La mosaïque de pavement romane et les tapis de sol
p. 409-422
Texte intégral
1La mosaïque n’occupe dans l’édifice roman qu’une place réduite par rapport aux autres types de pavement. Il s’agit d’une technique artistique spécialisée et coûteuse qui demande également un entretien en fonction de l’usure des sols. Pour cette raison, et malgré les exemples vénitiens ou romains – que Robert Delort à qui je dédie cet article connaît si bien – les pavements de tesselles, figurés et colorés, sont réservés en priorité, à l’époque romane, seulement à certaines parties des édifices religieux1. Dans un tableau comparatif de l’emplacement des mosaïques dans l’édifice médiéval on observe, de ce point de vue, des constantes fort intéressantes.
2Dans à peu près la moitié de la trentaine de monuments relevés en France, la mosaïque couvre le sol de l’abside principale et seulement quelquefois elle déborde sur le transept. C’est le cas à Cruas2 ou à Lescar3, par exemple. À Ganagobie, elle orne les trois absides de l’édifice et la moitié orientale du double transept4. À Saint-Étienne de Valence, tout le transept est couvert d’une mosaïque qui ne pénètre pas dans les absides5. Dans deux cas, la mosaïque occupe le déambulatoire et, dans un troisième, Saint-Denis, une seule chapelle de la partie tournante6. Dans cinq édifices, c’est seulement le chœur, en avant de l’abside, qui a reçu le décor en mosaïque. A Saint-Martin de Tours les trois nefs étaient probablement toutes décorées de mosaïque, au moins sur quelques travées7. À Thiers, enfin, la mosaïque se déroule, telle un tapis, devant l’entrée, à l’intérieur de l’église8.
3L’intérêt d’un tableau général est de permettre de saisir d’emblée et d’une manière globale l’emplacement donné à la mosaïque dans des édifices religieux aux caractéristiques architecturales très diverses. Nous y constatons non seulement que la mosaïque occupe des surfaces extrêmement réduites par rapport à la totalité du sol disponible dans le monument, mais surtout que le pavement décoré se situe toujours, à deux exceptions près, comme un tapis qui aurait été déroulé dans les environs immédiats de l’autel. C’est, me semble-t-il, un premier indice qui nous oriente vers l’idée de la mosaïque-tapis que je voudrais développer dans cet article. Dans un cas, enfin, à Die (fig. 1), la mosaïque couvre la totalité du sol d’une chapelle au premier étage du palais épiscopal9.
4Une observation comparative des plans des édifices religieux appelle aussi une autre remarque générale. Dans beaucoup d’églises, la mosaïque de pavement se trouve dans une partie du monument sinon complètement fermée, du moins peu accessible aux fidèles. C’est plutôt l’espace réservé au clergé qu’elle orne en général10. Ceci entraîne une réflexion sur la réception de l’iconographie : la mosaïque de pavement ne joue pas un grand rôle didactique vis-à-vis des fidèles. Dans certains cas, comme à Cruas, où la mosaïque décore le sol du chœur monastique et de l’abside qui est surélevé par une crypte haute et une tribune, elle apparaît, encore davantage, éloignée du peuple11.
5L’emplacement de la mosaïque dans l’église médiévale met essentiellement en valeur le chœur et surtout l’autel. À Saint-Paul-Trois-Châteaux, par exemple, les quatre symboles des évangélistes portant le livre – assez rarement figurés sur le sol – sont situés de part et d’autre de l’autel, l’encadrant et s’y intégrant12. Alors, la mosaïque peut jouer, par rapport à l’autel, le rôle d’un véritable tapis. La mosaïque est conçue en fonction de l’architecture qui l’abrite, et elle s’y soumet. En même temps, elle souligne les dispositifs liturgiques du chœur et suggère le déroulement de certains offices. La mosaïque suit le tracé de l’architecture, et cela paraît aller de soi lorsqu’il s’agit, par exemple, de la courbe de l’abside. Cette soumission de la mosaïque à l’architecture permet d’indiquer, par terre, les parties de l’édifice religieux. À Ganagobie, par exemple, la division se fait, au sol, entre l’abside centrale proprement dite et la surface qui correspond aux ébrasements et à l’arc triomphal. À l’intérieur de chaque bras du transept, la mosaïque est subdivisée en deux panneaux, mais la bande occidentale de mosaïque constitue une bordure unique pour les deux panneaux, et souligne l’unité architecturale du croisillon. A Saint-Sever-sur-l’Adour, la mosaïque de l’abside principale précise les divisions internes de cette dernière par rapport à un mur qui traverse l’abside. Les panneaux situés au-delà de ce mur sont orientés pour être vus de l’intérieur de cette salle-reliquaire, et non dans le sens de la plupart des autres panneaux13.
6La mosaïque témoigne en outre de dispositifs liturgiques qui ne se traduisent pas sur le plan architectural. Elle signale l’emplacement de l’autel, mais en plus elle indique certaines compartimentations liturgiques. Cette utilisation du pavement pour expliciter des dispositifs liturgiques était déjà en usage à l’époque paléochrétienne14. La plus frappante de ces indications au sol consiste en la présence de deux grands disques situés de part et d’autre de l’autel, un peu en avant de celui-ci. On les trouve à Moissac15, à Saint-Sever, à Ganagobie, où ils sont ornés d’un éléphant et d’un léopard, à Saint-Paul-Trois-Châteaux, où ils offrent les symboles des évangélistes portant les livres. Ce dispositif n’est pas rare ailleurs, notamment en Italie16. À Moissac, un disque principal est cantonné de quatre petits motifs circulaires destinés probablement à porter un baldaquin mobile. N’oublions pas à ce propos que le baldaquin d’autel monumental de l’église de Ripoll possédait de très belles bases sculptées qui étaient posées à même le sol en mosaïque17.
7On connaît le rôle qu’ont joué au Moyen Âge les rotae des pavements cosmatesques romains dans la nef centrale des églises, et surtout celui des rotae de la basilique vaticane18. Les paires de disques des pavements des églises de France correspondent, me semble-t-il, à l’emplacement mobile qui indique l’endroit des lectures. Cette indication au sol signale en pratique les ambons dont on sait qu’ils étaient généralement au nombre de deux au XIIe siècle : un pour la lecture de l’évangile, et l’autre pour l’épître19.
8Les développements qui précèdent confirment l’idée de la mosaïque-tapis déroulé devant l’autel ou autour de celui-ci. On a souvent dit que la mosaïque pouvait avoir été influencée par les tapis de sol20, mais, à mon sens, ce sont les mosaïstes eux-mêmes qui, très volontairement, ont tenté d’imiter jusque dans les moindres détails les tapis que l’on voyait déroulés sur le sol des églises ou des grandes demeures21.
9À Sorde-l’Abbaye22, un des panneaux tient lieu d’un tapis qui aurait été déployé devant l’autel. La composition générale du panneau trouve un parallèle étonnant dans le folio 138 de l’Apocalypse de Saint-Sever23, étant entendu que ni les entrelacs, ni les animaux, ne sont identiques ; mais l’esprit des deux compositions peut être comparé. On y retrouve les mêmes trois-feuilles en lacis. C’est une comparaison qui confirme celle de la mosaïque de Saint-Sever avec le même manuscrit, d’autant plus que les arbres de Saint-Sever sont très proches de ceux de Sorde. Le fait que le folio 38 et le panneau de Sorde soient comparables, mais non pas identiques, confirme qu’il ne s’agit pas d’une copie directe mais d’un contexte artistique local, commun aux deux oeuvres24.
10En outre, le panneau mentionné de Sorde qui est le seul morceau comportant des représentations figurées, présente une composition qui paraît directement inspirée d’un tapis de sol : deux groupes d’animaux ont en effet été disposés symétriquement par rapport à l’autel. L’imitation d’un tapis réel me paraît d’autant plus probante qu’à Sorde les panneaux donnent l’impression de se chevaucher les uns les autres, vu l’absence de bordure sur certains d’entre eux. L’un, par exemple, possède une bordure sur trois côtés, alors que le quatrième est simplement juxtaposé au panneau contigu. Cela n’indique pas que le pavement ne soit pas d’une même venue, ou qu’il s’agisse de raccords soi-disant maladroits ; au contraire, des panneaux bordés sur trois côtés et simplement juxtaposés sur le quatrième, de même que des séries de panneaux juxtaposés sans bordure existent déjà dans des pavements de la fin de l’Antiquité, comme à Terrassa25 et, non loin de Sorde, à Valentine26. Ces juxtapositions de panneaux, apparemment peu symétriques, qui n’appartiennent pas au répertoire des mosaïstes antiques, sont au contraire une des caractéristiques des mosaïques de pavement médiévales. Les exemples sont nombreux : on peut citer ceux de Saint-Michel de Pavie27 ou de Pomposa28. On trouve la même chose à Ganagobie (fig. 2) ou ailleurs. Il suffit d’entrer dans une mosquée et de voir la disposition des tapis de sol pour saisir d’emblée que cet effet est parfaitement identique à celui des mosaïques romanes.
11Des tapis trouvés en Sibérie avaient déjà permis à I. Lavin de parler du rôle important qu’ils auraient pu jouer dans la genèse de la mosaïque de pavement29. Il suffit de les comparer à des pavements en mosaïque antiques pour se rendre à l’évidence. Les mosaïques romanes de Thiers et de Ganagobie (fig. 2) confirment que les tapis de sol auraient vraisemblablement joué un rôle important dans la création du style des mosaïstes médiévaux30.
12Les images réunies dans la mosaïque de Ganagobie, ainsi que le lieu où se trouve celle-ci dans l’église sont des choix fréquents chez les mosaïstes romans d’Italie du Nord, du moins à travers ce que reflètent, de leur emplacement d’origine, les pavements encore conservés. Les scènes animalières, de combat ou de chasse apparemment sans rapport les unes avec les autres sont fréquentes.
13Dans la cathédrale de Reggio Emilia, deux larges bandes de mosaïque présentent des scènes animalières de lutte, pour lesquelles le sens de lecture change d’axe plusieurs fois ; elles sont, comme à Ganagobie, accompagnées de la signature du mosaïste31. Dans l’église de Tedaldo à S. Benedetto Po, près de Mantoue, dans un pavement daté de 1151 par une inscription, on a figuré divers animaux ou personnages, en lutte ou dans des médaillons, de part et d’autre des quatre vertus cardinales, sur une bande qui se développe sur le sol du transept face aux trois absides32. Des fouilles ont mis au jour une bande du même type dans l’église de S. Benedetto de Brescia. On y voit des animaux et des personnages isolés, ainsi qu’une scène de chasse33.
14Le pavement le plus directement comparable à celui de Ganagobie, en ce qui concerne les éléments qui s’y trouvent réunis, est conservé dans l’absidiole sud de l’église de S. Pietro in Ciel d’Oro à Pavie. Découvert à la fin du siècle dernier34, ce pavement, d’un style fort grossier, est situé devant l’autel. On y voit un cavalier armé d’une lance aux prises avec un dragon ; des félins, une chimère, la façade d’un château avec un buste probablement de femme et différents éléments végétaux, géométriques ou animaliers35. Ces représentations s’insèrent dans une idée du merveilleux que nous connaissons à travers les textes médiévaux36. Cette vision du merveilleux dérive, au Moyen Âge, de deux types de sources : d’un côté la Bible, la mythologie antique et les traités de la nature (Pline, Isidore, le Physiologus), de l’autre les romans arthuriens37. La plastique animale y prend une large place.
15Les artistes de Ganagobie auraient pu trouver leur inspiration dans les tapis représentant des animaux que l’on déroulait sur le sol ; je pense en effet que la juxtaposition des panneaux de Ganagobie (fig. 2) a été volontairement organisée pour imiter un sol recouvert de tapis dont les bordures se superposeraient38. La plupart des animaux représentés à Ganagobie sont tirés des recueils connus sous le nom de Bestiaires. L’insertion de monstres à côté d’animaux réels ne saurait surprendre, car il s’agit pour la plupart de monstres décrits par le Physiologus et par les Bestiaires. Cette faune réelle et fantastique est le thème préféré pour orner à l’époque romane les mosaïques de pavement et les tapis de sol.
16Pour pouvoir se faire une idée définitive des rapports étroits qui devaient lier au Moyen Âge les tapis de sol à la mosaïque de pavement, nous manquons d’exemples bien conservés. Peu de tapis en effet nous sont connus39. Ceux qui subsistent prouvent que les relations entre tapis et mosaïque étaient étroites40. Pour des époques postérieures, les liens iconographiques entre tapis de sol et pavements continuent d’être signalés41. Deux broderies trouvées en Suède confirment la diffusion du thème iconographique des animaux enfermés dans des cases. Mais c’est surtout le tapis noué de Saint-Servais de Quedlinburg qui montre l’importance qu’avaient à l’époque romane les tapis de sol42. Son iconographie et la disposition des personnages (fig. 3) permettent de le comparer à des pavements comme ceux de Saint-Irénée de Lyon43, de Saint-Remi de Reims44, et surtout celui de Santa Maria del Popolo de Pavie45. Le cycle de la « Passion » de saint Eustache aujourd’hui conservé au Museo Civico est le plus important récit hagiographique conservé sur un pavement en mosaïque médiéval (fig. 4). Il présentait sur le sol du bas-côté de l’église une disposition fort proche de celle que l’on propose de reconstituer dans le tapis de Quedlinburg.
17L’idée du tapis devant l’autel ou l’entourant paraît confirmée également par la mosaïque de Saint-Paul-Trois-Châteaux, dans laquelle l’autel et le trône épiscopal sont reliés par une bande en mosaïque faisant fonction de couloir-tapis.
18De la même manière, les mosaïstes romans n’ont pas hésité à imiter à l’entrée de l’église un tapis qui serait déroulé vers l’intérieur du monument. Un exemple particulièrement frappant est celui de la mosaïque de Thiers : son schéma de composition avec des animaux dans des cercles constituant un motif couvrant est caractéristique, précisément, des tissus et des tapis. L’emplacement qui lui est réservé dans l’église – la travée occidentale de la nef principale – correspond à l’idée d’un tapis de sol qu’on aurait déroulé à l’entrée de l’édifice, vers l’intérieur. La preuve en est que les animaux sont disposés de façon telle qu’ils sont faits pour être vus des fidèles qui pénètrent dans l’église. C’est la seule mosaïque de France à être située à cet endroit et non dans le chœur ou le transept. En Italie en revanche, nous en connaissons plusieurs exemples, et tout d’abord dans des mosaïques couvrant la totalité du sol de l’église. Deux pavements justifient en Italie cette idée d’une imitation volontaire d’un tapis déroulé à l’entrée. À Saint-Marc de Venise, et malgré les restaurations et les réfections des seuils des portails, celui du portail occidental du bas-côté sud de l’église a conservé du moins le souvenir, sinon le style, du schéma du décor d’origine46 : six grands cercles enlacés enferment chacun un animal et, ce fait est à retenir, comme à Thiers, les animaux sont orientés pour être vus en entrant dans l’église.
19Le même agencement existe, d’une manière encore plus probante, à Sainte-Marie du Patir47 : la mosaïque ne couvre pas la totalité du sol de l’église, mais seulement les deux travées occidentales de la nef centrale et une travée dans chacune des nefs latérales devant les portes d’entrée nord et sud. Le décor du pavement adopte, comme à Thiers, le canevas de motifs animaliers dans des cercles juxtaposés, et ces animaux sont également orientés à chaque fois pour être vus par ceux qui franchissent les différents accès de l’édifice ; ainsi les médaillons situés à l’entrée nord de l’église ne sont pas orientés d’ouest en est comme ceux de la nef centrale, mais du nord au sud. C’est une nouvelle preuve que ces mosaïques de seuil ou d’entrée étaient construites, tel un tapis, non pas en fonction de l’orientation de l’église qui les abritait, mais de la porte et des fidèles qui la traversaient.
20Le mosaïste roman semble avoir accordé beaucoup d’importance à rendre visible, à travers la mosaïque de pavement, un tapis de sol. Dans le chœur de la cathédrale d’Aoste (fig. 5), le panneau circulaire en mosaïque figurant les mois et l’année est « posé » sur un panneau rectangulaire, tel un tapis sur un autre, déroulé ici devant l’autel48. On sait par des donations que des tapis réels étaient placés devant les autels49. Il suffit par ailleurs de regarder vers l’intérieur d’une église qui a conservé la totalité de son pavement en mosaïque pour être convaincu que l’idée du tapis hantait le mosaïste roman. Certains pavements italiens jouent le rôle de véritables tapis s’étendant sur toute la surface du sol ; nous pouvons citer ici les exemples spectaculaires d’Otrante, de Saint-Marc de Venise ou de Saint-Donat à Murano.
21Les éléments de la mosaïque de la cathédrale d’Aoste permettent de saisir également un autre aspect iconographique présent sur les pavements romans en général et sur la mosaïque de Ganagobie en particulier : les mosaïques traduisent sur le sol une certaine image du Monde liée à la pensée géographique50. En cela la mosaïque s’apparente aux cartes géographiques médiévales composées d’animaux de différentes sortes, dont certains, bien que fantastiques, représentent la faune de différents pays. Ainsi, au centre d’un deuxième panneau de la mosaïque de la cathédrale d’Aoste on trouve, dans un cercle frappé de cercles et de carrés inscrits, quatre animaux qui semblent se référer aux différentes espèces. Ils sont cantonnés de quatre autres animaux fantastiques, alors que plus loin on voit une chimère et un éléphant, accompagnés de leurs noms respectifs. Le tout se situe dans un lieu géographiquement très défini : entre le Tigre et l’Euphrate. À l’intérieur de cette zone géographique, les animaux fantastiques et merveilleux entourent ceux qui se trouvent dans les cercles concentriques, et qui représentent les différentes espèces de la Création dans une image du Monde51. Au musée de Turin, la mosaïque provenant de Saint-Sauveur conserve une de ces grandes compositions du pavement avec la Fortune, autour de laquelle sont disposés des cercles avec des animaux, ceints par la figuration de l’océan et les vents aux angles (fig. 6) ; le tout comme un grand tapis52.
22La mosaïque de pavement remplace les tapis de sol et les imite. Parfois, des tissus recouvraient les murs et les différentes techniques devenaient complémentaires. Les tapis de sol romans ont souvent disparu ; il en reste très peu d’exemplaires. Si on ne peut pas toujours, en France, visualiser ce qu’était un pavement roman à l’intérieur de son édifice lorsque celui-ci était entièrement orné, il existe au contraire, en Italie, suffisamment d’exemples conservés pour permettre de prendre conscience de l’importance du pavement par rapport au décor de tout l’édifice, et de se rendre compte à quel point ce sol en mosaïque était essentiel pour donner à l’église une couleur intérieure si importante dans l’art d’Occident au cours du Moyen Âge53.

Fig. 1. Die, ancienne chapelle du palais épiscopal, mosaïque.

Fig. 2. Ganagobie, mosaïque.

Fig. 3. Saint-Servais de Quedlinburg, tapis de sol.

Fig.4. Pavie Museo Civico, Basilique Santa Maria del Popolo, mosaïque.

Fig. 5. Aoste, choeur de la cathédrale, mosaïque.

Fig. 6. Turin, église du Saint-Sauveur, mosaïque.
Notes de bas de page
1 X. Barral i Altet, La mosaïque, dans Le Monde Roman (Collection L’univers des formes), Paris, 1982, p. 109-128 ; et dans les Royaumes d’Occident (Collection L’univers des formes), Paris, 1983, p. 145-157 ; id., Els mosaics de paviment medievals a Catalunya (Art romànic, 10), Barcelone, 1979 ; id., Les mosaïques de pavement médiévales de Venise, Murano, Torcello (Bibliothèque des Cahiers archéologiques, 14), Paris, 1985 ; id., Il mosaico pavimentale, in La pittura in Italia. L’Altomedioevo, Milan, 1994, p. 480-498.
2 X. Barral i Altet, Le pavement médiéval de l’église Sant’Angelo in Formis (Campanie), in Mosaïque. Recueil d’hommages à Henri Stern, Paris, 1983, p. 55-66.
3 Recueil général des mosaïques de Gaule, IV : Province d’Aquitaine, 1 (Supplément à Gallia), Paris, 1980, p. 19-20, 179-193. Dorénavant Mosaïques de la Gaule.
4 X. Barral i Altet, Les mosaïques de Ganagobie, de Saint-André-de-Rosans et l’art clunisien, in Saint Maïeul, Cluny et la Provence. Les Alpes de Lumière, 115 (1994), p. 47-59.
5 H. Lavagne, Mosaïques de la Gaule, III : Narbonnaise, 1, Paris, 1979, p. 161-168.
6 X. Barral i Altet, The mosaic Pavement of the Saint-irmin Chapel at Saint-Denis : Alberic and Suger, in Abbot Suger and Saint-Denis. A Symposium, 1981, P. Lieber Gerson éd., New York, 1986, p. 245-255.
7 X. Barral i Altet, Mosaïques de la Gaule, II : Province de Lyonnaise, 4, Paris, 1991, p. 137-139.
8 H. Stern, La mosaïque de l’église Saint-Genès de Thiers, in Cahiers archéologiques. Fin de l’Antiquité et Moyen Âge, t. 7, Paris, 1954, p. 185-198, pl. LXVII-LXXIV.
9 Qu’un pavement soit placé au premier étage d’une maison est une chose déjà connue pendant l’Antiquité : N. Neuerburg, The Other Villas at Tivoli, Archeology, 21 (1968), p. 278-287.
10 Sur l’isolement du chœur par rapport aux fidèles et la place de l’autel : J. Hubert, Introïbo and altare, Revue de l’art, 24 (1974), p. 9-21.
11 R. Saint-Jean, La tribune monastique de Cruas, Les Cahiers de Saint-Michel de Cuxa, 6 (1975), p. 153 et suiv.
12 H. Lavagne, Mosaïques de la Gaule, op. cit., p. 157-161.
13 X. Barral i Altet, Mosaïques de la Gaule, IV : Province d’Aquitaine, 2, Paris, 1987, p. 20-21,289-299.
14 Sur ces questions voir, par exemple, N. Duval, Les églises africaines à deux absides. Recherches archéologiques sur la liturgie chrétienne en Afrique du Nord (Bibliothèque des écoles françaises d’Athènes et de Rome, 218-218 bis), Paris, 1971-1973 ; id, Notes sur l’église de Kabr Hiram (Liban) et ses installations liturgiques, Cahiers archéologiques, 26 (1977), p. 81-104.
15 M. Durliat, L’église abbatiale de Moissac des origines à la fin du XIe siècle, Cahiers archéologiques, 15 (1965), p. 155-177 ; X. Barral i Altet, La mosaïque de l’église de Moissac, Bulletin de la Société Nationale des Antiquaires de France, 1975, p. 72-73.
16 À Caserta Vecchia, par exemple, et dans bien d’autres églises, voir en général : J. Braun, Der christliche Altar in seiner geschichtlichen Entwicklung, t. 1, Munich, 1924 ; H. Kier, Der mittelalterliche Schmuckfuβboden unter besonderer Berücksichtigung des Rheinlandes (Die Kunstdenkmäler des Rheinlandes, 14), Düsseldorf, 1970.
17 X. Barral i Altet, La sculpture à Ripoll au XIIe siècle, Bulletin Monumental, 131 (1973), p. 189-218.
18 M. Andrieux, La Rota porphyretica de la basilique Vaticane, Mélanges de l’École française de Rome, 1954, p. 189-218.
19 M. Salmi, L’architettura romanica in Toscana, Milan-Rome, s. d. (1926), p. 60-61 et note 71.
20 L. Bréhier, Études d’art, 1, 1945, p. 48-49.
21 Sur les tapis médiévaux, la bibliographie est plutôt rare : R. B. Holt, Rugs Oriental and Occidental Antique and Modem. A Handbook for Ready Reference, Chicago, 1908 ; J. G. Weeks, D. Treganowan, Rugs and Carpets of Europe and the Western World, Philadelphie-Londres-New York, 1909, France, p. 35 et suiv. ; C. Smith, Victoria and Albert Museum Department of Textils, Guide to the Collection of Carpets, in Aus der Welt der islamischen Kunst. Festschrift für Ernst Kühnel, Berlin, 1959, p. 93.-116 ; V. Gantzhorn, Der christlich orientalische Teppich : eine Darstellung der ikonographischen und ikonologischen Entwicklung von den Anfängen bis zum 18. Jahrhundert, Cologne, 1990 ; F. Wappenschmidt, Plüschteppiche aus dem Türckenland : Orientteppiche in Kunst und Leben des 14. bis 19. Jahrhunderts, Weltkunst, 63 (1993), no 11 (juin), p. 1351-1353 ; W. O’Bannon, W. George, Oriental Rugs : a Bibliography, Londres, 1994.
22 Pour les mosaïques de Sorde et de Saint-Sever voir Mosaïques de la Gaule, IV : Province d’Aquitaine, 2, Paris 1987, p. 20-21, 289-299.
23 El beato de Saint-Sever. Volumen complementario de la edicióm facsimil del Ms. lat. 8878 de la Bibliothèque nationale de Paris, Madrid, 1985.
24 La mise en place du panneau numéro 7 de Sorde semble inspirée d’une manière générale de celle de certains folios de manuscrits. Le folio 52 du Beatus de Valcavado présente une bordure qui encadre la page d’une manière identique au panneau de la mosaïque de Sorde. On trouvera ce folio reproduit dans M. Churruca, Influjo oriental en los temas iconográficos de la miniatura española. Siglos X al XII, Madrid. 1939, pl. XXXVIII.
25 X. Barral i Altet, Les mosaïques de l’ancien siège épiscopal d’Egara (Terrassa) en Catalogne, in La mosaïque gréco-romaine II, 2e colloque international, Vienne, 1971, Paris, 1975, p. 252-253, pl. XCV, XCVI.
26 C. Balmelle, X. Barral i Altet, Mosaïques de la Gaule, IV : Province d’Aquitaine, 1. Paris, 1980, p. 179-180, pl. CIV et CV.
27 H. Kler, op. cit., fig. 368.
28 H. Stern, Le pavement de la basilique de Pomposa (Italie), Cahiers archéologiques, 18, (1968), p. 157-169, fig. 3 et suiv.
29 I. Lavin, The Hunting Mosaics of Antioch and their Sources, Dumbarton Oaks Papers, 17(1963), p. 200 et suiv.
30 X. Barral i Altet, Les pavements romans de Saint-André-de-Rosans et de Ganagobie : réflexions sur le sens des images et sur le travail des mosaïstes, in Millénaire de Saint-André-de-Rosans, Bulletin de la Société d’Études des Hautes-Alpes, 1989, p. 225-247.
31 M. Degani, I mosaici romanici di Reggio Emilia, Reggio Emilia, 1961, pl. III.
32 M. Pigozzi, Mosaici e bassorilievi in San Benedetto in Polirone, in II romanico. Atti del seminario di studi diretto da Piero Sanpaolesi, Villa Monastero di Varena, 8-16 sett. 1973, Milan, p. 145-233.
33 G. Panazza, La chiesa di S. Benedetto in Brescia, Arte Lombarda, 36 (1972), p. 1-13.
34 La découverte de cette mosaïque fut publiée par C. Brambilla, Sulle opere di restauro alla basilica di S. Pietro in Ciel d’Oro. Relazione alla Commissione Provinciale dei monumenti in Pavia, Pavie, 1886, p. 27 et suiv. ; Id., Pavimento a musaico scoperto nella basilica di S. Pietro in Ciel d’Oro di Pavia, in Reale Istituto Lombarde di Scienze e Lettere. Rendiconti, série II, t. 19, 1886, p. 724-735, et publié en tirage à part à Milan en 1886.
35 Sur cette mosaïque, outre les études citées de C. Brambilla : A. Kingsley Porter, Lombard Achitecture, 4 vol., New Haven-Londres, 1915-1917, t. 3 (1917), p. 215 et suiv. ; A. Venturi, Storia dell’arte italiana, t. 3 : L’arte romanica, Milan, 1904, p. 422-423 et fig. 396 ; F. Gianani, La basilica di S. Pietro in Ciel d’Oro di Pavia nella storia e nell’arte, Pavie, 2e éd., 1972, p. 66.
36 Pour une analyse monographique : L. Carasso-Bulow, The Merveilleux in Chrétien de Troyes’Romances (Histoire des idées et critique littéraire, 153), Genève, 1976.
37 E. Faral, Le Merveilleux et ses sources dans les descriptions des romans français du XIIe siècle, in Recherches sur les sources latines des contes et romans courtois, Paris, 1913, p. 307-388.
38 R. Ettinghausen, op. cit. New Light on Early Animals Carpets, in Aus der Welt der islamischen Kunst. Festschrift für Ernst Kühnel, Berlin, 1959, p. 96-116.
39 À la bibliographie citée plus haut ajouter : H. L. Nickel, Deutsche romanische Bildteppische, Leipzig, 1970.
40 R. Pylkkanen, The Use and Traditions of Mediaeval Rugs and Coverlets in Finland, no 1147, p. II et suiv.
41 L. von Wllckens, Fin deutscher Krüpfteppich gegen 1540 und andere Textilien des 16. Jh. mit verwandter Funktion, 1982, p. 31-40 ; K. Strömberg, Zwischen Statussymbol und Metapher : der Orientteppich in der Malerei, Kunst und Antiquitäten, 1994, no 3 (mars), p. 10-16.
42 Catalogue de l’exposition Die Zeit der Staufer, Stuttgart, 1977, t. 1, p. 640-644, avec bibliographie ; D. Kötzsche, Quedlinburger Schatz wiedervereint. Exhibition, Berlin, 1992 ; P. Michael, Der Quedlinburger Schatz wiedervereint : Ausstellung im Berliner Kunstgewerbemuseum, 3. 10. 1992 - 30. 5. 1993, Münster, 1993, 46, no 2, p. 167-168. Excellentes reproductions dans A. Legner, A. et I. Hirmer, Romanische Kunst in Deutschland, Munich, 1986, fig. 492-493, et pour un état de la question en Allemagne, p. 118-123.
43 H. Stern, Mosaïques de la Gaule, II, 1, Lyon, Paris, 1967, no 6, p. 124-126.
44 X. Barral i Altet, Les mosaïques de pavement de la ville de Reims, in Congrès archéologiques de France, 135e session, Champagne, Paris, 1981, p. 79-108.
45 C. Brambilla, La basilica di Santa Maria del Popolo in Pavia ed il suo mosaico, Pavie, 1876 : compte-rendu de la découverte et illustrations) ; A. Peroni, Pavia. Musei civici del castello visconteo, Bologne, 1975, p. 86-90, fig. 436-446.
46 Voyez l’emplacement de ce panneau dans la gravure publiée par F. Ongania, La basilica di S. Marco in Venezia, Venise, 1886, pl. XXXV.
47 Sur cette mosaïque, l’étude ancienne la plus complète est encore celle de P. Orsi, Le chiese basiliane della Calabria, Florence, 1929, p. 113-151 ; publiée auparavant dans le Bollettino d’Arte, 12 (1923), p. 529-562. Voyez aussi Ch. Diehl, L’art byzantin dans l’Italie méridionale, Paris, s.d. (1894 ?), p. 193-199, et notamment fig. p. 197 ; É. Bertaux, L’art dans l’Italie méridionale, t. 1, Paris, 1904, p. 484-485 ; N. Rash Fabbri, Eleventh and Twelfth Century Figurative Mosaic Floors in South Italy, thèse Bryn Mawr College, avril 1971 (microfilm Ann Arbor 1972), p. 66-76.
48 E. Brunod, La cattedrale di Aosta. Arte sacra in Valle d’Aosta, Aoste, 1975 ; Ch. Bonnet, R. Perinetti, Remarques sur la crypte de la cathédrale d’Aoste, Aoste, 1977.
49 Die Zeit der Staufer, op. cit., p. 640-644 ; V. Mortet, Recueil des textes relatifs à l’histoire de l’architecture et à la condition des architectes en France au Moyen Age, XIe-XIIe siècles (Coll, de textes pour servir à l’étude et à l’enseignement de l’histoire), t. 1, Paris, 1911, p. 82 et note 3.
50 Sur ce point, W. George, Animals and Maps, Londres, 1969, p. 26-55.
51 Sur les images circulaires du Monde : M. Lurker, Der Kreis als Imago Mundi. Abwandlungen des Kreismotivs in der christlichen Kunst, Das Münster, 25 (1972), p. 297-306.
52 E. Kitzinger, World Map and Fortune’s Wheel : a Medieval Mosaic Floor in Turin, Proceedings of the American Philosophical Society, 117, no 5 (octobre 1973), p. 344-373.
53 M. Cagiano de Azevedo, Policromia e polimateria nelle opere d’arte della tarde antichità e dell’alto medioevo, Felix Ravenna, 101 (1970), p. 223-259.
Auteur
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Xavier Barral I Altet
Université de Rennes II
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