Les aditus du théâtre du Haut du Verger à Autun
p. 259-304
Résumés
Les fouilles récentes du théâtre du Haut du Verger à Autun ont permis de mettre en évidence une partie de la chronologie d’un édifice bien connu, mais qui n’avait plus fait l’objet de recherches depuis 1977. Le Projet commun de recherche (PCR) sur le quartier antique de la Genetoye, mené par le Service archéologique de la ville d’Autun, a été l’occasion d’étudier l’angle sud du théâtre en 2013 et en 2014 ; puis une partie de sa zone interne, correspondant à la moitié nord de l’orchestra et de l’ima cavea en 2016. D’une campagne de fouille à l’autre, il a été possible d’observer le soin apporté à ces espaces du monument, utilisés particulièrement par les élites de la cité. De leur conception à leur décor, depuis l’extérieur de la façade jusqu’au cœur du monument, les accès privilégiés du théâtre du Haut du Verger témoignent du rapport étroit qui existait entre la population et les espaces publics de la cité. Les circulations au sein des édifices de spectacle contribuaient à la mise en scène quotidienne des habitants et facilitaient la reconnaissance de leur statut social par l’usage d’accès spécifiquement dédiés aux uns et aux autres.
The new excavations of the Haut du Verger theatre in Autun (Burgundy, France) have brought to light part of the chronology of a building well known, but which had not been the subject of research since 1977. The PCR research project on the ancient quarter of Genetoye, led by the Archaeological Service of Autun, provided the opportunity to study the southern corner of the theatre (2013‑2014), and then part of its internal area, corresponding to the northern half of the orchestra and the ima cavea (2016). From their conception to their decoration, from the outside of the façade to the inside of the monument, privileged accesses to the theatre of Haut du Verger show the close relationship that existed between the population and the public spaces of the city. The circulation within the theatre contributed to the daily staging of the inhabitants and facilitated the recognition of their social status through the use of accesses specifically dedicated to each other.
Texte intégral
1Le théâtre romain du Haut du Verger à Autun (Augustodunum) a fait l’objet entre 2013 et 2016 de plusieurs campagnes de fouilles dont les objectifs principaux étaient de mieux définir le plan du monument, son état de conservation et sa datation1. L’édifice, dont l’hémicycle s’ouvre vers l’est, se situe au nord-ouest du temple dit « de Janus » (fig. 1), hors de l’enceinte antique. Au cours des fouilles successives, il a été possible d’apporter plusieurs éléments de réponse à ces problématiques et notamment d’analyser les accès méridionaux, l’orchestra et l’ima cavea du théâtre.
Fig. 1 – Sanctuaire de la Genetoye (DAO A. Tisserand, Y. Labaune, 2022).

2Les deux premières campagnes de fouilles, menées en 2013 et 2014, ont mis au jour une vaste salle divisée en quatre nefs formant la basilique sud. L’adjonction d’une grande salle d’accueil sous forme de porche, directement ouverte vers le temple dit « de Janus », permet de s’interroger sur l’évolution et les fonctions de cet accès qui a fait l’objet d’une monumentalisation importante. La transformation des espaces d’accueil du théâtre se traduit par un agrandissement de l’édifice, mais aussi par un changement de ses décors et une répartition spécifique de ces derniers. Si les résultats de ces campagnes restent partiels, l’ensemble du théâtre n’ayant pas été fouillé, ils permettent néanmoins d’aborder la monumentalisation des circulations et des espaces d’accueil, la hiérarchisation des décors et les rapports existant entre les deux théâtres de la ville d’Augustodunum.
3En 1976, les prospections aériennes menées par René Goguey avaient révélé l’existence d’un second théâtre en périphérie de l’antique Augustodunum, au lieu-dit Le Haut du Verger2. Sur les premiers clichés aériens réalisés, plusieurs maçonneries ont été décelées et ont permis à R. Goguey de dresser une première ébauche du plan de l’édifice. Il a ainsi identifié la galerie périphérique du théâtre, probablement rythmée d’arcades, et deux couronnes successives de murs rayonnants qui soutenaient la cavea, permettant de supposer l’existence d’au moins deux maeniana. Deux accès menant à l’orchestra, vraisemblablement les aditus, se distinguent nettement le long de l’axe nord-sud longeant le diamètre du monument. Ils desservent également deux galeries concentriques. L’axe diamétral avait alors été estimé à 134 m de long ; il a ensuite été réévalué à 116 m à partir des données archéologiques obtenues lors des fouilles récentes3.
Chronologie du théâtre du Haut du Verger
4Dans le cadre du projet de recherche débuté en 2012, les premières campagnes de fouilles se sont concentrées sur l’angle sud du théâtre (fig. 2), permettant notamment de mettre au jour plusieurs structures antérieures ainsi que celles appartenant à l’édifice de spectacle4.
Fig. 2 – Plan restitué du théâtre de la Genetoye (DAO Y. Goubin).

5La zone du théâtre semble avoir été initialement occupée par des artisans travaillant le fer à l’extrême sud de l’angle actuel du théâtre. À proximité, une fondation antérieure, mais sur laquelle s’appuie l’un des seuils de l’aditus du second état, a été observée. Elle pourrait correspondre à un premier état du théâtre, formant ainsi la fondation d’un premier mur périmétral, mais aucun autre élément ne permet de confirmer cette hypothèse. Toutefois, les fondations d’un édifice monumental antérieur au théâtre avaient déjà été repérées en 19775.
6Le premier théâtre actuellement identifié a été construit au milieu du ier s. ap. J.‑C. selon le mobilier céramique découvert6. Bâti sur un terrain dépourvu de relief, il est possible que les structures rayonnantes apparues en prospection correspondent aux substructions du premier théâtre. Une partie du premier mur périmétral de l’édifice a également été observée. Il s’interrompt une première fois, pour la mise en place d’un passage vers l’intérieur du premier théâtre : il s’agit du premier état connu de l’accès menant à l’orchestra.
7Dans son deuxième état, réalisé dès la fin du ier s. ap. J.‑C., le théâtre fait vraisemblablement l’objet d’une extension de la cavea par l’ajout d’un maenianum supplémentaire, du moins d’une galerie périphérique (fig. 3). Cette construction entraîne un développement de la façade diamétrale du théâtre à ses extrémités par l’adjonction d’une basilique à quatre nefs au sud, dont les fondations ont été réalisées dans la continuité de celles des piles de la galerie périphérique. Comprise entre l’ancien mur d’enceinte du premier théâtre au nord et un nouveau mur périmétral au sud, la basilique est délimitée du côté ouest par le prolongement de l’ancien aditus donnant accès à la galerie périphérique, et présente du côté est trois ouvertures sur la nouvelle façade diamétrale du théâtre.
Fig. 3 – Restitution du phasage de l’angle sud du théâtre (DAO F. Ferreira).

8Dans le courant du iie s. ap. J.‑C., quelques reprises de maçonnerie sont attestées à la suite de l’effondrement des piles situées au nord de la première et de la seconde travée dans la nef centrale de la basilique. Les espaces entre les piles ont alors fait l’objet d’obturations formant dès lors un mur continu. Les constructeurs ont également cherché à consolider les fondations du monument par l’adjonction de nouvelles semelles de fondation entre les piles formant de larges paliers, complétant ainsi le maillage initialement réalisé. Sur les élévations, de nouveaux enduits ont également été disposés afin d’unifier les piles originelles et les murs construits dans leur continuité.
9Dans la première moitié du iiie s. ap. J.‑C., une vaste salle disposant d’une exèdre est ajoutée à l’arrière de la basilique. L’exèdre, disposée du côté est, comporte une ouverture à son extrémité, située dans l’axe de la nef centrale de la basilique, et présente deux larges ouvertures au nord et au sud. Deux stylobates et un fragment d’entablement ont été retrouvés dans l’exèdre et jouent un rôle structurel dans le couvrement de la salle adossée à la basilique. De part et d’autre de l’entrée axiale de cette dernière, deux autres stylobates, alignés avec ceux de l’exèdre, supportaient des colonnes. Dépourvues de rôle structurel, ces colonnes avaient pour objectif de monumentaliser cet accès au-dessus duquel se trouvait probablement une inscription, dont les fragments ont été retrouvés à proximité. La monumentalisation de l’aditus, de la basilique et de la salle à exèdre se traduit également par la mise en place de revêtements spécifiques, soulignant le soin apporté aux espaces d’accueil du théâtre.
10Les aditus du théâtre du Haut du Verger n’ont été observés que partiellement du côté sud de l’orchestra lors des campagnes de 2013 et 2014, et du côté nord en 20167. Ces sondages n’ont pas permis d’appréhender les aditus sur toute leur longueur, depuis l’extérieur jusqu’à l’orchestra, mais ils permettent plusieurs hypothèses quant à leur forme et leur utilisation ; leur chronologie relative peut également être estimée, en fonction des structures voisines appartenant à l’orchestra et des gradins de l’ima cavea8. Nous établirons un premier bilan des connaissances acquises sur chacun des aditus, au sud puis au nord, avant d’en dégager les principales caractéristiques.
Les aditus
L’aditus méridional
11L’aditus méridional est apparu lors des campagnes 2013 et 2014. Il constitue un couloir couvert, du moins à la hauteur du deuxième et du troisième maenianum, et se prolongeait probablement jusqu’à l’orchestra. Matérialisant l’axe nord-sud du théâtre, il s’ouvrait depuis l’extrémité de la cavea et donnait accès aux couloirs concentriques se prolongeant sous la summa cavea à l’ouest et à la basilique méridionale à l’est par trois ouvertures. L’aditus a été observé sur une longueur de 23,40 m et une largeur de 3 m. Trois sondages y ont été réalisés lors des deux premières campagnes de fouilles en 20139 puis 201410.
12Une première fenêtre, localisée au nord du seuil d’entrée de l’aditus en 2013, a fait l’objet d’une fouille plus étendue prenant toute la largeur du couloir, en 2014. Les données stratigraphiques obtenues ont permis de mettre en évidence les niveaux antérieurs à la construction de l’aditus, ceux associés à sa construction et à son occupation, puis les derniers niveaux en lien avec l’abandon du monument et la récupération de ses matériaux de construction avant son effondrement.
La séquence stratigraphique de l’aditus méridional
13Les premiers niveaux dégagés mécaniquement correspondent à la terre végétale puis au niveau de démolition qui a scellé le bâtiment lors de son effondrement. Ce dernier était composé de plusieurs strates de mortier et de matériaux de construction qui recouvraient les niveaux d’occupation du théâtre les plus récents.
14La séquence stratigraphique correspondant à l’occupation du site à l’époque romaine a été étudiée ensuite. Elle est constituée de quelques niveaux de travail comportant des enduits peints, des déchets de taille et quelques nodules de mortier. Les sols mis en relation avec cette séquence comportent également quelques inclusions, voire quelques fragments de terres cuites architecturales. Deux foyers de petites dimensions ont également été repérés au milieu de l’aditus, ce qui suggère qu’il n’était probablement plus utilisé comme espace de circulation au sein du théâtre. Quelques tranchées d’une faible profondeur ont été repérées le long des murs et recoupent les différents niveaux antérieurs. D’une largeur d’environ 40 cm et de faible profondeur, ces creusements semblent correspondre à la récupération des blocs qui formaient les caniveaux de part et d’autre du couloir. Ils devaient être raccordés à ceux documentés sur le seuil disposé au milieu de l’aditus, entre la summa et la media cavea. D’autres fragments présentant des restes de caniveau de mêmes dimensions ont été découverts. Les blocs étant brisés, il est probable que ces rebuts aient été abandonnés lors de la phase de récupération. Quelques lambeaux de couches de grès pulvérulentes comportant des éclats de pierre, associées aux tranchées, attestent également la récupération des blocs longeant l’aditus au cours de cette phase.
15Plusieurs niveaux, découverts sous les précédents, correspondent à la phase d’utilisation du théâtre. Il existe une succession de sols et de niveaux d’occupation alternés sur près de 20 cm, attestés essentiellement dans les sondages situés au nord de l’aditus, entre les tranchées de récupération (fig. 4). Le premier de ces sols mis en évidence est constitué d’un épais niveau de mortier jaune et compact d’environ 6 cm d’épaisseur. Si certaines strates ne forment que de faibles recharges de sols d’environ 0,5 cm à 2 cm, d’autres niveaux de sols construits peuvent être associés à une importante phase de reconstruction, comme lors de la mise en place des paliers dans les nefs de la basilique, ou lors du premier agrandissement du théâtre, où un sol de mortier jaune orangé très compact d’une épaisseur de près de 10 cm semble marquer une étape précise de la construction du monument. Quelques creusements, associés à ces niveaux de sols, sont également visibles : ils correspondent aux rigoles pour l’évacuation des eaux, dont le fond est matérialisé par une couche de mortier rose et un couvrement de terre cuite.
Fig. 4 – Structures et occupations observées dans l’aditus méridional (DAO F. Ferreira).

16Les niveaux antérieurs aux sols successifs de la partie sud de l’aditus correspondent aux phases de construction des murs et des piles qui le délimitaient. Plusieurs tranchées ont alors été repérées : d’abord celles liées à la disposition et au réajustement du seuil d’entrée et d’un deuxième seuil comportant un caniveau ; puis celles effectuées lors de la réalisation des murs et des piles avec leurs niveaux de construction associés. Plusieurs remblais composés de sable, de limons et de déchets de taille ont été mis au jour au sud de l’aditus afin d’asseoir le bloc de seuil donnant accès à l’ambulacre à l’ouest.
17Sous ces niveaux, un sol de mortier, suivi de sa préparation de gravier et de galets et quelques autres niveaux de sols (seulement conservés sous forme de lambeaux), scelle directement deux remblais successifs présents dans la plupart des sondages de l’aditus et la basilique. Ces niveaux de remblais de limon brun sombre reposaient sous deux couches de démolition quelque peu différentes de part et d’autre du seuil au caniveau : la première est essentiellement constituée de mortier jaune, tandis que la seconde comporte de nombreux nodules de mortier, des moellons et des fragments d’enduits peints rouges, verts, blancs et noirs. Ces niveaux, présents dans plusieurs sondages, n’étaient pas répartis de façon uniforme dans l’aditus et la basilique. Ils appartiennent très probablement à l’édifice antérieur au théâtre dont les décombres ont été répandus dans cette zone, soit pour la construction du théâtre dans son premier état, soit pour son extension dans son second état.
18Le substrat naturel, constitué d’un limon brun clair et de nombreuses inclusions de sable et de galets rougeâtres, n’a, pour des raisons de sécurité, été atteint que dans l’un des sondages de l’aditus, à la cote 289,89 m. Les maçonneries conservées sur plus d’1,60 m autour des autres sondages n’ont pas permis de poursuivre l’exploration archéologique de l’aditus.
19La séquence stratigraphique du sondage réalisé au nord du seuil au caniveau diffère sensiblement des autres : sous le niveau de construction lié à la mise en place du seuil et les tranchées de fondation des murs, un épais remblai d’environ 30 cm a été extrait d’une fosse orientée nord-sud, mesurant environ 60 cm de largeur et recoupant un niveau de démolition composé essentiellement de mortier orangé. Sous celui-ci ont été retirés quelques remblais qui scellaient deux niveaux de travail d’une couleur verdâtre (correspondant à de la poudre de grès et comportant quelques déchets de taille). Ils se situent à la même hauteur que la fondation d’un mur antérieur à la construction du théâtre et recouvert d’une couche de mortier jaune orangé lié à la désagrégation de la surface de la maçonnerie. D’une largeur d’environ 1,10 m, ce mur semble avoir été soigneusement déconstruit, comme en témoignent les parties les mieux conservées sur lesquelles s’appuient les fondations des murs encadrant le seuil. Ces différentes observations permettent d’établir une chronologie relative des structures et des occupations de l’aditus méridional.
Chronologie de l’aditus méridional
État 1. Le substrat géologique et les occupations antérieures à la période romaine
20L’épaisse couche de sable, de galets et de pierre rougeâtre mise au jour correspond au substrat naturel. Ce dernier présentait quelques creusements de petites dimensions qui n’ont pu être interprétés.
État 2. Les niveaux antérieurs à la construction du théâtre
21Plusieurs couches de remblais ont été disposées tout le long de l’aditus. Ces niveaux sont essentiellement constitués de limon brun sombre. Quatre remblais successifs présentant une matrice similaire ont été distingués. Ces différents remblais comportent de nombreux déchets fauniques et céramiques, tous datables du début ou de la première moitié du ier s. ap. J.‑C. Le dernier de ces remblais est recouvert d’une fine couche de mortier en surface qui marque le début de la séquence stratigraphique suivante. Ces niveaux brun sombre ont également été retrouvés dans les sondages réalisés au sein de la basilique.
22Au sud du seuil au caniveau, ce même remblai est recouvert par un mince niveau de gravier, peut-être un reste de sol, scellé par un autre remblai sur lequel a été étalé un épais niveau de démolition composé de mortier pulvérulent, d’amas de mortier et d’enduits peints rouges, blancs et verts qui n’ont pas été repérés sur les murs en place du théâtre dans son dernier état. Ces niveaux de démolition ne contiennent donc aucun matériau de construction utilisable et sont exclusivement constitués de déchets, ce qui signifie qu’il s’agit d’une démolition dont les matériaux ont été triés, les éléments bien conservés en ont probablement été retirés pour être remployés.
23Au milieu de l’aditus, le même remblai brun sombre a été retrouvé. Il est également scellé par une couche de gravier qui introduit la phase suivante. Ces remblais de limon brun sombre, scellés par la démolition d’une structure antérieure, datent aussi de la première moitié du ier s. ap. J.‑C. Il s’agit donc probablement d’un remblai préparatoire comportant des éléments d’occupation antérieurs à la construction du théâtre.
24Dans le sondage situé au nord du seuil au caniveau on relève une séquence stratigraphique quelque peu différente avant la construction des maçonneries du théâtre. Les remblais de limon brun sombre en sont absents et la structure la plus ancienne observée dans ce sondage est la fondation d’un mur orienté est-ouest arasé de façon soignée, et d’une couche de mortier orangé pulvérulent à sa surface. À cette fondation répondent plusieurs niveaux de travail et de remblai consécutifs à la récupération du mur. Plusieurs niveaux associés à cette fondation ont été mis au jour : une épaisse couche gris verdâtre très meuble et composée de sable, de graviers et de déchets de taille, puis une couche composée de nombreuses inclusions de mortier orangé et une fine couche d’occupation de limon brun constituent différentes phases de travail successives. II s’agit très probablement de la phase de récupération du mur associé à la fondation découverte. Une fosse large d’environ 90 cm recoupe ces différents niveaux ; son comblement comporte plusieurs éléments de terre cuite architecturale brûlée, du mortier et quelques fragments de moellons en moyen appareil, autant de matériaux qui pourraient provenir des mêmes structures arasées.
État 3. La construction et la fréquentation du théâtre
25• État 3‑1. Le premier théâtre : la construction des murs encadrant le seuil au caniveau
26Deux tranchées appartenant au chantier de construction du premier théâtre ont été observées au nord de l’aditus. Orientées nord-sud, il s’agit des tranchées de fondation des murs formant l’extrémité nord du couloir. Une autre, orientée est-ouest, a été effectuée pour la mise en place d’un seuil antérieur à celui actuellement visible. Une nouvelle couche de mortier, répandue de façon éparse au pied des maçonneries est celle du niveau de chantier associé à la construction des murs. Il s’agit des restes de mortier tombés au sol lors de la construction des élévations.
27Quelques niveaux de sols extérieurs en mortier beige peuvent être associés à ce premier théâtre. Ils ont exclusivement été localisés au sud du seuil au caniveau, il s’agit de la voirie bordant le premier édifice de spectacle. Ils sont recouverts par un fin niveau d’occupation de limon brun clair. Aucun mobilier n’a été retrouvé qui permette de dater ce premier édifice et son temps d’usage.
28• État 3‑2. L’agrandissement du théâtre : la construction et l’utilisation de l’aditus et de la basilique
29Différentes tranchées de fondations ont par la suite été mises en évidence dans l’aditus et la basilique. Elles sont en lien avec la construction du mur périmétral du second état et des piles bordant l’aditus ; celles-ci supportaient les voûtes couvrant les trois nefs de la basilique.
30Dans l’aditus, une première série de remblais de différentes natures a été disposée ; ils sont essentiellement composés de sable et de déchets de taille de grès grossier ou de mortier. Dans ceux-ci ont été creusées deux tranchées, l’une servant à la mise en place des blocs constituant un emmarchement vers l’ambulacrum et l’autre à la construction de la fondation filante entre les piles. D’autres remblais ont ensuite été apportés et forment un amas de tout-venant (limon, mortier, pierres et sable) recoupé par une tranchée de réajustement du seuil d’entrée de l’aditus. Un fin niveau de mortier épars, localisé au pied des différentes maçonneries est à mettre en lien avec la construction des élévations. Toute la surface du couloir a ensuite été revêtue d’un niveau de graviers rouges uniformément répartis ; il s’agit du niveau de préparation au sol de l’aditus dans son second état. Ils sont seulement recoupés par les tranchées de mise en place de caniveaux longeant l’aditus.
31Plusieurs niveaux de sols et d’occupation alternant recouvrent de façon uniforme la surface des sondages. Les niveaux de recharges successifs et les occupations qui leur sont associées ne mesurent que quelques millimètres d’épaisseur, suggérant la réfection régulière des sols pendant la fréquentation du théâtre comme édifice de spectacle.
32• État 3‑3. La consolidation et la restauration du théâtre : la construction des paliers entre la basilique et l’aditus
33La mise en place des paliers consolidant les piles de la basilique a été mise en évidence par le reste d’une tranchée observée seulement au milieu de l’aditus, à la hauteur de la nef centrale de la basilique. Il est probable que les autres tranchées, notamment celles ayant servi à mettre en place les paliers dans les deux autres nefs adjacentes aient été détruites par les tranchées de récupération.
État 4. La construction du bâtiment à exèdre
34Il convient de rappeler qu’avant l’abandon et la construction du théâtre, une autre phase peut être évoquée : il s’agit de l’érection du bâtiment à exèdre accolé à la façade de l’angle sud du théâtre. Si sa réalisation n’affecte pas directement les structures ou les séquences stratigraphiques associées à l’aditus, les espaces d’entrée ont néanmoins connu une dernière phase de monumentalisation importante, confortant le rôle majeur que jouaient les accès disposés sur la façade diamétrale du monument.
État 5. L’abandon et la récupération du théâtre
35Plusieurs tranchées de récupération situées bien au-dessus des fondations filantes ont été creusées pour récupérer les blocs de grand appareil qui devaient être disposés au sein de l’aditus. Leurs comblements respectifs comportent d’ailleurs de nombreux fragments d’enduits peints similaires à ceux retrouvés en place sur les maçonneries du second état du théâtre (panneaux blancs avec filets et bandes d’encadrement rouges), de la terre cuite architecturale et d’autres matériaux de construction (des nodules de mortier et des fragments de blocs notamment), ce qui suggère que l’édifice n’était déjà plus entretenu.
36Plusieurs niveaux de travail, de sols et d’occupation appartenant à cette phase de réoccupation et de récupération ont également été mis en évidence tout au long de l’aditus. La présence d’un foyer de faibles dimensions laisse supposer une occupation ponctuelle du couloir. Une monnaie datant de Victorin (269‑271) a également été découverte dans ces niveaux et permet de supposer un abandon progressif du monument et sa récupération dans le dernier quart du iiie s. ap. J.‑C.11.
État 6. L’effondrement du monument
37Les dernières traces d’occupation liées à l’abandon et à la récupération du théâtre sont scellées par l’effondrement des voûtes de l’aditus et de la basilique et comportent donc de nombreux matériaux de construction : blocs, terres cuites architecturales, remblais argileux (provenant probablement du comblement des caissons supérieurs de la cavea) et mortier. Il est intéressant de noter que les piles situées à la hauteur de l’aditus sont les plus arasées de la basilique. Cette zone, qui semblait déjà fragilisée au cours du iie s. ap. J.‑C. pourrait avoir cédé et entraîné l’effondrement de l’angle sud du théâtre. Contrairement au centre du monument exploré en 2016, où le chantier de récupération antique semblait en bonne voie d’achèvement, il semble que l’angle sud ait été scellé alors que les récupérateurs y étaient encore actifs12.
État 7. Les périodes moderne et contemporaine
38De même que dans la basilique, il semble que les niveaux archéologiques n’aient pas été atteints par les tranchées de récupération modernes ou contemporaines qui ont suivi l’effondrement du monument. Visibles en coupes, ces quelques recoupements de la démolition n’ont pu être datés. L’ensemble de l’aditus a par la suite été recouvert par un limon brun meuble correspondant à la mise en culture du Haut du Verger.
L’aditus septentrional
39L’aditus septentrional du théâtre du Haut du Verger a été mis au jour partiellement lors de la campagne 2016 : seule une partie du couloir, depuis la media cavea jusqu’à l’orchestra, a été mise au jour. Observée sur une longueur de 13,77 m, la section de l’aditus nord supportant la media cavea présentait une largeur de 3,08 m, puis le couloir se resserrait à partir de la galerie concentrique cernant l’ima cavea, réduisant la largeur du couloir à 2,11 m. L’aditus septentrional est délimité par les murs contenant les remblais de la media cavea et les gradins de l’ima cavea à l’ouest et à l’est, puis par l’orchestra au sud. La paroi orientale de l’aditus est alignée avec celle de la section des gradins de la media cavea, puis présente un léger décalage de 1,16 m vers l’ouest en longeant l’ima cavea.
La séquence stratigraphique de l’aditus septentrional
40Sous la terre végétale a été découvert un second niveau de limon légèrement plus clair comportant quelques inclusions de mortier et de moellons. Deux monnaies datant du règne d’Hadrien (117‑138) y ont été retrouvées. Cette couche recouvrait deux niveaux successifs : le premier était constitué d’un limon brun clair comportant de nombreuses inclusions de mortier, le second était composé d’un mortier rose pulvérulent qui reposait directement sur les blocs formant le sol de circulation, en grande partie absent, et seulement présents à l’extrémité nord du sondage (fig. 5). Ces blocs reposaient eux-mêmes sur un niveau de sol préparatoire de mortier. Ce dernier est recoupé par un creusement, qui s’étend de part et d’autre de l’aditus. Il est comblé par une couche hétérogène comportant des blocs de moyen appareil et des moellons noyés dans une matrice de limon brun. Notons que ces fosses ont probablement été réalisées au-dessus des blocs de grand appareil qui renforçaient les angles des murs. Au fond du creusement est visible un niveau de mortier plus ancien correspondant probablement à un état antérieur de l’aditus.
Fig. 5 – Structures de l’aditus septentrional, section traversant la media cavea (cliché F. Ferreira).

41Dans son prolongement vers l’orchestra (fig. 6), un autre niveau de limon, comportant de nombreux nodules de mortier, plusieurs moellons et blocs de tailles différentes, a été observé ; le mobilier métallique retrouvé dans cette couche peut être daté de la seconde moitié du ier s. ap. J.‑C. au iiie s. ap. J.-C13. Sous ce niveau se trouvait une couche similaire, comportant davantage d’éléments lapidaires, qui reposait directement sur un niveau de mortier épais correspondant au sol préparatoire de l’aditus, composé de blocs grossièrement taillés noyés dans du mortier. Il est traversé par le prolongement de la canalisation visible dans l’orchestra. De part et d’autre du couloir, dans l’ima cavea seulement, sont présentes deux rainures comblées par des fragments de blocs épars et destinées à recevoir le parement des murs de l’ima cavea. Dans ces rainures, un sol de mortier situé sous la préparation du sol a été repéré de part et d’autre du couloir. L’ensemble de la zone étant maçonné, aucune tranchée de fondation ni aucun niveau de construction antérieur aux sols de mortier n’ont été observés pour ces structures. Elles constituent donc les principaux indices permettant d’établir la suite de cette séquence chronologique.
Fig. 6 – Structures de l’aditus septentrional, section traversant l’ima cavea (cliché F. Ferreira).

42Le sol de l’aditus septentrional présente quelques différences entre la section traversant la media cavea et son prolongement dans l’ima cavea.
43À hauteur de la media cavea, l’aditus présente une largeur proche de celle de l’aditus méridional. Plusieurs phases d’occupation y ont également été distinguées. Le niveau d’occupation le plus récent trouvé dans l’aditus septentrional correspond à une couche de limon brun clair comportant de nombreuses inclusions de mortier qui recouvrait un niveau de mortier rose pulvérulent. Ce niveau de travail correspond probablement au chantier de récupération des dalles couvrant le sol de l’aditus et peut être mis en relation avec la fosse de récupération visible de part et d’autre du débouché de l’aditus, sur la galerie concentrique. Ce creusement de forme irrégulière, qui correspond davantage à un démontage des sols et des murs, avait pour objectif de récupérer les blocs de grand appareil qui constituaient les fondations à l’extrémité des murs de l’aditus. Il se divise en deux parties plus profondes donnant lieu à une première fosse, à l’est, de 3,38 m de long, 1,68 m de large et 32 cm de profondeur ; à l’ouest, elle présente une profondeur équivalente, mais des dimensions plus modestes (2,22 m de long et 1,48 m de large).
44Neuf dalles de grès sont encore préservées in situ : hautes de 34 cm, elles reposaient sur une couche de préparation composée d’un mortier rose orangé et de blocs de moyen appareil, mal équarris, épais de 42 cm. Ces dalles, en partie arrachées, venaient buter contre un rebord maçonné, situé à l’avant de la canalisation qui présentait un parement calcaire de chaque côté. Bien que la fosse de récupération ait entamé largement le sol du dernier état de l’aditus, elle a permis de mettre en évidence les structures antérieures. Un premier niveau de sol a ainsi été découvert et correspond probablement à un premier état de l’aditus. Son mortier lissé devait servir de niveau préparatoire et recevait certainement des blocs similaires à ceux observés dans l’état postérieur de l’aditus. Il est probable que ces mêmes blocs aient été réutilisés d’un état à l’autre du monument. Les élévations de l’aditus présentent également quelques indices de ces deux phases de construction. Dans la partie basse du mur est, on remarque la présence d’un trou de boulin situé au ras du sol. Ce dernier a probablement été réalisé lors de la construction de l’aditus, se situant à environ 70 cm du sol de préparation antérieur observé précédemment. On peut également souligner que les blocs de grand appareil formant l’extrémité ouest de l’aditus ne sont pas dans leur position originelle. En effet, la disposition curieuse des blocs et l’incohérence des trous de bardage et d’agrafe visibles permettent de supposer qu’ils ont été disposés sans tenir compte de leur positionnement primaire.
45Le prolongement de l’aditus dans l’ima cavea présente lui aussi différentes phases de construction. De nombreux débris de dalles et de blocs ont été retrouvés dans cette partie de l’aditus ainsi que plusieurs fragments provenant probablement de l’extrémité de la voûte, qui devait s’arrêter à la hauteur du débouché de l’aditus sur la galerie concentrique. Le niveau de sol le plus récent recouvrait la partie centrale de l’aditus, formé par une chappe épaisse de mortier d’une vingtaine de centimètres. De part et d’autre de ce niveau préparatoire, qui devait recevoir un dallage aujourd’hui disparu, deux rainures plus marquées ont été repérées directement au pied des parois orientale et occidentale de l’ima cavea. Elles recevaient le parement qui masquait ainsi la seconde phase de reconstruction des gradins.
46D’autres niveaux de sols préparatoires sont visibles au fond des rainures. Situés sous la chape de mortier postérieure, ils correspondent à un état antérieur et se situent à la même hauteur que le niveau théorique de circulation de la galerie concentrique dont la canalisation rejoint celle de l’aditus. Son prolongement vers l’orchestra pourrait être lié à l’absence de toiture : en effet, à partir du croisement entre l’aditus et la galerie concentrique, les espaces de circulation étaient à ciel ouvert. Ces premiers niveaux de sols préparatoires présentaient déjà un pendage vers le sud.
Chronologie de l’aditus septentrional
47L’aditus septentrional du théâtre du Haut du Verger présentait donc deux états perceptibles à la transition entre l’ima et de la media cavea. Dans le premier état de l’aditus, deux niveaux de sols préparatoires ont été découverts. Il existait un sol constitué de blocs en grand appareil dans la partie couverte de l’aditus à la hauteur de la media cavea, puis un dallage plus fin a été mis en place dans l’ima cavea. Les revêtements de ces premiers sols n’ont pas été retrouvés, mais ils pourraient avoir été réutilisés dans le second état de l’aditus, notamment pour la partie longeant la media cavea.
48Dans le second état, les sols ont été rehaussés par une épaisse chappe de mortier dans les deux parties de l’aditus qui recevait à son tour un revêtement. Dans la partie de l’aditus longeant l’ima cavea, le rehaussement du niveau de sol a été accompagné d’une reprise des parements correspondant à la réfection des gradins ; dans la seconde, longeant la media cavea, le rehaussement des sols a peut-être été suivi d’une reprise des maçonneries, sans qu’il soit possible d’en préciser l’étendue en raison de l’espace restreint où elles ont été observées.
49La différence de largeur entre les deux sections de l’aditus peut être liée à une meilleure gestion des flux de spectateurs, dont seule une partie restreinte pouvait alors accéder à l’orchestra, ou bien à deux états successifs éventuels du complexe scénique. Les données concernant les gradins présents à l’est de l’aditus septentrional, qui ne présenteraient qu’une seule phase de construction, restent encore ténues.
50La vision globale des deux aditus tend à confirmer le caractère ostentatoire des accès du théâtre, tant par le traitement spécifique des sols que par celui des élévations. Cet aspect est également confirmé par les décors pariétaux mis en place dans les accès du monument.
Le décor
51L’étude des revêtements architecturaux décoratifs du théâtre est toujours en cours dans le cadre du PCR de la Genetoye14. Néanmoins, il nous est possible d’en présenter quelques caractéristiques observées grâce aux éléments qui furent découverts in situ. Le nettoyage et l’assemblage des enduits peints découverts effondrés ou en remblai n’ont pas encore été effectués ; une importante étape de reconditionnement est également nécessaire15. Les informations transmises sur le décor de l’édifice dans le cadre de cet article constituent donc une introduction et seront ultérieurement mises à jour.
52Dans la partie de l’aditus méridional qui a été fouillée, quelques enduits peints rouges ont été observés sur les parois correspondant au premier état du théâtre. L’étude des éléments conservés en caisse nous permettra sans doute de savoir s’il s’agissait d’un décor uniformément rouge ou s’il présentait des éléments structurants et des motifs. Dans le reste de la basilique, sur les piles et les parois du mur d’enceinte de l’édifice, des joints ont été tirés au fer, imitant un appareil régulier, puis recouverts, à une date indéterminée, par un décor monumental à fond blanc avec des filets et bandes d’encadrement rouge délimitant de larges panneaux (fig. 7 et 8). Des traces de piquetage sur les joints tirés au fer sont visibles en plusieurs points et témoignent de cette réfection, de ce changement de décor. Deux types de joints ont ainsi été identifiés :
- les joints tirés au fer « classiques », que l’on retrouve sur de nombreux sites bourguignons (Alésia, Mâlain par exemple) et qui peuvent être également peints en rouge, en noir, en jaune et même en vert (très rare). À Autun, il ne semble pas y avoir a priori de traitement peint, mais cela mériterait confirmation après observation précise et systématique des clichés et des fragments conservés ;
- les joints regarnis16 et regrattés, beaucoup moins fréquents, laissant apparaître uniquement le joint sous la forme d’une baguette dont le traitement est proche de celui des stucs (fig. 9). Ce travail important de finition indique clairement que les joints étaient visibles et constituaient donc un élément de décor17 (fig. 10).
Fig. 7 – Fragment d’enduit peint à fond blanc avec filet d’encadrement intérieur rouge découvert en 2014 lors de la fouille du théâtre (cliché N. Delferrière).

Fig. 8 – Fragments d’enduit peint blanc effondré en place (parement sud P2002) : fond blanc traversé par une large bande rouge (cliché F. Ferreira).

Fig. 9 – Fragments de joints regarnis particulièrement bien conservés provenant du mur 6018, découverts en 2013 (cliché N. Delferrière).

Fig. 10 – Joints regarnis sur le parement est M0001 (piédroit couloir sud) [cliché F. Ferreira].

53Plusieurs fragments d’une frise de stucs à rai-de-cœur18, située probablement en couronnement de paroi, ont également été découverts, mais leur place réelle au sein du décor ne peut pas être définie parce qu’ils ont été retrouvés à proximité d’une aire de gâchage de chaux, avec récupération des matériaux au cours du iiie s., et qu’ils ont pu être arrachés à différentes parties de l’édifice.
54Comme pour le théâtre de Fourvière19, le choix d’un décor à fond blanc n’est pas anodin : il permet facilement d’illuminer l’espace, mais dans le cas précis d’Autun, ce sont sans doute des considérations économiques qui ont contribué à ce choix. Tout d’abord, parce que peindre une paroi à fond blanc avec des filets et bandes d’encadrement rouges est plus simple que de réaliser un décor en relief, mais également parce que les vestiges du décor peint indiquent que ce dernier semble avoir été réalisé très rapidement, d’après les coups de pinceaux visibles sur les filets et bandes d’encadrement. Sans invoquer un jugement esthétique moderne, il apparaît clairement que le décor autunois a été réalisé par un atelier de peintre qui a probablement été contraint de travailler plus rapidement que celui qui a décoré l’aditus du théâtre de Fourvière à Lyon. Mais dans les deux cas, ces deux types de décor participent d’une même volonté de monumentaliser l’espace. La future étude détaillée des fragments d’enduits peints du théâtre du Haut du Verger permettra de compléter ces différentes observations et, nous l’espérons, d’obtenir une vision précise de son décor, entre basilique et aditus.
Évolution et fonctions des aditus du théâtre du Haut du Verger
55Les aditus du théâtre du Haut du Verger présentent la particularité, malgré une observation partielle, d’exposer les états successifs des accès principaux menant au cœur du monument, depuis sa construction jusqu’à son effondrement.
56Dès le premier état connu du théâtre, les aditus semblent avoir bénéficié d’un traitement spécifique. L’accès était possible depuis la rue adjacente au sud du théâtre, dont seul le revêtement de mortier a été observé. Il est probable que le seuil originel ait été déplacé : en effet, outre les données stratigraphiques qui permettent d’établir que le seuil au caniveau a été mis en place dans une phase postérieure, il est possible que le premier seuil d’entrée de l’aditus ait disposé d’un système de fermeture, comme celui du second état. Aucune marque de ce type n’est visible sur le seuil au caniveau encore en place aujourd’hui.
57La présence d’enduits peints et l’utilisation d’un grand appareil pour les sols illustrent le soin particulier apporté aux aditus. Notons que le décor d’enduit peint rouge retrouvé dans l’aditus méridional n’a pas fait l’objet d’une reprise ou d’un piquetage pour être recouvert, ce qui pourrait suggérer le souhait de préserver le décor initial de cette partie du monument, couverte et protégée, destinée aux spectateurs qui depuis ce point ne pouvaient qu’accéder à l’ima cavea ou aux rangs inférieurs de la media cavea.
58Il semble également que la gestion de l’eau ait été traitée avec soin dès ce premier état. Si l’on suppose que les niveaux les plus anciens de l’aditus septentrional correspondent au même premier édifice, il existait dans la partie de l’aditus longeant l’ima cavea une canalisation qui permettait d’emblée la gestion des eaux de pluie accumulées dans la galerie concentrique, l’ima cavea et l’orchestra. L’aditus est dès lors intégré à l’ensemble du réseau hydraulique aménagé dans le théâtre. La présence de rigoles disposées dans les parties couvertes du second état de l’aditus soulève de nouveau la question de leurs fonctions. Elles pouvaient être employées pour le nettoyage des couloirs et permettre l’évacuation des eaux utilisées ou faciliter l’écoulement des eaux qui proviendraient du débouché de l’aditus.
59Il reste actuellement impossible, faute de relation stratigraphique directe, d’associer les états postérieurs observés dans chaque aditus. Dans la partie sud, le second état correspond à la mise en place de la basilique et de la summa cavea, entraînant le prolongement de l’aditus. Dans la partie nord du théâtre, la seconde phase est caractérisée par une rehausse des sols de l’aditus et de l’orchestra ainsi que par une importante restructuration de l’ima cavea (fig. 11).
Fig. 11 – États successifs de l’ima cavea, états 1 et 2 (DAO F. Ferreira).

60Le premier état de l’ima cavea présentait initialement quatre sections de gradins, séparées par trois couloirs rayonnants. Le centre utilisé pour tracer les gradins de l’ima cavea était situé sur le rebord occidental de la canalisation, au centre du diamètre de l’orchestra. Dans le second état, la rehausse des sols a été accompagnée de l’obstruction des couloirs rayonnants divisant chaque section de l’ima cavea (à l’exception de celui situé dans le petit axe du monument) et de la reconstruction des gradins, mais selon un centre différent situé du côté oriental de la canalisation. Le tracé des gradins s’en est trouvé modifié, décalé vers l’est : il a probablement été défini pour la mise en place du prolongement rectiligne de l’ima cavea à l’est de l’aditus. Une extension similaire de l’ima cavea est attestée au théâtre de Barzan. Dans cet exemple, le prolongement rectiligne des gradins a permis la mise en place des aditus20.
61Si l’on admet que les deux états observés au nord et au sud du théâtre sont contemporains, ils répondraient donc à une restructuration globale de la cavea pour augmenter la capacité d’accueil des spectateurs. Ces modifications auraient eu d’importantes répercussions sur toute la zone orientale du théâtre, tout comme la mise en place des accès périphériques monumentalisés par l’ensemble du décor. On remarque par ailleurs que le même type de revêtement est employé dans d’autres édifices autunois, comme le théâtre intra-muros.
62À propos de cet édifice, le plus grand des Gaules, avec son diamètre de 147,80 m, Paul-Marie Duval et Pierre Quoniam mentionnaient que l’appareil était constitué de petits moellons à joints particulièrement soignés, et sans rangs de briques, ce qui témoignait, d’après eux, d’une construction du ier s.21. Il semblerait donc qu’on retrouve ce même type de décor visible de joints tirés au fer, mais aucune étude du décor du théâtre n’a, à notre connaissance, encore été menée à son terme22, en particulier dans la partie des aditus, alors même que des colonnes de marbres divers et une tête modelée en stuc23 (1829) y ont été retrouvées24. Pour Alain Rebourg, la construction serait à placer à la période flavienne tout en mentionnant qu’aucun document archéologique ne permet de le confirmer25. Désormais, on envisagerait un espace réservé aux monuments de spectacle (théâtre et amphithéâtre) dès lors que le tracé de la ville, la trame viaire et son enceinte sont réalisés dès la période julio-claudienne26.
63Selon les travaux d’Albéric Olivier, la présence d’un mur accolé à la façade diamétrale du théâtre intra-muros correspondrait à une forme de construction originale27. Une autre lecture possible serait de supposer deux phases de construction distinctes ; la première correspondrait au mur interne du monument, la seconde au mur accolé pourvu d’imposants contreforts semi-circulaires. Le mur parallèle au mur de soutènement serait un mur récupéré, initialement construit en opus africanum. À la lumière des découvertes récentes, et notamment de celle de la façade diamétrale du théâtre du Haut du Verger – où les seuils et les piles ont été retrouvés en alternance – il est très probable que la façade du théâtre intra-muros ait plutôt disposé du même type d’ouvertures débouchant sur l’aditus. Il est intéressant de noter qu’A. Olivier avait déjà observé que la mise en place de ce mur en façade était postérieure à la construction initiale28. La réalisation de nouveaux accès en façade, structurant les aditus à la fin du ier s. ou au début du iie s. ap. J.‑C., pourrait traduire une affirmation de la place prise par ces derniers dans le développement de l’architecture théâtrale à Autun et, plus largement, d’une interaction plus marquée entre le théâtre et son environnement urbain. Si les aditus du théâtre intra-muros pouvaient être associés aux voies reliant l’édifice aux aires monumentales situées dans les parties hautes de la ville, se rapprochant d’autres formules urbaines comme à Vienne, le lien entre le théâtre du Haut du Verger et le sanctuaire dit « de Janus » se présente de façon plus certaine. Il est souligné par la présence de murs séparant le théâtre et la zone du temple du reste du quartier de la Genetoye, selon une formule déjà observée dans d’autres sites de l’est de la Gaule et des Germanies29.
64Les aditus du théâtre du Haut du Verger se présentent dès lors comme un exemple soulignant le développement important des accès en façade des théâtres et de leurs circulations vers les parties internes du monument. Les recherches futures permettront peut-être de déterminer la forme de la scène du théâtre du Haut du Verger et si l’édifice a d’abord disposé d’un aditus et d’accès frontaux menant à l’ima cavea, ou si ceux-ci ont seulement été ajoutés à partir de la seconde phase du monument, marquée par le développement de l’ensemble du sanctuaire. Le caractère privilégié des aditus se présente sous divers aspects. Le cheminement vers l’orchestra est facilité par un niveau de circulation constant, assurant un certain confort. Ces espaces bénéficient d’un décor particulier, depuis la façade extérieure jusqu’au débouché de l’aditus. Leur rétrécissement progressif permettait également de jouer un rôle discriminant, invitant les spectateurs à abandonner progressivement les espaces plus vastes, comme la basilique, pour se diriger vers les places correspondant à leur statut social. Au sein du théâtre du Haut du Verger, la reformulation architecturale de l’ima cavea, où les élites prennent place, a donc entraîné une redéfinition de ses accès, et notamment celle des aditus, qui participaient pleinement à la mise en scène des notables de la cité, tandis que les autres spectateurs étaient répartis dans les parties supérieures de la cavea, à partir de la galerie périphérique du théâtre.
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Izri 2016 : S. Izri, « Inventaire et datation des monnaies », dans Y. Labaune (dir.), Le complexe monumental de la Genetoye (Autun, Saône-et-Loire) dans son environnement. Approches diachroniques et pluridisciplinaires de la confluence Arroux / Ternin de la Préhistoire au Moyen Âge, rapport de fouilles, ville d’Autun, DRAC Bourgogne-Franche-Comté, SRA, Dijon, 2016 (inédit), vol. 3, p. 86‑112.
Izri 2018 : S. Izri, « Inventaire et datation des monnaies », dans Y. Labaune (dir.), Le complexe monumental de la Genetoye (Autun, Saône-et-Loire) dans son environnement. Approches diachroniques et pluridisciplinaires de la confluence Arroux / Ternin de la préhistoire au Moyen Âge, rapport de fouilles, ville d’Autun, DRAC Bourgogne-Franche-Comté, SRA, Dijon, 2018 (inédit), vol. 3, p. 361‑364.
Labaune 2014 : Y. Labaune, Autun antique, Paris, Éditions du patrimoine/Centre des monuments nationaux, 2014.
Labaune, Kasprzyk 2015 : Y. Labaune, M. Kasprzyk, avec la collab. de S. Alix, A. Delor-Ahü, A. Hostein, S. Mouton-Venault, P. Nouvel, S. Venault, « Autun/Augustodunum, cité des Éduens », dans M. Reddé, W. Van Andringa (dir.), La naissance des capitales de cités en Gaule chevelue, publié dans Gallia 72/1, 2015, p. 195‑215.
Moro 2013 : F. Moro, « Étude céramique », dans Y. Labaune (dir.), Le complexe monumental de la Genetoye (Autun, Saône-et-Loire) dans son environnement. Approches diachroniques et pluridisciplinaires de la confluence Arroux / Ternin de la Préhistoire au Moyen Âge, rapport de fouilles, ville d’Autun, DRAC Bourgogne-Franche-Comté, SRA, Dijon, 2016 (inédit), vol. 2, p. 207‑229.
Olivier 1987 : A. Olivier, « Le théâtre », dans M. Pinette (dir.), Autun/Augustodunum, capitale des Éduens, cat. exp. (Hôtel de ville, Autun, 16 mars-27 oct. 1985), Autun, ville d’Autun/Musée Rolin, 1987, p. 58.
Olivier, Rebourg 1991 : A. Olivier, A. Rebourg, « Le théâtre antique d’Autun : nouvelles observations et restitution », Revue archéologique de l’Est et du Centre-Est 42/1, 1991, p. 125‑152.
Perruche, Tisserand 2013 : R. Perruche, N. Tisserand, « Étude du mobilier métallique », dans Y. Labaune (dir.), Le complexe monumental de la Genetoye (Autun, Saône-et-Loire) dans son environnement. Approches diachroniques et pluridisciplinaires de la confluence Arroux / Ternin de la Préhistoire au Moyen Âge, rapport de fouilles, ville d’Autun, DRAC Bourgogne-Franche-Comté, SRA, Dijon, 2013 (inédit), vol. 2, p. 233‑238.
Rebourg 1998 : A. Rebourg, « L’urbanisme d’Augustodunum (Autun, Saône-et-Loire) », Gallia 55, 1998, p. 141‑236.
Rebourg, Niaux 1993 : A. Rebourg, R. Niaux, Autun, Carte archéologique de la Gaule 71/1, Paris, Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 1993.
Rebourg, Olivier 1991 : A. Rebourg, A. Olivier, Les caves joyaux ou le théâtre antique d’Autun, Autun, Ville d’Autun/Musée Rolin, 1991.
Saggese 2018 : A. Saggese, « Relecture d’un lot de céramique remarquable du théâtre du Haut du Verger issu de la campagne 2014 », dans Y. Labaune (dir.), Le complexe monumental de la Genetoye (Autun, Saône-et-Loire) dans son environnement. Approches diachroniques et pluridisciplinaires de la confluence Arroux / Ternin de la préhistoire au Moyen Âge, rapport de fouilles, ville d’Autun, DRAC Bourgogne-Franche-Comté, SRA, Dijon, 2018 (inédit), vol. 3, p. 309‑315.
Tendron, Nadeau, Mousset 2016 : G. Tendron, A. Nadeau, J. Mousset, « Le théâtre de la Garde à Barzan (Charente-Maritime) : un monument atypique », dans A. Bouet (dir.), Monumental ! La monumentalisation des villes de l’Aquitaine et de l’Hispanie septentrionale durant le Haut-Empire. Actes du 6e colloque Aquitania, Villeneuve-sur-Lot, 10‑12 déc. 2015, Bordeaux, Éditions Ausonius, 2016, p. 799‑816.
Thivet et al. 2016 : M. Thivet, M. Joly, P. Barral, M. Glaus, F. Ferreira, « Les recherches dans le quartier de la Genetoye à Autun (71). Bilan de la campagne 2014 », dans Journée d’actualité archéologique en pays Éduen. Actes de la journée du 29 Mai 2015, Autun, Service archéologique de la ville d’Autun, 2016, p. 7‑12.
Tisserand, Perruche 2014 : N. Tisserand, R. Perruche, « Le mobilier métallique », dans Y. Labaune (dir.), Le complexe monumental de la Genetoye (Autun, Saône-et-Loire) dans son environnement. Approches diachroniques et pluridisciplinaires de la confluence Arroux / Ternin de la Préhistoire au Moyen Âge, rapport de fouilles, ville d’Autun, DRAC Bourgogne-Franche-Comté, SRA, Dijon, 2014 (inédit), vol. 2, p. 348‑368.
Vuillemot, Guillaumet 1977 : G. Vuillemot, J.‑P. Guillaumet, Théâtre, lieu-dit Le Haut du Verger, DRAC Bourgogne-Franche-Comté, SRA, Dijon, 1977 (inédit).
Notes de bas de page
1 « Le complexe monumental de la Genetoye (Autun, Saône-et-Loire) dans son environnement. Approches diachroniques et pluridisciplinaires de la confluence Arroux/Ternin de la Préhistoire au Moyen Âge », Projet commun de recherche porté par l’UMR 6298 ARTEHIS (université de Bourgogne-Franche-Comté, Dijon) reposant sur un partenariat archéologique entre le Service archéologique de la ville d’Autun, l’université Paris-Sorbonne (UMR 8167 Orient et Méditerranée) et l’UMR 6249 Chrono-environnement (université de Bourgogne-Franche-Comté, Besançon) et financé par le ministère de la Culture et de la Communication, avec le soutien de la ville d’Autun.
2 Goguey 1992, p. 46 et p. 52, fig. 5‑6.
3 Sur la reconstitution du plan du théâtre, voir Bossuet et al. 2015 ; pour une redéfinition du plan à partir des recherches plus récentes et de l’ensemble des données obtenues (fouilles et prospections), voir Ferreira 2018a, p. 778‑780.
4 Pour un résumé des différentes campagnes, voir les rapports Ferreira 2013 ; Ferreira 2014 ; Ferreira 2015 ; Ferreira 2016 ; Ferreira 2017 ; Ferreira 2018 ; ainsi que les différentes publications des journées d’actualité archéologique en territoire éduen : Ferreira, Louis 2015 ; Thivet et al. 2016 ; Ferreira, Goubin, Delencre 2017 ; Ferreira 2018b.
5 En 1977, certains caissons de la media cavea avaient également fait l’objet d’une première campagne de fouille ; à ce sujet voir Vuillemot, Guillaumet 1977 ; Goguey 1992, p. 46.
6 Sur les différentes études de la céramique, voir Moro 2013, p. 207‑230 ; Curria 2013, p. 315‑344 ; Curria 2014, p. 45‑78 ; Curria 2016, p. 79‑83 ; Curria 2018, p. 301‑308 ; Saggese 2018, p. 309‑315.
7 Il n’avait pas été possible de poursuivre les fouilles de l’aditus sud vers l’orchestra en raison de l’implantation de lignes à haute tension (voir Ferreira 2016).
8 Pour une relecture globale de la partie inférieure du théâtre de la Genetoye, voir Ferreira 2018a, p. 453‑472.
9 Pour le détail des données stratigraphiques associées aux sondages de l’aditus méridional, voir Ferreira 2013, p. 200‑206 et Ferreira 2014, p. 270‑275.
10 Voir principalement Ferreira 2018a, p. 468‑469.
11 Pour les différentes études numismatiques réalisées sur le théâtre du Haut du Verger, voir notamment Izri 2014, p. 346‑348 ; Izri 2016, p. 86‑112 ; Izri 2018, p. 361‑364.
12 On notera par exemple la présence d’un bloc en bon état encore en cours d’extraction dans l’escalier menant vers le bâtiment de scène, ou la présence de mobilier métallique remisé dans l’angle sud de la basilique.
13 Pour les études sur le mobilier métallique, voir notamment Perruche, Tisserand 2014, p. 233‑238 ; Tisserand, Perruche 2015, p. 348‑368 ; Brun, Tisserand 2016, p. 120‑145 ; Cassagnes, Brun, Tisserand 2018, p. 316‑360.
14 Delferrière 2017 ; Delferrière 2018 ; Delferrière 2020.
15 Nous remercions sincèrement le Service archéologique de la ville d’Autun (SAVA), en particulier Yannick Labaune et Tristan Dessolin, d’avoir proposé d’organiser un stage d’initiation à l’étude des enduits peints au sein de l’institution, afin de permettre le nettoyage et l’assemblage des enduits peints. L’idée avait été envisagée avant la pandémie de 2020. Cette dernière ayant bousculé la vie et l’emploi du temps de tous, nous n’avons pas encore pu planifier cette étude. Nous recontacterons à ce sujet le Service archéologique dans les meilleurs délais.
16 Coutelas 2005, p. 333, fig. 6 et Coutelas, Büttner 2009.
17 Voir notamment les exemples répertoriés dans Coutelas, Monier 2012.
18 L’étude des stucs dans le cadre du PCR de la Genetoye est confiée à Julien Boislève. Les rapports de fouille des différentes années indiquent que ces éléments n’ont pas encore été étudiés.
19 Voir Fellague, Delferrière dans ce volume.
20 Tendron, Nadeau, Mousset 2016, p. 308‑314.
21 Duval, Quoniam 1963, p. 176 et fig. 25.
22 Les fouilles anciennes ont fait peu de cas des éléments de décor (voir Rebourg, Niaux 1993, p. 72‑74).
23 Modelage de 8,5 cm de hauteur, 7 cm de largeur, représentant une tête tournée de trois-quarts à droite avec une chevelure dont plusieurs mèches sont ramenées vers l’arrière. Sa bouche et ses yeux sont légèrement incisés. L’aspect général de cette tête aux traits enfantins nous permet de proposer d’identifier un Amour. Ce fragment devait orner une voûte à l’instar de celle de l’entrée principale du théâtre d’Ostie, mais nous ne connaissons pas le lieu exact de sa découverte ; il n’est donc pas exclu qu’il ait pu orner l’un des aditus s’ils étaient couverts. Il est conservé au musée Rolin (no inv. B. 1806). Voir Frizot 1977, p. 138‑139, no 30 ; Frizot 1987, p. 92‑93, no 139.
24 Le décor du théâtre intra-muros est en cours de traitement dans la thèse de N. Delferrière.
25 Rebourg 1998, p. 188.
26 Labaune, Kasprzyk 2015, p. 207.
27 Olivier, Rebourg 1991, p. 137‑138 ; voir également Olivier 1987, p. 58 ; et plus récemment Labaune 2014, p. 74‑76 pour une synthèse des données connues.
28 Rebourg, Olivier 1991, p. 47‑48.
29 Comme à Avenches : Bridel, Matter 2008, p. 56‑57 ; et à Mandeure : Blin, Marc 2016, p. 211‑214.
Auteurs
-
Filipe Ferreira
ORCID : 0000-0002-0098-1019
IdRef : 223312525
Chercheur associé, Aix-Marseille Université, IRAA (UAR 3155), MMSH
-
Nicolas Delferrière
ORCID : 0000-0003-0507-7982
IdRef : 255334605
Université de Clermont-Auvergne, département d’Histoire de l’art et d’Archéologie
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