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    Plan détaillé Texte intégral Installation, pratiques ascétiques et environnement social et ecclésiastique L’attrait pour les fidèles : la parole et la guérison Leur dimension surnaturelle La reconnaissance et la diffusion de leurs cultes Ambiguïtés de la sainteté érémitique Notes de bas de page Auteur

    Modèles et expériences ascétiques dans les sociétés médiévales

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    Table des matières

    L’attrait des ascètes encuirassés : l’exemple de Wulfric de Haselbury et de Godric de Finchale

    Edina Bozóky

    p. 213-230

    Texte intégral Installation, pratiques ascétiques et environnement social et ecclésiastique L’attrait pour les fidèles : la parole et la guérison Leur dimension surnaturelle La reconnaissance et la diffusion de leurs cultes Ambiguïtés de la sainteté érémitique Notes de bas de page Auteur

    Texte intégral

    1Aux xie et xiie siècles, des pratiques ascétiques considérées comme extrêmes réapparaissent en Occident, en particulier le port de la cotte de mailles (lorica), qui devient associé à la pénitence, à la vie érémitique ou à la réclusion. Pierre Damien rapporte ainsi dans la Vie de Dominique l’Encuirassé (m. 1060) l’autoflagellation et le port de cuirasse ou cotte de mailles. Au xie siècle, plusieurs saints ascètes avaient la même pratique : Bertulf de Ghistelles (m. fin xie s.), Simon de Crépy (m. 1082), Hugues de Semur (m. 1109) et Guillaume de Firmat (m. 1103). Au xiie siècle, le nombre des ascètes encuirassés se développe : Wulfric de Haselbury (m. 1154 ou 1155), Girard de Saint-Aubin (m. 1123), Étienne de Muret (m. 1124), Étienne d’Aubazine (m. 1159), Godric de Throckenholt (m. entre 1133-1145), Godric de Finchale (m. 1170) et Bernard le Pénitent ou de Sithiu (m. 1182). On en compte encore au xiiie siècle, Laurent l’Encuirassé (m. 1243), et également au xive siècle avec Martin de Gênes (m. 1343).

    2L’intérêt de la recherche pour ces ascètes est relativement récent. Dans son étude pionnière, Katherine Allen Smith les qualifie de « guerriers spirituels », représentant une nouvelle tendance d’ascétisme martial, soulignant que leur lorica était une armure pour combattre les tentations charnelles, pour faire la guerre à leur propre corps1. Dans son séminaire à l’EPHE, Patrick Henriet a également étudié l’hagiographie de plusieurs loricati2 et a rédigé une synthèse sur « Les ascètes et leur corps3 ». J’ai également consacré un essai au charisme de trois ascètes (Bernard le Pénitent, Wulfric de Haselbury et Godric de Finchale)4.

    3Dans le cadre de ce colloque, j’ai choisi l’étude de cas de deux ascètes anglais encuirassés, Wulfric de Haselbury et Godric de Finchale, dont l’hagiographie particulièrement riche mérite une attention particulière, apportant des informations abondantes non seulement sur leurs actes, mais aussi sur leur perception par le milieu laïc et religieux. Reginald de Durham, moine du prieuré de Durham, a commencé La Vie et les miracles de Godric de Finchale du vivant même de l’ermite. La nouvelle édition du texte est divisée en 615 paragraphes ; le texte latin y occupe 435 pages5. Reginald est aussi l’auteur d’un recueil des Miracles de saint Cuthbert ainsi que de la Vie du roi martyr saint Oswald6. La Vie de Wulfric de Haselbury7, terminée en 1185 par le cistercien John, abbé de Bindon (fin des années 1180), puis de Forde (1191-1214)8, est postérieure d’une trentaine d’années à la mort du saint, mais fondée sur des témoignages de personnes qui avaient connu Wulfric9. C’est également un texte conséquent, divisé en 105 paragraphes dans l’édition de Maurice Bell.

    4C’est à travers le prisme des deux hagiographes que je présente la manière dont le mode de vie des deux ascètes suscita l’admiration des fidèles, et comment ces solitaires répondaient aux attentes spirituelles et matérielles de leurs visiteurs. Cependant l’intérêt des hagiographes s’est focalisé avant tout sur leur dimension surnaturelle, voulant démontrer que leur sainteté hors normes se révélait déjà de leur vivant. Il apparaît cependant que le succès de ce nouveau modèle d’ascèse martiale resta limité à des cultes locaux.

    Installation, pratiques ascétiques et environnement social et ecclésiastique

    5En Angleterre, une cinquantaine d’années après la conquête normande, on peut observer l’existence de bon nombre d’ermites et de reclus, hommes comme femmes. La disponibilité des espaces et le soutien des grands laïcs et ecclésiastiques favorisèrent leurs installations10. Wulfric de Haselbury et Godric de Finchale vécurent dans ce contexte spécifique. Wulfric mena une vie de reclus pendant vingt-neuf ans dans le sud-ouest de l’Angleterre, tandis que Godric se retira en ermite pendant soixante ans dans le nord du pays. Mais leur retrait du monde ordinaire ne signifiait pas d’en être coupé ; considérés comme des « hommes de Dieu », ils attiraient auprès d’eux les fidèles qui cherchaient conseil, consolation et soulagement de leurs maux11.

    6Wulfric de Haselbury est né vers 1090 à Compton (aujourd’hui Compton Martin) près de Bristol (Somerset, sud-ouest de l’Angleterre). Il fut ordonné prêtre très jeune et exerça pendant plusieurs années à Compton, puis à Deverill (dans le Wiltshire). Il s’adonnait aussi à la chasse et à la fauconnerie, jusqu’à sa rencontre providentielle avec un mendiant étranger – plus tard Wulfric dira qu’il avait l’apparence d’un homme, mais qu’il ne l’était pas – qui lui prédit qu’il allait quitter son lieu de résidence pour un autre, qu’il se déplacerait là où il finirait ses jours, et que finalement, il serait appelé à rejoindre la compagnie des saints12.

    7En effet, Wulfric fut rappelé à Compton par le seigneur local William Fitzwalter et devint un de ses familiers. Mais aspirant à la vie solitaire, guidé par le Saint Esprit, conseillé et assisté par son seigneur, il partit pour Haselbury, à trente mille d’Exeter, où il y avait une cellule vide adossée à l’église13. Il s’y installa en 1125 comme reclus. John de Forde note que cela eut lieu sans la permission et la bénédiction de l’évêque14. Wulfric était l’un des derniers reclus ayant échappé à l’autorisation épiscopale15.

    8Au cours de sa réclusion, il se mortifiait en jeûnant, se nourrissant de pain d’avoine et de bouillie d’avoine. Il veillait durant les nuits en priant soit dans l’église, soit en récitant les psaumes, immergé dans une cuve remplie d’eau froide. Son lit, où il se reposait peu, était constitué de branches d’arbres formant un clayonnage16. Il portait d’abord une chemise de crin, puis William FitzWalter lui offrit une cotte de mailles, qui était trop longue. L’un des miracles célèbres de Wulfric concerne alors son raccourcissement : la cotte de mailles put être coupée aussi facilement qu’un tissu17. Un an avant la mort de Wulfric, cette armure tomba de ses épaules. Il demanda à son servant de la remettre sur lui, mais aussitôt des ampoules commencèrent à couvrir tout son corps. Sur l’ordre de l’évêque, il ne devait plus l’endosser. Elle fut conservée, enveloppée dans un linge, comme une relique18.

    9Tout en poursuivant sa réclusion, Wulfric n’était pas coupé du monde extérieur. Il avait des liens étroits avec le prêtre paroissial de Haselbury, Brihtric, puis avec son fils et successeur, Osbern. Cloîtré dans sa cellule, Wulfric avait toutefois besoin de serviteurs pour l’assister. Il conclut un arrangement avec les moines du prieuré clunisien de Montacute qui lui fournissaient de la nourriture. Ce dispositif fut perturbé en raison de l’attitude insultante des moines à l’égard du serviteur de Wulfric qui survint lors d’un incident avec leur cellérier19. Les visiteurs de Wulfric lui apportaient en offrande de la nourriture (pains, poissons), des livres, des vêtements, des reliques ainsi que de l’argent20. Il en faisait don à l’église de Haselbury et aux pauvres. L’un de ses serviteurs s’enrichit en subtilisant une partie de ces dons (argent, or, moutons) qu’il cacha21.

    10En dehors de s’adonner à la prière et aux mortifications, Wulfric avait une activité de copiste et avait même un scribe du nom de Richard22. Il mourut en 1154 ou 1155. Un conflit éclata pour s’approprier son corps : les moines de Montacute arrivèrent avec des soldats pour le réclamer, disant qu’il était l’un des leurs et qu’ils lui avaient fourni sa nourriture quotidienne ; mais Osbern et les villageois réussirent à conserver son corps à Haselbury23. Avant de mourir, Wulfric demanda à Robert de Lewes, évêque de Bath, de présider à ses funérailles24.

    11L’autre saint ascète encuirassé porte le nom de Godric de Finchale. Cet homme est né vers 1065 à Walpole (Norfolk, Est-Anglie). Il devint marchand au long cours, voyageant à l’étranger. Après avoir abandonné son métier et distribué ses biens aux pauvres, Godric effectua plusieurs pèlerinages à Rome, en Terre sainte et à Compostelle, puis il voulut mener une vie solitaire en ermite. Il vécut dans un premier temps dans la ville de Lugabalia (Carlisle), où il reçut un psautier et il apprit les psaumes. Ensuite, il chercha des lieux plus sauvages dans les forêts, parmi les serpents et les bêtes sauvages, en s’abritant dans des grottes. Dans la forêt de Wolsingham, il rencontra un vieil ermite appelé Aelric avec qui il vécut pendant deux ans et trois mois en priant, veillant et jeûnant25.

    12C’est après la mort d’Aelric en 1107 que la vie de Godric prit une nouvelle direction, déterminée selon Reginald par un épisode miraculeux où saint Cuthbert apparaît comme le guide et le protecteur de Godric. Moine et à la fin de sa vie évêque de Lindisfarne, Cuthbert vécut en ermite sur l’île d’Inner Farne entre 676 et 684. Son culte connut un nouvel essor à Durham au début du xiie siècle ; Reginald en fut l’un des promoteurs en rédigeant une collection de ses miracles26. L’île d’Inner Farne est devenue un lieu de pèlerinage, et au xiie siècle, au moins cinq ermites suivirent l’exemple de Cuthbert27. Désemparé après la perte de son compagnon ermite, Godric pria Dieu afin d’être guidé pour la poursuite de son chemin. Une voix céleste l’exhorta à repartir pour la Terre sainte, puis à revenir à l’emplacement de son futur combat. Godric demanda alors à saint Cuthbert le nom de ce lieu. La voix, puis l’apparition, de Cuthbert ont désigné Finchale, dans les bois des environs de Durham. Cuthbert promit aussi à Godric sa protection dans sa lutte pour le Seigneur28.

    13Lors de son nouveau pèlerinage en Terre sainte, Godric visita les Lieux saints sur les traces du Christ et rencontra aussi des ermites29. Après son retour en Angleterre, il s’installa d’abord dans la forêt d’Eskdaleside (près de Whitby) pendant plus d’un an, mais souffrant du harcèlement des seigneurs propriétaires du lieu, il le quitta pour Durham. Il devint alors serviteur et portier de l’église Saint-Gilles, puis au sein de la paroisse de l’église Sainte-Marie, il apprit des prières, hymnes et psaumes30.

    14Reparti à la recherche de Finchale, entre les années 1100 et 1120, Godric le trouva enfin au bord de la rivière Wear, à trois milles du sanctuaire de saint Cuthbert. Il demanda à Ranulf Flambard, évêque de Durham et seigneur du lieu, l’autorisation de s’y installer31. Le site conservait les traces d’une occupation antérieure (fondations de bâtiments, ossements humains) qui, selon les anciens (veteres), aurait été celle d’un antique roi des Britons, Finc32.

    15Godric y subit plusieurs actes de malveillance : les paysans lâchèrent leurs moutons et vaches dans son jardin, car il faisait partie de leur pâturage communal33 ; un noble, redevable d’une rançon importante, tenta sans succès d’attaquer son ermitage avec ses compagnons, pensant qu’il y avait beaucoup d’argent déposé et caché34 ; lors d’une incursion de l’armée du roi d’Écosse David Ier, les soldats dérobèrent ses objets sacrés et le battirent sévèrement35. Godric se construisit une cabane de branches et une chapelle en bois dédiée à la Vierge Marie. Il y cultivait un jardin. Son exploitation se développait et il eut plusieurs serviteurs qui l’assistaient pour les activités agricoles et l’accueil des fidèles36. À la fin de sa vie, quand il fut malade et affaibli, deux moines de Durham restèrent auprès de lui37. Il porta pendant cinquante ans un cilice de crin et une cotte de mailles sur son corps nu ; il en avait déjà usé trois38. Son régime alimentaire était des plus frugaux : il mélangeait la farine de ses récoltes avec des cendres pour en faire du pain qu’il gardait pendant plusieurs mois ; il faisait cuire des herbes sans sel et graisse qu’il faisait sécher39. Il affaiblissait son corps également par des veilles ; il dormait sur le sol nu, plaçant une pierre sous sa tête40. Lors de nuits glaciales, il entrait nu dans l’eau froide voire gelée : « il s’offrit toute la nuit comme un sacrifice vivant au Seigneur41 ». Pour lutter contre les pensées libidineuses, il se jetait nu dans des buissons épineux42 ou il s’immergeait dans une cuve remplie d’eau froide43. Une fois, quand son corps fut couvert de gale, il donna l’ordre de l’asperger de sel44.

    16À la fin de sa vie, il accepta d’être guidé par les prieurs de Durham. Il se soumit au prieur de Durham Roger (1138-1149) qui voulait filtrer ses visiteurs ; désormais il ne recevait que ceux à qui le prieur avait fourni une croix de bois, signe de son autorisation45. Il mourut centenaire en 1170. Ce sont les moines de Durham qui prirent en charge son inhumation46.

    L’attrait pour les fidèles : la parole et la guérison

    17L’ascèse de ces deux personnages les plaçait en dehors et au-delà de la vie ordinaire, leur conférant une position qui leur permettait d’être intermédiaires entre les humains et Dieu. Selon leurs hagiographes, l’affluence des fidèles vers eux était motivée avant tout par leur capacité d’écoute, de conseil et de prophétie47. Par ailleurs, les deux ascètes parlaient non seulement leur langue natale (laquelle ?), mais ils connaissaient aussi le français et avaient appris le latin. On doit noter que Godric a composé quatre poèmes en vernaculaire48.

    18Selon John de Forde, c’est le charisme exceptionnel de Wulfric de Haselbury qui attirait les fidèles vers lui. Chez lui, « le don naturel qu’il avait fut transformé en don de grâce par la sanctification du Saint-Esprit49». Il note ainsi que Wulfric était « rempli par le Saint-Esprit comme un récipient qui répandit l’huile50 » sur les hommes et femmes qui affluaient vers lui, non seulement des environs, mais aussi de très loin, pour plusieurs raisons : pour être guéris, mais aussi pour le vénérer ou pour son don de prophétie. Il fut aussi un guide spirituel : il provoqua la conversion de Henry, qui devint ensuite l’abbé des monastères cisterciens Tintern et de Waverley51 ; il annonça à Mathilde qu’elle s’installerait comme recluse à Wareham52.

    19Les fidèles de toutes conditions venaient pour parler avec lui, et à travers lui pour questionner le Seigneur, et pour le consulter concernant leurs doutes53. John de Forde avait recueilli quarante-cinq témoignages oraux sur les miracles de Wulfric liés à son don prophétique, dont onze relevant de la clairvoyance (connaissance des pensées et des actes de ses visiteurs), vingt-deux précognitions et prédictions et douze télépathies (connaissance des événements à distance). Citons notamment sa prédiction de la mort du roi Henri Ier54, du règne et de la captivité du roi Étienne (lors de la bataille de Lincoln en 1141)55 ainsi que de sa libération56.

    20Les miracles de clairvoyance et de prophétie jouaient également un rôle particulièrement important pour la renommée de Godric. Pendant longtemps, il craignit les relations humaines et il se cachait quand il voyait s’approcher quelqu’un ; mais il accepta progressivement les visites. Sa renommée grandit et la croyance en sa sainteté se diffusa ; il conseilla et consola ses visiteurs et opéra des miracles. Les visiteurs lui apportaient de la nourriture et d’autres dons qu’il refusait et il les déposait en haut d’une colline en priant pour les donateurs, ou il les offrait aux pauvres57.

    21Godric gardait le silence périodiquement, mais quand il parlait, ses paroles étaient considérées comme pleines de sagesse céleste. Reginald souligne que « l’esprit de Dieu lui révéla les secrets de beaucoup de choses58 ». Comme il ne voulait pas repousser les requêtes des fidèles, pour leur accueil, une église plus grande en pierre, dédiée au Saint-Sépulcre et à Jean le Baptiste, fut construite à côté de son ermitage dans les années 114059. Parmi ses miracles prophétiques, plusieurs concernent la précognition d’un décès : d’un moine60, d’un évêque61. Il prédit notamment le martyre de Thomas Becket62 ou encore la naissance du roi Henri le Jeune, fils d’Henri II, en 1155, et son couronnement qui aura lieu après la mort de Godric en 117063. Il avait aussi le don de la connaissance simultanée des événements à distance : par exemple, il voyait souvent les personnes en péril en mer64. Il fut également averti de la mort d’un homme dans une bataille65 ; ou encore, il précisa la couleur des chevaux des cavaliers que le prieur de Durham rencontra en venant voir Godric66. Il put prédire une importante famine67.

    22Les guérisons constituaient un autre attrait essentiel pour les fidèles. John de Forde relate dix-sept guérisons opérées par Wulfric dont certaines par l’imposition des mains68, par le signe de la croix et en touchant la langue d’un muet69. Il guérissait même à distance, en apparition. Une jeune fille d’Abbotsbury, souffrant de douleurs abdominales, rêva qu’elle était partie chez le saint qui lui offrit de l’eau bénite qui la guérit70. Un prêtre qui l’invoquait à Glastonbury, à une demi-journée de route de Haselbury, fut également soulagé71. Fait remarquable, Wulfric distribuait quelques mailles de sa cuirasse pour guérir certains maux72.

    23Reginald de Durham rapporte deux cent vingt-cinq miracles de Godric, dont un assez grand nombre, accomplis de son vivant. Il ressuscita par ses prières une jeune fille morte depuis trois jours, mais demanda que cela reste confidentiel73. Pour répondre aux sollicitations des personnes souffrantes, il faisait don de certains de ses objets qui opéraient ensuite une action thaumaturgique, agissant comme des reliques de contact de son vivant. Sa ceinture devait entourer une femme pour son futur accouchement74. Un morceau de ceinture qu’il avait reçue d’un vieux moine, donné en cadeau au frère du prieur de Durham, arrêta le saignement de nez d’un clerc75. Le même objet sauva aussi une femme lors de son accouchement. Reginald affirme que beaucoup de personnes furent guéries après avoir été bénies par Godric et avoir mangé de son pain et bu de sa boisson76. Par exemple, un pain d’avoine de Godric, offert à un abbé qui en distribua les morceaux à des malades, guérit quinze personnes77. Dans un autre cas, le pain béni par Godric rendit l’usage de la parole à un homme78.

    Leur dimension surnaturelle

    24Les deux hagiographes, John de Forde et Reginald de Durham expriment leur admiration pour les deux ascètes en les présentant comme des saints dès leur vivant. Non seulement, ils racontent les miracles opérés par les deux ascètes, mais ils leur prêtent une aura surnaturelle en décrivant leurs visions célestes ainsi que leurs apparitions post mortem. Des signes célestes révélaient la sainteté de Wulfric de son vivant. Aussi dans un rêve vit-il Jésus et les apôtres. Pierre, l’apôtre, l’interpella : « Lève-toi, dépêche-toi et suis-nous. » Dans sa précipitation, il laissa alors tomber le récipient d’huile qu’il avait dans sa main, et l’huile se répandit sur son vêtement et par terre. Plus tard, il reçut l’interprétation de son rêve par Robert Pullen79 : « Dieu a désigné ce lieu pour être glorifié à travers toi, par la grâce des guérisons et par l’accomplissement des signes : c’est l’huile répandue de ta main à cet endroit et sur tes vêtements80. » Une nuit, alors qu’il priait devant l’autel de saint Michel, un ange ravit son âme au ciel où il entrevit la gloire de Dieu et l’espoir des saints81. Dans une autre vision, son visiteur céleste lui assura que sa demeure au ciel était déjà prête82. Quand il priait, on pouvait apercevoir une lumière céleste dans l’église83.

    25Après la mort de Wulfric de Haselbury, eut lieu une révélation que son hagiographe qualifia d’angélique. Un pèlerin chenu demanda au prêtre Osbern un objet ayant appartenu à Wulfric en tant que gage de sa sainteté. Osbern répondit qu’il n’y avait rien, excepté des objets liturgiques qu’il n’était pas possible de donner. Mais le pèlerin insista : « Dans ton coffre tu as le plat et la cuillère qu’il utilisait pour manger. Donne-les-moi ! » Après le départ du pèlerin, Osbern regretta de les avoir cédés à un inconnu ; il courut après lui, mais ne put retrouver sa trace. Osbern pensa alors que le visiteur était plus qu’un être humain et qu’il voulait peut-être enseigner avec quelle dévotion Wulfric devait être vénéré, et que les objets qui lui avaient appartenu et qu’on considérait comme sans valeur ne devaient pas être dépréciés84. Cet épisode révèle que les objets ayant été en contact avec Wulfric acquièrent le statut de reliques après sa mort.

    26John de Forde ne rapporte que deux miracles posthumes de Wulfric85. Une femme de Kent avait fait le vœu d’aller le voir une fois tous les ans, mais après la mort du saint, elle cessa ses déplacements. Wulfric lui apparut en rêve et l’incita à retourner à son église86. Il apparut à deux reprises à la femme dont le mari souffrait de l’estomac, en lui ordonnant d’aller à l’église de Haselbury, de prendre de la poussière de son tombeau, puis de la diluer dans l’eau et de la donner à boire à son mari87.

    27Quant à Godric, certains de ses miracles in vita le font apparaître comme le maître des éléments. Lors de la crue de la rivière Wear, il ordonna à l’eau de ne pas inonder ses jardins, mais de couler vers les roches du côté opposé88; une autre fois, quand l’eau menaça ses constructions, il fabriqua une croix avec des branches pour arrêter l’eau. Il fit pêcher miraculeusement des poissons dans la rivière desséchée89. Il eut alors plusieurs visions célestes : il aperçut dans son oratoire la Vierge Marie et Marie-Madeleine qui posaient leur main sur sa tête, et la Vierge lui enseigna une chanson90 ; à Pâques, il vit les anges chanter avec saint Nicolas91 ; Jean le Baptiste vint dans l’église avec un chœur céleste92 ; un saint descendit du ciel pour célébrer la messe93 ; Godric voyait souvent les anges avec qui il conversait94.

    28Le recueil de miracles de Godric recense deux cent quarante-trois miracles post mortem. À sa mort, des phénomènes miraculeux furent constatés dans la nature : un parfum délicieux se fit sentir dans l’air et dans les bois, puis pendant deux mois, les arbres, les feuilles et les fruits exhalaient un liquide au goût de miel. Les habitants cueillirent les branches et les feuilles. Reginald note que « cela se produisit à cause des mérites de l’homme de Dieu : pendant que son esprit passa à travers l’air pour le ciel, l’odeur douce qui émana de lui se répandit dans l’air et tomba sur terre comme une rosée95 ».

    29Peu après sa mort, Godric de Finchale apparut plusieurs fois en rêve aux futurs miraculés. Devant l’ampleur du recueil de miracles, j’évoque seulement quelques visions particulièrement intéressantes et détaillées. Une femme à la main contractée et au corps malade fut gratifiée d’un miracle d’incubation : elle fut emmenée au tombeau de Godric la veille de l’anniversaire de son inhumation96. La nuit, tout en dormant, elle aperçut Godric entrer dans l’église et chanter avec des moines. Puis, Godric ouvrit son tombeau, y entra et le referma. Elle voulut le suivre, tendant vers lui sa main qu’elle cogna au sarcophage. Quand elle se réveilla, sa main fut guérie97. Dans ce cas, « l’apparition du saint est alors considérée comme une projection, en quelque sorte, de ses reliques98 ».

    30Certains rêves eurent lieu loin du tombeau de Godric, mais leur composition rappelle celui des miracles d’incubation. Un moine cistercien conservait quelques poils de la barbe de Godric ; un an après la mort de Godric, il tomba malade. Il mit les poils dans l’eau et s’endormit. Il fit le rêve d’être assis dans un grand récipient plein d’eau chaude dont la surface laissait apparaître une masse vénéneuse. Godric survint et purgea cette pollution avec son bâton. À son réveil, le moine fut guéri99.

    31Un vieil homme, ancien serviteur de Godric, souffrait de douleurs à son bras gauche. La nuit de l’Assomption, il fut transporté en rêve à la maison communale de Finchale où il aperçut son maître devant lui. Godric souffla trois fois sur son bras et lui dit d’aller à son tombeau et d’y poser son bras malade100.

    32Dans certaines visions, Godric « collabora » avec d’autres saints pour opérer une guérison. Un jeune homme était tombé d’un édifice en construction et s’était brisé les os. Un an et demi plus tard, il eut une vision : il se trouvait à genoux devant le tombeau de Godric. Godric était entouré de deux hommes splendides ; de l’autre côté du tombeau, il y avait un troisième saint. Ce dernier fit signe à Godric de prendre soin du malade. Godric se mit à marcher autour de lui plusieurs fois. Puis, le malade aperçut face à l’autel une femme magnifique tenant un petit garçon. Godric signa l’épaule droite du jeune homme. Celui-ci interrogea la dame sur l’identité des saints qu’il avait vus en apparition. Elle lui révéla que c’étaient saints Cuthbert, Jean le Baptiste et Thomas de Cantorbéry. Après son réveil, on conseilla au malade d’aller au tombeau de Godric, mais il retarda son départ ce dont saint Cuthbert lui fit le reproche dans une nouvelle vision. Quand il vint enfin à Finchale, il s’endormit près du mur de l’église, car il ne pouvait pas y entrer à cause de la foule. Il se réveilla le dimanche matin et aperçut une grande lumière à l’intérieur et à l’extérieur de l’église et se sentit guéri101.

    33Dans le rêve d’un charpentier âgé malade, Godric apparut également en compagnie d’autres saints mais dont l’identité n’est pas révélée dans le récit de Reginald. Le malade assista à une étrange cérémonie. D’abord, il aperçut un homme vêtu de blanc – probablement saint Cuthbert – marcher autour de sa maison. Ce saint entra alors avec Godric dans sa chambre et le bénit. Ils sortirent un moment, puis revinrent avec plusieurs saints, certains vêtus de blanc et d’autres de gris, entourés d’un halo de lumière. Ils célébrèrent alors une messe et Godric versa de l’eau sur les mains des célébrants. Tous sortirent ensuite, exceptés Godric et le premier saint. Godric déambula autour de la maison jusqu’à minuit. Après son départ, le malade fut guéri102.

    34À la mesure de la dureté de son ascèse, Godric fut soumis à des tentations diaboliques qu’il repoussa chaque fois victorieusement103, à l’instar des Pères du désert et d’autres solitaires du passé dont le « prototype » est saint Antoine du désert (m. 356). Apparus sous diverses formes humaines et animales, les démons le soumettaient à la tentation de la chair, le molestaient et le torturaient, voulant le détourner de sa vie consacrée à Dieu. Sa résistance infaillible à l’Ennemi grâce à ses pratiques ascétiques (jeûne, privation de sommeil, mortification de son corps) ainsi qu’à sa prière assidue rehaussa son aura de sainteté.

    La reconnaissance et la diffusion de leurs cultes

    35Une vingtaine d’années avant la mort de Wulfric, Henry de Hungtingdon évoque déjà sa sainteté. Il affirme ainsi qu’à son époque les miracles sont rares, bien qu’ils soient les plus glorieux. Et il veut rendre public le cas d’un homme dont l’esprit vivant existe toujours : c’est Wulfric, qui porta toujours une cotte de mailles ; quand la première s’était désagrégée, il en prit une nouvelle qui était trop longue mais qu’il put couper sans difficulté. Beaucoup de religieux se réjouissaient d’avoir de ces mailles, et l’histoire se répandit partout dans le royaume104. La rapidité de la mise par écrit des actes des « hommes de Dieu » Wulfric et Godric atteste la volonté de proclamer la sainteté contemporaine.

    36L’hagiographe de Wulfric, John de Forde écrivit – à l’instar de Grégoire le Grand – pour prouver qu’à son époque, les manifestations miraculeuses existaient toujours en Angleterre. Il adressa deux lettres dédicatoires à des prélats. La première fut écrite à Barthélemy, évêque d’Exeter (1161-1184), qui devait aussi revoir l’œuvre de John avant de la présenter à deux autres prélats, aux évêques de Worcester et de Bath. La seconde fut adressée à Baldwin, archevêque de Cantorbéry (1185-1190), auparavant abbé de Forde, puis évêque de Worcester à partir de 1180. « Mais rien n’indique que la Vie soit remontée plus haut dans l’échelle ecclésiastique que Cantorbéry105 ».

    37Les miracles que John de Forde rapporte d’après les témoignages oraux nominatifs auraient pu appuyer la canonisation pontificale de Wulfric. Mais les quatre Anglais canonisés entre 1161 et 1203 (Thomas Becket, Dunstan, Édouard le Confesseur et Gilbert de Sempringham) ont tous joué un rôle public important, et trois dossiers ont été soutenus par des rois106.

    38À l’époque de John de Forde, les mailles provenant du raccourcissement du haubert de Wulfric étaient encore conservées par des personnes pieuses qui les considéraient comme un témoignage de sa sainteté107. Son haubert, qui avait dû être enlevé un an avant sa mort fut conservé, puis enveloppé dans un tissu108.

    39Le culte de Wulfric se développa entre trente et soixante-dix ans après sa mort ; cinquante ans après sa mort, Roger de Wendover évoque ses « innombrables miracles109 » ; les pèlerinages à Haselbury se poursuivirent jusqu’au xvie siècle.

    40À la mort de Godric, la foule accourut pour baiser ses pieds non couverts, puis les moines coupèrent les ongles de ses orteils pour en faire des reliques. Du sang frais se mit alors à couler du pied blessé par mégarde ; un malade recouvra la santé en touchant avec ses lèvres une goutte de son sang110. Les moines de Durham et les cisterciens manifestaient un intérêt certain pour Godric. Reginald rédigea la Vie de Godric à la demande du prieur Thomas de Durham et de l’abbé cistercien Ailred de Rievaulx (abbé de 1147 à 1166 ou 1167).

    41Les moines de Durham s’approprièrent le culte de Godric111. En 1196, un prieuré fut établi sur le tombeau de Godric ; le premier prieur était le sacristain de Durham. Le prieuré fut supprimé en 1538 et tomba en ruine. L’emplacement du tombeau de Godric qui avait attiré bon nombre de pèlerins112 est marqué aujourd’hui par une croix. Ses reliques corporelles disparurent, mais on a découvert les restes de son tombeau en 1920. Quant à ses reliques de contact, elles furent mieux conservées. De nombreuses personnes souhaitaient en effet acquérir quelque chose lui ayant appartenu, un artefact agissant comme un memoriale, car la rumeur de sa sainteté était répandue. L’aumônier Godfrey de Keslo obtint quelques mailles de son haubert et alors qu’il était en train de distribuer des aumônes aux pauvres, la mère d’une jeune fille au corps enflé lui demanda s’il avait des reliques de Godric. L’aumônier prit des mailles du haubert, les lava et offrit le breuvage à la malade. Reginald de Durham note que ce fut le début des signes par lesquels le Seigneur révéla les mérites de Godric après sa mort113.

    42Deux manuscrits recensent les reliques de contact de Godric à Durham114, et un inventaire de 1431, les reliques conservées à Finchale115. En 1383, l’Inventaire des reliques de la cathédrale de Durham enregistrait la barbe, la cotte de mailles et la ceinture de Godric. Ses reliques ont été diffusées également à Lichfield, Meaux et St Albans116. Des réécritures de la Vie de Godric ont été rédigées dès la fin du xiie siècle (Walter117 ; Geoffrey118). Sa réputation posthume s’observe aussi par toute une série de mentions dans des ouvrages historiographiques119. Il faut souligner qu’il existe aussi une version française de sa Vie120 ; c’est la traduction du texte de Reginald de Durham ; elle est contenue dans un manuscrit du tournant du xiiie siècle121.

    Ambiguïtés de la sainteté érémitique

    43L’hagiographie de Reginald et de John de Forde assimile Wulfric et Godric aux saints thaumaturges les plus puissants en raison du nombre impressionnant de leurs miracles. Attentifs aux autres et dotés du don de prophétie, ils attiraient les fidèles qui cherchaient auprès d’eux consolation et conseil. Ils étaient dotés du pouvoir d’opérer des miracles même à distance, dans des visions, et leurs instruments de mortification devinrent des instruments de guérison dès leur vivant. Leur profil hagiographique suggère une lointaine analogie avec celui des ermites et d’autres ascètes de l’Antiquité tardive dont les pratiques ascétiques extrêmes avaient suscité l’admiration de leurs contemporains, les considérant comme des saints vivants et dont la renommée faisait accourir des foules. D’après la Vie de Syméon Stylite l’Ancien (459), « sa renommée s’étant répandue partout, on accourait en foule, non seulement les gens du voisinage, mais ceux-là mêmes qui étaient distants de plusieurs jours de marche » ; « ils désiraient tous le toucher et retirer quelques bénédictions du contact de ses vêtements de peau »122. La typologie de l’ascèse de Wulfric et de Godric se rapproche de celle des Pères du désert, « assez peu marquée par l’idée de pénitence compensatoire et visant surtout à domestiquer le corps pour le mettre au service de l’esprit123 ».

    44André Vauchez a souligné que « la sainteté érémitique est probablement celle qui, au Moyen Âge, a recueilli le maximum d’adhésion spontanée de la part des fidèles124 ». Mais si le charisme des solitaires fut admiré par les fidèles, l’Église se méfiait de leur ascétisme et de ses déviations possibles. Depuis l’Antiquité tardive, les auteurs chrétiens considéraient que l’ascétisme excessif pouvait conduire au péché d’orgueil. De même, la vie solitaire menée en dehors de l’encadrement de l’Église était le plus souvent considérée avec méfiance. À l’époque du renouveau de l’Église (xie-xiie siècle), l’érémitisme donna une certaine impulsion à la renaissance religieuse.

    Mais la vie en solitude est un phénomène à la fois trop souple et trop outrancier pour ne pas être en même temps considéré comme dangereux. L’Église, même favorable à un renouveau, veut et doit contrôler toutes les expressions religieuses, a fortiori celles qui dépassent les limites de la modération. L’érémitisme est toléré, mais il doit être contrôlé125.

    45Il n’est donc pas étonnant qu’entre 1198 et 1431, un seul ermite ait été canonisé, Pierre de Morrone, mais qui fut pape sous le nom de Célestin V pendant quelques mois en 1294. « Toutes les autres causes restèrent en suspens pour des raisons que nous ignorons. Cette proportion exceptionnelle d’échecs contraste avec la popularité durable des saints ermites dans le culte local126. »

    46Dans sa magistrale synthèse, André Vauchez conclut : « Aux derniers siècles du Moyen Âge, l’Église romaine semble avoir éprouvé une méfiance croissante vis-à-vis d’une sainteté comme celle des ermites […]. Ses préférences vont à des expériences religieuses menées dans un cadre communautaire et faisant plus de place à la vie sacramentelle et liturgique127. »

    47Ces deux ascètes appartiennent non seulement au mouvement du renouveau de l’érémitisme, mais d’une manière plus générale, leur quête de la perfection spirituelle, leur attitude à l’égard du corps, s’inscrivent dans le contexte de la réforme grégorienne, où d’autres courants cherchaient également à suivre des modes vie rigoureux, aspirant à un idéal de pureté au-delà des exigences établies par la réforme, tout en restant en dehors des cadres institutionnels de l’Église. Si Wulfric et Godric avaient quelques liens avec des institutions religieuses, eux-mêmes n’ont pas été à l’initiative de la création des communautés religieuses d’un nouveau type, contrairement aux grands fondateurs des ordres érémitiques, tels Romuald, Pierre Damien, Bruno le Chartreux, Étienne de Grandmont. C’est peut-être l’une des raisons de leur vénération limitée à des cultes régionaux.

    Notes de bas de page

    1Katherine Allen Smith, « Saints in Shining Armor: Martial Ascetisme and Masculine Models of Sanctity, ca. 1050–1250 », Speculum, 83, 2008, p. 572-602 et sous une forme plus concise, Ead., War and the Making of Medieval Monastic Culture, Woodbridge, Boydell Press, 2011, p. 187-195.

    2Patrick Henriet, « Hagiographie, idéologies cléricales et pratiques sociales au Moyen Âge », Annuaire de l’École pratique des hautes études, Section des sciences historiques et philologiques, Résumés des conférences et travaux, 150/2019, 2017-2018 ; 151/2020, 2018-2019 ; 152/2021, 2019-2020.

    3Patrick Henriet, « Les ascètes et leur corps », dans Daniel Le Blévec, Laurence Moulinier-Brogi (dir.), Le corps au Moyen Âge, Turnhout, Brepols, 2025, p. 551-591.

    4Edina Bozoky, « Charisma of Ascetic Saints in the Hagiography of the 12th Century », Religions, n.s. 14, The Charisma in the Middle Ages, 2023, https://doi.org/10.3390/rel14081063.

    5Reginald of Durham, The Life and Miracles of Saint Godric, Hermit of Finchale (BHL 3597 et 3598), éd. et trad. par Margaret Coombe, Oxford, Clarendon, 2022 (cité ci-après Coombe, suivi du numéro du paragraphe et de page).

    6Reginald de Durham, Libellus de admirandis beati Cuthberti virtutibus, éd. par James Raine, Londres, J. B. Nichols and Sons, 1835 ; Vita S. Oswaldiregis et martyris, dans Symeonis monachis Opera omnia, t. 1, éd. par Thomas Arnold, Londres, Longman and Trübner (Rolls Series, 75/1), 1882. Sur la vie et l’œuvre de Reginald, voir Coombe, Introduction, p. xxxiii-lii.

    7John of Forde, The Life of Wulfric of Haselbury, Anchorite (BHL 8743), trad. par Pauline Matarasso, Abbey of Getshemani, Trappist, Kentucky, 2011 (cité désormais Matarasso, suivi du numéro de chapitre, de paragraphe et de page) ; Wulfric of Haselbury by John, abbot of Ford, éd. par Maurice Bell, Frome/Londres, Butler & Tanner (Somerset Record Society, 47), 1933 (cité ci-après Bell, suivi du numéro de paragraphe et de page).

    8Voir Christopher J. Holdsworth, « John of Ford and English CistercianWriting 1167–1214 », Transactions of the Royal Historical Society, 5th Series, 11, 1961, p. 117-136. John de Forde a composé aussi des commentaires du Cantique des cantiques. Sermons sur le Cantique des cantiques, trad. par Pierre-Yves Emery, Oka, Abbaye cistercienne Notre-Dame-de-Lac, 1999-2001, 3 vol.

    9Sur ses sources, voir Matarasso, Introduction, p. 18-32 ; M. Bell, p. xx-xxxix ; Tom Licence, Hermits and Recluses in English Society, 950–1200, Oxford, Oxford University Press, 2011, p. 191.

    10Licence, Hermits and Recluses, op. cit. p. 90-91.

    11Comme l’a déjà démontré Peter Brown dans son étude, désormais célèbre, sur la place du « saint homme » dans l’Empire romain d’Orient durant l’Antiquité tardive : Peter Brown, « The Rise and Function of the Holy Man in Late Antiquity », The Journal of Roman Studies, 61, 1971, p. 80-101.

    12Bell, 1, p. 13-14 ; Matarasso, 1.1, p. 98-99.

    13L’église actuelle dédiée à saint Michel et aux Anges date des xive-xve siècles.

    14Bell, 1, p. 14-15 ; Matarasso, 1.1, p. 100.

    15Bell, Notes, p. 142.

    16Bell, 3-5, p. 17-19 ; Matarasso, 1.3-5, p. 102-104.

    17Bell, 9, p. 22-23 ; Matarasso, 1.9, p. 107-109. Voir Patrick Henriet, « Le reclus, le miles et la cotte de mailles. Autour d’un épisode relatif à Wulfric de Haselbury (m. 1154) », dans Pierre Chastang, Patrick Henriet, Claire Soussen (dir.), Figures de l’autorité médiévale. Mélanges offerts à Michel Zimmermann, Paris, Publications de la Sorbonne, 2016, p. 307-319. Notons qu’un miracle similaire est raconté dans la Vie d’un autre ermite, Godric de Throckenholt, qui porta un haubert durant sept ans : Tom Licence, « The Life and Miracles of Godric of Throckenholt », Analecta Bollandiana, 124, 2006, p. 15-43.

    18Bell, 99, p. 124 ; Matarasso, 3.41, p. 207-208.

    19Bell, 45, p. 61-63 ; Matarasso, 2.15, p. 147-149.

    20Bell, 43, p. 59-60 ; 47, p. 65 ; 84-85, p. 110-112 ; Matarasso, 2.13, p. 145-146, 2.17, p. 151, 3.26 et 3.27, p. 195-197.

    21Bell, 83, p. 109-110 ; Matarasso, 3.25, p. 194-195.

    22Bell, 27, p. 45 ; 83, p. 109-110 ; Bell, 27-28, p. 45 ; Matarasso, 1.27, p. 131 ; 1.28-28, p. 131-132.

    23Bell, 101-102, p. 127-130 ; Matarasso, 3.43-44, p. 211-213.

    24Bell, 99, p. 125 ; Matarasso, 3.41, p. 208.

    25Coombe, XI, 30-37, p. 86-99.

    26Victoria Tudor, « The Cult of St Cuthbert in the Twelfth Century: The Evidence of Reginald of Durham », dans Gerald Bonner, David Rollason, Clare Stancliffe (éd.), St Cuthbert, His Cult and His Community to A.D. 1200, Woodbridge, Boydell Press, 1995, p. 447-467 ; Christiania Whitehead, The Afterlife of St Cuthbert, Cambridge, Cambridge University Press, 2020, p. 99-138.

    27Licence, Hermits and Recluses, op. cit., p. 95.

    28Coombe, XIII, 38, p. 100-103.

    29Coombe, XIV-XV, 39-43, p. 103-111. Voir Laura Slater, « Recreating the Judean Hills? English Hermits and the Holy Land », Journal of Medieval History, 42, 2016, p. 603-626.

    30Coombe, XVI, 44-47, p. 110-115.

    31Coombe, XX, 54, p. 124-127.

    32Coombe, XXII, 57, p. 130-133.

    33Coombe, XXVI, 62-63, p. 138-143.

    34Coombe, XLIII, 93, p. 186-191.

    35Coombe, XLIX, 107-108, p. 206-211.

    36Coombe, p. 284-287, 566-573, 327, 588-589. Voir Licence, Hermits and Recluses, op. cit., p. 104.

    37Coombe, LXXXV, 178, p. 326-327.

    38Coombe, XXVIII, 65-66, p. 144-147.

    39Coombe, XXIX, 68-70, p. 148-153.

    40Coombe, XXXII, 73-74, p. 156-161.

    41Coombe, XXXII, 74, p. 158-159 : cf. Rom. 12, 1-2.

    42Coombe, XXVII, 64, p. 142-143.

    43Coombe, XXXVIII, 79-81, p. 168-173.

    44Coombe, LXXXII, 174-175, p. 320-321.

    45Coombe, LVIII, 127, p. 242-245.

    46Coombe, CLXX, 309-313, p. 558-565.

    47Voir Henry Mayr-Harting, « Functions of Twelfth-Century Recluse », History, 60, 1975, p. 337-352 ; Susan J. Ridyard, « Functions of a Twelfth-Century Recluse revisited: The Case of Godric of Finchale », dans Richard Gameson, Henrietta Leyser (éd.), Belief & Culture in the Middle Ages. Studies Presented to Henry Mayr-Harting, Oxford, Oxford University Press, 2001, p. 236-250.

    48Heather Blurton, « The Songs of Godric of Finchal: Vernacular Liturgy and Literary History », New Medieval Literature, 18, 2018, p. 75-104.

    49Bell, 2, p. 16 ; Matarasso, 1.2, p. 101.

    50Bell, 11, p. 25 ; Matarasso, 1.11, p. 111. Voir Ct 1,2.

    51Bell, 50-51, p. 68-75 ; Matarasso, 2.20-21, p. 154-161.

    52Bell, 56-57, p. 81-85 ; Matarasso, 2.27-28, p. 167-171.

    53Bell, 11, p. 25 ; Matarasso, 1.11, p. 111.

    54Bell, 90, p. 116-117 ; Matarasso, 3.32, p. 200.

    55Bell, 91, p. 117-118 ; Matarasso, 3.33, p. 200-201.

    56Bell, 96, p. 120-121 ; Matarasso, 3.38, p. 204-205.

    57Coombe, XXIII, 59-61, p. 134-139.

    58Coombe, LIX, 129, p. 246-247.

    59Coombe, XLVIII, 105, p. 204-205.

    60Coombe, LXXVII, 166-167, p. 308-311.

    61Coombe, CV, 208, p. 378-379.

    62Coombe, CLV, 277-280, p. 500-509.

    63Coombe, CLIX, 285-286, p. 514-519.

    64Coombe, LVII, 122-123, p. 232-237.

    65Coombe, LXXX, 180-182, p. 328-335.

    66Coombe, LXXXVIII, 185, p. 336-339. Il s’agit des personnes qui ont pris les dons destinés aux pauvres.

    67Coombe, CII, 204, p. 372-375.

    68Bell, 14, p. 28-29 ; Matarasso, 1.14, p. 114-115.

    69Bell, 15, p. 29-30 ; Matarasso, 1.15, p. 115-116.

    70Bell, 42, p. 58-59 ; Matarasso, 2.12, p. 144-145.

    71Bell, 64, p. 92-93 ; Matarasso, 3.6, p. 178-179.

    72Bell, 10, p. 23 ; Matarasso, 1.10, p. 109.

    73Coombe, LVII, 124-126, p. 236-241.

    74Coombe, CIV, 206, p. 374-377.

    75Coombe, CXLII, 258, p. 466-469.

    76Coombe, LIX, 129, p. 246-247.

    77Coombe, LXXXIIII, 177, p. 324-327.

    78Coombe, CLIV, 276, p. 498-501.

    79Robert Pullen, théologien et prélat anglais (v. 1080-v. 1150).

    80Bell, 11, p. 25 ; Matarasso, 1.11, p. 110-111.

    81Bell, 18, p. 35-36 ; Matarasso, 1.18, p. 121-122.

    82Bell, 20, p. 38 ; Matarasso, 1.20, p. 124-125.

    83Bell, 35-36, p. 52-54 ; Matarasso, 2.5-6, p. 139-141.

    84Bell, 103, p. 130-131 ; Matarasso, 3.45, p. 213-214.

    85John de Forde termine son écrit à la mort de Wulfric.

    86Bell, 104, p. 131-132 ; Matarasso, 3.46, p. 214.

    87Bell, 105, p. 132-134 ; Matarasso, 3.47, p. 215-216.

    88Coombe, XLVIII, 105, p. 202-207.

    89Cécile Rochelois, « Les pêches miraculeuses de Godric de Finchale : dauphins et saumons à volonté dans la vie d’un saint anglais du xiie siècle », Anthropozoologica, 53, 2018, p. 97-106.

    90Coombe, L, 109, p. 212-217.

    91Coombe, XCIII, 192, p. 359-353.

    92Coombe, XCVII, 197, p. 358-361.

    93Coombe, XCIX, 200, p. 364-365.

    94Coombe, CLIX, 287, p. 520-521 ; CLXII, 290, p. 526-527.

    95Coombe, 314, p. 564-565.

    96Les miracles ou rites d’incubation (du latin incubare, se coucher), d’origine païenne ou chrétienne, se produisent lorsqu’un fidèle se rend dans un lieu sacré ou dans un temple, s’y couche, s’y endort et attend de la divinité consultée (dans le christianisme, un saint ou le Christ) qu’elle envoie, porteur d’un message ou d’une révélation, le rêve qui lui était demandé.

    97Coombe, 510, p. 742-745.

    98Pierre-André Sigal, L’homme et le miracle dans la France médiévale (xie-xiie siècle), Paris, Cerf, 1985, p. 139.

    99Coombe, 249, p. 448-453.

    100Coombe, 458, p. 704-709.

    101Coombe, 403, p. 668-677.

    102Coombe, 572, p. 804-809.

    103Reginald rapporte une vingtaine de récits de tentation.

    104Henry, archdeacon of Huntingdom, Historia Anglorum. The History of the English people, IX, 53-54, texte éd. et trad. par Diana Greenway, Oxford, Clarendon, 1996, p. 694-697.

    105Matarasso, Introduction, p. 65.

    106Ibid.

    107Matarosso, 1.10, p. 109-110. De même, quelque temps après la mort de Godric de Throckenholt, des personnes qui passaient à son ermitage abandonné, y découvrirent les débris de son haubert et l’emportèrent. D’autres parcelles du haubert ont été gardées par une dame ; des personnes souffrant de fièvres furent conduites chez elle. Elle mit les parcelles dans l’eau et la donna à boire aux fiévreux qui guérirent (Licence, « The Life and Miracles of Godric of Throckenholt », art. cité, p. 38-39).

    108Bell, 99, p. 124-125 ; Matarasso, 3.41, p. 208.

    109Roger of Wendover, Flores historiarum, I, 9, éd. par Henry G. Hewlett, Londres, Longman and Trübner (Rolls Series, 84), 1887.

    110Coombe, CLXX, 311, p. 560-561.

    111Sur l’institutionnalisation de l’ermitage de Finchale, voir Raimundo Carvalho Moura Filho, « Os eremitérios de Inner Farne e Finchale: ainstitucionalizaçao do deserto no norte da Inglaterra nos séculos XI e XII », Revista Labirinto, XIX, 30, 2019, p. 145-159.

    112Sur les pèlerinages, voir Ronald C. Finucane, Miracles and Pilgrims. Popular Beliefs in Medieval England, Londres, McMillan, 1995, p. 126-127, 166-169.

    113Coombe, XXIII, 350, p. 630-633.

    114Durham, Cathedral Library, ms. B. II. 35 et York Minster, ms. XVI. I. 12.

    115« Inventory of the Vestments, Books Etc. Of the Priory of Finchale », éd. par J. T. Fowler, Transactions of the Architectural ans Archaelogical Society of Durham and Northumberland, 4, 1896, 134-152.

    116Coombe, Introduction, p. xcii-xciv.

    117Coombe, ibid., p. lxi-lxvii.

    118Coombe, ibid., p. lxvii-lxxiii.

    119Coombe, ibid., p. xcvii-c.

    120Reginald of Durham’s Life of St Godric: An Old French Version, éd. par Margaret Coombe, Tony Hunt, Anne Mouron, Oxford, Oxford University Press (Anglo-Norman Text Society, Occasional Publications Series 9), 2019.

    121Paris, Bibliothèque Mazarine, 1716 (anc. 568), fol. 191-255. Ce texte n’a pas encore été étudié.

    122« Vie de Syméon Stylite l’Ancien », trad. par André-Jean Festugière, Antioche païenne et chrétienne. Libanius, Chrysostome et les moines de Syrie, Paris, De Boccard, 1959, p. 309.

    123Patrick Henriet, « Pour une histoire de l’ascétisme latin médiéval. Typologies et tournants majeurs », dans ce volume.

    124André Vauchez, La sainteté en Occident aux derniers siècles du Moyen Âge d’après les procès de canonisation et les documents hagiographiques, Rome, Publications de l’École française de Rome, 1988, p. 384.

    125Ludo Milis, « Ermites et chanoines réguliers au xiie siècle », Cahiers de civilisation médiévale, 21, 1979, p. 78.

    126Vauchez, La sainteté en Occident aux derniers siècles du Moyen Âge d’après les procès de canonisation et les documents hagiographiques, op. cit., p. 385.

    127Ibid., p. 387.

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    1Katherine Allen Smith, « Saints in Shining Armor: Martial Ascetisme and Masculine Models of Sanctity, ca. 1050–1250 », Speculum, 83, 2008, p. 572-602 et sous une forme plus concise, Ead., War and the Making of Medieval Monastic Culture, Woodbridge, Boydell Press, 2011, p. 187-195.

    2Patrick Henriet, « Hagiographie, idéologies cléricales et pratiques sociales au Moyen Âge », Annuaire de l’École pratique des hautes études, Section des sciences historiques et philologiques, Résumés des conférences et travaux, 150/2019, 2017-2018 ; 151/2020, 2018-2019 ; 152/2021, 2019-2020.

    3Patrick Henriet, « Les ascètes et leur corps », dans Daniel Le Blévec, Laurence Moulinier-Brogi (dir.), Le corps au Moyen Âge, Turnhout, Brepols, 2025, p. 551-591.

    4Edina Bozoky, « Charisma of Ascetic Saints in the Hagiography of the 12th Century », Religions, n.s. 14, The Charisma in the Middle Ages, 2023, https://doi.org/10.3390/rel14081063.

    5Reginald of Durham, The Life and Miracles of Saint Godric, Hermit of Finchale (BHL 3597 et 3598), éd. et trad. par Margaret Coombe, Oxford, Clarendon, 2022 (cité ci-après Coombe, suivi du numéro du paragraphe et de page).

    6Reginald de Durham, Libellus de admirandis beati Cuthberti virtutibus, éd. par James Raine, Londres, J. B. Nichols and Sons, 1835 ; Vita S. Oswaldiregis et martyris, dans Symeonis monachis Opera omnia, t. 1, éd. par Thomas Arnold, Londres, Longman and Trübner (Rolls Series, 75/1), 1882. Sur la vie et l’œuvre de Reginald, voir Coombe, Introduction, p. xxxiii-lii.

    7John of Forde, The Life of Wulfric of Haselbury, Anchorite (BHL 8743), trad. par Pauline Matarasso, Abbey of Getshemani, Trappist, Kentucky, 2011 (cité désormais Matarasso, suivi du numéro de chapitre, de paragraphe et de page) ; Wulfric of Haselbury by John, abbot of Ford, éd. par Maurice Bell, Frome/Londres, Butler & Tanner (Somerset Record Society, 47), 1933 (cité ci-après Bell, suivi du numéro de paragraphe et de page).

    8Voir Christopher J. Holdsworth, « John of Ford and English CistercianWriting 1167–1214 », Transactions of the Royal Historical Society, 5th Series, 11, 1961, p. 117-136. John de Forde a composé aussi des commentaires du Cantique des cantiques. Sermons sur le Cantique des cantiques, trad. par Pierre-Yves Emery, Oka, Abbaye cistercienne Notre-Dame-de-Lac, 1999-2001, 3 vol.

    9Sur ses sources, voir Matarasso, Introduction, p. 18-32 ; M. Bell, p. xx-xxxix ; Tom Licence, Hermits and Recluses in English Society, 950–1200, Oxford, Oxford University Press, 2011, p. 191.

    10Licence, Hermits and Recluses, op. cit. p. 90-91.

    11Comme l’a déjà démontré Peter Brown dans son étude, désormais célèbre, sur la place du « saint homme » dans l’Empire romain d’Orient durant l’Antiquité tardive : Peter Brown, « The Rise and Function of the Holy Man in Late Antiquity », The Journal of Roman Studies, 61, 1971, p. 80-101.

    12Bell, 1, p. 13-14 ; Matarasso, 1.1, p. 98-99.

    13L’église actuelle dédiée à saint Michel et aux Anges date des xive-xve siècles.

    14Bell, 1, p. 14-15 ; Matarasso, 1.1, p. 100.

    15Bell, Notes, p. 142.

    16Bell, 3-5, p. 17-19 ; Matarasso, 1.3-5, p. 102-104.

    17Bell, 9, p. 22-23 ; Matarasso, 1.9, p. 107-109. Voir Patrick Henriet, « Le reclus, le miles et la cotte de mailles. Autour d’un épisode relatif à Wulfric de Haselbury (m. 1154) », dans Pierre Chastang, Patrick Henriet, Claire Soussen (dir.), Figures de l’autorité médiévale. Mélanges offerts à Michel Zimmermann, Paris, Publications de la Sorbonne, 2016, p. 307-319. Notons qu’un miracle similaire est raconté dans la Vie d’un autre ermite, Godric de Throckenholt, qui porta un haubert durant sept ans : Tom Licence, « The Life and Miracles of Godric of Throckenholt », Analecta Bollandiana, 124, 2006, p. 15-43.

    18Bell, 99, p. 124 ; Matarasso, 3.41, p. 207-208.

    19Bell, 45, p. 61-63 ; Matarasso, 2.15, p. 147-149.

    20Bell, 43, p. 59-60 ; 47, p. 65 ; 84-85, p. 110-112 ; Matarasso, 2.13, p. 145-146, 2.17, p. 151, 3.26 et 3.27, p. 195-197.

    21Bell, 83, p. 109-110 ; Matarasso, 3.25, p. 194-195.

    22Bell, 27, p. 45 ; 83, p. 109-110 ; Bell, 27-28, p. 45 ; Matarasso, 1.27, p. 131 ; 1.28-28, p. 131-132.

    23Bell, 101-102, p. 127-130 ; Matarasso, 3.43-44, p. 211-213.

    24Bell, 99, p. 125 ; Matarasso, 3.41, p. 208.

    25Coombe, XI, 30-37, p. 86-99.

    26Victoria Tudor, « The Cult of St Cuthbert in the Twelfth Century: The Evidence of Reginald of Durham », dans Gerald Bonner, David Rollason, Clare Stancliffe (éd.), St Cuthbert, His Cult and His Community to A.D. 1200, Woodbridge, Boydell Press, 1995, p. 447-467 ; Christiania Whitehead, The Afterlife of St Cuthbert, Cambridge, Cambridge University Press, 2020, p. 99-138.

    27Licence, Hermits and Recluses, op. cit., p. 95.

    28Coombe, XIII, 38, p. 100-103.

    29Coombe, XIV-XV, 39-43, p. 103-111. Voir Laura Slater, « Recreating the Judean Hills? English Hermits and the Holy Land », Journal of Medieval History, 42, 2016, p. 603-626.

    30Coombe, XVI, 44-47, p. 110-115.

    31Coombe, XX, 54, p. 124-127.

    32Coombe, XXII, 57, p. 130-133.

    33Coombe, XXVI, 62-63, p. 138-143.

    34Coombe, XLIII, 93, p. 186-191.

    35Coombe, XLIX, 107-108, p. 206-211.

    36Coombe, p. 284-287, 566-573, 327, 588-589. Voir Licence, Hermits and Recluses, op. cit., p. 104.

    37Coombe, LXXXV, 178, p. 326-327.

    38Coombe, XXVIII, 65-66, p. 144-147.

    39Coombe, XXIX, 68-70, p. 148-153.

    40Coombe, XXXII, 73-74, p. 156-161.

    41Coombe, XXXII, 74, p. 158-159 : cf. Rom. 12, 1-2.

    42Coombe, XXVII, 64, p. 142-143.

    43Coombe, XXXVIII, 79-81, p. 168-173.

    44Coombe, LXXXII, 174-175, p. 320-321.

    45Coombe, LVIII, 127, p. 242-245.

    46Coombe, CLXX, 309-313, p. 558-565.

    47Voir Henry Mayr-Harting, « Functions of Twelfth-Century Recluse », History, 60, 1975, p. 337-352 ; Susan J. Ridyard, « Functions of a Twelfth-Century Recluse revisited: The Case of Godric of Finchale », dans Richard Gameson, Henrietta Leyser (éd.), Belief & Culture in the Middle Ages. Studies Presented to Henry Mayr-Harting, Oxford, Oxford University Press, 2001, p. 236-250.

    48Heather Blurton, « The Songs of Godric of Finchal: Vernacular Liturgy and Literary History », New Medieval Literature, 18, 2018, p. 75-104.

    49Bell, 2, p. 16 ; Matarasso, 1.2, p. 101.

    50Bell, 11, p. 25 ; Matarasso, 1.11, p. 111. Voir Ct 1,2.

    51Bell, 50-51, p. 68-75 ; Matarasso, 2.20-21, p. 154-161.

    52Bell, 56-57, p. 81-85 ; Matarasso, 2.27-28, p. 167-171.

    53Bell, 11, p. 25 ; Matarasso, 1.11, p. 111.

    54Bell, 90, p. 116-117 ; Matarasso, 3.32, p. 200.

    55Bell, 91, p. 117-118 ; Matarasso, 3.33, p. 200-201.

    56Bell, 96, p. 120-121 ; Matarasso, 3.38, p. 204-205.

    57Coombe, XXIII, 59-61, p. 134-139.

    58Coombe, LIX, 129, p. 246-247.

    59Coombe, XLVIII, 105, p. 204-205.

    60Coombe, LXXVII, 166-167, p. 308-311.

    61Coombe, CV, 208, p. 378-379.

    62Coombe, CLV, 277-280, p. 500-509.

    63Coombe, CLIX, 285-286, p. 514-519.

    64Coombe, LVII, 122-123, p. 232-237.

    65Coombe, LXXX, 180-182, p. 328-335.

    66Coombe, LXXXVIII, 185, p. 336-339. Il s’agit des personnes qui ont pris les dons destinés aux pauvres.

    67Coombe, CII, 204, p. 372-375.

    68Bell, 14, p. 28-29 ; Matarasso, 1.14, p. 114-115.

    69Bell, 15, p. 29-30 ; Matarasso, 1.15, p. 115-116.

    70Bell, 42, p. 58-59 ; Matarasso, 2.12, p. 144-145.

    71Bell, 64, p. 92-93 ; Matarasso, 3.6, p. 178-179.

    72Bell, 10, p. 23 ; Matarasso, 1.10, p. 109.

    73Coombe, LVII, 124-126, p. 236-241.

    74Coombe, CIV, 206, p. 374-377.

    75Coombe, CXLII, 258, p. 466-469.

    76Coombe, LIX, 129, p. 246-247.

    77Coombe, LXXXIIII, 177, p. 324-327.

    78Coombe, CLIV, 276, p. 498-501.

    79Robert Pullen, théologien et prélat anglais (v. 1080-v. 1150).

    80Bell, 11, p. 25 ; Matarasso, 1.11, p. 110-111.

    81Bell, 18, p. 35-36 ; Matarasso, 1.18, p. 121-122.

    82Bell, 20, p. 38 ; Matarasso, 1.20, p. 124-125.

    83Bell, 35-36, p. 52-54 ; Matarasso, 2.5-6, p. 139-141.

    84Bell, 103, p. 130-131 ; Matarasso, 3.45, p. 213-214.

    85John de Forde termine son écrit à la mort de Wulfric.

    86Bell, 104, p. 131-132 ; Matarasso, 3.46, p. 214.

    87Bell, 105, p. 132-134 ; Matarasso, 3.47, p. 215-216.

    88Coombe, XLVIII, 105, p. 202-207.

    89Cécile Rochelois, « Les pêches miraculeuses de Godric de Finchale : dauphins et saumons à volonté dans la vie d’un saint anglais du xiie siècle », Anthropozoologica, 53, 2018, p. 97-106.

    90Coombe, L, 109, p. 212-217.

    91Coombe, XCIII, 192, p. 359-353.

    92Coombe, XCVII, 197, p. 358-361.

    93Coombe, XCIX, 200, p. 364-365.

    94Coombe, CLIX, 287, p. 520-521 ; CLXII, 290, p. 526-527.

    95Coombe, 314, p. 564-565.

    96Les miracles ou rites d’incubation (du latin incubare, se coucher), d’origine païenne ou chrétienne, se produisent lorsqu’un fidèle se rend dans un lieu sacré ou dans un temple, s’y couche, s’y endort et attend de la divinité consultée (dans le christianisme, un saint ou le Christ) qu’elle envoie, porteur d’un message ou d’une révélation, le rêve qui lui était demandé.

    97Coombe, 510, p. 742-745.

    98Pierre-André Sigal, L’homme et le miracle dans la France médiévale (xie-xiie siècle), Paris, Cerf, 1985, p. 139.

    99Coombe, 249, p. 448-453.

    100Coombe, 458, p. 704-709.

    101Coombe, 403, p. 668-677.

    102Coombe, 572, p. 804-809.

    103Reginald rapporte une vingtaine de récits de tentation.

    104Henry, archdeacon of Huntingdom, Historia Anglorum. The History of the English people, IX, 53-54, texte éd. et trad. par Diana Greenway, Oxford, Clarendon, 1996, p. 694-697.

    105Matarasso, Introduction, p. 65.

    106Ibid.

    107Matarosso, 1.10, p. 109-110. De même, quelque temps après la mort de Godric de Throckenholt, des personnes qui passaient à son ermitage abandonné, y découvrirent les débris de son haubert et l’emportèrent. D’autres parcelles du haubert ont été gardées par une dame ; des personnes souffrant de fièvres furent conduites chez elle. Elle mit les parcelles dans l’eau et la donna à boire aux fiévreux qui guérirent (Licence, « The Life and Miracles of Godric of Throckenholt », art. cité, p. 38-39).

    108Bell, 99, p. 124-125 ; Matarasso, 3.41, p. 208.

    109Roger of Wendover, Flores historiarum, I, 9, éd. par Henry G. Hewlett, Londres, Longman and Trübner (Rolls Series, 84), 1887.

    110Coombe, CLXX, 311, p. 560-561.

    111Sur l’institutionnalisation de l’ermitage de Finchale, voir Raimundo Carvalho Moura Filho, « Os eremitérios de Inner Farne e Finchale: ainstitucionalizaçao do deserto no norte da Inglaterra nos séculos XI e XII », Revista Labirinto, XIX, 30, 2019, p. 145-159.

    112Sur les pèlerinages, voir Ronald C. Finucane, Miracles and Pilgrims. Popular Beliefs in Medieval England, Londres, McMillan, 1995, p. 126-127, 166-169.

    113Coombe, XXIII, 350, p. 630-633.

    114Durham, Cathedral Library, ms. B. II. 35 et York Minster, ms. XVI. I. 12.

    115« Inventory of the Vestments, Books Etc. Of the Priory of Finchale », éd. par J. T. Fowler, Transactions of the Architectural ans Archaelogical Society of Durham and Northumberland, 4, 1896, 134-152.

    116Coombe, Introduction, p. xcii-xciv.

    117Coombe, ibid., p. lxi-lxvii.

    118Coombe, ibid., p. lxvii-lxxiii.

    119Coombe, ibid., p. xcvii-c.

    120Reginald of Durham’s Life of St Godric: An Old French Version, éd. par Margaret Coombe, Tony Hunt, Anne Mouron, Oxford, Oxford University Press (Anglo-Norman Text Society, Occasional Publications Series 9), 2019.

    121Paris, Bibliothèque Mazarine, 1716 (anc. 568), fol. 191-255. Ce texte n’a pas encore été étudié.

    122« Vie de Syméon Stylite l’Ancien », trad. par André-Jean Festugière, Antioche païenne et chrétienne. Libanius, Chrysostome et les moines de Syrie, Paris, De Boccard, 1959, p. 309.

    123Patrick Henriet, « Pour une histoire de l’ascétisme latin médiéval. Typologies et tournants majeurs », dans ce volume.

    124André Vauchez, La sainteté en Occident aux derniers siècles du Moyen Âge d’après les procès de canonisation et les documents hagiographiques, Rome, Publications de l’École française de Rome, 1988, p. 384.

    125Ludo Milis, « Ermites et chanoines réguliers au xiie siècle », Cahiers de civilisation médiévale, 21, 1979, p. 78.

    126Vauchez, La sainteté en Occident aux derniers siècles du Moyen Âge d’après les procès de canonisation et les documents hagiographiques, op. cit., p. 385.

    127Ibid., p. 387.

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    Bozóky, E. (2025). L’attrait des ascètes encuirassés : l’exemple de Wulfric de Haselbury et de Godric de Finchale. In Société des historiens médiévistes de l’Enseignement supérieur public (éd.), Modèles et expériences ascétiques dans les sociétés médiévales. Paris: Éditions de la Sorbonne. https://doi.org/10.4000/15crb
    Bozóky, Edina. « L’attrait des ascètes encuirassés : l’exemple de Wulfric de Haselbury et de Godric de Finchale ». In Modèles et expériences ascétiques dans les sociétés médiévales, édité par Société des historiens médiévistes de l’Enseignement supérieur public. Paris: Éditions de la Sorbonne, 2025. doi:10.4000/15crb.
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    Société des historiens médiévistes de l’Enseignement supérieur public, éd. Modèles et expériences ascétiques dans les sociétés médiévales. Paris: Éditions de la Sorbonne, 2025. doi:10.4000/15crr.
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