Dominer, administrer, gouverner
L’écrit administratif et la question de l’État
p. 261-274
Texte intégral
1Le texte de présentation intitulé « Vecteurs de l’idéel et mutations des sociétés politiques » se présente comme une tentative, de la part de Jean-Philippe Genet, de proposer à destination des chercheurs en sciences sociales, une synthèse des enjeux et des perspectives du projet de recherche Signs and States. Il entend constituer, de l’aveu même de son auteur, une base de discussion interdisciplinaire, ce qui implique d’accepter le principe d’une modélisation des questionnements comme des bilans d’étape. Je me placerai donc dans cette perspective, sans renoncer parfois à l’usage de l’étude de cas qui permet de confronter le singulier aux règles de la transformation culturelle, politique et communicationnelle de l’Occident dont Jean-Philippe Genet a tracé l’esquisse.
2Partons d’un constat. Dans la description des changements culturels ayant accompagné la formation de la « société politique », la question de la domination est quasi absente et, ce qui peut apparaître comme un corrélat, la modélisation ne réserve aucune place aux évolutions économiques de l’Occident dans le processus de formation du phénomène « étatique1 ». La critique du marxisme des années 1960 – issue des rangs mêmes de la recherche marxiste en sciences sociales confrontée à de vraies impasses interprétatives – constitue le cadre théorique du programme Signs and States que le double patronage intellectuel de Pierre Bourdieu2 et de Maurice Godelier3 vient notifier. L’analyse est ainsi exclusivement centrée sur l’évolution du champ du politique et privilégie, dans ce champ, les changements induits par les modifications du registre symbolique de la société. J’aimerais essayer, par ce texte, de réintroduire des voies plus transversales d’analyse des discours et des pratiques, qui permettent de décrire et de comprendre, dans un cadre élargi, les phénomènes de consentement à la domination produits par des dispositifs de pouvoir qui font, à partir du xiiie siècle, un usage croissant de l’écrit4. De ce point de vue, les travaux récents sur l’économie médiévale sont utiles à la réflexion, moins dans la perspective ancienne de la détermination des rythmes de croissance de l’Occident et de leurs effets sur le changement social5 – même si cette question demeure pertinente – que pour la connaissance qu’ils nous offrent des étapes et des processus de développement de la culture du chiffre (numeracy) en Occident6 qui accompagne la mise au point et l’adaptation d’instruments écrits servant à la connaissance et au contrôle des hommes et de la terre, à la mesure et au prélèvement des richesses produites, ainsi qu’à leur répartition. La richesse7, comme valeur et comme réalité quantifiable, constitue ainsi, dans le cadre des communautés du Moyen Âge central, un horizon du gouvernement8 et un moyen, via la fiscalité, de soumettre au pouvoir délibératif de l’universitas la transformation de la morphologie sociale9. Et c’est également dans ce creuset que se forme et se diffuse une première strate du discours portant sur le bon gouvernement10.
3En définitive, les propositions développées ici s’inscrivent dans la perspective tracée par l’article que Jean-Philippe Genet a publié dans Le Débat au début des années 198011 et qui faisait du problème de la genèse de l’État une question d’histoire culturelle, sans limiter cette ouverture culturaliste à une analyse du registre symbolique. L’examen des dispositifs écrits du pouvoir, considérés comme un ensemble de discours et de pratiques transversales, semble à même de mettre l’accent sur trois caractères originaux de la période historique médiévale :
41) dans un monde où la distinction entre public et privé demeure longtemps très relative, il permet d’envisager un espace de discours et de techniques partagé entre l’ordre seigneurial et l’émergence des premières formes du pouvoir souverain ;
52) cet examen permet également de comprendre certains aspects du passage de la phase grégorienne de l’histoire du Moyen Âge à celle de l’émergence de la société politique dans le cadre des villes puis des États, sans réduire la question à la perspective théologico-politique du legs et de la conversion des formes symboliques ecclésiales12 ;
63) enfin, il favorise l’analyse de la transformation des rapports d’autorité directs, caractéristiques des sociétés alti-médiévales, et de leur remplacement graduel par des formes que l’on peut qualifier de « gouvernementales13 », qui passent par des mécanismes d’assujettissement dans lesquels l’écrit tient une place essentielle, à la fois comme outil d’administration et comme instrument indispensable à l’émergence de systèmes de pouvoirs fondés sur le Bien commun14.
7Ce changement peut et doit être décrit comme une réorganisation en Occident des formes de l’autorité et de la domination15. De ce fait, la question de la place de l’écrit dans la genèse des formes de domination étatique en Occident ne paraît pas devoir être réduite au pouvoir de symbolisation introduit par le vecteur de communication écrit, même si ce dernier a bien entendu des effets importants sur la structuration des communautés politiques16.
8Le tropisme ecclésial qui structure tout le texte de Jean-Philippe Genet dissimule certaines questions importantes, à commencer par celle de la sortie du projet théocratique grégorien, esquissé dans le passage intitulé « Pour en finir avec l’Église et l’État… ». L’auteur y analyse rapidement la manière dont l’Église a été dépassée par ce qu’elle a créé. La phase grégorienne du Moyen Âge constitue une inflexion très importante dans l’histoire de la société et des systèmes de pouvoir en Occident (promotion d’une monopolisation du sacré, mise hors espace des patrimoines, démarcation des clercs et des laïcs, séparation du sacré et du social…)17. La dynamique culturelle et sociale grégorienne a surtout introduit, en deçà des ruptures symboliques mentionnées dans le texte, des changements fondamentaux – quoique de « basse intensité » –, dont la transmission tient une place fondamentale dans la formation de l’État. La Réforme grégorienne en Occident a conduit à la genèse d’un système de pouvoir incarné dans des formes qui sont inextricablement administratives et territorialisées18. La première phase de la révolution documentaire et scripturale du Moyen Âge central mise en évidence par les médiévistes à partir des années 1970 est inséparable de ce mouvement19. Il convient cependant d’appréhender la Réforme grégorienne dans le temps long et, corrélativement, de ne pas la réduire à sa phase d’intensité pontificale du xie siècle. Elle s’origine dans le contexte des mutations de la société post-carolingienne, au moment où se produit, dans les espaces régionaux qui s’affirment sur les vestiges de l’empire, une reconfiguration des relations entre l’aristocratie laïque et l’Église – les moines en l’occurrence20. Il en résulte quatre conséquences essentielles, pour ce qui nous retient ici :
91) la première est l’intensification des transactions matérielles et symboliques entre l’aristocratie laïque et les établissements monastiques, qui confère aux abbés et aux moines, dépositaires du dominium terrestre formé par les dons pieux, une fonction de nature ministérielle21. Elle implique d’administrer convenablement le patrimoine dont ils ont la charge, l’enjeu n’étant plus simplement de garantir le maintien du patrimoine de l’Église mais d’assurer le système de salut chrétien, la reproduction de la domination sociale aristocratique22, ce qui implique graduellement, à mesure du mouvement d’intégration des cellules locales dans l’Ecclesia, de se conformer à des modèles d’administration et de rendre compte de leur propre pratique23 ;
102) la constitution de grandes seigneuries monastiques – Cluny en particulier – conduit à l’affirmation de formes de souveraineté ecclésiale inédites, exercées sur la terre et sur un réseau de dépendances24 ;
113) les troisième et quatrième points apparaissent comme une conséquence des deux premiers. Le monde monastique du xe siècle est le lieu de développement d’un ethos de la conservation archivistique, visant dans une série de pratiques convergentes au maintien de la doctrine, à la protection de la seigneurie entendue comme dominium terrestre et à la préservation de la mémoire des donateurs et des groupes de statut qu’ils composent. Des besoins mnémiques nouveaux, auxquels l’écrit répond, apparaissent donc et ils sont étroitement liés à la promotion de la fonction des moines dans le corps social25 ;
124) d’emblée – dès le xe siècle – se noue un rapport renouvelé entre la dimension pragmatique et la capacité de symbolisation attachées à l’écrit. L’accroissement du recours à l’écrit dans le milieu monastique est lié à la défense du patrimoine monastique, mais il est aussi, inséparablement, un instrument du salut des hommes et d’affirmation des communautés26.
13À l’intérieur de la phase grégorienne de l’histoire de la culture de l’écrit occidental, on peut identifier un deuxième seuil, celui du xiiie siècle qui est caractérisé par deux évolutions concomitantes : l’acmé du projet théocratique et la diffusion, vers la sphère laïque, des techniques écrites mises au point dans le cadre ecclésial, par le biais des écoles27. Cette circulation des savoir-faire passe, dans les espaces de l’arc méditerranéen, par l’affirmation du groupe professionnel des notaires28.
14Dans le texte de Jean-Philippe Genet, les changements affectant la culture de l’écrit en Occident tiennent une place capitale. Sur les huit révolutions symboliques identifiées, six y sont explicitement associées, voire sept si l’on assimile la mutation du système juridique occidental et la juridicisation des rapports sociaux à l’omnipotence nouvelle de l’écrit dans les dispositifs de la domination sociale29. Mais, paradoxalement, elle s’avère absente lorsqu’est décrit le passage de la forme ecclésiale d’organisation des systèmes de pouvoir à la forme étatique, comme lorsqu’est abordé le processus historique de normalisation étatique de l’Église – ou, si l’on préfère, la sortie de la visée théocratique grégorienne –, qui accompagne la construction, à partir du xive siècle, d’un pouvoir pontifical en voie de « normalisation » étatique dont le Venaissin est le laboratoire30.
15Il existe donc un contraste entre la fréquence du recours à la vieille ruse de la raison qui permet d’alléguer que la seconde phase de l’histoire de l’Église a fourni les outils symboliques et pratiques qui ont conduit à son propre échec à dominer la société occidentale de l’intérieur – thèse qui paraît globalement fructueuse à condition de renoncer à l’irénisme de la thèse du christianisme comme religion de sortie de la religion – et au délaissement relatif de cette question comme objet d’étude particulier, si l’on excepte les travaux consacrés au substrat théologique de l’État et aux voies ouvertes en ce qui concerne le subjectivisme médiéval31.
16Je voudrais, par conséquent, formuler quelques propositions et hypothèses au sujet des rapports entre l’histoire de la culture de l’écrit au cours du Moyen Âge central et l’avènement de conditions culturelles propices à la formation du champ étatique.
171) La première proposition est de nature chronologique. La rupture post-carolingienne, dont le seuil et la nature exacte sont âprement discutés32, se caractérise par le renforcement de la place qu’assume l’écrit dans le système de Salut chrétien comme dans les modes de domination temporels de l’Église33. Il devient un outil de construction de la seigneurie et de la souveraineté monastiques. L’évolution s’accompagne d’un assouplissement et d’une régionalisation des modèles suivis dans la production d’écrits diplomatiques qui, dès cette première phase, permet de satisfaire l’accroissement des besoins mnémiques et administratifs des institutions ecclésiastiques. Elle conduit, dès la fin du xie et le début du xiie siècle, à un retour critique sur la tradition qui passe par la confrontation des textes, elle-même favorisée par l’évolution de la matérialité du livre et des pratiques de lecture qui en découlent34. Le développement de la compilation dans les mondes scolaire et proto-administratif35 permet de revivifier la tradition, d’en unifier le legs et de réduire la diversité des usages36. Le mouvement conduit les acteurs à constituer leur point de vue en une ratio progressivement démarquée de la tradition coutumière. Sa diffusion favorise de nouvelles formes du travail intellectuel et une dynamique de l’innovation dans le domaine de la pensée comme dans celui de l’administration37.
18Cette évolution nourrit un processus de fixation de la memoria des institutions qui utilise, pour une large part, les capacités de symbolisation de l’écrit, mais qui repose également sur un rassemblement, une lecture et un agencement des documents conservés dans les archives. Les communautés se définissent de manière graduelle par l’existence de textes et d’objets textuels partagés38, dans l’Ecclesia, puis, hors du cadre ecclésial, dans les villes et les communautés de droit et de mémoire.
19La phase pontificale de la Réforme grégorienne ne s’accompagne pas comme cela a été longtemps écrit par la production d’une structure bureaucratique sui generis à partir des idéaux de la Réforme39. Elle se caractérise davantage par un effort de réorientation, au profit d’un pouvoir souverain et centralisé, d’un mouvement engagé à différentes échelles spatiales et institutionnelles de la Chrétienté. L’efflorescence documentaire du xiiie siècle constitue quant à elle un seuil – quantitatif et surtout typologique –, caractérisé par l’accroissement de la dimension pragmatique de l’écrit, qui contribue de manière inédite à définir des régularités sociales, alors que les savoir-faire liés à son maniement se diffusent hors de la sphère ecclésiale40.
202) C’est dans le milieu des canonistes du xiie siècle – en particulier Étienne de Tournai41 – que se forme une doctrine de l’administratio envisagée comme une scission de la potestas iurisdictionis. Elle constitue l’un des fondements théoriques du développement de l’exercice ministériel du pouvoir souverain. Cette scission donne un cadre juridique aux premiers systèmes administratifs et s’accompagne de la mise en place de procédures de contrôle tout au long de la chaîne de délégation, dans lesquelles Pierre Bourdieu voyait à juste titre un élément essentiel de la formation d’un pouvoir de nature étatique42.
213) « Le mystère, c’est le ministère », écrivait-il dans un célèbre article publié en 2001 dans les Actes de la recherche en sciences sociales. En reprenant un jeu de mots cher aux canonistes, Pierre Bourdieu a insisté, à de multiples reprises et dans différents textes, sur l’importance fondamentale du fonctionnement des chaînes de garantie qui redoublent la délégation de l’exercice de portions du pouvoir souverain. L’écrit permet effectivement d’établir les conditions de ce que le linguiste Konrad Ehlich décrit comme une « communication réitérée » dans une « situation distendue », donc d’un système de pouvoir apte à fonctionner à vaste échelle en recourant à des dispositifs au sein desquels la domination directe régresse. Les délégations sont dûment surveillées par la mise en place de mécanismes de contrôle écrit, dont l’usage des sceaux et des signa pour l’authentification des écritures constitue une pièce essentielle43. Il instaure « une [véritable] chaîne des garanties ». Si en théorie le premier maillon – le souverain – contrôle tous les autres, dans la réalité, « chaque délégation s’accompagne d’une concession de contrôles ». Dans la société urbaine tardo-médiévale, le serment, dont la valeur constitutionnelle apparaît avec la Réforme grégorienne44, joue un rôle central dans le fonctionnement de ces chaînes. Les formules conservées par écrit et prononcées par les officiers lors de l’entrée en charge définissent une véritable éthique du ministerium45.
224) Mais la possibilité de communication réitérée offerte par l’écrit opère à un niveau plus fondamental. Comme l’avait bien montré Monique Bourin dans un article consacré au Bas-Languedoc46, il existe une concomitance entre l’apparition des notaires publics dans les villes et les castra de la région et l’affirmation politique des communautés d’habitants. Cette concomitance traduit le triple pouvoir mémoriel, de symbolisation et de qualification attaché à l’écrit. Ils se combinent pour produire, à partir du Moyen Âge central, les traits essentiels de la morphologie sociale occidentale47, en façonnant et en rendant visibles des agrégats sociaux, en favorisant également régularités et régulations sociales. Il permet le développement d’une emblématique sociale qui manifeste les groupes faisant corps48 et révèle l’évolution du mode d’appartenance singulier des individus à ces entités49. L’État de la fin du Moyen Âge hérite dans une large mesure de ces communautés sociales circonscrites par l’écrit et en prolonge l’histoire.
235) Dès lors la question de la dimension gouvernementale de l’exercice de la souveraineté étatique n’apparaît pas comme uniquement liée à la transmission directe d’un modèle ecclésial et pastoral, mais comme consécutive à la redéfinition progressive, à partir de la fin du xie siècle, des modalités d’exercice du pouvoir au sein des communautés – urbaines en particulier. Ce qui passe, entre autres choses, par la promotion du principe électif50, de la participation de tous aux décisions qui touchent la communauté – qui constitue un élément fondamental du consentement à la domination51 –, ainsi que par la formation de la notion scolastique du Bien commun, cette dernière contribuant à redéfinir les mécanismes de la domination sociale et d’exercice du pouvoir52. Ces changements, inséparables d’un usage croissant de l’écrit, produisent de nouvelles formes d’assujettissement de la population mais également des mécanismes de contrôle inédits de l’action que les gouvernants exercent sur la communauté. L’universitas urbaine est en même temps source du ius proprium53, communauté de mémoire et de destin54 et horizon du gouvernement communautaire. En son sein, les mécanismes de délégation du pouvoir, garantis par des chaînes d’écriture, tiennent une place essentielle dans la recherche d’un équilibre, qui repose sur la négociation et sur le contrat. À partir du xiiie siècle, la maîtrise de l’écrit devient un enjeu politique, dans la mesure où les rivalités sociopolitiques s’incarnent graduellement en des conflits d’interprétation, dans lesquels la maîtrise de la lettre et du chiffre devient indispensable55.
246) Le dernier point à discuter est celui de l’orientation pragmatique de la révolution documentaire et scripturale des xiie-xiiie siècles. Ce modèle porté par l’historiographie allemande reprend la distinction wébérienne entre rationalité instrumentale et rationalité axiologique56. Or, lorsque l’on observe ces changements historiques, on constate à la fois un renforcement de certains usages pragmatiques de l’écrit et la formation parallèle d’arts de gouverner qui empruntent largement au discours sur les vertus57 ; il s’agit de déterminer les formes d’organisation, de comportement et de contrôle nécessaires à la préservation des intérêts communs. Il paraît par conséquent impossible d’associer de manière univoque diffusion de l’écrit pragmatique et promotion d’une rationalité de nature étroitement instrumentale. Se pose, à différentes échelles58, la question de l’articulation entre Bien commun, promotion de l’intelligence pratique et vertu des gouvernants. L’omniprésence de l’écrit permet la publicisation de l’action, le contrôle des délégations et favorise la sociogenèse des communautés. Ce rapport particulier, qui est au cœur du fonctionnement des communautés urbaines à partir du xiiie siècle et dont l’histoire renvoie à la phase monastique de la Réforme grégorienne, informe profondément l’État tardo-médiéval.
Notes de bas de page
1 Voir le dossier sur l’« Économie médiévale », Annales HSS, 66/3, 2011.
2 Voir en particulier P. Bourdieu, J.-C. Passeron, Les héritiers : les étudiants et la culture, Paris, Minuit, 1964.
3 Voir en particulier M. Godelier, L’idéel et le matériel, Paris, Fayard, 1984.
4 Dans une bibliographie très abondante, on privilégiera P. Cammarosano, Italia medievale : struttura e geografie delle fonti scritte, Rome, La Nuova Italia scientifica, 1991 ; H. Keller, « Vorschrift, Mitschrift, Nachschrift : Instrumente des Willens zu vernunftgemäßem Handeln und guter Regierung in den italienischen Kommunen des Duecento », dans id., C. Meier, T. Scharff (éd.), Schriftlichkeit und Lebenspraxis im Mittelalter : Erfassen, Bewahren, Verändern, Munich, Fink, 1999, p. 25-41 ; id., « Von heiligen Buch zur Buchführung : Lebensfunktionen der Schrift im Mittelalter », Frühmittelalterliche Studien, 26, 1992, p. 1-31 ; M. Clanchy, From Memory to Written Record, England 1066-1307, Oxford/Cambridge, Blackwell, 1993 [1979] ; R. Britnell (éd.), Pragmatic Literacy, East and West 1200-1330, Woodbridge/Rochester, Boydell Press, 1997 ; et É. Anheim, P. Chastang (dir.), Médiévales, 56 : Pratiques de l’écrit, 2009.
5 Voir en particulier G. Duby, L’économie rurale et la vie des campagnes dans l’Occident médiéval, Paris, Montaigne, 1962, 2 vol. ; id., Guerriers et paysans, viie-xiie siècle : premier essor de l’économie européenne, Paris, Gallimard, 1973 ; et M. M. Postan, The Medieval Economy and Society : an Economic History of Britain in the Middle Ages, Londres, Penguin Books, 1972. La question suscite un grand embarras pour les siècles du haut Moyen Âge, historiens et archéologues peinant à faire entrer les données dont ils disposent dans un modèle d’interprétation et un récit commun. Pour la France, voir le bilan proposé par L. Feller, « Histoire du Moyen Âge et histoire économique (xe-xve siècle) en France », dans F. Ammannati (éd.), Dove va la storia economica ? Where Is Economic History Going ?, Florence, Firenze University Press, 2011, p. 39-60.
6 Voir par exemple H. Dewez, Connaître par les nombres : cultures et écritures comptables au prieuré cathédral de Norwich (1256-1344), thèse de doctorat dir. par L. Feller, université Paris I – Panthéon-Sorbonne, 2014 ; J. Kaye, Economy and Nature in the Fourteenth Century : Money, Market Exchange, and the Emergence of Scientific Thought, Cambridge, Cambridge University Press, 1998 ; et, dans une perspective anthropologique, C. Herrenschmidt, Les trois écritures : langue, nombre, code, Paris, Gallimard, 2007, p. 223-383.
7 G. Todeschini, Richesse franciscaine : de la pauvreté volontaire à la société de marché, Lagrasse, Verdier, 2008 [2004]. Sur la méthodologie de la lecture des sources dans la perspective de la formation d’un lexique de l’« économie » médiévale, voir id., « Oeconomica franciscana I : proposte di una nuova lettura delle fonti dell’etica economica medievale », Rivista di storia e letteratura religiosa, 12, 1976, p. 15-77 ; voir également dans une perspective convergente V. Toneatto, Les banquiers du Seigneur : évêques et moines face à la richesse, ive-début ixe siècle, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2012.
8 Sur cette question, voir par exemple P. Evangelisti, « À la place du bonheur : bâtir le bien commun et la prospérité de la res publica. La littérature de consilia de la couronne catalano-aragonaise », Revue française d’histoire des idées politiques, 32/2 : Pouvoir d’un seul et bien commun (vie-xvie siècles), 2010, p. 339-358, et P. Chastang, La ville, le gouvernement et l’écrit à Montpellier (xiie-xive siècle) : essai d’histoire sociale, Paris, Publications de la Sorbonne, 2013.
9 Sur la fiscalité comme productrice d’une morphologie sociale, voir les remarques de P. Boucheron sur le castato italien dans « Les enjeux de la fiscalité directe dans les villes italiennes (xiiie-xve siècle) », dans D. Menjot, M. Sánchez Martínez (dir.), La fiscalité des villes au Moyen-Âge, t. 2 : Les systèmes fiscaux, Toulouse, Privat, 1999, p. 153-167, ici p. 164-165.
10 Voir en particulier M. Senellart, Les arts de gouverner : du regimen médiéval au concept de gouvernement, Paris, Seuil, 1995, et É. Lecuppre-Desjardin, A.-L. Van Bruaene (éd.), De bono communi : the Discourse and Practice of the Common Good in the European City (13th-16th c.), Turnhout, Brepols, 2010.
11 J.-P. Genet, « Une révolution culturelle du Moyen Âge ? », Le Débat, 14/7, 1981, p. 158-165.
12 Voir en particulier C. Schmitt, Théologie politique, Paris, Gallimard, 1988 [1922], les travaux de A. Alföldi (en particulier Das monarchische Repräsentation im römischen Kaiserreiche, Darmstadt, Wissenschaftliche Buchgesellschaft, 1970), de P. E. Schramm (Herrschaftszeichen und Staatssymbolik : Beiträge zu ihrer Geschichte vom dritten bis zum sechzehnten Jahrhundert, Stuttgart/Munich, Hiersemann/MGH, 1954-1978, 4 vol., présenté par P. Braunstein dans « Percy Ernst Schramm : les signes du pouvoir et la symbolique de l’État », Le Débat, 14/7, 1981, p. 166-192) et de E. Kantorowicz, en particulier « Les mystères de l’État, un concept absolutiste et ses origines médiévales (bas Moyen Âge) [1955] », dans Mourir pour la patrie et autres textes, Paris, Presses universitaires de France, 1984, p. 75-103, et id., Les deux corps du roi : essai sur la théologie politique au Moyen Âge, Paris, Gallimard, 1989 [1957]. Sur ces questions, voir en dernier lieu G. Agamben, Le règne et la gloire : pour une généalogie politique de l’économie du gouvernement. Homo sacer II, 2, Paris, Seuil, 2008 [2007], p. 257-295.
13 Position du problème dans É. Anheim, « Le savoir et le gouvernement », Médiévales, 53, 2007, p. 165-174.
14 Sur le Bien commun comme notion commune, mais ductile, voir par exemple V. Challet, « Le bien commun à l’épreuve de la pratique : discours monarchique et réinterprétation consulaire à la fin du Moyen Âge », Revue française d’histoire des idées politiques, 32/2 : Pouvoir d’un seul et bien commun (vie-xvie siècles), 2010, p. 311-324.
15 Sur ces questions, dans une bibliographie très abondante, on privilégiera M. Zimmermann (dir.), Auctor et auctoritas : invention et conformisme dans l’écriture médiévale, Paris, École des chartes, 2001 ; J.-M. Sansterre (dir.), L’autorité du passé dans les sociétés médiévales, Rome, École française de Rome, 2004 ; Y. Hen, M. Innes (éd.), The Uses of the Past in Early Middle Ages, Cambridge, Cambridge University Press, 2000. Voir également J. Morsel, « Ce qu’écrire veut dire au Moyen Âge : observations préliminaires à une étude de la scripturalité médiévale », Memini : travaux et documents de la Société d’études médiévales du Québec, 4, 2000, p. 3-43, et id., « Communication et domination sociale en Franconie à la fin du Moyen Âge : l’enjeu de la réponse », dans P. Boucheron, N. Offenstadt (dir.), L’espace public au Moyen Âge : débats autour de Jürgen Habermas, Paris, Presses universitaires de France, 2011, p. 353-365.
16 Voir en particulier J.-P. Genet, La genèse de l’État moderne : culture et société politique en Angleterre, Paris, Presses universitaires de France, 2003.
17 Voir en dernier lieu le bilan dressé par F. Mazel, « Pour une redéfinition de la réforme “grégorienne” : éléments d’introduction », dans La Réforme « grégorienne » dans le Midi (milieu xie-début xiiie siècle), Toulouse, Privat (Les Cahiers de Fanjeaux, 48), 2013, p. 9-40.
18 Sur la question de la formation d’un pouvoir ecclésial spatialisé au cours du Moyen Âge, voir M. Lauwers, Naissance du cimetière : lieux sacrés et terre des morts dans l’Occident médiéval, Paris, Aubier, 2005 ; D. Iogna-Prat, La maison Dieu : une histoire monumentale de l’Église au Moyen Âge (v. 800-v. 1200), Paris, Seuil, 2006 ; F. Mazel (éd.), L’espace du diocèse : genèse d’un territoire dans l’Occident médiéval, ve-xiiie siècle, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2008 ; ainsi que M. Lauwers, L. Ripart, « Représentation et gestion de l’espace dans l’Occident médiéval », dans J.-P. Genet (éd.), Rome et l’État moderne européen, Rome, École française de Rome, 2007, p. 115-171.
19 Voir en particulier M. Clanchy, From Memory…, op. cit., et B. Stock, The Implications of Literacy : Written Language and Models of Interpretation in the Eleventh and Twelfth Centuries, Princeton, Princeton University Press, 1983.
20 Une synthèse sur ces questions est proposée par F. Mazel, dans Féodalités : 888-1180, Paris, Belin, 2010. Sur les travaux des médiévistes allemands des années 1960-1980 insistant sur le rôle de la memoria comme Selbstverständnis du groupe aristocratique, voir le bilan dressé par M. Lauwers, « Memoria à propos d’un objet historique en Allemagne », dans J.-C. Schmitt, O. G. Oexle (dir.), Les tendances actuelles de l’histoire du Moyen Âge en France et en Allemagne, Paris, Publications de la Sorbonne, 2003, p. 105-126. Ces questions ont également été abordées dans le cadre des études clunisiennes : B. Rosenwein, To Be the Neighbor of Saint Peter : the Social Meaning of Cluny’s Property 909-1049, Ithaca/Londres, Cornell University Press, 1989 ; ead., Rhinoceros Bound : Cluny in the Tenth Century, Philadelphie, University of Pennsylvania Press, 1982 ; et, en dernier lieu, I. Rosé, Construire une société seigneuriale : itinéraire et ecclésiologie de l’abbé Odon de Cluny, fin du ixe-milieu du xe siècle, Turnhout, Brepols, 2008. Sur l’apparition, au cours de l’époque carolingienne, de pratiques d’écriture inscrites dans des Urkundenlandschaften, voir H. Fichtenau, Das Urkundenwesen in Österreich vom 8. bis zum frühen 13. Jahrhundert, Vienne, Böhlau, 1971.
21 Sur le phénomène de dissociation « ministérielle » entre l’institution monastique et ses représentants au cours du xe siècle, voir P. Chastang, « Le premier Cluny et l’écrit pratique : quelques propositions », dans D. Iogna-Prat et al. (dir.), Cluny, les moines et la société au premier âge, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2013, p. 93-107.
22 Voir C. de Miramon, « Embrasser l’état monastique à l’âge adulte (1050-1200) : étude sur la conversion tardive », Annales HSS, 54/4, 1999, p. 825-849.
23 Voir R. F. Berkhofer, Day of Reckoning : Power and Accountability in Medieval France, Philadelphie, University of Pennsylvania Press, 2004. Sur le rôle moteur des évêques anglais dans cette dynamique au cours du xiiie siècle, voir J. McEvoy, Robert Grosseteste, Oxford, Oxford University Press, 2000, p. 31-50.
24 Dans une bibliographie fleuve, on privilégiera E. Sackur, Die Cluniacenser in ihrer kirchlichen und allgemeingeschichtlichen Wirksamkeit bis zur Mitte des elften Jahrhunderts, Halle-am-Saale, Niemeyer, 1892-1894 ; D. Iogna-Prat, Études clunisiennes, Paris, Picard, 2002 ; et id. et al. (dir.), Cluny, les moines et la société…, op. cit.
25 Voir O. Guyotjeannin, « Penuria scriptorum : le mythe de l’anarchie documentaire dans la France du Nord (xe-première moitié du xie siècle) », Bibliothèque de l’École des chartes, 155 : Pratiques de l’écrit documentaire au xie siècle [id., L. Morelle, M. Parisse (éd.)], 1997, p. 11-44, et L. Morelle, « Instrumentation et travail de l’acte : quelques réflexions sur l’écrit diplomatique en milieu monastique au xie siècle », Médiévales, 56, 2009, p. 41-74.
26 Voir, pour le sud de la France, A. G. Remensnyder, Remembering Kings Past : Monastic Foundations Legends in Medieval Southern France, Ithaca, Cornell University Press, 1995.
27 Voir F. Autrand (éd.), Prosopographie et genèse de l’État moderne, Paris, École normale supérieure de jeunes filles, 1986.
28 Sur cette question, on privilégiera R.-H. Bautier, « L’authentification des actes privés dans la France médiévale », dans Notariado público y documento privado : de las orígenes al siglo XIV : actas del congresso internacional de diplomática, Valence, Generalitat Valenciana, 1989, vol. 2, p. 701-772 [repris dans id., Chartes, sceaux et chancelleries : études de diplomatique et de sigillographie médiévales, Paris, École des chartes, 1990, vol. 1, p. 269-340] ; M. Zabbia, « Formation et culture des notaires (xie-xive siècle) », dans I. Heullant-Donat (dir.), Cultures italiennes (xiie-xive siècle), Paris, Cerf, 2000, p. 297-324 ; A. Bartoli-Langeli, « Il notariato », dans G. Ortalli, D. Puncuh (dir.), Genova, Venezia, il Levante nei secoli XII-XIV, Gênes, Società ligure di storia patria, 2001, p. 73-102 ; A. Petrucci, « L’illusione della storia autentica : le testimonianze documentarie », dans L’insegnamento della storia e i materiali lavoro storiografico, Messine, Società degli storici italiani, 1984, p. 73-88 ; A. Rovere, « Notariato e comune : procedure autenticatorie delle copie a Genova nel XII secolo », Atti della società ligure di Storia patria, 111/2, 1997, p. 93-113 ; G. Costamagna, « Il notariato nell’Italia settentrionale durante i secoli XII e XIII », dans Notariado público…, op. cit., vol. 2, p. 73-102 ; F. Roumy, « Histoire du notariat et du droit notarial en France », dans M. Schmoechel, W. Schubert (éd.), Handbuch zur Geschichte des Notariats der europäischen Traditionen, Baden-Baden, Nomos, 2009, p. 125-168 ; R. Tréton, « Preludi a la història del notariat públic a Perpinya i el comtat de Rosseló (1184-1340) », Afers : fulls de recerca i pensament, 58 : Notaris, homes i papers : el nord català als segles XIII-XVIII, 2007, p. 551-609.
29 Voir les travaux de R. Jacob, en particulier « Jugement des hommes et jugement de Dieu à l’aube du Moyen Âge », dans id. (éd.), Le juge et le jugement dans les traditions juridiques européennes, Paris, LGDJ, 1996, p. 43-86, et id., « Le jugement de Dieu et la formation de la fonction de juger dans l’histoire européenne », Archives de la philosophie du droit, 43, 1994, p. 87-104.
30 V. Theis, Le gouvernement pontifical du Comtat Venaissin vers 1270-vers 1350, Rome, École française de Rome, 2012.
31 Voir en particulier B. Bedos-Rezak, D. Iogna-Prat (éd.), L’individu au Moyen Âge : individuation et individualisation avant la modernité, Paris, Aubier, 2005 ; P. Monnet, J.-C. Schmitt (éd.), Autobiographies souveraines, Paris, Publications de la Sorbonne, 2012 ; et M. Zink, La subjectivité littéraire : autour du siècle de saint Louis, Paris, Presses universitaires de France, 1985.
32 La question de la literacy alti-médiévale a été mise en débat depuis une vingtaine d’années : voir M. Richter, The Formation of the Medieval West : Studies in the Oral Culture of the Barbarians, Dublin, Four Courts Press, 1994, contra R. McKitterick, The Carolingians and the Written Word, Cambridge, Cambridge University Press, 1989, et ead. (dir.), The Uses of Literacy in Early Medieval Europe, Cambridge, Cambridge University Press, 1990, en particulier J. L. Nelson, « Literacy in Carolingian Government », p. 258-296. Voir également P. Wormald, J. L. Nelson (dir.), Lay Intellectuals in the Carolingian World, Cambridge, Cambridge University Press, 2007, et, plus récemment, W. C. Brown et al. (éd.), Documentary Culture and the Laity in the Early Middle Ages, Cambridge, Cambridge University Press, 2013. Une bonne présentation des termes du débat a été proposée par A. Rio dans « Les formulaires et la pratique de l’écrit pour les actes de la vie courante (vie-xe siècles) », Médiévales, 56, 2009, p. 11-22. Sur la culture de l’écrit durant la période post-carolingienne, voir, pour l’espace catalan, M. Zimmermann, Lire et écrire en Catalogne (ixe-xiie siècle), Madrid, Casa de Velázquez, 2002.
33 Voir I. Rosé, Construire une société seigneuriale…, op. cit.
34 Outre les travaux de R. H. et M. A. Rouse, cités plus loin, voir A. Petrucci, « Lire au Moyen Âge », Mélanges de l’École française de Rome. Moyen Âge-Temps modernes, 96/2, 1984, p. 603-616 ; J. Le Goff, « Pourquoi le xiiie siècle a-t-il été plus particulièrement un siècle d’encyclopédisme ? », dans M. Picone (dir.), L’enciclopedismo medievale, Ravenne, Longo, 1994, p. 23-40 ; et l’étude de cas suggestive de M. Paulmier-Foucart, « Une des tâches de l’encyclopédiste : intituler. Les titres des chapitres du Speculum naturale de Vincent de Beauvais », dans ibid., p. 147-162.
35 Voir M. B. Parkes, « The Influence of Concepts of Ordinatio and Compilatio on the Development of the Book », dans J. J. G. Alexander, M. Gibson (éd.), Medieval Learning and Literature : Essays Presented to Richard W. Hunt, Oxford, Clarendon Press, 1976, p. 115-141 [repris dans id., Scribes, Scripts and Readers : Studies in the Communication, Presentation and Dissemination of Medieval Texts, Londres/Rio Grande, Hambledon Press, 1991, no III] ; N. Hathaway, « Compilatio : from Plagiarism to Compiling », Viator, 20, 1989, p. 19-44 ; A. Petrucci, « La concezione cristina del libro », Studi medievali, 14/2, 1973, p. 961-984 ; id., « Dal libro unitario al libro miscellaneo », dans A. Giardina (éd.), Società romana e impero tardoantico, vol. 4 : Tradizioni dei classici trasformazioni della cultura, Bari, Laterza, 1986, p. 173-187 et 271-274 ; et I. Short, « L’avènement du texte vernaculaire : la mise en recueil », Littérales, 4 : Théories et pratiques de l’écriture au Moyen Âge, 1988, p. 11-24.
36 Voir par exemple P. Toubert, « Église et État au xie siècle : la signification du moment grégorien pour la genèse de l’État moderne », dans J.-P. Genet, B. Vincent (éd.), État et Église dans la genèse de l’État moderne, Madrid, Casa de Velázquez, 1986, p. 9-22, et S. Gioanni, B. Grévin (éd.), L’Antiquité tardive dans les collections médiévales : textes et représentations, vie-xive siècle, Rome, École française de Rome, 2008.
37 Voir par exemple, dans des domaines très différents, T. Kölzer, « Codex libertatis : Überlegungen zur funktion des Regestum Farfense und anderer Klosterchartulare », dans Atti del 9o congresso internazionale di studi sull’alto Medioevo, Spolète, Presso la sede del Centro studi, 1983, t. 2, p. 609-653 ; R. H. Rouse, « Cistercian Aids to Study in the Thirteenth Century », Studies in the Medieval Cistercian History, 2, 1976, p. 123-134 ; id., M. A. Rouse, « “Statim invenire” : Schools, Preachers and New Attitudes to the Page », dans R. L. Benson, G. Constable (éd.), Renaissance and Renewal in the Twelfth Century, Oxford, Harvard University Press, 1982, p. 201-225 ; et J. B. Given, Inquisition and Medieval Society : Power, Discipline and Resistance in Languedoc, Ithaca/Londres, Cornell University Press, 1997, p. 25-51.
38 Voir B. Stock, The Implications of Literacy…, op. cit., et, au sujet des archives, J. Morsel, « Du texte aux archives : le problème de la source », Bulletin du Centre d’études médiévales d’Auxerre, hors-série 2, 2008, p. 1-23.
39 Voir A. Fliche, La Réforme grégorienne, Louvain, Spicilegium Sacrum Lovaniense, 1924-1937, 3 vol. ; G. Tellenbach, Church, State and Christian Society at the Time of Investiture Contest, Oxford, Blackwell, 1959 [1936] ; et W. Ullmann, The Growth of Papal Government in the Middle Ages : a Study in the Ideological Relation of Clerical to Lay Power, Londres, Methuen, 1962, 2e éd.
40 Voir le panorama dressé pour l’Italie par P. Cammarosano dans Italia medievale…, op. cit.
41 P. Costa, Jurisdictio : semantica del potere politico nelle pubblicistica medievale (1100-1433), Milan, Giuffrè, 1969, et A. Gouron, « Sur les sources civilistes et la datation des Sommes de Rufin et d’Étienne de Tournai », Bulletin of Medieval Canon Law, 16, 1986, p. 55-70 [repris dans id., Droit et coutume en France, Aldershot, Variorum, 1993, no V].
42 Question abordée par les pères de la sociologie, en particulier É. Durkheim, dans De la division du travail social : étude sur l’organisation des sociétés supérieures, Paris, Alcan, 1911 [1893], p. I-XXXVI et dont l’écho est très présent dans certains travaux de P. Bourdieu comme « Le mystère du ministère », Actes de la recherche en sciences sociales, 140, 2001, p. 7-11, et id., Sur l’État : cours au Collège de France, 1989-1992, Paris, Raisons d’agir/Seuil, 2011.
43 Voir R.-H. Bautier, « Le cheminement du sceau et de la bulle des origines mésopotamiennes au xiiie siècle occidental », Revue française d’héraldique et de sigillographie, 54/59, 1984/1989, p. 41-84.
44 Voir P. Prodi, Il sacramento del potere : il giuramento politico nella storia costituzionale dell’Occidente, Bologne, Il Mulino, 1992.
45 Voir par exemple, pour le Midi, H. Gilles, « Les livres juratoires des consulats languedociens », dans Livres et bibliothèques (xiiie-xve siècle), Toulouse, Privat (Les Cahiers de Fanjeaux, 31), 1996, p. 333-354.
46 M. Bourin, « Les solidarités villageoises et l’écrit : la formalisation des années 1150-1250. L’exemple languedocien », dans Cofradías, gremios solidaridades en la Europa medieval, Pampelune, Gobierno de Navarra, Departamento de Educación y Cultura, 1993, p. 31-50.
47 Voir O. G. Oexle, « Les groupes sociaux du Moyen Âge et les débuts de la sociologie contemporaine », Annales HSS, 47, 1992, p. 751-765.
48 Voir A. Rigaudière, « Universitas, corpus, communitas et consulatus dans les chartes des villes et des bourgs d’Auvergne du xiie au xve siècle », Revue historique de droit français et étranger, 66, 1988, p. 337-362.
49 Voir, par exemple, I. Guerreau, Klerikersiegel der Diözesen Halberstadt, Hildesheim, Paderborn und Verden im Mittelalter (um 1000-1500), Hanovre, Hahnsche Buchhandlung, 2013.
50 P. G. Caron, « Les élections épiscopales dans la doctrine et la pratique de l’Église », Cahiers de civilisation médiévale, 11, 1968, p. 573-585, et P. Gilli, « The Sources of Political Space : Electoral Techniques and Deliberative Practices in Italian Cities (12th to 14th Centuries) », Varia Historia. Revista do Departamento de História, 43, 2010, p. 91-106 [repris en français, sous le titre « Aux sources de l’espace politique : techniques électorales et pratiques délibératives dans les cités italiennes (xiie-xive siècles) », dans P. Boucheron, N. Offenstadt (dir.), L’espace public au Moyen Âge…, op. cit., p. 229-250].
51 Voir F. Foronda (éd.), Avant le contrat social : le contrat politique dans l’Occident médiéval, xiiie-xve siècle, Paris, Publications de la Sorbonne, 2011.
52 Voir M. S. Kempshall, The Common Good in Late Medieval Political Thought, Oxford, Clarendon Press, 1999, en particulier p. 1-25.
53 Voir, par exemple, M. Ascheri, « Formes du droit dans l’Italie communale », Médiévales, 39, 2000, p. 137-152.
54 Voir P. Monnet, O. G. Oexle (éd.), Stadt und Recht im Mittelalter/La ville et le droit au Moyen Âge, Göttingen, Vandenhoeck & Ruprecht, 2003, et H. Brand, P. Monnet, M. Staub (dir.), Memoria, communitas, civitas : mémoire et conscience urbaines en Occident à la fin du Moyen Âge, Ostfildern, Thorbecke, 2003.
55 Voir D. Sassu-Normand, « Formalisation du discours fiscal et genèse de l’expertise financière en Languedoc dans la première moitié du xive siècle », dans Expertise et valeur des choses au Moyen Âge, t. 3 : Paroles d’experts : dire ou écrire l’expertise, à paraître à la Casa de Velázquez.
56 Voir J.-C. Passeron, « La rationalité et les types de l’action sociale chez Max Weber », Revue européenne des sciences sociales, 32, 1994, p. 5-44.
57 Voir M. Toste, « Virtue and the City : the Virtues of the Ruler and the Citizen in the Medieval Reception of Aristotle’s Politics », dans I. P. Bejczy, C. J. Nederman (éd.), Princely Virtues in the Middle Ages 1200-1500, Turnhout, Brepols, 2007, p. 73-98, et I. P. Bejczy, « The Concept of Political Virtue in the 13th Century », dans ibid., p. 9-32.
58 Voir V. Challet, « Le bien commun à l’épreuve… », art. cité.
Auteur
-
Pierre Chastang
DYPAC (EA 2449), université de Versailles – Saint-Quentin-en-Yvelines
Le texte seul est utilisable sous licence Licence OpenEdition Books. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont « Tous droits réservés », sauf mention contraire.
Marquer la ville
Signes, traces, empreintes du pouvoir (xiiie-xvie siècle)
Patrick Boucheron et Jean-Philippe Genet (dir.)
2013
Église et État, Église ou État ?
Les clercs et la genèse de l’État moderne
Christine Barralis, Jean-Patrice Boudet, Fabrice Delivré et al. (dir.)
2014
La vérité
Vérité et crédibilité : construire la vérité dans le système de communication de l’Occident (XIIIe-XVIIe siècle)
Jean-Philippe Genet (dir.)
2015
La cité et l’Empereur
Les Éduens dans l’Empire romain d’après les Panégyriques latins
Antony Hostein
2012
La délinquance matrimoniale
Couples en conflit et justice en Aragon (XVe-XVIe siècle)
Martine Charageat
2011
Des sociétés en mouvement. Migrations et mobilité au Moyen Âge
XLe Congrès de la SHMESP (Nice, 4-7 juin 2009)
Société des historiens médiévistes de l’Enseignement supérieur public (dir.)
2010
Une histoire provinciale
La Gaule narbonnaise de la fin du IIe siècle av. J.-C. au IIIe siècle ap. J.-C.
Michel Christol
2010
