Tableaux de Maîtres
p. 295-310
Texte intégral
Promesses
1La loi du genre impose à l’élu d’un jour une confession publique de ses vertus et de ses tares. Parfaitement conscient de mes défauts, je vous laisse le soin d’en juger, préférant les rechercher chez les autres. De là ces quelques portraits, saisis dans une ambiance d’époque, d’une époque fort révolue, celle de ma jeunesse, que clôt l’année 1962. Par convention, on ne trouvera rien de ce qui fut postérieur. D’aucuns contesteront la nature du propos, l’outrecuidance à vouloir me mesurer aux autres, toujours plus grands en science et en vertus. Qu’ils se détrompent. Cette entreprise, tardive et circonstancielle, ne reflète qu’un seul souci, celui de ne point laisser mourir des noms, ces noms que vous lisez communément dans vos études, et sous lesquels vous ne soupçonneriez aucun visage. Je me place ici en spectateur, amusé sans doute, mais non en juge.
2Les amis qui ne figurent pas dans l’inventaire se diront, soit qu’ils débordaient le cadre historique (et géographique) convenu, soit que, par leurs mérites exclusifs, ils se mettaient à l’abri de tout examen. Et puis « les hivers de nos ans atténuent nos malices ». Les enseignements de ma vie serviront peut-être un jour à aider les autres.
3Je dois ma carrière (ou ma pseudo-carrière, comme on voudra) à l’amitié d’un homme. Vous allez en juger.
Une leçon d’humanisme
1. Louis Leschi, directeur des Antiquités (1893-1954)
4Comme un sourcier à baguette aspire l’eau du sol, Louis Leschi m’inventa. Pendant l’interruption provisoire de la dernière guerre, il me tira d’un doctorat en droit pour me lancer dans l’archéologie. Et comment oublier qu’il m’installa pour « apprendre » dans son propre bureau, à l’époque où la chose était interdite ? Les principes du Maître étaient simples : le terrain forme les connaissances, les livres viennent après.
5Louis Leschi charmait dès l’abord. Au visage doux, soyeux, répondait la voix que l’on prête aux sirènes, enchanteresse (ma mère, musicienne, opposait toujours le clairon de Courtois au hautbois de Leschi). On avait devant soi la Culture même, l’émotion d’une Antiquité parfaite où tout s’expliquait. Ses « cours publics », ses conférences-visites des musées ou des sites, même les plus lointains, séduisaient les foules. À son aise dans tous les milieux, il s’imposait chez l’un par l’autorité de sa science, chez l’autre par la modestie de son ton. On n’eût imaginé la subtilité de sa pédagogie : une école de mesure, une école de style. Plus de dix ans d’enseignement secondaire avaient formé ce normalien à une méthodologie rigoureuse dans l’étude et la présentation des textes. Il fallait soigner tous les détails. Nos ébauches (épurées des malencontreux « par contre » et autres « voire même ») ne devenaient des manuscrits qu’après visa, l’aide préalable du pédagogue n’existant pas.
6Ses références littéraires à vif, son humour latent, ne s’éloignaient jamais du bon goût. Bien sûr, on appréhendait les accès de colère, mais notre conduite était faite ; nous savions qu’à l’orage succédait toujours la rédemption !
7Cette leçon d’humanisme et de distinction concordait mal avec la sécheresse officielle de l’autorité de tutelle dont dépendait le Maître, et que j’embrasse sous le vocable conventionnel de « Gouvernement Général ». Voici quelles en étaient les données. L’énorme administration dite « Gouvernement Général de l’Algérie » désignait, à mon sens, une construction juridique solide, très élaborée, où les gens travaillaient généralement bien, mais que des inadaptations progressives ruinèrent. Malheureusement, et depuis toujours, ce qu’on appelait « Direction des Antiquités » n’était qu’une image virtuelle. Le véritable pouvoir, de décision en particulier, relevait de l’architecte des Monuments Historiques, jugeant l’archéologue comme un « adjoint technique » subordonné. La tradition du grand Gsell expulsé du chantier de Timgad, au début du siècle, par l’architecte Ballu perdait en puissance mais se perpétuait. Ce n’est qu’en fin de parcours, moins de dix ans avant l’indépendance, que l’on connut des jours meilleurs, sous le couvert d’une collection de prestige publiant nos malheureux travaux.
8Le Maître était d’une autre trempe. Lié aux géographes, aux arabisants, implanté depuis des lustres en Algérie, il fut le seul archéologue français du XXe siècle qui en comprit l’âme, physique et humaine (et autrement que par gesticulations). On n’imagine guère le travail quotidien de L. Leschi, créateur, malgré contraintes et carences, de l’archéologie militante dans ce pays. Empressé sur tous les sites, importants comme mineurs, conduisant les fouilles, donnant des conseils, subvenant aux besoins. Tout le monde sait qu’il se surpassa dans les épreuves, jusqu’à en perdre la vie. Interrogez les témoins locaux qui furent diversement ses collaborateurs, les latinistes André Mandouze et René Braun, ou l’urbaniste Jean de Maisonseul. Je souris en pensant qu’à Paris, ses amis, et même ses soutiens, exigèrent de lui une « Thèse » en bonne forme. Par son action, ses vues, ses écrits, il en avait produit plus de dix.
9On ne saurait isoler l’homme de l’ambiance intime qui l’accompagnait. On ne l’imaginait pas sans son esthétique épouse, à l’accent créole alangui, sans ses charmants enfants que l’on mettait au placard avec vœu de silence lorsqu’apparaissait André Gide, ombrageux, couvert de lainages, en quête de littérature antique. J’inclus dans l’intimité les « clients » les plus fidèles, bien tardivement octroyés au chercheur solitaire, une secrétaire et un chauffeur. La secrétaire, Mlle Paule Bailly, devenue plus tard Mme Marcillet-Jaubert, était à l’époque une blondinette élégante, dévouée à l’extrême. Elle ne pesait peut-être pas quarante kilos mais détenait en soi un potentiel de plusieurs millions de chevaux-vapeurs. Le feu sacré de l’archéologie sans cesse nourri par la vestale plongeait les visiteurs dans un éblouissant mirage. Elle passa tous les caps avec un indestructible attachement.
10Le chauffeur, lui, bon garçon des quartiers les plus folkloriques d’Alger, s’appropriait fièrement les « gestae » du Maître. Son prestige remontait aux Guerres d’Italie. Plus que nous tous, combattants de 39-45 reçus en audience collective au Vatican, il s’était illustré par une action d’éclat. « Bonjour Saint Siège ! » avait-il hurlé à l’entrée du pape. Consternation des fidèles ! On admira beaucoup ce héros naïf.
Eaux-fortes et pointes sèches
2. Georges Marçais (1876-1962)
11Dans le bureau voisin siégeait l’académicien Georges Marçais, figure romane descendue d’un portail de Chartres. Il était venu là pour peindre et s’imprégner du climat. Son frère, le grand William, superbe visage omeyade, l’avait initié aux choses de l’Islam. L’artiste, doué, devint « savant », professeur, maître à penser, enfin directeur du « Musée des Antiquités et Arts musulmans », dit plus tard « Musée Stéphane Gsell ». L’heureux homme menait une vie contemplative, écrivant beaucoup, affinant ses périphrases, dans un monde qui eût dû rester fixe. L’amour de ses collections le conduisit bien loin, vers les arts « mineurs », bijoux, soieries et dorures, où l’on sentait toujours la main du peintre. Ses ouvrages historiques, ses aquarelles restent beaux et sages comme il était lui-même, nourri d’esthétique.
3. Jean Despois (1901-1978)
12Dans un milieu souvent inquiet, on goûtait la fidélité et la pondération inépuisables de Jean Despois. Honnête, sensible, obstiné, cet immense géographe savait ordonner, clarifier, apaiser. Lui et son épouse (universitaires tous deux) formaient un couple d’intellectuels sereins, heureux surtout de répandre le bien autour d’eux, sans ostentation ni profit. Jean Despois personnifiait le bon sens. Il était un modèle par nature. La profondeur de ses vues, l’évidence de ses thèses ouvraient à nos réflexions des perspectives infinies. Son « Afrique du Nord », quelles qu’en fussent les chronologies, est une école de vie comme de science. Rien n’y vieillit. Rien n’y détonne. Je m’y suis abreuvé et m’y abreuve inlassablement. D’autres, plus notables que moi, y ont trouvé leur source, le couple Camps en particulier, si apppliqué et si subtil.
13La modestie habitait le Maître. Chaque jour, au coucher du soleil, on le voyait arroser son jardin. Tout était dit. Malheureusement, la mort de sa chère épouse l’abattit. La cécité, la paralysie l’achevèrent. Beaucoup eurent la lâcheté d’abandonner son naufrage. Il n’expiait pourtant aucun péché.
4. Hans-Georg Pflaum (1902-1979)
14C’est en 1947 qu’apparut devant moi l’homme, précédé d’une solide réputation, qu’était Monsieur Pflaum. Sa stature physique l’imposait. Son aspect « prussien » (le terme n’est pas péjoratif), ses yeux d’un bleu dur vous balafraient à la manière d’un sabre. La scène se passa heureusement chez lui, où il tenait table ouverte, sans condition de rang ni de prestige. Ce jour là, un conflit divisait les époux ; pour un problème majeur, semble-t-il. Madame projetait un séjour en montagne, à 700 mètres d’altitude, pour un prix de 1 200 francs. Monsieur, renversant la donnée, exigeait 1 200 mètres à 700 francs. Jeune encore, je m’étonnai qu’un savant aussi notoire pût descendre de son piédestal et s’abaisser au niveau du commun. Dans le monde où j’allais entrer, on me réservait des surprises !
15La spécialisation du Maître était l’épigraphie ; et comme en ce temps, l’épigraphie recouvrait tout, le Maître savait tout. Il ne le laissait voir qu’après que les réponses à ses interrogations l’eussent persuadé d’intervenir. Malgré notre terreur, le personnage gagnait à la fréquentation. Philosophe grec au milieu de disciples, énorme travailleur, il exigeait autant d’autrui que de lui-même ; mais bourreau au cœur sensible, au besoin velléitaire, il pardonnait aisément, comme il reconnaissait ses erreurs.
16Cependant, des malentendus, des exclusions, des inadvertances altérèrent son image. Son rôle en Algérie reste immense. Il fut l’homme des nécropoles aux milliers d’épitaphes, des « cursus » épineux, des compilations gigantesques. Si son caractère ne s’accordait pas toujours avec la subtilité humaniste d’un Leschi, les assauts verbaux d’un Lassus ou l’hostilité larvée du « Gouvernement Général », il poursuivait méthodiquement sa tâche. Le vide que nous a laissé sa mort ne se comblera pas de sitôt.
5. Christian Courtois (1912-1956)
17Dans une ambiance universitaire méfiante, on s’imaginait aisément des rivaux. Le plus représentatif en fut, à tort ou à raison, le médiéviste Christian Courtois. Mal intégré dans le milieu local, cet « étranger » issu de Chamfort, voltairien montmartrois, qui dépassait largement ses modèles, jouissait autant d’amitiés que d’inimitiés. La respectabilité du clan Despois lui servait de garant. Au physique, il était l’intégral sosie du Caton de Volubilis. On le considérait, pour les uns comme un tribun au verbe haut, à l’intelligence vive, pour les autres, les plus féroces, comme « un esprit faux » imbu de soi. On l’accusait évidemment de « se donner en spectacle » ou, mieux encore « de se mêler de ce qui ne le regardait pas », griefs habituels des figurants à l’égard des ténors.
18En réalité, il fut le plus solide des « Carcopiniens », intelligent et téméraire, distançant de loin ces « petits marquis », thuriféraires du grand Jérôme, et que, par dérision, on nommait « Carcopinocules ». Certes, ses « Vandales et l’Afrique », qui firent date à l’époque de leur parution, « datent » aujourd’hui, frappés d’imprécisions, d’idées contestables ou d’élans abusifs. Mais le personnage fut éminemment attachant, ses cours prestigieux, son ascendant mémorable, ses excès sympathiques ; n’avait-il pas tenu le rôle du diable, en tête de ses élèves, dans un fabliau du Moyen Âge ?
19La mort frappa trop tôt ce génie du genre. Un dernier coup lui fut porté : l’avis de décès administratif que l’Université lui consacra tenait en deux mots : « Christian Courtois, professeur sans chaire ». Le public, insoupçonneux, jugea fort mal ce formulaire « sous-off », synonyme d’avocat sans cause, et d’une médiocrité dégradante. Courtois en eût-il souri ? Pour celui qui jouait au Diable, le rideau tombait sur un spectre !
6. Paul Massiéra (1899-1976)
20Parmi les collaborateurs régionaux de Louis Leschi, celui que je classe en premier, en raison de la grande amitié qui nous lia, se nommait Paul Massiéra. Cet agrégé de philosophie, engagé volontaire des deux guerres, et même ancien « chiffreur » du Maréchal Joffre, fut pour moi « un grand bonhomme ». La distinction de son visage reflétait celle de sa pensée. Les encouragements successifs de Gsell, Albertini, puis Leschi déterminèrent ses prospections autour de la ville de Sétif où le maintenaient ses fonctions administratives. Nos rencontres exprimaient l’enthousiasme, tant les subtilités de ses raisonnements provoquaient les miennes.
21Aucune bibliographie de l’Afrique ancienne ne devrait passer sous silence la figure noble du savant. Il collectionnait, tout comme moi, les « perles rares » et se plaisait à citer en exemple tel maire de Sétif, fort ancré en politique, et qui n’acceptait dans son musée que des inscriptions latines « radical-socialistes ».
7. Jean Baradez (1895-1969)
22Le « vaillant colonel » défiait les obstacles, naturels ou humains. Il s’ouvrit aisément toutes les portes, fort d’une technicité majeure qu’une séduction physique enrichissait à plaisir (regard bleu pétillant, couronné de neige). Son « Fossatum » l’imposa d’emblée. On y découvrit à la fois méthodes impeccables et résultats probants. Ses « travaux publics », comme il aimait à présenter ses fouilles, innovèrent un style, les collègues britanniques n’y étant pas étrangers.
23Malheureusement, le ciel s’assombrit. L’improvisateur de talent laissa place à l’homme ombrageux, travailleur acharné qui se voulut indépendant de tous. Il fit bande à part. Dans le « Service », je dois être le seul qu’il ménagea. Louis Leschi, parfois trop érudit, lui reprochait son « mythe de la caserne » ! Funeste erreur. L’œuvre du spécialiste est là, importante et digne, parfois légère en déductions. Il tira Gemellae du désert. De Tefassed ruinée, il fit Tipasa. Rendons hommage à cet indomptable. Les pygmées n’y pourront rien.
8. Erwan Marec (1898-1968)
24De toutes les originalités du « Service », le « Divin Amiral » se plaçait en tête et gagnait tous les cœurs. Ce sacré Breton, « bon pied, bon œil », nerveux, décisif, promis à prendre partout le commandement du navire, régnait en évangéliste à Hippone sur l’avenir de saint Augustin. Ses excès apparents étonnaient. On eût dit qu’il arpentait les ruines sur l’air de la « Paimpolaise » et flirtait aux étapes avec « les filles de Camaret ». Son répertoire classique le valorisait grandement. Multipliant ses rôles de composition, il se montrait impassible dans « La Méduse », triomphant dans « Trafalgar », héroïque dans « L’agonie du Président Faure », dont il détaillait les péripéties.
25Telle était la face humoristique de l’homme. Elle en cachait une autre, celle du poète, du peintre, du musicien, enthousiaste en tout, tout à son œuvre. Excellent et scrupuleux fouilleur, il adressait ponctuellement à Alger des bilans précieux, enluminés de son pinceau, au risque de les voir disparaître à jamais dans les casiers de l’Administration. De cette activité mystique, il tira ses « Monuments chrétiens d’Hippone », dont personne encore n’a déjoué fondamentalement le plan et encore moins le style. Respectons son courage.
9. Yvonne Allais (1891-1981)
26La sèche « Mademoiselle Allais » était déjà pour moi un personnage historique. Authentique « agrégée d’histoire et géographie », phénomène rare dans les années 10, elle s’était imposée au Lycée de jeunes filles d’Alger par l’autorité de son savoir. Je m’en suis réjoui moi-même à l’épreuve du baccalauréat. Puis, bravant les obstacles, elle prit le voile définitif dans le lointain monastère de Cuicul, au sein de montagnes austères, où, abbesse protectrice en robe de bure, elle régenta l’univers funèbre de vastes ruines. Mais l’ascétisme et la claustration n’entraînèrent pas l’immobilisme. Elle ne joua jamais les pénitentes. Son dynamisme bourru devint proverbial ; sa liberté d’action et de parole à l’égard de tous, ses cannes levées au nez des importuns la rendirent célèbre. On allait là bas pour la voir, s’assurer de son authenticité, autant que pour visiter les ruines. Djémila, c’était elle, au théâtre, au forum, au temple, au marché, partout. On l’attendait à ses bravades, ses colères, ses naïvetés même : elle s’étonna de la disparition, pendant la « guerre », de monnaies d’or conservées dans une simple vitrine dont elle avait pourtant « caché la clé » !
27Guidée d’abord par Louis Leschi dans son travail d’archéologue, elle s’y conduisit honorablement, suivant les techniques de l’époque, bien sûr. La critiquer sommairement serait vouloir ignorer la vie qu’elle affronta, et son sacerdoce envers les familles de ses ouvriers, ces rudes montagnards qui protégèrent leur « maraboute » au moment d’extrêmes dangers.
10. André Berthier
28À Constantine, André Berthier avait la majesté d’un prince, dominant à la fois vérités et chimères. Il délocalisait les sites avec autant de liberté qu’une Dame Cresson. Cependant, on ne saurait trouver personne plus accueillante et aussi persuasive de ses déductions. César et Jugurtha ne lui résistèrent pas. Mais l’amour qu’il portait à ses ruines, la résurrection de sa merveilleuse Tiddis, le goût qu’il intégrait dans ses présentations du musée touchaient et séduisaient à la fois. Grand combattant de la dernière guerre, il l’était encore sur ses chantiers. Son personnel lui rendait un culte. Constantine et Alger l’honoraient. Que voudrait-on de plus !
11. Jeanne Alquier
29Conservateur du Département des Antiques au musée Stéphane Gsell, sous l’autorité de Georges Marçais, cette vieille dame anguleuse avait passé sa jeunesse dans l’incommode chantier de fouilles de Zana, au cœur de la Numidie, en compagnie d’un bien sérieux époux, Prosper Alquier. Deux catastrophes l’y frappèrent : l’époux mourut, les notes de fouilles disparurent, causant, les secondes au moins, une malencontreuse interruption de carrière (quoique certains, Pflaum en particulier, considéraient cette amputation scientifique comme une singulière providence). On disait qu’en compensation, Madame allait « tailler des bavettes » chez les Marçais. Je ne veux pas le savoir, tant cette personne facilita toujours mes travaux.
12. Marcel Leglay (1920-1992)
30C’était, dès l’apparence, un « doux » au teint clair, venu du nord, et qui gardait poliment ses distances. Incommensurable « bûcheur », il apprivoisait ses juges comme ses fidèles avec un doigté de chat. Je le connus d’abord dans les décombres de Rapidum, où sa splendeur d’épouse, qui le secondait, attirait beaucoup plus les regards que les ruines du camp romain. Plus tard, introduit malgré lui dans le guêpier de l’administration, il sut habilement en éviter les pièges. La probité du « Saturne africain » témoigne d’un travail aisé et méthodique. Fort efficace en ses enseignements, insensible aux honneurs, sans toutefois les combattre, ce pédagogue heureux, apaisant, au visage toujours juvénile, prépara sa mort regrettable en comblant de bienfaits ses amis.
13. Jean Lassus (1903-1990)
31Le « Recteur Lassus », à son arrivée à Alger en 1955, remplaçait Louis Leschi dans ses fonctions de Directeur des Antiquités. De prime abord, il nous fit l’effet d’un « monstre sacré », enfoui sous un enchevêtrement de thèmes : Antioche, Strasbourg, Gergovie, Dachau, Indochine, et bien d’autres. Le chapitre le moins usé restait malheureusement chez lui celui de la déportation, où il s’était comporté en héros, mais qui, par respect sans doute, ou émotion, disparaissait au profit des plus exotiques.
32Le Maître, superbe en son éclat, avait accès à tout, opinion de tout, et rien n’aurait entamé ses convictions. Il aimait à écrire autant qu’à « dire », entraîné dans des digressions où il se trouvait en intelligence avec soi-même, mais où nous perdions souvent pied. On le sentait prêt à soulever le monde lorsque la « guerre d’Algérie » limita son infatigable ardeur.
33Ses « Rapports » lumineux, dans « Libyca », la préférence étant accordée aux mosaïques, ses travaux « chrétiens », sa « Forteresse byzantine de Thamugadi », trahissent bien son sens pratique et sa facilité de jugement. Ses « Souvenirs d’un cobaye » (Colmar, Alsatia, 1973), ne laissent qu’une impression réduite d’une vie aventureuse.
34Bon enfant, il avait pris à l’égard de son personnel l’initiative d’un Édit célèbre, où, donnant lui-même le ton, il libéralisait l’usage du franc rire dans le travail. Philippe Marçais, son doyen, le sacra « pessimiste hilare ». On était loin des « heures de Leschi ».
14. Jean Malion (1904-1982)
35Alger connut en 1952 un événement mémorable, l’arrivée du paléographe J. Mallon que les savants et salons de Madrid tenaient jusque là prisonnier. Pièce rapportée du dispositif, il débarqua en extra-terrestre égaré. Ce personnage scénique, haut en couleur, malgré sa voix brisée, semblait émaner d’un univers lointain, le Faubourg-Saint-Germain par exemple où Proust l’aurait introduit. Il concentrait en lui l’ouvrage et la critique. Rien n’échappait à son miroir. En perpétuel éveil, il « traversait » les gens d’un regard, et les qualifiait d’instinct, toujours à propos. Son talent de conteur était irrésistible. Ses prouesses verbales en cascade tenaient des monologues épiques et finissaient sur un bon mot, toujours désinvolte. Puis soudain le savant jaillissait, comme un tableau d’un cadre, une science profonde saisissait l’acteur, magistrale, solide, pointilleuse, creusant les détails, harmonisant l’ensemble. Un tel dédoublement nous émerveillait. Au vrai, ce n’était qu’apparence. Quelles que fussent ses contorsions, l’homme ne faisait qu’un. Une fois fixées ses idées, il les décuplait d’enthousiasme.
36Étrange et rigoureux savant ! Il restera de lui, outre un ascendant puissant sur ses fidèles, une méthodologie paléographique exemplaire, et des travaux pratiques nombreux, parfois discutés... mais peu importe !
37Molière fut son dieu. Il en savait tous les rôles. Sur sa fin, dans la sinistre chambre où il agonisait, nous nous donnions encore en réplique la fameuse tirade de l'« École des Femmes », « Je sais un paysan qui s’appelait Gros Pierre ». Incorrigible Malion : il mourut en homme d’esprit.
Saisis par la débauche ?
38Hors des activités professionnelles de ces Maîtres, qu’ils remplissaient le plus excellemment du monde, il conviendrait de les surprendre dans leur « vie de cour », autrement dit dans leurs salons ; non point ici de ces galaxies bourgeoises locales, à l’esprit de sous-préfecture, de ce « tout Alger » où nous n’étions pas admis, et que Despois comparait à la société des « Planteurs » des Antilles, préservée des mauvaises fréquentations. Le pire exemple, d’ailleurs, venait de plus haut. En ce temps là se déroulait à Alger, à chaque printemps, un combat de géants, la fameuse « bataille des petits fours » (nom de la réception officielle du gouverneur général) où, dans un tourbillon « élyséen », les affamés de bonne naissance mettaient en coupe réglée le « palais Fatma », n’y laissant que toîts et murs.
39La gent universitaire n’y étant point conviée, tenue, probablement, pour non-représentative des intérêts du pays, elle devait se replier sur elle-même et consommer ses propres fruits. Nous étions alors en champ clos. La sélection des membres, soumis au crible des « enseignants supérieurs », nous écartait des risques de « fuites ». Ces cercles intimes répondaient à un dénominateur commun, la programmation unitaire des thèmes de manœuvre, consacrés fondamentalement aux affaire de cœur (examens, avancements, listes d’aptitude, tiers colonial, indices, congés et retraites), débattus avec une intensité variable suivant les officines, jusqu’à tourner aux visites de condoléances pour les non-promus.
40Le premier en date de ces refuges (du moins à l’époque de mon entrée en scène) avait été pendant la guerre celui de « Tante Yvonne », surnom familier de Madame Georges Marçais, dans l’incommode villa du Parc de Galland, là même où, jadis, la pauvre Madame Gsell avait rendu l’âme. On jouissait ici d’une notoriété sociale évidente (nous verrons pourquoi). L’affable hôtesse, sœur d’André Bellessort, secrétaire perpétuel de l’Académie Française, se devait de présider le concile avec distinction. La récente (et maladroite) désignation de son époux au Conseil municipal d’Alger par l’autorité de Vichy, l’encourageait, autant que l'inconditionnalité de ses ouailles. On fixait donc là les règles de bienséances locales et universelles au point d’exorciser du langage courant toutes formules incongrues qui auraient déshonoré la « Révolution Nationale ». Sa première victime en fut l’expression, sans doute trop suggestive, de « faire la queue », abolie par oukase au profit du vertueux « faire la chaîne ». La nuance avait son poids. Dans l’actualité du temps, trois heures ne suffisaient pas aux « ménagères » pour obtenir sur les marchés (par condescendance ou pitié) deux légères feuilles de salade ; à telle enseigne qu’un jour, entrant dans le sanctuaire, mon Maître Leschi s’était écrié : « Oh ! Un piano à chaîne ! » Convaincu de lèse-majesté, l’imprudent fut mis sur le champ « hors-salon ». Cette flétrissure le suivit.
41Les « jours » irréguliers de Madame Despois (irréguliers pour ne point entacher de réjouissances les heures consacrées au travail) procédaient d’un tout autre esprit. On y respectait formellement les règles de l’Ordre : dames à part et buffets sobres, tenue correcte exigée, mixité permise aux heures de collation. Le « naturel » s’y imposait, on autocensurait les conversations, bannissait les éclats, et l’humour, dosé à la pincée, devait rester pudique. J’y surpris un entretien entre Courtois et Charles Saumagne (un ami « tunisien », très remarquable, des hôtes, et qui « donnait » lui-aussi dans l’histoire ancienne). Le second s’attristait du cas d’un vieux savant, inspecteur général des Antiquités, mis en face d’inscriptions latines, et qui restituait le texte au datif, poursuivait au nominatif et terminait à l’ablatif. Courtois coupa court : « Il décline », dit-il. Le charmant Marcel, naturellement peu porté à la galéjade, se réhabilita par un seul mot d’auteur. Persuadé que j’était bien le spécialiste des bornes milliaires, il me glissa confidentiellement à l’oreille que j’étais « borné milliairement ». Magnifique ! Dans ces cas, je rajoute des points à la copie.
42Je puis même révéler que l’hospitalité du lieu confinait au devoir d’assistance publique. Le cas-limite observé fut celui de cette antiquisante exaltée, inconsciente de son état, et qui, gravement atteinte d’une surdose de latin, se situait politiquement entre Sénèque et Pétrone et ne s’exprimait qu’en langue mère, y compris pour les recettes de cuisine. Toutefois, ces scandales comme ces dérives ne duraient pas. Le salon Despois, mesuré, convenant, respirait un parfum de rose. On s’inquiétait de vous, on vous faisait asseoir, on vous comblait. « Le temps coulait en ondes vertueuses ».
43Malion n’assistait jamais aux Thés de sa femme. Le cas mérite réflexion. Employer en cette occurrence le mot Thé serait inadéquat. Faute de moyens, on n’y offrait jamais rien, considérant que les « grandes surfaces » d’Alger ne déversaient sur les foules que des biscuits « bas de gamme » qui « dérangeaient ». Puis, et bien que le recrutement visât une élite (la couche supérieure des officiers de la Marine nationale, additionnée de quelques supplétives reluisantes), ces réunions étaient réservées aux dames. Aussi le Maître, rentrant chez lui après une journée de labeur, ne franchissait-il le seuil de son gîte qu’après que « toutes les connes » en eussent déguerpi. Cette « appellation contrôlée » honorifique, toujours extensive (et l’auteur ne se privait pas de l’irradier largement) désignait ici les Dames-bridgeuses qui, ponctuellement réunies en cérémonies secrètes, y avaient interdit l’usage de la parole. On comprend que, par hypothèse, le Maître s’en était exclu. L’ennemi déclaré avait son emblême, l’épouse d’un amiral en retraite, au « cerveau pauvre » et qui, mère-porteuse de ses congénères, jetait ainsi le discrédit sur l’ensemble du lot.
44Les « connes » rebutées, on trouvait d’autres thèmes. Recueillis dans les Thés des autres, quelques propos libertins, immédiatement répercutés aux « bons endroits », autrement dit chez les universitaires, y prenaient des allures d’épouvante. Ces mondanités excentriques, nécessairement irrévérencieuses à l’égard de « beaucoup », froissaient en particulier la dignité du Gouvernement Général, institution sacrée, où l’auteur n’était plus reçu. Il s’attirait pourtant un franc succès (d’hilarité ou désaveu) lorsqu’il parlait politique, élevant au même sommet le Maréchal Pétain et... Pierre Mendès-France !
45Le salon des Alazard tranchait fièrement sur ces « petites surfaces ». Dans les humides communs du Musée des Beaux-Arts, loin du centre urbain, on libéralisait les entrées. Rompant avec la tradition doctorale, exigeant des Messieurs d’aller tout au plus « chercher leurs Dames » à la tombée du jour, il s’y trouvait, en surplus d’universitaires, un monde étrange de peintres, sculpteurs, voire étudiants, honorés en commun de pouvoir se frotter au « monde savant ». J’aurais mauvaise grâce à railler l’affabilité de ses hôtes. L’incontournable maître du lieu, Jean Alazard, doyen de la Faculté des Lettres d’Alger, réunissait ici les affectionnés collègues inventoriés dans son patrimoine. Courtois, libéré des contraintes, pouvait s’y « produire » à part entière. Le Maître s’honorait, au principal, d’une position première bien plus flatteuse, la direction de l’Institut français de Florence. Historien d’art, il en avait gardé le décorum, grande cape et couvre-chef en bataille auquel il ne manquait qu’un panache.
46Alazard, comblé d’honneurs à tout vent, personnifiait sa condition. Laurent le Magnifique n’eut pas mieux traité ses hôtes, ni étalé des buffets plus somptueux, exempts de « monoprisation » locale. En un siècle, on ne surprit à sa table qu’un incident fâcheux, celui d’un collègue éméché, sorti d’un modèle de Jordaens, et dont il fallut rapatrier le corps au petit jour (le cas, décrié à son heure, authentifiait pourtant les boissons du Maître).
47Des cabales sordides visèrent ce dernier. On moquait souvent la grandiloquence de ses cours magistraux, mais oubliant qu’il y mettait son « cœur innombrable ». On osa le taxer d’avarice, alors qu’en généreux mécène, il offrit un jour sur ses deniers à un artiste impécunieux un scooter de marque italienne, pour le seul plaisir d’admirer dans Alger ces flèches bleues qui sillonnaient Florence. Au reste, sa « Réponse à Camus » justifiant, sur le mode pathétique, la bourse d’étude jadis offerte à l’enfant prolétaire, devint célèbre. On disait même qu’elle avait « fendu le cœur » du Prix Nobel. L’homme lui-même demeure fort estimable. Les « Beaux-Arts » d’Algérie lui doivent tout, idées et collections, jusqu’à ces « Delacroix du XVIe siècle », dont parlera beaucoup plus tard un journaliste informé.
48Mais ces réceptions magnanimes, teintées du paternalisme d’époque, pouvaient parfois se mal terminer. Les orages, la pluie y étaient redoutables : le vieux bâtiment craquait, ouvrant largement ses gouttières. Une panique s’ensuivait, débandade incontrôlée des « savants », prêts à risquer leur vie sous la tornade ou, mieux encore, finir dans la mer, au fond du jardin.
49Que de périls en ces salons !
Épilogue
50De cet hallucinant Olympe, certains restèrent en marge. Ces temps là exigeaient des jeunes universitaires « déportés à la Colonie » des attitudes modestes au milieu des ogres. Point de cravate ou de chapeau d’épouse qui risquât d’inverser l’équilibre ! En ce sens, Henriette Doisy (Madame Pavis d’Escurac) demeura toujours elle-même, savante et sobre. Lui rendant hommage, on disait qu’elle « ne traînait dans son sac à main ni son agrégation, ni l’École de Rome ». Bravo ! Émilienne Demougeot, historienne magique, avait la réputation de « ficher » six heures de cours sur une simple feuille de carnet. Elle passa comme un éclair... et c’est dommage. André Chastagnol enfin, le juste, le fidèle, le docte, éloigné des préoccupations du « Service », tint celui-ci en respect, sans doute par intimidation. On ne provoque pas Hercule.
51Comment clore ces « Tableaux de Maîtres » ? En n’interrompant point la chaîne. A travers mes contemporains de « jadis », j’ouvris la porte des grands ancêtres. J’appris ainsi par Leschi qu’au début du siècle, « L’homme qui marche » fut exposé à l’École française de Rome. On sait que Rodin avait dépouillé son modèle de quelques éléments anatomiques jugés inutiles et pourtant fondamentaux. Monseigneur Duchesne, alors Directeur, traduisait ainsi l’énigme : « On voit bien que c’est un Français : il n’a ni queue ni tête » ! Gsell, sévère à l’égard de certains collègues, leur reprochait de loger dans des « souks de cuistres ». Le géographe Gautier, venu cordialement offrir à Georges Marçais ses « Siècles obscurs du Maghreb », reçut en réponse en plein visage : « Obscurs oui, pour ceux qui ne les connaissent pas » ! Albertini, l’homme d’esprit, s’entraînait journellement à l’épigraphie latine en résolvant des mots croisés français ! Bref, tout un florilège insolite jeté au vent de la postérité, et que nous ne devons guère laisser perdre.
52Vous, les charmants organisateurs de cette Table Ronde, vous mes amis d’un jour ou de toujours, pardonnez-moi. Souffrez que, dans le cheminement de l’Histoire, j’arrête ici mes pas, en ce purgatoire. Y ajouter le moindre surcroît serait vous conduire en enfer. Mon pamphlet n’était que gageure. Tout est vrai, mais n’en croyez rien. D’un monde perdu, je vous ai ressuscité des fantômes, avant de me retrouver parmi eux.
Publications fondamentales (concernant l’afrique du nord antique) des maîtres cités
L. LESCHI
53Djemila, antique Cuicul (Alger, Service des Antiquités, 1949).
54Tipasa de Maurétanie (Alger, ibid., 1950).
55Études d’épigraphie, d’archéologie et d’histoire africaines (Paris, Arts et Métiers Graphiques, 1957).
G. MARÇAIS
56Les Arabes en Berbérie du XIe au XIVe siècle (Paris, Leroux, 1913).
57Les Berbères musulmans et l’Orient au Moyen Âge (Paris, Aubier-Montaigne, 1946).
58Tlemcen (Paris, Laurent, 1950).
59L'architecture musulmane d’Occident (Paris, Arts et Métiers Graphiques, 1954).
J. DESPOIS
60La Tunisie orientale. Sahel et Basse Steppe (2e éd., Paris, PUF, 1955).
61L'Afrique blanche. I. L’Afrique du Nord (3e éd., Paris, PUF, 1964).
62Le Hodna (Paris, PUF, 1953).
63Le Djebel Amour (Paris, PUF, 1957).
64L’Algérie et la Tunisie, in Despois-Reynal, Géographie de l’Afrique du Nord-Ouest (Paris, PUF, 1967).
H. G. PFLAUM
65Inscriptions latines de l’Algérie, II, 1 (Paris, Champion, 1957).
66Id., II, 2 (Alger, SNED, 1976).
67Id., II, 3 (sous presse).
68Afrique romaine. Scripta varia, I (Paris, L’Harmattan, 1978).
C. COURTOIS
69Timgad, antique Thamugadi (Alger, Service des Antiquités, 1951).
70Histoire de l’Afrique du Nord (tome I de l’ouvrage de Charles-André Julien, Paris, Payot, 1954).
71Victor de Vita et son œuvre (Alger, Service des Antiquités, 1954).
72Les Vandales et l’Afrique (Paris, Arts et Métiers Graphiques, 1955).
73Cf. RevAfr, 101, 1957, p. 435-438.
P. MASSIÉRA
74Catalogue des antiquités de Sétif (RSAC, 59, 1928-1929)
75Plusieurs travaux sur le limes oriental des Sévères (BCTH, 1934-1935 et 1936-1937 ; RevAfr, 79, 1934 et 81, 1937).
76Msila, du Xe au XVe siècle (Bulletin Sétif, II, 1941).
J. BARADEZ
77Fossatum Africae (Paris, Arts et Métiers Graphiques, 1949).
78Tipasa, ville antique de Maurétanie (Alger, Service des Antiquités, 1953).
79Nouvelles fouilles à Tipasa. Nécropoles païennes (Libyca, B, 5, 1957).
80Nouvelles fouilles à Tipasa. La maison des fresques (ibid. 9, 1961).
81Cf. AntAfr, 5, 1971, p. 13-14.
E. MAREC
82Hippone la Royale, antique Hippo Regius (Alger, Service des Antiquités, 1954).
83Monuments chrétiens d’Hippone, ville épiscopale de saint Augustin (Paris, Arts et Métiers Graphiques, 1958).
84Cf. RevAfr, 4, 1970, p. 13-14.
Y. ALLAIS
85Djémila (Paris, Belles-Lettres, 1938).
86Djémila. Le quartier à l'est du forum (RevAfr, 97, 1953).
87Cf. AntAfr, 18, 1982, p. 9.
A. BERTHIER
88Les vestiges du christianisme antique dans la Numidie centrale (Alger, Service des Antiquités, 1942).
89L'Algérie et son passé (Paris, Picard, 1951).
90La Numidie, Rome et le Maghreb (Paris, Picard, 1981).
91Tiddis (à paraître, Paris, Acad, des Inscr.).
M. LE GLAY
92Saturne Africain. Monuments, I (Paris, Arts et Métiers Graphiques, 1961).
93Id., Monuments, II (ibid., 1966).
94Id., Histoire (Rome-Paris, BEFAR, no 205, 1966).
95Cf. AntAfr, 29, 1993, p. 5-11.
J. LASSUS
96Visite à Timgad (Alger, Service des Antiquités, 1969).
97La forteresse byzantine de Thamugadi (Paris, CNRS, 1981).
J. MALLON
98Paléographie romaine (Madrid, Consejo Superior de Investigaciones Cientificas, 1952).
99De l'écriture (Paris, CNRS, 1982).
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