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    Plan

    Plan détaillé Texte intégral I. La documentation antérieure à 1986 II. Mise en parallèle des conclusions tirées d’une image Spot de 1986 avec des photographies aériennes antérieures III. Les ruines romaines de l’oued Mzi et les photographies aériennes IV. Agueneb Notes de bas de page Auteur

    Frontières et limites géographiques de l'Afrique du Nord antique

    Ce livre est recensé par

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    Table des matières

    La présence romaine dans le Djebel Amour (Algérie)

    Apport des images Spot et de la photographie aérienne

    Pierre Morizot

    p. 185-212

    Résumé

    Dans un article publié en 1990, le Dr César Voûte a publié un article où il expose les conclusions auxquelles il est parvenu en analysant minutieusement une image Spot prise en 1986. Il estime y avoir détecté des vestiges convaincants d’une présence romaine dans quatre secteurs bien précis de ce massif, ce qui constituerait une donnée importante de l’histoire de la pénétration romaine en Afrique.
    Jusqu’à présent notre connaissance du Djebel Amour, qui se trouve en dehors de la zone couverte par l’Atlas archéologique de l’Algérie, reposait principalement sur l’ouvrage de J. Despois, Le Djebel Amour, Alger 1957, où l’auteur est formel : il n’y a pas trace, dans cette montagne, d’occupation romaine. Pourtant la carte INC 1951 au 1/50.000 de la région de Tadjmout, type 1922, signale dans la haute vallée de l’oued Mzi, affluent de l’oued Djeddi, quatre emplacements de ruines romaines, différents d’ailleurs de ceux qu’estime avoir identifiés C. Voûte.
    Pour tenter de résoudre ces contradictions, l’auteur s’est appuyé sur une collection de photos aériennes prises en 1956. Il pense pouvoir en tirer la conclusion qu’aucun des sites présentés par C. Voûte n’est romain, ni même très ancien. Par contre ces mêmes vues semblent confirmer l’existence de ruines là où la carte ICN en signalait en 1951. Il est douteux cependant que celles-ci soient romaines. Un examen au sol devra trancher la question.

    Texte intégral I. La documentation antérieure à 1986 II. Mise en parallèle des conclusions tirées d’une image Spot de 1986 avec des photographies aériennes antérieures 1°- Zone située au N.-E d’Aflou (fig. 6 a) 2°- Grande courbe de l’oued Mzi, entre Aflou et Tadjemout (fig 7 a et 7 b) 3°- Zone de Tadjemout (figures 8 a, 8 b et 8 c.) 4°- Environs d’Aïn Mahdi (fig. 9 a et 9 b.) III. Les ruines romaines de l’oued Mzi et les photographies aériennes IV. Agueneb Notes de bas de page Auteur

    Texte intégral

    1Situé à 350 km au S.-E. d’Oran et à une distance équivalente au S.-W. d’Alger (fig. 1), le Djebel Amour présente dans l’ensemble des massifs montagneux de l’Atlas saharien, entre Biskra et la frontière marocaine, une assez forte individualité physique et humaine. Il est riche en eau et c’est un véritable château d’eau qui donne naissance à deux longs oueds pérennes tout au long de leurs cours, le Chéliff qui se jette dans la Méditerranée et l’oued Djeddi qui s’évapore dans le Sahara au sud de Biskra. En même temps que le relief, ses forêts contribuent à rendre le pays peu pénétrable aux nomades sahariens. C’est avant tout une montagne de pasteurs transhumants, habitée par une tribu d’origine arabe, les Amour, qui s’est implantée en refoulant une population de berbères sédentaires1.

    2Bien que l’ancienneté de son peuplement soit attestée, en particulier par de belles gravures rupestres et de très nombreux tumuli en pierres sèches et que l’on ait trouvé à Agueneb, sur la frange ouest du massif une inscription bien connue qui célèbre le passage d’un groupe de cavaliers appartenant à divers corps de l’armée romaine, l’on considère en général que le Djebel Amour n’a pas été occupé par les Romains. Néanmoins tous les témoignages à ce sujet ne sont pas absolument concordants.

    I. La documentation antérieure à 1986

    3En effet, si l’on ne peut s’en rapporter à l’Atlas archéologique de l’Algérie dont les cartes ne vont guère au delà du méridien de Djelfa, il existe une carte INC (Institut national de cartographie2) Tadjemout au 1/50.000, fort bien renseignée, datant de 1951, qui couvre la plus grande partie de la vallée de l’oued Mzi, lointain affluent de l’oued Djeddi. Y sont signalés, avec beaucoup de précision, les ksour habités3, et les ksour abandonnés, de très nombreux tombeaux dits mégalithiques, enfin quatre sites échelonnés le long de l’oued Mzi, en amont de Tadjemout, pour lesquels a été utilisé le sigle R. R. réservé dans la toponymie cartographique à la signalisation des ruines romaines. Nous y reviendrons ci-dessous.

    4J. Despois, auteur d’un excellent ouvrage sur le Djebel Amour4, affirme, néanmoins qu’il n’y a pas trace d’occupation romaine dans le massif (fig. 2). Il consacre de longs paragraphes aux divers types de villages et de ksour en ruines – il en dénombre une quarantaine – abandonnés pour diverses raisons, au cours des deux ou trois siècles écoulés. Il signale en outre l’existence d’une vingtaine d’enceintes carrées, dont la plus grande a 400 m de côté, vides de toute construction, dont il pense qu’elles ont servi d’abri à bestiaux. Mais il est clair qu’il ne voit dans tout cela rien de romain. Les quelques photographies qu’il en donne sont de ce point de vue tout à fait convaincantes. Bref, pour lui, le Djebel Amour était naguère une montagne de villageois berbères plus adonnés à la culture irriguée que ses occupants actuels ; l’habitat rural et la vie agricole auraient régressé au profit de la vie pastorale et de l’habitat mobile des tentes, au cours des cinq ou six derniers siècles5. Les renseignements recueillis oralement par P. Salama en particulier6, vont dans le même sens.

    5Il convient d’ajouter que, depuis l’Antiquité, divers événements plus ou moins récents ont contribué à modifier, ici et là, le paysage rural traditionnel. Ce sont, d’une part l’extension et la mise en valeur, à la fin du siècle dernier, sous l’impulsion en particulier de l’épouse française du cheikh de la confrérie Tidjanya, d’un vaste domaine agricole situé aux environs d’Ain Mahdi7 ; d’autre part la création en aval de Tadjemout d’un Secteur d’amélioration rurale (SAR), irrigué par un barrage d’inféro-flux portant sur plusieurs centaines d’hectares (hors texte, p. 23), dont la réalisation a apporté d’importants changements à la topographie locale, ainsi qu’on peut le constater en comparant les cartes INC au 1/100.000 type 1957 avec les précédentes8 (fig. 8 b et 8 c) ; enfin l’ouverture à la limite N.-E. du massif d’une tranchée destinée à faire passer oléoducs et gazoducs amenant au port d’Arzew le pétrole et le gaz saharien (fig. 3). Ce sont autant de données qu’il convient de prendre en compte avant de procéder à l’étude des documents fournis par les images satellitaires et les photographies aériennes classiques.

    II. Mise en parallèle des conclusions tirées d’une image Spot de 1986 avec des photographies aériennes antérieures

    6Tel était sommairement l’état de nos connaissances, lorsque un géologue néerlandais, le Dr César Voûte, eut l’idée d’utiliser une vue du Djebel Amour prise par le satellite Spot en 1986, qui avait été largement diffusées par le CNES (Centre national d’études spatiales) à des fins publicitaires (fig. 4), pour tenter de retrouver dans ce massif des vestiges d’occupation romaine9. À partir d’une image au 1/200.000, ces recherches ont porté sur quatre secteurs du massif (fig. 5), dont il présente des vues partielles accompagnées d’un schéma interprétatif, soit :

    1. au N.-E. d’Aflou à proximité de la route Aflou-Laghouat (fig. 6 a),

    2. sur les rives de l’oued Mzi, entre Aflou et Tadjemout (fig. 7 a),

    3. en aval de ce point, aux abords de Tadjemout, (fig. 8 a),

    4. aux alentours de Ain Mahdi. (fig. 9 a).

    7Ce faisant, C. Voûte ne cachait pas son regret de n’avoir pu comparer ces images avec des photos aériennes. Cette comparaison, nous avons pu la faire grâce aux archives de l’Armée de l’Air conservées par le Service historique de cette arme (SHAA), qui détient des photographies prises en 1956 et 1957 à des échelles variant entre 1/15.000 et 1/22.00010. Nous nous sommes efforcés aussi de confronter les unes et les autres avec la documentation cartographique existante. Ceci nous a amenés aux constatations suivantes.

    1°- Zone située au N.-E d’Aflou (fig. 6 a)

    8L’examen est rendu difficile en raison de l’absence d’information précise sur l’orientation et l’échelle. En fait, il faut se reporter à la figure 1, de l’article du Dr Voûte pour situer le nord géographique. L’échelle, quant à elle, doit être calculée par référence à la carte INC au 1/100.000. L’on obtient : + ou - 1/80.000. Les vestiges signalés par C. Voûte sont constitués d’une suite de bâtiments couvrant une superficie de 9 x 4 mm, soit 720 x 320 m, dont la partie la plus nette est constituée d’un carré d’environ 320 x 320 m superficie comparable à celle d’un très grand camp11.

    9Lorsque cette vue a été mise en parallèle avec la photographie aérienne correspondante (fig. 6 b, au 1/22.000), il n’a pas été possible de retrouver trace de ces vestiges, qui, compte tenu en particulier de l’échelle de cette photographie, auraient du être bien visibles.

    10Par ailleurs, les 3 traits parallèles N.-O – S.-E. que l’on voit dans l’angle de la fig 6a, ne sont pas la route Aflou-Laghouat qui passe plus à l’est, et pas davantage des pistes parallèles ; elles correspondent, selon les indications qu’a bien voulu me donner J.-C. Dupuis, chef de la cartothèque de l’IGN, au tracé d’une série d’oléoducs et de gazoducs, construits entre 1960 et 1980 (fig. 4). L’on comprend dans ces conditions que ces traits, à l’exception d’un seul qui est une piste chamelière à peine dessinée d’ailleurs, n’apparaissent pas sur la photo SHAA datée de 1956. Quant au camp lui-même, s’il s’agit bien d’un camp, son existence est peut-être à mettre en rapport avec la construction de ces pipe-line.

    2°- Grande courbe de l’oued Mzi, entre Aflou et Tadjemout (fig 7 a et 7 b)

    11Une série d’excellentes photos aériennes au 1/20.000 permettent de recouper en partie les indications qui figurent sur le schéma de C. Voûte. Nous n’en avons retenu qu’une (fig. 7 b). De nombreuses traces de parcellations y sont visibles. Compte tenu de ce que nous savons du passé paysan du Djebel Amour au Moyen Âge, leur datation est très incertaine. En bordure de celles qui sont situées entre l’oued Mzi et son affluent l’oued Mseka s’élève une maison, qui, sur la carte au 1/50.000 de 1951 porte le nom significatif d’El Jedida, en arabe, « la nouvelle », qui désigne une construction relativement récente à l’époque.

    12L’« ancient construction » de la figure 7 a, que l’on voit au centre de la grande courbe de l’oued Mzi, pourrait être le « ksar ruiné » représenté sensiblement à cet emplacement sur la même carte INC. Il figure aussi sur la carte archéologique de J. Despois sous le nom de Ksar er Roumya, que l’on peut traduire par : le Ksar de la Romaine. Or si cette appellation désigne souvent, dans l’Aurès en particulier, des ruines romaines, J. Despois, à son sujet, est formel : le Ksar er Roumya de l’oued Mzi est un ancien ksar berbère, dont il précise la superficie : 23 x 14 m12.

    3°- Zone de Tadjemout (figures 8 a, 8 b et 8 c.)

    13C. Voûte y signale (fig. 8 a) des ruines ( ?) et des champs irrigués. Or nous possédons 2 cartes INC l’une au 1/50.000, (8 b) renseignée en 1951 et une carte au 1/100.000 renseignée en 1958 (8 c) que nous avons mis à la même échelle pour faciliter la comparaison entre elles. La carte 8 b, très précise, mentionne de nombreux tombeaux mégalithiques au sud et à l’est de la plaine que délimite l’oued Mzi ; les ruines dont C. Voûte pense avoir décelé les traces au bord de cet oued, se trouvent dans une zone qui était absolument déserte en 1951 et n’ont donc probablement rien d’antique ; quant aux champs irrigués signalés à l’est, de Tadjmout, ils correspondent sans aucun doute aux cultures du secteur d’amélioration rurale, dont il est aisé de suivre l’extension entre 1951 et 1957. Rien n’empêche de penser que le choix de l’emplacement de ce SAR ait été en partie conditionné par de plus anciennes cultures, que des traces d’un parcellaire ancien, d’ailleurs irrégulier, permettent d’imaginer immédiatement à l’est de Tadjemout entre les cotes 868 et 871 de la carte 8 b et que l’on retrouve sur la figure 8 a, sous la mention « ruins and ancient fields ». Mais cette ancienneté, réelle peut-être, n’est pas pour autant romaine.

    4°- Environs d’Aïn Mahdi (fig. 9 a et 9 b.)

    14Le village d’Aïn Mahdi est bien connu en Algérie comme berceau et comme siège de la grande confrérie Tidjanya ; aussi des vestiges romains importants n’auraient pas manqué d’attirer l’attention des administrateurs ou des savants. L’on peut d’ailleurs constater sur la photographie ci-dessous que le domaine du Cheikh Tidjani, est aménagé sur un plan rectangulaire très « romain » qui pourrait prêter à confusion.

    15Bref, il ne paraît pas que ces quatre extraits de l’image Spot du Djebel Amour soient susceptibles de nous apporter des renseignements convaincants sur la présence romaine dans le Djebel Amour. Au demeurant les quatre sites désignés, sont, en temps normal, d’un accès facile et une vérification au sol devrait être aisée dès que les circonstances le permettront.

    16Malgré ce constat passablement négatif, on ne peut qu’être reconnaissant à C. Voûte d’avoir relancé l’intérêt sur un massif riche d’histoire et peu prospecté, en tentant de tirer parti d’un cliché Spot, inexploité jusqu’alors sur le plan archéologique. Ses observations sur l’existence de parcellaires anciens confirment les remarques de J. Despois sur l’existence d’une ancienne civilisation rurale, qui n’est pas pour autant romaine.

    17Une certaine forme de présence romaine dans le Djebel Amour n’est cependant pas à exclure à priori. Certaines fractions ont conservé le souvenir vague d’ancêtres romains ou du moins chrétiens13 ; deux enceintes antiques portent le nom de Ksar er Roumya ; enfin il y a les quatre sites répertoriés sur la carte Tadjemout au 1/50.000, auxquels les topographes ont accolé l’épithète de romain et qui n’ont rien à voir avec ceux que C. Voûte signale de son côté.

    18Là aussi, malgré la minutie avec laquelle sont signalés sur cette carte, d’une part, les ruines « mégalithiques » et d’autre part les ruines « romaines », une vérification au sol parait indispensable, compte tenu en particulier des affirmations catégoriques de J. Despois, en ce qui concerne ces dernières.

    III. Les ruines romaines de l’oued Mzi et les photographies aériennes

    19En attendant cette éventualité, il nous a paru utile d’enrichir le dossier des photographies aériennes correspondantes. Les ruines en question sont signalées aux points suivants : sur la carte INC au 1/50.000, Tadjemout (fig. 11),

    • sur la rive droite, 500 m au sud du Ksar Namous (coordonnées Lambert : 370,5 x 472,4),

    • sur la rive gauche, 1 km au nord du ksar ruiné appelé Ksar er Roumya (coordonnées Lambert 371,2 x 475,6),

    • plus au nord sur cette même rive, face au ksar ruiné de Soubiane ; la ruine est représentée par un quadrilatère très net, d’environ 75 m de côté (coordonnées Lambert : 377,8 x 469,7),

    • toujours sur la rive gauche, à coté du marabout appelé Mkam Sidi Ali (coordonnées Lambert : 380 x 485).

    20De ces quatre sites, les deux premiers sites ont pu être localisés, mais leurs contours restent flous et Ton ne peut que s’en remettre aux topographes pour affirmer leur romanité (fig. 12 et 7 b). Le quatrième, le plus au nord, se trouve dans un secteur montagneux qui n’a pas été couvert par les reconnaissances aériennes de cette période.

    21Les ruines romaines mentionnées sur la carte précédente sont à rechercher dans la zone désignée par une flèche, située au sud du Ksar Namous (no 1 de la fig. 11), sur la rive gauche de l’oued Mzi (voir la fig. 13). De très nombreux tombeaux mégalithiques signalés sur cette carte, en 2 et 3, et sur le petit massif tabulaire situé en 4, sont visibles sous la forme de points ayant la dimension d’une tête d’épingle. L’on notera que le sommet situé en 5 porte le nom de Kef el Djedar, le sommet des Djedar, appellation jusqu’ici réservée aux grands tombeaux romano-berbères de la région de Tiaret.

    22Reste le quadrilatère signalé en face du Ksar de Soubiane. Celui-ci a pu être retrouvé difficilement, car elle manque de netteté, sur la vue aérienne de la figure 13 dont l’échelle est d’environ 1/18.000. Elle confirme l’exactitude des renseignements de la carte au 1/50.000 c’est-à-dire l’existence d’un quadrilatère ayant la forme d’un trapèze isocèle dont la hauteur serait d’environ 80 mètres et les bases respectivement 65 m et 55 m. Un agrandissement permet de constater que les grands côtés en sont particulièrement nets (fig. 14). À environ 400 m au N.-E. une ligne droite d’une centaine de mètre est peut-être, elle aussi, antique. Grace aux indications qu’a bien voulu nous donner M. Cuenin, ingénieur topographe qui a participé à l’établissement de la carte de 1951, nous avons pu constater que ce quadrilatère figurait déjà sur la carte au 1/200.000 du Service géographique de l’Armée, dressée en 1892 par divers officiers dont le capitaine Lambin auteur d’une notice archéologique sur l’Aurès (Atlas archéologique de l’Algérie, f° 38). Appelé Ksar el Hania, aucune mention n’était faite alors de sa romanité.

    23De son côté, J. Despois le mentionne expressément à deux reprises dans son livre. Il indique d’une part, p. 37, que selon les indications recueillies auprès de la population, le ksar en question aurait été construit il y a une centaine d’années, donc vers 1850, par des membres de la fraction des Ghemamta, qui avaient l’intention d’y bâtir des maisons et n’auraient pas donné suite à leurs projets ; d’autre part il donne, pl. VII, une photographie aérienne de ce secteur de l’oued Mzi, commentée p. 128, où l’on discerne, fort mal d’ailleurs, ce trapèze. Quant aux Ghemamta, Despois indique en outre qu’ils étaient jadis berbérophones et sont considérés comme les héritiers des anciens habitants du pays. On les dit même parfois, ajoute-t-il, descendants des Romains. En aval de ce site, l’on note, sur la rive de l’oued Mzi, des traces d’anciennes cultures irriguées (fig. 13).

    24La romanité des ruines de l’oued Mzi est donc fort aléatoire. Elles mériteraient cependant d’être plus finement étudiées par une prospection sur le terrain complétée par la recherche d’éventuelles céramiques. Leur réalité pourrait contribuer à résoudre l’énigme de l’inscription d’Agueneb. Placées à des intervalles de 4 à 6 km les uns des autres, elles pourraient constituer des jalons sur une route ou une piste descendant l’oued Mzi, puis l’oued Djeddi, dont il est le principal affluent, permettant ainsi d’arriver à Laghouat dont Messad (Castellum Dimmidi), est proche et, de là, de rejoindre Lambèse, chef lieu de la IIIe Légion Auguste, dont dépendait le détachement d’Agueneb. En sens inverse, une fois rendu aux sources de l’oued Mzi, il ne reste plus, pour atteindre El Agueneb, qu’une soixantaine de km, deux jours à peine pour des cavaliers aguerris, assurés d’avoir constamment de l’eau à leur disposition. On aurait là une variante possible à l’itinéraire proposé par G. Picard et P. Salama et passant plus au nord par Medjedel et Charef14.

    IV. Agueneb

    25Il n’est pas possible en effet, et C. Vôute a eu raison de nous le rappeler, d’évoquer la romanité du Djebel Amour, sans parler de l’inscription d’Agueneb.

    26En 1881, le général Cérès signale la trouvaille sur les bords de l’oued Agueneb, petit affluent de l’oued Ksob, qui se jette dans le chott El Chergui, donc sur le versant occidental du massif, d’une « colonne en grès en forme de tronc de prisme », brisée en deux morceaux. Une inscription est gravée sur les deux faces. À quelques détails près, ce document, d’abord copié, puis estampé un peu plus tard sur les indications de H. de Villefosse, est lisible et Cagnat et Mommsen se sont efforcés d’en combler les lacunes15. En 1944, G. Picard en a proposé quelques variantes16, mais nombre d’obscurités subsistent.

    27L’on a pu cependant établir qu’il s’agissait d’une dédicace destinée à commémorer une expédition conduite sous le règne Marc-Aurèle par un petit groupe de cavaliers, sous-officiers et gradés, détachés de deux corps différents, appartenant à l’armée de Numidie, la Cohorte VI des Commagéniens et l’Ala Flavia. La dédicace, adressée à un génie local inconnu du nom de Thasuni est rédigée par un des membres de l’expédition, le décurion Catulus de la IIIe Légion Auguste, qui aurait, croit-on comprendre, été promu au grade de centurion à son retour à Lambèse.

    28Cette pierre, ou du moins un fragment de celle-ci, a été transportée, à une date indéterminée, au siège de la commune mixte d’Aflou. En 1949, P. Salama a pu en prendre une photographie mettant ainsi à notre disposition le seul témoignage existant de cette pierre importante.

    29Le général Cérès, qui a fait effectuer sur place un sondage de 1,80 m de profondeur et 2,50 m de largeur, signale qu’il n’a trouvé ni ossements, ni monnaies, ni traces d’aucune construction. De son côté, la carte archéologique de J. Despois, qui ne fait aucune référence à l’inscription, signale la présence au dessus de l’Aïn Agueneb de vestiges antiques nommés Ksar el Ouar. Il en donne même une photographie (Pl. I, b), qui ne révèle, à première vue, rien de « romain ». Par contre, l’existence en ce lieu d’une source pourrait expliquer le choix de cet emplacement pour y faire une étape d’au moins une quinzaine de jours, durée nécessaire à la rédaction d’une inscription de cette longueur17.

    30La question de savoir ce que Catulus est venu faire aussi loin de ses bases (numides ou mauritaniennes) et par où il est passé reste donc entière. Quelle que soit la réponse, que l’on parviendra peut-être un jour à lui donner, la présence de cette pierre dans une zone très excentrique, ne permet pas à elle seule d’affirmer le passage et encore moins le stationnement de troupes romaines dans le Djebel Amour.

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    Vue du barrage d’inféro-flux de Tadjemout (1952). Cl. G. Hirtz.

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    Figure 1. — Situation du Djebel Amour dans la partie centrale de l’Atlas saharien à équidistance d’Alger et d’Oran.

    Image 10000000000003190000037F0C0CD780.jpg

    Figure 2. — Carte des populations (tribus et fractions) et des vestige  archéologiques, d’après J. Despois ; l'Αϊn Agueneb, d’où vient l’inscriptiot CIL, VIII, 21567, se trouvait dans la vallée de l’Oued Ksob, fraction des Ouled Sidi Naceur, tout près du Ksar el Ouar (souligné sur cette carte). 1 Limites de la commune mixte et des douars. 2. Limites nord et sud de la montagne. 3. Ksar habité en 1957. 4. Ruines de ksar ancien (village ou hameau). 5. Vestiges d’anciennes enceintes. En pointillé, les oueds.

    Image 10000000000004C2000002AC3726326C.jpg

    Figure 3. — Algérie : tracé des oléoducs et gazoducs dans leur traversée du Djebel Amour. Documents Plan de Constantine.

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    Figure 4. — Reproduction au 1/400.000 de l’image Spot originale, diffusée à titre publicitaire. Par rapprochement avec le schéma ci-après, on reconnaît dans le N.-E. le tracé de la soit disant route Aflou-Laghouat. À environ 5 cm de son tracé, on distingue, en direction du S.-W. le cours de l’Oued Mzi avec à droite la tache noire du secteur irrigué de Tadjemout.

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    Figure 5. — Localisation par C. Voûte, sur la même image Spot, de quatre secteurs A, E, F, H.

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    Figure 6 a — Représentation schématique au 1/80.000 par C. Voûte du secteur A. Le carré W, X, Y, Z, localise la vue 6 b ci-après.

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    Figure 6 b. — Vue aérienne correspondant au carré W, X, Y, Z, de la figure 6 a. La flèche indique l’emplacement où devrait se trouver l’« ancient camp ». Cliché SHAA, no 397 890 du 24/12/1956.

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    Figure 7 a — Schéma détaillé du secteur E (Grande courbe de l’Oued Mzi) réalisé par C. Voûte.

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    Figure 7 b. — Vue aérienne du carré W, X, Y, Z, de la fig. 7 a. Cliché SHAA, no B. 897 889 du 13/12/1956.

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    Figure 8 a. - Schéma du secteur H (Tadjemout) réalisé par C. Voûte. Il n’a pas été trouvé de vues aériennes de ce secteur. Mais les cartes ICN au 1/50.000 et au 1/100.000 sont très parlantes. Le carré W, X, Y, Z, correspond ici aux extraits de ces deux cartes présentés ci-après.

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    Figure 8 b. — Extrait de la carte INC 1951 au 1/50.000.

    Image 10000000000002BD00000228A70AAC57.jpg

    Figure 8 c — Extrait de la carte INC 1957 au 1/100.000, agrandie au 1/50.000 pour en faciliter la comparaison avec la précédente. Elle montre les modifications intervenues dans le paysage entre les deux dates, modifications que prend en compte à son tour l’image Spot. N. B : Le grossissement des noms de lieux et du tracé des voies donne l’impression d’une échelle différente de la précédente.

    Image 10000000000002BA00000445CB1D2E0F.jpg

    Figure 9a — Vue aérienne du secteur d’Aïn Mahdi. Échelle 1/15.000. Une flèche signale l’emplacement du domaine du Cheikh Tidjani à Kourdane. Cliché SHAA, no B 964 109 du 15/10/1956.

    Image 10000000000002CB000001C849EB72A7.jpg

    Figure 9 b. — Agrandissement de la vue précédente centrée sur le village d’Aïn Mahdi (Échelle 1/10.000). au. N.-W. et un peu en dehors du Ksar et de son oasis rectangle délimité par un mur d’environ 220 x 150 m où l’on distingue constructions et jardins qui sont certainement les « ancien or modem constructions ? » signalées par C. Voûte. Il s’agit en fait du siège de la confrérie tidjaniya.

    Image 10000000000002B3000002140DCB6286.jpg

    Figure 9 c — Schéma du secteur H par C. Voûte. Les carrés W, X, Y, Z, et W’, X’, Y’ Z’, localisent les figures 9 a et 9 b.

    Image 1000000000000346000003CADCC4A2CF.jpg

    Figure 10. — Réduction au 1/100.000 d’un extrait de la carte INC Tadjemout au 1/50.000. Localisation des vues 7b, 11 et 13. Tout à fait dans l’angle N.-W. les R(uines) R(omaines) de Mkam Sidi Ali.

    Image 10000000000002EE000003E986F12C2C.jpg

    Figure 11 — Ruines de la région de Ksar Namous Cliché SHAA, 97 883 du 13/12/1956.

    Image 10000000000002DB0000045090D9359C.jpg

    Figure 12. — Agrandissement de la vue précédente, centré sur le secteur situé au sud de Ksar Namous. Les ruines romaines sont à rechercher à l’intérieur du triangle x, y, z où il semble possible de distinguer quelques vestiges.

    Image 100000000000030F0000037D9D685DA6.jpg

    Figure 13. — Vue aérienne de la haute vallée du Mzi aux environs de Ksar el Hania. Échelle 1/18.000, Cliché SHAA, no B 97 882 du 13/12/1956.

    Image 10000000000002AD0000035794A68FBC.jpg

    Figure 14. — Agrandissement de la vue précédente centrée sur les ruines appelées Ksar el Hania.

    Notes de bas de page

    1 J. Despois, Le Djebel Amour, Alger, 1957, p. 7-9.

    2 Correspond, pour l’Algérie, à l’ancienne appellation IGN. En effet, la cession par l’Institut géographique national à l’organisme algérien correspondant – c’est-à-dire à l’INC – du droit de reproduction de ses cartes, conduit à mentionner les anciennes IGN sous le nouveau sigle INC.

    3 Pluriel de Ksar, village fortifié souvent situé sur une hauteur.

    4 J. Despois, Ibid.

    5 J. Despois, Ibid., p. 26 et 118.

    6 Conversation avec P. Salama.

    7 G. Hirtz, L’Algérie nomade et ksourienne, Marseille, Éd. Tacussel, 1989, p. 142-146 et p. 186-190. La confrérie Tidjania a été fondée en 1781 par Si Ahmed Tijani, né à Aïn Mahdi d’une famille d’origine marocaine ; en butte à l’hostilité des Turcs, il entoura le ksar d’une muraille qui lui permit de résister à plusieurs sièges.

    8 Ibid., p. 166.

    9 C. Voûte, « Spot discovers possible Romans ruins in the Djebel Amour région (Algeria) », BABesch, 65, 1990, p. 107-121. Le caractère publicitaire donné à cette vue dispensait de l’acquittement du droit très élevé de reproduction des images Spot en 1986 ; cet article m’a été signalé par M. Euzennat, sans lequel je l’aurais totalement ignoré et qui m’a fait bénéficier de son expérience d’observateur aérien en examinant avec moi les vues de l’Armée de l’air. Je lui en exprime ici toute ma gratitude.

    10 Je suis très reconnaissant au Général Silvestre de Sacy, chef du Service historique de l’Armée de l’air (SHAA), et à ses collaborateurs Madame Gaume, conservateur, et M. Hodeir, responsable de la photothèque, de m’avoir facilité la consultation de ces archives inédites.

    11 Celle du camp de Lambèse est de 420 x 500 m.

    12 J. Despois, Ibid., p. 37.

    13 J. Despois, Ibid., p. 28, no 17 et p. 92, no 7.

    14 G. Picard, Castellum Dimmidi, 1944, p. 58 ; P. Salama, « Quelques incursions dans la zone occidentale du limes de Numidie », Antiquités africaines, t. 27, 1991, p. 93-105.

    15 CIL, VIII, 21567.

    16 G. Picard, Ibid.

    17 Voir, à ce sujet, l’intéressante expérience de R. Rebuffat : « Un milliaire romain neuf », Ardèche archéologique, no 12, dont M. Dondin-Payre, a bien voulu me signaler l’existence. L’enquête que j’ai menée de mon côté auprès de divers marbriers m’a conduit aux mêmes conclusions.

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    • Pierre Morizot
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    1 J. Despois, Le Djebel Amour, Alger, 1957, p. 7-9.

    2 Correspond, pour l’Algérie, à l’ancienne appellation IGN. En effet, la cession par l’Institut géographique national à l’organisme algérien correspondant – c’est-à-dire à l’INC – du droit de reproduction de ses cartes, conduit à mentionner les anciennes IGN sous le nouveau sigle INC.

    3 Pluriel de Ksar, village fortifié souvent situé sur une hauteur.

    4 J. Despois, Ibid.

    5 J. Despois, Ibid., p. 26 et 118.

    6 Conversation avec P. Salama.

    7 G. Hirtz, L’Algérie nomade et ksourienne, Marseille, Éd. Tacussel, 1989, p. 142-146 et p. 186-190. La confrérie Tidjania a été fondée en 1781 par Si Ahmed Tijani, né à Aïn Mahdi d’une famille d’origine marocaine ; en butte à l’hostilité des Turcs, il entoura le ksar d’une muraille qui lui permit de résister à plusieurs sièges.

    8 Ibid., p. 166.

    9 C. Voûte, « Spot discovers possible Romans ruins in the Djebel Amour région (Algeria) », BABesch, 65, 1990, p. 107-121. Le caractère publicitaire donné à cette vue dispensait de l’acquittement du droit très élevé de reproduction des images Spot en 1986 ; cet article m’a été signalé par M. Euzennat, sans lequel je l’aurais totalement ignoré et qui m’a fait bénéficier de son expérience d’observateur aérien en examinant avec moi les vues de l’Armée de l’air. Je lui en exprime ici toute ma gratitude.

    10 Je suis très reconnaissant au Général Silvestre de Sacy, chef du Service historique de l’Armée de l’air (SHAA), et à ses collaborateurs Madame Gaume, conservateur, et M. Hodeir, responsable de la photothèque, de m’avoir facilité la consultation de ces archives inédites.

    11 Celle du camp de Lambèse est de 420 x 500 m.

    12 J. Despois, Ibid., p. 37.

    13 J. Despois, Ibid., p. 28, no 17 et p. 92, no 7.

    14 G. Picard, Castellum Dimmidi, 1944, p. 58 ; P. Salama, « Quelques incursions dans la zone occidentale du limes de Numidie », Antiquités africaines, t. 27, 1991, p. 93-105.

    15 CIL, VIII, 21567.

    16 G. Picard, Ibid.

    17 Voir, à ce sujet, l’intéressante expérience de R. Rebuffat : « Un milliaire romain neuf », Ardèche archéologique, no 12, dont M. Dondin-Payre, a bien voulu me signaler l’existence. L’enquête que j’ai menée de mon côté auprès de divers marbriers m’a conduit aux mêmes conclusions.

    Frontières et limites géographiques de l'Afrique du Nord antique

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    • Drici, Salim. (2021) Le peuplement de la Numidie de la haute Antiquité à la veille de la conquête vandale. Ikosim, n° 10. DOI: 10.3917/ikos.010.0017
    • Albarrán, Javier. (2023) This Is Your Miḥrāb: Sacred Spaces and Power in Early Islamic North Africa—Al-Qayrawān as a Case Study. Religions, 14. DOI: 10.3390/rel14050674

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    • Nomination of Ksar Kourdane in Laghouat, Algeria to the UNESCO World Heritage List(2022) . DOI: 10.52460/issc.2022.001

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    Morizot, P. (1999). La présence romaine dans le Djebel Amour (Algérie). In X. Dupuis & C. Lepelley (éds.), Frontières et limites géographiques de l’Afrique du Nord antique. Paris: Éditions de la Sorbonne. https://doi.org/10.4000/books.psorbonne.22676
    Morizot, Pierre. « La présence romaine dans le Djebel Amour (Algérie) ». In Frontières et limites géographiques de l’Afrique du Nord antique, édité par Xavier Dupuis et Claude Lepelley. Paris: Éditions de la Sorbonne, 1999. doi:10.4000/books.psorbonne.22676.
    Morizot, Pierre. « La présence romaine dans le Djebel Amour (Algérie) ». Frontières et limites géographiques de l’Afrique du Nord antique, édité par Xavier Dupuis et Claude Lepelley, Éditions de la Sorbonne, 1999, https://doi.org/10.4000/books.psorbonne.22676.

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    Dupuis, Xavier, et Claude Lepelley, éd. Frontières et limites géographiques de l’Afrique du Nord antique. Paris: Éditions de la Sorbonne, 1999. doi:10.4000/books.psorbonne.22607.
    Dupuis, Xavier, et Claude Lepelley, éditeurs. Frontières et limites géographiques de l’Afrique du Nord antique. Éditions de la Sorbonne, 1999, https://doi.org/10.4000/books.psorbonne.22607.
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