• Contenu principal
  • Menu
OpenEdition Books
  • Accueil
  • Catalogue de 16595 livres
  • Éditeurs
  • Auteurs
  • Facebook
  • X
  • Partager
    • Facebook

    • X

    • Accueil
    • Catalogue de 16595 livres
    • Éditeurs
    • Auteurs
  • Ressources numériques en sciences humaines et sociales

    • OpenEdition
  • Nos plateformes

    • OpenEdition Books
    • OpenEdition Journals
    • Hypothèses
    • Calenda
  • Bibliothèques

    • OpenEdition Freemium
  • Suivez-nous

  • Lettre d’information
OpenEdition Search

Redirection vers OpenEdition Search.

À quel endroit ?
  • Maison des Sciences de l’Homme d’Aquitai...
  • ›
  • Multilinguisme et langues minoritaires
  • ›
  • Identifier et catégoriser les langues mi...
  • ›
  • Catégorisation des langues minoritaires ...
  • ›
  • L'exemple germanique entre héritage et e...
  • ›
  • Les notions désignant les langues minori...
  • Maison des Sciences de l’Homme d’Aquitai...
  • Maison des Sciences de l’Homme d’Aquitaine
    Maison des Sciences de l’Homme d’Aquitaine
    Informations sur la couverture
    Table des matières
    Liens vers le livre
    Informations sur la couverture
    Table des matières
    Formats de lecture

    Plan

    Plan détaillé Texte intégral La situation linguistique en AutricheLe cadre de la politique linguistique autrichienneQuelques remarques sur les exonymes employés dans le discours politique Bibliographie Notes de bas de page Auteur

    Identifier et catégoriser les langues minoritaires en Europe

    Ce livre est recensé par

    Précédent Suivant
    Table des matières

    Les notions désignant les langues minoritaires autochtones en Autriche (Volksgruppensprache, Minderheitensprache,…) : approche sociolinguistique

    Notions used for Indegenous Minority Languages in Austria (Volksgruppensprache, Minderheitensprache,…) : Sociolinguistic Approach

    Rudolf de Cillia

    p. 291-307

    Résumés

    Cette contribution porte sur les minorités linguistiques autochtones et les notions désignant les langues minoritaires en général en Autriche. Tout d’abord, afin de connaître le contexte linguistique et politique, la situation linguistique en Autriche est présentée avec les statistiques concernant les langues minoritaires sont présentées ainsi que le cadre de la politique linguistique autrichienne, notamment les dispositions constitutionnelles et législatives concernant la langue d’État, l’allemand, et les langues minoritaires. Par la suite, sont abordées les questions concernant la terminologie et les notions employées dans les différentes lois concernant les minorités, « Volksstämme » (nationalités), « Minderheit » (minorité) et « Volksgruppe » (groupe ethnique) – ce dernier terme étant pour ainsi dire une particularité autrichienne – et « Österreichische Gebärdensprache » (langue des signes autrichienne). Suit une discussion au sujet des ethnonymes et des notions désignant les langues minoritaires en Autriche en incluant le terme fortement contesté de « Windisch ». Quelques remarques sur des exonymes employés dans le langage habituel, souvent dans un sens péjoratif, clôturent cette étude.

    This text is about indigenous linguistic minorities and the different concepts used for minority languages in the context of Austria. First of all, a presentation of the linguistic and political context is given: the linguistic situation of Austria is presented with statistics concerning minority languages, and the Austrian language policy framework is set with details of the constitutional and legislative provisions regarding the state language, German, and minority languages. Then, questions are raised about the terminology and concepts used in several laws to talk about minorities: “Volksstämme” (nationalities), “Minderheit” (minority) and “Volksgruppe” (ethnic group) – the latter being specific to the Austrian context – and “Österreichische Gebärdensprache” (Austrian Sign Language). Follows a discussion about ethnonyms and concepts for minority languages in Austria, including the highly contested term “Windisch”. Some remarks on exonyms used in everyday language, often in a negative way, close this study.

    Texte intégral La situation linguistique en AutricheLe cadre de la politique linguistique autrichienneL’allemand, « langue d’État »Fondements constitutionnels de la politique linguistique des minorités autochtonesLes termes collectifs désignant les langues minoritaires autochtones Volksstämme (nationalités (tribus)) Minderheit (minorité) Volksgruppe (groupe ethnique) Gebärdensprache (langue des signes)Quelques remarques sur les exonymes employés dans le discours politique Bibliographie Références bibliographiques Notes de bas de page Auteur

    Texte intégral

    1Afin de pouvoir parler des notions désignant les langues minoritaires en Autriche, il convient d’abord de parler de la situation linguistique dans ce pays pour préciser de quels groupes on parle et quelles sont les langues dont il s’agit. Ensuite, je donnerai un aperçu des dispositions constitutionnelles et législatives concernant ces langues minoritaires. Par la suite, je parlerai de problèmes terminologiques et des notions employées dans les différentes lois concernant les minorités. Et enfin, je ferai quelques remarques sur des expressions employées dans le langage habituel, souvent dans un sens péjoratif. D’emblée, il faut dire qu’il y a deux notions employées parallèlement pour parler des langues en question : « Minderheit » (minorité) et « Volksgruppe » (groupe ethnique), le deuxième terme étant pour ainsi dire une particularité autrichienne. L’origine de ces deux termes sera expliquée ci-dessous.

    La situation linguistique en Autriche

    2Pour commencer, je dois citer quelques faits concernant la situation linguistique et la politique linguistique en Autriche en général. La très grande majorité des Autrichiens et Autrichiennes est germanophone, et l’allemand est, selon la Constitution, la langue nationale officielle, la « langue d’État » mais il existe néanmoins des langues minoritaires, et pour préciser :

    1. 6 minorités linguistiques autochtones officiellement reconnues par la Constitution : les Croates, les Slovènes, les Hongrois, les Tchèques, les Slovaques et les Roms,
    2. la minorité des sourds employant la langue des signes autrichienne et,
    3. les minorités allochtones immigrées en Autriche depuis les 30 à 40 dernières années.

    3Les résultats du recensement de 2001 (voir tableau 1) montrent qu’environ 7,1 millions, c’est-à-dire 88,6 % des gens habitants en Autriche parlent l’allemand en tant que langue courante, environ 348 629 (4,34 %) les langues de l’ancienne Yougoslavie (bosniaque, croate, macédonien, serbe), et environ 185 578 (2,31 %) les langues de Turquie (le turc, le kurde) et que seulement 1,49 % parle les langues minoritaires autochtones.

    4Si on considère les personnes de nationalité autrichienne, on a des chiffres nettement différents, ce qui montre que relativement peu d’immigrants possèdent la nationalité autrichienne ou bien, dans le cas contraire, se déclarent germanophones sans peut-être l’être vraiment. Tout cela tient à une politique de naturalisation relativement restrictive de l’Autriche (le fameux droit du sang !). Les minorités autochtones, parmi les citoyens autrichiens, ne représentent que 1,13 %.

    Tableau 1 - Population habitant l’Autriche et langues

    Langue courante

    Taux de population

    Autrichiens

    Total

    8 032 926

    7 322 000

    allemand

    7 115 780
    88,58 %

    6 991 388
    95,48 %

    Langues des minorités autochtones

    119 667
    1,49 %

    82 522
    1,13 %

    croate

    19 412

    19 374

    slovène

    24 855

    17 953

    « windisch »

    568

    567

    tchèque

    17 742

    11 035

    hongrois

    40 583

    25 884

    slovaque

    10 234

    3 343

    « romanès »

    6 273

    4 348

    Langues de l’ancienne Yougoslavie (bosniaque, croate, macédonien, serbe)

    348 629
    4,34 %

    41 944
    0,57 %

    Langues de Turquie (turque, kurde)

    185 578
    2,31 %

    61 167
    0,84 %

    Source : Statistik Austria, 2002.

    5Si l’on considère finalement l’évolution des minorités linguistiques autochtones en Autriche au XXe siècle (tableau 2), on remarque une régression spectaculaire de leurs locuteurs depuis 1945, et un développement tout à fait inverse pour le groupe des Ladins en Italie que je me permets de citer parce que l’Autriche figure comme puissance protectrice des minorités au Tyrol du Sud.

    Tableau 2 – Minorités autochtones, résultats du recensement de 1910-2001

    Image

    Source : Selon de Cillia, Wodak (2006 : 45).

    6Le slovaque et le romani n’ont d’ailleurs été officiellement reconnus comme langues minoritaires qu’après 1991, c’est la raison pour laquelle on ne dispose pas de chiffres pour la période précédente. Le nombre des personnes parlant croate à Vienne était de 2 456. La langue des signes autrichienne n’a été reconnue qu’en 2005 et il n’existe pas de chiffres concernant ce groupe. On estime qu’il y a entre 8 000 et 10 000 personnes utilisant la langue des signes autrichienne, la « Österreichische Gebärdensprache » (ÖGS) en Autriche1.

    7En plus, on doit souligner le fait que les recensements officiels ne donnent pas d’informations fiables sur l’importance effective d’un groupe minoritaire, et surtout pas dans les cas où il existe une grande pression assimilatrice de la part d’une population majoritaire sur un groupe minoritaire comme en Carinthie (Arbeitsgruppe 1989 : 60). Les chiffres réels devraient en réalité être supérieurs.

    Le cadre de la politique linguistique autrichienne

    8En Autriche, des règles de politiques linguistiques fixées par la loi concernent d’une part la langue d’État : l’allemand et, d’autre part, les minorités linguistiques autochtones.

    L’allemand, « langue d’État »

    9Selon l’article 8 de la loi constitutionnelle fédérale, l’allemand est la langue nationale officielle de la République autrichienne : « (1) Die deutsche Sprache ist, unbeschadet der den sprachlichen Minderheiten bundesgesetzlich eingeräumten Rechte, die Staatssprache der Republik2. »

    10Depuis le 1er août 2000, il existe un paragraphe supplémentaire à l’article 8 de cette Constitution, concernant la protection des minorités autochtones :

    (2) La république (l’État, les provinces, les communes) reconnaît sa diversité linguistique et culturelle, qui s’exprime dans les différents groupes ethniques autochtones. Il faut respecter, garantir et favoriser la langue, la culture, l’existence et la préservation de ces groupes ethnique3.

    11Le paragraphe 3 de l’article 8 de la Constitution reconnaît d’ailleurs depuis le 1er septembre 2005 la langue des signes autrichienne comme langue minoritaire : « La langue des signes autrichienne est reconnue comme langue autonome. Des détails seront précisés par la loi4. »

    12Concernant la « langue d’État », il importe de préciser que celle-ci est définie par la loi comme langue d’enseignement officielle dans les écoles autrichiennes, exception faite des réglementations pour les minorités autochtones5 que nous abordons en suivant.

    Fondements constitutionnels de la politique linguistique des minorités autochtones

    13Historiquement, la protection des minorités linguistiques est relativement récente. Les fondements intellectuels d’une protection étatique des minorités ont été élaborés surtout pendant la monarchie autrichienne (Haarmann 1993 : 110).

    14On trouve une première disposition légale concernant les minorités dans l’article 19 de la Constitution du 21 décembre 1867 (loi fondamentale de l’État/ Staatsgrundgesetz von 1867) à laquelle continue de se référer la Constitution actuelle :

    Toutes les nationalités (Volksstämme) habitant sur le territoire de l’État possèdent des droits égaux, et chaque nationalité a le droit inviolable de conserver et de cultiver sa nationalité et sa langue.

    15L’État reconnaît un droit égal pour toutes les langues en usage dans l’Empire à être employées pour l’instruction et les affaires publiques.

    Dans les pays où cohabitent plusieurs nationalités, les écoles publiques doivent être organisées de telle sorte que chaque nationalité ait les moyens nécessaires pour l’enseignement de sa propre langue, et que nul moyen coercitif ne soit employé pour l’enseignement d’une autre langue (loi fondamentale de l’État du 21 décembre 1867, article 19)6.

    16Le texte allemand utilise en fait le terme de « Volksstamm », historiquement connoté. Si de nos jours, on peut traduire « Volksstamm » par « nationalité » ou « groupe ethnique », une traduction proche du vocabulaire utilisé au XIXe siècle préférerait parler de « tribu », ou encore de « race », dans l’ancien sens du terme.

    17Les dispositions légales de la protection des minorités sont également définies dans le traité d’État de Saint-Germain de 1919 (articles 62 à 69) :

    Tous les ressortissants autrichiens seront égaux devant la loi et jouiront des mêmes droits civils et politiques sans distinction de race, de langue ou de religion.
    […]
    Il ne sera édicté aucune restriction contre le libre usage par tout ressortissant autrichien d’une langue quelconque, soit dans les relations privées ou de commerce, soit en matière de religion, de presse ou de publications de toute nature, soit dans les réunions publiques.
    Nonobstant l’établissement par le Gouvernement autrichien d’une langue officielle, des facilités appropriées seront données aux ressortissants autrichiens de langue autre que l’allemand, pour l’usage de leur langue, soit oralement, soit par écrit devant les tribunaux7 (traité d’État de Saint-Germain de 1919, article 66).

    18Les deux lois fondamentales – à part l’article 8 (2) de la loi constitutionnelle (voir ci-dessus) – sur la protection actuelle des minorités autrichiennes sont l’article 7 du « traité d’État de 1955 » et la loi sur les groupes ethniques de 1976. L’article 7 du traité d’État de 1955 détermine dans son paragraphe 1 que :

    Les ressortissants autrichiens appartenant aux minorités slovène et croate en Carinthie, au Burgenland et en Styrie jouissent comme tous les autres ressortissants autrichiens des mêmes droits que ceux-ci, y compris le droit d’avoir leurs propres organisations, de tenir leurs réunions et de posséder une presse dans leur propre langue8.

    19Le paragraphe 2 détermine « le droit à l’enseignement élémentaire en langue slovène ou croate et à un nombre proportionnel d’établissements propres d’enseignement secondaire9 » (collèges et lycées). Le paragraphe 3 fixe l’autorisation de la langue slovène et du croate en plus de l’allemand en tant que langue administrative sur le territoire plurilingue et la promesse d’inscriptions topographiques dans les deux langues sur le territoire. Le paragraphe 4 détermine la participation égale aux institutions culturelles, administratives et judiciaires. Et selon le paragraphe 5 enfin, « sera interdite l’activité des organisations qui ont pour but de priver les populations croate ou slovène de leur caractère et de leurs droits de minorité10. »

    20L’article 7 du traité d’État évite sciemment l’introduction de quotas concernant l’autorisation des droits des minorités. L’administration et la compétence juridique relatives à la population slovène, croate ou mixte sont définies comme un dispositif territorial de la Carinthie, du Burgenland et de la Styrie.

    21La loi sur les groupes ethniques de 1976 (Volksgruppengesetz, VGG), que le Gouvernement autrichien considère comme loi exécutive de l’article 7, introduit le principe de quotas (principe du nombre). Ce principe a été refusé par les représentants des minorités, qui le considèrent comme anticonstitutionnel. « Volksgruppe » (groupe ethnique) est d’après cette loi le terme officiel en Autriche pour les minorités linguistiques, notion définie dans le § 1 (2) : « (2) Aux termes de la loi fédérale, on appelle groupe ethnique tout groupe de ressortissants autrichiens domiciliés sur le territoire fédéral avec une langue maternelle autre que l’allemand et un caractère national propre11. »

    22Selon cette loi, les inscriptions topographiques dans les deux langues ne seront utilisées que dans les districts dans lesquels 25 % de la population appartiennent à la minorité, et, dans la réglementation linguistique administrative, seuls seront pris en compte les districts dans lesquels 20 % de la population appartiennent au groupe ethnique12. Et même dans ce cas, des fonctionnaires et des juges bilingues ne sont pas prévus, mais uniquement la mise à disposition d’un interprète ou d’une traduction sur demande.

    23À la suite de cela, la loi sur les groupes ethniques prévoit la mise en place de « conseils consultatifs de groupes ethniques » (Volksgruppenbeiräte), si on traduit littéralement. Ce sont des commissions de conseils pour chaque groupe ethnique, à partir desquelles les minorités hongroise et tchèque ont été explicitement mentionnées et par la suite officiellement reconnues. La bonne volonté des groupes ethniques à coopérer est la condition pour que chaque groupe ethnique puisse jouir d’un encouragement financier digne de ce nom de la part de l’État.

    24Une représentation politique propre aux minorités (par exemple au niveau du conseil régional ou national comme en Italie ou dans le Schleswig-Holstein) ou bien une représentation à la chambre des députés ou au Parlement n’est pas prévue par la loi en Autriche.

    25Plusieurs dispositifs légaux définissent la politique de la langue d’enseignement à l’école des langues minoritaires, concernant la minorité slovène en Carinthie et pour les minorités croate et hongroise dans le Burgenland. Il s’agit avant tout d’une loi spécifique, la loi sur l’enseignement des minorités de Carinthie et la loi sur l’enseignement des minorités du Burgenland. Pour les Viennois d’origine tchèque, ou hongroise, pour les Roms, il n’y a pas de réglementation officielle sur la langue d’enseignement.

    26Reste à noter que l’Autriche a ratifié la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires en 2001, dans une version minimale, il faut le dire, critiquée par les représentants de minorités.

    Les termes collectifs désignant les langues minoritaires autochtones

    27Comme l’a montré l’analyse des textes cités ci-dessus, on trouve les termes suivants pour désigner les minorités linguistiques autochtones en Autriche :

    1. « Volksstämme » (nationalités (tribus)), « Angehörige von Volksstämmen » (ressortissants/ membres des nationalités (tribus)), « Nationale Minoritäten der österreichischen Staatsangehörigen » (minorités nationales des ressortissants autrichiens) loi fondamentale de l’État du 21 décembre 1867, article 19 ; voir Kolonovits 1999 : 52 s.) ;
    2. « Minderheit » (minorité), « Angehörige von Minderheiten » (membre de minorités) (article 8 (1) de la loi constitutionnelle fédérale de 1920 ; traité d’État de Saint-Germain de 1919 ; article 7 du traité d’État de 1955 ; loi sur l’enseignement des minorités de Carinthie ; loi sur l’enseignement des minorités du Burgenland) ;
    3. « Volkgruppe » (groupe ethnique), « Volksgruppenangehörige » (membre de groupe ethnique) (loi sur les groupes ethniques de 1976 : article 8 (2) de la loi constitutionnelle fédérale de 2001).

    28Le terme de « Volksstämme » (littéralement tribu ethnique, ou « race ») n’est plus employé depuis la fin de l’Empire austro-hongrois mais l’article 19 fait toujours partie de la Constitution autrichienne. Toutes les dispositions juridiques concernant les minorités emploient jusqu’au traité d’État de 1955 le terme de « minorité ». C’est la loi sur les groupes ethniques de 1976 qui emploie pour la première fois dans une loi le terme de « Volksgruppe », « groupe ethnique », terme utilisé dans le monde germanophone dans la littérature depuis 1930 à peu près (Kolonovits 1999 : 66, annotation 235). Aujourd’hui, les deux termes sont utilisés plus au moins comme synonymes bien qu’une analyse juridique plus détaillée montrerait probablement des différences de signification. Hilpold (2001), qui préfère le terme de « minorité », note que, quelquefois, ce dernier terme est associé à un contenu péjoratif (dans le sens d’« inférieur ») tandis que « groupe ethnique » serait plutôt connoté positivement, interprétation contestée par cet auteur dont je partage l’avis. Il constate que le terme « Volksgruppe » est une spécificité autrichienne, et, j’ajoute, un peu étrange. Dans les faits, donc dans les textes et en pratique, les groupes ethniques sont identifiés aux minorités autochtones. Ce sont, de fait, des synonymes.

    29Pour aller un peu plus en détail, nous présentons ces notions plus précisément dans le développement qui suit.

    Volksstämme (nationalités (tribus))

    30Dans l’article 19 de la Constitution du 21 décembre 1867, « Volksstämme » (nationalités) ou « tribus » désigne d’après Kolonovits « un groupe d’hommes qui forment sous un point de vue historique, géographique ou linguistique une certaine unité, et qui est caractérisé par un sentiment d’affinité national13 » (Kolonovits 1999 : 52). Cette désignation a été appliquée aussi à des « minorités nationales des ressortissants autrichiens » (Nationale Minoritäten der österreichischen Staatsangehörigen), c’est-à-dire que c’était un terme générique pour les majorités et les minorités (ibid. : 53).

    Minderheit (minorité)

    31La notion de « minorité » est employée dans l’article 8 de la Constitution, dans le traité d’État de Saint-Germain de 1919 (articles 62 à 69), dans l’article 7 du traité d’État de 1955 et les lois sur l’enseignement des minorités. Il provient d’après Kolonovits (ibid. : 54) du droit international. Mais les traités respectifs ne donnent pas de définition. Ils présupposent les notions de « minorité » et de « membre d’une minorité ». D’après lui, il n’y a même pas de définition de « minorité » généralement reconnue dans le droit international. Il se réfère à une définition de Capotorti acceptée assez largement d’après laquelle les aspects suivants caractériseraient une minorité :

    L’importance numérique inférieure comparée à la population majoritaire, une position non dominante (dans le sens politique, économique ou culturel), des particularités ethniques, religieuses ou – ce qui est particulièrement intéressant dans notre contexte – linguistiques, par lesquelles ils se distinguent du reste de la population, et le désir commun de sauvegarder leur(s) culture, coutumes, religions et langues ; il est à prendre en considération particulièrement que le statut de minorités – d’après la terminologie traditionnelle – n’est accordé qu’à des nationaux. (ibid. : 55)14

    32Il n’y a donc pas de définition univoque de la notion de minorité ni de l’appartenance à une minorité. La jurisprudence du conseil constitutionnel autrichien part dès lors du principe de « la valeur exclusive du principe de déclaration » (von der ausschließlichen Geltung des Bekenntnisprinzips) pour la question de l’appartenance individuelle à une minorité (ibid. : 64, mise en évidence originale). Le terme allemand « Bekenntnis » a d’ailleurs à mon avis une connotation religieuse dans le sens de « confession ».

    Volksgruppe (groupe ethnique)

    33La loi sur les groupes ethniques de 1976 introduit la notion de « groupe ethnique ». Contrairement aux autres documents, la loi, cette fois-ci, définit ainsi le terme : « Aux termes de la loi fédérale, on appelle groupe ethnique tout groupe de ressortissants autrichiens domiciliés sur le territoire fédéral avec une langue maternelle non-allemande / autre que l’allemand et un caractère national propre15. »

    34La reconnaissance d’un groupe comme minorité linguistique est réglée par la mise en place d’un conseil consultatif des groupes ethniques (Volksgruppenbeirat) pour le groupe correspondant. C’était la base juridique pour la reconnaissance des minorités qui n’étaient pas explicitement mentionnées dans le traité d’État de 1955, les Hongrois, les Tchèques, les Slovaques et les Roms / Sinti. La définition de la notion de « Volksgruppe » (groupe ethnique) contient donc les éléments suivants :

    1. Il s’agit de ressortissants autrichiens ; les nouvelles minorités en sont exclues.
    2. Il s’agit de groupes, donc un ensemble comportant un certain nombre de ressortissants.
    3. Les personnes concernées doivent habiter en Autriche et être originaire de ce pays – un aspect purement territorial (« wohnhaft und beheimatet »). Le terme fortement connoté et intraduisible de « Heimat » (patrie, berceau, pays d’origine, pays natal) se rapporte à « un attachement traditionnel au lieu d’habitat effectif » (traditionelle[n] Verbundenheit mit dem tatsächlichen Siedlungsgebiet) (ibid. : 69) et à une sorte d’attachement intérieur.
    4. Les personnes concernées doivent posséder une « langue maternelle non-allemande. »
    5. Et, finalement, les personnes concernées doivent constituer un groupe disposant d’une tradition nationale propre (eigenes Volkstum).

    35C’est surtout ce dernier élément, la tradition nationale propre (Volkstum), et le terme de « Heimat » qui ancrent l’ensemble dans une conception ethnique associée au terme fortement connoté de « Volk » qui, en allemand, a le sens d’ethnos, non de demos et qui est à l’origine d’associations de parenté génétique sinon raciale. À mon avis, dans la deuxième moitié du XXe siècle, c’était une conception fort conservatrice pour définir des groupes minoritaires, basée sur des critères soi-disant objectifs, mais en fait relevant d’un concept de peuple vieilli. On aurait bien pu choisir une conception constructiviste basée sur des critères linguistiques. Se pose la question de savoir pourquoi on a choisi cette manière de voir et si ce choix dépend des personnes impliquées dans ce procédé et de leur biographie personnelle.

    Gebärdensprache (langue des signes)

    36La langue des signes autrichienne (Österreichische Gebärdensprache - ÖGS) a un statut un peu à part. Elle est interprétée par la communauté des sourds comme langue minoritaire. La loi de 2005, dans laquelle la ÖGS est reconnue, parle d’une « langue autonome » (eigenständige Sprache, article 8 (3) de la loi constitutionnelle fédérale de 2005). Puis le texte dit : « les lois précise(ro)nt cet article » (Das Nähere bestimmen die Gesetze). Depuis, il n’y a pas eu de précisions à ce sujet.

    37On a adopté entre-temps une nouvelle loi relative aux programmes d’enseignement pour les enfants sourds (Lehrplan der Sonderschule für gehörlose Kinder), dans laquelle on emploie les notions suivantes : « Österreichische Gebärdensprache », et le terme scientifiquement inacceptable de « die Gebärde » (le geste) : « Neben dem Erwerb der Gebärde als Mittel der Kommunikation und zur Beschaffung von Informationen […] » (À part l’acquisition du geste comme moyen de communication et moyen de se procurer des informations […]). En outre, il n’y a pas de différence claire entre la langue des signes et les systèmes auxiliaires « lautsprachbegleitenden Gebärde (LBG) » (geste accompagnant la langue orale) et « lautsprachunterstützende Gebärde (LUG) » (geste soutenant la langue orale).

    38Quels sont finalement les ethnonymes employés pour les minorités en question ? Dans le Burgenland et à Vienne (dans ce dernier cas sans reconnaissance officielle), il s’agit des Croates burgenlandais (Burgenlandkroaten/ Gradiščanski Hrvati et la langue est le croate burgenlandais standard qui se distingue du croate de la République de Croatie (Cillia 2007)).

    39Au Burgenland et à Vienne, vivent aussi des Hongrois (burgenländischen Ungar/inne/n/ Burgenlandi Magyarok et Wiener Ungar/inne/n/ Bécsi Magyarok) dont la langue standard est celle de la Hongrie.

    40À Vienne, il existe des groupes de Tchèques (Wiener Tschech/inn/en) et de Slovaques (Wiener Slowak/inn/en/ Vídeňští Slovaci) dont les langues sont identiques à celles parlées en République tchèque ou en Slovaquie.

    41Et les Roms sont désignés par les termes « Roma » et « Sinti » dans la loi, bien que d’autres groupes, comme ceux qui font partie des Lovara ou des Kalderash, vivent aussi en Autriche. En ce qui concerne leur langue, la notion autrichienne officielle des recensements est « romanès », les Roms du Burgenland emploient l’expression « Burgenlandroman » tandis que dans des publications scientifiques, on parle plutôt de « Romani ». Le romanès est peu standardisé, un groupe de recherche dirigé par le linguiste Dieter Halwachs de l’université de Graz y travaille depuis longtemps (Halwachs 2002).

    42Enfin, il y a les Slovènes en Carinthie et en Styrie, leur langue est la langue slovène, utilisée en Slovénie (Kärntner Slowen/inn/en - Koroški Slovenci et Steirische Slowen/inn/en/ Štajerski Slovenci). Une catégorie à part est constituée par les « Windische », notion sur laquelle je reviendrai dans un instant.

    43Les sourds finalement sont désignés par « Gehörlose », le terme de « taubstumm » (sourd-muet) est vivement rejeté par la communauté parce qu’ils ne sont pas muets, utilisant une propre langue naturelle. Leur langue est donc désignée par l’expression « Österreichische Gebärdensprache » (ÖGS) (langue des signes autrichienne). On a déjà dit que le programme d’enseignement emploie le terme incorrect « die Gebärde » (le geste).

    44« Windische » (windisch) est un terme à l’origine neutre servant à désigner les Slaves du sud qui est devenu – en s’appuyant sur une théorisation très problématique – « un instrument puissant de germanisation dans la partie bilingue de la province » (it was a potent instrument in the Germanization of the bilingual part of the province (i.e. Carinthie)) (Priestly 1997 : 75). D’après cette « théorie des Windischen » (Windischentheorie), les Slovènes de Carinthie seraient ethniquement différents des Slovènes de Slovénie, et leur langue nettement différente du slovène standard.

    45Au début, la racine de ce terme « vind- /vend- » provenant probablement de l’ethnonyme latin « Veneti » a été employé pour des peuples slaves en général (cf. Wenden), et « Windisch » était un simple ethnonyme pour désigner des locuteurs du slovène en Carinthie et en Styrie et les distinguer de ceux de la région autour de Ljubljana, appelés « Krainer » (ibid. : 78). Il n’a pris une connotation négative et péjorative que durant la deuxième moitié du XIXe siècle, désignant d’abord les Slovènes de façon péjorative et, plus tard, les Slovènes prêts à s’assimiler aux germanophones, à être germanisés. Peu à peu au cours du XXe siècle, cette partie du groupe slovène l’a adopté comme endonyme. Pour cette catégorie des Slovènes, la langue slovène a d’ailleurs deux expressions : « Nemšcutar » et « Nemčur » (de la racine nemc- = allemand).

    46C’est surtout pendant l’entre-deux-guerres que ce concept a joué un rôle important, idéologiquement justifié par la théorie des « Windischen », basée sur des suppositions non fondées, sur des désinformations et des préjugés, élaborés surtout par un certain Martin Wutte. Priestly montre très bien comment cette notion, d’abord neutre puis désignant de façon péjorative les Slovènes du côté autrichien de la frontière (avant 1918), est devenue après 1918 un instrument de la politique d’assimilation des nationalistes germanophones. Et cela dans la mesure où les germanophiles parmi les Slovènes eux-mêmes ont commencé à s’identifier à cette dénomination interprétée comme pour ainsi un terme « d’honneur » pour se distinguer des Slovènes fiers de leur groupe et de leur langue.

    47D’après cette théorie, les Slovènes seraient une ethnie « mixte » des Slaves et des Germaniques, et le « Windisch » une langue mixte germano-slave. Conséquence finale de ce jeu d’identification, il existe une opposition entre les « Windische » qui sont germanophiles et les Slovènes qui sont germanophobes. Cette opposition n’avait sa cohérence que dans la période nazie, où elle s’appuyait sur une théorie qui « prouvait » que le « Windisch » avait des sources non-slaves, mais provenait des « Langobards » (ibid. : 91). Dans le recensement en 1939, on distinguait les deux catégories « Slovène » et « Windisch », distinction d’ailleurs toujours appliquée dans les recensements de la Deuxième République après 1945. De nombreuses publications montrent d’ailleurs que cette « arme dans l’arsenal de propagande germano-nationaliste » (weapon in the German-nationalist propaganda arsenal (ibid. : 90)) a toujours été très efficace après 1945 et que cette « théorie » est présente dans la vie quotidienne. Le concept continue à offrir la possibilité aux membres de la minorité de s’assimiler à la majorité allemande, notamment dans une situation comme celle de la Carinthie où il y a une grande pression assimilatrice. C’est une offre d’identification avec ce que j’appellerais volontiers l’agresseur. Notons le fait qu’encore en 2006, au cours de la campagne électorale pour les élections à l’Assemblée nationale, le Président du Conseil régional Haider a fait insérer une annonce dans le plus grand quotidien autrichien avec le titre « La Carinthie deviendra unilingue » (Kärnten wird einsprachig). Psychologiquement parlant, dans un tel contexte, on accepte facilement une identité intermédiaire qui facilite le changement vers le groupe majoritaire sans accentuer les différences linguistiques.

    Quelques remarques sur les exonymes employés dans le discours politique

    48« Tschusch » est une expression souvent employée dans le discours semi-public et privé, surtout le discours raciste et xénophobe, sur les immigrés. Ce terme est aussi employé pour toutes les minorités autochtones, particulièrement pour les Slovènes depuis la deuxième moitié du XIXe siècle (Priestly 1997). Comme exemple, je fais référence à une situation dans une discussion de groupe effectuée dans le cadre d’un projet de recherche sur l’identité nationale autrichienne où un Croate du Burgenland raconte que, dans les transports publics à Vienne, sa sœur est traitée de « Tschusch » (« Scheißtschuschin », sale bougnoul) et que, pour cette raison, elle n’ose pas parler sa langue en public (Wodak, de Cillia, Reisigl, Liebhart, Hofstätter, Kargl 2009 : 362). Une autre expression péjorative employée comme exonyme pour les Croates c’est « Krowod » (« du bleda Krowod »), expression quelquefois employée comme endonyme dans un sens humoristique.

    49Pour les Roms, il y a l’expression « Zigeuner » qui, par la plupart des membres de cette minorité, est perçue comme étant péjorative bien que toujours très fréquemment employée dans la langue habituelle sans intention négative. Des dérivés du mot « Zigeuner » en allemand comme « herumzigeunern » ou une expression comme « Du Zigeuner ! » ont définitivement des connotations négatives, comme aussi « Gypsies », « Gitans ». Comme endonyme, le groupe emploie les appellations « Roma » et « Sinti » (Rom), pour les non-Roms on emploie « Gadže » (« Gadžo », « Gadži »).

    50En ce qui concerne finalement les Slovènes, plusieurs expressions péjoratives sont employées comme exonymes. Tout d’abord celle de « Windisch » déjà évoquée, aussi comme adjectif comme par exemple dans des expressions telles que « windischer Teifl », « windischer Beutel ». Puis une déformation de « Slovène », « Slowener ». Et, dans des contextes politiques, dans le discours hostile aux minorités, on emploie, pour les Slovènes fiers de l’être, sûrs d’eux-mêmes et qui ne sont pas prêts à s’assimiler à l’allemand, l’expression « Nationalslowenen », ce qui veut dire « Slovènes nationaux / nationalistes ». De plus, avant la fin de la Yougoslavie, on employait aussi « Jugoslawener » (« Yougoslaviens ») ou « Titokommunisten » (communistes titistes) (Cf. Menz, Lalouschek, Dressler 1989).

    Bibliographie

    Références bibliographiques

    Europäische Charta für regionale oder Minderheitensprachen = Charte européenne des langues régionales ou minoritaires = European Charter for Regional or Minority Languages, Council of Europe [en ligne], 1992 (page disponible le 17 février 2011) http://conventions.coe.int/Treaty/en/Treaties/Html/148.htm

    de Cillia Rudolf (2007), « La place du croate parmi les autres langues d’Autriche », in Viaut Alain (éd.), Variable territoriale et promotion de langues minoritaires, Pessac, Maison des Sciences de l’Homme d’Aquitaine, pp. 195-209.

    ----, Busch Brigitta (2006), « Language Policies / Policies on Language in Europe », in Brown Keith (éd.), Encyclopedia of Language and Linguistics, vol. 9, art. 4263, 2e éd., Oxford, Elsevier, pp. 575-583.

    ----, Menz Florian, Dressler Wolfgang U., Cech Petra (1998), « Linguistic Minorities in Austria », in Bratt Paulston Christina, Peckham Donald (éd.), Linguistic Minorities in Central and Eastern Europe, Clevedon, Multilingual Matters, pp. 18-36.

    ---- (1998), «Burenwurscht bleibt Burenwurscht»: sprachenpolitik und gesellschaftliche Mehrsprachigkeit in Österreich, Klagenfurt/Celovec, Drava.

    ----, Wodak Ruth (2006), Ist Österreich ein «deutsches» Land? Sprachenpolitik und Identität in der Zweiten Republik, Innsbruck, Studien Verlag.

    Haarmann Harald (1993), Die Sprachenwelt Europas: Geschichte und Zukunft der Sprachnationen zwischen Atlantik und Ural, Frankfurt/New York, Campus.

    Halwachs Dieter W. (2002), Burgenland-Romani, Munich, LINCOM Europa.

    Hilpold Peter (2001), Modernes Minderheitenrecht: eine rechtsvergleichende Untersuchung des Minderheitenrechtes in Österreich und in Italien unter besonderer Berücksichtigung völkerrechtlicher Aspekte, Vienne, Manz.

    Kolonovits Dieter (1999), Sprachenrecht in Österreich, Vienne, Manz.

    Menz Florian, Lalouschek Johanna, Dressler Wolfgang U. (1989), «Der Kampf geht weiter»: der publizistische Abwehrkampf in Kärntner Zeitungen seit 1918; eine sprachwissenschaftliche Analyse von Vorurteilen und Feindbildern, Klagenfurt/Celovec, Drava.

    Arbeitsgruppe «Lage und Perspektiven der Volksgruppen in Österreich», Hödl Günther (1989), Bericht der Arbeitsgruppe Lage und Perspektiven der Volksgruppen in Österreich, Vienne, Böhlau.

    Priestly Tom (1997), «On the Development of the Windischentheorie», International journal of the sociology of language, no 124, pp. 75-98.

    Statistik Austria (éd.) (2002), Volkszählung 2001: Hauptergebnisse I – Österreich, Vienne.

    Suppan Arnold (1983), Die österreichischen Volksgruppen: Tendenzen ihrer gesellschaftlichen Entwicklung im 20. Jahrhundert, Munich, Oldenbourg.

    Veiter Theodor (1970), Das Recht der Volksgruppen und Sprachminderheiten in Österreich, Vienne, Braumüller, 1970.

    Wodak Ruth, de Cillia Rudolf, Reisigl Martin, Liebhart Karin, Hofstätter Klaus, Kargl Maria (1998), Zur diskursiven Konstruktion nationaler Identität, Francfort, Suhrkamp, 1998.

    Wodak Ruth, de Cillia Rudolf, Reisigl Martin, Liebhart Karin (2009), The Discursive Construction of National Identities, 2e ed., Edimbourgh, Edinburgh University Press.

    Notes de bas de page

    1 http://www.dieuniversitaet-online.at/beitraege/news/studie-zeigt-ausgrenzung-vongehorlosen-auf/10.html (consulté le 19/01/2010).

    2 « La langue allemande est la langue officielle, littéralement la “langue d’État” de la République sans préjudice des droits accordés par des lois de l’État fédéral aux minorités linguistiques » (ici, comme dans toutes les autres citations, il s’agit de mes propres traductions).

    3 «Die Republik (Bund, Länder und Gemeinden) bekennt sich zu ihrer gewachsenen sprachlichen und kulturellen Vielfalt, die in den autochthonen Volksgruppen zum Ausdruck kommt. Sprache und Kultur, Bestand und Erhaltung dieser Volksgruppen sind zu achten, zu sichern und zu fördern.»

    4 «(3) Die Österreichische Gebärdensprache ist als eigenständige Sprache anerkannt. Das Nähere bestimmen die Gesetze.»

    5 Il n’existe d’ailleurs quasiment pas d’autre disposition linguistique légale concernant l’allemand. Ainsi il n’y a pas de réglementation générale concernant le droit du consommateur, qui garantit que le client autrichien a un droit à une description du produit ou une notice d’emploi en allemand. De même, en ce qui concerne les droits des médias, il n’y a pas de quota qui prévoit l’émission d’un certain pourcentage de production autrichienne à la télévision et à la radio.

    6 «Alle Volksstämme des Staates sind gleichberechtigt und jeder Volksstamm hat ein unverletzliches Recht auf Wahrung und Pflege seiner Nationalität und Sprache. Die Gleichberechtigung aller landesüblichen Sprachen in Schule, Amt und öffentlichem Leben wird vom Staate anerkannt.
    In den Ländern, in welchen mehrere Volksstämme wohnen, sollen die öffentlichen Unterrichtsanstalten derart eingerichtet werden, daß ohne Anwendung eines Zwanges zur Erlernung einer zweiten Landessprache jeder dieser Volksstämme die erforderlichen Mittel zur Ausbildung in seiner Sprache erhält.»

    7 «Alle österreichischen Staatsangehörigen ohne Unterschied der Rasse, der Sprache oder Religion sind vor dem Gesetze gleich und genießen dieselben bürgerlichen und politischen Rechte.
    [...]
    Keinem österreichischen Staatsangehörigen werden im freien Gebrauch irgend einer Sprache im Privat- oder Geschäftsverkehr, in Angelegenheiten der Religion, der Presse oder irgend einer Art von Veröffentlichungen oder in öffentlichen Versammlungen, Beschränkungen auferlegt.
    Unbeschadet der Einführung einer Staatssprache durch die österreichische Regierung werden nicht deutschsprechenden österreichischen Staatsangehörigen angemessene Erleichterungen beim Gebrauche ihrer Sprache vor Gericht in Wort oder Schrift geboten werde.»

    8 «1. Österreichische Staatsangehörige der slowenischen und kroatischen Minderheiten in Kärnten, Burgenland und Steiermark genießen dieselben Rechte auf Grund gleicher Bedingungen wie alle anderen österreichischen Staatsangehörigen einschließlich des Rechtes auf ihre eigenen Organisationen, Versammlungen und Presse in ihrer eigenen Sprache.»

    9 «[…] Anspruch auf Elementarunterricht in slowenischer oder kroatischer Sprache und auf eine verhältnismäßige Anzahl eigener Mittelschulen.»

    10 «Die Tätigkeit von Organisationen, die darauf abzielen, der kroatischen oder slowenischen Bevölkerung ihre Eigenschaft und ihre Rechte als Minderheit zu nehmen, ist zu verbieten.»

    11 «(2) Volksgruppen im Sinne dieses Bundesgesetzes sind die in Teilen des Bundesgebietes wohnhaften und beheimateten Gruppen österreichischer Staatsbürger mit nichtdeutscher Muttersprache und eigenem Volkstum.»

    12 Cette réglementation de 25 %/20 % a d’ailleurs été déclarée contraire à la Constitution par la Cour Suprême dès 2001, mais rien n’a changé jusqu’en 2009.

    13 «[…] eine Gruppe von Menschen, die in historischer, geographischer und in sprachlicher Hinsicht eine gewisse Einheit bildet, und durch ein nationales Zusammengehörigkeitsgefühl gekennzeichnet ist.»

    14 «Die zahlenmäßige Unterlegenheit gegenüber der Mehrheitsbevölkerung; die nicht herrschende Stellung (in politischem, wirtschaftlichem oder kulturellem Sinn) ; ethnische, religiöse oder – hier besonders interessierende – sprachliche Besonderheiten, die sie vom Rest der Bevölkerung unterscheiden, und der gemeinsame Wunsch auf Bewahrung ihrer Kultur, Gebräuche, Religionen und Sprachen; besonders ist zu beachten, dass der Minderheitenstatus – nach traditioneller Begriffsbildung – nur Staatsangehörigen eingeräumt wird.»

    15 «§ 1. (2) Volksgruppen im Sinne dieses Bundesgesetzes sind die in Teilen des Bundesgebietes wohnhaften und beheimateten Gruppen österreichischer Staatsbürger mit nichtdeutscher Muttersprache und eigenem Volkstum.»

    Auteur

    • Rudolf de Cillia

      Linguiste, Professeur, Université de Vienne, Institut des Sciences du langage.

    Précédent Suivant
    Table des matières

    Le texte seul est utilisable sous licence Licence OpenEdition Books. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont « Tous droits réservés », sauf mention contraire.

    Voir plus de livres
    Identifier et catégoriser les langues minoritaires en Europe

    Identifier et catégoriser les langues minoritaires en Europe

    Joan Busquets, Sébastien Platon et Alain Viaut (dir.)

    2014

    Langue et espace

    Langue et espace

    Alain Viaut et Joël Pailhé (dir.)

    2010

    Catégorisation des langues minoritaires en Russie et dans l’espace post-soviétique

    Catégorisation des langues minoritaires en Russie et dans l’espace post-soviétique

    Svetlana Moskvitcheva et Alain Viaut (dir.)

    2014

    La motivation d’apprendre le basque chez les adultes francophones

    La motivation d’apprendre le basque chez les adultes francophones

    Isabelle Duguine

    2017

    Langues d’Aquitaine

    Langues d’Aquitaine

    Dynamiques institutionnelles et patrimoine linguistique

    Alain Viaut et Jean-Jacques Cheval (dir.)

    1996

    L’occitan gascon en Catalogne espagnole. Le Val d’Aran

    L’occitan gascon en Catalogne espagnole. Le Val d’Aran

    Du vernaculaire au formel

    Alain Viaut

    1998

    Écrire pour parler : Los Tradinaires

    Écrire pour parler : Los Tradinaires

    Présentation d’une expérience d’écriture en occitan en Médoc

    Alain Viaut

    1998

    Voir plus de livres
    1 / 7
    Identifier et catégoriser les langues minoritaires en Europe

    Identifier et catégoriser les langues minoritaires en Europe

    Joan Busquets, Sébastien Platon et Alain Viaut (dir.)

    2014

    Langue et espace

    Langue et espace

    Alain Viaut et Joël Pailhé (dir.)

    2010

    Catégorisation des langues minoritaires en Russie et dans l’espace post-soviétique

    Catégorisation des langues minoritaires en Russie et dans l’espace post-soviétique

    Svetlana Moskvitcheva et Alain Viaut (dir.)

    2014

    La motivation d’apprendre le basque chez les adultes francophones

    La motivation d’apprendre le basque chez les adultes francophones

    Isabelle Duguine

    2017

    Langues d’Aquitaine

    Langues d’Aquitaine

    Dynamiques institutionnelles et patrimoine linguistique

    Alain Viaut et Jean-Jacques Cheval (dir.)

    1996

    L’occitan gascon en Catalogne espagnole. Le Val d’Aran

    L’occitan gascon en Catalogne espagnole. Le Val d’Aran

    Du vernaculaire au formel

    Alain Viaut

    1998

    Écrire pour parler : Los Tradinaires

    Écrire pour parler : Los Tradinaires

    Présentation d’une expérience d’écriture en occitan en Médoc

    Alain Viaut

    1998

    Accès ouvert

    Accès ouvert freemium

    ePub

    PDF

    PDF du chapitre

    Suggérer l’acquisition à votre bibliothèque

    Acheter

    Édition imprimée

    • amazon.fr
    • decitre.fr
    • mollat.com
    • leslibraires.fr
    • placedeslibraires.fr

    1 http://www.dieuniversitaet-online.at/beitraege/news/studie-zeigt-ausgrenzung-vongehorlosen-auf/10.html (consulté le 19/01/2010).

    2 « La langue allemande est la langue officielle, littéralement la “langue d’État” de la République sans préjudice des droits accordés par des lois de l’État fédéral aux minorités linguistiques » (ici, comme dans toutes les autres citations, il s’agit de mes propres traductions).

    3 «Die Republik (Bund, Länder und Gemeinden) bekennt sich zu ihrer gewachsenen sprachlichen und kulturellen Vielfalt, die in den autochthonen Volksgruppen zum Ausdruck kommt. Sprache und Kultur, Bestand und Erhaltung dieser Volksgruppen sind zu achten, zu sichern und zu fördern.»

    4 «(3) Die Österreichische Gebärdensprache ist als eigenständige Sprache anerkannt. Das Nähere bestimmen die Gesetze.»

    5 Il n’existe d’ailleurs quasiment pas d’autre disposition linguistique légale concernant l’allemand. Ainsi il n’y a pas de réglementation générale concernant le droit du consommateur, qui garantit que le client autrichien a un droit à une description du produit ou une notice d’emploi en allemand. De même, en ce qui concerne les droits des médias, il n’y a pas de quota qui prévoit l’émission d’un certain pourcentage de production autrichienne à la télévision et à la radio.

    6 «Alle Volksstämme des Staates sind gleichberechtigt und jeder Volksstamm hat ein unverletzliches Recht auf Wahrung und Pflege seiner Nationalität und Sprache. Die Gleichberechtigung aller landesüblichen Sprachen in Schule, Amt und öffentlichem Leben wird vom Staate anerkannt.
    In den Ländern, in welchen mehrere Volksstämme wohnen, sollen die öffentlichen Unterrichtsanstalten derart eingerichtet werden, daß ohne Anwendung eines Zwanges zur Erlernung einer zweiten Landessprache jeder dieser Volksstämme die erforderlichen Mittel zur Ausbildung in seiner Sprache erhält.»

    7 «Alle österreichischen Staatsangehörigen ohne Unterschied der Rasse, der Sprache oder Religion sind vor dem Gesetze gleich und genießen dieselben bürgerlichen und politischen Rechte.
    [...]
    Keinem österreichischen Staatsangehörigen werden im freien Gebrauch irgend einer Sprache im Privat- oder Geschäftsverkehr, in Angelegenheiten der Religion, der Presse oder irgend einer Art von Veröffentlichungen oder in öffentlichen Versammlungen, Beschränkungen auferlegt.
    Unbeschadet der Einführung einer Staatssprache durch die österreichische Regierung werden nicht deutschsprechenden österreichischen Staatsangehörigen angemessene Erleichterungen beim Gebrauche ihrer Sprache vor Gericht in Wort oder Schrift geboten werde.»

    8 «1. Österreichische Staatsangehörige der slowenischen und kroatischen Minderheiten in Kärnten, Burgenland und Steiermark genießen dieselben Rechte auf Grund gleicher Bedingungen wie alle anderen österreichischen Staatsangehörigen einschließlich des Rechtes auf ihre eigenen Organisationen, Versammlungen und Presse in ihrer eigenen Sprache.»

    9 «[…] Anspruch auf Elementarunterricht in slowenischer oder kroatischer Sprache und auf eine verhältnismäßige Anzahl eigener Mittelschulen.»

    10 «Die Tätigkeit von Organisationen, die darauf abzielen, der kroatischen oder slowenischen Bevölkerung ihre Eigenschaft und ihre Rechte als Minderheit zu nehmen, ist zu verbieten.»

    11 «(2) Volksgruppen im Sinne dieses Bundesgesetzes sind die in Teilen des Bundesgebietes wohnhaften und beheimateten Gruppen österreichischer Staatsbürger mit nichtdeutscher Muttersprache und eigenem Volkstum.»

    12 Cette réglementation de 25 %/20 % a d’ailleurs été déclarée contraire à la Constitution par la Cour Suprême dès 2001, mais rien n’a changé jusqu’en 2009.

    13 «[…] eine Gruppe von Menschen, die in historischer, geographischer und in sprachlicher Hinsicht eine gewisse Einheit bildet, und durch ein nationales Zusammengehörigkeitsgefühl gekennzeichnet ist.»

    14 «Die zahlenmäßige Unterlegenheit gegenüber der Mehrheitsbevölkerung; die nicht herrschende Stellung (in politischem, wirtschaftlichem oder kulturellem Sinn) ; ethnische, religiöse oder – hier besonders interessierende – sprachliche Besonderheiten, die sie vom Rest der Bevölkerung unterscheiden, und der gemeinsame Wunsch auf Bewahrung ihrer Kultur, Gebräuche, Religionen und Sprachen; besonders ist zu beachten, dass der Minderheitenstatus – nach traditioneller Begriffsbildung – nur Staatsangehörigen eingeräumt wird.»

    15 «§ 1. (2) Volksgruppen im Sinne dieses Bundesgesetzes sind die in Teilen des Bundesgebietes wohnhaften und beheimateten Gruppen österreichischer Staatsbürger mit nichtdeutscher Muttersprache und eigenem Volkstum.»

    Identifier et catégoriser les langues minoritaires en Europe

    X Facebook Email

    Identifier et catégoriser les langues minoritaires en Europe

    Ce livre est diffusé en accès ouvert freemium. L’accès à la lecture en ligne est disponible. L’accès aux versions PDF et ePub est réservé aux bibliothèques l’ayant acquis. Vous pouvez vous connecter à votre bibliothèque à l’adresse suivante : https://freemium.openedition.org/oebooks

    Suggérer l’acquisition à votre bibliothèque

    Si vous avez des questions, vous pouvez nous écrire à access[at]openedition.org

    Identifier et catégoriser les langues minoritaires en Europe

    Vérifiez si votre bibliothèque a déjà acquis ce livre : authentifiez-vous à OpenEdition Freemium for Books.

    Vous pouvez suggérer à votre bibliothèque d’acquérir un ou plusieurs livres publiés sur OpenEdition Books. N’hésitez pas à lui indiquer nos coordonnées : access[at]openedition.org

    Vous pouvez également nous indiquer, à l’aide du formulaire suivant, les coordonnées de votre bibliothèque afin que nous la contactions pour lui suggérer l’achat de ce livre. Les champs suivis de (*) sont obligatoires.

    Veuillez, s’il vous plaît, remplir tous les champs.

    La syntaxe de l’email est incorrecte.

    Référence numérique du chapitre

    Format

    Cillia, R. de. (2014). Les notions désignant les langues minoritaires autochtones en Autriche (Volksgruppensprache, Minderheitensprache,…) : approche sociolinguistique. In J. Busquets, S. Platon, & A. Viaut (éds.), Identifier et catégoriser les langues minoritaires en Europe. Pessac: Maison des Sciences de l’Homme d’Aquitaine. https://doi.org/10.4000/books.msha.1909
    Cillia, Rudolf de. « Les notions désignant les langues minoritaires autochtones en Autriche (Volksgruppensprache, Minderheitensprache,…) : approche sociolinguistique ». In Identifier et catégoriser les langues minoritaires en Europe, édité par Joan Busquets, Sébastien Platon, et Alain Viaut. Pessac: Maison des Sciences de l’Homme d’Aquitaine, 2014. doi:10.4000/books.msha.1909.
    Cillia, Rudolf de. « Les notions désignant les langues minoritaires autochtones en Autriche (Volksgruppensprache, Minderheitensprache,…) : approche sociolinguistique ». Identifier et catégoriser les langues minoritaires en Europe, édité par Joan Busquets et al., Maison des Sciences de l’Homme d’Aquitaine, 2014, https://doi.org/10.4000/books.msha.1909.

    Référence numérique du livre

    Format

    Busquets, J., Platon, S., & Viaut, A. (éds.). (2014). Identifier et catégoriser les langues minoritaires en Europe. Pessac: Maison des Sciences de l’Homme d’Aquitaine. https://doi.org/10.4000/books.msha.1747
    Busquets, Joan, Sébastien Platon, et Alain Viaut, éd. Identifier et catégoriser les langues minoritaires en Europe. Pessac: Maison des Sciences de l’Homme d’Aquitaine, 2014. doi:10.4000/books.msha.1747.
    Busquets, Joan, et al., éditeurs. Identifier et catégoriser les langues minoritaires en Europe. Maison des Sciences de l’Homme d’Aquitaine, 2014, https://doi.org/10.4000/books.msha.1747.
    Compatible avec Zotero Zotero

    1 / 3

    Maison des Sciences de l’Homme d’Aquitaine

    Maison des Sciences de l’Homme d’Aquitaine

    • Plan du site
    • Se connecter

    Suivez-nous

    • Flux RSS

    URL : http://www.msha.fr

    Email : publication@msha.fr

    OpenEdition
    • Candidater à OpenEdition Books
    • Connaître le programme OpenEdition Freemium
    • Commander des livres
    • S’abonner à la lettre d’OpenEdition
    • CGU d’OpenEdition Books
    • Accessibilité : partiellement conforme
    • Données personnelles
    • Gestion des cookies
    • Système de signalement