Conclusion

p. 365-370


Extrait

1Comme l’avait fait Platon quelques décennies plus tôt dans le Gorgias, Aristote admet que la rhétorique est liée à l’imperfection humaine. Comme l’élocution et l’ensemble des stratagèmes nécessaires à la persuasion, l’action ne serait pas indispensable si l’orateur s’adressait à des hommes raisonnables. Un même constat produit pourtant deux réactions opposées. Alors que Socrate condamnait ce simulacre d’art détaché de toute référence au vrai2, cette flatterie ouvrière du retournement des valeurs et de la perversion morale3, Aristote passe outre la condamnation épistémologique et morale de la rhétorique pour s’attacher à son fonctionnement. Bien qu’elle tire sa légitimité de la médiocrité humaine, la rhétorique n’en est pas moins efficace et, partant, digne d’intérêt philosophique. Puisque l’exposé du vrai ne suffit pas à persuader, puisque la manière de dire importe autant, pour emporter l’adhésion, que ce qui est dit, puisque l’auditeur est mû par ses passions plutôt que par

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