Théophane le Confesseur, Chronographie
p. 242-243
Texte intégral
Théophane le Confesseur, Θεοφάνης ὁ Ὁμολογητής (ca 758‑818), est un moine et un chronographe byzantin. Sa Chronographie (Χρονογραφία), dont on place la rédaction à partir de 810, prolonge la Chronique universelle de Georges le Syncelle, qui se termine en 284, jusqu’à la mort de Michel Ier en 813 ; elle n’est pas d’une exactitude chronologique sans faille, malgré son souci pour établir des concordances entre la datation par Année du Monde, l’année de l’Incarnation du Christ, et les années des règnes impériaux ; néanmoins elle sera adaptée en latin vers 870 par Anastase le Bibliothécaire (ca 810‑880). Théophane, traitant de l’Année du Monde 5882, qui correspond à l’Année du Christ 382 dans son système, signale l’usurpation d’Eugène.
117. Suicide de Valentinien
Τούτῳ τῷ ἔτει Εὐγένιος ἐτυράννησεν ὁ ἀπὸ γραμματικῶν ἀντιγραφεὺς ὤν, καὶ σχῆμα βασιλικὸν περιθέμενος, συνόντος αὐτῷ καὶ Ἀρταβάσδου τοῦ ἀπὸ τῆς μικρᾶς Γαλατίας. Καὶ ἀκούσας Οὐαλεντινιανὸς ὁ υἱὸς τοῦ Οὐαλεντινιανοῦ τοῦ μεγάλου ἐξ Ἰούστης, ἑαυτὸν ἀνεῖλεν ἀγχόνῃ. Ὁ δὲ Θεοδόσιος τοῦτο μαθὼν ἐξωπλίζετο τοῦ κατελθεῖν εἰς ἐκδίκησιν αὐτοῦ.
Cette année-là, Eugène qui, de grammatikos était devenu Maître des bureaux, revêtit la pourpre impériale et exerça la tyrannie, avec la complicité d’Artabasde [sic], qui était originaire de la petite Galatie. En apprenant cela, Valentinien, le fils de Valentinien le Grand et de Justa, se suicida en se pendant. Théodose à cette nouvelle se mit sur le pied de guerre pour le venger.
(Théophane le Confesseur, Chronographie, A.M. 5882)
1Ce texte suit de près celui de Socrate de Constantinople (68) pour la présentation d’Eugène ; mais la version de la mort de Valentinien est différente, puisque Théophane est l’un des rares auteurs à opter ouvertement pour la thèse du suicide, dont il donne une justification erronée puisqu’en fait la proclamation d’Eugène eut lieu après la mort de Valentinien ; néanmoins cette version est reprise par Zonaras (140). La charge remplie par Eugène est très probablement celle de Magister officiorum. Quant à la datation, A.M. 5882, qu’elle soit transcrite dans notre ère par A.C. 382 (PG, CSHB) ou 389‑390 (éd. C. Mango), c’est une erreur, la date de la mort de Valentinien étant juin 392.
Bibliographie
Références
Auteur
Molinier 1901, no 653 ; Duval 1971, no 44B ; RE V/A2, 1934, s.v. « Theophanes 5 », col. 2127‑2132 [G. Ostrogorsky] ; Brill’s EncMedChron Online, s.v. « Theophanes Confessor » [St. Albrecht].
Éditions
Theophanis Chronographia, tome I, éd. J. Classen, CSHB 43, Bonn, 1839, p. 111. Trad. G. Lucas.
Voir également, PG 108, 1863, col. 204B ; C. Mango, R. Scott et G. Greatrex, The chronicle of Theophanes Confessor : Byzantine and Near Eastern history, AD 284‑813, Oxford, 1997.
Texte
Sur les concordances entre les différents systèmes de datation, voir l’édition de J. Classen (supra), p. viii.
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