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  • Chapitre 16. Une élite versatile
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    Plan détaillé Texte intégral De la collusion avec les rebelles Indépendance, autonomie, régionalisme, fédéralisme : un menu à la carte Des arrangements au quotidien : les Obolo entre l’océan et le delta La balkanisation du delta Notes de bas de page

    Nigeria : la fabrique de la malédiction du pétrole dans le delta du Niger

    Ce livre est recensé par

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    Table des matières

    Chapitre 16. Une élite versatile

    Des revendications incohérentes et dispersées

    p. 283-296

    Texte intégral De la collusion avec les rebelles Indépendance, autonomie, régionalisme, fédéralisme : un menu à la carte Des arrangements au quotidien : les Obolo entre l’océan et le delta La balkanisation du delta Notes de bas de page

    Texte intégral

    1On m’a assigné un agent de la police mobile, un Mopol, pour m’escorter à travers le delta. Celui-ci n’est pas originaire de la région et se révèle incapable de guider le chauffeur. Sur la route, il sert surtout à franchir sans encombre les barrages de police en évitant de devoir négocier le montant du bakchich que réclament régulièrement des racketteurs en uniforme. Pour le reste, il se révèle non seulement inutile, mais aussi menaçant, car sa kalachnikov inquiète les passants et attire l’attention sur moi. Je décide de m’en débarrasser et de le laisser dans une caserne aux abords de Warri. Nous reviendrons le chercher plus tard sur le chemin de retour vers Port Harcourt.

    2En attendant, j’ai rendez-vous avec des militants de l’INC (Ijaw National Council). Je les retrouve au pied d’un immeuble délabré dont on ne sait trop s’il est en cours de construction, de réfection ou d’abandon, comme c’est souvent le cas au Nigeria. Mes interlocuteurs sont véhéments et gesticulent en tous sens quand nous commençons à discuter des conflits entre les Ijaw et les Itsekiri de Warri. J’ai l’impression qu’ils sont sous l’emprise de stupéfiants. Au bout d’un moment, je finis par comprendre que l’un d’eux est le commissaire de police de la ville. Je m’en étonne devant eux. N’est-il pas contradictoire de trouver un représentant de l’ordre parmi les militants d’une organisation qui conteste ouvertement l’autorité de l’État fédéral et qui est souvent suspectée de masquer des menées séparatistes ?

    3Je suis apparemment le seul à être surpris. Et pour cause : dans toute leur complexité, les conflits du delta montrent bien que l’État nigérian, les compagnies pétrolières et la société dite « civile » ne constituent pas des blocs monolithiques et que leurs relations ne sont nullement figées, évoluant en permanence en fonction des intérêts du moment. Les édiles en place dans la région cultivent eux-mêmes l’ambiguïté par conviction, pour séduire l’électorat, ou bien encore parce qu’il leur faut donner des gages aux rebelles s’ils veulent négocier un minimum de stabilité. Non sans paradoxes, par exemple, ils répondront ainsi à une demande du MEND (Movement for the Emancipation of the Niger Delta) et de Tom Polo en construisant à Okerenkoko, près de Gbaramatu, une université fédérale de la marine nationale qui, inaugurée en 2018, comptera parmi les rares projets menés à bien dans l’État du Delta.

    De la collusion avec les rebelles

    4Autoproclamé « gouverneur général des Ijaw », Diepreye Alamieyeseigha montre bien l’étendue de la collusion avec les rebelles. À la tête de l’État du Bayelsa de 1999 à 2005, il a promu une idéologie ethno-nationaliste en soutenant ouvertement l’IYC (Ijaw Youth Council), dont son cousin Oyeinfie Jonjon a pris la présidence en 2004. Les successeurs de Diepreye Alamieyeseigha ont continué sur sa lancée et ont financé la construction à Yenagoa du siège de l’IYC, Izonwari House. Au pouvoir de 2012 à 2020, Henry Seriake Dickson a par exemple inauguré une académie nationale ijaw à Kaiama, village natal d’Isaac Boro et lieu emblématique de la déclaration constitutive de l’IYC en 1998. Ce fut d’ailleurs un des rares projets de l’État à avoir abouti1. En 2012 lors des cérémonies de commémoration de l’indépendance du Nigeria, encore, Henry Seriake Dickson entreprenait de consolider le projet ethno-nationaliste de la région en dotant le Bayelsa d’un hymne officiel et d’un drapeau orné de trois bandes bleue, rouge et verte, les couleurs de l’INC, chacune avec une étoile blanche. Un tel emblème était censé symboliser l’agilité et le dynamisme des Ijaw, représentés par un léopard, un crocodile, un requin, un palmier, un soleil, une pirogue, un couple de pêcheurs et… une torchère de gaz en arrière-plan.

    5Les militants eux-mêmes ont entretenu des relations de connivence et de complicité avec les autorités. Certains ont d’ailleurs franchi le pas en acceptant des positions officielles ou en se présentant à des élections. La reconversion des anciens présidents de l’IYC est tout à fait significative à ce sujet. Felix Tuodolo, par exemple, est devenu ministre des Affaires ijaw de l’État du Bayelsa. De leur côté, Udenz Eradiri et Elvis Donkemezuo ont candidaté à l’Assemblée nationale en se présentant en 2018 aux primaires, respectivement, du People’s Democratic Party (PDP) et d’un petit parti d’opposition. Dans l’État voisin du Delta, le plus jeune président de l’IYC, Chris Ekiyor, a quant à lui dû démissionner de son poste quand il a voulu concourir aux élections de 2011 pour le compte du PDP.

    6À y regarder de plus près, il s’avère ainsi que la carrière d’un bon nombre de militants du delta a oscillé entre le pouvoir et l’opposition extra-parlementaire, confirmant la porosité des frontières entre l’appareil étatique et la société dite « civile ». Le leader de la NDPVF, Asari Dokubo, a par exemple commencé par travailler pour le compte du PDP et du gouverneur du Rivers, Peter Odili, avant de basculer dans la lutte armée… puis d’être récupéré par l’establishment, qui l’a nommé dans une commission chargée d’organiser le pèlerinage à La Mecque au niveau fédéral. Ce trait n’a en l’occurrence rien de spécifique aux zones pétrolifères. En pays yorouba, le leader des milices de l’OPC (Oodua People’s Congress), Ganiyu Adams, a également frayé avec l’opposition démocratique à la dictature de Sani Abacha avant de mettre Lagos à feu et à sang… puis de s’assagir quand les notables de la région lui ont conféré un titre de chef traditionnel. Le fondateur du MASSOB (Movement for the Actualisation of the Sovereign State of Biafra), Ralph Uwazuruike, a quant à lui adhéré au PDP et soutenu la candidature du président Olusegun Obasanjo en 1999 avant de s’en aller défendre la cause des séparatistes ibo.

    Fig. 51. Emblème de l’État du Bayelsa (2005)

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    7Le cas du leader du MOSOP (Movement for the Survival of the Ogoni People), l’écrivain ogoni Ken Saro-Wiwa, est assez emblématique en la matière. Jeune diplômé de l’université d’Ibadan en 1965, celui-ci a en effet démarré sa carrière en postulant à un emploi dans les bureaux de Shell. Recalé, il a bénéficié d’une bourse de la compagnie afin de poursuivre ses études en Grande-Bretagne. Peu avant la fin de la guerre du Biafra, il obtenait alors un portefeuille ministériel dans le gouvernement militaire de l’État de Rivers, poste qu’il devait conserver de 1969 jusqu’en 1973. Revenu à la vie « civile », Ken Saro-Wiwa a ensuite vécu de divers contrats gouvernementaux au cours des années 1970 et 1980. En 1989, il acceptait de devenir directeur de l’organe de propagande de la junte d’Ibrahim Babangida, le MAMSER (Mass Mobilization for Self Reliance, Social Justice, and Economic Recover). Selon son propre fils, le général Sani Abacha lui aurait même proposé le poste de ministre fédéral des Ressources pétrolières fin 19932. Cette fois, cependant, Ken Saro-Wiwa déclina l’offre, avant d’être pendu par les militaires deux ans plus tard.

    8La triste fin de l’écrivain ogoni a été assez exceptionnelle à cet égard. La plupart du temps, les militants qui avaient pris les armes dans les criques du delta ont réussi à se recaser dans les affaires après l’amnistie de 2009. À moins de tomber sous les balles de l’armée ou de gangs rivaux, beaucoup ont également gardé un pied dans plusieurs camps à la fois, ce qui leur a permis de menacer de reprendre les hostilités pour renégocier en permanence des avantages auprès des représentants de l’État. La versatilité de la classe dirigeante s’est elle-même prêtée à ce jeu incessant de remaniements d’alliances. En effet, les gouverneurs des États côtiers ont souvent retourné leur veste pour rejoindre les mouvances présidentielles du moment, à l’exemple de Rotimi Amaechi dans le Rivers, de Timipre Sylva dans le Bayelsa ou de Godswill Akpabio dans l’Akwa Ibom quand ils ont quitté le PDP et adhéré à l’ACN (Action Congress of Nigeria) puis l’APC (All Progressives Congress).

    9Partant, un tel carriérisme a aussi entretenu l’idée que la classe politique faisait passer ses intérêts personnels avant ceux de la collectivité. Alors que les experts de l’UNEP publiaient leurs recommandations au moment des élections générales de 2011, le président Goodluck Jonathan a par exemple été soupçonné d’ajourner les opérations de nettoyage du pays ogoni pour se venger de Ken Saro-Wiwa, qui avait refusé de lui accorder une bourse d’études quand l’écrivain était ministre de l’Éducation du Rivers de 1970 à 1973. Une fois entré dans le gouvernement de Muhammadu Buhari en 2015, Rotimi Amaechi aurait quant à lui abusé de sa position de ministre des Transports pour régler des comptes avec son rival et successeur dans le Rivers, Nyesom Wike, en bloquant les subsides d’Abuja destinés à réhabiliter l’aéroport international de Port Harcourt.

    10Les habitants de la zone, eux, sont pris entre deux feux. Encadrés par des chefs de pacotille et des politiciens véreux, ils se méfient tout à la fois de la classe dirigeante et de ses alter ego dans les mouvements rebelles. Il est donc difficile de savoir ce que pense réellement la majorité silencieuse. Bien souvent, les taux de participation électorale sont faibles et inférieurs à la moyenne nationale, sans doute parce que la population craint également les intimidations et les violences politiques, notamment dans le Rivers lors des scrutins présidentiels de 2019 et 20233. Dans le même temps, des sondages réalisés dans des collectivités rurales semblent montrer qu’on vote plus en dehors des villes, peut-être parce que les villageois obéissent davantage aux consignes des leaders communautaires. À en croire certaines enquêtes, par exemple, plus de 80 % des habitants d’Onelga4 dans le Rivers et d’Eastern Obolo dans l’Akwa Ibom participaient régulièrement à des scrutins au niveau fédéral ou régional5. D’une manière générale, les États du delta n’enregistrent d’ailleurs pas les plus forts taux d’abstention électorale du Nigeria6.

    Fig. 52. Un supporter du PDP dans l’État de l’Akwa Ibom (2009)

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    11Par contraste, les organisations de la société dite « civile » paraissent peu représentatives. Certaines ne sont jamais que des paravents qui visent essentiellement à promouvoir des intérêts personnels. Cousin du président Goodluck Jonathan, Robert Azibaola en offre une belle illustration. À la tête d’une ONG de défense des droits de l’homme et de l’environnement, ND-HERO (Niger-Delta Human and Environmental Rescue Organization), il a en effet su utiliser sa position de militant pour négocier des contrats financés par Agip en vue d’apaiser les tensions avec les communautés hôtes, notamment à partir de 20057. Doté d’une compagnie de construction, il a également mis à profit ses relations avec le président Goodluck Jonathan pour essayer de remporter le marché de la construction de l’aéroport « international » du Bayelsa en 2012. Son affairisme est d’ailleurs allé si loin qu’en 2019, il a fini par être poursuivi en justice par l’EFCC (Economic and Financial Crimes Commission), accusé de fraude et de blanchiment d’argent8. La trajectoire de Robert Azibaola n’avait cependant rien de très étonnant dans un pays où, régulièrement, des soupçons de corruption pèsent aussi sur les ONG environnementales qui cherchent à échapper à des audits financiers.

    12Il convient à cet égard de ne pas idéaliser les initiatives des associations de la société dite « civile ». Ainsi, onze des quinze organisations étudiées par Okechukwu Ibeanu dans le delta comprenaient moins de vingt adhérents et seulement deux, le MOSOP et l’IYC, en comptaient plus de cent cinquante9. Le trait est d’autant plus marqué qu’aujourd’hui, les ONG et les mouvements de défense des droits « civiques » dépendent beaucoup de soutiens extérieurs ou des subsides de la puissance publique, à la différence des associations d’originaires qui, autrefois, vivaient des cotisations de leurs membres. Lorsqu’il a démarré en septembre 1990, par exemple, le MOSOP était essentiellement un lobby ethno-politique. Il représentait les intérêts d’une petite élite qui s’exprimait en anglais et dont le discours était à peu près incompréhensible pour la majorité des Ogoni10. À l’instar de l’INC, l’organisation a certes voulu se présenter comme un mouvement de masse, considérant que tout adulte ogoni en était automatiquement membre de par le droit du sang. Mais c’est seulement à partir de janvier 1993 que le MOSOP a commencé à inclure des comités de jeunes et de femmes dans son organigramme, effort qui tenait d’ailleurs à l’activisme de Ken Saro-Wiwa face au conservatisme des notables, en particulier Garrick Leton et Edward Kobani, qui furent finalement poussés à la démission.

    13Les mouvements de lutte armée qui s’ensuivirent en pays ijaw n’ont pas non plus été représentatifs des peuples du delta. Successivement apparus en 1997, 2003 et 2005, la FNDIC (Federated Niger Delta Ijaw Communities), la NDPVF (Niger Delta Volunteer People’s Force) et le MEND se sont beaucoup concurrencés les uns les autres. Bien que très actifs sur la scène médiatique et insurrectionnelle, ils ont compté relativement peu de membres et sont restés profondément divisés. Leurs hiérarchies étaient fluides et leurs chaînes de commandement, fragiles. Leurs leaders, eux, ont fréquemment été reniés par leur base, à l’exemple du fondateur de la FNDIC, Bello Oboko, qui fut remplacé en 2007 par Dennis Otuaro parce qu’il avait refusé en 2006 de boycotter des négociations de paix et accepté de participer à Abuja à un vague conseil économique et social pour le développement des États côtiers du delta.

    Indépendance, autonomie, régionalisme, fédéralisme : un menu à la carte

    14Ainsi, il n’est pas évident du tout que les peuples du delta soient réellement favorables à l’indépendance. Selon des enquêtes réalisées dans le Bayelsa, le Delta et l’Akwa Ibom en 2000, seulement 30 % des habitants de la région réclamaient des formes plus poussées d’autodétermination. Mais la très grande majorité, 71 %, souhaitait surtout trouver des arrangements avec le gouvernement fédéral en vue de négocier une part plus grande de la rente pétrolière11. Les élites locales, en particulier, ont excipé d’arguments culturels et économiques tout à la fois pour revendiquer un « vrai fédéralisme » qui se serait traduit par un relèvement du pourcentage de dérivation en faveur des États producteurs. À les en croire, une décentralisation du pouvoir correspondait mieux aux caractéristiques de sociétés acéphales où les fonctions exécutives étaient souvent assumées à tour de rôle par les principaux lignages d’un clan en suivant un principe de rotation qui n’était pas sans rappeler la règle de zoning aujourd’hui.

    15Dans la plupart des cas, les activistes de la région ont ainsi préféré demander la création d’États et de collectivités locales qui devaient permettre non seulement de satisfaire les aspirations identitaires des autochtones, mais aussi d’obliger Abuja à verser davantage d’argent aux populations du delta, la démultiplication d’entités administratives se traduisant mathématiquement par l’octroi de budgets supplémentaires. D’Asari Dokubo à John Togo, les rebelles en armes ont également repris ces demandes à leur compte. Désireux de ne pas reproduire les erreurs d’Isaac Boro en 1966, ils se sont bien gardés de proclamer l’indépendance. Au début des années 2000, par exemple, la NDVF (Niger Delta Volunteer Force) demandait trois nouveaux États et cent vingt collectivités locales pour les Ijaw12.

    16Les revendications de ce type, en l’occurrence, étaient assez anciennes. D’abord apparues dans les années 1950 au cours des négociations constitutionnelles qui devaient aboutir à l’indépendance du Nigeria en 1960, elles n’ont sûrement pas attendu la fin de la dictature militaire pour s’exprimer. Depuis l’éphémère proclamation d’une république du Delta en 1966, par exemple, les Ijaw n’ont cessé de réclamer la création d’un État d’abord appelé Abayelsa, futur Bayelsa. Ils ont notamment renouvelé leurs demandes lors des réformes administratives entreprises par la junte d’Ibrahim Babangida à la fin des années 1980, puis lors de la conférence constitutionnelle organisée par la dictature de Sani Abacha en 1995. Dès sa fondation en 1991, l’INC a ainsi mis à profit ses contacts dans l’armée, la fonction publique et les institutions traditionnelles pour obtenir des collectivités locales et, finalement, la création de l’État du Bayelsa en 1996.

    17Après 1999, le retour à un régime parlementaire a alors rendu ces revendications plus visibles. En 2002 lors d’auditions devant la commission des droits de l’homme présidée par le juge Chukwudifu Oputa, l’INC revenait par exemple à la charge en réclamant toujours davantage de collectivités locales et d’États. Relayée par l’écrivain John Pepper Clark et officiellement portée par deux notables ijaw, Harold Dappa Biriye et Edwin Clark, sa pétition demandait en l’occurrence la création de nouvelles entités administratives à l’ouest et à l’est du delta. Baptisée Itoru-Ibe, Toro-Ebe ou Toru-Ebe, la première aurait été centrée sur Bomadi, en plein cœur de l’actuel État du Delta, et aurait inclus les « tribus perdues » des Ijaw dans l’Ondo et l’Edo13. Avec Port Harcourt pour capitale, l’autre aurait pris le nom d’Oil Rivers et englobé les Ijaw du Rivers et de l’Akwa Ibom. De son côté, le gouverneur du Bayelsa, Diepreye Alamieyeseigha, ne se gênait pas pour créer des collectivités locales qui n’avaient aucune existence légale et qui ne furent jamais reconnues par Abuja14.

    18Depuis lors, les demandes de ce type ont perduré. Profitant de l’élection d’un président ijaw en la personne de Goodluck Jonathan en 2011, des pétitions issues de la zone géopolitique du Sud-Sud ont ainsi réclamé à l’Assemblée nationale à Abuja la création d’États supplémentaires, à savoir Ogoja dans le Cross River, Ahoada, Bori, Minji-Se et Oil Rivers dans le Rivers, ou bien Ado, Anioma, Ethiope, New Delta, Toru-Ebe, Urhobo, Warri et Orimile dans le Delta15. De façon significative, les entités proposées recoupaient pour partie les projets portés devant la Conférence constitutionnelle de 1995, un an avant le dernier grand redécoupage administratif du Nigeria, qui vit la création de six nouveaux États en 1996. On y retrouvait par exemple les demandes en faveur des États de Toru-Ebe à Bomadi, d’Orashi à Ahoada, d’Ogoni à Bori et de New Rivers à Okrika.

    Fig. 53. La plage d’Edowin à Eastern Obolo dans l’État de l’Akwa Ibom (2009)

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    Des arrangements au quotidien : les Obolo entre l’océan et le delta

    19Au quotidien, force est cependant de constater qu’au-delà de la classe dirigeante, les habitants du delta se mobilisent peu pour réclamer de nouvelles entités étatiques. Moins grandiloquents, leurs petits arrangements avec les pouvoirs publics passent plutôt par de subtiles modifications de frontières administratives ou par de simples changements de noms de communes. Les Obolo-Andoni du Rivers et de l’Akwa Ibom, par exemple, font peu parler d’eux car ils n’ont pas pris les armes pour demander leur propre État. De plus, ils vivent en brousse, à l’écart des turbulences de Port Harcourt ou des zones pétrolifères du Bayelsa. Peu audibles dans les médias, leurs récriminations ont surtout porté sur la négligence des pouvoirs publics et les effets pervers de leur division administrative de part et d’autre de l’embouchure de la rivière Imo, à la frontière entre les deux États. Pour affirmer leur unité culturelle et linguistique, des habitants d’Eastern Obolo, dans l’Akwa Ibom, ont ainsi demandé que la collectivité locale d’Andoni, qui se situe dans le Rivers, soit renommée Western Obolo.

    20Historiquement, les Obolo-Andoni ont d’abord été rattachés à la province de Calabar jusqu’à la création de l’État de Rivers au début de la guerre du Biafra en 1967. Ils ont ensuite été séparés par la grande réforme des collectivités locales qui, en 1976, a révisé les frontières administratives du Nigeria sur la base des recommandations d’une commission dirigée par le juge Mamman Nasir. Les Obolo-Andoni ont alors été gérés depuis deux chefs-lieux différents : Port Harcourt pour les villageois de la rive droite de la rivière Imo, à l’ouest ; Calabar puis Uyo pour les habitants de la rive gauche, à l’est, qui ont automatiquement été placés sous l’autorité de l’Akwa Ibom lorsque la partie occidentale du Cross River est devenue un État fédéré en 1987.

    21Les remaniements de frontières administratives ne sont certes pas seuls responsables de la division de cette communauté ethnolinguistique. Dans le cadre d’une pétition signée en 1975, des leaders obolo de l’Est avaient en effet demandé à être rattachés à l’État du Cross River. La situation leur y paraissait plus calme que dans la région de Port Harcourt. De plus, ils entretenaient traditionnellement des relations commerciales étroites avec les Efik de Calabar. Enfin, ils se sentaient culturellement plus proches des Ibibio de l’arrière-pays que des Ogoni ou des Ibani du Rivers, avec qui ils répugnaient à se marier. Mais leur position allait à l’encontre des affinités lignagères entretenues avec les « cousins » andoni d’Opobo sur l’autre berge de la rivière Imo. Il n’est d’ailleurs pas évident qu’elle ait reflété l’opinion générale des Obolo de l’Est, dont les divers clans affichaient des inclinations différentes, les Okoroinyong en faveur d’un rattachement à l’État de Rivers, les Iko et les Emereoke en faveur des Ibibio d’Ikpa Ibom et d’Ukpum Ete dans l’Akwa Ibom.

    22Aujourd’hui, les Obolo de l’Est hésitent encore. L’État de Rivers est le plus riche de la région et les retombées de sa manne pétrolière semblent avoir davantage profité aux Obolo de l’Ouest. En effet, les Andoni constituent une minorité parmi beaucoup d’autres. Aussi sont-ils sans doute mieux représentés au sein du gouvernement régional à Port Harcourt. Leurs alter ego de l’Akwa Ibom habitent en revanche un État plus homogène, dominé par les Ibibio d’Uyo aux côtés des Oron, des Annang et des Ibeno. Ainsi, ils disent avoir moins bénéficié des ressources politiques de la région. Pour preuve, la collectivité locale d’Eastern Obolo, obtenue en 1996, a perdu dès 1999 le statut de circonscription électorale dont elle jouissait pendant les Deuxième et Troisième Républiques en 1979 et 1992. Depuis lors, ses habitants votent avec leurs voisins d’Ikot Abasi et Mkpat Enin. Pour affirmer leurs droits, certains demandent en conséquence un doublement des dix cantons (wards) d’Eastern Obolo et la constitution d’une circonscription électorale avec la collectivité locale d’Ikot Abasi, au nord, plutôt qu’Ibeno, à l’est.

    23Autre souci, les autorités de l’Akwa Ibom n’ont officiellement reconnu que deux de leurs clans, contre quatre à Andoni dans le Rivers. La différence est importante, car elle conditionne en partie l’accès à des financements publics, sachant que 5 % du budget des collectivités locales sont censés revenir à l’entretien des chefs traditionnels. Selon les Obolo de l’Akwa Ibom, une telle « discrimination » ne tiendrait pas seulement au fait que les Andoni du Rivers seraient plus nombreux et moins divisés. Elle refléterait également la capacité des Andoni à faire remonter leurs revendications jusqu’au gouverneur à Port Harcourt, d’une part, et à la réticence des autorités provinciales d’Uyo à formaliser les droits coutumiers d’une minorité qui n’est pas ibibio, d’autre part. À en croire certains, la situation défavorable des Obolo de l’Est traduirait par ailleurs le conservatisme de leur « chef suprême », le paramount ruler, qui n’a pas intérêt à multiplier le nombre de clans s’il veut continuer de capter les prébendes de l’État au profit de son seul lignage.

    24En réalité, il est difficile de savoir si les Obolo de l’Ouest ont vraiment été avantagés par le gouvernement du Rivers. Selon les résultats du recensement de 2006, les Andoni sont trois fois plus nombreux que leurs « cousins » de l’Akwa Ibom, à raison de 211 099 et 65 543 habitants respectivement. Il est donc logique qu’ils aient davantage de clans bénéficiant des subsides de l’État. De plus, il n’est pas évident qu’ils soient mieux traités. À la différence de l’Akwa Ibom, le Rivers n’accorde pas le titre de paramount ruler à ses chefs de première classe. Pendant longtemps, les Andoni ont même dû se contenter d’un régent qui avait le statut d’un chef de seconde classe. Il a fallu attendre 2016 pour qu’ils obtiennent deux chefs de première classe à Ikuru et Ngo, Aaron Miller Ikuru « Ikwut VII » et Job Williams Okuruket « Nnabiget XIV ». À l’inverse, la création de la collectivité locale d’Eastern Obolo en 1996 a permis de promouvoir Owen Sylvanus Ukafia au rang de paramount ruler, officiellement couronné « Ede VI » en 1997.

    25Ignoré des chercheurs, qui ont généralement focalisé leur attention sur les Ogoni ou les Ijaw, le cas des Obolo-Andoni montre ainsi que les demandes de modification du système d’administration territoriale ont pu s’exprimer de façon relativement apaisée et ne se sont pas limitées à des revendications en faveur de la création de collectivités locales ou de nouveaux États. Partant, une telle trajectoire n’en a que mieux mis en évidence les contradictions et les incohérences des activistes qui militaient pour un surcroît d’autonomie au niveau régional. En effet, les initiatives en faveur de nouveaux États se sont développées de manière très dispersée et ont parfois chevauché le territoire de projets concurrents. Bien souvent, qui plus est, elles ont été torpillées de l’intérieur, révélant l’ampleur des divisions qui travaillaient les groupes concernés.

    La balkanisation du delta

    26À partir de 1990, par exemple, le projet d’un État Ogoni a d’abord été contrecarré par le clan des Eleme, qui voulait sa propre entité administrative, appelée Nchia, puis par les minorités ibophones de la collectivité locale d’Oyigbo, qui faisaient partie de l’État de l’Imo jusqu’en 1976 et qui ont officiellement demandé à être rattachées à l’État d’Abia en 2005. Objet de toutes les convoitises, la capitale du Rivers, Port Harcourt, a également suscité des projets concurrents entre les Ikwerre des banlieues nord et les Ijaw au sud, en direction de l’océan. Les uns et les autres ont revendiqué leur propre entité avec le même chef-lieu administratif. Des Ijaw ont ainsi réclamé la constitution d’un État d’Abaji qui, outre la ville de Port Harcourt, aurait compris les communautés obolo, bolo, ogu, okrika, ogoloma, isaka, bonny, kalaibiama, iniasiri, opobo, nkoro, agbo, amaiba, amajaaba, oka, okoromita, okosun, okuba, okwaan-aja, okwaan-okuka, oru et ujama. Un peu plus à l’ouest, les Ijaw de Degema ont quant à eux milité en faveur d’un État de Kengema qui aurait englobé les sous-régions d’Abisse, Aguda Toru, Akilama Toru, Akuku Toru, Asari Toru, Kalabari Toru, Ke, Kula, Obu-Kula, Obilo, Ololo Toru, Owuanga Toru, Old-Kalabari Toru, Sombreiro, Sankrama et Tobu.

    27Les péripéties qui ont finalement débouché sur la création des États du Delta en 1990 puis du Bayelsa en 1996 sont tout aussi significatives à cet égard. À la fin des années 1980, les tentatives de formation d’un État nommé Abayelsa ont d’abord échoué à cause de l’opposition des Ahoada, des Ogbia, des Egbema, des Ndoni et des Ekpeye de l’arrière-pays, qui craignaient la domination des Ijaw de la côte16. Au sud, des Ogbia et des Nembe étaient pour leur part favorables à un projet d’État appelé Oloibiri, en référence au premier gisement de pétrole exploité au Nigeria. Prélevé sur la région du Bendel en 1990, l’État du Delta a également connu bien des vicissitudes. En 1999, après la fin de la dictature militaire, notamment, il a été confronté aux demandes d’États des Urhobo au centre et des Ibo d’Asaba au nord, qui voulaient se regrouper au sein d’entités appelées Anioma ou Orimile en débordant sur les régions de l’Anambra et de l’Imo17. Plus à l’ouest en direction des actuels États d’Edo et d’Ondo, des Ijaw ont quant à eux réclamé la création d’un État de Beni-Ebe qui, centré sur la localité d’Arogbo, aurait réuni les communautés ukparamo, adogba, adoloseimoh, ajakpata, apoi, awodikuro, egbema, furupagha, gbekebo, ofunama-opuama, okomu et olodiama.

    Fig. 54. Pirogues dans la lagune (2000)

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    28À travers tout le delta, on a ainsi vu proliférer des demandes concurrentes à une échelle de plus en plus petite. Largement motivées par le souci de mettre la main sur la rente pétrolière, celles-ci ont généralement résulté de mariages de convenance entre des groupes eux-mêmes très fragmentés. En témoignent à leur manière les noms assez factices d’entités destinées à satisfaire de fragiles équilibres ethniques, à l’instar du Bayelsa, un État formé à partir de l’acronyme des trois collectivités locales de Brass, Yenagoa et Sagbama, ou encore d’Onelga, un LGA du Rivers qui regroupe les communautés d’Ogba, Ndoni et Egbema. Autre paradoxe, les revendications en faveur d’un redécoupage toujours plus fin de l’administration territoriale sont allées à l’encontre du discours des militants qui se plaignaient des manœuvres de division du gouvernement fédéral et des compagnies pétrolières.

    29Les incohérences n’en ont été que plus évidentes à tous les niveaux de la lutte. En effet, les sociétés acéphales du delta n’ont pas eu besoin d’intervenants extérieurs pour se fragmenter par elles-mêmes, tandis que certains villageois contribuaient activement à polluer leur propre territoire. Pour autant, ces contradictions ont parfaitement été assumées par les élites locales, par exemple dans le cadre du comité mis en place par Abuja en 2008 afin de trouver des solutions « techniques » aux problèmes du delta. Sous la houlette du président du MOSOP, celui-ci recommandait en l’occurrence de multiplier les collectivités locales pour éviter de « balkaniser et marginaliser » encore davantage les régions les moins développées de la zone18.

    30Un des membres dudit comité technique, le professeur Omafume Onoge, allait encore plus loin. Dans une de ses dernières interviews, accordée peu avant l’amnistie de 2009, il soulignait la nécessité de rester uni et d’aborder les problèmes à un niveau régional pour résoudre la crise. Partant, il dénonçait les manœuvres de division du pouvoir central. Il reprochait notamment au gouvernement fédéral de « penser uniquement en termes de création d’États » en jouant sur les « différences culturelles et linguistiques » entre les diverses communautés du delta19. Dans le même temps, il demandait des États et des collectivités locales supplémentaires pour rapprocher l’administration de la population et permettre de mener à bien des actions de développement. À titre d’exemple, il réclamait la création d’un État pour son propre groupe, les Urhobo, afin que sa communauté ne soit plus accusée de chercher à dominer les autres au niveau de l’État du Delta…

    Notes de bas de page

    1  Social Action, Abandoned Projects: Citizens’ Report on Budget of Selected States of Nigeria, 2017, Port Harcourt, MacArthur Foundation, 2018, p. 29.

    2  Adewale Maja-Pearce, Remembering Ken Saro-Wiwa and Other Essays, Lagos, The New Gong, 2005, p. 22.

    3  Record national, le taux de participation est même tombé à 15,6 % pour les présidentielles et 14 % pour les régionales en 2023, en grande partie aussi pour des raisons techniques, parce que des pannes informatiques ont empêché les électeurs de voter. Voir Yusuf Akinpelu, « Nigeria spending more on Elections, but Voter turnout keeps reducing », Premium Times, 8 novembre 2020, https://www.premiumtimesng.com/investigationspecial-reports/425122-special-report-nigeria-spending-more-on-elections-but-voter-turnout-keeps-reducing.html ;https://www.stakeholderdemocracy.org/2023-elections-what-have-we-learned-from-rivers-state-and-what-needs-to-be-done-to-protect-the-polls-in-the-future%EF%BF%BC/ (consulté le 7 septembre 2023).

    4  Contraction de Ogba-Ndoni-Egbema Local Government Area.

    5  Cécile Renouard et al., L’impact de l’activité pétrolière sur le développement local au Nigeria: enquêtes dans les zones d’Onelga (Rivers State) et d’Eastern Obolo (Akwa Ibom State), Paris, 2008, p. 30. Document en possession de l’auteur.

    6  Olalekan John Taiwo, Fethi Ahmed, « Geographical Analysis of Voter Apathy in Presidential Elections Between 1999 and 2011 in Nigeria », African Geographical Review, 34/3, 2015, p. 250-268.

    7  Omolade Adunbi, Oil Wealth and Insurgency in Nigeria, Bloomington, Indiana University Press, 2015.

    8  Matthew Ogune, « Alleged $40m Fraud: Jonathan’s Cousin, Azibaola, knows fate May 27 », The Guardian, 30 mars 2019.

    9  Okechukwu Ibeanu, Civil Society and Conflict Management in the Niger Delta: Scoping Gaps for Policy and Advocacy, Lagos, Cleen Foundation, Monograph Series no 2, 2006, p. 47.

    10  Ike Okonta, When Citizens Revolt: Nigerian Elites, Big Oil and the Ogoni Struggle for Self-determination, Trenton, Africa World Press, 2008, p. 193-205.

    11  En l’absence de tout référendum à ce sujet, il convient certes de relativiser la portée d’enquêtes qui n’ont pas valeur de sondages, qui ne reposent sur aucun échantillonnage et qui n’ont porté que sur 284 individus. Voir Charles Ukeje et al., Oil and Violent Conflicts in the Niger Delta, Ile-Ife, Obafemi Awolowo University Press, 2002, p. 32.

    12  Kalu Kalu, State Power, Autarchy, and Political Conquest in Nigerian Federalism, Lanham, Lexington, 2008, p. 178.

    13  Outre Bomadi, Toru-Ebe devait théoriquement comprendre les collectivités territoriales de Burutu, Ogulagha, Warri North, Warri South, Ayakoromo, Kiagbodo, Ezebiri, Seimbiri, Tuomo, Ndoro, Torugbene, Patani et Kumbokiri. Voir Ebiegberie Joe Alagoa, Tekena Tamuno, John Pepper Clark (dir.), The Izon of the Niger Delta, op. cit., p. 732 ; Matthew Kukah, Witness to Justice: An Insider’s Account of Nigeria’s Truth Commission, Ibadan, BookCraft, 2011, p. 371.

    14  Sous sa mandature, l’État s’est ainsi doté de trente-trois « comités de développement » qui se sont superposés aux huit LGA (Local Government Areas) listés dans la Constitution de 1999 : Brass, Ekeremor-Operemo, Ogbia, Sagbama, Kolokuma, Opokuma, Nembe, Nembe West, Oporoma, Yenagoa, Akassa, Kaiko-Ibeawo, Aleibiri, Alabini, Oporomor West, Opuokede, Kolo Creek, Anyama, Odi, Tarakiri, Toru-Abobou, Mein-Oyiakiri, Mini-Ikensi, Okoroma-Tereke, Apoi-Olodiama, Bomo East, Bomo West, Bassan-Koluama, Ogboin North, Ogboin South, Gbaraun-Ekpetiama, Okordia-Buseni et Zarama.

    15  Wakili, Isiaka, « Niger Delta Demands 14 More States », Daily Trust, 14 mai 2012.

    16  K. A. B. Okoko, A. Lazarus, « The Creation of Bayelsa State », dans E. J. Alagoa (dir.), The Land and People of Bayelsa State, Port Harcourt, Onyoma Research Publications, 1999, p. 251-257.

    17  Andrew Godwin Onokerhoraye, « Urhobo Unity in Contemporary Times », dans Onigu Otite (dir.), The Urhobo People, Ibadan, Gold Press, 2011, p. 567.

    18  Ledum Mitee et al., Report of the Technical Committee on the Niger Delta, November 2008, Port Harcourt, s.n., 2008, p. 129.

    19  Omafume Amurun, « Why Other Regions do not Want a United Niger Delta », Niger Delta Standard, 31 janvier 2009, p. 32-33.

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    1  Social Action, Abandoned Projects: Citizens’ Report on Budget of Selected States of Nigeria, 2017, Port Harcourt, MacArthur Foundation, 2018, p. 29.

    2  Adewale Maja-Pearce, Remembering Ken Saro-Wiwa and Other Essays, Lagos, The New Gong, 2005, p. 22.

    3  Record national, le taux de participation est même tombé à 15,6 % pour les présidentielles et 14 % pour les régionales en 2023, en grande partie aussi pour des raisons techniques, parce que des pannes informatiques ont empêché les électeurs de voter. Voir Yusuf Akinpelu, « Nigeria spending more on Elections, but Voter turnout keeps reducing », Premium Times, 8 novembre 2020, https://www.premiumtimesng.com/investigationspecial-reports/425122-special-report-nigeria-spending-more-on-elections-but-voter-turnout-keeps-reducing.html ;https://www.stakeholderdemocracy.org/2023-elections-what-have-we-learned-from-rivers-state-and-what-needs-to-be-done-to-protect-the-polls-in-the-future%EF%BF%BC/ (consulté le 7 septembre 2023).

    4  Contraction de Ogba-Ndoni-Egbema Local Government Area.

    5  Cécile Renouard et al., L’impact de l’activité pétrolière sur le développement local au Nigeria: enquêtes dans les zones d’Onelga (Rivers State) et d’Eastern Obolo (Akwa Ibom State), Paris, 2008, p. 30. Document en possession de l’auteur.

    6  Olalekan John Taiwo, Fethi Ahmed, « Geographical Analysis of Voter Apathy in Presidential Elections Between 1999 and 2011 in Nigeria », African Geographical Review, 34/3, 2015, p. 250-268.

    7  Omolade Adunbi, Oil Wealth and Insurgency in Nigeria, Bloomington, Indiana University Press, 2015.

    8  Matthew Ogune, « Alleged $40m Fraud: Jonathan’s Cousin, Azibaola, knows fate May 27 », The Guardian, 30 mars 2019.

    9  Okechukwu Ibeanu, Civil Society and Conflict Management in the Niger Delta: Scoping Gaps for Policy and Advocacy, Lagos, Cleen Foundation, Monograph Series no 2, 2006, p. 47.

    10  Ike Okonta, When Citizens Revolt: Nigerian Elites, Big Oil and the Ogoni Struggle for Self-determination, Trenton, Africa World Press, 2008, p. 193-205.

    11  En l’absence de tout référendum à ce sujet, il convient certes de relativiser la portée d’enquêtes qui n’ont pas valeur de sondages, qui ne reposent sur aucun échantillonnage et qui n’ont porté que sur 284 individus. Voir Charles Ukeje et al., Oil and Violent Conflicts in the Niger Delta, Ile-Ife, Obafemi Awolowo University Press, 2002, p. 32.

    12  Kalu Kalu, State Power, Autarchy, and Political Conquest in Nigerian Federalism, Lanham, Lexington, 2008, p. 178.

    13  Outre Bomadi, Toru-Ebe devait théoriquement comprendre les collectivités territoriales de Burutu, Ogulagha, Warri North, Warri South, Ayakoromo, Kiagbodo, Ezebiri, Seimbiri, Tuomo, Ndoro, Torugbene, Patani et Kumbokiri. Voir Ebiegberie Joe Alagoa, Tekena Tamuno, John Pepper Clark (dir.), The Izon of the Niger Delta, op. cit., p. 732 ; Matthew Kukah, Witness to Justice: An Insider’s Account of Nigeria’s Truth Commission, Ibadan, BookCraft, 2011, p. 371.

    14  Sous sa mandature, l’État s’est ainsi doté de trente-trois « comités de développement » qui se sont superposés aux huit LGA (Local Government Areas) listés dans la Constitution de 1999 : Brass, Ekeremor-Operemo, Ogbia, Sagbama, Kolokuma, Opokuma, Nembe, Nembe West, Oporoma, Yenagoa, Akassa, Kaiko-Ibeawo, Aleibiri, Alabini, Oporomor West, Opuokede, Kolo Creek, Anyama, Odi, Tarakiri, Toru-Abobou, Mein-Oyiakiri, Mini-Ikensi, Okoroma-Tereke, Apoi-Olodiama, Bomo East, Bomo West, Bassan-Koluama, Ogboin North, Ogboin South, Gbaraun-Ekpetiama, Okordia-Buseni et Zarama.

    15  Wakili, Isiaka, « Niger Delta Demands 14 More States », Daily Trust, 14 mai 2012.

    16  K. A. B. Okoko, A. Lazarus, « The Creation of Bayelsa State », dans E. J. Alagoa (dir.), The Land and People of Bayelsa State, Port Harcourt, Onyoma Research Publications, 1999, p. 251-257.

    17  Andrew Godwin Onokerhoraye, « Urhobo Unity in Contemporary Times », dans Onigu Otite (dir.), The Urhobo People, Ibadan, Gold Press, 2011, p. 567.

    18  Ledum Mitee et al., Report of the Technical Committee on the Niger Delta, November 2008, Port Harcourt, s.n., 2008, p. 129.

    19  Omafume Amurun, « Why Other Regions do not Want a United Niger Delta », Niger Delta Standard, 31 janvier 2009, p. 32-33.

    Nigeria : la fabrique de la malédiction du pétrole dans le delta du Niger

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