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    Plan détaillé Texte intégral Le domaine : une seigneurie rurale à l’abandon Le seigneur : les prieurs d’Amblainville face aux défis de la reconstruction Les paysans : le périlleux équilibre entre les exigences du seigneur et celles de la terre Frauder ou déguerpir : ultimes alternatives à la dette Notes de bas de page Auteur

    Les fruits de la terre

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    Table des matières

    Le prieuré Saint-Pierre d’Amblainville au lendemain de la guerre de Cent Ans : les causes d’une lente reconstruction

    Anne-Laure Alard-Bonhoure

    p. 215-228

    Texte intégral Le domaine : une seigneurie rurale à l’abandon Saint-Pierre d’Amblainville, prieuré rural isolé Un domaine éprouvé par la crise des derniers siècles du Moyen Âge Le seigneur : les prieurs d’Amblainville face aux défis de la reconstruction Relever le domaine temporel : des prieurs rigoureux et exigeants Les risques de la mauvaise administration : les condamnables écarts du prieur Braullart Les paysans : le périlleux équilibre entre les exigences du seigneur et celles de la terre La difficile satisfaction des exigences seigneuriales : des arrérages inévitables Frauder ou déguerpir : ultimes alternatives à la dette Notes de bas de page Auteur

    Texte intégral

    1Le prieuré Saint-Pierre d’Amblainville1 est fondé dans la première moitié du xiie siècle par l’abbaye bénédictine de Saint-Martin de Pontoise dans les confins septentrionaux de son domaine. S’il s’agit du prieuré le mieux documenté de l’abbaye pour les derniers siècles du Moyen Âge2, il est également l’un des plus modestes3, ne cumulant pas plus de 25 livres parisis de revenus prévisionnels en 1337. De fait, il est un parfait témoin de l’évolution des petits prieurés ruraux, dont les sources font souvent défaut pour une étude approfondie4. La documentation domaniale conservée est variée5, et offre plusieurs perspectives d’approche. Le prieur Jehan Sante livre par exemple des listes de cens et des contrats agraires pour les premières décennies du xve siècle, quand le prieur Jehan Ruffault compile dans un petit cahier de gestion personnel le suivi de son administration sur plus de dix ans (1455-1463). Un bail général des terres du prieuré (1456) complète ce corpus, qui s’achève avec deux états des revenus rédigés par le prieur Jehan de Nesles en 1477 et 1478. Cet ensemble, livrant des données prévisionnelles (contrats, états des revenus) et effectives (listes de cens et d’arrérages) permet de comprendre comment un petit prieuré rural isolé parvient à surmonter la crise de la fin du Moyen Âge. L’isolement est de fait la principale faiblesse de ce domaine, rapidement exposé aux prédations des gens d’armes circulant dans la région dès les années 1340. Si aucune donnée n’est conservée pour le xive siècle, les nombreuses sources du xve siècle permettent de suivre la vie de cet établissement monastique durant la période de crise et de prédations (qui reprend, après la période d’accalmie des années 1370-1410, jusqu’aux années 1450) mais également dans les tentatives de reconstruction. On y voit les prieurs dénombrer les terres encore occupées et constater l’étendue de celles gagnées par les ronces, sans jamais renoncer à leurs prérogatives seigneuriales. En face d’eux, les exploitants, tenanciers ou fermiers, acceptent le défi de la relance économique avec plus ou moins de réussite. Ensemble, ils animent la seigneurie et témoignent de la résilience d’un petit prieuré rural pendant et après la profonde crise du xve siècle.

    Le domaine : une seigneurie rurale à l’abandon

    Saint-Pierre d’Amblainville, prieuré rural isolé

    2Le prieuré d’Amblainville est représentatif des prieurés ruraux vexinois, modestes entités à la fois agricoles, seigneuriales et religieuses, permettant aux abbayes de se projeter dans un espace plus large en reposant leur autorité sur des prieurs. Le village d’Amblainville – dont la population s’élève à 106 feux en 13326 – est essentiellement centré sur le prieuré, qui jouxte l’église paroissiale, comme en témoigne cette description livrée lors de l’état des revenus livré en 1478 pour l’année 1477 :

    Le prieur d’Amblainville a sa chappelle, sa maison, court, coulombier, puis en la cour ; siège pour son prevost7 et ce qui appartient pour la plaidoyerie en son auditoire pour le fait et la seignourie de sa terre et appartenance, et aussi de ses subjetz à laquelle seignourie ilz sont fortissables ; avecques le jardin de darrière la dite chappelle et maison xxx prés et jouignans de la cimeterre de l’esglise de la paroisse dudit Amblainville par devant, en l’entrée dudit prieuré tenant d’un costé à Colin Breban et à une masure à nous appartenant c’est à savoir que ladite masure est à nos redevables en cens et rentes et tenue seulement de nous à cause de nostre dit prieuré, laquelle masure fut à Jehan Guynart et depuis en nostre main par deffault de devoirs non fais et impayés8.

    3L’ensemble prioral ne comporte pas de cloître, ce qui est fréquent pour les prieurés ruraux de petite envergure, les quelques moines9 se contentent d’un humble logis servant pour la plupart des actes de la vie quotidienne10.

    4Le prieuré constitue pour l’abbaye de Saint-Martin, dont il dépend, un point de concentration de revenus qui sont versés sous forme de rente, ou d’un loyer de ferme lorsque l’établissement est affermé11. Le domaine, couvert de tenures polyvalentes, tenues à cens, champart ou à ferme par des paysans logeant sur place, est en grande partie localisé à Amblainville même, et s’étend jusqu’à des hameaux reculés et isolés (fig. 1) dans les terroirs de Sandricourt, mais aussi de Chambly, Auvers et Méru. L’essentiel des terres est dédié à la céréaliculture et au maraîchage. Au dernier quart du xve siècle, le domaine dispose de peu de vignobles, qui ne constituent qu’un cinquième des tenures du prieuré12. Toutefois, cette faible proportion n’est que le résultat d’une période de profonde crise, qui a laissé la plupart des vignes à l’abandon faute de moyens suffisants pour l’entretenir13.

    Un domaine éprouvé par la crise des derniers siècles du Moyen Âge

    5Le domaine du prieuré ne bénéficie pas de la présence rassurante d’une place forte. Les vagues de destruction des années 1340-1360 et surtout 1410-1450 provoquent une désertification rurale profonde et durable au début du xve siècle. Les paysans fuient massivement ces terres exposées, laissant les tenures aux ronces et les habitations à l’abandon. Dans ce contexte, le prieur d’Amblainville peine à récolter les redevances foncières de son terroir, et nombreuses sont les mentions de terres aux mains de l’abbaye ou en friche. Le prieur Jehan Sante en fait le constat en 1413 en dressant l’état des revenus : « Item en plusieurs lieux plusieurs piece autres de terres qui ne sont pas ycy escriptes le quelle sont en nostre main par faute de home et de paiement14. »

    Figure 1. L’exploitation du domaine du prieuré d’Amblainville (1476)

    Source : ADVO, 9H79, Ms. iv Déclaration des revenus (1476).

    6En 1456, face à la désertion des tenures dépendant de son prieuré, Jehan Ruffault afferme à Jehan le Boucher les terres inoccupées du village, ainsi que les terres à champart, que le fermier doit labourer15, contre 10 setiers de céréales par an, répartis en deux tiers de blé et un tiers d’avoine. L’affermage est ici un pis-aller pour le prieur qui est assuré d’avoir des tenures labourées, mais ne bénéficie pas des capacités d’évolution du champart16. Les tenanciers se font en effet rares et privilégient les tenures dans des terroirs moins isolés comme les abords de Pontoise. Vingt ans plus tard, en 1476-1477, ce système est encore en place : Jehan le Grant tient à ferme une partie des terres non exploitées mais en labour (désignées comme « labourables » dans l’état des revenus) pour 12 setiers de céréales par an17. Le loyer de la ferme a augmenté, probablement à proportion de la surface à entretenir et de l’augmentation de la productivité agricole. Les tenanciers sont revenus au village, à l’image du fermier des terres labourables : si Jehan le Boucher réside à Beauvais, Jehan le Grant demeure à Amblainville. Toutefois, les prieurs constatent jusqu’aux années 1490 la persistance de terres en « non-valeur », sans hommes ni femmes pour les exploiter, et ce malgré leurs efforts de reprise en main du domaine.

    Le seigneur : les prieurs d’Amblainville face aux défis de la reconstruction

    Relever le domaine temporel : des prieurs rigoureux et exigeants

    7Le prieur apparaît comme un homme très polyvalent, percevant personnellement les redevances, rédigeant lui-même ses outils de gestion et dressant des états des lieux de son domaine, à l’image de Pierre le Boucher et Jehan Ruffault18. Pour l’aider dans l’administration du domaine, il est assisté d’officiers seigneuriaux. En 1452, le prieur Jehan Sante envoie ainsi Gillet Maillart et Jehan Henry, respectivement prévôt et sergent, saisir les biens de Jehan Piart, débiteur rétif19. Le prieur, administrateur principal du domaine, doit toutefois rendre des comptes au chapitre annuel de Saint-Martin, le 11 novembre, à l’occasion duquel il produit un état des revenus (conservés pour les années 1476 et 1477) afin d’attester de sa bonne gestion.

    8La reprise en main du domaine passe par le maintien de la diversité des contrats d’exploitation (fig. 1). Les parcelles du terroir d’Amblainville, qui composent l’essentiel du domaine prioral, sont réparties en deux grandes catégories : celles situées à proximité immédiate du prieuré sont assez vite réaccensées (dans le courant des années 1470) ; tandis que celles situées en marge du village, où la désertification est plus durable, sont soumises à des contrats d’affermage, de champart, quand elles ne sont pas laissées en friche. En 1477, les contrats de champart concernent ainsi 22 % des parcelles occupées, contre 48 % pour le cens. Les contrats de ferme et de champart sont des outils privilégiés pour la relance de l’activité agricole. Ainsi, les loyers de ferme, fixés pour des durées courtes de trois à six ans, sont régulièrement réévalués pour suivre la reprise de l’activité agricole. Quant au champart, son prélèvement à part de fruit garantit au prieur une redevance évolutive adaptée à l’avancée du défrichement. Dans les années 1450, la part champartée est par exemple de 2 gerbes pour 14 plus une gerbe de « don » à Noël.

    9La tenure à cens demeure toutefois le mode d’exploitation privilégié par les prieurs, qui réaccensent les terres désertées du cœur du village dès les années 1450. Les conditions sont similaires aux contrats antérieurs, si ce n’est que chaque nouveau contrat comporte une clause de reconstruction du bâti, signe de la déprise rurale et du degré important de destruction20. Ainsi, en 1490 à Sandricourt, le potier David Desains prend à cens une pièce de terre d’un demi-arpent, autrefois plantée de vignes, contre 6 deniers parisis de chefcens et 1 chapon de rente, et l’obligation « de faire se bastir et eddifier sur ledit lieu maison manable bonne et suffisante pour demourer le plus tot que faire se pourra21 ». Fixer de nouveau les populations au domaine temporel apparaît comme une impérieuse nécessité. De même, les prieurs maintiennent des charges très hétérogènes (tabl. 1), comportant une part fixe en argent, et des rentes additionnelles en avoine, chapons et œufs. En 1461, Jehan Gynart doit ainsi verser à la Saint-Rémi 12 deniers parisis et une poule de cens, puis à Noël un setier d’avoine, une demi-mine de blé, deux chapons de rente et 6 deniers parisis de cens ; enfin à la mi-mars il doit un demi-chapon et 4 deniers parisis de cens22. Le cens est bien exigé en argent et le sur-cens est essentiellement composé d’avoine et de volailles. La production agricole est donc clairement orientée par le seigneur, qui contraint le paysan à cultiver environ un demi-arpent en avoine23.

    Tableau 1. La composition de la rente d’Amblainville de 1456 à 1476

    SourceAnnéeRecettes en argent (sous parisis)Avoine (setiers)Blé (setiers)VolaillesŒufsVin (pintes)

    Cahier de Jehan Ruffault

    (Revenus effectifs)

    14562020,7571
    145727114206
    1458182,50,54404
    14592630,7594
    1460143,30,59
    1461630,751060
    146213,54,80,512,520
    États des revenus (Revenus prévisionnels)14761032835,518,632
    147791,75203518,632

    Source : ADVO, 9H79, Ms. iii Cahier de Jehan Ruffault (1452-1463) ; MS iv Déclaration des revenus (1476) ; Ms. v Déclaration des revenus (1477).

    10Les contrats à cens sont exigeants pour les paysans, qui doivent régulièrement verser de l’argent ou des denrées spécifiques. En comparaison, les revenus du prieur sont plus diversifiés que ceux de l’abbé de Saint-Martin, notamment à cause des droits en nature comme les œufs de Pâques, que les tenanciers doivent chaque année, et que le prieur ne convertit pas en argent mais perçoit effectivement24.

    11Le faible nombre des tenanciers et le mauvais état des tenures auraient pu être un motif de clémence pour le prieur d’Amblainville, mais ce n’est pas le cas. De 1455 à 1463, il consigne scrupuleusement dans son carnet les tenanciers n’ayant pas versé leur dû, et les baux concédés n’accordent une diminution des charges que durant une à quatre années, le temps jugé nécessaire pour l’édification d’une ou plusieurs habitations. Malgré la fragilité de cette culture, les prieurs réclament toujours de l’avoine que les tenanciers ne versent qu’irrégulièrement. Surtout, les prieurs n’accordent jamais de diminution du chef-cens, redevance recognitive, seulement des sur-cens. L’arrérage, presque inévitable, est donc constitutif de la relation entre le seigneur et le tenancier, et partie intégrante de la dynamique de reconstruction. Dans les terroirs reculés et encore déserts, les prieurs tentent de maintenir l’autorité seigneuriale. Ainsi, en 1477 à Hamécourt, à quatre kilomètres du prieuré, seul un gentilhomme réside dans le village complètement désert25. Même s’il ne parvient pas à attirer de nouveaux exploitants, le prieur envoie un prêtre dire la messe à la chapelle Saint-Jean « pour tenir possession26 ». Faute de redevance à aller prélever, la « possession » passe ici par un acte liturgique. Quelques années plus tard, en 1491, les habitants sont revenus, mais le prieur ne peut compter que sur deux tenanciers, dont un seul réside à Hamécourt, pour exploiter ses censives.

    Les risques de la mauvaise administration : les condamnables écarts du prieur Braullart

    12La centralité et l’isolement du prieur d’Amblainville rendent sa fonction essentielle à la survie de la seigneurie. Le cas de Jacques Braullart, « religieux soy disant prieur d’Amblainville », illustre parfaitement cette tension. En 1488, l’abbé de Saint-Martin fait dresser un mémoire de deux pages contre le « désobédient » prieur, qui ne s’est jamais présenté, ni même fait représenter au chapitre, et n’a jamais répondu aux convocations de l’abbé. Devant l’accumulation des plaintes, l’abbé se rend sur place et ne trouve dans les bâtiments « en grant decandance et ruyne » personne, excepté des « seigneurs du pays et habitans dudit lieu eulx plaignans fort que le service divin ne se faisoit point ne n’y faisoit aucunes reparacions »27.

    13Pire, le prieur dément publiquement son obédience à l’abbaye de Saint-Martin28, et clame « en presence de gens de bien qu’il ne coutoit a l’abbé ne au couvent dudit Saint-Martin une obole ». Sa désobéissance est notoire, tout comme son incapacité à gérer le domaine temporel qui constitue son bénéfice. Cette compilation des accusations faites au prieur dessine de fait en négatif le portrait du prieur tel que le chapitre le conçoit. La reconnaissance à la hiérarchie, que ce soit par la participation au chapitre annuel ou par la présentation lors des convocations, semble essentielle. Cette soumission passe également par le discours que le prieur peut avoir sur place, dans les terres qu’il administre, le dénigrement public qu’en fait Jacques Braullart apparaît bien comme une faute grave. La bonne administration des terres et droits composant le bénéfice est également fondamentale. Celle-ci passe par l’entretien du domaine mais également par la défense de celui-ci et de l’autorité que le prieur incarne, à commencer par l’occupation effective du prieuré. Face aux prieurs, les paysans adoptent des stratégies différenciées en fonction de leurs difficultés.

    Les paysans : le périlleux équilibre entre les exigences du seigneur et celles de la terre

    La difficile satisfaction des exigences seigneuriales : des arrérages inévitables

    14À la rigueur de la gestion des prieurs, répond la multiplication des mentions deffectus en marge des listes de perception des redevances. Les censives du prieur sont très peu occupées, notamment dans les terroirs marginaux complètement désertés, à l’image d’Hamécourt et Sandricourt, que le prieur ne cite même pas. Les exploitations d’Amblainville sont également très fragiles : sur les quelques tenanciers présents sous Jehan Ruffault, les taux de versement effectifs sont très variables (tabl. 2). Tout ceci contribue à expliquer la faiblesse des revenus en argent et en céréales.

    Tableau 2. Taux de versement des redevances à Amblainville (en %)

    AnnéeArgentAvoineBléVolaillesŒufsVin
    1456576710078100
    145786501004450100
    14586810010010067100
    14598310010010080
    146098931001000
    14615410010091100
    146210059100109100
    Moyenne7881100897976

    Source : ADVO, 9H79, Ms. iii Cahier de Jehan Ruffault (1452-1463).

    15Le blé et les volailles sont les denrées versées avec le plus de régularité, au contraire de l’argent, qui nécessite un recours aux marchés, trop peu nombreux dans ces terres désertées. Pour un village en partie déserté, les taux de recouvrement des redevances demeurent toutefois acceptables et s’expliquent par la proximité géographique du prieur avec les quelques habitants du bourg. À la même époque, les receveurs de Saint-Martin reviennent souvent de leurs tournées de prélèvement dans les villages éloignés les mains vides.

    16Si les arrérages sont nombreux, aucune sentence de justice n’a été conservée contre un tenancier29. Cela tient à plusieurs éléments, dont le premier est sans nul doute la force de persuasion dont dispose le prieur, qui exerce la basse justice d’Amblainville30. Cette position renforce son autorité seigneuriale, et il parvient sans peine à récupérer les tenures des tenanciers endettés, qui partent d’autant plus volontiers que les conditions d’exploitation sont peu attractives. Pour les tenanciers dont les difficultés financières sont notables, mais pas au point de fuir, la vente ou l’échange de leurs possessions sont des solutions échappatoires intermédiaires. Le cahier de Jehan Ruffault permet d’appréhender ces mobilités, à l’exemple de Jehan Henry, originaire de Sandricourt, qui en 1452 prend à cens une masure comportant une cour, un jardin et une vigne, mais dénuée de bâtiments. Le contrat prévoit qu’il devra construire une maison « de deux espasses, bonnes et vailliables » contre un cens en argent très élevé de 12 sous parisis, en échange d’une année libre de toute redevance. Or, l’année suivante, rien n’a été fait et Jehan Henri vient demander « en mercy par devant le prieur en luy requerant de luy donner terme plus long31 ». Étant donné l’état du terroir d’Amblainville et le peu de terres entretenues, le montant du cens est disproportionné. Surtout, ce cens élevé suppose non seulement une récolte optimale, mais encore l’accès à un point de vente des denrées pour se procurer le numéraire nécessaire. Ce sont autant de conditions que Jehan Henri ne peut réunir dans le Amblainville de 1452, pas plus qu’en 1454 d’ailleurs, ni en 1460 puisqu’il revend sa tenure à Jehan Guynart. Ce dernier est lui aussi incapable de verser les charges. Le prieur note bien le défaut de paiement en marge, mais, tolérant envers un tenancier qui s’installe dans une nouvelle parcelle, n’exige pas d’amende32. Par ces mobilités, les tenanciers s’assurent de retrouver une exploitation plus proche de leurs besoins en contentant le seigneur qui touche de surcroit les lods et ventes à chaque mouvement.

    17Les fermiers reprenant les terres à l’abandon en marge du domaine éprouvent les mêmes difficultés financières, témoignant de la mauvaise conjoncture. En 1456, Jehan Le Boucher, laboureur de Beauvais, prend à ferme les terres labourables d’Amblainville. S’il parvient à racheter quelques tenures, il peine toutefois à faire occuper les terres (lui-même ne réside pas à Amblainville) et est incapable de verser le cens les années suivantes33. Ces contrats d’affermage de censives étant la résultante d’une fragilité des conditions d’exploitation agricole, ils peuvent ainsi ne pas constituer pour les laboureurs de réelles opportunités. En l’occurrence, pour une partie d’entre eux, les reprises de terres déshéritées sont synonymes d’un investissement lourd qui peut se solder par un échec.

    Frauder ou déguerpir : ultimes alternatives à la dette

    18Ces conditions difficiles de reprise entraînent un appauvrissement de la plupart des exploitants du prieur, qui tentent par différentes stratégies d’éviter ces situations d’endettement généralisé. Pour éviter d’accumuler trop d’arrérages, ils préfèrent tenter l’évitement, que ce soit par la fraude ou la fuite. Ainsi, en 1415, Thibault Tassel, tenancier du prieur, est condamné à une amende par l’abbé pour avoir « fait festus, fagos, buches de moulle et aultres bois et emporté de ladite terre sans champarter34 ». De nombreux paysans optent quant à eux pour la fuite, qui, constatée par le prieur, constitue un déguerpissement. La désertification rurale, qui entraîne pour le prieur une décapitalisation de son domaine, n’est, pour le tenancier, que la conséquence d’un acte de préservation. Le prieur est particulièrement exposé à ces fuites, comme en témoignent le cahier de Jehan Ruffault et les états des revenus de 1476 et 1477. Ainsi, en 1456, Jehan Cailleu ne se présente plus pour payer les charges foncières dues pour sa masure. Après plusieurs échéances manquées, Jehan Ruffault note en marge : « Debet de plusieurs annees et est en nostre main35. » Jehan Cailleu n’est certainement pas un cas isolé en 1456, et cela fait plusieurs années que le déguerpissement est dans ces terres reculées une solution ultime de préservation face aux prédations répétées des troupes armées.

    19Le mouvement est tellement généralisé qu’il en devient très problématique pour les prieurs, qui, dans les années 1470, doivent gérer des groupements entiers de parcelles, comme ici en 1477 : « Item plusieurs pièces de terre en plusieurs lieux qui ne sont pas ycy escriptes lesquelles sont demourées en nos mains par deffaulte devoirs non faiz et non paier ce quelles nous devoient et doivent encorez36… » De fait, la reconstruction est une période risquée pour de nombreux paysans, qui échouent et accusent un déclassement économique et social. Les tenanciers peinent souvent à mener de front l’exploitation d’une parcelle, surtout quand celle-ci comporte une part de vigne, et la construction d’une habitation.

    *

    20Au terroir d’Amblainville, le pôle structurant et protecteur (ici la ville de Méru) est trop éloigné pour permettre une remise sur pied rapide et durable, alors même que les chroniqueurs comme Thomas Basin insistent sur les comportements des paysans cultivant leurs terres à l’abri des guets. Les habitations, rasées ou en ruine après les décennies de perturbations militaires, ne peuvent plus abriter les tenanciers qui se trouvent contraints d’assurer à la fois le défrichement des terres et la construction d’un logement. Face à eux, le prieur ne fléchit pas et exige continuellement les mêmes contreparties à la concession de l’une de ses terres. Si les tenanciers rechignent à reprendre les exploitations dans ces conditions peu favorables, il préfère affermer que concéder une réduction de la rente. Ce cadre rigide s’explique en partie par la taille de la seigneurie, et par la dépendance de ce seigneur aux redevances foncières. Les dîmes de la paroisse sont affermées directement par l’abbé de Saint-Martin, laissant uniquement au prieur une rente assise sur les parcelles de terre environnant le prieuré. Toutefois, des signes de timide reprise apparaissent dans les années 1480-1490, comme en témoigne l’évolution du loyer de la ferme des grosses dîmes37 d’Oultrevoisin (à Amblainville), passant d’un contrat de cinq ans en 1479 à hauteur de quatre setiers de céréales annuels, à neuf ans en 1496 pour un loyer trois fois plus élevé38. Les gestionnaires allongent progressivement la durée des contrats en même temps qu’ils augmentent les loyers, ces deux tendances témoignant une stabilisation des exploitations et de la perception des droits en même temps qu’une rente en céréales stable.

    Notes de bas de page

    1Sur le village d’Amblainville, voir la monographie ancienne mais détaillée d’Aymar de Manneville, qui couvre la période de la présente étude, en se concentrant sur les sources émises par l’abbaye du Val, ainsi que les aveux et dénombrements des seigneurs laïcs, et en intégrants quelques pièces documentaires pour le prieuré de Saint-Pierre d’Amblainville (A. de Manneville, De l’état des terres et des personnes dans la paroisse d’Amblainville [Vexin français] du xiie au xve siècle, Beauvais, 1890).

    2Archives départementales du Val d’Oise (ADVO), 9H79 (ca 1407) Carte pro Amblainvilla (Petit cartulaire) « Manuscrit i » ; « Ms. ii », Cahier des cens et des terres (ca 1408-1480) ; « Ms. iii », Cahier de Jehan Ruffault (1452-1463) ; « Ms. iv », Déclaration des revenus de 1476 (1477) ; « Ms. iv », Déclaration des revenus de 1477 (1478).

    3À titre de comparaison, les prieurés de Boury et Valmondois cumulent respectivement 36 et 30 livres parisis de rentes annuelles prévisionnelles en 1337 (A. Longnon, Pouillés de la province de Rouen, Paris, 1903, p. 57-67).

    4Les prieurés, malgré leur rôle dans l’exploitation du temporel des établissements ecclésiastiques et la quantité de sources écrites conservées les concernant, suscitaient assez peu d’études jusqu’aux travaux récents impulsés notamment par Daniel Pichot [voir sa synthèse historiographique : D. Pichot, « Prieurés et société dans l’Ouest, xie-xiiie siècle », Annales de Bretagne et des Pays de l’Ouest, 113/3, 2006, p. 9-32 : p. 9 ; voir également : C. Treffort, « Moines, monastères et prieurés charentais au Moyen Âge », Annales de Bretagne et des Pays de l’Ouest, 113/3, 2006, p. 183-184].

    5ADVO, 9H79 : Bail des terres que le prieur d’Amblainville a audit lieu (1456) ; Ms. iii, Cahier de Jehan Ruffault (1452-1463) ; Ms. iv, Déclaration des revenus (1476) ; Ms. v, Déclaration des revenus (1477).

    6De Manneville, De l’état des terres et des personnes dans la paroisse d’Amblainville, op. cit., p. 2.

    7Le prieur d’Amblainville a droit de moyenne et basse justice sur ses hôtes [de Manneville, De l’état des terres et des personnes dans la paroisse d’Amblainville, op. cit., p. 29].

    8ADVO, 9H79, État des revenus du prieuré d’Amblainville (1478), fol. 6r.

    9Aucune indication ne permet d’estimer l’effectif, mais les prieurés de cette envergure pour la même période sont occupés par deux ou trois moines seulement (C. Treffort, « Moines, monastères et prieurés charentais au Moyen Âge », Annales de Bretagne et des Pays de l’Ouest, 113-3, 2006, p. 167-188, ici p. 183).

    10Les prieurés disposent obligatoirement d’une chapelle, d’un cimetière, d’une résidence et parfois d’un cloître (D. Pichot, « Prieurés et société… », art. cité, p. 22).

    11L’abbaye de Saint-Denis pratique ce même type de versement varié (G. Fourquin, « Les débuts du fermage : l’exemple de Saint-Denis », Études rurales, 22-24, 1966, p. 7-81, ici p. 10).

    12ADVO, 9H79, Ms. iv, Déclaration des revenus de 1476.

    13De nombreuses mentions de terres « où souloit avoir vigne » sont présentes dans les deux états des revenus de 1476 et 1477 (ADVO, 9H79, Ms. iv, Déclaration des revenus de 1476, fol. 1r).

    14ADVO, 9H79, Ms. ii, fol. 26r.

    15ADVO, 9H79, Bail des terres que le prieur d’Amblainville a audit lieu (1456).

    16Sur les enjeux de la tenure à champart, voir : P. Benito i Monclús, « De la coutume à champart au cens fixe. Géographie, rythme, portée et signification des conversions “à cens” dans la seigneurie foncière barcelonaise (1190-1350), dans Calculs et rationalités, op. cit., p. 269-296 ; L. Feller, « La conversion des redevances », art. cité, p. 7-8.

    17ADVO, 9H79, Ms. iv Déclaration des revenus (1476), fol. 12r ; Ms. v Déclaration des revenus (1477), fol. 10v.

    18« S’ensuit le double du registre damp Pierre le Boucher prieur d’Amblainville en l’an mil iiiicc et vingt : Les terres appartenant au prieur d’Amblainville. Escript l’an mil iiiicc vingt par la main frere Pierre le Boucher prieur dudit priore d’Amblainville » (ADVO, 9H79, Ms. ii, section 8) ; ADVO, 9H79, Manuscrit ii.

    19ADVO, 9H79, Ms. iii, fol. 1r.

    20Ces clauses sont fréquentes à cette période (V. Corriol, « Heurts et malheurs d’une abbaye : l’abbaye de l’Épau à la fin du Moyen Âge (v. 1350-v. 1450) », Annales de Bretagne et des Pays de l’Ouest, 120/3, 2013, p. 30-47, ici p. 37).

    21ADVO, 9H79, Bail à cens à David Desains (1490).

    22ADVO, 9H79, Ms. iii Cahier de Jehan Ruffault (1452-1463), fol. 13r-14v.

    23« En année normale, l’arpent de méteil pouvait rapporter 4,5 setiers (mesure de Paris), celui d’avoine 3 setiers » (J. Jacquart, La crise rurale en Île-de-France 1550-1670, Paris, 1975, p. 370-377).

    24Sur les enjeux des volailles dans les redevances seigneuriales, voir : M. Wilmart, « Du poulailler au marché », Revue d’ethnoécologie [en ligne], 12, 2017, https://doi.org/10.4000/ethnoecologie.3318.

    25« Et de tout ce qui est au jour duy pour ledit Hamecourt declare cy dessus n’en est riens en valeur car il n’y demeure nul maisnage ne autre synon ung gentil homme qui y fait residence pour le present et depuis II ans en ca. Il y fault preveoir par la grace de Dieu qui pourra » (ADVO, 9H79, Ms. iv, fol. 11v).

    26ADVO, 9H79, Ms. v, fol. 12r.

    27ADVO, 9H78, Cote Y, Mémoire contre le prieur Jacques Braullart (1488), fol. 4r.

    28« Quand il veult il se dit moyne de Saint-Pharon de Meaulx [abbaye bénédictine de Saint-Faron, Meaux, dpt. Seine-et-Marne] et quant mondit seigneur de Saint-Pharon le veult pugnir il se dist moyne de Saint-Martin de Pontoise. »

    29Une série de sentences émises par le prévôt contre les religieux de Saint-Victor et le curé de l’église de Saint-Martin pour un contentieux sur les dîmes d’Amblainville et le prieur d’Avernes pour une rente sur son domaine, sont en revanche conservées (ADVO, 9H79, no 3).

    30ADVO, 9H79, Ms. iv Déclaration des revenus (1476), fol. 1r.

    31ADVO, 9H79, Ms. iii, fol. 2v.

    32ADVO, 9H79, Ms. iii Cahier de Jehan Ruffault (1452-1463), fol. 11v, 12v et 14r.

    33« Nulle personne ne cest comparu pour Jehan le Boucher pour le cens de la saint Remy pour la maison de derrain estal [en marge : deffectus] » (ADVO, 9H79, Ms. iii Cahier de Jehan Ruffault [1452-1463], fol. 11r, 12r).

    34ADVO, 9H79, Registre des cens et des terres (1408-1480), fol. 28v.

    35ADVO, 9H79, Ms. iii Cahier de Jehan Ruffault (1452-1463), fol. 6r.

    36ADVO, 9H79, Ms. ii, fol. 47v.

    37Les grosses dîmes sont levées sur les récoltes de céréales d’hiver et de printemps.

    38ADVO, 9H28, cote 4 : Bail à ferme des dîmes d’Oultrevoisin (1479) ; Bail à ferme des dîmes d’Oultrevoisin (1489) ; Bail à ferme des dîmes d’Oultrevoisin (1496).

    Auteur

    • Anne-Laure Alard-Bonhoure

      Eaubonne, LaMOP

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    1Sur le village d’Amblainville, voir la monographie ancienne mais détaillée d’Aymar de Manneville, qui couvre la période de la présente étude, en se concentrant sur les sources émises par l’abbaye du Val, ainsi que les aveux et dénombrements des seigneurs laïcs, et en intégrants quelques pièces documentaires pour le prieuré de Saint-Pierre d’Amblainville (A. de Manneville, De l’état des terres et des personnes dans la paroisse d’Amblainville [Vexin français] du xiie au xve siècle, Beauvais, 1890).

    2Archives départementales du Val d’Oise (ADVO), 9H79 (ca 1407) Carte pro Amblainvilla (Petit cartulaire) « Manuscrit i » ; « Ms. ii », Cahier des cens et des terres (ca 1408-1480) ; « Ms. iii », Cahier de Jehan Ruffault (1452-1463) ; « Ms. iv », Déclaration des revenus de 1476 (1477) ; « Ms. iv », Déclaration des revenus de 1477 (1478).

    3À titre de comparaison, les prieurés de Boury et Valmondois cumulent respectivement 36 et 30 livres parisis de rentes annuelles prévisionnelles en 1337 (A. Longnon, Pouillés de la province de Rouen, Paris, 1903, p. 57-67).

    4Les prieurés, malgré leur rôle dans l’exploitation du temporel des établissements ecclésiastiques et la quantité de sources écrites conservées les concernant, suscitaient assez peu d’études jusqu’aux travaux récents impulsés notamment par Daniel Pichot [voir sa synthèse historiographique : D. Pichot, « Prieurés et société dans l’Ouest, xie-xiiie siècle », Annales de Bretagne et des Pays de l’Ouest, 113/3, 2006, p. 9-32 : p. 9 ; voir également : C. Treffort, « Moines, monastères et prieurés charentais au Moyen Âge », Annales de Bretagne et des Pays de l’Ouest, 113/3, 2006, p. 183-184].

    5ADVO, 9H79 : Bail des terres que le prieur d’Amblainville a audit lieu (1456) ; Ms. iii, Cahier de Jehan Ruffault (1452-1463) ; Ms. iv, Déclaration des revenus (1476) ; Ms. v, Déclaration des revenus (1477).

    6De Manneville, De l’état des terres et des personnes dans la paroisse d’Amblainville, op. cit., p. 2.

    7Le prieur d’Amblainville a droit de moyenne et basse justice sur ses hôtes [de Manneville, De l’état des terres et des personnes dans la paroisse d’Amblainville, op. cit., p. 29].

    8ADVO, 9H79, État des revenus du prieuré d’Amblainville (1478), fol. 6r.

    9Aucune indication ne permet d’estimer l’effectif, mais les prieurés de cette envergure pour la même période sont occupés par deux ou trois moines seulement (C. Treffort, « Moines, monastères et prieurés charentais au Moyen Âge », Annales de Bretagne et des Pays de l’Ouest, 113-3, 2006, p. 167-188, ici p. 183).

    10Les prieurés disposent obligatoirement d’une chapelle, d’un cimetière, d’une résidence et parfois d’un cloître (D. Pichot, « Prieurés et société… », art. cité, p. 22).

    11L’abbaye de Saint-Denis pratique ce même type de versement varié (G. Fourquin, « Les débuts du fermage : l’exemple de Saint-Denis », Études rurales, 22-24, 1966, p. 7-81, ici p. 10).

    12ADVO, 9H79, Ms. iv, Déclaration des revenus de 1476.

    13De nombreuses mentions de terres « où souloit avoir vigne » sont présentes dans les deux états des revenus de 1476 et 1477 (ADVO, 9H79, Ms. iv, Déclaration des revenus de 1476, fol. 1r).

    14ADVO, 9H79, Ms. ii, fol. 26r.

    15ADVO, 9H79, Bail des terres que le prieur d’Amblainville a audit lieu (1456).

    16Sur les enjeux de la tenure à champart, voir : P. Benito i Monclús, « De la coutume à champart au cens fixe. Géographie, rythme, portée et signification des conversions “à cens” dans la seigneurie foncière barcelonaise (1190-1350), dans Calculs et rationalités, op. cit., p. 269-296 ; L. Feller, « La conversion des redevances », art. cité, p. 7-8.

    17ADVO, 9H79, Ms. iv Déclaration des revenus (1476), fol. 12r ; Ms. v Déclaration des revenus (1477), fol. 10v.

    18« S’ensuit le double du registre damp Pierre le Boucher prieur d’Amblainville en l’an mil iiiicc et vingt : Les terres appartenant au prieur d’Amblainville. Escript l’an mil iiiicc vingt par la main frere Pierre le Boucher prieur dudit priore d’Amblainville » (ADVO, 9H79, Ms. ii, section 8) ; ADVO, 9H79, Manuscrit ii.

    19ADVO, 9H79, Ms. iii, fol. 1r.

    20Ces clauses sont fréquentes à cette période (V. Corriol, « Heurts et malheurs d’une abbaye : l’abbaye de l’Épau à la fin du Moyen Âge (v. 1350-v. 1450) », Annales de Bretagne et des Pays de l’Ouest, 120/3, 2013, p. 30-47, ici p. 37).

    21ADVO, 9H79, Bail à cens à David Desains (1490).

    22ADVO, 9H79, Ms. iii Cahier de Jehan Ruffault (1452-1463), fol. 13r-14v.

    23« En année normale, l’arpent de méteil pouvait rapporter 4,5 setiers (mesure de Paris), celui d’avoine 3 setiers » (J. Jacquart, La crise rurale en Île-de-France 1550-1670, Paris, 1975, p. 370-377).

    24Sur les enjeux des volailles dans les redevances seigneuriales, voir : M. Wilmart, « Du poulailler au marché », Revue d’ethnoécologie [en ligne], 12, 2017, https://doi.org/10.4000/ethnoecologie.3318.

    25« Et de tout ce qui est au jour duy pour ledit Hamecourt declare cy dessus n’en est riens en valeur car il n’y demeure nul maisnage ne autre synon ung gentil homme qui y fait residence pour le present et depuis II ans en ca. Il y fault preveoir par la grace de Dieu qui pourra » (ADVO, 9H79, Ms. iv, fol. 11v).

    26ADVO, 9H79, Ms. v, fol. 12r.

    27ADVO, 9H78, Cote Y, Mémoire contre le prieur Jacques Braullart (1488), fol. 4r.

    28« Quand il veult il se dit moyne de Saint-Pharon de Meaulx [abbaye bénédictine de Saint-Faron, Meaux, dpt. Seine-et-Marne] et quant mondit seigneur de Saint-Pharon le veult pugnir il se dist moyne de Saint-Martin de Pontoise. »

    29Une série de sentences émises par le prévôt contre les religieux de Saint-Victor et le curé de l’église de Saint-Martin pour un contentieux sur les dîmes d’Amblainville et le prieur d’Avernes pour une rente sur son domaine, sont en revanche conservées (ADVO, 9H79, no 3).

    30ADVO, 9H79, Ms. iv Déclaration des revenus (1476), fol. 1r.

    31ADVO, 9H79, Ms. iii, fol. 2v.

    32ADVO, 9H79, Ms. iii Cahier de Jehan Ruffault (1452-1463), fol. 11v, 12v et 14r.

    33« Nulle personne ne cest comparu pour Jehan le Boucher pour le cens de la saint Remy pour la maison de derrain estal [en marge : deffectus] » (ADVO, 9H79, Ms. iii Cahier de Jehan Ruffault [1452-1463], fol. 11r, 12r).

    34ADVO, 9H79, Registre des cens et des terres (1408-1480), fol. 28v.

    35ADVO, 9H79, Ms. iii Cahier de Jehan Ruffault (1452-1463), fol. 6r.

    36ADVO, 9H79, Ms. ii, fol. 47v.

    37Les grosses dîmes sont levées sur les récoltes de céréales d’hiver et de printemps.

    38ADVO, 9H28, cote 4 : Bail à ferme des dîmes d’Oultrevoisin (1479) ; Bail à ferme des dîmes d’Oultrevoisin (1489) ; Bail à ferme des dîmes d’Oultrevoisin (1496).

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    Alard-Bonhoure, A.-L. (2023). Le prieuré Saint-Pierre d’Amblainville au lendemain de la guerre de Cent Ans : les causes d’une lente reconstruction. In M. Dejoux, H. Dewez, E. Huertas, & C. Quertier (éds.), Les fruits de la terre. Paris: Éditions de la Sorbonne. https://doi.org/10.4000/1468z
    Alard-Bonhoure, Anne-Laure. « Le prieuré Saint-Pierre d’Amblainville au lendemain de la guerre de Cent Ans : les causes d’une lente reconstruction ». In Les fruits de la terre, édité par Marie Dejoux, Harmony Dewez, Emmanuel Huertas, et Cédric Quertier. Paris: Éditions de la Sorbonne, 2023. doi:10.4000/1468z.
    Alard-Bonhoure, Anne-Laure. « Le prieuré Saint-Pierre d’Amblainville au lendemain de la guerre de Cent Ans : les causes d’une lente reconstruction ». Les fruits de la terre, édité par Marie Dejoux et al., Éditions de la Sorbonne, 2023, https://doi.org/10.4000/1468z.

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    Dejoux, M., Dewez, H., Huertas, E., & Quertier, C. (éds.). (2023). Les fruits de la terre. Paris: Éditions de la Sorbonne. https://doi.org/10.4000/1469k
    Dejoux, Marie, Harmony Dewez, Emmanuel Huertas, et Cédric Quertier, éd. Les fruits de la terre. Paris: Éditions de la Sorbonne, 2023. doi:10.4000/1469k.
    Dejoux, Marie, et al., éditeurs. Les fruits de la terre. Éditions de la Sorbonne, 2023, https://doi.org/10.4000/1469k.
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