Qu’est-ce qu’un cheval de guerre dans l’Antiquité ?
L’apport des archives des cavaleries hellénistiques et de l’archéozoologie
p. 185-197
Texte intégral
1Par l’état lacunaire et dispersé des sources qu’il manipule, l’historien de l’Antiquité est habitué à manier un puzzle dont il manque les trois quarts des pièces, mais comment « penser du côté des animaux » lorsque l’on rencontre déjà de considérables difficultés à penser du côté des hommes ? Pour reconstituer le vécu animal, il est nécessaire d’identifier, parmi les sources de fabrication humaine, celles dans lesquelles l’homme porte un regard intéressé sur les animaux qui l’entourent et qui jouent, à son service, un rôle essentiel, souvent économique ou militaire. En cela, le cheval offre le corpus de sources le moins famélique car, en tant qu’animal de prestige étroitement associé aux élites et fidèle compagnon d’armes des cavaliers, il a bénéficié de plus de considération que les autres espèces1. Il a suscité une production littéraire poétique2 ou didactique3 plus abondante. Le prisme du regard de l’homme conditionne fortement cette littérature. Même si les chevaux apparaissent furtivement à l’arrière-plan des campagnes militaires et du quotidien des cavaliers, les auteurs sont rares à s’y intéresser et, mis à part Xénophon, décrivent peu leurs caractéristiques morphologiques, leur tempérament et leurs réactions.
2L’historien peut toutefois élargir son corpus à des sources administratives offrant un accès plus direct à l’animal parce qu’elles visent à enregistrer, pour le compte du pouvoir central, des données brutes, certes sélectionnées pour leur utilité, mais non interprétées. Les archives des cavaleries antiques ont presque toujours disparu parce que leurs supports sont périssables (les papyrus) ou recyclables (les tablettes de plomb). Pour autant, quelques découvertes ont fait connaître deux dossiers d’archives de l’époque hellénistique. C’est d’abord un papyrus du iiie siècle av. J.-C. (P. Petrie 2, 35) conservé en Égypte grâce au climat de la région et connu depuis le xixe siècle. Il porte un registre de chevaux de la cavalerie royale des Lagides daté de septembre 242 av. J.-C.4. Par ailleurs, dans les années 1960-1970, les missions archéologiques fouillant l’Agora d’Athènes et le quartier du Céramique découvrent, dans deux puits, des lots de tablettes de plomb du iiie siècle av. J.-C.5. Celles-ci contiennent des informations sur les chevaux des cavaliers athéniens actifs vers 250-230 av. J.-C. On dispose donc d’archives contemporaines offrant une photographie de deux cavaleries hellénistiques du milieu du iiie siècle av. J.-C., avec un ensemble de données exceptionnel sur les chevaux de guerre qui servent dans leurs rangs.
Les sources : les archives des cavaleries athénienne et lagide à l’époque hellénistique
3Les archives de la cavalerie athénienne se composent de deux lots de tablettes de plomb, l’un de 570 tablettes, découvert en 1965 par Karin Braun dans un puits du quartier du Céramique6, et l’autre de 111 tablettes, découvert en 1971 par John H. Kroll dans un puits de l’angle nord-ouest de l’agora. Sur le lot de l’Agora, 26 tablettes datent du milieu du ive siècle av. J.-C., tandis que toutes les autres concernent la cavalerie athénienne officiant dans les années 250-230 av. J.-C.7. Ces lamelles de plomb, pliées ou enroulées, portaient plusieurs informations : le nom au génitif du cavalier, parfois avec son démotique mais presque jamais son patronyme ; la couleur de la robe de son cheval ; la présence éventuelle d’une marque au fer distinctive sur le cheval ; une estimation de la valeur du cheval en centaines de drachmes et en numérotation acrophonique, parfois précédée de timè ou timèma pour indiquer la procédure d’évaluation.
Fig. 1. Tablette Kroll 37.

Dessin et photographie de John H. Kroll, « An Archive of the Athenian Cavalry », art. cité, p. 115 et pl. 36.
4La tablette reproduite ci-dessus (fig. 1) doit donc être comprise de la sorte : « (Le cheval) de Dioskouridès (du dème) d’Euônymôn, (robe) alezane, (marqué d’une) lyre, valeur 1 200 (drachmes). » Ces sources sont produites par les autorités d’Athènes à l’issue d’une procédure de timèsis (évaluation) des chevaux. Elle se déroule chaque année après la dokimasia (examen) des cavaliers et de leurs montures8. Les officiers de cavalerie, sous le contrôle du Conseil, estiment la valeur marchande de chaque cheval entre 100 et 1 200 drachmes. Si le cheval d’un cavalier vient à mourir en service pendant l’année, le cavalier est alors indemnisé sur la base de la dernière timèsis. C’est pourquoi ces lamelles de plomb sont conservées, probablement dans l’hipparcheion, le quartier général de la cavalerie athénienne situé au nord-ouest de l’Agora9. Certaines tablettes ont été utilisées plusieurs fois et, en temps normal, elles finissent par être fondues et recyclées. Contrairement aux habitudes et dans un contexte qui n’a pas été éclairci, les deux lots retrouvés ont été jetés au fond des puits à la fin du iiie siècle av. J.-C. Les tablettes couvrent plusieurs années de timèsis et présentent des formes matérielles et des formulaires légèrement variables qui laissent penser que la procédure se déroule au sein de chaque phylè (tribu) sous la surveillance de l’officier de cavalerie responsable (le phylarque), et avec un scribe différent. Il est toutefois impossible de replacer les différentes séries de tablettes dans une chronologie relative. Par ailleurs, l’absence de patronyme empêche souvent l’identification formelle des cavaliers et laisse planer un risque d’homonymie.
5Les chevaux sont caractérisés par trois critères – la robe, la marque et la valeur – mais il n’est pas plus aisé d’identifier des individus particuliers dans la mesure où aucun de ces critères n’est vraiment discriminant. La robe alezane domine très largement dans la cavalerie athénienne puisque près des deux tiers des chevaux – pour lesquels l’information est conservée – sont désignés comme pyrrhoi (362 sur 566). La valeur des chevaux n’est pas un critère fixe puisqu’elle évolue tout au long de leur carrière selon une courbe en cloche comme l’a montré Alexandre Blaineau, c’est-à-dire que le cheval, qui sert à partir de l’âge de 2-3 ans, prend d’abord progressivement de la valeur en fonction de la qualité de son dressage, puis celle-ci s’effondre rapidement en vieillissant, jusqu’à descendre assez bas – en dessous de 500 drachmes –, alors que le cheval est encore en état de servir dans la cavalerie10. Le seul critère pérenne est la marque au fer rouge présente sur la croupe de l’animal et qui permet de signaler le lien de propriété ou l’appartenance à un élevage11. Si cette provenance est prestigieuse, la marque peut agir comme un label de qualité12. En principe, ce marquage est définitif, mais plus d’un quart des chevaux pour lesquels nous disposons de l’information (154 sur 550) ne sont pas marqués mais déclarés asèmoi (sans marque). À partir de là, il n’est possible d’isoler des destins individuels de chevaux qu’à partir d’une combinaison de robes et de marques d’une certaine rareté. Et encore, le risque qu’il s’agisse de chevaux différents demeure. Alexandre Blaineau a proposé de restituer quelques parcours individuels de chevaux de cavalerie changeant de maîtres plusieurs fois tout au long de leur carrière. Il met ainsi en évidence l’existence d’un « marché du cheval d’occasion » par lequel les cavaliers riches qui ont les moyens de renouveler régulièrement leur destrier cèdent à des cavaliers moins aisés – ou moins dépensiers – leurs anciennes montures, certes moins fringantes mais toujours aptes au service13. Nous reprenons ci-dessous son hypothèse à propos du cheval pyrrhos de Dioskouridès, celui de notre exemple précédent14 (tableau 1) :
Tableau 1. La carrière du cheval pyrrhos lyra de Dioskouridès d’Euônymôn
Tablette | Cavalier | Robe | Marque | Valeur |
Braun 196 | Theodôros d’Alop(ekè) ? | Pyrrhos | Lyra | 500 |
Braun 113 | Dioskouridès | Pyrrhos | Lyra | 1200 |
Braun 114 | Dioskouridès d’Euônymôn | Pyrrhos | Lyra | 1200 |
Kroll 37 | Dioskouridès d’Euônym(ôn) | Pyrrhos | Lyra | 1200 |
Kroll 59 b | Konôn | Pyrrhos | Lyra | 1200 |
Kroll 71 | Konôn d’Alopekè | Pyrrhos | Lyra | 600 |
6En dépit des difficultés d’analyse (absence de chronologie, incertitude quant à l’identification des individus), cette source se prête bien à une étude statistique dont on peut tirer plusieurs conclusions.
7Concernant l’apparence du cheval, l’écrasante majorité des chevaux arbore une robe aux tons roux/alezane (pyrrhos : 362 sur 566) tandis que les autres robes sont relativement rares : noir (melas : 80 sur 566) ; roux cendré (parôias : 68 sur 566) ; blanc (leukos : 20 sur 566)15. La rareté des robes noire et blanche explique leur caractère prestigieux. Les auteurs anciens ont progressivement affirmé que Bucéphale, le cheval d’Alexandre, était noir alors que des sources plus anciennes le représentent pyrrhos16. Par ailleurs, la robe blanche est valorisée par les Perses qui entretiennent des élevages sélectifs produisant des chevaux blancs destinés à être consacrés au soleil17.
8Les marques évoquent l’origine du cheval et les conditions dans lesquelles il a grandi puisqu’elles sont des marques de propriété appliquées au fer rouge sur la croupe de chevaux élevés en semi-liberté dans de vastes pâturages publics. La marque sert donc à la fois à identifier le propriétaire du cheval et à calculer le montant de la taxe qu’il doit payer à la cité18. Le cheval grandit au contact de ses congénères jusqu’à ce qu’il soit capturé par l’éleveur – comme aujourd’hui en Camargue –, marqué, dressé puis vendu, opération commerciale pendant laquelle ce sont les chevaux et leurs maquignons qui se déplacent sur les marchés. Peu de marques peuvent être associées à un lieu particulier (seulement 5 sur 5619), mais elles permettent de voir qu’une partie des chevaux vient d’assez loin (Thessalie20, Macédoine21, Péloponnèse22) et qu’ils quittent pour la première fois les gras pâturages où ils ont grandi pour rejoindre l’écurie de leur nouveau maître (fig. 2).
Fig. 2. L’origine des chevaux de la cavalerie athénienne d’après les marques d’éleveur dans les tablettes d’archive.

Les marques dont l’origine est identifiée (les marques du ive siècle figurent entre crochets)
‐ Marqués du caducée (kèrukeion), 6 chevaux : Braun 222, 240, 411, 443 ; Kroll [14], [17] > marque des élevages royaux de Macédoine
‐ Marqués de la double hache (pelekus ou pelux, 19 chevaux : Braun 120, 126, 132, 170, 178, 154, 307, 348, 371, 392, 393, 444, 502 ; Kroll [6], 28, 51, 55, 64a, 67b > élevage de Phères
‐ Marqués du centaure (kentauros), 7-8 chevaux : Braun 84, 148, 334, 350, 351 ?, 391, 419 ; Kroll 69 > élevage de Larissa
‐ Marqués de la tête de bœuf (boukephalas), 10 chevaux : Braun 45, 50, 88.1, 92, 158, 236, 458, 459 ; Kroll 43, 106 > élevage de Pharsale
‐ Marqués du san (san ou sanphoras), 11 chevaux : Braun 57, 98, 122, 396, 403, 486 ; Kroll [3], [21a], 27, 59, 70 > élevage de Sicyone
‐ Marqués de l’« arcadien » (arkas), 4 chevaux : Braun 404, 407 ; Kroll 85, 89 > élevage d’Arcadie ?
Source : Fond de carte modifié par l’auteur à partir de celui de Marsyas (Wikicommons) CC-BY-SA 3.0.
9La valeur attribuée au cheval est une donnée purement humaine mais le fait que le cheval soit l’objet d’une procédure annuelle de timèsis et de dokimasia montre que la relation entre le cavalier et l’animal est étroitement contrôlée par la cité et que le cavalier doit s’occuper convenablement de sa monture (soins, alimentation, entraînement) sous peine de sanctions23.
10À la même époque, en Égypte, le roi Ptolémée III Évergète assure aussi un certain contrôle sur ses cavaliers. Contrairement aux cavaliers athéniens, les membres de la cavalerie lagide n’ont pas besoin d’acheter des chevaux de guerre puisque ceux-ci leur sont fournis par la monarchie qui possède, dans la vallée du Nil, d’importants haras (hippotrophia)24. Les chevaux étant des biens de la Couronne, l’administration royale n’a nul besoin d’indemniser les cavaliers qui perdent les leurs. Elle procède toutefois à l’enregistrement des chevaux distribués aux cavaliers afin de pouvoir contrôler, lors des revues annuelles, que ces derniers prennent bien soin de leurs montures25. Ainsi, le papyrus P. Petrie 2, 35 consigne plusieurs informations sur les chevaux confiés à des cavaliers mercenaires dans les années 240 av. J.-C. Là où les officiers athéniens font enregistrer des informations basiques garantissant un système d’assurance – la valeur du cheval est la donnée la plus importante –, les administrateurs lagides doivent rassembler suffisamment de détails précis pour identifier sans ambiguïté les cavaliers bénéficiaires ainsi que les chevaux royaux dont ils sont responsables (tableau 2).
Tableau 2. Les données enregistrées dans une archive de la cavalerie lagide dans le Fayoum (P. Petrie 2.35 A-15 septembre 242 av. J.-C.)
P. Petrie | Nom du cavalier | Ethnique du cavalier | Grade du cavalier | Âge du cheval | Couleur de la robe | Sexe |
1 | […] | […] | NA | […] | Πυρρός φαλιός | M ? |
2 | Apollônios | Dolope | NA | Πρωτοβόλος | Παρόας | F |
3 | Hermaiskos | Cyrénéen | NA | Πρωτοβόλος | Παρούας | F |
4 | Aristaios | Laconien | NA | Πρωτοβόλος | Πυρρά ψακάδισσα | F |
5 | Timodêmos | Cyrénéen | Lochage | Πρωτοβόλος | Μελανοσπαλάκισσα | F |
6 | Têres | Thrace | Dekanikos | Πρωτοβόλος | Μαλοπάρουας | F |
7 | Polemôn | Perse | Epilarque | Πρωτοβόλος | […] | F |
8a | Aristoklês | Olynthien | NA | Πρωτοβόλος | Πυρρά φαλιά ψακάδισσα | F |
8b | Πῶλος μηνῶν ς | Πυρρὰ | F | |||
9 | […] | |||||
10 | Melanthios | Héracléote | Lochage | Πρωτοβόλος | Μέλαινα λεπρός γαλοῦχος | F |
11 | Attalos | Thrace | Dékanikos | […] | ||
12 | Athanôr | […] | NA | […] | ||
13a | […] ῶνιος | Apolloniate | NA | Πρωτοβόλος | Σπαλακ[ισσα]ν | F ? |
13b | Πῶλος | […] | F | |||
14 | Eubiotos | Larisséen | NA | […] ναβολος | Πυρρά ψ̣α̣κ̣α̣δ̣ι̣σ̣χ̣ίο̣ι̣ς̣ | F |
15 | […] | Πρωτοβόλος | Παρούας | F | ||
16 | […] | Béotien | NA | […] | […] | M |
17 | […] | Arcadien | NA | […] | Λευκός | M |
11Le registre offre d’abord un éventail de robes plus large, intégrant les couleurs unies et fréquentes attestées à Athènes, mais aussi des robes composées ou décrites avec leurs nuances et leurs taches (tableau 3). Là où les officiers athéniens ne retiennent que la couleur dominante et classent les chevaux dans quelques grandes catégories, les administrateurs lagides font davantage ressortir les singularités de chaque animal26. La monture no 10 est d’ailleurs qualifiée de « jument noire atteinte de pelade, allaitant27 ».
Tableau 3. les couleurs des robes chevalines enregistrées dans le papyrus P. Petrie 2.35
Robes simples | Robes composées | Présence de taches |
Παρώας | Σπάλακα | Πυρρός φαλιός |
Πυρρός | Μελανοσπαλάκισσα | Πυρρά ψακάδισσα (alezane tachetée) |
Λευκός | Μαλοπάρουας | Μελάμψωρος |
Μέλαινα | - | Πυρρά ψ̣α̣κ̣α̣δ̣ι̣σ̣χ̣ίο̣ι̣ς̣ (alezane aux hanches tachetées) |
- | - | Πυρρά φαλιά ψακάδισσα (alezane pie tachetée) |
12Dans la même logique d’individualisation, l’administration royale enregistre aussi le sexe des chevaux et leur âge. On constate ainsi que les juments sont largement majoritaires (13 sur 16). Il n’y a toutefois pas de règle en la matière puisqu’on retrouve aussi fréquemment des étalons dans les sources. En outre, hormis deux poulains distribués en supplément (8 b âgé de 5 mois et 13 b), tous les chevaux sont dits prôtobolon, c’est-à-dire qu’ils viennent de perdre leurs premières dents de lait et qu’ils sont âgés entre 2 et 3 ans28. Le fait de transférer très tôt le cheval vers l’écurie de son cavalier permet non seulement à la monarchie d’en déléguer l’entretien mais aussi d’établir une familiarité entre le cavalier et son cheval, favorisant ainsi les conditions du dressage militaire. En revanche, les registres lagides ne retiennent pas le critère de la marque au fer car les chevaux sortent des haras royaux et arborent donc probablement tous une marque royale, comme le caducée en Macédoine.
13Ces archives antiques sont donc précieuses pour reconstituer les caractéristiques morphologiques de l’animal (couleur de robe, sexe), mais aussi son vécu grâce à l’indication de sa provenance (la marque d’éleveur), l’âge auquel il rejoint l’écurie de son maître, les modalités de sa participation au protocole administratif (timèsis) et militaire (dokimasia, revue annuelle), et enfin son éventuel transfert d’un cavalier à un autre en fonction de l’évolution de sa valeur marchande. Or, ces données peuvent être utilement croisées avec d’autres sources non littéraires et, cette fois, proprement animales : les ossements des chevaux inhumés.
L’apport des sources archéozoologiques
14D’abord développée par les préhistoriens pour mieux comprendre l’alimentation humaine, l’approche archéozoologique s’est étendue, à la fin du xxe siècle, aux périodes historiques. La découverte d’ossements de plusieurs chevaux parmi les vestiges du bûcher funéraire de la tombe II – généralement reconnue comme étant celle de Philippe II – dans le Grand Tumulus de Vergina (Aigai) a jeté une lumière nouvelle sur les inhumations de chevaux dans les tombes aristocratiques de Grèce29. Depuis vingt ans, les fouilles conduites dans différentes nécropoles de Macédoine ont multiplié les découvertes de chevaux, parfois incinérés conformément au modèle homérique des funérailles de Patrocle30, mais plus souvent déposés à l’intérieur ou à proximité de tombes anthropiques31. Cette pratique funéraire est attestée avec une remarquable continuité en Grèce du Nord jusqu’au iiie siècle av. J.-C. et en Thrace jusqu’à l’époque impériale. Nous avons rassemblé ci-dessous les découvertes qui sont chronologiquement les plus proches des archives présentées plus haut (ive siècle-début iiie siècle av. J.-C). Les études de ce matériel archéozoologique fournissent aujourd’hui de nombreuses informations sur les chevaux : leur morphologie, leur alimentation, leurs éventuelles pathologies ou traumatismes, et les conditions de leur décès (tableau 4).
15Ni les sources littéraires ni l’iconographie n’avaient jusqu’alors permis aux chercheurs de trancher la question de la taille des chevaux grecs de l’Antiquité32. Les squelettes référencés ci-dessus montrent que, au début de l’époque hellénistique, les montures des cavaliers macédoniens mesurent entre 140 et 150 cm au garrot, avec parfois quelques individus – peut-être allogènes33 – atteignant 160 cm. Il existe aussi des chevaux plus petits – entre 120 et 140 cm –, mais ils sont affectés à la traction des attelages34 et ne sont vraisemblablement pas sélectionnés pour la guerre. Considéré par ses contemporains comme un « grand cheval », Bucéphale, le destrier d’Alexandre, devait à peine sortir de notre catégorie moderne de « poneys35 ». Les Grecs sont sensibles à la diversité des morphotypes coexistant en Europe et en Orient. L’idée d’opérer des croisements ne leur est pas étrangère. On sait que Philippe II a eu le projet de ramener des milliers de juments poulinières scythes pour les accoupler avec les étalons macédoniens36 et, quelques années plus tard, Alexandre s’empare, sur le plateau iranien, des haras royaux de Médie où l’on élève les fameux chevaux dits « néséens » de gros gabarit (environ 500 kilos)37.
16Par ailleurs, les analyses ostéologiques apportent de nouvelles informations sur leurs conditions de vie. Certains chevaux sont encore jeunes (3-5 ans) lorsqu’ils sont inhumés, ce qui confirme qu’ils servent à la guerre peu de temps après avoir perdu leurs premières dents de lait, vers 2,5 ans. Les exercices répétés sur des sols durs ont engendré certaines pathologies identifiables sur les squelettes, car les os des pieds et des jambes antérieurs sont soumis à de fortes pressions. En revanche, comme l’a montré Theodore G. Antikas, les Grecs savent déjà gérer les problèmes de fracture au ive siècle av. J.-C. : victime d’une fracture du métacarpe gauche, une jument de trait inhumée à Sindos a bénéficié d’une immobilisation de la jambe blessée et d’un bandage pendant au moins trois ou quatre mois. Elle est ensuite retournée au travail et a encore vécu entre deux et cinq ans avant de mourir38. Les analyses radio-isotopiques de Theodore G. Antikas ont par ailleurs révélé que l’alimentation des chevaux de Sindos se composait en partie de protéines de poisson39, ce qui confirme les propos d’Hérodote selon lesquels les habitants des villages lacustres de Macédoine du Nord « nourrissent leurs chevaux et les autres animaux d’élevage avec le poisson qui est si abondant40 ».
17Enfin, même si ce n’est pas le destin de la majorité des chevaux, ceux que l’on retrouve en contexte funéraire ont été, le plus souvent, mis à mort à l’occasion des funérailles de leur maître. Il s’agit d’un rite d’accompagnement qui se traduit, pour l’animal, par une mort violente infligée par un coup perforant porté au front ou au thorax41.
18Même si la tâche présente quelques difficultés méthodologiques, « penser du côté » d’un cheval de l’Antiquité n’est pas une entreprise vouée à l’échec par manque de sources. Outre les œuvres littéraires dont les auteurs nourrissent parfois une curiosité sincère pour les animaux42, l’historien dispose de sources administratives moins influencées par l’imaginaire humain et de sources archéozoologiques permettant un accès encore plus direct à l’animal. On peut, dès lors, les rapprocher des récits des historiens – contemporains comme Polybe ou d’époque impériale comme Diodore, Quinte-Curce, Arrien et Justin – qui fournissent d’abondants renseignements sur le déroulement des campagnes militaires hellénistiques. Il serait ainsi possible de reconstituer le vécu de ces milliers de chevaux de guerre accompagnant les armées hellénistiques. Rendre à l’animal sa place d’acteur aux côtés de l’homme nécessite d’abord de définir l’animal en question. Les chevaux varient d’une région à l’autre et ont évolué dans le temps, ce qui rend nécessaire une réflexion morpho-éthologique en tenant compte de leur environnement naturel (le milieu dans lequel ils ont grandi) et social (les relations qu’ils ont pu tisser avec leurs congénères ou avec l’homme). Les conditions d’élevage et de dressage n’ont pas manqué d’influer sur leur vécu et donc sur leurs comportements, de même que l’expérience plus ou moins traumatique du combat.
19Il reste difficile d’identifier des parcours individuels de chevaux de guerre sur un temps suffisamment long pour envisager une « biographie animale », comme Éric Baratay l’a fait avec Warrior, le cheval de Jack Seely pendant la Première Guerre mondiale43. Toutefois, cette entreprise serait certainement envisageable pour quelques animaux célèbres dont l’histoire se confond avec celle de leur maître, à l’instar de Bucéphale, le cheval d’Alexandre. Il faudrait alors envisager un double objectif : d’une part, démêler les informations historiques des légendes agrégées par la suite autour de cette figure animale héroïsée – cela a été récemment entrepris par Christophe Chandezon44 – et, d’autre part, essayer d’aller chercher le « point de vue » de Bucéphale derrière celui d’Alexandre, ce qui permettrait de mieux comprendre le rôle joué par les équidés dans les guerres de l’époque hellénistique. Cela reste encore à faire.
Notes de bas de page
1 Renouvelée dans les années 1980-1990, l’historiographie sur les cavaleries grecques a montré comment l’équitation militaire est progressivement devenue, aux ve-ive siècles, un sujet d’intérêt pour les cités voulant se doter de cavaleries utiles à la défense du territoire et pour certaines élites qui ont trouvé, dans la culture équestre militaire, un moyen d’entretenir leur prestige social tout en servant la patrie : Glenn R. Bugh, The Horsemen of Athens, Princeton, Princeton University Press, 1988 ; Ian G. Spence, The Cavalry of Classical Greece. A Social and Military History with Particular Reference to Athens, Oxford, Clarendon Press, 1993 (essentiellement sur Athènes) ; Leslie J. Worley, Hippeis: The Cavalry of Ancient Greece, Boulder, Westview Press, 1994 (sur le temps long des Mycéniens jusqu’au ive siècle av. J.-C.) ; ce sont les principales études sur les cavaleries classiques mais elles ont tendance à reléguer les chevaux au second plan, un tort réparé par Alexandre Blaineau, Le cheval de guerre en Grèce ancienne, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2015.
2 Voir les épinicies de victoires hippiques, en particulier le recueil dit du « nouveau Posidippe » découvert en 2001 sur le Papyrus de Milan (P. Mil. Vogl. VIII 309) et attribué à Poseidippos de Pella, un poète actif dans la première moitié du iiie siècle av. J.-C. : Guido Bastianini, Claudio Gallazzi (éd.), Posidippo di Pella. Epigrammi : (P. Mil. Vogl. VIII 309), Milan, LED, 2001.
3 Voir en particulier les traités de Xénophon, De l’art équestre et Le commandant de cavalerie. En réalité, toute l’œuvre de Xénophon recèle de nombreuses observations et remarques sur les chevaux, voir Alexandre Blaineau, Le cheval de guerre, op. cit., qui en fait sa source principale, et la contribution de Christophe Chandezon dans ce volume, p. 63-72.
4 Sandra Scheuble-Reiter, Die Katökenreiter im Ptolemaïschen Ägypten, Munich, Beck, 2012, p. 105-106 (abrégé ici P. Petrie).
5 Karin Braun, « Der Dipylon. Brunnen B. Die Funde », MDAI(A), 85, 1970, p. 129-269, pour le lot du Céramique, et John H. Kroll, « An Archive of the Athenian Cavalry », Hesperia, 46, 1977, p. 83-140, pour le lot de l’Agora.
6 Karin Braun, « Der Dipylon. Brunnen B. Die Funde », art. cité.
7 John H. Kroll, « An Archive of the Athenian Cavalry », art. cité.
8 Sur la timèsis, voir ibid., p. 85-86 et 98-99, et les objections d’Alexandre Blaineau, Le cheval de guerre, op. cit., p. 235-243. Sur la dokimasia, voir la synthèse de ce dernier, ibid., p. 31-33.
9 John H. Kroll, « An Archive of the Athenian Cavalry », art. cité, p. 84-85.
10 Alexandre Blaineau (Le cheval de guerre, op. cit., p. 233-258), a ainsi montré que le système, imaginé par John H. Kroll, de décote annuelle de cent drachmes était controuvé.
11 Sur le marquage, voir Christophe Chandezon, L’élevage en Grèce, fin ve-fin ier siècle av. J.-C. : l’apport des sources épigraphiques, Bordeaux, Ausonius, 2003, p. 43-44 ; Isabelle Villeveygoux, « Marques au fer et amulettes : identifier et protéger les chevaux », dans Marie-Thérèse Cam (dir.), La médecine vétérinaire antique. Sources écrites, archéologiques, iconographiques, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2007, p. 45-49 ; Alexandre Blaineau, Le cheval de guerre, op. cit., p. 129-131.
12 Ainsi, un koppatias de Corinthe, un sanphoras de Sicyone ou un boukephalas de Pharsale sont des chevaux renommés et coûteux, montures de prestige pour des riches hippotrophoi : Alexandre Blaineau, Le cheval de guerre, op. cit., p. 245, et Christophe Chandezon, « Bucéphale et Alexandre. Histoire, imaginaire et images de rois et de chevaux », dans Armelle Gardeisen, Emmanuelle Furet, Nicolas Boulbes (dir.), Histoire d’équidés, des textes, des images et des os, Lattes, Éd. de l’Association pour le développement de l’archéologie en Languedoc-Roussillon (Monographies d’archéologie méditerranéenne, hors-série 4), 2010, p. 179.
13 Sur le marché du cheval à Athènes, Alexandre Blaineau, Le cheval de guerre, op. cit., p. 222-224.
14 Ibid., p. 253-254 et tableau 13.
15 Sur les robes des chevaux, ibid., p. 52-62.
16 Christophe Chandezon (« Alexandre et Bucéphale », art. cité, p. 181-183) utilise la mosaïque de la « bataille d’Alexandre » découverte comme pavement dans une abside de la maison du Faune à Pompéi. Cette œuvre reproduit sans doute une peinture de l’époque des Diadoques.
17 Marcel Gabrielli, Le cheval dans l’empire achéménide, Istanbul, Ege Yayinlari, 2006, p. 23-25.
18 Le procédé est bien établi grâce à l’inscription du règlement de la dette d’Orchomène pour Eubôlos d’Élatée : Christophe Chandezon, L’élevage en Grèce, op. cit., no 7 ; Alexandre Blaineau, Le cheval de guerre, op. cit., p. 127-137. L’inscription décrit une réalité du territoire béotien, mais il devait en être de même dans toutes les cités qui disposaient de vastes pâturages publics, ainsi les hippobotoi (pacages aux chevaux) identifiés au nord du lac Boibè entre Phères et Larissa en Thessalie par Bruno Helly, Géographie et histoire des Magnètes, 1, De la plaine thessalienne aux cités de la côte égéenne (ca 750-ca 300 av. J.-C.), Sainte-Colombe-sur-Gand, La Rumeur libre, 2013, p. 126-128.
19 Sur 56 marques mentionnées dans les tablettes, seules 5 peuvent être associées à des régions (celles qui apparaissent dans la figure suivante). Pour les 51 autres marques, on ignore complètement leur origine.
20 Plusieurs marques ont pu être rapportées à des élevages de Thessalie : la double hache, qui est un symbole d’éleveurs de Phères (Karin Braun [« Der Dipylon. Brunnen B. Die Funde », art. cité, p. 261, Z 33] identifie cette marque sur les monnaies d’Alexandre de Phères), le centaure de Larissa (d’après le scholiaste de Lucien, Contre le bibliomane ignorant, 5, voir ibid., p. 258, Z 15) et la tête de bœuf de Pharsale (d’après Etymologicum Magnum 207, 55), et l’histoire de Bucéphale, qui est un cheval marqué du boukephalas et provient d’un élevage de Pharsale, voir John H. Kroll, « An Archive of the Athenian Cavalry », art. cité, p. 86 ; Christophe Chandezon, « Bucéphale et Alexandre », art. cité, p. 178-179.
21 La marque au caducée apparaît sur la croupe de certains chevaux des monnaies d’Alexandre Ier de Macédoine : Karin Braun, « Der Dipylon. Brunnen B. Die Funde », art. cité, p. 258-259, Z 18.
22 La marque du san provient de Sicyone (Aristophane, Cavaliers, 603 ; Nuées, 122 et 1298 ; Photios, s. v. « σαµφόρας » ; voir Karin Braun, « Der Dipylon. Brunnen B. Die Funde », art. cité, p. 261-262, Z 41) et celle de l’arkas du Péloponnèse (ibid., p. 257, Z 6).
23 Alexandre Blaineau, Le cheval de guerre, op. cit., p. 231-233.
24 Les hippotrophia royaux sont attestés dans le nome Arsinoïte (P. Hib. 118, l. 17-20 et 32, ca 250 av. J.-C. et P. Hib. 162, daté de 228-227 av. J.-C.) et le nome Héracléopolite (P. Petrie 3, 62 b, iiie siècle). Les documents les plus éloquents sont ceux par lesquels Pétosiris, hippotrophos chargé de nourrir les chevaux royaux (basilikoi hippoi) dans le haras de Crocodilopolis du nome Arsinoïte, accuse réception d’importantes quantités de fourrage. Voir Sandra Scheuble-Reiter, Die Katökenreiter im Ptolemaïschen Ägypten, op. cit., p. 99.
25 Tout le système, dont la compréhension était rendue difficile par les abréviations du scribe, a été éclairé par John P. Mahaffy dans la publication The Flinders Papyri en 1891. Voir les commentaires plus récents de Sandra Scheuble-Reiter, Die Katökenreiter im Ptolemaïschen Ägypten, op. cit., p. 105-106.
26 Sur les robes des chevaux, voir le travail d’Alexandre Blaineau, Le cheval de guerre, op. cit., p. 50-62, que nous utilisons ici.
27 Voir la lecture de Marcel Launey, Recherches sur les armées hellénistiques, Paris, De Boccard, 1987 [1re éd. 1949-1950], p. 705-706, n. 1.
28 Xénophon, Art équestre, 3, 1.
29 Theodore G. Antikas, Thomas Alifakiotis, « Was the Burial of Bucephalas for Real? Recent Finds of Horse Burials in King Philip’s Tomb at the Great Tumulus of Aigai, Greece », dans Keith Dobney, Terence P. O’Connor (éd.), Bones and the Man. Studies in Honour of Don Brothwell, Oxford, Oxbow Books, 2002, p. 72-78.
30 Sur la participation animale au rite de crémation homérique (inspirant le bûcher de Philippe II), voir Theodore G. Antikas, Thomas Alifakiotis, « Was the Burial of Bucephalas for Real? », art. cité, p. 75-77 ; François Poplin, « L’homme et l’animal dans le bûcher de Patrocle (Iliade, XXIII) », Archeozoologica, 21, 1995, p. 253-265.
31 Penelope Malama, Armelle Gardeisen, « Inhumations d’équidés dans la nécropole orientale d’Amphipolis, Grèce », dans Armelle Gardeisen (éd.), Les équidés dans le monde méditerranéen antique, Lattes, Éd. de l’Association pour le développement de l’archéologie en Languedoc-Roussillon, 2005, p. 161-181. Les auteures remarquent (notamment p. 176) qu’à Amphipolis, les chevaux sont déposés dans des fosses proches mais distinctes, peu creusées et aménagées avec moins de soin.
32 C’est un débat ancien résumé dans Alexandre Blaineau, Le cheval de guerre, op. cit., p. 42-50.
33 Penelope Malama et Armelle Gardeisen (« Inhumations d’équidés », art. cité, p. 176) estiment qu’à Amphipolis, les individus dont la taille au garrot dépasse 140 cm pourraient être des chevaux scythes ou orientaux. En revanche, Theodore G. Antikas (« They didn’t shoot Horses: Fracture Management in a Horse of the 5th Century BCE from Sindos, Central Macedonia, Greece », Veterinarija Ir Zootechnika, 42, 2008, p. 24-27) voit les chevaux de Sindos (nos 9 et 10 du tableau) comme relevant du morphotype thessalien.
34 Theodore G. Antikas (« The Honor to be Buried with Horses from Mycenaean Nemea to Macedonian Vergina », dans Armelle Gardeisen [éd.], Les équidés dans le monde méditerranéen antique, op. cit., p. 143-144) relève l’inhumation, dans une ferme de Lagyna, de trois chevaux de trait probablement tués par épuisement au travail. Par ailleurs, Theodore G. Antikas (« They didn’t shoot Horses », art. cité, p. 25-26) étudie le cas d’une jument de 130-135 cm, employée à l’attelage et inhumée dans la nécropole de Sindos.
35 Arrien (Anab., 5, 19, 5) dit de Bucéphale qu’il était d’une haute taille. Sur les autres caractéristiques physiques de Bucéphale, voir Christophe Chandezon, « Alexandre et Bucéphale », art. cité, p. 181-183.
36 Justin 9, 2, 14-16.
37 Voir Marcel Gabrielli, Le cheval dans l’empire achéménide, op. cit., p. 60-61, pour le calcul du poids des chevaux néséens à partir des rations distribuées aux chevaux et enregistrées sur les tablettes d’archive de Persépolis.
38 Theodore G. Antikas, « They didn’t shoot Horses », art. cité.
39 Id., « Fish eating Horses in Central Macedonia of the 5th Century BCE: Was Herodotus finally right? », Veterinarija Ir Zootechnika, 44, 2008, p. 31-37.
40 Hérodote 5, 16.
41 Perforation de l’os frontal (chevaux nos 1 et 2 du tableau) et du thorax (cheval no 3).
42 Voir la contribution de Christophe Chandezon à propos de l’Anabase de Xénophon dans ce volume, p. 63-72.
43 Éric Baratay, Biographies animales. Des vies retrouvées, Paris, Seuil, 2017.
44 Christophe Chandezon, « Alexandre et Bucéphale », art. cité.
Auteur
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Jérémy Clément
Jérémy Clément, docteur en histoire, université Paul-Valéry, Montpellier, Ater à l’université Aix-Marseille, a consacré sa thèse aux Cultures équestres du monde hellénistique. Une histoire culturelle de la guerre à cheval (ca 350-ca 50 av. J.-C.), 2018, et a publié « Quelques aspects de l’éducation cavalière dans les cités grecques (ve-ier siècle av. J.-C.) », Quaderni del Rama d’Oro, 9, 2017, p. 1-37.
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