Formes architecturales et fonctions de l’aditus maximus dans les théâtres du Proche‑Orient romain
p. 95-116
Résumés
La grande majorité des théâtres antiques connus au Proche‑Orient sont de type romain et forment un corpus à part entière comptant à ce jour une soixantaine d’édifices en incluant les odéons et autres petits théâtrons mal identifiés, ainsi que les théâtres de rituels. Bien que l’étude d’un tel corpus reste à ce jour malaisée (absence de synthèse, diversité des édifices, publications disséminées et écrites dans différentes langues), il est possible de cerner, à partir des données accessibles, les principales caractéristiques architecturales et décoratives des aditus maximi de cette région, ainsi que d’en tracer les évolutions.
Most of ancient Near-Eastern theatres belong to the roman type and can be gathered into a single corpus of about sixty buildings including odeia, ritual theatres and ill-defined theatrons. Though the analysis of such a singular collection can be quite challenging (due to the lack of a regional overview, the variety of building types and the language diversity among scattered sources), it still allows to grasp this region’s aditus maximi’s main architectural and decorative characteristics as well as trace back its evolutions.
Texte intégral
Préambule : état de la recherche sur les théâtres orientaux
1À la différence de l’Asie Mineure, le Proche-Orient1 possédait très peu de théâtres à l’époque hellénistique : Aï Khanoum2 et Babylone3 restent, à ce jour, les seules villes à posséder des vestiges clairement datés de cette période. D’autres édifices pourraient cependant avoir connu une première phase antérieure à l’époque impériale comme celui de Byblos4, un des rares théâtres proche‑orientaux de type grec dont la datation reste à établir5, ou celui d’Apamée, dont les fouilles ont révélé des vestiges antérieurs à la phase actuellement visible6. Les textes mentionnent aussi à Antioche-sur-l’Oronte7 et à Ecbatane8 des théâtres qui n’ont à ce jour pas été localisés. Néanmoins, force est de constater que la plupart des théâtres antiques connus au Proche‑Orient datent de l’époque romaine9.
2En incluant les odéons et autres petits théâtrons mal identifiés ainsi que les théâtres des complexes religieux, près d’une soixantaine d’édifices sont répertoriés au Proche‑Orient (fig. 1, 2 et 3). L’étude d’un tel corpus n’est pas aisée. Peu d’édifices ont à ce jour fait l’objet de dégagements ou d’études suffisamment approfondis pour en tirer des séries d’ouvrages de référence10. Il faut bien souvent se contenter d’observations ponctuelles ou de synthèses partielles livrées sous forme de séries d’articles ou de chapitres d’ouvrages qui composent une bibliographie fragmentée. Ces publications sont de surcroît écrites en pas moins de six langues différentes11, et peu d’entre elles, si tant est qu’elles s’attachent à décrire un peu l’architecture d’un théâtre donné, comportent une réelle étude de ses aditus.
Fig. 1 – Carte de localisation des théâtres antiques connus au Proche-Orient (DAO P. Thiolas, 2021).

Fig. 2 – Carte de localisation des odéons et théâtres rituels connus (DAO P. Thiolas, 2021).

Fig. 3 – Édifices théâtraux connus mais non localisés (DAO P. Thiolas, 2021).

3Les vestiges des aditus maximi sont dans l’ensemble mal conservés12 : les voûtes se sont bien souvent effondrées ou ont été démantelées pour en extraire les pierres de taille. Les rares exemples encore en élévation échappent souvent aux descriptions architecturales publiées. Enfin, la datation de la plupart de ces édifices reste, à ce jour, incertaine, car tributaire de fouilles anciennes qui sont mal publiées et nécessiteraient souvent un vaste travail de reprise. Face à ces difficultés, il nous a paru opportun de concentrer notre enquête sur les grands théâtres, ceux dont le diamètre de la cavea est supérieur à 40 m, et d’exclure par conséquent ceux des complexes religieux ainsi que les théâtrons et odéons, bien que ces derniers présentent parfois des similarités de forme. Ce choix nous a permis de sélectionner un corpus cohérent composé d’une trentaine d’édifices.
4Si tous les aditus maximi se présentent sous l’aspect d’un couloir voûté, souvent diamétral et large de 3 à 4 m, les plans et les décorations changent d’un théâtre à l’autre et laissent entrevoir une évolution des formes tributaires des fonctions et des usages de cet espace d’accès.
Configurations architecturales et problématiques d’accès
Un espace de connexion architectural
5Par sa forme et sa position au sein du théâtre romain, l’aditus maximus revêt un rôle de connecteur architectural : en reliant la cavea, l’orchestra et le bâtiment de scène, il contribue à faire de l’édifice un espace clos et par là même unitaire. Ce lien n’est pas exempt d’enjeux pratiques. L’aditus se présente principalement sous deux formes dans les théâtres romains : celle d’un passage hypèthre13 formant une connexion lâche entre cavea et scaena, ou celle d’un passage couvert (le plus souvent voûté) qui lie effectivement les murs de la scène et la cavea. Lorsque l’aditus est voûté, cette jonction permet la construction de tribunalia destinées aux notables, un aménagement que l’on retrouve dans plusieurs théâtres proche‑orientaux14 : à Samarie15, Scythopolis16, Tibérias17, Bosra18, Adraha19, Pétra20, Gérasa sud21, Cyrrhus22 ou encore à Héliopolis23. Ce lien permet également de créer un espace mettant en communication le bâtiment de scène et les maeniana supérieurs24.
Des configurations d’accès multiples
6En raison de ce rôle de connecteur architectural, l’aditus maximus occupe une place centrale dans l’organisation des accès depuis l’extérieur et des circulations internes de l’édifice. Son plan au sol se décline en trois variantes. La plus fréquente est la configuration diamétrale que l’on trouve à Apamée (fig. 4), Césarée Maritime25 ou encore Scythopolis26. L’aditus est alors situé sur le diamètre du théâtre et permet un accès direct à l’orchestra depuis l’extérieur du bâtiment. Dans la seconde variante, le plan est coudé ou « en L » : depuis l’extérieur on emprunte un passage qui est d’abord perpendiculaire à la scaena puis parallèle à celle‑ci et conduit le spectateur à l’orchestra. Cette configuration est présente dans le théâtre sud de Gérasa (fig. 5) ainsi qu’à Amman27. Enfin, il existe également quelques rares exemples de plans composites mêlant les deux configurations. En Orient, on trouve un exemplaire de ce type au théâtre de Cyrrhus (fig. 6) où l’aditus nord présente un plan coudé tandis que le couloir sud compose un accès diamétral et un accès coudé. Ce déséquilibre s’y justifie par le profil de la pente qui présente une contrainte topographique plus prononcée au nord28. Il faut également signaler le cas atypique de Palmyre qui possède, en plus des deux aditus maximi, un troisième accès à l’orchestra aménagé sous l’axe de la cavea29.
Fig. 4 – Un exemple de théâtre doté d’un aditus diamétral : le plan du théâtre d’Apamée (Finlayson 2012, p. 288, fig. 4).

Fig. 5 – Un exemple de théâtre doté d’un aditus coudé ou « en L » : le plan du théâtre sud de Gérasa (Sear 1996, p. 224, fig. 7).

Fig. 6 – L’aditus composite du théâtre de Cyrrhus (Abdul Massih et al. 2012).

7L’aditus donnait principalement accès à l’orchestra ainsi qu’à l’ima cavea, et était donc majoritairement emprunté par les élites et les spectateurs les plus fortunés. Ces derniers jouissaient de places de choix, qu’il s’agisse des sièges de la proédrie ou des premiers rangs de la cavea. L’ima cavea est souvent directement accessible depuis l’aditus au moyen d’escaliers parallèles comme à Bosra30 ou perpendiculaires comme à Césarée Maritime (fig. 7) aux gradins. Plus rarement on trouve quelques exemples de degrés aménagés dans la largeur du podium de l’orchestra (à Gabala31 et à Cyrrhus32).
Fig. 7 – L’escalier d’accès reliant l’aditus à l’ima cavea à Césarée Maritime (Frova 1965, p. 92, fig. 78).

8Dans certains théâtres, l’aditus permet également aux spectateurs de gagner les maeniana supérieurs de la cavea en empruntant différents escaliers internes. La disposition la plus fréquente consiste à connecter à l’aditus un passage interne doté d’un escalier donnant accès à la précinction entre ima et media ou summa cavea. Au Proche-Orient ce type de passage est présent dans les théâtres d’Apamée33, Gabala34, Bosra35 ou encore Philippopolis36. À Bosra, cette disposition se trouve renforcée par la présence d’un second aditus maximus, construit à l’aplomb du premier et qui permet de desservir les tribunalia37.
9Rappelons enfin que l’aditus maximus peut également être emprunté par le personnel technique ainsi que par les acteurs. Ces derniers peuvent en effet accéder au pulpitum par de petits escaliers aménagés parallèlement (Scythopolis38, Bosra39, Gérasa sud40, Cyrrhus41, Palmyre42) ou perpendiculairement (Pétra43, Césarée Maritime44, Sepphoris45, Tibérias46, Amman47) à la frons pulpiti. Certains édifices disposent aussi de petits accès techniques menant à l’hyposcaenium : à Gabala un passage de ce type est aménagé au débouché de chaque aditus (fig. 8) et permet notamment au personnel technique d’actionner le système du rideau de scène48.
Fig. 8 – Un des accès techniques à l’hyposcaenium aménagé au théâtre de Gabala (Badawi 2009, pl. 42).

10En raison de cette diversité des circulations, l’aditus maximus est un espace d’exposition, particulièrement propice à l’affichage de décrets ainsi qu’à la promotion des évergètes. Au théâtre sud de Gérasa, deux blocs inscrits portant la dédicace du théâtre ont été découverts dans l’aditus oriental49. Ces blocs ont été restitués au-dessus des portes intérieures des deux accès, à l’aplomb de l’archivolte ionique qui les encadrent.
Vers une évolution des accès
11La configuration des aditus maximi en Orient évolue progressivement, en parallèle avec les innovations touchant les techniques de construction et les modes de conception des théâtres. Au tournant des iie et iiie s. de notre ère, on voit ainsi apparaître à Bosra, Gabala ou encore Philippopolis, de nouveaux types d’édifices portés par des substructions complexes dont l’agencement permet d’améliorer la circulation des spectateurs. Au sein de ces théâtres, l’aditus tend à devenir l’élément majeur d’une ramification interne complexe permettant des accès multiples aux gradins depuis plusieurs points de circulation. À Gabala (fig. 9), l’aditus maximus est accessible depuis deux accès extérieurs perpendiculaires au mur de scène mais également par l’ambulacre inférieur (lui‑même accessible depuis plusieurs portes aménagées dans le mur périmétral de la cavea donnant sur l’extérieur du théâtre). Ces deux accès conduisent respectivement vers l’orchestra, la scaena et l’ima cavea d’une part, et vers l’escalier conduisant à la summa cavea de l’autre. À l’intérieur de l’aditus, un escalier perpendiculaire conduit à l’ambulacre intermédiaire (situé sous la media cavea) donnant lui‑même accès à la première praecinctio, l’ambulacre inférieur ou l’ambulacre supérieur (situé à l’aplomb du premier et conduisant à la summa cavea). À Bosra (fig. 10) et Philippopolis (fig. 11) les aditus maximi ne sont pas directement accessibles depuis l’extérieur. Cette disposition aveugle contribue à les fondre complètement dans le système de circulation interne des édifices. Cette évolution signait, pour Edmond Frézouls, la fin de « leur rôle privilégié dans la circulation – cet héritage du théâtre grec déjà compromis par le théâtre romain dès la première utilisation des substructions pour l’accès à la cavea »50 au profit d’une connexion plus étroite avec les annexes latérales51. Cette dernière observation n’est toutefois avérée qu’à Bosra52.
Fig. 9 – Illustration des complexités des accès et des circulations dans le théâtre de Gabala (Badawi 2009, pl. 35).

Fig. 10 – Coupes du théâtre de Bosra (Finsen 2012).

Fig. 11 – Axonométrie du théâtre de Philippopolis (Frézouls, Coupel 1956).

12L’évolution la plus significative des accès reste cependant la tendance progressive à la fermeture des aditus à leur débouché sur l’orchestra53. Quelques traces de fixations (Bosra54, Césarée Maritime55, Cyrrhus56), parfois doublées de rainures destinées à installer des montants de porte (Césarée Maritime57), témoignent de l’adjonction de grilles ou de portes visant à clore entièrement l’accès aux édifices58. Ces différents aménagements, quelquefois adoptés bien après la construction de l’édifice, trahissent également une nécessaire adaptation des théâtres au succès grandissant de nouveaux spectacles, qu’il s’agisse des munera, des venationes ou encore des spectacles aquatiques pour les théâtres dotés de bassins artificiels (kolymbèthra) comme c’est le cas au théâtre de Césarée Maritime59. La fermeture des aditus maximi peut également prendre la forme d’un simple resserrement du passage (Tibérias60, Capitolias61, Cyrrhus62). À Bosra ce resserrement est effectué par les deux autels ajoutés qui restreignent l’accès menant à l’orchestra. Leur présence atteste le passage par cet accès des processions données dans le cadre des fêtes précédant les concours.
Techniques de construction et ornementation
Mise en œuvre et techniques de construction
13Au Proche-Orient, l’emploi de l’opus caementicium semble avoir été systématiquement absent du gros œuvre : les préparations à base de chaux sont, le plus souvent, réservées aux enduits peints, aux préparations de sols ou aux mortiers hydrauliques. Aussi les voûtements des aditus maximi orientaux sont‑ils tous maçonnés en grand appareil ou, dans de plus rares cas, en partie réservés dans le rocher63. À Pétra, P.C. Hammond signale toutefois la présence de mortier employé à l’extrados des voûtes des aditus en vue de stabiliser la structure et de compenser l’effet des poussées latérales sur les piédroits64. Ce mortier apparaît cependant plus comme un stabilisant que comme un composant de la maçonnerie à proprement parler.
14Les passages sont le plus souvent couverts de voûtes en berceau, horizontales en plein cintre (Césarée Maritime65, Sepphoris66, Dora67, Adraha68, Scythopolis69, Gérasa sud70, Pétra71, Amman72, Palmyre73, Apamée74, Bosra75, Cyrrhus76) même si l’on connaît également des exemples de berceaux inclinés (Capitolias77, Césarée Maritime78) et de voûtes échelonnées (Bosra79, Gabala80). Le rôle de connecteur architectural de l’aditus induit un soin particulier dans la mise en œuvre de sa couverture, notamment dans ses jonctions avec les autres parties de l’édifice. Dans la construction en grand appareil, la résolution des intersections voûtées suppose un certain degré d’ingénierie ainsi qu’une maîtrise avancée de la stéréotomie. Cette difficulté technique, qui devait par ailleurs engendrer des coûts plus élevés, a souvent été résolue à l’époque impériale grâce à un système plus simple, ainsi décrit par A. Choisy : « toutes les fois que la hauteur disponible l’a permis, au lieu de placer les naissances à un même niveau, on a reporté la naissance d’un des deux berceaux au‑dessus du sommet de l’autre, ce qui supprimait toute pénétration »81. Ce principe d’économie se vérifie dans les aditus des théâtres de Gabala82, Bosra83 et Apamée84. Cependant, on trouve également quelques configurations plus complexes de résolution d’intersections voûtées. L’aditus coudé du théâtre sud de Gérasa présente deux types de voûtes : une en arc de cloître résout la pénétration des deux berceaux au niveau du coude, tandis que la connexion avec le couloir menant à la scaena est effectuée au moyen d’une voûte d’arêtes85. Le théâtre de Philippopolis fournit quant à lui l’exemple plus étonnant d’une coupole aplatie mise en œuvre entre l’aditus et l’ambulacre86 et dont le choix semble avoir été motivé par le manque de hauteur disponible pour y substituer une voûte d’arêtes.
15Les sols des aditus sont le plus souvent dallés comme c’est le cas à Tibérias (fig. 12), Sepphoris87, Gabala88, Adraha89, Cyrrhus90 (ce dernier présentait toutefois des parties mosaïquées)91. En tant qu’espace de connexion, la configuration de l’aditus maximus joue un rôle important dans la canalisation et l’évacuation des eaux de pluie du théâtre : à ce titre, il présente le plus souvent un simple pendage permettant de diriger l’eau soit vers des collecteurs présents dans l’orchestra soit à l’extérieur du théâtre. On connaît cependant quelques systèmes plus complexes. Au théâtre d’Apamée (fig. 13), l’aditus donne accès à la précinction médiane par un escalier à cinq volées dont le mur d’échiffre oriental est longé par une canalisation en pierre. Cette dernière forme le prolongement d’un réseau déjà présent le long des précinctions, permettant ainsi de collecter l’eau de pluie ruisselant des gradins et de l’acheminer vers un collecteur situé au bas de l’escalier. Le ruissellement conduit jusqu’ici est ensuite acheminé par une canalisation en terre cuite, découverte le long du mur nord de l’aditus, dont le tracé se poursuit en direction de l’orchestra. Ce réseau détaillé se justifie notamment par la localisation du théâtre à proximité d’un wadi92.
Fig. 12 – Le dallage de l’aditus du théâtre de Tibérias (Atrash 2010, p. 1378, fig. 14).

Fig. 13 – Les systèmes hydrauliques associés à l’aditus du théâtre d’Apamée : le canal longeant l’escalier d’accès à la précinction et la canalisation découverte dans l’aditus (Finlayson 2012, p. 290‑292).

Mise en valeur et décors
16L’aditus maximus étant majoritairement emprunté par les dignitaires et les notables, un soin tout particulier est prêté à sa décoration ou du moins à la qualité de ses parties visibles. Son débouché dans l’orchestra se présente quasi systématiquement93 sous la forme d’une porte monumentale encadrée de pilastres (ou des seuls chapiteaux marquant l’imposte de la voûte) surmontés d’une archivolte ionique (souvent à trois fasces) elle-même surplombée par une corniche moulurée, une disposition que l’on retrouve dans les théâtres d’Amman (fig. 14), Scythopolis94, Gérasa sud95, Bosra96, Adraha97, Damas98, Palmyre99, Philippopolis100. Ce type de décor peut parfois être reproduit sur les arcs des versurae101. Si l’aditus dispose d’un accès direct depuis l’extérieur, il arrive que l’encadrement de ses portes reçoive le même type d’ornementation : un exemple est fourni par le théâtre sud de Gérasa où les accès internes et externes au couloir présentent un même décor de pilastres surmontés d’une archivolte ionique à trois fasces. Lorsque l’aditus supporte des tribunalia, celui‑ci est souvent surmonté d’un décor plus complexe qui fait le lien avec les loges d’honneur et leur balteus (Palmyre)102. Plus rarement, certains passages arborent également une décoration sur leur clé d’arc. À Palmyre, J.‑P. Fourdrin décrit « au‑dessus de l’ouverture de la parodos ouest, une guirlande circulaire dont les extrémités rétrécies se croisent vers le bas et au milieu de laquelle un croissant tourne ses branches vers le ciel »103. À Baalbek, la façade de l’aditus présente un arc syrien décoré d’une archivolte à trois fasces couronnée d’une moulure en chanfrein renversé104. Il se compose de huit larges claveaux trapézoïdaux à douelles légèrement courbes maintenus par un neuvième claveau plus étroit formant la clé de l’arc. Cette dernière présente un culot sur lequel repose un buste féminin en haut-relief, couvert d’un chitôn ceinturé d’une corde et dont la tête a disparu. Ce type de décor ne connaît de parallèle strict qu’au théâtre de Pompéi où la clé de l’arc est ornée d’une tête sculptée105.
Fig. 14 – Un exemple de façade décorée d’une archivolte ionique au théâtre d’Amman (Almagro 1983, p. 627, fig. 18).

17Au-delà de sa porte, l’aditus se prolonge encore dans l’orchestra sous la forme d’un passage libre qui jouxte les premiers rangs de l’ima cavea. La hauteur des gradins y impose la sécurité d’un garde‑fou qui prend fréquemment la forme d’une rampe d’appui dont la partie supérieure, parfois moulurée, peut servir de main courante. Cet aménagement, généralement présent sur toute la hauteur de l’ima cavea, se termine parfois par un petit dé mouluré106 situé à la jonction avec les escaliers d’accès reliant l’aditus à la cavea. Ce décor, quoique discret, forme ainsi une transition esthétique entre le couloir et les gradins. Ce type de lien ornemental peut également concerner les moulures du podium de l’orchestra qui débordent dans les aditus maximi des théâtres de Gabala107 et d’Amman108.
18L’intérieur des aditus maximi ne possède pas systématiquement de décoration : les murs peuvent rester bruts, dévoilant simplement le soin apporté à la qualité des pierres et de leur agencement. Certains théâtres présentent toutefois une moulure discrète mais élaborée qui vient souvent souligner la naissance des voûtes. On retrouve ce type d’ornementation à Apamée (fig. 15), au grand théâtre d’Amman109 ainsi qu’au théâtre sud de Gérasa. Ce dernier présente également deux décors floraux ornant les clés de voûte de ses aditus maximi (fig. 16). Enfin, on connaît deux exemples de décors peints dans les théâtres de Césarée Maritime et de Sepphoris. Les enduits de Césarée Maritime, découverts en place, ont été en partie décrits et documentés par A. Frova110 : le premier fragment (fig. 17) représente un fond blanc orné d’une frise de petits carrés colorés encadré de bandes rouges tandis que le second (fig. 18) présente une bande inférieure rouge surmontée d’une succession de rectangles colorés unis encadrés d’une bande noire. Concernant Sepphoris, seule une description d’É. Meyers mentionne des fresques retrouvées effondrées dans l’aditus111. La présence de tels décors conduit à s’interroger sur les modalités d’éclairage de ces couloirs dont la couverture, l’exiguïté et parfois la fermeture les privent de lumière naturelle. La quasi-absence de données de fouille ainsi que les maigres descriptions des murs de cette partie des édifices rendent difficile la restitution des éclairages internes des aditus.
Fig. 15 – La corniche moulurée soulignant le départ des voûtes de l’aditus au théâtre d’Apamée (Finlayson 2012, p. 290, fig. 6).

Fig. 16 – La clé de voûte décorée d’un motif floral dans l’aditus du théâtre sud de Gérasa (cliché P. Thiolas, 2021).

Fig. 17 – Enduits peints découverts dans l’aditus de Césarée Maritime (Frova 1965, pl. 1, fig. 125).

Fig. 18 – Enduits peints découverts dans l’aditus de Césarée Maritime (Frova 1965, pl. 1, fig. 126).

Conclusion
19L’aditus maximus occupe un rôle à part dans les accès aux gradins. En tant qu’espace de circulation monumentalisé, son importance dans le théâtre s’exprime par la multiplicité de ses configurations et par le soin apporté à son décor. Cette attention participe assurément des diverses mises en scène qui se jouent au théâtre, qu’il s’agisse de l’entrée des artistes ou de celle des élites locales dont les sièges sont disposés à la vue de tous dans la proédrie. La présence d’autels au débouché de l’aditus de Bosra conduit également à lui prêter un rôle singulier dans le passage des processions lors des fêtes religieuses précédant les concours. Emprunté par un public éclectique (spectateurs, artistes ou encore personnel technique), cet accès est également un lieu d’exposition propre à rendre publique la gloire des évergètes.
20En Orient, les aditus maximi tendent progressivement au resserrement, voire parfois à la fermeture de leur débouché interne. Cette dynamique s’enracine dans le succès grandissant des nouveaux spectacles (venationes, munera et spectacles aquatiques) qui occupent tout l’espace de l’orchestra et nécessitent souvent son obturation. Un tel changement devient possible grâce aux systèmes de substructions complexes qui dotent les théâtres d’un réseau de circulations internes particulièrement élaboré dans lequel l’aditus vient progressivement se dissoudre. Cette évolution des formes, perceptible dans les remaniements des structures existantes, est progressivement intégrée dans la conception même des nouveaux théâtres et illustre bien le lien inextricable qui se joue entre les spectacles et la configuration des édifices qui les abritent.
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Notes de bas de page
1 La présente étude n’ayant pour but que de dresser un rapide état des connaissances des entrées dans les théâtres orientaux, nous nous bornerons à employer, par pure commodité, l’acception contemporaine du terme sous laquelle il est possible de regrouper les territoires actuels de l’Irak, du Liban, de la Syrie, de la Jordanie, d’Israël et de la Palestine.
2 Bernard 1976, p. 314‑322 et 1978, p. 429‑441.
3 Wetzel, Schmidt, Mallwitz 1957, p. 3‑22.
4 Afin d’éviter les confusions, nous indiquons ici les équivalents actuels des toponymes antiques par région. En Israël et Palestine : Diocésarée/Sepphoris, Néapolis/Naplouse, Scythopolis/Beth She’an, Sébastè/Samarie ; au Liban : Béryte/Beyrouth, Botrys/Batroun, Byblos/Jbeil, Héliopolis/Baalbek, Sidon/Saïda ; en Jordanie : Capitolias/Bayt Ras, Gadara/Umm Qeis, Gérasa/Jerash, Philadelphia/Amman ; en Syrie : Adraha/Dera’a, Apamée/Qalaat al-Mudiq, Gabala/Jablé, Laodicée/Lattaquié, Philippopolis/Chahbah ; en Turquie : Antioche-sur-l’Oronte/Antakya.
5 M. Dunand donne le terminus post quem de 218 ap. J.‑C. (Dunand 1954, p. 48). Cette datation est largement discutée dans Ertel, Freyberger, Herberg 2008, p. 90‑152 : les auteurs réaffirment l’origine hellénistique du théâtre et proposent de dater les réfections de la skènè de la fin du ier s. de notre ère. En 2019 nous avons repris l’étude du théâtre dans le cadre d’un mémoire de master et proposons de placer plutôt ces réfections au début du iie s., sous le règne d’Hadrien (Thiolas 2019, p. 114‑151, plus particulièrement p. 149). Cette datation ne fournit malheureusement qu’un terminus ante quem pour la construction du théâtre.
6 Finlayson 2012, p. 289, fig. 5 et p. 308 : « In phase I, a Greek‑style Hellenistic theater was built into the limestone hillside in the Early Seleucid period. This structure is covered by the current ima cavea and portions of the media cavea, as well as by portions of the current orchestra pavement. The segment of Hellenistic wall currently emerging out of the upper portion of the ima cavea (but previously covered by Roman‑era vaulting) may belong to this earliest structure ». Selon nous, la seule présence de vestiges antérieurs sous le théâtre ne permet pas pour autant d’assurer la présence d’un théâtre hellénistique.
7 Voir la synthèse des sources dans Sear 2006, p. 317 et Isler 2017, Katalogband, p. 67.
8 Sear 2006, p. 323 et Isler 2017, Katalogband, p. 253.
9 La question de l’émergence du théâtre grec en Orient a été largement discutée dans Frézouls 1959, p. 203‑210, un article qui constitue le premier volet de deux publications de référence concernant les « théâtres de l’Orient syrien » (voir Frézouls 1961a).
10 On citera notamment le théâtre de Philippopolis (Frézouls, Coupel 1956) ainsi que le théâtre de Cyrrhus publié à partir des travaux d’É. Frézouls (Abdul Massih et al. 2012).
11 Anglais, allemand, italien, hébreu, arabe et français.
12 Les théâtres romains de Phénicie illustrent particulièrement cette situation : des théâtres sont connus à Beyrouth, Byblos, Batroun, Gabala, Baalbek et Sidon. Le théâtre de Beyrouth a été fouillé par Hans Curvers et son équipe (qui ont par ailleurs localisé l’aditus de l’édifice), mais les résultats n’ont fait l’objet que de pré‑rapports (voir Curvers 2011, 2013 et 2015 ainsi que Thiolas 2019, p. 7‑108, notamment p. 59‑69). Celui de Sidon reste inconnu alors que son identification dans le château Saint‑Louis est renseignée de longue date (Contenau 1920, p. 16‑55 ; Donceel 1965, p. 98‑99 ; Dunand 1967, p. 29‑34 ; Saidah 1969, p. 122‑125 ; Piana 2008, p. 371‑374 et Thiolas 2019, p. 214‑235). Enfin, le théâtre de Batroun, souvent oublié des publications, n’a conservé que quelques gradins réservés dans le rocher (Thiolas 2019, p. 109‑113). Seuls les théâtres de Byblos, Baalbek et Gabala sont réellement connus et documentés.
13 En Orient, les aditus ayant préservé leurs élévations semblent tous avoir été des passages couverts et l’on ne connaît de passage hypèthre que dans la parodos du théâtre de Byblos (une configuration qui s’explique par l’origine hellénistique du théâtre).
14 La liste suivante ne compte que les aditus maximi ayant conservé leur couverture. D’autres théâtres devaient être dotés de tribunalia aujourd’hui disparus.
15 Sear 2006, p. 305.
16 Segal 1995, p. 58.
17 Restituées d’après Atrash 2010, p. 1370. Concernant le théâtre on peut également consulter Atrash 2012.
18 Voir notamment la photographie et la restitution graphique proposées par Thibault Fournet (Dentzer‑Feydy 2007, p. 174).
19 Fournet, Weber‑Karyotakis 2010, p. 190.
20 Hammond 1962, p. 100.
21 Sear 1996, p. 221, fig. 4 ; Isler 2017, Katalogband, p. 306.
22 Abdul Massih et al. 2012, p. 156‑157.
23 Wiegand, Schulz, Winnefeld 1921, p. 42, fig. 20.
24 Cette disposition est notamment signalée à Bosra dans Frézouls 1952, p. 74 : « L’ensemble fournissait un accès discret et parfaitement confortable aux tribunes et même, nous le verrons, aux loges des parascaenia; il était inutile de paraître dans l’orchestre, inutile d’emprunter un escalier de l’hémicycle : la « parodos supérieure » débouche à quelques mètres de la tribune ou de la loge. Quand on sait le prix attaché par les Romains à la séparation des places, à la discrétion des accès, on imagine le parti qu’en pouvaient tirer, dans cette capitale militaire, le gouverneur et son état‑major ».
25 Frova 1965, p. 68, fig. 21.
26 Segal 1995, fig. 54‑55.
27 El‑Fakharani 1975, p. 380, fig. 2.
28 Abdul Massih et al. 2012, p. 155‑164.
29 Frézouls 1989, p. 401 : « Une entrée centrale voûtée qui rappelle certains théâtres d’Italie (Ostie, Bénévent, etc.) débouche, à quatre gradins de profondeur, sur la précinction basse, et le balteus s’interrompt pour donner accès à l’orchestra ». L’accès est également signalé dans Retzleff 2003, p. 121 : « In addition to the parodoi, there is at Palmyra a ground‑level entrance on the central axis of the theatre, running beneath the cavea into the orchestra. Such an entrance is otherwise unattested in the Near East, though it has parallels elsewhere in the empire ».
30 Retzleff 2003, fig. 4.
31 Badawi 2009, pl. 52, fig. 2‑3.
32 À Cyrrhus des marches ont même été taillées dans l’épaisseur du podium dans un second temps : Abdul Massih et al. 2012, p. 124‑127.
33 Finlayson 2012, p. 290‑291, fig. 6‑7.
34 Badawi 2009, pl. 35.
35 Finsen 1972, pl. 10.
36 Frézouls, Coupel 1956, pl. 2, 10 et 15.
37 Voirinfra infra n. 24.
38 Segal 1995, fig. 57.
39 Finsen 1972, pl. 6.
40 Sear 1996, p. 221, fig. 4 et p. 224, fig. 7.
41 Abdul Massih et al. 2012, p. 128, fig. 27.
42 Wiegand 1932, pl. 23.
43 McKenzie 2005, pl. 90.
44 Frova 1965, p. 129, fig. 147.
45 Sear 2006, pl. 287.
46 Atrash 2010, p. 1377, fig. 13.
47 El‑Fakharani 1975, p. 380, fig. 2.
48 Badawi 2009, pl. 41 et Thiolas 2019, fig. 240.
49 Pouilloux 1977, p. 246‑254 et 1979, p. 276‑278.
50 Frézouls 1952, p. 75.
51 Frézouls 1952, p. 75 : « Les parodoi perdent ainsi leur autonomie et leur nature d’axes circulatoires pour devenir de simples annexes des grandes salles latérales ».
52 Les parascaenia des théâtres sont souvent mal documentés en raison de leur état de conservation ainsi que du peu de données découvertes en fouilles permettant de renseigner leur fonction. L’observation de Frézouls semble se reporter spécifiquement aux théâtres disposant de foyers ou d’annexes accessibles aux spectateurs. Bien que l’on retrouve une telle configuration au théâtre de Cyrrhus (qui présente des latrines au nord et un foyer au sud) on remarque que la connexion entre l’aditus et ces salles n’est pas directe.
53 Retzleff 2003, p. 120 : « Cuttings in the ends of the proscaenium, sides of the cavea podium, and paving indicate the location of gates at the parodoi ; the gates themselves, made of wood or metal, have not survived » et p. 123 : « in fact at virtually every theatre in the region there are cuttings at the parodoi indicating the presence of gates made of wood or metal ».
54 Retzleff 2003, p. 122 : « A terminus post quem for this secondary phase is suggested by inscriptions honoring Caracalla and Geta on two reused altars that were installed as doorjambs for a gate at the west parodos. […] cuttings on the east face of the altars in the base mouldings indicate that the gate could be closed with double doors ».
55 Frova 1965, p. 121: « Numerose le tracce di adattamenti, specialmente fori di alloggiamenti (alcuni imputabili alla sistemazione della parete divisoria con porta e soglia rialzata » et Retzleff 2003, p. 125: « Makeshift doorjambs, employing reused architectural members, were added to the parodoi ; large fragments of lintel were placed against the proscaenium, while pieces of pediment were set against the ends of the new cavea podium. These reused lintel and pediment blocks were covered with several layers of white plaster retaining traces of polychrome paint, and fitted with cuttings for double doors ».
56 Abdul Massih et al. 2012, p. 156 : « La partie est‑ouest est accessible au débouché de l’escalier par une porte monumentale, dont sont conservés, parmi des remaniements grossiers, le seuil, la feuillure et le logement, dans la paroi latérale nord, d’une barre transversale de fermeture ».
57 Frova 1965, p. 92, fig. 78 (repris dans Retzleff 2003, fig. 7).
58 Ces dispositifs de fermeture peuvent également être rencontrés en façade extérieure de l’aditus : à Gabala un seuil doté de gâches destinées à recevoir les verrous de vantaux a été découvert à l’entrée nord de l’aditus oriental qui communique avec une voie dallée (voir Badawi 2009, p. 62).
59 Berlan-Bajard 2006, p. 534‑540.
60 Atrash 2010, p. 1377, fig. 13.
61 Le théâtre fouillé en 2005 a fait l’objet de deux articles et de plusieurs rapports en arabe publiés entre 2002 et 2005 dans l’Annual of the Department of Antiquities of Jordan (voir notamment Karasneh, Fayyad 2004, p. 67‑75 et Karasneh 2005, p. 39‑45). Une série de photographies après les dégagements a également été réalisée par Thomas Maria Weber‑Karyotakis et mise en ligne (https://www.theatrum.de/1797.html, consulté le 18/09/2023). Ces dernières permettent en particulier de constater la présence d’un resserrement de l’aditus occidental. Par ailleurs, les deux couloirs ne jouxtent pas directement la scène mais sont séparés d’elle par une petite pièce d’angle dont l’accès semble particulièrement exigu.
62 Abdul Massih et al. 2012, p. 156 : « Ce sol de la parodos est pratiquement horizontal, dans les deux parties, jusqu’à l’orchestra, et si la largeur se réduit de 4,20 m à 3,60 m du segment axial au segment diamétral du L, elle demeure constante dans chacun ».
63 C’est le cas des théâtres de Pétra et de Capitolias (https://www.theatrum.de/1797.html) dont les parties basses ont été taillées dans le rocher et aménagées pour recevoir les assises de maçonneries soutenant les voûtements.
64 Hammond 1962, p. 104 : « Most important for the latter is the method employed to consolidate masonry vaults, as seen in the vomitoria passages. Apparently, after the vaults were completed, in the conventional fashion of stonebuilders, a layer of pottery‑filled cement was poured over the top surface. This, the Romans had finally realized, would relieve the danger of lateral thrust by distributing it and concentrating its force downward to the imposts ».
65 Sear 2006, p. 303.
66 Segal 1995, p. 42.
67 Segal 1995, p. 51.
68 Segal 1995, p. 52.
69 Segal 1995, p. 58.
70 Segal 1995, p. 76.
71 Hammond 1964, p. 100.
72 Segal 1995, p. 84.
73 Fourdrin 2009, p. 218.
74 Finlayson 2012, p. 285.
75 Finsen 1972, pl. 10 : l’aditus inférieur présente une voûte en berceau.
76 Abdul Massih et al. 2012, p. 156.
77 Karasneh 2005, p. 44. Voir également les photographies de T.M. Weber‑Karyotakis disponibles en ligne (https://www.theatrum.de/1797.html).
78 Frova 1965, p. 122‑123 : la figure 128 illustre la succession de berceaux en plein cintre et inclinés mis en œuvre dans l’aditus sud.
79 Finsen 1972, pl. 10 : l’aditus supérieur présente une voûte échelonnée sur la partie la plus proche des tribunes.
80 D’après Patricio 2003, p. 1608, il faudrait restituer des aditus maximi voûtés en berceau. Cependant on remarque sur certaines photographies que les départs des voûtains sont situés à des hauteurs différentes. Il n’est pas exclu que les aditus aient été voûtés en berceaux inclinés voire en voûtes échelonnées (Thiolas 2019, p. 175‑176), ces dernières ayant été largement employées dans les substructions de l’édifice.
81 Choisy 1899, p. 518. Cette observation est également faite par Adam 2005, p. 391 : « On the contrary, whenever the risk of intersection arose, they shifted the keystone so that the spring of one arch was higher than the key of the other, so that the lower arch opened in a vertical wall while the barrel vault of the higher one continued without interruption ».
82 Badawi 2009, pl. 35 ; Thiolas 2019, fig. 191.
83 Finsen 1972, pl. 10.
84 Finlayson 2012, p. 292, fig. 6.
85 Le premier type de voûte n’a plus été mentionné depuis Choisy 1899, p. 519 ; quant au second, il n’a encore jamais été rapporté dans les publications.
86 Frézouls, Coupel 1956, p. 33 et 78 et pl. 29, fig. 2.
87 Sear 2006, p. 307.
88 Badawi 2009, p. 63 et pl. 45.
89 Fournet, Weber‑Karyotakis 2010, p. 190. Des photographies montrant le dallage ont été prises par T.M. Weber‑Karyotakis et sont disponibles en ligne (https://www.theatrum.de/adraha.html, consulté le 18/09/2021).
90 Abdul Massih et al. 2012, p. 158 : « Contrairement à la parodos nord, la partie non voûtée a conservé un dallage soigné, qui constitue un retour de celui de la précinction basse ».
91 Abdul Massih et al. 2012, p. 156 et 158 : dans l’aditus nord « aucun pavement n’est conservé, mais des blocs de calcaire tendre sont en place çà et là, au niveau d’une assise en saillie, sur une épaisseur d’environ 0,50 m à la base des murs. Ils devaient supporter le sol, peut‑être mosaïqué, comme l’ont suggéré, dans la parodos sud, quelques groupes de tesselles en place ». Quant à l’aditus sud, « quelques faibles surfaces de mosaïque jaunâtre ont été dégagées dans la partie couverte de la parodos et surtout dans l’angle sud‑ouest et le long de la paroi ouest de l’intersection entre les deux branches de la parodos. Elles suffisent à attester qu’au moins à un moment de l’existence du théâtre, la branche diamétrale a été mosaïquée ».
92 Finlayson 2012, p. 280, fig. 3 et p. 283 : « The location of the Great Roman Theater at Apamea on the flanks of a major wadi access to the Orontes Valley represents the most viable location for an earlier Hellenistic theater structure. The theater seating faces almost directly north, toward the citadel, and the length of the stage is aligned from east to west. Additionally, this wadi provides one of two major accesses from the Orontes Valley floor to the upper escarpment of the Roman-era city, whose main cardo rested over Hellenistic remains ».
93 À Gabala, ce débouché présente un arc clavé en plein cintre à extrados plat (Frézouls 1952, pl. 2, fig. 4 et Badawi 2009, pl. 45). Ses voussoirs accusent une forme particulière : chaque côté présente trois premiers claveaux de petit module verrouillés par cinq claveaux en parallélogramme.
94 Mazor 1989, p. 49, fig. 49.
95 Sear 1996, p. 221, fig. 4.
96 Finsen 1972, p. 13.
97 Fournet, Weber‑Karyotakis 2010, p. 190. Voir également les photographies prises par T.M. Weber‑Karyotakis (https://www.theatrum.de/adraha.html).
98 Mortensen 2009, p. 74, fig. 2‑3.
99 Fourdrin 2009, p. 218 et p. 198, fig. 14.
100 Ce décor signalé par Butler 1903, p. 392 n’existe plus aujourd’hui (Frézouls, Coupel 1956, p. 34 et 87).
101 À Amman (El Fakharani 1975, p. 386, fig. 11), au théâtre sud de Gérasa (Sear 1996, p. 221, fig. 4), à Palmyre (Fourdrin 2009, p. 219, fig. 36).
102 Fourdrin 2009, p. 218 : « Au sommet, l’extrados de l’archivolte est en contact avec la moulure horizontale qui règne autour de la tribune ».
103 Fourdrin 2009, p. 218.
104 Wiegand, Schulz, Winnefeld 1921, p. 42, fig. 20.
105 Fincker, Letellier‑Taillefer, Zugmeyer 2018, fig. 5a‑b. Toutefois, un bloc strictement similaire a été découvert à Baalbek même, dans la zone du Bustan el‑Khan (voir Burwitz, Kropp et Lohman 2005, p. 133‑134 et fig. 19‑20).
106 On retrouve cette disposition à Bosra (Finsen 1972, pl. 13), Amman (El Fakharani 1975, p. 384‑385, fig. 7‑8), Scythopolis (voir les photographies de D. Kuster en ligne https://www.theatrum.de/854.html, consulté le 18/04/2021) ainsi qu’au théâtre sud de Gérasa.
107 La mouluration du podium se poursuit en partie dans l’aditus (Thiolas 2019, p. 110, fig. 219).
108 El Fakharani 1975, p. 384‑385, fig. 7‑8.
109 Almagro 1983, p. 628, fig. 19.
110 Frova 1965, p. 121.
111 Harthal 1987, p. 278 : « Remains of fresco designs were found on the corridor walls » et Meyers, Chancey 2012, p. 270‑270 : « Large sections of fresco were also recovered indicating that painted lime plaster adorned many parts of the theater, as was the case with the eastern parodos ».
Auteur
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Pierre Thiolas
IdRef : 272460281
Archéologue, indépendant
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