Sortir de la bibliothèque, les enjeux des actions patrimoniales hors les murs. Le patrimoine voyageur à Chambéry
p. 92-102
Texte intégral
À la recherche de « l’élitisme pour tous »
1Les termes d’Antoine Vitez (1930-1990), metteur en scène et directeur du théâtre de Chaillot, résonnent de façon particulière au cœur de la bibliothèque de Chambéry dont l’action est structurée autour de trois services : la médiathèque Jean-Jacques Rousseau, BMC située au centre-ville ; la bibliothèque Georges Brassens dans un quartier prioritaire de la politique de la ville et la Bibliothèque voyageuse, le service hors les murs. C’est au sein de ce réseau portant une grande attention à la question de l’accessibilité de chacun·e à la culture, que le service patrimoine a choisi de prendre le contre-pied des idées reçues (le patrimoine écrit est élitiste, exigeant, inaccessible) et de le placer au cœur de l’action de la bibliothèque.
2Les actions « Patrimoine voyageur », à destination des publics éloignés, sont ainsi nées d’un double questionnement : comment rendre visible et accessible le patrimoine écrit ? Comment, et pour quel type de résultat, mettre en contact avec l’objet patrimonial des publics très éloignés, à la fois de la bibliothèque, et encore plus du patrimoine écrit ? En un mot, comment et pourquoi lutter contre la « fracture patrimoniale » ?
3Mis en place à titre expérimental en 2013, le patrimoine voyageur a désormais intégré la programmation des bibliothèques : chaque exposition patrimoniale dans les murs est déclinée pour être sortie hors les murs, dans les différentes structures desservies par la Bibliothèque voyageuse : maisons de retraite, maisons relais, structures sociales, maison d’arrêt, établissements d'hébergement pour personnes âgées (EHPA) et personnes âgées dépendantes (EHPAD). L’idée est, le temps d’une rencontre, de mettre en contact un public ciblé avec des œuvres patrimoniales originales, et de là, mener une réflexion sur la possibilité d’investir le patrimoine écrit d’un rôle social en le mettant au service de la démocratisation culturelle.
L’accessibilité du patrimoine à tous les publics : un enjeu central des bibliothèques de Chambéry
4Dans l’Histoire du livre en Occident, Frédéric Barbier1, en parlant de la période précédant le livre imprimé, la « […] modernité du bas Moyen Âge », montre que la multiplication des documents écrits se traduit « par un élargissement de l’éventail des rapports possibles à l’écrit ». Le livre devient alors un « objet d’assignation sociale » ou pour reprendre les termes de Bourdieu, « de distinction », voire « de puissance ».
5De nos jours, alors que l’accès au livre se banalise (81 % des Français sont des lecteurs de livres selon l’étude barométrique du Centre national du livre parue en 20212), le patrimoine écrit reste un objet complexe à médiatiser, objet de distinction pour celui qui en possède les clés de lecture. De plus, il cherche encore parfois sa place au côté des collections de lecture publique, et, surtout, il est pris en étau entre des objectifs de diffusion et des contraintes de conservation. Il constitue néanmoins l’un des « meilleurs ambassadeurs de la bibliothèque », pour reprendre les termes de la journée d’études organisée en décembre 2022 par Interbibly et Médial3 ; charge aux professionnels du patrimoine d’inventer les outils de médiation pour le rendre accessible aux publics le plus large possible.
6C’est sur ce postulat que le service patrimoine de la bibliothèque de Chambéry a fondé la politique de valorisation de ses collections : elle entre dans le cadre d’une politique globale d’établissement d’accessibilité de tous·tes à la lecture et repose sur le principe que le patrimoine, comme les autres collections, doit être mis à la portée de tous·tes.
L’accessibilité : une stratégie globale
7À Chambéry, la question de l’élargissement des publics est, au-delà du seul patrimoine, au cœur du projet de la bibliothèque. Différents services ont été créés dans cette optique. Dès 1993, un service pionnier d’aide aux déficients visuels voit le jour ; en 2003, il devient un atelier nommé « Médiavue & handicaps »4 qui ne s’adresse plus uniquement aux personnes aveugles et malvoyantes, mais plus largement à toute personne en difficulté de lecture du fait d’un handicap.
8Ensuite, le service de la Bibliothèque voyageuse5 est créé en 2007, avec pour objectif d’approcher les publics qui ne fréquentent pas ou peu les bibliothèques pour des raisons d’éloignement physique, socio-culturel ou géographique.
9Enfin, le service Action éducative et culturelle6 est mis en place en 2009 avec comme enjeu central la création d’un lien permanent et privilégié entre le monde éducatif et les bibliothèques municipales.
10Dans le cadre de cette politique globale d’établissement, différentes actions sont mises en place afin de permettre à chacun·e de s’approprier tout ou partie des expositions patrimoniales.
La pédagogie patrimoniale dans les murs et hors les murs : des médiations « sur mesure »
11Comment créer une proximité de tous les publics avec cet objet de nature sémiophore7, dans lequel tout est porteur de sens, de la reliure, aux marques d’exemplaires en passant par le texte et les images ? Une solution a été trouvée, qui consiste à postuler que, si certains publics « avertis » peuvent s’affranchir de la médiation humaine grâce aux catalogues, cartels et panneaux de l’exposition, d’autres publics ont besoin d’une médiation humaine, irremplaçable.
12Les discours et les actions de médiation accompagnant les expositions patrimoniales sont ainsi adaptés afin d’apporter le socle de connaissances et les codes nécessaires à la compréhension des œuvres pour tous les publics.
13En 2008, une exposition sur le livre d’artiste « Œuvres de papier. Petits dialogues entre artistes au fil du livre » a été l’occasion d’organiser des ateliers autour de la gravure et du papier à destination des personnes porteuses de handicaps moteurs et déficientes visuelles, dans le cadre de la manifestation « Handynamique », en permettant aux visiteurs de toucher des matrices de gravure et des livres d’artiste. En 2016, lors d’une exposition sur le voyage et les cartes anciennes « Agrandir le monde. Cartes géographiques & livres de voyage », des cartes tactiles ont été réalisées, ainsi que des visites accessibles aux déficients visuels axées sur l’odorat et le toucher. En 2021, lors de l’exposition patrimoniale « Pop’ ! Un siècle de littérature et de lecture populaire », des visites accessibles aux déficients visuels ont été conçues à partir de huit parcours sonores (par exemple, un son de cloche d’école pour introduire les lois sur l’alphabétisation, la chanson « Le Crieur de journaux » de Marcel Amont afin de parler de l’essor de la presse populaire) et de manipulation de différentes reliures XIXe siècle pour appréhender la littérature populaire dans sa matérialité (ouvrages brochés vs reliures prestigieuses).
14Enfin, les expositions patrimoniales sont conçues dans l’optique de s’adresser aux différents niveaux scolaires, du cycle 3 aux étudiant·es du supérieur, avec la réalisation de livrets pédagogiques adaptés aux différents niveaux et la conception de visites personnalisées.
Naissance du patrimoine voyageur
15Le patrimoine voyageur s’inscrit dans cette double exigence : adapter les expositions patrimoniales aux publics éloignés du patrimoine écrit, créer une proximité entre le public et le patrimoine écrit.
16À l’origine de ces actions, se situe la conviction partagée entre la Bibliothèque voyageuse et le service patrimoine, qui sont pourtant deux services assez éloignés en termes de pratiques, de publics et de collections, qu’il était possible de faire participer le public « du dehors » aux grands événements du patrimoine.
17De la même façon que chaque exposition patrimoniale est adaptée aux publics scolaires et aux personnes porteuses de handicap, chacune est aujourd’hui déclinées pour être présentées dans les structures desservies par le service hors les murs.
Approche méthodologique
18Des séances de présentation sont ainsi organisées dans les différentes structures durant la période de l'exposition dans les murs. Elles durent 1h ou 1h30. En fonction des établissements, elles peuvent remplacer les interventions régulières des bibliothèques (lectures et prêt de livres) ou être considérées comme des présentations exceptionnelles. Un facteur de réussite repose sur la nécessaire collaboration des médiateurs au sein des structures visitées, notamment pour que les séances soient annoncées en amont, et aussi présentées sous l’angle de « l’exceptionnel ». En moyenne, les actions patrimoine voyageur touchent entre 6 et 9 structures, à raison d’une exposition tous les deux ou trois ans.
19De cette collaboration entre les deux services est née une démarche de travail transversale qui est désormais utilisée pour toutes les expositions patrimoniales avec l’objectif de sortir le patrimoine de son enfermement structurel et d’abolir les frontières entre lecture publique et patrimoine.
Décloisonner le patrimoine
20Afin de produire une médiation la mieux adaptée à chaque public, la méthodologie de travail consiste à utiliser l’expertise de chaque service sur ses publics cibles. Elle vise donc à décloisonner le patrimoine écrit de son service de rattachement et à le sortir de son cadre organisationnel, afin de susciter l’appropriation des expositions patrimoniales par tous les agents de la bibliothèque.
21Pour chaque exposition patrimoniale, un comité de pilotage est ainsi conçu à l’échelle des trois bibliothèques et de tous les services et pôles thématiques de la médiathèque.
22Si le commissariat scientifique de l’exposition reste piloté par le service patrimoine, la conception de la programmation culturelle est pensée par l’ensemble des bibliothèques. De même, des points d’information réguliers sur l’état d’avancement du contenu de l’exposition lors des réunions du comité de pilotage permettent d’adapter le discours de médiation, voire de modifier les documents choisis s’ils sont jugés trop inaccessibles ou difficiles à médiatiser.
23Il s’agit donc d’intégrer le patrimoine dans la lecture publique et d’intégrer la lecture publique dans le patrimoine, en bref de décloisonner !
Créer une appropriation : animation en interne, formations, binômes
24De plus, en amont de chaque exposition, le service patrimoine met en place des outils pour permettre aux agents de s’approprier la thématique et les objets patrimoniaux, afin d’imaginer des ponts entre patrimoine et lecture publique : par exemple, sous forme d’une animation interne à destination de tous les agents, une sélection d’images avait été projetée en amont de l’exposition « Agrandir le monde » lors de la réunion générale de fin d’année ; dans le contexte de la crise sanitaire, un webinaire sur les collections de littérature populaire a été créé avant de lancer le comité de pilotage de l’exposition « Pop’ ! »8.
25D’exposition en exposition, le service patrimoine « lâche son patrimoine » : les séances du patrimoine voyageur étaient au départ co-construites par le service patrimoine et la Bibliothèque voyageuse et les séances prises en charge par un binôme. Lors de la dernière exposition, le patrimoine voyageur a fait l’objet d’un groupe de travail transversal et les séances ont été réalisées exclusivement par d’autres agents, pilotés par la Bibliothèque voyageuse. Pour ce faire, des formations ont été mises en place à la fois sur l’historicité des objets présentés mais aussi sur la conservation et la manipulation des objets originaux.
26En associant dès la conception d’une exposition patrimoniale les différents services, cette méthodologie de travail a fait ses preuves : l’objet patrimonial se révèle être, pour tous et toutes, un outil fédérateur et porteur de sens.
Faire voyager le patrimoine : expérience et limite de l’expérience
Nous vous remercions pour l'échange autour d'œuvres anciennes, le voyage dans l'histoire, […] ces beaux paysages de Savoie figés sur les estampes [...] Et aussi pour la considération que l'on nous a porté [sic]. (Lettre de remerciement d'un détenu, 2013)
Recréer un patrimoine vivant, quels outils ?
27Dans la mesure où les documents se déplacent de structure en structure pour une durée définie par le cadre de la séance, les modalités pratiques de mise en œuvre du patrimoine voyageur effacent la mise en scène de l’exposition dans les murs.
28Une attention très particulière est par conséquent portée à la contextualisation des documents patrimoniaux présentés, par le biais d’objets de médiation et d’outils d’accompagnement : des globes pour expliquer la vision du monde sur les cartes anciennes, des objets pour évoquer un comptoir colonial et aborder les grandes découvertes, un écritoire ancien et des plumes d’oie pour parler de l’écriture manuscrite de lettres anciennes, des exemplaires de « Nous deux » et « Paris Match » pour faire allusion à la littérature populaire ; micros portatifs, loupes, tablettes, et projection d’images numériques pour permettre de mieux voir certains détails.
Photographie 1. Présentation d’une carte du XVIIe siècle sous feuille Mylar afin de permettre la manipulation et la proximité du document et des usagers dans l’EHPAD Les Clématis, Chambéry, 22 novembre 2016

Source : Bibliothèques municipales de Chambéry
Photographie 2. Présentation d’un ouvrage du XVIIIe siècle dans l’EHPAD Les Clématis, Chambéry, 22 novembre 2016

Source : Bibliothèques municipales de Chambéry
29Ce déploiement d’outils a pour vocation de lutter contre l’éloignement induit par les difficultés matérielles et conceptuelles de monstration des objets écrits9 et recréer une proximité, voire une familiarité, avec le patrimoine écrit, avec plus ou moins de succès !
Tout ne voyage pas aussi bien que les images…
30La conception du patrimoine voyageur repose sur un parti pris : lier les séances au calendrier des expositions patrimoniales, ce qui présente l’avantage de ne pas se laisser gagner par la facilité en ne médiatisant que du patrimoine « monumental ».
31Ce parti pris peut se transformer en véritable défi. Comme dans les murs, on retrouve les mêmes difficultés à médiatiser certains patrimoines. L’expérimentation de 2013 avait consisté à faire voyager des images (à l’occasion d’une exposition sur les représentations de la montagne « Vues d’en haut »). Or, si les images se prêtent volontiers à une présentation hors les murs, tant dans leur matérialité que dans leur sujet, l’écrit reste difficile à faire voyager (encore une fois, comme dans les murs !). Ainsi, en 2015, lors d’une exposition sur la correspondance, des lettres autographes de personnages historiques avaient été sorties. Il a été très difficile d’intéresser certains résidents à ces objets peu spectaculaires, en dehors de la signature célèbre (Alexandra David Neel, Albert Camus, par exemple).
32De plus, le public desservi par la Bibliothèque voyageuse est très large, doté de degrés d’autonomie et de parcours de vie très variés, et ne constitue pas un public homogène pour qui une seule médiation peut convenir.
Le paradoxe : sacraliser/désacraliser
« La valeur du document valorise celui qui le regarde ».
Annie Pélisson, responsable de la Bibliothèque voyageuse, 2017
33Lors des séances, une certaine sacralité est observée, matérialisée par la triade gants-feutrine-lutrin.
Photographie 3. Préparation d’une séance de présentation en maison d’arrêt à Chambéry, 2016

Préparation de la séance auprès des détenus dans la salle de classe : gants blancs, feutrine rouge, lutrin, objets et reproductions pour mettre en scène les cartes et livres originaux.
Source : Bibliothèques municipales de Chambéry
34Il pourrait y avoir là matière à paradoxe puisque l’objectif est de rapprocher le patrimoine des personnes qui en sont éloignées, et que ce rituel pourrait au contraire éloigner. Cependant, il s’agit également de produire une médiation qui s’affranchisse de la distance posée par les professionnel·les lorsque le patrimoine écrit, qui n’a pas perdu sa valeur d’usage, a intégré des réserves.
35Finalement, le patrimoine voyageur a vocation à résoudre un autre paradoxe : on communique le patrimoine écrit en salle de lecture en lui donnant une valeur d’ordre documentaire, et en même temps on le muséifie et on l’éloigne de son lecteur, donc de son usage, en l’enfermant dans une vitrine d’exposition. Le patrimoine voyageur tente à la fois de retrouver ce lien entre l’objet et un public non averti, non « idéal » parce que ne maîtrisant pas les clés de lecture et les codes de manipulation, et de proposer à ce même public, souvent en situation d’éloignement du rare, du sacré, du précieux, de l’élitiste (de ce qu’un professionnel projette sur son patrimoine), de se sentir « considéré », comme l’écrivait un détenu en 2013 et « valorisé » selon les termes d’Annie Pélisson, responsable de la Bibliothèque voyageuse, en 2017. Le but n'est donc pas de mettre à distance les œuvres des participant·es mais bien au contraire de les rapprocher en leur faisant prendre conscience de la richesse et du caractère exceptionnel du contact à l’œuvre originale.
Le rôle social du patrimoine écrit
36Par son approche encyclopédique et son caractère protéiforme, le patrimoine écrit est d’une incroyable modernité et permet d’appréhender toutes les facettes du débat civique, citoyen, sociétal. De plus, ses fonctions mémorielles et esthétiques, mises en avant lors des séances du patrimoine voyageur, provoquent des réactions, suscitent des émotions, et sont utilisées pour tenter d’ancrer un public ciblé dans un temps plus long que celui de l’instantanéité, dans une historicité plus large que celle du temps présent, ce qui est particulièrement sensible avec les détenus de la maison d’arrêt ou les usagers des structures de réinsertion sociale…
37On a beaucoup parlé dans la littérature professionnelle du rôle social de la bibliothèque, mais il est également possible de s’interroger sur le rôle social du patrimoine écrit et sur sa place dans des politiques sociales ou de réinsertion, au-delà du développement des actions éducatives. Ces actions, reproduites à chaque exposition patrimoniale depuis l’expérimentation de 2013, permettent d'évaluer un véritable impact du patrimoine écrit comme outil d'insertion sociale : le prestige qui peut être associé au patrimoine est utilisé pour en faire un objet de distinction, non pas de quelques-un·es, mais de tous·tes.
Notes de bas de page
1 Frédéric BARBIER, Histoire du livre en Occident, 3e éd., Malakoff, Armand Colin, 2013 (coll. U), Deuxième partie, chapitre 1, p. 71.
3 Journée d'études « Le patrimoine, meilleur ambassadeur de la bibliothèque ? », Interbibly/Médial, Jeudi 1er décembre 2022 à Nancy.
7 Expression empruntée à Krzysztof Pomian. « Musée et patrimoine », in Henri-Pierre JEUDY (dir.), Patrimoines en folie, Paris, Éditions de la Maison des sciences de l’homme, 1990 (coll. Ethnologie de France ;5).
8 Une version grand public « Webinaire POP' ! » est accessible en ligne sur la chaîne YouTube des bibliothèques municipales de Chambéry : < https://www.youtube.com/watch?v=JGaEwSQQfRo >.
9 Fabienne HENRYOT, « Introduction. Le patrimoine écrit : histoire et enjeux d’un concept », in Fabienne HENRYOT (dir.), La fabrique du patrimoine écrit : objets, acteurs, usages sociaux, Villeurbanne, Presses de l’Enssib (coll. Papiers), p. 7-31.
Auteur
-
Émilie Dreyfus
Responsable du service patrimoine, médiathèque Jean-Jacques Rousseau (Chambéry)
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