Des bibliothèques et archives centres de ressources pour faire et écrire l’histoire des invisibles
Le Centre des archives du féminisme d’Angers. Un matrimoine vivant 2000-2020
p. 91-99
Texte intégral
1Le Centre des archives du féminisme (CAF) de l’université d’Angers (UA) a eu 20 ans le 4 octobre 2020 : cette petite contribution dans une boîte à outils de l’Enssib est un cadeau d’anniversaire discret à cette institution atypique, tout juste sortie de l’adolescence et pleine des promesses de l’âge adulte.
Focus
Matrimoine* vivant : pourquoi ce mot ? Pendant des années, les instruments de recherche du CAF étaient rangés sur le site web de l'UA sous la rubrique patrimoine. Le comité de pilotage s'en est ému, et nous avons sobrement opté pour un intitulé neutre « Archives ». Notre réflexion sur la place des archives militantes dans une institution et les jeux d'influences mutuelles font que nous regardons, avec de plus en plus de tendresse, l'idée d'adopter le mot matrimoine < https://fr.wikipedia.org/wiki/Matrimoine_culturel >. En effet, en matière d'évolution culturelle, dire et nommer, c'est déjà un peu faire quelque chose en faveur de l'égalité !
2L’acte de naissance du centre est ténu : fruit d’une convention entre l’université d’Angers et l’association Archives du féminisme, le CAF est d’abord un objet de désir plutôt qu’une affaire de « briques et de mortier », le rêve d’une historienne, Christine Bard, porté sur les fonts baptismaux par Jean-Claude Brouillard, conservateur général un peu chineur à ses heures et anticonformiste, à deux doigts de la retraite.
3Pour son entrée dans le monde, en tant que chaperon du moment de notre débutante, j’opte ici pour une forme de conte, chronologique, mettant en lumière les moments et les actrices clés, pris sur le vif. Nous voici parti.es…
4« Il était une fois, au tournant du troisième millénaire, dans la cité d’Angers, une jeune université qui venait de se doter de deux grandes bibliothèques universitaires, l’une de plus de 100 000 pieds carrés à Belle-Beille, nichée au creux d’un petit bois de chênes centenaires, l’autre à Saint-Serge, ouverte en 1999, ayant libéré de beaux espaces dans la bibliothèque de la forêt.
Naître
Le grand voyage à travers l’Europe des archives de Cécile Brunschvicg
5Bien avant que cette histoire ne commence, en 1940, les archives d’une des trois premières femmes françaises à avoir siégé dans un gouvernement, Cécile Brunschvicg (1877-1946, sous-secrétaire d’État à l’Éducation nationale du gouvernement Blum), d’origine juive, avaient fait partie des fonds spoliés par l’Archivschutz, le service allemand de contrôle des Archives françaises1. Les archives des pays occupés rassemblées en Allemagne avaient été récupérées à la fin de la guerre par les Soviétiques. Leur existence est tue aux pays d’origine, jusqu’au début des années 1990.
6Le 12 novembre 1992, la France signe avec Moscou trois accords autorisant, entre autres, le rapatriement des archives françaises. S’ensuivent huit années de tractations diplomatiques. Moyennant le paiement par la France d’indemnités compensatoires à la Russie, plusieurs camions ramènent sur le sol français les archives d’abord confiées au ministère des Affaires étrangères, qui se charge de retrouver les ayants droit. Les archives de Cécile Brunschvicg font partie du convoi : ses héritiers pensent tout d’abord les confier à la bibliothèque parisienne Marguerite Durand (BMD)2. Ces trente mètres linéaires d’archives personnelles, conservées dans de grandes boîtes aux étiquettes en cyrillique ne trouvent pas d’institution de conservation, faute de place à la BMD.
La fée Christine et la naissance de l’association Archives du féminisme
7C’est alors que l’historienne Christine Bard, maîtresse de conférences depuis 2015 à Angers, intervient. Elle fonde le 24 juin 2000 une association loi de 1901, Archives du féminisme3 dont la raison d’être est de coordonner les efforts des archivistes, chercheuses et militantes pour mieux préserver les archives des associations et des militantes féministes.
Figure 1. L’association Archives du féminisme

L’association Archives du féminisme mène un travail de sensibilisation, de valorisation et de collecte considérable.
Encadré 1. Le récit de la fée marraine : entretien avec Christine Bard
Sur le berceau du Centre des archives du féminisme, toutes les planètes étaient alignées. Un jour, en 2000, j’appelle mon amie Annie Metz, la conservatrice de la BMD, comme ça pour prendre de ses nouvelles et elle m'indique qu’elle va recevoir la visite de Marc-Olivier Baruch [l'arrière-petit-fils de Cécile Brunschvicg] qui vient de récupérer le fonds revenu de Moscou. Quelle émotion de l'apprendre ! Mais Annie est au désespoir de devoir lui dire non, faute de place. Notre impuissance est insupportable. C'est un fonds essentiel, comme d'autres d'ailleurs, déjà perdus. Je lui demande alors de différer sa réponse et cours jusqu’au bureau de Jean-Claude Brouillard, que je connaissais un peu pour le croiser souvent à la brocante du samedi matin et lui propose la création d’un fonds d’archives féministes à la BU. Il me dit : « l’idée est originale, pourquoi pas ? ».
Peu après, le 18 avril 2001, on inaugure le centre en présence de nombreuses féministes, dont Yvette Roudy. La sénatrice Françoise Seligmann nous fait la surprise d'être venue avec les archives de sa mère Laure Beddoukh, la grande suffragiste marseillaise. Tout tient dans une petite valise des années 50. Les promesses de dons d'archives affluent. Nous avons vite formé un réseau, transgénérationnel, rapprochant des personnes aux compétences différentes et complémentaires, dans un modèle hybride mi-universitaire mi-associatif, au service d’une cause qui m'est infiniment chère : préserver des archives qui seront si précieuses pour les futures générations, il n’y a rien de plus beau ! Les livres d'histoire se démodent, les archives jamais.
Transcription d’un entretien téléphonique avec Christine Bard, le 4 janvier 2021
8Le 4 octobre 2000, une convention entre l’UA et l’association scelle les noces de la collecte et de la valorisation par des militantes et chercheuses et de la conservation par des professionnelles des bibliothèques.
9Le baptême du Centre des archives du féminisme a lieu au printemps 2001, le 18 avril, en présence des héritiers de Cécile Brunschvicg, Marianne et Marc-Olivier Baruch : pour marquer l’événement se tient le vernissage de l’exposition « Visages du féminisme réformiste », largement basée sur des images issues du fonds Brunschvicg et la première journée d’études Archives et histoire du féminisme sous la présidence de Michelle Perrot, qui sera suivie de bien d’autres.
AF1 à AF5 : les premiers fonds
10Le fonds Cécile Brunschvicg reçoit la cote AF1 et rejoint, dans la réserve de la bibliothèque universitaire Belle-Beille, quelques fonds littéraires collectés par Jean-Claude Brouillard.
11Il est suivi dès la fin de l’année 2000 par le dépôt du fonds du Conseil national des femmes françaises, dont Cécile Brunschvicg était membre, qui reçoit la cote AF2 puis par le fonds Laure Beddoukh, écrivaine féministe fondatrice du groupe marseillais de l'Union française pour le suffrage des femmes.
12S’ajoutent en juillet 2001 les papiers personnels d’Yvette Roudy, ministre du Droit des femmes de 1981 à 1986, qui reçoivent la cote 5 AF, puis les archives de l’association No pasaran !
13La diversité des collectes des fonds se voit déjà dans ces premiers dons : grâce à la vigilance et au considérable travail de sensibilisation fait par l’association Archives du féminisme, les dons d’archives personnelles et/ou associatives, parfois indéfectiblement liées, vont se succéder au rythme de 2 à 4 par an depuis 2001.
14Point commun de tous ces dons, surtout les premières années : la sous-estimation par les donatrices de l’intérêt de leurs archives, et un travail de longue haleine pour les empêcher de jeter, de trier avant de donner afin de pouvoir collecter et documenter, de leur vivant, les traces intactes de leurs activités.
Grandir
Séparer les sœurs siamoises
15Quel qu’ait été le volontarisme de Jean-Claude Brouillard, la BU d’Angers (BUA) est un établissement récent, doté de moyens restreints et de grandes ambitions. En 2003, la BUA doit faire fonctionner trois BU et une collection patrimoniale en cours de constitution avec, en tout et pour tout, trois conservateurs, une douzaine de bibliothécaires adjoints spécialisés (BAS), et une vingtaine de magasiniers. Lorsqu’arrive le jeune Olivier Tacheau, âgé de 32 ans en octobre 2003, il trouve la bibliothèque du fond des bois embolisée par des collectes et achats en tout genre et un service patrimonial où trois agents travaillent autant pour l’association Archives du féminisme que pour la BUA : le site web de l’association est administré par le personnel de la bibliothèque, les inventaires y sont diffusés de manière exclusive, l’articulation entre dons à l’association ou à l’université, dépôts et/ou dons, et le circuit d’enregistrement et de fiabilisation des entrées est encore approximatif.
16Non sans tensions tant au sein de la BUA où cela bouscule des rôles bien établis, qu’en lien avec l’association Archives du féminisme, il entreprend de séparer les sœurs siamoises et de clarifier les rôles de chacune.
Les petites mains
17Depuis le début et jusqu’à aujourd’hui, le traitement des fonds du CAF est du ressort quasi exclusif d’étudiants et étudiantes en master d’histoire, mention archives, dans le cadre d’un diplôme créé en 1995 par Patrice Marcilloux et Bénédicte Grailles. L’absence d’archiviste professionnel retarde l’adoption de la norme ISAD(G) dans l’élaboration des inventaires, et complique l’encadrement des étudiants accueillis par le CAF, d’autant que les fonds sont souvent un mélange assez compliqué de papiers personnels, d’archives associatives et de documentation (coupures de presse, livres, dossiers documentaires).
18En 2007, Valérie Neveu, l’archiviste-paléographe qui s’occupait jusqu’alors des fonds spécialisés est recrutée comme maîtresse de conférence à l’université. Suite à plusieurs repyramidages, le service commun de la documentation (SCD) compte alors quatre conservateurs et deux bibliothécaires : c’est à l’une d’entre elles, France Chabod, qu’est confiée la conduite du CAF depuis 2007, avec une feuille de route veillant à consolider la collaboration avec l’association, tout en maintenant au quotidien les limites de compétences. La coconstruction se fait dans le cadre d’un comité de pilotage biannuel réunissant la BUA et l’association Archives du féminisme, les responsables du Master Archives, la directrice des Archives départementales, une représentante des Archives nationales et des représentants de la bibliothèque de documentation internationale contemporaine (BDIC)4 et de la bibliothèque Marguerite Durand. Tous les dons, qu’ils soient issus d’archives personnelles ou associatives, font l’objet d’un examen collégial pour décider du lieu et des modalités de conservation les plus appropriés.
Du serveur maison à Calames
19Le chemin de la professionnalisation du traitement est pavé d’outils : passage des inventaires en ISAD(G) en 2008, en EAD pour leur rétroconversion dans Calames en 2009, réalisation d’un état général des fonds régulièrement tenu à jour en 2015 : chacune de ces étapes est l’occasion pour le CAF d’une montée en compétences techniques et d’une sécurisation de la structuration et de la diffusion des inventaires, que seule une institution publique peut porter dans la durée.
J’ai 10 ans : les premières actions de valorisation
20En 2010, pour les 10 ans du CAF, commence à se déployer une politique, plus opportuniste que délibérée, de valorisation par le biais d’expositions et d’actions impulsées par l’équipe d’enseignantes-chercheuses de plus en plus nombreuses à voir l’opportunité de fonds largement inexplorés à la porte de leur bureau.
Expositions, « mumérithon », colloques, ateliers Wikipédia féministes
21Voici quelques exemples de ces opérations, qui font la part belle à l’alliance exposition in situ dans la BUA / colloque à l’université.
22La première de ces opérations s’intitulait Quand le CAF sort de sa réserve5 : c’est une exposition classique d’affiches et d’objets, où la BU Belle-Beille s’est habillée pour l’occasion de slogans féministes ponctuant la montée des marches vers la Galerie haute. Nos murs, pendant plusieurs années, ont proclamé qu’une femme sans homme était comme un poisson sans bicyclette et demandé aux passant.es « prolétaires de tous les pays, qui lave vos chaussettes » ?
Figure 2. Sois beau et tais-toi, sur les murs de la BU Belle-Beille

Source : Nathalie Clot.
23Suite à un travail de sensibilisation de plusieurs années effectuées par France Chabod, grande admiratrice de Benoîte Groult, l’écrivaine a accepté de donner ses archives au CAF. L’arrivée des manuscrits d’une écrivaine connue du grand public a été un coup de projecteur et a donné lieu à un colloque et une exposition, qui ont fait naître à leur tour de nombreuses idées. Cécile Meynard, une chercheuse qui s’intéresse aux transcriptions collaboratives, a monté avec ses étudiant.es deux opérations de science participative : un « numérithon » où une cinquantaine d’étudiant.es et de volontaires du grand public a numérisé en haute définition des conférences inédites de l’écrivaine suivies d’une opération de « transcripthon », une transcription collaborative en ligne de la numérisation ainsi effectuée.
24À l’occasion de la parution du Dictionnaire des féministes coordonné par Christine Bard, et pour répondre à son cri du cœur « Pillez-moi ! », la BUA, avec l’aide d’une wikipédienne nantaise a organisé deux années de suite des ateliers Wikipédia féministes6, visant à enrichir l’encyclopédie collaborative de notices sur toutes les femmes à l’aide de la documentation francophone très riche rassemblée à l’UA.
25Depuis 2017, le CAF, qui était aux premières loges des initiatives parfois concurrentes au sein de l’université à l’occasion du 8 mars, a concouru à la structuration d’un événement d’envergure unique en mars, le « Mois du genre » qui permet de fédérer les initiatives et d’harmoniser un agenda commun et de faire entrer les actions des unes et des autres en résonance plutôt qu’en concurrence.
Encadré 2. Le Centre des archives du féminisme : fiche signalétique
Nombre de fonds au 1er janvier 2021 : 24 fonds personnels, 30 fonds associatifs ;
Équivalent temps plein : 1 conservatrice, 1 BIBAS + étudiantes et étudiants de Master ;
Entrées par an : 3 à 4 dépôts par an, 3 à 4 fonds traités en différé de 12 à 24 mois ;
Fonds emblématiques : Cécile Brunschvicg, Benoîte Groult, Planning familial ;
Calames : Centre des archives du féminisme : < http://www.calames.abes.fr/pub/#details?id=FileId-1155 > ;
BUA Angers : < http://bu.univ-angers.fr/zone/Patrimoine/centre-des-archives-du-feminisme >.
Devenir
26La thématique du féminisme n’a cessé, au cours des années 2010, de prendre de l’ampleur et de la visibilité, notamment aux yeux d’institutions, qui deux décennies plus tôt, au moment de recueillir le fonds Cécile Brunschvicg, faisaient montre de moins de zèle : le don des archives de la Fédération nationale du Planning familial a ainsi fait l’objet d’une certaine concurrence entre les Archives nationales et le CAF, qui par son engagement militant de longue date, a su convaincre de l’intérêt de lui voir rejoindre une collection où se trouvait déjà ceux du Mouvement de libération de l’avortement clandestin (MLAC), du Dr Pierre Simon, de Simone Képès ou du groupe Information santé, tous piliers de la libération du droit des femmes à l’interruption volontaire de grossesse (IVG).
Labellisation collection d’excellence
27La BUA, depuis la création du CAF, avait autoproclamé son intérêt pour les études de genre, appuyée sur un groupe de chercheuses qui s’est progressivement structuré.
28Depuis 2000, une politique d’acquisition systématique de toutes les parutions francophones en matière de féminisme et d’histoire des femmes a été menée avec un repérage dans le catalogue sous une cote dédiée permettant de les conserver sine die.
29Forte de ses collections d’archives et de ces achats ciblés depuis 17 ans, la BU d’Angers a déposé lors de la mise en place des collections d’excellence en 2017 un dossier de labellisation et a fait partie de la première vague de collections de BU labellisées Collex. Dans un premier temps, cela n’a pas apporté de moyens particuliers au-delà de la reconnaissance de notre particularité, mais nous restons attentif.ves aux différents appels à projet.
La perséide FemEnRev : Féminisme en Revue
30Le passage à la vitesse supérieure s’est fait à l’occasion du colloque international sur le genre fin août 2019 : Magali Guaresi, une jeune chercheuse qui avait mené à bien un projet de Perséide autour de la revue Sorcières s’est tournée vers le CAF pour répondre à un appel à projet Collex de numérisation : le projet FemEnRev (se prononce Femmes En Rêvent), pour Féminisme en Revues, déposé début 2020, a été lancé en septembre 2020 et va permettre la numérisation de 16 revues militantes féministes contemporaines, grâce à un considérable travail de collecte d’autorisation des ayants droit. À leur tour, ces sources vivantes vont permettre un projet de recherche et de collecte sur leurs conditions de production et l’enrichissement, tant par leur iconographie originale que comme sources textuelles de travaux de recherche comme Wikipédia.
Et elles vécurent heureuses et eurent beaucoup de fonds…
31Bien des choses restent en devenir dans notre conte du CAF, qui est bien loin d’être fini : désormais robuste jeune pousse bien plantée, elle aura à répondre à de nombreux défis. Celui de l’extension de la capacité de stockage sécurisé de la bibliothèque Belle-Beille, celui des dépôts nativement numériques, dont les propositions se font de plus en plus nombreuses, comme celui de la valorisation pérenne dans les murs, pour donner à voir en permanence, au cœur des espaces, ce matrimoine vivant. »
Notes de bas de page
1 Gilles DÉSIRÉ DIT GOSSET (dir.), Isabelle CHAVE, Sophie CŒURÉ, Yann POTIN, Une expérience du chaos : destructions, spoliations et sauvetages d’archives (1789-1945), Rennes, Presses universitaires de Rennes ; Paris, Archives nationales, 2017.
2 Voir la contribution d’Annie METZ : « Une bibliothèque consacrée à l’histoire du féminisme et au genre avant l’heure : la bibliothèque Marguerite Durand », p. XX.
3 < https://www.archivesdufeminisme.fr/ >.
4 En 2018, la BDIC est devenue La contemporaine. Bibliothèque, archives, musée des mondes contemporains.
5 Album Flickr, Quand le CAF sort de sa réserve, mai 2010 : < https://www.flickr.com/photos/47011911@N05/albums/72157626107014305/with/5512996444/ >.
6 Voir la contribution de Carole RENARD : « Archiwiki matrimoine ! aux Archives départementales de l’Hérault. Des ateliers consacrés aux femmes et au féminisme sur Wikipédia », p. XX.
Auteur
-
Nathalie Clot
Directrice, Bibliothèques et archives de l’université d’Angers
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