Matières à vannerie
p. 71-93
Texte intégral
1Jean Dubief a ainsi décrit l’environnement végétal saharien : « Une des caractéristiques du Sahara est son aspect changeant selon les années. Des étendues, qui semblent définitivement minérales, peuvent se transformer en steppes herbeuses, l’acheb ou l’akassa des nomades fournissent alors des pâturages recherchés. Et si les pluies, responsables de cette métamorphose, se succèdent, des plantes vont persister dans les oueds et dans leurs zones d’épandage, les arbustes s’étofferont, des plantules d’arbres auront le temps de s’enraciner assez profondément » (Dubief 2006). Nombre de botanistes, géographes et anthropologues nous ont fourni des études sur la flore saharienne1. Des chercheurs des laboratoires d’éco-anthropologie et d’archéobotanique du MNHN consacrent aujourd’hui leur recherche à la flore du désert saharo-arabique et plus particulièrement au palmier dattier2.
2Une dizaine de végétaux sont utilisés au Sahara pour le tressage des vanneries. Ils sont de deux types : spontanés et cultivés. Parmi les plantes cultivées, seul le palmier dattier Phoenix dactylifera L. fournit les matières à tresser : les folioles, les nervures de palmes, les hampes de régimes de dattes et la bourre. C’est aux sédentaires, cultivateurs des palmeraies, que revient la tâche de tressage. Comme plantes spontanées, les Hauts Plateaux, les vallées de l’Atlas ainsi que les lisières septentrionale et méridionale du Sahara fournissent l’alfa (Stipa tenacissima L.). Le palmier nain (Chamaerops humilis L.) est disponible dans les régions septentrionales du Maghreb, depuis les bords de mer jusqu’aux massifs de l’Atlas. Parmi les autres plantes spontanées, on peut mentionner Imperata cylindrica L., graminée méditerranéenne et tropicale. On tresse également les vanneries avec la cypéracée Scirpoides holoschoenus L. En Mauritanie, on utilise aussi le liber d’acacia (Acacia raddiana Savi), les fibres d’arbuste Bauhinia rufescens Lam. et le Juncus maritimus Lam. La graminée Panicum turgidum Forssk est utilisée dans le tressage des nattes touarègues et maures. Puisqu’il s’agit de végétaux spontanés, la production de vanneries relève dans ces régions essentiellement des nomades et des semi-nomades.
3Mis à part les végétaux, on utilise également des éléments de cuir et de laine, matières issues d’un élevage à petite échelle pratiqué dans les oasis ou acquises auprès des nomades. Les fragments de tissu qui décorent les vanneries — cotonnades, soie ou dernièrement tissus synthétiques — proviennent des échanges commerciaux traditionnels et modernes. Enfin, la matière plastique, la dernière venue, se présente comme un élément de l’industrialisation et de la mondialisation qui touche désormais le désert saharien.
4Les matières utilisées dans le tressage des vanneries sont présentées dans ce chapitre sous deux angles : techno-botanique et culturel. Techno-botanique, parce que ce sont les propriétés physiques des matières qui définissent leurs traitements opératoires. Culturel, parce que les matières, avant même d’être tressées, sont « pensées » par leurs utilisateurs. Cette deuxième approche m’a conduite à considérer les matières à vannerie comme faisant partie de l’environnement cognitif des oasiens et à étudier la place qu’elles occupent dans le système des représentations collectives fixées dans les croyances, les mythes, les légendes et les poésies populaires. Cette perception « mentale » des matières à vannerie au Sahara définit, au même titre que la forme et le décor des objets fabriqués, les fonctions « extra-matérielles » des objets tressés, en faisant d’eux non seulement de simples plats, paniers ou couffins, mais aussi des éléments indispensables aux manifestations rituelles à caractère religieux, familial ou agraire.
Matières végétales à tresser
Palmier dattier Phoenix dactylifera L.
5Dans les oasis, le palmier dattier est la principale source de matières à vannerie (figure 3.1). Il ne s’agit pas d’un arbre au sens botanique du terme mais d’une herbe géante. Son tronc, ou plus exactement son stipe, n’a pas de branches et se développe grâce à l’activité d’un unique bourgeon végétatif caché au centre des palmes disposées en panache à son sommet. Les palmes sont pennées, c’est-à-dire composées chacune de deux rangées de folioles accrochées de part et d’autre de la nervure centrale, le rachis. Sur les palmes, d’une longueur maximale allant jusqu’à 8 mètres, on peut compter 150 paires de folioles. Le stipe est recouvert par le fibrillum, bourre constituée de filaments de couleur brune formés par la décomposition de la gaine des palmes et des stipules axillaires (figure 3.2A‑B). Les dattes sont fixées à des épillets réunis en une sorte de rafle, le spadice, situé au bout d’une branche maîtresse du régime de dattes, la hampe, longue de plusieurs mètres (figure 3.3). Le palmier dattier est une plante dioïque, les fleurs mâles et les fleurs femelles poussent sur des pieds distincts. Le dattier femelle peut donner annuellement jusqu’à quinze régimes et produit jusqu’à l’âge de 100 à 120 ans.
figure 3.1

Palmier dattier Phœnix dactylifera L.
Cliché Tatiana Benfoughal.
figure 3.2

A, palmier dattier (détail). B, bourre de palmier dattier.
Clichés Tatiana Benfoughal (A) & Myriam Kourdourli (B).
figure 3.3

Hampe - branche maîtresse de régime de dattes.
Cliché Tatiana Benfoughal.
6Le vocabulaire vernaculaire désignant le palmier dattier et ses différentes parties est très riche et comporte un nombre de termes beaucoup plus important qu’en langue française et même qu’en latin (Trabut 1935). Ainsi, la distinction y est faite entre les pieds femelles et les pieds mâles. En arabe, ce sera nnǝxla pour les premiers et dukkar, pour les seconds. En différents dialectes berbères, on dit pour les pieds femelles tazdayt, tazzayt, tǝzdǝyt, tanǝxt, hazdašt, etc. et pour les pieds mâles, amǝrsid. À Ouargla par exemple, on recense pas moins de trente-sept termes désignant les différentes parties du palmier (Delheure 1988). La palme seule et ses composantes ont quinze appellations dont taɛǝddaft (nom générique de palme), tamǝḥrazt (palme située près du cœur du palmier, dressée vers le ciel et non courbée vers le bas), isǝrsar (sing. asǝrsur, palmes très serrées formant bloc autour du cœur du palmier, de couleur blanchâtre), tagǝḍwazt (moitié inférieure de palme), tuffa (moitié supérieure de palme), etc.
7Sur le plan utilitaire, le palmier dattier fournit divers aliments aux Sahariens. Tout d’abord les dattes, molles, demi-molles ou dures. À durée de conservation différente, elles sont consommées toute l’année, soit telles quelles, soit pilées ou écrasées et mélangées à d’autres aliments comme le lait, le fromage sec, la farine, etc. Les dattes bouillies donnent une sorte de sauce dont on arrose les aliments. Les noyaux de dattes concassés sont réservés aux animaux. Mais jadis, en temps de disette, les oasiens les consommaient sous forme de farine. Le bourgeon terminal, dit « cœur de palmier » pouvait aussi être consommé, bien qu’au prix du dessèchement de l’arbre. De même, on n’hésitait pas à abattre les palmiers pour arracher, sur presque toute la longueur du tronc, la moelle fibreuse. La sève du palmier est consommée encore aujourd’hui comme une boisson rafraîchissante et tonique, quelques heures après sa cueillette.
8Le palmier dattier fournit également toutes sortes de matériaux. Le stipe est employé dans la construction des maisons traditionnelles : on en fait des poutres, des colonnes intérieures, des cadres de porte. Les cultivateurs tirent du stipe les pièces de coffrage des puits. Évidé, il sert de gouttière ou d’élément de canaux d’irrigation. Le bois du stipe est aussi utilisé pour fabriquer lits, métiers à tisser, mortiers. Les palmes sont réservées au façonnage des toitures des terrasses et au montage des haies pour contenir l’avancée du sable. On en fait des abris ombragés et des huttes. Les rachis de palmes débarrassés de leurs folioles servent d’éléments de lits, de tables, de chaises, de brancards ou de claies. Les épines remplaçaient jadis les aiguilles de couture, les alênes, les cure-dents ou les épingles pour fixer les drapés des femmes. Aujourd’hui encore, elles servent à attacher les linceuls. La rafle du régime de dattes est utilisée en guise de balai.
9Pour le tressage des vanneries, le palmier dattier fournit quatre matières. Viennent tout d’abord les folioles (figure 3.4A-B). Elles sont de forme allongée et pointue, avec une longueur moyenne de 40 à 43 cm et une largeur maximale de 2 cm. La nervure centrale induit le repliement de la foliole après séchage. Sa texture côtelée dans le sens de la longueur permet de la diviser facilement en fines lamelles qui seront utilisées lors du tressage. Les folioles situées dans la partie inférieure de la palme sont trop courtes et trop dures pour être utilisées. La hampe du régime de dattes, pouvant être facilement coupée et fendue, sert à obtenir de fines tiges que l’on réunit en faisceau pour former l’armature des vanneries spiralées. La bourre sert à tresser les cordes, les filets et les bissacs, ainsi qu’à faire des bouchons et des bâts. Enfin, les épillets du spadice, dépouillés de dattes, sont utilisés pour le tressage des nasses et des paniers à poisson.
figure 3.4

A-B, folioles de palmier dattier Phoenix dactylifera L.
Clichés Tatiana Benfoughal (A) & Myriam Kourdourli (B).
Palmier nain Chamaerops humilis L.
10Le palmier nain se présente comme un arbuste de petite taille avec un très court stipe comprenant de multiples feuilles et de nombreux rejets à sa base, d’où son apparence de touffe s’étalant très près de la terre (les Grecs l’appelaient le « palmier jeté à terre » Phoenix chamaeriphes) (figure 3.5A-B). Ses feuilles sont palmées, constituées d’un long et fin pétiole se terminant par un limbe de plusieurs segments disposés en éventail. Puisque les feuilles ressemblent à celles du palmier doum (Hyphaene thebaica L.), le palmier nain est appelé souvent le « faux doum ». Il pousse surtout dans des zones semi-arides, sur des terrains rocailleux et sableux, supportant des températures négatives en hiver. On le trouve sur les Hauts Plateaux, sur les massifs de l’Atlas et à la lisière septentrionale du Sahara. Il est surtout utilisé pour la fabrication des balais, des couffins et des éventails, fabrication assurée par des nomades et des semi-nomades qui parcourent les hautes terres avec leurs troupeaux et viennent vendre ces objets sur les marchés des oasis.
figure 3.5

A-B, palmier nain Chamaerops humilis L.
Clichés Tatiana Benfoughal.
Graminées spontanées
11Le Scirpoides holoschoenus L., désigné au Sahara par les termes ṣmǝr, sǝmɛar, maṭluq ou encore allǝggi, est une plante de la famille des Cypéracées, parfois confondue avec le jonc. Elle pousse en touffes serrées près des points d’eau (figure 3.6). Ses fines tiges pleines, offrant un aspect lisse et légèrement brillant, sont très appréciées des vannières qui les utilisent pour le tressage des nattes et des récipients en les mélangeant aux folioles de palmier dattier.
figure 3.6

Graminée Scirpoides holoschoenus L.
Cliché Tatiana Benfoughal.
12L’Imperata cylindrica L., de la famille des Poaceae, est connue au Sahara sous l’appellation arabe de diss. Elle se présente en herbe haute, avec des feuilles fines et lisses utilisées pour le tressage des vanneries dans les régions septentrionales du Sahara.
13Le Panicum turgidum Forssk. (afezu en tamahak, umm r-rǝkba en arabe dialectal), également de la famille des Poaceae, est caractéristique des régions du Sahara central (figure 3.7). Il essaime en denses touffes sèches et buissonnantes dans les lits des oueds, notamment dans le Tassili n’Ajjer et dans l’Ahaggar ainsi qu’en Mauritanie. La plante s’enrichit de jeunes pousses après la pluie et ses tiges peuvent alors atteindre un mètre de hauteur. Elle est utilisée par les Touaregs et les Maures pour le tressage des nattes de tente.
figure 3.7

Graminée Panicum turgidum Forssk.
Cliché Tatiana Benfoughal.
14Le Stipa tenacissima L., est une graminée connue sous le nom commun d’alfa (de l’arabe ḥǝlfa). Il pousse dans les lisières septentrionale et méridionale du Sahara, notamment entre Laghouat et Biskra en Algérie et dans la plaine de Jeffara ainsi que sur le plateau de Dahar en Tunisie, mais son milieu naturel est la steppe (figure 3.8). Il est utilisé pour le tressage des nattes, des filets de portage, des grands paniers à céréales et des bissacs.
figure 3.8

Graminée Stipa tenacissima L.
Cliché Tatiana Benfoughal.
15Parmi d’autres plantes, employées beaucoup plus rarement, on peut mentionner la graminée Stipagrostis pungens Desf., en arabe drinn ou sbat (tullult en tamahaq), qui pousse en touffes imposantes et hérissées sur les flancs des dunes et dans les oueds ensablés (figure 3.9). Elle est utilisée par les nomades pour le tressage des cordes, des filets à fourrage et des entraves d’animaux. Dans l’Ahaggar et le Tassili n’Ajjer, les tiges du tăṭṭayt (Pituranthos scoparius Benth. et Hook.), désigné souvent comme « fenouil sauvage », servent à la fabrication de claies et de faisselles à fromage. En Mauritanie, on utilise également le liber d’acacia (Acacia raddiana Savi), connu localement sous l’appellation de ṭṭalḥ, les fibres d’arbuste Bauhinia rufescens Lam. (ndǝr en arabe dialectal) et le Juncus maritimus Lam. (yur en arabe dialectal)3.
figure 3.9

Graminée Stipagrostis pungens Desf. À l’est du plateau de Tademaït, Algérie (1986).
Cliché Jean Mennecier.
Acquisition des matières à tresser
16La cueillette implique pour les vanniers et les vannières d’avoir des connaissances liées aux propriétés physiques des plantes, à leur localisation, à la manière de les prélever sans compromettre leur croissance, etc. Du point de vue des variétés de palmiers (chaque palmeraie pouvant en compter plusieurs dizaines4), et même si tout palmier dattier peut être utilisé pour le tressage des vanneries, la tradition locale a parfois ses préférences en fonction de la forme, de la couleur, de la résistance ou de la souplesse des folioles qui distinguent chacune d’entre elles. Par ailleurs, pour avoir des folioles convenant au tressage, c’est-à-dire souples, solides et de belle couleur claire, il est préférable de les prélever sur des palmiers jeunes, de deux à trois ans (figure 3.10A-B). Lorsque ceux-ci sont adultes, il faut couper les palmes situées au plus près du bourgeon terminal. La saison de la coupe des palmes importe peu, on les récolte toute l’année, en fonction des besoins. La bourre est prélevée au printemps, période de nettoyage des palmiers. Quant aux hampes de régimes de dattes et aux épillets, on les récupère en automne, après la récolte.
figure 3.10

Prélèvement des palmes pour le tressage. A, palmeraie de Taourirt, Gourara, Algérie (1988). B, palmeraie de Djanet, Tassili n’Ajjer, Algérie (2008).
Clichés Tatiana Benfoughal.
17Puisque leur utilisation dans le tressage est assez restreinte, les plantes spontanées sont cueillies en petite quantité toute l’année et selon le besoin, près des sources et dans les lits d’oueds, proches des villages. Le Panicum turgidum, lui, ne donne de bonnes pousses qu’après la pluie. Il arrive alors aux femmes touarègues de faire plusieurs dizaines de kilomètres pour se rendre à l’endroit où il a plu et y demeurer plusieurs jours, afin d’y ramasser la quantité nécessaire.
18Par le passé, les vanniers et les vannières faisaient eux-mêmes l’acquisition de plantes pour le tressage (figure 3.11A‑B). Actuellement, dans le cadre de la production artisanale, qui remplace peu à peu la production de caractère domestique, l’acquisition se fait de plus en plus par achat sur les marchés auprès des cultivateurs ou des colporteurs. Ceci s’explique d’abord par le fait qu’aujourd’hui, les artisans-vanniers sont surtout des oasiens issus des couches défavorisées ne possédant pas de palmeraies et donc qui n’ont pas accès à la matière première gratuite, et ensuite par la nécessité de disposer d’une quantité importante de celle-ci. Au début des années 2000, dans le Jérid tunisien par exemple, les 100 palmes se vendaient 15 dinars tunisiens (9 euros). À Jerba, une botte de ṣmǝr (Scirpoides holoschoenus L.), de provenance du cap Bon ou des environs de Kairouan, se vendait à la même époque 10 dinars (6 euros).
figure 3.11

Palmes destinées au tressage des vanneries. A, Djanet, Tassili n’Ajjer, Algérie (2008). B, Tineghir, vallée du Todra, Maroc (2002).
Clichés Tatiana Benfoughal.
19Le cuir provient essentiellement de peaux de chèvre ou de mouton, même si jadis on recourait aussi à des peaux de mouflon, de gazelle, d’antilope et d’autres animaux. La manière dont le cuir est apprêté et introduit dans les vanneries dépend des fonctions qu’il doit remplir. Dans son rôle « technique », lors de la fabrication des nattes-paravents touarègues notamment, il est découpé en fines lanières qui sont ensuite introduites entre les tiges de Panicum turgidum pour les fixer les unes aux autres. Dans son rôle d’« enveloppe protectrice », ce sont de grands morceaux de cuir qui recouvrent partiellement ou entièrement des récipients pour les protéger contre l’usure. Les nomades touarègues ont l’habitude de placer les paniers destinés à contenir le thé ou le sucre à l’intérieur d’une housse de cuir. Dans sa fonction décorative, le cuir est utilisé en franges et en rubans fixés à la surface des vanneries pour constituer des motifs ornementaux.
20Les fils de laine, de coton et de soie sont employés comme éléments décoratifs fixés en glands, en franges et en broderies sur les vanneries déjà tressées. Dans le cas des fragments de tissu, il s’agit le plus souvent de chiffons de récupération provenant de vêtements usagés. Coupés en étroits rubans, ils sont fixés sur la surface de la vannerie en pompons ou le long des spires. Un petit fragment circulaire peut recouvrir le centre des plats. En tant que matière de protection, le tissu enveloppe la surface externe des couffins.
Matières à penser
Le palmier dattier
21Végétal nourricier, le palmier dattier a fait l’objet d’une large valorisation dans les représentations collectives. Les habitants des oasis ont créé et transmis de génération en génération des histoires, des légendes, des proverbes et des dictons le concernant (Es Sahraoui 1954 ; Gognalons 1912).
22Sur le plan historique, la symbolique du palmier dattier a été développée dans des civilisations anciennes aussi bien au Proche et au Moyen-Orient qu’en Afrique du Nord, en Grèce et en Italie, où il a été associé à la fertilité, la prospérité, la puissance, l’immortalité et la victoire (De Gubernatis 1976 ; Michel-Dansac & Caubet 2013). Le motif du palmier dattier occupe une place importante dans l’iconographie mésopotamienne où il apparaît dès la seconde moitié du iiie millénaire en pays de Sumer (De Gubernatis 1976 ; Michel-Dansac & Caubet 2013). Il semble être lié à des notions d’agriculture prospère et de renouvellement de la végétation. Ishtar, la déesse du ciel et de la fécondité, était figurée avec un palmier à ses côtés. La déesse-palmier de la fertilité, Allath, était vénérée depuis l’Arabie méridionale jusqu’à Palmyre. Dans l’Égypte dynastique, le palmier dattier était considéré comme une préfiguration terrestre de la résurrection, alors que les palmes constituaient l’attribut de la puissance fécondante d’Osiris. En Phénicie, puis à Carthage, le palmier dattier symbolisait la puissance des dieux, des cités et des souverains et, en tant que tel, il était frappé sur les pièces de monnaie et figurait sur les stèles funéraires. Les monuments funéraires libyens présentent également des fresques et des bas-reliefs ornés de palmier dattier. Dans la mythologie grecque, la symbolique du palmier dattier apparaît dans l’iconographie dès le iie millénaire avant notre ère. Il est associé à Phœnix, un oiseau merveilleux introduit en Grèce par Héraclès, héros solaire, à son retour des Enfers (De Gubernatis 1976). Il est l’arbre sacré du temple de Delphes et l’attribut d’Apollon. La Victoire ou Dea Palmaris, autre nom de la déesse Niké, était toujours représentée avec une palme à la main. Les athlètes vainqueurs des Jeux olympiques recevaient des palmes comme récompense. Dans la tradition chrétienne, les palmes symbolisent la victoire en relation avec le triomphe de l’Église. À son entrée solennelle à Jérusalem, Jésus fut acclamé par une foule agitant des palmes. Selon l’Évangile de Matthieu, c’est le palmier, avec ses fruits salvateurs et son ombre protectrice, qui a sauvé Marie, épuisée, lors de la fuite de la Sainte Famille en Égypte.
23La religion musulmane voit dans le palmier dattier l’expression de la grandeur de la Création et des bienfaits divins. Le croyant trouvera dans le Coran toutes les preuves de sa sainteté :
« C’est lui qui, du ciel fait descendre l’eau avec laquelle nous faisons croître la végétation de toute plante. Nous en faisons surgir la verdure d’où nous faisons sortir les grains groupé en épis ; et de la spathe du palmier, des régimes de dattes à portée de la main » (Coran, sourate 6, verset 99). En adaptant l’épisode de la fuite de la Sainte famille en Égypte, plusieurs sourates du Coran relatent l’accouchement de Marie au pied d’un palmier : « Les douleurs la surprirent auprès du tronc du palmier ». Elle dit : « Malheur à moi ! Que ne suis-je déjà morte, totalement oubliée ! ». L’enfant qui se trouvait à ses pieds l’appela : « Ne t’attriste pas ! Ton seigneur a fait jaillir un ruisseau à tes pieds. Secoue vers toi le tronc du palmier ; il fera tomber sur toi des dattes fraîches et mûres ; Mange, bois et cesse de pleurer » (sourate 19, versets 23-25). Les paroles du Prophète, rapportées par ses compagnons sous la forme de hadiths, et les écrits des savants ont ajouté des « preuves » au caractère sacré du palmier dattier. D’après L. Gognalons, parmi les extraits les plus commentés dans le Sahara algérien se trouve le récit d’Ibn Omar, disciple du Prophète, rapporté par El Bokhari : « On obtient d’Ibn-Omar que le Prophète dit un jour : “Certes, parmi les arbres, il en est un dont les feuilles ne tombent pas et qui est l’emblème musulman. Enseignez-moi quel est cet arbre.” Les fidèles pensèrent à divers arbres du désert : quant à moi, dit Addallah ben Omar, j’étais persuadé qu’il s’agissait du palmier. Puis comme on demandait à l’envoyé de Dieu quel était cet arbre il répondit : c’est le palmier » (Gognalons 1912 : 211).
24Samuel Delheure a rapporté les paroles des cultivateurs qu’il a relevées au début du xxe siècle à Ouargla : « Oui, vraiment, le dattier est la reine de la palmeraie. C’est la plus élevée parmi les plantes qu’elle regarde de haut avec arrogance. […] En vérité, le palmier dattier est une bénédiction de Dieu, c’est un arbre du Paradis » (Delheure 1988 : 210). Dans le Mzab, en se basant sur les commentaires des cultivateurs et sur ceux qu’il a relevés dans de nombreux livres des religieux mozabites, le lieutenant Charlet a résumé ainsi le rapport des oasiens avec le palmier dattier : « Ces ksouriens, exclusivement cultivateurs à cette époque, se prennent pour le palmier d’une affection, d’un attachement tout empreint d’un religieux respect. N’a-t-il pas, en effet, cet arbre béni, des lettres de noblesse de la plus pure authenticité ? Le Prophète, lui-même, a dit, et le Prophète ne ment pas : “Le palmier est votre tante (la sœur de votre père Adam). Entourez-le de tous vos soins” » (Charlet 1905 :16).
25Le caractère sacré du palmier trouve sa traduction dans les croyances populaires entourant ses caractéristiques physiques et morphologiques le rapprochant d’un être humain (Dermenghem 1960). Il serait créé du surplus de la terre dont Adam fut lui-même façonné (Charlet 1905, Es Sahraoui 1954). Selon une autre version populaire, relevée notamment dans les régions d’Ouargla et de Marrakech, le palmier a été conçu à partir des ongles et des cheveux d’Adam quand celui-ci les coupa pour la première fois (Gognalons 1912 ; Legey 1926). Le palmier est magnifié et sa beauté est chantée, autant que celle de la femme :
Il y avait des palmiers de merveilleuse taille,
Arrachant un cri d’admiration à quiconque les voyait,
Au centre de leurs coupoles d’émeraude
Se balançaient des lampes de diamants et de perles
Suspendues à de lourdes tresses d’or » (poème ibadite, Charlet 1905 : 33)
26Le palmier se comporterait comme un être humain. Dans certaines oasis, il est considéré comme vulnérable au mauvais œil et de ce fait on le préserve au moyen d’amulettes accrochées à son stipe. À Ouargla, les habitants disent : « Nous aimons beaucoup le palmier dattier, c’est pourquoi nous l’appelons notre mère. Nous le protégeons bien, nous écartons de lui le mauvais œil en y suspendant des ossements d’animaux ou une marmite abîmée » (Delheure 1989 : 213). La même croyance a été relevée dans la région de Biskra et à Zaafrane, en Tunisie (figure 3.12A‑B). On le dit aussi sensible aux effusions amicales. À Ouled Djellal, au sud de Biskra en Algérie, Es Sahraoui a noté la légende suivante : « Quatre palmiers, poussant à peu de distance l’un de l’autre, avaient produit durant de longues années des fruits magnifiques. L’un d’eux vint à mourir. Les trois autres, touchés par sa disparition, furent atteints de langueur et ne donnèrent plus que d’infimes récoltes » (Es Sahraoui 1954 : 199). À Bou Saâda, les cultivateurs affirment que le palmier est « un allié sûr, celui qui est au rendez-vous quand les autres vous ont lâché ! » (Nacib 1986 : 407).
figure 3.12

Protection « magique » du palmier dattier. A, avec des ossements, palmeraie d’Aïn Ben Noui, région de Biskra, Algérie (photographie André Calcat, 1954). B, avec un vieux seau, palmeraie de Zaafrane, Nefzaoua, Tunisie (2003).
Clichés Bibliothèque centrale, MNHN (A) & Tatiana Benfoughal (B).
27Dans les représentations populaires, le palmier peut être associé à une personne sainte, ce qui renforce encore ses pouvoirs surnaturels. Dans la région de Tlemcen, il existait dans les années 1940 un palmier rattaché à la réputation du saint Sidi Boudjemaa, appelé « Moûl en-Nakhla », le Maître du Palmier (Dermenghem 1954). Il suffisait de porter durant trois ou quatre jours des colliers confectionnés avec des folioles de ses palmes, puis de les déposer au pied de l’arbre pour être guéri. À Bou Saâda, on a donné à un palmier le nom du Sidi-Slimane, un saint vénéré (Nacib 1986). Cultiver le palmier dattier est considéré comme un acte pieux (Champault 1969). Les cultivateurs de l’oasis de Berrian, dans le Mzab, disent : « Celui qui détruit un palmier qui ne produirait que le volume d’une chachia de dattes est aussi coupable que celui qui tuerait 70 prophètes » (Biarnay 1924 : 203).
28Les palmes, matière principale pour la fabrication des vanneries, ont une symbolique très forte. Baignant constamment dans les rayons du soleil, elles symbolisent la victoire de la lumière sur les ténèbres (De Gubernatis 1976). En berbère mozabite, par exemple, le nom même de la palme, tuffa, implique l’idée du soleil (tfuyt) et du feu (tfawt). Traditionnellement, lors de la fête du solstice d’été, ɛǝnṣara, on brûle les palmes dans les palmeraies et on saute par-dessus les flammes, ce qui contribuerait à la régénération de la végétation et au renouveau de l’année. À Tabelbala, quand le feu est éteint, les enfants se barbouillent le visage des cendres des palmes brûlées afin de se protéger contre les maladies, le mauvais œil et les mauvais esprits (Champault 1969). Lors des festivités des dix premiers jours du mois de muharram, qui marquent le début de l’année musulmane, les enfants enflamment des palmes et de la bourre tressés (Rabaté 1970) (figure 3.13). On dit aussi que, ce soir-là, tout le monde doit porter sur soi au moins un petit morceau de foliole. Des personnages masculins masqués et couverts de bourre et de folioles, « hommes-palmiers », représentent les ancêtres porteurs d’abondance et de fécondité. À Ouargla, durant la fête de la moisson du blé, les fillettes promènent une poupée faite de pétioles de palme et s’arrêtent aux portes des maisons en criant « Tnounbiya apporte le bien, c’est la fiancée de notre Prophète » (Delheure 1988). Les palmes sont utilisées pour le chaulage rituel des koubbas (qubba) des saints locaux (Moussaoui 2002)5. Dans le Sud marocain, il n’est pas rare de voir des images de palmiers peints à la chaux sur les façades des mosquées et des maisons (figure 3.14).
figure 3.13

Le jour de l’Achoura, les enfants préparent les palmes pour les enflammer le soir venu. Ksar de Tamkasselt, vallée du Drâa, Maroc (1969).
Cliché Marie-Rose Rabaté.
figure 3.14

À l’occasion d’un mariage au village des Idaou Zeddoute (tribu berbère de l’Anti-Atlas central, Maroc), des motifs de palmier sont peints à la chaux sur les murs d’une habitation (2004).
Cliché Marie-Rose Rabaté.
29Aux îles Kerkennah, les palmes sont dressées sur le palanquin de la fiancée (Louis 1963). À Tabelbala, on récupère le reste de palmes destinées à la construction du tombeau d’un saint et finalement non utilisées pour les intégrer à la construction de sa propre habitation. On en attend qu’elles diffusent à toute la maison leur force sacrée, la fameuse baraka, qui assure aux habitants protection et prospérité (Champault 1969). Au Mzab, on croit que la palme qui garnit la tombe assure le bonheur du mort et que ses épines, qui fixent le linceul, se transforment en sources de lumière lorsqu’il s’agit d’un défunt ayant été bon croyant et en scorpion s’il a été mauvais (Delheure 1986).
Graminées spontanées
30Parmi les graminées utilisées pour le tressage, c’est surtout l’alfa qui jouit d’une forte symbolique. Puisqu’il s’agit d’une plante qui pousse au nord du Sahara, ce sont des observations faites dans les régions septentrionales du Maghreb qui en font mention. À Beni Snous, dans la région de Tlemcen, pour assurer la prospérité de la famille pour l’année à venir, on préparait le premier repas de la fête du solstice d’hiver en utilisant pour combustible des tiges d’alfa (Destaing 1907). L’Imperata cylindrica L. (diss) jouit également de la réputation d’être une plante protectrice. En Kabylie, lors du rite du septième jour après le mariage, dit « jour de la ceinture », le parent qui doit ceindre la mariée d’une ceinture de laine, destinée à écarter d’elle tous les génies malfaisants, est lui-même ceint d’une corde protectrice en diss (Servier 1985). Dans le Djebel Amour, on suspend le diss dans les maisons comme une plante faste (Gaudry 1961). Comme graminée spontanée typiquement saharienne, c’est le Panicum turgidum qui est chargé d’une forte signification symbolique. Dans l’Ahaggar, on ensevelissait jadis les morts sur un lit de paille d’afezu et on les recouvrait aussi de cette paille. Aujourd’hui encore, les nattes de tente fabriquées par les femmes touarègues à partir d’afezu, protègent les nouveau-nés et les jeunes mariés contre les esprits malfaisants lors des rites de passage6.
Cuir
31Dans les représentations populaires, le cuir recèle des propriétés magiques que l’on attribue à sa fonction initiale de peau, enveloppe protectrice de l’animal. Prélevée sur un animal tué, donc morte, cette peau redeviendrait vivante grâce aux traitements techniques de sa transformation en cuir (lavage, épilage, chaulage, tannage, etc.), considérés du point de vue symbolique comme un lent retour à la vie (Jemma 1970 ; Rabaté 2012). De plus, grâce au traitement subi et aux immersions dans les bains, le cuir s’imprègne de sacré et dégage lui-même une force surnaturelle fécondante et protectrice. Grossièrement apprêtée ou transformée en cuir, la peau est visible dans les cérémonies de mariage en tant que matière porteuse de fertilité et de prospérité du couple. Par exemple, au nord de l’Algérie, entre Oran et Alger, selon le rite de Sidi Ma’amar, les jeunes mariés passent leur nuit de noces sur une natte avec pour oreiller une outre en peau de bouc remplie de grains d’orge, autre gage de fécondité (Ougouag-Kezzal 1971). Il en est de même dans la vallée du Drâa, où les jeunes mariés doivent passer leur première nuit sur des coussins en peau de chèvre. Les tanneurs de Marrakech disent que les peaux mises à sécher sur les remparts de la cité font que ces derniers garantissent la sauvegarde de la ville par leurs vertus protectrices.
32Le rôle sacré de la peau et du cuir se renforce encore plus quand il s’agit d’un mouton sacrifié rituellement. Dans la région d’Azazga, en Kabylie, le chef de famille enveloppe le dernier-né durant un instant dans la peau sanglante d’un mouton sacrifié le jour de l’Aïd (Virolle 2001). On utilise cette peau pour la confection des outres à farine ou à céréales.
33Sur les vanneries sahariennes, ce sont surtout les franges de cuir qui sont considérées comme ayant une fonction protectrice. Pour les Touaregs, elles seraient dotées du pouvoir d’écarter les kel essuf, esprits du « vide », qui peuvent être dangereux. On les trouve sur les couvre-plats et sur les nattes-paravents. Le rôle protecteur des franges est confirmé par le fait que leur fixation est confiée d’habitude à une femme âgée, réputée pour ses connaissances dans la gestion des rapports avec les génies (Benfoughal 1998).
Laine
34La symbolique de la laine est consécutive à deux éléments essentiels : elle vient du mouton, qui occupe une place particulière dans la religion musulmane, et elle est souvent prélevée sur l’animal vivant, donc considérée comme matière vivante. On a coutume de laisser la laine « se reposer » quelque temps après le lavage, avec interdiction d’y toucher pour ne pas compromettre le lent travail de renaissance et de gonflement qui s’opère en elle (Basset 1922 ; Genevois 1967). La laine prélevée sur le mouton de l’Aïd el-Kebir représente le lien sacré avec Dieu, établi par l’acte du sacrifice, ce qui accroît sa force magique. En Kabylie, la laine coupée de son support « sacré » est assimilée rituellement à l’enfant qui vient de naître. Elle sert notamment à tisser le premier burnous des petits garçons. Pour s’assurer une bonne récolte, on mettait jadis une touffe de laine, promesse de richesse, dans le tamis des premiers labours que l’on répandait dans le premier sillon (Servier 1985).
35Aux îles Kerkennah, pour favoriser sa fécondité, la femme accroche des fils de laine prélevés de sa ceinture aux branches d’arbres. Elle noue aussi le cordon ombilical du nouveau-né avec un fil de laine pour le protéger des forces du mal et du mauvais œil (Louis 1963). À Ouargla, le septième jour après sa naissance, l’enfant est ceint de deux cordonnets de laine, blanc et noir : au poignet gauche, au pied gauche et autour du ventre. Dans le Tafilalt, au Maroc, après l’application du henné sur les mains de la future mariée, une dizaine de fils de laine sont enroulés autour de ses doigts, ce qui signifierait qu’elle a conservé son honneur. Ces fils servent également de protection contre le mauvais œil (Gélard 2003). Teints de couleur rouge, les fils de laine ou de petits morceaux de tissu participent aux rites prophylactiques destinés à protéger les animaux contre les maladies et le mauvais œil (figure 3.15). À Tabelbala par exemple, on les introduit dans des entailles pratiquées au rasoir dans les oreilles des chèvres (Champault 1969).
figure 3.15

Le séchage des fils de laine teints en rouge. Ksar Amazer, Jbel Saghro, Maroc (2002).
Cliché Tatiana Benfoughal.
36Compte tenu de son caractère sacré, la laine constitue un support aux techniques divinatoires, notamment en ce qui concerne les prévisions des mariages et des accouchements. À Rabat, d’après les enquêtes d’Henry Basset effectuées dans les années 1920, lors de l’opération de lavage de la toison, les femmes tiraient leurs présages de la façon dont elle se présentait au moment où on l’ouvrait, des saletés qu’elle contenait et de la manière dont celles-ci se comportaient dans le feu où on les jetait (Basset 1922). Au début du siècle, à Beni Snous, la nuit d’Yǝnnayǝr, on posait sur la tente ou sur le toit de la maison des flocons de laine avec quelques autres produits puis, le lendemain, on établissait des pronostics sur l’année agricole après avoir examiné l’état dans lequel la rosée de la nuit les avait laissés (Servier 1985).
37Concernant les vanneries, à Tabelbala, la corbeille de la mariée est toujours décorée d’une série de petits glands en bourre de laine multicolore. Dans le Mzab, le couffin de mariage est entièrement couvert de broderies de fils de laine. Dans le contexte des rituels de mariage, la manipulation des vanneries décorées de laine s’accompagne de souhaits de bonheur, de prospérité, de fécondité et de protection.
Notes de bas de page
1 Auguste Chevalier (1938), Paul Ozenda (1958, 1991), Pierre Quézel (1954, 1963), Hubert Gillet et Philippe Bruneau de Miré (1956, 1968), Pierre Munier (1973), Théodore Monod (1989), Edmond Bernus (1992, 1998), Robert Ali Brac de la Perrière (1998), Anne-Catherine Benchelah et Marie Maka (2000, 2006), Marceau Gast (2000a) ainsi que beaucoup d’autres.
2 Margareta Tengberg, Charlène Bouchaud, Vincent Battesti, Vladimir Dabrowski (Battesti 2005, 2013 ; Tengberg et al. 2013, 2016 ; Bouchaut et al. 2012, 2018, 2021).
3 Communication de Sébastien Boulay.
4 Jaques Delheure mentionne par exemple une centaine de variétés dans les palmeraies d’Ouargla (Delheure 1988). Samuel Biarnay donne le chiffre de 28 variétés pour l’oasis de Berrian dans le Mzab (Biarnay 1924).
5 Au Maghreb et au Sahara, la qubba, appellée aussi marabou, est un petit mausolée surmonté d’un cône élancé et d’une coupole construit en l’honneur d’un saint protecteur. Soit il abrite véritablement le tombeau du saint local, soit il est un simple cénotaphe construit à la mémoire d’un saint de renommée plus large qui aurait foulé ces terres. Les mausolées sont régulièrement blanchis à la chaux pour signifier le sacré et constituent l’objet des visites pieuses avec un dépôt d’offrandes à l’attention des religieux et des pauvres.
6 Nous devons l’expression « rites de passage » à Arnold Van Gennep (1981). En ethnologie et en anthropologie culturelle, elle est utilisée pour désigner des cérémonies qui accompagnent le changement de statut social ou sexuel d’un individu : naissance, baptême, puberté, mariage, veuvage, mort. Au moment du passage d’un statut à l’autre, d’un espace social à un autre, la personne se trouverait dans un entre-deux, sans protection et fragilisée. Les rites ont pour fonction d’organiser les transitions et de sécuriser les « passages ».
Le texte seul est utilisable sous licence Licence OpenEdition Books. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont « Tous droits réservés », sauf mention contraire.
Not Just a Corridor
Human occupation of the Nile Valley and neighbouring regions between 75,000 and 15,000 years ago
Alice Leplongeon, Mae Goder-Goldberger et David Pleurdeau (dir.)
2020
La langue des bois
l’appropriation de la nature entre remords et mauvaise foi
Sergio Dalla Bernardina
2020
Living and working with giants
a multispecies ethnography of the Khamtis and elephants in Northeast India
Nicolas Lainé
2020
Nomad lives
From Prehistoric Times to the Present Day
Aline Averbouh, Nejma Goutas et Sophie Méry (dir.)
2021
L’art des ghostnets
Approche anthropologique et esthétique des filets-fantômes
Géraldine Le Roux
2022
Elusive Partners
Contemporary Anthropological Perspectives on Marine Species
Alix Levain, Hélène Artaud, Émilie Mariat-Roy et al.
2023
Des voies de l’ombre
Quand les chauves-souris sèment le trouble
Frédéric Laugrand et Antoine Laugrand
2023
Encager le ciel
Histoire, anthropologie et esthétique des volières
Flamina Bardati, Julien Bondaz, Emmanuel Lurin et al. (dir.)
2024
Exploring the history of turkey management and domestication
A transatlantic perspective
Aurélie Manin, Camilla F. Speller, Eduardo Corona-M et al.
2025
Animal trafficking and wildlife markets
Perspectives from the Global South
Frédéric Keck et Felipe Vander Velden (dir.)
2026
