• Contenu principal
  • Menu
OpenEdition Books
  • Accueil
  • Catalogue de 16478 livres
  • Éditeurs
  • Auteurs
  • Facebook
  • X
  • Partager
    • Facebook

    • X

    • Accueil
    • Catalogue de 16478 livres
    • Éditeurs
    • Auteurs
  • Ressources numériques en sciences humaines et sociales

    • OpenEdition
  • Nos plateformes

    • OpenEdition Books
    • OpenEdition Journals
    • Hypothèses
    • Calenda
  • Bibliothèques

    • OpenEdition Freemium
  • Suivez-nous

  • Lettre d’information
OpenEdition Search

Redirection vers OpenEdition Search.

À quel endroit ?
  • Éditions de la Sorbonne
  • ›
  • Histoire environnementale
  • ›
  • Mésopolitique
  • ›
  • 3. Altérer, modifier, perfectionner
  • Éditions de la Sorbonne
  • Éditions de la Sorbonne
    Éditions de la Sorbonne
    Informations sur la couverture
    Table des matières
    Liens vers le livre
    Informations sur la couverture
    Table des matières
    Formats de lecture

    Plan

    Plan détaillé Texte intégral Au Jardin du roi : dégénération et perfectibilité Matérialité et modificabilité Notes de bas de page

    Mésopolitique

    Ce livre est recensé par

    Précédent Suivant
    Table des matières

    3. Altérer, modifier, perfectionner

    p. 79-92

    Texte intégral Au Jardin du roi : dégénération et perfectibilité Matérialité et modificabilité Notes de bas de page

    Texte intégral

    Au Jardin du roi : dégénération et perfectibilité

    1L’historiographie du xviiie siècle semble profondément divisée quant au statut de l’Histoire naturelle, générale et particulière, avec la description du cabinet du Roy publié par le comte de Buffon, l’intendant du Jardin du roi – le futur Muséum d’histoire naturelle –, à partir de 17391. Derrière son fixisme affiché, cette œuvre ne jetterait-elle pas les bases du transformisme, précisément en ce qu’elle définit un milieu – sans le nommer tel – où l’histoire des vivants peut s’enraciner, comme semble le soutenir Michèle Duchet2 ? Le mécanisme de Buffon ne lui aurait-il pas interdit d’imaginer une interaction entre le vivant et son entourage, justement parce que la vie ne s’y trouve pas dotée d’une puissance de réaction, comme le souligne Jacques Roger3 ? Pourtant, si on considère avec Amor Cherni le système buffonien du point de vue de sa méthode, l’abandon de la taxinomia comme de la mathesis au profit de l’observation des faits et de la description des vivants n’implique-t-il pas une remise en cause du mécanisme, ouvrant la voie au vitalisme en ce qu’il place la vie avant la mort dans l’ordre naturel4 ? Insérée dans une longue histoire de l’hérédité comme celle de François Jacob, l’histoire naturelle de Buffon ne privilégie-t-elle pas surtout l’idée de la stabilité des espèces, au vu de laquelle les variations individuelles dues aux changements climatiques ne peuvent préfigurer le concept de milieu5 ? Enfin, contre les historiens qui évoquent pêle-mêle les savoirs de la vie au xviiie siècle, ne faut-il pas affirmer avec Michel Foucault qu’avant la « transformation Cuvier », c’est une épistémè taxinomique – « l’espace ouvert dans la représentation par une analyse qui anticipe sur la possibilité de nommer » – qui organisait cette histoire naturelle buffonnienne6 ? Selon Foucault, Buffon n’aurait pas pu penser un milieu comme l’ensemble des rapports entre le vivant et ce qui l’entoure, parce que cette nomination du visible dans les jardins botaniques ou les cabinets d’histoire naturelle dérobait l’anatomie et occultait l’organisme, autrement dit parce qu’il n’y avait pas encore de « vie ». Ce tableau des interprétations de l’histoire naturelle buffonnienne pourrait être simplifié ou du moins polarisé, si l’on oppose les auteurs qui soutiennent que celle-ci, parce qu’elle prend en considération l’influence des circonstances physiques dans le devenir des espèces, préfigure le concept de milieu (Duchet, Roger7), à ceux qui soulignent l’impossibilité d’une telle préfiguration en raison de l’absence d’une notion requise à la formulation du concept de milieu, à savoir l’organisme (Foucault, Jacob).

    2Une telle controverse est riche en ce qu’elle permet de mettre au jour deux manières distinctes d’opérer l’histoire d’une émergence conceptuelle, présentant chacune certains bénéfices et inconvénients dont il faut brièvement rendre compte. La première, sans poser une définition préalable du concept de milieu avec les prémisses théoriques qu’il implique, aborde aussi bien les éléments décousus (les circonstances environnant le vivant ou l’introduction de la temporalité dans l’étude des vivants) que les rapports noués entre eux (la variation à l’intérieur d’une espèce liée aux circonstances, la transmission héréditaire de ces variations individuelles) pour évoquer « une action du milieu » chez Buffon8. L’analyse projette ici le concept de milieu sur ces éléments et leurs rapports tout en s’interdisant d’inclure d’emblée le discours buffonien dans un espace comparatif où il se démarquerait de Cuvier et de Lamarck par l’absence de tel ou tel concept ; elle gagne ainsi à rester sur un plan synchronique où peuvent apparaître les signes disparates mais insistants qui préparent le concept de milieu sans le faire dépendre des conditions de possibilité annoncées en fonction des configurations théoriques postérieures à ce discours. Or, parce qu’elle projette le concept de milieu dans un discours où il n’est pas mentionné sans pour autant justifier une telle transposition par une véritable définition du « milieu », elle semble perdre en rigueur ce qu’elle gagnait en synchronie. La seconde manière, nettement plus structurale en ce qu’elle décrit un espace de voisinage où une conception du milieu ne peut être déclarée présente qu’en fonction des critères établis à l’aune de la formulation effective du concept, il s’agit au contraire de marquer les déficiences du discours buffonien par rapport aux discours qui lui succèdent (le « plan d’organisation », d’« organisme », « fonction », etc.), afin d’affirmer qu’un tel concept ne peut y être associé. Diachronique dans sa manière de traiter Buffon dans une opposition avec Cuvier et Lamarck, cette analyse tire sans doute bénéfice de sa force définitionnelle, laquelle semble affirmer que si le concept de milieu n’apparaît pas chez Buffon, c’est parce que les conditions épistémiques minimales permettant sa formulation n’étaient pas réunies. Toutefois, une telle position serait incapable de porter attention à un discours où le concept ne serait pas mentionné, même s’il est « signalé » par des éléments épars, sans lesquels la chaîne d’inférences qui aboutit à la formulation effective du concept de milieu ne serait pas telle qu’on la connaît.

    3En somme, il faudrait tenter d’éviter de tomber aussi bien dans l’impasse consistant à négliger la définition du concept dont on ambitionne de tracer l’histoire que dans celle, non moins désastreuse, où on s’interdirait d’explorer l’émergence d’éléments divers constituant autant de fondements pour la formation du concept à venir. Force est de constater la fragilité d’un équilibre entre ces deux formes dans lesquelles on reconnaît aisément les tensions opposant deux grandes familles historiographiques, la première étant traditionnellement associée à une histoire épistémologique des sciences soucieuse de respecter les ruptures induites par les transformations des ensembles théoriques, tandis que la seconde est rattachée à une historiographie plus proche de la logique d’apparition de son objet en ce qu’elle refuse de sacrifier la singularité et la nouveauté des éléments émergents à une mise en ordre anachronique qui peut lui paraître arbitraire.

    4Face à la difficulté d’un choix entre deux voies également problématiques, la configuration spécifique de l’enquête présente pourrait être salvatrice : refusant de se cantonner au strict concept de « milieu », on s’intéresse ici à l’émergence d’une rationalité dont celui-ci ne serait que l’indice principal – une rationalité qui tend à gouverner les hommes par leur entourage, celle qui tend à les modifier en modifiant leur milieu. Le choix de commencer une telle enquête non pas au xixe siècle où cette rationalité s’est déjà nommée, mais autour de 1750 où un large éventail de prémisses semble l’informer implique ainsi de dresser un tableau d’ensemble de divers éléments sans lesquels une telle rationalité ne serait pas possible, sans pour autant projeter le concept de milieu là où il est nécessairement absent. Ainsi, dans la recherche des éléments multiples qui ont conduit à une telle rationalité – à savoir les prémisses théoriques et les pratiques singulières, ces manières de penser et de faire dont l’ensemble, bien qu’impossible à décrire de manière exhaustive, forme un tableau qui permet de donner sens aux actions qui en dépendent –, on ne peut esquiver la réflexion sur l’altération des vivants qui, dans ses formes diverses, ne cesse de fournir un des cadres principaux pour penser la modification des hommes par la modification de leur entourage. Autrement dit, plutôt que de se pencher sur la question de savoir si Buffon peut être considéré ou non comme étant à l’origine du transformisme, plutôt que de tenter de le situer du côté du vitalisme ou du mécanisme, la spécificité de notre enquête permet de considérer le discours buffonien du point de vue de l’altération, autour des concepts de dégénération et de perfectibilité. Ainsi, on cherchera à mettre en évidence ces deux formes par lesquelles Buffon décrit les rapports entre l’altération des vivants et leur entourage, sans supposer une identification entre celles-ci et le futur concept de milieu.

    5La lecture foucaldienne qui range Buffon avec Linné du côté du fixe, « du tableau et du continu9 », au détriment du devenir – ce dernier étant enfermé dans l’obsession première consistant à « classer » – éveille des doutes à la lecture du Premier discours : l’ouvrage s’ouvre en effet par une opposition entre observateurs et nomenclateurs10, Buffon faisant par la suite l’apologie de la description au détriment de la classification. Or, cette description qui s’opère précisément par une critique de la pensée classificatrice abstraite – celle de Linné – doit concerner « les rapports que les choses naturelles ont entre elles & avec nous11 ». Allant des choses les plus proches aux plus éloignées, elle sera nécessairement attentive à l’entourage dans lequel les individus et les espèces renouent ces rapports avec les choses, analysant principalement l’habitation et la nourriture, mais aussi les habitudes contractées envers ces choses. Une des scènes les plus marquantes du Premier discours est sans doute celle où Buffon imagine un homme qui aurait tout oublié et qui s’éveille pour les objets qui l’environnent, l’expérience ayant pour but de montrer qu’il ne s’intéresserait aux objets de l’Histoire naturelle que « par les rapports qu’ils auront avec lui12 ». Cette inflexion – « prendre les objets qui nous intéressent le plus par les rapports qu’ils ont avec nous » – permet à l’histoire naturelle d’établir une distribution des êtres du monde selon le degré des rapports qu’ils entretiennent avec leur entourage : le végétal qui a « plus de vie ou de mouvement » que le minéral possède ainsi un plus grand nombre de rapports avec les objets extérieurs, comme l’animal par rapport à lui et enfin l’homme par rapport à l’animal13. Par conséquent, loin de se cantonner à un mécanisme qui refuserait de reconnaître une quelconque activité au phénomène de la vie14, le système descriptif de Buffon définit une hiérarchie dans laquelle les hommes et les animaux priment sur le minéral par leur capacité à nouer plus de rapports avec les objets qui les entourent15. Cette hiérarchie organisée autour du degré des rapports est articulée, comme on le verra, à la suprématie de l’homme sur les autres êtres, laquelle provient de son âme qui lui permet d’agir sur ce qui l’environne. Enfin, dans le cadre d’une telle suprématie, il va de soi que la connaissance des productions de la nature sera finalisée en fonction des intérêts de l’homme, de manière à ce qu’on renonce aux plaisirs vains d’une classification neutre au profit d’une description parfaitement anthropocentrique. Par le projet d’une description des « rapports que nous avons avec les choses », se trouvent ainsi affirmés à la fois la hiérarchie des êtres qui va du minéral à l’homme selon leur « plus de vie et de mouvement », le principe anthropocentrique de leur connaissance et la suprématie légitime de l’homme sur les non-humains. Force est de reconnaître que cette articulation originale est irréductible au registre de la classification ou à une simple opération de nomination du visible.

    6Or, de manière plus profonde, la connaissance historique des productions de la nature doit se débarrasser chez Buffon de l’illusion d’une nature fixe pour se pencher sur les multiples altérations dont elle fait l’objet. La nature, loin de constituer un être immuable qui résiste au temps, est ici ce qui varie, se modifie, s’altère en fonction des époques. Vue de loin, la nature « se montre toujours et constamment la même », écrit Buffon, « cependant en l’observant de près, on s’apercevra que son cours n’est pas absolument uniforme : on reconnaîtra qu’elle admet des variations sensibles, qu’elle reçoit des altérations successives, qu’elle se prête même à des combinaisons nouvelles16 ». Ces altérations, telles qu’elles sont décrites dans le Second discours portant sur l’histoire et la théorie de la Terre, concernent principalement la longue durée des révolutions géologiques, « l’histoire naturelle de la terre [devant] précéder l’histoire particulière de ses productions17 ». En attribuant aux révolutions géologiques une place centrale, Buffon « entend proclamer l’étroitesse de leur lien avec des productions particulière de la Nature, et notamment des êtres vivants18 ». Or, de cette relation entre les révolutions géologiques à une grande échelle et les variations des vivants à une échelle temporelle plus modeste, deux lectures sont possibles : soit on privilégie leur lien en pensant qu’elle « conduira à examiner avec précision les relations entre les êtres vivants et leur environnement, à envisager les minéraux, les plantes et les animaux, pas seulement isolément, mais dans leur interaction avec ce que nous appellerions aujourd’hui leur “écosystème”19 » ; soit on insiste avec Michel Foucault et François Jacob sur l’extériorité du temps des cataclysmes à celui des vivants20, en considérant que « cette série historique d’événements s’ajoute à la nappe des êtres : elle ne lui appartient pas en propre […] ; ce qu’elle met en question, c’est le monde comme lieu des êtres, et non pas les êtres en tant qu’ils ont la propriété d’être vivants21 ».

    7Peut-on donc affirmer que le temps du monde soit sans effet sur le devenir des vivants chez Buffon ? L’argument principal qui appuierait une telle lecture réside dans l’idée buffonnienne de la fixité des espèces : les limites de l’altération paraissent bien définies et les effets du temps semblent secondaires tant que les espèces ne peuvent perdre leur caractéristiques et qu’elles sont imperméables à une action transformatrice de l’environnement22. Néanmoins, à l’intérieur de l’espèce, la variation est illimitée. Appliqué à l’homme, ce principe prend la forme d’une exigence pour penser l’unité de l’espèce humaine dans ses variations, ces dernières étant dues aux causes physiques telles que « l’influence du climat, la différence de la nourriture, celle de la manière de vivre23 ». Ces altérations produisent des variétés individuelles qui, renforcées par l’action continue des mêmes causes, finissent par se perpétuer de génération en génération ; de plus, si l’action de ces mêmes causes cessait, « il est très probable que ces altérations disparaîtraient aussi peu à peu ». L’histoire des vivants ne peut donc être pensée qu’à travers les rapports de ceux-ci aux causes altérantes, ne serait-ce que pour saisir la variété au sein des espèces. Une telle affirmation importe peut-être plus que la thèse de la fixité des espèces, car Buffon décrit rien de moins qu’un devenir de l’espèce humaine, déclinée désormais en variétés en fonction du climat comme des manières de vivre. Ainsi, l’homme interagit avec les productions naturelles qui l’entourent d’une manière ambiguë : son espèce ne dérive certes pas d’une anachronique « adaptation au milieu », mais ses variétés internes dérivent bien du fait de subir une action continue des causes altérantes, de même que les variétés internes d’autres espèces.

    8Toutefois, la variation semble prendre toujours la forme d’une dégénération ou d’une dénaturation d’un type originairement meilleur. Puisque ce qui reste n’est que la trace dérisoire de ce qui a été, toute altération apparaît alors principalement comme une dégénération essentielle de la nature et de ses productions. Amor Cherni définit la dégénération buffonnienne comme « le sens que prennent les multiples séries de modifications ou variations articulées les unes aux autres et poussant la nature vers une dégradation globalement constante24 » : l’altération des formes premières témoigne donc d’une nature « viciée », « dégradée » ou « lésée » au fil du temps et des altérations que ce dernier induit. Cet aspect résolument négatif appuie la démonstration de François Jacob selon laquelle il ne peut y avoir de transformisme chez Buffon parce qu’il n’y a jamais de progression de formes dans le temps25 ; au lieu qu’une évolution améliore les espèces comme ce sera le cas chez Darwin, le modèle de Buffon implique une dégénérescence inévitable des produits ultérieurs par rapport à un type primaire meilleur.

    9Ce tableau sombre d’une nature « brute et désolée » apparaît toutefois moins désespéré pour Buffon lorsqu’on songe à la capacité de l’homme à réguler l’altération des vivants à son profit. En effet, la suprématie de l’homme est telle qu’il commande la modification d’autres espèces, car érigé « en maître des êtres qui ne pensent point » par le fait qu’il pense et qu’il dispose des techniques de domestication : « L’homme change l’état naturel des animaux en les forçant à lui obéir : un animal domestique est un esclave dont on s’amuse, dont on abuse, qu’on altère, qu’on dépayse et que l’on dénature26. » Être altéré par les circonstances, l’homme n’en est pas moins un être intelligent qui altère les circonstances d’autres espèces pour modifier leur comportement. Il ne faut pas se tromper sur le sens intrinsèquement positif de cette opération de domestication aux yeux de Buffon ; elle est absolument légitime parce qu’elle émane de l’empire de l’esprit sur la matière27. L’altération des animaux est paradoxalement un bien : le chien domestiqué est dégénéré par rapport au chien sauvage, mais le fait que l’homme en tire du bénéfice permet de revaloriser l’ensemble de l’opération. Dans une nature vouée à la dégénérescence, les techniques d’altération qu’il développe octroient donc à l’homme un avantage crucial sur les autres espèces.

    10On pourrait donc trouver une consolation face à la dégradation constante de la nature dans l’esprit humain, puisque sa maîtrise du non-humain fraye une voie vers le perfectionnement et la civilisation. Comme le souligne Michèle Duchet, « l’histoire n’est qu’une lente émergence de l’espèce, la civilisation est le produit d’une action continue de l’homme sur le milieu naturel, et le processus même par lequel il fait le monde à son image28 ». Car après tout, la septième et la dernière époque de la nature est celle où la puissance de l’homme a secondé celle de la nature, l’époque qui a vu l’homme faire de la Terre son domaine. L’homme a le pouvoir d’influencer les causes naturelles qu’on croyait fixées une fois pour toutes, Buffon multipliant les exemples – quelque peu exalté par son optimisme volontariste – pour montrer que « l’homme peut modifier les influences du climat qu’il habite & en fixer pour ainsi dire la température au point qui lui convient29 ». Partageant avec Rousseau l’idée selon laquelle « tout irait plus mal encore » sans les artifices de la civilisation, Buffon trouve le remède contre la dégénération dans une soumission de la nature à l’homme, d’une façon beaucoup plus assumée que chez Montesquieu où les causes morales devaient avoir plus d’influence que les causes physiques. Il s’agit là d’une des rares justifications philosophiques fortes de l’altération des formes vivantes, selon un modèle dont rien n’empêche de concevoir l’usage sur les hommes eux-mêmes. Car la domestication des animaux et l’acclimatation des plantes ne sont pas les seuls procédés qui confirment cette soumission de la nature aux peuples policés, ces derniers possédant également un savoir-faire qui permet de coloniser les sauvages et porter ainsi le drapeau de la civilisation à l’intérieur d’une espèce fixe aux variations infinies30. Par là, Buffon ouvre une brèche essentielle que le xixe siècle déploiera pleinement dans les savoirs portant sur l’acclimatement et la naturalisation dans les colonies, en tant qu’ils obéissent aux mêmes lois que n’importe quelle autre production de la nature.

    11Considérée du point de vue de la question de l’altération, l’histoire naturelle buffonnienne se présente donc sous un jour nouveau, comme un domaine de savoirs concernant la modification humaine des productions de la nature. De même que chez Montesquieu un nouveau champ d’action s’ouvrait devant le législateur dès lors que l’homme pouvait altérer le climat qui l’altérait, chez Buffon l’amélioration des variétés naturelles – plantes et animaux – permet de rendre compte d’une prise humaine sur les productions de la nature. Le glissement principal par rapport à l’image sacrée d’une Nature immuable réside alors dans la maniabilité de ces productions à travers l’action humaine. Le Jardin du roi apparaît ainsi, comme le montre Emma C. Spary, comme un terrain d’essai pour observer les facteurs externes sur le caractère des êtres vivants, notamment par les techniques d’acclimatement des plantes et de domestication des animaux31. Le climat – au sens des circonstances environnantes – agit sur l’homme physique comme sur tous les autres êtres vivants, et il revient à l’homme moral d’agir sur les effets dégénératifs de celui-ci.

    12Une telle action est d’abord palpable dans l’ensemble des techniques visant à endiguer le processus de dégénération chez les êtres vivants qui changent de climat. Claude-Olivier Doron a bien montré la manière dont le concept de dégénération formulé par Buffon s’appuyait sur un champ de problématisation corrélatif aux pratiques d’élevage des animaux et d’acclimatement des plantes aux xviie et xviiie siècles32. Le constat généralisé d’une dégénération des races de cheval ou de mouton français poussait alors les éleveurs à chercher le moyen de conjurer celle-ci, tout en affrontant une difficulté : si la dégénération est une loi de la nature, comment l’endiguer par l’art humain ? La dégénération est une loi de la nature qui a trois composantes : la transmission des tares, l’influence des conditions de vie et enfin celle de la nourriture33. Selon Doron, l’aménagement des conditions de vie des troupeaux relèvent ainsi d’un problème de gouvernement, « un problème qui regarde la manière dont les hommes prennent soin, dirigent et aménagement les conditions de vie des animaux domestiques34 ». Une marge de manœuvre se trouve ainsi dans l’intervention sur l’entourage des animaux, notamment ceux des meilleures races qu’on tente de transplanter sur le sol français. Parce qu’une inadéquation des chevaux importés sur le nouveau terroir ne produira que davantage de dégénération, il convient de réfléchir à leur adaptation. Ainsi, dans les haras administrés par l’État, se met en place un dispositif qui « impliquera une attention toute particulière aux conditions de vie des animaux transplantés, c’est-à-dire à l’influence différenciée des climats, aux particularités des terroirs, des conditions de logement et à la nourriture35 ».

    13Il faut prendre au sérieux cette hypothèse de Doron selon laquelle la zootechnie constitue une des racines principales de l’hypothèse du biopouvoir, qui « en tire certains de ses problèmes les plus fondamentaux (la race, la dégénération, la naturalisation et l’acclimatement, le dressage des instincts, la régulation des populations et l’aménagement de leurs conditions de vie), ses supports (les diverses fonctions du vivant : nutrition, reproduction, relation au milieu) et […] ses techniques (croisements, transplantations, aménagement des espaces)36 ». Il s’agit alors d’une intensification des modes de gouvernement du vivant à travers l’apparition d’un nouvel « espace de continuité entre tous les êtres qu’il s’agit de gouverner » et de la possibilité du transfert des techniques de gouvernement d’un domaine à un autre. De ce point de vue, l’article « Les animaux domestiques » de l’Histoire naturelle fournit une bonne synthèse dans la mesure où Buffon, après avoir évoqué la nécessité de croiser les races de cheval pour les empêcher de se dégénérer, y développe l’idée selon laquelle « il y a dans la Nature un prototype général dans chaque espèce sur lequel chaque individu est modelé, mais qui semble, en se réalisant, s’altérer ou se perfectionner par les circonstances37 ». L’aménagement de ces circonstances – construire des haras ici ou là, prendre soin du cheval d’une manière particulière, veiller à sa nourriture, etc. – dépend donc partiellement des opérations de gouvernement. En effet, la zootechnie et l’agronomie apparaissent bien comme des champs d’innovation en matière mésopolitique : les problèmes de transplantation, par conséquent ceux d’acclimatement et d’adaptation – même si les termes sont encore anachroniques – des animaux et des plantes sont déjà à l’ordre du jour au xviie siècle. La synthèse buffonnienne permet à l’histoire naturelle de les lier dans un ensemble cohérent.

    14Grâce à cette configuration pratico-théorique où la dégénération se donne comme une loi de la nature, cependant maniable par l’art humain consistant à aménager l’entourage des vivants, Buffon permet aux générations suivantes de savants – tel Cabanis – d’imaginer une amélioration de l’espèce humaine par une modification des circonstances environnantes. À partir du moment où l’homme se définit comme un être capable d’intervenir au sein même du processus de dégénération des vivants par la zootechnie et l’agronomie, à partir du moment où il s’inscrit par sa constitution physique ou « animale » dans la trame des vivants altérables par les circonstances, sa propre perfectibilité devient une figure spécifique de l’altération de la nature. Après tout, écrivait Buffon, cet humain si habile dans la culture des plantes et la domestication des animaux, « que ne pourroit-il pas sur lui-même, je veux dire sur sa propre espèce, si la volonté était toujours dirigée par l’intelligence ? Qui sait jusqu’à quel point l’homme pourroit perfectionner sa nature, soit au moral, soit au physique38 ? »

    15Pour Buffon en effet, la capacité de l’espèce humaine à se perfectionner est la véritable pierre de touche qui la distingue des autres espèces, « caractère unique et glorieux qui seul fait notre prééminence, et constitue l’empire de l’homme sur tous les autres êtres39 ». Selon la logique quelque peu paradoxale d’un perfectionnement particulier de l’homme dans une dégénération universelle des productions de la nature, Buffon imagine pour l’homme – et exclusivement pour lui – un état originel d’imperfection à partir duquel est lancé une marche vers la « perfection glorieuse » : un progrès inscrit dans le destin de l’espèce que seule la barbarie peut entraver40. Cette prodigieuse faculté à se perfectionner n’est nullement limitée à l’éducation d’un simple individu – car on peut aussi perfectionner un chien en l’éduquant ; elle se caractérise au contraire par une perfectibilité d’espèce dont aucun animal n’est capable, et « qui s’étend autant qu’on la cultive par les institutions de la société ». Dans cette configuration, c’est bien la transmission de génération en génération des techniques et leur accumulation qui permet à l’homme de « profiter de tous les instants de la durée de son espèce pour la perfectionner toujours de plus en plus41 ». L’idée buffonnienne d’une perfectibilité indéfinie de l’homme par lui-même, élevée au rang de signe distinctif dans un champ comparatif avec les autres espèces dont certains individus ne pourraient être perfectionnés que par l’effort même de l’homme, semble installer ainsi l’altération au cœur du xviiie siècle comme une dimension anthropologique42.

    16Cette configuration anthropologique de l’altération illimitée trouve également un écho chez un autre grand penseur de l’époque, qui la formule explicitement dans un sens mésopolitique. Ainsi, l’anthropologie de Rousseau implique, en continuité évidente avec la perspective buffonnienne43, que la perfectibilité humaine soit considérée comme une faculté qui se développe toujours « à l’aide des circonstances44 ». Celles-ci peuvent se comprendre de deux manières : d’une part, il s’agit bien des circonstances extérieures – telles les révolutions géologiques buffonniennes – qui ont poussé l’homme naturel à s’organiser en société45 ; d’autre part, il s’agit des circonstances que l’homme se fabrique dès lors qu’il a quitté l’état de nature. Autrement dit, Rousseau tire les conséquences des thèses buffonniennes en déclarant qu’il n’y a de perfectionnement chez l’homme qu’à partir du moment où il crée ses propres conditions de vie. Le hasard des circonstances géologiques qui l’a forcé à devenir tel qu’il est aujourd’hui cède ainsi sa place à une action calculée sur les circonstances sociales en tant qu’elles constituent une production des hommes par les hommes. Cette perspective, formulée dans l’Émile à travers la production « de l’homme de l’homme » par opposition à l’homme de la nature, permet à Franck Tinland d’évoquer une « action de l’homme sur l’homme par la restructuration réfléchie des conditions d’existence46 ». Cette action se décline chez Rousseau en deux volets solidaires, politique et pédagogique, auxquels s’ajouterait la morale sensitive – un tel ensemble peut alors être lu comme un travail de l’homme sur l’homme rendu possible par la faculté de perfectibilité qui s’actualise à travers une production réfléchie des conditions dans lesquelles les hommes existent.

    17Force est alors d’admettre que Buffon installe le problème de l’altération au sein des débats anthropologiques naissants avec ses deux versants, la dégénération et la perfectibilité. La matrice de l’altération est assez puissante en elle-même pour ne pas être ébranlée par l’indécidabilité du produit de cette altération : s’il semble difficile de juger la qualité ou la valeur de l’état qui advient comme une conséquence du processus d’altération, on ne questionne plus la réalité du processus en tant que tel. Or, il existe une autre manière de poser le problème de l’altération, qui passe moins par l’histoire naturelle que par la continuité entre l’homme physique et l’homme moral, autrement dit par un examen détaillé des modifications subies par l’homme ainsi que les manières de les réguler.

    Matérialité et modificabilité

    18L’idée selon laquelle l’homme serait profondément modifiable par les êtres qui l’entourent, le matérialisme du xviiie siècle l’investit massivement. Diderot et d’Holbach peuvent être lus comme deux manières de lier Buffon aux donnés de la physiologie et de la chimie, deux manières matérialistes de poser la modificabilité de l’homme comme une loi naturelle. Lorsque Diderot énonce que « l’homme, libre ou non, est un être qu’on modifie », c’est avant tout au sens où « il n’y a point de cause qui n’ait son effet ; il n’y a point d’effet qui ne modifie la chose sur laquelle la cause agit47 ». L’homme fait donc partie d’un système de la nature dans la mesure où il est strictement soumis à ses lois ; « pour un être formé par la nature & circonscrit par elle, il n’existe rien au-delà du grand tout dont il fait partie & dont il éprouve les influences48 ». Chez d’Holbach, cette continuité physique de l’homme avec le monde qui l’entoure est déterminante, puisque l’homme moral n’est qu’une variation de l’homme physique en contact permanent avec l’extériorité matérielle. Les attributs de son être moral comme la pensée ou sa volonté ne sont que des « impulsions qu’il reçoit des êtres dont il est entouré », de telle sorte que les actions humaines doivent être considérées comme des effets combinés d’une organisation interne et des circonstances qui l’entourent. La nature qui met « certaines qualités » en l’homme – telle que son organisation – l’oblige à passer par « certaines circonstances » et à être modifié49.

    19Le projet holbachien de l’étude des rapports entre l’organisation propre de l’homme et les circonstances dans lesquelles il se trouve préfigure celle, à venir, des rapports entre l’organisme et son milieu par trois aspects. Premièrement, l’effacement d’une intériorité humaine – indépendante de la matière – qu’est l’âme au profit de l’homme moral – dépendant de l’homme physique – inscrit l’homme dans la continuité séculaire des êtres vivants50. Il existe certes une essence propre de l’homme, mais celle-ci se trouve assimilée aux capacités de « se mouvoir d’une façon qui le distingue des autres êtres avec lesquels il se compare », capacités qui permettent de définir l’homme comme « un tout dont l’arrangement se nomme organisation51 ». Cette organisation étant liée aux circonstances particulières dans lesquelles elle peut exister, l’espèce humaine se trouve résolument attachée à la terre – et détachée du ciel : « L’espèce humaine est une production propre à notre globe52. » Ainsi, à partir du moment où l’homme, au lieu d’être doté d’une âme de provenance divine, de ce privilège qui l’isolait des autres vivants, se trouve lié matériellement à cet ensemble nommé nature, il entre dans le jeu des dépendances physiques qui le déterminent jusque dans sa constitution morale.

    20Deuxièmement, cette dépendance matérielle de l’homme aux êtres naturels exige chez d’Holbach qu’un bon ordre règne entre les deux parties, lié à cette faculté que possède l’homme « de se coordonner avec les êtres qui l’environnent53 ». Cette affirmation de la nécessité d’une telle coordination est capitale, tant parce qu’elle indique un rapport interactif de l’être organisé et de son entourage que parce qu’elle fait dépendre la bonne santé de l’homme de cet ajustement à l’entourage : « Étudie donc tes rapports avec les êtres qui t’environnent et tu découvriras les causes et les remèdes des maux physiques que tu ressens54. » Plus profondément, l’existence même des productions – vivantes – de la nature dépend strictement de cette coordination avec les êtres qui les entourent, et « sans cela elles ne peuvent subsister55 ». D’Holbach exprime ainsi clairement l’idée selon laquelle les êtres vivants ne peuvent vivre que dans des circonstances particulières en fonction de leur organisation56. Cette perspective d’un ordre où les vivants s’ajustent à leur entourage comme une condition de leur existence semble ainsi faire écho à la définition comtienne de la vie comme une harmonie entre le vivant et son milieu, d’Holbach annonçant dès 1770 les termes et la forme d’une telle relation.

    21Troisièmement, en tant qu’être non privilégié parmi les productions de la nature et soumis à l’exigence d’une coordination avec son entourage, l’homme est soumis aux « modifications durables ou transitoires que sa machine éprouve de la part des êtres qui agissent sur elle57 ». Le déplacement par rapport à Buffon mérite d’être souligné, car là où ce dernier gardait pour l’espèce humaine certains privilèges de provenance divine telle que la pensée, d’Holbach n’hésite pas à généraliser le principe de la modificabilité des vivants aux espèces elles-mêmes, soumettant l’homme – corps et âme – aux vicissitudes de la nature au même titre que toutes les autres productions58. L’homme ne peut se soustraire « à la loi générale qui veut que tout s’altère », laquelle doit être articulée à une description des modifications qu’il subit par les objets qui l’entourent. Soumis à une chaîne de causalité infinie dont il subit les effets, l’homme est « sans cesse modifié par des causes soit visibles soit cachées qui règlent nécessairement sa façon d’être, de penser et d’agir59 ». Force est alors d’admettre que chez d’Holbach la modificabilité est la figure dominante qui ordonne les autres formes du changement de la nature60.

    22Ces trois aspects – l’effacement d’une intériorité divine chez l’homme au profit de sa continuité avec les êtres physiques ; la nécessité d’une coordination du vivant avec les êtres qui l’entourent ; la modificabilité entière de l’homme par les objets extérieurs – sont solidement articulés dans Le système de la nature. Toujours est-il que, comme on vient de le voir, un tel matérialisme ne renonce en rien aux principes de la sensibilité et de l’organisation interne des vivants, même s’ils restent discrets par rapport au registre chimique très affirmé qui règne chez d’Holbach. Ce qu’on a pu appeler le « vitalo-chimisme » ou le « matérialisme biologique » de Diderot était sans doute plus attentif aux phénomènes strictement vitaux, tout en attribuant à la modificabilité des hommes un rôle décisif. Or, plus profondément, cette différence d’intérêt des matérialistes pour la physiologie et les phénomènes organiques semble être marquée par les marges de manœuvre qu’ils entrevoient face au constat de la modificabilité humaine : là où d’Holbach juge qu’il est très difficile, voire impossible, de lier les actions humaines aux causes physiques premières provenant des rapports avec l’entourage, parce qu’il existe une très grande « multiplicité et diversité des causes qui agissent sur nous souvent à notre insu61 », là où Helvétius, tout en voulant faire une morale comme une physique expérimentale, est contraint d’admettre que « les circonstances dans lesquelles la fortune nous place62 » sont beaucoup trop variées pour être régulées par l’art humain, Diderot est assez encourageant lorsqu’il fait affirmer à Bordeu qu’on peut « corriger l’être modifiable qu’on appelle méchant63 ». Lorsque d’Holbach et d’Helvétius affirment la modificabilité de l’homme, celle-ci semble sujette à une multitude incontrôlable et incalculable de causes physiques, si bien qu’on ne peut imaginer une action collective sur l’entourage de l’homme pour le modifier. En revanche, chez Diderot, la figure centrale pouvant affirmer la possibilité de la correction des criminels qui ne sont que des êtres modifiables est bien le médecin. Lorsqu’un autre médecin affirme en 1802 que « l’homme en particulier est éminemment modifiable », qu’il est « saisissable par tous les points64 », sensible à l’ensemble des changements que l’on impose à ses conditions d’existence, il s’appuie sur l’assurance d’une pratique encore absente à l’époque de Diderot. Entre ces deux moments semble s’opérer une transformation majeure de la médecine sociale, sans doute liée à la fonction organisatrice qu’elle commence à assurer dans les pratiques d’aménagement urbain qu’il convient maintenant d’analyser.

    Notes de bas de page

    1 Buffon, Histoire naturelle, générale et particulière, avec la description du cabinet du Roy, dans Œuvres complètes, Paris, Honoré Champion, 2007 [1749].

    2 Michèle Duchet, Anthropologie et histoire au siècle des Lumières. Buffon, Voltaire, Rousseau, Helvétius, Diderot, Paris, Maspero, 1971, p. 274.

    3 Jacques Roger, Les sciences de la vie dans la pensée française du xviiie siècle, op. cit., p. 760.

    4 Amor Cherni, Buffon. La nature et son histoire, Paris, PUF (Philosophies), 1998, p. 29.

    5 François Jacob, La logique du vivant, op. cit., p. 154-155.

    6 Michel Foucault, Les mots et les choses, op. cit., « Classer ».

    7 Bien qu’il souligne l’absence chez Buffon d’une pensée de l’interaction du vivant avec son entourage et l’impossibilité d’y voir un précurseur du transformisme, Jacques Roger affirme qu’on y trouve l’idée « d’une variation des formes vivantes sous l’influence du milieu ». Jacques Roger, Les sciences de la vie dans la pensée française du xviiie siècle, op. cit., p. 577.

    8 Ibid., p. 568 ; Michèle Duchet, Anthropologie et histoire au siècle des Lumières, op. cit., p. 255, 274.

    9 Michel Foucault, Les mots et les choses, op. cit., p. 170.

    10 Buffon, Histoire naturelle, op. cit., p. 147.

    11 Ibid., p. 179.

    12 Ibid., p. 183.

    13 Id., Histoire des animaux, dans Œuvres, Paris, Gallimard (Bibliothèque de la Pléiade), 2007, p. 133.

    14 Michel Foucault, Les mots et les choses, op. cit., p. 140.

    15 « Dans ce tableau des êtres qui peuplent la Nature et qui s’y ordonnent en fonction de la quantité et de la richesses de leurs rapports, apparaît donc une rupture entre ceux qui n’ont que des rapports matériels les uns aux autres et ceux qui n’ont, en outre, des rapports qui dépendent des sens ou de l’âme. » Amor Cherni, Buffon, op. cit., p. 65.

    16 Buffon, Époques de la Nature, dans Œuvres complètes de Buffon, Paris, 1824, t. 3, p. 357.

    17 Id., Second discours, dans Histoire naturelle, op. cit., p. 230.

    18 Stéphane Schmitt, « Introduction », dans Buffon, Œuvres, op. cit., p. XLV.

    19 Ibid.

    20 François Jacob, La logique du vivant, op. cit., p. 148 : « Le temps qu’imposent au monde vivant les cataclysmes de la terre reste extérieur aux êtres eux-mêmes. »

    21 Michel Foucault, Les mots et les choses, op. cit., p. 162.

    22 Buffon semble pourtant hésiter sur cette fixité d’espèce lorsqu’il considère le cheval comme un âne perfectionné. Voir Buffon, Histoire des animaux, dans Œuvres complètes, 3, Les mammifères, Paris, Chez Furne, 1837, p. 598.

    23 Id., Variétés dans l’espèce humaine, dans Œuvres, op. cit., p. 406.

    24 Amor Cherni, « Dégénération et dépravation : Rousseau chez Buffon », dans Jean Gayon, Buffon 88, Paris, Vrin, 1992, p. 145-153.

    25 François Jacob, La logique du vivant, op. cit., p. 154-155.

    26 Buffon, Les animaux domestiques, dans Œuvres, op. cit., p. 499.

    27 « L’empire de l’homme sur les animaux est un empire légitime, celui de l’esprit sur la matière ; il pense, et dès lors il est maître des êtres qui ne pensent point. » Ibid.

    28 Michèle Duchet, Anthropologie et histoire au siècle des Lumières, op. cit., p. 276.

    29 Buffon, Les époques de la nature, éd. par J. Roger, Paris, Mémoires du Muséum national d’histoire naturelle, 1962, p. 215.

    30 Michelle Duchet a bien souligné cet aspect de l’anthropologie de Buffon « qui donnait un fondement philosophique à un nouveau modèle de colonisation », Anthropologie et histoire au siècle des Lumières, op. cit., p. 280.

    31 Emma C. Spary, Utopia’s Garden. French Natural History from Old Regime to Revolution, Chicago, University of Chicago Press, 2000, p. 99 et suiv.

    32 Claude-Olivier Doron, Races et dégénérescence. L’émergence des savoirs sur l’homme anormal, thèse de doctorat, université Paris VII-Denis Diderot, 2011, p. 428 et suiv.

    33 M. de Lafont, Avis au peuple sur l’amélioration de ses terres et la santé, Avignon, 1775, p. 143, cité dans Claude-Olivier Doron, Races et dégénérescence, op. cit., p. 431.

    34 Ibid.

    35 Ibid., p. 441.

    36 Ibid., p. 484.

    37 Buffon, Histoire naturelle, op. cit., t. 4, p. 215.

    38 Id., Les époques de la nature, op. cit., p. 220.

    39 Id., Histoire naturelle, op. cit., t. 21, p. 67. « Le caractère de sa prééminence sur les autres animaux, c’est la perfectibilité de l’espèce entière », ibid., t. 22, p. xxij.

    40 Ibid.

    41 Ibid. L’auteur souligne.

    42 Comme le souligne Claude Blanckaert, « avec Buffon, l’anthropologie confirme que la perfectibilité est bien une caractéristique différentielle de l’humanité, qu’elle instaure sans autre partage une césure décisive entre l’univers animal et le théâtre des opérations humaines ». Claude Blanckaert, « Perfectibilité, sous conditions ? Éducation d’espèce, flexibilité d’organisation et échelle d’aptitude morale en anthropologie », dans Bertrand Binoche (dir.), L’homme perfectible, Seyssel, Champ Vallon (Milieux), 2004, p. 114-144, ici p. 125.

    43 Voir la démonstration de Blanckaert dans ibid., p. 127.

    44 Jean-Jacques Rousseau, Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes, dans Œuvres, Paris, Gallimard (Bibliothèque de la Pléiade), 1964, t. III, p. 152.

    45 Voir par exemple la lettre à M. Philopolis : « L’état de société découle de la nature du genre humain, non pas immédiatement, mais à l’aide des circonstances extérieures », Rousseau, Œuvres complètes, op. cit., t. III, p. 232.

    46 Franck Tinland, « État de nature et perfectibilité : l’effacement d’une origine », dans Bertrand Binoche (dir.), L’homme perfectible, op. cit., p. 59-90, ici p. 74.

    47 S. v. « Modification, modifier, modificatif, modifiable », dans L’Encylopédie, repris dans Diderot, Œuvres complètes, Paris, Hermann, 1976, t. VIII, p. 32.

    48 D’Holbach, Système de la nature, op. cit., vol. 1, p. 15.

    49 Ibid., p. 16 : « Toutes nos idées, nos volontés, nos actions sont des effets nécessaires de l’essence & des qualités que cette nature a mises en nous, & des circonstances par lesquelles elle nous oblige de passer & d’être modifiés. »

    50 Ibid., p. 55 : « Depuis l’huître engourdie jusqu’à l’homme actif & pensant, nous voyons une progression non interrompue, une chaîne perpétuelle de combinaisons & de mouvements. »

    51 Ibid., p. 25.

    52 Ibid., p. 101.

    53 Ibid., p. 73.

    54 D’Holbach, Discours préliminaire au système de la nature, cité dans Jeroom Vercruysse, Bicentenaire du système de la nature, Paris, Lettres modernes, 1970, p. 42.

    55 D’Holbach, Système de la nature, op. cit., p. 101.

    56 Ibid.

    57 Ibid., p. 118.

    58 Ibid., p. 104-105 : « Concluons que l’homme n’a point de raisons pour se croire un être privilégié dans la nature ; il est sujet aux mêmes vicissitudes que toutes les autres productions » ; p. 112 : « L’âme est sujette comme le corps aux vicissitudes que lui font subir les causes extérieures qui influent sur lui. »

    59 Ibid., p. 183.

    60 Comme le souligne Jean-Claude Bourdin, « développer, cultiver, corriger, altérer, perfectionner, toutes ces actions expriment l’aptitude à être modifié et rendent compte de tout développement ». Jean-Claude Bourdin, « Matérialisme et perfectibilité. D’Holbach et Helvétius », dans Bertrand Binoche (dir.), Les équivoques de la civilisation, Seyssel, Champ Vallon, 2005, p. 147-169, ici p. 157.

    61 D’Holbach, Le système de la nature, op. cit., p. 233.

    62 Helvétius, De l’esprit, op. cit., p. 591.

    63 Diderot, Le rêve de D’Alembert, op. cit., p. 59. Je souligne.

    64 Cabanis, Rapports du physique et du moral de l’homme, op. cit., p. 492, 601.

    Précédent Suivant
    Table des matières

    Le texte seul est utilisable sous licence Licence OpenEdition Books. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont « Tous droits réservés », sauf mention contraire.

    Voir plus de livres
    Une histoire environnementale de la nation

    Une histoire environnementale de la nation

    Regards croisés sur les parcs nationaux du Canada, d’Éthiopie et de France

    Blanc Guillaume

    2015

    Humanités environnementales

    Humanités environnementales

    Enquêtes et contre-enquêtes

    Guillaume Blanc, Élise Demeulenaere et Wolf Feuerhahn (dir.)

    2017

    Croiser les sciences pour lire les animaux

    Croiser les sciences pour lire les animaux

    Éric Baratay (dir.)

    2020

    Aux sources de l’histoire animale

    Aux sources de l’histoire animale

    Éric Baratay (dir.)

    2019

    Mésopolitique

    Mésopolitique

    Connaître, théoriser et gouverner les milieux de vie (1750-1900)

    Ferhat Taylan

    2018

    Écrire du côté des animaux

    Écrire du côté des animaux

    Éric Baratay (dir.)

    2023

    L’animal désanthropisé

    L’animal désanthropisé

    Interroger et redéfinir les concepts

    Éric Baratay (dir.)

    2021

    Sous le soleil

    Sous le soleil

    Systèmes et transitions énergétiques du Moyen Âge à nos jours

    Charles-François Mathis et Geneviève Massard-Guilbaud (dir.)

    2019

    Les animaux historicisés

    Les animaux historicisés

    Pourquoi situer leurs comportements dans le temps et l'espace ?

    Éric Baratay (dir.)

    2022

    L’affichage administratif au xixe siècle

    L’affichage administratif au xixe siècle

    Former le consentement

    Frédéric Graber

    2023

    Voir plus de livres
    1 / 10
    Une histoire environnementale de la nation

    Une histoire environnementale de la nation

    Regards croisés sur les parcs nationaux du Canada, d’Éthiopie et de France

    Blanc Guillaume

    2015

    Humanités environnementales

    Humanités environnementales

    Enquêtes et contre-enquêtes

    Guillaume Blanc, Élise Demeulenaere et Wolf Feuerhahn (dir.)

    2017

    Croiser les sciences pour lire les animaux

    Croiser les sciences pour lire les animaux

    Éric Baratay (dir.)

    2020

    Aux sources de l’histoire animale

    Aux sources de l’histoire animale

    Éric Baratay (dir.)

    2019

    Mésopolitique

    Mésopolitique

    Connaître, théoriser et gouverner les milieux de vie (1750-1900)

    Ferhat Taylan

    2018

    Écrire du côté des animaux

    Écrire du côté des animaux

    Éric Baratay (dir.)

    2023

    L’animal désanthropisé

    L’animal désanthropisé

    Interroger et redéfinir les concepts

    Éric Baratay (dir.)

    2021

    Sous le soleil

    Sous le soleil

    Systèmes et transitions énergétiques du Moyen Âge à nos jours

    Charles-François Mathis et Geneviève Massard-Guilbaud (dir.)

    2019

    Les animaux historicisés

    Les animaux historicisés

    Pourquoi situer leurs comportements dans le temps et l'espace ?

    Éric Baratay (dir.)

    2022

    L’affichage administratif au xixe siècle

    L’affichage administratif au xixe siècle

    Former le consentement

    Frédéric Graber

    2023

    Accès ouvert

    Accès ouvert freemium

    ePub

    PDF

    PDF du chapitre

    Suggérer l’acquisition à votre bibliothèque

    Acheter

    Édition imprimée

    Éditions de la Sorbonne
    • amazon.fr
    • leslibraires.fr
    • placedeslibraires.fr
    • lcdpu.fr
    ePub / PDF

    1 Buffon, Histoire naturelle, générale et particulière, avec la description du cabinet du Roy, dans Œuvres complètes, Paris, Honoré Champion, 2007 [1749].

    2 Michèle Duchet, Anthropologie et histoire au siècle des Lumières. Buffon, Voltaire, Rousseau, Helvétius, Diderot, Paris, Maspero, 1971, p. 274.

    3 Jacques Roger, Les sciences de la vie dans la pensée française du xviiie siècle, op. cit., p. 760.

    4 Amor Cherni, Buffon. La nature et son histoire, Paris, PUF (Philosophies), 1998, p. 29.

    5 François Jacob, La logique du vivant, op. cit., p. 154-155.

    6 Michel Foucault, Les mots et les choses, op. cit., « Classer ».

    7 Bien qu’il souligne l’absence chez Buffon d’une pensée de l’interaction du vivant avec son entourage et l’impossibilité d’y voir un précurseur du transformisme, Jacques Roger affirme qu’on y trouve l’idée « d’une variation des formes vivantes sous l’influence du milieu ». Jacques Roger, Les sciences de la vie dans la pensée française du xviiie siècle, op. cit., p. 577.

    8 Ibid., p. 568 ; Michèle Duchet, Anthropologie et histoire au siècle des Lumières, op. cit., p. 255, 274.

    9 Michel Foucault, Les mots et les choses, op. cit., p. 170.

    10 Buffon, Histoire naturelle, op. cit., p. 147.

    11 Ibid., p. 179.

    12 Ibid., p. 183.

    13 Id., Histoire des animaux, dans Œuvres, Paris, Gallimard (Bibliothèque de la Pléiade), 2007, p. 133.

    14 Michel Foucault, Les mots et les choses, op. cit., p. 140.

    15 « Dans ce tableau des êtres qui peuplent la Nature et qui s’y ordonnent en fonction de la quantité et de la richesses de leurs rapports, apparaît donc une rupture entre ceux qui n’ont que des rapports matériels les uns aux autres et ceux qui n’ont, en outre, des rapports qui dépendent des sens ou de l’âme. » Amor Cherni, Buffon, op. cit., p. 65.

    16 Buffon, Époques de la Nature, dans Œuvres complètes de Buffon, Paris, 1824, t. 3, p. 357.

    17 Id., Second discours, dans Histoire naturelle, op. cit., p. 230.

    18 Stéphane Schmitt, « Introduction », dans Buffon, Œuvres, op. cit., p. XLV.

    19 Ibid.

    20 François Jacob, La logique du vivant, op. cit., p. 148 : « Le temps qu’imposent au monde vivant les cataclysmes de la terre reste extérieur aux êtres eux-mêmes. »

    21 Michel Foucault, Les mots et les choses, op. cit., p. 162.

    22 Buffon semble pourtant hésiter sur cette fixité d’espèce lorsqu’il considère le cheval comme un âne perfectionné. Voir Buffon, Histoire des animaux, dans Œuvres complètes, 3, Les mammifères, Paris, Chez Furne, 1837, p. 598.

    23 Id., Variétés dans l’espèce humaine, dans Œuvres, op. cit., p. 406.

    24 Amor Cherni, « Dégénération et dépravation : Rousseau chez Buffon », dans Jean Gayon, Buffon 88, Paris, Vrin, 1992, p. 145-153.

    25 François Jacob, La logique du vivant, op. cit., p. 154-155.

    26 Buffon, Les animaux domestiques, dans Œuvres, op. cit., p. 499.

    27 « L’empire de l’homme sur les animaux est un empire légitime, celui de l’esprit sur la matière ; il pense, et dès lors il est maître des êtres qui ne pensent point. » Ibid.

    28 Michèle Duchet, Anthropologie et histoire au siècle des Lumières, op. cit., p. 276.

    29 Buffon, Les époques de la nature, éd. par J. Roger, Paris, Mémoires du Muséum national d’histoire naturelle, 1962, p. 215.

    30 Michelle Duchet a bien souligné cet aspect de l’anthropologie de Buffon « qui donnait un fondement philosophique à un nouveau modèle de colonisation », Anthropologie et histoire au siècle des Lumières, op. cit., p. 280.

    31 Emma C. Spary, Utopia’s Garden. French Natural History from Old Regime to Revolution, Chicago, University of Chicago Press, 2000, p. 99 et suiv.

    32 Claude-Olivier Doron, Races et dégénérescence. L’émergence des savoirs sur l’homme anormal, thèse de doctorat, université Paris VII-Denis Diderot, 2011, p. 428 et suiv.

    33 M. de Lafont, Avis au peuple sur l’amélioration de ses terres et la santé, Avignon, 1775, p. 143, cité dans Claude-Olivier Doron, Races et dégénérescence, op. cit., p. 431.

    34 Ibid.

    35 Ibid., p. 441.

    36 Ibid., p. 484.

    37 Buffon, Histoire naturelle, op. cit., t. 4, p. 215.

    38 Id., Les époques de la nature, op. cit., p. 220.

    39 Id., Histoire naturelle, op. cit., t. 21, p. 67. « Le caractère de sa prééminence sur les autres animaux, c’est la perfectibilité de l’espèce entière », ibid., t. 22, p. xxij.

    40 Ibid.

    41 Ibid. L’auteur souligne.

    42 Comme le souligne Claude Blanckaert, « avec Buffon, l’anthropologie confirme que la perfectibilité est bien une caractéristique différentielle de l’humanité, qu’elle instaure sans autre partage une césure décisive entre l’univers animal et le théâtre des opérations humaines ». Claude Blanckaert, « Perfectibilité, sous conditions ? Éducation d’espèce, flexibilité d’organisation et échelle d’aptitude morale en anthropologie », dans Bertrand Binoche (dir.), L’homme perfectible, Seyssel, Champ Vallon (Milieux), 2004, p. 114-144, ici p. 125.

    43 Voir la démonstration de Blanckaert dans ibid., p. 127.

    44 Jean-Jacques Rousseau, Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes, dans Œuvres, Paris, Gallimard (Bibliothèque de la Pléiade), 1964, t. III, p. 152.

    45 Voir par exemple la lettre à M. Philopolis : « L’état de société découle de la nature du genre humain, non pas immédiatement, mais à l’aide des circonstances extérieures », Rousseau, Œuvres complètes, op. cit., t. III, p. 232.

    46 Franck Tinland, « État de nature et perfectibilité : l’effacement d’une origine », dans Bertrand Binoche (dir.), L’homme perfectible, op. cit., p. 59-90, ici p. 74.

    47 S. v. « Modification, modifier, modificatif, modifiable », dans L’Encylopédie, repris dans Diderot, Œuvres complètes, Paris, Hermann, 1976, t. VIII, p. 32.

    48 D’Holbach, Système de la nature, op. cit., vol. 1, p. 15.

    49 Ibid., p. 16 : « Toutes nos idées, nos volontés, nos actions sont des effets nécessaires de l’essence & des qualités que cette nature a mises en nous, & des circonstances par lesquelles elle nous oblige de passer & d’être modifiés. »

    50 Ibid., p. 55 : « Depuis l’huître engourdie jusqu’à l’homme actif & pensant, nous voyons une progression non interrompue, une chaîne perpétuelle de combinaisons & de mouvements. »

    51 Ibid., p. 25.

    52 Ibid., p. 101.

    53 Ibid., p. 73.

    54 D’Holbach, Discours préliminaire au système de la nature, cité dans Jeroom Vercruysse, Bicentenaire du système de la nature, Paris, Lettres modernes, 1970, p. 42.

    55 D’Holbach, Système de la nature, op. cit., p. 101.

    56 Ibid.

    57 Ibid., p. 118.

    58 Ibid., p. 104-105 : « Concluons que l’homme n’a point de raisons pour se croire un être privilégié dans la nature ; il est sujet aux mêmes vicissitudes que toutes les autres productions » ; p. 112 : « L’âme est sujette comme le corps aux vicissitudes que lui font subir les causes extérieures qui influent sur lui. »

    59 Ibid., p. 183.

    60 Comme le souligne Jean-Claude Bourdin, « développer, cultiver, corriger, altérer, perfectionner, toutes ces actions expriment l’aptitude à être modifié et rendent compte de tout développement ». Jean-Claude Bourdin, « Matérialisme et perfectibilité. D’Holbach et Helvétius », dans Bertrand Binoche (dir.), Les équivoques de la civilisation, Seyssel, Champ Vallon, 2005, p. 147-169, ici p. 157.

    61 D’Holbach, Le système de la nature, op. cit., p. 233.

    62 Helvétius, De l’esprit, op. cit., p. 591.

    63 Diderot, Le rêve de D’Alembert, op. cit., p. 59. Je souligne.

    64 Cabanis, Rapports du physique et du moral de l’homme, op. cit., p. 492, 601.

    Mésopolitique

    X Facebook Email

    Mésopolitique

    Ce livre est diffusé en accès ouvert freemium. L’accès à la lecture en ligne est disponible. L’accès aux versions PDF et ePub est réservé aux bibliothèques l’ayant acquis. Vous pouvez vous connecter à votre bibliothèque à l’adresse suivante : https://freemium.openedition.org/oebooks

    Suggérer l’acquisition à votre bibliothèque Acheter ce livre aux formats PDF et ePub

    Si vous avez des questions, vous pouvez nous écrire à access[at]openedition.org

    Mésopolitique

    Vérifiez si votre bibliothèque a déjà acquis ce livre : authentifiez-vous à OpenEdition Freemium for Books.

    Vous pouvez suggérer à votre bibliothèque d’acquérir un ou plusieurs livres publiés sur OpenEdition Books. N’hésitez pas à lui indiquer nos coordonnées : access[at]openedition.org

    Vous pouvez également nous indiquer, à l’aide du formulaire suivant, les coordonnées de votre bibliothèque afin que nous la contactions pour lui suggérer l’achat de ce livre. Les champs suivis de (*) sont obligatoires.

    Veuillez, s’il vous plaît, remplir tous les champs.

    La syntaxe de l’email est incorrecte.

    Référence numérique du chapitre

    Format

    Taylan, F. (2018). 3. Altérer, modifier, perfectionner. In Mésopolitique. Paris: Éditions de la Sorbonne. https://doi.org/10.4000/13fbr
    Taylan, Ferhat. « 3. Altérer, modifier, perfectionner ». In Mésopolitique. Paris: Éditions de la Sorbonne, 2018. doi:10.4000/13fbr.
    Taylan, Ferhat. « 3. Altérer, modifier, perfectionner ». Mésopolitique, Éditions de la Sorbonne, 2018, https://doi.org/10.4000/13fbr.

    Référence numérique du livre

    Format

    Taylan, F. (2018). Mésopolitique. Paris: Éditions de la Sorbonne. https://doi.org/10.4000/books.psorbonne.107440
    Taylan, Ferhat. Mésopolitique. Paris: Éditions de la Sorbonne, 2018. doi:10.4000/books.psorbonne.107440.
    Taylan, Ferhat. Mésopolitique. Éditions de la Sorbonne, 2018, https://doi.org/10.4000/books.psorbonne.107440.
    Compatible avec Zotero Zotero

    1 / 3

    Éditions de la Sorbonne

    Éditions de la Sorbonne

    • Mentions légales
    • Plan du site
    • Se connecter

    Suivez-nous

    • Facebook
    • Bluesky
    • Flux RSS

    URL : http://editionsdelasorbonne.fr/

    Email : edsorb@univ-paris1.fr

    OpenEdition
    • Candidater à OpenEdition Books
    • Connaître le programme OpenEdition Freemium
    • Commander des livres
    • S’abonner à la lettre d’OpenEdition
    • CGU d’OpenEdition Books
    • Accessibilité : partiellement conforme
    • Données personnelles
    • Gestion des cookies
    • Système de signalement