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    Plan détaillé Texte intégral Des lieux centraux aux origines communes (XIe siècle) Divergences territoriales (XIIe-XIIIe siècles) Conclusion Notes de bas de page Auteur

    Espaces ecclésiastiques et seigneuries laïques

    Ce livre est recensé par

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    Table des matières

    Terre d’Église puis seigneurie laïque en Bretagne : l’exemple de Rannée/La Guerche (XIe-XIIIe siècles)

    Julien Bachelier

    p. 155-166

    Résumé

    Implantée au milieu du XIe siècle en limite du diocèse, la seigneurie castrale de La Guerche prend racine sur un ancien domaine de l’Église de Rennes, Rannée. La lignée castrale est issue d’une dynastie épiscopale qui a adapté sa stratégie dans un contexte de diffusion de la réforme grégorienne. Le château concentre les critères de centralité, mais la polarité religieuse demeure à Rannée jusqu’à la Révolution.

    Texte intégral Des lieux centraux aux origines communes (XIe siècle) La Guerche, une agglomération castraleRannée, centralité épiscopale secondaire Divergences territoriales (XIIe-XIIIe siècles) Dilatation de la seigneurie châtelaine (première moitié du XIIesiècle)Renforcement du pôle castral de La Guerche (XIIe-XIIIesiècles)Des tâtonnements religieux du XIIe… au XIXesiècle Conclusion Notes de bas de page Auteur

    Texte intégral

    1Petite ville castrale de Bretagne, La Guerche offre un exemple d’interface original (fig. 1). En effet, sur un même espace, relativement restreint, se jouxtent des fonctions bien différentes entrelacées entre le dominium et l’ecclesia. Particulièrement forte dans le cas présent, l’intrication peut se définir comme un état, une situation d’éléments étroitement ou intimement entremêlés. À La Guerche, cette zone de contact semble singulière, il existe un chevauchement, une quasi-superposition des espaces châtelains et décanaux. On peut parler d’un certain enchevêtrement et s’interroger sur l’existence ou non de difficultés, de tensions ; d’ailleurs intriquer n’a-t-il pas aussi pour étymologie « embrouiller » ? Dès le XIIIe siècle, ce verbe comporte l’idée de « mettre dans l’embarras, rendre perplexe », or précisément à cette date autour de La Guerche la situation est relativement complexe pour déterminer le lieu central, le pôle principal1. Preuve que la singulière intrication du XIe siècle a fini par entraîner des complications.

    Figure 1 : Sur la frontière de la Bretagne : La Guerche et Rannée

    2En effet, l’intrication religieuse et laïque à La Guerche paraît particulièrement prégnante. Nous y reviendrons, mais la seigneurie châtelaine est très vraisemblablement née au sein d’un domaine épiscopal. Ensuite, lorsque l’on tente de dresser des cartes, avec les limites inhérentes à cet exercice, l’une de la châtellenie au bas Moyen Âge et l’autre, presque contemporaine vers 1330, du doyenné, se dégage l’impression d’une superposition. Est-ce à dire qu’il y avait une parfaite convergence d’intérêts entre les deux parties ? Avons-nous affaire à une situation de cospatialité (chevauchement d’espaces avec des conflits de partage), une interface (espaces qui se jouxtent avec des ruptures fonctionnelles) ou un emboîtement (inclusion d’espaces avec son lot de tensions) ?

    3Pour ce faire, il convient de revenir sur les origines seigneuriales de La Guerche au XIe siècle, où le pôle castral doit très certainement son existence à un centre ecclésiastique proche ; nous serions ici davantage dans la situation d’une interface. Puis, à partir du XIe siècle, la territorialisation des pouvoirs permet une approche spatiale et l’on observe alors un certain nombre de tensions, vraisemblablement liées à l’affirmation de la réforme grégorienne dans le diocèse de Rennes. Deux territoires apparaissent alors, mais le poids du passé reste une donnée majeure et constante.

    Des lieux centraux aux origines communes (XIe siècle)

    La Guerche, une agglomération castrale

    4Si l’on suit la documentation écrite, La Guerche apparaît vers 1068-1076 avec un oppidum ou castrum appartenant à Sylvestre2. Son père Mainguenée (fig. 2), membre de la militia du duc Alain III, est mentionné dans des actes du premier tiers du XIe siècle, principalement autour de Rennes3. De son côté, Sylvestre est associé au toponyme de La Guerche au cours des années 1050-10604. Ce qui correspond à la période au cours de laquelle Conan II fut duc de Bretagne. Michel Brand’Honneur estimait que Conan II avait permis l’installation de Sylvestre en 1047 afin, d’une part, de contrecarrer l’avancée angevine et, d’autre part, de le dédommager de sa non-élection à la tête du diocèse de Rennes5. En effet, Sylvestre appartenait à une dynastie épiscopale où, au moins depuis la fin du Xe siècle, on conservait le titre d’évêque en se le transmettant de père en fils, puis d’oncle à neveu6. Or, en 1047, le nouvel évêque, Main, n’appartenait pas à cette famille. Dès lors, l’installation de Sylvestre à La Guerche serait considérée comme une compensation. Si l’on rejoint Michel Brand’Honneur sur la chronologie des faits, quelques réserves peuvent être apportées sur les motivations. En premier lieu, le rôle de Conan II n’est pas avéré, la proximité entre les deux hommes, arguée à l’aide des actes conservés, ne s’appuie que sur six textes7. Ensuite, l’élection de Main ne paraît pas être un désaveu vis-à-vis de la dynastie épiscopale. Main serait le petit-fils du vicomte d’Alet, Hamon Ier, et le neveu de l’archevêque de Dol et des châtelains de Combourg et Dinan, parents de la famille Le Chat qui maria l’une de ses filles à la lignée épiscopale de Rennes8. L’épiscopat de Main pourrait se comprendre dans le cadre de politique d’alliances entre grands lignages épiscopaux ; d’ailleurs, en 1076, à la mort de Main, Sylvestre devint évêque de Rennes. Sa famille avait donc ses propres stratégies et son implantation à La Guerche pourrait s’être effectuée sans l’aval de Conan II, même si cela servait aussi ses intérêts contre le voisin angevin9.

    5Sylvestre s’établit en La Guerche, terres épiscopales que lui et son lignage estimaient comme relevant de son patrimoine familial, une certaine confusion semble prévaloir. D’ailleurs, à Rennes, son père Mainguenée reçut le monasterium de Saint-Cyr de la part de Gautier, son demi-frère évêque de Rennes ; le sanctuaire fut relevé sous la forme d’un prieuré10. Au début du XIe siècle, Marbode, évêque de Rennes, revendiqua les droits de l’Église de Rennes sur ce lieu de culte11. La famille de La Guerche y tenait particulièrement : en 1184, Geoffroy de La Guerche prétendait y posséder des droits héréditaires, le prieur s’y opposa. Le seigneur de La Guerche n’hésita pas à rudoyer le religieux, qui reçut un coup pendant que des hommes de main le volaient12. Sans que l’exemple de Saint-Cyr fasse nécessairement jurisprudence, il est tout à fait envisageable que Sylvestre ait décidé d’ériger un château sur des terres épiscopales qu’il estimait siennes ; d’ailleurs, à quelques kilomètres de là, Jean-Pierre Brunterc’h a bien montré que la châtellenie de Châteaubriant avait été soutenue par les évêques de Nantes en détachant des biens périphériques du patrimoine de leur Église13. L’élite laïque connaît au XIe siècle un fort ancrage autour de pôles, de lieux centraux, Sylvestre s’inscrit dans cette dynamique. Mais ces terres de l’Église de Rennes possédaient vraisemblablement déjà un autre pôle, Rannée, situé à moins de 2,5 kilomètres.

    Figure 2 : La lignée de La Guerche (fin Xe-début XIIe siècle)

    Rannée, centralité épiscopale secondaire

    6Rannée demeure méconnue, pourtant les évêques de Rennes y possédaient une résidence secondaire sur laquelle on ignore tout ou presque (fig. 3). La zone a connu de nombreuses recherches et prospections archéologiques. Les campagnes sont mises en valeur depuis l’âge du bronze, mais pour le XIe siècle on reste encore dépendant des rares sources écrites.

    Figure 3 : Bourg de Rannée

    (cadastre de La Guerche, 1827, sections B3, C3 et F1)

    7Ainsi apprend-on l’essentiel dans une note manuscrite en marge d’un exemplaire des Commentaires de Pierre Lombard. Au dernier folio figure une sorte de bilan de l’action d’Étienne de Fougères, évêque de Rennes (1168-117814). Il avait acquis à Rannée une pièce de terre relevant du fief de saint Pierre ; l’église du lieu étant placée sous l’invocation de saint Crépin et de saint Crépinien, l’allusion au prince des apôtres renvoie à la cathédrale de Rennes. L’église de Rannée bénéficie d’ailleurs d’une double titulature paraissant particulièrement archaïque, Crépin et Crépinien étant des martyrs du IIIe siècle. La probable ancienneté du lieu est confirmée par la présence de fragments de calcaire coquillier en plusieurs points du sanctuaire laissant penser à la proximité d’une nécropole du haut Moyen Âge15. La mention d’un incendie vers 1170 permet de dater les éléments romans de l’actuelle église : chœur, base de la tour et façade16.

    8Étienne poursuit en soulignant qu’il a planté une vigne derrière la maison des lépreux de Rannée. Or sur le cadastre de la première moitié du XIXe siècle, nous retrouvons cette léproserie, dite Saint-Lazare, ainsi que le vignoble dissimulé derrière le microtoponyme : La Vigne au Vèque. Plus intéressant encore, la mention d’un palais (palatium lapideum) ravagé par les flammes et recon­struit en pierre – une des très rares mentions pour la Bretagne du Moyen Âge central – sur cent pieds de long, ceinturé d’un mur. Cette résidence épiscopale, ou manoir des Salles, a totalement disparu17. À proximité, le four semble avoir été banal18, du moins l’évêque fit reconstruire, au moins à deux reprises, le bâtiment l’abritant. Enfin Étienne de Fougères étendit le jardin manorial en acquérant un verger où il réalisa lui-même des greffes19.

    9Ainsi au XIe siècle, deux pôles très proches émergent de la documentation. Si le château apparaît en premier dans les sources écrites, quelques indices invitent à faire de Rannée le plus ancien lieu central, de nature ecclésiastique, épiscopale même. Plus qu’une concurrence, il semblerait que le château procède du domaine épiscopal. L’intrication paraît donc forte au XIe siècle. De même on pourrait croire que le pôle ecclésiastique a été à l’origine des formes territoriales émergeant au XIIIe siècle. Il y aurait une sorte de moule ecclésiastique au sein duquel la seigneurie châtelaine se serait logée, puis déployée. Mais l’imposition progressive de la réforme grégorienne complexifie la situation au XIIe siècle.

    Divergences territoriales (XIIe-XIIIe siècles)

    10Au cours du XIIe siècle, bien que la documentation soit lacunaire, on devine une histoire de plus en plus divergente. Très rapidement, l’histoire gémellaire des sites se distend. D’un côté le pôle castral de La Guerche connaît une dilatation spatiale débordant des frontières bretonnes, tandis que le pôle ecclésial de Rannée vécut une brève histoire décanale tout en se maintenant comme centre paroissial. Mais alors que le territoire châtelain et laïque se dilate, il ne parvient pas localement à supplanter Rannée, qui s’offre même le luxe de résister au XIIe siècle.

    Dilatation de la seigneurie châtelaine (première moitié du XIIe siècle)

    11Le château constituait une place forte majeure (fig. 4). On le méconnaît au plan archéologique, excepté la découverte fortuite et ponctuelle d’une tour en 1903, l’analyse du parcellaire à partir du cadastre dit napoléonien indique une structure d’importance20. Cette polarité castrale a donné naissance à une châtellenie dont on peut tenter de reconstituer la zone d’influence à partir des territoires sur lesquels les châtelains de La Guerche avaient des droits (fig. 1). Ainsi, si l’on suit Amédée Guillotin de Corson, « La Guerche, châtellenie d’ancienneté, qualifiée baronnie dans les derniers siècles, était une haute justice relevant directement du duc de Bretagne puis du roi. Elle s’étendait sur dix paroisses à savoir : Rannée, Chelun, Drouges, Forges, Retiers, Domalain, Moussé, Availles, Arbrissel et la Celle-Guerchoise21 ». Les récentes recherches de Jean-Claude Meuret complètent l’ensemble puisque les biens de la famille de La Guerche se concentrent d’abord en Bretagne, tel Saint-Germain-du-Pinel au début du XIIe siècle. Puis, vers 1120-1140, apparaissent Grugé-l’Hôpital, Renazé et La Chapelle-Hullin, situés en Anjou. En effet, au début du XIIe siècle, Guillaume Ier de La Guerche épousa Emma, fille de Gautier Hai, seigneur de Pouancé. Celui-ci perdit son fils aîné tandis que le second était devenu moine à Nyoiseau. Guillaume de La Guerche hérita de la seigneurie de Pouancé et dirigea une « châtellenie double, mi angevine, mi bretonne22 ». Les terres dominées par le lignage se situaient donc aussi bien en Bretagne qu’en Anjou. Le pôle castral né au XIe siècle s’était progressivement affirmé.

    Figure 4 : Ville de La Guerche-de-Bretagne

    (cadastre de 1827, sections A2, B3 et C1)

    Renforcement du pôle castral de La Guerche (XIIe-XIIIe siècles)

    12Le pôle castral se renforce au cours des XIIe-XIIIe siècles (fig. 4). Si le terme de burgus est peu employé (hors les murs : bourg Saint-Nicolas, fin XIe siècle), des alignements parcellaires et des indices toponymiques (ex. Bourg Neuf) suggèrent néanmoins des opérations de lotissement23. Le cœur de l’agglomération est organisé à partir d’une place commerciale (marché cité au début du XIIe siècle24 et cohue/halle en 120625), une foire se déroulait légèrement à l’écart à l’ouest (120626). Le dynamisme s’observe aussi par la création de lieux de culte cités au cours du XIIe siècle : le prieuré Saint-Nicolas et les chapelles de la Trinité, de Saint-Maimbœuf et de Sainte-Marie. Cette liste mérite quelques explications.

    13Tout d’abord, ces quatre lieux de culte relevaient de l’abbaye Saint-Melaine de Rennes27. Abbaye prestigieuse remontant partiellement au VIe siècle, elle connut diverses fortunes au cours du XIe siècle, des projets de restauration et de réformation n’aboutirent que partiellement aux yeux des réformateurs grégoriens. Saint-Melaine fut dirigée au moins jusqu’au milieu des années 1050 par Triscan (fig. 2), membre d’une puissante famille contrôlant à la fois l’évêché de Rennes, l’abbaye Saint-Melaine et une seconde abbaye, peut-être Saint-Sauveur de Redon28. Triscan n’était autre que le frère de Mainguenée et l’oncle de Sylvestre de La Guerche. Il paraît tout à fait vraisemblable que l’installation à La Guerche se soit effectuée dans un savant mélange des genres que d’autres générations auraient qualifié de conflits d’intérêts ; au milieu du XIe siècle, ce lignage y voyait plutôt une convergence d’intérêts.

    14De leur côté, les dédicaces n’ont rien d’original, excepté celle concernant Maimbœuf, évêque d’Angers du VIe siècle pour lequel Marbode, chanoine puis écolâtre d’Angers, avait rédigé une vita29. Or Marbode devient évêque de Rennes en 1096 à la suite de sa consécration par Urbain II. Il s’est montré particulièrement vigilant pour appliquer la réforme grégorienne dans le diocèse de Rennes, d’ailleurs il succéda à Sylvestre de La Guerche sur la cathèdre. Marbode semble avoir tenté une certaine mise en ordre grégorienne, il intervint à Fougères et à Vitré où des communautés canoniales posèrent quelques difficultés30. Il tenta de reprendre la main sur le prieuré Saint-Cyr de Rennes, qui avait été aliéné par Gautier et Mainguenée vers 1030. On assiste donc, à la fin du XIe siècle, à un retour de l’évêque au sens grégorien. La dédicace à saint Maimbœuf peut-elle être vue comme une volonté de se concilier Marbode ? Remonte-t-elle à ces tensions ?

    15Troisième point qui peut être le plus intéressant : aucun des quatre lieux de culte n’est une église. En effet, il faut attendre 1791 pour que La Guerche soit érigée en paroisse. Cette situation paraît originale ; ailleurs dans la région, les châteaux majeurs nés au cours du XIe siècle ont souvent donné naissance à une paroisse de faible étendue, comme à Fougères. À l’inverse, quand un pôle religieux ancien et concurrent existait, comme à Vitré, l’agglomération est tardivement devenue un centre paroissial, aux XIIe-XIIIe siècles. La Guerche dut attendre la Révolution, signe d’une polarité religieuse antérieure prégnante et particulièrement conservatrice. Au milieu du XIIe siècle, cette domination spirituelle de Rannée est rappelée à l’occasion d’un contentieux sur les oblations du castellum de La Guerche entre l’évêque de Rennes et l’abbé de Saint-Melaine. L’accord souligna bien que Rannée était bien la mater ecclesiae31. La paroisse de Rannée s’étendait sur une vaste étendue comprenant La Guerche, Drouges, Moussé et vraisemblablement La Selle-Guerchaise, soit près de 60 kilomètres carrés. Au sein de cet espace ecclésiastique, Jean-Claude Meuret a observé des similitudes pour les clochers-tours à Rannée, La Guerche, Gennes-sur-Seiche ou Moutiers remontant au XIIe siècle32.

    Des tâtonnements religieux du XIIe… au XIXe siècle

    16Toutefois il semble que le pôle castral ait rapidement supplanté le pôle paroissial. La Guerche cumulait les fonctions centrales alors que Rannée vivotait d’une certaine manière et s’intégrait dans le paysage parmi les villages. Certes, il s’agissait d’un village particulier avec une léproserie et un manoir épiscopal, mais hormis ces deux éléments, il ne dépareillait pas dans le monde rural de l’Ouest français33. Lorsque l’autorité épiscopale se renforça au cours du XIIe siècle, notamment avec la création puis la généralisation des doyennés, on perçoit certaines hésitations (fig. 1). On tâtonna, comme le suggère la documentation évoquant successivement le decanus de Moutiers en 113334, puis celui de Rannée vers 1156-116835 et celui de La Guerche-de-Bretagne vers 1168-117836. On peut, certes, s’interroger sur un éventuel chevauchement car le doyen de Rannée apparaît dans des actes dont l’intervalle de datation couvre partiellement celui de La Guerche. De plus, les doyens portent le même nom, courant de surcroît : Guillaume, ce qui n’aide pas à l’identification37. Néanmoins la dynamique se dessine. Autour de 1170-1180, le chef-lieu de doyenné bascula de Rannée à La Guerche38. Tout se passe comme si l’autorité épiscopale ne pouvait accepter l’idée de voir la géographie châtelaine lui imposer sa logique. Une certaine normalisation aurait été opérée au cours de l’épiscopat d’Étienne de Fougères. Ici comme ailleurs, la centralité castrale s’était progressivement imposée lors de l’établissement des chefs-lieux de doyennés39.

    17Sur le long terme, on note une très forte persistance de la centralité paroissiale de Rannée et, en suivant Jacques Le Goff, on pourrait presque voir avec l’érection paroissiale de La Guerche en 1791 la fin du Moyen Âge, du moins d’un certain Moyen Âge. Le centre paroissial correspond, à l’heure où la carte des communes se met en place, au pôle localement le plus peuplé, le plus dynamique. Rannée ne peut plus se prévaloir de son origine épiscopale, c’était l’ancien monde. Toutefois, il ne s’agirait que d’un assoupissement, car par la suite on perçoit une certaine oscillation. La paroisse de Rannée renaît en 1803, à la suite du concordat du 18 Germinal an X (8 avril 1802). Cependant, le territoire paroissial La Guerche était perdu. Rannée fut rapidement réintégré à la paroisse guerchaise, avant de retrouver son rang paroissial en 182040.

    Conclusion

    18À La Guerche, ce qui a longtemps été perçu comme une confusion entre le monde laïc et la sphère ecclésiastique s’explique par l’étroite intrication du séculier et du spirituel autour de l’an mil. Vraisemblablement, Rannée constitue le centre le plus ancien organisé autour d’un lieu de culte installé sur un domaine de l’Église de Rennes. Au milieu du XIe siècle, dans le cadre de la redistribution des pouvoirs et de la territorialisation des élites, la dynastie épiscopale rennaise fit ériger un château. Mais ce nouveau pôle n’est pas parvenu à s’imposer comme l’unique, il concentre et cumule plusieurs fonctions centrales (politique, économique, commerciale…), mais la polarité spirituelle reste à Rannée jusqu’à la Révolution. On observe donc une certaine résistance de la polarité ecclésiale, peut-être liée à un conservatisme religieux. Il n’est pas évident de modifier les cadres structurants et, depuis l’Empire romain, on sait que l’on préfère l’empilement à la suppression. Mais ce conservatisme peut aussi se comprendre comme une opposition au dynamisme castral de La Guerche. Reste que cet exemple peut être singulier, il convient d’éviter tout systématisme et de considérer que nous avons probablement affaire plus à une exception qu’à une règle.

    Notes de bas de page

    1Sur la singularisation de la polarisation médiévale et son exclusivité, voir A. Guerreau, « Quelques caractères spécifiques de l’espace féodal européen », dans N. Bulst, R. Descimon, A. Guerreau (dir.), L’État ou le Roi : les fondements de la modernité monarchique en France (XIVe-XVIIe siècles), Paris, Éditions de la Maison des sciences de l’homme, 1996, p. 85-101, ici p. 87.

    2Premier et second livres des cartulaires de l’abbaye Saint-Serge et Saint-Bach d’Angers (XIe et XIIe siècles), éd. par Y. Chauvin, Angers, 1997, n° 107 ; archives départementales d’Ille-et-Vilaine, 1 F 512. Voir J.-C. Meuret, « Le poids des familles seigneuriales aux confins de l’Anjou et de la Bretagne : Martigné-Pouancé-La Guerche », Mémoires de la Société d’histoire et d’archéologie de Bretagne, 70, 1993, p. 89-129.

    3H. Guillotel, Les actes des ducs de Bretagne, 944-1148, éd. par P. Charon et al., Rennes, Presses universitaires de Rennes/Société d’histoire et d’archéologie de Bretagne, 2014, n° 27, 28 ( ?), 35 et 54 (pour la filiation avec Sylvestre).

    4P.-H. dom Morice, Mémoires pour servir de preuves à l’histoire civile et ecclésiastique de Bretagne tirés des archives de cette province, de celles de France et d’Angleterre, des recueils de plusieurs scavants antiquaires, Paris, 1742-1746, 3 vol. , vol. 1, col. 403, 404-405 et 477 ; H. Guillotel, Les actes…, op. cit., n° 68.

    5M. Brand’Honneur, Manoirs et châteaux dans le comté de Rennes. Habitat à motte et société chevaleresque (XIe-XIIe siècles), Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2001, p. 102-104.

    6J. Bachelier, « Les Thibaldiens de Rennes. Stratégies et adaptation d’un lignage épiscopal au XIe siècle », dans C. Evans, H. Oudar, J. Quaghebeur (dir.), Familles, pouvoirs et foi en Bretagne et dans l’Europe de l’Ouest à l’époque médiévale (Ve-XIIIe siècle), Rennes, Presses universitaires de Rennes, à paraître.

    7H. Guillotel, Les actes…, op. cit., n° 54, 55 et 68, et vraisemblablement 45, 56 et 66.

    8H. Guillotel, « Des vicomtes d’Alet aux vicomtes du Poudouvre », Annales de la Société d’histoire et d’archéologie de l’Arrondissement de Saint-Malo (1988), 1990, p. 201-215, ici p. 206-207 et Id., « Combour : proto-histoire d’une seigneurie et mise en œuvre de la reforme grégorienne », dans K. Keats-Rohan (dir.), Family Trees and the Roots of Politics. The prosopography of Britain and France from the Tenth to the Twelfth Century, Woodbridge, 1997, p. 269-298.

    9J. Bachelier, « Les Thibaldiens de Rennes… », art. cité.

    10H. Guillotel, Les actes…, op. cit., n° 35.

    11P.-H. dom Morice, Mémoires…, op. cit., vol. 1, col. 508.

    12Ibid., vol. 1, col. 699-700.

    13J.-P. Brunterc’h, « Puissance temporelle et pouvoir diocésain des évêques de Nantes entre 936 et 1049 », Mémoires de la Société d’histoire et d’archéologie de Bretagne, 61, 1984, p. 29-82.

    14Commentaire de Pierre Lombard sur deux épîtres de Saint Paul, médiathèque Les Champs Libres, Rennes, ms 0017, fol. 207.

    15P. Guigon, J.-C. Meuret, « La réutilisation de sarcophages dans les églises à l’est de la Bretagne », Mémoires de la Société d’histoire et d’archéologie de Bretagne, 84, 2006, p. 356-405, ici p. 387-388 (fig. 14). L’église fut reconstruite grâce aux dons des paroissiens.

    16R. Grand, L’art roman en Bretagne, Paris, Picard, 1958, p. 407-408 et A. Autissier, La sculpture romane en Bretagne, XIe-XIIe siècles, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2005, p. 322-323.

    17A. Guillotin de Corson, Pouillé historique de l’archevêché de Rennes, Rennes, Fougeray, 1880-1886, 6 vol. , vol. 1, p. 120 et P. Banéat, Le département d’Ille-et-Vilaine. Histoire. Monuments. Archéologie, Rennes, Oberthur, 1927-1929, 4 vol. , vol. 3, p. 162-163.

    18Dans le dernier tiers du XIIe siècle, Geoffroy II de Pouancé, père de Guillaume III de La Guerche, donne à l’évêque de Rennes le droit d’usage d’un four et un chêne dans la forêt de Chelun, située au sud de Rannée, Obituaire de Rennes, éd. par E. Grélois, Rennes, Presses universitaires de Rennes, fol. 26, à paraître.

    19Cyprien Henry vient récemment de mettre au jour un extrait inédit de ce texte où Étienne de Fougères évoque un autre manoir épiscopal, au sud de Rennes, à Bruz, BnF, coll. Baluze n° 46, p. 205-206 ; voir C. Henry, Cujus diocesis, ejus diplomatica ? Pouvoirs diocésains et diversité des pratiques d’écrit diplomatique en Bretagne (990-1215), thèse de doctorat, EPHE, 2018, vol. 2-1, p. 1199-1201.

    20Bilan dans J.-C. Meuret, Peuplement, pouvoir et paysage sur la marche Anjou-Bretagne des origines au Moyen Âge, Laval, Société d’archéologie et d’histoire de la Mayenne, 1993, p. 311-315.

    21A. Guillotin de Corson, « Les grandes seigneuries de Haute-Bretagne, comprises dans le territoire actuel du département d’Ille-et-Vilaine », Revue de Bretagne, Vendée et Anjou, 13, 1895, p. 342-356, ici p. 354.

    22J.-C. Meuret, « Au cœur de la marche bretonne, l’ascension et le démantèlement d’une grande châtellenie. La Guerche-Pouancé (milieu XIe-milieu XIIIe siècle) », dans J. Quaghebeur, S. Soleil (dir.), Le pouvoir et la foi au Moyen Âge en Bretagne et dans l’Europe de l’Ouest. Mélanges en mémoire du professeur Hubert Guillotel, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2010, p. 639-684, ici p. 644.

    23J. Bachelier, Villes et villages de Haute-Bretagne (XIe-début XIVe siècle). Analyses morphologiques, Saint-Malo, Centre régional d’archéologie d’Alet, 2014, p. 95-96.

    24P.-H. dom Morice, Mémoires…, op. cit., vol. 1, col. 529-530.

    25Ibid., vol. 1, col. 804-807.

    26Ibid.

    27Cartulaire de l’abbaye Saint-Melaine de Rennes, suivi de 51 chartes originales, éd. par C. Reydellet, M. Chauvin-Lechaptois, J. Bachelier, Rennes, Presses universitaires de Rennes/Société d’histoire et d’archéologie de Bretagne, 2015, n° 5 (daté de 1158), 72 (1204), 77 (1152) et Cartulaire de l’abbaye Notre-Dame de La Roë, archives départementales de Mayenne, H 154, fol. 11v-12 (1154) et fol. 67 (V. 1150).

    28J. Bachelier, « Les Thibaldiens de Rennes… », art. cité.

    29Vita Magnobodi, éd. par J. P. Migne, Patrologiae Cursus Completus. Series Latina, 171, 1893 (rééd.), col. 1547-1562. Une seule autre église dans le diocèse de Rennes porte cette dédicace, celle du Theil-de-Bretagne, dont l’évêque était le patron.

    30J. Bachelier, « Hinc ordo confusus. Châteaux et collégiales en Haute-Bretagne (XIe-XIIIe siècles) », dans A.-M. Cocula, M. Combet (dir.), Le château, le diable et le bon dieu [Actes des Rencontres d’archéologie et d’histoire en Périgord, 25-27 septembre 2015], Bordeaux, Ausonius éditions, 2016, p. 199-221, ici p. 217-218.

    31A. Guillotin de Corson, Pouillé historique…, op. cit., vol. 5, p. 532-533.

    32J.-C. Meuret, Peuplement…, op. cit., p. 106 prolongeant des observations de R. Grand, L’art roman…, op. cit., p. 283, 407-408.

    33D. Pichot, Le village éclaté. Habitat et société dans les campagnes de l’Ouest au Moyen Âge, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2002, p. 170.

    34C. Henry, Cujus diocesis…, op. cit., vol. 2-2, n° R27.

    35Archives départementales d’Ille-et-Vilaine, 1 F 1801, 17.

    36Cartulaire de l’abbaye Notre-Dame de La Roë, op. cit., fol. 73v-74.

    37Cartulaire de l’abbaye Saint-Melaine…, op. cit., n° 128.

    38C. Henry, Cujus diocesis…, op. cit., p. 482.

    39On pourra comparer avec D. Pichot, « Doyennés et organisation de l’espace au Moyen Âge. Le cas du Bas-Maine (XIe-XIVe siècle) », dans F. Mazel (dir.), L’espace du diocèse. Genèse d’un territoire dans l’Occident médiéval (Ve-XIIIe siècle), Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2008, p. 343-363, ici p. 352-357.

    40A. Guillotin de Corson, Pouillé historique…, op. cit., vol. 5, p. 533.

    Auteur

    • Julien Bachelier

      Julien Bachelier est agrégé d’histoire, docteur en histoire médiévale (Université Rennes 2), PRAG à l’Université de Bretagne Occidentale, membre du Centre de recherche bretonne et celtique (EA 4451/UMS 3554).

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    1Sur la singularisation de la polarisation médiévale et son exclusivité, voir A. Guerreau, « Quelques caractères spécifiques de l’espace féodal européen », dans N. Bulst, R. Descimon, A. Guerreau (dir.), L’État ou le Roi : les fondements de la modernité monarchique en France (XIVe-XVIIe siècles), Paris, Éditions de la Maison des sciences de l’homme, 1996, p. 85-101, ici p. 87.

    2Premier et second livres des cartulaires de l’abbaye Saint-Serge et Saint-Bach d’Angers (XIe et XIIe siècles), éd. par Y. Chauvin, Angers, 1997, n° 107 ; archives départementales d’Ille-et-Vilaine, 1 F 512. Voir J.-C. Meuret, « Le poids des familles seigneuriales aux confins de l’Anjou et de la Bretagne : Martigné-Pouancé-La Guerche », Mémoires de la Société d’histoire et d’archéologie de Bretagne, 70, 1993, p. 89-129.

    3H. Guillotel, Les actes des ducs de Bretagne, 944-1148, éd. par P. Charon et al., Rennes, Presses universitaires de Rennes/Société d’histoire et d’archéologie de Bretagne, 2014, n° 27, 28 ( ?), 35 et 54 (pour la filiation avec Sylvestre).

    4P.-H. dom Morice, Mémoires pour servir de preuves à l’histoire civile et ecclésiastique de Bretagne tirés des archives de cette province, de celles de France et d’Angleterre, des recueils de plusieurs scavants antiquaires, Paris, 1742-1746, 3 vol. , vol. 1, col. 403, 404-405 et 477 ; H. Guillotel, Les actes…, op. cit., n° 68.

    5M. Brand’Honneur, Manoirs et châteaux dans le comté de Rennes. Habitat à motte et société chevaleresque (XIe-XIIe siècles), Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2001, p. 102-104.

    6J. Bachelier, « Les Thibaldiens de Rennes. Stratégies et adaptation d’un lignage épiscopal au XIe siècle », dans C. Evans, H. Oudar, J. Quaghebeur (dir.), Familles, pouvoirs et foi en Bretagne et dans l’Europe de l’Ouest à l’époque médiévale (Ve-XIIIe siècle), Rennes, Presses universitaires de Rennes, à paraître.

    7H. Guillotel, Les actes…, op. cit., n° 54, 55 et 68, et vraisemblablement 45, 56 et 66.

    8H. Guillotel, « Des vicomtes d’Alet aux vicomtes du Poudouvre », Annales de la Société d’histoire et d’archéologie de l’Arrondissement de Saint-Malo (1988), 1990, p. 201-215, ici p. 206-207 et Id., « Combour : proto-histoire d’une seigneurie et mise en œuvre de la reforme grégorienne », dans K. Keats-Rohan (dir.), Family Trees and the Roots of Politics. The prosopography of Britain and France from the Tenth to the Twelfth Century, Woodbridge, 1997, p. 269-298.

    9J. Bachelier, « Les Thibaldiens de Rennes… », art. cité.

    10H. Guillotel, Les actes…, op. cit., n° 35.

    11P.-H. dom Morice, Mémoires…, op. cit., vol. 1, col. 508.

    12Ibid., vol. 1, col. 699-700.

    13J.-P. Brunterc’h, « Puissance temporelle et pouvoir diocésain des évêques de Nantes entre 936 et 1049 », Mémoires de la Société d’histoire et d’archéologie de Bretagne, 61, 1984, p. 29-82.

    14Commentaire de Pierre Lombard sur deux épîtres de Saint Paul, médiathèque Les Champs Libres, Rennes, ms 0017, fol. 207.

    15P. Guigon, J.-C. Meuret, « La réutilisation de sarcophages dans les églises à l’est de la Bretagne », Mémoires de la Société d’histoire et d’archéologie de Bretagne, 84, 2006, p. 356-405, ici p. 387-388 (fig. 14). L’église fut reconstruite grâce aux dons des paroissiens.

    16R. Grand, L’art roman en Bretagne, Paris, Picard, 1958, p. 407-408 et A. Autissier, La sculpture romane en Bretagne, XIe-XIIe siècles, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2005, p. 322-323.

    17A. Guillotin de Corson, Pouillé historique de l’archevêché de Rennes, Rennes, Fougeray, 1880-1886, 6 vol. , vol. 1, p. 120 et P. Banéat, Le département d’Ille-et-Vilaine. Histoire. Monuments. Archéologie, Rennes, Oberthur, 1927-1929, 4 vol. , vol. 3, p. 162-163.

    18Dans le dernier tiers du XIIe siècle, Geoffroy II de Pouancé, père de Guillaume III de La Guerche, donne à l’évêque de Rennes le droit d’usage d’un four et un chêne dans la forêt de Chelun, située au sud de Rannée, Obituaire de Rennes, éd. par E. Grélois, Rennes, Presses universitaires de Rennes, fol. 26, à paraître.

    19Cyprien Henry vient récemment de mettre au jour un extrait inédit de ce texte où Étienne de Fougères évoque un autre manoir épiscopal, au sud de Rennes, à Bruz, BnF, coll. Baluze n° 46, p. 205-206 ; voir C. Henry, Cujus diocesis, ejus diplomatica ? Pouvoirs diocésains et diversité des pratiques d’écrit diplomatique en Bretagne (990-1215), thèse de doctorat, EPHE, 2018, vol. 2-1, p. 1199-1201.

    20Bilan dans J.-C. Meuret, Peuplement, pouvoir et paysage sur la marche Anjou-Bretagne des origines au Moyen Âge, Laval, Société d’archéologie et d’histoire de la Mayenne, 1993, p. 311-315.

    21A. Guillotin de Corson, « Les grandes seigneuries de Haute-Bretagne, comprises dans le territoire actuel du département d’Ille-et-Vilaine », Revue de Bretagne, Vendée et Anjou, 13, 1895, p. 342-356, ici p. 354.

    22J.-C. Meuret, « Au cœur de la marche bretonne, l’ascension et le démantèlement d’une grande châtellenie. La Guerche-Pouancé (milieu XIe-milieu XIIIe siècle) », dans J. Quaghebeur, S. Soleil (dir.), Le pouvoir et la foi au Moyen Âge en Bretagne et dans l’Europe de l’Ouest. Mélanges en mémoire du professeur Hubert Guillotel, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2010, p. 639-684, ici p. 644.

    23J. Bachelier, Villes et villages de Haute-Bretagne (XIe-début XIVe siècle). Analyses morphologiques, Saint-Malo, Centre régional d’archéologie d’Alet, 2014, p. 95-96.

    24P.-H. dom Morice, Mémoires…, op. cit., vol. 1, col. 529-530.

    25Ibid., vol. 1, col. 804-807.

    26Ibid.

    27Cartulaire de l’abbaye Saint-Melaine de Rennes, suivi de 51 chartes originales, éd. par C. Reydellet, M. Chauvin-Lechaptois, J. Bachelier, Rennes, Presses universitaires de Rennes/Société d’histoire et d’archéologie de Bretagne, 2015, n° 5 (daté de 1158), 72 (1204), 77 (1152) et Cartulaire de l’abbaye Notre-Dame de La Roë, archives départementales de Mayenne, H 154, fol. 11v-12 (1154) et fol. 67 (V. 1150).

    28J. Bachelier, « Les Thibaldiens de Rennes… », art. cité.

    29Vita Magnobodi, éd. par J. P. Migne, Patrologiae Cursus Completus. Series Latina, 171, 1893 (rééd.), col. 1547-1562. Une seule autre église dans le diocèse de Rennes porte cette dédicace, celle du Theil-de-Bretagne, dont l’évêque était le patron.

    30J. Bachelier, « Hinc ordo confusus. Châteaux et collégiales en Haute-Bretagne (XIe-XIIIe siècles) », dans A.-M. Cocula, M. Combet (dir.), Le château, le diable et le bon dieu [Actes des Rencontres d’archéologie et d’histoire en Périgord, 25-27 septembre 2015], Bordeaux, Ausonius éditions, 2016, p. 199-221, ici p. 217-218.

    31A. Guillotin de Corson, Pouillé historique…, op. cit., vol. 5, p. 532-533.

    32J.-C. Meuret, Peuplement…, op. cit., p. 106 prolongeant des observations de R. Grand, L’art roman…, op. cit., p. 283, 407-408.

    33D. Pichot, Le village éclaté. Habitat et société dans les campagnes de l’Ouest au Moyen Âge, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2002, p. 170.

    34C. Henry, Cujus diocesis…, op. cit., vol. 2-2, n° R27.

    35Archives départementales d’Ille-et-Vilaine, 1 F 1801, 17.

    36Cartulaire de l’abbaye Notre-Dame de La Roë, op. cit., fol. 73v-74.

    37Cartulaire de l’abbaye Saint-Melaine…, op. cit., n° 128.

    38C. Henry, Cujus diocesis…, op. cit., p. 482.

    39On pourra comparer avec D. Pichot, « Doyennés et organisation de l’espace au Moyen Âge. Le cas du Bas-Maine (XIe-XIVe siècle) », dans F. Mazel (dir.), L’espace du diocèse. Genèse d’un territoire dans l’Occident médiéval (Ve-XIIIe siècle), Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2008, p. 343-363, ici p. 352-357.

    40A. Guillotin de Corson, Pouillé historique…, op. cit., vol. 5, p. 533.

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    Bachelier, J. (2021). Terre d’Église puis seigneurie laïque en Bretagne : l’exemple de Rannée/La Guerche (XIe-XIIIe siècles). In T. Martine, J. Nowak, & J. Schneider (éds.), Espaces ecclésiastiques et seigneuries laïques. Paris: Éditions de la Sorbonne. https://doi.org/10.4000/12r8o
    Bachelier, Julien. « Terre d’Église puis seigneurie laïque en Bretagne : l’exemple de Rannée/La Guerche (XIe-XIIIe siècles) ». In Espaces ecclésiastiques et seigneuries laïques, édité par Tristan Martine, Jessika Nowak, et Jens Schneider. Paris: Éditions de la Sorbonne, 2021. doi:10.4000/12r8o.
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