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    Plan détaillé Texte intégral Le mouvement général de la population ouest‑allemande (1949‑1965) évolution du mouvement naturel Bibliographie Notes de bas de page Auteur

    L'Allemagne de Konrad Adenauer

    Ce livre est recensé par

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    Table des matières

    évolution démographique de la République fédérale d’Allemagne (1949 ‑ 1965)

    Michel Hubert

    p. 7-24

    Texte intégral Le mouvement général de la population ouest‑allemande (1949‑1965) évolution du mouvement naturel Les naissances La fécondité Les décès Les mouvements géographiques de population (1949‑1965) La migration Est‑Ouest Les fluctuations du mouvement migratoire avec l’étranger Bibliographie Notes de bas de page Auteur

    Texte intégral

    1S’il est vrai que sur le plan politique et économique 1965 n’est pas pour la République fédérale une année particulièrement marquante, en revanche, dans l’histoire démographique du pays c’est vraisemblablement la date la plus importante de l’après-guerre. à ce moment, en effet, s’achève le grand mouvement de croissance de la population ouest‑allemande – mouvement qui, amplifié par l’immigration, renoue pour la première fois de façon durable avec l’expansion du xixe siècle. C’est également en 1965 que l’augmentation de la population par excédent naturel atteint son apogée, alors même que se précise un vieillissement irréversible de la structure par âge et une modification radicale du régime démographique qui, quinze ans plus tard, feront de la République fédérale le pays le moins fécond du monde.

    Le mouvement général de la population ouest‑allemande (1949‑1965)

    2Au 31 décembre 1965 la population de la République fédérale s’élevait à 59,3 millions de personnes1. Par rapport au 31 décembre 1950, date à laquelle la RFA comptait 50,3 millions d’habitants, cela représente une augmentation de 9 millions, soit 18 % ; par rapport à 1949 l’augmentation est de 10,1 millions, soit 20,5 %, et si l’on prend pour base de référence l’année 1939 où la population résidant sur le territoire de l’actuelle RFA pouvait être évaluée à 43 millions, l’augmentation est en 1965 de 16,3 millions d’habitants, soit 38 %2.

    3Dans le même temps, on note une croissance considérable de la densité : 173 habitants au km2 en 1939, 198 en 1949, 203 en 1950 et 239 en 1965.

    4Cette croissance en chiffres absolus constitue la quatrième étape d’un processus d’expansion démographique entamé au début du xixe siècle, parallèlement à l’industrialisation.

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    5La première phase, de 1816 à 1871, était celle d’une croissance constante certes, mais relativement modérée : le tracé régulier des courbes (cf. graphique 1) ne rend guère compte en la matière des accidents conjoncturels que provoquent famines, épidémies, soubresauts politiques et guerres, mais qu’une étude de l’émigration – massive à cette époque – révèle aisément.

    6De 1871 à 1914, la croissance de l’Allemagne est à l’image de son prodigieux essor économique, et ce en dépit d’une poursuite de l’émigration jusque dans les années quatre‑vingt‑dix. Alors que la fécondité française décline depuis plus d’un siècle et que le recul de la natalité devient évident en Grande‑Bretagne vers 1880, l’Allemagne de Guillaume II semble poursuivre son accumulation démographique. tout en fournissant un contingent important à l’émigration européenne vers les Amériques.

    7Pourtant la troisième phase, celle correspondant à l’entre-deux-guerres, fait apparaître qu’un changement radical de régime démographique est intervenu dès la fin du xixe siècle – les courbes de fécondité s’effondrent en l’espace d’une génération, la croissance du mouvement naturel se ralentit, tandis que s’accélère le vieillissement du peuple allemand. La politique démographique du IIIe Reich parviendra à infléchir quelque peu cette évolution, mais le conflit mondial bouleversera à nouveau les données.

    8La quatrième phase, celle de l’après‑guerre et de la reconstruction qui s’achève en 1965, est pour la République fédérale une période de reprise dans la croissance du mouvement naturel, phénomène que connaissent également les autres pays européens.

    9Toutefois l’évolution de la population ouest‑allemande témoigne de caractères bien spécifiques : c’est ce que révèle l’examen de la pyramide des âges en 1965.

    10L’on y voit tout d’abord de façon particulièrement saisissante la répercussion des deux guerres mondiales sur la population allemande. Les deux conflits ont globalement entraîné une sous-représentation masculine pour les classes d’âges allant, en 1965, de 37 à 78 ans ; mais, de surcroît, chaque conflit a provoqué dans la pyramide des âges une brèche correspondant à un fort déficit des naissances.

    11Par ailleurs, deux mouvements opposés se manifestent entre les deux guerres : un recul particulièrement prononcé de la natalité entre 1930 et 1933 sous l’influence de la crise économique mondiale et, en sens inverse, une reprise vigoureuse de l’expansion démographique entre 1934 et 1941, sous l’effet conjugué des lois natalistes et de l’euphorie nationaliste de l’époque.

    12C’est à partir de 1947 que s’élargit à nouveau la base de la pyramide. à l’origine de ce phénomène se trouvent sans nul doute les naissances différées durant la guerre ; toutefois deux autres facteurs fondamentaux se conjuguent alors pour amplifier le mouvement. Le premier consiste en une reprise générale de la fécondité, provenant, pour l’essentiel, de l’arrivée à l’âge adulte des classes d’âge plus nombreuses nées durant la période hitlérienne. Le second correspond à trois vagues successives d’immigration vers la partie occidentale de l’Allemagne : l’irruption des expulsés d’Europe centrale et orientale – surtout avant 1949 – puis l’afflux des réfugiés venus d’Allemagne de l’Est jusqu’en 1961 et enfin le « relais » représenté par l’arrivée de nombreux travailleurs étrangers à partir de 1960.

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    13La combinaison de ces différentes influences et les multiples interactions rendent particulièrement délicate l’analyse de l’évolution démographique durant cette période d’après‑guerre. Néanmoins trois orientations générales peuvent être dégagées.

    14On constate, en premier lieu, une croissance régulière de l’excédent naturel.

    15Depuis 1950, date à laquelle on peut considérer que toutes les naissances différées sont intervenues, le nombre des naissances passe de 800 000 par an à 900 000 environ en 1957, pour atteindre 1 000 000 à partir de 1961 et plafonner autour de 1 050 000 en 1964‑1966. Compte tenu de l’évolution de la mortalité (cf‑infra) l’excédent naturel qui, en 1950, atteint 284 000 redescend à moins de 250 000 en 1951, pour remonter ensuite régulièrement vers 350 000 en 1959 et culminer à 421 000 en 1964.

    16Au total l’accroissement de la population ouest‑allemande par excédent naturel représente pour la période 1950‑1965 environ 5 millions de personnes, plus précisément 4 946 700, contre 4 655 600 par excédent de la balance migratoire3.

    Tableau 1 Nuptialité, natalité et mortalité en Allemagne de l’Ouest (1938-1971)

    Année

    Population moyenne

    Mariages

    Naissances vivantes

    Décès

    Excédent des naissances

    Nuptialité

    Natalité

    Mortalité

    Excédent naturel

    1000

    En chiffres

    Sur 1000 habitants

    1938

    42 576

    405 132

    828 173

    485 537

    +342 638

    9,5

    19,5

    11,4

    +8,0

    1946

    45 346

    400 399

    732 998

    588 331

    +144 667

    8,8

    16,1

    13,0

    +3,2

    1947

    47 555

    482 193

    781 421

    574 628

    +206 793

    10,1

    16,4

    12,1

    +4,3

    1948

    48 914

    525 160

    806 074

    515 092

    +290 982

    10,7

    16,5

    10,5

    +6,0

    1949

    49 802

    506 199

    832 803

    517 194

    +315 609

    10,2

    16,8

    10,4

    +6,4

    1950

    50 601

    535 708

    812 835

    528 747

    +284 088

    10,7

    16,2

    10,5

    +5,7

    1951

    51 194

    522 946

    795 608

    543 897

    +251 711

    10,3

    15,7

    10,8

    +5,0

    1952

    51 603

    483 358

    799 080

    545 963

    +253 117

    9,5

    15,7

    10,7

    +5,0

    1953

    52 196

    462 101

    796 096

    578 027

    +218 069

    9,0

    15,5

    11,3

    +4,2

    1954

    52 685

    453 168

    816 028

    555 459

    +260 569

    8,7

    15,7

    10,7

    +5,0

    1955

    53 174

    461 818

    820 128

    581 872

    +238 256

    8,8

    15,7

    11,1

    +4,5

    1956

    53 800

    478 352

    855 887

    599 413

    +256 474

    9,0

    16,1

    11,3

    +4,8

    1957

    53 692

    482 590

    892 228

    615 016

    +277 212

    9,0

    16,6

    11,5

    +5,2

    1958

    54 373

    494 110

    904 465

    597 305

    +307 160

    9,1

    16,7

    11,0

    +5,7

    1959

    55 015

    503 981

    951 942

    605 504

    +346 438

    9,2

    17,3

    11,0

    +6,3

    1960

    55 577

    521 445

    968 629

    642 962

    +325 667

    9,4

    17,4

    11,6

    +5,9

    1961

    56 173

    529 901

    1 012 687

    627 561

    +385 126

    9,4

    18,0

    11,2

    +6,9

    1962

    56 947

    530 640

    1 018 552

    644 819

    +373 733

    9,3

    17,9

    11,3

    +6,6

    1963

    57 606

    507 644

    1 054 123

    673 069

    +381 054

    8,8

    18,3

    11,7

    +6,6

    1964

    58 290

    506 182

    1 065 437

    644 128

    +421 309

    8,7

    18,2

    11,0

    +7,2

    1965

    59 041

    492 128

    1 044 328

    677 628

    +366 700

    8,3

    17,7

    11,5

    +6,1

    1966

    59 676

    484 562

    1 050 345

    686 321

    +364 024

    8,1

    17,6

    11,5

    +5,5

    1967

    59 872

    483 101

    1 019 459

    687 349

    +332 110

    8,1

    17,0

    11,5

    +5,5

    1968

    60 165

    444 150

    696 825

    734 048

    +235 777

    7,4

    16,1

    12,2

    3,9

    1969

    60 842

    446 586

    903 456

    744 360

    +159 096

    7,3

    14,8

    12,2

    +2,6

    1970

    60 651

    444 510

    810 808

    734 843

    +75 965

    7,3

    13,4

    12,1

    1,3

    1971

    61 713

    431 823

    778 531

    730 671

    +47 860

    7,0

    12,6

    11,8

    +0,8

    Source: Statistisches Bundesamt, Bevölkerung und Wirtschaft 1872-1972, p. 103

    17Il apparaît ainsi, et c’est la deuxième grande caractéristique de cette évolution, que l’accroissement naturel demeure, pour l’ensemble de la période envisagée, légèrement supérieur à l’accroissement par migration. Cependant, si, en s’appuyant sur la transformation des grands courants migratoires, on considère l’année 1961 comme un tournant, il ressort (cf. tableau 2) que, entre 1950 et 1961, l’accroissement de la population ouest‑allemande par apport extérieur a été légèrement supérieur à celui provenant de l’excédent naturel (3 552 300 personnes contre 3 403 800). à l’inverse, pour les années 1962‑1965, l’augmentation résultant du mouvement naturel est de 1 928 000 personnes, tandis que celle obtenue grâce à l’excédent migratoire n’est que de 1 534 400.

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    18La conséquence en est, enfin, que l’essentiel des variations enregistrées chaque année dans l’accroissement global de cette population provient des fluctuations du solde migratoire, auxquelles il conviendra d’accorder une attention toute particulière après avoir envisagé l’évolution du mouvement naturel.

    évolution du mouvement naturel

    19Divers facteurs interviennent dans l’évolution du mouvement naturel ouest‑allemand de 1949 à 1965. Outre le jeu des facteurs purement démographiques (natalité, nuptialité, fécondité, mortalité et structure par âge), les transformations qui se font jour découlent également de phénomènes économiques (la reconstruction et le « miracle »), d’événements politiques (l’afflux de réfugiés) et enfin de comportements sociologiques (l’attitude face à la procréation).

    Les naissances

    20De la fin de la guerre à 1965, le mouvement des naissances en Allemagne de l’Ouest connaît trois phases principales d’évolution.

    21Entre 1946 et 1949 se produit une reprise considérable de la natalité, phénomène de compensation caractéristique d’une période d’après‑guerre. La croissance régulière du taux de natalité (de 16,1‰ en 1946 à 16,8‰ en 1949) résulte à la fois des naissances différées en raison de la guerre ou de la captivité et des mariages ou remariages intervenus à l’issue du conflit. D’ailleurs cette reprise de la nuptialité apparaît clairement pour les années 1947‑1951 à l’examen du tableau 1.

    22Or, vers le début des années cinquante se dessine une deuxième phase, dans l’évolution de la natalité : de 1950 à 1954 le mouvement des naissances marque un palier. Une des raisons de ce ralentissement réside dans le recul de la nuptialité, car le nombre des mariages diminue à un moment où parviennent à l’âge de procréer les tranches d’âge plus réduites correspondant au creux démographique des années 1929‑1934. Il aurait dû en résulter une baisse sensible de la natalité alors qu’une simple stagnation intervient : cela s’explique par une hausse de la fécondité chez les couples mariés depuis trois ans ou plus, ce que l’on vérifie en constatant que la plupart des naissances sont celles d’un deuxième ou d’un troisième enfant.

    23La reprise de la natalité ouest‑allemande, phénomène qui correspond à la troisième phase de cette évolution, se produit en 1954 et va durer jusqu’en 1964‑1965.

    TABLEAU 2 : Excédent naturel et solde migratoire en RFA (1950 ‑1965) (en milliers)

    Année

    Excédent naturel

    Solde migratoire

    Accroissement total

    1950

    284,1

    378,0

    662,1

    1951

    251,7

    137,6

    389,3

    1952

    253,1

    64,9

    318,0

    1953

    218,1

    348,9

    567,0

    1954

    260,5

    221,2

    481,7

    1955

    238,2

    310,8

    549,0

    1956

    256,5

    339,5

    596,0

    1957

    277,2

    416,6

    693,8

    1958

    3o7,2

    329,0

    636,2

    1959

    346,4

    210,7

    557,1

    1960

    325,7

    364,0

    689,7

    1961

    385,1

    431,1

    816,2

    (1950 -1961

    (+3403,8)

    (+3552,3)

    1962

    373,8

    284,5

    658,3

    1963

    381,’l

    198,5

    579,6

    1964

    421,3

    276,5

    697,8

    1965

    366,7

    343,8

    710,5

    Total

    4.946,7

    4.655,6

    9.002,3

    Source : d’après : Bevölkerung und Wirtschaft, op. cit. p. 116 et 102, et : Deutscher Bundestag, Bericht über die Bevölkerungsentwicklung in der BRD, Bonn, 1980, p. 8.

    24Cet essor démographique procède de quatre facteurs principaux.

    25L’on note, tout d’abord, une relance sensible de la nuptialité, particulièrement pour les années 1956‑1961. Sachant que de nombreuses naissances interviennent assez rapidement après le mariage, cela peut en partie expliquer cette hausse de la natalité.

    26L’augmentation du nombre des mariages par rapport à la population totale s’accompagne, en outre, d’un abaissement notable de l’âge moyen des nouveaux époux, ce qui ne manque pas de favoriser la natalité. Vers 1950, l’âge moyen du mariage se situe autour de 28 ans pour les hommes célibataires et autour de 25 ans pour les femmes célibataires : en 1965, le mariage intervient en moyenne deux ans plus tôt, pour chacun des deux sexes, changement que l’on peut vérifier au niveau du célibat : en 1950, 60,4 % des hommes et 45 % des femmes ayant atteint leur 26e année sont encore célibataires ; en 1960, cette proportion tombe à 50,1 % pour les hommes et à 27,8 % pour les femmes4.

    27Le troisième facteur expliquant l’essor de la natalité et de la nuptialité à partir de 1954 est particulièrement décisif : c’est l’arrivée à l’âge adulte des classes d’âge plus nombreuses nées entre 1934 et 1942. En effet, les dernières années de la République de Weimar avaient été marquées sur le plan démographique par une chute très prononcée des naissances (1 404 000 en 1922, 1 292 000 en 1925, mais seulement 1 147 000 en 1929 et 957 000 en 1933). En 1934 intervient une reprise de la natalité : elle va se poursuivre jusqu’en 1942 à un niveau particulièrement élevé : 1 349 000 naissances en 1938, 1 413 000 en 1939, 1 402 000 en 1940 et 1 308 000 en 19415. Entre 1954 et 1965 ces jeunes accèdent ainsi à la tranche d’âge des 20 à 30 ans, statistiquement la plus féconde, et ce, dans une période d’expansion économique particulièrement favorable à la création de nouveaux foyers.

    28Enfin, c’est durant cette période que la RFA reçoit environ trois millions de réfugiés venant de RDA, des réfugiés parmi lesquels la population jeune est nettement surreprésentée (cf. infra), ce qui constitue un autre facteur important d’une reprise de la natalité.

    La fécondité

    29Si les taux de natalité sont un moyen pratique d’appréhender les fluctuations du mouvement des naissances, ils demeurent imparfaits dans la mesure où ils se rapportent à un chiffre global de population, sans distinction d’âge ni d’état‑civil. Il importe donc de vérifier si les taux de fécondité, calculés par rapport aux femmes âgées de 15 à 45 ans, et le taux net de reproduction6 indiquant le remplacement prévisible des générations font apparaître, pour la période 1949‑1965 les mêmes orientations. (cf. tableau 3).

    30L’examen des taux de fécondité et de reproduction met en lumière l’existence d’un palier entre 1950 et 1954‑1955, puis une progression sensible de la fécondité tant générale que légitime à compter de 1956, le mouvement atteignant son apogée en 1963-1964 pour redescendre ensuite de façon particulièrement rapide, surtout en 1967, 1968 et 1969.

    31Il est intéressant de noter que cette augmentation de la fécondité ne se manifeste pas de façon uniforme pour l’ensemble des femmes âgées de 15 à 45 ans.

    32L’examen du graphique 5 montre que l’augmentation de la fécondité est la plus forte chez les femmes de 15 à 20 ans, pour lesquelles le nombre des naissances augmente de 90 % entre 1950 et 1965 et culmine vers 1970. Ceci tend à prouver que l’affaiblissement des tabous sexuels, particulièrement chez les femmes célibataires, n’a guère suscité un emploi accru des moyens anticonceptionnels ; on sait d’ailleurs qu’en 1964 la proportion de femmes utilisant la pilule est encore de 2 % contre 25 % en 1972.

    33Chez les femmes de 20 à 25 ans l’augmentation de la fécondité par rapport à 1950 dépasse 40 % en 1965 pour atteindre son maximum vers 1967, phénomène qui correspond pour l’essentiel à l’abaissement de l’âge moyen du mariage. Pour les femmes de 25 à 35 ans, la hausse de la fécondité, assez forte jusqu’en 1960, se ralentit ensuite jusqu’en 1964, puis diminue assez vite, ce qui tendrait à prouver que dans le cas d’unions plus anciennes une limitation du nombre des enfants intervient vers le milieu des années soixante (cf. infra).

    Tableau « 3 : Taux de fécondité générale et de fécondité légitime, taux net de reproduction en RFA (1950-1971)

    Année

    Fécondité générale

    Fécondité légitime

    Taux net de reproduction

    Naissances vivantes

    Pour 1000 femmes âgées de 15 à 45 ans

    Pour 1000 femmes mariées âgées de 15 à 45 ans

    Nombre

    1950 = 100

    Nombre

    1950 = 100

    Taux

    1950

    69,5

    100

    121

    100

    0,935

    1951

    68,1

    98,0

    -

    -

    0,922

    1952

    67,4

    97,0

    -

    -

    0,928

    1953

    67,2

    96,7

    -

    -

    0,930

    1954

    68,5

    98,6

    -

    -

    0,951

    1955

    68,4

    98,4

    -

    -

    0,953

    1956

    71,4

    102,7

    -

    -

    0,997

    1957

    75,0

    107,9

    124

    102,5

    1,071

    1958

    76,1

    109,5

    123

    101,7

    1,068

    1959

    80,3

    115,5

    130

    107,4

    1,100

    1960

    81,8

    117,7

    130

    107,4

    1,110

    1961

    85,9

    123,6

    133

    109,9

    1,141

    1962

    85,1

    122,4

    128

    105,8

    1,134

    1963

    87,0

    125,2

    124

    102,5

    1,170

    1964

    86,8

    124,9

    124

    102,5

    1,184

    1965

    85,2

    122,6

    121

    100,0

    1,165

    1966

    85,9

    123,6

    121

    100,0

    1,179

    1967

    84,0

    120,9

    117

    96,7

    1,158

    1968

    80,0

    115,1

    111

    91,7

    1,111

    1969

    74,4

    107,1

    103

    85,1

    1,029

    1970

    67,2

    96,7

    92

    76,0

    0,947

    1971

    63,9

    91,9

    88

    72,7

    0,901

    Sources : BIB, Bevölkerung in der BRD, op. cit. p. 16 et « Documents », 1979/3, p. 83

    34Enfin la fécondité des femmes de 35 à 45 ans ne cesse de diminuer lentement depuis 1950.

    Image 10000000000006B500000587B23D41D4.jpg

    35L’observation sur vingt années de cette évolution de la fécondité légitime selon le nombre d’enfants par couple confirme que la période 1954‑1965 constitue bien une phase de croissance importante de la fécondité globale (+40 % environ en 1964 par rapport à 1954). En revanche, à partir de 1965 se manifeste un recul des naissances légitimes qui atteint ‑ 35 % en 1972.

    36Un classement des naissances légitimes selon le rang met en lumière, pour la période 1954‑1964, une augmentation de 63 % du groupe correspondant aux enfants nés comme cinquième ou plus dans le couple ; la progression est de 48 % pour le quatrième enfant, de 47 % pour le troisième et de 45 % pour le deuxième alors qu’elle tombe à 33 % pour le premier enfant. Un examen de la période suivante, avec pour base l’année 1964 qui constitue l’apogée de ce mouvement, fait d’abord apparaître un recul des naissances du cinquième enfant, puis vers 1966 une renonciation croissante au quatrième enfant et, à partir de 1968, une généralisation des familles ayant deux enfants.

    37Ces diverses données permettant d’obtenir une vue d’ensemble de l’évolution des naissances jusqu’en 1965, il importe maintenant, pour compléter l’étude du mouvement naturel, d’examiner l’évolution de la mortalité.

    Les décès

    38L’évolution générale de la mortalité en République fédérale entre 1949 et 1965 est caractérisée par une hausse relativement réduite mais régulière des taux (cf. tableau 1) qui passent de 10,4 à 11,5‰.

    39Les seules variations notables sont des « pointes » de mortalité (cf. graphique 4) en 1953/54, 1956/57, 1960/61 et 1963 qui correspondent à des épidémies de grippe ; il va de soi qu’un relevé mensuel ou saisonnier des décès rendrait ces variations plus évidentes.

    40Le processus de hausse des taux de mortalité et du nombre des décès (517 200 en 1949 contre 677 600 en 1965) s’explique par l’augmentation de la population ainsi que par la modification progressive de la structure par âge. C’est ainsi que la proportion des personnes âgées de plus de 65 ans dans la population totale est passée de 9,4 % en 1950 à 11,1 % en 1961 ; elle atteint 13,2 % en 19707. Si l’on comptabilise l’ensemble des personnes ayant atteint l’âge moyen de la retraite, c’est‑à‑dire les hommes de 65 ans et plus, ainsi que les femmes de 60 ans et plus, cette catégorie représente dans la popula­tion totale 20,8 % en 1950, 25 % en 1961 et 31,1 % en 1970.

    41L’évolution de la mortalité et de la structure par âge traduit donc un phénomène global : l’allongement de l’espérance de vie résultant de meilleures conditions d’existence et d’hygiène. En 1946/47 l’espérance de vie à la naissance était pour les garçons de 57,72 ans et pour les filles de 63,44 ans8 ; en 1949/51 elle passe à 64,56 pour les garçons et 68,48 pour les filles, puis atteint 66,86 ans pour les garçons et 72,39 ans pour les filles en 1960/62 ; enfin, en 1967/ 69, elle se situe à 67,39 ans pour les garçons et 73,51 ans pour les filles, soit au total un allongement moyen de 10 ans pour chaque sexe en l’espace de quelque vingt années.

    42On peut alors affirmer que, compte tenu de la croissance démographique et de la transformation dans la structure par âge, la mortalité réelle a connu un recul durant toute la période envisagée.

    43Toutefois ce recul ne s’est pas fait sentir de façon uniforme et des différences notables apparaissent selon le sexe et selon les classes d’âge.

    44C’est au niveau de la mortalité infantile que l’amélioration est la plus nette. Déjà entre 1946 et 1950 une diminution très considérable avait été obtenue grâce au progrès de la médecine, à l’amélioration de l’encadrement médical et à la multiplication des équipements de soins ou de prévention : le taux de mortalité infantile9 était alors passé de 10 % en 1946 à moins de 6 % en 1949. De ce fait, on était revenu à une situation légèrement plus favorable qu’en 1938 où ce taux était de 6,8 %10.

    45Après 1950, le recul de la mortalité infantile se poursuit, mais évidemment de façon moins spectaculaire : les taux passent de 5,5 % en 1950 à 4,2 % en 1955, puis 3,4 % en 1960 et enfin 2,5 % en 1965. Entre 1966 et 1970 une stabilisation intervient sur un seuil minimum légèrement inférieur à 2,3 %.

    46Parallèlement à cette évolution, se produit une baisse de 50 % pour la mortalité féminine entre 15 et 30 ans, baisse qui correspond assez exactement à la diminution de la mortalité des jeunes mères : c’est le résultat des progrès réalisés en gynécologie et obstétrique, phénomène qui se traduit par une diminution similaire du taux de mortinatalité : 2,2 % en 194911, contre 1,2 % en 1965.

    47Pour les hommes, en revanche, l’on observe dans la classe d’âge de 20 à 25 ans une surmortalité très prononcée qui provient pour l’essentiel des accidents de circulation ; le phénomène ira en s’aggravant avec les progrès de la motorisation, si bien que ce surcroît de décès évalué à 64 % en 1950, augmentera pour atteindre 300 % en 1960/6212.

    48La même évolution se manifeste dans la classe d’âge de 55 à 60 ans – la surmortalité masculine qui était de 50 % environ passe à 100 % en 1960/62, en raison surtout de la multiplication des affections cardio-vasculaires. C’est ce qui explique la légère réduction de l’espérance de vie intervenue pour les hommes entre 1960/62 et 1967/67 (cf. supra). On comprend alors que, durant la même période, l’allongement de l’espérance de vie ait été moins important pour les hommes que pour les femmes (2,3 ans pour les hommes contre 3,91 ans pour les femmes.)

    49Forte croissance de la natalité et de la fécondité, mortalité en légère hausse sous l’effet du vieillissement et de l’allongement général de la vie, ces caractéristiques du mouvement naturel en RFA entre 1949 et 1965 ne peuvent être dissociées de l’évolution démographique d’ensemble qui demeure marquée par de vastes mouvements migratoires.

    Les mouvements géographiques de population (1949‑1965)

    50Comme on l’a vu précédemment13, l’accroissement de la population ouest-allemande entre 1950 et 1965 provient pour 51,5 % de l’excédent naturel et pour 48,5 % d’un solde migratoire positif. On mesure ainsi le rôle joué par cet apport dans l’évolution démographique du pays. Toutefois, il importe d’opérer un classement de ces flux migratoires selon l’origine géographique ; on constate alors l’existence de deux grands courants principaux : d’une part les migrations est‑ouest entre la RDA et la RFA et d’autre part les migrations entre la RFA et l’étranger.

    51L’examen des courbes représentant l’évolution des soldes migratoires révèle l’ampleur des excédents à l’immigration (sauf pour la période 1966‑1967) et fait apparaître deux phases principales.

    52De 1950 à 1960‑1961 prédomine l’immigration provenant de RDA et du secteur oriental de Berlin, tandis qu’à partir de 1960-1961 l’apport de population originaire de l’étranger constitue la quasi totalité de l’excédent migratoire.

    Image 10000000000005E70000043EBDEBC332.jpg

    La migration Est‑Ouest

    53L’arrivée en République fédérale de quelque 3 100 000 personnes venant de RDA entre 1950 et 1961 se replace dans le cadre du vaste mouvement de migration est‑ouest effectué à partir de la Deuxième Guerre mondiale par plus de 16 millions d’Allemands, vraisemblablement la plus importante migration que l’Histoire ait jamais connue.

    54Ce « reflux » de populations allemandes, dont certaines étaient installées en Europe centrale et orientale depuis le Moyen Age, débuta pour l’essentiel avec l’avance des troupes soviétiques en 1944. Entre 1944 et 1946, environ 6 millions d’« expulsés » (Heimatvertriebenen)14 viennent s’installer dans les trois zones occidentales d’occupation. En 1950, ils sont plus de 8 millions en Allemagne fédérale et à Berlin‑Ouest, ce qui représente déjà 85 % de l’ensemble de cette migration. À ce chiffre il faut ajouter un peu plus de 1 600 000 « réfugiés » (Flüchtlinge) originaires de la zone soviétique d’occupation. Ainsi, au 13 septembre 1950, presque 20 % de la population de la RFA sont constitués d’immigrés venus de l’Est, plus précisément 9 660 000 personnes sur 49 843 000 habitants (soit 19,4 %) dont 8 025 000 « expulsés » (soit 16,1 %) et 1 636 000 « réfugiés » (soit 3,3 %)15.

    55En 1950 l’afflux des expulsés est pratiquement terminé ; environ 440 000 arriveront encore jusqu’en 196116, particulièrement en 1957 et 1958. En revanche, le mouvement de passage à l’Ouest d’une partie de la population de RDA va se poursuivre, voire s’amplifier jusqu’à la construction du mur de Berlin, alors que le mouvement inverse demeure relativement modeste.

    TABLEAU 4 : Bilan des mouvements migratoires RFA/RDA (en milliers)

    Période

    Arrivées en RFA

    Départs

    Solde migratoire

    1950-1961

    3.582,6

    487,0

    3.095,9

    1962-1972

    281,9

    43,0

    238,9

    Source: Die Bevölkerung der BRD, op.cit. p. 30

    56Des fluctuations considérables apparaissent entre 1950 et 1961 dans ce mouvement d’immigration qui correspond en moyenne à l’arrivée de 615 personnes par jour.

    Image 1000000000000645000005344B71AB4A.jpg

    57Ainsi, l’année 1953, date de la mort de Staline, marquée par le soulèvement ouvrier à Berlin‑Est et dans d’autres villes de RDA (le 17 juin), voit la fuite de 331 000 personnes contre 182 000 l’année précédente. En revanche, en 1954, la « libéralisation » esquissée après les troubles (der Neue Kurs) entraîne une nette diminution de l’hémorragie (184 000 personnes) ; celle‑ci reprend en 1955‑1957 avec de nouveau un maximum (280 000 personnes) en 1956, année de la révolution hongroise et des émeutes de Pologne. Au cours des années suivantes, le phénomène continue en reflétant à la fois la consolidation économique du régime (seulement 144 000 réfugiés en 1959) et les différentes phases de la collectivisation et de la « socialisation », particulièrement dans l’agriculture (en 1958 et en 1960 : 200 000 réfugiés par an).

    58Jusqu’en 1957, la plus grande partie de ceux qui quittent la RDA arrivent en Allemagne fédérale par la voie du trafic dit « interzonal » qui fut progressivement limitée puis interdite par les autorités orientales à toute personne ne possédant pas un permis spécial. À partir de ce moment, la plupart des réfugiés entrent par Berlin-Ouest : cette unique voie de sortie fut « murée » le 13 août 1961.

    59Dès lors, le mouvement d’émigration se tarit presque complètement. Sur les 280 000 Allemands de l’Est qui, entre 1962 et 1972, s’installent en RFA la moitié environ sont désormais des personnes âgées de plus de 65 ans ayant obtenu une autorisation de sortie, tandis que ce groupe d’âge ne représentait que 6 % environ des réfugiés avant 196117.

    60Le recensement du 6 juin 1961, quelques jours avant la construction du mur de Berlin, dresse un bilan relativement précis18 de cet afflux de population venant de l’Est au moment où il va s’interrompre.

    61À cette date sont comptabilisés 8 965 200 expulsés et 3 099 000 réfugiés, représentant 21,5 % de la population totale de RFA (Berlin‑Ouest compris). On mesure ainsi l’impact qu’a pu avoir un tel apport démographique sur l’économie ouest‑allemande, les difficultés sociales qu’il a fallu résoudre, les charges financières qui durent être supportées afin que, peu à peu, ces millions de déracinés soient mieux répartis, mieux intégrés et pour que fina­lement ils puissent contribuer à la reconstruction et au « miracle économique »19.

    Les fluctuations du mouvement migratoire avec l’étranger

    62Si le mouvement Est‑Ouest des expulsés et des réfugiés a, dans la majeure partie des cas, pour origine des motivations d’ordre politique, l’autre grand courant migratoire, celui des mouvements de population entre la RFA et l’étranger, procède pour l’essentiel de causes économiques.

    63Entre 1950 et 1965, l’on observe deux phénomènes bien distincts. C’est tout d’abord un fort courant d’émigration vers l’outre-mer, particulièrement vers les états‑Unis, le Canada et l’Australie : environ 750 000 départs ont lieu, dont 480 000 environ pour des ressortissants allemands. Cela explique l’apparition d’un solde migratoire négatif vis‑à‑vis de l’étranger : le déficit est de 37 700 personnes en 1951, de 43 500 en 1952, mais à mesure que la situation économique s’améliorera en République fédérale, ce déficit ira en décroissant ; tandis qu’il est encore de 20 800 personnes en 1954, il passe à 5 700 en 1955, puis à 5 900 en 1956.

    64En 1957, au moment où l’indice de la production industrielle double par rapport à 1950, alors que le chômage n’est plus qu’à un tiers de son niveau de cette même année20, le mouvement s’inverse et le solde migratoire vis‑à‑vis de l’étranger devient positif : il le restera jusqu’à la courte récession de 1966‑1967 (cf. graphique 6). C’est en 1957, en effet, que débute véritablement l’immigration des travailleurs étrangers21, la plupart originaires d’Italie. À partir de 1960 et du boom économique des années suivantes, le mouvement va s’amplifier : en 1958 l’excédent migratoire est de 50 000 personnes et les arrivées dépassent le chiffre de 200 000, mais en 1960 il y a déjà 386 000 arrivées et l’excédent passe à 177 000 ; en 1962 les arrivées atteignent 558 000 et l’excédent migratoire 238 00022. Viennent en République Fédérale pour y travailler non seulement des Italiens, des Espagnols et des Grecs, mais également des Néerlandais et des Autrichiens, phénomène d’immigration économique qui n’est pas sans rappeler la forte immigration que le Reich avait connue au cours des dix années précédant la Première Guerre mondiale.

    65Ainsi, au moment où se tarit le flux migratoire provenant de la RDA, l’arrivée de travailleurs étrangers par centaines de milliers effectue une sorte de « relève », qui contribue, à son tour, à l’essor économique du pays.

    Image 1000000000000589000004A925FAA0EC.jpg

    66Le recul que nous donnent aujourd’hui plus de quinze années permet de mieux mesurer l’importance de cette période 1949‑1965 pour l’histoire démographique de l’Allemagne fédérale, qu’il s’agisse du mouvement naturel ou des flux migratoires. 1965 apparaît alors comme un tournant décisif dans la croissance de cette population, dans l’évolution de la fécondité, de la nuptialité et de la structure par âge.

    67Aujourd’hui, 10 enfants seulement naissent chaque année pour 1 000 habitants contre 18 en 1965 ; pour 100 femmes en âge de procréer, 143 enfants seulement verront le jour, alors qu’il en faudrait au moins 70 de plus pour que soit assuré le renouvellement des générations. Depuis 1972 le nombre des décès dépasse d’ailleurs celui des naissances, de 93 000 si l’on comptabilise les enfants nés de travailleurs immigrés, mais de 166 000 si l’on s’en tient simplement à la population de souche. Il s’ensuit que la population totale diminue, passant depuis 1973 de 58 à 57 millions, et ce malgré l’apport démographique que représentent 4,6 millions d’étrangers23.

    68Dans ces conditions, la population d’Allemagne fédérale devrait continuer à décroître, perdant 5 millions de personnes jusqu’en l’an 2000, voire 20 millions jusqu’en 2030. Il est vrai que le vieillissement général, la multiplication des divorces, le recul de la nuptialité et l’évolution manifeste du comportement procréateur dans le sens d’une réduction du nombre d’enfants par couple semblent justifier les projections les plus pessimistes. Mais le pire est‑il toujours certain, sachant, comme l’affirme Alfred Sauvy24 que « les pauvres démographes n’ont, comme tant d’autres, que la ressource de pro­longer les tendances qu’ils constatent » ?

    Bibliographie

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    Deutscher Bundestag, Bericht über die Bevölkerungsentwicklung in der Bundesrepublik Deutschland, Bonn: Bundesministerium des Innern, juillet 1980, 56 p.

    Documents. Revue des questions allemandes. Paris, sept. 1979, 176 p.

    Edding, Friedrich: Die Flüchtlinge als Belastung und Antrieb für die westdeutsche Wirtschaft. Kiel: Kieler Studien, 1952, 53 p.

    Jolles, Hiddo: Zur Soziologie der Heimatvertriebenen und Flüchtlinge. Cologne: Kiepenheuer & Witsch, 1965, 424 p.

    Koellmann, Wolfgang: Bevölkerung und Raum in neuer und neuester Zeit. Bevölkerungs‑Ploetz, vol. 4. Würzbourg: Ploetz, 1965, 332 p.

    Koellmann, Wolfgang: Bevölkerung in der industriellen Revolution. Göttingen: Vandenhoeck& Ruprecht, 1974, 286 p.

    Lemberg, Eugen: Die Vertriebenen in Westdeutschland. Kiel : Hirt, 1959, 3 vol. , 694, 557 et 684 p.

    Sauvy, Alfred : La Fin des riches. Paris.‑ Calmann‑Lévy, 1975, 295 p.

    Statistisches Bundesamt: Bevölkerung und Wirtschaft 1872 ‑ 1972. Stuttgart-Mayence : Kohlhammer, 1972, 278 p.

    Wirtschaft und Statistik, 1964/4 et 1966/4.

    Notes de bas de page

    1 Ce chiffre inclut la main‑d’œuvre d’origine étrangère ; en revanche, ne sont pas comptabilisés les militaires étrangers stationnés en RFA, ni les membres des représentations diplomatiques ou consulaires ainsi que leurs familles.

    2 Wirtschaft und Statistik, 1966/4, p. 246 et Statistisches Bundesamt, Bevölkerung und Wirtschaft 1872‑1972, Stuttgart‑Mayence, Kohlhammer, 1972, p. 90.

    3 Bundesinstitut für Bevölkerungsforschung (BIB), Wiesbaden, 1974, 123 p.

    4 Deutscher Bundestag : Bericht über…, op. cit., p.19 et suiv.

    5 Données calculées pour le Reich dans ses frontières de 1937.

    6 Les taux de reproduction indiquent le nombre de naissances féminines qu’aurait une génération de femmes, c’est‑à‑dire la probabilité de remplacement d’une génération par la suivante. Le taux brut de reproduction donne la « limite supérieure du remplacement […] dans l’hypothèse optimiste où toute mortalité serait supprimée jusqu’à l’âge de 50 ans » (A. Sauvy), alors que le taux net de reproduction prend en compte l’évolution de la mortalité telle qu’elle est donnée par les tables de survie, en supposant que la fécondité et la mortalité à chaque âge ne soient pas modifiées.

    7 Un siècle auparavant, en 1871, cette proportion était de 4,6%.

    8 En 1871/80 l’espérance de vie à la naissance était pour les garçons de 35,58 ans et pour les filles de 38,45 ans (Bevölkerung und Wirtschaft, op. cit., p. 110).

    9 Proportion de décès intervenant au cours de la première année d’existence, par rapport au total des naissances vivantes.

    10 On peut rappeler ici les progrès considérables obtenus depuis la fin du xixe siècle ; ainsi, entre 1881 et 1890, le taux de mortalité infantile se situait encore autour de 23% (Bevölkerung und Wirtschaft, op. cit.p. 112).

    11 La proportion des enfants morts‑nés était de 3,9% par rapport aux naissances vivantes en 1872 (ibid. p. 107).

    12 Bundesinstitut für Bevölkerungsforschung, Materialien zur Bevölkerungswissenschaft, vol. 18, p. 31.

    13 Cf. tableau 2.

    14 Sont considérés comme expulsés les Allemands qui, au 1/9/1939, habitaient les provinces orientales du Reich (Reichsdeutsche) ou qui constituaient les minorités de langue allemande en Russie et dans l’ancien empire austro‑hongrois (Volksdeutsche) ; leurs enfants nés après 1939 sont également comptabilisés.

    15 Wirtschaft und Statistik,1964/4, p.205.

    16 On les désigne sous le nom de Aussiedler (rapatriés).

    17 50% des réfugiés recensés entre 1954 et 1961 ont moins de 25 ans contre 39,9% seulement dans l’ensemble de la population ouest‑allemande recensée en 1961 (BIB, Materialien, vol 18, op. cit., p. 64).

    18 En ce qui concerne les expulsés (Vertriebenen), ne sont comptabilisées que les personnes (enfants nés après 1939 compris) possédant un Bundesvertriebenenausweis de type A ou B. Dans la mesure où tous les ayants droit n’en ont pas fait la demande, cela entraîne une sous‑estimation de ce groupe. En revanche, tous les réfugiés venus de RDA (Flüchtlinge) sont pris en compte quel que soit leur statut. Bien évidemment, à cette date, de nombreux décès sont déjà intervenus parmi les migrants.

    19 Sur ce problème cf. : Lemberg, Eugen : Die Vertriebenen in Westdeutschland, Kiel : Hirt, 1959, 3 vol. 694, 557 et 684 p. Edding, Friedrich, Die Flüchtlinge als Belastung und Antrieb für die westdeutsche Wirtschaft, Kiel ‑ Kieler Studien, 1952, 53 p. Jolles, Hiddo, Zur Soziologie der Heimatvertriebenen und Flüchtlinge, Cologne : Kiepenheuer & Witsch, 1965, 424 p.

    20 Bevölkerung und Wirtschaft, op. cit., pp. 148 et 176.

    21 La migration s’effectue en vertu de conventions passées par la RFA avec l’Italie, la Grèce, la Yougoslavie etc. au début des années cinquante.

    22 Wirtschaft und Statistik 1964/4e p. 205.

    23 Bundesinstitut für Bevölkerungsforschung, Mitteilungen, vol. 5/81, octobre 1981. Wiesbaden, 4‑5.

    24 A. Sauvy, La Fin des riches, Paris : Calmann‑Lévy, 1975, p. 79.

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    2 Wirtschaft und Statistik, 1966/4, p. 246 et Statistisches Bundesamt, Bevölkerung und Wirtschaft 1872‑1972, Stuttgart‑Mayence, Kohlhammer, 1972, p. 90.

    3 Bundesinstitut für Bevölkerungsforschung (BIB), Wiesbaden, 1974, 123 p.

    4 Deutscher Bundestag : Bericht über…, op. cit., p.19 et suiv.

    5 Données calculées pour le Reich dans ses frontières de 1937.

    6 Les taux de reproduction indiquent le nombre de naissances féminines qu’aurait une génération de femmes, c’est‑à‑dire la probabilité de remplacement d’une génération par la suivante. Le taux brut de reproduction donne la « limite supérieure du remplacement […] dans l’hypothèse optimiste où toute mortalité serait supprimée jusqu’à l’âge de 50 ans » (A. Sauvy), alors que le taux net de reproduction prend en compte l’évolution de la mortalité telle qu’elle est donnée par les tables de survie, en supposant que la fécondité et la mortalité à chaque âge ne soient pas modifiées.

    7 Un siècle auparavant, en 1871, cette proportion était de 4,6%.

    8 En 1871/80 l’espérance de vie à la naissance était pour les garçons de 35,58 ans et pour les filles de 38,45 ans (Bevölkerung und Wirtschaft, op. cit., p. 110).

    9 Proportion de décès intervenant au cours de la première année d’existence, par rapport au total des naissances vivantes.

    10 On peut rappeler ici les progrès considérables obtenus depuis la fin du xixe siècle ; ainsi, entre 1881 et 1890, le taux de mortalité infantile se situait encore autour de 23% (Bevölkerung und Wirtschaft, op. cit.p. 112).

    11 La proportion des enfants morts‑nés était de 3,9% par rapport aux naissances vivantes en 1872 (ibid. p. 107).

    12 Bundesinstitut für Bevölkerungsforschung, Materialien zur Bevölkerungswissenschaft, vol. 18, p. 31.

    13 Cf. tableau 2.

    14 Sont considérés comme expulsés les Allemands qui, au 1/9/1939, habitaient les provinces orientales du Reich (Reichsdeutsche) ou qui constituaient les minorités de langue allemande en Russie et dans l’ancien empire austro‑hongrois (Volksdeutsche) ; leurs enfants nés après 1939 sont également comptabilisés.

    15 Wirtschaft und Statistik,1964/4, p.205.

    16 On les désigne sous le nom de Aussiedler (rapatriés).

    17 50% des réfugiés recensés entre 1954 et 1961 ont moins de 25 ans contre 39,9% seulement dans l’ensemble de la population ouest‑allemande recensée en 1961 (BIB, Materialien, vol 18, op. cit., p. 64).

    18 En ce qui concerne les expulsés (Vertriebenen), ne sont comptabilisées que les personnes (enfants nés après 1939 compris) possédant un Bundesvertriebenenausweis de type A ou B. Dans la mesure où tous les ayants droit n’en ont pas fait la demande, cela entraîne une sous‑estimation de ce groupe. En revanche, tous les réfugiés venus de RDA (Flüchtlinge) sont pris en compte quel que soit leur statut. Bien évidemment, à cette date, de nombreux décès sont déjà intervenus parmi les migrants.

    19 Sur ce problème cf. : Lemberg, Eugen : Die Vertriebenen in Westdeutschland, Kiel : Hirt, 1959, 3 vol. 694, 557 et 684 p. Edding, Friedrich, Die Flüchtlinge als Belastung und Antrieb für die westdeutsche Wirtschaft, Kiel ‑ Kieler Studien, 1952, 53 p. Jolles, Hiddo, Zur Soziologie der Heimatvertriebenen und Flüchtlinge, Cologne : Kiepenheuer & Witsch, 1965, 424 p.

    20 Bevölkerung und Wirtschaft, op. cit., pp. 148 et 176.

    21 La migration s’effectue en vertu de conventions passées par la RFA avec l’Italie, la Grèce, la Yougoslavie etc. au début des années cinquante.

    22 Wirtschaft und Statistik 1964/4e p. 205.

    23 Bundesinstitut für Bevölkerungsforschung, Mitteilungen, vol. 5/81, octobre 1981. Wiesbaden, 4‑5.

    24 A. Sauvy, La Fin des riches, Paris : Calmann‑Lévy, 1975, p. 79.

    L'Allemagne de Konrad Adenauer

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    Hubert, M. (1982). évolution démographique de la République fédérale d’Allemagne (1949 ‑ 1965). In G. Krebs (éd.), L’Allemagne de Konrad Adenauer. Paris: Presses Sorbonne Nouvelle. https://doi.org/10.4000/books.psn.3411
    Hubert, Michel. « évolution démographique de la République fédérale d’Allemagne (1949 ‑ 1965) ». In L’Allemagne de Konrad Adenauer, édité par Gilbert Krebs. Paris: Presses Sorbonne Nouvelle, 1982. doi:10.4000/books.psn.3411.
    Hubert, Michel. « évolution démographique de la République fédérale d’Allemagne (1949 ‑ 1965) ». L’Allemagne de Konrad Adenauer, édité par Gilbert Krebs, Presses Sorbonne Nouvelle, 1982, https://doi.org/10.4000/books.psn.3411.

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    Krebs, G. (éd.). (1982). L’Allemagne de Konrad Adenauer. Paris: Presses Sorbonne Nouvelle. https://doi.org/10.4000/books.psn.3408
    Krebs, Gilbert, éd. L’Allemagne de Konrad Adenauer. Paris: Presses Sorbonne Nouvelle, 1982. doi:10.4000/books.psn.3408.
    Krebs, Gilbert, éditeur. L’Allemagne de Konrad Adenauer. Presses Sorbonne Nouvelle, 1982, https://doi.org/10.4000/books.psn.3408.
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