1 Voir par exemple le livre de raison de Philibert Verdat, curé de Saint-Pierre de Chandieu, qui couvre les années 1650-1677 (ADR, EP 509). Rappelons ce que disait Antoine Vachez à propos des livres de raison : « Le Lyonnais et les provinces qui l’entourent n’ont pas manqué de fournir aussi leur contingent à cet ensemble imposant de documents. Et je peux même dire que nous n’avons rien à envier, à aucun point de vue, aux autres provinces. » (Vachez A., Les Livres de raison dans le Lyonnais et les provinces voisines, Lyon, Louis Brun et Auguste Cote, 1892, p. 3.)
2 Le livre de raison de François Sabot de Sugny a pour titre Livre de ma Recette & depense courante commancé le 1er janvier 1743 (ADR, 52 J 93). Celui de Louis François Bottu de la Barmondière, non folioté, s’intitule État général de ma dépense et de l’argent que je donnerai à toutes sortes d’ouvriers pour les réparations… (ADR, 56 J 27). Ce caractère non folioté permet seulement d’indiquer la date exacte d’un événement quand on veut le situer dans le livre de raison.
3 Par exemple, le livre de raison de François Sabot de Sugny évoque son domaine de Pivolay, paroisse de Chaponost, au sud-ouest de Lyon. Le livre de raison de Louis François Bottu de la Barmondière est très prolixe concernant ses domaines du Beaujolais : Mongré (paroisse de Gleizé, près de Villefranche-sur-Saône), Talancé (paroisse de Denicé, un peu plus à l’ouest), Lucenay, Arcis, Chervinges…
4 14 décembre 1787.
5 François Sabot de Sugny paye le dixième pour des biens situés rue Saint-Dominique, place des Cordeliers, rue Neuve, rue Saint-Jean et place de la douane. Les dénominations des rues peuvent changer dans le livre de raison : la maison place de la douane est indiquée à plusieurs reprises sous l’adresse rue de Flandres (3 mai 1748, pour les six premiers mois du dixième de l’année 1748, sous la cote ADR, 52 J 93, p. 100 ; 2 juin 1749, pour les six premiers mois du dixième de l’année 1749, sous la cote ADR, 52 J 93, p. 126 ; 29 décembre 1749, pour les six derniers mois du dixième de l’année 1749, sous la cote ADR, 52 J 93, p. 142). Ces informations fiscales sont d’autant plus précieuses que les registres fiscaux lyonnais ont quasiment tous disparu (Garden M., Lyon et les Lyonnais au xviiie siècle, Paris, Les Belles-Lettres, 1970, p. 175-176).
6 Exemple de deux de ses petits-enfants, frères et sœurs :
– Thérèse Marie Françoise Bottu de la Barmondière, baptisée le 4 septembre 1755 (ADR, 52 J 93, p. 313). François Sabot de Sugny précise qu’il est alors absent.
– Alexis François Marie Bottu de la Barmondière, baptisé le 16 août 1760 (ADR, 52 J 93, p. 420).
7 J’exclus de mon analyse, par exemple, le baptême de François de Butery le 9 octobre 1753, dont il est parrain (ADR, 52 J 93, p. 258).
8 J’écarte par exemple le baptême de son petit-neveu, fils de M. de Ruolz, le 18 décembre 1754 (ADR, 52 J 93, p. 290).
9 L’ascension sociale de Jean Baptiste Sabot de Pizay par rapport à son père est nette. Avocat en parlement, chevalier et conseiller en la cour des monnaies, il deviendra président de la même cour, assesseur criminel et lieutenant particulier en la sénéchaussée. Enfin, il terminera président du conseil supérieur de Lyon.
10 ADR, 52 J 93, p. 108. Si l’on se réfère aux registres paroissiaux d’Ainay, paroisse dans laquelle est baptisé Charles François Sabot de Pizay, on trouve son acte de baptême sous la cote Archives Municipales de Lyon (AML), 1 GG 370, fol. 353 verso.
11 Il ne donne pas cette précision lorsqu’il décrit le baptême, mais seulement quelques jours après, le 7 septembre 1748 (ADR, 52 J 93, p. 108).
12 Pour les domestiques, la situation est radicalement différente lorsque le baptême auquel ils prennent part fait suite à une naissance illégitime. Ainsi, à Cadix, au milieu du xviiie siècle, don Manuel del Corro trompe son épouse Sevastiana de Torres, issue d’une des familles les plus fortunées de la ville, avec une nommée Josepha Echevarria. « Antonio Gutierrez de Estada, qui avait travaillé deux ans chez les Corro y Torres comme serviteur et cocher, raconta le rôle qu’il avait dû assumer, celui de complice du maître. » Après la naissance d’un enfant illégitime, fruit des amours des deux amants, « il s’était trouvé aussi au baptême de leur fille, née l’été dernier, à laquelle on donna le nom de Maria Josepha Rufina Manuela » (Stella A., Amours et désamours à Cadix aux xviie et xviiie siècles, Toulouse, Presses Universitaires du Mirail, collection Le temps du genre, 2008, p. 93).
13 Pour une réflexion sur les rapports entre domesticité et famille, il convient de renvoyer aux deux études classiques : Gutton J.-P., Domestiques et serviteurs dans la France de l’Ancien Régime, Paris, Aubier Montaigne, collection historique, 1981, et Sabattier J., Figaro et son maître. Maître et domestique à Paris au xviiie siècle, Paris, Librairie académique Perrin, collection Pour l’histoire no 5, 1984.
14 L’un des cochers récompensés, nommé Baujollois (sic), est le cocher de monsieur Bottu de la Barmondière, grand-père maternel du baptisé.
15 ADR, 52 J 93, p. 108.
16 ADR, 52 J 93, p. 112. Son acte de baptême (AML, 1 GG 370, fol. 365 recto) la prénomme Françoise Charlotte. Elle a également la même marraine que son cousin Charles François Sabot de Pizay baptisé deux mois auparavant : Marie Charlotte Deschamps épouse d’Alexis de Noyel, écuyer, seigneur de Belleroche.
17 ADR, 52 J 93, p. 160. L’acte de baptême (AML, 1 GG 370, fol. 443 verso) fournit des informations un peu différentes : l’enfant, prénommé Louis Antoine et né le 25 juillet, est baptisé le 27.
18 ADR, 52 J 93, p. 164. Son acte de baptême (AML, 1 GG 370, fol. 449 recto) indique qu’il est né le jour même, le 23 août. Il est prénommé Antoine Louis et son parrain est Louis Deschamps, chevalier, seigneur de Talancé, également parrain de Louis Antoine, baptisé le mois précédent…
19 C’est ainsi que François Sabot de Sugny désigne son épouse dans le livre de raison.
20 ADR, 52 J 93, p. 180.
21 ADR, 52 J 93, p. 249. Son acte de baptême (AML, 1 GG 371, fol. 115 recto) indique qu’elle est née la veille.
22 Pour juillet et août 1750, cette somme de 24 sols est mentionnée sous la forme d’1 livre 4 sols.
23 Pour des détails supplémentaires quant à cette pratique dans le cadre lyonnais, je me permets de renvoyer à Couriol É., « Godparenthood and social relationships in France under the Old Regime : Lyon as a case study », dans Alfani G., Gourdon V. (dir.), Spiritual Kinship in Europe, 1500-1900, Palgrave Macmillan, 2012.
24 Pour une comparaison avec le xixe siècle, cf. l’enquête menée par l’évêque de Chambéry pour savoir quelles sont les sommes versées lors des baptêmes et par qui (Milliex A., « Les coutumes familiales à Saint-Sorlin-d’Arves (Savoie) au xixe siècle », Le Monde alpin et rhodanien, 1978, no 1-2, p. 131-146. Je remercie Vincent Gourdon de m’avoir signalé cet article.
25 Lombard Deaux C., Typologie de seigneuries en Lyonnais et Beaujolais aux xviie et xviiie siècles, Thèse soutenue en 1992 sous la direction de Jean-Pierre Gutton, Université Lumière-Lyon II, p. 45. Le premier compte de baptême est reproduit dans l’ouvrage issu de la thèse de l’auteur, Seigneurs et seigneuries en Lyonnais et Beaujolais des Guerres de Religion à la Révolution. Organisation, fonctionnement, évolution de la vie des campagnes, Lyon, Éditions Bellier, 2005, p. 50.
26 Le baptême a lieu à Ainay. AML, 1 GG 375, fol. 198 verso.
27 Le baptême a lieu à Saint-Nizier. AML, 1 GG 134, fol. 20 recto.
28 Il signe Lavaud.
29 AML, 1 GG 416, fol. 39 recto.
30 Il signe également Lavaud.
31 ADR, BP 2110. Je remercie Benoît Faure-Jarrosson d’avoir attiré mon attention sur cet inventaire après décès. Même dans les couches sociales plus élevées, il est fréquent d’offrir des pièces d’argenterie de seconde main, déjà gravées. Ainsi, en 1729, souhaitant faire un présent à l’un de ses fils, le marchand de toile lavallois Pierre Duchemin du Tertre indique dans ses comptes : « J’ai acheté au Mans pour Duchemin une cuillère et une fourchette d’argent qui m’a coûté 27 livres. Elle n’est pas neuve, elle est marquée TD. » (Les Comptes ordinaires de Pierre Duchemin du Tertre marchand de toile et seigneur dans la première moitié du xviiie siècle, textes présentés par Antoine A., Laval, Société d’Archéologie et d’Histoire de la Mayenne, 1998, p. 65 et 66).
32 Dans les décennies 1650-1660, en région parisienne, les baptêmes s’accompagnent de nombreuses sonneries de cloches inopinées, que le curé souhaiterait contrôler. Elles permettent au sonneur de gagner quelque argent (Ferté J., La Vie religieuse dans les campagnes parisiennes (1622-1695), Paris, Librairie philosophique J. Vrin, Bibliothèque de la société d’histoire ecclésiastique de la France, 1962, p. 304-305).
33 Parcours singulier d’un homme ordinaire. Le livre de raison de Ponce Millet natif de Doux en Champagne, domestique et colporteur (1673-1725), présenté par Marby J.-P., Charleville-Mézières, Société d’Études Ardennaises, Cahier d’Études Ardennaises, no 18, 1999, p. 50.
34 Sœur de William Batten.
35 Journal de Samuel Pepys, Paris, Mercure de France, collection Le Temps retrouvé, no 42, 1987, p. 80. Lors de ce baptême anglican, à l’image de tous les autres mentionnés dans le journal de Pepys, l’enfant baptisé reçoit deux parrains (Ibid., p. 237, en date du 9 juillet 1665 et p. 370, en date du 21 novembre 1667).
36 Ibid., p. 316.
37 ADR, 52 J 93, p. 106.
38 Alfani G. et Gourdon V., « Il ruolo economico del padrinato : un fenomeno osservabile ? », Cheiron, 2006, no 45-46, p. 129-177, p. 149-151.
39 Des lois somptuaires visant à restreindre les dépenses engagées lors des baptêmes existent dès le xve siècle à Padoue (Bonardi A., « Il lusso di altri tempi in Padova », Miscellanea, série III, tome II, 1910, p. 1-292, p. 9 et 41).
40 Son identité complète est Marie Thérèse Françoise Bottu de la Barmondière.
41 Le livre de raison de Louis François Bottu de la Barmondière ne comporte aucune indication pour la période allant de novembre 1780 à mars 1781. Aucune étrenne n’est donc indiquée pour l’année 1781. De même, aucune étrenne n’est mentionnée pour les années 1784, 1786 et 1791.
42 ADR, 52 J 93, p. 38.
43 Elle n’avait pas reçu d’étrennes pour l’année 1744 (ADR, 52 J 93, p. 20).
44 ADR, 52 J 93, p. 56.
45 ADR, 52 J 93, p. 90.
46 ADR, 52 J 93, p. 116.
47 Elle est dite « à Ste Ursule » (étrennes pour 1748) ou « pentionnaire [sic] aux Ursules de la vielle [sic] monoye [sic] » (étrennes pour 1749).
48 Madame de Ruolz est certes mentionnée pour les étrennes de 1749 (la filleule de Marsilly est chez les Ursulines « près de sa tante »), mais elle n’a pas de rôle de transmission.
49 Son nom n’est pas précisé, l’espace est laissé blanc.
50 ADR, 52 J 93, p. 378.
51 ADR, 52 J 93, p. 408.
52 « Leur pauvre père mon ami est mort le sammedy [sic] 3 juillet 1779 à 2 heures du matin. Il est tombé malade le mardy 29 juin de St Pierre et le soir il était entièrement à luy mais sans usage de ses mains, de ses bras et de ses jambes. Je me recommande à luy étant mort en prédestiné. »
53 Le 27 décembre 1786, Louis François Bottu de la Barmondière compare « le sort de la Picard » à celui de sa cousine, domestique employée dans une autre maison, et laisse entendre que sa cuisinière n’a pas à se plaindre. Lors des étrennes pour l’année 1787, la cuisinière Picard et son mari reçoivent 24 livres « malgré s. m. façons » (ses mauvaises façons).
54 10 juin 1786.
55 1er mars 1789.
56 14 décembre 1789.
57 Août 1791.
58 Novembre 1791.
59 Archives départementales de Seine-et-Marne, 3 HDT 48, livre de raison de Jean-François Dubois, p. 31. Je tire cet extrait de Rivière S., « Les soucis de Jean-François Dubois : le livre de raison d’un officier de justice et de finance à Fontainebleau dans la seconde moitié du xviiie siècle », Travaux et Recherche de l’UMLV, mars 2000, no 1, p. 59-78.