• Contenu principal
  • Menu
OpenEdition Books
  • Accueil
  • Catalogue de 16501 livres
  • Éditeurs
  • Auteurs
  • Facebook
  • X
  • Partager
    • Facebook

    • X

    • Accueil
    • Catalogue de 16501 livres
    • Éditeurs
    • Auteurs
  • Ressources numériques en sciences humaines et sociales

    • OpenEdition
  • Nos plateformes

    • OpenEdition Books
    • OpenEdition Journals
    • Hypothèses
    • Calenda
  • Bibliothèques

    • OpenEdition Freemium
  • Suivez-nous

  • Lettre d’information
OpenEdition Search

Redirection vers OpenEdition Search.

À quel endroit ?
  • Presses de l’enssib
  • ›
  • La Boîte à outils
  • ›
  • Renouveler les médiations du patrimoine ...
  • ›
  • Partie 3 – Vers la participation des pub...
  • ›
  • Patrimoine
  • Presses de l’enssib
  • Presses de l’enssib
    Presses de l’enssib
    Informations sur la couverture
    Table des matières
    Liens vers le livre
    Informations sur la couverture
    Table des matières
    Formats de lecture

    Plan

    Plan détaillé Texte intégral À quoi sert le patrimoine écrit et graphique ? Le dispositif expérimenté : associer des témoins Notes de bas de page Auteur

    Renouveler les médiations du patrimoine en bibliothèque

    Ce livre est recensé par

    Précédent Suivant
    Table des matières

    Patrimoine

    Associer les innocents ? Doctrine d’action et dispositif des témoins

    David-Jonathan Benrubi

    p. 104-117

    Texte intégral À quoi sert le patrimoine écrit et graphique ? À question vertigineuse, risque de chutes Socialiser le patrimoine écrit pour… ? Une motivation technique : produire du consentement à l’impôt Une justification scientifique : le patrimoine écrit et graphique comme extension du musée de l’Homme ? Une justification morale (expérimentale) : travailler les régimes d’attention Une justification politique : travailler les régimes d’historicité Le dispositif expérimenté : associer des témoins Un billard à trois ou quatre bandes Trois critères problématiques et leurs effets Localité Innocence Communauté d’intérêt Le rôle de la bibliothèque dans le dispositif La constitution du corpus de témoins, et ce que ce dispositif ne recherche pas Le temps des interactions, du jeu Tentative d’évaluation : effets positifs et limites La sacralité des objets conservés, motrice de l’expérience Un intérêt épistémique certain Les témoins, ambassadeurs : un effet levier difficile à évaluer sur le court terme La socialisation du patrimoine écrit et graphique : continuer l’expérience Notes de bas de page Auteur

    Texte intégral

    1La présente contribution ne s’intéresse pas à l’usager, mais au contribuable1. À celui qui, sauf cas rarissime où il est aussi chercheur, n’a absolument aucun point de vue sur nos collections patrimoniales, dont il finance la conservation. Cet individu, je propose de le dire « innocent », parce qu’il n’a rien fait (au patrimoine écrit), et peut-être parce que l’adjectif que Roland Barthes emploie pour désigner l’écriture de celui qui est absent à tout2 pourrait s’appliquer au contribuable et au citoyen à qui (hélas) sont absentés le bruit et la fureur de nos collections réservées.

    À quoi sert le patrimoine écrit et graphique ?

    À question vertigineuse, risque de chutes

    2Les questions fondamentales étant vertigineuses3, il est bon que dans les services patrimoniaux des bibliothèques, nous ne nous interrogions pas en permanence sur le sens de nos missions au-delà des objectifs concrets (et immenses) qui nous y sont assignés : assurer la conservation pérenne des documents, les signaler, les communiquer aux chercheurs, les donner à voir. Au regard des moyens et du temps imparti pour poursuivre ces objectifs concrets, il peut être préférable de tenir pour acquis qu’ils répondent à un besoin de la société, ou de récuser le particularisme du questionnement, en renvoyant la balle sur le terrain plus large du bien-fondé d’une politique patrimoniale en général, voire de l’utilité de l’histoire. Cela explique la fréquence de nos arguments d’autorité ou des tautologies implicites : il est important en bibliothèque de conserver, signaler, montrer les objets du patrimoine parce que le patrimoine est important.

    3Or, en prévision de temps budgétaires ou politiques mauvais, il est prudent de mettre à l’ordre du jour un travail de doctrine : une réflexion non univoque, nourrie par les sciences humaines, mais ne renonçant pas à une certaine dose d’assertion, voire de positivité combative, n’excluant pas non plus le recours à la première personne4. C’est dans cette optique que je propose de réduire le périmètre du questionnement en saisissant les objets de nos collections uniquement dans l’utilité de leur relation au public non-usager. À quoi sert de socialiser ce patrimoine écrit et graphique ?

    4L’expérience professionnelle quotidienne et une fréquentation de la littérature professionnelle nous mettent en relation avec cinq arguments implicites ou explicites qui ne me paraissent pas résister à l’examen, dès lors qu’on se situe à un niveau de généralité (le patrimoine écrit et graphique dans son ensemble), et non à celui de cas particuliers (tel ou tel document ou ensemble de documents). Ce n’est pas le lieu de développer ici une critique de ces arguments, dont certains remontent au XIXe siècle, d’autres à la fin du XXe siècle, et que je rappelle pour mémoire. Selon eux, il est important de socialiser le patrimoine écrit et graphique pour :

    1. participer d’une démocratisation des œuvres ;
    2. contribuer au lien social ;
    3. savoir d’où on vient ;
    4. partager un nouveau réceptacle de valeur dans un monde numérique démonétisé ;
    5. contribuer au rayonnement d’un territoire.

    5Insistons sur le fait qu’il est évidemment tout à fait possible d’identifier des dizaines de milliers (peut-être plus !) de documents dont la médiation peut légitimement s’adosser à l’un de ces cinq objectifs. Mais l’unité de masse du patrimoine écrit et graphique est la dizaine de millions. Et à cette aune, la transposition de grands paradigmes issus du musée d’art (la relation à l’œuvre), du monument (le rayonnement d’une cité), de l’archive (le socle ferme d’un faire société) au patrimoine des bibliothèques patrimoniales pose suffisamment problème pour ne les retenir qu’à titre dérogatoire : dans certains cas, très nombreux, mais très minoritaires. D’autres pistes peuvent-elles être explorées ?

    Socialiser le patrimoine écrit pour… ?

    6Je propose quatre autres arguments, peut-être plus modestes, s’inspirant d’approches technique, scientifique, morale et politique.

    Une motivation technique : produire du consentement à l’impôt

    7Le legs aux générations suivantes des collections patrimoniales nécessitant la contribution financière des générations présentes, l’intéressement des contribuables à ces collections est un impératif de sécurisation comparable au maintien des conditions hygrothermiques. Au passage, le fait de renoncer à la qualification d’œuvre facilite la reconnaissance du caractère non agonistique5 de la relation aux objets montrés : en d’autres termes, il est utile et important qu’un contribuable puisse exprimer le fait que tel ou tel objet patrimonialisé est à ses yeux sans intérêt (sans que cela implique un transfert de pouvoir).

    Une justification scientifique : le patrimoine écrit et graphique comme extension du musée de l’Homme ?

    8S’ils ne sont pas des œuvres, ces objets sont-ils des documents ? La question est compliquée par l’équivocité du terme et son inscription première dans le champ de la documentation (réunion de sources en réponse ou anticipation d’un besoin informationnel), qui s’applique mal à des collections héritées en masse, encore trop rarement désherbées, et qui, si elles résultent, collection par collection, de volontés constitutives (d’une abbaye, d’un collectionneur donateur, etc.), sont dans leur somme d’abord le résultat des aléas de l’histoire (ce qui explique l’emprunt abusif aux archives du mot fonds). Le binôme document/œuvre est toutefois utile. Il permet, par exemple, de discuter du statut des enregistrements résultant des campagnes de collecte de musique folklorique6. Or, ce type de discussion est fécond pour nous parce qu’il peut nous conduire à percevoir la bibliothèque patrimoniale, au nom même des grands principes de la lecture publique auxquels elle émarge par capillarité (porte locale d’accès à la connaissance…), comme un lieu possible d’une poursuite du projet éducatif et culturel des sciences de l’homme, après la crise des musées ethnographiques et leur transformation progressive en musées d’art7.

    Une justification morale (expérimentale) : travailler les régimes d’attention

    9À l’heure où la capacité à diriger sa conscience sur l’objet de son choix est une compétence challengée par la généralisation des dispositifs de distraction, la bibliothèque publique gagnerait à se positionner comme l’une des opératrices du « service public de l’attention »8. Dans ce cadre, le potentiel de fascination pour des objets prestigieux, dont l’opacité résiste au regard furtif, peut-il être mobilisé ? Quiconque, un peu de jeu de scène et de boniment aidant, a accueilli des classes de jeunes adultes, non pour leur montrer d’infâmes reproductions, mais pour une manipulation (d’originaux) analogue à celle de specimen, sait que cette instrumentalisation du patrimoine produit un effet positif sur les capacités de concentration et d’interaction. La proposition paraîtra tirée par les cheveux à certains collègues. Elle est centrale dans mon imaginaire professionnel. Mais moins que la suivante.

    Une justification politique : travailler les régimes d’historicité

    10« Voici mon credo professionnel. Il peut être formulé en mots simples en s’adressant au visiteur, comme à un roi dont nous [professionnels] serions le modeste conseiller : à chaque fois, ô citoyen, ô majesté, que tu te dis “de tout temps, l’homme a fait ceci ou cela”, nous chercherons à te prouver le contraire. Et à chaque fois que tu te diras que telle ou telle réalité “est le propre de notre époque”, là encore on te surprendra. Si tu es persuadé que “nous venons de là et voilà nos racines”, on titillera cette croyance, bien qu’elle puisse être occasionnellement vraie. On peut le dire en mots savants, et les éventuels savants, parmi les lecteurs de ce catalogue, auront peut-être entraperçu, à l’arrière-plan, les ouvrages de François Hartog sur les “régimes d’historicité”. Chaque société, à chaque période ou dans chaque aire culturelle, est caractérisée par un “régime d’historicité” singulier, c’est-à-dire une manière particulière de penser, de ressentir, ou d’intérioriser l’articulation entre les trois catégories du temps : le passé, le présent et l’avenir. (...) Il semble évident que notre régime d’historicité collectif détermine notre manière d’être, de penser, d’agir, d’espérer, de voter, de consommer, et peut-être notre manière d’aimer et d’éprouver des sentiments. Dans l’ordre des politiques publiques, le patrimoine, et singulièrement le patrimoine écrit (celui des fonds de bibliothèque), me paraît être un levier d’action sur cet aspect majeur de notre existence collective. En guise de justification de la dépense, on a vu pire. »9

    11Ce propos introduisait l’édition qui clôturait le projet « Du trésor faire patrimoine », Le Labo, à Cambrai. Il convient à présent de décrire ce projet, et si possible de l’évaluer.

    Le dispositif expérimenté : associer des témoins

    12On se propose donc d’expérimenter un dispositif permettant :

    • de rendre les objets visibles et critiquables par ceux qui les financent ;
    • de les appréhender comme des documents à valeur anthropologique, qui nous installent dans un rapport d’altérité, ou a minima qui débusque le faux dans la familiarité ;
    • d’en faire le support d’une attention soutenue ;
    • de travailler avec eux notre rapport aux catégories du temps.

    Un billard à trois ou quatre bandes

    13Le catalogue précité présente ainsi le dispositif d’« encerclement » des objets :

    « Au versant nord, celui du frais, des chercheurs ont été sollicités pour mener une exploration académique. Leurs savoirs et écrits augmentent notre connaissance des objets. Ils nous prémunissent, dans la suite de l’opération, contre l’anachronisme involontaire. (...) Au sud des documents, tiédis par les (trop) doux rayons du soleil de Cambrai, une estafette de recrues locales devait conduire à la prise de possession escomptée. Ces volontaires, audacieux, curieux, et sympas – au sens exact de la sympathie – ont été recrutés selon trois critères de ressources humaines précis : innocence, localité, affinité.

    L’innocence de celui qui n’est ni un spécialiste ni un passionné : prière de ne pas avoir fréquenté nos services patrimoniaux (...). La localité est restrictive (...). Enfin, l’affinité est l’élément déterminant : sans le savoir, vous entretenez avec le document une communauté d’intérêt. (…) Résultat : près de trente films courts qui nous parlent un peu d’une trentaine de trésors, et beaucoup d’une trentaine de Cambrésiennes et Cambrésiens se regardant au miroir de trésors devenus, pour eux, et je l’espère, à travers eux pour leurs spectateurs dans l’exposition, autant d’objets patrimoniaux. »10

    14Un dispositif semblable a été mis en place dans le cadre de l’exposition « En voyage ! XVe-XXIe s. », à la médiathèque centrale Émile Zolade Montpellier, dans une version réduite (nombre de témoins et de sessions restreints, absence des enseignants-chercheurs) mais enrichie par le dialogue avec une grande association11. Le futur PCSES, intégré au Schéma de développement de la lecture publique de Montpellier Méditerranée Métropole, propose le recours à ce dispositif comme un médium de la socialisation des collections patrimoniales méconnues.

    Trois critères problématiques et leurs effets

    Localité

    15Le critère de localité ne va pas de soi, tant est variable le degré d’inscription de chaque objet unitaire (composant les collections qui, elles, ont été constituées au gré de processus locaux) dans le bassin de vie de l’établissement de conservation. Certes, l’homélie de Cambrai (VIIIe siècle) documente indirectement les liens entre le nord du Royaume de France et le monachisme irlandais, certes Felix Bonfils est natif des Cévennes et est revenu travailler à Alès, mais le plus ancien fragment au monde de prose gaélique, d’une part, et les photographies d’un exemplaire de Souvenirs d’Orient (1878), d’autre part, parlent plus d’Irlande et du Liban que du Cambrésis ou du Languedoc. Le fait que Colette Despois, professeure d’anglais, et Guy Delisle, auteur de la bande dessinée Jérusalem, habitent l’une près de Cambrai, l’autre à Montpellier, ne fait rien aux deux objets qu’ils ont découverts. Le critère de localité n’est pas épistémique mais tactique : il recherche l’implication d’acteurs locaux, susceptibles de produire un effet d’entraînement, à plus forte raison dans les villes petites et moyennes.

    Innocence

    16Le critère d’innocence pourrait faire craindre qu’il s’agisse de transférer à des tiers la légitimité du discours autorisé. Au contraire, il évite d’avoir à gérer la limite mouvante du partage des eaux entre enseignants-chercheurs et professionnels d’une part, amateurs passionnés d’autre part12. Il permet de faire entrer dans le jeu (au sens de la socialisation par le jeu) des individus précédemment extérieurs au champ social d’existence des objets patrimoniaux. Le procureur de Cambrai, Rémi Schwartz, ou Philippe Thiriet, magicien (et président du club d’astronomie de Caudry), ou Romain Tarrusson, fondateur et délégué général du What A Trip Festival à Montpellier n’avaient pas la moindre idée qu’il existât des objets patrimoniaux au Labo-Cambrai ou à la médiathèque centrale Émile Zola – comment pouvaient-ils envisager que parmi eux, certains puissent leur parler ?

    17L’émotion patrimoniale, si elle peut également se produire chez des usagers amateurs, voire chez des professionnels, n’en est que décuplée chez des acteurs saisis par la surprise : un genre d’effet coup de foudre, véhiculé par le toucher, la vue, et bientôt la parole.

    Communauté d’intérêt

    18Le critère principal, qui ne souffre aucune dérogation, est celui de la communauté d’intérêt. Contrairement à des dispositifs de muséographie participative classique qui délèguent un choix d’œuvres parmi une présélection plus ou moins resserrée, au moyen de procédés de vote (souvent numérique), ou la formulation de jugements de goût au gré d’un processus pédagogique plus approfondi, ce dispositif ne s’adresse pas à un public indéterminé, ne désigne aucune fonction sélective, et considère la relation esthétique comme indifférente à la participation. Être intéressé à : avoir une part importante dans, être concerné par. Le président du club d’astronomie et le fondateur du festival de film d’aventures sont concernés par l’exemplaire des machines de Tycho Brahé, par l’exemplaire du Voyage en Indochine.

    19Il s’agit ici à la fois d’un critère tactique, et d’un critère épistémique, puisque sans risque de confusion des discours, il est éminemment possible de reconnaître à celui du témoin une autorité complémentaire, fondée d’une part sur son expertise dans un domaine objectivement pertinent à l’objet, d’autre part sur son parcours, sa subjectivité pratique (et non esthétique) – un discours qui in fine puise autant à ses tripes qu’à son esprit.

    Le rôle de la bibliothèque dans le dispositif

    La constitution du corpus de témoins, et ce que ce dispositif ne recherche pas

    20La mise en œuvre par la bibliothèque publique de ces trois critères permet la constitution du corpus de témoins. Notons qu’il n’est recherché (ici) aucune représentativité, les témoins étant invités à titre individuel. Il ne s’agit pas non plus (ici) en première instance de toucher des publics éloignés ou empêchés.

    Focus

    L’enjeu assumé (ici) n’est pas de faire en sorte que ce patrimoine soit approprié par toute la population, mais qu’il soit approprié ne serait-ce qu’un peu plus. Ainsi, le corpus des témoins présente une réelle diversité de métiers, âges et professions, mais n’est en aucun cas représentatif de la société, moins encore de ses fractures.

    21Il ne s’agit pas non plus d’adresser un appel au public indéterminé, de type un-à-plusieurs, auquel pourrait répondre toute personne motivée (mais qui le serait, qui ne soit déjà partie prenante ?). Le partage des autorités de parole n’implique pas (ici) un renoncement au choix des interlocuteurs. Bien au contraire, la constitution d’une équipe de témoins serait difficile sans l’inscription sociale et territoriale forte de la bibliothèque, et de son équipe, qui permet, de gré à gré, et parfois par des moyens inventifs, de repérer et recruter des témoins pertinents. La bibliothèque n’est-elle pas, aussi, un vaste tissu de relations ?

    Tableau de correspondance de quelques objets et témoins des expositions « Trésors » et « En voyage ! XVe-XXIe s. »

    ObjetTémoinComparaison, correspondance ou apport de connaissance
    Trésors- Communauté d’agglomération de Cambrai - 2019
    Homélie de Cambrai, plus ancien fragment de prose celtiqueColette Despois, habitante d’un village du Cambrésis, dont l’enfance fut en partie irlandaise.Le témoin chante en gaélique, donnant corps à la fonction de l’objet, et fait écho à sa propre enfance.
    Glossaire de Cambrai, XIe siècle, parfois présenté comme un « chaînon manquant de la philologie romane », qui comprend un développement (unicum) sur les sons des animaux (et notamment des oiseaux).Élodie Delacourt et Coralie Burrow, membres du Groupe ornithologique du NordCertes « c’est écrit en latin [en onciales] mais quand on fait de l’ornithologie de terrain, on a l’habitude d’utiliser les noms scientifiques des espèces (…) aujourd’hui, l’hirondelle qui gazouille, c’est un terme qui est toujours employé ! ».
    Psautier dit de Mahaut d’ArtoisSandrine Herlin, professeure d’enseignement artistique, illustratrice« Aujourd’hui, en illustration, on a une liberté incroyable (…) il faut aussi que notre travail parle de nous. (…) c’est pas parce que c’est joli que c’était forcément agréable à faire à longueur de journée. En tout cas, je crois que c’est un travail que j’aurais pas aimé faire. »
    Registre des enfants « exposés » (abandonnés) à l’hospice de Cambrai, 1807Sylvie Delplanque, éducatrice familiale à SOS Village d’enfants« Y a rien dans ce document. Les enfants, c’était juste des numéros avec une description très limitée. (…) aujourd’hui on respecte l’enfant et on a de l’empathie pour son histoire. »
    Petit Rosaire d’Arnaud de Villeneuve, XIVe siècleAdrien Bazin, agent de police technique au commissariat de Cambrai« je n’arrive pas à lire ce qui est écrit (la seule chose à laquelle je peux me raccrocher ce sont les images) (…) cela me fait ’impression d’avoir quelque chose qui ressemble à un cahier de paillasse (…) »
    En voyage ! XVe-XXIe s. – Montpellier Méditerrannée Métropole - 2022
    François Garnier, Voyage d'exploration en Indo-Chine, effectué pendant les années 1866-1868Romain Tarrusson« quand j’étais gamin, le site d’Angkor avait pas mal fait travaillé (sic) mon imaginaire, Indiana Jones, etc., et quand j’ai vu la gravure, je me suis dit, woaw, comment des aventuriers ont pu voir ce site »
    Guide Baedeker de la Suisse, 1911Magali Rieussel, libraire à La Géosphère« les guides, ça fait partie de mon quotidien de libraire (…) la différence avec les guides d’aujourd’hui est très impressionnante, la mise en page, la rédaction littéraire par endroit, exhaustive à d’autres, avec presque des listes »
    Felix Bonfils, Souvenirs d'Orient : album pittoresque des sites, villes et ruines les plus remarquables de la Terre-Sainte, 1877-1878Guy Delisle, auteur de bande dessinée, auteur de Chroniques de Jérusalem« quand je vois ça, ça me donne envie de faire des croquis, des croquis j’en ai fait beaucoup (…) justement à Jérusalem, et je les ai apportés. »

    Le temps des interactions, du jeu

    22Le dispositif prévoit, selon la disponibilité des témoins, entre deux et trois rencontres, au cours desquelles l’attention des bibliothécaires-médiateurs est principalement dirigée vers le témoin.

    1. Le premier temps est celui de la surprise face à l’objet réservé. Les questions sont consignées et/ou transmises aux chercheurs ;
    2. le temps des échanges complémentaires, pour dépasser certaines appréhensions, préciser certaines idées ;
    3. le temps et l’espace de la caméra. Le médiateur conduit l’entretien. Il veille à détendre l’atmosphère, contrôler les biais de conformisme social (pour éviter la démonstration d’un savoir érudit sans objet), et tente de revenir sur les suggestions qui ont fait émerger chez le témoin, dans les précédents entretiens, des moments de vérité d’un rapport premier à l’objet ;
    4. intégration des vidéos au matériel d’exposition. Mise en ligne.

    Tentative d’évaluation : effets positifs et limites

    23Cinq témoins de l’exposition « Trésors » ont été recontactés quatre ans après13, et ont bien voulu répondre à une courte liste de six questions faisant appel à leur souvenir de l’expérience14.

    24Les rushs des entretiens avec les témoins montpelliérains ont également été mobilisés.

    La sacralité des objets conservés, motrice de l’expérience

    25Alors que les ressorts du sacré (séparation-monstration, vénération) se sont en partie reconfigurés dans la société du spectacle (star-system, spectacle sportif), ou enracinés dans des radicalités réactionnaires (fanatismes), il n’est pas rare d’entendre des appels à « désacraliser le patrimoine », dans la suite des appels plus larges à « désacraliser les bibliothèques » qui ont maillé les années 199015. L’expression, discutable si on la replace dans un cadre conceptuel strict (Durkheim) qu’elle ne prétend évidemment pas convoquer dans l’ordinaire des conversations, désigne la suppression des freins symboliques qui grèveraient l’accès aux objets. Or, il n’y a pas de désir sans manque, et s’agissant ici d’objets qui, faute d’être connus ou fantasmés, ne suscitent guère de désir, il n’est pas certain que leur désacralisation serve l’intention escomptée. Au contraire, les témoins expriment le sentiment d’avoir été privilégiés, au travers d’une expérience unique (« c’est la première fois que j’avais la permission de feuilleter un document de cette dimension-là »), ineffable (« c’est quand même… c’est quand même, j’ai pas les mots, mais c’est quand même un objet hyper précieux, quoi »), quasi initiatique (« je ne sortirai pas indemne de cette rencontre »). Un témoin, doué d’un sens du verbe, mais qui m’a confirmé n’absolument pas connaître les discours fondateurs d’André Malraux, réinvente presque celui d’Amiens :

    Le terme recueillement est sans doute celui qui résume le mieux ma perception. Il est sans doute lié au fait que l’on ne peut que ressentir la nécessaire disparition des humains qui ont écrit sur ces feuilles comme de ceux qui y sont décrits. Ce sentiment d’omniprésence de la mort et de la finitude des êtres, que j’imagine commun à toute consultation d’ouvrages anciens, était peut-être renforcé par la nature du document et le fait qu’il contienne en lui-même nombre d’évocations de décès brutaux au travers des symboles de guillotines apposés en marge, au regard du nom des prisonniers16.

    26Une autre se souvient parfaitement des circonstances de la rencontre (avec une œuvre majeure de l’image proto-romane), puisqu’elles retardaient des retrouvailles a priori autrement plus importantes. Des années après, le verbatim illustre tout à la fois la dimension sensible, temporelle et sacrée (i.e. séparée de l’expérience ordinaire) du moment :

    C’était après mon boulot, le vendredi, il faisait nuit, froid, je devais tracer [dans une autre région] pour retrouver mon petit ami… J’ai été coupée dans mon élan et je me souviens avoir eu un sentiment de temps qui s’arrête… J’ai mis des gants, j’ai été impressionnée, d’habitude il y a une vitrine, please do not touch, là j’ai eu le droit, avec toutes les précautions, et j’ai pu tourner les pages, à ce moment le temps, ça comptait plus, j’étais dans une bulle, j’avais le sentiment d’avoir une chance et qu’un temps comme ça ça se présente pas plusieurs fois dans une vie.

    27Or c’est cette expérience, sincère mais captée, donc transmissible, et le fait qu’ils ont été acteurs du dispositif, autant qu’agis par les objets, qui permettront aux témoins, extérieurs à la sphère habituelle d’existence des trésors conservés, d’affirmer haut et fort (et sous enregistrement) leur valeur – et donc de la créer sur le marché symbolique. Quelques heures après l’Apocalypse, la témoin a retrouvé son amoureux à une soirée, et en a fait une brève présentation, photos à l’appui : « j’ai fait mon happening d’un quart d’heure sur ce que je venais de vivre (…) Ils étaient attentifs, si, si, on est toujours dans le même esprit métalleux, Apocalypse de Saint-Jean et tout ; si, si, je me souviens avoir été écoutée, ça les a touchés que je partage l’expérience, je leur montrais les photos, les couleurs, l’aspect bien conservé les avait frappés. »

    Un intérêt épistémique certain

    28Un autre actif du bilan est la qualité et l’originalité des propos exprimés, et souvent des questions relayées auprès de chercheurs parfois confrontés aux limites de leurs connaissances. Jean-Clément Martin, grand et généreux historien de la Révolution française, auteur de la notice consacrée au Registre d’écrou des Anglais, fut bien en peine de répondre à plusieurs questions concrètes de Rémi Schwartz, alors procureur de Cambrai, par exemple sur tels aspects des modalités de détention dont le registre témoigne. Quant au regard porté par Sylvie Delplanque, éducatrice de jeunes enfants, sur le registre des enfants « exposés », il met en exergue, plus que nous n’aurions su le faire, le décalage radical entre le rapport au très jeune individu entretenu par l’administration hospitalière du Premier Empire, et les plus rudimentaires notions professionnelles qui ont cours de nos jours.

    29Mais la connaissance n’est pas qu’historique ou comparatiste, et les objets peuvent être utilement justiciables de saisies de travers aussi judicieuses qu’inattendues. Le rapport de Nadia Beugré, chorégraphe, à la lithographie « Danse des nègres » de Gustave Doré dans le Voyage au Soudan oriental de Tremeaux peut être reconstitué en quatre étapes.

    1. récusation de principe (« pourquoi moi ? » [i.e. pourquoi demander à une danseuse noire de commenter une représentation de danse au Soudan] ;
    2. rejet de l’objet (« la première fois que je l’ai vue, je me suis dit : il faudrait la brûler ») ;
    3. dialogue (« ça pourrait être, en Bretagne, là, du fest-noz ») ;
    4. reconnaissance d’une dose d’universalité (« ça me nourrit »).

    Les témoins, ambassadeurs : un effet levier difficile à évaluer sur le court terme

    30Si les témoins réinterrogés quatre ans plus tard se souviennent avoir interagi avec leur entourage au moment de l’expérience, ils peuvent difficilement, à partir d’une expérience unique, avoir modifié leur rapport à quelque chose d’aussi abstrait et indéfini, même dans un périmètre local, que « les collections patrimoniales de la bibliothèque ». Bien plus, il est frappant que certains indiquent n’avoir pas visionné les films consignant les autres témoignages, ce qui laisse entrevoir une sérieuse limite à l’effet d’entraînement escompté ! C’est sans doute là une limite de l’exercice tel qu’il a été réalisé à Cambrai : le billard à trois bandes et l’intensité de la relation individuelle entre chaque « trésor » et chaque « témoin » n’ont pas permis l’instauration d’une dimension collective de l’appropriation patrimoniale. Une témoin exprime que la nature de l’émotion ressentie se distingue, par exemple, de celle, pour autant à ses yeux aussi intense, d’un concert de metal fortement scénographié : « c’est plus introspectif, comme si c’était une bulle, ce qu’on me racontait n’avait pas d’importance, le cadre n’était pas très beau, mais ça n’avait aucune importance. »

    31Le dispositif de socialisation du patrimoine serait-il individualiste ?

    La socialisation du patrimoine écrit et graphique : continuer l’expérience

    32La bibliothèque publique, majoritairement inscrite en France dans le bloc communal, a l’ouverture au plus grand nombre chevillée au corps. Le bibliothécaire est parfois un ethnographe qui s’ignore, mais il est sans conteste et systématiquement, dans le milieu culturel, le spécialiste de la relation (culturelle) à l’usager – et il est possible que ce soit sa meilleure définition.

    33C’est pourquoi, quand il conserve une partie du trésor national, il ressent spontanément le besoin de le faire connaître. Mais, au fond, pourquoi ou pour quoi faire ? Cette question posée, elle peut donner lieu à des réponses plurielles, en prenant garde aux tautologies et aux justifications importées de champs voisins et qui ne « fonctionnent » que sur un nombre limité de cas, d’autant qu’un même objet se trouve (et doit se trouver) inscrit dans un régime différent selon son contexte d’existence (conservation, présentation, relation). Le contexte particulier de la bibliothèque publique diffère de la bibliothèque d’étude, du musée, de la galerie ou du libraire d’ancien.

    34La socialisation du patrimoine écrit et graphique (des bibliothèques, donc) contribue d’abord à légitimer la dépense publique qui en assure la conservation. Cela va de soi, mais cela va mieux en le disant.

    35J’ai ensuite l’intuition qu’elle pourrait également être mise au service d’une politique de l’attention. De façon plus assurée, et à l’exception des collections de bibliophilie, la médiation des documents rares et précieux, anciens ou non, peut également être mobilisée dans un renouvellement des politiques culturelles des sciences de l’Homme, fortement contestées depuis un quart de siècle.

    36Mais surtout, sa principale justification selon moi est qu’elle concourt à travailler individuellement et collectivement nos régimes d’historicité. La majorité des documents patrimoniaux que nous conservons peuvent être mobilisés dans cet objectif, qui, comme le précédent a le mérite d’être cohérent avec la définition (ou le projet ?) d’une bibliothèque publique comme service public des imaginaires, des compétences et des intelligences.

    37Le dispositif des témoins, qui recrute des « innocents » pour les inscrire dans une relation forte et productrice à des objets issus des réserves, en découle. Une tentative d’évaluation souligne les acquis et les limites de ce cadre d’action, et nous encourage à poursuivre l’expérimentation, en essayant, dans une logique de production, de passer du prototype à la routine.

    Notes de bas de page

    1 Cette contribution reprend des points exposés dans « Du trésor faire patrimoine », in David-Jonathan BENRUBI et Fabien LAFORGE (dir.), Trésors, Cambrai, Le Labo, 2019.

    2 « La nouvelle écriture neutre se place au milieu de ces cris et des jugements, sans participer à aucun d’eux ; elle est faite précisément de leur absence ; mais cette absence est totale, elle n’implique aucun refuge, aucun secret ; on ne peut donc dire que c’est une écriture impassible ; c’est plutôt une écriture innocente. », passage du Degré zéro de l’écriture, cité par Mathilde BONAZZI, Mythologies d’un style : les Éditions de Minuit, Genève, La Baconnière, 2019 (coll. Nouvelle collection langages), p. 61.

    3 Dans Pourquoi y a-t-il de l’art plutôt que rien ? (Archibooks, août 2014), Raphaël Cuir remercie les dizaines de célébrités de la création contemporaine qu’il a invitées « d’avoir pris le risque de répondre à une question aussi radicale, qui n’était pas forcément la leur » (p. 3).

    4 Des travaux passionnants investiguent à travers des études de cas ce que le patrimoine écrit est ou a été, ce que notre société en a fait ou dit. Ils se situent majoritairement dans le paradigme de la recherche historique, et donc, d’un point de vue rhétorique, participent d’un discours judiciaire (argumenter ce qui est vrai), fût-il prudent ou interrogatif. Outre les nombreux travaux d’histoire du livre, voir par exemple Fabienne HENRYOT, La fabrique du patrimoine écrit : objets, acteurs, usages sociaux, Presses de l’Enssib, 2020 (coll. Papiers), et surtout la belle enquête De l’oratoire privé à la bibliothèque, l’autre histoire des livres d’heures, Turnhout, Brepols, 2022 (coll. From text to written heritage ; 1). En complément, j’appelle de mes vœux, dans le champ du patrimoine écrit, l’émergence de doctrines plurielles, pouvant se nourrir des travaux précédents, mais participant du discours délibératif (argumenter ce qui est bon), pour procéder à l’examen et à la formulation d’opinions sur ce qu’il convient de faire, non seulement dans le champ technique, mais dans le champ politique (pourquoi, pour quoi).

    5 Sur le caractère agonistique du jugement de goût selon Kant, voir Pierre SAUVANET, Éléments d’esthétique, Paris, Ellipses, 2014 (coll. Ellipses poche) [2004], p. 199 : « tout le paradoxe du jugement esthétique tient en somme dans une tension entre subjectivité et universalité : le plaisir éprouvé face au beau ne vaut que pour un sujet, sujet qui pose cependant que le jugement qu’il porte est valable pour tout homme. »

    6 Agnès GAYRAUD, Dialectique de la pop, Paris, Éditions de la Découverte/Cité de la musique-Philharmonie de Paris, 2018, p. 202.

    7 Benoît de l’ESTOILE, Le goût des autres. De l’exposition coloniale aux arts premiers, Paris, Flammarion, 2010 (coll. Champs) [2007], p. 20-21.

    8 David-Jonathan BENRUBI, Recension d’un livre de Matthew CRAWFORD, « Contact. Pourquoi nous avons perdu le monde, et comment le retrouver », Bulletin des bibliothèques de France, 2016, n° 9, p. 164-166. [En ligne] < https://bbf.enssib.fr/consulter/bbf-2016-09-0164-006 >.

    9 Trésors, op. cit., p. 37. L’ouvrage évoqué est : François HARTOG, Régimes d'historicité. Présentisme et expériences du temps, Paris, Seuil, 2003 (coll. La librairie du XXIe siècle).

    10 Ibid.

    11 Créé en 2016, le What A Trip Festival à Montpellier donne rendez-vous aux voyageurs et amateurs de films d’exploration. En 2022, son organisation réunit 200 bénévoles.

    12 Sylvie LE CLECH, Bruno SAUNIER, Pierre PÉNICAUD, Simon PIÉCHAUD, Étude relative au bénévolat et à la participation de la société civile aux politiques des patrimoines, Paris, Direction générale des patrimoines et de l’architecture, 2022. [En ligne] < https://medias.vie-publique.fr/data_storage_s3/rapport/pdf/285532.pdf >, notamment le chap. III.

    13 Merci à Laurence Guido (ingénieure, membre des Freakadelles, collectif féminin de fans de metal), Rémy Schwartz (alors procureur de Cambrai), Philippe Thiriet (prestigidateur sous le nom de Magic Phil et Président du Club d’astronomie de Caudry), Adrien Bazin (alors membre de la police technique du commissariat de Cambrai), Sandrine Herlin (illustratrice et professeure d’enseignement artistique).

    14 À titre d’exemple : « À l’époque du projet, quand vous aviez découvert le [document], et les collègues, en parliez-vous à votre entourage (familial, amical, professionnel) ? Que leur disiez-vous ? Quels mots utilisiez-vous pour en parler ? (ou n’en parliez-vous pas) ? ».

    15 Yves DESRICHARD, « Doit-on encore chercher à désacraliser les bibliothèques ? », Bulletin des bibliothèques de France, 2012, n° 4, p. 71-71. [En ligne] < https://bbf.enssib.fr/consulter/bbf-2012-04-0071-004 >.

    16 « Mais le problème que notre civilisation nous pose n'est pas du tout celui de l'amusement, c'est que jusqu'alors, la signification de la vie était donnée par les grandes religions, et plus tard, par l'espoir que la science remplacerait les grandes religions, alors qu'aujourd'hui il n'y a plus de signification de l'homme et il n'y a plus de signification du monde, et si le mot culture a un sens, il est ce qui répond au visage qu'a dans la glace un être humain quand il y regarde ce qui sera son visage de mort », André MALRAUX, Discours prononcé à l'occasion de l'inauguration de la Maison de la culture d'Amiens le 19 mars 1966.

    Auteur

    • David-Jonathan Benrubi

      Directeur délégué du Pôle Culture & Patrimoine, en charge du Réseau des médiathèques et de la culture scientifique de Montpellier Méditerranée Métropole

    Précédent Suivant
    Table des matières

    Le texte seul est utilisable sous licence Licence OpenEdition Books. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont « Tous droits réservés », sauf mention contraire.

    Voir plus de livres
    Gérer les périodiques

    Gérer les périodiques

    Géraldine Barron (dir.)

    2008

    Mettre en œuvre un service de questions-réponses en ligne

    Mettre en œuvre un service de questions-réponses en ligne

    Claire Nguyen (dir.)

    2010

    Mettre en œuvre un plan de classement

    Mettre en œuvre un plan de classement

    Bertrand Calenge (dir.)

    2009

    Favoriser la réussite des étudiants

    Favoriser la réussite des étudiants

    Carine Elbekri-Dinoird (dir.)

    2009

    Communiquer !

    Communiquer !

    Les bibliothécaires, les décideurs et les journalistes

    Jean-Philippe Accart (dir.)

    2010

    Numériser et mettre en ligne

    Numériser et mettre en ligne

    Thierry Claerr et Isabelle Westeel (dir.)

    2010

    Mener un projet international

    Mener un projet international

    Bibliothèques françaises et coopération internationale

    Raphaëlle Bats (dir.)

    2011

    Créer des services innovants

    Créer des services innovants

    Stratégies et répertoire d'actions pour les bibliothèques

    Marie-Christine Jacquinet (dir.)

    2011

    Mener l'enquête

    Mener l'enquête

    Guide des études de publics en bibliothèque

    Christophe Evans (dir.)

    2011

    Faire connaître et valoriser sa bibliothèque

    Faire connaître et valoriser sa bibliothèque

    Communiquer avec les publics

    Jean-Marc Vidal (dir.)

    2012

    Apprendre à gérer des collections patrimoniales en bibliothèque

    Apprendre à gérer des collections patrimoniales en bibliothèque

    Dominique Coq (dir.)

    2012

    Développer la médiation documentaire numérique

    Développer la médiation documentaire numérique

    Xavier Galaup (dir.)

    2012

    Voir plus de livres
    1 / 12
    Gérer les périodiques

    Gérer les périodiques

    Géraldine Barron (dir.)

    2008

    Mettre en œuvre un service de questions-réponses en ligne

    Mettre en œuvre un service de questions-réponses en ligne

    Claire Nguyen (dir.)

    2010

    Mettre en œuvre un plan de classement

    Mettre en œuvre un plan de classement

    Bertrand Calenge (dir.)

    2009

    Favoriser la réussite des étudiants

    Favoriser la réussite des étudiants

    Carine Elbekri-Dinoird (dir.)

    2009

    Communiquer !

    Communiquer !

    Les bibliothécaires, les décideurs et les journalistes

    Jean-Philippe Accart (dir.)

    2010

    Numériser et mettre en ligne

    Numériser et mettre en ligne

    Thierry Claerr et Isabelle Westeel (dir.)

    2010

    Mener un projet international

    Mener un projet international

    Bibliothèques françaises et coopération internationale

    Raphaëlle Bats (dir.)

    2011

    Créer des services innovants

    Créer des services innovants

    Stratégies et répertoire d'actions pour les bibliothèques

    Marie-Christine Jacquinet (dir.)

    2011

    Mener l'enquête

    Mener l'enquête

    Guide des études de publics en bibliothèque

    Christophe Evans (dir.)

    2011

    Faire connaître et valoriser sa bibliothèque

    Faire connaître et valoriser sa bibliothèque

    Communiquer avec les publics

    Jean-Marc Vidal (dir.)

    2012

    Apprendre à gérer des collections patrimoniales en bibliothèque

    Apprendre à gérer des collections patrimoniales en bibliothèque

    Dominique Coq (dir.)

    2012

    Développer la médiation documentaire numérique

    Développer la médiation documentaire numérique

    Xavier Galaup (dir.)

    2012

    Voir plus de chapitres

    Envers et contre tout, pourquoi le divorce entre science et médiathèque se maintient-il ? La réponse du Laboratoire culturel de Cambrai

    David-Jonathan Benrubi

    Voir plus de chapitres

    Envers et contre tout, pourquoi le divorce entre science et médiathèque se maintient-il ? La réponse du Laboratoire culturel de Cambrai

    David-Jonathan Benrubi

    Accès ouvert

    Accès ouvert freemium

    ePub

    PDF

    PDF du chapitre

    Suggérer l’acquisition à votre bibliothèque

    Acheter

    Édition imprimée

    Presses de l’enssib
    • lcdpu.fr
    ePub / PDF

    1 Cette contribution reprend des points exposés dans « Du trésor faire patrimoine », in David-Jonathan BENRUBI et Fabien LAFORGE (dir.), Trésors, Cambrai, Le Labo, 2019.

    2 « La nouvelle écriture neutre se place au milieu de ces cris et des jugements, sans participer à aucun d’eux ; elle est faite précisément de leur absence ; mais cette absence est totale, elle n’implique aucun refuge, aucun secret ; on ne peut donc dire que c’est une écriture impassible ; c’est plutôt une écriture innocente. », passage du Degré zéro de l’écriture, cité par Mathilde BONAZZI, Mythologies d’un style : les Éditions de Minuit, Genève, La Baconnière, 2019 (coll. Nouvelle collection langages), p. 61.

    3 Dans Pourquoi y a-t-il de l’art plutôt que rien ? (Archibooks, août 2014), Raphaël Cuir remercie les dizaines de célébrités de la création contemporaine qu’il a invitées « d’avoir pris le risque de répondre à une question aussi radicale, qui n’était pas forcément la leur » (p. 3).

    4 Des travaux passionnants investiguent à travers des études de cas ce que le patrimoine écrit est ou a été, ce que notre société en a fait ou dit. Ils se situent majoritairement dans le paradigme de la recherche historique, et donc, d’un point de vue rhétorique, participent d’un discours judiciaire (argumenter ce qui est vrai), fût-il prudent ou interrogatif. Outre les nombreux travaux d’histoire du livre, voir par exemple Fabienne HENRYOT, La fabrique du patrimoine écrit : objets, acteurs, usages sociaux, Presses de l’Enssib, 2020 (coll. Papiers), et surtout la belle enquête De l’oratoire privé à la bibliothèque, l’autre histoire des livres d’heures, Turnhout, Brepols, 2022 (coll. From text to written heritage ; 1). En complément, j’appelle de mes vœux, dans le champ du patrimoine écrit, l’émergence de doctrines plurielles, pouvant se nourrir des travaux précédents, mais participant du discours délibératif (argumenter ce qui est bon), pour procéder à l’examen et à la formulation d’opinions sur ce qu’il convient de faire, non seulement dans le champ technique, mais dans le champ politique (pourquoi, pour quoi).

    5 Sur le caractère agonistique du jugement de goût selon Kant, voir Pierre SAUVANET, Éléments d’esthétique, Paris, Ellipses, 2014 (coll. Ellipses poche) [2004], p. 199 : « tout le paradoxe du jugement esthétique tient en somme dans une tension entre subjectivité et universalité : le plaisir éprouvé face au beau ne vaut que pour un sujet, sujet qui pose cependant que le jugement qu’il porte est valable pour tout homme. »

    6 Agnès GAYRAUD, Dialectique de la pop, Paris, Éditions de la Découverte/Cité de la musique-Philharmonie de Paris, 2018, p. 202.

    7 Benoît de l’ESTOILE, Le goût des autres. De l’exposition coloniale aux arts premiers, Paris, Flammarion, 2010 (coll. Champs) [2007], p. 20-21.

    8 David-Jonathan BENRUBI, Recension d’un livre de Matthew CRAWFORD, « Contact. Pourquoi nous avons perdu le monde, et comment le retrouver », Bulletin des bibliothèques de France, 2016, n° 9, p. 164-166. [En ligne] < https://bbf.enssib.fr/consulter/bbf-2016-09-0164-006 >.

    9 Trésors, op. cit., p. 37. L’ouvrage évoqué est : François HARTOG, Régimes d'historicité. Présentisme et expériences du temps, Paris, Seuil, 2003 (coll. La librairie du XXIe siècle).

    10 Ibid.

    11 Créé en 2016, le What A Trip Festival à Montpellier donne rendez-vous aux voyageurs et amateurs de films d’exploration. En 2022, son organisation réunit 200 bénévoles.

    12 Sylvie LE CLECH, Bruno SAUNIER, Pierre PÉNICAUD, Simon PIÉCHAUD, Étude relative au bénévolat et à la participation de la société civile aux politiques des patrimoines, Paris, Direction générale des patrimoines et de l’architecture, 2022. [En ligne] < https://medias.vie-publique.fr/data_storage_s3/rapport/pdf/285532.pdf >, notamment le chap. III.

    13 Merci à Laurence Guido (ingénieure, membre des Freakadelles, collectif féminin de fans de metal), Rémy Schwartz (alors procureur de Cambrai), Philippe Thiriet (prestigidateur sous le nom de Magic Phil et Président du Club d’astronomie de Caudry), Adrien Bazin (alors membre de la police technique du commissariat de Cambrai), Sandrine Herlin (illustratrice et professeure d’enseignement artistique).

    14 À titre d’exemple : « À l’époque du projet, quand vous aviez découvert le [document], et les collègues, en parliez-vous à votre entourage (familial, amical, professionnel) ? Que leur disiez-vous ? Quels mots utilisiez-vous pour en parler ? (ou n’en parliez-vous pas) ? ».

    15 Yves DESRICHARD, « Doit-on encore chercher à désacraliser les bibliothèques ? », Bulletin des bibliothèques de France, 2012, n° 4, p. 71-71. [En ligne] < https://bbf.enssib.fr/consulter/bbf-2012-04-0071-004 >.

    16 « Mais le problème que notre civilisation nous pose n'est pas du tout celui de l'amusement, c'est que jusqu'alors, la signification de la vie était donnée par les grandes religions, et plus tard, par l'espoir que la science remplacerait les grandes religions, alors qu'aujourd'hui il n'y a plus de signification de l'homme et il n'y a plus de signification du monde, et si le mot culture a un sens, il est ce qui répond au visage qu'a dans la glace un être humain quand il y regarde ce qui sera son visage de mort », André MALRAUX, Discours prononcé à l'occasion de l'inauguration de la Maison de la culture d'Amiens le 19 mars 1966.

    Renouveler les médiations du patrimoine en bibliothèque

    X Facebook Email

    Renouveler les médiations du patrimoine en bibliothèque

    Ce livre est diffusé en accès ouvert freemium. L’accès à la lecture en ligne est disponible. L’accès aux versions PDF et ePub est réservé aux bibliothèques l’ayant acquis. Vous pouvez vous connecter à votre bibliothèque à l’adresse suivante : https://freemium.openedition.org/oebooks

    Suggérer l’acquisition à votre bibliothèque Acheter ce livre aux formats PDF et ePub

    Si vous avez des questions, vous pouvez nous écrire à access[at]openedition.org

    Renouveler les médiations du patrimoine en bibliothèque

    Vérifiez si votre bibliothèque a déjà acquis ce livre : authentifiez-vous à OpenEdition Freemium for Books.

    Vous pouvez suggérer à votre bibliothèque d’acquérir un ou plusieurs livres publiés sur OpenEdition Books. N’hésitez pas à lui indiquer nos coordonnées : access[at]openedition.org

    Vous pouvez également nous indiquer, à l’aide du formulaire suivant, les coordonnées de votre bibliothèque afin que nous la contactions pour lui suggérer l’achat de ce livre. Les champs suivis de (*) sont obligatoires.

    Veuillez, s’il vous plaît, remplir tous les champs.

    La syntaxe de l’email est incorrecte.

    Référence numérique du chapitre

    Format

    Benrubi, D.-J. (2024). Patrimoine. In C. Poulain (éd.), Renouveler les médiations du patrimoine en bibliothèque. Villeurbanne: Presses de l’enssib. https://doi.org/10.4000/11ppm
    Benrubi, David-Jonathan. « Patrimoine ». In Renouveler les médiations du patrimoine en bibliothèque, édité par Caroline Poulain. Villeurbanne: Presses de l’enssib, 2024. doi:10.4000/11ppm.
    Benrubi, David-Jonathan. « Patrimoine ». Renouveler les médiations du patrimoine en bibliothèque, édité par Caroline Poulain, Presses de l’enssib, 2024, https://doi.org/10.4000/11ppm.

    Référence numérique du livre

    Format

    Poulain, C. (éd.). (2024). Renouveler les médiations du patrimoine en bibliothèque. Villeurbanne: Presses de l’enssib. https://doi.org/10.4000/11pqr
    Poulain, Caroline, éd. Renouveler les médiations du patrimoine en bibliothèque. Villeurbanne: Presses de l’enssib, 2024. doi:10.4000/11pqr.
    Poulain, Caroline, éditeur. Renouveler les médiations du patrimoine en bibliothèque. Presses de l’enssib, 2024, https://doi.org/10.4000/11pqr.
    Compatible avec Zotero Zotero

    1 / 3

    Presses de l’enssib

    Presses de l’enssib

    • Mentions légales
    • Plan du site
    • Se connecter

    Suivez-nous

    • Facebook
    • X
    • Flux RSS

    URL : https://presses.enssib.fr

    Email : editions@enssib.fr

    OpenEdition
    • Candidater à OpenEdition Books
    • Connaître le programme OpenEdition Freemium
    • Commander des livres
    • S’abonner à la lettre d’OpenEdition
    • CGU d’OpenEdition Books
    • Accessibilité : partiellement conforme
    • Données personnelles
    • Gestion des cookies
    • Système de signalement