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    Trois petits tours avec L’Albatros

    Lucien Suel

    p. 239-255

    Note de l’auteur

    Note portant sur l’auteur1

    Texte intégral 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 Notes de fin Auteur

    Texte intégral

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    1Les livres et les lieux où je peux en choisir sont à mes yeux, aussi nécessaires à la vie, que frites et bière, friteries et brasseries, air et eau, mer et ciel, jardin et maison, amour, chaleur, travail et connaissance. Une consommation sans modération. Albatros. Oiseau de la famille des diomédéidés. Il est, dans « Spleen et idéal », la triste métaphore du poète, au début du recueil Les fleurs du mal de Charles Baudelaire. L’Albatros est aussi le nom de la médiathèque d’Armentières. Est-ce à cause de la forme architecturale du bâtiment ou pour saluer le poème, le poète, la poésie que ce nom fut choisi ? J’étais venu ici, incognito, visite clandestine en 2008 pendant ma résidence d’auteur au G18, secteur de psychiatrie générale, à l’EPSM Lille Métropole. Un personnage de mon roman en cours fréquentait la médiathèque d’Armentières. Repérages. Impressionné par volume des lieux et silence « cathédralesque » ambiant. La sortie du roman donna l’occasion d’une entente entre l’hôpital, l’éditeur, le libraire et

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    2la médiathèque. Guillaume Coustenoble, responsable du secteur adultes était venu m’interviewer. Vidéo diffusée à L’Albatros en septembre 2009. Guillaume et son adjointe Keara Berger, du rayon fiction, se joignirent à moi pour lire quelques extraits de La Patience de Mauricette lors de la fête organisée à l’hôpital pour la présentation du livre au public. Exactement deux ans après, me voici de retour pour un nouveau motif, travail sur la médiathèque même. 1ère visite à L’Albatros, 30/11/2011. Je rencontre sur rendez-vous, Sandrine Vansteelant, directrice, Tatiana Dumont, coordinatrice des actions Culture. Devant un café, je leur parle du projet « Tours et et détours en bibliothèque ». Je viendrai observer le lieu, voir ce qui s’y vit, ce qui s’y passe, en février. Et je propose aussi de m’intégrer à titre gracieux dans la programmation des rencontres avec les auteurs à l’occasion de la sortie de mon roman Blanche étincelle. Nous fixons la date du 7 avril. L’Albatros et sa couverture d’inox comme un papier

    3

    3précieux. Je la regarde, saveur chocolatée dans la bouche. Livres protégés par une pellicule argentée comme ce Dali édité par Draeger au Soleil Noir qui ressemble à une boîte de chocolats fins. Ici, près de la Belgique, vue de l’extérieur, la médiathèque pourrait m’évoquer une boîte de Léonidas, mais les parois en verre transparent me rappellent au réel. Loin de ressembler à l’oiseau entier, cet albatros se résume à une vaste aile protectrice étendue audessus des richesses de la médiathèque et des gens qui s’y rassemblent, abonnés, employés et invités. Le bord de l’aile, surplombant l’entrée, abrite de la pluie les usagers qui attendent l’ouverture des portes coulissantes. Médiathèque = Service public. La file d’attente se mire dans les parois. Reflets de reflets. Images de l’extérieur en surimposition parmi les rayons de livres, caressant les dos, les tranches. Ce n’est pas un film protecteur virtuel. On a réellement l’impression que la cité se trouve à l’intérieur de la bibliothèque. Du côté opposé à

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    4l’agora, sur le trottoir en face, les silhouettes, ombres issues de la caverne, se réfléchissent dans la façade (mélange d’eau et de sable) : Cinéma REX (latin retrouvé) désaffecté-abandonné-tagué. Grand espace vacant. Une camionnette Emmaüs garée devant l’auto-école. Tabac À la Civette . Banque Crédit du Nord. Boulangerie fermée. Agence immobilière vide. Un quartier en rénovation, des friches artisanales et industrielles, des terrains vagues, témoignages du passé. Espace dégagé devant le bâtiment. Ici ou là, des bancs fixés au sol. Chat perché sur un des blocs de pierre qui barre l’accès aux voitures. Le regard plonge à l’intérieur de la médiathèque sans entrave, à livre ouvert. Chassé-croisé de lumière. La façade-image de la médiathèque montre à la fois stabilité (clôtures, maisons, magasins, trottoirs) et mouvement (autos, piétons, cyclistes, oiseaux), comme si un film (décors et actions) était projeté sur le bâtiment. La poétique du monde traverse les parois. Les lecteurs-habitants franchiront bientôt

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    5le passage, arpenteront un monde de papier, vivant de chaque côté des allées de livres, entassés dans des immeubles d’étagères, des casiers studios, des bacs et des rayons peuplés d’ouvrages, des rangées et des piles. Savoirs, rêves et délices accumulés. NB. Écrivant lecteur, je pense lectrice. Elles ont le nombre pour elles à défaut du genre grammatical qui impose toujours ses règles chauvinistes. Sic ! Le contraste est manifeste entre l’architecture de la médiathèque et celle des anciennes bâtisses qui l’entourent (briques, ardoises, fenêtres étroites, grilles). Jeune homme accroupi près des palissades du chantier voisin. Panneau du lotissement à venir « 25 maisons ». Arbres dénudés. Livraison d’arbres de Noël par la municipalité. Bacs à fleurs en bois colorés de blanc, terre de Sienne, vert printemps, bleu clair. Terre vierge, prête à accueillir semis ou plantations. Ouverture de la médiathèque par le jeune bibliothécaire. Il tient le battant de porte pour la dame à la poussette. Service qui commence.

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    62e visite le 18/02/2012. 11 heures, j’arrive. Suis accueilli au comptoir de l’entrée par Keara qui me guide à travers la médiathèque, du rayon adulte au rayon jeunesse, des BD aux CD et autres DVD, de la salle de presse à celle d’Internet, de la salle du conte à l’auditorium... Je m’assieds sur un canapé dans un endroit stratégique au rez-de-chaussée, au pied d’une paroi avec vue sur l’entrée, le secteur enfants, les rayons de BD, l’accès à l’étage. Muni d’un bloc-note, j’utilise la contrainte oulipienne de l’inventaire-description-épuisement de ce lieu. Affiche Éloge de nos terres. Actualités. Panneaux. Exposition de planches originales. Les auteurs des BD seront reçus ici dans l’après-midi. Trois dames assises lisant. J’apprends qu’il y a deux nouveaux genres littéraires dans la bande dessinée : mangas et romans graphiques. On cherche dans les étagères en se penchant, en s’accroupissant ou à l’inverse, en se hissant sur la pointe des pieds. Certains se laissent choir, s’assoient sur la moquette, jambes

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    7croisées. D’autres, plus jeunes, se glissent entre les poussettes à quatre pattes. Homme courant pour récupérer un petit qui tente d’escalader un casier à livres. Une mère et sa petite fille, « Maman, tu vas acheter des livres ? » Père voiturant un jeune handicapé (dans cette médiathèque, forte attention portée au handicap, dans la tradition de la ville, sans doute [Maison des Bons Fieux créée en 1615]). Homme qui marche en lisant quatrième de couverture comme s’il épluchait une liste d’ingrédients, à la recherche d’OGM ou d’aspartame. Enfant qui pleure. À chaque question, sa réponse : la jeune fille qui faisait de la gymnastique dans le rayon mangas est allée chercher une bibliothécaire qui lui sort Les Voyages de Shira ( ?). BD rangées par titre d’après le nom du héros, détail à savoir. À l’entrée, à ma gauche, de nouveaux arrivants posent des questions sur le règlement. Homme avec Boule et Bill. Quatre enfants explorent un bac à livres (bac à sable ?). Monsieur en bluejeans, la soixantaine, casquette à

    8

    8la main (s’est-il décoiffé par politesse, comme en entrant dans une église ?), gabardine sur le bras, sachet plastique tenu du bout des doigts. La porte automatique grince (importance de ce bruit ?). Pas de sonnerie comme dans les magasins, mais quelques ressemblances avec le supermarché. Des « clients » de tous âges et de toutes conditions, circulant de secteur en secteur, sac à la main. La promotion en tête de gondole des nouvelles acquisitions. Codesbarres. Portiques de détection. Mais la différence qui saute aux oreilles, c’est le silence, le calme des lectrices et des lecteurs, des familles. Nulle musique d’ameublement, nulle annonce doucereuse ou agressive. Respect du silence intérieur nécessaire à la lecture ou au simple choix dans les ouvrages. Jeune en jeans qui dit : « Tchoupi, c’est pour les tout petits. » Couple papotant à voix basse debout près de l’entrée. Bips d’enregistrement des codes. « Maman t’es où ? - Ch’suis là. » Petite cherchant sa mère occupée à choisir un roman graphique. Dame

    9

    9tirant un sac à roulettes, CD et DVD à la main. Il est 11 h 50 ; annonce par haut-parleur : Mesdames, messieurs... Les enfants sont à l’aise, mais leurs parents (surtout les mamans) ont les bras couverts de vêtements. Voici encore des jeunes qui entrent, pressant le pas. Bruit des livres sur le comptoir. Les portails de sécurité sonnent quelquefois, mais on sait pourquoi. C’est une erreur, jamais un vol. 11 h 51. La queue se forme. Mère avec deux petits, homme seul, père avec un enfant qui a oublié on ne sait quoi (tant pis), gens de tous âges, vêtements de toutes sortes, du blouson nylon à la parka, des foulards aux casquettes. Enfant qui se déplace, la pile de livres sur la tête. « Ce livre-là, je sais qu’on l’a déjà pris. Il y a beaucoup à lire ! (pas grave) » On remet les cache-nez. « Les deux cartes sont arrivées à échéance. Il faudra les renouveler la prochaine fois. Venez avec une facture récente, une carte d’identité et le livret de famille. » Il est 11 h 56. Des jeunes filles ensemble. « Oh ! Il

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    10en manque un. On peut vous le prolonger. » L’heure de la fermeture, les lumières se coupent une à une (ne m’étais pas aperçu qu’elles étaient allumées). D’ici ou de là-bas, à tout moment, on peut visiter virtuellement le lieu : armentieres.fr/mediatheque Vu de l’extérieur : Trois personnages qui sortent, blousons marron et orange, grands sacs plastique à la main (dedans, des livres, peut-être des CD, des DVD) suivis par une adolescente en jeans et boots, trois-quarts à capuche, qui examine son téléphone. Ensuite un jeune garçon ébouriffé, cheveux sombres et lunettes à monture rouge, entre, suivi par deux lycéens munis de sacs en bandoulière. À travers le vitrage, des reflets cubistes à la Georges Braque. 1726 AV 59, une 4CV Renault devenue pièce de musée est installée dans un reposoir de verre au sein de la médiathèque. Une œuvre d’art ? Ready-made placé sur un caillebotis entouré de galets au milieu des livres ? Sont-ce des élèves du lycée professionnel d’Armentières qui ont rénové la machine ? Pourquoi

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    11pas ? Fête des Nieulles, jour de l’inauguration de L’Albatros, les Armentiérois défilent à travers la ville derrière le véhicule de collection. À la fin du parcours, la voiture soulevée par une grue, est installée au centre de la médiathèque (1 % pour la culture) sur une idée du plasticien Samuel Beckman qui voyait l’auto bleue comme l’héroïne d’une BD ! Derrière les parois vitrées, la 4CV témoignera des jours anciens, fossile industriel de la période de l’énergie fossile. Tout autour d’elle, des livres. Placé en hauteur dans le prolongement du comptoir, un crocodile bleu en papier mâché ouvre sa gueule. L’animal a été façonné par la classe de CM2 de Mme Deprey, école Anatole-France, année 2010-2011. Son corps est marqueté de pustules colorées. Rubéole ? Près du crocodile, les affichettes de concerts, la tarification et le règlement de la médiathèque, la pile de flyers. Tout noter voir entendre recevoir. À l’entrée du rayon enfants : affiche La Marque du Chat pastichant La Marque Jaune. Au sol, casier de

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    12livres, chaise orange. Une maman porte sur le bras droit un enfant endormi encapuchonné. Devant elle, la poussette vide. Albums présentés de biais et de face dans une étagère métallique sur 2 niveaux. Le mobilier est adapté comme à l’école maternelle. Un petit devant le mur composé d’une dizaine de baies vitrées rectangulaires. Livres posés dans des bacs carrés divisés en quatre compartiments. Au centre, les plus bas pour les tout-petits avec des albums. Une table blanche, des chaises en plastique blanc, orange ou vert. Le sol est moquetté. D’autres bacs plus élevés. Recherche du confort. Albums d’éveil. Au milieu des casiers verts, jaunes, orange, jeune femme à grosses lunettes, debout, qui téléphone en souriant, la main gauche sur le guide d’une grande poussette monospace télescopique en aluminium avec un capuchon toilé, marque Bébé-Confort. On voit le peton du petit passager, la jambe de pantalon vert pomme. Un sac en vannerie est suspendu au bras qui retient la poussette. Autre sac à l’épaule du bras

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    13qui porte le téléphone. On voit la pelouse, un pan de mur, le début d’une inscription N’ATTENDS RIEN. Comme auteur, n’ai pas pu résister, suis allé voir lettre S dans les rayons, trouvé mon best-seller : Mort d’un jardinier serré par un clip de métal, vu les noms de mes voisins, Eugène Sue (Le Commandeur de Malte), Michel Subiela (Les jardins de Palerme, Le Royaume sur la mer et Les Chevaliers de proie). Une dame en manteau, sac à main aux pieds, assise, genoux joints, sur un canapé design, arrondi, vert et blanc (charte de couleurs), lisant un magazine, ou plutôt une BD, empruntée au rayonnage derrière. Amours fragiles/Blondes/Bob et Bobette/rangés par ordre alphabétique (Dewey). Absorbée par le livre. Soigner mon enfant/Bien se moucher/une série pour la vie quotidienne. Des livres entrouverts, debout sur la planche supérieure des rayonnages. Une dame en blouson de lainage bleu, sac plastique plein de livres pendant à la main gauche, s’est penchée sur le côté, observant le bas d’un poster style Bogart

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    14Bacall, Construction d’un mythe, le rêve américain en 6 tomes. Mémoires de cendres. Au mur, à gauche, extincteur rouge évoquant l’incendie d’Alexandrie. Devant les rayons, un jeune couple debout bavarde. Elle, jeans, manteau, sac à dos, cheveux longs, et lui, jeans, blouson noir, cheveux courts, radieux. Escalier blanc, rampe transparente. Une salle avec des sièges orange devant des écrans d’ordinateurs. Lecteur à lunettes, au fond d’un fauteuil, absorbé par son livre autant que par son siège. Plus loin, un écran allumé, comme une lampe d’ambiance. Néons aussi comme des lignes de tirets au plafond. Rails de soutènements. Vue sur l’extérieur : poutrelles, trottoirs en planches de bois exotique brut, herbe rase, immeuble d’appartements en voie de finition. À l’intérieur, un siège en plastique jaune près de l’exposition de livres jeunesse. Hauts panneaux de bois debout par paire avec affiches BD sous verre. Un chevalet de peintre présente une autre affiche. D’autres sur le sol, appuyées au dos des étagères.

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    15Sous l’escalier partant de l’entrée, un alignement décroissant de fenêtres étroites devant la pelouse tondue. Affiche jaune, bleue, orange : un clown au visage troué. Des enfants y passent la tête. Rires étouffés. Inscription en haut « L’ALBATROS CIRCUS ». À gauche, une sorcière géante avec son balai et un chapeau pointu noir, une espèce de poussin dans un petit sac sur son ventre. Près d’elle, un chaudron noir dans lequel mijotent des livres. Une soupe de lettres ? Un bouillon de culture ? Balai et brouet d’albatros. Sur une cloison de l’espace petits, un ensemble de planches, la suite de l’expo BD, qu’un homme parcourt en canadienne marron et béret vissé sur le crâne, s’arrêtant devant chaque affiche, en méditation, tête levée, mains jointes dans le dos. Pièce du conte. Guéridon polyester blanc, coussins circulaires bleus, jaunes, rouges, sur les gradins comme des smarties géants. Le fauteuil prestigieux de la conteuse, très confortable, formes arrondies asymétriques, un patchwork jaune-bleu-rouge-orange

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    16majestueux. Le trône de la reine face aux smarties de son peuple d’enfants. La chambre du conte offre une vue sur l’extérieur, dallage, marches de bois, plantations dans la cour intérieure du « palais », gradins de béton laissant supposer une utilisation par beau temps. La statue d’un personnage de conte de fées avec une couronne, perchée au sommet de la baie dans l’encoignure. Frise ornementale au faîte de l’encadrement, toute une rangée de bébés assis, album ouvert entre les mains, sous cette formule : « Moi ce que j’aime le plus, c’est quand on se met tous ensemble pour lire des contes dans les livres de la bibliothèque. » La lecture n’est plus intime mais devient une affaire collective. Est-ce bien ? Les livres en braille, présentation sobre, reliure uniformément blanche (comme les cannes d’aveugle). Ce sont des dossiers reliés, perforés, plastifiés, avec une étiquette au dos (pour le personnel, pour le stockage). Quelques titres : Les vilains petits canards, Il n’y a que braille qui m’aille, Comment

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    17voient les aveugles, Cuisinez entre copains, Guide des aides pour malvoyants et aveugles, 1er volume, transcription intégrale de l’édition originale par le Centre de Transcription et d’Édition en Braille 3bis rue du général Hoche, 31200 Toulouse. Le CTEB remercie cet éditeur. Lire sur le bout des doigts. Je pose la question du livre numérique. On y pense mais pour l’instant, il n’existe pas de demande du public. Mais je sais que L’Albatros est très actif sur le web, qu’il existe en lien avec le site, des blogs en partie animés par des abonnés. ZigZag, le blog ado et Armentières en bulles, le blog BD. Yo. 3ème visite le 7/04/2012. Invitation à L’Albatros, samedi, veille de Pâques. Comme d’habitude, laissé ma voiture sur le parking de la gare à deux pas de la médiathèque. La rencontre est prévue à 14 h 30. Frédéric Cretel et Simon Kerfyser enregistrent les retours. Keara occupée ailleurs, Frédéric m’emmène à l’auditorium où aura lieu la rencontre. Salle de spectacle, rangs de fauteuils disposés en gradins.

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    18C’est ici qu’ont lieu représentations et concerts, organisés par la médiathèque. Arrivée de Keara qui m’annonce l’absence de Guillaume parti en tournage sur une rencontre sportive adaptée au handicap, un des axes forts du projet de L’Albatros : important travail pour les malvoyants, embauche de personnes handicapées travaillant au contact du public... Je suis Keara à l’étage de l’administration, la salle de détente du personnel, accepte un café, l’écoute parler de Blanche étincelle, du comité de lecture, du vote « coup de cœur » attribué à La Patience de Mauricette. 14 h 20, on se déplace vers le secteur adultes. Je prends la pose devant les étagères, le linéaire de romans, en face du mur des « people », les auteurs invités par la médiathèque. Keara fait deux photos de moi. On rejoint l’auditorium. Petit nombre de personnes dispersées sur les gradins. La porte est laissée ouverte. Quelques lectrices nous rejoignent, puis un lecteur. Je reconnais une dame rencontrée au salon du livre de Bondues la semaine

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    19dernière. Tatiana Dumont est présente ainsi que la libraire de Majuscule où en février, j’ai signé le roman. Keara et moi, sommes assis en bas dans deux fauteuils, une petite table entre nous. J’ai amené ma poésie, mais on va parler des deux romans ayant un rapport avec Armentières (une rime avec « Éloge de nos terres » du 3 au 22 avril à L’Albatros). Je me présente et d’emblée, suis amené à expliquer la création du personnage, Mauricette Beaussart, dans le cadre de ma résidence d’auteur de l’année 2009, à l’EPSM. Réel intérêt de la part des spectateurs, de l’animatrice. Plusieurs ont lu, au moins un des romans, certain (e) s les deux. Assez naturellement, la rencontre devient conversation commune à propos de l’écriture, du bonheur, de l’effet de réel dans la fiction, du régionalisme (je ne suis pas auteur régionaliste). Ambiance agréable, chaleur humaine, humour et spontanéité. Je finis en lisant le début de Blanche étincelle. Une table est installée dans le hall d’entrée pour les dédicaces. La libraire a

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    20annoncé la rencontre toute la semaine en proposant mes livres dans son magasin. Prolongations tout en dédicaçant des exemplaires. La discussion continue devant les livres. Style, démarche, lecture à voix haute... surtout avec celles et ceux qui n’avaient jamais approché mon écriture. Tout ceci au cœur de l’activité persistante de la médiathèque : enfants fouillant dans les caisses, personnes allant faire enregistrer leurs livres, d’autres lisant... Petit à petit, les participants à la rencontre s’en vont et je continue à bavarder avec Keara. Je lui signe son exemplaire, ainsi que celui de la médiathèque. J’écris une phrase sur l’affiche où sera collée ma photo avant de trouver place dans le Hall of Fame. Il faudra donner mes amitiés à Grégoire Delacourt, mon successeur samedi prochain, et à Guillaume que je regrette de ne pas avoir vu. Je fais mes adieux à Keara, qui manifeste encore sa joie d’exercer ce métier, le bonheur de faire ce qui lui plaît. Elle dit : « J’aime les livres. » Je quitte L’Albatros.

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    Notes de fin

    1 Ce texte est écrit en suivant une contrainte d’ordre numérique. Chaque ligne comprend le même nombre de signes typographiques. Le texte est constitué de 20 blocs contenant chacun 1 000 signes.

    Auteur

    • Lucien Suel

      Médiathèque L’Albatros, Armentières

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    Suel, L. (2012). Trois petits tours avec L’Albatros. In Tours et détours en bibliothèque. Carnet de voyage. Villeurbanne: Presses de l’enssib. https://doi.org/10.4000/books.pressesenssib.1866
    Suel, Lucien. « Trois petits tours avec L’Albatros ». In Tours et détours en bibliothèque. Carnet de voyage. Villeurbanne: Presses de l’enssib, 2012. doi:10.4000/books.pressesenssib.1866.
    Suel, Lucien. « Trois petits tours avec L’Albatros ». Tours et détours en bibliothèque. Carnet de voyage, Presses de l’enssib, 2012, https://doi.org/10.4000/books.pressesenssib.1866.

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    Format

    Kaplan, L., Sautière, J., Raczymow, H., Fusaro, P., Commère, P., Baptiste-Marrey, … Pétrel, A. (2012). Tours et détours en bibliothèque. Carnet de voyage. Villeurbanne: Presses de l’enssib. https://doi.org/10.4000/books.pressesenssib.1844
    Kaplan, Leslie, Jane Sautière, Henri Raczymow, Philippe Fusaro, Pascal Commère, Baptiste-Marrey, Dominique Fabre, et al. Tours et détours en bibliothèque. Carnet de voyage. Villeurbanne: Presses de l’enssib, 2012. doi:10.4000/books.pressesenssib.1844.
    Kaplan, Leslie, et al. Tours et détours en bibliothèque. Carnet de voyage. Presses de l’enssib, 2012, https://doi.org/10.4000/books.pressesenssib.1844.
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