• Contenu principal
  • Menu
OpenEdition Books
  • Accueil
  • Catalogue de 16603 livres
  • Éditeurs
  • Auteurs
  • Facebook
  • X
  • Partager
    • Facebook

    • X

    • Accueil
    • Catalogue de 16603 livres
    • Éditeurs
    • Auteurs
  • Ressources numériques en sciences humaines et sociales

    • OpenEdition
  • Nos plateformes

    • OpenEdition Books
    • OpenEdition Journals
    • Hypothèses
    • Calenda
  • Bibliothèques

    • OpenEdition Freemium
  • Suivez-nous

  • Lettre d’information
OpenEdition Search

Redirection vers OpenEdition Search.

À quel endroit ?
  • Éditions de la Sorbonne
  • ›
  • Philosophie
  • ›
  • L’épistémologie historique
  • ›
  • Objets épistémiques, savoirs, sciences
  • ›
  • Ce que change la prise en compte du prés...
  • Éditions de la Sorbonne
  • Éditions de la Sorbonne
    Éditions de la Sorbonne
    Informations sur la couverture
    Table des matières
    Liens vers le livre
    Informations sur la couverture
    Table des matières
    Formats de lecture

    Plan

    Plan détaillé Texte intégral Qu’est-ce que la théorie cellulaire ? Les limites d’une lecture historienne : microscopie médicale et diagnostic du cancer à paris au xixe siècle E pur si muove ! ce que nous apprend la cancérologie du présent Pour une histoire épistémologique du concept de cellule cancéreuse Notes de bas de page Auteur

    L’épistémologie historique

    Ce livre est recensé par

    Précédent Suivant
    Table des matières

    Ce que change la prise en compte du présent

    Comment écrire l’histoire du concept de cellule cancéreuse ?

    Laurent Loison

    p. 259-268

    Texte intégral Qu’est-ce que la théorie cellulaire ? Les limites d’une lecture historienne : microscopie médicale et diagnostic du cancer à paris au xixe siècle E pur si muove ! ce que nous apprend la cancérologie du présent Pour une histoire épistémologique du concept de cellule cancéreuse Notes de bas de page Auteur

    Texte intégral

    1La professionnalisation croissante du champ de l’histoire des sciences au cours de la seconde moitié du xxe siècle a conduit à la mise au ban de l’histoire positiviste telle qu’elle était écrite par les scientifiques eux-mêmes. On lui reprochait à bon droit de procéder sans discernement depuis le présent vers le passé afin d’exhumer d’hypothétiques précurseurs, alors que ce qui incombe à l’historien c’est précisément de remettre la narration dans le seul sens qui vaille, c’est-à-dire le sens chronologique1. La volonté d’historicisation et de contextualisation est ainsi devenue le marqueur méthodologique (voire idéologique) permettant de distinguer la bonne pratique de l’histoire des sciences, en d’autres termes la pratique strictement historienne.

    2Pourtant, il s’en faut de beaucoup que l’histoire des sciences puisse être réduite à un simple chapitre de l’histoire ; qu’une pure histoire des sciences soit heuristiquement féconde sinon théoriquement possible. La raison tient à l’objet même de l’histoire des sciences, le vrai de la science, qui se définit par une certaine forme de résistance aux aléas du cours historique. Si l’histoire des sciences a bien pour tâche de documenter la genèse contingente du vrai – et en cela elle rejoint effectivement l’histoire générale –, elle ne peut en rester là, et doit aussi montrer en quoi le vrai n’est pas le faux ni même le vraisemblable, c’est-à-dire comment il a été historiquement éprouvé. L’histoire des sciences n’existe donc finalement qu’à l’intersection de deux exigences contraires, une exigence d’historicité et une exigence de rationalité. Cette difficulté propre à l’histoire des sciences, Michel Foucault la résumait en ces termes dans son texte célèbre sur Canguilhem : « on ne peut pas, dans l’histoire des sciences, se donner la vérité comme acquise, mais on ne peut pas non plus faire l’économie d’un rapport au vrai et à l’opposition du vrai et du faux2 ».

    3Loin que l’œuvre foucaldienne ait elle-même participé à creuser ce sillon, au contraire, l’élan qu’elle a insufflé aux Science Studies fut partie prenante dans cette course à l’historicisation qui revendique la non-prise en compte du vrai et donc la mise à distance de l’actualité de la science. Dans le domaine des sciences biologiques et médicales en particulier, sa postérité a été et demeure significative, notamment dans le monde anglo-saxon. Beaucoup de travaux d’histoire de la médecine s’inscrivent plus ou moins directement dans un sillage foucaldien. Cet impetus historien, indéniablement, a considérablement enrichi le corpus des connaissances disponibles et a su faire apparaître des problématiques invisibles au questionnement positiviste. Pour autant, parce que précisément ces histoires font l’économie du rapport au vrai, elles ne peuvent qu’échouer à être d’authentiques histoire des sciences.

    4Dans ce chapitre, nous souhaitons montrer ce que change la prise en compte du présent sur la base d’un exemple concret, celui de l’histoire du concept de cellule cancéreuse. La constitution de ce concept dans les années 1840 et 1850 a provoqué d’intenses débats en Europe et particulièrement à Paris. Ceux-ci ont donné lieu à une série d’études très documentées d’Ann La Berge, qui s’est en particulier intéressée aux cultures locales, aux pratiques du débat et aux rapports de force entre groupes socioprofessionnels que ces controverses ont révélés3. Nous-même y avons consacré un travail récent, qui, prenant appui sur le même corpus, réactive différemment le sens de cette histoire4. Nous nous proposons ici d’expliciter ce qui distingue le traitement d’Ann La Berge du nôtre. On aurait tort d’y voir simplement une question de point de vue ou de perspective. Assumer la difficile question de la validité des concepts scientifiques n’est pas une modalité parmi d’autres de l’histoire des sciences, elle est selon nous sa condition de possibilité.

    5Aussi, après avoir donné les grandes lignes de ce que fut la théorie cellulaire au xixe siècle, nous soulignerons les limites d’une lecture historienne des débats qui ont accompagné la formation du concept de cellule cancéreuse à Paris. Nous montrerons ensuite comment les connaissances modernes en cancérologie amènent à reprendre à nouveaux frais non seulement l’histoire du concept de cellule cancéreuse mais, plus fondamentalement encore, celle de la théorie cellulaire elle-même.

    Qu’est-ce que la théorie cellulaire ?

    6Il est admis que la biologie s’est constituée en tant que région autonome du savoir à la faveur de deux grands ensembles théoriques, la théorie cellulaire et la théorie de l’évolution5. La genèse et la réception de la théorie cellulaire précédèrent d’une vingtaine d’années celles de l’évolutionnisme darwinien. L’œuvre de Theodor Schwann, à la fin des années 1830, donna corps au premier principe de cette théorie, qui stipule que la cellule est l’unité fondamentale du monde vivant6. Elle est à la fois le vivant minimal, en deçà duquel la matière est inerte, et l’unité de composition de tout organisme, qui apparaît désormais comme un assemblage de cellules. Ce premier principe – auquel Dan Nicholson a donné le nom d’atomisme biologique7 – constitue le cœur de la théorie cellulaire. Schwann donnait également une grande importance au mécanisme qu’il imaginait être celui de la formation des cellules. Reprenant le modèle élaboré par Mathias Schleiden chez les végétaux8, il faisait l’hypothèse que, dans un liquide organique de composition particulière (le cytoblastème), il y a d’abord précipitation d’un corpuscule morphologiquement défini, le nucléole, autour duquel vient se former le noyau. Autour du noyau s’agrègent ensuite des molécules blastémiques, ce qui aboutit à la néoformation d’une cellule. Ce mécanisme dit de « libre formation » des cellules allait connaître un grand succès auprès des naturalistes et physiologistes au cours des années 18409.

    7Une quinzaine d’années après la publication des travaux canoniques de Schleiden et Schwann, la théorie cellulaire connut une reconfiguration importante à la suite des recherches conduites par Robert Remak et Rudolf Virchow10. Contre Schwann, ceux-ci soutinrent que les cellules ne pouvaient se former spontanément à partir d’un liquide blastémique : toute cellule provient nécessairement d’une cellule préexistante. Ce second principe fut popularisé par Virchow sous la forme de l’aphorisme omnis cellula e cellula. Virchow en faisait le pivot de toute sa pathologie, la maladie y étant réduite à un dysfonctionnement des cellules11.

    8La théorie cellulaire s’est donc constituée essentiellement dans les régions de langue allemande au cours de la période 1838-1858. Dans la seconde moitié du xixe siècle, elle allait modifier en profondeur les disciplines biologiques, comme l’embryologie, la physiologie la pathologie, ou la microbiologie. Les phénomènes et les structures du vivant y étaient systématiquement réinterprétés en termes cellulaires.

    Les limites d’une lecture historienne : microscopie médicale et diagnostic du cancer à paris au xixe siècle

    9Dans une série de trois textes publiés en 1994, 1998 et 2004, Ann La Berge a donné un tableau extrêmement précis et documenté de l’introduction de la microscopie dans le milieu de la recherche médicale à Paris au cours de la première moitié du xixe siècle. Elle a d’abord montré comment l’usage de cette nouvelle technique s’était répandu à la faveur de l’enseignement de quatre protagonistes clés : Alfred Donné, David Gruby et Louis Mandl (tous deux Hongrois) et surtout Hermann Lebert12. Ce dernier, médecin et naturaliste prussien formé auprès de Johann Lukas Schönlein, travailla régulièrement à Paris au cours des années 1840. Là, il fut en contact avec les plus éminents cliniciens de l’époque, qui lui fournissaient les échantillons tissulaires constituant le matériau à partir duquel Lebert réalisait ses descriptions microscopiques.

    10Dans ses publications de 1998 et 2004, La Berge s’est concentrée sur les controverses qui allaient naître des travaux de Lebert, et en particulier sur celle touchant à la question du diagnostic et de la curabilité du cancer. En effet, sur la base des données empiriques qu’il collecta au fil des années, Lebert proposa que l’on puisse distinguer les tumeurs bénignes des tumeurs cancéreuses (qui récidivent nécessairement) au moyen d’un examen microscopique13. Cette reconfiguration possible du diagnostic fut perçue comme une attaque par la puissante École clinicienne, qui, autour d’Alfred Velpeau, se ligua contre cette intrusion des techniques de laboratoire dans la pratique traditionnelle.

    11Les travaux classiques d’Erwin Ackercknecht ont appuyé l’hypothèse selon laquelle le déclin de l’école médicale parisienne, à partir des années 1830, fut la conséquence du rejet des nouvelles techniques de laboratoire, comme la microscopie14. Dans son texte de 1998, La Berge entend nuancer cette thèse en montrant que « bien que l’école parisienne n’ait pas adopté la microscopie, ses chefs de file ne l’ont pas non plus rejeté15 ». Dans son travail de 2004, La Berge fait cette fois-ci le choix de s’intéresser aux débats parisiens à propos du microscope non pas du point de vue de la nature des questions en jeu ou de leur issue, mais pour eux-mêmes, en tant que modalité particulière et significative de la pratique scientifique au xixe siècle. L’enjeu de cette étude est de souligner l’importance des débats publics à cette époque, « non seulement du fait de la croyance que la vérité émerge de la confrontation, mais aussi parce qu’ils permettaient de faire vivre une culture masculine de l’honneur16 ». En cela, les débats scientifiques auraient joué pour la communauté savante un rôle social proche de celui des tournois.

    12Les travaux d’Ann La Berge sont donc explicitement tournés vers des questions de sociologie du milieu savant : analyse de la nature des pratiques (comme celle du débat), description des cultures matérielles locales (comme celles des cliniciens et des micrographes), mise en évidence de différences de prestige et de légitimité entre groupes professionnels (entre cliniciens et micrographes à nouveau), etc. Il n’y a de notre point de vue rien à redire sur la justesse des idées défendues – quoi que l’on puisse néanmoins mettre en doute la possibilité de démontrer ou d’infirmer une thèse aussi équivoque que celle soutenue dans son texte de 1998 (voir supra). En revanche, comme le contenu des débats ainsi que leur issue ne sont pas pris en compte pour eux-mêmes, cette méthodologie élude la question de la vérité scientifique. L’objet de l’histoire des sciences est ici réduit à l’objet de l’histoire : l’auteur produit un discours historique sur un objet qui se trouve être de la science, mais qui aurait tout aussi bien pu être autre chose. Autrement dit, rien dans le traitement proposé ne permet de comprendre la spécificité de l’activité scientifique.

    13Ce désintérêt méthodologique, qui caractérise le tout-venant de la production en histoire des sciences (qu’il soit assumé ou revendiqué, ou, le plus souvent, qu’il constitue la façon d’opérer tacitement intégrée), se lit aussi dans la manière dont l’enquête est contrainte par la chronologie retenue comme pertinente. L’année 1856 marque ici le terme définitif de l’investigation : quoi qu’il se soit passé après, il n’en sera pas question. En 1856, l’Académie de médecine de Paris mit au concours les deux questions qui avaient été centrales lors des débats précédents, celles du diagnostic et de la curabilité du cancer. Pour La Berge, cette mise au concours était le moyen classique pour les académies savantes de s’éviter une prise de position partisane potentiellement risquée et embarrassante17, ce qui là encore est une caractérisation tout à fait pertinente du fonctionnement des institutions de l’époque. Mais il se trouve que l’histoire du concept de cellule cancéreuse ne s’est pas arrêtée en 1856, et que lorsqu’on s’autorise à quitter la période étudiée, alors d’autres lignes de problématisation deviennent possibles, qui, elles, permettent de s’affronter à la spécificité de la science.

    E pur si muove ! ce que nous apprend la cancérologie du présent

    14Le mémoire finalement couronné par l’Académie impériale fut celui de l’anatomiste strasbourgeois Eugène Michel, publié en 1857 dans les Mémoires de l’Académie de médecine18. Ce texte long de près de deux cents pages entendait montrer que le cancer ne devait pas être vu comme une maladie distincte possédant ses marqueurs spécifiques, en l’occurrence morphologiques19. En cela, le micrographe Eugène Michel donnait raison aux cliniciens parisiens qui occupaient alors une position institutionnelle dominante. Cette issue participa à discréditer le concept de cellule cancéreuse, dont les soutiens à travers l’Europe se firent de plus en plus rares et discrets au cours des années 1860 et 1870, tant et si bien qu’à la fin du xixe siècle le cancer n’était plus compris comme une pathologie possédant son ontologie propre mais comme le dernier stade de la dégénérescence des tissus20. Le terme « cancer », dont certains souhaitaient l’abandon, persistait seulement comme simple outil de description.

    15La situation est évidemment bien différente aujourd’hui. Au xxe siècle, le cancer s’est imposé comme une pathologie hautement spécifique, et non pas comme l’exagération quantitative de processus inflammatoires ou ulcéreux. Plus encore, l’essor de la cytopathologie, au cours des années 1940, a remis au centre de l’attention les caractéristiques morphologiques des cellules authentiquement cancéreuses21. Ces marqueurs sont désormais unanimement reconnus comme d’excellents critères de diagnostic22. Au microscope optique, la cellule cancéreuse se distingue notamment par un noyau au volume anormalement élevé, de forme très irrégulière, dense et sombre, soit exactement les caractéristiques mises en avant dès la fin des années 1840 par Hermann Lebert et ses collègues. Ces caractéristiques morphologiques figurent à l’heure actuelle dans tous les manuels de médecine23.

    16Dès lors, comment faut-il appréhender le fait que la cytologie d’aujourd’hui donne raison aux vaincus d’hier ? Ou, pour le dire autrement, comment intégrer à la reconstruction historique la validité des faits mis en avant par les micrographes parisiens de l’époque lors de leur confrontation finalement perdue face aux cliniciens ? Dans un travail paru il y a peu, nous avons proposé une classification fonctionnelle des différentes formes de présentisme à l’œuvre dans le champ de l’histoire des sciences24. Parmi les quatre formes que nous distinguons, celle que nous nommons « présentisme empirique » correspond précisément au cas dont il est question ici : la science du présent nous informe de la réalité des cellules cancéreuses – ou de l’objectivité descriptive du concept de cellule cancéreuse –, point d’ancrage possible de l’analyse rétrospective. Cette information légitime est précieuse pour l’historien car elle lui donne les moyens d’un jugement, non pas quant à la compétence expérimentale des uns ou des autres, mais à propos de la manière dont s’est instituée une théorie biologique.

    17On peut alors substituer à la simple description d’un paysage académique et des tensions socioprofessionnelles qui le traversent des questions plus fondamentales. À la place d’une histoire historienne qui se désintéresse de la polarité de la vérité et de l’erreur, nous proposons de donner un nouvel élan à une histoire épistémologique du concept de cellule cancéreuse, seule forme authentique d’histoire des sciences.

    Pour une histoire épistémologique du concept de cellule cancéreuse

    18Tout d’abord, il est impossible d’ignorer que le concept de cellule cancéreuse s’est formé dans le contexte de la genèse de la théorie cellulaire de Schleiden et Schwann. Pour autant, nous avons pu montrer que ce concept n’était en rien une implication naturelle de la théorie cellulaire elle-même, mais que tout au contraire Lebert et ses collaborateurs français l’avaient construit en opposition à celle-ci25. En effet, au cours de la période 1840-1860, l’atomisme de la théorie cellulaire était compris comme interdisant la possibilité qu’il existe au sein de l’organisme des cellules anormales qualitativement distinctes. La maladie était majoritairement assimilée à un dysfonctionnement quantitatif des organes. Cela devait se traduire au niveau cellulaire par l’altération de cellules normales, et non par la formation de cellules radicalement spécifiques. Pour les partisans et fondateurs de la théorie cellulaire, comme Johannes Müller et Rudolf Virchow, le cancer était une maladie « homologue » ou « homomorphe », qui consistait en une dégradation physiologique progressive des cellules saines. Cette interprétation se trouva renforcée durant la seconde moitié des années 1850 lorsqu’on admit que les cellules se forment par division et non par un processus de précipitation/cristallisation. Les cellules cancéreuses étaient donc directement issues de cellules non pathologiques et n’étaient pas des néoformations, ce qui, à l’époque, constitua un argument supplémentaire en défaveur du concept de cellule cancéreuse. L’opposition entre la théorie cellulaire et le concept de cellule cancéreuse n’échappa pas aux cliniciens de l’École parisienne. Au cours du débat de 1854-1855 qui se tint à l’Académie de médecine, beaucoup brandirent contre les micrographes parisiens la théorie cellulaire. Virchow lui-même s’impliqua dans la controverse en rejetant « hautement la doctrine de la spécificité de la cellule pathologique26 ».

    19À cette époque, on observe donc une franche opposition entre la théorie cellulaire et le concept de cellule cancéreuse. Or, la théorie cellulaire demeure un des fondements de la biologie actuelle, alors que, comme nous l’avons vu, le concept de cellule cancéreuse reposait dès l’origine sur un ensemble d’observations microscopiques d’une grande qualité et toujours reconnues comme « vraies » à l’heure actuelle. Cette tension oblige à reconsidérer l’histoire de la théorie cellulaire. En effet, jusque tard dans le xxe siècle, la genèse de cette théorie était traditionnellement comprise de manière positiviste : les progrès réalisées dans la conception des microscopes achromatiques avaient permis l’observation des cellules animales, et l’accumulation des résultats avait rendu nécessaire l’avènement de la théorie cellulaire. La théorie cellulaire n’aurait été en fait qu’une induction. C’est ce genre de présentation que l’on retrouve presque systématiquement dans les sections introductives des manuels de biologie27. Elle souffre de se donner la vérité comme acquise, écueil symétrique à celui de l’historicisme que nous avons dénoncé plus haut.

    20Ce que montre l’histoire du concept de cellule cancéreuse, c’est que loin d’avoir été la conséquence obligatoire de la juxtaposition non problématique d’observations microscopiques toujours plus précises, la théorie cellulaire a été contestée et mise en danger dès l’origine sur la base de telles observations. Comme nous nous sommes employé à le montrer, le microscope aura joué ici contre cette théorie28. Sans nier bien sûr l’importance qu’a eue le microscope, plusieurs historiens et philosophes de la biologie ont contesté qu’il ait joué un rôle causal prépondérant dans son élaboration29. Nos travaux viennent apporter de nouveaux arguments en faveur de cette interprétation, qui implique qu’en biologie aussi, les théories sont sous-déterminées par les faits.

    21Si tel fut bien le cas, si la théorie cellulaire n’a jamais été une induction nécessaire, alors cela doit conduire à repenser la dynamique qui a conduit à son essor : comment et pourquoi en est-on venu à penser cet atomisme biologique ? Différentes réponses ont déjà été esquissées, la plupart se rejoignant sur le fait que cette forme d’atomisme doit être inscrite en continuité avec des systèmes antérieurs mettant au premier plan l’idée de (dé)composition de l’individualité biologique30. La théorie cellulaire, contrairement à toutes ces tentatives, serait donc un atomisme qui a réussi. Cette interprétation semble avoir pour elle la force de l’évidence : l’idée que l’organisme est lui-même une somme d’individualités est bien constitutive de la théorie cellulaire et, effectivement, on la retrouve dans des théories directement antérieures, comme la théorie globulaire. Néanmoins, cette ligne interprétative ne nous paraît pas la plus féconde. En effet, elle fait sienne une idée contestable, qui est que ce que l’on retient comme le cœur doctrinal d’une théorie est obligatoirement ce pour quoi ont été produits les premiers linéaments qui devaient y conduire. Certes, l’atomisme biologique est bien une thèse importante chez Schwann, et deviendra ensuite au xixe siècle le noyau de la théorie cellulaire. Fut-il pour autant la voie du projet schwannien ?

    22La non-nécessité de la théorie cellulaire n’a pas que des implications en amont, concernant le contexte de sa formation, mais également en aval, touchant à l’état actuel de la question. En effet, ce n’est pas le moindre des bénéfices d’une histoire épistémologique que de libérer la possibilité de la critique du savoir présent précisément par la démonstration de sa contingence. Ce « présentisme critique », tel que nous l’avons défini31, est le premier outil de contestation de l’esprit dogmatique. La théorie cellulaire, comme toute théorie, rencontre des difficultés. Nous en avons donné une esquisse générale, assise sur la connaissance de l’histoire, dont le but est de montrer que cette conception reste ouverte32. La théorie cellulaire demeure une théorie dont la fécondité n’est plus à démontrer, mais qui pour autant ne peut être réduite à un fait d’observation.

    23On l’aura compris, nous assignons à l’histoire des sciences une tâche plus essentielle que la restitution du contexte social de production des connaissances. L’activité scientifique est tout entière polarisée par la question de la vérité et de l’erreur, il est donc vain de penser pouvoir en réactiver le sens en faisant abstraction de cette dimension. Sur la base d’un exemple, celui de l’histoire du concept de cellule cancéreuse, nous avons voulu montrer aussi précisément que possible les limites de l’historicisme, sans bien sûr nier l’impasse que représente l’histoire positiviste.

    24Le bénéfice principal de la prise en compte du présent – et cela pourra sembler paradoxal – est une meilleure « conscience d’historicité33 ». Meilleure car attentive à la spécificité de l’activité scientifique dont l’historicité n’est pas le décalque de celle du cours général de l’histoire. Pour le cas qui nous occupe, les connaissances modernes en cancérologie permettent d’attester que la théorie cellulaire fut d’emblée mise en cause au moyen d’observations microscopiques toujours considérées comme « vraies ». Cela libère la possibilité de porter un regard neuf sur la dynamique historique qui a conduit à son élaboration. Par là, nous entendons la réactivation des possibles dont la fragilité a conduit à l’effacement progressif au fur et à mesure de la nécessaire induration des connaissances scientifiques. C’est uniquement à cette condition que l’on peut espérer ressaisir, de l’intérieur, la signification des sciences selon leur histoire.

    Notes de bas de page

    1 Pour une mise au point bibliographique, voir L. Loison, « Forms of Presentism in the History of Science. Rethinking the Project of Historical Epistemology », Studies in History and Philosophy of Science, 60, 2016, p. 29-37.

    2 M. Foucault, « La vie : l’expérience et la science », dans J.-F. Braunstein (dir.), L’histoire des sciences. Méthodes, styles et controverses, Paris, Vrin, 2008, p. 345-362, ici p. 353.

    3 A. La Berge, « Medical Microscopy in Paris », dans A. La Berge, M. Feingold (dir.), French Medical Culture in the Nineteenth Century, Amsterdam/Atlanta, Rodopi, 1994, p. 296-326 ; Id., « Dichotomy or Integration? Medical Microscopy and the Paris Clinical Tradition », dans C. Hannaway, A. La Berge (dir.), Constructing Paris Medicine, Amsterdam/Atlanta, Rodopi, 1998, p. 275-312. ; Id., « Debate as Scientific Practice in Nineteenth-Century Paris: The Controversy over the Microscope », Perspectives on Science, 12/4, 2004, p. 424-453.

    4 L. Loison, « The Microscope against Cell Theory: Cancer Research in Nineteenth-Century Parisian Anatomical Pathology », Journal of the History of Medicine and Allied Sciences, 71/3, 2016, p. 271-292.

    5 D. Nicholson, « Biological Atomism and Cell Theory », Studies in History and Philosophy of Biological and Biomedical Sciences, 41, 2010, p. 202-211 ; J. Gayon, « Biologie et philosophie de la biologie : paradigmes », dans T. Hoquet, F. Merlin (dir.), Précis de philosophie de la biologie, Paris, Vuibert, 2014, p. 11-24.

    6 T. Schwann, Mikroskopische Untersuchungen über die Uebereinstimmung in der Struktur unc dem Wachstum der Thiere und Pflanzen, Berlin, Sander’schen Buchhandlung, 1839.

    7 D. Nicholson, « Biological Atomism and Cell Theory », art. cité.

    8 M. J. Schleiden, « Beiträge zur Phytogenesis », Archiv für Anatomie, Physiologie und wissenschaftlichen Medicin, 13, 1838, p. 137-176.

    9 L. Loison, « Pourquoi refuser la théorie cellulaire ? Le projet d’une anatomie chimique chez Charles Robin (1821-1885) », Revue d’histoire des sciences, 68/1, 2015, p. 23-45.

    10 F. Duchesneau, Genèse de la théorie cellulaire, Montréal/Paris, Bellarmin/Vrin, 1987 ; H. Harris, The Birth of the Cell, New Haven/Londres, Yale University Press, 1999.

    11 R. Virchow, Die Cellularpathologie in ihrer Begründung auf physiologische und pathologische Gewebelehre, Berlin, Hirschwald, 1858.

    12 A. La Berge, « Medical Microscopy in Paris », art. cité.

    13 H. Lebert, Physiologie pathologique, Paris, Baillière, 1845, 2 t. ; H. Lebert, Traité pratique des maladies cancéreuses et des affections confondues avec le cancer, Paris, Baillière, 1851.

    14 E. Ackerknecht, Medicine at the Paris Hospital, 1794-1848, Baltimore, John Hopkins Press, 1967.

    15 A. La Berge, « Dichotomy or Integration ? », art. cité, p. 276 (nous traduisons).

    16 A. La Berge, « Debate as Scientific Practice in Nineteenth-Century Paris », art. cité, p. 425 (nous traduisons).

    17 Ibid., p. 449-450.

    18 E. Michel, « Du microscope, de ses applications à l’anatomie pathologique, au diagnostic et au traitement des maladies », Mémoires de l’Académie de médecine, 21, 1857, p. 241-437.

    19 L. Loison, « Cellule cancéreuse ou théorie cellulaire ? Sur la réception de la théorie cellulaire à Strasbourg au xixe siècle », Bulletin d’histoire et d’épistémologie des sciences de la vie, 24/1, 2017, p. 27-42.

    20 L. Loison, « The Microscope against Cell Theory », art. cité.

    21 B. Naylor, « The Century for Cytopathology », Acta Cytologica, 44/5, 2000, p. 709-725.

    22 J. I. de las Heras, E. C. Schirmer, « The Nuclear Envelope and Cancer: A Diagnostic Perspective and Historical Overview », dans E. C. Schirmer, J. I. de Las Heras (dir.), Cancer Biology and the Nuclear Envelope, New York/Heidelberg/Dordrecht/Londres, Springer, 2014, p. 5-26.

    23 A. Stevens, J. S. Love, B. Young, Wheater’s Basic Histopathology, Churchill Livingstone, Elsevier Science Limited, 2002.

    24 L. Loison, « Forms of Presentism in the History of Science », art. cité.

    25 L. Loison, « The Microscope against Cell Theory », art. cité.

    26 R. Virchow, « Opinion sur la valeur du microscope », Gazette hebdomadaire médicale, t. 2, 16 février 1855, p. 124-126, ici p. 125.

    27 N. A. Campbell, Biologie, Bruxelles, De Boeck-Wesmael, 1995, p. 117.

    28 L. Loison, « The Microscope against Cell Theory », art. cité.

    29 G. Canguilhem, « La théorie cellulaire », dans Id., La connaissance de la vie, Paris, Vrin, 2003 [1re éd. 1952], p. 53-101 ; F. Duchesneau, Genèse de la théorie cellulaire, op. cit. ; O. Parnes, « The Envisioning of Cells », Science in Context, 13/1, 2000, p. 71-92.

    30 G. Canguilhem, « La théorie cellulaire », art. cité ; H. Harris, The Birth of the Cell, op. cit.

    31 L. Loison, « Forms of Presentism in the History of Science », art. cité, p. 34-36.

    32 L. Laplane, L. Loison, « Les concepts de cellule et cellule souche. Extension et définition », dans T. Hoquet, F. Merlin (dir.), Précis de philosophie de la biologie, op. cit., p. 197-209.

    33 G. Bachelard, « L’actualité de l’histoire des sciences », dans J.-F. Braunstein, L’histoire des sciences, op. cit., p. 159-174, p. 164.

    Auteur

    • Laurent Loison

      CNRS, IHPST (UMR 8590, paris 1/CNRS/ENS)

    Précédent Suivant
    Table des matières

    Le texte seul est utilisable sous licence Licence OpenEdition Books. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont « Tous droits réservés », sauf mention contraire.

    Voir plus de livres
    Les Pensées métaphysiques de Spinoza

    Les Pensées métaphysiques de Spinoza

    Chantal Jaquet (dir.)

    2004

    Les expressions de la puissance d’agir chez Spinoza

    Les expressions de la puissance d’agir chez Spinoza

    Chantal Jaquet

    2005

    Spinoza au XIXe siècle

    Spinoza au XIXe siècle

    Actes des journées d’études organisées à la Sorbonne (9 et 16 mars, 23 et 30 novembre 1997)

    André Tosel, Pierre-François Moreau et Jean Salem (dir.)

    2008

    Spinoza transalpin

    Spinoza transalpin

    Les interprétations actuelles en Italie

    Chantal Jaquet et Pierre-François Moreau (dir.)

    2012

    Le problème de l’essence de l’homme chez Spinoza

    Le problème de l’essence de l’homme chez Spinoza

    Julien Busse

    2009

    L’envers de la liberté

    L’envers de la liberté

    Une approche historique dialectique

    Peggy Avez

    2017

    Aristote, l’animal politique

    Aristote, l’animal politique

    Annick Jaulin et Refik Güremen (dir.)

    2017

    Adam, la nature humaine, avant et après

    Adam, la nature humaine, avant et après

    Epistémologie de la Chute

    Irène Rosier-Catach et Gianluca Briguglia (dir.)

    2016

    La pensée comme expérience

    La pensée comme expérience

    Esthétique et déconstruction

    Marc Jimenez et Vangelis Athanassopoulos (dir.)

    2016

    (Re)lire L’Esprit des lois

    (Re)lire L’Esprit des lois

    Catherine Volpilhac-Auger et Luigi Delia (dir.)

    2014

    Y a-t-il du sacré dans la nature ?

    Y a-t-il du sacré dans la nature ?

    Catherine Larrère et Bérangère Hurand (dir.)

    2014

    Formalisme, jeu des formes

    Formalisme, jeu des formes

    Eveline Pinto (dir.)

    2001

    Voir plus de livres
    1 / 12
    Les Pensées métaphysiques de Spinoza

    Les Pensées métaphysiques de Spinoza

    Chantal Jaquet (dir.)

    2004

    Les expressions de la puissance d’agir chez Spinoza

    Les expressions de la puissance d’agir chez Spinoza

    Chantal Jaquet

    2005

    Spinoza au XIXe siècle

    Spinoza au XIXe siècle

    Actes des journées d’études organisées à la Sorbonne (9 et 16 mars, 23 et 30 novembre 1997)

    André Tosel, Pierre-François Moreau et Jean Salem (dir.)

    2008

    Spinoza transalpin

    Spinoza transalpin

    Les interprétations actuelles en Italie

    Chantal Jaquet et Pierre-François Moreau (dir.)

    2012

    Le problème de l’essence de l’homme chez Spinoza

    Le problème de l’essence de l’homme chez Spinoza

    Julien Busse

    2009

    L’envers de la liberté

    L’envers de la liberté

    Une approche historique dialectique

    Peggy Avez

    2017

    Aristote, l’animal politique

    Aristote, l’animal politique

    Annick Jaulin et Refik Güremen (dir.)

    2017

    Adam, la nature humaine, avant et après

    Adam, la nature humaine, avant et après

    Epistémologie de la Chute

    Irène Rosier-Catach et Gianluca Briguglia (dir.)

    2016

    La pensée comme expérience

    La pensée comme expérience

    Esthétique et déconstruction

    Marc Jimenez et Vangelis Athanassopoulos (dir.)

    2016

    (Re)lire L’Esprit des lois

    (Re)lire L’Esprit des lois

    Catherine Volpilhac-Auger et Luigi Delia (dir.)

    2014

    Y a-t-il du sacré dans la nature ?

    Y a-t-il du sacré dans la nature ?

    Catherine Larrère et Bérangère Hurand (dir.)

    2014

    Formalisme, jeu des formes

    Formalisme, jeu des formes

    Eveline Pinto (dir.)

    2001

    Accès ouvert

    Accès ouvert freemium

    ePub

    PDF

    PDF du chapitre

    Suggérer l’acquisition à votre bibliothèque

    Acheter

    Édition imprimée

    Éditions de la Sorbonne
    • amazon.fr
    • leslibraires.fr
    • placedeslibraires.fr
    • lcdpu.fr
    ePub / PDF

    1 Pour une mise au point bibliographique, voir L. Loison, « Forms of Presentism in the History of Science. Rethinking the Project of Historical Epistemology », Studies in History and Philosophy of Science, 60, 2016, p. 29-37.

    2 M. Foucault, « La vie : l’expérience et la science », dans J.-F. Braunstein (dir.), L’histoire des sciences. Méthodes, styles et controverses, Paris, Vrin, 2008, p. 345-362, ici p. 353.

    3 A. La Berge, « Medical Microscopy in Paris », dans A. La Berge, M. Feingold (dir.), French Medical Culture in the Nineteenth Century, Amsterdam/Atlanta, Rodopi, 1994, p. 296-326 ; Id., « Dichotomy or Integration? Medical Microscopy and the Paris Clinical Tradition », dans C. Hannaway, A. La Berge (dir.), Constructing Paris Medicine, Amsterdam/Atlanta, Rodopi, 1998, p. 275-312. ; Id., « Debate as Scientific Practice in Nineteenth-Century Paris: The Controversy over the Microscope », Perspectives on Science, 12/4, 2004, p. 424-453.

    4 L. Loison, « The Microscope against Cell Theory: Cancer Research in Nineteenth-Century Parisian Anatomical Pathology », Journal of the History of Medicine and Allied Sciences, 71/3, 2016, p. 271-292.

    5 D. Nicholson, « Biological Atomism and Cell Theory », Studies in History and Philosophy of Biological and Biomedical Sciences, 41, 2010, p. 202-211 ; J. Gayon, « Biologie et philosophie de la biologie : paradigmes », dans T. Hoquet, F. Merlin (dir.), Précis de philosophie de la biologie, Paris, Vuibert, 2014, p. 11-24.

    6 T. Schwann, Mikroskopische Untersuchungen über die Uebereinstimmung in der Struktur unc dem Wachstum der Thiere und Pflanzen, Berlin, Sander’schen Buchhandlung, 1839.

    7 D. Nicholson, « Biological Atomism and Cell Theory », art. cité.

    8 M. J. Schleiden, « Beiträge zur Phytogenesis », Archiv für Anatomie, Physiologie und wissenschaftlichen Medicin, 13, 1838, p. 137-176.

    9 L. Loison, « Pourquoi refuser la théorie cellulaire ? Le projet d’une anatomie chimique chez Charles Robin (1821-1885) », Revue d’histoire des sciences, 68/1, 2015, p. 23-45.

    10 F. Duchesneau, Genèse de la théorie cellulaire, Montréal/Paris, Bellarmin/Vrin, 1987 ; H. Harris, The Birth of the Cell, New Haven/Londres, Yale University Press, 1999.

    11 R. Virchow, Die Cellularpathologie in ihrer Begründung auf physiologische und pathologische Gewebelehre, Berlin, Hirschwald, 1858.

    12 A. La Berge, « Medical Microscopy in Paris », art. cité.

    13 H. Lebert, Physiologie pathologique, Paris, Baillière, 1845, 2 t. ; H. Lebert, Traité pratique des maladies cancéreuses et des affections confondues avec le cancer, Paris, Baillière, 1851.

    14 E. Ackerknecht, Medicine at the Paris Hospital, 1794-1848, Baltimore, John Hopkins Press, 1967.

    15 A. La Berge, « Dichotomy or Integration ? », art. cité, p. 276 (nous traduisons).

    16 A. La Berge, « Debate as Scientific Practice in Nineteenth-Century Paris », art. cité, p. 425 (nous traduisons).

    17 Ibid., p. 449-450.

    18 E. Michel, « Du microscope, de ses applications à l’anatomie pathologique, au diagnostic et au traitement des maladies », Mémoires de l’Académie de médecine, 21, 1857, p. 241-437.

    19 L. Loison, « Cellule cancéreuse ou théorie cellulaire ? Sur la réception de la théorie cellulaire à Strasbourg au xixe siècle », Bulletin d’histoire et d’épistémologie des sciences de la vie, 24/1, 2017, p. 27-42.

    20 L. Loison, « The Microscope against Cell Theory », art. cité.

    21 B. Naylor, « The Century for Cytopathology », Acta Cytologica, 44/5, 2000, p. 709-725.

    22 J. I. de las Heras, E. C. Schirmer, « The Nuclear Envelope and Cancer: A Diagnostic Perspective and Historical Overview », dans E. C. Schirmer, J. I. de Las Heras (dir.), Cancer Biology and the Nuclear Envelope, New York/Heidelberg/Dordrecht/Londres, Springer, 2014, p. 5-26.

    23 A. Stevens, J. S. Love, B. Young, Wheater’s Basic Histopathology, Churchill Livingstone, Elsevier Science Limited, 2002.

    24 L. Loison, « Forms of Presentism in the History of Science », art. cité.

    25 L. Loison, « The Microscope against Cell Theory », art. cité.

    26 R. Virchow, « Opinion sur la valeur du microscope », Gazette hebdomadaire médicale, t. 2, 16 février 1855, p. 124-126, ici p. 125.

    27 N. A. Campbell, Biologie, Bruxelles, De Boeck-Wesmael, 1995, p. 117.

    28 L. Loison, « The Microscope against Cell Theory », art. cité.

    29 G. Canguilhem, « La théorie cellulaire », dans Id., La connaissance de la vie, Paris, Vrin, 2003 [1re éd. 1952], p. 53-101 ; F. Duchesneau, Genèse de la théorie cellulaire, op. cit. ; O. Parnes, « The Envisioning of Cells », Science in Context, 13/1, 2000, p. 71-92.

    30 G. Canguilhem, « La théorie cellulaire », art. cité ; H. Harris, The Birth of the Cell, op. cit.

    31 L. Loison, « Forms of Presentism in the History of Science », art. cité, p. 34-36.

    32 L. Laplane, L. Loison, « Les concepts de cellule et cellule souche. Extension et définition », dans T. Hoquet, F. Merlin (dir.), Précis de philosophie de la biologie, op. cit., p. 197-209.

    33 G. Bachelard, « L’actualité de l’histoire des sciences », dans J.-F. Braunstein, L’histoire des sciences, op. cit., p. 159-174, p. 164.

    L’épistémologie historique

    X Facebook Email

    L’épistémologie historique

    Ce livre est cité par

    • Rheinberger, Hans-Jörg. (2022) Handbuch Methoden der Geschichtswissenschaft. DOI: 10.1007/978-3-658-27798-7_15-1
    • Marková, Ivana S. (2023) Empathy: a case study in the historical epistemology of psychiatry. History of Psychiatry, 34. DOI: 10.1177/0957154X231163764
    • Ienna, Gerardo. (2025) Studies in History and Philosophy of Science Genesis and Development of French Historical Epistemology. DOI: 10.1007/978-3-031-88699-7_1
    • Boschetti, Anna. (2024) L’épistémologie historique en train de se faire. Biens Symboliques / Symbolic Goods, 15. DOI: 10.4000/13ky5
    • Badiei, Sina. Vagelli, Matteo. (2022) Étudier la pensée économique par le prisme de l’épistémologie historique. Revue de philosophie économique, Vol. 22. DOI: 10.3917/rpec.221.0003
    • Vagelli, Matteo. Loison, Laurent. Moya-Diez, Ivan. (2021) Thinking Crossroads: from Scientific Pluralism to Pluralist History of Science. Journal for General Philosophy of Science, 52. DOI: 10.1007/s10838-020-09550-2
    • (2021) Premio Ricerca «Città di Firenze» Biopolitica ed ecologia. DOI: 10.36253/978-88-5518-384-0
    • Simons, Massimiliano. (2022) History as Engagement: The Historical Epistemology of Raymond Aron. Perspectives on Science, 30. DOI: 10.1162/posc_a_00410
    • Rheinberger, Hans-Jörg. (2026) Out of Step? Reflections on Writing the History of Molecular Biology. Journal of the History of Biology. DOI: 10.1007/s10739-026-09872-9
    • From monad to moneron, a conceptual filiation of simplicity in cell history. DOI: 10.70675/d011418cza4f6z4d9fz80e9z85bf171c5fbb
    • Les relations entre le Gabon et la francophonie institutionnelle (ACCT-OIF) depuis 1970 : histoire d'un triangle France-Afrique-Francophonie vue de Libreville. DOI: 10.70675/00a8a164z07d6z424bzae49z4fac67815f51
    • Des psychoses de l'enfant : histoire et philosophie de la clinique pédopsychiatrique. DOI: 10.70675/6eb2cfeez3b5fz4b5fz9462z32703a95d8fe
    • Médecine prédictive et oncogènes : un paradigme en question. DOI: 10.70675/d0d7230ez8d50z4c9czaaf4z30dfc015ba65
    • L'épistémologie évolutionniste des théories demeure-t-elle une perspective pertinente ?. DOI: 10.70675/96f50620z321cz4a2az9edaz48c42b515636

    Ce chapitre est cité par

    • Médecine prédictive et oncogènes : un paradigme en question. DOI: 10.70675/d0d7230ez8d50z4c9czaaf4z30dfc015ba65

    L’épistémologie historique

    Ce livre est diffusé en accès ouvert freemium. L’accès à la lecture en ligne est disponible. L’accès aux versions PDF et ePub est réservé aux bibliothèques l’ayant acquis. Vous pouvez vous connecter à votre bibliothèque à l’adresse suivante : https://freemium.openedition.org/oebooks

    Suggérer l’acquisition à votre bibliothèque Acheter ce livre aux formats PDF et ePub

    Si vous avez des questions, vous pouvez nous écrire à access[at]openedition.org

    L’épistémologie historique

    Vérifiez si votre bibliothèque a déjà acquis ce livre : authentifiez-vous à OpenEdition Freemium for Books.

    Vous pouvez suggérer à votre bibliothèque d’acquérir un ou plusieurs livres publiés sur OpenEdition Books. N’hésitez pas à lui indiquer nos coordonnées : access[at]openedition.org

    Vous pouvez également nous indiquer, à l’aide du formulaire suivant, les coordonnées de votre bibliothèque afin que nous la contactions pour lui suggérer l’achat de ce livre. Les champs suivis de (*) sont obligatoires.

    Veuillez, s’il vous plaît, remplir tous les champs.

    La syntaxe de l’email est incorrecte.

    Référence numérique du chapitre

    Format

    Loison, L. (2019). Ce que change la prise en compte du présent. In J.-F. Braunstein, I. Moya Diez, & M. Vagelli (éds.), L’épistémologie historique. Paris: Éditions de la Sorbonne. https://doi.org/10.4000/books.psorbonne.39361
    Loison, Laurent. « Ce que change la prise en compte du présent ». In L’épistémologie historique, édité par Jean-François Braunstein, Iván Moya Diez, et Matteo Vagelli. Paris: Éditions de la Sorbonne, 2019. doi:10.4000/books.psorbonne.39361.
    Loison, Laurent. « Ce que change la prise en compte du présent ». L’épistémologie historique, édité par Jean-François Braunstein et al., Éditions de la Sorbonne, 2019, https://doi.org/10.4000/books.psorbonne.39361.

    Référence numérique du livre

    Format

    Braunstein, J.-F., Moya Diez, I., & Vagelli, M. (éds.). (2019). L’épistémologie historique. Paris: Éditions de la Sorbonne. https://doi.org/10.4000/books.psorbonne.39172
    Braunstein, Jean-François, Iván Moya Diez, et Matteo Vagelli, éd. L’épistémologie historique. Paris: Éditions de la Sorbonne, 2019. doi:10.4000/books.psorbonne.39172.
    Braunstein, Jean-François, et al., éditeurs. L’épistémologie historique. Éditions de la Sorbonne, 2019, https://doi.org/10.4000/books.psorbonne.39172.
    Compatible avec Zotero Zotero

    1 / 3

    Éditions de la Sorbonne

    Éditions de la Sorbonne

    • Mentions légales
    • Plan du site
    • Se connecter

    Suivez-nous

    • Facebook
    • Bluesky
    • Flux RSS

    URL : http://editionsdelasorbonne.fr/

    Email : edsorb@univ-paris1.fr

    OpenEdition
    • Candidater à OpenEdition Books
    • Connaître le programme OpenEdition Freemium
    • Commander des livres
    • S’abonner à la lettre d’OpenEdition
    • CGU d’OpenEdition Books
    • Accessibilité : partiellement conforme
    • Données personnelles
    • Gestion des cookies
    • Système de signalement