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    Plan

    Plan détaillé Texte intégral 2‑1. Les éléments syntaxiques et lexicaux 2‑2. Dire les nombres 2‑3. Parler des calculs 2‑4. Maniement des unités de mesure Notes de bas de page

    Le livre sur les calculs effectués avec des bâtonnets

    Ce livre est recensé par

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    Table des matières

    Langue ordinaire et jargon mathématique

    Entrées d’index

    Mots-clés : syntaxe des manuscrits Han, langue mathématique chinoise, numération chinoise, unités de mesure

    Texte intégral 2‑1. Les éléments syntaxiques et lexicaux 2‑1‑1. « Yĭ 以 » : but et moyen 2‑1‑2. « Zhī 之 » : pronom, détermination et thème 2‑1‑3. « Zhě 者 » : nominalisation 2‑1‑4. « Ér 而 » : thématisation et conjonction 2‑1‑5. « Jĭhé 幾何 » : l’interrogatif « combien » 2‑1‑6. « Yě 也 » : attribut et thème 2‑1‑7. « Jí 即 » : « alors » 2‑1‑8. « Yì 亦 » : « de même » 2−1−9. « Jīn 今 » : actualisation 2‑1‑10. « Lìng 令 » : causatif et conditionnel 2‑1‑11. « Qiú 求 » : requêtes, causatif et conversions 2‑1‑12. « Wéi 為 » : verbe ou copule 2‑2. Dire les nombres 2‑2‑1. Nommer les entiers 2‑2‑2. Les usages particuliers du numéral {1} 2‑2‑3. Les fractions propres et les fractions composées 2‑2‑4. Les rapports, les prix et les taux 2‑3. Parler des calculs 2‑3‑1. L’addition 2‑3‑2. La multiplication 2‑3‑3. La soustraction 2‑3‑4. La division 2‑4. Maniement des unités de mesure 2‑4‑1. Les échelles métrologiques et les conversions 2‑4‑2. Le temps 2‑4‑3. Les masses 2‑4‑4. Les longueurs 2‑4‑5. Les aires 2‑4‑6. Les capacités et les volumes 2‑4‑7. Le cas de « shí 石 » 2‑4‑8. L’évitement des unités quotients Notes de bas de page

    Texte intégral

    2‑1. Les éléments syntaxiques et lexicaux

    1La langue du texte est le chinois classique, Alain Peyraube (2016 a) parle aussi de chinois bas archaïque ; les deux appellations sont largement acceptées. C’est la langue chinoise du – vie au – iie siècle dans laquelle ont été écrits les Analectes de Confucius [Lúnyǔ 論語], la Tradition de Zuo [Zuǒ zhuàn 左傳], le Mencius [Mèngzǐ 孟子], et tous les traités philosophiques des Royaumes combattants (– 475 ~ – 221). C’est la base du wényán 文言 qui fut la langue lettrée jusqu’au début du xxe siècle.

    2Il existe maintes descriptions et maints manuels du chinois classique écrits en chinois comme dans des langues occidentales ; on trouvera dans Maurizio Scarpari (2016) une brève description syntaxique et une liste de références. Le chinois classique se caractérise par une morphologie réduite. Les relations syntaxiques sont marquées par des particules qui assurent diverses fonctions grammaticales. On distingue notamment la nominalisation qui donne une valeur nominale à une proposition, et la thématisation (ou topicalisation) qui marque qu’un terme ou une proposition est le thème du prédicat qui le suit. Nous ne présentons ici que les termes grammaticaux les plus courants dans notre texte avec leurs valeurs dans ce texte. Mais il faut bien comprendre que le chinois classique n’est pas resté figé pendant son histoire. Par exemple il y a de subtiles différences d’usage pour la particule yě 也 entre ce que l’on voit dans les textes excavés et les textes transmis ; on peut sur ce point comparer Robert Gassmann (2016) et Marco Caboara (2016), et se référer à Alain Peyraube (2016 b) sur les processus historiques de grammaticalisation de certains mots. Un autre exemple est donné par Redouane Djamouri (1999) qui, au travers des évolutions du morphème zhī 之, laisse entrevoir une série de changements linguistiques entre le chinois haut archaïque de la dynastie Shang (– xiiie siècle) et le chinois classique.

    2‑1‑1. « Yĭ 以 » : but et moyen

    3La particule yĭ 以 intervient un total de 157 fois dans le texte ; ces occurrences se partagent en trois types de constructions :

    • la construction « yĭ + nom + verbe » comme dans (3), yĭ introduit le moyen ou l’instrument de l’action qu’implique le verbe ; on la glose « avec » ;
    • la structure idiomatique « yĭ + A + wéi + B » qui forme une proposition causative ou putative « faire que A devienne B » ou « considérer A comme B »1, traduite par « on prend A comme B » dans (4) ; on la glose toujours « avec » ;
    • la construction « yĭ + verbe » présente dans (5) et (6) : la particule yĭ 以 placée directement devant un verbe indique que ce verbe exprime la finalité de la proposition qui précède ; ici on la glose « pour ».

    (3)

    以

    子

    除

    母

    lamelle

    yǐ

    zǐ

    chú

    mǔ

    no 17

    avec

    numérateur

    retrancher

    dénominateur

    le numérateur est retranché du dénominateur

    (4)

    以

    四十

    為

    法

    lamelle

    yǐ

    sì shí

    wéi

    fǎ

    no 59

    avec

    {4}{10}

    faire

    diviseur

    on prend 40 comme diviseur

    (5)

    同

    之

    以

    為

    法

    lamelles

    tóng

    zhī

    yǐ

    wéi

    fǎ

    nos 164

    assembler

    3OBJ

    pour

    faire

    diviseur

    et 165

    on les additionne pour former le diviseur

    (6)

    以

    一

    為

    六

    lamelle

    yǐ

    yī

    wéi

    liù

    no 24

    pour

    {1}

    faire

    {6}

    on prend 6 pour unifier

    4L’expression de (6) appartient au jargon mathématique, qui replacée dans le contexte de la section 4‑8 signifie que le nombre 6 est pris comme dénominateur commun. Elle donne à {1} la fonction d’un verbe traduit ici par « unifier », elle ne doit pas être confondue avec la tournure de (4).

    2‑1‑2. « Zhī 之 » : pronom, détermination et thème

    5Le terme zhī 之 intervient 183 fois dans le texte. Il est 116 ou 117 fois un pronom objet (jamais sujet) de la troisième personne comme dans (7), il est alors glosé 3OBJ. Il marque la détermination nominale comme dans (8) pour 10 ou 11 de ses occurrences, on le glose alors DET2. Il intervient aussi de façon optionnelle dans 54 expressions de fractions comme (9) et (10) où nous avons décidé de ne pas le gloser car nous estimons que ses fonctions grammaticales 3OBJ ou DET y sont neutralisées3.

    6Dans une proposition conditionnelle formée avec zhě 者 sur la tige no 14, zhī se comprend comme une marque de thématisation et on le glose TOP (pour l’anglais topic).

    7Le terme zhī peut finalement être un verbe signifiant « aller à », voire une préposition signifiant « jusqu’à » (une occurrence sur la lamelle no 126).

    (7)

    以

    十

    斗

    各

    乘

    之

    lamelle

    yǐ

    shí

    dǒu

    gè

    chéng

    zhī

    no 140

    avec

    {10}

    dǒu

    chacun

    multiplier

    3OBJ

    on les multiplie respectivement par 10 dŏu

    (8)

    乘

    分

    之

    術

    lamelle

    chéng

    fēn

    zhī

    shù

    n°6

    multiplier

    fraction

    DET

    procédure

    la procédure de multiplication des fractions

    (9)

    各

    受

    三十分

    之

    二十三

    lamelle

    gè

    shòu

    sān shí fēn

    zhī

    èr shí sān

    n°26

    chacun

    recevoir

    {3}{10}fēn

    zhī

    {2}{10}{3}

    chacune reçoit 23/30

    (10)

    金

    七分

    銖

    之

    三

    lamelle

    jīn

    qī fēn

    zhū

    zhī

    sān

    n°30

    or

    {7}fēn

    zhū

    zhī

    {3}

    3/7 de zhū d’or

    2‑1‑3. « Zhě 者 » : nominalisation

    8La particule zhě 者 intervient 62 fois dans le texte. Elle est placée après un terme pour le nominaliser comme dans (11) : on la glose NMLZ.

    9Placée en fin de proposition, la particule zhě peut servir à construire une proposition conditionnelle comme dans (12), dans d’autres cas ce sera une proposition exprimant le but (section 4‑4) ; on conserve la glose NMLZ.

    (11)

    出

    五

    者

    得

    二

    錢,

    lamelle

    chū

    wǔ

    zhě

    dé

    èr

    qián

    no 32

    sortir

    {5}

    NMLZ

    obtenir

    {2}

    qián

    celui qui a versé 5 obtient 2 qián

    (12)

    當

    四分

    者,

    四

    其

    母。

    lamelle

    dāng

    sì fēn

    zhě

    sì

    qí

    mǔ

    no 14

    falloir

    {4}fēn

    NMLZ

    {4}

    3POSS

    dénominateur

    Si l’on doit prendre le quart, on multiplie le dénominateur par 4.

    2‑1‑4. « Ér 而 » : thématisation et conjonction

    10On compte 62 occurrences de la particule ér 而 (sans compter la présence de ér dans les 13 occurrences de la locution yīn ér 因而 qui veut dire « multiplier par », section 2‑3‑2). Elle peut marquer la thématisation de ce qui la précède et elle est alors glosée TOP (pour l’anglais topic) comme dans (13), et aussi dans (34) où elle intervient à la fin d’une proposition conditionnelle. Nous choisissons aussi cette glose pour les usages idiomatiques comme dans (14) où il s’agit d’exprimer un rapport, ainsi que dans les expressions de la division ér yī 而一 et ér chéng yī 而成一 présentées dans la section 2‑3‑4.

    (13)

    飲

    水

    三

    斗

    而

    極

    lamelle

    yǐn

    shuǐ

    sān

    dǒu

    ér

    jí

    no 66

    boire

    eau

    {3}

    dǒu

    TOP

    extrêmea

    l’absorption de 3 dǒu d’eau mène au point de saturation

    a.  Le terme jí 極 (extrême) placé après la particule de thématisation ér 而 se comprend, dans le contexte de la section 4‑26, comme un verbe signifiant « mener au point de saturation ».

    (14)

    九

    步

    四十四分

    步

    三十九

    而

    一

    斗

    lamelle

    jiǔ

    bù

    sì shí sì fēn

    bù

    sān shí jiǔ

    ér

    yī

    dǒu

    no 87

    {9}

    bù

    {4}{10}{4}fēn

    bù

    {3}{10}{9}

    TOP

    {1}

    dǒu

    9 bù [carrés] et 39/44 de bù [carré] pour 1 dǒu

    11Dans certains contextes, ér peut s’interpréter comme une conjonction, glosée CONJ, qui relie généralement deux propositions comme dans (15), ou plus rarement deux noms comme dans (16).

    (15)

    置

    米

    一

    斗

    而

    三

    之

    lamelle

    zhì

    mǐ

    yī

    dǒu

    ér

    sān

    zhī

    no 39

    poser

    millet décortiqué

    {1}

    dǒu

    CONJ

    {3}

    3OBJ

    on pose 1 dǒu de millet décortiqué et on le triple

    (16)

    并

    多

    而

    少

    為

    法

    lamelle

    bìng

    duō

    ér

    shǎo

    wéi

    fǎ

    no 140

    grouper

    plus

    CONJ

    moins

    faire

    diviseur

    on ajoute le surplus et le manque pour former le diviseur

    12La proposition qui précède ér peut indiquer le temps de l’action dans (17), le but dans (18) ou une condition dans (19).

    (17)

    次

    一

    日

    而

    負

    lamelle

    cì

    yī

    rì

    ér

    fù

    no 126

    suivant

    {1}

    jour

    TOP

    porter

    Pendant une autre journée on transporte

    炭

    道

    車

    到

    官

    一

    石。

    tàn

    dăo

    chē

    dào

    guān

    yī

    shí

    charbon

    de

    charrette

    arriver

    garnison

    {1}

    shí

    1 shí de charbon de bois en charrette jusqu’à la garnison.

    (18)

    益

    之

    幾何

    而

    為

    九分

    七?

    lamelle

    yì

    zhī

    jǐhé

    ér

    wéi

    jiǔ fēn

    qī

    no 30

    ajouter

    3OBJ

    combien

    CONJ

    faire

    {9}fēn

    {7}

    Combien doit‑on ajouter pour avoir 7/9 ?

    (19)

    得

    六十

    而

    負

    幾何?

    lamelle

    dé

    liù shí

    ér

    fù

    jǐhé

    no 73

    obtenir

    {6}{10}

    TOP

    payer

    combien

    Combien paye‑t‑on si on reçoit 60 ?

    2‑1‑5. « Jĭhé 幾何 » : l’interrogatif « combien »

    13Quand il s’agit de demander une valeur numérique on trouve le mot interrogatif jĭhé 幾何 (combien)4 comme dans (18), (19), (20) et (21).

    14Dans (23), il est accompagné du verbe wèn 問 (interroger) formant la locution « wèn 問 […] jĭhé 幾何 (on demande combien fait) […] ».

    (20)

    為

    幾何?

    lamelle

    wéi

    jīhé

    no 23

    faire

    combien

    Combien cela fait-il ?

    (21)

    問

    餘

    金

    幾何。

    lamelle

    wèn

    yú

    jīn

    jǐhé

    no 28

    demander

    rester

    or

    combien

    On demande combien il reste d’or.

    2‑1‑6. « Yě 也 » : attribut et thème

    15La particule yě 也 survient 61 fois dans le texte. On la trouve après un prédicat nominal et nous la glosons DECL5 comme dans (22), (23), (24) et pour la deuxième occurrence dans (26). Elle intervient aussi après un thème qu’elle marque, nous la glosons alors TOP6 comme dans (25) et pour la première occurrence dans (26).

    (22)

    寸

    而

    乘

    寸,

    寸

    也。

    lamelle

    cùn

    ér

    chéng

    cùn

    cùn

    yě

    no 1

    cùn

    TOP

    multiplier

    cùn

    cùn

    DECL

    1 cùn fois 1 cùn, cela fait 1 cùn [carré].

    16Le segment « cùn ér chéng cùn » dans (22) s’analyse en cùn (le thème de la proposition ou le sujet grammatical du verbe chéng), suivi du morphème grammatical ér qui marque ici que ce qui précède est le sujet du verbe, suivi du verbe chéng, puis d’une deuxième occurrence de cùn qui est le complément d’objet du verbe chéng (et le deuxième facteur de la multiplication). La phrase se termine par « cùn yě » où cùn (le résultat 1 cùn de l’opération énoncé par le premier segment de la phrase) est en position d’attribut, ce que l’on sait parce que la particule finale yě marque qu’il s’agit d’une phrase à prédicat nominal, que le mot cùn qui précède en est l’attribut, et que finalement le bloc « cùn ér chéng cùn » placé avant cet attribut est le sujet de l’attribut.

    (23)

    餘

    即

    餘

    也。

    lamelle

    yú

    jí

    yú

    yě

    no 29

    rester

    alors

    différence

    DECL

    Ce qui reste est la différence.

    (24)

    餘

    即

    益

    也。

    lamelle

    yú

    jí

    yì

    yě

    no 31

    rester

    alors

    ajout

    DECL

    Ce qui reste est ce que l’on doit ajouter.

    (25)

    母

    相

    乘

    也

    為

    法。

    lamelles

    mǔ

    xiāng

    chéng

    yě

    wéi

    fǎ

    nos 28 et 29

    dénominateur

    l’un l’autre

    multiplier

    TOP

    faire

    diviseur

    Les dénominateurs se multiplient entre eux donnant le diviseur

    (26)

    四分

    而

    乘

    一

    也

    四分

    一

    也

    lamelles

    sì fēn

    ér

    chéng

    yī

    yě

    sì fēn

    yī

    yě

    nos 3 et 4

    {4}fēn

    TOP

    multiplier

    {1}

    TOP

    {4}fēn

    {1}

    DECL

    1/4 fois 1 cela fait 1/4

    17Quand yě marque un prédicat, il s’agit d’un prédicat nominal dont la traduction française fera souvent apparaître la copule « être » comme dans (22), (23) et (33). Marco Caboara (2016) estime alors que l’on peut considérer que yě est une copule, c’est‑à‑dire qu’il assimile son rôle à celui du verbe « être » des propositions attributives françaises. Mais Maurizio Scarpari (2016) s’oppose à cette analyse qui fait débat à cause de considérations techniques sur la définition de ce qu’est une copule. Les deux auteurs se rejoignent pourtant puisque finalement aucun des deux ne recoure ni au terme « copule » ni au verbe « être » dans leurs gloses du terme yě.

    2‑1‑7. « Jí 即 » : « alors »

    18Le terme jí 即 intervient 22 fois, il est généralement une conjonction logique que l’on glose et traduit par « alors ». Il peut occasionnellement, en position adverbiale, contribuer à la construction d’une proposition à prédicat nominal comme dans (23) et (24).

    2‑1‑8. « Yì 亦 » : « de même »

    19Le terme yì 亦 intervient 16 fois, toujours en position adverbiale (devant le verbe), on le glose par « de même » comme dans (27) où il est placé devant la seconde occurrence de bàn {1/2} qui est ici un verbe dont l’objet est zĭ (numérateur).

    (27)

    半

    母

    亦

    半

    子.

    lamelle

    bàn

    mǔ

    yì

    bàn

    zǐ

    no 19

    {1/2}

    dénominateur

    de même

    {1/2}

    numérateur

    On prend la moitié du dénominateur et du numérateur.

    2−1−9. « Jīn 今 » : actualisation

    20Le terme jīn 今 (actuel) intervient 34 fois dans le texte, il signale le passage du générique et de l’hypothétique, d’une part, au spécifique et à l’actuel, d’autre part.

    21Typiquement le terme jīn introduit les données numériques d’une situation particulière qui vient illustrer un énoncé général (une règle générale, la valeur d’un taux ou d’un prix unitaire, etc.), on traduit alors par « considérons » comme dans (28) et (29). Le terme jīn 今 est généralement suivi de yǒu 有 (avoir)7 comme dans (28) ou d’un autre verbe comme dans (29).

    (28)

    今

    有

    金

    七分

    銖

    之

    三.

    lamelle

    jīn

    yǒu

    jīn

    qī fēn

    zhū

    zhī

    sān

    no 30

    actuel

    avoir

    or

    {7}fēn

    zhū

    zhī

    {3}

    Considérons 3/7 de zhū d’or.

    (29)

    今

    欲

    出

    其

    七分

    銖

    六

    lamelle

    jīn

    yù

    chū

    qí

    qī fēn

    zhū

    liù

    no 28

    actuel

    souhaiter

    sortir

    3POSS

    {7}fēn

    zhū

    {6}

    considérons que l’on souhaite en retirer 6/7 de zhū

    22Parfois jīn est utilisé au sein d’une proposition pour annoncer un décalage par rapport à la situation présentée initialement (sections 4‑34, 4‑35, 4‑37), nous traduisons alors par « en réalité » comme dans (30).

    (30)

    取

    枲

    程:

    十

    步

    lamelle

    qǔ

    xǐ

    chéng

    shí

    bù

    no 91

    prendre

    chanvre

    norme

    {10}

    bù

    Pour 10 bù [carrés] on prélève en impôt

    三

    圍

    束

    一

    今

    乾

    之

    二十八

    寸。

    sān

    wéi

    shù

    yī

    jīn

    gān

    zhī

    èr shí bā

    cùn

    {3}

    wéi

    botte

    {1}

    actuel

    sécher

    3OBJ

    {2}{10}{8}

    cùn

    1 botte de 3 wéi de circonférence qui font en réalité 28 cùn après séchage.

    2‑1‑10. « Lìng 令 » : causatif et conditionnel

    23Le terme lìng 令 intervient 25 fois dans le Livre sur les calculs.
    Xu Dan (2006, 124‑129), se référant à des textes transmis et à un corpus excavé8 des Royaumes combattants, montre que le sens premier de lìng 令 est « ordonner » (un supérieur en direction d’un subordonné)9, puis que le terme s’est grammaticalisé pour intervenir dans des constructions causatives et conditionnelles. On ne trouve pas le sens « ordonner » de façon manifeste dans notre corpus, sauf peut‑être dans (31) et (32) où nous avons pourtant préféré interpréter en constructions causatives. Les constructions causatives se trouvent communément dans des instructions de calculs comme dans (70). Des constructions conditionnelles se voient dans (33) et (34).

    24Dans les Neuf Chapitres, d’après Karine Chemla & Guo Shuchun (2004, 955‑956), lìng 令 deviendra un terme mathématique signifiant « effectuer [une opération] », mais ce n’est pas encore le cas dans le Livre sur les calculs.

    (31)

    欲

    令

    一

    人

    lamelle

    yù

    lìng

    yī

    rén

    no 129

    souhaiter

    CAUS

    {1}

    personne

    On voudrait qu’une seule personne

    自

    伐

    竹

    因

    為

    盧唐。

    zì

    fá

    zhú

    yīn

    wéi

    lútáng

    soi-même

    couper

    bambou

    pour

    faire

    tube de bambou

    coupe les bambous elle-même afin de confectionner les tubes.

    (32)

    今

    欲

    令

    lamelle

    jīn

    yù

    lìng

    no 131

    actuel

    souhaiter

    CAUS

    Considérons que l’on veuille faire en sorte que

    一

    人

    為

    矢

    且

    羽

    之。

    yī

    rén

    wéi

    shǐ

    qiě

    yǔ

    zhī

    {1}

    personne

    faire

    flèche

    et

    empenner

    3OBJ

    1 seule personne fabrique des flèches et les empenne.

    (33)

    令

    皆a

    糲

    也,

    lamelle

    lìng

    jiē

    lì

    yě

    no 136

    Si

    tout

    millet décortiqué

    DECL

    Si tout le mélange était du millet décortiqué,

    a.  L’adverbe jiē 皆 est placé ici avant l’attribut, ailleurs il serait devant un verbe. C’est l’un des moyens d’expression du pluriel identifiés par Xu Dan (2009).

    錢

    盈

    二;

    qián

    yíng

    èr

    qián

    excéder

    {2}

    on aurait un excédent de 2 qián ;

    令

    皆

    粺

    也,

    lìng

    jiē

    bài

    yě

    si

    tout

    millet poli

    DECL

    si tout le mélange était du millet poli

    錢

    不

    足

    六

    少半。

    qián

    bù

    zú

    liù

    shǎobàn

    qián

    NEG

    suffisant

    {6}

    {1/3}

    on aurait un déficit de 6 qián et 1/3 de qián.

    (34)

    令

    如

    廣

    步

    數

    而

    lamelle

    lìng

    rú

    guǎng

    bù

    shù

    ér

    no 160

    si

    comme

    largeur

    bù

    nombre

    TOP

    Si on effectue la division par le nombre de bù de la largeur,

    得

    縱

    一

    步。

    dé

    zòng

    yī

    bù

    obtenir

    longueur

    {1}

    bù

    on obtient la longueur en bù.

    2‑1‑11. « Qiú 求 » : requêtes, causatif et conversions

    25Le terme qiú 求 (requérir) intervient 18 fois dans le texte. On en repère trois usages :

    • le verbe « requérir » dans la locution « qiú 求 […] » qui veut dire « requérir [la valeur de…] » comme dans (35) et (65) ;
    • une marque de causatif10 comme dans (36) ;
    • une tournure idiomatique concernant le change entre deux produits comme dans (37) et (38) où nous le glosons « requérir ».

    (35)

    欲

    求

    一

    斗

    步

    數。

    lamelle

    yù

    qiú

    yī

    dǒu

    bù

    shù

    no 86

    souhaiter

    requérir

    {1}

    dǒu

    bù

    nombre

    On veut trouver le nombre de bù [carrés] pour un dǒu.

    (36)

    廣

    二十三

    步,

    lamelle

    guǎng

    èr shí sān

    bù

    no 160

    largeur

    {2}{10}{3}

    bù

    Pour une largeur de 23 bù,

    為

    啟

    縱

    求

    田

    四

    畝。

    wéi

    qǐ

    zòng

    qiú

    tián

    sì

    mǔ

    faire

    extraire

    longueur

    CAUS

    champ

    {4}

    mǔ

    on effectue l’extraction de la longueur pour que l’aire fasse 4 mǔ.

    (37)

    以

    絡絲

    求

    練

    lamelle

    yǐ

    luò sī

    qiú

    liàn

    no 78

    avec

    soie écrue

    requérir

    soie décreusée

    change de la soie écrue en soie décreusée

    (38)

    粟

    求

    米

    lamelle

    sù

    qiú

    mǐ

    no 111

    millet égrené

    requérir

    millet décortiqué

    change de millet égrené en millet décortiqué

    2‑1‑12. « Wéi 為 » : verbe ou copule

    26Le terme wéi 為 intervient 266 fois, comme dans les exemples (4), (5), (6), (16), (18), (20), (25), (31), (32), (36), (42), (53), (55), (57), (67) et (70). Il est toujours glosé « faire » et il est traduit par les verbes « faire » ou « donner ».

    27Nous avons préféré ne pas gloser ni traduire par le verbe « être » qui pourrait faire passer wéi 為 pour une copule ; on pourra pourtant se reporter à Alain Peyraube et Thekla Wiebusch (1994) qui ont posé la question du degré de grammaticalisation de ce terme et celle de la pertinence de le considérer comme une copule. Dans la section 2‑1‑6, nous avons évoqué la même problématique au sujet de la particule yě 也.

    2‑2. Dire les nombres

    2‑2‑1. Nommer les entiers

    28Dans le Livre sur les calculs, comme dans les autres ouvrages chinois de la même époque, les nombres entiers et les fractions (ce corpus ne fait intervenir ni nombre négatif, ni nombre décimal) sont écrits avec les mots de la langue, il n’y a aucune notation symbolique. Remarquons aussi que les mathématiques de la Chine ancienne ignorent la notion de « zéro » et n’ont pas de terme pour nommer ce que nous considérons aujourd’hui comme le « nombre zéro »11 ; cette situation persistera même quand les nombres négatifs seront utilisés comme dans les Neuf Chapitres.

    29Nous avons décrit ailleurs12 la numération linguistique des corpus excavés Qin‑Han. Disons ici simplement que les 13 morphèmes yī {1}, èr {2}, sān {3}, sì {4}, wǔ {5}, liù {6}, qī {7}, bā {8}, jiǔ {9}, shí {10}, bǎi {100}, qiān {1 000} et wàn{10 000}13 se juxtaposent pour exprimer les nombres entiers : on trouve èr shí bā wàn bā qiān qī bǎi wǔ shí soit {2}{10}{104}{8}{103}{7}{102}{5}{10} pour 28 750 dans la section 4‑69, le plus grand entier dans le Livre sur les calculs est dix millions qui se dit qiān wàn{1000}{10 000} (section 4‑3), un million se dit bǎi wàn {100}{10 000} (section 4‑3), l’entier 105 se dit bǎi wǔ {100}{5} (section 4‑66)14.

    30Les noms des entiers possèdent la capacité syntaxique de pouvoir fonctionner comme des verbes transitifs signifiant que l’on multiplie par la quantité qu’ils expriment. Voici deux exemples de ce trait grammatical :

    (39)

    五

    之

    lamelles nos 21, 56,

    wŭ

    zhī

    112, 115, 153,

    {5}

    3OBJ

    187 (deux fois), et 189

    on multiplie cela par 5

    (40)

    可

    三,

    三.

    lamelles

    kĕ

    sān

    sān

    nos 21 et 25

    pouvoir

    {3}

    {3}

    [Si] on peut multiplier par 3, [alors] on multiplie par 3.

    2‑2‑2. Les usages particuliers du numéral {1}

    31Le numéral yī {1} est généralement sous‑entendu devant un nom d’unité de mesure. Par exemple, en marquant par ∅ la place d’un potentiel {1} :

    (41)

    廣

    ∅

    丈

    五

    尺、

    袤

    三

    丈

    lamelle

    guǎng

    ∅

    zhàng

    wǔ

    chǐ

    mào

    sān

    zhàng

    no 144

    largeur

    ∅

    zhàng

    {5}

    chǐ

    longueur

    {3}

    zhàng

    une largeur de 1 zhàng 5 chĭ et une longueur de 3 zhàng

    32Il peut cependant être présent, par exemple devant l’unité de longueur chĭ sur les lamelles nos 1, 62 et 63 (sections 4‑1 et 4‑24), probablement à cause d’une volonté de surprécision.

    33Par ailleurs yī {1} intervient régulièrement dans les expressions de la division présentées dans la section 2‑3‑4, et aussi pour introduire un dénominateur commun comme dans (6) et (42).

    (42)

    以

    一

    為

    若干

    lamelle no 164

    yǐ

    yī

    wéi

    ruògān

    pour

    {1}

    faire

    un certain nombre

    on prend un certain nombre pour unifier

    34Ici le numéral yī a une fonction prédicative qui peut se rendre par le verbe « unifier » qui renvoie au dénominateur commun qui permet d’homogénéiser les fractions.

    2‑2‑3. Les fractions propres et les fractions composées

    35Les noms d’entiers sont suivis du morphème fēn 分 pour former des noms de fractions unitaires, par exemple {3} fēn pour un tiers. Ce morphème fēn apparaît aussi comme verbe voulant dire « fractionner, partager » comme dans (48) ou comme un nom signifiant « fraction » comme dans (8).

    36Le corpus peut exprimer des fractions de n’importe quel entier, pour autant que le numérateur soit inférieur au dénominateur. Autrement dit seules des fractions inférieures à 1 sont mentionnées, on parle de « fractions propres ». Et quand on est en présence d’un dividende supérieur au diviseur, le quotient en question est envisagé comme un calcul à effectuer, pas comme une fraction. Ainsi dans l’exemple suivant issu de la section 4‑40, un taux de 10 pour 9 n’est pas exprimé comme une fraction. Le contexte laisse entendre que 1/3 est déjà représenté sur la surface de calcul. Ensuite, pour en calculer les « 10/9 », le texte propose soit de multiplier son numérateur 1 par 10 et de multiplier le dénominateur 3 par 9, soit de multiplier la fraction par 10 et de la diviser par 9, les deux approches donnant (1 × 10) / (3 × 9) = 10/27.

    (43)

    九

    母,

    十

    子,

    lamelle

    jiǔ

    mǔ

    shí

    zǐ

    no 99

    {9}

    dénominateur

    {10}

    numérateur

    en multipliant par 9 le dénominateur et par 10 le numérateur

    十

    之,

    九

    而

    一

    shí

    zhī

    jiǔ

    ér

    yī

    {10}

    3OBJ

    {9}

    TOP

    {1}

    [ou bien] en le multipliant par 10 et en divisant par 9

    37Cependant les termes numérateur et dénominateur sont à l’occasion utilisés sans rapport avec les fractions, mais pour désigner des positions sur la surface de calcul comme celles des numérateurs et dénominateurs des fractions, il en est ainsi dans les sections 4‑52 et 4‑68. On peut alors voir surgir des cas où le nombre en position de numérateur est supérieur à celui en position de dénominateur, mais dans ce cas il ne s’agit pas à proprement parler de fractions.

    38La façon de dire les fractions propres est régulière ; voici tous les modèles attestés (que l’on retrouve aussi dans les autres corpus des Qin et des Han occidentaux) :

    Figure 2‑1. Expression linguistique des fractions propres dans les textes Qin‑Han.

    Fraction unitaire 1/7

    Fraction non unitaire 2/7

    sans unité

    avec l’unité cùn

    sans unité

    avec l’unité cùn

    {7} fēn

    {7} fēn cùn

    {7} fēn {1}

    {7} fēn cùn {1}

    {7} fēn {2}

    {7} fēn cùn {2}

    {7} fēn zhī {1}

    {7} fēn cùn zhī {1}

    {7} fēn zhī {2}

    {7} fēn cùn zhī {2}

    39Dans les modèles ci-dessus, zhī est un morphème qui apparaît dans certaines appellations de fractions15. Un modèle était préféré à un autre en fonction du contexte syntaxique, cependant le choix n’avait rien d’obligatoire et l’usage restait souple16.

    40Il existe trois mots spécifiques pour trois fractions particulières, ce sont bàn {1/2}, shăobàn {1/3} et tàibàn {2/3}. Les fractions 1/3 et 2/3 sont aussi parfois exprimées selon le modèle générique qui fait intervenir {3} fēn ; mais ce n’est pas le cas pour 1/2 qui ne s’exprime qu’avec le mot bàn généralement seul, précédé de {1} seulement sur la lamelle no 3 (section 4‑1).

    41Le mot bàn {1/2} partage avec les noms des entiers la capacité syntaxique de pouvoir fonctionner comme un verbe transitif signifiant que l’on multiplie par 1/2 ; voici un exemple :

    (44)

    可

    半,

    半

    之。

    lamelle

    kě

    bàn

    bàn

    zhī

    no 17

    pouvoir

    {1/2}

    {1/2}

    3OBJ

    Si on peut multiplier par 1/2, on multiplie cela par 1/2.

    42On convient d’appeler « fraction composée » la somme d’un entier et d’une fraction propre, par exemple 16 + 12/18.

    43Le corpus ne laisse apparaître aucune fraction supérieure à 1 dans les données ou les résultats. Par conséquent la partie entière d’un quotient est systématiquement séparée de la partie « fraction propre » formant de la sorte une « fraction composée ».

    Figure 2‑2. Fraction composée : somme d’un entier et d’une fraction « propre ».

    Image

    44L’expression de ces sommes est régulière : d’abord est énoncée la partie entière, puis vient la fraction propre, l’entier et la fraction sont parfois reliés à l’aide de la conjonction yòu, s’il y a un nom d’unité il apparaît une première fois après l’entier puis à nouveau dans le nom de la fraction. Par exemple, avec l’unité de longueur chǐ :

    (45)

    十六

    尺

    又

    十八分

    尺

    之

    十二

    lamelle

    shí liù

    chǐ

    yòu

    shí bā fēn

    chǐ

    zhī

    shí èr

    no 55

    {10}{6}

    chǐ

    et

    {10}{8}fēn

    chǐ

    zhī

    {10}{2}

    16 chǐ et 12/18 de chǐ

    45L’expression « yǐ [diviseur] mìng fēn » est utilisée comme dans (46) et (47) pour annoncer que l’on forme une fraction dont le dénominateur est le diviseur cité, nous traduisons par « on fait une fraction dont le dénominateur est le diviseur ». Typiquement, cela survient quand une division produit un reste qui devient le numérateur d’une fraction, alors que le diviseur sert de dénominateur.

    (46)

    不

    盈

    寸

    者,

    lamelle

    bù

    yíng

    cùn

    zhě

    no 42

    NEG

    excéder

    cùn

    NMLZ

    Si [le reste] est plus petit que 1 cùn,

    以

    法

    命

    分。

    yǐ

    fǎ

    mìng

    fēn

    avec

    diviseur

    nommer

    fraction

    on en fait une fraction dont le dénominateur est le diviseur.

    (47)

    不

    盈

    步

    者

    lamelle

    bù

    yíng

    bù

    zhě

    no 160

    NEG

    excéder

    bù

    NMLZ

    De ce qui est inférieur à 1 bù,

    以

    廣

    命

    分。

    yǐ

    guǎng

    mìng

    fēn

    avec

    largeur

    nommer

    fraction

    on fait une fraction dont le dénominateur est la largeur.

    46On trouve aussi la construction « yǐ [quantité] mìng POSS shí », par exemple dans (48) tiré de la section 4‑9. Nous traduisons par « affecter au dividende [quantité] comme diviseur ».

    (48)

    徑

    分

    lamelle

    jìng

    fēn

    no 26

    direct

    partager

    Un partage en parts égales

    以

    一

    人

    命

    其

    實。

    yǐ

    yī

    rén

    mìng

    qí

    shí

    avec

    {1}

    personne

    nommer

    3POSS

    dividende

    affecte 1 personne au dividende [comme diviseur].

    47Quand il s’agit de comparer deux ou plusieurs fractions, le texte utilise xià 下 (dessous), généralement suivi de yǒu (avoir), pour signaler le plus grand des dénominateurs, et donc le découpage en parts les plus petites. Xu Dan (2016) indique d’ailleurs que xià 下, outre son rôle locatif « dessous », peut, dans les corpus des Royaumes combattants et de Qin, se voir assigner le sens de « secondaire », « inférieur ». Voici un exemple encore tiré de la section 4‑9 :

    (49)

    下

    有

    四分,

    因而

    四

    之。

    lamelle

    xià

    yǒu

    sì fēn

    yīn ér

    sì

    zhī

    no 27

    dessous

    avoir

    {4}fēn

    multiplier par

    {4}

    3OBJ

    Si le plus grand dénominateur est 4, on multiplie tout par 4.

    48Il conviendra de rapprocher ce fait de langue de la façon de parler des unités plus petites au sein d’une échelle métrologique (section 2‑4‑1).

    2‑2‑4. Les rapports, les prix et les taux

    49Le texte du Livre sur les calculs tend à exprimer le rapport entre deux types de produits à l’aide de deux nombres entiers placés dans la séquence « Nom1 + Entier1 + Nom2 + Entier2 » sans recourir à des fractions. C’est le cas dans l’exemple ci‑dessous qui énonce les proportions d’un mélange de 1/3 de millet décortiqué pour 2/3 de millet égrené sans introduire les fractions 1/3 ni 2/3 :

    (50)

    米

    一

    粟

    二

    lamelle

    mǐ

    yī

    sù

    èr

    no 119

    millet décortiqué

    {1}

    millet égrené

    [2]

    une [part de] millet décortiqué, deux [parts de] millet égrené

    凡

    十

    斗

    fán

    shí

    dǒu

    total

    [10]

    dǒu

    faisant en tout 10 dǒu

    50Dans (51), l’expression d’un prix avec l’unité de masse liǎng et l’unité monétaire qián ne fait pas non plus intervenir de fraction. Remarquons par ailleurs que, comme le texte n’utilise jamais d’unité quotient (voir la section 2‑4‑8), nous évitons de traduire « 315 qián par liǎng » :

    (51)

    金

    價

    兩

    三百一十五

    錢

    lamelle

    jīn

    jià

    liǎng

    sān bǎi yī shí wǔ

    qián

    no 46

    or

    prix

    liǎng

    {3}{102}{1}{10}{5}

    qián

    le prix de 1 liǎng d’or s’élève à 315 qián

    51Un taux d’imposition s’exprime également sans fraction dans (52) :

    (52)

    禾

    三

    步

    一

    斗

    lamelle

    hé

    sān

    bù

    yī

    dǒu

    n°43

    millet en panicules

    {3}

    bù

    {1}

    dǒu

    3 bù [carrés] de millet en panicules sont taxés 1 dǒu

    52Pour un taux de valeur d’échange en volume, nous avons l’exemple (53) qui signifie, toujours sans énoncer de fraction, qu’un volume donné de millet décortiqué mǐ vaut les 9/10 de ce volume en millet poli bài :

    (53)

    米

    少半

    升

    為

    lamelle

    mǐ

    shǎobàn

    shēng

    wéi

    no 98

    millet décortiqué

    {1/3}

    shēng

    faire

    1/3 de shēng de millet décortiqué fait

    粺

    十分

    升

    之

    三

    bài

    shí fēn

    shēng

    zhī

    sān

    millet poli

    {10}fēn

    shēng

    zhī

    {3}

    3/10 de shēng de millet poli

    2‑3. Parler des calculs

    2‑3‑1. L’addition

    53Le Livre sur les calculs, comme les autres corpus mathématiques des Han, recourt à une taxinomie riche et précise pour parler des quatre opérations et des calculs sur les fractions.

    54Pour exprimer l’addition, le corpus recourt aux quatre termes bìng 并 (54), tóng 同 (55), cóng 從 (56) et (57), et jī 積 (58).

    (54)

    并

    三

    人

    出

    錢

    數

    lamelle

    bìng

    sān

    rén

    chū

    qián

    shù

    no 33

    grouper

    {3}

    personne

    sortir

    qián

    nombre

    on additionne les montants versés par les trois personnes

    (55)

    同

    之

    以

    為

    法

    lamelles

    tóng

    zhī

    yǐ

    wéi

    fǎ

    nos 164

    assemblera

    3OBJ

    pour

    faire

    diviseur

    et 165

    on les additionne pour former le diviseur

    a.  Selon Hao Huifang (2008, 430), le terme tóng 同 signifie généralement « assembler ». Ici il veut dire « ajouter » des nombres pour en calculer la somme.

    (56)

    下

    袤

    從

    上

    袤

    lamelle

    xià

    mào

    cóng

    shàng

    mào

    no 145

    dessous

    longueur

    ajouter

    dessus

    longueur

    la longueur du bas s’ajoute à celle du haut

    (57)

    子

    相

    從

    為

    法

    lamelle

    zǐ

    xiāng

    cóng

    wéi

    fǎ

    no 133

    numérateur

    l’un l’autre

    ajouter

    faire

    diviseur

    les numérateurs s’ajoutent formant le diviseur

    (58)

    廣

    積

    三十

    尺

    lamelle

    guǎng

    jī

    sān shí

    chǐ

    no 141

    largeur

    accumuler

    {3}{10}

    chǐ

    les largeurs s’ajoutent donnant 30 chĭ

    55Ce dernier terme jī 積 peut à l’occasion exprimer un produit, qui est peut-être alors envisagé sous l’aspect d’un cumul du nombre d’occurrences voulues de la quantité à multiplier. Il sert dans d’autres contextes à désigner une aire ou un volume. Quitte à paraître anachronique, observons que cette polysémie s’est maintenue en chinois moderne avec par exemple les mots chéngjī 乘積 (produit), miànjī 面積 (aire), tǐjī 體積 (volume), jīlěi 積累 (accumuler, accumulation), jīfēn 積分 (somme de points gagnés ou calcul intégral).

    2‑3‑2. La multiplication

    56Plusieurs expressions permettent d’exprimer un produit. Le terme le plus productif est chéng 乘. On voit aussi la locution yīn ér 因而 utilisée conjointement au pronom zhī 之. De façon plus rare, il y a jī 積 qui, on vient de le voir, intervient aussi parfois pour parler de l’addition.

    57Commençons par chéng 乘 (59) et ses dérivés zì chéng 自乘 (60), xiāng chéng 相乘 (61), hù chéng 互乘 (62), ainsi que xiàn chéng 羡乘 (63) qui a la même signification que hù chéng 互乘.

    (59)

    少半

    乘

    少半,

    九分

    一

    也。

    lamelle

    shǎobàn

    chéng

    shǎobàn

    jiǔ fēn

    yī

    yě

    no 8

    {1/3}

    multiplier

    {1/3}

    {9}fēn

    {1}

    DECL

    1/3 fois 1/3, cela fait 1/9.

    58La locution zì chéng 自乘 avec zì 自 (soi-même) permet d’exprimer le calcul du carré d’un nombre :

    (60)

    下

    周

    自

    乘

    lamelle

    xià

    zhōu

    zì

    chéng

    no 146

    dessous

    circonférence

    soi-même

    multiplier

    la circonférence de la base se multiplie elle-même

    59Le composé xiāng chéng 相乘 avec xiāng 相 (l’un l’autre) permet d’exprimer le produit de nombres comme le fait chéng 乘 seul, mais en symétrisant les rôles des facteurs du produit :

    (61)

    母

    相

    乘

    lamelle

    mǔ

    xiāng

    chéng

    no 22

    dénominateur

    l’un l’autre

    multiplier

    les dénominateurs se multiplient entre eux

    60Pour la locution hù chéng 互乘, nous glosons hù 互 par « en biais », un choix lexical qui doit s’entendre de manière visuelle et en référence au positionnement des données sur la surface de calcul. Voici par exemple l’énoncé suivant extrait de la section 4‑8 qui traite de la réduction au même dénominateur. Il signifie que chacun des numérateurs multiplie les dénominateurs des autres fractions17 :

    (62)

    子

    互

    乘

    母

    lamelle

    zǐ

    hù

    chéng

    mǔ

    no 22

    numérateur

    en biais

    multiplier

    dénominateur

    les numérateurs multiplient les dénominateurs des autres fractions

    61Le corpus connaît aussi xiàn chéng 羡乘 qui, selon Peng Hao (2001, 47, note 14), possède le même sens que hù chéng 互乘. Nous glosons xiàn 羡 par « en biais » aussi ce qui est d’ailleurs bien l’un de ses sens recensés par Hao Huifang (2008, 83, 466) ; et à vrai dire, c’est cette glose qui a guidé notre choix pour celle de hù 互. Voici un exemple :

    (63)

    子

    羡

    乘

    母

    lamelle

    zǐ

    xiàn

    chéng

    mǔ

    no 24

    dénominateur

    en biais

    multiplier

    dénominateur

    chaque numérateur multiplie le dénominateur de l’autre fraction

    62La locution yīn ér 因而, suivie d’un facteur numérique18, lui-même suivi du pronom zhī 之 qui réfère à une quantité multipliée, exprime également une multiplication :

    (64)

    因而

    十二

    之

    lamelle

    yīn ér

    shí èr

    zhī

    no 78

    multiplier par

    {10}{2}

    3OBJ

    on la multiplie par 12

    63Il faut finalement mentionner jī 積 parfois utilisé pour parler d’une multiplication, son sens se laisse comprendre grâce au contexte, alors qu’ailleurs, nous l’avons vu dans la section 2‑3‑1, le même mot peut signifier une addition, une aire ou un volume.

    (65)

    積

    分

    以

    盡

    所

    求

    分

    lamelle

    jī

    fēn

    yǐ

    jìn

    suǒ

    qiú

    fēn

    no 164

    multiplier

    fraction

    pour

    achever

    ce que

    requérir

    fraction

    on multiplie toutes les fractions dont on veut la valeur

    2‑3‑3. La soustraction

    64Le corpus indique une soustraction à l’aide de chú 除, par exemple :

    (66)

    以

    少

    除

    多

    lamelle

    yǐ

    shǎo

    chú

    duō

    no 31

    avec

    moindre

    retrancher

    nombreux

    on retranche le plus petit du plus grand

    65Le même terme apparaît aussi dans certaines locutions qui désignent une division.

    2‑3‑4. La division

    66Dans le Livre sur les calculs, comme dans tous les textes mathématiques Han accessibles, il existe une différenciation lexicale d’une part entre fēnmŭ 分母 (ou simplement mŭ 母) qui désigne le dénominateur d’une fraction, et fǎ 法 qui est le diviseur, et d’autre part entre fēnzĭ 分子 (ou plus souvent simplement zĭ 子) le numérateur, et shí 實 le dividende. Cette dichotomie du vocabulaire reflète une distinction conceptuelle entre, d’une part, la fraction envisagée comme nombre formé et exprimé avec deux entiers et, d’autre part, le quotient compris comme une division potentiellement exécutable. L’expression la plus courante de la division repose alors directement sur les mots fǎ (diviseur) et shí (dividende). En voici un exemple :

    (67)

    以

    四十

    為

    法,

    lamelles

    yǐ

    sì shí

    wéi

    fǎ

    nos 59 et 60

    avec

    {4}{10}

    faire

    diviseur

    On prend 40 comme diviseur,

    以

    五

    乘

    三十五

    為

    實,

    yǐ

    wǔ

    chéng

    sān shí wǔ

    wéi

    shí

    avec

    {5}

    multiplier

    {3}{10}{5}

    faire

    dividende

    on multiplie 35 par 5 donnant le dividende,

    實

    如

    法

    得

    一

    錢。

    shí

    rú

    fǎ

    dé

    yī

    qián

    dividende

    comme

    diviseur

    obtenir

    {1}

    qián

    on effectue la division qui donne le résultat en qián.

    67On rencontre souvent des situations où seuls le dividende et le diviseur sont indiqués, alors que l’instruction de division est sous‑entendue. Dans l’exemple précédent, la troisième et dernière ligne propose explicitement d’effectuer la division du dividende par le diviseur. Cette injonction permet d’introduire une information importante : l’unité du quotient, ici qián.

    68Dans l’exemple précédent, on voit la formulation « rú fǎ dé {1} unité de mesure » qui illustre un usage particulier du numéral {1} que l’on pourrait rendre par « unifier selon le diviseur » si l’on tenait à évoquer le champ sémantique de « l’unité ». Mais concrètement cela signifie « effectuer la division (par le diviseur) », et c’est simplement ainsi que nous traduisons.

    69On trouve aussi chéng 成 (devenir) à la place de dé 得 (obtenir). La mention du diviseur fǎ peut à l’occasion être suivie du morphème de thématisation ér 而 formant « rú fǎ ér dé {1} (unité de mesure) » ou « rú fǎ ér chéng {1} (unité de mesure) ». L’ensemble de l’instruction dénotant une division peut être précédé du terme lìng 令 formant une construction causative (voir la section 3‑1‑10).

    70Le terme chú 除 réfère en premier lieu à la soustraction mais apparaît également dans des instructions de division suggérant une routine de division qui reposerait sur la soustraction du diviseur sur le dividende autant de fois qu’il se peut. Dans (68), on le trouve devant 16 qui est le diviseur puisque 16 est suivi de « ér dé yī ». En revanche dans (69), il est placé devant une quantité qui est forcément le dividende puisqu’elle est suivie de la locution « rú fǎ (diviser par le diviseur) » :

    (68)

    除

    十六

    而

    得

    一

    lamelle

    chú

    shí liù

    ér

    dé

    yī

    no 78

    retrancher

    {10}{6}

    TOP

    obtenir

    {1}

    on divise par 16

    (69)

    除

    積

    步

    如

    法

    lamelle

    chú

    jī

    bù

    rú

    fǎ

    no 165

    retrancher

    aire

    bù

    comme

    diviseur

    l’aire en bù [carrés] est divisée par le diviseur

    71Karine Chemla (2013) observe que ces expressions de la division avec chú 除, qui se rencontrent dans tous les textes excavés des Qin et des Han orientaux, sont également présentes dans le Gnomon des Zhou, mais plus dans les Neuf Chapitres dont la composition (ou plutôt la dernière réécriture) serait donc plus tardive.

    2‑4. Maniement des unités de mesure

    2‑4‑1. Les échelles métrologiques et les conversions

    72Les échelles métrologiques des systèmes d’unités de mesure sont des suites de coefficients multiplicateurs qui font passer d’une unité à la suivante. Par exemple, l’échelle métrologique des unités de longueur du système métrique est donnée ci-dessous :

    Figure 2–3. Unités de longueur du système métrique.

    Image

    73Ce système est une construction savante qui a vu le jour dans la France du xviiie siècle. Elle fait volontairement correspondre les sous‑unités à des multiples décimaux ou à des fractions décimales de l’unité principale.

    74Au début des Han, des échelles décimales sont utilisées pour les capacités avec 1 shí = 10 dǒu = 100 shēng, pour une partie des unités de longueur avec 1 zhàng = 10 chǐ = 100 cùn (mais 1 lǐ = 180 zhàng et 1 bù = 6 chǐ), et pour une partie des unités d’aire avec 1 qǐng = 100 mǔ (mais 1 mǔ = 240 bù2 et 100 lĭ2 = 375 qǐng).

    75L’échelle des unités de masse n’était aucunement décimale et faisait intervenir les coefficients 4, 30, 16, 24. Les concepteurs des échelles métrologiques non décimales semblent avoir privilégié des coefficients qui facilitent les partages d’une unité dans une unité plus petite quand on travaille avec des fractions et non avec des nombres décimaux, ces derniers ayant été conçus bien plus tard. Par exemple, avec les unités de capacité 1 shí = 10 dǒu, on ne compte que trois fractions exactes : 1/2 shí = 5 dǒu, 1/5 shí = 2 dǒu et 1/10 shí = 1 dǒu. Alors qu’avec les unités de masse 1 liǎng = 24 zhū, on en a six : 1/2 liǎng = 12 zhū, 1/3 liǎng = 8 zhū, 1/4 liǎng = 6 zhū, 1/6 liǎng = 4 zhū, 1/12 liǎng = 2 zhū et 1/24 liǎng = 1 zhū.

    76Le terme xià 下 (dessous) est utilisé dans la section 4‑30 pour désigner l’unité de plus basse dénomination, le plus fin découpage ou la plus petite part, tandis que shàng 上 (dessus) désigne une unité supérieure. On reproduit dans (70) le passage qui contient ces termes, mais la compréhension sera plus aisée en se reportant au texte complet de la section qui explique le traitement préalable sur une quantité exprimée par une somme où interviennent les unités shí, dǒu, shēng pour les capacités ou shí, jīn, liǎng, zhū pour les masses. La procédure demande de convertir l’ensemble dans la plus petite unité présente. Est demandé également de transformer dans la même unité le dividende qui avait été affecté de l’unité shí ; le texte recourt aussi au terme pò 破 (casser) qui suggère de décomposer en éléments plus petits.

    (70)

    破

    其

    上,

    lamelle

    pò

    qí

    shàng

    no 75

    casser

    3POSS

    dessus

    on développe les unités supérieures,

    令

    下

    從

    之

    lìng

    xià

    cóng

    zhī

    CAUS

    dessous

    ajouter

    3OBJ

    on fait que ce qui est dans l’unité la plus petite s’y ajoute

    以

    為

    法,

    錢

    所

    乘

    yǐ

    wéi

    fǎ

    qián

    suǒ

    chéng

    pour

    faire

    diviseur

    qián

    ce que

    multiplier

    pour former le diviseur, ce que les qián multiplient

    亦

    破

    如

    此。

    yì

    pò

    rú

    cǐ

    de même

    casser

    comme

    ceci

    se convertit de même dans cette unité.

    2‑4‑2. Le temps

    77On trouve dans le texte rì 日 pour « jour » et yuè 月 pour « mois », ce sont des mots de la langue courante. La section 4‑51 mentionne de plus les « décades » (10 jours) xún 旬 et certains termes formés à partir des 10 tiges célestes et des 12 branches terrestres, qui servent ici à désigner des jours.

    78La longueur d’un mois est de 30 jours dans la section 4‑25. On sait que l’année de 12 mois était complétée par des jours intercalaires ou un mois intercalaire pour coïncider avec l’année solaire qui dure environ 365,25 jours. Et c’est la réforme calendaire impulsée par l’empereur Wu des Han (Hàn Wǔ Dì 漢武帝, règne de – 141 à – 87) postérieure à la rédaction de notre corpus qui introduisit une alternance de mois de 29 ou 30 jours, tout en maintenant le principe des mois intercalaires.

    2‑4‑3. Les masses

    79Les unités de masse sont zhū 銖, liǎng 兩, jīn 斤, jūn 鈞 et shí 石. Ces unités s’inscrivent dans l’échelle métrologique suivante : 1 shí = 4 jūn, 1 jūn = 30 jīn, 1 jīn = 16 liǎng, 1 liǎng = 24 zhū. La fin de la section 4‑17 consiste d’ailleurs en la liste des rapports de conversion entre la plus petite unité zhū et les quatre autres.

    Figure 2‑4. Unités de masse des Han occidentaux.

    Image

    80Anthony Hulsewé (1985, 19), se fondant sur des données archéologiques, estime que 1 jīn ≃ 250 g. Nous en déduisons : 1 zhū ≃ 0,65 g, 1 liǎng ≃ 15,6 g, 1 jūn ≃7,5 kg et 1 shí ≃ 30 kg.

    2‑4‑4. Les longueurs

    81Les unités de longueur sont cùn 寸, chǐ 尺, bù 步, zhàng 丈 et lǐ 里. On a la série décimale 1 zhàng = 10 chǐ = 100 cùn. Mais 1 bù = 6 chǐ = 60 cùn, et la plus grande unité de longueur lǐ est définie par 1 lǐ = 180 zhàng.

    Figure 2‑5. Unités de longueur des Han occidentaux.

    Image

    82Anthony Hulsewé (1985, 19) donne 1 chǐ ≃ 23 cm en s’appuyant sur des indices textuels et archéologiques ; nous en déduisons : 1 cùn ≃ 2,3 cm, 1 zhàng ≃ 2,3 m, 1 bù ≃ 1,38 m, et 1 lǐ ≃ 414 m.

    83On constate que 1 chǐ est du même ordre de grandeur que 1 pied et que 1 cùn vaut approximativement 1 pouce ce qui conduit certains traducteurs à opter pour ces deux noms d’unités occidentales, mais ne perdons pas de vue que l’on passe d’un pouce à un pied avec un coefficient 12 alors qu’il est de 10 entre cùn et chǐ.

    84On trouve de plus l’unité de longueur wéi 圍 qui est la circonférence d’un cercle de diamètre 1 chǐ. Cette unité intervient dans des sections où elle est affectée à des circonférences de cercle et où la constante π est, sans commentaire, prise égale à 3. Autrement dit, dans notre texte, 1 wéi = 3 chǐ.

    2‑4‑5. Les aires

    85Les unités d’aire sont mǔ 畝 et qǐng 頃, 1 mǔ est défini comme valant 240 bù2 par la réglementation Han19, et 1 qǐng = 100 mǔ.

    86On voit aussi des unités d’aire qui proviennent des unités de longueur bù et lĭ sans spécification équivalente à notre « carré ».

    87Ces unités d’aire valent approximativement : 1 bù2≃ 1,9 m2 (c’est l’aire d’un carré de 1,38 m sur 1,38 m puisque 1 bù ≃ 1,38 m). On en déduit que 1 mǔ ≃ 457 m2 (c’est l’aire d’un carré d’environ 21,4 m de côté), 1 qǐng ≃ 45 706 m2 soit environ 4,6 hectares (aire d’un carré de 214 m de côté approximativement) et 1 lǐ 2 ≃ 171 396 m2 soit environ 17 hectares ou 0,17 km2 (l’aire d’un carré de 414 m de côté approximativement).

    Figure 2‑6. Unités d’aire des Han occidentaux.

    Image

    88La valeur 1 lǐ2 = 375 mǔ est donnée dans la section 4‑69 sous la forme du produit 3 × 5 × 5 × 5 lors de l’énoncé d’une procédure de conversion.

    2‑4‑6. Les capacités et les volumes

    89Les unités de capacité sont shēng 升, dǒu 斗 et shí 石 qui entretiennent des rapports décimaux : 1 shí = 10 dǒu = 100 shēng.

    Figure 2‑7. Unités de capacité des Han occidentaux.

    Image

    90La seule unité de volume que l’on trouve dans le texte20 est chǐ 尺 [au cube], soit approximativement 12 dm3. Cette unité dérive de l’unité de longueur chǐ. Elle est utilisée sans indication équivalente à notre « cube ».

    91Le terme cùn intervient une fois (section 4‑57, lamelle no 146) dans l’expression « {2} chǐ {7} cùn » qui désigne en fait un volume de 2,7 chĭ3 soit 2 700 cùn3. Ainsi le terme cùn signifie ici un dixième de chǐ3 et non 1 cùn3.

    92Anthony Hulsewé (1985, 19) donne 1 shēng ≃ 200 cm3 soit 1/5 l à partir de données archéologiques. Nous en déduisons que 1 dǒu ≃ 2 l et 1 shí ≃20 l.

    2‑4‑7. Le cas de « shí 石 »

    93Un même terme shí 石 désigne la plus grande unité de capacité (1 shí = 10 dǒu), et renvoie également à la plus grande unité de masse (1 shí = 4 jūn). Le texte de la section 4‑30 (Taux pour un shí [Shí lǜ 石率]) prouve qu’il ne s’agissait pas de deux mots indépendants fortuitement écrits avec un même caractère, mais bel et bien d’un même terme utilisable aussi bien dans la série des unités de capacité que dans celle des unités de masse. Dans le Livre sur les calculs, le contexte élimine à chaque fois tout risque d’ambiguïté ; on notera en particulier la section 4‑36 où les deux sens sont employés conjointement avec la précision « 1 shí qui fait 10 dǒu » pour préciser qu’à un certain point l’on ne parle plus du shí de masse mais du shí volumique.

    94L’élimination du terme shí 石 comme plus grande unité de capacité et son remplacement par hú 斛 serait survenue au plus tard en l’an 9 d’après Loewe (1961).

    95De nos jours, l’usage comme unité de masse s’est perdu, il existe en revanche une unité de capacité dàn 石 désormais étalonnée à 100 litres. Le Xiàndài hànyǔ guīfàn cídiǎn21 recommande la lecture shí pour l’unité dans les textes anciens et réserve la lecture dàn à l’unité de capacité moderne. Mais, dans les textes mathématiques d’avant la réforme qui introduisit hú 斛, il s’agissait d’un seul et même terme, il convient donc d’adopter toujours la même prononciation et nous transcrivons shí systématiquement. La dichotomie shí/dàn est moderne puisque les anciens dictionnaires Shuō wén jiě zì 說文解字 (iie siècle) et Guăng yùn 廣韻 (xie siècle) ne mentionnent qu’une seule prononciation. Aujourd’hui, s’agissant de l’unité de mesure dans les textes excavés, certains spécialistes chinois optent pour shí (c’est le cas de Xiao Can), d’autres préfèrent la lecture dàn (c’est le cas de Peng Hao), et aucun n’accorde vraiment d’importance à cette question qui n'est qu'un cas parmi bien d’autres de lecture en chinois moderne d’un mot du chinois ancien dont l’usage ne s’est pas transmis tel quel.

    2‑4‑8. L’évitement des unités quotients

    96On ne rencontre aucune unité quotient dans le Livre sur les calculs. Par exemple, les taux d’imposition agricoles sont toujours énoncés avec la superficie qui donne 1 dǒu de prélèvement ; par exemple « 1 dǒu pour 3 bù2 » dans (52), « 1 dǒu pour 10 bù2 » dans (71). Un prix est exprimé également sans unité quotient dans (51).

    (71)

    田

    一

    畝

    租

    之

    十

    步

    一

    斗

    lamelle

    tián

    yī

    mǔ

    zū

    zhī

    shí

    bù

    yī

    dǒu

    no 96

    champ

    {1}

    mǔ

    taxer

    3OBJ

    {10}

    bù

    {1}

    dǒu

    un champ de 1 mǔ est taxé 1 dǒu pour 10 bù [carrés]

    97Nous sommes habitués à exprimer cela sous la forme 1/10 dǒu/bù2, mais ce n’est pas le choix du corpus qui n’envisage aucun quotient d’unité.

    98La section 4‑30 présente une procédure générale pour calculer un « taux pour un shí » qui est le prix d’une quantité de 1 shí de n’importe quel produit. Un tel taux est calculé dans la section 4‑31 pour un achat de sel. Un point remarquable est que la procédure fait en sorte que ce prix ne soit pas exprimé en qián/shí, mais en qián. On y parvient grâce à une instruction de calcul qui demande explicitement de multiplier le prix considéré par 1 shí, ce qui ne modifie pas la valeur numérique, mais change l’unité qui lui est affectée.

    99On peut voir aussi la section 4‑9 qui concerne un partage en parts égales entre plusieurs personnes et qui recourt à une formulation particulière pour parler de la somme attribuée à une personne là où nous nous exprimerions en qián/personne.

    100Cet évitement pourrait expliquer l’expression canonique d’un taux d’imposition en termes de ce que nous convenons d’appeler la « parcelle unitaire » qui est la superficie imposée donnant un impôt de 1 dŏu de la récolte considérée (section 3‑3‑11).

    Notes de bas de page

    1  Scarpari (2016).

    2  Pour une occurrence de zhī sur la lamelle no 156, on ne saurait trancher entre 3OBJ ou DET car le texte est endommagé.

    3  Nous justifions ce point de vue dans Anicotte (2015 b, 2017).

    4  Pour la petite histoire, Engelfriet (1998, 138‑141) explique que cet interrogatif jĭhé 幾何 devait être utilisé comme substantif signifiant « quantité » par Xu Guangqi 徐光啟 (1562‑1633) dans son titre chinois Jĭhé yuánběn 幾何原本 [Principes des quantités] des Éléments d’Euclide. Puis ce terme, en raison du contenu géométrique du Jĭhé yuánběn (qui ne traduisait que les six premiers livres des Éléments, ceux traitant de géométrie), en vint à désigner la géométrie. Ainsi, ce qui était à l’origine un interrogatif est devenu un substantif qui a fini par désigner une branche des mathématiques. Mais cette dérive lexicale est survenue près de 18 siècles après l’écriture du Livre sur les calculs.

    5  Là où une unique glose DECL suffit à notre propos, Caboara (2016) divise en prt.NomPred, prt.InitCl et prt.FinCl pour distinguer les prédicats nominaux qui sont des propositions respectivement indépendantes, en position initiale (conditionnelles, temporelles, ou causales) et en position finale.

    6  Caboara (2016) note prt.NomTop là où nous glosons TOP.

    7  Ultérieurement dans les Neuf Chapitres, jīn yǒu 今有 utilisé comme prédicat en viendra à désigner spécifiquement l’application de la règle de trois. Il n’en est pas encore ainsi dans le Livre sur les calculs, même si l’expression apparaît fréquemment justement dans les situations qui font intervenir la règle de trois.

    8  Un texte excavé en 1973 à Mawangdui : Le Livre de l’école de diplomatie des Royaumes combattants [Zhànguó zònghéngjiā shū 戰國縱橫家書].

    9  C’est de cette acception que provient le sens « décret » dans par exemple le titre Lois et décrets de la deuxième année du texte législatif excavé à Zhangjiashan avec le Livre sur les calculs.

    10  Qiú 求 est cité comme causatif par Xu Dan (2006, 128).

    11  On pourra se référer à la discussion de Cheng Shaoxuan (2017).

    12  Anicotte (2009, 2012, 2015 a) ; on nous permettra de renvoyer à Anicotte (2015 a) et aussi à Xu Dan (2014) qui, dans son analyse de textes excavés Qin‑Han, reprend un résultat de Rémi Anicotte (2009) sur l’usage de {1}.

    13  Nous écrivons indifféremment bǎi {100} ou {102}, qiān {1 000} ou {103}, wàn {10 000} ou {104}. Le morphème numérique yì {108} (cent millions) du mandarin moderne n’apparaît pas dans notre corpus.

    14  À titre de comparaison, la numération linguistique du mandarin moderne dirait respectivement yī qiān wàn {1}{103}{104} pour dix millions, yī bǎi wàn {1}{102}{104} pour un million et yī bǎi líng wǔ {1}{100}líng{5} pour 105.

    15  L’analyse syntaxique et étymologique de la construction avec zhī des noms de fractions sort du cadre du présent ouvrage. Sur cette question, on nous permettra de renvoyer à Anicotte (2015 b, 2016).

    16  Dans les Neuf Chapitres, l’expression des fractions s’était standardisée à « dénominateur fēn unité zhī numérateur » quand il y avait une unité et à « dénominateur fēn zhī numérateur » quand il n’y en avait pas. Plus tard, et jusqu’au xixe siècle, on a aussi vu « dénominateur zhī numérateur » quand il n’y avait pas d’unité. Ce n’est qu’au début du xxe siècle qu’a été imposée la forme standardisée actuelle « dénominateur fēn zhī numérateur unité ». On pourra se référer à Anicotte (2015 b) qui décrit les évolutions de l’expression des fractions en chinois avec les formes mentionnées ici et d’autres plus anecdotiques.

    17  Remarquons que Chemla et Guo (2004, 931), pour les Neuf Chapitres, proposent pour hù chéng la traduction « multiplier les […] par les […] qui ne leur correspondent pas », en se référant aussi au placement des nombres sur la surface de calcul.

    18  Cette expression est identifiée par Peng Hao (2001, 47, note 12). Elle est figée dans le corpus où elle apparaît 13 fois, nous ne cherchons donc pas à analyser ses composants. Elle sera toujours utilisée dans les Neuf Chapitres : Chemla & Guo  (2004, 1025).

    19  La Loi sur les champs [Tián lǜ 田律] des Lois et décrets de la deuxième année trouvée dans la même tombe que notre corpus, stipule que 1 mǔ vaut 240 bù2. Peng Hao (2001, 6‑7) explique qu’il s’agit d’une réglementation initialement introduite par le réformateur Shang Yang 商鞅 dans le royaume de Qin en – 352 abolissant ainsi le système jǐngtián 井田 de la dynastie Zhou qui définissait quant à lui 1 mǔ comme valant 100 bù2.

    20  Dans les sections 4‑54 à 4‑60.

    21  Xiàndài hànyǔ guīfàn cídiǎn [现代汉语规范词典] (Dictionnaire du chinois contemporain), 2010, Wàiyǔ jiāoxué yǔ yánjiū chūbǎnshè 外语教学与研究出版社, Beijing, pp. 262, 1199.

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    1  Scarpari (2016).

    2  Pour une occurrence de zhī sur la lamelle no 156, on ne saurait trancher entre 3OBJ ou DET car le texte est endommagé.

    3  Nous justifions ce point de vue dans Anicotte (2015 b, 2017).

    4  Pour la petite histoire, Engelfriet (1998, 138‑141) explique que cet interrogatif jĭhé 幾何 devait être utilisé comme substantif signifiant « quantité » par Xu Guangqi 徐光啟 (1562‑1633) dans son titre chinois Jĭhé yuánběn 幾何原本 [Principes des quantités] des Éléments d’Euclide. Puis ce terme, en raison du contenu géométrique du Jĭhé yuánběn (qui ne traduisait que les six premiers livres des Éléments, ceux traitant de géométrie), en vint à désigner la géométrie. Ainsi, ce qui était à l’origine un interrogatif est devenu un substantif qui a fini par désigner une branche des mathématiques. Mais cette dérive lexicale est survenue près de 18 siècles après l’écriture du Livre sur les calculs.

    5  Là où une unique glose DECL suffit à notre propos, Caboara (2016) divise en prt.NomPred, prt.InitCl et prt.FinCl pour distinguer les prédicats nominaux qui sont des propositions respectivement indépendantes, en position initiale (conditionnelles, temporelles, ou causales) et en position finale.

    6  Caboara (2016) note prt.NomTop là où nous glosons TOP.

    7  Ultérieurement dans les Neuf Chapitres, jīn yǒu 今有 utilisé comme prédicat en viendra à désigner spécifiquement l’application de la règle de trois. Il n’en est pas encore ainsi dans le Livre sur les calculs, même si l’expression apparaît fréquemment justement dans les situations qui font intervenir la règle de trois.

    8  Un texte excavé en 1973 à Mawangdui : Le Livre de l’école de diplomatie des Royaumes combattants [Zhànguó zònghéngjiā shū 戰國縱橫家書].

    9  C’est de cette acception que provient le sens « décret » dans par exemple le titre Lois et décrets de la deuxième année du texte législatif excavé à Zhangjiashan avec le Livre sur les calculs.

    10  Qiú 求 est cité comme causatif par Xu Dan (2006, 128).

    11  On pourra se référer à la discussion de Cheng Shaoxuan (2017).

    12  Anicotte (2009, 2012, 2015 a) ; on nous permettra de renvoyer à Anicotte (2015 a) et aussi à Xu Dan (2014) qui, dans son analyse de textes excavés Qin‑Han, reprend un résultat de Rémi Anicotte (2009) sur l’usage de {1}.

    13  Nous écrivons indifféremment bǎi {100} ou {102}, qiān {1 000} ou {103}, wàn {10 000} ou {104}. Le morphème numérique yì {108} (cent millions) du mandarin moderne n’apparaît pas dans notre corpus.

    14  À titre de comparaison, la numération linguistique du mandarin moderne dirait respectivement yī qiān wàn {1}{103}{104} pour dix millions, yī bǎi wàn {1}{102}{104} pour un million et yī bǎi líng wǔ {1}{100}líng{5} pour 105.

    15  L’analyse syntaxique et étymologique de la construction avec zhī des noms de fractions sort du cadre du présent ouvrage. Sur cette question, on nous permettra de renvoyer à Anicotte (2015 b, 2016).

    16  Dans les Neuf Chapitres, l’expression des fractions s’était standardisée à « dénominateur fēn unité zhī numérateur » quand il y avait une unité et à « dénominateur fēn zhī numérateur » quand il n’y en avait pas. Plus tard, et jusqu’au xixe siècle, on a aussi vu « dénominateur zhī numérateur » quand il n’y avait pas d’unité. Ce n’est qu’au début du xxe siècle qu’a été imposée la forme standardisée actuelle « dénominateur fēn zhī numérateur unité ». On pourra se référer à Anicotte (2015 b) qui décrit les évolutions de l’expression des fractions en chinois avec les formes mentionnées ici et d’autres plus anecdotiques.

    17  Remarquons que Chemla et Guo (2004, 931), pour les Neuf Chapitres, proposent pour hù chéng la traduction « multiplier les […] par les […] qui ne leur correspondent pas », en se référant aussi au placement des nombres sur la surface de calcul.

    18  Cette expression est identifiée par Peng Hao (2001, 47, note 12). Elle est figée dans le corpus où elle apparaît 13 fois, nous ne cherchons donc pas à analyser ses composants. Elle sera toujours utilisée dans les Neuf Chapitres : Chemla & Guo  (2004, 1025).

    19  La Loi sur les champs [Tián lǜ 田律] des Lois et décrets de la deuxième année trouvée dans la même tombe que notre corpus, stipule que 1 mǔ vaut 240 bù2. Peng Hao (2001, 6‑7) explique qu’il s’agit d’une réglementation initialement introduite par le réformateur Shang Yang 商鞅 dans le royaume de Qin en – 352 abolissant ainsi le système jǐngtián 井田 de la dynastie Zhou qui définissait quant à lui 1 mǔ comme valant 100 bù2.

    20  Dans les sections 4‑54 à 4‑60.

    21  Xiàndài hànyǔ guīfàn cídiǎn [现代汉语规范词典] (Dictionnaire du chinois contemporain), 2010, Wàiyǔ jiāoxué yǔ yánjiū chūbǎnshè 外语教学与研究出版社, Beijing, pp. 262, 1199.

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    Anicotte, Rémi. « Langue ordinaire et jargon mathématique ». In Le livre sur les calculs effectués avec des bâtonnets. Paris: Presses de l’Inalco, 2019. doi:10.4000/books.pressesinalco.18917.
    Anicotte, Rémi. « Langue ordinaire et jargon mathématique ». Le livre sur les calculs effectués avec des bâtonnets, Presses de l’Inalco, 2019, https://doi.org/10.4000/books.pressesinalco.18917.

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    Anicotte, R. (2019). Le livre sur les calculs effectués avec des bâtonnets. Paris: Presses de l’Inalco. https://doi.org/10.4000/books.pressesinalco.18815
    Anicotte, Rémi. Le livre sur les calculs effectués avec des bâtonnets. Paris: Presses de l’Inalco, 2019. doi:10.4000/books.pressesinalco.18815.
    Anicotte, Rémi. Le livre sur les calculs effectués avec des bâtonnets. Presses de l’Inalco, 2019, https://doi.org/10.4000/books.pressesinalco.18815.
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