L’éveil de l’intelligence spirituelle et les dimensions du processus éthique selon Ostad Elahi
p. 109-117
Note de l’éditeur
Ce texte a d’abord fait l’objet d’une conférence dans le cadre d’une journée d’étude intitulée « Dieu a-t-il sa place dans l’éthique ? » (28 octobre 2000, École normale supérieure, Paris). La table ronde à laquelle participait l’auteur portait sur la question : « Y a-t-il une expérience éthique du divin ? » (N.d.É.).
Texte intégral
1La relation entre l’éthique et le divin a été conçue et exposée de multiples façons au sein des diverses traditions de la théologie islamique, et parfois selon des voies radicalement différentes. Il faut commencer par rappeler que du point de vue de nombreux théologiens, l’éthique dépend et découle du message divin délivré à travers la révélation. Dans ce cas c’est l’éthique qui est subordonnée à la révélation divine, et non l’inverse. Au contraire, les philosophes aristotéliciens, qui souvent sont eux aussi des docteurs de la loi et des scientifiques, ont mis en avant l’autonomie relative de l’éthique et de la théologie. Cette autonomie relative découle elle-même d’une conception particulière de l’éthique : une éthique de l’harmonie psychique et sociale, résolument orientée vers la vie mondaine et terrestre. Les aristotéliciens ont également insisté sur le rôle central de la raison humaine dans ces deux domaines (la théologie et l’éthique). Quant aux traditions les plus riches de la spiritualité mystique islamique (celles de l’erfân, de la connaissance intérieure), elles ont toujours mis l’accent sur l’importance qu’il y a à développer une conscience directe et expérimentale (expérientielle) de Dieu. Bien entendu, ce souci, sur le plan théorique comme sur le plan pratique, ne s’est pas toujours exprimé en termes essentiellement éthiques. Il reste qu’au sein de ces traditions spirituelles, le nœud qui relie de façon essentielle l’éthique et l’expérience du divin est emblématiquement visible dans le fait que le terme le plus englobant pour désigner « Dieu », al-Haqq, désigne en même temps ce qui constitue la Réalité ultime, le Juste, et le Droit. Al-Haqq renvoie par là même à la totalité des droits et devoirs actuels et particuliers qui découlent de cette Réalité ultime, pour les êtres humains comme pour toutes les autres créatures.
2Cependant certains processus historiques récurrents se sont conjugués et ont favorisé pratiquement, au sein de ces traditions mystiques, certaines formes d’expression de la vie spirituelle qui sont plus spectaculaires et plus émotionnelles que strictement éthiques. Simultanément, ces traditions se sont orientées vers des formes institutionnelles relativement isolées des enjeux éthiques du monde social. C’est dans ce contexte que la pensée d’Ostad Elahi (1895-1974) s’est formée. Elle se singularise par trois aspects inséparables qui constituent, sans doute, le cœur de la problématique suggérée par la question « Y a-t-il une expérience éthique du divin ? » :
1) Une insistance particulière sur le rôle fondamental et fondateur de l’expérience et de la réflexion éthiques dans le processus de prise de conscience du divin ;
2) La reconnaissance d’une interaction constante et nécessaire, au sein de ce processus de maturation de l’entendement et de la compréhension spirituels, entre le plan de l’expérience et celui de la réflexion ;
3) Enfin, et ce point est implicitement contenu dans les deux précédents, une conception forte de l’universalité de ce processus, processus qui concerne et engage nécessairement tout être humain. Pour Ostad Elahi, ce sont en effet les traits de caractère moraux qui constituent la substance de la réalité spirituelle de tout être humain ; tout le sens du parcours terrestre est de perfectionner cette substance intime jusqu’à la rendre « semblable » à la substance divine.
3Ostad Elahi a fréquemment eu recours à des anecdotes autobiographiques pour illustrer sa pensée. Il a souvent rappelé que les trois points critiques qui viennent d’être évoquées sont le résultat de ses propres expériences. Il faut se souvenir à ce propos que sa vie a été profondément marquée par le contraste entre deux grandes phases de son propre développement spirituel : d’une part la formation spirituelle traditionnelle et rigoureuse reçue dans sa jeunesse (sous la guidance de son père, un maître reconnu), et d’autre part sa carrière de magistrat, qu’il considérait comme un terrain d’épreuves aux dimensions éducatives inégalées. À la fin de sa vie, il faisait remarquer la chose suivante :
Dieu m’a fait entrer dans la fonction publique contre mon gré. Il m’a obligé à devenir juge et m’a confié des postes très sensibles dans la magistrature. Par la suite, j’ai vu que chacun d’eux recelait des milliers de points de sagesse, tant et si bien que si des milliers de philosophes et de sages s’étaient réunis, ils n’auraient pas pu imaginer de tels scénarios2.
4La réflexion continue d’Ostad Elahi sur ces phases contrastées de sa propre expérience se traduit, dans son enseignement, par de nombreuses mises en garde concernant les écueils et les limitations qui sont caractéristiques des formes traditionnelles de la spiritualité. On peut citer en particulier : les dangers de l’auto-illusion égoïste, les diverses formes de la dépendance spirituelle, les négligences à l’égard des responsabilités éthiques et sociales, la suffisance spirituelle, etc. Mais nous nous concentrerons ici, de façon plus positive, sur un aspect particulièrement frappant de la pensée d’Ostad Elahi : l’interdépendance systématique entre la réflexion éthique et l’expérience spirituelle. Cette interdépendance constitue un point d’entrée essentiel si l’on veut comprendre le sens de cette universalité pratique et théorique de l’éthique que j’ai évoquée il y a un moment. Ostad Elahi a exprimé ses vues sous la forme caractéristique d’anecdotes vécues. Ces histoires, ces cas pratiques, offrent une illustration et une adaptation directe des principes généraux de sa philosophie à travers un cadre et des circonstances qui étaient familiers à ses lecteurs et à ses auditeurs. Il faut ici inverser cette procédure pédagogique. Il faut donc commencer par résumer sous une forme abstraite les principes clés de cette éthique spirituelle, en en donnant seulement en second lieu quelques brèves illustrations extraites de son propre enseignement.
Le « soi impérieux » et l’inspiration spirituelle : attention et discipline
5Il n’y a rien, dans l’expérience humaine, de plus universel (et de pratiquement plus incontournable) que la tension et le conflit constants qui existent entre d’un côté les exigences, les inclinations et les tendances multiples de notre nature animale (ou âme terrestre), et de l’autre côté notre conscience immédiate, inspirée et inspirante, de ce qui est juste, ou généralement de ce qui relève de notre devoir dans une situation donnée. Comme le dit Ostad Elahi :
Notre liaison avec la source des réalités spirituelles est ce qui transforme la pure conscience animale en une conscience pleinement humaine ; le résultat de cette liaison est que quoi qu’une personne entreprenne, elle a tout de suite l’intuition que ce qu’elle fait est bon ou mauvais. La vraie conscience consiste précisément dans la découverte et l’appréhension de ce mystère3…
6Dans cette perspective, notre expérience éthique est, en vertu de sa nature même, une expérience du divin. Le conflit intérieur qui éveille la conscience ou la prise de conscience du divin constitue ainsi le contexte toujours renouvelé d’un processus naturel et universel d’apprentissage et de maturation spirituelle – processus qui, dès à présent, fonde et structure notre situation d’être humain, et qui ultimement devrait nous permettre de nous guider et de nous orienter de façon plus consciente.
7Les éléments fondamentaux de cette situation métaphysique de l’être humain s’expriment de façon infiniment variée, mais ils paraissent extrêmement simples lorsqu’on les énonce sous leur forme abstraite. Une fois qu’on s’est rendu conscient du contraste initial et essentiel entre les manifestations du « soi impérieux » (nafs-e ammâre) et celles de notre inspiration réellement spirituelle ou éthique, il devient clair que la tâche essentielle de l’homme est de maintenir une attention spéciale aux inspirations divines, autrement dit une attention spirituelle (tawajjuh). Mais pour traduire cette attention en actes éthiques appropriés, quel que soit le contexte intérieur ou extérieur d’une telle pratique, il faut une constante discipline de soi.
8Ostad Elahi évoquait parfois avec un certain humour le caractère permanent et familier de cette situation humaine fondamentale :
Hier, je me suis réveillé comme d’habitude au milieu de la nuit pour prier, mais en raison d’une légère indisposition que j’avais, j’ai été un peu paresseux et me suis dit : « Je le ferai demain matin » et je me suis rendormi. Bien entendu, le matin, je priai, puis commençai à faire mes exercices physiques. Il n’était jamais arrivé auparavant qu’un des poids m’échappe des mains. Un des poids me glissa de la main et tomba juste sur mon pied qui me fit mal pendant une heure environ. Dieu m’avait puni à la mesure de ma paresse à son égard. Il y avait presque là quelque chose de comique. Je me réjouis de cet incident et je me prosternai aussitôt devant Dieu pour lui exprimer ma gratitude : « Maintenant, il est évident que Tu m’aimes et que Tu veilles sur moi. »4.
9On comprend donc que même les degrés les plus élevés de l’attention au divin sont en réalité inséparables de cette structure universelle et intimement familière qui alimente tout conflit éthique intérieur. C’est nécessairement de cette situation fondamentale, lorsqu’on parvient justement à y répondre de manière appropriée, que dérive l’attention spirituelle.
10Les points qu’il convient maintenant d’évoquer brièvement constituent chacun un aspect de cette tâche éthico-spirituelle fondamentale d’attention et de discipline. Ces points sont les suivants : le processus d’observation et de réflexion sur les lois de la causalité spirituelle ; le caractère essentiel de l’intention pure ; les exigences de la responsabilité et de la créativité ; enfin, l’épreuve constante de la persévérance.
Actions, épreuves et conséquences : la réflexion et l’orientation
11L’apprentissage et la croissance de l’homme, dans tous les domaines, se fonde sur une combinaison d’expérience et de réflexion. Dans le champ de l’éthique, cette réflexion concerne au premier chef les conséquences de nos actions. Le développement de l’attention spirituelle et éthique n’échappe pas, selon Ostad Elahi, à cette règle de l’essai et de l’erreur : nous apprenons, et en vérité nous ne pouvons apprendre qu’à travers le risque librement assumé qui consiste à explorer des domaines dont nous n’avons ni connaissance ni expérience préalable. Nous apprenons, avant tout, à travers nos échecs et nos erreurs. Nos épreuves et nos expériences éthiques quotidiennes (mais aussi l’observation de celles d’autrui) alimentent notre croissance spirituelle et soutiennent le développement progressif de notre attention. Au cours de ce processus, nous approfondissons les ressorts et la causalité profonde qui gouvernent les « accidents » supposés de notre destinée (autrement dit, les épreuves éthiques particulières auxquelles nous devons faire face). Et nous prenons conscience, dans le même mouvement, des conséquences intérieures et extérieures de nos actes.
12On pourrait évidemment citer à l’appui de ce propos toutes sortes de références philosophiques ou religieuses qui soulignent également cette dimension métaphysique profonde de notre vie éthique et spirituelle. Mais Ostad Elahi a constamment répété que c’est d’abord par le moyen de notre propre observation et en mettant en œuvre une rationalité et une réflexion actives et continues sur les contextes et les conséquences concrètes de nos actes, que nous pouvons être en mesure de nous orienter pratiquement et de manière spirituellement enrichissante. Ostad Elahi insiste en particulier sur le fait que, comme tout processus d’apprentissage, le processus du perfectionnement éthico-spirituel (seyr-e takâmmol) doit être conçu de manière naturelle, universelle et séquentielle.
Dans le domaine matériel, quand on se concentre sur un sujet, on fait toutes sortes de découvertes. Eh bien, c’est la même chose dans le domaine spirituel : si on se concentre, on en arrive à découvrir beaucoup de choses sur l’au-delà et les secrets de l’univers5.
13Au demeurant, comme bien d’autres penseurs spirituels, Ostad Elahi insiste sur le fait que les conséquences les plus manifestes et extérieures de cet approfondissement spirituel progressif ne sont guère différentes de ce qu’on attend en général d’un travail « éthique » : un tel processus se traduit, en effet, de façon tangible et immédiate par une plus grande simplicité dans le comportement, une certaine humilité et une attention réelle à autrui.
L’être humain véritablement humain doit prendre l’habitude des bonnes manières, quelle que soit la personne à qui il a affaire, car le résultat [spirituel] de son comportement n’échoit qu’à lui-même. Si l’autre est aussi un être humain digne de ce nom, alors les deux parties bénéficient du résultat. Si au contraire il est dépourvu de telles qualités et sans la moindre parcelle d’humanité, l’effet de sa misère et de son animalité n’échoit qu’à lui-même. Quoi qu’il en soit, nous bénéficierons toujours de l’énergie positive et du profit spirituel qui émanent de notre propre comportement6.
La purification de l’intention (le discernement spirituel)
14Si l’on commence à réellement mettre en pratique cette attention spéciale à l’égard de nos motivations éthiques, si l’on réfléchit dans cette perspective aux conséquences de nos actions, on se trouve assez rapidement confronté à un point essentiel. C’est la nécessité qu’il y a de purifier son intention, c’est-à-dire d’agir au nom d’une conscience désintéressée du juste et du bien. Il y a peu d’aspects du travail éthique sur lesquels Ostad Elahi revienne avec autant d’insistance. Comme les principes que nous venons d’évoquer, cette notion d’intention pure est facile à exprimer en théorie, mais elle constitue un véritable défi dès qu’il s’agit de passer à la pratique. Et cependant, cette forme de discernement spirituel qui nous permet de distinguer les motifs qui nous font agir sous l’influence du soi impérieux – ou si l’on veut, des pulsions de notre « ça » – et ceux qui relèvent d’une véritable inspiration spirituelle, nous la trouvons déjà à l’œuvre dans les situations et les conflits éthiques les plus élémentaires. Ce n’est qu’en découvrant et en mettant constamment en pratique ce principe de discernement et de désintéressement qu’il devient possible de finalement atteindre l’état de simplicité qui caractérise les degrés les plus élevés de réalisation spirituelle :
Car lorsque nous ne voulons que le contentement de Dieu, il est certain qu’Il ne nous laissera pas non plus dans la gêne en ce monde. Mais si nous voulons de Dieu ce monde, notre comportement est semblable à celui d’un enfant à qui on a donné tout ce qu’il possède et qui court acheter des friandises pour s’en gaver : il ne fait que se rendre malade, et à la fin il ne lui reste plus rien7…
Créativité et responsabilité
15Il est clair que pour Ostad Elahi, la question qui nous rassemble autour de cette table – « Y a-t-il une expérience éthique du divin ? » – ne peut pas constituer un vrai problème. Et cependant le fait même qu’on puisse poser une telle question indique quelque chose. Il ne s’agit pas simplement d’une différence d’ordre culturel touchant aux définitions théologiques et philosophiques des notions fondamentales. Une telle question reflète, à mon sens, une réalité phénoménologique essentielle, à savoir que le domaine de « l’éthique », pour beaucoup de gens, demeure relativement restreint, ou du moins confiné à une sphère simplement extérieure ou sociale. Ostad Elahi, en explorant les processus qui façonnent progressivement notre entendement spirituel, manifeste une attention particulière aux structures naturelles qui orientent le phénomène éthique dans ses multiples dimensions et degrés de réalisation. C’est un trait tout à fait caractéristique de sa démarche, qu’il n’ait recours à cette question (« Y a-t-il une expérience éthique du divin ? ») et n’y apporte une réponse que pour mieux mettre en valeur les enjeux et les possibilités ouvertes par la situation (existentielle) dont nous avons parlé.
De même qu’il y a beaucoup de différences dans les dispositions des hommes, de même la créativité humaine varie en intensité et faiblesse relatives. Dans le domaine spirituel, on pénètre d’abord en soi-même, on concentre ses pensées. D’abord, des impressions et des signes nous traversent l’esprit. Puis peu à peu, on donne structure et forme à ces impressions et à ces signes. Cette puissance créatrice se modifie et se fortifie et elle réalise ces formes à travers des découvertes spirituelles et des actes de grâce, comme font les Amis de Dieu. Si [ce processus] ne prend qu’une forme subjective, sans trouver son effet extérieur, il se limite au bénéfice qu’on peut en tirer dans sa propre conscience8…
16Cette dernière phrase souligne une autre conséquence « éthique » (mais aussi inévitablement sociale) du processus de développement spirituel. Pour Ostad Elahi, il est évident que l’attention accrue de l’être humain à l’égard du contexte spirituel et de la nature de son expérience éthique, ne constitue en aucun cas une « fuite » ou une retraite hors du monde et de la société. Ce qu’induit au contraire cette orientation éthique et spirituelle, c’est une conscience plus profonde des enjeux généraux et des responsabilités qui accompagnent nécessairement le processus de transformation intérieure :
L’être humain est comme une terre fertile qui recèle dans ses profondeurs une eau bienfaisante. Si on creuse un puits, on arrive à l’eau et on peut en profiter. Sinon, elle reste cachée. L’homme porte en lui le potentiel d’atteindre un niveau où il sera au-dessus de toutes les créatures et où il n’y aura plus de distance entre lui et le Créateur. Mais s’il vit dans la négligence, il restera dans ses limites étroites et rétrogradera même plus bas que l’animal9.
Persévérance
17Il y a enfin un autre aspect essentiel de cette transformation de l’expérience éthique en un processus de prise de conscience spirituelle : c’est l’élément du temps. La spirale ascendante (le me’râj) de l’expérience, de la réflexion et de la prise de conscience, peut se comparer à l’ascension d’une montagne : elle élargit sans cesse notre perspective. Elle transforme la conception même de ce que nous sommes, elle élargit les domaines d’espace et de temps qui constituent les dimensions dans lesquels nous évoluons et interagissons. La contrepartie pratique de cette ascension progressive, d’un point de vue éthique, est la persévérance (sabr), qu’on pourrait aussi bien appeler « courage » ou, pour reprendre l’idiome sobre des poètes sufi, « le travail ». L’ensemble de ce processus a bien été résumé par Ostad Elahi, dans un langage qui nous invite d’ailleurs à une compréhension plus profonde des symboles eschatologiques traditionnels du « Jardin » et du « Feu ». C’est l’histoire simple d’un vieux fermier qu’il a un jour rencontré :
J’allai un jour en dehors de la ville. J’aperçus au milieu du désert un jardin et un très beau pré. Je demandai à qui ils appartenaient. On me dit : « Ils appartiennent à un homme qui est parti de rien et qui est maintenant arrivé là. Un jour qu’il passait par ici, voyant qu’il y avait de l’humidité sous les cailloux, il creusa un peu le sol du bout de son bâton et vit que l’humidité augmentait. Il bâtit avec beaucoup d’effort et de peine un système d’irrigation, et maintenant cela fait environ vingt ans qu’il s’en occupe. » Plus tard je rencontrai cet homme et lui prodiguai beaucoup d’affection et d’encouragements. Lui-même raconta : « Lorsque je suis arrivé ici, j’étais tout seul et je n’avais pas de fortune. J’avais tout juste de quoi me procurer une pelle et une pioche, et avec beaucoup d’effort j’ai pu faire sortir de l’eau en creusant ce tunnel souterrain, et c’est ainsi que je suis arrivé à ce résultat. » Tout ce jardin et ce pré qu’il possédait, c’était grâce au principe de patience et de persévérance10.
Notes de bas de page
2Parole 1966, Âsâr ol-haqq, t. I, Téhéran, Tahûri, 1977, cité AH I, suivi du numéro de parole. Pour plus d’information sur la vie et l’œuvre de Ostad Elahi, on pourra se reporter aux actes du symposium « Le Spirituel : Pluralité et Unité », Cahiers d’anthropologie religieuse, 5, Michel Meslin (dir.), Paris, Presses de l’université Paris-Sorbonne, 1996.
3AH I, 2018.
4AH I, 2002.
5AH I, 1989.
6AH I, 1941.
7AH I, 2011.
8AH I, 1989 et suiv.
9Ibid.
10AH I, 1936.
Auteur
-
James W. Morris
IdRef : 236346520
James W. Morris est professeur d’études islamiques au Boston College, aux États-Unis. Il a enseigné la philosophie islamique et la religion comparée dans les universités d’Exeter, de Princeton et d’Oberlin, ainsi qu’à l’Institut d’études ismaéliennes. On lui doit notamment The Wisdom of the Throne: an Introduction to the Philosophy of Mulla Sadra, Princeton University Press, 1981. Parmi ses livres plus récents, The Reflective Heart: Discovering Spiritual Intelligence in Ibn ‘Arabī’s “Meccan Illuminations” (Fons Vitae, 2005) ; une traduction et une édition critique du Ma’refat ol-ruh d’Ostad Elahi, Knowing the Spirit (SUNY Press, 2007) ; Openings: From the Qur’an to the Islamic Humanities (à paraître).
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