Les aditus maximi du théâtre antique de Vaison-la-Romaine
p. 233-258
Résumés
Très détruit et très restauré, le théâtre antique de Vaison-la-Romaine demeure néanmoins un objet d’étude précieux, livrant d’importantes informations sur son architecture. Parmi les parties basses de l’édifice, souvent taillées dans le substrat rocheux, les aditus maximi sont relativement bien conservés, permettant d’en décrire la disposition, les dimensions, les accès, et d’en restituer les superstructures. Leur observation permet en outre, au sein du plan symétrique du théâtre, de distinguer l’aditus oriental, sommairement traité et destiné à un usage charretier fonctionnel, de l’aditus occidental, davantage soigné et réservé à un usage piétonnier. Le plan de la ville antique explique pour partie cette distinction, montrant une nette dissymétrie dans les accès au théâtre : l’un prestigieux, à l’ouest, empruntant une rue reliant l’édifice de spectacle au forum, l’autre plus ordinaire, à l’est, formé d’un simple chemin débouchant sur une route d’accès à l’agglomération antique.
Very destroyed and very restored, the ancient theatre of Vaison-la-Romaine nevertheless remains a precious object of study, providing important information on its architecture. Among the lower parts of the building, often carved into the bedrock, the aditus maximi are relatively well preserved, allowing to describe their layout, dimensions, accesses, and to restore their superstructures. Their observation also allows, within the symmetrical map of the theatre, to distinguish the eastern aditus, summarily treated and intended for a functional cart use, from the western aditus, more neat and reserved for a pedestrian use. The map of the ancient city partly explains this distinction, showing a clear asymmetry in the accesses to the theatre : one prestigious, to the west, taking a street connecting the spectacle building to the forum, the other more ordinary, to the east, formed by a simple path reaching an access road to the ancient agglomeration.
Texte intégral
1Le théâtre antique de Vaison-la-Romaine (84) se dressait au pied du versant nord de la colline de Puymin, au nord-est de l’agglomération de Vasio Vocontiorum. Au vu des fragments épigraphiques et statuaires recueillis lors de l’exploration des vestiges, mais sans témoins datants significatifs toutefois, sa construction peut être datée du début du ier siècle de notre ère. Sans doute abandonné dès la fin du iiie siècle, comme une large partie des monuments publics et des quartiers d’habitation de la ville elle-même, il fut alors l’objet de récupérations entraînant sa disparition progressive du paysage vaisonnais. Un sarcophage découvert in situ, taillé dans un bloc d’architrave, mais brisé avant achèvement, témoigne en effet d’une activité de remploi durant l’Antiquité tardive.
2Dès le xviie siècle, puis au long des xviiie et xixe siècles, deux arcs du parascaenium oriental et quelques gradins de la cavea demeurés visibles sur le flanc de la colline, ainsi que des découvertes mobilières réalisées à proximité, suscitèrent l’intérêt des érudits qui proposèrent dans un premier temps la restitution d’un amphithéâtre, puis dès le milieu du xixe siècle, d’un théâtre. Ce n’est toutefois qu’au début du xxe siècle, lors de sondages puis de fouilles archéologiques conduits par Joseph Sautel, que le théâtre antique réapparut, fortement dérasé, mais livrant des vestiges statuaires remarquables, puis qu’il fut reconstruit, grâce au mécène Maurice Burrus. L’édifice de spectacle connaît depuis lors une seconde vie, accueillant sur ses gradins restaurés un large public à l’occasion de manifestations estivales (fig. 1). La reconstruction n’en a toutefois pas totalement masqué les vestiges et le théâtre antique de Vaison-la-Romaine demeure, à bien des égards, un objet de recherche délivrant, au gré des observations qui y sont menées, d’importantes informations sur sa disposition originelle.
Fig. 1 – Vue aérienne du théâtre antique de Vaison-la-Romaine (cliché D. Carru / SADV, 2004).

Un peu d’historiographie
3Connu anciennement grâce aux deux arcs en pierre conservés au nord de la colline de Puymin – les lunettes ou les arcs – (fig. 2), le site du théâtre – lou cire ou lou ciére – a anciennement intéressé les antiquaires, puis les historiens et les architectes. Parmi ceux-ci, l’évêque de Vaison, Joseph-Marie de Suarès, fut le premier, au xviie siècle, à identifier un édifice de spectacle1. Mais ce n’est qu’en 1821, près de deux siècles plus tard, que Joseph Marie Alexis Chaix, dans son rapport sur les « Recherches à faire des monuments antiques qui existent dans le département de Vaucluse »2, y reconnut un théâtre. À sa suite, en 1838, l’architecte du Département Prosper Renaux souhaita « fouiller l’emplacement du théâtre », puis, en 1848‑1850, de nouvelles investigations furent conduites par les administrateurs du musée Calvet d’Avignon, sous l’égide de son conservateur, Esprit Requien, grâce aux bonnes relations qu’entretenait ce dernier avec Prosper Mérimée. Ces recherches furent toutefois abandonnées dès avant 1852, du fait, comme l’indique le conservateur du musée Calvet de l’époque, Augustin Deloye, d’un manque de réflexion et de méthode3.
Fig. 2 – « Reste d’un théâtre antique à Vaison », dessin aquarellé de Joseph-Marie-Alexis Chaix (bibliothèque municipale d’Avignon, inv. 2009.205).

4Si dans les années 1856‑1859 des fragments d’architecture furent recueillis en abondance lors de travaux agricoles par les propriétaires successifs des terrains (Jean Joseph Thomas Jacquet, puis son gendre Joseph Henry Durel), de véritables fouilles archéologiques ne débutèrent pas avant 1907, lorsque J. Sautel4 réalisa des sondages au droit de la scène et découvrit les premiers éléments du bâtiment de scène, ainsi que de nouveaux fragments de sculptures, d’inscriptions et de blocs d’architecture. Malgré ces découvertes mobilières, la fouille s’avéra décevante pour le monument lui-même et J. Sautel déclara au Congrès d’archéologie française d’Avignon en 1909 : « Il ne reste plus aujourd’hui sur place que quelques gradins dans la partie voisine de l’orchestra, deux arceaux du mur de façade, des traces de vomitoire et les fondations du mur de scène »5. Des fouilles reprirent néanmoins en 1912‑1913 et donnèrent lieu à la découverte de nouvelles et remarquables sculptures, regroupées dans la fosse centrale des hyposcaenia, dont deux statues monumentales d’Hadrien et de Sabine, une effigie de Tibère et une statue impériale cuirassée. Ces découvertes d’exception donnèrent l’impulsion nécessaire au rachat par l’État du site de Puymin, dès 1915, et à la conduite, entre 1919 et 1927, d’importants travaux de fouille et de dégagement sous la direction de l’architecte des Monuments historiques Jules Formigé. Dans les années 1932‑1934, ces travaux se conclurent par la reconstruction d’une large partie de la cavea6, sous la conduite de J. Formigé et grâce au mécène M. Burrus (fig. 3 et 4).
Fig. 3 – Le théâtre en cours de reconstruction (cliché E. Mignon, coll. particulière, 1934).

Fig. 4 – Plan du théâtre antique au terme des travaux de restauration (Sautel 1937, pl. I). Le nord est en bas.

5Plus récemment, en 1988, Dominique Carru conduisit, immédiatement au nord-est du théâtre, une petite opération de fouille nécessitée par l’élargissement des voies de circulation, qui révéla, outre de nouveaux documents épigraphiques, l’amorce du mur oriental de la porticus7. Enfin, entre 2005 et 2009, dans le cadre du Plan Patrimoine Antique portant sur la restauration des principaux monuments antiques de Provence-Alpes-Côte d’Azur, et consécutivement à la réalisation de travaux de confortation et d’adaptation du lieu aux exigences des spectacles contemporains8, fut entreprise une opération pluriannuelle de suivi archéologique, en accord avec le service régional de l’Archéologie, la Conservation régionale des monuments historiques, la ville de Vaison-la-Romaine et le département du Vaucluse. Conduit par Jean-Marc Mignon9, le suivi donna lieu à de nouvelles et très complètes observations sur la cavea, puis sur l’orchestra, la scène et le mur de scène10 (fig. 5).
Fig. 5 – Relevé lasérométrique du théâtre (Art graphique et Patrimoine / ville de Vaison-la-Romaine, 2008).

Le théâtre antique de Vaison, ses accès depuis la ville, sa morphologie et ses aditus maximi
6Dans la perspective de bien saisir la situation, le rôle et la forme des aditus maximi du théâtre antique de Vaison-la-Romaine, seront préalablement évoqués les accès à l’édifice de spectacle depuis la ville – en examinant notamment son insertion dans la trame urbaine – puis sa morphologie générale à partir des diverses investigations menées in situ.
Accéder au théâtre depuis la ville
7Les campagnes de fouilles conduites par J. Sautel au début du xxe siècle, et notamment celles qu’il réalisa sur le piémont méridional de la colline de Puymin entre 1927 et 1933, ont donné lieu à la découverte de plusieurs tronçons de cardines desservant cette partie nord-orientale de l’agglomération antique11. Parmi ces voies, J. Sautel reconnut un cardo longeant le piémont occidental de la colline de Puymin et se dirigeant vers le théâtre, qu’il nomma rue du Théâtre, et un autre cardo, quant à lui implanté sur le versant oriental de la colline, auquel il donna le nom de grande rue du Nymphée. Complétant ces deux accès tout à la fois piétons et carrossables, et prolongeant un troisième cardo situé entre les deux précédents, qu’il nomma grande rue du Théâtre, une galerie souterraine taillée dans le massif rocheux de la colline permettait de relier le pied méridional de la petite éminence au théâtre. Son étroitesse et son inclinaison, les rampes qui la précèdent au sud et qui la prolongent au nord, ainsi qu’un seuil conservant les traces d’une porte placée à son extrémité nord suggèrent pour cette galerie, et plus largement pour cet itinéraire, un usage strictement piétonnier (fig. 6).
Fig. 6 – Vue aérienne ancienne du site de Puymin depuis le sud-ouest et accès par la rue du Théâtre, en bas à gauche, la grande rue du Théâtre et la galerie souterraine, au centre, enfin par la grande rue du Nymphée, en haut à droite (cliché IGN - Remonter le Temps ; DAO I. Doray / SADV, 1947).

8Alors que l’on ne sait presque rien de la porticus qui se développait au nord du théâtre, ni des voies qui pouvaient y conduire, on peut reconnaître dans ces trois cardines, dont un prolongé par la galerie rupestre, trois accès à l’édifice de spectacle. Le premier, depuis l’ouest, mène à l’aditus occidental et à un escalier monumental permettant de contourner et desservir par le sud la cavea ; le deuxième, depuis l’est, conduit à l’aditus oriental et à ce même contournement méridional de la cavea ; le troisième enfin, depuis le sud, mène cette fois-ci directement au contournement sud de la cavea.
9Ces trois accès semblent avoir eu des statuts différents que leur reconnaissance, bien qu’incomplète, permet néanmoins de préciser. Ainsi, la rue du Théâtre, à l’ouest, correspond sans doute à un cardo majeur de la ville antique, comme le suggèrent sa proximité immédiate du forum12, dont il délimite la clôture orientale, son équipement d’un grand égout collecteur, recueillant entre autres les eaux pluviales collectées à l’intérieur du théâtre, et le fait qu’il desserve un sanctuaire, pour l’heure hypothétique, que quelques indices permettent de restituer immédiatement à l’est du forum13. Cette rue du Théâtre aurait ainsi pu constituer un accès principal à l’édifice de spectacle, comme en témoigne par ailleurs l’escalier monumental établi sur le flanc ouest de la cavea auquel elle donne accès.
10La grande rue du Nymphée, à l’est, correspond elle-même à un cardo important de la ville antique, mais, à la différence de la rue du Théâtre, celui-ci ne semble pas desservir strictement le théâtre, mais plutôt prolonger vers le cœur de la ville un des axes de pénétration dans l’agglomération urbaine depuis le nord-est (actuel chemin de Mirabel)14. Cette rue orientale, déconnectée des principaux monuments publics, dessert le quartier sud-est de Puymin, au sein duquel a été reconnu, outre le Nymphée, un îlot à vocation artisanale et commerciale occupé par des maisons de Rapport. Connectée au grand decumanus qui, longeant au nord le site de La Villasse, semble traverser la ville antique de part en part, ainsi qu’à la rue se prolongeant vers le sud par le pont sur l’Ouvèze, elle paraît ainsi davantage intégrée au réseau des voies et chemins desservant la ville.
11La galerie souterraine de Puymin prolongeant la grande rue du Théâtre, complétée par ses rampes sud et nord, a pour sa part été identifiée par Alain Bouet15 comme un accès de caractère sacré à l’édifice de spectacle, emprunté par les processions qui pénétraient dans l’enceinte du théâtre par un portail conservé au sud de la colline. Si l’hypothèse d’un départ des processions depuis le sanctuaire à Portiques paraît devoir être abandonnée suite à de récentes découvertes, invitant à voir plutôt dans cette vaste aire à portiques le luxueux jardin d’une domus16, le fait que la galerie ait accueilli le passage de processions se rendant au théâtre n’est pas pour l’heure remis en question.
12Quoi qu’il en soit de la hiérarchisation de ces trois cheminements possibles vers le théâtre, ils mettent ainsi en évidence trois accès à l’édifice de spectacle, d’une part les aditus maximi est et ouest, d’autre part un espace de circulation piétonne en périphérie de la cavea desservant les galeries souterraine et sommitale et, à partir de ces dernières, par l’intermédiaire des vomitoria, les gradins médians et sommitaux.
La morphologie générale du théâtre
13Les investigations archéologiques conduites entre 2005 et 2009, dans la cadre du Plan patrimoine antique, ont mis en évidence, de la part des concepteurs et constructeurs du théâtre, notamment à partir d’un ensemble de traces rupestres consécutives au démarrage du chantier de construction, une volonté manifeste de recherche d’économies. Si le choix d’implanter l’édifice sur le versant rocheux et naturellement incliné de la colline de Puymin a en effet permis de réduire fortement le coût de la construction des infrastructures et des gradins de la cavea, les observations ont par ailleurs montré que l’excavation du rocher, pour le creusement de la conque de la cavea, de l’esplanade de l’orchestra ou bien des fosses des hyposcaenia, avait quant à elle donné lieu à la production de blocs de grand appareil directement utilisés pour la construction17. Les parties conservées et encore visibles de la cavea, ainsi que les vestiges toujours en élévation du bâtiment de scène, montrent en effet la roche directement taillée ou bien des blocs résultant de l’excavation, associés à des blocs importés. Les arcades du parascaenium oriental toujours en élévation associent elles-mêmes, pour les piédroits, des blocs extraits sur le site et, pour les arcs, des claveaux taillés dans des blocs importés (fig. 7). Les utilisations conjointes de la roche du massif de Puymin, une molasse helvétienne de dureté variable, d’aspect gréseux et de couleur brun orangé dénommée localement « safre », et du calcaire coquillier de couleur blanche, évoluant avec le temps vers le gris, importé des carrières de Beaumont-du-Ventoux, ont ainsi donné à l’édifice antique, dès sa construction, une bichromie aléatoire autorisant l’appellation de bâtiment girafe. Cette spécificité caractérise également les aditus.
Fig. 7 – Les arcades dichromes du parascaenium sont construites en « safre », extrait localement, et en calcaire coquillier, importé des carrières de Beaumont-du-Ventoux (cliché J.‑M. Mignon / SADV).

14La cavea, et sa série continue de trente-deux gradins restitués, repose ainsi en grande partie sur le versant incliné et rocheux de la colline de Puymin. Si la reconstruction ne présente aucune division horizontale, selon J. Sautel, les vestiges permettaient de distinguer une ima cavea constituée de neuf gradins divisés en quatre cunei par cinq escaliers, puis, au-delà d’une « simple barrière », une media cavea constituée de huit gradins divisés en huit cunei par neuf escaliers, et, enfin, au-delà d’une praecinctio d’une largeur de 1,62 m, une summa cavea dont le nombre de gradins n’a pas pu être déterminé du fait du dérasement important des parties supérieures de l’édifice18. Les vestiges de la cavea, désormais intégralement recouverts par les gradins reconstruits, ne permettent pas de confirmer la description de J. Sautel ; l’analyse des relevés et des clichés anciens s’avère elle-même périlleuse, n'offrant pas la possibilité, à ce jour, de proposer une restitution assurée de la cavea originelle (fig. 8).
Fig. 8 – Vue générale du théâtre au terme des travaux de restauration (cliché J. Sautel / SADV, 1937).

15Alors que l’ima cavea était desservie depuis le bas par une praecinctio aménagée en périphérie de l’orchestra, deux vomitoria, pour partie taillés dans la roche et prolongeant des galeries montantes et coudées prenant naissance au niveau des aditus, desservaient, depuis le bas également, la media cavea à partir des extrémités est et ouest du neuvième gradin. Plus haut, une large et haute galerie souterraine de plan semi-circulaire, taillée elle-même dans la roche et implantée en périphérie de la cavea (fig. 9), desservait, toujours depuis le bas, la summa cavea. Avaient été aménagés à cet effet deux vomitoria également taillés dans la roche, de plain-pied avec le sol de la galerie et accessibles depuis la portion centrale de cette même galerie, ainsi que quatre escaliers montants implantés quant à eux au droit des extrémités nord-est et nord-ouest de la galerie. Au sommet, une seconde galerie prenant la forme d’un portique de plan semi-circulaire, strictement superposée à la précédente, couronnait la summa cavea. Lors de la reconstruction du théâtre par J. Formigé, la suppression de la praecinctio pourtant identifiée par J. Sautel au niveau du dix-septième gradin, a quelque peu modifié le dispositif de desserte de la partie supérieure de la cavea. Ainsi, les deux vomitoria supérieurs ne sont plus strictement de plain-pied avec le dix-septième gradin et comportent à leur extrémité quelques degrés permettant d’atteindre le vingtième gradin reconstruit. De même, les quatre escaliers montants, rejoignant originellement le vingt-deuxième gradin, desservent actuellement le vingt-cinquième gradin reconstruit19.
Fig. 9 – La galerie souterraine pour partie taillée dans la roche (cliché J.‑M. Mignon / SADV, 2008).

16Les accès extérieurs à la galerie souterraine, non conservés, sont restituables à proximité de ses extrémités nord-est et nord-ouest du fait de la déclivité du terrain. Un accès unique au portique supérieur, toujours en raison de la déclivité du terrain, a été restitué dans l’axe de la cavea, où un double escalier conduit à une porte monumentale percée dans le mur extérieur du théâtre. Ces accès aux galeries inférieure et supérieure s’effectuaient à partir d’une circulation extérieure à la cavea, accessible depuis l’est et l’ouest à partir des accès au théâtre décrits précédemment – les travaux récents ont permis le dégagement puis la reconstruction, au nord-est du théâtre, d’un escalier monumental reliant l’extrémité de la rue du Théâtre à cette circulation extérieure (fig. 10). On peut ainsi observer qu’il y a convergence de cet escalier monumental et de la galerie qui franchit la colline de Puymin, vers l’extrémité nord-ouest de la galerie souterraine semi-circulaire, faisant de ce côté ouest du théâtre une zone d’accès doublement desservie.
Fig. 10 – L’escalier d’accès est en cours de restauration (cliché J.‑M. Mignon / SADV, 2005).

17Au pied de la cavea, une praecinctio délimitée par un balteus dessinait la périphérie de la proédrie, où la roche taillée conserve les traces de quatre larges gradins enserrant l’orchestra (fig. 11), originellement dallés, comme le montrent de nombreuses mortaises de serrage. La praecinctio a quant à elle conservé une partie de son dallage de calcaire froid, ainsi que la base du balteus dérasé, permettant d’identifier l’existence de passages de la praecinctio vers la proédrie, comportant sans doute au moins deux marches.
Fig. 11 – Vue de la proédrie, du balteus et de la praecinctio (cliché J.‑M. Mignon / SADV, 2008).

18Au nord de l’orchestra et des aditus, sur une longueur de 94,90 m, se développait le bâtiment de scène (fig. 12). Fortement dérasée, pour partie détruite par la voie de chemin de fer reliant Orange à Buis-les-Baronnies au nord-est (actuelle avenue des Choralies), et pour une autre partie masquée par la rue Philippe-Noël au nord-ouest, cette partie du théâtre conserve néanmoins quelques portions d’élévations au niveau de ses extrémités est et ouest, et, notamment, les deux arcades du parascaenium oriental mentionnées précédemment. Une large partie centrale du bâtiment de scène n’est plus perceptible qu’à partir des entailles conservées par le substrat rocheux, permettant néanmoins de délimiter sans équivoque les emprises respectives des parascaenia, de la scène et du mur de scène.
Fig. 12 – Relevé complété des vestiges de l’orchestra et du bâtiment de scène (relevé et dessin J.‑M. Mignon / SADV, 2009).

19Si le parascaenium occidental est davantage lisible, conservant quelques murs de refend et une partie de son mur nord, le parascaenium oriental apparaît en revanche très incomplet du fait des travaux de construction de la voie ferrée ; l’un et l’autre ont malgré tout conservé les vestiges en élévation des passages qui les reliaient à la scène.
20Le mur de scène, perceptible à partir de quelques blocs de sa façade nord et de l’entaille pratiquée dans le rocher, présentait côté nord une série de quatorze pilastres marquant les emplacements de trois portes – portes des hôtes et porte royale – et de deux larges absides de plan en arc de cercle segmentaire, placées de part et d’autre de la porte royale. Deux colonnes, prolongeant le rythme d’implantation des pilastres, assuraient le franchissement structurel de chaque abside dont le fond était percé d’une large niche de plan rectangulaire, accueillant vraisemblablement une statue. Côté sud, les entailles observées à la surface du rocher permettent de restituer une puissante colonnade marquant les emplacements des portes des hôtes et de la porte royale, cette dernière s’inscrivant au centre d’une large abside semi-circulaire (fig. 13).
21Enfin, au niveau de la scène, qui se développait sur une longueur de 56 m et une largeur de 18,60 m, les traces conservées dans la roche permettent de distinguer d’une part les hyposcaenia – soit une profonde fosse rectangulaire centrale, complétée par deux longues fosses latérales de moindre profondeur – d’autre part les fosses liées au rideau de scène – soit une série de douze fosses dans lesquelles étaient placés les mâts rétractiles supportant le rideau, et une large fosse de plan carré, à l’ouest, accueillant le mécanisme de mise en mouvement du dispositif. Les nombreuses traces conservées à la surface du rocher permettent en outre de restituer tout à la fois l’emplacement du plancher de la scène et sa structure, composée de trois nappes successives de poutres supportant le plancher proprement dit, comme l’avait déjà observé J. Sautel20 et comme les relevés des années 2005‑2009 l’ont confirmé21.
Fig. 13 – Plan partiellement restitué du mur de scène du théâtre, 2010 (relevé, dessin, DAO J.‑M. Mignon / SADV).

L’aditus maximus oriental
Emprise
22L’aditus maximus oriental se développe sur une longueur de 32 m environ, qu’il n’est pas possible de déterminer plus précisément (fig. 14). En effet, si du côté intérieur son extrémité est nettement dessinée par la naissance de la cavea, du côté extérieur, la disparition du mur de façade oriental du théâtre ne permet pas de fixer précisément sa limite, et la paroi rupestre sud de l’aditus ne conserve quant à elle aucune trace correspondant à une éventuelle fermeture. Sa largeur, à peu près régulière, mesure 3,60 m (12 pieds) entre les deux parois directement taillées dans la roche. Le sol de l’aditus, taillé dans la roche également et conservant à son extrémité ouest un revêtement de dalles de calcaire froid, est en pente négative vers l’orchestra suivant un fort dénivelé. Le sol de béton actuel ne permet plus de voir ni le revêtement dallé ni la surface du rocher (fig. 15).
Fig. 14 – Vue générale de l’aditus est dans son état actuel (cliché J.‑M. Mignon / SADV).

Fig. 15 – Plan de l’aditus oriental (Sautel 1937, pl. I ; DAO J.‑M. Mignon / SADV).

Accès extérieur
23La liaison qui, dans l’Antiquité, pouvait relier l’aditus à la grande rue du Nymphée n’est pas réellement conservée. Le chemin d’accès actuel, taillé à flanc de colline, ne comporte aucun aménagement susceptible d’apporter le moindre témoin de datation et se lit aujourd’hui davantage comme un accès lié à l’exploitation agricole du secteur, voire comme un chemin utilisé lors des travaux de dégagement du théâtre au début du xxe siècle. Dans ce secteur nord-est du théâtre, il faut également tenir compte des destructions occasionnées au tout début du xxe siècle par la construction de la voie ferrée ; l’angle nord-est du parascaenium oriental, et les terrains séparant le théâtre de la voie antique, ont en effet été profondément excavés pour permettre au train de franchir le relief du piémont nord-est de la colline de Puymin.
Distribution
24L’aditus n’était pas relié au parascaenium oriental comme l’indique sa paroi nord, strictement taillée dans la roche, bien conservée, et haute de plus de 3,50 m par rapport au sol actuel. C’est malgré tout en contre-haut de cette paroi que s’élèvent encore les deux arcades en pierre en plein cintre autrefois nommées « lunettes » et demeurées pendant longtemps les seuls vestiges visibles du théâtre. Les deux ouvertures, pour ce que l’on peut en comprendre à l’heure actuelle, sont sans doute à considérer comme de simples jours, peut-être destinés à éclairer l’aditus depuis le parascaenium ; sans décor du côté de l’aditus (fig. 7), les arcs ont fait l’objet d’un travail plus soigné du côté du parascaenium (fig. 16). L’extrémité occidentale de la paroi, taillée verticalement, conserve la trace d’un petit emmarchement menant de l’aditus à la scène, suivant un dispositif comparable à celui qui est visible à l’extrémité orientale de l’aditus ouest, mais le rocher, très érodé dans ce secteur, ne permet aucune observation plus complète. Au niveau de cette même extrémité de la paroi nord de l’aditus, mais au revers, côté scène, J. Sautel avait identifié un autre petit escalier taillé dans la roche, dont il avait proposé qu’il puisse donner accès à une loge construite au-dessus de l’aditus22. Fortement érodé, cet escalier est toujours partiellement visible et nécessiterait un relevé plus complet, permettant de conforter cette hypothèse.
Fig. 16 – Vue actuelle du parement nord des arcades du parascaenium oriental (cliché J.‑M. Mignon / SADV).

25Côté sud, à 13 m environ de distance de la naissance de la cavea, la paroi rocheuse est percée d’une ouverture conduisant aux gradins par l’intermédiaire d’un couloir coudé et montant, puis d’un vomitorium. Le passage, large de 1,65 m, ouvre sur une première volée de sept marches rupestres se développant perpendiculairement à l’aditus, prolongée, après un repos en pente légère toujours taillé dans la roche, par une seconde volée de cinq marches dont trois seulement sont assurément antiques, conduisant au neuvième gradin, disposée cette fois-ci suivant une orientation rayonnante par rapport à la cavea. Les marches de la première volée, qui mesurent entre 0,30 m et 0,35 m de largeur pour 0,25 m environ de hauteur, comme le repos intermédiaire, sont délimitées sur le côté ouest par un caniveau étroit, également taillé dans la roche, destiné à drainer les eaux de pluie ou de ruissellement ; ce dispositif ne se prolonge pas en bordure nord de la seconde volée de marches23. Au niveau du vomitorium, comme le montre un cliché ancien du site avant la restauration de la cavea, le passage paraît avoir été intégralement taillé dans le roc, pour ses parois comme pour son couvrement. Du côté de l’aditus en revanche, la déclivité du substrat rocheux n’ayant sans doute pas permis de tailler l’intégralité du passage dans le safre, ce dernier devait être couvert par un ouvrage maçonné ; les quatre grands blocs de calcaire coquillier des carrières de Beaumont-du-Ventoux qui couvrent actuellement le passage en prenant appui sur ses parois rupestres paraissent davantage résulter des travaux de restauration de la cavea dans les années 1930. La taille du rocher, rappelant celle de la galerie qui franchit la colline de Puymin, ou bien celles des vomitoria conduisant à la media cavea, n’est ni très soignée ni très régulière (fig. 17).
Fig. 17 – Vue actuelle du passage voûté (cliché J.‑M. Mignon / SADV).

Couverture
26L’extrémité occidentale de la paroi rocheuse sud de l’aditus a été prolongée en hauteur lors des travaux de restauration des gradins, par un mur en grand appareil destiné à supporter les extrémités des premiers gradins de pierre, eux-mêmes restitués. Ce mur semble prendre la place d’un mur antique construit au même emplacement et utilisant une même technique : un lit d’attente taillé à la surface du rocher, ainsi qu’un retrait, avaient sans doute été créés pour recevoir cette maçonnerie, disparue puis reconstruite. Entre cette restauration et le passage vers le vomitorium, la paroi rocheuse demeurée en l’état, après son dégagement au début du xxe siècle, laisse apparaître un lit d’attente taillé à la surface du rocher, ainsi qu’un retrait, et une maçonnerie de blocage (fortement restaurée) qui pouvait combler l’espace à l’arrière des blocs de grand appareil de la construction originelle. L’entaille rocheuse qui se développe au-dessus de cet aménagement présente une nette courbure qui semble dessiner l’extrados d’un voûtement prenant ainsi appui contre la roche avant de franchir l’aditus, comme l’indique, en vis-à-vis, une entaille de la paroi rocheuse nord. Après le passage vers le vomitorium, la paroi rocheuse conserve deux larges entailles qui pourraient avoir reçu la naissance de deux arcs franchissant l’aditus, comme l’indiquent à nouveau, en vis-à-vis, deux larges entailles de la paroi nord (fig. 18).
Fig. 18 – Vues des entailles de la paroi rocheuse nord de l’aditus oriental (cliché J.‑M. Mignon / SADV).

27Ces diverses traces, peu disertes du fait des récupérations, des destructions et de la reconstruction du théâtre, témoignent néanmoins de l’existence d’une couverture de l’aditus, qui aurait pu associer des portions de voûte en plein cintre rampante et des arcs, dans le but d’épouser au mieux la pente de la cavea ; les arcs restituables à partir d’encoches, visibles à gauche du passage vers la cavea pourraient, de fait, correspondre à un palier établi dans le prolongement nord-est de la praecinctio du dix-septième gradin, décrite par J. Sautel mais non restituée.
Conclusion
28Au final, l’aditus oriental, qui pourrait avoir été accessible de façon indirecte depuis la grande rue du Nymphée, se présentait sous la forme d’un couloir principalement rupestre en pente négative vers l’orchestra, de 12 pieds de largeur environ, sans doute couvert par un voûtement et des arcs épousant au plus près la pente de la cavea, dont ne sont plus perceptibles que quelques entailles, correspondant à la naissance d’arcs, et possiblement éclairé en partie haute par deux baies ouvertes sur le parascaenium. Il donnait accès à un vomitorium ouvrant sur le neuvième gradin de la cavea par l’intermédiaire d’un couloir, coudé et montant, équipé de deux volées de sept et cinq marches séparées par un repos faiblement incliné. Les vestiges ne conservent plus actuellement aucune trace de décor et les sources anciennes n’en signalent pas ; l’ensemble des aménagements, mais peut-être est-ce dû à leur caractère rupestre, paraît assez fruste. Comme cela a déjà été observé pour l’édifice dans son ensemble, et en l’absence de toute trace de décor, l’aditus semble ainsi avoir associé des portions de paroi rocheuse de couleur brun orangé et des portions d’élévation en grand appareil de couleur blanc-gris.
L’aditus maximus occidental
Emprise
29L’aditus maximus occidental se développe sur une longueur de 33 m environ, depuis la naissance de la cavea à l’est jusqu’aux bases des piédroits monumentaux qui en marquent l’entrée à l’ouest. Sa largeur, à peu près régulière et identique à celle de l’aditus maximus oriental, mesure 3,60 m (12 pieds) entre les deux parois directement taillées dans la roche (fig. 19). Le sol de l’aditus, conservant à son extrémité orientale un revêtement de grandes dalles de calcaire froid actuellement masqué par un sol de béton en pente négative vers l’orchestra, pouvait être également taillé dans la roche et présenter, à l’inverse de son état actuel, un profil horizontal ou en très légère pente négative vers l’extérieur du théâtre (fig. 20). Une exploration récente et un plan ancien non daté montrent en effet l’existence, précédant l’entrée, d’un escalier de huit marches au moins reliant la chaussée actuelle de la rue Philippe-Noël, en contre-haut, au sol ancien de l’aditus, en contrebas. La reconnaissance trop sommaire des vestiges, à l’occasion d’une seule tranchée étroite réalisée à l’extérieur du théâtre au pied du mur supportant l’escalier extérieur monumental, et le plan ancien non commenté, comportant par ailleurs quelques imprécisions, ne permettent pas de se prononcer sur la datation de cet emmarchement. Sa présence à cet emplacement indique malgré tout que le niveau de circulation originel de l’aditus se situait 1,20 m à peu près au-dessous du sol actuel. Un cliché ancien confirme cette observation en montrant que les assises de grand appareil des ouvertures situées immédiatement au nord de l’entrée se prolongent nettement au-dessous du sol. L’escalier très partiellement mis au jour, non daté mais possiblement antique, pourrait par ailleurs indiquer que l’aditus maximus occidental n’était accessible qu’aux piétons.
Fig. 19 – Vue générale de l’aditus occidental au début du xxe siècle (cliché J. Sautel / SADV).

Fig. 20 – Plan de l’aditus occidental (Sautel 1937, pl. I ; DAO J.‑M. Mignon / SADV).

Gestion des eaux
30Un égout de grande section – permettant le passage d’un homme – intégralement taillé lui-même dans la roche, se développait au-dessous de l’aditus maximus ouest, du côté nord, s’écoulant vers l’ouest. Destiné à collecter les eaux recueillies par un long caniveau équipant le pied du pulpitum, dont l’encastrement à la surface du substrat rocheux a pu être suivi sur toute la longueur de l’orchestra, cet égout recueillait également les eaux s’infiltrant au niveau des fosses rupestres dans lesquelles étaient installés les mâts rétractiles permettant d’élever le rideau de scène. Taillée dans la roche également, une galerie circulable au fond de laquelle un caniveau recueillait les eaux de pluie qui s’étaient infiltrées depuis la scène reliait en effet à leur base les douze fosses du rideau, avant d’obliquer vers le sud à son extrémité ouest pour rejoindre l’égout construit sous l’aditus. Rejoint à l’extérieur du théâtre par un autre égout collectant quant à lui les eaux de pluie de la cavea au-dessous du treizième gradin, cet égout se prolongeait tout au long de la rue du Théâtre jusqu’à l’Ouvèze. J. Sautel a observé, entre l’égout proprement dit et la galerie reliant les fosses des mâts du rideau, les traces de scellement des barreaux d’une grille dont il propose qu’elle fermait le passage entre l’égout et les aménagements du dessous de la scène24.
Accès extérieur
31L’aditus occidental, ainsi que le grand escalier rejoignant l’extrémité de la galerie franchissant la colline de Puymin et permettant le contournement méridional du théâtre et la desserte des gradins supérieurs de la cavea, étaient tous deux assurément accessibles depuis la rue du Théâtre. Cette dernière, rectiligne sur la partie méridionale de son tracé, s’infléchissait faiblement vers l’ouest puis plus nettement vers l’est sur son prolongement septentrional pour suivre le piémont de la colline de Puymin et rejoindre l’entrée ouest du théâtre. Il est même envisageable que cette voie ne se soit pas développée vers le nord-est au-delà du théâtre, comme le suggère la disposition de l’édifice de spectacle, faisant en quelque sorte obstacle au prolongement de son tracé, et qu’elle ait eu au final comme principale fonction de mettre en relation le forum et, possiblement, un sanctuaire implanté comme ce dernier au bord de l’Ouvèze à son extrémité sud, avec le théâtre à son extrémité nord-est.
Distribution
32L’aditus était semble-t-il fermé par une porte comme le suggère une longue et large entaille visible sur le piédroit nord de l’entrée (fig. 21). Il n’est toutefois pas fait mention de seuil au droit de cette entaille et les clichés anciens, comme le repérage récent d’un escalier extérieur, montrent que les dégagements opérés n’ont sans doute pas atteint une profondeur suffisante.
Fig. 21 – Vue du piédroit nord de l’entrée de l’aditus occidental (cliché J.‑M. Mignon / SADV, 2009).

33L’aditus était directement relié au parascaenium occidental comme l’indique, sur sa paroi nord dès l’entrée franchie, la présence des piédroits de deux larges ouvertures. Ces deux baies présentent des largeurs comparables, de 2,88 m et 2,92 m (10 pieds), mais ont connu durant l’Antiquité même des destins différents. La première ouverture, immédiatement à gauche de l’entrée, a en effet été obturée au moyen d’un pilier central en blocs de grand appareil en calcaire coquillier des carrières de Beaumont-du-Ventoux (largeur : 1,70 m) complété, de part et d’autre, par deux portions de murs en petit appareil (fig. 22). Cette obturation, caractérisée par la présence d’un pilier central, pourrait avoir une origine plus structurelle que fonctionnelle, liée par exemple au renfort de la stabilité du bâtiment dans ce secteur sensible, correspondant à l’angle sud-ouest du parascaenium occidental. Au-delà de ces deux grandes baies et jusqu’au petit escalier reliant l’extrémité de l’aditus à la scène, particulièrement bien conservé, la paroi rupestre nord de l’aditus, non ravalée, se prolongeait par un mur en opus quadratum, comme l’indique le lit d’attente conservé au sommet du massif rocheux (fig. 23).
Fig. 22 – Vue actuelle de l’ouverture obturée entre l’aditus et le parascaenium ouest (cliché J.‑M. Mignon / SADV).

Fig. 23 – Vue actuelle du côté nord de l’aditus occidental (cliché J.‑M. Mignon / SADV).

34Côté sud, comme pour l’aditus oriental, la paroi rocheuse est percée d’une ouverture conduisant aux gradins par l’intermédiaire d’un couloir coudé et montant, puis d’un vomitorium (fig. 24). Le passage, large de 1,75 m, ouvre sur une première volée de onze marches rupestres se développant perpendiculairement à l’aditus (la première marche est actuellement masquée par le sol de béton). Après un repos horizontal toujours taillé dans la roche, une seconde volée de sept marches très restaurées, disposée cette fois-ci suivant une orientation parallèle à l’aditus, conduit au neuvième gradin. Les marches de la première volée, qui mesurent 0,39 m de largeur pour 0,25 m de hauteur, comme le palier intermédiaire, sont délimités sur le côté ouest par un caniveau étroit (largeur 0,10 m), également taillé dans la roche, destiné à drainer les eaux de pluie ou de ruissellement (fig. 25). J. Sautel précise que ce caniveau s’écoulait sur le sol de l’aditus « et de là par un puits dans le grand égout collecteur » construit sous l’aditus25. Les parois du passage, comme celles du vomitorium, sont taillées dans la roche à leur base, puis réalisées en maçonnerie de blocage à parement en petit appareil de calcaire froid jusqu’à la naissance du voûtement, marquée par une cimaise chanfreinée en blocs de calcaire coquillier des carrières de Beaumont-du-Ventoux. Fortement restaurés, les voûtements du passage et du vomitorium conservent à leur naissance des portions de la maçonnerie antique, de même constitution que les parois sous-jacentes (fig. 26). Des clichés anciens donnent une bonne représentation de l’état de conservation de ces ouvrages, après toutefois que le propriétaire des lieux au milieu du xixe siècle, J.J.T. Jacquet, n’en ait détruit une large partie pour en récupérer les matériaux26.
Fig. 24 – Vue de l’extrémité orientale de l’aditus ouest et des vestiges du couloir coudé et montant menant aux gradins, au début du xxe siècle (cliché J. Sautel / SADV).

Fig. 25 – Vue de la première volée de marches bordée par un caniveau, au début du xxe siècle (cliché J. Sautel / SADV).

Fig. 26 – Vue du passage dans son état actuel (cliché J.‑M. Mignon / SADV).

Couverture
35Comme pour l’aditus oriental, l’extrémité ouest de la paroi rocheuse sud de l’aditus occidental a été prolongée en hauteur, lors des travaux de restauration des gradins, par un mur en grand appareil destiné à porter les extrémités des premiers gradins de pierre, eux-mêmes restitués. Ce mur semble prendre la place d’un mur antique construit au même emplacement : un lit d’attente taillé à la surface du rocher, ainsi qu’un retrait, avaient été créés pour recevoir cette maçonnerie disparue puis reconstruite. Entre cette restauration et le passage vers le vomitorium, la paroi rocheuse demeurée en l’état après son dégagement au début du xxe siècle, présente une nette courbure qui semble dessiner cette fois-ci la naissance de l’intrados d’un voûtement prenant ainsi appui contre la roche avant de franchir l’aditus (fig. 27). J. Sautel avait observé cette particularité et noté que « la forme incurvée des parois du rocher laisse deviner le commencement de ces voûtes aujourd’hui détruites »27. Entre le passage vers le vomitorium et l’entrée de l’aditus, la paroi rocheuse conserve une série d’entailles – lits d’attente et retrait – destinées à recevoir les premières assises du mur en grand appareil qui constituait, jusqu’à sa couverture vraisemblablement, la paroi sud de l’aditus occidental (fig. 28).
Fig. 27 – Vue du côté sud de l’aditus ouest, entre le pied de la cavea et le passage vers les gradins (cliché J.‑M. Mignon / SADV).

Fig. 28 – Vue du côté sud de l’aditus ouest, entre le passage vers les gradins et l’entrée de l’aditus (cliché J.‑M. Mignon / SADV).

Conclusion
36Au final, l’aditus occidental, accessible depuis l’ouest par la rue du Théâtre, se présentait sous la forme d’un couloir taillé dans la roche à sa base, puis construit en grand appareil, horizontal ou montant très légèrement vers l’orchestra, de 12 pieds de largeur environ, sans doute couvert par un voûtement rampant, dont n’est peut-être conservée que l’amorce de l’arc d’ouverture du côté de l’orchestra. Il donnait accès au parascaenium occidental par deux larges baies, ainsi qu’à un vomitorium ouvrant sur le neuvième gradin de la cavea par l’intermédiaire d’un couloir, coudé et montant, équipé de deux volées de onze et sept marches séparées par un repos horizontal. Le couloir, puis le vomitorium, se distinguent par la qualité de leur réalisation, associant à la roche taillée des murs et une voûte en maçonnerie de blocage à parement en petit appareil particulièrement soigné, et incluant une corniche chanfreinée réalisée en blocs de calcaire de moyen appareil. Les vestiges ne conservent plus actuellement aucune trace de décor et les sources anciennes n’en signalent pas.
Synthèse
37La réouverture du dossier du théâtre antique de Vaison-la-Romaine, lors de la préparation de la journée d’étude consacrée aux couloirs d’entrée dans les théâtres romains, organisée à Lyon en janvier 2020, puis à l’occasion de la publication des communications de cette journée, a permis de confronter des données anciennement acquises sur l’édifice de spectacle avec des observations plus récemment conduites, notamment sur ses abords, et de mettre ainsi en évidence quelques aspects inédits principalement liés aux dessertes intérieure et extérieure de l’édifice.
38Un premier constat, relatif aux liens qu’entretient le théâtre avec la ville, permet désormais d’identifier avec certitude trois accès à l’édifice de spectacle : depuis l’est par la grande rue du Nymphée, depuis le sud-ouest par la rue du Théâtre, et depuis le sud par la grande rue du Théâtre prolongée par la galerie rupestre franchissant la colline de Puymin. Alors que les deux premiers accès, des côtés est et ouest, sont assurément carrossables et piétonniers, et conduisent directement aux aditus maximi, le troisième accès, du côté sud est en revanche strictement piétonnier et conduit au sommet de l’escalier monumental sur le côté ouest du contournement extérieur de la cavea, lui-même exclusivement piétonnier sans doute. En rapport avec ce même questionnement – accès carrossable et/ou accès piétonnier – il est à noter que la présence probable d’un escalier au-devant de l’entrée de l’aditus occidental invite à restituer un accès strictement piétonnier du côté ouest, limitant la possibilité d’accéder à l’intérieur du théâtre au moyen d’un véhicule au seul aditus oriental. Par ailleurs, alors que l’accès oriental s’effectue semble-t-il de façon indirecte à partir d’une voie d’accès à la ville antique, l’accès occidental s’effectue directement à partir d’un cardo majeur, aboutissant au théâtre et desservant assurément le forum et, possiblement, le sanctuaire qui lui est lié. Le rôle majeur de cet accès se traduit également par la présence d’un escalier monumental reliant l’extrémité du cardo au contournement extérieur de la cavea, ainsi que par la convergence, au sommet de cet escalier monumental, de la galerie franchissant la colline de Puymin.
39Un deuxième constat, relatif à la morphologie du théâtre, concerne les différences observées entre l’aditus occidental et l’aditus oriental, au sein d’un plan pourtant marqué par une nette symétrie. L’étude a ainsi mis en lumière un ensemble de différences de traitement architectural des deux aditus, notamment en ce qui concerne leur fonction distributive. Ainsi, alors que l’aditus oriental n’est pas relié au parascaenium oriental et que le passage qui le relie aux gradins est traité de façon relativement fruste, l’aditus occidental s’ouvre sur le parascaenium occidental par deux larges baies, dont l’une a finalement été obturée semble-t-il pour des questions de stabilité. Par ailleurs, le passage qui le relie aux gradins a fait l’objet d’une attention particulière, qui se traduit notamment par son voûtement soigné et par la mise en œuvre d’une corniche en pierre soulignant la naissance de la voûte. Ces dernières observations, mises en parallèle avec celles relatives aux accès au théâtre, viennent de fait confirmer une nette dissymétrie entre les côtés oriental et occidental du théâtre et montrer que l’accès principal à l’édifice de spectacle s’effectuait à l’ouest. Remarquons que, dans son fonctionnement contemporain, le théâtre est uniquement accessible depuis l’ouest également.
40Un troisième constat, plus particulièrement relatif à l’architecture des aditus, concerne la mauvaise conservation de ces deux couloirs d’accès au théâtre dont il n’est réellement possible de restituer ni le couvrement (dans sa volumétrie comme dans sa structure), ni le décor ou plus modestement le traitement du sol et des parois, ni la fermeture en limite extérieure du théâtre, même si existe la possibilité de restituer une porte côté ouest. Des portions de dallage en calcaire froid sont conservées au contact des aditus et de l’orchestra, mais elles sont pour l’heure masquées par un revêtement de sol en béton et aucun relevé précis n’a pu en être fait. Les observations paraissent de fait confirmer pour les aditus un aspect général conforme à ce qui a été évoqué pour le théâtre, c’est-à-dire une architecture associant la roche locale de couleur brun orangé, soit directement taillée soit sous la forme de blocs de grand appareil assisés, et une pierre importée de couleur blanc-gris, le calcaire coquillier des carrières de Beaumont-du-Ventoux, conférant, apparemment sans réelle recherche esthétique, une bichromie aléatoire à la construction.
41Enfin, il a été parfois envisagé que deux inscriptions monumentales fragmentaires découvertes en 1860 dans les ruines du théâtre par J.J.T. Jacquet, conservées pour la plus grande partie au musée Calvet d’Avignon (neuf fragments), ainsi que dans les réserves du musée Theo Desplans de Vaison-la-Romaine (un fragment), auraient pu prendre place de part et d’autre de l’orchestra, au-dessus des entrées des aditus28. Incomplètes mais sans doute identiques, ces deux inscriptions relatives au financement de la construction du théâtre par un évergète vaisonnais anonyme ont été récemment réexaminées, à l’occasion de la refonte du corpus des inscriptions latines des Voconces du Sud, sous la direction de Nicolas Mathieu et de Bernard Rémy. À l’issue de ce réexamen, les blocs de calcaire froid paraissent davantage correspondre à la frise d’un entablement monumental (hauteur d’assise 41,5 à 45,5 cm, ou une coudée), comme le suggère leur face de parement lisse surmontée d’une moulure, lisse également. En outre, le retour à angle droit d’une des faces de parement, visible sur le petit côté de l’extrémité droite de l’inscription la mieux conservée, invite à replacer ces inscriptions au sein d’un ordre saillant, de la frons scaenae par exemple, plutôt qu’au niveau de l’imposte d’une porte monumentale. Enfin, la longueur restituée des inscriptions dépasse sans doute amplement la largeur des aditus : les longueurs cumulées des six fragments conservés de l’inscription la plus complète, ne mentionnant toutefois que la terminaison du nom de l’évergète (---]+IUS[---) et la fin du mot theatrum (---]EATRUM[---), dépassent 3,00 m. Il paraît ainsi difficile, à partir des observations conduites récemment sur ces blocs, d’en proposer la localisation au niveau des aditus, hypothèse qui avait pu paraître séduisante au vu de la duplication du texte et de l’évocation d’un acte d’évergétisme.
Bibliographie
Bezin, de Kisch s.d. : C. Bezin, Y. de Kisch, Vaison-la-Romaine, Vasio Vocontiorum, Vaucluse, notice rédigée dans la perspective de la publication d’un ouvrage consacré aux édifices de spectacle antiques de Gaule (inédit).
Biscarrat 2015a : D. Biscarrat, La topographie antique de Vaison-la-Romaine dans le cadre de prospections dans le bâti ancien, mémoire de master I, Aix-Marseille Université, 2015 (inédit).
Biscarrat 2015b : D. Biscarrat, Vaison-la-Romaine (84). Inventaire des vestiges archéologiques dans le bâti ancien, rapport final d’opération de prospection thématique, SADV, 2015 (inédit).
Biscarrat 2016a : D. Biscarrat, L’urbanisme et la topographie antique de Vaison-la-Romaine dans le cadre de prospections archéologiques dans le bâti ancien, mémoire de master II, Aix-Marseille Université, 2016 (inédit).
Biscarrat 2016b : D. Biscarrat, Vaison-la-Romaine (84). Inventaire des vestiges archéologiques dans le bâti ancien : réflexions sur l’urbanisme et la topographie antiques de Vaison-la-Romaine, rapport final d’opération de prospection thématique, SADV, 2016 (inédit).
Bouet 2010 : A. Bouet, « De la diversité urbaine : des hommes et des dieux sur les pentes de Puymin à Vasio Vocontiorum », RA 2010, p. 3‑46.
Boyer de Sainte-Marthe 1731 : L.A. Boyer de Sainte-Marthe, Histoire de l’église cathédrale de Vaison avec une chronographie de tous les évêques qui l’ont gouvernée et une chorographie ou description en vers latins et français des villes, bourgs, villages, paroisses, chapelles qui composent ce diocèse, Avignon, Chaves, 1731.
Carru 1992 : D. Carru, « La fouille du nord-théâtre », dans M.‑E. Bellet (dir.), Vaison-la-Romaine. Recherches archéologiques récentes à Vaison-la-Romaine et aux environs, Avignon, SADV, 1992, p. 32‑33.
Chaix 1821 : J.‑M.-A. Chaix, Rapport fait à la commission pour les recherches à faire des monuments antiques qui existent dans le département de Vaucluse, Archives départementales du Vaucluse, 1821, 4 T 14 ; V. Chambaud, Notes historiques et statistiques sur le département de Vaucluse, s.d., Bibliothèque municipale d’Avignon, fonds Chambaud, ms. 2499, 407 feuillets.
de Kisch 1992 : Y. de Kisch, « Monuments publics : le théâtre et les thermes », dans M.‑E. Bellet (dir.), Vaison-la-Romaine. Recherches archéologiques récentes à Vaison-la-Romaine et aux environs, Avignon, SADV, 1992, p. 31.
Mignon 2006 : J.‑M. Mignon, « Vaison-la-Romaine, Théâtre », dans Bilan scientifique du Service régional de l’Archéologie de région PACA 2005, Aix-en-Provence, ministère de la Culture, 2006, p. 218‑220.
Mignon 2007 : J.‑M. Mignon, « Vaison-la-Romaine, Théâtre », dans Bilan scientifique du Service régional de l’Archéologie de région PACA 2006, Aix-en-Provence, ministère de la Culture, 2007, p. 229‑230.
Mignon 2010 : J.‑M. Mignon, « Au démarrage du chantier de construction du théâtre antique de Vaison-la-Romaine (France) », dans R. Carvais, A. Guillerme, V. Nègre, J. Sakarovitch (dir.), Édifice & Artifice, histoires constructives. Recueil de textes issus du Premier congrès francophone d’histoire de la construction, Paris, 19‑21 juin 2008, Paris, Picard, 2010, p. 867‑877.
Mignon, Doray 2016 : J.‑M. Mignon, I. Doray, Vaison-la-Romaine (84), Les Cordeliers, rapport final d’opération de diagnostic d’archéologie préventive, SADV, 2016 (inédit).
Mignon, Doray 2019 : J.‑M. Mignon, I. Doray, Vaison-la-Romaine, cours Taulignan/avenue Charles de Gaulle/rue Paul Buffaven, rapport final d’opération de sondages, SADV, 2019 (inédit).
Mignon, Doray 2021 : J.‑M. Mignon, I. Doray, Vaison-la-Romaine, La Merci III - La Merci IV 2014‑2015, rapport final d’opération de fouille programmée, SADV, 2021 (inédit).
Pois 2014 : A. Pois, Synthèse sur la voirie antique de Vaison-la-Romaine, ier siècle avant J.‑C.-iiie siècle après J.‑C., mémoire de master I, université du Havre, 2014 (inédit).
Pois 2015 : A. Pois, Étude de l’urbanisme antique de Vaison-la-Romaine, ier s. av. J.‑C.-iiie s. ap. J.‑C., mémoire de master II, université du Havre (dir. J.‑N. Castorio et J.‑M. Mignon), 2015 (inédit).
Provost, Meffre 2003 : M. Provost, J.‑C. Meffre, Vaison-la-Romaine et ses campagnes, Carte archéologique de la Gaule 84/1, Paris, Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 2003.
Roumégous 2021 : A. Roumégous, Vaison-la-Romaine, chemin de Mirabel, rapport final d’opération de diagnostic d’archéologie préventive, SADV, 2021 (inédit).
Sautel 1909 : J. Sautel, « Le théâtre romain de Vaison », Mémoires de l’Académie du Vaucluse 9, 1909, p. 221‑273 (tiré à part, Avignon, Seguin, 1909).
Sautel 1926 : J. Sautel, Vaison dans l’Antiquité, I, Histoire de la cité des origines jusqu’aux invasions barbares, Avignon, Aubanel frères, 1926 ; II, Catalogue des objets trouvés à Vaison et dans son territoire, Avignon, Aubanel frères, 1926 ; III, Recueil documentaire illustré, Lyon, A. Rey, 1926.
Sautel 1937a : J. Sautel, Les découvertes archéologiques de Vaison-la-Romaine de 1907 à 1937, Avignon, Rullière, 1937.
Sautel 1937b : J. Sautel, Les découvertes archéologiques de Vaison-la-Romaine de 1907 à 1937, Avignon, Rullière, 1937 (5 pl. : théâtre, portique de Puymin, Maison des Messii et autres vestiges [1924‑1927] ; versant occidental [1928‑1929] ; portique de Pompée, maisons de Rapport, Nymphée [1930‑1934] ; Maison au buste en argent et rues [1934‑1937] ; plans par R. Gauthier).
Notes de bas de page
1 Boyer de Sainte-Marthe 1731, p. 90‑91.
2 Chaix s.d.
3 Sautel 1926, p. 26‑27.
4 Dans le cadre de la thèse sur le site de Vaison qu’il préparait à la faculté d’Aix-en-Provence.
5 Sautel 1909.
6 Provost, Meffre 2003, p. 219‑222.
7 Carru 1992.
8 Les travaux de restauration étaient placés sous la maîtrise d’œuvre de Didier Repellin, architecte en chef des Monuments historiques, secondé par son adjoint, Laurent Volay, architecte du patrimoine d.p.l.g.
9 Avec l’aide de Vincent Faure (SADV), Julien Charles et Denis Boudart (service Patrimoine, ville de Vaison-la-Romaine).
10 Mignon 2006 ; Mignon 2007 ; Mignon 2010.
11 Sautel 1937a ; Sautel 1937b ; Pois 2014, p. 24‑64 ; Pois 2015, p. 53‑81.
12 Mignon, Doray 2021, p. 869‑889.
13 Biscarrat 2015a, p. 74‑81 ; Biscarrat 2015b, p. 72‑77 ; Biscarrat 2016a, p. 100‑120 ; Biscarrat 2016b, p. 122‑146.
14 Roumégous 2021, p. 64‑65.
15 Bouet 2010.
16 Mignon, Doray 2019, p. 109‑140.
17 Mignon 2010, p. 871‑872.
18 Sautel 1926, p. 240.
19 J. Sautel, qui assimile le premier degré de la cavea à un gradin, alors qu’il faut y voir le repose-pied des spectateurs assis sur le premier gradin véritable, compte ainsi dix gradins jusqu’aux vomitoria inférieurs, et dix-huit gradins jusqu’aux vomitoria supérieurs.
20 Sautel 1926, p. 248.
21 Mignon 2010, p. 874‑875.
22 Sautel 1926, p. 243.
23 On optera davantage pour un dispositif destiné à recueillir et évacuer les eaux de pluie dans la mesure où il n’équipe qu’un côté de la galerie, et a priori le côté le moins soumis à d’éventuels ruissellements souterrains.
24 Sautel 1926, p. 246.
25 Sautel 1926, p. 242.
26 Il est à noter que Joseph Jacquet (1749‑1824), grand-père paternel de Jean Joseph Thomas Jacquet (1810‑1886), est connu des historiens et archéologues vaisonnais pour avoir, au début du xixe siècle, acheté, puis démoli pour en revendre les matériaux, l’église Notre-Dame-des-Champs située au pied du versant sud de la colline de Puymin et pendant un temps occupée par les frères Cordeliers (Mignon, Doray 2016, p. 16‑77).
27 Sautel 1926, p. 241.
28 CIL XII, 1380 et 1496.
Auteur
-
Jean-Marc Mignon
IdRef : 240208013
Attaché principal de conservation du patrimoine, service d’Archéologie du département de Vaucluse (SADV), Avignon ; architecte du patrimoine d.p.l.g.
Le texte seul est utilisable sous licence Creative Commons - Attribution - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 4.0 International - CC BY-NC-ND 4.0. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont « Tous droits réservés », sauf mention contraire.
The Iranian Plateau during the Bronze Age
Development of urbanisation, production and trade
Jan-Waalke Meyer, Emmanuelle Vila, Marjan Mashkour et al. (dir.)
2019
Les vaisseaux du désert et des steppes
Les camélidés dans l’Antiquité (Camelus dromedarius et Camelus bactrianus)
Damien Agut-Labordère et Bérangère Redon (dir.)
2020
Chantiers et matériaux de construction
De l’Antiquité à la Révolution industrielle en Orient et en Occident
Anne Baud et Gérard Charpentier (dir.)
2020
Multidisciplinary approaches to food and foodways in the medieval Eastern Mediterranean
Sylvie Yona Waksman (dir.)
2020
On salt, copper and gold
The origins of early mining and metallurgy in the Caucasus
Catherine Marro et Thomas Stöllner (dir.)
2021
Chalcis/Qinnasrin (Syrie)
De l’âge du Bronze à l’époque mamelouke. Qinnasrin II
Marie-Odile Rousset (dir.)
2021
Kition-Bamboula VIII
Le port de guerre de Kition
Olivier Callot, Sabine Fourrier et Marguerite Yon (dir.)
2022
Networked spaces
The spatiality of networks in the Red Sea and Western Indian Ocean
Caroline Durand, Julie Marchand, Bérangère Redon et al. (dir.)
2022
Kition-Bamboula IX
Les cultes des Salines à Kition : étude des terres cuites d'époque classique
Pauline Maillard
2023
Les espaces funéraires autour d’Apamée de l’Euphrate (iiie siècle avant-viiie siècle après J.‑C.)
Catherine Abadie-Reynal (dir.)
2023
Les théâtres antiques et leurs entrées
Parodos et aditus
Djamila Fellague et Jean-Charles Moretti (dir.)
2024
Sur les routes du désert Oriental égyptien
De la piste ptolémaïque d'Edfou à Bérénice au réseau des praesidia romains
Bérangère Redon
2025
