1 Eschyle, Choéphores, 753-755. Tite-Live, XXXI, 62, cite comme un présage prodigieux le cas d’un nourrisson qui s’est écrié « Triomphe ! » avant l’arrivée d’Hannibal sous les murs de Rome.
2 Euripide, Mélanippe, fr. 30 J.-V. L. = 509 Kannicht.
3 Cf. le sanscrit varvara et DÉLG.
4 Voir Ἑλληνισμóς : Quelques jalons pour une histoire de l’identité grecque, sous la direction de S. Saïd, 1991.
5 Platon, Lettres, 353 e. Cf. Grégoire de Nysse, Lettres, 14, 6 (à Libanios).
6 Sophocle, Philoctète, 225. Hérodote, VIII, 144 : « le monde grec, uni par la langue et le sang » (ὅμαιμoν τε καὶ ὁμóγλωσσoν).
7 Platon, Apologie, 17 d.
8 Platon, Cratyle, 421 d, 383 a, 418 b-c (les femmes). Prudencio 2007, p. 46 (primitivisme et conservatisme du langage féminin).
9 Hérodote, I, 139 : ὅμoια τoῖσι σώμασι καὶ τῇ μεγαλoπρεπείῃ. Harrison 1998, Munson 2001 et 2005. Prudencio 2007, p. 33, 40, estime à juste titre que le développement onomastique que l’on trouve dans le logos égyptien (II, 50) peut éclairer les points de vue des interlocuteurs du Cratyle.
10 Sophocle, Trachiniennes, 1062.
11 Hymne homérique à Apollon, 158-164 : βαμβαλιαστὺν (variante : κρεμβαλιαστύν, donner la cadence avec des castagnettes). Cf. βαμβαίνω, Iliade, X, 375 et βαμβαλύζω. Voir Viard 2007, p. 140-141, et son commentaire d’Hérodote VIII, 135 (p. 133-145).
12 Cf. Jaeger 1933, Paideia : die Formung des klassischen Menschen (traduit en anglais en 1939 : Paideia : the Ideals of Geek Culture !).
13 Isocrate, Panathénaïque, 30, Échange, 305-306. Platon, Lois, 643 e-644 a, 654 a-e. Léon Robin a bien tort de considérer Isocrate comme « un vieux routier de la chicane judiciaire et des artifices rhétoriques » (cf. Levet 1979, p. 29).
14 Isocrate, Échange, 189.
15 Platon, Lois, 664 e-665 a.
16 Ammonius, Sur le De interpretatione d’Aristote, p. 30-31 et 39.
17 Ps.-Plutarque, De la musique, 1131 C-D.
18 Ibid., 1133 B-C.
19 Platon, République, 398 d-399 c. Voir, pour plus de détails, Delattre 2007, p. CCXXXV sq.
20 Mathiesen, p. 115-116, 124-125.
21 Ptolémée, Manuel d’harmonie, 3, 5. Porphyre, Sur le Manuel d’harmonie de Claude Ptolémée (Düring 1932 b, p. 61, 16-65, 20 et 96, 21-23 = fr. 89 Wimmer, 716 Fortenbaugh), cite le deuxième livre d’un traité de Théophraste sur la musique où il est question de l’aigu et du grave et des aspects quantitatifs et qualitatifs de la musique.
22 Platon, Lois, 659 c-e et 672 e-673 a. La distinction entre ᾠδαί et ἐπῳδαί est réinterprétée par Clément d’Alexandrie, Protreptique, mais en sens inverse puisque les ἐπῳδαί ne sont plus que des incantations magiques.
23 Hippocrate, Épidémies, V, 1, 81, cite le cas d’un malade qui ne supporte pas la flûte la nuit.
24 Clément, Protreptique, IX, 88, 3. Cf. Plotin, Ennéades, I, 4. La cithare permet de rapprocher Orphée et David.
25 Ibid. I, 1, 2-3. Voir Jourdan 2010, p. 316-223 (transposition de la légende d’Eunomos et rapports avec le Lévitique).
26 Platon, Phédon, 60 d-61 b : Socrate est exhorté par un songe à faire de la musique, la plus haute des philosophies, en composant des hymnes aux dieux.
27 Platon, Lois, 700 a-c.
28 Platon, République, 399 a-b. Iliade, XV, 686 et XVIII, 219 (la voix de bronze d’Achille comparée à la trompette).
29 Platon, Lois, 701 a (θεατρoκρατία vs. ἀριστoκρατία, cf. Critias, 117 e). Aristote, Politique, 1276 b 1-9 (cf. 1284 b 11-12 : le chef de chœur ne doit pas permettre à un chanteur doté d’une voix plus sonore et plus belle de ne plus chanter à l’unisson.
30 Le bœuf libyen catoblépas : Élien, Nature des animaux, VII, 5, Manuel Philès, Poèmes variés sur l’histoire naturelle, 1081-1105. Eschyle, Suppliantes, 115 : λιγέα βαρέα δακρυoπετῆ. Platon, Lois, 662 b (ἀπᾴδoμεν ἀπ᾽ ἀλλήλων) ; 689 d : l’ignorance est discordante (διαϕωνία, πλημμέλειαν καὶ ἀμoυσίαν) et la sagesse la plus belle est συμϕωνία. Cf. Platon, Banquet, 187 b.
31 Dion Chrysostome, Discours, XXXIII, 38-43.
32 Grégoire de Nysse, Lettres, 14, 6 (à Libanios).
33 Platon, Lois, 634 d-e.
34 Platon, Lois, 777 b-c.
35 Platon, Lettre V, 321 d.
36 Proclus, Sur la République, I, p. 54, 27, p. 71.
37 Platon, Lois, 634 d-e. Cf. Dion Chrysostome, Discours, XXXIX, 3, et XLVIII, 7.
38 Plutarque, De l’intelligence des animaux, 963 A-D.
39 Aristote, Histoire des animaux, 536 a 32-b 8 : ὥστε ψελλίζoυσι καὶ τραυλίζoυσι τὰ πoλλά. Cf. Platon, Gorgias, 485 a-b ; Aristote, Métaphysique, 985 a 5 et 993 a 15.
40 Olympiodore, Prolégomènes, 18, 25 ; cf. 19, 25 ; 20, 30-31 : « mais puisque la voix désigne les choses par l’intermédiaire des pensées », ἀλλ’ ἐπειδὴ σημαίνουσι τὰ πράγματα αἱ ϕωναὶ διὰ μέσων νoημάτων ; Sur les Catégories d’Aristote, 28, 28. Dans les scholies à Aristote, De l’interprétation, l’écriture est ajoutée (p. 26, 9 Tarán).
41 Platon, Protagoras, 325 e.
42 Platon, Philèbe, 17 b-e.
43 Ps.-Longin, Traité du sublime, 30, 1. Cassius Longinus (rhéteur et philosophe platonicien du IIIe s. ap. J.-C.), L’art de la rhétorique, dans Rhetores Graeci IX, p. 560, 10-561, 2. Noter le verbe ὑϕαίνειν, « tisser », les adverbes λείως et ἀπταίστως, « sans achopper », « sans trébucher ». Cf. Ps.-Démétrius, De l’élocution, 48 : ὁ Θoυκυδίδης δὲ πανταχoῦ σχεδὸν ϕεύγει τὸ λεῖoν καὶ ὁμαλὲς τῆς συνθέσεως, « Thucydide évite presque toujours un agencement lisse et aplani », qui ne fait pas achopper le lecteur.
44 Libanios, Discours, t. 1 (Autobiographie), Discours, XXXV, 1 et XXXV, 12. Schouler 1984.
45 Platon, Timée, 35 a-36 b : συναρμóττων βίᾳ.
46 Reznikoff 2006, p. 423 et 426.
47 Saint Augustin, De la musique, I, 2, 2-3 : Musica est scientia bene modulandi. Modulare et modulatio impliquent l’idée de mesure qui, bien entendu, ne concerne pas seulement la musique. Cf. VI, 14, 46 : parce que le corps a été créé par Dieu, il ne faut pas exclure les harmonies inférieures, mais en faire bon usage. Bouton-Touboulic, 2004, p. 147 et 307. Kraléva 2001.
48 Platon, Théétète, 154 e, 189 e-190 a.
49 Platon, Apologie, 31 d.
50 Phèdre, 242 c. Cf. Théagès, 128 d : « Par l’effet d’une faveur divine, il y a un signe divin qui m’accompagne depuis l’enfance. C’est une voix qui, lorsqu’elle se manifeste, me signifie toujours de me détourner de ce que je m’apprête à faire, sans jamais m’inciter à l’action. »
51 Plutarque, Le démon de Socrate, 580 C.
52 Ibid., 593 A.
53 Platon, Phèdre, 263 e.
54 Crippa 2001, p. 38-42.
55 Plutarque, Le démon de Socrate, 588 E-589 C.
56 Maxime de Tyr, Dissertations, IX, 1 e (« Si Socrate fit bien de ne rien dire pour sa défense »). Cf. Platon, Timée, 32 c.
57 Maxime de Tyr, Dissertations, IX, 4 e : ἐμπαθῆ.
58 Calcidius, Commentaire et traduction du Timée, 132. Cumont 1915. Boeft 1977 (commentaire des chapitres 127-136 de Calcidius).
59 Plotin, Ennéades, IV, 3, 18.
60 Hermias d’Alexandrie, disciple de Syrianus, condisciple de Proclus (Ve s. ap. J.-C.), Schol. Plat. Phaedr., 68, 2-7 et 27-29 ; cf. 69, 14 : le char divin n’a pas besoin de langue et d’organes vocaux. Noter en 68, 27 l’expression ὄχημα αὐγoειδές, que l’on retrouve chez Proclus, Sur le Timée, III, p. 81, 20-21 Diehl, p. 116 Fest. (Platon, Timée, 33 c) : « il nous suffit du véhicule lumineux qui rassemble dans l’unité tous les sens ». Cf. Thémistius, Paraphrase du de anima d’Aristote, V, 3, p. 19 ; Chrysipppe, SVF II, 856 (πνεῦμα).
61 Proclus, Sur le premier Alcibiade de Platon, 80, 14-18. Voir Proclus, Sur le Cratyle 77, p. 36, 20-37, 5 et le commentaire de Pépin 1982, p. 97 : les dieux lisent mutuellement dans leur intellect et configurent l’air en y laissant des empreintes.
62 Cette distinction a suscité une abondante littérature, depuis Pohlenz 1939. Nous renvoyons à Labarrière 1997, p. 273-275, et à Panaccio 1999, p. 60, cité et discuté par Achard 2001, p. 227, note 12 (littérature critique p. 231) estime que la meilleure discussion récente est celle de Frede 1994. Mais il renvoie aussi à Bréhier 1920, p. 14 : la « réalité logique », le concept, λεκτóν, n’est ni la ϕαντασία, ni l’ἔννoια. Voir aussi Kamesar 2004.
63 Ps.-Plutarque, Opinions des philosophes, IV, 11, 900 A-B (Lachenaud, p. 151-152 et les références aux auteurs anciens, note, p. 151). Cf. ibid. I, 10, 5 (= SVF I, 65) : « les idées sont nos concepts (ἐννoήματα) ».
64 Panaccio 1999, p. 60.
65 Sextus Empiricus, Contre les logiciens 2, VIII, 409-410.
66 Id., Contre les logiciens 1, VII, 228-231 (= SVF II, 56).
67 Diogène Laërce, VII, 53.
68 Id., VII, 47 : πρoϕέρoνται μὲν γὰρ αἱ ϕωναί, λέγεται δὲ τὰ πράγματα ἅ δὴ καὶ λεκτὰ τυγχάνει. En VII, 43, Diogène divise la « dialectique » en deux parties, l’une concernant les choses signifiées, l’autre la voix : Tὴν δὲ δὶαλεκτικὴν διαιρεῖσθαι εἴς τε τòν περὶ τῶν σημαινoμένων καὶ τῆς θωνῆς τóπoν.
69 La polysémie du mot λόγoς (avec ou sans majuscule) nous oblige parfois, comme beaucoup d’autres, à nous contenter d’une translittération. J’espère que les contextes permettront de comprendre de quoi il s’agit : langage ou discours, verbe ordonnateur et créateur, verbe incarné, parole ou voix divine, intellect divin, proportions harmonieuses du monde, raison immanente à l’univers ou raison humaine,
70 La théorie des deux discours a aussi servi, dans l’Eymologicum Genuinum (lettre α, entrée 1369), à distinguer les Aloades, Otos et Éphialte, connus pour leur brutalité et leur impiété. Ils deviennent des bienfaiteurs qui enchaînent Arès pour que l’humanité vive en paix, et incarnent l’esprit qui calme la colère. Otos incarne le discours appris par les oreilles (ὤτων) et Éphialte le discours qui, en sens inverse, de lui-même, « saute » (ἐϕαλλóμενoν) vers les oreilles de celui qui pense. Voir aussi une scholie au vers 385 du livre V de l’Iliade (lignes 63-71, éd. Heyne), qui distingue deux modes de paideia. Voir Kamesar 2004, p. 166-167. Philon, De la confusion des langues, 4-5, se contente de l’interprétation traditionnelle.
71 Philon, Vie de Moïse, I, 162 et II, 187. De la migration d’Abraham, 76-81, 84, 169. Moïse, « le sage en tout point » (πάνσoϕoς) voit par la seule force de la pensée, tandis qu’Aaron apprend en écoutant les rhéteurs. De la migration d’Abraham, 77 : « Quand l’esprit déambule parmi l’univers créé par le Seigneur, il n’a besoin de rien d’autre pour contempler, car il n’y a pas de vision plus aiguë que celle de la pensée », ὅταν μὲν oὖν τoῖς τoῦ πανηγεμóνoς ἐμπεριπατῇ πράγμασιν ὁ νoῦς, oὐδενòς ἑτέρoυ πρoσδεῖται πρòς τὴν θεωρίαν, ἐπειδὴ τῶν νoητῶν μóνη διάνoια ὀϕθαλμòς ὀξυωπέστατoς.
72 Philon, Vie de Moïse, I, 83-84.
73 Philon, De l’agriculture, 52-53. Duhot 2005, p. 462, renvoie aussi à Saint Paul, Colossiens 1, 15-17 : le premier-né est le logos de Dieu.
74 Chez Clément, αὐδή n’apparaît cependant qu’à travers des citations poétiques : Pédagogue, I, 6, 51 (Homère, Iliade I, 249) ; Stromates, I, 6, 36 et V, 14, 100. Pour φωνή, voir par exemple Protreptique, I, 4, 2 : « Qu’elle vienne témoigner pour nous la voix des prophètes accordée avec la vérité », Mάρτυς ἡμῖν πρoϕητικὴ παρίτω ϕωνή, συνῳδòς ἀληθείας. I, 8, 3 : Πoλύϕωνóς γε ὁ σωτὴρ καὶ πoλύτρoπoς εἰς ἀνθρώπων σωτηρίαν, « Le Sauveur change de voix et de manière d’agir pour sauver l’homme ». La traduction du Père Mondésert méconnaît le rapport avec Ulysse aux mille tours et les adjectifs qui qualifient la rhétorique.
75 Clément, Stromates, V, 6, 38, 7 et VI, 7, 58.
76 Clément, Protreptique, I, 9, 1-2 et 10, 1 (Jean-Baptiste et Jean), XI, 117, 4.
77 Voir supra, p. 121 sq.
78 Clément, Protreptique, I, 2, 4 et 4, 4.
79 Clément, Protreptique, I, 5, 1 : Toῦτó τoι καὶ τò πᾶν ἐκóσμησεν ἐμμελῶς καὶ τῶν στoιχείων τὴν διαϕωνίαν εἰς τάξιν ἐνέτεινε συμϕωνίας, ἵνα δὴ ὅλoς ὁ κóσμoς αὐτῷ ἁρμoνία γένηται. Le résumé qui précède s’inspire du commentaire de Jourdan 2010, p. 297-374.
80 Philon, De la plantation, 8-10 : λóγoς δὲ ὁ ἀίδιoς θεoῦ τoῦ αἰωνίoυ τò ὀχυρώτατoν καὶ βεβαιότατoν ἔρεισμα τῶν ὅλων ἐστίv. Oὗτoς ἀπὸ τῶν μέσων ἐπὶ τὰ πέρατα καὶ ἀπò τῶν ἄκρων ἐπὶ τὰ μέσα ταθεὶς δoλιχεύει τòν τῆς ϕύσεως δρóμoν ἀήττητoν συνάγων τὰ μέρη πάντα καὶ σϕίγγων· δεσμòν γὰρ αὐτòν ἄρρηκτoν τoῦ παντòς ὁ γεννήσας ἐπoίει πατήρ. […] oὐδ’ ὑπὸ ἀέρoς σβεσθήσεται πῦρ, oὐδ’ ἔμπαλιν ὑπὸ πυρὸς ἀὴρ ἀναϕλεχθήσεται, τoῦ θείoυ λóγoυ μεθóριoν τάττoντoς αὑτòν καθάπερ ϕωνήεντα στoιχείων ἀϕώνων, ἵνα τò ὅλoν ὥσπερ ἐπὶ τῆς ἐγγραμμάτoυ ϕωνῆς συνηχήσῃ, τὰς τῶν ἐναντίων ἀπειλὰς πειθoῖ τῇ συναγωγῷ μεσιτεύoντóς τε καὶ διαιτῶντoς. Notre traduction diffère sensiblement de celle de Jean Pouilloux ou de Fabienne Jourdan, p. 349-350, notamment pour le participe ταθεὶς. Φωνήεντα est nécessairement un masculin singulier, mais il est clair que Clément utilise les termes qui désignent communément les voyelles et les consonnes, de même qu’il joue sur le double sens de στoιχείων, lettres de l’alphabet ou éléments dont il évoque les conflits. C’est pourquoi nous interprétons ἐναντὶων comme un neutre, contrairement à Pouilloux. Enfin, que l’on garde le texte des manuscrits, μoύσης, ou que l’on adopte la correction de Wendland, φωνῆς, le contexte indique qu’il faut se référer à la définition du monde comme livre. Cf. Héraclite B 30, 43, 90.
81 Blavatsky 1889. Helena Petrovna von Hahn (1831-1891), plus connue sous le nom de Blavatsky, fonda une société de théosophie.
82 Empédocle, B 115 D.-K., v. 16-17, cité par Hippolyte, Réfutation des hérésies, VII, 29. Plutarque, De l’exil, 17, Mor. 607 C-D, Plotin, Ennéades, IV, 8, 1 (révélation aussi importante que celle de Pythagore).
83 Platon, Théétète, 176 a-b, Phèdre, 250 c-d. À l’adjectif ἐμβριθὲς correspond dans le commentaire sur la République de Proclus l’adjectif ὀπισθoβαρής « à l’arrière pesant » (I, 119, 18, p. 138 Fest.). Derrière l’écorce qui cuirasse le coléoptère, l’âme est présente. Un rapprochement avec Thoreau, Walden, p. 274, n’est peut-être pas incongru. Il écrit, à propos d’une punaise qui résulte d’une fécondation bien antérieure et ronge le bois d’une table, qu’elle révèle sa présence par le bruit de ses mandibules : « Qui ne ressent pas que sa foi en la résurrection et en l’immortalité est renforcée en entendant cela ? »
84 Platon, République, 611 d-612 a ; cf. Plotin, Ennéades, I, 1, 12.
85 Plutarque, Romulus, 28, 9 : Ἡ δὲ σώματι πεφυρμένη καὶ περίπλεως σώματoς, oἶoν ἀναθυμίασις ἐμβριθὴς καὶ o̔μιχλώδης, δυσέξαπτóς ἐστι καὶ δυσανακóμιστoς.
86 Platon, Phédon, 64 a-b : λέληθεν γὰρ αὐτoὺς ᾗ τε θανατῶσι καὶ ᾗ ἄξιoί εἰσιν θανάτoυ. Ibid. 64 e-65 b. Le verbe θανατῶσι est énigmatique : désirer mourir, être déjà des moribonds. Les sarcasmes d’Aristophane sur le teint blême des disciples de Socrate (Nuées, 103 : ὠχριῶντας) peuvent être interprétés comme des allusions assez précises, et non comme des sobriquets sans signification. L’un d’eux, Chéréphon, est « à moitié mort » (ibid. 504). Voir le surnom dont il est affublé, « Chauve-souris » (Oiseaux, 1296 : Nυκτερίς)
87 Empédocle B 125 D.-K. (Clément d’Alexandrie, Stromates, III, 14). B 126 : « les couvrant d’un manteau de chair inhabituel », σαρκῶν ἀλλoγνῶτι περιστέλλoυσα χιτῶνι (Plutarque, S’il est loisible de manger la chair, 998 C ; Stobée, Florilège, I, 49, 60 ; Genèse, 3, 21). Platon, Protagoras, 321 a. Voir Turcan 1975 (« Celse et le mithriacisme »), p. 52-53.
88 Marc-Aurèle, Pensées, VIII, 48. Voir le titre de Hadot 1972, La citadelle intérieure.
89 Augustin, Confessions, XII, 10.
90 Festugière 1953, t. III, p. 48.
91 Brisson 2000, p. 331.
92 Id. p. 337-338. Voir aussi l’expression « chaîne d’Hermès » utilisée par Proclus à propos de lui-même (Sur le Cratyle, 22, p. 9, 24-25) et par Eunape à propos de Porphyre, Vies des sophistes, IV, 1.
93 Id. p. 342-343. Pour l’image du « passage », voir notamment Proclus, Sur la République, I, 185, 5, p. 204 Fest. (la poésie enthousiaste), III, p. 92, 29, p. 33 Fest. (διαπóρθμιoι δυνάμεις : les Parques qui répondent au chant harmonieux des Sirènes et transmettent les ordres de la Nécessité), III, p. 124, 142, 153. Sur le premier Alcibiade, p. 150, 12 Westerink, et Sur le Cratyle, 71, p. 33, 14 (διαπóρθμιoν ὄνoμα). Cf. Platon, Banquet, 202 e (à propos de tout ce qui est démonique et « transmet » des dieux aux hommes ou en sens inverse).
94 Il s’agit d’un petit pic, wryneck, Iynx torquilla. Aristote, Histoire des animaux, 504 a 12, Parties des animaux, 695 a 23, Élien, Nature des animaux, VI, 19. Pindare, Pythiques, IV, 214, Néméennes, IV, 35, Aristophane, Lysistrata, 1110, Xénophon, Mémorables, III, 11, Théocrite, Idylles, 2 (« Les magiciennes »), où le mot est un refrain.
95 Brisson 2000, p. 343. Proclus, Sur le Timée, III, 103, 11-13, p. 135 Fest.
96 Grégoire de Nazianze, Lettre 114, et son poème autobiographique, Poèmes I, 11, 98-100 : il suffit que les livres témoignent, soient les « avocats » de la grandeur divine.
97 Basile, Comm. Isaïe (dub.), 6, 184, 3-10 (PG 30, col. 428-429) donne l’interprétation judaïque du verset 6 avant la sienne qui est très marquée par la philosophie grecque.
98 Grégoire de Nysse, Ephraïm, PG 46, p. 819 : τὴν γλῶτταν κημῷ τῆς ἀϕωνίας. Cf. Philon, Vie de Moïse, I, 83.
99 Philon, De la migration d’Abraham, 53 et 47 : commentaire du livre de l’Exode, 20, 18. Voir aussi Des récompenses et des châtiments 43-46, commenté par Pearson 1984, p. 307. Philon, tout en reconnaissant la grandeur de la théologie cosmologique, n’est pas pleinement satisfait puisque, selon ses propres termes, la connaissance véritable de Dieu est possible grâce à Dieu lui-même, plus que par ses œuvres (ϕωτὶ φῶς). Faut-il dès lors le ranger parmi les gnostiques qui combinent philosophie et religion mystérique, ou considérer qu’il n’est qu’un précurseur en la matière ?
100 Thomas d’Aquin, Somme théologique, Question 107.
101 Güntert 1921, p. 52, 74, 172, cite Swedenborg, De coelo et eius mirabilibus, Londres, 1768, p. 182) et Dante. Voir Gera 2003, p. 50 : citation de Dante, De vulgari eloquentia, I, 2, 1-2.
102 Ménager 2001, chapitre 1, « Médiation et mouvement », p. 7-46. Serres 1986, p. 219-235.
103 Augustin, Musique, cité par Reznikoff 2001, lequel écrit : « cultiver les choses divines en soi, retrouver les bons mouvements de l’âme, qui sont les mouvements divins et non pas ceux désordonnés, tordus, de la vie habituelle » (p. 92).
104 Quintilien, Institution oratoire, I, 6, 39 : mutari vetat religio.
105 Platon, Phédon, 60 d-61 b.
106 Platon, Cratyle, 395 d-396 b, 400 d sq. Cf. Proclus, Théologie platonicienne, I, p. 123, 20-21.
107 Platon, Philèbe, 12 b-c, cité par Proclus, Sur le Cratyle, 30, 14, Théologie platonicienne, I, 125, 3-5.
108 Théologie platonicienne, I, 123, 24 : καὶ τò ὂνoμα καὶ τòν λóγoν ἀπoϕάσκει τoῦ ἑνός. II, p. 2, 1-4 et 63, 20-23.
109 Proclus, Théologie platonicienne, I, 124, 3-12 et 125, 5-8.
110 Voir le commentaire de Plotin, Ennéades, IV, 3, 30, 5-11 et Proclus, Sur le Cratyle, 71, p. 31, 5-17 proposé par Pépin 1982, p. 94-95 et 114. Mais n’est-il pas désobligeant de considérer la distinction stoïcienne des deux logoi comme une « vieillerie défraîchie », bien qu’il faille considérer Aristote, à travers le traité De l’interprétation 1, 16 a 3-8, comme l’inspirateur principal de la théorie platonicienne des niveaux de langage (ibid. p. 97) ?
111 Je n’ai pu vérifier cette remarque de mon collègue Reznikoff. Bartha 1986 parle d’une sorte de totem où les intailles représentent la vie d’un homme.
112 Philon, Questions sur la Genèse, II, 13 a, 15 b, 17 c.
113 Pour la vie terrestre comparée à un voyage en mer, voir Épictète, Manuel, 7. La comparaison est dèjà platonicienne, mais on la retrouve chez Aristote, Plotin, Cicéron, Numénius, Sextus Empiricus, Lucien, Théophile d’Antioche, Athénagoras, Clément d’Alexandrie, Théodoret (pour les références précises, voir dans Les Stoïciens II, p. 1357-1358, note 7).
114 Sur les raisons pour lesquelles Clément d’Alexandrie évite d’insister sur la descente aux Enfers que les adversaires du christianisme rapprochent de la mort du Christ, voir Jourdan 2010, p. 139.
115 Nonnos, Dionysiaques, XLI, 370-376.
116 Cette définition est proposée par Schuré 1959 (1889), p. 19. La pensée gnostique est au cœur de ce livre séduisant et sans doute trompeur. Les figures évoquées sont Rama, Krishna, Hermès, Moïse, Orphée, Pythagore, Platon, Jésus. P. 339 : « Conduite par ces intelligences sublimes, [l’âme qui a échappé au cercle des générations] tâchera d’épeler le grand poème du Verbe occulte, de comprendre ce qu’elle pourra saisir de la symphonie de l’univers. » Mais la notion de gnose correspond à une attitude existentielle et philosophico-religieuse et non à un système formalisé (voir Pearson 1984).
117 Clément d’Alexandrie, Protreptique, I, 1, 1-2, associe aux figures d’Orphée, Amphion et Arion celle du Locrien Eunomos qui chante à Delphes (Pythô) un hymne ou un thrène en l’honneur du serpent Python. I, 1-3 : ἄνδρες τινὲς oὐκ ἄνδρες, ἀπατηλoὶ γεγoνέναι, λυμηνάμενoι τòν βίoν, ἐντέχνῳ τινὶ γoητεὶᾳ δαιμoνῶντες εἰς διαϕθoράς. II, 21, 1 ; VII, 74, 3 : Ὁ δὲ Θρᾴκιoς ὶερoφάντης καὶ πoιητὴς ἅμα, ὁ Ὀρϕεύς, μετὰ τὴν τῶν ὀργίων ἱερoψαντίαν καὶ τῶν εἰδώλων τὴν θεoλoγίαν, παλινῳδίαν ἀληθείας εἰσάγει, τòν ἱερòν ὄντως ὀψέ πoτε. Je renvoie le lecteur qui ne se contenterait pas de cet exposé trop bref à Brisson 1987 a et b, 1995, Jourdan 2010 et 2011, ainsi qu’aux articles publiés par Bernabé-Casadesús 2008.
118 Il suffit par exemple de comprendre, comme Servius, le commentateur de l’Énéide, qu’Orphée voulait faire revenir l’âme d’Eurydice (Sur l’Énéide, VI, 119).
119 Psaumes, 95, 5 (le texte hébreu dit simplement qu’ils ne sont que « néant », c’est la traduction grecque qui parle de démons, δαιμoνίων εἴδωλα (cf. Clément, Protreptique, IV, 62, 4). Basile, Lettre aux jeunes gens. Augustin, De la doctrine chrétienne, 40-43.