor Malagodi et Einaudi en Italie – [lui] sont sympathiques109 ». Il ne s’accommode pas d’y côtoyer des mouvements comme le FDP, le parti libéral ouest-allemand, dont il réprouve les positions internationales. Il menace même de démissionner de ses fonctions de « patron110 ». La conception large du libéralisme promue par l’organisation ne le convainc pas, lui qui préfère les réseaux strictement néolibéraux. Dans cette perspective, les liens tissés avec Albert Hunold sont essentiels.

    38Fund raiser hors pair, le secrétaire de la Société du Mont-Pèlerin pilote également l’un des think tanks les plus précoces et les plus actifs de la galaxie néolibérale. Fondé en 1943 en relation étroite avec l’université de Zurich, inauguré en juin 1944 en présence du conseiller fédéral Philipp Etter dans un contexte marqué par la nécessité pour les autorités et les élites helvétiques de renouer avec le monde anglo-saxon, l’Institut suisse de recherches internationales (Schweizerisches Institut für Auslandforschung, SIAF) était menacé de disparition à la fin des années 1940, faute de financements111. C’est alors qu’intervient Albert Hunold, avec le projet de faire venir Friedrich Hayek à Zurich, perspective qui séduit des industriels et des banquiers influents, ouverts à la perspective de transformer le SIAF en une caisse de résonance des idées néolibérales. Sous l’impulsion notamment de Hans Sulzer (1876- 1959), personnage clé du patronat helvétique, président de Sulzer SA, membre influent de la direction (Vorort) de l’Union suisse du commerce et l’industrie, ancien ambassadeur de Suisse à Washington de 1917 à 1920, membre du Kuratorium de l’institut, une section d’études économiques est créée le 27 mars 1950 et placée sous la direction d’Albert Hunold, qui devient l’homme fort du SIAF. Des financements généreux, provenant entre autres sources de Sulzer SA, de l’UBS, de CIBA et d’Oerlikon, garantissent des moyens assez considérables, supérieurs à ceux de la section culture, l’autre département de l’institut112.

    39Si le projet de transplanter Friedrich Hayek à Zurich n’aboutit pas, le SIAF refondé et refinancé joue désormais un rôle important. D’autant plus qu’en 1958 Albert Hunold devient son directeur, alors que ses deux sections économique et culturelle sont fusionnées. De Friedrich Hayek à Frank H. Knight en passant par Fritz Machlup, William Rappard ou Wilhelm Röpke, la fine fleur néolibérale défile à Zurich pour y faire des conférences qui sont parfois des événements. En novembre 1958, Wilhelm Röpke parle devant 650 personnes. Le SIAF offre une rémunération plutôt confortable aux intervenants. Pour une conférence de quarante-cinq minutes en 1951, Fritz Machlup perçoit 1000 francs suisses, soit un tiers du traitement mensuel d’un professeur titulaire à l’université de Zurich113. En novembre 1963, le SIAF organise un repas de prestige en l’honneur de Heinrich Nordhoff, le président de Volkswagen, avec de nombreux représentants du monde patronal helvétique. Sa vocation est aussi de mettre en contact élites intellectuelles et patronales. Mais le plus important est peut-être sa politique de publication. Une collection d’études économiques a été lancée chez Eugen Rentsch, offrant une prolongation éditoriale aux cycles de conférences organisés sur des thèmes variés, allant de la politique de plein emploi aux pays en voie de développement, sans oublier les questions de politique internationale, l’Europe, ou la « masse » dans la démocratie114. Les auteurs sont d’origine variée, mais réunis à des degrés divers par la même croyance en l’évangile néolibéral. 70 % d’entre eux sont membres de la Société du Mont-Pèlerin.

    40Dans son action, Albert Hunold n’agit pas seul. Il doit composer avec les avis, voire les veto des membres du Kuratorium. En juillet 1957, Hans Sulzer s’oppose à un cycle de conférences sur la « défense militaire de l’Occident », en dépit du soutien apporté par Willy Bretscher et Wilhelm Röpke115. Car Albert Hunod peut compter sur Friedrich Hayek bien sûr, avec lequel il est en contact permanent pour les affaires relatives à la Société du Mont-Pèlerin. Mais aussi, et de plus en plus, sur Wilhelm Röpke, qui joue un rôle de conseiller informel mais actif. En octobre 1955, il recommande d’inviter Helmut Schoeck, le sociologue autrichien installé aux États-Unis, un authentique « camarade de combat » qui « appartient tout à fait à notre camp116 ». En janvier 1957, il exprime au contraire ses réticences à l’encontre de certains intervenants envisagés pour un cycle de conférences sur l’Europe117. En février 1956, soucieux de garantir la meilleure diffusion au volume « Le monde libre dans la guerre froide », il a conseillé de prendre langue avec le ministre de l’intérieur ouest-allemand Gerhard Schröder, avec son collègue, le ministre des Questions nucléaires Franz-Josef Strauss, et avec le secrétaire d’État au ministère de l’Intérieur, Karl Theodor Bleek, une vieille connaissance des années étudiantes118.

    41Les liens entre les milieux néolibéraux helvétiques et ouest-allemands sont importants. Après les turbulences de l’immédiat après-guerre se trouve réactivée entre la Suisse et l’Allemagne une longue tradition de proximité économique et culturelle. Dans les années 1950, sous la houlette de Willy Bretscher, qui a été correspondant à Berlin dans les années 1920, la NZZ suit de près l’actualité allemande. Sous la plume de Carlo Mötteli, le chef de la rédaction économique, ou de Willy Linder, un élève de Friedrich A. Lutz tout aussi acquis à la cause néolibérale, par le biais de tribunes confiées à des intervenants extérieurs, dont Wilhelm Röpke est le plus prestigieux, le quotidien ne fait pas mystère de sa ligne favorable à Ludwig Erhard, au point d’être accusé d’ingérence dans le débat allemand. Le SIAF valorise lui aussi l’action du célèbre ministre, également membre de la Société du Mont-Pèlerin. Lorsque ce dernier se rend au congrès de Seeliberg en septembre 1953, fraîchement auréolé de la victoire remportée par la CDU aux législatives, il reçoit un accueil triomphal. Peu de temps auparavant, à l’été 1953, Albert Hunold lui a personnellement remis à Bonn un exemplaire relié cuir de Wirtschaft ohne Wunder (L’économie sans miracle), le volume du SIAF sur la politique économique ouest-allemande. La visite de Ludwig Erhard à Zurich en juin 1959 est qualifiée par Albert Hunold de « jour de gloire pour notre institut119 ». Quant à Carlo Mötteli, il a conçu son ouvrage Ombre et lumière de l’économie de marché en concertation avec le ministre ouest-allemand120.

    42Wilhelm Röpke contribue puissamment à cette proximité germano-suisse. Ses prises de position sont lues avec soin par Konrad Adenauer, toujours attentif à ce qu’écrit la NZZ. Ludwig Erhard sait pouvoir compter sur l’économiste allemand pour valoriser son action. Pièce maîtresse de sa communication, le « miracle économique allemand », dont le mérite est attribué aux réformes de 1948, est inlassablement mise en avant par la CDU. Le ministre multiplie les conférences de presse, les soirées bière et autres rencontres à caractère plus ou moins formel avec les journalistes et les industriels. Il a également tôt encouragé la naissance d’organisations et de publications proches de sa politique121. Association créée en 1952 par des entrepreneurs catholiques désireux de promouvoir l’économie sociale de marché, Die Waage s’implique dans les élections de 1953 et 1957 par le biais d’encarts dans la presse qui popularisent la figure de Ludwig Erhard, l’homme tranquille au cigare, le sauveur de l’économie allemande, le garant de la liberté122. À un niveau moins rudimentaire, la Frankfurter Allgemeine Zeitung, qui paraît à partir de novembre 1949, joue un rôle considérable.

    43La gestation du grand quotidien libéral de l’après-guerre et le profil de son directeur, Erich Welter, un euckenien convaincu, également professeur à l’université de Mayence à partir de 1950, témoignent de l’imbrication entre presse, intellectuels et pouvoir123. En 1947, Ludwig Erhard a participé à la fondation de la Wipog (Wirtschaftspolitische Gesellschaft), une association soucieuse de défendre la concurrence contre l’interventionnisme et les intérêts économiques par des campagnes d’information. Les autres fondateurs sont des entrepreneurs comme Alexander Haffner, patron de Salamander SA, Alfred Petersen, patron de la Metallgesellschaft, et Otto A. H. Vogel, patron d’une entreprise textile et président de la chambre de commerce et d’industrie d’Augsbourg, ou des publicistes et des hommes politiques comme Volkmar Muthesius, Theodor Heuss et Heinrich Lübke. La FAZ naît de la dynamique induite de la Wipog, dont l’un des membres les plus actifs à partir de 1948 n’est autre qu’Erich Welter. Le nouveau quotidien participe à l’éclosion de la nébuleuse néolibérale ouest-allemande124. Dès 1950, l’Institut de recherche sur la politique économique (Forschungsinstitut für Wirtschaftspolitik) de Mayence est créé par Erich Welter. La même année, l’Institut de politique économique (Institut für Wirtschaftspolitik) de Cologne est fondé par Alfred Müller-Armack. La FAZ est en lien également avec l’Aktionsgemeinschaft Soziale Marktwirtschaft, un think tank né en 1953. Alexander Rüstow, qui a quitté son exil stambouliote en 1949 pour reprendre la chaire d’Alfred Weber à Heidelberg, en est le président de 1955 à 1962. Toujours proche de Wilhelm Röpke, il vient enfin à bout de son opus magnum, Die Ortsbestimmung der Gegenwart. Rendu au monde séculier, il peut prendre à cœur sa nouvelle mission, se disant en première ligne d’un « combat » pour l’« avenir de l’humanité125 ». Au sein du conseil (Beirat), le publiciste Hans Ilau, un élève de Walter Eucken, assure le lien avec la FAZ dont il est l’un des contributeurs attitrés. Fermant la marche, le Walter Eucken Institut voit le jour en 1954.

    44Il convient, il est vrai, de ne pas surestimer l’influence des ordolibéraux. En 1950, la disparition prématurée de Walter Eucken et de Leonhard Miksch réduit leur présence sur la scène académique à une époque où le keynésianisme a le vent en poupe. Tout le monde patronal ne se reconnaît pas dans leurs positions, souvent perçues comme maximalistes. Le chancelier Adenauer n’est pas toujours convaincu, c’est le moins que l’on puisse dire, par les options de Ludwig Erhard, souvent obligé de composer avec les contraintes de la politique. Les compromis ne sont d’ailleurs pas du goût des néolibéraux les moins diplomates. La correspondance de Wilhelm Röpke est remplie de considérations désespérées ou vindicatives sur Alfred Müller-Armack et Ludwig Erhard, accusés de manquer de détermination face aux lobbies. Mais les liens sont forts entre des intellectuels anxieux d’exercer une influence et des responsables politiques souhaitant capter un effet de légitimité scientifique. C’est le « professeur Erhard » que la communication gouvernementale vend à l’opinion.

    45Économiste de grande réputation et plume acérée, Wilhelm Röpke est incontournable pour les néolibéraux allemands. Il entretient une correspondance abondante avec Alexander Rüstow, avec Walter Eucken jusqu’à sa disparition, avec Hans Ilau, publiciste mal connu mais très actif, avec Volkmar Muthesius, rédacteur en chef du Zeitschrift für das Kreditwesen, avec Otto A. H. Vogel, autre fondateur, on l’a vu, de la Wipog et proche de Ludwig Erhard, avec les journalistes de la FAZ, surtout Jürgen Eick et Erich Welter. En faisant entrer ce dernier à la Société du Mont-Pèlerin en 1953, Wilhelm Röpke passe définitivement l’éponge sur ses compromissions de l’époque nazie. Il est alors devenu l’un des contributeurs les plus recherchés du quotidien. Mais il est aussi en contact, plus espacé, avec Alfred Müller-Armack, qui l’invite à un colloque, organisé les 2 et 3 mars 1951 par l’Institut für Wirtschaftspolitik de Cologne pour faire se rencontrer les « économistes qui, dans les dernières années, ont pris position pour un ordre libre126 ». Sont notamment invités, outre Ludwig Erhard, les professeurs Franz Böhm, Constantin von Dietze, Heinrich Rittershausen, Alexander Rüstow, Erich Welter, ainsi que les publicistes Hans Ilau et Volkmar Muthesius. Wilhelm Röpke ne peut se rendre à Cologne, mais, après concertation téléphonique avec Alexander Rüstow, recommande une stratégie de « critique totale » et non de demi-mesures127.

    46La présence d’Albert Hunold illustre également son rôle actif en Allemagne. Au début de 1954, c’est au Suisse que Ludwig Erhard, en concertation avec Alfred Muller-Armack, lui aussi membre de la Société du Mont-Pèlerin, s’adresse pour envisager la création d’une revue internationale, Focus, à réaliser conjointement avec Gerd Bucerius (1906-1995), le député démocrate-chrétien directeur de Die Zeit. L’objectif est de vulgariser l’économie libérale. Si elle n’aboutit pas – Friedrich Hayek se montrant sceptique –, l’initiative illustre les liens entre le ministère de l’Économie et la Société du Mont-Pèlerin128. Un an plus tôt, au printemps 1953, Alfred Müller-Armack a choisi avec Albert Hunold les intervenants de la séance « Recovery of Germany » du congrès de Seelisberg129. En 1957 et en 1960, la RFA contribue au financement de la Société du Mont-Pèlerin130.

    47Étant donné l’imbrication entre les néolibéralismes suisse et allemand, les voix se multiplient pour réclamer le retour de l’émigré Röpke. Dès 1949, Walter Eucken considère que son ami doit revenir, puisque la Suisse est appelée à perdre sa fonction stratégique, et passe en revue les universités susceptibles de lui convenir131. Volkmar Muthesius et de nombreux autres sont du même avis132. L’intéressé semble hésiter. En 1951, jugeant que le niveau a beaucoup baissé à Fribourg depuis la mort de Leonhard Miksch et de Walter Eucken, il se demande s’il ne devrait pas regagner l’Allemagne, malgré l’opposition des « groupes syndicalo-sociaux-démocrates » à son encontre133. Mais il juge qu’aucune solution satisfaisante ne s’offre à lui134. La Suisse reste le territoire idéal pour rayonner dans toute l’Europe. L’économiste développe ses réseaux à l’ouest et au sud. Il est bien connu en Hollande et en Belgique, où un grand nombre de ses articles paraissent dans la presse, l’industriel belge Henri de Lovinfosse faisant l’intermédiaire avec les quotidiens La Meuse et La Lanterne135. En Italie, sa réputation est considérable. Il est invité à plusieurs reprises au congrès du parti libéral italien, dont il suit les vicissitudes, soutenant Giovanni Malagodi (1904-1991) dans son opposition à l’apertura a sinistra136.

    48Moins connu que de l’autre côté des Alpes, Wilhelm Röpke n’est pas ignoré dans l’Hexagone. Il dialogue avec Jacques Rueff, Louis Baudin, Daniel Villey, correspond également avec des personnalités moins consensuelles au lendemain de 1945, Bertrand de Jouvenel, Louis Rougier ou encore René Gillouin, l’ancien rédacteur des messages du maréchal Pétain et doctrinaire de la révolution nationale, très actif au sein du Centre d’études politiques et civiques (Cepec) dont il est le vice-président137. Ce club de réflexion fondé en 1954, dont le président d’honneur est le général Weygand, dont le second président, Georges René Laederich, est également membre du comité d’honneur de l’Association pour défendre la mémoire du maréchal Pétain, promeut une vision résolument conservatrice et libérale138. Grâce à René Gillouin, qui se prête de bonne grâce à l’exercice ingrat du rewriting, un Wilhelm Röpke débordé peut publier sans trop d’efforts un article dans La Revue des deux mondes139. Sa notoriété dans les cercles libéraux et conservateurs est suffisante pour qu’il soit élu membre correspondant étranger de l’Académie des sciences morales et politiques en 1959. Outre Jacques Rueff, le banquier Alfred Pose et l’industriel Georges René Laederich, c’est-à-dire l’ancien et le nouveau président du Cepec, ont lancé sa candidature140. Au début des années 1960, l’économiste est en relation avec William François, le président de l’Association pour les problèmes économiques et humains, qui regroupe des universitaires comme Gaston Leduc ou Louis Rougier mais aussi des hommes politiques et des patrons. Le Français cherche à développer son réseau à l’étranger. Il prend langue avec l’Institute of Economic Affairs de Londres141. Mais pour l’Europe centrale, Wilhelm Röpke est un intermédiaire inestimable. Dans sa revue Les Essais, William François le publie aux côtés d’autres néolibéraux étrangers. Convaincre l’opinion est une priorité aux yeux d’un lobbyiste jugeant que la presse française est soit « directement influencée par la collusion socialo-communiste qui régnait sur ce pays au lendemain de la guerre, soit entre les mains d’intérêts franchement conservateurs et monopolitistiques142 ».

    49Au total, l’économiste genevois, plus exactement le binôme Röpke-Hunold, n’a pas son pareil pour mettre en contact des personnalités et des organisations qui n’avaient pas forcément vocation à se rencontrer du fait des barrières nationales ou linguistiques. Wilhelm Röpke est ainsi en relation avec le Français Pierre Lhoste-Lachaume, très actif depuis les années 1930 pour défendre la cause libérale par le biais de multiples organisations et directeur du Point de rencontre libéral-spiritualiste fondé en 1947. Il connaît également son ami Lucien Daffos, un constructeur et réparateur électrique de Lyon, président de l’Association interprofessionnelle de l’entreprise à capital personnel fondée en 1940 et membre de la Société du Mont-Pèlerin à partir de 1957143. Enfin, il apporte son soutien, côté allemand, à Carl Adolf Schleussner (1895-1959), dont la Communauté de travail des entrepreneurs indépendants (Arbeitsgemeinschaft selbstständiger Unternehmer), fondée en septembre 1949, représente les intérêts des PME sur fond d’antimarxisme virulent. On le retrouve donc logiquement, aux côtés de Friedrich Hayek et d’Alexander Rüstow, parmi les pères spirituels du Conseil international pour l’entreprise libre, constitué en Allemagne lors d’une réunion organisée par Carl Adolf Schleussner au début de septembre 1955. Sous la direction de Lucien Daffos, qualifié d’« excellent Français » par Wilhelm Röpke, l’initiative peine toutefois à se concrétiser144. La collaboration avec Cari Adolf Schleussner est délicate. C’est vers Wilhelm Röpke et Albert Hunold que Lucien Daffos se tourne pour exposer ses problèmes, tant semble naturel le rôle d’interface et de coordination joué par les deux hommes au sein du mouvement néolibéral européen et international145. Le SIAF est d’ailleurs le lieu où l’Arbeitsgemeinschaft Selbstständiger Unternehmer et l’Association de l’entreprise à capital personnel organisent, le 23 mai 1958, une rencontre sur le Marché commun, qui inquiète au plus haut point146.

    Du rififi chez les néolibéraux

    50Figure centrale du milieu néolibéral, Wilhelm Röpke se trouve également en première ligne des crises qui le secouent. Le choc des susceptibilités dans un espace de militance qui se conçoit comme un rassemblement de happy few est un facteur de conflictualité à ne pas négliger. Wilhelm Röpke est réputé pour ses emportements, le plus souvent pour des broutilles vite oubliées. Son inextinguible soif de reconnaissance, dont découle pour une part sa boulimie éditoriale, s’explique par une certaine fragilité psychologique, par l’angoisse de ne pas être reconnu. À Friedrich Hayek, Albert Hunold recommande à la fin de 1949 la plus grande prudence : « [Wilhelm Röpke] souffre d’un terrible complexe de ne pas être pris au sérieux aussi par vous et d’être considéré comme un romantique147. » L’économiste genevois est un intellectuel surmené constamment sur la brèche, un homme obnubilé par sa santé, détaillant dans sa correspondance ses maux réels ou imaginaires. Son engagement jour et nuit pour la cause néolibérale révèle une hyperactivité qui ne souffre aucune interruption synonyme de déstabilisation. Atteint de problèmes d’audition, Wilhelm Röpke risque à la fin de l’été 1954 une opération, qui tourne mal. Le repos imposé par cet échec traumatisant s’avère fatal. Au début de 1955, il constate que son système nerveux est mis à rude épreuve par le föhn, évoque une « dépression profonde », s’interroge sur la valeur de son œuvre et se demande si son énergie n’est pas supérieure à son intelligence148.

    51Le tout s’accompagne de terribles insomnies contre lesquelles l’économiste a tout essayé, la marche, les exercices respiratoires, le yoga ou l’homéopathie, envisageant même une cure de sommeil de deux semaines pour sortir de l’impasse dépressive149. Wilhelm Röpke est un homme de convictions dont le corps supporte mal une vie de tensions. Ses accidents cardiaques à partir de la fin des années 1950 traduisent l’épuisement de son organisme et entraînent sa mort prématurée à l’âge de 66 ans. Intellectuel passionnément engagé, Wilhelm Röpke n’a jamais fait la part du professionnel et du privé, de l’idéologique et de l’affectif. Il n’a ainsi jamais accepté les positions neutralistes de Gustav Heinemann, son grand ami des années étudiantes, au point de refuser de le rencontrer lorsqu’il est de passage à Genève en 1962. Le revoir après de nombreuses années, et « surtout après une évolution si divergente de nos points de vue », aurait constitué une « épreuve morale » qu’il ne se sentait pas le courage d’affronter au regard de son état de santé150. En bref, Wilhelm Röpke était un homme attachant par sa sincérité militante, mais fragile sur le plan psychologique. Il réagit mal aux critiques, en particulier lors de moments de tension à l’intérieur même de son camp. Au milieu des années 1950, une première controverse éclate en Allemagne. Au début des années 1960, une crise au sommet de la Société du Mont-Pèlerin conduit à sa démission.

    52Le journaliste Hans Hellwig est à l’origine de la polémique qui ébranle le microcosme néolibéral au printemps de 1955. Son article « Nous n’avons pas besoin d’une loi sur les cartels » suscite en effet une levée de boucliers des poids lourds du néolibéralisme allemand, Alexander Rüstow et Wilhelm Röpke en tête151. L’Allemagne de l’Ouest se trouve alors en plein débat sur la nécessité d’une législation réglementant la concurrence. Les ordolibéraux affrontent une partie du monde patronal, mais également les néolibéraux les moins interventionnistes, dans la lignée de Ludwig von Mises. Hans Hellwig est l’un d’entre eux. De même que Volkmar Muthesius (1900-1979), publiciste et éditeur néolibéral qui vient de lancer les Monatsblötter für freiheitliche Wirtschaftspolitik, dont le premier numéro comprend la contribution contestée de Hans Hellwig. Le courroux ordolibéral tient à quelques remarques périphériques par rapport à la question des cartels, mais relatives à la période délicate du national-socialisme. Hans Hellwig rappelle que les analyses de Franz Böhm, Walter Eucken et Leonhard Miksch sur la concurrence du rendement (Leistungswettbewerb) ont été publiées par l’Akademie für Deutsches Recht, sous-entendant que la « dimension socialisto-interventionniste de la nouvelle doctrine de la concurrence » a retenu l’attention du pouvoir nazi152. Les réactions à cette critique ultralibérale de l’ordolibéralisme sont vives. Pour Edith Eucken-Erdsieck, la veuve de Walter Eucken, seule l’intervention de Jens Jessen et de Graf Yorck von Wartenburg, deux opposants pendus en 1944, a rendu possible la publication de textes qui ne pouvaient séduire les nazis153. L’ambigüité de certains groupes de réflexion de l’Akademie für Deutsches Recht, entre expertise au service du pouvoir, espace de débat et lieu oppositionnel, est convoquée au bénéfice des ordolibéraux. Alexander Rüstow reproche à Hans Hellwig de présenter Walter Eucken, Leonhard Miksch et Franz Böhm comme des « collaborateurs du national-socialisme » alors qu’ils ont été des « résistants exemplaires154 ». Wilhelm Röpke dénonce un « grave manquement aux principes élémentaires de la bienséance », une « dénonciation basse » visant, dans le cas de Leonhard Miksch et Walter Eucken, des « morts sans défense155 ». Quant à Franz Böhm, il récuse dans la FAZ l’idée que les ordolibéraux auraient incliné à l’étatisme et que les nazis se seraient intéressés à la pensée économique156.

    53Mais la controverse dépasse les frontières de l’Allemagne. Des États-Unis, Ludwig von Mises soutient Volkmar Muthesius, déclarant ne pas partager le point de vue de son « ami Röpke157 ». De Suisse, Carlo Mötteli lui reproche au contraire de « discréditer l’École de Fribourg » et prend position contre Hans Hellwig dans la NZZ158. Violente, la polémique s’apaise en quelques mois159. Dans les meilleurs termes avec Volkmar Muthesius jusqu’à l’affaire, Wilhelm Röpke se réconcilie avec lui. L’urgence du combat contre le « collectivisme » commande d’enterrer la hache de guerre. Sur le fond, suggérer une proximité entre ordolibéralisme et nazisme portait atteinte à l’image du néolibéralisme dans son ensemble, un mouvement supposé incarner la « liberté » face au totalitarisme. Pressé par Albert Hunold, Friedrich Hayek écrit à Volkmar Muthesius pour dénoncer un « grave dérapage » et dire le peu d’appétence qu’il ressent pour les Monatsblätter für freiheitliche Wirtschaftspolitik160. Cette prise de position du leader du mouvement néolibéral contribue à juguler la crise. À la fin des années 1950 en revanche, lorsque se déclenche un conflit bien plus grave à la Société du Mont-Pèlerin, Friedrich Hayek ne peut plus jouer l’arbitre au-dessus de la mêlée parce qu’il se retrouve au cœur de la polémique.

    54L’affaire Hunold, pour reprendre son appellation consacrée, est d’abord une brouille entre Friedrich Hayek et Albert Hunold, entre deux figures du néolibéralisme qui ont longtemps été très proches161. Ébloui comme d’autres par l’auteur de The Road to Serfdom, le Suisse a tenté de le faire venir à Zurich. Au début de 1951, la succession de Manuel Saitzew (1885-1951) à l’université offre une opportunité. Certes, les oppositions sont importantes. Albert Hunold juge ainsi que Wilhelm Röpke, qui serait lui aussi intéressé, n’a que peu de chances. Le Suisse se dit également indigné des bruits que certains collègues répandraient : Hayek serait juif ! Gravement préoccupé par cette « rumeur horrifique » (Greuelnachricht), Albert Hunold s’adresse à Mme Hayek pour se procurer l’arbre généalogique de l’économiste autrichien. Il écrit ensuite à Hans Sulzer pour dissiper la terrible insinuation, copie du précieux document à l’appui162. Mais l’échec de l’entreprise tient d’abord aux hésitations de Friedrich Hayek qui, un temps tenté, finit par rester à Chicago, évoquant le risque de guerre en Europe163. Albert Hunold lui dit être profondément déçu par la perspective de voir un autre « occuper le nid que j’ai préparé pour vous ici164 ».

    55Mais la tension qui grandit entre les deux hommes à la fin des années 1950 résulte d’abord du partenariat inégal qui les lie à la tête de la Société du Mont-Pèlerin. Intellectuellement, Albert Hunold n’est rien, ou du moins pas grand-chose. Ayant envisagé à deux reprises de passer une habilitation, sans s’y résoudre, il ne peut rivaliser avec le président. Mais il excelle dans la recherche de financements et se préoccupe de l’avenir de la Société. En 1953, il suggère à Friedrich Hayek de créer un Mont-Pèlerin Trust Fund. Il rêve d’un « riche Crésus » américain ou suisse. Il voit la société s’assurer des ressources supplémentaires en délivrant des doctorats honorifiques à des industriels « s’étant distingués dans la défense du monde libre165 ». En 1957, il imagine d’acheter l’hôtel du Mont-Pèlerin pour le transformer en centre libéral et pense à l’industriel américain J. Howard Pew comme bienfaiteur potentiel166. Autant de suggestions reçues avec un grand scepticisme. Le malaise s’accentue. À la fin de 1957, Albert Hunold se plaint auprès d’Alexander Rüstow de payer une part des frais du secrétariat de sa poche et de ne pas voir son travail reconnu à sa juste valeur167.

    56La divergence la plus lourde tient à la visibilité idéologique de la société. Dès le départ, Albert Hunold est de ceux qui, à l’instar de Karl Brandt ou de Wilhelm Röpke, la considèrent insuffisante. Ce n’est pas le sentiment du président. Lorsque en 1954, Albert Hunold lui demande un avis sur la préface musclée qu’il vient de rédiger pour le volume du SIAF consacré à la convertibilité des monnaies européennes, il répond par un télégramme qui dit l’étendue de ses réticences : Advise strongly against publication168. En août 1957, Albert Hunold réclame à Friedrich Hayek un débat sur la question de savoir si la société doit s’investir plus directement dans les débats idéologiques. Il évoque la perspective d’une collaboration avec des organisations qui militent activement pour le « monde libre », comme l’Arbeitsgemeinschaft Selbständiger Unternehmer de Cari Adolf Schleussner ou l’Association des entreprises à capital personnel, dont il rappelle que le président, Lucien Daffos, est également celui du Conseil international de l’entreprise libre169. Friedrich Hayek répond qu’il est toujours opposé à une quelconque prise de position collective de la société170. Dans « What is meant by “politically impossible” ? », un texte rédigé pour le congrès de Saint-Moritz de 1957, Albert Hunold, en revanche, ne veut pas « laisser à nos adversaires le monopole des outils de la propagande » et réclame un manifeste libéral dont il espère un écho comparable à celui du manifeste du parti communiste171. La tension se cristallise autour du Mont Pèlerin Quarterly, le bulletin de la société dont le premier numéro paraît en avril 1959. En charge de sa réalisation, Albert Hunold l’attendait depuis longtemps et souhaite en faire le support d’une diffusion accrue des idées néolibérales172. À l’opposé, Friedrich Hayek ne voit en lui qu’un simple organe de liaison173.

    57Le congrès d’Oxford en septembre 1959 précipite la crise. Personnalité susceptible, voire paranoïaque, Albert Hunold se dit victime d’une conjuration. Il n’a pas bien supporté que le congrès ait été organisé en grande partie par l’Institute of Economic Affairs, le think tank fondé par l’industriel et mécène Anthony Fischer. Un an plus tôt, il s’était déjà fait mal voir par le comité d’organisation américain du congrès de Princeton. Au lendemain d’Oxford, il s’oppose farouchement au recrutement dans la société de Ralph Harris, le directeur de l’Institute of Economic Affairs. Mais Friedrich Hayek juge que le comité d’organisation britannique n’a rien à se reprocher. Il a d’ailleurs envoyé une lettre de remerciement à Anthony Fischer et n’envisage pas un instant revenir sur une décision déjà actée par le conseil de la société. Au début de 1960, les relations entre les deux hommes sont devenues glaciales174. Débute alors un long imbroglio sur fond de division au sein de la société. Wilhelm Röpke est le plus important des soutiens d’Albert Hunold. Dès octobre 1959, il a écrit au Norvégien Trygve Hof, membre du conseil de la société, pour le convaincre de prendre parti pour son ami suisse175. En août 1960, il envoie une lettre circulaire à tous les membres de la société, mettant sa démission dans la balance si justice n’est pas rendu à son secrétaire176. À ce stade, l’unité du mouvement néolibéral semble menacée, les deux cofondateurs de la Société du Mont-Pèlerin se faisant face. Une situation qui préoccupe jusqu’à Ludwig Erhard, qui parvient à imposer un compromis dans les coulisses du congrès de Cassel de septembre 1960. Friedrich Hayek quitte la présidence, remplacé par Wilhelm Röpke, l’Italien Bruno Leoni prend le secrétariat tandis qu’Albert Hunold devient l’un des vice-présidents.

    58Mais le nouvel équilibre ne s’avère pas viable. Albert Hunold interprète sa demi-défaite comme une demi-victoire. Ses adversaires s’inquiètent de le voir redresser la tête. Wilhelm Röpke a beau être une figure tutélaire, il n’a pas les talents de gestionnaire, de meneur et de négociateur qui pourraient calmer le jeu. Le congrès de Turin de septembre 1961 tourne à la foire d’empoigne. Victime selon ses dires d’un groupe d’« intrigants (avant tout Machlup, Friedman, Leoni) » accusés de « miner le traité de paix de Cassel » en menant une « guerre froide » contre Albert Hunold, Wilhelm Röpke démissionne en plein congrès avant d’accepter de mauvais gré sa réélection par les congressistes177. Sur le fond, rien n’est résolu. La tension se déplace sur le choix du lieu où doit se tenir le prochain congrès. Et Wilhelm Röpke n’en peut plus. La présidence de la Société du Mont-Pèlerin dans un contexte de crise le déstabilise psychologiquement car sa légitimité est contestée. En décembre 1961, dans une lettre adressée à tous les membres, Eva Röpke évoque des « risques graves » pour la santé de son mari qui a pris la décision d’abandonner de nouveau la présidence et même de se retirer de la société178. En janvier 1962, l’économiste fait son second infarctus, sans doute précipité par la tension des mois précédents.

    59Sa démission marque une étape dans l’histoire de la société. Car Wilhelm Röpke ne part pas seul, entraînant une quinzaine de membres, parmi lesquels Albert Hunold, Alexander Rüstow, Karl Brandt et Otto A. H. Vogel179. Mais les sécessionnistes sont minoritaires. Rapidement, il s’avère que la démission collective a été une erreur. Wilhelm Röpke n’a pas été suivi par Franz Böhm et Erich Welter ni par Ludwig Erhard, dont le retrait aurait pourtant pesé lourd. Les sécessionnistes ne parviennent pas à mettre sur pied leur Forum atlantique, l’organisation qui devait concurrencer la Société du Mont-Pèlerin. Mais comment interpréter cette crise ? Albert Hunold l’a présentée sur le moment comme une opposition entre le vieux libéralisme et le nouveau180. Un schéma d’analyse souvent repris dans l’historiographie, mutatis mutandis181. Serge Audier va le plus loin dans ce sens, évoquant à propos de l’affaire Hunold une « tragédie » et des « méthodes staliniennes », dont l’économiste genevois aurait été la victime. Au final, la Société du Mont-Pèlerin d’après le « grand schisme » incarnerait une ligne ultralibérale fondamentalement différente de celle plus progressiste incarnée jusque-là par Walter Lippmann, Louis Rougier ou Wilhelm Röpke182.

    60Sans conteste, la fin des années 1950 et le début des années 1960 voient l’affirmation de Milton Friedman au sein de la Société du Mont-Pèlerin. On peut également identifier une composante plus « européenne », moins intrinsèquement « libérale » du néolibéralisme, dont Wilhelm Röpke aurait été l’un des principaux représentants. Mais ces catégorisations ne sont qu’approximatives. Louis Rougier, Wilhelm Röpke et Albert Hunold n’incarnent pas une variante plus modérée, plus interventionniste, plus sociale du néolibéralisme. En réalité, le problème posé par la cohabitation au sein du mouvement néolibéral de plusieurs sensibilités ne doit pas être exagéré. Le clivage entre la mouvance plus classiquement libérale et le courant plus explicitement refondateur était déjà palpable lors du colloque Walter Lippmann de 1938. Il semble s’être plutôt réduit qu’accentué dans les années 1950. Wilhelm Röpke n’est pas moins antiétatiste, n’est pas moins révulsé par l’État-providence que ne l’est Friedrich Hayek. La réalité des divergences internes ne doit pas dissimuler la substance du consensus anticollectiviste qui confère une forte cohésion au néolibéralisme. Si l’affaire Hunold est révélatrice de quelque chose, c’est peut-être d’abord du fonctionnement artisanal d’une organisation dépourvue d’un mode de régulation efficace des conflits. Il a suffi que l’entente se dégrade entre son président et son secrétaire pour qu’elle se retrouve au bord du gouffre.

    61Enfin, la crise est paradoxalement révélatrice de la montée en puissance du néolibéralisme. À tort ou à raison, Albert Hunold se sent dépossédé de ses prérogatives de secrétaire et de fund miser parce que les foyers néolibéraux se sont multipliés, notamment dans les pays anglo-saxons, et se sont montrés capables de prendre en charge l’organisation des congrès de la Société. Une nouvelle génération pointe également le bout de son nez, alors que les Hunold et Röpke dépassent la soixantaine au début des années 1960. Dans un sens, l’affaire Hunold n’a été qu’une crise de croissance. Par la suite, Wilhelm Röpke et les autres sécessionnistes continuent de jouer un rôle important dans la lutte contre le « collectivisme ». Le mouvement néolibéral international n’a pas été affaibli par une crise sans réelles conséquences. En décembre 1964, Wilhelm Röpke se dit d’ailleurs ouvert à une solution de compromis qui lui permettrait de réintégrer la Société du Mont-Pèlerin avec les honneurs et en compagnie d’Albert Hunold183. Le fond de l’affaire était tout de même une question de personnes. Karl Brandt a déjà franchi le pas. Peut-être Wilhelm Röpke aurait-il imité son exemple s’il n’avait été fauché par son troisième infarctus au début de 1966.

    Notes de bas de page

    1 Lettre du 17 janvier 1958 à John Goormaghtigh, archives IUHEI.

    2 Lettre du 24 février 1958 d’Otto von Habsburg, NR, dossier AK 57-58.

    3 Lettre du 16 avril 1958 d’Albert Hunold à John Goormaghtigh, ibid.

    4 Dans le numéro du 20 avril 1958. Voir lettre du 7 février 1959 de John Van Sickle, NR, dossier AK 58-59.

    5 François Denord, « Aux origines du néo-libéralisme en France. Louis Rougier et le colloque Walter Lippmann de 1938 », Le Mouvement social, n° 195, avril-juin 2001, p. 9-34, citation p. 15.

    6 En juin 1920, le DDP obtient 8,3 % et le DVP 13,9 %. En novembre 1932, le DVP plafonne à 1,9 % et le Parti allemand de l’État, héritier du DDP, ne dépasse pas 1 %.

    7 Leopold von Wiese, « Gibt es noch einen Liberalismus ? », dans Moritz Julius Bonn, Melchior Palyi (dir.), Die Wirtschaftswissenschaft nach dem Krieg. Festgabe für Lujo Brentano zum 80. Geburtstag. Bd. I : Wirtschaftspolitische Ideologien, Munich, Leipzig, Duncker & Humblot, 1925, p. 13-29, citation p. 17.

    8 Dieter Langewiesche, Liberalismus in Deutschland, Francfort-sur-le-Main, Suhrkamp, 1988, p. 233-286.

    9 Eli F. Heckscher, « Gammal och ny ekonomisk liberalism » (Vieux et nouveau libéralisme), Stockholm, 1921.

    10 Heinrich Herkner, « Sozialpolitischer Liberalismus », dans Moritz Julius Bonn, Melchior Palyi (dir.), Die Wirtschaftswissenschaft nach dem Krieg, op. cit., p. 31-52, notamment p. 47.

    11 Hans Honegger, Volkswirtschaftliche Gedenkenströmungen. Système und Theorien der Gegenwart besonders in Deutschland, Karlsruhe, Braun’s kleine Handbücher, 1925, p. 12-52. Sur la généalogie du mot néolibéralisme, voir Bernhard Walpen, Die offenen Feinde und ihre Gesellschaft, op. cit., p. 67-68.

    12 Frank H. Knight, « The Ethics of Compétition », Quarterly Journal of Economics, 37, n° 3, 1923, p. 579-624.

    13 Henry C. Simons, A Positive Program for Laissez-Faire : Some Proposals for a Liberal Economie Policy, reproduit dans Id., Economic Policy for a Free Society, Chicago, University of Chicago Press, p. 40-77, citation p. 42.

    14 Lettre du 23 juin 1938 à Alexander Rüstow, NR, dossier Rüstow.

    15 Walter Lippmann, An Inquiry into the Principles of the Good Society, Boston, Little, Brown and Company, 1937. Les éditions ultérieures paraissent dès 1938 sous le titre The Good Society.

    16 Id., La cité libre, Paris, Librairie de Médicis, 1938.

    17 Sur Walter Lippmann, voir Barry D. Riccio, Walter Lippmann. Odyssey of a Liberal, New Brunswick, Transaction Publishers, 1994.

    18 Walter Lippmann, The Method of Freedom, Londres, Allen & Unwin, 1934.

    19 Lettre du 12/3/1937 de Walter Lippmann à Friedrich Hayek, citée dans Barry D. Riccio, Walter Lippmann, op. cit., p. 125.

    20 Bernhard Walpen, Die offenen Feinde und ihre Gesellschaft, op. cit., p. 53. Sur The Good Society, voir, outre Barry D. Riccio, François Denord, Néolibéralisme version française. Histoire d’une idéologie politique, Paris, Demopolis, 2007, p. 107-110 ; Philip Plickert, Wandlungen des Neoliberalismus, op. cit., p. 87-91.

    21 Lettre du 9 septembre 1937 de William Rappard à Louis Rougier, citée par Bernhard Walpen, Die offenen Feinde und ihre Gesellschaft, op. cit., p. 55-56.

    22 Lettre du 14 septembre 1937 à Walter Lippmann, NR, dossier Wichtige Briefe.

    23 Walter Lippmann, Die Gesellschaft freier Menschen, Berne, Francke, 1945.

    24 François Denord, Néolibéralisme version française. Histoire d’une idéologie politique, op. cit. Sur Louis Rougier, dont la postérité a été entachée par sa défense de la thèse d’un double jeu vichyssois et par son évolution vers la nouvelle droite, voir p. 91-103. Voir également Olivier Dard, « Louis Rougier : itinéraire intellectuel et politique, des années vingt à Nouvelle École », Philosophia Scientiae, cahier spécial, n° 7, 2007, p. 50-64.

    25 Louis Rougier, La Mystique démocratique, Paris, Flammarion, 1929.

    26 Id., Les Mystiques politiques contemporaines et leurs incidences internationales, Paris, Sirey, 1935 ; Id., Les Mystiques économiques. Comment l’on passe des démocraties libérales aux États totalitaires, Paris, Librairie de Médicis, 1938.

    27 Id., « Retour au libéralisme », La Revue de Paris, 1er janvier 1938, p. 179-197.

    28 Citée par François Denord, Néolibéralisme version française, op. cit., p. 98.

    29 François Denord mentionne ce financement probable du PPF : ibid., p. 116-117.

    30 Lettre du 25 juin 1938 à Alexander Rüstow, NR, dossier Rüstow.

    31 Ibid.

    32 Sur le colloque Walter Lippmann, outre François Denord, voir Angus Burgin, The Great Persuasion, op. cit., p. 70-86 ; Bernhard Walpen, Die offenen Feinde und ihre Gesellschaft, op. cit., p. 55-62 ; Philip Plickert, Wandlungen des Neoliberalismus, op. cit., p. 93-103. Voir aussi la réédition des actes du colloque Walter-Lippmann avec une longue présentation de Serge Audier, Le colloque Lippmann. Aux origines du néolibéralisme, Lormont, Éditions Le Bord de l’eau, 2008.

    33 Ibid., p. 334.

    34 Wilhelm Röpke, Alexander Rüstow, « A Note on the Urgent Necessity of the Re-Orientation of Social Science ». Ce texte est conservé aux archives fédérales de Coblence (Nachlaß Lautenbach), à la Hoover Institution on War, Révolution and Peace et à la fondation Rockefeller à New York. Voir également Hans-Jörg Hennecke, Wilhelm Röpke, op. cit., p. 118-119 ; Philip Plickert, Wandlungen des Neoliberalismus, op. cit., p. 104.

    35 Serge Audier, Le colloque Lippmann, op. cit., p. 331, 333.

    36 Ibid., p. 341, 342.

    37 Ibid., p. 338, 339.

    38 Ibid., p. 328-329.

    39 Ibid., p. 336.

    40 Ibid., p. 348.

    41 Cité dans Philipp Plickert, Wandlungen des Neoliberalismus, op. cit., p. 76.

    42 Il s’agit du texte réédité et commenté par Serge Audier, voir note 27.

    43 Sur la dimension française, voir François Denord, Néolibéralisme version française, op. cit., p. 142-160.

    44 René Belin, Christian Pineau et Robert Lacoste participent à des discussions organisées par le CIERL. Voir ibid., p. 152-153 ; lettre du 24 juin 1939 à Alexander Rüstow, NR, dossier Rüstow.

    45 Bernhard Walpen, Die offenen Feinde und ihre Gesellschaft, op. cit., p. 89.

    46 Lettre du 2 août 1944 de Allan G. B. Fischer, NR, dossier Zeitschrift. Outre The Road to Serfdom, Die Gesellschaftskrisis der Gegenwart et Civitas humana, les ouvrages en question sont les suivants : Frank D. Graham, Fundamental of International Monetary Policy, Princeton, Princeton University, 1943, William Hutt, Plan for Reconstruction : A Project for Victory in War and Peace, Londres, Trubner & Co, 1944.

    47 Bernhard Walpen, Die ojfenen Feinde und ihre Gesellschaft, op. cit., p. 89.

    48 Philip Plickert, Wandlungen des Neoliberalismus, op. cit., p. 123 ; Bernhard Walpen, Die offenen Feinde und ihre Gesellschaft, op. cit., p. 98.

    49 Philip Plickert, Wandlungen des Neoliberalismus, op. cit., p. 123-124. Voir Friedrich Hayek, « Historians and the Future of Europe », reproduit dans Id., Studies in Philosophy, Politics and Economics, Londres, p. 135-147.

    50 Bernhard Walpen, Die offenen Feinde und ihre Gesellschaft, op. cit., p. 98

    51 Friedrich Hayek, « A Plan for the Future of Germany », The Saturday Review, 23/6/1945, p. 7-9.

    52 Id., Memorandum on the Proposed Foundation of an International Academy for Political Philosophy Tentatively Called « The Acton-Tocqueville Society », août 1945,8 pages, Teilnachlafi Albert Hunold (désormais TNL Hunold), Institut für Wirtschaftspolitik Cologne.

    53 Ibid., p. 4.

    54 Ibid., p. 4.

    55 Lettre du 2 janvier 1945 à Friedrich Hayek, NR, dossier Wichtige Briefe.

    56 Friedrich Hayek, Der Wegzur Knechtschaft, Erlenbach-Zurich, Rentsch, 1945.

    57 Lettre du 2 janvier 1945 à Friedrich Hayek, NR, dossier Wichtige Briefe.

    58 Wilhelm Röpke, Plan for an International Periodical, 6 pages, archives IUHEI.

    59 Friedrich Hayek, Memorandum on the Proposed Foundation of an International Academy for Political Philosophy Tentatively Called « The Acton-Tocqueville Society », op. cit., p. 1.

    60 Wilhelm Röpke, Plan for an International Periodical, op. cit., p. 1, 2.

    61 Ibid., p. 2.

    62 Lettre du 21 août 1945 de Friedrich Hayek, NR, dossier Zeitschrift ; Wilhelm Röpke, Plan for an International Periodical, op. cit., p. 4, 3.

    63 Ibid., p. 3, 4.

    64 Lettre du 18 août 1945 à Alexander Rüstow, NR, dossier Rüstow.

    65 Lettre du 4 novembre 1945 à Andries de Graaf, NR, dossier Zeitschrift.

    66 Michael Rostovtzeff, The Social and Economic History of the Hellenistic World, Londres, Oxford, Clarendon Press, 1941.

    67 Lettre du 21 août 1945 de Friedrich Hayek, lettre du 17 octobre 1945 à Louis Baudin, NR, dossier Zeitschrift.

    68 Marcel Crozet-Fourneyron, Responsabilité, Paris, SEDIF, 2e éd., 1945.

    69 Lettre du 8 janvier 1946 à Friedrich Hayek, NR, dossier Zeitschrift.

    70 Sur le financement d’Occident et l’activité de fund raising d’Albert Hunold, voir Yves Steiner, « Les riches amis suisses du néolibéralisme », Traverse, 14, n° 1, 2007, p. 114-126.

    71 Voir supra le chapitre 2.

    72 Lettre du 24 novembre 1945 de Friedrich Hayek à Albert Hunold, TNL Hunold.

    73 Lettre du 28 novembre 1945 à Friedrich Hayek, NR, dossier Zeitschrift.

    74 Lettre du 31 janvier 1946 à Walter Eucken, ibid.

    75 Lettre du 28 février 1946 d’Albert Hunold à Friedrich Hayek, TNL Hunold.

    76 Lettre du 2 mars 1946 à Alexander Rüstow, NR, dossier Rüstow.

    77 Liste des invités au repas en l’honneur de Friedrich Hayek le 11 octobre 1945, TNL Hunold.

    78 Lettre du 17 juin 1946 d’Albert Hunold à Friedrich Hayek, ibid. Albert Hunold ne pourra toutefois transférer l’intégralité des fonds. La Wirtschafsförderung récupère sa mise après l’échec du projet Occident. Voir Yves Steiner, « Les riches amis du néolibéralisme », art. cité.

    79 Cité dans ibid. La réconciliation prendra du temps. En avril 1947, Albert Hunold est encore jugé sévèrement : voir lettre du 24 avril 1947 à Alexander Rüstow, NR, dossier Rüstow.

    80 Ronald Max Hartwell, A History of the Mont Pelerin Society, Indianapolis, Liberty Fund, 1995, p. 35-36.

    81 Friedrich Hayek, « Opening Address to a Conference at Mont-Pelerin », dans Friedrich Hayek, Studies in Philosophy, Politics and Economics, op. cit., p. 148-159.

    82 Sur cette réunion fondatrice, voir Philip Plickert, Wandlungen des Neoliberalismus, op. cit., p. 137-153 ; R. M. Hartwell, A History of the Mont Pèlerin Society, op. cit., p. 33-45.

    83 Texte reproduit dans ibid., p. 49-50.

    84 Texte intégral dans Philipp Plickert, Wandlungen des Neoliberalismus, op. cit., p. 480.

    85 Lettre du 22 avril 1947 à Alexander Rüstow, NR, dossier Rüstow.

    86 Sur la présence de représentants du monde patronal, voir Yves Steiner, « Les riches amis suisses du néolibéralisme », art. cité.

    87 Sur ce financement, voir Angus Burgin, The Great Persuasion, op. cit., p. 100-101.

    88 Sur Jasper Crane, qui ne viendra pas finalement, voir Kim Philipps-Fein, « Retour de flamme contre le New Deal : le patronat conservateur et la droite moderne aux États-Unis », Le Mouvement social, 2006, 4, p. 73-81.

    89 Lettre du 22 avril 1947 à Alexander Rüstow, NR, dossier Rüstow.

    90 Karl Brandt et Lionel Robbins se montrent en revanche plus sceptiques sur les conséquences d’un retour immédiat à la liberté des prix et la possibilité d’un abandon du rationnement. Voir Philipp Plickert, Wandlungen des Neoliberalismus, op. cit., p. 144-145.

    91 Lettre du 22 avril 1947 à Alexander Rüstow, NR, dossier Rüstow.

    92 Lettre du 3 novembre 1946 de Friedrich Hayek à Walter Eucken, voir Mylene Wegmann, Früher Neoliberalismus und europäische Integration, op. cit., p. 213-214.

    93 Lettre du 24 avril 1947 à Alexander Rüstow, NR, dossier Rüstow.

    94 Lettre du 14 mai 1948 d’Albert Hunold, TNL Hunold.

    95 MPS President’s Circular, novembre 1952, ibid.

    96 Lettre du 5 février 1956 de Friedrich Hayek à Albert Hunold, ibid.

    97 Friedrich Hayek, « Freie Wirtschafts- und Wettbewerbsordnung ». Texte reproduit dans Id., Individualismus und wirtschaftliche Ordnung, Erlenbach-Zurich, Rentsch, 1952, p. 141-155, citation p. 143.

    98 Friedrich Hayek, « The Intellectual and Socialism », The University of Chicago Law Review, printemps 1949, p. 417-420, 421-423, 425-433. En ligne sous le lien http://mises.org/etexts/hayekintellectuals.pdf.

    99 Ibid., citations p. 371, 372, 373, 384.

    100 Lettre du 2 janvier 1947 de Milton Friedman à Friedrich Hayek, citée par Bernhard Walpen, Die offenen Feinde und ihre Gesellschaft, op. cit., p. 113.

    101 Wilhelm Röpke, Die Gesellschaftskrisis der Gegenwart, op. cit., p. 113. Voir plus largement le premier chapitre intitulé « Saat und Ernte zweier Jahrhunderte ».

    102 Second List of Persons proposed for Membership of Mont-Pèlerin Society (october 1948), TNL Hunold. Tous les noms évoqués dans le texte ont déjà été acceptés lors de la rencontre de Bâle des directeurs européens de la société.

    103 Uncorrected Minutes at the Third General Meeting on Sunday 3rd September 1950, at 9 P. M., at the hotel Duin en-Daal, Bloemendaal, TNL Hunold. Pour des statistiques ventilées par pays à partir de 1951, voir Bernhard Walpen, Die offenen Feinde und ihre Gesellschaft, op. cit., p. 393-396.

    104 Philip Plickert, Wandlungen des Neoliberalismus, op. cit., p. 170.

    105 Sur l’Internationale libérale voir une approche succincte : Julie Smith, A Sense of Liberty. The History of the Liberal International 1947-1997, Guildford, Liberal International, 1997.

    106 Ibid., p. 78.

    107 Wilhelm Röpke envoie quelques suggestions. Voir lettre du 28 janvier 1952 de Willy Bretscher et lettre du 24 février 1952 à Willy Bretscher, NR, dossier AK 49-52.

    108 Lettre du 9 avril 1952 de J. H. MacCallum Scott, NR, dossier AK 52-53.

    109 Lettre du 30 janvier 1959 à Otto von Habsburg, NR, dossier AK 58-59.

    110 Lettre du 14 juin 1957 à Carl Zimmerer, NR, dossier AK 57-58.

    111 Voir Max Silberschmidt, Das Schweizerische Institut für Auslandforschung 1943-1981, Zurich, Schweizerisches Institut für Auslandforschung, 1981 ; et surtout Olivier Longchamp, Yves Steiner, « The Contribution of the Schweizerisches Institut für Auslandforschung to the International Restoration of Neoliberalism (1949-1966) », EBHA – 11th Annual Conference Geneva, 13-15 sept. 2007 (en ligne sur le site de l’université de Genève) ; Id., « Comment les banquiers suisses ont financé le renouveau libéral », L’Economie politique, n° 4, 2009, p. 76-90.

    112 En juin 1950, Albert Hunold évoque 85 000 francs suisses pour la section de recherches économiques et 35 000 francs pour la section culture, avec des financements garantis sur trois ans. Lettre du 2 juin 1950 d’Albert Hunold à Friedrich Hayek, TNL. Pour une présentation globale des financement du SIAF, voir Olivier Longchamp, Yves Steiner, « The Contribution of the Schweizerisches Institut für Auslandforschung to the International Restoration of Neoliberalism (1949-1966) », art. cité, p. 7-8.

    113 Ibid., p. 10.

    114 Albert Hunold (dir.), Vollbeschäftigung Inflation und Planwirtschaft, Erlenbach-Zurich, Rentsch, 1951 ; Id. (dir.), Die freie Welt im kalten Krieg, Erlenbach-Zurich, Rentsch, 1955 ; Id. (dir.), Europa – Besinnung und Hoffnung, Erlenbach-Zurich, Rentsch, 1957 ; Id. (dir.), Masse und Demokratie, Erlenbach-Zurich, Rentsch, 1957 ; Id. (dir.), Entwicklungsländer - Wahn und Wirklichkeit, Erlenbach-Zurich, Rentsch, 1961. Au total, de 1951 à 1970, quatorze volumes sont publiés dans la collection du SIAF.

    115 Lettre du 17 juillet 1957 à Hans Sulzer, lettre du 31/7/1957 d’Albert Hunold, NR, dossier AK 58-59.

    116 Lettre du 11 octobre 1955 à Albert Hunold, NR, dossier AK 56-57.

    117 Lettre du 10 janvier 1957 à Albert Hunold, ibid.

    118 Lettre du 1 février 1956 à Albert Hunold, NR, dossier AK 56-57.

    119 Luigi Einaudi (dir.), Wirtschaft ohne Wunder, Erlenbach-Zurich, Rentsch, 1953. Lettre du 13 août 1953 d’Albert Hunold à Alexander Rüstow, TNL Hunold.

    120 Carlo Mötteli, Licht und Schatten der Sozialen Marktwirtschaft. Leitbild und Wirklichkeit der Bundesrepublik Deutschland, Erlenbach-Zurich-Stuttgart, Rentsch, 1961. Voir Anton Riedl, Liberale Publizistikfür Soziale Marktwirtschaft. Die Unterstützung der Wirtschaftspolitik Ludwig Erhards in der FAZ und in der NZZ 1948/49 bis 1957, Regensburg, Roderer Verlag, 1992, p. 353.

    121 Sur la promotion de l’économie de marché, voir ibid. ; Mark E. Spicka, Selling the Economie Miracle. Economic Reconstruction and Politics in West Germany, New York, Berghan, 2007.

    122 Dirk Schindelbeck, Volker Ilgen, "Haste was, biste was!” Werbung für die soziale Marktwirtschaft, Darmstadt, Wissenschaftliche Buchgesellschaft, 1999. Voir également Mark E. Spicka, Selling the Economic Miracle, op. cit.

    123 Sur les origines de la FAZ, voir Anton Riedl, Liberale Publizistik für Soziale Marktwirtschaft, op. cit.

    124 Sur les réseaux néolibéraux allemands, voir Ralf Ptak, Vom Ordoliberalismus zur Sozialen Marktwirtschaft, op. cit., p. 259-260 ; Karl Heinz Roth, « Klienten des Leviathan : Die Mont-Pèlerin Society und das Bundeswirtschaftsministerium in den 50er Jahren », 1999 – Zeitschrift für Sozialgeschichte des 20. und 21. Jahrhunderts, 16, 2001, p. 13-41.

    125 Lettre du 11 février 1957 d’Alexander Rüstow, NR, dossier Rüstow ; Alexander Rüstow, Die Ortsbestimmung der Gegenwart. Eine universalgeschichtliche Kulturkritik, Erlenbach-Zurich, Rentsch, 3 tomes, 1950-1952.

    126 Lettre du 31 janvier 1951 d’Alfred Müller-Armack, NR, dossier AK 49-52.

    127 Lettre du 26 février 1951 à Volkmar Muthesius, ibid.

    128 Lettre du 12 avril 1954 de Friedrich Hayek à Albert Hunold, ibid.

    129 Lettre du 4 mai 1953 de Friedrich Hayek à Albert Hunold, ibid.

    130 Voir Philipp Plickert, Wandlungen des Neoliberalismus, op. cit., p. 176-178, Bernhard Walpen, Die offenen Feinde und ihre Gesellschaft, op. cit., p. 138-144, Karl Heinz Roth, « Klienten des Leviathan : Die Mont-Pèlerin Society und das Bundeswirtschaftsministerium in den 50er Jahren », op. cit. Philipp Plickert reproche à Karl Heinz Roth et à Bernhard Walpen d’exagérer l’ampleur de ces financements. C’est Karl Heinz Roth qui a, le premier, souligné les liens entre la Société du Mont-Pèlerin et le ministère ouest-allemand.

    131 Lettre du 10 novembre 1949 de Walter Eucken, NR, dossier AK 49-52.

    132 Lettres du 24 janvier et 26 février 1951 de Volkmar Muthesius, ibid.

    133 Lettre du 18 janvier 1951 à Richard C. Gütermann, ibid.

    134 Lettre du 12 mars 1951 à Volkmar Muthesius, ibid.

    135 Lettre du 24 décembre 1949 de Henri de Lonvinfosse, ibid.

    136 Voir la longue lettre que Wilhelm Röpke envoie le 25 novembre 1955 aux membres du congrès du PLI qui se tient en décembre 1955, NR, dossier AK 56-57.

    137 Sur Bertrand de Jouvenel, voir Olivier Dard, Bertrand de Jouvenel, Paris, Perrin, 2008.

    138 Sur le Cepec, des éléments dans François Denord, Néolibéralisme version française, op. cit., p. 219.

    139 Wilhelm Röpke, « Le miracle allemand vu par un de ses auteurs », La Revue des deux mondes, 1959, première quinzaine de janvier, p. 51-67.

    140 Lettre du 23 février 1959 de Georges Laederich, lettre du 24 février 1959 à Georges Laederich, NR, dossier AK 58-59.

    141 Sur William François, des éléments dans François Denord, Néolibéralisme version française, op. cit., p. 275.

    142 Lettre du 22 avril 1965 de William François, NR, dossier AK 65.

    143 Sur Pierre Lhoste-Lachaume et à un degré moindre sur Lucien Daffos, voir François Denord, Néolibéralisme version française, op. cit.

    144 Lettre du 2 septembre 1955 à Hans Ilau, NR, dossier AK 56-57.

    145 Lettre du 2 janvier 1958 à Albert Hunold, NR, dossier AK 57-58.

    146 Lettre du 22 avril 1958 d’Albert Hunold, ibid.

    147 Lettre du 1 septembre 1949 d’Albert Hunold à Friedrich Hayek, TNL Hunold.

    148 Wilhelm Röpke, TG, 55, entrées des 16 et 17 janvier, du 23 avril 1955.

    149 Lettre du 11 janvier 1955 à Frau Eucken, NR, dossier AK 54-55, lettre du 23 juin 1955 à Alexander Rüstow, NR, dossier Rüstow.

    150 Lettre du 22 septembre 1962 à Gustav Heinemann, NR, dossier AK 62.

    151 Hans Hellwig, « Wir brauchen kein Kartellgesetz », Monatsblötter für freiheitliche Wirtschaftspolitik, 1,1955, p. 16-19. Pour une présentation de la controverse, voir Philip Plickert, Wandlungen des Neoliberalismus, op. cit., p. 202-203 ; Anton Riedl, Liberale Publizistik für Soziale Marktwirtschaft, op. cit., p. 265-266.

    152 Ibid., p. 17. Hans Hellwig fait référence à Günther Schmölders (dir.), Der Wettbewerb als Mittel volkswirtschaftlicher Leistungssteigerung und Leistungsauslese, Berlin, Schriften der Akademie für deutsches Recht, 1942.

    153 Lettre du 7 mai 1955 d’Edith Eucken-Erdsieck à Volkmar Muthesius, NR, dossier AK 54-55.

    154 Lettre du 23 mai 1955 d’Alexander Rüstow à Volkmar Muthesisus, NR, dossier AK 54-55. De son côté, Hans Hellwig a répondu à ses critiques en adressant une longue lettre à Volkmar Muthesius, que ce dernier a ensuite diffusée : lettre du 13 mai 1955 de Hans Hellwig à Volkmar Muthesius, ibid.

    155 Lettre du 9 mai 1955 à Volkmar Muthesius, ibid.

    156 Franz Böhm, « Freiburger Schule und Nationalsozialismus », FAZ, 24 mai 1955.

    157 Lettre du 18 mai 1955 de Ludwig von Mises à Volkmar Muthesius, NR, dossier AK 54-55.

    158 Lettre du 3 mai 1955 de Carlo Mötteli à Volkmar Muthesius, ibid. Carlo Mötteli, « Der Liberalismus in Westdeutscland – Wirtschaftspolitische Gegensätze », NZZ, 17 septembre 1955.

    159 En dépit d’un retour de flamme lorsque Hans Hellwig, dans un article paru dans la Deutsche Zeitung, qualifie Walter Eucken de « socialiste de la chaire ». Voir lettre du 23 novembre 1955 d’Albert Hunold à Friedrich Hayek, TNL Hunold.

    160 Lettre du 4 juillet 1955 de Friedrich Hayek à Volkmar Muthesius, ibid.

    161 Sur cette crise, voir R.M. Hartwell, A History of the Mont Pelerin Society, op. cit., p. 100- 133 ; Bernhard Walpen, Die offenen Feinde und Ihre Gesellschaft, op. cit., p. 145-151 ; Philip Plickert, Wandlungen des Neoliberalismus, op. cit., p. 178-189. Plus récemment, Serge Audier, Néo-libéralismes, op. cit., p. 334-357 ; Angus Burgin, The Great Persuasion, op. cit., p. 129-137.

    162 Lettre non datée (seconde moitié de mai 1951) d’Albert Hunold à Friedrich Hayek, TNL Hunold.

    163 Lettre du 21 mai 1951 de Friedrich Hayek à Albert Hunold, ibid. L’argument peut sembler spécieux. Il faut toutefois se remémorer la psychose qui régnait alors dans le monde occidental. Olivier Dard note que Bertrand de Jouvenel a envoyé ses enfants au Maroc lors de la guerre de Corée, tandis que Jean Fourastié a pris ses dispositions pour s’installer aux États-Unis. Voir Olivier Dard, Bertrand de Jouvenel, op. cit., p. 305.

    164 Il pense à Fritz Machlup. C’est finalement Friedrich Lutz qui est élu. Lettre non datée (seconde moitié de mai 1951) d’Albert Hunold à Friedrich Hayek, TNL Hunold.

    165 Lettres des 9 et 16 avril 1953 d’Albert Hunold à Friedrich Hayek, ibid.

    166 Lettre du 7 août 1957 d’Albert Hunold à Friedrich Hayek, ibid.

    167 Même s’il reconnaît que le SIAF a été mis financièrement à contribution. Lettre du 7 novembre 1957 d’Albert Hunold à Alexander Rüstow, ibid.

    168 Radiogramme du 14 mai 1954 de Friedrich Hayek à Albert Hunold, TNL Hunold. Albert Hunold (dir.), Die Konvertibilität der europäischen Währungen, Erlenbach-Zurich, Rentsch, 1954.

    169 Lettre du 2 août 1957 d’Albert Hunold à Friedrich Hayek, TNL Hunold.

    170 Lettre du 5 août 1957 de Friedrich Hayek à Albert Hunold, ibid.

    171 « What is meant by “politically impossible” ? », NR, dossier AK 57-58.

    172 Deux autres numéros sont datés de juillet et octobre 1959.

    173 Lettre du 15 mai 1959 de Friedrich Hayek à Albert Hunold, TNL Hunold.

    174 Lettre du 18 mars 1960 d’Albert Hunold à Friedrich Hayek, TNL Hunold.

    175 Lettre du 6 octobre 1959 de Wilhelm Röpke à Trygve Hof, NR, dossier AK 58-59.

    176 Lettre circulaire « To the Members of the Mont-Pèlerin Society » du 18 août 1960, reproduite dans Albert Hunold, How the Mont-Pèlerin Society Lost his Soul, Zurich, 1962, p. 45-47. Ce texte de justification de la position hunoldienne constitue le 4e numéro du Mont Pèlerin Quarterly, daté de janvier 1962.

    177 Lettre du 26 septembre 1961 à Karl Brandt, NR, dossier AK 60-61.

    178 Lettre du 21 décembre 1961 d’Eva Röpke à tous les membres de la Société du Mont-Pèlerin, NR, dossier MPS dans Fonds Willgerodt.

    179 Les autres sécessionnistes sont Pedro Beltrán, Marcel Bourgeois, William L. Clayton, Wolfgang Dürr, Alfred Flender, Wolfgang Frickhöffer, J. George Picot, Hans Kohn, Erik von Kühnelt-Leddhin, A. Montgomery, George Revay, H. M. Robertson. Voir Philip Plickert, Wandlungen des Neoliberalismus, op. cit., p. 190.

    180 Voir la lettre du 22 juillet 1960 d’Albert Hunold à Alexander Rüstow, TNL Hunold.

    181 Voir par exemple François Denord, « Le prophète, le pèlerin et le missionnaire. La circulation internationale du néo-libéralisme et ses acteurs », Actes de la recherche en sciences sociales, n° 145, décembre 2002, p. 9-20, notamment p. 16-17.

    182 Serge Audier, Néo-libéralismes, op. cit., p. 397-398.

    183 Lettre du 15 décembre 1964 à Albert Hunold, lettre du 31 décembre 1964 à Karl Brandt, NR, dossier AK 64-65.

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    1 Lettre du 17 janvier 1958 à John Goormaghtigh, archives IUHEI.

    2 Lettre du 24 février 1958 d’Otto von Habsburg, NR, dossier AK 57-58.

    3 Lettre du 16 avril 1958 d’Albert Hunold à John Goormaghtigh, ibid.

    4 Dans le numéro du 20 avril 1958. Voir lettre du 7 février 1959 de John Van Sickle, NR, dossier AK 58-59.

    5 François Denord, « Aux origines du néo-libéralisme en France. Louis Rougier et le colloque Walter Lippmann de 1938 », Le Mouvement social, n° 195, avril-juin 2001, p. 9-34, citation p. 15.

    6 En juin 1920, le DDP obtient 8,3 % et le DVP 13,9 %. En novembre 1932, le DVP plafonne à 1,9 % et le Parti allemand de l’État, héritier du DDP, ne dépasse pas 1 %.

    7 Leopold von Wiese, « Gibt es noch einen Liberalismus ? », dans Moritz Julius Bonn, Melchior Palyi (dir.), Die Wirtschaftswissenschaft nach dem Krieg. Festgabe für Lujo Brentano zum 80. Geburtstag. Bd. I : Wirtschaftspolitische Ideologien, Munich, Leipzig, Duncker & Humblot, 1925, p. 13-29, citation p. 17.

    8 Dieter Langewiesche, Liberalismus in Deutschland, Francfort-sur-le-Main, Suhrkamp, 1988, p. 233-286.

    9 Eli F. Heckscher, « Gammal och ny ekonomisk liberalism » (Vieux et nouveau libéralisme), Stockholm, 1921.

    10 Heinrich Herkner, « Sozialpolitischer Liberalismus », dans Moritz Julius Bonn, Melchior Palyi (dir.), Die Wirtschaftswissenschaft nach dem Krieg, op. cit., p. 31-52, notamment p. 47.

    11 Hans Honegger, Volkswirtschaftliche Gedenkenströmungen. Système und Theorien der Gegenwart besonders in Deutschland, Karlsruhe, Braun’s kleine Handbücher, 1925, p. 12-52. Sur la généalogie du mot néolibéralisme, voir Bernhard Walpen, Die offenen Feinde und ihre Gesellschaft, op. cit., p. 67-68.

    12 Frank H. Knight, « The Ethics of Compétition », Quarterly Journal of Economics, 37, n° 3, 1923, p. 579-624.

    13 Henry C. Simons, A Positive Program for Laissez-Faire : Some Proposals for a Liberal Economie Policy, reproduit dans Id., Economic Policy for a Free Society, Chicago, University of Chicago Press, p. 40-77, citation p. 42.

    14 Lettre du 23 juin 1938 à Alexander Rüstow, NR, dossier Rüstow.

    15 Walter Lippmann, An Inquiry into the Principles of the Good Society, Boston, Little, Brown and Company, 1937. Les éditions ultérieures paraissent dès 1938 sous le titre The Good Society.

    16 Id., La cité libre, Paris, Librairie de Médicis, 1938.

    17 Sur Walter Lippmann, voir Barry D. Riccio, Walter Lippmann. Odyssey of a Liberal, New Brunswick, Transaction Publishers, 1994.

    18 Walter Lippmann, The Method of Freedom, Londres, Allen & Unwin, 1934.

    19 Lettre du 12/3/1937 de Walter Lippmann à Friedrich Hayek, citée dans Barry D. Riccio, Walter Lippmann, op. cit., p. 125.

    20 Bernhard Walpen, Die offenen Feinde und ihre Gesellschaft, op. cit., p. 53. Sur The Good Society, voir, outre Barry D. Riccio, François Denord, Néolibéralisme version française. Histoire d’une idéologie politique, Paris, Demopolis, 2007, p. 107-110 ; Philip Plickert, Wandlungen des Neoliberalismus, op. cit., p. 87-91.

    21 Lettre du 9 septembre 1937 de William Rappard à Louis Rougier, citée par Bernhard Walpen, Die offenen Feinde und ihre Gesellschaft, op. cit., p. 55-56.

    22 Lettre du 14 septembre 1937 à Walter Lippmann, NR, dossier Wichtige Briefe.

    23 Walter Lippmann, Die Gesellschaft freier Menschen, Berne, Francke, 1945.

    24 François Denord, Néolibéralisme version française. Histoire d’une idéologie politique, op. cit. Sur Louis Rougier, dont la postérité a été entachée par sa défense de la thèse d’un double jeu vichyssois et par son évolution vers la nouvelle droite, voir p. 91-103. Voir également Olivier Dard, « Louis Rougier : itinéraire intellectuel et politique, des années vingt à Nouvelle École », Philosophia Scientiae, cahier spécial, n° 7, 2007, p. 50-64.

    25 Louis Rougier, La Mystique démocratique, Paris, Flammarion, 1929.

    26 Id., Les Mystiques politiques contemporaines et leurs incidences internationales, Paris, Sirey, 1935 ; Id., Les Mystiques économiques. Comment l’on passe des démocraties libérales aux États totalitaires, Paris, Librairie de Médicis, 1938.

    27 Id., « Retour au libéralisme », La Revue de Paris, 1er janvier 1938, p. 179-197.

    28 Citée par François Denord, Néolibéralisme version française, op. cit., p. 98.

    29 François Denord mentionne ce financement probable du PPF : ibid., p. 116-117.

    30 Lettre du 25 juin 1938 à Alexander Rüstow, NR, dossier Rüstow.

    31 Ibid.

    32 Sur le colloque Walter Lippmann, outre François Denord, voir Angus Burgin, The Great Persuasion, op. cit., p. 70-86 ; Bernhard Walpen, Die offenen Feinde und ihre Gesellschaft, op. cit., p. 55-62 ; Philip Plickert, Wandlungen des Neoliberalismus, op. cit., p. 93-103. Voir aussi la réédition des actes du colloque Walter-Lippmann avec une longue présentation de Serge Audier, Le colloque Lippmann. Aux origines du néolibéralisme, Lormont, Éditions Le Bord de l’eau, 2008.

    33 Ibid., p. 334.

    34 Wilhelm Röpke, Alexander Rüstow, « A Note on the Urgent Necessity of the Re-Orientation of Social Science ». Ce texte est conservé aux archives fédérales de Coblence (Nachlaß Lautenbach), à la Hoover Institution on War, Révolution and Peace et à la fondation Rockefeller à New York. Voir également Hans-Jörg Hennecke, Wilhelm Röpke, op. cit., p. 118-119 ; Philip Plickert, Wandlungen des Neoliberalismus, op. cit., p. 104.

    35 Serge Audier, Le colloque Lippmann, op. cit., p. 331, 333.

    36 Ibid., p. 341, 342.

    37 Ibid., p. 338, 339.

    38 Ibid., p. 328-329.

    39 Ibid., p. 336.

    40 Ibid., p. 348.

    41 Cité dans Philipp Plickert, Wandlungen des Neoliberalismus, op. cit., p. 76.

    42 Il s’agit du texte réédité et commenté par Serge Audier, voir note 27.

    43 Sur la dimension française, voir François Denord, Néolibéralisme version française, op. cit., p. 142-160.

    44 René Belin, Christian Pineau et Robert Lacoste participent à des discussions organisées par le CIERL. Voir ibid., p. 152-153 ; lettre du 24 juin 1939 à Alexander Rüstow, NR, dossier Rüstow.

    45 Bernhard Walpen, Die offenen Feinde und ihre Gesellschaft, op. cit., p. 89.

    46 Lettre du 2 août 1944 de Allan G. B. Fischer, NR, dossier Zeitschrift. Outre The Road to Serfdom, Die Gesellschaftskrisis der Gegenwart et Civitas humana, les ouvrages en question sont les suivants : Frank D. Graham, Fundamental of International Monetary Policy, Princeton, Princeton University, 1943, William Hutt, Plan for Reconstruction : A Project for Victory in War and Peace, Londres, Trubner & Co, 1944.

    47 Bernhard Walpen, Die ojfenen Feinde und ihre Gesellschaft, op. cit., p. 89.

    48 Philip Plickert, Wandlungen des Neoliberalismus, op. cit., p. 123 ; Bernhard Walpen, Die offenen Feinde und ihre Gesellschaft, op. cit., p. 98.

    49 Philip Plickert, Wandlungen des Neoliberalismus, op. cit., p. 123-124. Voir Friedrich Hayek, « Historians and the Future of Europe », reproduit dans Id., Studies in Philosophy, Politics and Economics, Londres, p. 135-147.

    50 Bernhard Walpen, Die offenen Feinde und ihre Gesellschaft, op. cit., p. 98

    51 Friedrich Hayek, « A Plan for the Future of Germany », The Saturday Review, 23/6/1945, p. 7-9.

    52 Id., Memorandum on the Proposed Foundation of an International Academy for Political Philosophy Tentatively Called « The Acton-Tocqueville Society », août 1945,8 pages, Teilnachlafi Albert Hunold (désormais TNL Hunold), Institut für Wirtschaftspolitik Cologne.

    53 Ibid., p. 4.

    54 Ibid., p. 4.

    55 Lettre du 2 janvier 1945 à Friedrich Hayek, NR, dossier Wichtige Briefe.

    56 Friedrich Hayek, Der Wegzur Knechtschaft, Erlenbach-Zurich, Rentsch, 1945.

    57 Lettre du 2 janvier 1945 à Friedrich Hayek, NR, dossier Wichtige Briefe.

    58 Wilhelm Röpke, Plan for an International Periodical, 6 pages, archives IUHEI.

    59 Friedrich Hayek, Memorandum on the Proposed Foundation of an International Academy for Political Philosophy Tentatively Called « The Acton-Tocqueville Society », op. cit., p. 1.

    60 Wilhelm Röpke, Plan for an International Periodical, op. cit., p. 1, 2.

    61 Ibid., p. 2.

    62 Lettre du 21 août 1945 de Friedrich Hayek, NR, dossier Zeitschrift ; Wilhelm Röpke, Plan for an International Periodical, op. cit., p. 4, 3.

    63 Ibid., p. 3, 4.

    64 Lettre du 18 août 1945 à Alexander Rüstow, NR, dossier Rüstow.

    65 Lettre du 4 novembre 1945 à Andries de Graaf, NR, dossier Zeitschrift.

    66 Michael Rostovtzeff, The Social and Economic History of the Hellenistic World, Londres, Oxford, Clarendon Press, 1941.

    67 Lettre du 21 août 1945 de Friedrich Hayek, lettre du 17 octobre 1945 à Louis Baudin, NR, dossier Zeitschrift.

    68 Marcel Crozet-Fourneyron, Responsabilité, Paris, SEDIF, 2e éd., 1945.

    69 Lettre du 8 janvier 1946 à Friedrich Hayek, NR, dossier Zeitschrift.

    70 Sur le financement d’Occident et l’activité de fund raising d’Albert Hunold, voir Yves Steiner, « Les riches amis suisses du néolibéralisme », Traverse, 14, n° 1, 2007, p. 114-126.

    71 Voir supra le chapitre 2.

    72 Lettre du 24 novembre 1945 de Friedrich Hayek à Albert Hunold, TNL Hunold.

    73 Lettre du 28 novembre 1945 à Friedrich Hayek, NR, dossier Zeitschrift.

    74 Lettre du 31 janvier 1946 à Walter Eucken, ibid.

    75 Lettre du 28 février 1946 d’Albert Hunold à Friedrich Hayek, TNL Hunold.

    76 Lettre du 2 mars 1946 à Alexander Rüstow, NR, dossier Rüstow.

    77 Liste des invités au repas en l’honneur de Friedrich Hayek le 11 octobre 1945, TNL Hunold.

    78 Lettre du 17 juin 1946 d’Albert Hunold à Friedrich Hayek, ibid. Albert Hunold ne pourra toutefois transférer l’intégralité des fonds. La Wirtschafsförderung récupère sa mise après l’échec du projet Occident. Voir Yves Steiner, « Les riches amis du néolibéralisme », art. cité.

    79 Cité dans ibid. La réconciliation prendra du temps. En avril 1947, Albert Hunold est encore jugé sévèrement : voir lettre du 24 avril 1947 à Alexander Rüstow, NR, dossier Rüstow.

    80 Ronald Max Hartwell, A History of the Mont Pelerin Society, Indianapolis, Liberty Fund, 1995, p. 35-36.

    81 Friedrich Hayek, « Opening Address to a Conference at Mont-Pelerin », dans Friedrich Hayek, Studies in Philosophy, Politics and Economics, op. cit., p. 148-159.

    82 Sur cette réunion fondatrice, voir Philip Plickert, Wandlungen des Neoliberalismus, op. cit., p. 137-153 ; R. M. Hartwell, A History of the Mont Pèlerin Society, op. cit., p. 33-45.

    83 Texte reproduit dans ibid., p. 49-50.

    84 Texte intégral dans Philipp Plickert, Wandlungen des Neoliberalismus, op. cit., p. 480.

    85 Lettre du 22 avril 1947 à Alexander Rüstow, NR, dossier Rüstow.

    86 Sur la présence de représentants du monde patronal, voir Yves Steiner, « Les riches amis suisses du néolibéralisme », art. cité.

    87 Sur ce financement, voir Angus Burgin, The Great Persuasion, op. cit., p. 100-101.

    88 Sur Jasper Crane, qui ne viendra pas finalement, voir Kim Philipps-Fein, « Retour de flamme contre le New Deal : le patronat conservateur et la droite moderne aux États-Unis », Le Mouvement social, 2006, 4, p. 73-81.

    89 Lettre du 22 avril 1947 à Alexander Rüstow, NR, dossier Rüstow.

    90 Karl Brandt et Lionel Robbins se montrent en revanche plus sceptiques sur les conséquences d’un retour immédiat à la liberté des prix et la possibilité d’un abandon du rationnement. Voir Philipp Plickert, Wandlungen des Neoliberalismus, op. cit., p. 144-145.

    91 Lettre du 22 avril 1947 à Alexander Rüstow, NR, dossier Rüstow.

    92 Lettre du 3 novembre 1946 de Friedrich Hayek à Walter Eucken, voir Mylene Wegmann, Früher Neoliberalismus und europäische Integration, op. cit., p. 213-214.

    93 Lettre du 24 avril 1947 à Alexander Rüstow, NR, dossier Rüstow.

    94 Lettre du 14 mai 1948 d’Albert Hunold, TNL Hunold.

    95 MPS President’s Circular, novembre 1952, ibid.

    96 Lettre du 5 février 1956 de Friedrich Hayek à Albert Hunold, ibid.

    97 Friedrich Hayek, « Freie Wirtschafts- und Wettbewerbsordnung ». Texte reproduit dans Id., Individualismus und wirtschaftliche Ordnung, Erlenbach-Zurich, Rentsch, 1952, p. 141-155, citation p. 143.

    98 Friedrich Hayek, « The Intellectual and Socialism », The University of Chicago Law Review, printemps 1949, p. 417-420, 421-423, 425-433. En ligne sous le lien http://mises.org/etexts/hayekintellectuals.pdf.

    99 Ibid., citations p. 371, 372, 373, 384.

    100 Lettre du 2 janvier 1947 de Milton Friedman à Friedrich Hayek, citée par Bernhard Walpen, Die offenen Feinde und ihre Gesellschaft, op. cit., p. 113.

    101 Wilhelm Röpke, Die Gesellschaftskrisis der Gegenwart, op. cit., p. 113. Voir plus largement le premier chapitre intitulé « Saat und Ernte zweier Jahrhunderte ».

    102 Second List of Persons proposed for Membership of Mont-Pèlerin Society (october 1948), TNL Hunold. Tous les noms évoqués dans le texte ont déjà été acceptés lors de la rencontre de Bâle des directeurs européens de la société.

    103 Uncorrected Minutes at the Third General Meeting on Sunday 3rd September 1950, at 9 P. M., at the hotel Duin en-Daal, Bloemendaal, TNL Hunold. Pour des statistiques ventilées par pays à partir de 1951, voir Bernhard Walpen, Die offenen Feinde und ihre Gesellschaft, op. cit., p. 393-396.

    104 Philip Plickert, Wandlungen des Neoliberalismus, op. cit., p. 170.

    105 Sur l’Internationale libérale voir une approche succincte : Julie Smith, A Sense of Liberty. The History of the Liberal International 1947-1997, Guildford, Liberal International, 1997.

    106 Ibid., p. 78.

    107 Wilhelm Röpke envoie quelques suggestions. Voir lettre du 28 janvier 1952 de Willy Bretscher et lettre du 24 février 1952 à Willy Bretscher, NR, dossier AK 49-52.

    108 Lettre du 9 avril 1952 de J. H. MacCallum Scott, NR, dossier AK 52-53.

    109 Lettre du 30 janvier 1959 à Otto von Habsburg, NR, dossier AK 58-59.

    110 Lettre du 14 juin 1957 à Carl Zimmerer, NR, dossier AK 57-58.

    111 Voir Max Silberschmidt, Das Schweizerische Institut für Auslandforschung 1943-1981, Zurich, Schweizerisches Institut für Auslandforschung, 1981 ; et surtout Olivier Longchamp, Yves Steiner, « The Contribution of the Schweizerisches Institut für Auslandforschung to the International Restoration of Neoliberalism (1949-1966) », EBHA – 11th Annual Conference Geneva, 13-15 sept. 2007 (en ligne sur le site de l’université de Genève) ; Id., « Comment les banquiers suisses ont financé le renouveau libéral », L’Economie politique, n° 4, 2009, p. 76-90.

    112 En juin 1950, Albert Hunold évoque 85 000 francs suisses pour la section de recherches économiques et 35 000 francs pour la section culture, avec des financements garantis sur trois ans. Lettre du 2 juin 1950 d’Albert Hunold à Friedrich Hayek, TNL. Pour une présentation globale des financement du SIAF, voir Olivier Longchamp, Yves Steiner, « The Contribution of the Schweizerisches Institut für Auslandforschung to the International Restoration of Neoliberalism (1949-1966) », art. cité, p. 7-8.

    113 Ibid., p. 10.

    114 Albert Hunold (dir.), Vollbeschäftigung Inflation und Planwirtschaft, Erlenbach-Zurich, Rentsch, 1951 ; Id. (dir.), Die freie Welt im kalten Krieg, Erlenbach-Zurich, Rentsch, 1955 ; Id. (dir.), Europa – Besinnung und Hoffnung, Erlenbach-Zurich, Rentsch, 1957 ; Id. (dir.), Masse und Demokratie, Erlenbach-Zurich, Rentsch, 1957 ; Id. (dir.), Entwicklungsländer - Wahn und Wirklichkeit, Erlenbach-Zurich, Rentsch, 1961. Au total, de 1951 à 1970, quatorze volumes sont publiés dans la collection du SIAF.

    115 Lettre du 17 juillet 1957 à Hans Sulzer, lettre du 31/7/1957 d’Albert Hunold, NR, dossier AK 58-59.

    116 Lettre du 11 octobre 1955 à Albert Hunold, NR, dossier AK 56-57.

    117 Lettre du 10 janvier 1957 à Albert Hunold, ibid.

    118 Lettre du 1 février 1956 à Albert Hunold, NR, dossier AK 56-57.

    119 Luigi Einaudi (dir.), Wirtschaft ohne Wunder, Erlenbach-Zurich, Rentsch, 1953. Lettre du 13 août 1953 d’Albert Hunold à Alexander Rüstow, TNL Hunold.

    120 Carlo Mötteli, Licht und Schatten der Sozialen Marktwirtschaft. Leitbild und Wirklichkeit der Bundesrepublik Deutschland, Erlenbach-Zurich-Stuttgart, Rentsch, 1961. Voir Anton Riedl, Liberale Publizistikfür Soziale Marktwirtschaft. Die Unterstützung der Wirtschaftspolitik Ludwig Erhards in der FAZ und in der NZZ 1948/49 bis 1957, Regensburg, Roderer Verlag, 1992, p. 353.

    121 Sur la promotion de l’économie de marché, voir ibid. ; Mark E. Spicka, Selling the Economie Miracle. Economic Reconstruction and Politics in West Germany, New York, Berghan, 2007.

    122 Dirk Schindelbeck, Volker Ilgen, "Haste was, biste was!” Werbung für die soziale Marktwirtschaft, Darmstadt, Wissenschaftliche Buchgesellschaft, 1999. Voir également Mark E. Spicka, Selling the Economic Miracle, op. cit.

    123 Sur les origines de la FAZ, voir Anton Riedl, Liberale Publizistik für Soziale Marktwirtschaft, op. cit.

    124 Sur les réseaux néolibéraux allemands, voir Ralf Ptak, Vom Ordoliberalismus zur Sozialen Marktwirtschaft, op. cit., p. 259-260 ; Karl Heinz Roth, « Klienten des Leviathan : Die Mont-Pèlerin Society und das Bundeswirtschaftsministerium in den 50er Jahren », 1999 – Zeitschrift für Sozialgeschichte des 20. und 21. Jahrhunderts, 16, 2001, p. 13-41.

    125 Lettre du 11 février 1957 d’Alexander Rüstow, NR, dossier Rüstow ; Alexander Rüstow, Die Ortsbestimmung der Gegenwart. Eine universalgeschichtliche Kulturkritik, Erlenbach-Zurich, Rentsch, 3 tomes, 1950-1952.

    126 Lettre du 31 janvier 1951 d’Alfred Müller-Armack, NR, dossier AK 49-52.

    127 Lettre du 26 février 1951 à Volkmar Muthesius, ibid.

    128 Lettre du 12 avril 1954 de Friedrich Hayek à Albert Hunold, ibid.

    129 Lettre du 4 mai 1953 de Friedrich Hayek à Albert Hunold, ibid.

    130 Voir Philipp Plickert, Wandlungen des Neoliberalismus, op. cit., p. 176-178, Bernhard Walpen, Die offenen Feinde und ihre Gesellschaft, op. cit., p. 138-144, Karl Heinz Roth, « Klienten des Leviathan : Die Mont-Pèlerin Society und das Bundeswirtschaftsministerium in den 50er Jahren », op. cit. Philipp Plickert reproche à Karl Heinz Roth et à Bernhard Walpen d’exagérer l’ampleur de ces financements. C’est Karl Heinz Roth qui a, le premier, souligné les liens entre la Société du Mont-Pèlerin et le ministère ouest-allemand.

    131 Lettre du 10 novembre 1949 de Walter Eucken, NR, dossier AK 49-52.

    132 Lettres du 24 janvier et 26 février 1951 de Volkmar Muthesius, ibid.

    133 Lettre du 18 janvier 1951 à Richard C. Gütermann, ibid.

    134 Lettre du 12 mars 1951 à Volkmar Muthesius, ibid.

    135 Lettre du 24 décembre 1949 de Henri de Lonvinfosse, ibid.

    136 Voir la longue lettre que Wilhelm Röpke envoie le 25 novembre 1955 aux membres du congrès du PLI qui se tient en décembre 1955, NR, dossier AK 56-57.

    137 Sur Bertrand de Jouvenel, voir Olivier Dard, Bertrand de Jouvenel, Paris, Perrin, 2008.

    138 Sur le Cepec, des éléments dans François Denord, Néolibéralisme version française, op. cit., p. 219.

    139 Wilhelm Röpke, « Le miracle allemand vu par un de ses auteurs », La Revue des deux mondes, 1959, première quinzaine de janvier, p. 51-67.

    140 Lettre du 23 février 1959 de Georges Laederich, lettre du 24 février 1959 à Georges Laederich, NR, dossier AK 58-59.

    141 Sur William François, des éléments dans François Denord, Néolibéralisme version française, op. cit., p. 275.

    142 Lettre du 22 avril 1965 de William François, NR, dossier AK 65.

    143 Sur Pierre Lhoste-Lachaume et à un degré moindre sur Lucien Daffos, voir François Denord, Néolibéralisme version française, op. cit.

    144 Lettre du 2 septembre 1955 à Hans Ilau, NR, dossier AK 56-57.

    145 Lettre du 2 janvier 1958 à Albert Hunold, NR, dossier AK 57-58.

    146 Lettre du 22 avril 1958 d’Albert Hunold, ibid.

    147 Lettre du 1 septembre 1949 d’Albert Hunold à Friedrich Hayek, TNL Hunold.

    148 Wilhelm Röpke, TG, 55, entrées des 16 et 17 janvier, du 23 avril 1955.

    149 Lettre du 11 janvier 1955 à Frau Eucken, NR, dossier AK 54-55, lettre du 23 juin 1955 à Alexander Rüstow, NR, dossier Rüstow.

    150 Lettre du 22 septembre 1962 à Gustav Heinemann, NR, dossier AK 62.

    151 Hans Hellwig, « Wir brauchen kein Kartellgesetz », Monatsblötter für freiheitliche Wirtschaftspolitik, 1,1955, p. 16-19. Pour une présentation de la controverse, voir Philip Plickert, Wandlungen des Neoliberalismus, op. cit., p. 202-203 ; Anton Riedl, Liberale Publizistik für Soziale Marktwirtschaft, op. cit., p. 265-266.

    152 Ibid., p. 17. Hans Hellwig fait référence à Günther Schmölders (dir.), Der Wettbewerb als Mittel volkswirtschaftlicher Leistungssteigerung und Leistungsauslese, Berlin, Schriften der Akademie für deutsches Recht, 1942.

    153 Lettre du 7 mai 1955 d’Edith Eucken-Erdsieck à Volkmar Muthesius, NR, dossier AK 54-55.

    154 Lettre du 23 mai 1955 d’Alexander Rüstow à Volkmar Muthesisus, NR, dossier AK 54-55. De son côté, Hans Hellwig a répondu à ses critiques en adressant une longue lettre à Volkmar Muthesius, que ce dernier a ensuite diffusée : lettre du 13 mai 1955 de Hans Hellwig à Volkmar Muthesius, ibid.

    155 Lettre du 9 mai 1955 à Volkmar Muthesius, ibid.

    156 Franz Böhm, « Freiburger Schule und Nationalsozialismus », FAZ, 24 mai 1955.

    157 Lettre du 18 mai 1955 de Ludwig von Mises à Volkmar Muthesius, NR, dossier AK 54-55.

    158 Lettre du 3 mai 1955 de Carlo Mötteli à Volkmar Muthesius, ibid. Carlo Mötteli, « Der Liberalismus in Westdeutscland – Wirtschaftspolitische Gegensätze », NZZ, 17 septembre 1955.

    159 En dépit d’un retour de flamme lorsque Hans Hellwig, dans un article paru dans la Deutsche Zeitung, qualifie Walter Eucken de « socialiste de la chaire ». Voir lettre du 23 novembre 1955 d’Albert Hunold à Friedrich Hayek, TNL Hunold.

    160 Lettre du 4 juillet 1955 de Friedrich Hayek à Volkmar Muthesius, ibid.

    161 Sur cette crise, voir R.M. Hartwell, A History of the Mont Pelerin Society, op. cit., p. 100- 133 ; Bernhard Walpen, Die offenen Feinde und Ihre Gesellschaft, op. cit., p. 145-151 ; Philip Plickert, Wandlungen des Neoliberalismus, op. cit., p. 178-189. Plus récemment, Serge Audier, Néo-libéralismes, op. cit., p. 334-357 ; Angus Burgin, The Great Persuasion, op. cit., p. 129-137.

    162 Lettre non datée (seconde moitié de mai 1951) d’Albert Hunold à Friedrich Hayek, TNL Hunold.

    163 Lettre du 21 mai 1951 de Friedrich Hayek à Albert Hunold, ibid. L’argument peut sembler spécieux. Il faut toutefois se remémorer la psychose qui régnait alors dans le monde occidental. Olivier Dard note que Bertrand de Jouvenel a envoyé ses enfants au Maroc lors de la guerre de Corée, tandis que Jean Fourastié a pris ses dispositions pour s’installer aux États-Unis. Voir Olivier Dard, Bertrand de Jouvenel, op. cit., p. 305.

    164 Il pense à Fritz Machlup. C’est finalement Friedrich Lutz qui est élu. Lettre non datée (seconde moitié de mai 1951) d’Albert Hunold à Friedrich Hayek, TNL Hunold.

    165 Lettres des 9 et 16 avril 1953 d’Albert Hunold à Friedrich Hayek, ibid.

    166 Lettre du 7 août 1957 d’Albert Hunold à Friedrich Hayek, ibid.

    167 Même s’il reconnaît que le SIAF a été mis financièrement à contribution. Lettre du 7 novembre 1957 d’Albert Hunold à Alexander Rüstow, ibid.

    168 Radiogramme du 14 mai 1954 de Friedrich Hayek à Albert Hunold, TNL Hunold. Albert Hunold (dir.), Die Konvertibilität der europäischen Währungen, Erlenbach-Zurich, Rentsch, 1954.

    169 Lettre du 2 août 1957 d’Albert Hunold à Friedrich Hayek, TNL Hunold.

    170 Lettre du 5 août 1957 de Friedrich Hayek à Albert Hunold, ibid.

    171 « What is meant by “politically impossible” ? », NR, dossier AK 57-58.

    172 Deux autres numéros sont datés de juillet et octobre 1959.

    173 Lettre du 15 mai 1959 de Friedrich Hayek à Albert Hunold, TNL Hunold.

    174 Lettre du 18 mars 1960 d’Albert Hunold à Friedrich Hayek, TNL Hunold.

    175 Lettre du 6 octobre 1959 de Wilhelm Röpke à Trygve Hof, NR, dossier AK 58-59.

    176 Lettre circulaire « To the Members of the Mont-Pèlerin Society » du 18 août 1960, reproduite dans Albert Hunold, How the Mont-Pèlerin Society Lost his Soul, Zurich, 1962, p. 45-47. Ce texte de justification de la position hunoldienne constitue le 4e numéro du Mont Pèlerin Quarterly, daté de janvier 1962.

    177 Lettre du 26 septembre 1961 à Karl Brandt, NR, dossier AK 60-61.

    178 Lettre du 21 décembre 1961 d’Eva Röpke à tous les membres de la Société du Mont-Pèlerin, NR, dossier MPS dans Fonds Willgerodt.

    179 Les autres sécessionnistes sont Pedro Beltrán, Marcel Bourgeois, William L. Clayton, Wolfgang Dürr, Alfred Flender, Wolfgang Frickhöffer, J. George Picot, Hans Kohn, Erik von Kühnelt-Leddhin, A. Montgomery, George Revay, H. M. Robertson. Voir Philip Plickert, Wandlungen des Neoliberalismus, op. cit., p. 190.

    180 Voir la lettre du 22 juillet 1960 d’Albert Hunold à Alexander Rüstow, TNL Hunold.

    181 Voir par exemple François Denord, « Le prophète, le pèlerin et le missionnaire. La circulation internationale du néo-libéralisme et ses acteurs », Actes de la recherche en sciences sociales, n° 145, décembre 2002, p. 9-20, notamment p. 16-17.

    182 Serge Audier, Néo-libéralismes, op. cit., p. 397-398.

    183 Lettre du 15 décembre 1964 à Albert Hunold, lettre du 31 décembre 1964 à Karl Brandt, NR, dossier AK 64-65.

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    Solchany, J. (2015). Chapitre 8. Wilhelm Röpke : un élément clé du dispositif néolibéral. In Wilhelm Röpke, l’autre Hayek. Paris: Éditions de la Sorbonne. https://doi.org/10.4000/books.psorbonne.41566
    Solchany, Jean. « Chapitre 8. Wilhelm Röpke : un élément clé du dispositif néolibéral ». In Wilhelm Röpke, l’autre Hayek. Paris: Éditions de la Sorbonne, 2015. doi:10.4000/books.psorbonne.41566.
    Solchany, Jean. « Chapitre 8. Wilhelm Röpke : un élément clé du dispositif néolibéral ». Wilhelm Röpke, l’autre Hayek, Éditions de la Sorbonne, 2015, https://doi.org/10.4000/books.psorbonne.41566.

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    Solchany, J. (2015). Wilhelm Röpke, l’autre Hayek. Paris: Éditions de la Sorbonne. https://doi.org/10.4000/books.psorbonne.41491
    Solchany, Jean. Wilhelm Röpke, l’autre Hayek. Paris: Éditions de la Sorbonne, 2015. doi:10.4000/books.psorbonne.41491.
    Solchany, Jean. Wilhelm Röpke, l’autre Hayek. Éditions de la Sorbonne, 2015, https://doi.org/10.4000/books.psorbonne.41491.
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