Un réseau d’acteurs culturels en peer to peer
p. 82-90
Texte intégral
1Nous sommes en 1969. Bien loin encore de la création numérique, une bande de copains se réunit régulièrement dans un hangar de stockage pour échanger des idées, écouter de la musique, jouer au ping-pong… Avec la complicité des élus locaux de l'époque, ils fondent dans les valeurs de l'éducation populaire l'association nommée aujourd'hui « Espace Jean-Roger Caussimon »1.
2Persuadé que l’acte collectif valorise le mieux le geste personnel et que le véritable enrichissement se construit en allant vers les autres pour les découvrir, mieux les connaître, et finalement créer, construire et avancer ensemble, l'Espace Jean-Roger Caussimon continuera d'ancrer la pratique amateur et l'échange de savoirs au sein de ses propositions. La réflexion sur l'engagement citoyen menée avec la ville de Tremblay-en-France perdurera également. Tout en conservant ses principes fondamentaux, la structure évoluera sans cesse avec son temps, s'adaptant à la physionomie de son territoire.
Pourquoi l’art et les technologies créatives ?
3C'est dans une exigence de complémentarité territoriale que les bénévoles et les permanents de l'association soulignent, dans les années 2000, l'absence locale de lieu de diffusion et d'accompagnement artistique et culturel de l'art contemporain et des technologies créatives. Comment, dès lors, permettre cet accès ? Comment agir en complémentarité avec l'existant ?
4Deux entrées sont ciblées pour développer ces nouvelles pratiques :
- la pluridisciplinarité présente au sein de l'association, et la transversalité offerte par les outils numériques ;
- la présence et la rencontre avec une œuvre et/ou un artiste pour favoriser la créativité et le renforcement du côtoiement et de l'entraide.
Plusieurs niveaux d’actions
5Progressivement, toute une série d’actions a été programmée donnant corps à la démarche empirique menée par l'Espace Jean-Roger Caussimon.
6L’offre permettait un investissement à court, moyen et plus long terme. Soit des visites-ateliers, lors des expositions, des résidences d’artistes, pour inclure les publics dans des processus créatifs, et plus largement, l’ouverture d’espaces d’échanges de savoirs entre artistes, chercheurs, amateurs et curieux.
Des résidences d’artistes
7Prenons pour exemple un projet conduit en 2013, au sein de l’association, lors de l'accueil en résidence de recherche du Graffiti Research Lab2 (fr). Ce collectif d’artistes et de technophiles a pour vocation l’élaboration d’outils de création innovants afin de redessiner l’espace urbain. Leur résidence a permis à des publics diversifiés de découvrir leur travail à travers une exposition et un espace de création ouvert, de se questionner sur l’obsolescence des médias, le détournement technologique, les expressions artistiques urbaines. Certains se sont alors inscrits dans un atelier de fabrication de bombes de lumière3 et d’autres au sein d’un stage croisant hip-hop et light painting. Ce stage a conduit artistes, chercheurs et danseurs amateurs en présence à imaginer ensemble une interface de graffitis réalisés en temps réel intégrée à l’espace chorégraphique, point de départ à un projet de création collectif. Enfin, à l’occasion de la présentation publique de cette création, s’est opérée la rencontre improbable du hip-hop et de la percussion africaine, engendrant de nouveaux désirs. Un deuxième temps de création en compagnie d’artistes et de chercheurs a alors vu le jour, permettant d’allier percussions augmentées fabriquées par les participants, graffitis en temps réel et hip-hop, le tout présenté au sein de l'Équipement jeunesse de la ville.
8Dans la continuité de ces actions, des résidences de création, associées à des temps de rencontre avec des artistes ou des chercheurs et des présentations publiques d'une ou plusieurs œuvres réalisées, engendrent naturellement de nouvelles propositions et de nouveaux partenariats. Chaque résidence se développe en fonction du projet de l'artiste, selon une mise en œuvre distincte car, là aussi, la contextualisation est de mise.
9Parmi les artistes accueillis jusqu'ici, Cécile Babiole retiendra notre attention. Associant arts visuels et sonores au sein d'installations et de performances, son travail questionne les technologies et tente d’en transposer, de façon détournée, les usages dans le champ de la création. D'octobre 2014 à décembre 2017, elle développe au sein de l'association, de l'ENSBA, de Goldsmiths University de Londres et de Labomedia d'Orléans, deux créations : Copies non conformes et Leçon de vocabulaire.
10Afin de sensibiliser les publics à sa démarche artistique, un temps d'exposition est envisagé pour présenter la première version de l'œuvre Copies non conformes. Ici, 17 caractères typographiques forment les mots : JE NE DOIS PAS COPIER. Chaque signe est modélisé et imprimé en 3D, puis l’objet imprimé est numérisé grâce à un scanner 3D. Ce nouveau modèle est réimprimé, et ainsi de suite, un certain nombre de fois en boucle. Chaque génération accentue la dérive des formes jusqu’à ce que les derniers objets reproduits soient méconnaissables. La relation à l'écriture dans cette œuvre fait naître le désir de travailler en collaboration avec la médiathèque Boris-Vian de Tremblay-en-France. Quelle forme donner à cette collaboration ? Dans quel contexte la développer ?
11À ce stade, rien n'est encore déterminé si ce n'est une volonté commune de mise en relation et en partage de l'art et de la culture avec les habitants. Différents temps d'échange sont alors proposés entre les deux structures afin de mieux expliciter leurs enjeux respectifs et leurs programmations.
12L'objectif ? Agir, là aussi, en complémentarité. La médiathèque organisant un événement autour de La Lettre, le lien de contenu est trouvé. L'œuvre de Cécile Babiole complétera le panel d'actions proposées à cette occasion par l'équipement. Toutefois, afin que l’œuvre Copies non conformes fasse partie intégrante du projet global, il est essentiel que les bibliothécaires s'approprient en amont la proposition et la démarche de l'artiste. Un dossier pédagogique est ainsi mis à disposition sur place et en ligne4.
13Mais une étape essentielle est omise : la rencontre entre l'artiste et les bibliothécaires, les médiateurs. Cet oubli conduit à un semi-échec de la proposition car l'œuvre est alors simplement rendue visible dans les murs de la médiathèque, sans que le personnel sur place puisse véritablement lui donner chair, limitant de ce fait sa compréhension par les visiteurs.
14La conception et la réception de l'œuvre Leçon de vocabulaire auprès des publics ne suivront pas le même chemin. Impliquant déjà dans son propre processus créatif la participation de jeunes Tremblaysiens, un partenariat est développé avec l'association Jeunesse tremblaysienne. Partant de l’argot des adolescents d’aujourd’hui, Cécile Babiole effectue une quinzaine d'interviews d'adolescents âgés de 13 à 17 ans. Le montage sonore réalisé ensuite par l'artiste met au centre de l'œuvre la dimension identitaire et cryptique d’exclusion des « autres », ceux qui parlent le français standard, c’est-à-dire la langue des adultes, de l’école et du pouvoir. Cette œuvre, soutenue par la Délégation générale à la langue française et aux langues de France (DGLFLF), sera présentée publiquement par les adolescents eux-mêmes à l'occasion de l'exposition de sortie de résidence5. D'autres œuvres seront également exposées afin de ponctuer ce temps de résidence, tout comme des rencontres-débats avec l'artiste viendront compléter les propositions et l'accès des publics à son travail et à sa démarche artistique. Enfin, pour clore cet exemple, le catalogue Babillage6, édité pour l'occasion, rejoindra les rayonnages de la médiathèque.
Un réseau d'acteurs
15Afin d'élargir le champ des actions partenariales, l’association L’Odéon-Scène JRC pilote, depuis 2014, la semaine de rencontres et d'échanges Photophore. Construit en collaboration avec d'autres structures culturelles locales, l’événement implique des lieux d'accès à l'art et à la culture aux expressions aussi diverses que le théâtre, la danse, le cinéma, la littérature, la musique ou l'art contemporain. Le numérique est envisagé, là aussi, en transversalité à toutes ces pratiques. Toutefois, chaque partenaire doit pouvoir trouver une valeur ajoutée à sa participation, que ce soit dans la manière d'élaborer les propositions, dans leur contenu ou dans la rencontre avec les publics.
16Pour l'association, la construction d'un projet s'élabore avant tout avec des objectifs communs, des points de convergence, où chacun doit pouvoir trouver des espaces de liberté afin de donner corps aux actions d'éducation artistique et culturelle (EAC).
Focus
L'outil numérique seul ne peut être ni une base ni une fin en soi pour l'élaboration d'une quelconque action.
C'est dans cette optique qu'un axe de réflexion commun, Communautés et identités, Entre déterminisme et pouvoir d'agir, Transmission…, est proposé comme fil conducteur pour cette « semaine », chaque saison, à tous les partenaires envisagés. Chacun peut ainsi injecter des idées, des envies, des contenus. Chaque structure partenaire ayant sa particularité et rien ne devant être considéré comme acquis d'une saison à l'autre, ces collaborations sont également réinterrogées mutuellement lors de l'élaboration de l'édition suivante.
Cinq institutions culturelles, cinq partenariats
17Le partenariat avec la médiathèque Boris-Vian, dans un premier temps fluctuant, se développera à partir de 2018 avec la mise à disposition pour leurs publics de ressources pédagogiques élaborées par l'association. Leur exploration et leur valorisation sont accompagnées par le médiateur numérique de l'équipement.
18Le partenariat avec le Théâtre Louis-Aragon de Tremblay-en-France, scène conventionnée pour la danse, s'est lui aussi transformé d'année en année. Aujourd'hui, ce partenariat a trouvé une stabilité permettant au théâtre une véritable appropriation du propos par son équipe et, par extension, par les publics, à travers la programmation d'un spectacle de danse ou d'une exposition, et des actions de médiation associées.
Focus
La circulation des publics dans les différents lieux culturels de la ville est alors devenue l’enjeu central de la collaboration.
19Avec le cinéma tremblaysien Jacques-Tati, c'est sous la forme d'une exposition présentant une œuvre réalisée avec les habitants par un artiste accueilli en résidence à l'Espace Jean-Roger Caussimon que le partenariat s'est concrétisé. Les vidéographies aléatoires, Endless Portraits, de Nicolas Clauss en sont une belle illustration. En effet, Nicolas Clauss avait proposé aux habitants du Vert-Galant – quartier d'implantation du cinéma et de l'association – de participer à une série de portraits en mouvement. Présentés au cinéma sur trois grands moniteurs verticaux, ces portraits d’un nouveau genre exploraient la dilatation du temps vidéographique.
20Pour ce qui est de L'Odéon-Conservatoire associé à une structure de diffusion musicale, les débuts du partenariat prirent la forme de l’accueil de la soirée d'ouverture et de ses performances VJing7 pour s'orienter peu à peu vers l'exposition d'œuvres d'art contemporaines. Aujourd’hui, ce partenariat est à repenser et reconstruire en raison de la modification de l'équipe. En effet, et nous reviendrons sur ce point un peu plus loin, il est important de souligner que les collaborations et partenariats tiennent souvent à l'énergie et l'implication des principaux interlocuteurs, à l’échelle individuelle.
21Ce fut d'ailleurs l'une des raisons qui mit fin au partenariat institué avec la médiathèque de Villepinte, ville à l'époque inscrite dans la même communauté d'agglomération que l'Espace Jean-Roger Caussimon. Le travail conjoint avec la responsable du pôle numérique avait permis de développer un partenariat associant la diffusion d'œuvres d'art contemporain et de technologies créatives, la mise en place d'ateliers de découverte et la création collective en compagnie d'artistes. Son départ mit fin à cette fructueuse collaboration, la ville de Villepinte ne souhaitant plus, à ce moment-là, intégrer le numérique au sein des actions de l'équipement.
Une politique culturelle forte : les parcours d’éducation artistique et culturelle (PEAC)
22Ce dernier exemple montre bien que rien ne peut exister à cette échelle sans une politique culturelle municipale forte et la volonté des acteurs locaux d'agir avec un objectif commun car il s'agit bien, avant tout, de placer les publics au centre de toutes les actions, comme partie prenante de celles-ci.
23Voir cet extrait des « orientations de la politique culturelle de Tremblay-en-France », en 2015 :
Aujourd’hui plus que jamais, il est impossible d’être certain des réponses à apporter et des recettes à appliquer. Mais la Ville de Tremblay porte la conviction que l’art, la culture, le partage de ces biens immatériels et universels participent d’une ouverture à l’autre, d’une rencontre curieuse et enrichissante avec l’ailleurs, l’autrement. Pour que cette rencontre advienne, il faut en permanence réaffirmer la présence artistique et culturelle sur les territoires les plus isolés, réinterroger les modes de relation avec les habitants et les publics, soutenir l’attention aux initiatives plus marginales, favoriser la coopération, le décloisonnement, la mise en réseau…
24Un exemple parlant de la mise en réseau générée par la ville est celui des PEAC développés au bénéfice des élèves tremblaysiens en écoles maternelle et élémentaire et pilotés par la Direction des affaires culturelles et de l'éducation populaire.
25C'est d'ailleurs dans le cadre d'une réunion de préparation des PEAC 2018-2019, et alors que L'Odéon-Scène JRC présente sa programmation musicale jeune public, que la musicienne intervenante (ou dumiste)8 du conservatoire et la chargée des publics scolaires de l'Espace Jean-Roger Caussimon laissent aller leur imaginaire autour du conte cosmique visuel et sonore prévu en novembre, Symphonie d’une nuit sans étoile de Grégoire Jean-Baptiste – le récit d’un voyage stellaire énigmatique et périlleux, dans lequel une jeune scientifique, Stella, a pour mission de comprendre la nature physique de la matière noire. Ce spectacle pluridisciplinaire inclut également la rencontre avec un astrophysicien. Des réunions de travail ont eu lieu afin de concrétiser un parcours autour de ce spectacle et de cette rencontre. Le projet croisé Dans les cieux, avec ou sans étoile voit le jour, associant l'Odéon-Scène JRC, l'Odéon-Conservatoire et l'Espace Jean-Roger Caussimon.
- Le point de départ de cette réflexion commune : un projet qui conduira les élèves sur des territoires artistiques diversifiés où toutes les expériences de spectateur viendront nourrir un travail de pratique et d’expérimentation.
- La finalité du projet : amener les enfants et leurs enseignants à inventer et réaliser un dispositif interactif collaboratif qui fera vivre les créations musicales et visuelles des élèves.
- La mise en commun : les compétences spécifiques de chacun. Denis Guivarc’h, musicien et programmateur du spectacle, et Marie Marais, dumiste du conservatoire, accompagneront la partie sonore tandis qu'Édouard Sufrin, artiste contemporain investi au sein de l'espace d'échange de savoirs dédié aux technologies créatives de l'Espace Jean-Roger Caussimon, accompagnera la partie visuelle et la création du dispositif.
26Cette proposition rejoindra la plaquette École et actions artistiques éditée par la ville et aujourd'hui transmise aux enseignants lors d'une demi-journée de présentation collective, élaborée en collaboration étroite avec l'Éducation nationale.
Un engagement de confiance
27Comme nous l’avons explicité précédemment, la mise en commun des compétences spécifiques inhérentes au champ artistique et culturel de chaque structure est un élément essentiel au développement des collaborations. Il est nécessaire de faire confiance au professionnalisme de chacun, à ses exigences qualitatives et à sa connaissance des publics. Dès lors, un projet dit « clé en main » n'a pas sa place, les fameuses questions « Pour qui ? Pourquoi ? Comment ? » devant sans cesse être reposées.
28Le degré d'implication et d'écoute des principaux interlocuteurs est primordial pour permettre à chaque participant de s'approprier le projet, de le moduler et de le transmettre à son tour.
29Ce mode opératoire suppose un cadre réglementaire ouvert, où le lien de confiance prévaut sur la contractualisation. Ainsi, autant l'association dispose d'une convention d'objectifs avec la ville de Tremblay-en-France, autant ses collaborations avec les partenaires locaux se concrétisent-elles souvent par un engagement mutuel informel. Ce fonctionnement n'est cependant pas sans écueils. Il suffit parfois d'un changement de personne au sein d'une équipe de travail, d'une orientation politique divergente, d'une diminution de moyens financiers pour que la collaboration engagée revienne à un stade antérieur voire disparaisse. Toutefois, cette mise en partage de l'art et de la culture peut-elle être aussi porteuse pour les publics et les équipes de professionnels et de bénévoles si elle s'inscrit prioritairement dans une volonté contractuelle au détriment du temps nécessaire à l'implication de tous et à l'appropriation par chacun ?
30En 2015, l'Espace Jean-Roger Caussimon accueille en résidence de création le collectif One Life Remains. Ce collectif est constitué d’artistes dédiés à la création de jeux expérimentaux dont le travail consiste à interroger les propriétés des dispositifs vidéoludiques, que ce soit en élaborant des jeux conçus pour durer 250 ans, des manettes de trois mètres de long ou encore des performances pour un public de non-joueurs. Avec le soutien d'ARCADI, plateforme de coopération culturelle d'Île-de-France, un projet collaboratif en compagnie du collectif est développé avec le Centre de la Gabrielle et la Mutualité française publique action santé sociale (MFPass) de Claye-Souilly. Ce projet fait suite à deux années d'implication non contractuelle de l'association dans des actions de sensibilisation auprès des adultes en situation de handicap mental de l'établissement. La confiance instaurée alors entre les deux structures en permet la concrétisation. Impliquant directement plusieurs acteurs, ce projet fait, quant à lui, l'objet d'une convention quadripartite où les rôles de chaque partenaire – artistes, financeur, structure culturelle et structure social – sont clairement explicités. Parallèlement, une exposition des travaux du collectif est organisée au sein de l'association et de la médiathèque de Villepinte. Accompagnée de rencontres de sensibilisation permettant aux habitants d'expérimenter les œuvres et d'une rencontre avec les artistes, cette action, basée sur un simple accord oral entre l'association et la médiathèque, permettra la circulation des publics des trois lieux impliqués.
Une ouverture à l'altérité
31L'Espace Jean-Roger Caussimon est convaincu de l’importance de la liberté accordée à chacun de participer, d'essayer, de construire et de déconstruire afin de mieux partager et agir. Pour ce faire, la présence régulière de l'art et de la culture, sous toutes ses formes, et les actions d'EAC pluridisciplinaires sur un territoire sont des facteurs déterminants à la mise en perspective de ce partage. Diffusions artistiques, rencontres avec les artistes, actions de sensibilisation, ateliers de pratiques en amateur, projets de création collectifs… sont autant d'outils qui ouvrent à une appropriation artistique et culturelle évolutive de l'art contemporain et des technologies créatives sur le long terme, une appropriation envisagée au sens d’un comportement social.
Pour moi, l’art est un moyen d’émancipation ainsi qu’un socle d’échange social. C’est pour cela qu’il me semble essentiel de créer des terrains d’échanges, de partage d’idées, de savoir-faire, grâce aux pratiques artistiques. C’est pour cette même raison que dans chacun de mes projets je partage les références documentaires et littéraires qui m’ont permis de faire avancer une manière de comprendre mon environnement et d’interagir avec lui et ceux qui l’habitent. [Sonia Saroya, artiste accueillie en 2019-2020 en résidence de création.]
32Ce processus de travail prend corps dans les interconnexions humaines, artistiques, culturelles et techniques car l'enjeu est bien d'étendre, de déployer, d'explorer des possibilités, et ainsi de donner matière à penser et agir. Ainsi, comme l’exprime un bénévole de l'Espace Jean-Roger Caussimon :
Petit à petit, je me suis approprié ce qui était proposé. Et aujourd’hui, je perçois mieux l'art numérique car je rencontre aussi les artistes en résidence et je découvre ce qui les anime. Ils me permettent de rentrer dans leur processus de création, d’aller plus loin que la découverte de l’œuvre exposée, et ils m'ouvrent à d'autres horizons.
Notes de bas de page
1 < http://mjccaussimon.fr >.
2 < https://graffitiresearchlab.fr >.
3 Les bombes de peinture pour graffeurs sont vidées et nettoyées afin d’intégrer un dispositif à led et transformées en bombes de lumière.
4 Voir la présentation « L’art interactif » par Jocelyne Quélo. [En ligne] < https://prezi.com/8eha0vpa5w44/lart-interactif/ >.
5 Voir Claire Castan et Hélène Glaizes (dir.), Organiser des résidences artistiques et littéraires en bibliothèque, Villeurbanne, Presses de l’Enssib, 2019 (coll. La Boîte à outils ; 45).
6 Cécile Babiole, Babillage, Tremblay-en-France, Éd. Espace Jean-Roger Caussimon ; Association les Ondes, 2018.
7 Performance audiovisuelle ou VJing, performance visuelle en temps réel.
8 Musicien intervenant en milieu scolaire.
Auteur
-
Jocelyne Quélo
Directrice de l’Espace Jean-Roger Caussimon (Tremblay-en-France)
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