Et pas sans un bon gage : le gage et le statut des objets dans une société marchande
Le cas de Gênes aux xiie-xiiie siècles
p. 293-302
Texte intégral
1Le 16 mars 1252, le jeune Symon, fils de feu drapier Enrico, s’engage à ne pas prêter pendant les cinq années à venir de sommes supérieures à 40 sous, « sauf avec un bon gage1 ». Cela ressemble à une période d’essai, imposée à un marchand débutant privé de l’appui de son père. Pourtant, une obligation similaire apparaît ailleurs : en juin 1191, Enrico Mallone s’apprête à partir pour Ceuta avec des biens d’Ingo de Volta et plus de 200 livres de Guglielmo Rataldo2. Bien qu’il ne s’agisse pas de débutants, Enrico s’engage à ne prêter l’argent qui lui est confié à personne, sauf à un marchand avec un gage (et non prestet alicui nisi mercatori et cum pignore).
2La précaution n’exprime donc pas qu’un déficit de confiance : paradoxalement, la remise de gages marque l’appartenance au groupe de marchands. Alors même que la nature des objets potentiellement mis en gage reste indéterminée, le geste dépasse manifestement la logique purement économique.
3Le statut des objets, leurs transformations et la valeur des choses comptent parmi les thèmes qui traversent les recherches que Laurent Feller3 a menées et a organisées4. Les gages s’imposent comme un cas particulièrement instructif, puisqu’ils interviennent comme un prolongement matériel de leurs propriétaires, tout en s’inscrivant dans une dynamique de marché. La documentation notariale génoise fournit à l’étude des gages un matériau ample mais chargé de difficultés spécifiques.
4Si l’importance du gage foncier a été soulignée dans un contexte faiblement monétarisé5, les gages mobiliers constituent un système d’actifs qui remplit une fonction bancaire6, indispensable pour permettre aux couches populaires d’accéder au crédit7. Des « Lombards » installés à Paris8 à l’émergence des Monts-De-Piété, la fonction économique du prêt sur gage a été étudiée par des spécialistes du bas Moyen Âge et de l’époque moderne9. La problématique du statut des objets engagés, de leur matérialité et leur lien durable avec leurs propriétaires s’est imposée plus récemment.
5Or, la documentation génoise permet de déplacer l’étude de la remise des gages vers une période plus haute. Les minutes notariales conservées à Gênes transmettent en effet de nombreuses mentions de gages, à la différence de, par exemple, Marseille du xive siècle où les gages ne sont pas enregistrés10. Cependant, ces mentions fréquentes ont pour contrepartie une perspective très commerciale de la documentation11. La difficulté est ainsi d’apercevoir d’autres niveaux de circulation, ce qu’on propose d’aborder ici. Si les contrats commerciaux remplissent l’essentiel des minutiers, les prêts relevant de la vie quotidienne, ainsi que des testaments et d’assez rares documents judiciaires, ouvrent des fenêtres sur une économie plus encastrée dans les relations sociales.
6À première vue, le repérage des mentions de remise de gages fournit un résultat paradoxal. Le vocabulaire du gage est utilisé quasi systématiquement pour exprimer la responsabilité de l’emprunteur. Mais aucun bien précis n’est ainsi visible. Le transfert de propriété reste une potentialité et pèse sur l’état des biens du débiteur dans le futur. Cette formule générale est donc à distinguer de la remise réelle d’un gage où le transfert de propriété sur un bien précisément identifié est immédiatement effectif pour être révoqué lorsque la créance serait effacée12.
7D’autre part, la moisson des gages réels est relativement décevante. Dans un échantillon comprenant environ 1 500 actes échelonnés sur la première moitié du xiiie siècle et instrumentés par quatre notaires à la production importante, ainsi que quelques autres aux dossiers mineurs, seuls 68 cas de gages individualisés ont pu être relevés. Le rendement semble baisser rapidement à mesure que l’on avance dans le xiiie siècle : les années 1203 et 1210 fournissent respectivement 14 et 15 cas de remises de gage, et l’année 1216, pour laquelle nous disposons d’un dossier très substantiel du notaire Lanfranco13, en donne 24. En revanche, la centaine d’actes instrumentés par Ingo Contardus14 en août 1234 ne donne pas un seul gage, et les dossiers importants des années 1250 donnent moins d’une dizaine de cas par année. Inversement, l’adjonction des gages mentionnés par le notaire Guglielmo Cassinense15 dans les minutes de 1191-1192 a permis de porter l’ensemble à 176 cas. Une évolution chronologique se combine ici au problème de la spécialisation des notaires dont les clientèles diffèrent parfois considérablement dans leur composition sociale.
Le gage et l’usage monétaire des objets
8La remise des gages, pratique certainement sous-représentée dans les minutes notariales, apparaît le plus souvent dans le cadre des transactions commerciales. Il s’agit alors généralement de quantités de marchandises traitées comme des quantités fongibles et immédiatement mobilisables dans d’autres échanges. La nature matérielle des biens engagés est certes cohérente avec le profil de l’activité de l’agent à l’origine du dépôt, mais le lien entre la personne et l’objet est assez faible.
9La répartition quantitative des gages confirme la domination de cette fonction du gage, tout en suggérant qu’il est possible de la dépasser. Parmi les 176 remises de gage envisagées ici, 54, soit environ 30 %, sont remis dans le cadre des contrats de change et change maritime, ce à quoi il faut ajouter 26 promesses de paiement (15 % du dossier) transmises par Guglielmo Cassinense qui s’apparentent à des changes ou des commendes. Presque la moitié des mentions de gage se trouve donc dans ce contexte étroitement commercial. Il faut cependant noter la très faible présence de contrats de commende (accomendatio) dans cet échantillon : nous en trouvons 19 cas, soit à peine 10 % du dossier. Qui plus est, ces commendes proviennent, à deux exceptions près, des minutes de Guglielmo Cassinense de la fin du xiie siècle – par la suite, ce type de contrat, qui domine l’organisation du commerce maritime génois16, ne fournit quasiment pas de gages identifiables. À l’opposé de cet ensemble conséquent, 48 cas, soit environ 30 % de l’échantillon, sont mentionnés dans des contrats de prêt simple (mutuum), peu attractifs pour le financement du commerce mais largement pratiqués dans l’économie de la vie quotidienne.
10La prépondérance des changes et la quasi-absence des commendes indiquent la persistance d’un lien personnel. La particularité de la commende est de se prêter à des relations socialement hétérogènes, permettant ainsi à des petits épargnants de s’insérer dans l’économie du commerce maritime par le biais de petits investissements, confiés à des marchands spécialisés. Le change, qui est le principal instrument du crédit financier, se pratique au sein d’un milieu de marchands-financiers.
11Les gages remis dans le cadre commercial sont le plus souvent des quantités de tissus, identifiés parmi d’autres marchandises impliquées dans le contrat. Ainsi, le 26 octobre 1250, Guglielmo Leccacorvo se voit remettre par Guglielmo di Giacomo, un gage de 140 pièces de tissu de coton (bambaxalium) et 86 livres et 5 onces de soie17. Ce gage est cohérent avec l’envergure économique de Leccacorvo, banquier originaire de Plaisance et un des plus puissants financiers sur la place génoise jusqu’à sa retentissante faillite18, ainsi qu’avec le volume du change lui-même : une somme en monnaie génoise doit être échangée contre 660 besants de miliares.
12Les épices se prêtent particulièrement bien à un usage monétaire : le petit volume associé à une importante valeur marchande permet de mobiliser facilement un gage en épices. Le poivre figure ainsi à côté des tissus dans le gage remis par Giacomo Falabanda à Sigulfo Cigalla de Noli dans un change maritime sur Marseille enregistré le 4 septembre 122519. 28 livres génoises doivent être échangées contre 28 livres, 8 sous et 3 deniers en coronats de Marseille ; le gage consiste en quatre setiers de poivre embarqués sur la galée de Giacomo.
13La mobilisation des gages comme actif mobilier destiné à circuler en parallèle de la monnaie prend un caractère systématique dans les affaires d’Ambrogio Ferrabo, associé dans la plupart de ses opérations à Guido de Rezo20. Les affaires de ces deux marchands sont aisément perceptibles sur le graphe de réseau ci-dessous établi à partir des remises de gage : c’est autour de ces deux agents que se forme la « composante géante » du réseau, c’est-à-dire la plus grande composante connexe.
14Ambrogio Ferrabo conclut une série de contrats où il s’engage à verser à terme à un partenaire une somme d’argent libellée en livres génoises, et remet un gage constitué de tissus, assez précisément décrits. Le gage est immédiatement confié en commende à Guido de Rezo « par la volonté d’Ambrogio ». Guido s’engage à restituer le gage cité ou des éléments similaires – ce qui prouve le caractère fongible de cette marchandise – et la responsabilité d’Ambrogio est engagée sur la totalité de ses biens seulement en cas de défaut de Guido.
15Le réseau marchand formé autour de la collaboration d’Ambrogio Ferrabo et de Guido de Rezo fait un usage régulier du gage employé comme un actif fongible, choisi en fonction des opportunités commerciales. Si la séparation inhérente au rapport marchand21 entre les biens et leurs détenteurs s’applique pleinement, la pratique du gage contribue à construire les liens de confiance à l’intérieur du groupe marchand.
Figure 1. Les réseaux d’Ambrogio Ferrabo

À la recherche du gage-chose
16La distinction entre l’objet, anonyme, réduit à sa matérialité et à sa valeur économique, et la chose individualisée, chargée d’une histoire de relations personnelles, a été au cœur de l’analyse, menée par J. Sibon22, d’un litige autour de 2 livres remis en gage à Marseille. Proposée par J. Bazin23 dans le cadre d’une réflexion sur le don, cette approche impose de traiter les objets comme des représentations matérielles des personnes.
17Si, à Gênes, la circulation marchande tend à occulter le niveau non marchand, ce dernier affleure par moments. Les gages sont remis dans un nombre considérable de prêts simples qui laissent plus facilement voir les relations non marchandes. Il s’agit souvent de transaction de petits volumes, bien qu’elles soient souvent d’une grande importance pour les intéressés. Les prêts simples, qui correspondent à 27,3 % de l’échantillon, ne rassemblent que 2,8 % de la valeur monétaire des transactions concernées, soit 358,2 livres, tandis que la valeur cumulée des changes s’élève 9 491 livres, soit 73,3 %24 du total.
18Le choix de l’objet engagé traduit souvent la volonté d’affirmer le lien avec son propriétaire, qui se fait ainsi représenter plus qu’il ne mobilise un actif économique. C’est le cas du prêt conclu le 7 juin 1216 par deux prêtres, l’archiprêtre de Saint-Jean de Caranzo et le prévôt de Saint-Pierre de Porta, tous les deux prénommés Jean25. Le contrat porte sur seulement quarante sous qui doivent être destinés à satisfaire un besoin ponctuel de l’église de Caranzo. Le gage reflète la nature de cet échange entre religieux, puisqu’il s’agit d’un petit calice d’argent, objet déterminé d’abord par sa fonction liturgique. Il n’en est pas moins précisément évalué : il pèse cinq onces et demie, moins un denier.
19Le testament de Rubaldo medicus, établi le 22 décembre 119126, fournit toute une liste de gages que le testateur détient. Le juge Guarnerius27 a ainsi déposé une épée et 30 livres, pour une somme que le notaire a laissée en blanc, mais qu’on imagine importante. L’archer Rubeo a déposé 3 livres, pour une dette de 20 sous ; le notaire Guglielmo Cassinense, débiteur de son client, a engagé une tunique et un manteau pour 20 sous ; Viviano de Verdun, qui doit 6 livres, a engagé un ensemble composite, fait d’un manteau de laine écarlate, d’un casque et d’un mortier. Un autre manteau appartient à Monaco de Sancto Sylo, qui doit 3 livres, et Guilia a engagé un couteau (cultellum) pour 12 sous. Cet ensemble indique une pratique régulière de prêt sur gage, manifestement sans enregistrement notarial, puisque Rubaldo n’apparaît qu’une autre fois dans le minutier, comme témoin. Les gages qu’il détient sont des objets dotés d’une valeur d’usage et susceptibles de signaler un rôle social. Le lien entre ces objets et leurs propriétaires n’est pas seulement noté par souci gestionnaire, mais incarné par ces gages dont on peut supposer qu’ils constituent de véritables gages-choses. Le cas du couteau engagé par Guilia est peut-être le plus intrigant. Sa valeur marchande semble déconnectée du volume de la dette contractée par sa propriétaire : le sens de la remise d’un tel gage se situerait ainsi entièrement du côté du lien symbolique, et le couteau se rapprocherait du cultellum rituel utilisé dans le cadre de l’investiture puis attaché physiquement à la charte28.
Le gage immobilier : le gage, la terre et le pouvoir
20Les gages immobiliers, aussi bien des parcelles de terre que des maisons, auxquels on peut ajouter des cessions temporaires de droits et de revenus, constituent une catégorie quantitativement importante des gages présents dans les minutiers génois. Tout en suivant une logique proche de celle décrite par F. Salvestrini à Vallombrosa, les gages immobiliers permettent souvent mieux que l’objet mobilier d’observer l’articulation entre son utilisation monétaire et sa signification sociale. Les enjeux de pouvoir qui apparaissent alors rattachent la question des gages à un autre thème des recherches de Laurent Feller, le marché de la terre29.
21Une dynamique de pouvoir complexe se déploie dans la série d’échanges documentée par la reconnaissance de dette établie le 24 février 120330. Anna reconnaît devoir à Porcone 5 livres qui constituent le reliquat d’un prêt que Porcone avait accordé au frère d’Anna, Wilielmo de Maiolo et à sa femme. Anna se porte garante de cette transaction et reconnaît par la même occasion une dette de 48 sous que Porcone avait dépensé pour la réfection d’une maison appartenant à Anna et à son frère, située sur les terres du monastère San Siro. Anna engage une maison dont elle transfère la propriété mais qu’elle continue d’occuper jusqu’au remboursement de la dette. La remise de gage intervient ici pour garantir une dette qui ne résulte pas d’un prêt : la dépense engagée par Porcone n’est pas assimilée à un mutuum mais la faveur est parfaitement intéressée puisqu’elle donne à Porcone un droit que la remise en gage de la maison (ou d’une autre, mais située dans le voisinage immédiat) confirme. Cependant, avec l’intervention d’Anna, qui semble occuper une position dominante dans son réseau familial, la mobilisation d’une solidarité de parenté s’organise : en s’imposant dans l’échange au point d’éclipser complètement la femme de son frère, Anna semble rétablir la situation.
22Tandis que, dans le cas de Porcone, les travaux de réfection réalisés semblent affirmer le pouvoir du prêteur plus efficacement que la remise en gage, Adalaxia, femme d’Ugo Clapa de Fassolo, engage sa maison dans un acte désespéré31. Son cas nous parvient à travers deux actes de vente établis pour la même transaction, le premier faisant appel aux consuls de San Tommaso, le second étant émis par Adalaxia elle-même. Une parcelle de terre située à Serra est vendue le 18 janvier 1191 aux frères Guido et Marchisio Elefante, pour 8,5 livres, après estimation par les publici extimatores, dans le but de permettre à Adalaxia de racheter sa maison qu’elle avait engagée pour 10 livres et qui allait être saisie par le créancier (que l’acte ne nomme pas). Son crédit social est très faible, si bien que c’est elle qui doit répéter la formule de responsabilité sur les biens qui lui restent pour confirmer cette vente, malgré une double intervention des autorités publiques : après l’établissement du prix par les priseurs publics, Adalaxia « supplia les consuls de prêter leur autorité ». La détresse où elle se trouve est décrite avec une rare richesse de détails. La maison est hypothéquée dans le cadre d’un crédit à la consommation, alors que l’absence du mari d’Adalaxia se prolonge depuis plus de sept ans et qu’elle doit pourvoir aux besoins de ses quatre fils et d’un serviteur. Cependant, la somme est insuffisante : trois jours plus tard, Adalaxia emprunte aux mêmes frères 4,5 livres32, destinées en partie à la consommation de la famille, en partie au rachat de la maison engagée. Elle garantit ce nouvel emprunt par la remise en gage de ses biens extradotaux (stradotes)33, mais ce geste est lui-même confirmé par les consuls. Si la remise de gages est destinée à compenser un défaut de confiance34, la détresse connue d’Adalaxia rend suspecte cette garantie. Fuyant le pouvoir d’un créancier anonyme qui avait déclenché la clause de la pena dupli sur un ancien crédit, Adalaxia semble se placer dans la dépendance des frères Elefante, tout en faisant appel à la tutelle de l’autorité publique.
23D’une manière analogue aux biens immobiliers, les droits et revenus sont remis en gage, faisant ainsi circuler du pouvoir. L’emprunt contracté le 15 février 1191 par Daniel Nacaro auprès d’Amico, boucher, semble révéler une relation de pouvoir ancienne35. Amico prête 10 livres et reçoit en gage une terre qu’il tenait déjà en livello et sur laquelle s’élèvent des bâtiments qui lui appartiennent. Le contrat détaille de manière assez menaçante les modalités d’application de la pena dupli, avant d’interdire à Daniel de vendre la parcelle en question à un autre qu’Amico.
24Les aspects de gage-objet monétaire, de gage-chose porteur d’une histoire et de gage-droit se rencontrent enfin dans le cas de l’archidiacre Savarisio de Costanza et de Narentona, qui conclut un change avec Lorenzo de Romano Anastasio et Oliverio Garzulio, le 14 novembre 119136. Le change porte sur une somme considérable : l’archidiacre doit rembourser à Rome, où il doit se rendre prochainement, 30 marcs sterling, à raison de 13 sous et 4 deniers par marc. Il remet en gage la totalité de ses archives (et promittit quod dabit in potestate eorum omnes cartas quas habet, bona fide, nomine pignoris).
Conclusion : le gage comme lien
25Si la fonction fondamentale du gage est de compenser le manque de confiance dans une transaction, permettant ainsi à celui ou celle qui ne dispose du crédit social suffisant d’accéder au crédit, la remise des gages obéit à une logique plus complexe. L’objet meuble engagé auprès d’un créancier est susceptible de passer du statut d’objet interchangeable à celui de chose unique, associée à la personne de son propriétaire, sens que le gage immobilier assume d’emblée. Pour la plupart des gages, constitués de quantité de marchandises anonymes, le niveau de circulation marchand et impersonnel semble à première vue occulter un niveau de circulation plus profond et plus encastré. Pourtant, le gage utilisé comme actif, circulant dans le cadre des transactions marchandes, marque encore l’existence d’un lien social : alors que les transactions les plus hétérogènes ne font pas appel au gage, c’est au sein de la société marchande, lorsque la construction d’un lien de confiance, d’une réputation, voire d’une hiérarchie est nécessaire et recherchée, que les gages sont exigés et remis.
Notes de bas de page
1Archivio di Stato di Genova (désormais ASG) Notai antichi 18/II fol. 32v.
2M. W. Hall Cole, H. C. Krüger et R. L. Reynolds, Guglielmo Cassinense (1190-1192), Gênes, R. Deputazione di storia patria per la Liguria, 1938, no 710.
3L. Feller, « Transformation des objets et valeur des choses. L’exemple de la “Vita Meinwerici” », dans L. Feller, A. Rodriguez (dir.), Objets sous contrainte. Circulations des objets et valeur des choses au Moyen Âge, Paris, Publications de la Sorbonne, 2013, p. 91-122 ; L. Feller, « Autour d’une nouvelle de Boccace : l’économie immorale », dans D. Chamboduc de Saint Pulgent, M. Dejoux (dir.), La fabrique des sociétés médiévales méditerranéennes : les Moyen Âge de François Menant, Paris, Éditions de la Sorbonne, 2018, p. 191‑200.
4Feller, Rodriguez (dir.), Objets sous contrainte…, op. cit.
5F. Salvestrini, « Sacri imprenditori - sacri debitori. Prestito su pegno fondiario e crisi finanziaria a Vallombrosa tra XII e XIII secolo », dans A. Duccini, G. Francesconi (dir.), L’attività creditizia nella Toscana comunale. Atti del Convegno di Studi, Pistoia-Colle di Val d’Elsa, 26-27 settembre 1998, Pistoia, Società pistoiese di storia patria, 2000, p. 119‑150.
6D. L. Smail, « Les biens comme otages. Quelques aspects du processus de recouvrement de dettes à Lucques et à Marseille à la fin du Moyen Âge », dans Feller, Rodríguez (dir.), Objets sous contrainte…, op. cit., p. 365‑383, ici p. 372.
7P. Avallone, Prestare ai poveri. Il credito su pegno e i Monti di Pietà, Rome, Consiglio Nazionale delle Ricerche, 2007.
8R. Bordone, « Tra credito e usura: il caso dei “lombardi” e la loro collocazione nel panorama economico dell’Europa medievale », dans G. Boschiero, B. Molina (dir.), Politiche del credito. Investimento, consumo, solidarietà, 2004, Asti, Centro studi sui Lombardi e sul credito nel Medioevo, p. 141‑161 ; R. Bordone, « I pegni dei Lombardi », dans In pegno. Oggetti in transito tra valore d’uso e valore di scambio, 2012, Bologne, Il Mulino, p. 45‑70 ; J. Claustre, « Objets gagés, objets saisis, objets vendus par la justice à Paris (xive-xve s.) », dans Feller, Rodriguez (dir.), Objets sous contrainte…, op. cit., p. 385‑402.
9M. G. Muzzarelli, Il denaro e la salvezza: l’invenzione del Monte di Pietà, Bologne, Il Mulino, 2001 ; Banchi pubblici, banchi privati e monti di pietà nell’Europa preindustriale. Amministrazione, tecniche operative e ruoli economici. Atti del Convegno – Genova, 1-6 ottobre 1990, Gênes, Società Ligure di Storia patria, 1991 ; N. Di Mauro, I monti di pietà nel XV secolo: origini e aspetti generali della loro fondazione, Cantalupa, Effatà, 2013 ; P. Delcorno, Politiche di misericordia tra teoria e prassi: confraternite, ospedali e Monti di Pietà, XIII-XVI secolo, Bologne, Il Mulino, 2018.
10J. Sibon, « Du gage-objet au gage-chose. Une étude de cas au sommet de la société urbaine marseillaise à l’extrême fin du xive siècle », dans Feller, Rodriguez (dir.), Objets sous contrainte…, op. cit., p. 403‑418, ici p. 403.
11L’approche biographique des objets est largement adoptée dans les travaux récents sur le thème du gage. L’ouvrage fondateur du point de vue théorique est A. Appadurai, The Social Life of Things: Commodities in Cultural Perspective, Cambridge/New York, Cambridge University Press, 1986.
12R. Doehaerd, Les relations commerciales entre Gênes, la Belgique et l’Outremont, d’après les archives notariales génoises au xiiie et xive siècles, Bruxelles/Rome, Institut historique belge de Rome/Academia Belgica, 1941, p. 49‑51.
13H. C. Krüger, R. L. Reynolds, Lanfranco 1202-1226, Gênes, Società Ligure di Storia patria, 1951.
14ASG, Notai antichi 20/II.
15Hall Cole, Krüger, Reynolds, Guglielmo Cassinense (1190-1192), op. cit.
16Doehaerd, Les relations commerciales entre Gênes, la Belgique et l’Outremont…, op. cit. ; Q. Van Doosselaere, Commercial Agreements and Social Dynamics in Medieval Genoa, Cambridge/New York/Melbourne, Cambridge University Press, 2009.
17ASG, Notai antichi 27, fol. 8v.
18F. Guerello, « La crisi bancaria del piacentino Guglielmo Leccacorvo », Rivista storica italiana, 71/2, 1959, p. 292‑311.
19Krüger, Reynolds, Lanfranco 1202-1226, op. cit., no 1514.
20Hall Cole, Krüger, Reynolds, Guglielmo Cassinense (1190-1192), op. cit., nos 173, 179, 186, 491, 603, 636, 746, 787, 790.
21A. Testart, « Échange marchand, échange non marchand », dans Critique du don. Études sur la circulation non marchande, Paris, Éditions Syllepse, 2007, p. 127‑157.
22Sibon, « Du gage-objet au gage-chose… », art. cité.
23J. Bazin, « La chose donnée », Critique, 53/596‑597, 1997, p. 7‑24.
24Il s’agit d’une estimation très approximative qui additionne les valeurs monétaires déclarées en livres génoises dans les contrats, et non l’estimation de la valeur monétaire des objets engagés.
25Krüger, Reynolds, Lanfranco 1202-1226, op. cit., no 950.
26Hall Cole, Krüger, Reynolds, Guglielmo Cassinense (1190-1192), op. cit., no 1451.
27G. Jehel, « Januensis ergo mercator ou le petit monde d’un homme d’affaires génois, le juge Guarnerius (1210-21) », Journal of Medieval History, 4/3, 1978, p. 243‑266, à moins qu’il ne s’agisse d’un homonyme.
28J. Le Goff, « Le rituel symbolique de la vassalité » [1976], repris dans Un autre Moyen Âge, Paris, Gallimard, 1999 [éd. orig. 1977, p. 349-420].
29L. Feller, C. Wickham (dir.), Le marché de la terre au Moyen Âge, Rome, Publications de l’École française de Rome, 2005 ; L. Feller, F. Weber, A. Gramain, La fortune de Karol : marché de la terre et liens personnels dans les Abruzzes au haut Moyen Âge, Rome, Publications de l’École française de Rome, 2005. L. Feller souligne dans son introduction le lien direct entre le chantier de l’étude du marché de la terre et celui consacré aux objets.
30Krüger, Reynolds, Lanfranco 1202-1226, op. cit., no 129.
31Hall Cole, Krüger, Reynolds, Guglielmo Cassinense (1190-1192), op. cit., no 90-91.
32Ibid., no 104.
33D. Bezzina, « Charting the Extrados (Non-Dotal Goods) in Genoa and Liguria in the mid Twelfth to Thirteenth Centuries », Journal of Medieval History, 44/4, 2018, p. 422‑438.
34L. Fontaine, « Introduction », dans M. Berthe (dir.), Endettement paysan & crédit rural dans l’Europe médiévale et moderne. Actes des XVIIe Journées internationales d’histoire de l’abbaye de Flaran, septembre 1995, Toulouse, Presses universitaires du Mirail, 1998, p. 7‑22, ici p. 13.
35Ibid., no 214.
36Ibid., no 1327.
Auteur
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Skarbimir Prokopek
LaMOP
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