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    Plan détaillé Texte intégral Dans le sillage romanesque de Jules Verne De la vulgarisation à la « féerie » électrique L’illusion du progrès électrique Notes de bas de page Auteur

    Merveilles électriques

    Ce livre est recensé par

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    Table des matières

    L'électricité sera-t-elle l’avenir de l’Homme ?

    La Babylone électrique d’Albert Bleunard

    Will electricity be the future of humankind? La Babylone électrique by Albert Bleunard

    Isabelle Guillaume

    p. 245-262

    Résumés

    Avec La Babylone électrique (1888) et son récit d’une tentative d’industrialisation des régions du Tigre et de l’Euphrate, Albert Bleunard prolonge d’un point de vue narratif et idéologique Cinq semaines en ballon. Il offre un ouvrage représentatif de la vulgarisation des années 1880 et des enjeux de la science vue par l’école républicaine. Ouvrant la science à l’imaginaire, il construit les panoramas de son roman en s’inspirant des jeux d’éclairage électrique alors en vogue dans les salles de spectacle. Et il laisse le lecteur décider du sens de sa fiction : entre un optimisme nourri par les avancées techniques de son temps et un pessimisme alimenté par la nature humaine, il ne tranche pas.

    Through La Babylone électrique (1888) and his account of an attempt to industrialise the Tigris and Euphrates regions, Albert Bleunard prolongs, narratively and ideologically, Cinq semaines en ballon. He offers a work which is representative of the popularisation of the 1880s and the scientific issues as seen by the Republican school. Opening up science to the imagination, he constructs his novel’s panoramas while drawing inspiration from the plays of electrical lighting which were fashionable at the time in theatre halls. And he lets the reader decide on the meaning of his novel: between optimism nurtured by the technical advances of his time and pessimism fed by the ways of human nature, he does not make his own stance clear.

    Entrées d’index

    Mots-clés : Bleunard (Albert), Verne (Jules), livres pour la jeunesse, Irak, Syrie

    Keywords : Bleunard (Albert), Verne (Jules), Children’s littérature, Iraq, Syria

    Texte intégral Dans le sillage romanesque de Jules Verne De la vulgarisation à la « féerie » électrique L’illusion du progrès électrique Notes de bas de page Auteur

    Texte intégral

    1Avec La Babylone électrique, Albert Bleunard, professeur de sciences et auteur d’ouvrages de vulgarisation, entre sur le territoire de la fiction pour la jeunesse en racontant comment un groupe d’ingénieurs anglais et français entreprend de coloniser et d’exploiter le territoire compris entre le Tigre, l’Euphrate et le golfe Persique en couvrant ce lieu d’usines et de barrages électriques. Pour écrire ce roman paru en 1888 chez Quantin sous un cartonnage dont Auguste Souze a gravé la plaque, Bleunard s’est inspiré de Jules Verne. Comme l’auteur des Voyages extraordinaires, il situe son histoire au carrefour du roman géographique et du récit d’anticipation scientifique. Il semble même transposer (de l’Afrique au Proche-Orient) et prolonger, d’un point de vue narratif et idéologique, deux chapitres de Cinq semaines en ballon. Ce prolongement donne toute sa place à l’électricité, vecteur énergétique dont la maîtrise se place alors à l’avant-garde de la modernité. Ce sujet s’intègre dans la fiction sous la forme de leçons dispensées par les ingénieurs du récit et il nourrit, à des degrés divers, l’imaginaire de l’écrivain et de l’illustrateur du roman. À une époque où la lumière électrique illumine la scène de l’Opéra, les innovations des personnages prennent la forme de « féeries » dans le texte et les illustrations.

    2La Babylone électrique est un texte représentatif de l’édition pour la jeunesse de son temps à plusieurs égards. Le thème du groupe cosmopolite réunissant Français et Anglo-Saxons est à la mode dans les années 1880. L’heure est aussi à la propagande en faveur d’un « progrès » et d’une « civilisation » qui légitimeraient l’appropriation et l’exploitation par l’Occident du reste du globe. L’énergie électrique alimente ainsi une fiction construite sur la lutte de l’ingénieur prométhéen contre la nature et contre des populations musulmanes hostiles au progrès. Ce qui surprend davantage à la lecture du roman d’Albert Bleunard, c’est, d’une part, l’ampleur du projet scientifique et technique qui nourrit la fiction ; d’autre part, l’obscurité finale du message délivré au jeune lecteur. Le récit qui raconte une tentative d’industrialisation d’un territoire gigantesque s’achève sur un échec.

    Figure 1

    Décor du premier plat représentant, sur une toile de percaline bleue, au second plan des bâtiments éclairés par la puissante lumière du phare qui les surplombe et, au premier plan, un personnage qui semble échappé d'un bas-relief assyrien et qui est parfaitement indifférent à ce paysage industriel.

    Premier plat de La Babylone électrique, coll. particulière.

    Dans le sillage romanesque de Jules Verne

    3Une nécrologie parue en 1905 dans le Bulletin de la Société d’études scientifiques d’Angers retrace le parcours du scientifique et du pédagogue que fut Albert Bleunard. Né en 1852 dans une famille d’universitaires, docteur ès sciences, il a été professeur de sciences physiques, notamment en lycée, à Valenciennes et à Angers. Membre de la Société d’études scientifiques d’Angers à partir de 1883, il a été le vice-président de cette association de 1887 à 1900. Il a publié les résultats de ses travaux de chimie dans des articles et dans l’ouvrage Recherches sur les matières albuminoïdes1 et signé un livre scolaire intitulé Interrogations de physique à l’usage des élèves de la classe de mathématiques élémentaires2 ainsi que plusieurs textes de vulgarisation3. Il a aussi écrit des récits parus en volumes (La Babylone électrique, Vengeance d’un savant et Le Spirite malgré lui4) et des feuilletons publiés dans La Science illustrée, une revue hebdomadaire à succès éditée de 1887 à 1905 qui compte parmi ses collaborateurs des vulgarisateurs comme Louis Figuier et Camille Flammarion, des romanciers comme Louis Boussenard et Jules Verne. La nécrologie rend hommage à ces récits qui, selon elle, mêlent « agréablement la vérité démontrée à la fiction5 » en « s’inspirant du grand maître en la matière, Jules Verne6 ». Albert Bleunard lui-même s’est explicitement présenté en héritier de l’auteur de Cinq semaines en ballon dans Toujours plus petits. Dans ce récit paru dans les livraisons du second semestre de 1893 de La Science illustrée7, il transforme une série d’exposés de zoologie en autant de péripéties grâce à une invention audacieuse. Trois membres d’une société savante rendus « toujours plus petits » par un appareil inédit se lancent dans l’exploration des formes les plus infimes du vivant. L’écrivain baptise les aventures scientifiques de son trio du nom de « voyages extraordinaires8 » dans les dernières pages du feuilleton. Et, pour l’inventeur de la machine, rien de plus simple que d’équiper les trois explorateurs partant découvrir une goutte d’eau à la faveur de leur taille devenue microscopique. Il lui suffit de s’inspirer du « moyen imaginé par Jules Verne dans son roman Vingt mille lieues sous les mers9 » et de « faire construire trois scaphandres parfaitement disposés pour le but10 » à atteindre. Cinq ans plus tôt, André Bleunard ne citait pas explicitement Jules Verne dans La Babylone électrique. Mais la pile thermo-électrique qui va alimenter la force motrice nécessaire au vaste programme de creusement de canaux, de construction et d’exploitation d’usines lancé par ses ingénieurs est une variante de la pile au sodium inventée par le capitaine Nemo. Albert Bleunard étend ainsi à l’échelle de tout un territoire le règne de l’électricité que l’écrivain des Voyages extraordinaires limitait à l’espace clos d’un sous-marin. Les ingénieurs décidés à industrialiser la Mésopotamie pourraient ainsi déclarer, après le commandant du Nautilus : « Tout se fait par lui [l’agent puissant qu’est l’électricité]11 ».

    4En prenant pour laboratoire fictif d’un règne inédit de l’électricité un territoire situé géographiquement et historiquement, Albert Bleunard prend aussi appui sur Cinq semaines en ballon. Il emprunte sa vision de l’Europe dans ses rapports avec les autres continents à ce succès de librairie. Et il en prolonge, à sa manière, les chapitres xvi et xxxix. La Babylone électrique s’ouvre sur une soirée donnée à Londres par le très riche lord Badger. Dans cette circonstance, l’un des invités déplore ainsi la « décadence12 » du territoire situé entre le Tigre et l’Euphrate : « Il est vrai que cette splendeur est bien disparue de nos jours : là où les villes s’élevaient autrefois, riches et populeuses, on ne voit plus que des amas de décombres dispersés au milieu des sables du désert » (4). Le verdict formulé par cet Européen, le lexique (« splendeur », « décombres »), la manière dont l’exposé prend la forme d’une vision (« on voit ») transpose à la Mésopotamie l’évocation de Tombouctou au chapitre xxxix de Cinq semaines en ballon. Dans cette séquence, les explorateurs de Jules Verne, qui sont partis de la côte orientale de l’Afrique à bord d’un aérostat, survolent l’actuel Mali et ils découvrent Tombouctou. La cité mythique, autrefois célèbre pour ses savants et ses philosophes, leur semble « déchue de son ancienne splendeur13 ». Elle leur apparaît, même, sous la forme de ces « décombres14 » auxquels l’invité de lord Badger réduira, à son tour, les régions du Tigre et de l’Euphrate dans le premier chapitre de La Babylone électrique. Albert Bleunard complète cette vision au chapitre suivant en reprenant très exactement le dispositif de panorama qui défile en contrebas mis en place par Jules Verne. Dans son sommeil, lord Badger rêve qu’il « plan[e] dans les airs à une hauteur de plusieurs milliers de mètres » (10), comme s’il était dans la nacelle d’un ballon. De là, le riche Anglais contemple la décadence de deux villes aussi mythiques que Tombouctou : Babylone et Ninive. Comme la « reine du désert », ces deux cités avaient acquis « une splendeur incomparable » (10). Comme à Tombouctou, cette « antique splendeur a disparu pour laisser place à la ruine » (10). Dans Cinq semaines en ballon, Verne ne se sert pas de la description de la décadence de la cité malienne pour présenter l’Afrique comme un continent devant être réformé par l’Occident scientifique. Le romancier ne s’attarde pas sur ce point. Tout au contraire, il transforme le survol de Tombouctou en vision fugitive : « Les voyageurs, repoussés par le vent du désert, reprirent le cours sinueux du fleuve, et bientôt Tombouctou ne fut plus qu’un des souvenirs rapides de leur voyage. » (292)

    5Vingt-cinq ans plus tard, Albert Bleunard transforme cette ellipse en possibilité narrative et, même, en hypothèse qui nourrit toute sa fiction. L’argument de celle-ci est résumé dès le premier chapitre. Pour lord Badger et l’équipe qui entoure cet audacieux commanditaire, il s’agit d’opérer la « résurrection » (10) des régions du Tigre et de l’Euphrate grâce à la science et à l’industrie. Alors, promet l’un des ingénieurs du récit, « l’étendard du progrès se lèvera glorieux sur le monde régénéré » (10). Cette prophétie fait aussi écho, à sa manière, à Cinq semaines en ballon. Au chapitre xvi du roman, l’inventeur de l’aérostat expose sa vision d’une Humanité exploitant successivement quatre continents. Pour l’explorateur de Jules Verne, l’Asie a été « la première nourrice du monde » (114) avant d’être abandonnée au profit de l’Europe. Une nouvelle migration est en cours : désertant un continent dont l’épuisement serait « prochain » (114), les peuples exploitent désormais les richesses de l’Amérique. Quand « ce nouveau continent se fera vieux », alors l’Afrique deviendra, à son tour, un « grand royaume, où se produiront des découvertes plus étonnantes encore que la vapeur et l’électricité » (114). Avec La Babylone électrique, Albert Bleunard propose, un quart de siècle plus tard, une variante à cette prophétie. Ramenant les Européens vers une partie du continent asiatique, il consacre son roman à retracer la transformation de celle-ci. Le projet de l’équipe de lord Badger consiste à ouvrir une route des Indes par le golfe Persique et à recourir à l’énergie électrique pour soulever le cours du Tigre et de l’Euphrate, irriguer les terres agricoles et exploiter des usines. Roman scientifique construit autour de l’hypothèse d’une pile thermo-électrique qui prolonge celle de Vingt mille lieues sous les mers, La Babylone électrique diffuse, à la fois, un savoir vulgarisé et un imaginaire de l’électricité.

    De la vulgarisation à la « féerie » électrique

    6Albert Bleunard publie son roman à une époque où l’électricité est devenue un thème en vogue sous la plume des vulgarisateurs. Anne-Gaëlle Weber a décrit ainsi le contexte de la parution du récit :

    Seules les vingt dernières années du xixe siècle, qui suivent directement l’Exposition internationale de l’électricité de Paris en 1881, marquent l’apogée, dans la littérature de vulgarisation scientifique, de l’électricité et de ses applications techniques [...]. Cela [...] indique qu’il faut attendre cette époque pour que l’électricité devienne le sujet unique et favori des journalistes scientifiques et fasse l’objet d’ouvrages à part, composés de manière systématique à partir des principaux usages de celle-ci. Il faut donc attendre 1883 pour que Louis Figuier consacre un tome entier de ses Nouvelles Conquêtes de la science à l’électricité et, surtout, aux techniques qui reposent sur elle, en distinguant soigneusement dans son ouvrage les deux applications principales du courant à faible tension – le télégraphe et le téléphone – des deux bienfaits issus des fortes tensions – l’éclairage et la force motrice15.

    7L’année où paraît le tome des Nouvelles Conquêtes de la science sur l’électricité et ses applications techniques, Bleunard, de son côté, consacre seulement six pages de son ouvrage de vulgarisation Le Mouvement et la matière aux piles, à leur histoire depuis l’invention de Volta, à leur principe de production de courant électrique ainsi qu’à une présentation des modèles de Daniell, de Jacobi et de Spencer16. Mais, cinq ans plus tard, il place au cœur du projet des personnages de La Babylone électrique une pile thermo-électrique à la puissance et à la technique inédites. Cette pile fictive, qui convertit la chaleur des rayons solaires en électricité, ainsi que la série de machines (turbines, moteurs et autres lampes) qu’elle alimente en énergie fournissent le sujet de pages de vulgarisation dans la seconde partie du roman. L’écrivain décrit, par exemple, le fonctionnement de générateurs et de moteurs inventés à partir des années 1870 par Gramme, Siemens, Maxim et Edison (181 à 184). Pour inscrire ses informations scientifiques et techniques dans sa fiction, Albert Bleunard recourt à des procédés dont la forme et les enjeux sont en vogue à l’époque où il écrit son roman. Dans son introduction à l’ouvrage Le Mouvement et la matière, le publiciste Gaston Tissandier vante un « livre rédigé sous la forme de l’enseignement qu’affecte un professeur en parlant à ses élèves17 ». Albert Bleunard transpose ce dispositif dans son roman où deux « professeurs », Charles Cornillé, un ingénieur français, et Jack Adams, son homologue anglais, dispensent un savoir sur l’électricité et sur les applications de celle-ci « en parlant à leur élève », Nelly Badger.

    8L’écrivain a choisi son élève fictive parmi les personnages à la mode dans les romans pour la jeunesse publiés entre les années 1880 et la Grande Guerre. Miss Nelly est l’une de ces jeunes Anglaises et Américaines audacieuses qui, à la manière de Mary Shaughnessy dans La Peau du tigre, de Miss Aurett dans Les Cinq sous de Lavarède, de Cecily Weldon dans Terre de fauves ou de Miss Edwige dans Le Rubis de Lapérouse18, se lancent dans l’aventure avec « sang-froid19 ». Ces jeunes filles héroïques prennent part à des missions dangereuses : une chasse aux bêtes féroces dans La Peau du tigre, un tour du monde imprévu dans Les Cinq Sous de Lavarède, l’ascension du Gauri Sankar dans Terre de fauves, une expédition maritime dans le Pacifique Sud dans Le Rubis de Lapérouse. Nelly Badger, quant à elle, participe à toutes les péripéties qui attendent l’équipe de son père. Avec son appétit de savoir scientifique et technique, cette jeune Anglaise au courage exceptionnel et apparemment exotique vu de France incarne, en fait, un idéal de la Troisième République. Celle-ci a ouvert aux jeunes filles l’accès à un enseignement secondaire avec la loi du 21 décembre 1880, dite « loi Camille Sée » du nom de son promoteur. Cette loi vise à détruire la domination du clergé dans le domaine de l’éducation des filles. Et elle applique les convictions de Jules Ferry assignant à l’enseignement féminin un horizon civique dans un cadre conjugal et familial. « À quoi bon toutes ces connaissances, tout ce savoir, toutes ces études ? À quoi bon ? Je pourrais répondre : à élever vos enfants, et ce serait une bonne réponse, mais comme elle est banale, j’aime mieux dire à élever vos maris20 », déclarait ainsi le futur ministre de l’Instruction publique dans un discours prononcé le 10 avril 1870. Les demandes d’« explications » (180) de Miss Nelly présentent ainsi un intérêt, à la fois, formel et idéologique. Elles permettent d’insérer des exposés didactiques dans la fiction. Elles traduisent de la part des filles un besoin de connaissances scientifiques qui prendraient la place de la religion que le roman déprécie en opposant la rationalité européenne à un fanatisme musulman montré comme destructeur. Interrogeant l’un des deux ingénieurs à propos d’une turbine installée dans une usine implantée sur le site de Babylone, Miss Nelly déclare ainsi « d’un air inspiré » (135) :

    Vous ne sauriez croire combien j’admire les chefs-d’œuvre de la mécanique. Vous ne pouvez penser, Monsieur l’ingénieur, qu’une jeune fille aime la science ? Pour les hommes, une miss ne songe qu’à sa toilette et aux choses futiles. C’est une erreur, voyez-vous. Les jeunes filles savent également se passionner pour ce qui est grand et beau. (135)

    9Ce personnage féminin qui déclare qu’elle « aime la science » prolonge, à sa manière, une série didactique publiée par Émile Desbeaux chez Ducrocq dans les années 1880. Le Jardin de Mademoiselle Jeanne (1879), Les Pourquoi de Mademoiselle Suzanne (1881), Les Parce que de Mademoiselle Suzanne (1882), Les Idées de Mademoiselle Marianne (1884), La Maison de Mademoiselle Nicolle (1886) sont construits sur le même principe consistant à délivrer des connaissances par le biais de leçons données à la petite élève nommée dans le titre. Ce savoir pratique et scientifique permet aux élèves fictives de découvrir le monde qui les entoure car, selon Émile Desbeaux, l’enseignement, qu’il s’adresse aux garçons ou aux filles, ne saurait se résumer aux humanités. Le vulgarisateur met ses petites héroïnes à l’école de la leçon de choses, une démarche adoptée, à son tour, par Miss Nelly dans La Babylone électrique21. La leçon de choses a évolué entre les années 1860 et 1880. Dans les années 1860, elle se développe dans les salles d’asile grâce à Marie Pape-Carpantier, pédagogue pionnière qui « se consacra des années 1840 à la fin des années 1870 à une refondation de l’école maternelle et à l’expérimentation de nouvelles méthodes d’enseignement22 ». Dans ce contexte, elle est conçue comme « une méthode pédagogique générale, coextensive à l’ensemble des contenus d’enseignement23 » visant à rendre les élèves actifs grâce à une observation concrète. Avec l’introduction d’un enseignement obligatoire des sciences physiques et naturelles à l’école primaire, dans le cadre de la loi du 28 mars 1882, la leçon de choses est recentrée vers l’enseignement scientifique et elle devient leçon de sciences.

    10Albert Bleunard offre ainsi un ouvrage représentatif de la vulgarisation des années 1880, des formes romanesques de celle-ci, ainsi que des enjeux politiques et des pratiques pédagogiques de la science vue par l’école républicaine. Pourtant, le lecteur en quête de connaissances riches et précises sur l’électricité sera déçu à la lecture des trois cents pages du roman. À peine une dizaine d’entre elles le renseignent sur ce sujet24. L’auteur de La Babylone électrique aborde le thème de l’électricité, moins en pédagogue soucieux de transmettre une information par le biais d’exposés détaillés, qu’en écrivain pour lequel il s’agit « de rêver la science et de l’ouvrir à l’imaginaire25 » et de réaliser ainsi le « réenchantement du monde26 ». Ce réenchantement se formule en marge du vaste projet de production d’énergie motrice de lord Badger et de ses ingénieurs. En décalage avec ses personnages gouvernés par une vision utilitariste de la nature et de ses ressources, l’écrivain développe un point de vue esthétique sur les jeux de lumière qui subliment les paysages : globe de feu dont la « vive lumière » (36) éclaire soudainement le ciel et la mer qu’il rend « phosphorescente » (36) ; Tigre « scintillant » (103) au milieu des plaines ; soleil inondant Bagdad « d’une lumière si vive que la ville paraissait enchantée » (103) ou faisant étinceler un « horizon infini de cimes neigeuses, de pics altiers » (143) au Kurdistan ; clarté des torches faisant « jaillir des milliers de gerbes étincelantes » (122) sur les parois du site assyrien de Bavian.

    11L’illumination du site de Babylone, d’abord grâce à un phare, puis par le biais de l’éclairage de la ville et de ses usines, recrée ces jeux de lumières que le romancier fait admirer à son lecteur. Albert Bleunard organise cette illumination comme un spectacle mis en scène par les ingénieurs occidentaux devant un public émerveillé : « Cette fois, l’effet fut encore plus saisissant », écrit-il à propos de l’éclairage de la ville, « aussi vite que l’éclair, toutes les rues, toutes les maisons, toutes les boutiques se trouvèrent merveilleusement éclairées. Les foyers électriques se trouvaient partout répandus à profusion » (228). Et il complétera ce tableau par celui de l’illumination des usines : « comme par un coup de baguette magique, le dernier vestige de celle qui fut la grande Babylone s’enflamma de la base au sommet. Ce fut une gigantesque pyramide de feu, un amoncellement formidable de foyers électriques » (229). « Cette fois, le spectacle touchait vraiment au sublime » (229), commente le romancier. Albert Bleunard n’a pas attendu la seconde partie de son ouvrage dans laquelle l’électricité permet aux personnages de produire artificiellement des jeux de lumière pour peindre ceux-ci par référence au monde de la scène. C’est « un spectacle splendide » (36), écrit-il à propos des deux « merveilles » (36) que constituent le globe de feu et la mer phosphorescente. Selon lui, Bagdad appartient autant « à la féerie qu’à la réalité » (102) et la ville peut se regarder comme un « décor d’opéra » (105). Quant au site de Bavian, il donne au voyageur qui le découvre l’impression d’être transporté « dans une féerie merveilleuse » (122).

    12L’inspiration du romancier décrivant dans les mêmes termes les « merveilles » de la lumière, tour à tour, naturelle et électrique pourrait venir de l’iconographie de la littérature de vulgarisation où se manifeste, selon Bruno Béguet, un goût pour « les aspects étranges ou curieux de l’histoire de la terre et de la vie27 ». Mais le terme isolé de « décor d’opéra » et, surtout, ceux récurrents de « spectacle » et de « féerie28 », par référence à un genre qui est « le merveilleux fait théâtre29 », se lisent comme autant de mises en abyme situant les sources des descriptions de La Babylone électrique sur les scènes des opéras et des théâtres. L’éclairage au gaz de houille, qui s’est installé sur celles-ci à partir des années 1820 en facilitant les effets de lumière, devient électrique au cours des années 1880 dans les salles de spectacle parisiennes. En janvier 1888, la lumière électrique est présente à l’Opéra, où le changement d’éclairage a commencé en 1879 pour s’achever en 1886, et dans une quinzaine de théâtres de la capitale30. Avant même cette mutation technique qui produit un éclairage plus fort que celui du gaz et qui permet de contrôler l’intensité de la lumière, l’électricité était déjà utilisée pour imiter les phénomènes naturels. Parmi les 90 appareils permettant de réaliser ceux-ci, les metteurs en scène disposaient, par exemple, de machines produisant des aurores boréales, des arcs-en-ciel ou des crépuscules31, autant de phénomènes reposant sur ces jeux d’ombre et de lumière fréquents dans La Babylone électrique. Albert Bleunard, qui a sans doute fréquenté davantage les salles de spectacles de Paris et de province que les sites archéologiques du Proche-Orient, transforme les panoramas de son roman en « merveilles » (36) en s’inspirant des jeux d’éclairage électrique alors en vogue au théâtre et dans les salles de spectacle.

    13Ses descriptions inspirées par des dispositifs visuels créateurs d’un « merveilleux optique32 » sont mises en images, à leur tour, dans le livre illustré qu’est La Babylone électrique. Alfred Montader a signé les 126 vignettes qui ornent le texte ainsi que la couverture de l’édition brochée du roman. La vie et l’œuvre de cet artiste sont mal documentées. Sa notice tient en quelques lignes dans le dictionnaire d’Emmanuel Bénézit : « Né à Oran. Peintre de paysages. Il se fixa à Paris et exposa au Salon de 1881 à 192533 ». Peintre paysagiste de formation, et non pas dessinateur spécialisé dans la vulgarisation scientifique ou dans la littérature d’anticipation, Montader illustre La Babylone électrique en traitant le texte essentiellement comme un récit de voyage et en dessinant des vues pittoresques des lieux parcourus et de leurs habitants. Certaines de ses gravures traduisent pourtant les éclairages décrits par le romancier de manière spectaculaire. Elles représentent le globe de feu sur la mer phosphorescente (37), le site de Babylone sous la lune qui brille « d’un éclat vif dans un ciel d’un bleu foncé » et qui donne un « aspect fantastique » (79) aux objets environnants, la grotte de Bavian éclairée par des torches (115, 123) (fig. 2), le phare électrique illuminé (215, 225) (fig. 3), qui rappelle celui que les visiteurs de l’Exposition internationale de l’électricité de 1881 ont pu admirer « au milieu du palais de l’Industrie34 », et l’embrasement final des usines, un « spectacle digne de l’enfer » (306) dont l’ingénieur français est le témoin horrifié et fasciné (310) (fig. 4).

    Figure 2

    Illustration d’Alfred Montader (La Babylone électrique, p. 115).

    © Bibliothèque centrale du Conservatoire National des Arts et Métiers.

    Figure 3

    Illustration d’Alfred Montader (La Babylone électrique, p. 225).

    © Bibliothèque centrale du Conservatoire National des Arts et Métiers.

    L’illusion du progrès électrique

    14Qu’ils relèvent de la vulgarisation ou de la fiction, tous les livres d’Albert Bleunard traitent de science. La lecture de textes comme Le Mouvement et la matière, Le Spirite malgré lui et Toujours plus petits suggère que c’est précisément le caractère partiel, limité et relatif de son savoir qui intéresse le scientifique qu’est André Bleunard. Celui-ci a intitulé « La synthèse du monde » le dernier chapitre de l’ouvrage Le Mouvement et la matière. Mais le programme encyclopédique de ce titre est trompeur puisque l’auteur explique, justement, dans la fin de son livre, que les synthèses et les conclusions sont impossibles dans un domaine qui est en perpétuelle évolution. « Le monde, objet de l’étude de tous les hommes, n’a jamais été connu et ne le sera jamais. La science recule chaque jour les bornes de l’inconnu ; mais cet inconnu est si vaste qu’il n’est pas donné à l’homme de le connaître un jour dans son immensité35 », écrit-il. Il reprend ce constat au moment d’achever son ouvrage : « La science a dit à peine son premier mot, et le dernier ne sera jamais prononcé36. » Dans Toujours plus petits et dans Le Spirite malgré lui, l’écrivain ne se contente pas d’exposer les limites du savoir et des méthodes scientifiques. Il en explore les échecs et il rapproche ironiquement la science du charlatanisme. La fin du premier récit révèle ainsi au lecteur que la machine à rendre « toujours plus petits » n’existe pas et que les expériences retracées tout au long de l’histoire résultent, non pas d’une étonnante innovation technique, mais de séances d’hypnose auxquelles un illusionniste a soumis, à leur insu, les trois délégués d’une société scientifique. Ce dénouement rejoint ainsi celui d’Hector Servadac37 : l’exploration de l’infiniment petit (chez Bleunard) comme celle de l’espace (chez Verne) ne sont finalement que des voyages imaginaires. Dans Le Spirite malgré lui, le héros est un chimiste incapable d’analyser la liqueur verte, apportée d’Inde, qui confère de mystérieuses propriétés aux photographies. À défaut de pouvoir expliquer le phénomène, il l’exploite avec un ami et un domestique en donnant des représentations dans des lieux de spectacle parisiens.

    15En décalage par rapport à ces trois ouvrages, le scepticisme exprimé par La Babylone électrique a des enjeux, non pas épistémologiques, mais anthropologiques. Si Albert Bleunard produit, à la fin de son roman, des visions d’apocalypse en incendiant les barrages et les usines édifiés par ses personnages, ce n’est pas dans le but de fournir des arguments à la légende noire de l’électricité. La catastrophe sur laquelle s’achève le récit dit qu’aucun progrès technique ne fera disparaître les pulsions destructrices qui sont au cœur de l’homme.

    Figure 4

    Illustration d’Alfred Montader (La Babylone électrique, p. 310).

    © Bibliothèque centrale du Conservatoire National des Arts et Métiers.

    16Cette catastrophe détonne dans un roman qui pouvait sembler, à certains égards, écrit à la gloire de la technique occidentale et selon les codes du roman colonial. L’écrivain entoure, en effet, d’une aura mythologique ses ingénieurs en lutte avec la nature. Ainsi décrit-il Jack Adams tentant de convertir l’énergie solaire en électricité comme un « Titan moderne » (21). Il confère une valeur morale à cette lutte en présentant l’entreprise conduite par Badger comme guidée par un « idéal commun » (16) et en mesurant la « civilisation » (12, 16, 17, 19, 156, 173, 236) à l’aune de la place de la science et de l’électricité. Celles-ci deviennent, même, une nouvelle religion. Albert Bleunard rend ainsi hommage à « la foi ardente » (16, 209) d’Adams et de ses compagnons. Il transforme lord Badger en « apôtre de la paix et de la civilisation » (150) et le groupe d’ingénieurs en « apôtres du progrès » (284). Il donne aussi une dimension politique au vaste projet d’électrification porté par ses personnages. Présentant celui-ci comme une promesse de « liberté » (12), il fait baptiser Liberty la Babylone électrique. Badger explicite ainsi le sens du toponyme qui résume les enjeux saint-simoniens de cette ville utopique. Il a choisi le nom de la Babylone industrielle, dit-il à ses compagnons, afin d’indiquer « qu’elle doit être le point de départ d’une civilisation nouvelle se développant librement par le travail, la paix et l’union de tous » (173). Vue sous cet angle idéaliste, « l’union de tous » ne se limite pas au groupe des Européens. Elle apparaît comme un nouvel ordre mondial possible. « Ce que la vapeur avait déjà commencé pour le rapprochement des peuples et la fusion des races, l’électricité l’achèvera bientôt » (173), prophétise ainsi le riche Anglais. Cependant, en détruisant les installations électriques de ses personnages, l’écrivain refuse de faire de sa fiction l’espace où se réaliserait cette prophétie.

    17De même, La Babylone électrique se lit par référence au roman colonial tout en transgressant, finalement, les codes de ce genre. En dépit de son cadre proche-oriental, et non pas africain, le récit s’inscrit dans la typologie construite par Jean-Marie Seillan. Avec ses personnages d’ingénieurs qui ont l’ambition de « cultiver et de produire38 » grâce à l’énergie électrique, il se présente d’abord comme un « roman du devoir39 » chargeant ses « héros d’une mission économique et morale dont il entend prouver la grandeur40 ». Il recouvre aussi un « roman du pouvoir » dans lequel la volonté de colonisation de territoires par des Occidentaux conduit à une lutte contre deux populations, les Kurdes dans la partie du Kurdistan parcourue par le Tigre, les Arabes sur le site de Babylone. Ces deux adversaires au vaste projet agricole et industriel de lord Badger partagent la même religion. La Babylone électrique peut ainsi se lire comme l’un de ces « romans de l’islamisme41 » auxquels Jean-Marie Seillan consacre un chapitre de son ouvrage. Comme les textes au cadre africain recensés et analysés dans Aux sources du roman colonial, le récit d’Albert Bleunard oppose au camp européen, défenseur de la science et du progrès, des ennemis qui se battent au nom de la religion et du conservatisme. Ce sont, explique-t-il, des « esprits égarés par la superstition et l’ignorance » (284), des « fanatiques » (291, 313). Dans ce roman paru la même année que Les Exilés de la Terre qu’André Laurie fait commencer au Soudan au moment où Khartoum, enlevé aux Anglais et aux Égyptiens, devient la capitale d’un État africain musulman42, l’opposition prend toute sa puissance dans les derniers chapitres où Kurdes et Arabes révoltés incendient, respectivement, les usines implantées sur le Tigre et les installations de Liberty, où un Kurde parvenu sur le site de Babylone tente d’assassiner lord Badger et Jack Adams en faisant exploser des réservoirs contenant un mélange d’hydrogène et d’oxygène.

    18Cependant, en dépit de la violence des destructions finales qui suppriment toute « trace » (312) de la vaste entreprise des Européens et qui rendent la région au « désert, silencieux comme au jour » (312) de l’arrivée de ceux-ci, La Babylone électrique édulcore son récit de lutte coloniale. Oubliant l’assassinat d’un journaliste anglais et l’attentat commis contre Badger et Adams, le récit occulte le coût humain de l’affrontement : Kurdes et Arabes « n’en veulent qu’aux bâtiments, non aux personnes » (286) des Européens, précise-t-il. De plus, Albert Bleunard déconstruit le manichéisme du roman colonial en introduisant quelques nuances dans sa présentation des Kurdes et des Arabes. Si le peuple naïf et violent est fanatisé par les religieux, ses chefs sont, en revanche, selon son roman, disposés à nouer des alliances diplomatiques avec les Occidentaux. Cette nuance laisse entrevoir la possibilité d’un destin commun dans un futur plus ou moins proche. Cette communauté de destins est réaffirmée dans l’avant-dernière page du roman qui donne la parole à lord Badger. Dans une ultime mise en perspective historique et dans une prophétie finale, le commanditaire anglais affirme sa foi dans la science et dans l’unité d’une « humanité » capable de transmettre son patrimoine artistique et intellectuel en dépit des frontières : « les Arabes, aujourd’hui si rebelles à tout progrès, n’ont-ils pas su fonder un merveilleux empire où tous les arts et toutes les sciences furent en honneur ? », interroge-t-il, « N’ont-ils pas été les premiers commentateurs d’Archimède, d’Euclide, d’Apollonius et de Ptolémée ? N’est-ce pas à eux, à leurs écoles, que nous sommes en grande partie redevables d’avoir vu se perpétuer dans l’humanité le génie des découvertes et des inventions ? » (313).

    19Moins optimiste que son personnage mais tout aussi nuancé quand il s’agit de distribuer les rôles, Albert Bleunard finit de transgresser les codes du roman colonial en ajoutant « aux dangers du dehors » (286) incarnés par les fanatiques musulmans « la discorde intérieure » (286) introduite par Jack Adams. Dans un accès de délire, celui-ci révèle à un Kurde assoiffé de vengeance qu’une allumette peut faire exploser l’hydrogène stocké à Liberty. Contrairement aux destructeurs kurdes et arabes « égarés par la superstition et l’ignorance » (284), le brillant ingénieur anglais est resté dans le droit chemin de la connaissance et de la science. Ce personnage ambivalent fait donc peser un soupçon sur la notion de « progrès » apparemment valorisée par le roman. Adams (qui mériterait plutôt le nom de Caïn) a beau connaître parfaitement l’électricité censée apporter avec elle la « civilisation », le « progrès », la « liberté », « la paix et l’union de tous », il est la proie de sentiments destructeurs que le romancier nomme les « pervers instincts de sa nature » (286). Seul personnage de tout le roman mis au ban de l’humanité (le sort réservé aux indigènes dans le roman colonial traditionnel) et, même, relégué au statut de « bête fauve » (286), l’ingénieur montre, de manière caricaturale, qu’aucun progrès technique ne corrigera la « nature » de l’individu si celle-ci est mauvaise.

    20Pour le lecteur contemporain, La Babylone électrique et son récit aux accents prophétiques racontant une entreprise d’industrialisation sans contrôle et sans limite peut s’appréhender comme une parfaite contre-utopie. Même à l’époque de sa publication, le lecteur pouvait difficilement refermer le livre avec une vraie foi dans l’avenir. Entre un optimisme nourri par les avancées techniques de son temps et un pessimisme alimenté par la nature humaine, entre la vision positiviste d’une Histoire orientée vers un progrès continu et la représentation d’un temps cyclique, Albert Bleunard ne tranche pas. La composition de l’ouvrage renforce cette ambiguïté. Le récit s’achève sur une déclaration volontariste de lord Badger. Le commanditaire projette d’électrifier, à nouveau, Babylone en adoptant la devise américaine « “Go a head” (sic). En avant, toujours et partout » (314). Cependant, en refermant le livre, le lecteur voit sur le deuxième plat, signé par Souze pour les exemplaires imprimés sous un cartonnage et par Montader pour l’édition brochée, non pas un ingénieur yankee sur le modèle d’Edison, mais un cavalier au milieu d’un désert traversé d’un câble électrique qui semble incarner le triomphe d’un temps archaïque, voire immobile.

    Figure 5

    Deuxième plat de La Babylone électrique.

    © Librairie Victor Sevilla.

    Notes de bas de page

    1Albert Bleunard, Recherches sur les matières albuminoïdes, Paris, Gauthier-Villard, 1881.

    2Id, Interrogations de physique à l’usage des élèves de la classe de mathématiques élémentaires, Paris, Delaplane, 1893.

    3Parmi ces textes figurent : Le Mouvement et la matière. Lectures sur la physique et la chimie mises à la portée de tout le monde, Paris, G. Masson, 1883 ; Histoire générale de l’industrie, Paris, Henri Laurens, 1894 ; L’Art de prédire le temps. Notions populaires de météorologie, Paris, Émile Guérin, 1904.

    4Ces deux titres ont été édités par L. Boulanger en 1895.

    5Ernest Préaubert, « Albert Bleunard », Bulletin de la Société d’études scientifiques d’Angers, Angers, Germain et Grassin, 1905, p. 224.

    6Ibid.

    7Albert Bleunard, Toujours plus petits, La Science illustrée. Journal hebdomadaire publié sous la direction de Louis Figuier, t. XII, 1893, second semestre, p. 13-15, 29-30, 45-47, 61-63, 77-79, 93-94, 109-110 125-126 141-142 157-159 173-174, 189-191, 205-207, 221-223, 237-239, 253-255, 269-271, 285-287, 301-303, 317-319, 333-335, 349-351, 365-367, 381-383, 397-398, 413-414, 429-430.

    8Ibid., p. 430.

    9Albert Bleunard, Toujours plus petits, op. cit., p. 270.

    10Ibid.

    11Jules Verne, Vingt mille lieues sous les mers (éd. de Jacques Noiray), Paris, Gallimard, 2005, « Folio classique », p. 163.

    12Albert Bleunard, La Babylone électrique, Paris, Quantin, 1888, p. 4. Désormais, les références à cette édition seront indiquées dans le texte par le numéro de la page.

    13Jules Verne, Cinq semaines en ballon, Livre de poche n° 2028, p. 297. Désormais, les références à cette édition seront indiquées dans le texte par le numéro de la page.

    14« La ville [...] accusait la nonchalance épidémique des cités qui s’en vont ; d’immenses décombres s’amoncelaient dans les faubourgs et formaient avec la colline du marché les seuls accidents du terrain » (297).

    15Anne-Gaëlle Weber, « Grandeur et décadence de la science-fiction électrique autour de Paris au xxe siècle », in Sylvie Thorel-Cailleteau et Claude Jamain (dir.), L’Imaginaire de l’électricité dans les lettres et dans les arts, Revue des Sciences humaines, n° 281, janvier-mars 2006, p. 141-162, ici p. 143.

    16Albert Bleunard, chapitre vii « Les métaux », Le Mouvement et la matière. Lectures sur la physique et la chimie mises à la portée de tout le monde, Paris, G. Masson, 1883, p. 196-202.

    17Gaston Tissandier, « Introduction », Le Mouvement et la matière, p. V non numérotée.

    18Louis Rousselet, La Peau du tigre, Paris, Hachette, 1884 ; Paul d’Ivoi et Henri Chabrillat, Les Cinq Sous de Lavarède, Paris, Jouvet, 1894 ; Pierre Maël, Terre de fauves, Paris, Hachette, 1894 ; Gérard de Beauregard, Le Rubis de Lapérouse, Paris, Hachette, 1902.

    19Louis Rousselet, La Peau du tigre, éd. cit., p. 276.

    20Jules Ferry, « De l’égalité de l’éducation », Discours et opinions de Jules Ferry (éd. de Paul Robiquet), vol. 1, Paris, Armand Colin, 1893-1898, p. 304.

    21La jeune Anglaise commence ainsi par faire part de ses observations avant de demander des éclaircissements sur l’énergie solaire exploitée par la pile thermo-électrique : « Bien que j’aie éprouvé la différence qui existe entre le soleil d’Orient et notre pauvre soleil de Londres, je me demande comment vous trouverez ici une assez grande qualité de chaleur solaire pour créer de nombreuses usines, donner le mouvement à des locomotives électriques, éclairer et chauffer des cités ! Quel foyer de chaleur est donc le soleil ? » (73).

    22Claire Barel-Moisan, « Des vulgarisatrices en bas-bleus. La science dans le roman pour la jeunesse », La Littérature en bas-bleus II (1848-1870), Paris, Classiques Garnier, 2013, p. 213-231, ici p. 213.

    23Pierre Kahn, « Les sciences : trois modèles pour un enseignement nouveau », Daniel Denis, Pierre Kahn (dir.), L’École républicaine et la question des savoirs. Enquête au cœur du Dictionnaire de pédagogie de Ferdinand Buisson, Paris, CNRS éditions, 2003, p. 147-174, ici p. 149 [lien DOI vers l’article].

    24Dans cette perspective, des annonces d’information scientifique tournent court. Au chapitre xiii, par exemple, Miss Nelly se présente comme une jeune fille aimant « la science » (135) et désireuse de comprendre le fonctionnement d’un modèle de turbine. Mais, faisant l’ellipse sur l’explication demandée par le personnage, le romancier se contente de mettre en scène une possibilité de vulgarisation sans donner de contenu à celle-ci.

    25Lise Andries, « Introduction », Lise Andries (dir.), Le Partage des savoirs. xviiie-xixe siècles, Lyon, Presses universitaires de Lyon, 2003, p. 7-17, ici p. 10 [lien DOI vers l’article].

    26Ibid., p. 17.

    27Bruno Béguet, « La vulgarisation scientifique au xixe siècle », La Science pour tous (Bruno Béguet, Maryline Cantor, Ségolène Le Men dir.), Paris, Réunion des musées nationaux, « Les dossiers du Musée d’Orsay », 1994, p. 48.

    28« Spectacle » (11, 12, 20, 36, 67, 74, 78, 104, 111, 113, 132, 143, 171, 195, 223, 224, 229, 231, 234, 240, 241, 244, 280, 307), « féerie » (102, 103, 122). Le terme de « féerie » sera repris en 1893 dans Toujours plus petits. Lors de la deuxième expérience, l’arrivée des personnages dans une prairie donne lieu à ce commentaire : « C’est comme dans une féerie ! s’écria Paradou. Voilà, certes, un joli changement à vue » (Albert Bleunard, Toujours plus petits, op. cit., p. 62).

    29Hélène Laplace-Claverie, « Montrer et dire le merveilleux sur les scènes françaises du xixe siècle », Romantisme, n° 170, décembre 2015, p. 76-86, ici p. 81 [lien DOI vers l’article].

    30En s’appuyant sur une livraison du Figaro, André Finot dresse une liste comprenant la Comédie-Française, l’Odéon, le Vaudeville, le Palais-Royal (entièrement éclairé à l’électricité dès 1886 avec 430 lampes Edison), le Gymnase, la Renaissance, la Porte Saint-Martin, l’Ambigu, les Folies-Dramatiques, les Nouveautés, le Châtelet (depuis 1887), l’Opéra-Comique, le Théâtre de Paris, la Gaîté, l’Eldorado, le premier théâtre dont la salle, la scène et la rampe sont entièrement éclairées à l’électricité dès 1885 (André Finot, « L’éclairage dans les spectacles à Paris du xviiie siècle au milieu du xxe siècle », Jeunes chercheurs en histoire de l’électricité, Annales historiques de l’électricité n° 7, 2009, vol. 1, p. 11-23, ici p. 20 [lien DOI vers l’article]).

    31Louis Jouvet, « L’apport de l’électricité dans la mise en scène au théâtre et au music-hall », Revue des Arts et Métiers Graphiques, 1937, numéro spécial « L’homme, l’électricité, la vie ».

    32L’expression est empruntée à Marian Hannah Winter qui rassemble sous le nom de « spectacle du merveilleux optique » les dioramas, panoramas, néoramas, fantasmagories et théâtres d’ombres en vogue au xixe siècle (cité par Hélène Laplace-Claverie, « Montrer et dire le merveilleux sur les scènes françaises du xixe siècle », op. cit., p. 77).

    33Emmanuel Bénézit, Dictionnaire critique et documentaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs, t. IX, Paris, Gründ, 1999, p. 769. Le dossier de Pierre-Marie-Alfred Montader conservé par le service de la documentation du Musée d’Orsay contient d’autres courtes notices sur l’artiste. Selon certaines sources, il serait né à Clermont-Ferrand et non pas à Oran. À l’Académie Jullian, il a été l’élève de Gustave Boulanger et de J. Lefebvre.

    34Gaston Tissandier, « L’Exposition d’électricité », L’Illustration, 20 août 1881, cité dans Patrice A. Carré, Gaston Tissandier, H. Valette, « L’Exposition internationale d’électricité de 1881 à travers quelques textes », Bulletin d’Histoire de l’électricité, n° 2, décembre 1983, p. 63-84, ici p. 66 [lien DOI vers l’article].

    35Albert Bleunard, Le Mouvement et la matière, op. cit., p. 369.

    36Ibid., p. 372.

    37Jules Verne, Hector Servadac. Voyages et aventures dans le monde solaire, Paris, Hetzel, 1877.

    38Jean-Marie Seillan, Aux sources du roman colonial. L’Afrique à la fin du xixe siècle (1863-1914), Paris, Karthala, 2006, p. 31 [lien DOI vers l’ouvrage]. L’auteur distingue quatre types de textes. Les trois autres catégories sont celles des romans du savoir où des explorateurs parcourent une Afrique montrée comme un objet de connaissance ; des romans de l’avoir où des aventuriers cherchent à s’enrichir ; des romans du pouvoir où des diplomates et des militaires veulent délimiter et s’approprier des territoires.

    39Ibid, p. 30.

    40Ibid., p. 32.

    41« Les romans de l’islamisme et du Djihad » (ibid., p. 213-253).

    42André Laurie, Les Exilés de la Terre. Selene-company limited, Paris, Hetzel, 1888.

    Auteur

    • Isabelle Guillaume

      Université de Pau et des Pays de l’Adour (UR 7504 ALTER)

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    1Albert Bleunard, Recherches sur les matières albuminoïdes, Paris, Gauthier-Villard, 1881.

    2Id, Interrogations de physique à l’usage des élèves de la classe de mathématiques élémentaires, Paris, Delaplane, 1893.

    3Parmi ces textes figurent : Le Mouvement et la matière. Lectures sur la physique et la chimie mises à la portée de tout le monde, Paris, G. Masson, 1883 ; Histoire générale de l’industrie, Paris, Henri Laurens, 1894 ; L’Art de prédire le temps. Notions populaires de météorologie, Paris, Émile Guérin, 1904.

    4Ces deux titres ont été édités par L. Boulanger en 1895.

    5Ernest Préaubert, « Albert Bleunard », Bulletin de la Société d’études scientifiques d’Angers, Angers, Germain et Grassin, 1905, p. 224.

    6Ibid.

    7Albert Bleunard, Toujours plus petits, La Science illustrée. Journal hebdomadaire publié sous la direction de Louis Figuier, t. XII, 1893, second semestre, p. 13-15, 29-30, 45-47, 61-63, 77-79, 93-94, 109-110 125-126 141-142 157-159 173-174, 189-191, 205-207, 221-223, 237-239, 253-255, 269-271, 285-287, 301-303, 317-319, 333-335, 349-351, 365-367, 381-383, 397-398, 413-414, 429-430.

    8Ibid., p. 430.

    9Albert Bleunard, Toujours plus petits, op. cit., p. 270.

    10Ibid.

    11Jules Verne, Vingt mille lieues sous les mers (éd. de Jacques Noiray), Paris, Gallimard, 2005, « Folio classique », p. 163.

    12Albert Bleunard, La Babylone électrique, Paris, Quantin, 1888, p. 4. Désormais, les références à cette édition seront indiquées dans le texte par le numéro de la page.

    13Jules Verne, Cinq semaines en ballon, Livre de poche n° 2028, p. 297. Désormais, les références à cette édition seront indiquées dans le texte par le numéro de la page.

    14« La ville [...] accusait la nonchalance épidémique des cités qui s’en vont ; d’immenses décombres s’amoncelaient dans les faubourgs et formaient avec la colline du marché les seuls accidents du terrain » (297).

    15Anne-Gaëlle Weber, « Grandeur et décadence de la science-fiction électrique autour de Paris au xxe siècle », in Sylvie Thorel-Cailleteau et Claude Jamain (dir.), L’Imaginaire de l’électricité dans les lettres et dans les arts, Revue des Sciences humaines, n° 281, janvier-mars 2006, p. 141-162, ici p. 143.

    16Albert Bleunard, chapitre vii « Les métaux », Le Mouvement et la matière. Lectures sur la physique et la chimie mises à la portée de tout le monde, Paris, G. Masson, 1883, p. 196-202.

    17Gaston Tissandier, « Introduction », Le Mouvement et la matière, p. V non numérotée.

    18Louis Rousselet, La Peau du tigre, Paris, Hachette, 1884 ; Paul d’Ivoi et Henri Chabrillat, Les Cinq Sous de Lavarède, Paris, Jouvet, 1894 ; Pierre Maël, Terre de fauves, Paris, Hachette, 1894 ; Gérard de Beauregard, Le Rubis de Lapérouse, Paris, Hachette, 1902.

    19Louis Rousselet, La Peau du tigre, éd. cit., p. 276.

    20Jules Ferry, « De l’égalité de l’éducation », Discours et opinions de Jules Ferry (éd. de Paul Robiquet), vol. 1, Paris, Armand Colin, 1893-1898, p. 304.

    21La jeune Anglaise commence ainsi par faire part de ses observations avant de demander des éclaircissements sur l’énergie solaire exploitée par la pile thermo-électrique : « Bien que j’aie éprouvé la différence qui existe entre le soleil d’Orient et notre pauvre soleil de Londres, je me demande comment vous trouverez ici une assez grande qualité de chaleur solaire pour créer de nombreuses usines, donner le mouvement à des locomotives électriques, éclairer et chauffer des cités ! Quel foyer de chaleur est donc le soleil ? » (73).

    22Claire Barel-Moisan, « Des vulgarisatrices en bas-bleus. La science dans le roman pour la jeunesse », La Littérature en bas-bleus II (1848-1870), Paris, Classiques Garnier, 2013, p. 213-231, ici p. 213.

    23Pierre Kahn, « Les sciences : trois modèles pour un enseignement nouveau », Daniel Denis, Pierre Kahn (dir.), L’École républicaine et la question des savoirs. Enquête au cœur du Dictionnaire de pédagogie de Ferdinand Buisson, Paris, CNRS éditions, 2003, p. 147-174, ici p. 149 [lien DOI vers l’article].

    24Dans cette perspective, des annonces d’information scientifique tournent court. Au chapitre xiii, par exemple, Miss Nelly se présente comme une jeune fille aimant « la science » (135) et désireuse de comprendre le fonctionnement d’un modèle de turbine. Mais, faisant l’ellipse sur l’explication demandée par le personnage, le romancier se contente de mettre en scène une possibilité de vulgarisation sans donner de contenu à celle-ci.

    25Lise Andries, « Introduction », Lise Andries (dir.), Le Partage des savoirs. xviiie-xixe siècles, Lyon, Presses universitaires de Lyon, 2003, p. 7-17, ici p. 10 [lien DOI vers l’article].

    26Ibid., p. 17.

    27Bruno Béguet, « La vulgarisation scientifique au xixe siècle », La Science pour tous (Bruno Béguet, Maryline Cantor, Ségolène Le Men dir.), Paris, Réunion des musées nationaux, « Les dossiers du Musée d’Orsay », 1994, p. 48.

    28« Spectacle » (11, 12, 20, 36, 67, 74, 78, 104, 111, 113, 132, 143, 171, 195, 223, 224, 229, 231, 234, 240, 241, 244, 280, 307), « féerie » (102, 103, 122). Le terme de « féerie » sera repris en 1893 dans Toujours plus petits. Lors de la deuxième expérience, l’arrivée des personnages dans une prairie donne lieu à ce commentaire : « C’est comme dans une féerie ! s’écria Paradou. Voilà, certes, un joli changement à vue » (Albert Bleunard, Toujours plus petits, op. cit., p. 62).

    29Hélène Laplace-Claverie, « Montrer et dire le merveilleux sur les scènes françaises du xixe siècle », Romantisme, n° 170, décembre 2015, p. 76-86, ici p. 81 [lien DOI vers l’article].

    30En s’appuyant sur une livraison du Figaro, André Finot dresse une liste comprenant la Comédie-Française, l’Odéon, le Vaudeville, le Palais-Royal (entièrement éclairé à l’électricité dès 1886 avec 430 lampes Edison), le Gymnase, la Renaissance, la Porte Saint-Martin, l’Ambigu, les Folies-Dramatiques, les Nouveautés, le Châtelet (depuis 1887), l’Opéra-Comique, le Théâtre de Paris, la Gaîté, l’Eldorado, le premier théâtre dont la salle, la scène et la rampe sont entièrement éclairées à l’électricité dès 1885 (André Finot, « L’éclairage dans les spectacles à Paris du xviiie siècle au milieu du xxe siècle », Jeunes chercheurs en histoire de l’électricité, Annales historiques de l’électricité n° 7, 2009, vol. 1, p. 11-23, ici p. 20 [lien DOI vers l’article]).

    31Louis Jouvet, « L’apport de l’électricité dans la mise en scène au théâtre et au music-hall », Revue des Arts et Métiers Graphiques, 1937, numéro spécial « L’homme, l’électricité, la vie ».

    32L’expression est empruntée à Marian Hannah Winter qui rassemble sous le nom de « spectacle du merveilleux optique » les dioramas, panoramas, néoramas, fantasmagories et théâtres d’ombres en vogue au xixe siècle (cité par Hélène Laplace-Claverie, « Montrer et dire le merveilleux sur les scènes françaises du xixe siècle », op. cit., p. 77).

    33Emmanuel Bénézit, Dictionnaire critique et documentaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs, t. IX, Paris, Gründ, 1999, p. 769. Le dossier de Pierre-Marie-Alfred Montader conservé par le service de la documentation du Musée d’Orsay contient d’autres courtes notices sur l’artiste. Selon certaines sources, il serait né à Clermont-Ferrand et non pas à Oran. À l’Académie Jullian, il a été l’élève de Gustave Boulanger et de J. Lefebvre.

    34Gaston Tissandier, « L’Exposition d’électricité », L’Illustration, 20 août 1881, cité dans Patrice A. Carré, Gaston Tissandier, H. Valette, « L’Exposition internationale d’électricité de 1881 à travers quelques textes », Bulletin d’Histoire de l’électricité, n° 2, décembre 1983, p. 63-84, ici p. 66 [lien DOI vers l’article].

    35Albert Bleunard, Le Mouvement et la matière, op. cit., p. 369.

    36Ibid., p. 372.

    37Jules Verne, Hector Servadac. Voyages et aventures dans le monde solaire, Paris, Hetzel, 1877.

    38Jean-Marie Seillan, Aux sources du roman colonial. L’Afrique à la fin du xixe siècle (1863-1914), Paris, Karthala, 2006, p. 31 [lien DOI vers l’ouvrage]. L’auteur distingue quatre types de textes. Les trois autres catégories sont celles des romans du savoir où des explorateurs parcourent une Afrique montrée comme un objet de connaissance ; des romans de l’avoir où des aventuriers cherchent à s’enrichir ; des romans du pouvoir où des diplomates et des militaires veulent délimiter et s’approprier des territoires.

    39Ibid, p. 30.

    40Ibid., p. 32.

    41« Les romans de l’islamisme et du Djihad » (ibid., p. 213-253).

    42André Laurie, Les Exilés de la Terre. Selene-company limited, Paris, Hetzel, 1888.

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