• Contenu principal
  • Menu
OpenEdition Books
  • Accueil
  • Catalogue de 16585 livres
  • Éditeurs
  • Auteurs
  • Facebook
  • X
  • Partager
    • Facebook

    • X

    • Accueil
    • Catalogue de 16585 livres
    • Éditeurs
    • Auteurs
  • Ressources numériques en sciences humaines et sociales

    • OpenEdition
  • Nos plateformes

    • OpenEdition Books
    • OpenEdition Journals
    • Hypothèses
    • Calenda
  • Bibliothèques

    • OpenEdition Freemium
  • Suivez-nous

  • Lettre d’information
OpenEdition Search

Redirection vers OpenEdition Search.

À quel endroit ?
  • Presses Sorbonne Nouvelle
  • ›
  • Sciences du langage
  • ›
  • Dire l’événement
  • ›
  • Du nom d’événement au non-événement...
  • ›
  • Du profil lexico-discursif du mot « cris...
  • Presses Sorbonne Nouvelle
  • Presses Sorbonne Nouvelle
    Presses Sorbonne Nouvelle
    Informations sur la couverture
    Table des matières
    Liens vers le livre
    Informations sur la couverture
    Table des matières
    Formats de lecture

    Plan

    Plan détaillé Texte intégral 1. Contextualisation des usages de « crise » dans le discours de presse 2. Le niveau sémantique du profil lexico-discursif de « crise » 3. Les niveaux énonciatifs et syntaxiques du profil lexico-discursif Annexe Notes de bas de page Auteur

    Dire l’événement

    Ce livre est recensé par

    Précédent Suivant
    Table des matières

    Du profil lexico-discursif du mot « crise » à la construction du sens social d’un événement

    Marie Veniard

    p. 222-232

    Résumé

    Ce texte porte sur un mot fréquent dans le traitement des événements dans la presse : « crise », mot polyréférentiel et de sens abstrait. L’auteure propose une description sémantique d’orientation pragmatique, et non strictement référentielle, ce qui permet de saisir à la fois le sens de ce mot et son usage dans la construction discursive du sens social d’un événement. Cette description s’effectue par le biais de la mise au jour du profil lexico-discursif du mot en utilisant les données d’un corpus de presse quotidienne (Le Monde et Le Figaro) recueilli à l’occasion du conflit des intermittents du spectacle (2003-2004).

    Texte intégral 1. Contextualisation des usages de « crise » dans le discours de presse 1.1. Usages du mot « crise » dans la presse 1.2. La configuration du sens social de l’événement en discours 1.3. Établir le profil lexico-discursif de crise 2. Le niveau sémantique du profil lexico-discursif de « crise » 2.1. Méthodologie de l’analyse sémantique 2.2. Phase 1 : analyse du discours lexicographique 2.3. Phase 2 : étude des collocations dans le discours de presse 2.4. Proposition d’une nouvelle écriture sémique et bilan 3. Les niveaux énonciatifs et syntaxiques du profil lexico-discursif Annexe Le sème pragmatique attesté sur d’autres supports que les journaux quotidiens Notes de bas de page Auteur

    Texte intégral

    1Le mot « crise » est à la fois très fréquent dans la presse pour désigner des événements et très décrié : mot « fourre-tout », il s’appliquerait à tout et n’importe quoi, voire aurait vocation à euphémiser la réalité. On ne peut que noter sa grande labilité référentielle : le 21 mars 2011, dans les quotidiens Le Monde et Le Figaro, la crise est belge, libyenne ou arabe ; elle est nucléaire, de l’euro, financière ou de la dette américaine ; elle est postélectorale ivoirienne, de spasmophilie ou du masculin. L’hétérogénéité des domaines référentiels concernés par crise est illustrée très simplement par les adjectifs et les compléments prépositionnels qui déterminent le mot. Inversement, nous avons relevé des cas où un même référent est nommé par des mots différents, crise figurant parmi eux. Ainsi, le 21 juillet 2006 commencent des affrontements entre Israël et le Liban : les catégorisations révélées par les gros titres sont nombreuses « La crise du Proche-Orient » (Le Parisien), « Le conflit entre Israël et le Hezbollah » (Le Figaro), « La guerre au Proche-Orient » (Le Monde).

    2Ces quelques relevés nous montrent que le sens d’un mot comme crise n’est pas à chercher dans la description de son référent, ce qui souligne les limites d’une approche strictement référentielle du sens. Toutefois, et malgré ces « défauts » (grâce à eux ?), « crise » se caractérise par sa récurrence et sa polyvalence dans le discours de presse. Pour quelle raison ? Qu’est-ce qui noue si intimement le mot « crise » et l’événement, ou, plus précisément, la construction de l’événement par le discours ? Afin de répondre à cette question, nous décrirons le fonctionnement du mot « crise » à différents niveaux de contextualisation du discours, ce qui nous conduira à établir le profil lexico-discursif du mot dans un événement particulier.

    1. Contextualisation des usages de « crise » dans le discours de presse

    3Le mot « crise » vient du domaine médical et désigne la phase critique d’une maladie, qui peut évoluer vers la guérison ou vers l’aggravation. Dans son étude du vocabulaire politique et social entre 1869 et 1872, Jean Dubois (1962 : 120) remarque que le mot est à cette époque très fréquent dans le domaine politique (crise ministérielle, parlementaire). On désigne la Commune sous le nom de « crise sociale ». Dans le domaine des relations internationales, le mot semble doté d’une acception technique : il renvoie à une phase préliminaire à un éventuel conflit (David 2000 : 134). Toutefois, cette définition issue d’un lexique spécialisé n’est pas opératoire dans la presse, puisque, dans les conflits militaires, guerre et crise se côtoient, ce qui implique que le début de la guerre ne correspond pas à la fin de la crise. Dans le discours de presse, l’usage du mot est envisagé à l’aune de considérations pragmatiques.

    1.1. Usages du mot « crise » dans la presse

    4Pour le journaliste Hazan (2006 : 33), « crise » relève du lexique propagandiste de la Lingua Quintae Respublicae, pendant contemporain de la Lingua Tertii Imperii, la langue de la propagande nazie décrite par Klemperer. Selon Hazan, « crise » attache à l’événement et au problème en question l’idée d’une temporalité brève, ce qui contribuerait à minimiser la réalité et à calmer les impatiences de l’opinion publique. Les observations sur corpus montrent toutefois que, si l’aspectualité est un trait central du sens du mot « crise » (cf. le sème [+ période], plus bas), ce dont attestent les collocations (la crise dure, la fin de la crise), la brièveté ne semble pas une condition nécessaire. Pour Mathien (2001), le mot peut servir à amplifier la représentation de la réalité. La notion est « un élément clef de l’activité journalistique car la représentation de la réalité peut en être attisée, amplifiée, selon des choix éditoriaux manifestes ou plus ou moins conscients dans un contexte culturel en évolution » (ibid. : 26). L’analyse sémantique mettra en valeur la présence dans le mot d’un sème [+ intensité], caractéristique linguistique sur laquelle le locuteur peut opérer des variations.

    5L’usage du mot dans le discours de presse se prête à des interprétations divergentes des intentions des journalistes, tout en donnant lieu à des condamnations unanimes. Plutôt que de chercher à reconstruire a posteriori les intentions des rédacteurs, cet article se donne pour objet l’étude des occurrences du mot et leur interprétation rapportée au récit de l’événement.

    1.2. La configuration du sens social de l’événement en discours

    6Avant de pousser plus avant la description de crise, il convient de rappeler le rôle du lexique et de la nomination dans la configuration du sens social de l’événement. Nous postulons que le sens d’un événement n’est pas donné mais résulte d’un processus de socialisation, c’est-à-dire d’attribution de sens à des faits dans une communauté donnée grâce à un récit (Ricœur 1991), qui noue faits et dires, particulièrement dans la presse (Moirand 2007a). L’ensemble du processus de construction aboutit à donner à l’événement un sens de nature sociale dans la mesure où l’individuation d’un événement relève d’un « procès social, qui mobilise des informations contextuelles, mais également des ressources symboliques, des croyances, des conventions sociales et culturelles, qui permettent de les interpréter sous une perspective intersubjective valide » (Barthélémy 1992 : 132). Notre questionnement porte donc sur la contribution de « crise » au sens social de l’événement.

    7La nomination de l’événement est souvent mentionnée comme un aspect essentiel dans le processus de construction du sens social. Ainsi, Badiou (1988) parle-t-il de la nomination comme d’une « intervention interprétante ». Quéré (1994) souligne l’importance du processus de catégorisation d’un événement dans la construction d’un récit, notamment parce que chaque catégorisation va orienter certaines attentes et réactions stéréotypées. On postule qu’au moins une partie d’entre elles sont accessibles à travers l’observation des fonctionnements réguliers des différentes nominations de l’événement, ce qui nous amène à faire l’hypothèse que ce n’est pas le sens seul du mot qui jouerait un rôle dans la configuration du sens social de l’événement, mais son fonctionnement à différents niveaux du discours. C’est ce fonctionnement dans les différents niveaux du discours que nous visons à travers la notion descriptive de profil lexico-discursif.

    1.3. Établir le profil lexico-discursif de crise

    8La notion de profil lexico-discursif s’intègre à une analyse du discours à entrée lexicale (Marcellesi 1976 ; Née, Veniard 2012). C’est une version plus aboutie de la notion d’habitus discursif, que nous avions proposé (Veniard 2008), notion que nous avions empruntée à Plantin (2003) – qui lui-même l’adaptait de Bourdieu –, pour décrire les fonctionnements discursifs préférentiels de certains mots (problème, difficulté) dans un genre (enquêtes sociales, rapports éducatifs) et un discours donné (discours de la protection de l’enfance). Les fonctionnements visés étaient l’environnement lexico-syntaxique et l’hétérogénéité énonciative, ce qui a permis d’identifier des enjeux interactionnels concernant la négociation de la définition de la situation, entre l’éducateur spécialisé et les parents d’un enfant.

    9La notion de profil lexico-discursif, plus complète, vise à rendre compte de l’articulation des unités lexicales au discours, qu’il s’agisse des relations associatives entre éléments lexicaux ou des interactions entre unité lexicale et les niveaux du texte et du discours. Maingueneau insiste sur l’inscription du mot dans « un tissu complexe de relations, relations aux autres unités du même paradigme, identités, oppositions, relations à l’intertexte, à la langue, aux conditions de production » (1976 : 64).

    10La dimension associative du sens a été mise en évidence de manière nette par les outils de statistique textuelle, ce qui amène les chercheurs en lexicométrie à montrer comment le sens d’un mot dans un discours est infléchi par son contact régulier avec d’autres mots. Pour Bonnafous et Tournier (1995 : 75) : « Le sens d’un énoncé est associatif avant d’être grammatical ». L’interdépendance du mot et de son environnement langagier va plus loin que la co-occurrence. Sinclair (2004) propose quatre niveaux d’interaction : la collocation (co-occurrence, relation de proximité), la colligation (récurrence de fonctionnements syntaxique autour d’un mot), la semantic preference (la co-occurrence régulière de vocables avec d’autres qui partagent un trait sémantique) et la semantic prosody (ou discourse prosody, association d’un mot et d’une attitude pragmatique du locuteur). Ces notions peuvent être adaptées avec profit à une approche discursive. La notion de colligation s’est révélée particulièrement pertinente pour décrire les usages du lexique (Veniard 2011). Toutefois, basées sur une conception exclusivement associative du fonctionnement d’un texte, ces notions ne rendent pas compte de phénomènes textuels ou énonciatifs, davantage ancrés dans la linéarité de l’axe syntagmatique, tels que les reprises anaphoriques ou l’intégration éventuelle de vocables au discours autre.

    11C’est pourquoi nous proposons désormais la notion de profil lexico-discursif, définie de la manière suivante : un profil lexico-discursif rassemble les caractéristiques préférentielles du fonctionnement discursif d’un mot sur les plans syntagmatique, syntaxique, sémantique, énonciatif, textuel et interdiscursif. Au niveau pragmatique, le profil lexico-discursif d’un mot conditionne le rapport expérientiel unissant une communauté de locuteurs à un objet du monde et se rattache au phénomène plus général du point de vue.

    12Nous poursuivons ici deux objectifs : décrire une partie du profil lexico-discursif de « crise » et montrer que c’est à travers son profil lexico-discursif que ce mot participe à la configuration du sens social d’un événement. L’événement décrit est le conflit des intermittents du spectacle dans Le Monde et Le Figaro (juin 2003 – mai 2004)1.

    2. Le niveau sémantique du profil lexico-discursif de « crise »

    13Établir le profil lexico-discursif du mot « crise » revient à proposer une description sémantique de l’usage du mot dans le cadre d’un type de discours particulier, le discours de la presse écrite quotidienne. Ce parcours nous conduira toutefois à proposer une caractérisation unitaire du sens de « crise ».

    2.1. Méthodologie de l’analyse sémantique

    14Au niveau méthodologique, nous nous inspirons de la notion de micro-discours, introduite par Rémi-Giraud (de Chanay, Rémi-Giraud 2003), qui propose de penser le sens d’un mot comme le résultat d’un processus de sédimentation en langue de régularités contextuelles, repérées, pour Rémi-Giraud, dans les dictionnaires. Le micro-discours condense le discours dans lequel le mot apparaît, ce qui peut mettre en valeur des sèmes pragmatiques dont l’importance dans la signification dépasse celle des traits référentiels.

    15Deux types de discours ont concouru à la détermination du micro-discours : un discours métalinguistique qui se donne le sens comme objet, le discours lexicographique (représenté par trois dictionnaires courants), et un discours dans lequel le mot est en usage (vs en mention), le discours médiatique (presse quotidienne nationale). Le discours littéraire, tel que représenté dans la base de données Frantext (qui regroupe en majorité des textes littéraires), permet d’effectuer quelques sondages de vérification.

    2.2. Phase 1 : analyse du discours lexicographique

    16La première phase de l’analyse sémantique se concentre sur le discours lexicographique. Pour des raisons d’espace, nous ne donnerons que les grandes lignes de la méthodologie. Le détail est donné dans Veniard (2007).

    17Les trois dictionnaires consultés, Le Petit Robert, Le Dictionnaire Hachette et Le Petit Larousse grand format, ont choisi de classer les acceptions du mot en fonction de domaines de référence. Ce choix sémantico-référentiel est très marqué dans le Dictionnaire Hachette par exemple, qui distingue des acceptions dans les domaines de la médecine (1 et 2), de la psychologie (3, 4) et de la vie socio-politique (4). Nous avons isolé les éléments illustrant ces rattachements, en notant en caractères soulignés le rattachement au domaine médico-psychologique et en gras souligné celui au domaine socio-politique. Pour des raisons d’espace, nous ne présentons que le cas du Dictionnaire Hachette, mais le résultat est sensiblement identique pour les autres dictionnaires.

    Le Dictionnaire Hachette

    1 MED Changement rapide, généralement décisif, en bien ou en mal, survenant dans l’état d’un malade. […]. 2 Accident subit chez un sujet atteint d’une maladie chronique, ou apparemment en bonne santé. […]. 3 Paroxysme d’un sentiment, d’un état psychologique. […]. 4 Moment difficile et généralement décisif dans l’évolution d’une société, d’une institution, d’un individu. […]. LOC […] Crise ministérielle : période entre la chute d’un ministère et la formation d’un nouveau cabinet. […]

    18Ces indices de domaine référentiel mis de côté, il reste des unités lexicales récurrentes que l’on peut regrouper et sur lesquelles on peut s’appuyer pour mettre au jour des sèmes tels que :

    • [+ rupture] : « changement » (H, PL, PR), « accident » (H, PR), « accès » (PL), « manifestation » (PL, PR) ;

    • [+ période] : « période » (PL), « phase » (PL, PR), « moment » (H, PR) ;

    • [+ intensité] : « périlleuse » (PL), « décisif(ve) » (H, PL, PR), « aggravation » (PL, PR), « violent(e) » (PL, PR), « paroxysme » (H), « grave » (PL, PR).

    19Ce travail de regroupement constitue la base de la réécriture sémique des définitions, qui exclut les domaines référentiels2. Comme précédemment, nous n’illustrons notre propos qu’à travers un seul dictionnaire.

    Le Dictionnaire Hachette
    1 MED [+ rupture] [+ inattendu] [+ intensité] [+ /– positif]
    2 [+ rupture] [+ inattendu]
    3 [+ intensité]
    4 [+ période] [-positif] [+ intensité]

    20Dans les trois dictionnaires, les acceptions concernées par le sens actualisé dans le contexte du conflit des intermittents du spectacle présentent des sèmes communs : [+ période] et [+ intensité]. En revanche, sont absents des sèmes très proches [+ inattendu] et [+ rupture], qui sont pourtant caractéristiques des acceptions centrées sur le domaine médical.

    21Deux groupes d’acceptions se dégagent : celles centrées sur la rupture avec un état antérieur considéré comme stable (soit la stabilité d’un état chronique, soit la stabilité d’un état de bonne santé) et celle centrée sur la temporalité et l’intensité (l’acception moderne par analogie d’après le Petit Robert). Or le sème [+ rupture], quoique marginalisé dans les acceptions qui correspondent au sens du mot dans notre corpus, permet pourtant d’unifier les définitions. Il est en effet central à toutes les acceptions : qu’elle soit politique, du logement ou médicale, une crise est toujours une rupture dans l’ordre des choses, d’une durée variable.

    22C’est pourquoi nous proposons de reformuler l’acception actualisée dans le corpus en remplaçant [+ période] [+ intensité] par [+ rupture] [+ période] [+ intensité]. Cette configuration est provisoire ; on verra que l’analyse du cotexte du mot crise permettra de la préciser.

    2.3. Phase 2 : étude des collocations dans le discours de presse

    23Dans la seconde phase de l’analyse, nous avons cherché à vérifier l’actualisation dans le discours médiatique des sèmes mis au jour dans le discours lexicographique, en nous appuyant sur les co-occurrences et récurrences cotextuelles.

    24Les sèmes mis au jour précédemment sont effectivement actualisés dans le cotexte du mot :

    [+ période] : début de la crise, traverse une crise
    [+ rupture] : la crise provoque, conséquences de la crise
    [+ intensité] : crise grave, crise profonde

    25Le corpus révèle une caractéristique supplémentaire : la récurrence, dans la distribution de crise, de nominalisations ou de verbes tels que régler, solution, gestion, sortie, dont la synonymie discursive repose sur l’idée de la fin d’un processus par sa maîtrise. Cette récurrence semble transversale à différents types d’événements : elle est observée dans la guerre en Afghanistan (celle qui a commencé en 2001), ou pour la crise financière. Nous avons donc cherché à déterminer la fréquence de ces co-occurrences par un calcul statistique des spécificités à l’aide du logiciel Lexico 3 (développé par Salem et Fleury, Syled, Paris 3)3. Le tableau qui suit présente les spécificités de crise avec des parasynonymes de régler/règlement dans le corpus (Le Monde et Le Figaro) sur le conflit des intermittents du spectacle, ainsi qu’une comparaison avec un corpus rassemblé autour de la guerre en Afghanistan (corpus oct.-nov. 2001, mêmes journaux) :

    Spécificité du rapport praxique régler autour du mot crise

    Corpus Afghanistan

    Corpus Intermittents

    gestion (+20)

    sortie (+ 7)

    sortir, solution (+ 6)

    régler (+5)

    résoudre, réglée, gère (+4)

    sortie (+ 33)

    sortir (+ 13)

    règlera (+ 3)

    résoudre (+2)

    26Ces récurrences prédicatives soulignent que le mot « crise » est associé de manière privilégiée avec la praxis « régler », exprimée par différents noms et verbes4. À partir de ces observations, nous identifions un nouveau sème, de nature pragmatique : [+ qu’on doit régler].

    2.4. Proposition d’une nouvelle écriture sémique et bilan

    27La mise en regard des résultats obtenus sur les deux types de discours nous conduit à proposer une formulation du sens de « crise » dans le corpus « Conflit des intermittents » en quatre sèmes : [+ période] [+ rupture] [+ intensité] [+ qu’on doit régler]. Une vérification exploratoire sur Frantext a montré que cette acception de « crise » était actualisée dans un corpus de textes littéraires. Le corpus défini pour cette exploration comportait tous les textes depuis 1970. Il est apparu que le sème est bien présent, chez des auteurs et dans des genres très différents : de Yourcenar à Mendès France et du roman au discours politique.

    (1)

    Le troisième élément, anciennement psychologique ou métaphysique, celui que Lawrence appelle diathétique (en empruntant le terme à Xénophon dont il n’est pas inutile de relire l’Anabase c’est-à-dire la retraite des Dix Mille), est la faculté de décision, le discernement et la crise résolue au sujet de ce qui est et de ce qui n’est pas (finalement, l’être et le non-être de Parménide). (Sollers Philippe, Le Secret, 1993, p. 186, II)

    (2)

    La présente crise se résoudrait peut-être après n’avoir sévi que pour un nombre limité d’êtres humains ; d’autres viendraient, chacune aggravée par les séquelles des crises précédentes. (Yourcenar Marguerite, Le Labyrinthe du monde : I souvenirs pieux, 1974, p. 738)

    (3)

    Une telle conception leur permet, d’ailleurs, d’imaginer la solution de la crise suivant le principe du moindre effort : pour que la paix juste et durable fût, désormais, établie, il suffirait d’écarter le dictateur de Berchtesgaden. (De Gaulle Charles, Discours et messages. 1. Pendant la guerre. 1940-1946, 1970, p. 142)

    28En revanche, comme l’illustrent les exemples, les variations semblent porter sur la formulation qui actualise le sème (on trouve sortie, solution, résoudre, résolution mais assez peu régler).

    29Si le sème [+ qu’on doit régler] convient pour de nombreux usages de « crise » dans le discours médiatique et littéraire, sa formulation apparaît comme un peu trop spécifique : elle appelle la collocation régler un problème et ne rend pas compte, par exemple, d’acceptions dans des contextes tels que « il fait une crise de nerfs »5. Bien sûr, cette acception dépasse celle qui est actualisée dans notre corpus centré sur un conflit social. Cependant, proposer un sème limité à un événement particulier n’est qu’une autre manière de reconduire le domaine référentiel que nous avons exclu plus haut. Il est possible de formuler le sème pragmatique de façon à ce qu’il recouvre une plus grande diversité de situations, notamment en affaiblissant son lien avec une action entreprise. Nous proposons : [+ dont on veut voir arriver le terme], ce qui renvoie à la fois aux situations où une action (utile ou non) est engagée pour parvenir à ce terme (régler un conflit par des négociations) et celles où ne rien faire constitue également une action (i.e. attendre qu’il ait fini sa crise de nerfs). Le sémème de « crise » devient donc : [+ période] [+ rupture] [+ intensité] [+ dont on veut voir arriver le terme].

    30Ce sème pragmatique connaît d’autres réalisations que celles que nous venons d’évoquer, ainsi : anti(-crise), face à (la crise), lutter contre (la crise), réagir à (la crise), etc. Certaines de ces réalisations peuvent figurer sur des supports sémiotiques divers (cf. illustrations en annexe).

    3. Les niveaux énonciatifs et syntaxiques du profil lexico-discursif

    31Le niveau sémantique ne constitue qu’un des aspects du profil lexico-discursif du mot crise. Le niveau énonciatif, central dans le discours de la presse écrite, participe des phénomènes de circulation interdiscursive (Moirand 2007a) et de cohérence textuelle (Veniard 2011). La combinaison des niveaux sémantique et énonciatif, ainsi que du niveau syntaxique, éclairera la place prise par le mot crise dans la configuration du sens social du conflit des intermittents du spectacle.

    32Au niveau énonciatif, la caractéristique marquante de « crise » est d’apparaître dans des énoncés présentant des séquences d’hétérogénéité énonciative attribuées en grande majorité à des hommes politiques ou à des experts (chercheurs, consultants), à l’exclusion des acteurs du conflit. Les journaux mettent en scène cette communauté comme celle des utilisateurs préférentiels du mot. Qu’ils le soient exclusivement dans la réalité est une tout autre question ; la question que nous posons ici est de savoir comment la presse construit les événements à travers leur nomination.

    (4)

    Renaud Donnedieu de Vabres [ministre de la Culture] a salué ce « geste de sortie de crise » et estimé que la confiance était « rétablie ». (Le Monde, 13/05/2004)

    (5)

    Mme Hidalgo évoque une « crise sans précédent » dans le monde du spectacle et l’« abandon de poste du ministre de la culture, qui aurait dû faire valoir la situation des intermittents » auprès de Matignon. (Le Monde, 05/03/2004)

    (6)

    Le chef du gouvernement, qui a assuré avoir « entendu les inquiétudes » des acteurs de la culture, et s’est dit soucieux de « tout faire pour répondre à cette crise », ne semble pas persuadé d’y parvenir à court terme. (Le Monde, 13/07/2003)

    33Cela s’accompagne, dans certains cas (4, 6), de l’actualisation du sème pragmatique [+ dont on veut voir arriver le terme], avec des verbes qui soulignent qu’une action doit être entreprise à cet effet. L’actualisation de ce sème prédicatif ne s’accompagne toutefois pas de l’identification d’un agent spécifique. Le sème est le plus souvent actualisé par des nominalisations ou des infinitives, c’est-à-dire des constructions qui autorisent ou obligent l’effacement de l’agent. On relève tout de même le ministre de la culture (7), le gouvernement (8) ou le président de la République (9), mais le plus souvent, il s’agit d’un on indéfini, qui est actualisé une fois dans le corpus (10) mais reste le plus souvent implicite (11), surtout avec sortir.

    (7)

    Renaud Donnedieu de Vabres n’a pas été contre la logique du calendrier : nommé il y a trois semaines ministre de la Culture avec pour mission immédiate de dénouer la crise des intermittents, il a profité du premier festival de la saison, le 28e Printemps de Bourges, pour […] adresser aux professionnels un premier message. (Le Figaro, 26/04/2004)

    (8)

    Alors que le gouvernement tente de résoudre la crise des intermittents du spectacle et qu’il a engagé des discussions délicates avec les syndicats sur la réforme de l’assurance-maladie, la tension sociale s’accroît dans les entreprises publiques. (Le Monde, 13/05/2004)

    (9)

    M. Lang avait également évoqué, sur Europe 1, « la vulgarité et la grossièreté » du président du Medef, avant d’en appeler au président de la République, pour sortir de la crise. (Le Monde, 15/07/2003)

    (10)

    Premièrement, il faut que l’on sorte de la crise. [interview du ministre de la Culture] (Le Figaro, 06/05/2004)

    (11)

    Quelles solutions préconisez-vous pour sortir de la crise ? [interview député UMP, D. Paillé] (Le Monde, 08/07/2003)

    34Le sujet peut également être un objet inanimé comme un plan (pour sortir de la crise). Dans tous les cas, l’agent humain du règlement de la crise reste flou : en témoigne une illustration de Libération (mars 2009), qui présente une conférence sur « Sortir de la crise » en l’assortissant d’un dessin présentant un personnage se tirant lui-même par les cheveux pour sortir d’un chapeau.

    35Ainsi la constitution du profil discursif de « crise » (niveaux sémantique, énonciatif et syntaxique) permet de déterminer que le mot est porteur d’un sème pragmatique [+ dont on veut voir arriver le terme], actualisé par des prédicats déterminés le plus souvent par des agents (ou bénéficiaires6) indéfinis. De plus, c’est un mot ancré dans les pratiques citationnelles des journalistes puisqu’il figure dans l’intertexte politique : c’est un vocable de la communauté politique/des experts qui, soit commentent, soit doivent agir pour résorber un événement (de type imprévisible).

    36Ce profil discursif peut maintenant être rattaché au rapport expérientiel entretenu par la communauté des journalistes et des personnes politiques et experts cités à l’événement : le conflit des intermittents apparaît comme un objet social hybride, rapporté à des actions (ce qui advient) et à des dires (dimension politique), ce qui rejoint les résultats d’autres études sur des événements dans la presse écrite (Moirand 2007a sur les crises sanitaires liées à l’alimentation et Calabrese, Rosier 2004 sur la crise de la canicule). Le conflit des intermittents appelle une solution, sans qu’un acteur soit nettement désigné pour la trouver et la mettre en œuvre. Plus que la durée ou l’intensité (cf. infra), cette dimension pragmatique, qui fait miroiter une solution, est sans doute à l’origine des jugements dépréciatifs et des condamnations dont ce mot fait l’objet.

    37Cette dimension pragmatique rend possible la labilité référentielle du mot. Il est possible qu’elle relève du dialogisme interactionnel7 et anticipe les attentes des lecteurs. Elle rejoint les intuitions de locuteurs experts des crises, comme en témoignent les propos de Morin (1976 : 149) : le mot est « une forme vide », un « prêt-à-porter stéréotypé qui ne constitue plus que l’ultime recours du lancinant désarroi des diagnostics et des pronostics ». Cela apparaît également dans la recherche de Buchet de Neuilly (2006) sur le rapport des fonctionnaires européens à la notion de crise : pour le haut fonctionnaire de la politique européenne de sécurité extérieure, la question est moins de savoir ce qu’il gère (un génocide, un conflit, etc.) que de définir les instruments à l’aide desquels il gère quelque chose.

    38L’établissement d’un profil lexico-discursif permet de confirmer ces intuitions et d’aller plus loin dans l’articulation lexique-discours : dans la presse écrite, la dimension pragmatique du mot est dépendante des niveaux syntaxique et énonciatif. En ce sens, la notion de profil relève d’une analyse de l’usage, dans une perspective discursive et multi-niveaux, davantage que d’une approche lexicologique, opposant sens en langue et sens en discours. Diverses questions se posent à l’issue de ce travail : d’autres unités lexicales (catastrophe, problème) présentent-elles des profils lexico-discursifs similaires ? Le profil de « crise » est-il identique dans d’autres types de discours ? Comment pourrait-on grader l’intensité des phénomènes rencontrés dans un profil ?

    Annexe

    Le sème pragmatique attesté sur d’autres supports que les journaux quotidiens

    Image 10000000000002C500000422C04CA119.jpg

    Notes de bas de page

    1 Les professionnels du spectacle (comédiens, accessoiristes, etc.) s’étaient mis en grève en juin 2003, au moment des grands festivals d’été (Avignon, Montpellier), pour contester un accord restreignant leur indemnisation chômage. Le conflit a duré environ un an, mais il était latent depuis plusieurs années.

    2 Seuls les énoncés définitoires ont été pris en compte, à l’exclusion des collocations et exemples.

    3 http://www.tal.univ-paris3.fr/lexico/

    4 Pour approfondir ce calcul, il faudrait comparer les spécificités dans différents types de discours et analyser les spécificités des verbes/nominalisations identifiées. Le niveau de spécificité atteint, élevé, voire très élevé pour gestion et sortie, offre toutefois une base solide à l’analyse.

    5 Nous remercions Marianne Doury, qui a orienté notre travail dans cette direction par une question incisive.

    6 Dans le cas de un plan pour sortir de la crise, c’est le plan qui est agent alors que l’actant humain est bénéficiaire.

    7 Le dialogisme interactionnel renvoie à une interaction imaginée avec un destinataire (ou un surdestinataire). Il peut être montré ou constitutif (Charaudeau, Maingueneau 2002).

    Auteur

    • Marie Veniard

      Université Paris Descartes Cité, EDA et Syled-Cediscor

    Précédent Suivant
    Table des matières

    Le texte seul est utilisable sous licence Licence OpenEdition Books. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont « Tous droits réservés », sauf mention contraire.

    Voir plus de livres
    Les prédiscours

    Les prédiscours

    Sens, mémoire, cognition

    Marie-Anne Paveau

    2006

    L’argumentation aujourd’hui

    L’argumentation aujourd’hui

    Positions théoriques en confrontation

    Marianne Doury et Sophie Moirand (dir.)

    2004

    L’astronomie dans les médias

    L’astronomie dans les médias

    Analyses linguistiques de discours de vulgarisation

    Jean-Claude Beacco (dir.)

    1999

    Par l’écriture

    Par l’écriture

    Jean-Marie Odéric Delefosse (dir.)

    1993

    Le fait divers criminel dans la presse quotidienne française du XIXe siècle

    Le fait divers criminel dans la presse quotidienne française du XIXe siècle

    Laetitia Gonon

    2012

    L'acte de nommer

    L'acte de nommer

    Une dynamique entre langue et discours

    Georgeta Cislaru, Olivia Guérin, Katia Morim et al. (dir.)

    2007

    Cartographie des émotions

    Cartographie des émotions

    Propositions linguistiques et sociolinguistiques

    Fabienne Baider et Georgeta Cislaru (dir.)

    2013

    Morphologie et syntaxe de l'espagnol

    Morphologie et syntaxe de l'espagnol

    Méthodes d'approche

    Gilles Luquet (dir.)

    2010

    La concordance des temps

    La concordance des temps

    Moyen Âge et Époque moderne

    Gilles Luquet (dir.)

    2010

    Médiativité, polyphonie et modalité en français

    Médiativité, polyphonie et modalité en français

    Etudes synchroniques et diachroniques

    Jean-Claude Anscombre, Evelyne Oppermann-Marsaux et Amalia Rodriguez Somolinos (dir.)

    2014

    Les quotatifs en interaction en anglais contemporain

    Les quotatifs en interaction en anglais contemporain

    Yann Fuchs

    2013

    Dire l’événement

    Dire l’événement

    Langage, mémoire, société

    Sophie Moirand, Sandrine Reboul-Touré, Danielle Londei et al. (dir.)

    2013

    Voir plus de livres
    1 / 12
    Les prédiscours

    Les prédiscours

    Sens, mémoire, cognition

    Marie-Anne Paveau

    2006

    L’argumentation aujourd’hui

    L’argumentation aujourd’hui

    Positions théoriques en confrontation

    Marianne Doury et Sophie Moirand (dir.)

    2004

    L’astronomie dans les médias

    L’astronomie dans les médias

    Analyses linguistiques de discours de vulgarisation

    Jean-Claude Beacco (dir.)

    1999

    Par l’écriture

    Par l’écriture

    Jean-Marie Odéric Delefosse (dir.)

    1993

    Le fait divers criminel dans la presse quotidienne française du XIXe siècle

    Le fait divers criminel dans la presse quotidienne française du XIXe siècle

    Laetitia Gonon

    2012

    L'acte de nommer

    L'acte de nommer

    Une dynamique entre langue et discours

    Georgeta Cislaru, Olivia Guérin, Katia Morim et al. (dir.)

    2007

    Cartographie des émotions

    Cartographie des émotions

    Propositions linguistiques et sociolinguistiques

    Fabienne Baider et Georgeta Cislaru (dir.)

    2013

    Morphologie et syntaxe de l'espagnol

    Morphologie et syntaxe de l'espagnol

    Méthodes d'approche

    Gilles Luquet (dir.)

    2010

    La concordance des temps

    La concordance des temps

    Moyen Âge et Époque moderne

    Gilles Luquet (dir.)

    2010

    Médiativité, polyphonie et modalité en français

    Médiativité, polyphonie et modalité en français

    Etudes synchroniques et diachroniques

    Jean-Claude Anscombre, Evelyne Oppermann-Marsaux et Amalia Rodriguez Somolinos (dir.)

    2014

    Les quotatifs en interaction en anglais contemporain

    Les quotatifs en interaction en anglais contemporain

    Yann Fuchs

    2013

    Dire l’événement

    Dire l’événement

    Langage, mémoire, société

    Sophie Moirand, Sandrine Reboul-Touré, Danielle Londei et al. (dir.)

    2013

    Voir plus de chapitres

    Avant-propos

    Georgeta Cislaru, Olivia Guérin, Katia Morim et al.

    Voir plus de chapitres

    Avant-propos

    Georgeta Cislaru, Olivia Guérin, Katia Morim et al.

    Accès ouvert

    Accès ouvert freemium

    ePub

    PDF

    PDF du chapitre

    Suggérer l’acquisition à votre bibliothèque

    Acheter

    Édition imprimée

    • amazon.fr
    • decitre.fr
    • mollat.com
    • leslibraires.fr
    • placedeslibraires.fr
    ePub / PDF

    1 Les professionnels du spectacle (comédiens, accessoiristes, etc.) s’étaient mis en grève en juin 2003, au moment des grands festivals d’été (Avignon, Montpellier), pour contester un accord restreignant leur indemnisation chômage. Le conflit a duré environ un an, mais il était latent depuis plusieurs années.

    2 Seuls les énoncés définitoires ont été pris en compte, à l’exclusion des collocations et exemples.

    3 http://www.tal.univ-paris3.fr/lexico/

    4 Pour approfondir ce calcul, il faudrait comparer les spécificités dans différents types de discours et analyser les spécificités des verbes/nominalisations identifiées. Le niveau de spécificité atteint, élevé, voire très élevé pour gestion et sortie, offre toutefois une base solide à l’analyse.

    5 Nous remercions Marianne Doury, qui a orienté notre travail dans cette direction par une question incisive.

    6 Dans le cas de un plan pour sortir de la crise, c’est le plan qui est agent alors que l’actant humain est bénéficiaire.

    7 Le dialogisme interactionnel renvoie à une interaction imaginée avec un destinataire (ou un surdestinataire). Il peut être montré ou constitutif (Charaudeau, Maingueneau 2002).

    Dire l’événement

    X Facebook Email

    Dire l’événement

    Ce livre est cité par

    • Bourgne, Patrick. (2022) Ontologie des sujets d’actualité. Communication. DOI: 10.4000/communication.15834
    • Raschini, Elisa. (2016) Entre espace urbain et espace numérique. La mobilisation immobile des Sentinelles contre le mariage homosexuel. Mots, 110. DOI: 10.4000/mots.22203
    • Lagarde-Belleville, Camille. (2019) Implications extra et pré-linguistiques d’un corpus audiovisuel touchant à l’information spécialisée : quelques réflexions sur le cas du discours sportif télévisé contemporain. Corela, HS-27. DOI: 10.4000/corela.7729
    • Reboul-Touré, Sandrine. (2020) La biodiversité : un mot-témoin pour l’analyse du discours. Les carnets du Cediscor, 15. DOI: 10.4000/cediscor.2662
    • Vautier, Claude. (2018) Un petit monde en Ontario. Application d’un modèle relationnel trialectique à la vie d’une communauté canadienne. Nouvelles perspectives en sciences sociales, 13. DOI: 10.7202/1044022ar
    • Rakotonoelina, Florimond. (2017) Didactique, discours médiatiques et événements : développement d’une compétence pragmatique et d’une culture médiatique par l’analyse de l’actualité. Les carnets du Cediscor, 13. DOI: 10.4000/cediscor.1012
    • Abdel Hamid, Mohammad. (2018) Le street artivisme en Égypte : de l’écriture au cœur d’un événement à l’écriture-événement. Communication & langages, N° 197. DOI: 10.3917/comla1.197.0073
    • La médiatisation du Printemps arabe dans la presse libanaise de 2011 à 2013 les cas d’al-Akhbar et an-Nahar. DOI: 10.70675/c70ae173zc3e4z46b7z8f0cz60971b31b29f
    • Noircir le Levant, blanchir Ibn Saoud : une étude analytique du discours de la presse française et anglo-saxonne sur le Moyen-Orient entre 1914 et 1953. DOI: 10.70675/d3f81870zc37fz41afz8dc4z88d4e4eb6259
    • Une poésie de circonstance ? : Comment traduire la guerre franco-prussienne en littérature (1870-1898). DOI: 10.70675/e867f123z7d4az4d9azb088zae58977624c3
    • Des invariants aux mutations du discours du ministère des Affaires étrangères français, 1997-2019. DOI: 10.70675/b9f796f5zef49z4347zbe70zc508642214ec
    • La représentation de la figure du bourreau dans Les Bienveillantes de Jonathan Littel, La Part de l'autre d'Eric-Emmanuel Schmitt, La Disparition de Josef Mengele d'Olivier Guez et HhHH Laurent Binet. DOI: 10.70675/5de2c48az4727z4082zb62fz4fca2ba77fee
    • La presse clandestine de la Résistance française (1941-1944) : styles, langages, rhétorique et argumentations. DOI: 10.70675/224f43acz64ebz4c87z88cez4e30d4c7fd9a
    • Migration, politique, citoyenneté et médias dans la Francophonie arabe actuelle et méditerranéenne : pratiques et stratégies discursives, lexicométrie, textométrie et logométrie. DOI: 10.70675/9d977823z0e42z42c2z8f4fz912772471418
    • Entre mémoires et oublis, la lente inscription d'un évènement traumatique dans l'histoire d'une nation, la cas de l'incendie de la Triangle Shirtwaist Company, New York, 25 mars 1911. DOI: 10.70675/bff86b7cza4d9z4e5bz8d6ez79f3615d4662

    Ce chapitre est cité par

    • Calabrese, Laura. Gaboriaux, Chloé. Veniard, Marie. (2022) Reception in crisis: Discursive practices and political actions. Mots, 129. DOI: 10.4000/mots.30165
    • Calabrese, Laura. (2018) Faut-il dire migrant ou réfugié ? Débat lexico-sémantique autour d’un problème public. Langages, N° 210. DOI: 10.3917/lang.210.0105
    • Pachocińska, Elżbieta. (2022) Les valeurs écologiques dans les discours portant sur l’environnement. Białostockie Archiwum Językowe. DOI: 10.15290/baj.2022.22.15
    • Angeletti, Thomas. Galonnier, Juliette. Him-Aquilli, Manon. (2022) En venir aux mots. Tracés, 43. DOI: 10.4000/traces.14131
    • Ströbel, Liane. (2023) Linguistik in Empirie und Theorie/Empirical and Theoretical Linguistics The Representation of REFUGEES and MIGRANTS in European National Media Discourses from 2015 to 2017. DOI: 10.1007/978-3-662-66775-0_4
    • Lecolle, Michelle. Veniard, Marie. Guérin, Olivia. (2018) Pour une sémantique discursive : propositions et illustrations. Langages, N° 210. DOI: 10.3917/lang.210.0035
    • Calabrese, Laura. Gaboriaux, Chloé. Veniard, Marie. (2022) L’accueil en crise : pratiques discursives et actions politiques. Mots, 129. DOI: 10.4000/mots.29775
    • Farge, Sylvain. (2017) Crise / Krise, catastrophe / Katastrophe. Cahiers d’études germaniques, 73. DOI: 10.4000/ceg.2310
    • Yoon, Yoohee. (2024) Le sens du mot violence dans le traitement des problèmes publics dans la presse : le cas des violences policières et des violences faites aux femmes. SHS Web of Conferences, 191. DOI: 10.1051/shsconf/202419101013
    • Brunner, Pascale. Pordeus-Ribeiro, Michele. (2020) Inégalité(s) dans le discours de la presse française :usages discursifs et dimensions sémantiques d’un mot. Corela, 18-2. DOI: 10.4000/corela.12798
    • Balty, Cécile. Mistiaen, Valériane. (2024) (Dis)continuités de la crise et de ses usages : 2022, une année charnière pour « la crise des réfugiés » ?. Mots, 134. DOI: 10.4000/mots.33144
    • Prak-Derrington, Emmanuelle. Durand, Marie-Laure. Lefèvre, Michel. (2017) « Comment en est-on arrivé là ? ». Cahiers d’études germaniques, 73. DOI: 10.4000/ceg.2226
    • Contribution à l'étude des discours spécialisés : décryptage de l'allocution annuelle du gouverneur de la Banque d'Angleterre à Mansion House (1946-2016). DOI: 10.70675/7e39d396z9b67z4e76zb06aza7071ab654dc
    • Vivre l'incertitude des procédures de demande d'asile : ethnographie d'un éternel recommencement. DOI: 10.70675/ea8fe694z15f6z4c2fzb0c4z9a653e14916d
    • Les Souverainetés partielles et résiduelles des États fédérés : le cas américain (États-Unis, Canada, Brésil) : modèles fédératifs comparés et crises structurelles. DOI: 10.70675/d05fc16dz9b0az4b75zb56azd44e574fbbda
    • Crise des migrants, crises nationales ? : L’aide aux réfugiés au miroir des sciences administratives (2000-2020). DOI: 10.70675/54f710bfz5b0ez4eb0zaf7dz35ab5571efc9

    Dire l’événement

    Ce livre est diffusé en accès ouvert freemium. L’accès à la lecture en ligne est disponible. L’accès aux versions PDF et ePub est réservé aux bibliothèques l’ayant acquis. Vous pouvez vous connecter à votre bibliothèque à l’adresse suivante : https://freemium.openedition.org/oebooks

    Suggérer l’acquisition à votre bibliothèque Acheter ce livre aux formats PDF et ePub

    Si vous avez des questions, vous pouvez nous écrire à access[at]openedition.org

    Dire l’événement

    Vérifiez si votre bibliothèque a déjà acquis ce livre : authentifiez-vous à OpenEdition Freemium for Books.

    Vous pouvez suggérer à votre bibliothèque d’acquérir un ou plusieurs livres publiés sur OpenEdition Books. N’hésitez pas à lui indiquer nos coordonnées : access[at]openedition.org

    Vous pouvez également nous indiquer, à l’aide du formulaire suivant, les coordonnées de votre bibliothèque afin que nous la contactions pour lui suggérer l’achat de ce livre. Les champs suivis de (*) sont obligatoires.

    Veuillez, s’il vous plaît, remplir tous les champs.

    La syntaxe de l’email est incorrecte.

    Référence numérique du chapitre

    Format

    Veniard, M. (2013). Du profil lexico-discursif du mot « crise » à la construction du sens social d’un événement. In S. Moirand, S. Reboul-Touré, D. Londei, & L. Reggiani (éds.), Dire l’événement. Paris: Presses Sorbonne Nouvelle. https://doi.org/10.4000/books.psn.3222
    Veniard, Marie. « Du profil lexico-discursif du mot “crise” à la construction du sens social d’un événement ». In Dire l’événement, édité par Sophie Moirand, Sandrine Reboul-Touré, Danielle Londei, et Licia Reggiani. Paris: Presses Sorbonne Nouvelle, 2013. doi:10.4000/books.psn.3222.
    Veniard, Marie. « Du profil lexico-discursif du mot “crise” à la construction du sens social d’un événement ». Dire l’événement, édité par Sophie Moirand et al., Presses Sorbonne Nouvelle, 2013, https://doi.org/10.4000/books.psn.3222.

    Référence numérique du livre

    Format

    Moirand, S., Reboul-Touré, S., Londei, D., & Reggiani, L. (éds.). (2013). Dire l’événement. Paris: Presses Sorbonne Nouvelle. https://doi.org/10.4000/books.psn.2935
    Moirand, Sophie, Sandrine Reboul-Touré, Danielle Londei, et Licia Reggiani, éd. Dire l’événement. Paris: Presses Sorbonne Nouvelle, 2013. doi:10.4000/books.psn.2935.
    Moirand, Sophie, et al., éditeurs. Dire l’événement. Presses Sorbonne Nouvelle, 2013, https://doi.org/10.4000/books.psn.2935.
    Compatible avec Zotero Zotero

    1 / 3

    Presses Sorbonne Nouvelle

    Presses Sorbonne Nouvelle

    • Mentions légales
    • Plan du site
    • Se connecter

    Suivez-nous

    • Facebook
    • Instagram
    • Flux RSS

    URL : http://psn.univ-paris3.fr

    Email : psn@sorbonne-nouvelle.fr

    OpenEdition
    • Candidater à OpenEdition Books
    • Connaître le programme OpenEdition Freemium
    • Commander des livres
    • S’abonner à la lettre d’OpenEdition
    • CGU d’OpenEdition Books
    • Accessibilité : partiellement conforme
    • Données personnelles
    • Gestion des cookies
    • Système de signalement