• Contenu principal
  • Menu
OpenEdition Books
  • Accueil
  • Catalogue de 16522 livres
  • Éditeurs
  • Auteurs
  • Facebook
  • X
  • Partager
    • Facebook

    • X

    • Accueil
    • Catalogue de 16522 livres
    • Éditeurs
    • Auteurs
  • Ressources numériques en sciences humaines et sociales

    • OpenEdition
  • Nos plateformes

    • OpenEdition Books
    • OpenEdition Journals
    • Hypothèses
    • Calenda
  • Bibliothèques

    • OpenEdition Freemium
  • Suivez-nous

  • Lettre d’information
OpenEdition Search

Redirection vers OpenEdition Search.

À quel endroit ?
  • Publications de l’Institut de recherches...
  • ›
  • Histoire et littérature du Septentrion (...
  • ›
  • Vivre sous l'occupation : illégalités, c...
  • ›
  • Difficultés de la vie quotidienne et pra...
  • Publications de l’Institut de recherches...
  • Publications de l’Institut de recherches historiques du Septentrion
    Publications de l’Institut de recherches historiques du Septentrion
    Informations sur la couverture
    Table des matières
    Liens vers le livre
    Informations sur la couverture
    Table des matières
    Formats de lecture

    Plan

    Plan détaillé Texte intégral Les incertitudes du quotidien pour les acteurs éducatifs septentrionaux Les bâtiments scolaires et universitaires : un enjeu constant Le danger des bombardements et les incertitudes de la vie scolaire Une obsession, se nourrir : les tentations de l’école buissonnière Échapper au travail forcé pour les Allemands : ruses du quotidien et pratiques illégales du monde éducatif septentrional Pratiques illégales chez les acteurs éducatifs au quotidien Pratiques illégales : les nouvelles du large. radio et journaux clandestins Notes de bas de page Auteur

    Vivre sous l'occupation : illégalités, collaborations et résistance

    Ce livre est recensé par

    Précédent Suivant
    Table des matières

    Difficultés de la vie quotidienne et pratiques illégales des acteurs éducatifs sous l’occupation allemande dans les départements du Nord et du Pas-de-Calais (1940-1944)

    Jean-François Condette

    Texte intégral Les incertitudes du quotidien pour les acteurs éducatifs septentrionaux Les bâtiments scolaires et universitaires : un enjeu constant Le danger des bombardements et les incertitudes de la vie scolaire Une obsession, se nourrir : les tentations de l’école buissonnière Échapper au travail forcé pour les Allemands : ruses du quotidien et pratiques illégales du monde éducatif septentrional Une pression précoce et constante des autorités allemandes relayées par Vichy Le service du travail obligatoire touche le monde éducatif septentrional Les pratiques illégales de contournement du STO Pratiques illégales chez les acteurs éducatifs au quotidien Légalisme de façade, lenteur d’application et fronde intellectuelle Pratiques illégales : les nouvelles du large. radio et journaux clandestins Notes de bas de page Auteur

    Texte intégral

    1Le 4 juin 1940, trois semaines avant la signature de l’Armistice (22 juin), les départements du Nord et du Pas-de-Calais sont totalement occupés après des combats difficiles menés par les troupes françaises et britanniques, autour d’Arras, dans le bassin minier et dans la poche de Dunkerque. Le général Alexander Von Falkenhausen se voit confier le 1er juin 1940 les fonctions de Gouverneur militaire de la Belgique et du Nord de la France, détachant ainsi les deux départements septentrionaux du reste de la France. Le 15 juin les Allemands installent à Lille, sous le commandement du général Karl Niehoff, l’Oberfeldkommandantur 670 (OFK 670) dont la juridiction s’étend sur les départements du Nord et du Pas-de-Calais. Le 17 juin, l’OFK 670 est intégrée au Haut Commandement militaire de Bruxelles (Militärbefehlshaber in Belgien und Nordfrankreich). Le 23 juin, Hitler ordonne l’établissement d’une ligne de démarcation sur la Somme qui devient effective le 7 juillet par la création de la Zone interdite. Le retour des réfugiés est arrêté, les échanges interrompus avec la zone libre, réduits avec la zone occupée. Dès juillet 1940, le commandement allemand de Bruxelles avertit les préfets de Lille et d’Arras que lui seul et son représentant local ont compétences pour décider de l’application des lois et des règlementations françaises. La loi allemande s’impose et le Nord est sacrifié. « Le poids de l’isolement1 » est terrible alors que les populations n’attendent le salut que de l’Angleterre proche. Le choix de la collaboration d’État2 par le Régime de Vichy, les combats des collaborateurs rencontrent un rejet très fort dans la France du Nord, même s’ils existent bien.

    2Dans un tel cadre, marqué par la présence quotidienne des troupes allemandes, de leurs interdits et de leurs exigences, au sein d’une zone où les velléités de réformes du régime de Vichy apparaissent bien lointaines, une activité scolaire et universitaire se maintient pourtant tout au long du conflit pour encadrer l’enfance et la jeunesse restées sur place, cette survie revêtant un sens patriotique évident. Il n’en demeure pas moins que la vie des élèves, des étudiants et des enseignants, tout comme celle des cadres administratifs de l’Éducation nationale – que nous appellerons les acteurs éducatifs – est très fortement perturbée par le régime d’occupation et par les événements militaires. Nous ne retenons pas dans cette contribution les engagements résistants des acteurs scolaires et universitaires3, déjà travaillés lors d’autres rencontres organisées à Bondues4, mais centrons l’analyse sur leur vie quotidienne avant d’insister sur les pratiques « illégales » qui se développent chez ces acteurs éducatifs en particulier face aux réquisitions de main-d’œuvre liées au service du travail obligatoire, dans l’usage illégal de la radio, des journaux et des commémorations.

    Les incertitudes du quotidien pour les acteurs éducatifs septentrionaux

    3Comme le relèvent en 1957 Marie Granet et Henri Michel dans leur histoire du mouvement Combat, le contexte entre la zone Nord et la zone libre est longtemps très différent. « En zone Nord, la situation était nette : la France vaincue était occupée militairement par l’ennemi, elle était sous sa domination directe, sans intermédiaire. C’était aux Allemands seuls qu’on avait affaire. L’armée allemande était là […]. Elle était partout, dans les villes, les villages, sur les routes […]. Les soldats et les officiers allemands non seulement avaient réquisitionné tous les bons hôtels mais aussi nombre d’appartements et de villas, sans compter des hôpitaux, des lycées, des écoles […]. Souris grises (auxiliaires féminines de l’armée allemande, en tailleur gris) et militaires allemands remplissaient les magasins, grands et petits, et épuisaient les derniers stocks5 ». Face à cette présence quotidienne des Allemands, le gouvernement de Vichy n’a qu’une lointaine existence.

    Les bâtiments scolaires et universitaires : un enjeu constant

    4La présence allemande est dense. Selon Étienne Dejonghe, aux lendemains de l’Armistice de juin 1940, trois divisions d’infanterie stationnent dans les deux départements mais il y a sept divisions et demie en décembre 1940 (120.000 hommes) avant une décrue avec l’arrêt de la bataille d’Angleterre et l’ouverture du front de l’Est. À l’hiver 1942, il reste trois divisions, une division pouvant être estimée à 12.000 hommes environ. Les effectifs augmentent de nouveau avec l’intensification des menaces de débarquement et des combats pour atteindre 7 divisions en avril 1944. À ces troupes de combattants, il faut d’ailleurs ajouter les troupes de police et de gendarmerie et les services administratifs.

    5Cette lourde présence allemande débouche sur la réquisition de très nombreux locaux scolaires et universitaires, occupation temporaire ou plus durable, mais qui oblige les autorités administratives de l’Éducation nationale et les édiles locaux à une réactivité forte pour maintenir en vie l’activité scolaire. Une lettre du principal du collège du Quesnoy, le 5 octobre 1940, au recteur, relève que « tout le collège est occupé à l’exception de deux salles6 ». L’ingénieur en chef, à la tête de l’Institut industriel du Nord de la France, rue Jeanne d’Arc, écrit au préfet du Nord, le 7 août 1940, pour lui signaler la réquisition imminente du bâtiment. « Des officiers allemands sont venus, en ces derniers jours, à plusieurs reprises visiter l’Institut industriel du Nord. Ils ont inspecté les amphithéâtres, les laboratoires, les bureaux7 ». Une lettre de l’OFK 670 au préfet, le 13 août 1940, l’informe que « pour les besoins de l’armée allemande, l’institut est réquisitionné à partir du 13 août 1940. Dans l’institut réquisitionné, il ne pourra se trouver aucune personne civile en dehors du concierge8 ». Le directeur, dans une lettre du 10 septembre 1940 demande la libération de son institut, la rentrée étant prévue pour le 14 octobre. Les effectifs d’élèves annoncés tournent autour de 125 unités9. Mais la Feldkommandantur ne cède pas aux interventions conjointes du recteur et du préfet Carles et répond le 26 octobre au préfet : « il ne peut être donné suite actuellement à votre demande que vous avez présentée en vue d’obtenir l’évacuation de quelques locaux de l’Institut industriel […]. L’emploi simultané de cet établissement pour les besoins militaires allemands et par une école française n’est pratiquement pas possible10 ». Un autre courrier de l’OFK 670, daté du 23 avril 1941, relève qu’il n’est pas encore possible d’évacuer les locaux. L’institut d’électromécanique de la faculté des sciences est aussi occupé et le recteur signale au préfet, dans une lettre du 24 octobre 1940, l’impossibilité d’opérer la rentrée sans récupérer au moins le rez-de-chaussée11. Mais le 7 novembre 1940, l’OFK 670 répond par une fin de non-recevoir12. Le lycée Faidherbe avait reçu avant la guerre la totalité du matériel destiné à remeubler les classes de l’annexe Franklin (bureaux, tables, chaises, etc.) mais les Allemands ont tout emporté13. Le proviseur du lycée écrit au préfet, le 22 août 1940, pour faire un état des lieux alors que le lycée est interdit aux élèves :

    « La situation est la suivante. Une formation sanitaire automobile, installée dans la cour du rectorat utilise quelques salles du rez-de-chaussée qui se trouve en bordure, un dortoir et les bureaux administratifs. Une autre formation occupe les bâtiments de la rue des Arts, l’infirmerie et les appartements des fonctionnaires (service de Croix rouge allemand) ; elle se compose d’un ou de deux médecins, d’infirmiers en ce moment très peu nombreux ; les malades ne semblent pas être hospitalisés au lycée. Ils s’en présentent seulement pour subir une visite médicale qui se passe au parloir. Un certain nombre de douaniers sont installés dans un dortoir et mangent dans un des réfectoires. En outre, quelques classes du petit lycée ont été récemment démantelées […]. Malgré cela, la majeure partie de l’établissement se trouve libre : toutes les classes et toutes les études des premier et deuxième étages, toutes les salles des bâtiments qui se trouvent en bordure de la cour, de la chapelle et de la cour des moyens […]. Est-il raisonnable que la population scolaire se trouve expulsée pour laisser la place à une occupation si restreinte14 ? »

    6La directrice du lycée de Douai écrit à l’inspecteur d’académie le 29 août 1940 pour tenter de garder « ce qui nous reste des locaux du lycée de jeunes filles de Douai qui, actuellement abrite à la fois les deux lycées (garçons et filles)15 ». Il reste le rez-de-chaussée et le premier étage du bâtiment central et de l’aile droite, ce qui est nettement insuffisant. Les Allemands veulent tout le bâtiment. Le directeur de l’École nationale des Arts et métiers de Lille écrit à l’inspecteur d’académie le 25 septembre 1940 pour l’informer que la situation empire.

    « L’école nationale des Arts et métiers était entièrement occupée par les troupes allemandes, exception faite des appartements du personnel administratif et des ateliers […]. Vendredi matin, 20 septembre, à 10h30, l’autorité allemande me signifia l’ordre d’évacuer les locaux ci-dessus. Aucun civil ne devait dorénavant circuler dans l’établissement. [ …]. Le travail aux ateliers, l’examen probatoire que subissaient 37 candidats au nouveau cours de chimie et de technologie furent arrêtés immédiatement. Les clefs des divers locaux et ateliers livrées successivement. Il y eût des scènes pénibles, surtout au moment de la sortie des élèves. Deux des candidats furent retenus de 12 heures à 17h30 enfermés dans une chambre, les mains derrière le dos, la face aux fenêtres pour n’avoir pas été corrects envers le chef de troupe16 ».

    7Les démarches rectorales et préfectorales sont multiples mais sans succès avant octobre 1941. Une lettre du préfet du Nord à l’OFK 670, le 24 septembre 1941, manifeste une profonde colère face à la réquisition de l’École nationale professionnelle d’Armentières. « Cet établissement est le seul de ce genre qui reste ouvert dans la zone occupée, l’École des Arts et métiers de Lille étant déjà occupée en totalité ». L’École d’Armentières devait accueillir 300 élèves dans quelques jours pour la rentrée et cette école est nécessaire pour « la reprise économique du département » qui a besoin de main-d’œuvre qualifiée17. Mais le préfet régional informe encore le directeur de l’École nationale professionnelle, le 13 décembre 1941, qu’il n’est pas possible de libérer pour le moment les locaux réquisitionnés18.

    8L’OFK 670 écrit au préfet du Nord, le 10 novembre 1941, pour lui signaler que la commune d’Estaires a beaucoup souffert des événements liés à la guerre et qu’il ne reste aucune autre possibilité de cantonnement que les 4 écoles de la ville. La troupe s’y est installée. Les cours sont données dans des maisons privées19. Une lettre du préfet régional de l’OFK, datée du 2 octobre 1941, relevait que « toutes les écoles publiques de la commune sont occupées par 700 travailleurs belges environ, embauchés par l’organisation Todt et qui travaillent pour l’autorité allemande sur le champ d’aviation de Merville ».

    9Le directeur de l’Institut Denis Diderot, à Lille, signale au maire, le 8 juillet 1940, que depuis le 3 juillet, l’Autorité allemande a posé une affiche de la Kommandantur indiquant que le bâtiment est sous sa protection. Elle y loge 250 hommes et « ils « ont pris le premier étage, la cuisine et le réfectoire20 », ce qui désorganise toute vie scolaire. La situation se dégrade ensuite. Le préfet Carles écrit au recteur Duez, le 17 janvier 1942 : « je m’empresse de vous faire connaître, comme suite à la demande que vous m’avez faite, le 10 janvier courant, que je suis intervenu d’une façon pressante auprès de Monsieur le Chef de l’Administration militaire, afin qu’il ne soit pas donné suite à la mesure de réquisition dont fait l’objet l’Institut Diderot de Lille21 ». Un bref mot du même préfet à Paul Duez, le 17 février relève que « cette mesure n’a pu être évitée malgré les demandes pressantes ». Par ordonnance du 29 janvier 1942 l’OFK 670 a en effet décidé l’occupation partielle de l’Institut. Le préfet écrit à l’OFK 670 le 12 février 1942 pour signaler que les locaux restants sont « nettement insuffisants pour permettre de poursuivre, dans des conditions satisfaisantes, le programme des études22 ».

    10La directrice de l’école normale d’institutrices de Douai écrit le 12 décembre 1940 au recteur et lui signale que « les bâtiments sont occupés par les soldats allemands. Les salles de lecture, les bibliothèques contenaient encore au moment de l’occupation un nombre important de livres. Ces livres ont été en partie détériorés23 ». Le directeur de l’école primaire annexée à l’école normale des garçons de Douai relève, le 12 décembre 1940, l’occupation de l’école normale masculine24. Cette dernière est ensuite libérée et voit s’installer en octobre 1941 l’Institut de formation professionnelle (IFP) voulu par Vichy. En février 1943 cependant, une partie est de nouveau occupée par les Allemands, l’IFP se repliant sur quelques salles. À Arras, l’école normale de garçons est occupée, en partie par les troupes allemandes et en partie par l’accueil des élèves des collèges de la ville ; l’école normale de filles reçoit, à partir d’octobre 1941, l’IFP féminin pour les deux départements. À Ronchin, une lettre du maire, le 8 octobre 1943, informe le préfet que l’école Jean Jaurès a été réquisitionnée. Quatre classes ont été dispersées dans « deux ateliers de confection, une autre dans l’arrière salle d’un estaminet et cinq à l’école des filles25 ».

    11Les rapports des inspecteurs d’académie insistent sur ce problème de l’occupation des locaux scolaires26. L’inspecteur d’académie du Pas-de-Calais ne cesse, dans ses rapports mensuels au préfet, de le tenir au courant des réquisitions de locaux et la réalité majeure qui se dégage est celle de l’incertitude du lendemain et de la menace constante d’interruption de l’activité scolaire. Le rapport du 21 septembre 1940 au préfet l’informe que la rentrée a bien eu lieu le 2 septembre mais que « dans la région côtière, le service scolaire est de plus en plus difficile à assurer en raison de l’occupation des locaux scolaires par les troupes27 ». Le 12 novembre, il note les efforts nombreux faits par les communes, les maîtres et les maîtresses pour assurer le maintien de l’école mais le Boulonnais et le Calaisis sont toujours un espace difficile en raison de l’importance des effectifs militaires. « En maints endroits, on a trouvé des locaux de remplacement. Quand ils sont insuffisants, on fait des classes de mi-temps. Là où ils font défaut, l’instituteur ou l’institutrice font classe dans leur logement personnel ». L’inspecteur d’académie relève dans son rapport du 9 mai 1941 que l’arrivée dans la région de nouvelles troupes allemandes a entraîné l’occupation de nouvelles écoles à Lens, Hénin Liétard, Carvin, Dourges, Noyelles, Leforest, au collège de jeunes filles de Béthune et au lycée de Saint-Omer28. Le rapport du 26 juin 1941 insiste sur les améliorations apportées, les locaux confisqués dans le bassin minier ayant été rendus à leur destination première. Par contre le lycée de Saint-Omer est presque totalement occupé29.

    12Ces occupations désorganisent la vie scolaire, entraînent des pertes de matériel, des destructions et un temps de nettoyage important. L’inspecteur d’académie du Pas-de-Calais écrit au préfet, le 27 janvier 1943 pour l’informer que dans la circonscription de Montreuil-sur-Mer, de nombreuses écoles sont réquisitionnées pour trois à six jours lors des relèves de divisions sur le littoral30. Le 27 mars 1943, il note encore que « de nombreux locaux scolaires sont réquisitionnés temporairement pour le cantonnement de troupes de passage, surtout dans les circonscriptions de Montreuil, Saint-Pol et Boulogne31 ». Le 25 janvier 1944, l’inspecteur d’académie du Pas-de-Calais, faisant le bilan des mois de décembre 1943 et de janvier 1944, note que « le service scolaire a fonctionné dans des conditions difficiles du fait de la réquisition de locaux. Dans la plupart des cas, la classe a fonctionné à la mairie. Une trentaine d’écoles sont occupées dans la circonscription de Montreuil32 ». Le 27 mars 1944, il note encore que « les réquisitions de locaux scolaires continuent à entraver le service33 ». Un rapport interne au cabinet du ministre de l’Éducation nationale, daté du 3 novembre 1942 relève qu’au 25 octobre 1942, dans l’académie de Lille, les locaux sont occupés à 33 % dans le supérieur, à 60 % dans le secondaire et à 6 % dans le primaire34 ».

    13L’Université catholique de Lille, depuis le 1er juillet 1940, la plus grande partie des bâtiments sont occupés par des services sanitaires français prisonniers qui y soignent des blessés. Les Autorités allemandes, pour assurer la garde de ces blessés, « ont barricadé deux entrées sur trois35 ». Le vice-recteur Deconinck note que l’occupation s’étend aux 5/6e des locaux. « Tous nos bâtiments, sauf la faculté des sciences et la clinique Saint-Raphaël sont occupés par l’ennemi ; ainsi en est-il d’une partie de la faculté de médecine, de toutes les maisons de famille, du cercle des étudiants, de la maternité, des cliniques Saint-Camille et Saint-Philibert ; quant à l’hôtel académique, voici quel est le tableau : six à sept cents Anglais prisonniers, blessés, beaucoup mutilés, couchés dans les salles de cours, dans l’église, dans toutes les chambres du séminaire36. » Le recteur Delépine demande sans cesse des levées de réquisition. Les Allemands libèrent alors la maternité Sainte-Anne en novembre 1940 puis Saint-Camille vers le milieu de l’année 1941. Après de multiples réclamations, la chapelle, quelques salles de la faculté de droit dont la salle des actes et une grande partie du séminaire académique, sont rendues aux activités universitaires37. L’Université d’État de Lille a également de nombreux bâtiments qui sont réquisitionnés par les Allemands38.

    Le danger des bombardements et les incertitudes de la vie scolaire

    14Pendant toute la durée de la guerre, le bourdonnement des moteurs d’avion n’a jamais cessé dans le ciel du Nord-Pas-de-Calais, rythmant les jours et les nuits39. Les rapports du préfet Carles entre 1940 et 1944 inventorient précisément les bombardements qui touchent le département du Nord et qui se multiplient dès 1941, même si une relative diminution du nombre des attaques se produit au cours de l’année 1942 et au premier semestre 1943. « C’est à un véritable changement d’échelle que l’on assiste à partir de l’été 1943 : des attaques quasi-quotidiennes, l’engagement d’énormes flottes de bombardiers, des tonnages impressionnants déversés en quelques dizaines de minutes40 ». Le préfet Carles relève dans son rapport du 5 décembre 1942, 64 communes touchées par les bombardements entre le 2 octobre et le 26 novembre 19424141. Celui du 8 novembre 1942 sur Lille fait 23 morts et touche aussi Hellemmes, La Madeleine, Lezennes, Lesquin et Ronchin. Dès lors, il note :

    « L’affluence des élèves pose de nouveau le problème de leur protection en cas de bombardement. Beaucoup d’établissements ne possèdent pas d’abris ou n’ont que des abris insuffisants. En particulier, le lycée Faidherbe avec 1 400 élèves ne dispose que de sous-sols pouvant recevoir au plus 250 élèves et qui sont d’ailleurs défectueux en raison de l’existence de canalisations de gaz, d’eau et de matières usées établies dans ces sous-sols. Le lycée Fénelon ne possède que deux abris pouvant respectivement contenir 350 et 80 élèves alors que le lycée compte une population scolaire de 1100 unités42 ».

    15La fréquence croissante des bombardements alliés en 1943 et 1944, qui cherchent à détruire les voies de communication et les usines travaillant pour les Allemands viennent perturber fréquemment la classe. Le préfet Carles note le 5 octobre 1943 que « l’état d’esprit de la population, au cours de ces derniers mois a été marqué par une nervosité et une inquiétude extrêmement vives […]. La recrudescence des bombardements aériens, dirigés contre les aérodromes et les points stratégiques de la région était venue renforcer la certitude d’un proche déclenchement par les forces anglo-saxonnes d’opérations militaires dans le Nord de la France43 ». Le rapport détaille ensuite en cinq pages de multiples bombardements qui ont touché le Nord du 2 août au 24 septembre. L’inspecteur d’académie du Pas-de-Calais écrit au recteur Duez le 16 novembre 1943 pour lui faire part des conséquences des violents bombardements qui ont eu lieu vendredi 5 novembre dans toute la région située au Nord de Marquise. À Ferques, les bombardements ont duré de 13 à 17 heures ; les enfants avaient été placés dans les caves mais un enfant, resté chez lui, a été tué. À Ferques-Élinghen, les vitres de l’école ont été brisées mais les enfants ont été cachés dans des caves. À Leubringhem, une écolière a été blessée chez elle44.

    16Le Journal de Guerre de l’institutrice Denise Delmas-Decreus insiste beaucoup sur le danger fréquent des bombardements, la ville d’Hazebrouck étant très souvent pris pour cible. Le 22 juin 1941, elle mentionne un premier grand bombardement par la Royal Air Force. La ville subit entre cette date et août 1944, 52 bombardements qui font 257 tués. Les premiers ont pour cible principale la gare, nœud ferroviaire important, alors que ceux de 1944 visent plutôt un bois au sud de la ville (Morbecque) où les Allemands installent une rampe de lancement de V145. Avec ces bombardements, l’ambiance n’est pas au travail scolaire serein. Le lundi 23 juin 1941, elle note : « Nous apprenons que les bombardements de la veille ont fait 11 tués. Á l’école, le nombre d’élèves est restreint. Nous travaillons un peu46 ». Le vendredi 13 mars 1942, elle décrit le onzième bombardement de la ville et note :

    Les élèves […] comprennent que des avions s’approchent et toutes courent vers l’abri. Nous entendons la sirène. En peu de temps, toutes les élèves sont à l’abri et tout de suite les bombes tombent. Des enfants crient, se pressent vers moi : « Madame ! Madame ! ». Lorsque les avions se sont éloignés, nous allons jusqu’à la porte pour avoir des renseignements. Mme Loriaux est affolée, ses enfants sont chez elle. Je suis inquiète aussi : les enfants sont avec Mme Thérèse et avec Gaston qui termine à 3 heures le vendredi47 ».

    17Le lundi 29 juin 1942, alors que le personnel surveille le certificat d’études complémentaires, la ville est de nouveau bombardée :

    « Et tout à coup vers quatre heures et demie je les entends. Ils se rapprochent ; on distingue le bruit lourd des bombardiers. Je marche un peu pour essayer de dominer ma peur. Certains élèves ayant terminé leur version sont dehors ainsi que d’autres personnes. Des doigts levés désignent les avions. Tout à coup des coups. Les enfants rentrent. Plusieurs déflagrations ; puis quelque temps après des nouvelles. Ils ont lancé des bombes. […]. Je tremble encore. J’ai eu très peur48 ».

    18La situation devient presque intenable à partir de janvier 1944 jusqu’à la libération de septembre 1944. Elle décrit alors la mise en place des « classes de mi-temps » le 28 janvier 1944 dans son cours complémentaire :

    « Les emplois du temps sont changés. Dans ma classe je supprime le dessin, l’écriture, la législation pratique, la lecture, la récitation, le chant ; les cartes sont faites à la maison. Malgré ces suppressions, le temps manque pour faire convenablement les matières essentielles les trois heures de classe de la journée étant coupées par des séjours plus ou moins longs dans les abris, une demi-heure, une heure ou deux parfois. Lorsque les enfants reviennent des abris, elles sont excitées ; on a peine à retenir leur attention ; dès que l’on entend un bruit d’auto qui monte la côte, tout le monde écoute. Le travail dans ces conditions ne peut être bon49 ».

    19Le vendredi 5 mai 1944, par exemple, les alertes se succèdent. « Nous sommes à peine installés en classe qu’une nouvelle alerte commence. Quand nous entendons les avions, nous partons aux abris […]. Les bombes commencent à tomber. Je me sens pâlir. J’essaie malgré tout de rassurer les élèves50 ». Le nombre des élèves décline alors rapidement. Les écoles du Nord sont ensuite fermées à la date du 15 mai et elle renvoie donc ce jour-là ces neuf élèves avant midi.

    Une obsession, se nourrir : les tentations de l’école buissonnière

    20La vie quotidienne pour les enseignants, les étudiants et les élèves est difficile comme pour l’ensemble des habitants. Les nombreuses réquisitions allemandes réduisent l’offre disponible et, dans les villes en particulier, la pénurie est réelle, le rationnement ne garantissant pas l’ordinaire alors que le marché noir se développe et que les prix s’envolent51. Les transports sont devenus compliqués par les contrôles incessants des laissez-passer, la réquisition des véhicules et la pénurie d’essence ; les vélos sont très utilisés. Le rapport du directeur départemental du ravitaillement général du Nord, daté du 2 octobre 1945, tente de mesurer cette hausse52. Le kilogramme de pain passe ainsi, si l’on suit ses chiffres, de 3,15 Francs au 1er mai 1940 à 3,50 en septembre 1944, 4,70 F en décembre 1944 et à 7,10 F au 15 septembre 1945. Le kilogramme de pommes de terre passe de 0,90 F en mai 1940 à 2,60 F en mars 1944 puis à 4,40 F en septembre 1945 ; le litre de lait passe de 2,10 à 6, 8 Francs, le kilogramme de bœuf de première catégorie voit son prix passer de 24 francs à 50,45 Francs.

    21Les élèves qui se destinent au métier d’instituteurs ou d’institutrices doivent désormais, avec la suppression des écoles normales par le régime de Vichy (loi du 18 septembre 1940) et la mise en place des Instituts de formation professionnelle (loi du 15 août 1941), une fois le concours obtenu en fin de troisième, faire trois années d’études en lycée, obtenir le baccalauréat, avant d’être en formation une année au sein de l’IFP53. Une lettre rédigée depuis Raismes par trois pères de famille, en décembre 1942, interpelle l’inspecteur d’académie sur le sort des élèves institutrices au lycée de Lille.

    « Vous nous permettrez de vous mettre au courant de la situation difficile, au point de vue alimentaire, dans laquelle se trouvent les élèves-maîtresses du département du Nord, obligées par le règlement, de poursuivre leurs études comme internes au lycée Fénelon de Lille. Madame la directrice de ce lycée, ainsi que Madame la surveillante générale de l’internat municipal, font bien tout ce qui est possible dans le but d’alimenter, d’une façon convenable ces enfants, mais les difficultés d’approvisionnement sont telles que, malgré leurs efforts et l’aide apportée par les parents pendant les grandes sorties pour remédier à cette sous-alimentation, il est à craindre pour ces jeunes-filles une déficience physique préjudiciable à leurs études […]. N’est-il pas possible d’autoriser certaines des élèves à poursuivre comme externes leurs études au lycée de Valenciennes54 ».

    22La directrice, en colère, a fait peser les trois élèves. À leur entrée au lycée en octobre 1941, elles pesaient respectivement 40, 40 et 47 kg. En octobre 1942, elles pèsent désormais 55, 46 et 51 kg. Une lettre manuscrite datée du 30 novembre 1942 attire l’attention du recteur sur le sort des normaliennes de Douai. « En effet nos filles en pleine croissance sont très mal nourries. Un plat de légumes pour onze donne à chacune la ration d’un enfant de 6 ans et encore […]. L’hiver va venir, les grands froids et nos enfants n’auront pas la force d’étudier. Nous espérons que cette situation va cesser définitivement car nous sommes fermement décidés à envoyer, s’il le faut, une pétition au ministre afin de faire cesser au plus tôt cet état de choses55 ». Les filles ont faim quand elles se couchent car leur unique souper, fixé à 18h30 est digéré depuis longtemps, le souper étant fixé à cette heure pour que les élèves puissent faire la vaisselle puis éplucher les légumes pour le repas du lendemain. De nombreuses lettres témoignent de ruptures d’engagement ou de congés maladie. Une élève institutrice écrit à l’inspecteur d’académie, le 3 novembre 1944, pour justifier sa longue absence. « J’ai quitté mon poste le 15 mai sans autorisation. À cette date, je me trouvais dans un état de fatigue nerveuse causée par les bombardements. Il me fallait me soigner et surmonter seule de grosses difficultés matérielles56 ». Elle n’a plus de communication avec ses parents et sa bourse de 1550 francs s’avère insuffisante. Elle est donc repartie dans sa famille en Haute-Vienne.

    23« Face aux très fortes tensions des hivers 1940-1941 et 1941-1942, de nombreuses municipalités, pour éviter les catastrophes sanitaires, ont mis en place des systèmes d’aide pour les plus démunis. À Lille, dès mai 1940, selon le chanoine Léon Detrez57, est créé un Comité pour la sécurité du ravitaillement qui se transforme le 5 juin 1940 en un Comité local de ravitaillement58. Il a pour mission de « combattre les prix excessifs des denrées indispensables, de freiner, d’enrayer les abus, de rationaliser la vie économique et de rationner, suivant des règles nouvelles, la part de chacun59 ». Les membres du Comité parcourent les campagnes pour trouver du blé et multiplient les accords. Le Comité veille à la répartition des quantités livrées entre les commerçants, à la qualité des produits et fait surveiller les prix. Au seuil de l’année 1941, la structure est réorganisée avec la naissance de la Régie municipale d’approvisionnement dont les statuts sont définis lors de la réunion du Conseil municipal du 30 décembre 1940. Les procès-verbaux des réunions du Conseil d’exploitation du comité de ravitaillement puis de la Régie municipale sont conservés aux Archives municipales et permettent de suivre l’essentiel60.

    24Peu à peu, diverses œuvres voient le jour comme celle des cantines scolaires ou celles des soupes et restaurants populaires61. Un rapport du 24 avril 1941 détaille les activités organisées pour la distribution des soupes à 1 F 25 du 1er janvier au 15 avril 1941. Le nombre des soupes servies passe de 97.018 en janvier à 98.719 en février puis à 118.990 en mars. En une journée, le 31 mars, c’est désormais 3.947 soupes qui sont servies62. Le maire écrit au préfet, le 23 juin 1941 : « J’ai appelé au cours de ces dernières semaines votre attention à différentes reprises sur la situation tragique dans certains milieux, par suite d’une part de la disparition totale des pommes de terre, d’autre part, de l’insuffisance de la ration de pain, enfin de l’impossibilité où se trouvent nombre de familles de se procurer des légumes secs ou frais indispensables au maintien d’un minimum d’alimentation ». Il propose alors d’ouvrir à côté des soupes populaires, un service de préparation de « ratas », à tarif réduit ou gratuit et demande de l’aide au préfet pour obtenir de la nourriture.

    25En octobre 1941, la municipalité met en place un système de restaurants populaires. Les soupes populaires, d’abord initiées par la mairie, ont ensuite été laissées à l’initiative de la charité chrétienne et la municipalité a décidé de créer un réseau de restaurants populaires. Au 17 novembre 1941, trois restaurants fonctionnent. Le coût est de 4 francs pour les secourus et va jusqu’à 8 F 50 pour les moins pauvres. Une lettre du maire de Lille datée du 10 novembre 1941 signale qu’il envisage d’ouvrir lundi prochain, 17 novembre, trois restaurants populaires […], le lundi 24, trois autres centres de distribution […] et le lundi 1er décembre, les trois derniers restaurants populaires63. Un rapport du 15 décembre 1941 note bien que neuf restaurants fonctionnent à Lille. En quatre semaines, du 26 janvier au 21 février 1942, 70.098 repas ont été servis dont 1.059 totalement gratuits et 69.039 payants.

    26On tente aussi de cibler les élèves. Une lettre du maire de Lille et du chanoine Fermeaux (directeur de l’enseignement primaire libre), datée du 22 avril 1941, aux directeurs des écoles de Lille les informe qu’un « envoi de boîtes de comprimés vitaminés est en route pour notre ville. Ces comprimés sont destinés aux enfants de 6 à 15 ans. Chaque boîte contient 500 comprimés. La dose par enfant est de 4 comprimés pour une période de quinze jours, à raison de deux comprimés par semaine, séparés par un intervalle de trois jours64 ». L’instituteur devra assurer la distribution et contrôler l’absorption réelle. L’adjoint au maire de Lille, Oscar Hermez, écrit au recteur Duez le 29 mai 1941 pour tenter de trouver des solutions pour mieux nourrir les étudiants lillois.

    « Mon cher ami, il est une amélioration que nous pourrions très rapidement apporter, celle qui consiste à préparer dans une cuisine populaire à déterminer, un nombre de rations de soupe plus important que celui que nous préparons actuellement, de manière à permettre de transporter dans le local de la rue de Valmy, chaque jour, vers 11 h ou 11 h 30, un nombre de rations égal à l’effectif des étudiants qui prennent leurs repas le midi et le soir65 ».

    27Une lettre de mai 1941 relève que 200 étudiants viennent y prendre le repas du midi66.

    28Dans son Journal de Guerre, Denise Delmas-Decreus, note au 26 juillet 1941 :

    « Nous avons hâte de nous retrouver à la campagne. Nous y voyons un spectacle inconnu les autres années. Dans les champs de pommes de terre, de nombreux ouvriers attendent un sac à la main. Dans l’un des champs ils font la queue ; lorsque leur tour arrive, le fermier remplit leur sac, pèse sur une bascule placée dans le champ ; ensuite le sac est ficelé et fixé sur le cycle. Dans d’autres champs des ouvriers remplissent eux-mêmes leurs sacs. Sur la route nous rencontrons beaucoup de cyclistes un sac de pommes de terre devant eux, un autre à l’arrière. Certains ne roulent pas, un sac étant encore placé sur le cadre67 ».

    29Elle note encore le samedi 9 mai 1942, alors qu’elle est en route vers Lille par le train :

    « Enfin nous arrivons à Lille […] Beaucoup de personnes sont chargées de sacs de pommes de terre, bien que plusieurs soient déjà descendues aux gares précédentes où l’on visite moins souvent les colis, car alors les pommes de terre sont enlevées et leur propriétaire perd ainsi le prix de ses pommes de terre et le prix de son billet. Certains, les « ravitailleurs » font un véritable métier de ces transports de pommes de terre. Ils vont tous les jours ou presque dans la campagne flamande et reviennent avec 20, 30 kilos qu’ils vendent bien cher au marché noir68 ».

    30Face aux exigences du ventre et à la vie difficile, certains élèves sont tentés par l’école buissonnière. De nombreux courriers, dans les papiers du Rectorat, témoignent d’une vie disciplinaire agitée pendant l’occupation, l’absentéisme étant important, les élèves profitant également des imprévus de la vie quotidienne (bombardements, alertes, difficultés de circulation) pour manquer les cours. De nombreux conseils de disciplines sont réunis pour sanctionner des élèves. C’est ainsi qu’à l’école pratique de jeunes filles Valentine Labbé de Lille, huit élèves sont exclues définitivement en février 1942 pour des affaires de vols dans les magasins69. En mars 1942, un groupe d’élèves de Valentine Labbé, de l’Institut Diderot, des lycées Faidherbe et Fénelon est sanctionné, qui passait son temps dans les cinémas et « qui avait réussi, par des faux répétés, à tromper la vigilance des parents et de l’administration70 ». Plusieurs filles du lycée Fénelon sont sanctionnées par le conseil de discipline du 21 avril 1942 pour des vols et des absences injustifiées71. Au lycée Gambetta de Tourcoing, l’absentéisme s’accroît. Si l’on compte 28 absences d’une semaine au moins en 1939-1940, elles sont 110 en 1940-1941, 133 en 1941-1942, 209 en 1942-1943 et 217 en 1943-1944 alors que les absences d’une journée deviennent très nombreuses. La disparition des ouvrages passe de 25 en 1939-1940 à 102 en 1940-1941, 253 en 1941-1942, 257 en 1942-1943 et 302 en 1943-1944 soit au total la disparition de 939 ouvrages du lycée72. La pénurie de papier fait du livre un objet convoité au marché noir. Des verres, des couverts, des assiettes sont dérobés. Les années noires de l’occupation sont bien des années difficiles et la motivation pour les études n’est pas toujours au rendez-vous.

    Échapper au travail forcé pour les Allemands : ruses du quotidien et pratiques illégales du monde éducatif septentrional

    31Face aux exigences allemandes en main-d’œuvre pour les usines et les chantiers dans la France septentrionale, puis pour leurs besoins en Allemagne, les grands élèves, les enseignants mais surtout les étudiants deviennent des cibles qu’il faut tenter de protéger.

    Une pression précoce et constante des autorités allemandes relayées par Vichy

    32Les Allemands sont constamment à la recherche de main-d’œuvre pour faire tourner les usines sur place, travailler sur les chantiers de l’organisation Todt mais aussi pour aller travailler en Allemagne. « Le Nord et le Pas-de-Calais constituent la seule région occupée de l’Europe de l’Ouest à subir de juin 1940 à mai 1941, les rigueurs de la déportation du travail73 ». Dès novembre 1940, des transferts de main-d’œuvre sont opérées vers le Reich, en particulier dans les mines et dans la sidérurgie et, tout au long de l’occupation, la main-d’œuvre des deux départements est une cible pour les Allemands.

    33Le préfet du Nord écrit à l’OFK 670 dès le 3 octobre 1940 pour signaler que « les Allemands se disposent à recruter dans le département du Nord des ouvriers volontaires de la métallurgie et des métaux pour les envoyer en Allemagne ». Or une loi française du 13 septembre 1940 interdit à tout Français de se rendre en territoire étranger « pour s’y livrer, soit pour son compte soit pour le compte d’autrui, à la fabrication de matériel de guerre sans l’autorisation préalable du ministre. En conséquence, chaque volontaire recruté serait dans l’obligation de solliciter une autorisation préalable74 ». Mais les autorités allemandes n’ont cure de ces réserves légales. L’inspecteur du travail de Roubaix écrit au préfet le 21 novembre 1940 pour lui signaler qu’une commission chargée du recrutement d’ouvriers volontaires pour les usines de métaux en Allemagne, a fonctionné « aujourd’hui à Roubaix ». Sur mille ouvriers convoqués, il s’en est présenté 300 à 400 pour 46 retenus75. La pratique est constante tout au long de l’occupation et la force remplace peu à peu le volontariat (rafle de sans papier, déportation de travail pour le non-respect de telle ou telle réglementation, etc.). Les réquisitions sur place, temporaires, sont une constante tout au long de l’occupation. Maurice Bouleau, instituteur à Izel-les Equerchin, écrit à l’inspecteur d’académie du Pas-de-Calais, le 6 juillet 1944 pour lui signaler que le maire de la commune l’a convoqué, lui et Monsieur Chopin, instituteur adjoint, « pour accomplir des travaux de terrassement sur le champ d’aviation de Vitry en Artois ». Ils ont refusé mais le maire a menacé de faire intervenir les Feldgendarmes. Le préfet écrit alors au maire, le 17 juillet 1944 pour lui demander « dans l’intérêt de leur service éducatif, de ne pas faire appel à eux pendant les heures qu’ils consacrent inévitablement à la classe76 ».

    34À partir de 1942, le « négrier de l’Europe », Fritz Sauckel, exige de nombreux travailleurs pour le Reich. La première « action » (juin-décembre 1942) exige 250.000 travailleurs par la relève (50.000 partent) et 200.000 par le Service du travail obligatoire (200.000 partent) ; la seconde « action » (janvier-mars 1943) exige 250.000 travailleurs et les obtient ; la troisième (avril-octobre 1943) exige 200.000 hommes mais n’en obtient que 180.000. La quatrième « action » (janvier-juin 1944) exige 1 million de travailleurs, ramenés 850.000, mais 18347 requis partent ainsi que 22247 volontaires77. Face à ces exigences allemandes, le régime de Vichy croit utile de proposer le système de la relève (22 juin 1942) fondé sur le retour d’un prisonnier pour le départ en Allemagne de trois ouvriers spécialisés, mais qui est cependant un échec, les volontaires étant peu nombreux78. Face à cet échec, Vichy décide, par la loi du 4 septembre 1942 sur l’utilisation et l’orientation de la main d’œuvre, de mettre en place un service de conscription obligatoire de la main d’œuvre pour tous les hommes de 18 à 50 ans et pour les femmes célibataires de 21 à 35 ans (elles sont assurées de rester en France). La contrainte est ensuite durcie et élargie par la loi du 16 février 1943 qui instaure le Service du travail obligatoire (STO). Tous les jeunes hommes des classes 20-21 et 22 doivent être enregistrés, ce qui les rend requérables pour le départ en Allemagne.

    35Dans le même temps, on procède à la chasse aux chômeurs. Tous les hommes de 18 à 50 ans doivent être porteurs d’un certificat de travail79. Les sursis sont progressivement rognés alors que la classe 23 est concernée à partir du 1er septembre 1943.

    36Dans le Nord, un Comité d’action antibolchévique apparaît en février 1942 qui est un temps dynamique à Lille et à Armentières80. Le commissaire de police d’Armentières informe le préfet du Nord, le 4 septembre 1943, que de nombreux tracts ont été jetés sur la voie publique. Ces tracts insistent sur la fourberie et la cruauté des Anglais et des Américains qui acceptent de bombarder d’innocents Français, dénonçant les buts secrets de la guerre menée par les anglo-américains alliés des Soviétiques. Des brochures sont diffusées qui montrent la joie des travailleurs ayant accepté de partir travailler en Allemagne81. Un tract « Europe Réveille-toi ! » relaie un appel du Gauleiter Sauckel à tous les travailleurs et montre qu’avec Hitler la justice sociale triomphe. Un autre tract « Jeunes de France, sachez choisir » propose un dessin très explicite qui décrit, à gauche, des ouvriers sortant heureux d’une vaste usine contrôlée par la force allemande, et de l’autre, à droite, un champ de bataille surveillé d’en haut par Winston Churchill le cigare à la bouche et les mains sur des sacs de dollars et de livres. Des soldats anglo-américains, sans dégaine, passent à côté d’une tombe surmontée d’une croix sur laquelle repose une couronne mortuaire indiquant « Mort pour l’Angleterre ».

    37Un texte d’une page est joint au dessin :

    « Jeunes de France ! […]. Nous voulons que notre pays reprenne sa place au premier rang des grandes nations européennes. Deux voies s’offrent à nous. Travailler pour cette Europe dans laquelle nous voulons nous intégrer ou refuser le travail pour nous joindre aux anglo-américains. Où se trouve l’intérêt de notre patrie ? Retourner vers la décadence, les erreurs et les fautes du passé ? Non ! Quelles garanties les Anglais nous donneraient-ils ? Nous avions donné notre sang pour les protéger et ils nous ont abandonnés dans le malheur. Nous sommes restés neutres et ils nous ont tout pris, notre or, nos colonies, notre honneur et maintenant ils ravagent nos villes et massacrent nos populations. Ils disent nous libérer et, en Afrique du Nord, ils arment les jeunes classes françaises pour épargner leurs troupes ou couvrir peut-être demain une honteuse retraite […]. De l’autre côté, une contribution en main-d’œuvre et rien d’autre ! Les armées allemandes donnent leur sang pour défendre l’Europe et il est juste que nous leur fournissions les armes. Seul le travail peut relever notre pays et effacer ses fautes. Travailler pour la France ou mourir pour l’Angleterre ! Jeunes de France pour votre avenir et celui de la France, sachez choisir ! Si vous voulez une nouvelle renaissance moderne, choisissez bien, choisissez Français82 ».

    38Mais le comité d’action antibolchévique entre rapidement en crise. Le rapport du commissaire principal au directeur des RG à Vichy, le 3 décembre 1943, une année plus tard, montre que son action est « quasi-nulle83 ». Ses chefs ont été victimes de menaces répétées et leurs habitations soumises à des actes de sabotage.

    Le service du travail obligatoire touche le monde éducatif septentrional

    39Dans les départements septentrionaux, la loi sur le STO vient renforcer des pressions déjà anciennes sur la main-d’œuvre, nous l’avons vu, exposant cette fois les étudiants et les grands élèves voire les enseignants débutants au risque de la réquisition et de l’envoi en Allemagne. La loi du 4 septembre 1942 sur l’utilisation et l’orientation de la main d’œuvre met en place un service de conscription obligatoire, mais les étudiants sont encore peu touchés. La contrainte est ensuite durcie par la loi du 16 février 1943 sur le STO. Elle astreint expressément à un service du travail obligatoire de deux ans les jeunes en âge d’effectuer le service militaire. Les jeunes des classes 40, 41 et 42, puis 39/4, 43 et 44 doivent être requis pour le travail en Allemagne après une visite médicale opérée par un médecin français mais accompagnée d’une éventuelle contre-visite allemande. Le recrutement qui était établi sur une base professionnelle est désormais indistinctement démographique. Des exemptions sont prévues dans certains secteurs professionnels (agriculteurs, gendarmes, travailleurs du génie, policiers, mineurs de fond, personnels pénitentiaires, anciens prisonniers de guerre, etc.) mais aussi pour tenir compte de certaines situations sociales alors que sont aussi prévus des sursis pour les étudiants84. Mais les mois passant, les dérogations sont progressivement rognées. Il est probable que 600.000 Français environ ont été contraints à s’expatrier dans le Reich85.

    40Un rapport daté du 5 avril 1943 fait un point sur le déroulement des opérations du STO dans le Nord et dénonce l’arbitraire de l’OFK 670. « L’OFK 670 a continué à opérer pour les questions de main-d’œuvre, sans tenir compte des contingents ni des méthodes fixées en exécution de la loi du 16 février 194386 ». Elle convoque elle-même, exempte elle-même et cherche à satisfaire ses besoins. Pour le Nord et le Pas-de-Calais, 61.969 bulletins de recensement ont été remis à l’Office régional du Travail (21.034 jeunes gens nés en 1920, 20.029 nés en 1921 et 20.906 nés en 1922). Du 1er mars 1943 au 3 avril 1943, 26.921 jeunes gens ont été convoqués dans le Nord et le Pas-de-Calais mais 13.199 se sont présentés devant les bureaux. 6680 ont été exemptés et 6519 ont signé un contrat.

    41Très vite, les rapports locaux montrent un front du refus qui s’organise. Dans les listes utilisées, les agents relèvent de très nombreuses erreurs. Beaucoup de jeunes ne sont plus domiciliés à l’adresse indiquée, sont inconnus (erreurs dans le nom ou le prénom) ou sont embauchés dans les entreprises. L’OFK 670 écrit sa colère au préfet du Nord le 23 février 1943 face au faible résultat des campagnes de recrutement :

    « Il devait être mis à la disposition de l’Organisation du Travail au cours du mois de février 1943, par l’intermédiaire de vos services, 3 600 ouvriers. Effectivement, ont été remis à l’OT 335 ouvriers (le 9 février 1943), 221 ouvriers (le 12 février), 227 (le 19 février). Ce résultat est tout à fait insuffisant. Comme par le passé déjà, la plus grande majorité des ouvriers désignés par l’OT ne se sont pas présentés. De nouveau, les mairies, dont le travail a été fait tout à fait médiocrement, ont signalé de nombreux ouvriers nominativement pour l’OT qui travaillaient déjà dans les services allemands […]. Il avait été convenu que les non-comparus, pour autant qu’ils ne se soient pas présentés avec excuses, devaient être conduits à l’OT par la police française…Rien n’a été fait87 ».

    42Dans l’arrondissement de Lille, au 1er mars 1943, sur 413 ouvriers convoqués, 133 travaillent déjà pour l’Allemagne, en région le plus souvent, 84 sont en fuite et 60 excusés. Dans l’arrondissement de Valenciennes, le 3 mars 1943 sur 285 convoqués, 119 travaillent déjà pour l’Allemagne, 50 se sont faits excuser et 38 sont en « fuite ». Dans l’arrondissement de Cambrai, le 5 mars 1943, sur 285 ouvriers convoqués, 78 sont excusés et 134 signalés sans nouvelle. Le 25 mars 1943, un premier bilan des opérations effectuées entre le 1er et le 24 mars est opéré pour le département du Nord88. Dans la classe 40, 7212 convocations ont été lancées pour 6 171 personnes qui se sont présentées et 1 655 contrats signés. Pour la classe 41, 5 401 convocations ont été lancées, 4 617 personnes se sont présentées et 1 233 contrats signés. Pour la classe 42, on relève 5 419 convoqués, 4 641 présentés et 1251 contrats signés. Le 6 mai 1943, le commissaire des RG de Lille écrit au préfet :

    « J’ai l’honneur de vous faire connaître qu’il a été permis de constater que la population du Nord se dérobait de plus en plus aux obligations du recrutement de la main-d’œuvre tant pour l’Allemagne que pour le compte de l’organisation Todt […]. Les services de l’Inspection du Travail, détachés à la Werbestelle, rue Négrier, ne s’occupent que du recrutement de la main-d’œuvre pour l’Allemagne. De nombreux ouvriers convoqués ne répondent pas à l’invitation […]. Le nombre des défaillants s’accroît sans cesse […]. Le lundi 3 mai sur 602 ouvriers convoqués, 163 se sont présentés et 122 ont été renvoyés pour inaptitude physique89 ».

    43Le commissaire aux renseignements généraux de Valenciennes, le 26 août 1943 informe le préfet du Nord qu’une séance de recrutement a eu lieu le 2 août à la Werbestelle de Valenciennes. Sur 305 jeunes convoqués, seuls 47 se sont présentés. 14 ont été déclarés aptes et ont signé un contrat, 16 ont été jugés inaptes et 17 ont eu un sursis90. Le sous-préfet de Dunkerque écrit au préfet Carles, le 24 juin 1943 que sur 302 jeunes gens convoqués le 21 juin, 19 se sont présentés (93 % d’absents) et que sur les 19,4 étaient inaptes. Les 15 autres ont signé un contrat pour aller travailler en Allemagne91. Le commissaire principal de police de Dunkerque, le 9 septembre 1943 fait un nouveau bilan d’une opération de recrutement ayant eu lieu la veille. 759 convocations avaient été lancées pour 111 présents. 15 ont été déclarés aptes et ont signé un contrat, 13 ont été déclarés inaptes et 83 ont eu un sursis92.

    44La police durcit peu à peu ses pratiques dans la recherche des « jeunes défaillants ». Le préfet du Pas-de-Calais écrit ainsi au préfet de région, le 25 juin 1943 pour lui faire part des résultats de la recherche des réfractaires. « J’ai l’honneur de vous faire connaître qu’il a été procédé dans l’arrondissement d’Arras, les 23 et 24 juin courant, à des opérations de police devant avoir pour effet de rechercher les jeunes gens qui n’avaient pas répondu à une convocation lancée par le service du travail obligatoire pour le 15 juin93 » 58 jeunes gens étaient recherchés ; l’un est déjà parti en Allemagne, 28 travaillent dans les mines, 3 ont été mis en sursis. 19 autres ont été arrêtés et emmenés au bureau allemand d’Arras. Le départ des trains pour l’Allemagne finit d’ailleurs par être redouté par les autorités. Le commissaire central de police de Lille écrit ainsi au préfet le 13 avril 1943 que le train de 17h30 qui amenait 450 ouvriers vers l’Allemagne a connu des incidents. « Au moment du départ, quelques personnes ont entonné l’Internationale et la Marseillaise94 ». L’OFK 670 signale au préfet Carles, le 15 juillet 1943 de graves incidents lors de ces départs : « Ainsi qu’il a été constaté à plusieurs reprises, ces derniers temps, des morceaux de fer, pierre et autres objets sont jetés pendant le trajet des trains par les ouvriers engagés pour l’Allemagne, dans l’intention de blesser les gardiens des ponts et des barrières ».

    45Dans le monde éducatif, les étudiants sont les principales victimes potentielles. Une note d’Achille Bertrand, secrétaire général de l’Instruction publique à M. Roy, inspecteur général, datée du 3 mai 1944 fait le constat suivant : « les étudiants travaillant en Allemagne manifestent une certaine mauvaise humeur contre leur maintien en Allemagne après leur première année de travail. Le gouvernement français avait promis que la première année de STO serait vouée au travail en Allemagne mais que la seconde, également consacrée au STO, serait aménagée de telle façon que les étudiants puissent continuer leurs études. Cette promesse n’a pas été tenue95 ». Un rapport présenté par André Meyer, chargé de mission, au ministre Abel Bonnard, le 12 novembre 1943, donne les résultats de son enquête opérée en Allemagne du 14 septembre au 4 octobre 1943. L’auteur a pu repérer dans ses déplacements environ 1200 étudiants soit un cinquième de l’effectif total envoyé en Allemagne.

    « D’une façon générale, je puis dire que la situation des étudiants français en Allemagne n’est pas brillante. Ils travaillent pour la plupart dans des usines, à des tâches pénibles, le plus souvent onze heures, quelques-uns douze heures par jour […]. Beaucoup se plaignent – et ceci me paraît plus grave – que les promesses faites au départ par le STO n’aient pas été tenues […]. Il est naturellement impossible de songer que ces étudiants puissent, à côté de leur labeur quotidien, poursuivre leurs études sinon dans une faible mesure96 ».

    46Un livret de 23 pages émis par le Comité interministériel à la main d’œuvre et daté du 20 septembre 1943, signé Robert Weinmann (commissaire général à la Main-d’œuvre) et Abel Bonnard (secrétaire d’État à l’Éducation nationale), arrivé dans les bureaux du rectorat de Lille le 30 septembre, précise les règles à respecter pour les étudiants disposant de sursis.

    « Est étudiant celui qui pendant l’année scolaire 1942-1943 a été régulièrement inscrit dans un établissement public ou privé et le prouve par la présentation : soit d’un livret scolaire et universitaire, soit d’un certificat délivré par le chef d’établissement, soit d’une carte d’identité étudiante, et qui, avant le 16 février 1943, n’exerçait aucune autre profession régulière indépendamment des études qu’il poursuivait97 ».

    Classification des étudiants

    Affectation

    Observations

    Inaptes définitifs

    Aucune

    Aptes pour l’Allemagne et ne bénéficiant pas d’un sursis ou d’une exemption

    Allemagne

    Aptes pour l’Allemagne et bénéficiant d’un sursis ou d’une exemption aux titres suivants :

    Emploi actuel

    Ces jeunes ne sont plus considérés comme étudiants mais comme travailleurs appartenant à la profession qu’ils exercent actuellement

    a) Mineurs de fond embauchés avant le 5 juin 1943 (classe 1942) ou avant le 21 juillet 1943 (autres classes)

    b) Membres des armées de terre, de mer ou de l’air, ou des corps civilisés de celles-ci classes 41,40, 39/4 seulement) industries ou organismes suivants : industries des lubrifiants, poudreries, Eaux et Forêts, main-d’œuvre indigène (classes 41,40 et 39/4 seulement)

    Aptes pour l’Allemagne et bénéficiant d’une exemption aux titres suivants

    Diverses

    Ces affectations font l’objet de l’instruction générale n°42/Cab/10 et des règlements particuliers à chacune des catégories ci-après :

    A. Étudiants en médecine, pharmacie et art dentaire

    B. Étudiants immédiatement spécialisés dans une profession technique

    C. Étudiants non spécialisables immédiatement

    a) Alsaciens-Lorrains (toutes classes)

    b) Originaires d’Algérie et des colonies françaises (toutes classes)

    c) Anciens prisonniers de guerre (toutes classes)

    d) Anciens combattants de la LVR guerre (toutes classes)

    e) Ayant effectué plus de 2 ans de service militaire ou de chantier de jeunesse guerre (toutes classes)

    f) Soutiens de famille, fils de tués, de mutilés, d’aveugles de guerre ou prisonniers (classes 41, 40, 39/4 seulement)

    Inaptes temporaires pour l’Allemagne

    Diverse

    Ne sont pas considérés comme étudiants mais comme juifs. Ils sont soumis aux obligations générales imposées aux juifs par le Commissariat interministériel à la main-d’œeuvre

    Juifs

    47Trois règlements différents existent pour les jeunes signalés « aptes pour l’Allemagne et bénéficiant d’une exemption spécifique ». Le règlement A concerne les étudiants en médecine, pharmacie et en art dentaire. Ils sont destinés à rester en France, au service des hôpitaux. Ces étudiants sont prioritairement affectés sur place ou sont utilisés dans les hôpitaux civils et militaires, dans les poudreries nationales, les industries mécaniques de l’État ou le service médical de l’aéronautique. Ils « seront exceptionnellement affectés à une industrie privée après avis du directeur régional de la santé ». Le règlement B concerne les étudiants immédiatement spécialisables dans une profession technique à savoir : diplôme d’ingénieur, diplôme commercial supérieur, licence ès sciences, diplôme de technicien, diplôme d’école nationale professionnelle, brevet industriel et brevet commercial. Existent dans ce groupe deux catégories. Il y a ceux qui sont aptes à remplir les fonctions d’instructeurs ou de professeurs et qui seront affectés en priorité dans les établissements scolaires ou dans les camps de travail et des centres d’encadrement. Les autres étudiants seront affectés en priorité dans l’industrie en respectant leurs compétences. Le règlement C concerne les étudiants non spécialisés techniquement et qui se divisent en trois catégories : Il y a tout d’abord les étudiants qui se destinent à l’enseignement (licence, agrégation, futurs instituteurs etc.). Ils seront affectés prioritairement dans les établissements d’enseignement pour remplacer les titulaires absents. Il y a ensuite les étudiants, ministres du culte catholique ou protestant qui seront affectés selon le vœu des autorités religieuses. Il y a enfin les autres étudiants (facultés de droit, des lettres). « Étant donné le surcroît de travail imposé aux organismes administratifs par l’abondance et la complexité de la législation actuelle, il me semble que les jeunes gens appartenant à ce groupe rendraient d’utiles services à la communauté en étant employés dans l’administration départementale ou communale ».

    Les pratiques illégales de contournement du STO

    48La résistance au départ vers l’Allemagne des élèves avancés, des étudiants et des jeunes enseignants s’organise alors que les nouvelles des requis déjà partis sont loin de correspondre aux promesses de la propagande officielle. Nombre de requis sont logés dans des baraquements, au sein de camps surveillés, travaillent à des tâches difficiles dans les usines métallurgiques et chimiques, le bâtiment ou les transports. Le STO devient une adaptation difficile à l’univers industriel98 pour des hommes qui lui étaient étrangers.

    49Dans l’Éducation nationale et l’Enseignement supérieur, les autorités académiques jouent souvent la montre et ferment les yeux sur de nombreuses pratiques illégales. La circulaire ministérielle du 6 septembre 1943 se fait alors menaçante :

    « Je vous demande de rappeler à tout le personnel d’enseignement et d’administration placé sous vos ordres, les dispositions des lois n° 342 du 11 juin 1943 et n° 478 du 26 août 1943 prévoyant des peines d’emprisonnement ou d’amende pour tout complice des réfractaires au STO. Ce rappel est d’autant plus nécessaire que beaucoup de ces fonctionnaires, s’ils perdent le sentiment de leur devoir, ont l’occasion de favoriser les supercheries par lesquelles certains des jeunes gens requis par le STO se dérobent à celui-ci99 ».

    50Un très important travail administratif de recensement est opéré par les services de la main-d’œuvre qui tentent, par tous les moyens, de constituer des listes fiables de jeunes gens100 mais les données qui sont remontées par les services académiques sont anciennes et imprécises. Les documents montrent l’importance des « listes des étudiants défaillants au STO101 ». Le recteur Duez écrit le 3 février 1944 au préfet du Nord pour lui signaler que des hommes de 18 à 50 ans, habitant Calais, ont été appelés pour se mettre à la disposition de l’organisation Todt, dont 23 élèves ce qui est une « mesure illégale » si l’on se réfère aux textes réglementaires. Le recteur a demandé audience à Monsieur Schmidt de l’OFK qui le recevra le lendemain à 11 heures102 ». Au collège moderne et technique de Calais, le 7 février 1944, 16 garçons nés en 1924 et 1925 ont été requis par les autorités allemandes or, note le recteur, ils ont des examens en cours. Une nouvelle fois le recteur intervient promptement.

    51A contrario, il répond avec lenteur et peu de précision aux demandes ministérielles. Un télégramme du 11 mai 1943 depuis le ministère intime l’ordre au recteur Duez de donner les informations demandées qui doivent être précises : « Veuillez faire enquête nouvelle et immédiate auprès tous étudiants pour donner réponse exacte aux deux questions de mon télégramme 15 avril sur étudiants astreints Service travail obligatoire. Télégraphier réponse à secrétariat général Instruction Publique Paris103 ». Le ministère demande le nombre des étudiants régulièrement inscrits et ayant accompli leur stage dans les chantiers de jeunesse et ceux encore astreints au STO. Le 19 juin 1943, le ministère envoie un autre télégramme qui exige la fourniture des listes d’étudiants de la classe 42 (née en 1922). Le recteur répond que ces listes sont en cours d’élaboration dans les facultés. Le recteur joue aussi sur les procédures légales et les contradictions entre les textes et les circulaires ministérielles. Il écrit ainsi une lettre type à un étudiant concerné par le STO, le 21 juillet 1943 :

    « Le recteur de l’académie de Lille à Monsieur… En exécution de la circulaire n° 442 de Monsieur le Chef du Gouvernement, commissariat général du service du Travail obligatoire, et après accord avec Monsieur le directeur régional et Monsieur le directeur départemental du Service du Travail du département du Nord, j’ai l’honneur de vous informer qu’il y a lieu de considérer comme nulle et non avenue la convocation d’avoir à vous présenter le vendredi 23 juillet 1943 ou le samedi 24 juillet 1943 à la Werbestelle, 63 rue Négrier à Lille […]. Le présent avis n’annule que la convocation précitée et ne peut être valable pour une convocation ultérieure104 ».

    52On devine ici les importantes interventions légalistes du recteur, professeur de droit public, qui a finalement obtenu le report d’un certain nombre de convocations en argumentant sur des vices de forme ou la nécessité pour les étudiants de terminer leurs études, de passer tel ou tel examen. De multiples attestations de poursuite d’études sont signées par les doyens et le recteur. De nombreux certificats de travail dans des entreprises ou les mines sont fournis. Le recteur écrit aux doyens des facultés le 21 juillet 1943 :

    « Hier, 20 juillet, dans l’après-midi, je me suis heurté, alors que j’avais besoin d’un renseignement urgent pour le service du travail obligatoire, à la fermeture pure et simple d’un secrétariat qui avait déjà organisé et mis en pratique une « permanence » de vacances. Une telle situation dans les circonstances actuelles est inadmissible. En conséquence, tant que les opérations du STO intéressant les étudiants des classes 42, 41,40 et 1939-dernier quart, ne seront pas terminées, les secrétariats des facultés devront, tous les jours de la semaine (dimanche excepté) de 9 heures à 12 heures et de 14 heures à 18 heures, être à même de répondre immédiatement aux communications télégraphiques du rectorat, de la préfecture et du STO105 ».

    53Cette « remontée de bretelles » doit permettre de décréter une sorte de mobilisation générale au service des étudiants afin de pouvoir étudier rapidement les situations personnelles. Les tensions avec le directeur régional du Service du travail obligatoire sont permanentes. Une lettre du recteur Duez, le 26 août 1943, met les choses au point, se référant à un entretien qui a eu lieu à la direction départementale du Service du travail obligatoire à Lille, le 20 août 1943, sur les difficultés nées de la procédure locale de réquisition de la main-d’œuvre étudiante106. Le recteur se fait alors très pointilliste, tout en s’affirmant comme le seul chef des étudiants :

    « Il semble dès lors – et dans les limites de la législation actuellement portée à ma connaissance en ce domaine – qu’un certain nombre de points litigieux puissent être dès maintenant résolus : 1. En premier lieu, le principe du respect scrupuleux de la législation française relative aux étudiants devra désormais recevoir une application locale rigoureuse de la part des services de Monsieur le Directeur départemental du STO de Lille. Il appartiendra à l’avenir à cet organisme dont les errements regrettables ont eu jusqu’ici pour effet immédiat de léser les intérêts d’un certain nombre de nos étudiants et de leur faire perdre momentanément le bénéficie des mesures négociées à leur égard à l’échelon national, de s’en tenir strictement aux prestations imposées par les règlements français en la matière. […] Je serais reconnaissant à Monsieur le Directeur départemental du STO de vouloir bien en ce domaine me saisir immédiatement de toute exigence locale allemande qu’il conviendrait d’étayer de justifications écrites et non verbales et dont le contenu s’avérerait en contradiction avec la législation française afférente […]. 2. Dans cet esprit, […], je vous signalais déjà la situation particulière faite aux étudiants de mon académie possesseurs d’un ou plusieurs certificats d’études supérieures de physique et de chimie de la classe 42 […]. À la lecture des circulaires C 442, C 447 confirmées par la circulaire n° 14 M/10 du 13 août 1943 de Monsieur le chef du Gouvernement, commissariat général du service du Travail obligatoire, et suivant l’avis des autorités allemandes consultées, j’ai arrêté diverses mesures à l’effet d’obtenir à l’égard des étudiants de la catégorie susvisée ayant déjà signé leur contrat de travail pour l’Allemagne, l’examen de leur cas par les autorités supérieures compétentes et leur éventuelle mutation sur des emplois conformes à ceux précisés en leur faveur, affectations auxquelles ils pouvaient légalement prétendre et dont ils se sont vus frustrés par suite de leur convocation prématurée et illégale par les services français locaux d’une part et leur loyalisme à y répondre d’autre part107 ».

    54Le 20 septembre 1943 le recteur écrit au préfet Carles au sujet du personnel enseignant astreint au STO et qui est déclaré inapte, afin de pouvoir les réaffecter dans l’enseignement.

    « J’ai l’honneur de soumettre à votre bienveillant examen le cas des personnels de mon académie soumis au STO et reconnus inaptes pour l’Allemagne à la suite de la visite médicale par eux subie auprès des autorités d’occupation. À raison de leur inaptitude pour le départ à l’étranger, et étant donné l’intérêt tout particulier des fonctions civiles d’enseignement, par eux remplies, et la spécialisation très poussée qu’elles nécessitent, d’une part, l’extrême pénurie de personnel enseignant qui tend constamment à s’accroître dans mon ressort académique par suite des prélèvements opérés au titre du STO, d’autre part, je souhaiterais vivement voir ces jeunes gens remis à ma disposition pour la prochaine rentrée scolaire108 ».

    55Le recteur procède avec méthode et tient d’abord à conserver les jeunes enseignants astreints au STO mais déclarés inaptes lors de la visite médicale. Il tente ensuite de ralentir au maximum les autres départs, se référant en permanence aux textes règlementaires. Le préfet Carles semble complice et note dans son rapport du 5 avril 1943 que « la plupart des chefs d’établissement et des inspecteurs signalent les grandes difficultés que nous aurons à remplacer les assujettis au service obligatoire du travail. Il serait souhaitable que des sursis fussent largement accordés jusqu’à la fin de cette année scolaire109 ».

    56Le 25 septembre 1943, le recteur Duez écrit de nouveau aux étudiants :

    « Les services des secrétariats des facultés de mon Université viennent de vous transmettre une convocation, émanant du service du travail obligatoire, vous affectant à partir d’une certaine date, la Werberstelle de Lille, 63 rue Négrier. Ces convocations ont été établies par le STO sur le vu d’une liste portant recensement général des étudiants régulièrement inscrits et immatriculés dans une faculté, abstraction faite de toute consultation par le service convoquant de votre fiche individuelle particulière en sa possession. Si nombre des appelés s’avèrent « étudiants libres » et n’ont d’autres obligations que de se mettre dans les délais voulus à la disposition de la Nation, il n’en reste pas moins que certains d’entre vous remplissent – en sus de leurs études universitaires et de la qualité d’étudiant qui s’y affère – des obligations professionnelles diverses parfois indispensables aux besoins du pays, et n’auraient dû de ce fait être légalement l’objet d’aucune mutation actuelle. De même certaines situations particulières militaires ou familiales exemptent momentanément les jeunes gens des classes 1941, 1940 et 1939 soumis au STO d’un ordre de départ immédiat […]. Il appartiendra donc à tout requis ayant des titres à ce faire de se présenter, dès réception de la présente note et muni de sa convocation de départ, à la Direction départementale du Commissariat général interministériel à la Main-d’œuvre sis, 17, rue Masurel à Lille, qui réservera un bienveillant accueil à toute demande d’examen de situation et de régularisation de fait110 ».

    57Un papier manuscrit daté d’octobre 1943 relève 302 étudiants astreints au STO en droit, 322 en médecine-pharmacie, 138 en Sciences, 144 en lettres. Selon ce document, approximativement 20 étudiants seraient partis en Allemagne en droit pour 80 en médecine-pharmacie, 70 en lettres et 70 en sciences.

    58Lorsque que les sursis deviennent plus durs à obtenir, les chefs d’institutions, en lien avec le recteur, adoptent une stratégie qui s’avère assez payante. Tout au long de la guerre, Paul Duez tient, sur de petites feuilles, des comptes très précis de l’état de son personnel enseignant, nommant en délégation rectorale de très nombreux jeunes gens dans les fonctions de maître d’internat, d’enseignant auxiliaire dans les établissements. Il nomme aussi beaucoup de jeunes comme moniteurs d’éducation générale et sportive (EGS). Une circulaire du ministre au recteur, le 23 novembre 1943, tente de réglementer les prélèvements de main d’œuvre sur les fonctionnaires de l’Éducation nationale111. Le recteur Duez gagne du temps et répond le 6 décembre 1943 : « J’ai l’honneur d’accuser réception de votre circulaire n° 43/66 du 23 novembre dernier qui m’est parvenue le 4 décembre, relative au recensement des fonctionnaires pour les services de la main-d’œuvre. Le modèle du tableau accompagnant la circulaire est assez mal imprimé, en particulier la première colonne est coupée et ne porte que des indications incomplètes112 ». Le recteur demande donc des précisions sur les passages illisibles. Le recteur écrit au directeur régional du conseil général interministériel à la main-d’œuvre, le 4 janvier 1944 : « j’ai l’honneur de vous transmettre ci-joint la liste des membres du personnel enseignant de l’enseignement secondaire du département du Nord soumis au service du travail obligatoire et dont je sollicite le maintien à la disposition de mon administration », une longue liste de plus de 150 noms étant jointe.

    59De grands tableaux du personnel de chaque établissement sont composés pour préciser la situation face au STO, comme ceux composés à la date du 24 décembre 1943 et qui concernent les jeunes gens nés entre le 1er octobre 1919 et le 31 décembre 1922113. Ils confirment la stratégie de maintien sur place mais aussi l’existence de départs vers l’Allemagne qui ne peuvent être évités. Au collège moderne et technique de Bruay-en-Artois, le recteur indique cinq personnes soumises au STO mais employés au collège, deux partis en Allemagne, deux employés en France (« aux mines de Bruay ») et un reconnu « inapte ». Au collège technique de Boulogne-sur-Mer, le recteur relève six jeunes soumis au STO et employés sur place, aucun départ pour l’Allemagne et trois affectés en France. « En raison de l’insuffisance du personnel et de l’impossibilité actuelle de les remplacer, la présence de ces six fonctionnaires est indispensable pour assurer la bonne marche de l’établissement » relève le chef d’établissement. Au lycée de Saint-Omer, six jeunes collègues sont déclarés « à maintenir nécessairement sur place » alors qu’un autre a été muté en France. Le proviseur argumente de la même manière : « maintien indispensable de tout ce personnel au lycée de Saint-Omer ». Au collège de Calais, sur les huit soumis au STO, cinq sont employés sur place, un est parti en Allemagne, un autre a été muté en France et un dernier a été jugé inapte. Pour chaque établissement, le recteur Duez tient une comptabilité très précise qui confirme le combat permanent pour maintenir sur place les jeunes collègues. Les tensions sont très vives à la fin de l’année 1943 et en janvier-juin 1944. Une lettre du recteur au directeur régional à la main d’œuvre, le 27 avril 1944, donne une idée des oppositions :

    « En vous accusant réception de votre lettre du 21 avril 1944 relative aux placements de fonctionnaires, j’ai l’honneur de vous informer que les impositions par vous citées ne cadrent pas avec les prélèvements prévus et édictés en la matière par Monsieur le ministre, secrétaire d’État à l’Éducation nationale pour mon administration. Ces prélèvements devaient s’effectuer sur la base suivante :

    Nord

    Pas-de-Calais

    Enseignement primaire

    85

    66

    Enseignement secondaire

    14

    06

    Enseignement technique

    10

    00

    Enseignement supérieur

    02

    00

    Total

    111

    72

    60Je transmets donc ce jour votre lettre précitée à Monsieur le Ministre, secrétaire d’État à l’Éducation nationale en sollicitant de nouvelles instructions. Par ailleurs, je crois devoir vous rappeler que par décision en date du 21 mars 1944 de Monsieur le Ministre, le fonctionnaire départemental de l’Éducation nationale chargé de communiquer les noms des fonctionnaires et employés astreints au départ, est dans chaque département, et pour tous les départements, l’inspecteur d’académie114 ».

    61Les conflits portent autant sur le nombre de départs exigés que sur le respect des prérogatives de chacun, le recteur jouant des désaccords entre les différents services de l’État.

    62Il s’agit aussi de déclarer comme embauchés dans les mines ou l’industrie, un certain nombre d’étudiants pour leur éviter le départ. Le doyen Pierre Pruvost dans son rapport général sur l’année 1943-1944 à l’Université de Lille, relève :

    « Notre jeunesse universitaire fit front au recrutement pour le travail forcé en Allemagne qui atteignait plus d’un tiers de notre effectif masculin. Alors qu’en 1942-1943, quelques dizaines d’étudiants furent déportés et le sont hélas encore à l’heure actuelle, victimes qu’ils furent d’un effet de surprise […], en 1943-1944, la presque totalité à notre connaissance (à part quelques unités saisies par des rafles), préféra faire le sacrifice de s’embaucher dans le dur labeur au fond de la mine ou d’autres industries régionales plutôt que de tomber aux mains de l’ennemi. D’autres,
    totalement réfractaires, disparurent de nos registres d’immatriculation115 ».

    63L’Université a souvent gardé le contact avec eux et des exercices scolaires spéciaux ont été mis en place. Le doyen Pruvost, dans son rapport sur la seule faculté des sciences, compte 964 étudiants et non 930 car il tient à y placer les 34 étudiants « qui avaient été déportés en Allemagne en 1943 et n’ont pas encore recouvré leur liberté116 ». Pour cette année 1943-1944, il relève :

    « Un certain nombre de jeunes gens réfractaires au service du travail obligatoire ont suivi sous la responsabilité du doyen et de leurs professeurs, les exercices scolaires sans être inscrits sur nos registres et subi clandestinement les examens […]. Dans le nombre de 930 étudiants officiellement inscrits, 719 étaient du sexe masculin et 32 % d’entre eux touchés par la réquisition du service obligatoire du travail. Tous ont pu échapper à la déportation, la plupart en s’engageant pour le travail au fond de la mine. Grâce à l’esprit d’entraide patriotique des ingénieurs du bassin houiller ou des chefs des établissements industriels de la région qui les avaient embauchés, des facilités ont été accordées à l’immense majorité d’entre eux pour qu’ils viennent suivre à la faculté une fois par semaine des exercices scolaires particuliers117 ».
    « Les forces résistantes s’adressent à la jeunesse et aux administrations. Le commissaire central de Tourcoing écrit aussi au préfet du Nord, le 19 juillet 1943 pour lui signaler « qu’au cours de la nuit dernière, vers 1h30 du matin, des patrouilles de police ont découvert dans les rues d’Halluin, des tracts intitulés » Jeunes du Nord118. Le tract dactylographié de deux pages, signé Le Comité de coordination des Forces de résistance de la Région du Nord, dénonce « l’ignoble Laval » qui a vendu les jeunes à L’Allemagne. « Demain vous recevrez l’ordre de quitter la France pour aller travailler dans les bagnes nazis au profit de l’ennemi. Vous ne pouvez-vous faire les complices des traitres de Vichy. Ne partez pas119 ». Les maires, les gendarmes doivent aider par leur silence complice. « Fonctionnaires, sabotez votre travail. Soyez lents à fournir les listes. Faites volontairement des erreurs dans les noms, dans les adresses ». Le directeur régional à la main-d’œuvre signale au préfet, le 19 juillet 1944 que la direction départementale à la main-d’œuvre, à Lille, a été l’objet d’un attentat terroriste le 18 juillet courant vers 19h30. Quatre individus, après avoir sonné à la porte de l’immeuble, 85 rue royale, se sont introduits de force ». Ils ont ligoté les concierges puis fait entrer une vingtaine d’individus qui ont déposé des bombes incendiaires dans les salles du rez-de-chaussée contenant les fiches de recensement des entreprises et dans la salle du premier étage contenant les fiches de recensement des classes 1939/4, 1940, 1941, 1942 et « le fichier spécial étudiants120. Ils ont déclenché un feu violent qui a totalement détruit les fichiers. Une note du 18 mai 1944 signale » qu’un vol important a été commis dans la matinée du 18 mai 1944, dans les services du Bureau français du Travail à Arras. Les listes récemment établies concernant les jeunes gens des jeunes classes à convoquer pour le travail en Allemagne où dans les usines ont été dérobées121 ».

    64Lors de la manifestation de sympathie, qui est organisée le 14 mars 1947 en l’honneur du recteur Duez122, le doyen Combemale (médecine), déclare ainsi : « Quand les ordres se firent impératifs et précis, votre lente précipitation à les étudier, l’imprécision de vos réponses, l’inertie mise à les appliquer contrastaient avec votre activité organisationnelle habituelle. Tous comprenions clairement que vous résistiez ». Le président de l’Union des étudiants de l’État de Lille (M. Copin), lors des obsèques de Paul Duez, déclare : « Il ne ménagea pas ses efforts pour épargner à un nombre considérable d’étudiants la réquisition pour le service du travail obligatoire en Allemagne. Il n’hésita pas à engager sa responsabilité pour dissimuler la présence en France de nombreux jeunes gens susceptibles d’être expatriés, ni à multiplier les démarches et à s’exposer lui-même à des ennuis très graves pour faire libérer certains des nôtres n’ayant pu échapper à des arrestations123 ».

    Pratiques illégales chez les acteurs éducatifs au quotidien

    65En dehors des risques majeurs liés aux réquisitions de main-d’œuvre et de départ en Allemagne, les acteurs éducatifs septentrionaux pratiquent aussi, pour beaucoup, une forme de fronde intellectuelle qui les fait appliquer le moins possible les ordres venus de Vichy et les consignes allemandes lorsque ces comportements frondeurs de leur font pas prendre trop de risques directs. Plusieurs pratiques illégales peuvent être repérées.

    Légalisme de façade, lenteur d’application et fronde intellectuelle

    66Dans son Journal de guerre, l’institutrice Denise Delmas Decreus décrit surtout la vie quotidienne des années noires, la vie chère, les bombardements et l’énergie mise à protéger sa famille, ne donnant finalement que peu de place à la description de la vie pédagogique. En janvier 1942, elle reprend son récit, stoppé depuis plus d’un trimestre, et revient sur la période d’octobre-décembre 1941, cette fois pour parler de l’école :

    « Le vendredi 3 octobre 1941 il nous fallut reprendre le chemin d’Hazebrouck, pour la rentrée. À l’école, l’action du gouvernement de Vichy augmentait aussi. Nous avions cru d’abord que l’on nous demanderait de prêter serment de fidélité au Maréchal Pétain, mais heureusement cela ne se fit pas. Mais dès les premiers jours, nous reçûmes des portraits du Maréchal à installer dans toutes les salles de classe, un appel du Maréchal à la Jeunesse, etc. Une collecte fut organisée pour le « Secours National ». L’argent obtenu devait secourir les prisonniers, cela était très bien, mais ce qui l’était moins c’est que l’établissement scolaire qui recueillait 500 francs obtenait une photo du Maréchal (une de plus !) ; pour 1 500 francs une autre. Il fallut vendre aussi quelques semaines plus tard des vignettes (à l’effigie du Maréchal) pour le Secours National ; puis en décembre les élèves furent obligés d’écrire au Maréchal, pour lui dire qu’ils avaient entendu son appel. Texte du devoir (lundi 15 décembre 1941) : « Vous écrivez au Maréchal pour lui dire que vous avez entendu son appel et que vous avez fait tous vos efforts (précisez lesquels) pour qu’il soit content de vous. Dites-lui en toute sincérité, les résultats auxquels vous pensez être parvenu et qu’il peut, pour l’avenir, compter sur votre loyauté ». Lorsque je donnais le texte du devoir ce fut une protestation générale, comme dans presque toutes les classes d’ailleurs. Enfin il fallut s’exécuter et choisir un devoir parmi ceux de chaque classe. Beaucoup de devoirs n’auraient pu être envoyés, certains déclarant que le Maréchal ne pouvait exiger des autres la loyauté, puisqu’il ne possédait pas cette qualité lui-même etc. [… ]. On nous demanda aussi de réunir tous les enfants des écoles sans distinction le 28 décembre pour l’« Arbre de Noël du Maréchal ». Des coquilles et du chocolat leur seraient distribués124 ».

    67Cet appesantissement du rôle de Vichy, pour la rentrée d’octobre 1941, correspond aussi au moment où l’isolement des deux départements rattachés au Commandement allemand de Bruxelles commence à se fissurer alors que l’effort allemand se porte aussi désormais sur le front de l’Est. Dans beaucoup de classes, enseignants et enseignantes semblent vouloir atténuer au maximum les velléités de réforme décidées par le régime de Vichy qui s’en prend à l’école républicaine dans sa volonté d’affirmer sa Révolution nationale125, nous l’avons exposé en détail dans un autre colloque126. Les mesures d’épuration du corps enseignant choquent la plupart des acteurs éducatifs. La loi du 17 juillet 1940 permet de révoquer, dans les trois mois, tout fonctionnaire paraissant être « un élément de désordre, un politicien invétéré » ou ceux qui « ne sont plus capables d’un service professionnel suffisant en raison de leur état de santé, de leur affaiblissement intellectuel ou de leur absence totale d’énergie ». Dès le 13 août 1940, une loi porte dissolution des loges maçonniques et interdit les sociétés secrètes. Obligation est faite à tous les membres de la Fonction publique de signer une déclaration de non-appartenance à ces organisations dissoutes. Les communistes sont aussi constamment persécutés par Vichy qui renforce les mesures prises par le gouvernement Daladier. La loi du 22 juillet 1940 décide la révision de toutes les naturalisations intervenues depuis la loi de 1927 et ceux qui perdent la nationalité française sont chassés de la Fonction publique. Le premier statut des juifs (30 octobre 1940) puis le second, plus discriminatoire encore (2 juin 1941), accélère l’exclusion des juifs de la sphère politico-administrative et du domaine de l’esprit127. L’ensemble de ces mesures heurte les consciences républicaines alors que les réformes purement scolaires (fermeture des écoles normales, changements de programmes, etc.), le soutien gouvernemental appuyé à l’école privée et les attaques contre la laïcité alimentent, chez beaucoup d’enseignants, un net sentiment de rejet de la politique du régime.

    68Dès lors, les signes de fronde sont nombreux. Une lettre du directeur de cabinet du secrétaire d’État à l’Éducation nationale, adressée le 29 septembre 1942 au préfet du Nord, demande une enquête sur l’état d’esprit de la faculté des lettres : « On nous signale de tous côtés, le mauvais esprit qui règne à la faculté des lettres de Lille où le portrait du Maréchal n’aurait été exposé qu’à regret et dans un coin perdu. Le doyen de la faculté serait plus anglais de cœur que français et exercerait une mauvaise influence. Il n’est pas jusqu’à la secrétaire de la faculté, une institutrice […] qui ne tiendrait des propos contre le gouvernement128 ». Le recteur Duez s’empresse de minimiser l’affaire. Le préfet à son tour rend compte au ministère le 11 octobre129 : la secrétaire n’est pas une institutrice mais une commis de secrétariat qui a gardé de la Première Guerre mondiale de très mauvais souvenirs ; elle est très nerveuse et d’un naturel bavard. Le doyen Audra lui a donné un blâme et les choses vont mieux. Le portrait du maréchal est exposé dans la salle de réunion des professeurs au premier étage et le doyen a dans son bureau une médaille du Maréchal achetée par la faculté. Le doyen Audra, titulaire de la chaire de littérature et de civilisation anglaises, a été pendant onze ans le directeur de l’Institut français de Londres ; il est compréhensible qu’il aime l’Angleterre mais je ne pense pas qu’on puisse l’accuser d’exercer une mauvaise influence. La sanction contre le doyen n’est cependant que différée car le ministre Abel Bonnard prend le prétexte d’un texte latin jugé trop difficile au baccalauréat pour le blâmer le 24 juin 1943.

    « De nombreuses plaintes m’ont été adressées au sujet d’un passage de Quintilien qui a été donné en version latine à certains candidats du baccalauréat de l’académie de Lille […] Ce texte est si hérissé de difficultés qu’on ne saurait concevoir comment il a pu être choisi […]. Je vous adresse un blâme pour ne pas vous être acquitté avec assez de scrupule d’une fonction qui, délicate en tout temps, l’est plus encore dans les circonstances actuelles…J’avais écrit une circulaire où je recommandais et définissais l’esprit d’indulgence qui doit cette année régner dans les divers examens. Il semble que vous n’ayez pas connu cette circulaire ou que vous ayez cru bon de ne pas en tenir compte130 ».

    69Quelques jours auparavant, la faculté des Lettres avait d’ailleurs fait parler d’elle. Un incident s’était produit devant le bâtiment, rue Angellier, entre des candidats au baccalauréat et une patrouille allemande. Le 18 juin, vers 7 h 30, de nombreux jeunes gens (540 selon le commissaire de police) s’étaient massés devant les portes de la faculté, en attendant leur ouverture. C’est alors qu’une patrouille « d’une cinquantaine de soldats allemands, marchand en rang et venant de la place de la République » arrive devant le bâtiment. Le commandant du détachement crie divers ordres mais les élèves restent sur place. Les soldats prennent alors leur fusil par le canon et frappent dans le tas, poursuivant les fuyards jusque dans les bâtiments. Le commissaire de police ne relève le 18 juin que six blessés131 mais un rapport complémentaire du 20 juin en signale trente-six.

    70Un rapport du préfet Carles, daté du 2 janvier 1942, ne se fait guère d’illusions sur l’état d’esprit des enseignants du Nord.

    « L’attitude des professeurs de l’enseignement secondaire est correcte. Il ne faut pas cependant en conclure que leur adhésion soit absolument générale à l’égard de la politique suivie par le gouvernement. Il est certain que le corps professoral demeure dans l’expectative. Le témoignage le plus frappant de cet état d’esprit m’est apparu au cours de l’enquête à laquelle j’ai fait procéder sur le nombre des portraits du Maréchal existant dans les établissements scolaires secondaires. Il n’y a plus d’établissement secondaire où le portrait du Maréchal n’existe pas, mais nulle-part, sauf quelques exceptions, il n’a été procédé à l’apposition du portrait dans les classes avec l’enthousiasme ou tout du moins la bonne volonté qui eussent convenu132 ».

    71Le préfet du Pas-de-Calais pour janvier 1942 relève lui aussi que :

    «≈L’attitude de l’ensemble du personnel enseignant, public et privé, ne donne lieu à aucune critique précise de manière à motiver des sanctions individuelles. Cependant, dans l’ensemble, le personnel des instituteurs publics ne paraît pas manifester à l’égard des principes civiques et politiques nouveaux l’enthousiasme qui donnerait à son enseignement une force persuasive auprès des enfants. Cette absence de flamme éducative tient sans doute pour une marge part au fait que les instituteurs redoutent que la Rénovation nationale, au point de vue éducatif, porte atteinte à l’esprit de laïcité dont ils restent fortement imprégnés. Cette tendance et cette crainte se sont précisées depuis les mesures annoncées pour l’aide financière à l’enseignement privé133 ».

    72Les demandes d’enquête et de fichage des personnels sont multiples et la réponse des autorités est le plus souvent lacunaire. Le recteur Duez écrit au ministre le 19 août 1941 :

    « Conformément aux prescriptions de votre instruction du 16 juillet, j’ai procédé, de concert avec Messieurs les doyens des facultés, à l’enquête ordonnée. Il résulte de cette enquête qu’il n’existe, ni dans les bureaux de l’académie, ni aux facultés de droit, des sciences et des lettres aucune trace d’organisation de propagande ou même d’opinions communistes qu’il s’agisse du personnel d’enseignement, du personnel auxiliaire ou du personnel de service. L’enquête conduite à la faculté de médecine a abouti au même résultat négatif. Toutefois deux agents pouvaient être considérés comme douteux, en raison de leur attitude passée ; ils demeurent soumis à une surveillance étroite. Je ne manquerai pas de vous signaler le cas échéant, tout comportement de leur part qui dénoterait un état d’esprit persistant et non équivoque d’attachement aux doctrines et aux méthodes communistes134 ».

    73On retrouve le même positionnement rectoral dans l’application de la loi antimaçonnique du 13 août 1940. L’administration est bien obligée d’appliquer les textes et d’exclure de l’Éducation nationale les enseignants qui ne signent pas la déclaration de non-appartenance aux « organisations dissoutes ». Mais le recteur, s’il est obligé de procéder aux exclusions demandées, tente dès que possible d’obtenir des dérogations, argumentant sur les services rendus à l’Éducation nationale et sur le besoin impérieux d’enseignants. Il gagne aussi du temps en exigeant des vérifications. Une lettre du secrétaire d’État à l’Éducation nationale au recteur Duez, le 6 mars 1942 relève : « en réponse à votre lettre du 2 mars 1942, j’ai l’honneur de vous informer que les fonctionnaires dont les noms paraissent au Journal officiel dans la liste des dignitaires de la franc-maçonnerie doivent être immédiatement suspendus de leurs fonctions sans attendre qu’ils aient reçu notification de l’arrêté les déclarant démissionnaire d’office135 ». Le recteur Duez, depuis quelques mois, s’ingénie à gagner du temps. Une lettre du recteur, le 2 mars 1942, demandait des éclaircissements sur le fait de savoir si la parution au Journal officiel enclenchait immédiatement la suspension. Jusqu’à ce jour, je n’ai pris aucune initiative de suspension et j’ai attendu l’arrêté, Monsieur le secrétaire d’État, pour relever les dignitaires de la franc-maçonnerie136 ».

    74Le directeur de l’Enseignement secondaire, Pierre Chenevier, écrit au recteur Duez le 9 juillet 1943 pour le sermonner : « Monsieur le Recteur de l’académie de Lille […]. Un certain nombre de fonctionnaires n’ayant pas fourni, à ce jour, les déclarations visées par la loi du 13 août 1940 sur les sociétés secrètes, j’attacherais la plus grande importance à ce que vous fassiez parvenir dans les plus brefs délais, les déclarations des fonctionnaires susvisés ressortissant de votre académie et dont vous trouverez la liste ci-jointe137 ». Le ministère joint au courrier une liste de 43 noms. Le recteur insiste dans sa réponse sur l’importance des mutations, des évacuations, sur de nombreuses erreurs de prénoms dans les listes fournies mais aussi sur le fait que beaucoup sont des « inconnus » ou sont prisonniers de guerre. Le 14 octobre 1943, le secrétaire général à l’Instruction publique écrit de nouveau au recteur Duez : Les renseignements demandés par ma circulaire dont la référence est ci-dessus, devaient m’être envoyés pour le 20 juillet 1943. Un certain nombre de fiches de renseignements ne me sont toutefois par encore parvenues à la date de ce jour. D’autres sont incomplètes138 ».

    Pratiques illégales : les nouvelles du large. radio et journaux clandestins

    75Pendant l’occupation, nombre d’enseignants mais aussi d’étudiants et d’élèves demeurent, malgré les interdits de l’occupant et du régime de Vichy, à l’écoute des nouvelles venant de l’extérieur, tout en étant très critiques sur celles diffusées par les canaux officiels. Des pratiques illégales de lecture de la presse clandestine et des tracs résistants et alliés, tout comme l’écoute de la radio, en particulier la BBC, sont attestées dans de nombreux documents. Dans le Journal de guerre de Denise Delmas Decreus, l’écoute familiale de la radio est attestée. Elle vit avec son mari Gaston, qui est professeur d’allemand au collège de Dunkerque (avant la guerre) puis au collège d’Armentières et d’Hazebrouck pendant l’occupation, et leurs deux filles. Denise Delmas découpe de nombreux articles de presse et prend des notes sur tout ce qui peut servir de support : feuilles volantes, publicités, brouillons. La radio est fortement présente et, le jeudi 22 août 1940, Denise relève que « pour la première fois, nous entendons à la radio de Londres le général de Gaulle », ce nom étant écrit dans une autre encre, signe que le passage a été rajoutée ensuite pour des raisons de sécurité, le brouillon notant « général de Goll139 ».

    « Avant que les postes soient ramassés, 99 personnes sur 100 écoutaient Londres. Quand on parlait d’une nouvelle donnée par Londres, tout le monde la connaissait ; par contre, si c’était une nouvelle donnée par Radio-Paris, personne ne l’avait entendue. En mars, les Allemands ramassèrent tous les postes de TSF dans l’arrondissement de Dunkerque comme d’ailleurs dans toute la zone côtière. Quelques personnes qui possédaient un vieux poste le donnèrent et conservèrent leur bon poste. D’autres achetèrent un poste d’occasion pour le remettre. Certains n’en donnèrent pas du tout. Mais on sut un peu moins bien les nouvelles140 ».

    76Bailleul, le père de Denise porte à la mairie son vieux poste qui ne fonctionne plus mais il conserve celui apporté par sa fille dans son déménagement depuis Dunkerque.

    « Mais pour que les enfants ne le voient pas, il était en haut toute la journée. On ne le descendait que le soir pour l’émission de neuf heures et quart. Aussi Marguerite et Paule devaient-elles être couchées à neuf heures, neuf heures dix au plus tard. Le matin Papa était bien souvent levé à six heures et demie pour écouter le premier communiqué de la B.B.C., puis à sept heures il écoutait Alger, je crois ; à sept heures et demie, deuxième communiqué de la B.B.C. ; enfin à huit heures Moscou. Le poste avait réintégré sa cachette avant que les enfants fussent levées (14septembre 1944)141 ».

    77Le dimanche 20 juillet 1941, Denise Delmas mentionne que « la radio française a demandé de tracer des « V ». Les V dessinés sur des petits papiers mais le plus souvent dessinés à la craie sur les murs se multiplient. On perçoit ici toute la vigueur de cette guerre des ondes142 pendant la Seconde Guerre mondiale. Cet usage clandestin de la presse et de la radio semble largement partagé par le monde enseignant mais aussi par beaucoup d’étudiants et de grands élèves. Cela débouche sur des actions illégales bien souvent. Une véritable guerre des inscriptions met aux prises les Allemands, la police française et la jeunesse pendant ces années noires. Les affiches allemandes ou vichystes sont lacérées ; les murs se couvrent de slogans à la craie blanche ou de petits papillons. Rue Gambetta, à Lille, on peut ainsi lire plusieurs fois, en décembre 1940, ces phrases : « un Allemand, c’est un cochon, né en Allemagne, engraissé en France, salé dans la Manche et découpé en Angleterre143 ». Une lettre du maire de Lille aux doyens des facultés, datée du 18 octobre 1940, attire leur attention sur le fait que les Allemands lui ont signalé à plusieurs reprises que les murs des facultés étaient recouverts d’inscriptions. Le doyen Audra répond, le 21 octobre : « je m’empresse de répondre à votre lettre concernant les inscriptions jugées offensantes pour les autorités d’occupation qui ont été constatées sur les murs de la faculté des lettres […]. Les étudiants ont déjà été mis en garde contre semblables pratiques144. »

    78Une lettre de l’OFK 670 au préfet, datée du 28 mars 1941 signale : « les effets de la propagande communiste se font de plus en plus sentir ces derniers temps parmi la population civile française. La distribution de tracts est notamment augmentée. En différents endroits, les maisons ont été barbouillées systématiquement d’inscriptions antiallemandes […]. Dans la plupart des cas, des jeunes participent au barbouillage des maisons145 ». L’autorité allemande déclare alors que des sanctions seront immédiatement prises contre les institutions d’enseignement si la preuve est apportée de la participation d’élèves ou d’étudiants. Le recteur écrit le même jour aux proviseurs, principaux, chef d’établissement pour qu’ils avertissent les élèves des risques encourus. Mais rien n’y fait et le rapport de police du 29 mars 1941 note que pour la journée du 2 mars, la brigade spécialisée dans l’enlèvement des inscriptions sur les murs « a effacé 5 500 V, 300 croix de Lorraine, 14 Vive De Gaulle, 4 À mort les Boches ». Le rapport du préfet Carles, daté du 5 mars 1941 signale : « il est incontestable que le mouvement en faveur de l’ex-général de Gaulle compte dans le département du Nord un grand nombre de sympathisants […]. C’est dans les jeunes couches de la population, et en particulier chez les étudiants, que se trouvent surtout les propagandistes146 ». Son rapport du 7 juin 1941 signale divers incidents : « À Hazebrouck, deux élèves de 3e année de l’EPS ont été surpris par un représentant de l’autorité occupante alors qu’ils étaient en train d’écrire la lettre V sur un mur de la ville147 ». Le préfet Carles, le 5 juin 1943, note le cas du professeur Nicaise qui a été relevé de ses fonctions par arrêté ministériel du 30 avril 1943 et admis à faire valoir ses droits à une pension de retraite.

    « Au lycée de garçons de Valenciennes. Au cours d’une enquête provoquée par l’attitude de deux élèves, l’un appartenant au Parti franciste, l’autre au RNP, Monsieur Nicaise, professeur d’anglais, a été accusé par l’un des élèves de faire en classe de la politique gaulliste. Monsieur Nicaise a affirmé sa parfaite neutralité en classe, mais il a reconnu avoir donné à ses élèves, comme il l’avait toujours fait, le conseil d’écouter la radio anglaise « pour se faire l’oreille » (il ne s’agit pas d’émission en français). D’autre part, il avait mis le livre de Jules Romains, intitulé, Visite aux Américains entre les mains de l’élève accusateur pour que celui-ci fasse un compte rendu devant ses camarades148 ».

    79Le même rapport signale qu’un élève de 1ère moderne de Denain, se trouvant chez lui, a été surpris le soir par les autorités allemandes à écouter les émissions de TSF non autorisées. Il a été condamné à six semaines d’emprisonnement mais il a obtenu un sursis jusqu’après la fin de l’année scolaire et du baccalauréat. Le Franciste, journal collaborateur, le 15 mai 1943, dénonce le lycée, l’inspecteur d’académie et le recteur Duez. Le recteur a en effet tenté d’atténuer l’affaire, recevant Monsieur Nicaise, le 23 mai. Le recteur a acquis la conviction « qu’il a agi par maladresse, manque de réflexion et de jugement et qu’il ne renouvellera pas les erreurs commises149 », demandant une simple rétrogradation d’échelon.

    80Une fronde intellectuelle s’opère aussi au sein des populations septentrionales en détournant les fêtes officielles voulues par le régime de Vichy ou en célébrant les fêtes et commémorations interdites, nous l’avons déjà analysé dans une contribution antérieure150. Les milieux éducatifs semblent fortement impliqués. Le 12 juillet 1941, l’institutrice Denise Delmas relève dans son Journal de guerre :

    « La fête nationale est proche. Ici, en France occupée, il est interdit de pavoiser ; néanmoins les Bailleulois […] ont trouvé le moyen d’arborer, malgré tout, les couleurs nationales. Dans un magasin de papiers peints, trois rouleaux de papier reproduisent les couleurs de notre drapeau ; dans une vitrine de jouets, trois poupées ont été disposées au centre, vêtues l’une de bleu, l’autre de blanc et la troisième de rouge151 ».

    Image 100000000000019000000129EFF41A09A0DD55C2.jpg

    81Elle continue sa description le lundi 14 juillet : « Aujourd’hui presque tous les promeneurs ont combiné leur toilette de façon à montrer les couleurs du drapeau français. Ceux qui ne le pouvaient ont des cocardes, des bouquets tricolores, les enfants des rubans dans les cheveux. Paule et Marguerite sont heureuses d’avoir leur petit bouquet152 ». Les Allemands refusent tout rassemblement public à l’extérieur et la célébration des fêtes nationales est interdite mais les habitants trouvent des ruses. Le 11 novembre, la fête de Jeanne d’Arc, la victoire de Valmy, le 1er mai sont, chaque année, l’occasion de mobilisations patriotiques malgré les interdictions.

    82Dans le contexte très spécifique de deux départements rattachés au Commandement allemand de Bruxelles, territoire marqué par un état de guerre permanent et par la densité des troupes d’occupation, le maintien de l’activité scolaire et universitaire est un pari patriotique complexe à réaliser. Pour les acteurs éducatifs présents dans la zone, la vie quotidienne s’avère très délicate, marquée par l’occupation de nombreux locaux scolaires, par l’importance des bombardements et par des difficultés à se nourrir qui favorise l’école buissonnière et les trafics. Face aux risques liés à la réquisition de la main-d’œuvre et au service du travail obligatoire, on peut relever un positionnement qui peut être assimilé, pour beaucoup d’entre eux, à de la résistance civile et à une forme de sabotage des exigences allemandes et vichyssoises. On peut ici parler, en particulier pour le recteur Duez et les doyens des facultés, de course de lenteur, d’omissions et d’erreurs volontaires dans les listes, de procédures administratives systématiques pour gagner du temps alors que l’on cherche aussi à faire bénéficier le maximum de jeunes de sursis ou de mises à disposition de l’Éducation nationale. Des pratiques illégales sont aussi couvertes comme l’inscription plus ou moins fictive dans des usines ou les mines ou la venue de réfractaires en cours. D’autres pratiques illégales s’affirment comme l’écoute de la radio anglaise, la lecture des journaux clandestins ou la célébration des fêtes patriotiques interdites. Pour la plupart des acteurs éducatifs septentrionaux, l’enracinement d’une profonde culture républicaine agit comme un vaccin contre les éventuels mauvais choix, la soif de justice étant cependant très forte à la Libération contre ceux qui se sont égarés, alors que l’on espère aussi beaucoup d’une réforme démocratique du système éducatif.

    Notes de bas de page

    1 Étienne Dejonghe, « Les départements du Nord et du Pas-de-Calais », dans Jean-Pierre Azéma et François Bédarida, La France des années noires, tome 1. De la défaite à Vichy, Paris, Seuil, 2000, p.524 ; Étienne Dejonghe, « Le Nord isolé. Occupation et opinion (mai 1940-mars 1942) », Revue d’histoire moderne et contemporaine, 1979/1, n°26-1, p. 48-97.

    2 Robert O Paxton, La France de Vichy (1940-1944), Paris, Le Seuil, 1974, 388 p. ; François Broche et Jean-François Muracciole, Histoire de la collaboration (1940-1945), Paris, Tallandier, 2017, 620 p.

    3 Voir Étienne Dejonghe et Yves Le Maner, Le Nord-Pas-de-Calais dans la main allemande (1940-1944), Lille, la Voix du Nord, 2000, 400 p. (les chapitres sur les résistances) ; Robert Vandenbussche, La Résistance dans le Nord-Pas-de-Calais, Paris, De Borée, 2012, 383 p. ; Robert Vandenbussche (dir.), L’engagement dans la résistance (France du Nord-Belgique), Villeneuve d’Ascq, Université de Lille 3, IRHiS-Lille 3, 2003, 210 p. ; Robert Vandenbussche (dir.), Les services publics et la résistance en zone interdite et en Belgique, Villeneuve d’Ascq, IRHiS-Lille 3-CEGES de Bruxelles, 2005, 216 p. ; Robert Vandenbussche (dir.), Femmes et résistance en Belgique et en zone interdite, Villeneuve d’Ascq, IRHiS-Lille 3-CEGES de Bruxelles, 2008, 247 p. ; Robert Vandenbussche (dir.), La clandestinité en Belgique et en zone interdite, Villeneuve d’Ascq, IRHiS-Lille 3-CEGES de Bruxelles, 2009, 266 p.

    4 Jean-François Condette, « La résistance universitaire en zone rattachée de 1940 à 1944 (France et Belgique) », dans Robert Vandenbussche (dir.), L’engagement dans la Résistance (France du Nord-Belgique), Lille, Université de Lille 3, CRHEN-O-CEGES, 2003, p. 31-70 ; Jean-François Condette, « Enseigner, étudier et résister dans l’académie de Lille (1940-1944) », dans Robert Vandenbussche (dir.), Les Services publics et la résistance en zone interdite et en Belgique (1940-1944), Université de Lille 3, CRHEN-0 et CEGES, 2005, p. 101-136

    5 Marie Granet et Henri Michel, Combat. Histoire d’un mouvement de résistance de juillet 1940 à juillet 1943, PUF, 1957, p. 37-38.

    6 AD du Nord, 1W 890, lettre du principal du collège de Le Quesnoy au recteur, 5 octobre 1940.

    7 Ibid., lettre de l’ingénieur en chef au préfet du Nord, 7 août 1940.

    8 AD du Nord, 1W 890, lettre de l’OFK 670 au préfet du Nord, 13 août 1940.

    9 Ibid., lettre du directeur de l’Institut industriel au préfet, 10 septembre 1940.

    10 Ibid., lettre de la Feldkommandantur 569 au préfet Carles, 21 octobre 1940.

    11 Ibid., lettre du recteur Duez au préfet du Nord, 24 octobre 1940.

    12 Ibid., lettre de l’OFK 670 du 7 novembre 1940.

    13 AD du Nord, 1 W 918, lettre du proviseur du lycée Faidherbe au maire, 9 octobre 1940.

    14 AD du Nord, 1W 890, lettre du proviseur du lycée Faidherbe au préfet du Nord, 22 août 1940.

    15 Ibid, lettre de la directrice du lycée de Douai à l’inspecteur d’académie du Nord, 29 août 1940.

    16 AD du Nord, 1W 733, lettre du directeur de l’École nationale des Arts et métiers de Lille à l’inspecteur d’académie du Nord, 25 septembre 1940.

    17 AD du Nord, 1W 732, lettre du préfet du Nord à l’OFK 670, 24 septembre 1941.

    18 AD du Nord, 1 W 732, lettre du préfet régional au directeur de l’ENP d’Armentières, 13 décembre 1941.

    19 Ibid, lettre de l’OFK 670 au préfet du Nord, 10 novembre 1941.

    20 Archives municipales de Lille, 5 H 12/2, lettre du directeur de l’Institut Diderot au maire de Lille, 8 juillet 1940.

    21 AD du Nord, 1897 W 2289, lettre du préfet Carles au recteur Duez, 17 janvier 1942.

    22 AD du Nord, 1 W 918, lettre du préfet du Nord à l’OFK 670, 12 février 1942.

    23 Ibid., lettre de la directrice de l’école normale de Douai au recteur, 12 décembre 1940.

    24 Ibid., lettre du directeur de l’école annexée à l’école normale masculine de Douai, 12 décembre 1940.

    25 AD du Nord, 1W 374, réquisitions des écoles, lettre du maire de Ronchin, 8 octobre 1943.

    26 AD du Nord, 1 W 2397, rapports des inspecteurs d’académie du Nord, mai 1942-31 octobre 1943.

    27 AD du Pas-de-Calais, 1 W 951/1, rapport de l’inspecteur d’académie du Pas-de-Calais au préfet, 21 septembre 1940.

    28 Ibid., rapport du 9 mai 1941.

    29 AD du Pas-de-Calais, 1 W 951/2, rapport de l’inspecteur d’académie au préfet, 26 juin 1941.

    30 AD du Pas-de-Calais, 1W 953/1, rapport de l’inspecteur d’académie au préfet daté du 27 janvier 1943

    31 Ibid., rapport de l’inspecteur d’académie au préfet daté du 27 mars 1943.

    32 AD du Pas-de-Calais, 1W 954, rapport de l’inspecteur d’académie daté du 25 janvier 1944.

    33 Ibid., rapport de l’inspecteur d’académie daté du 27 mars 1944.

    34 Archives nationales, F17 13379, locaux scolaires occupés, rapport interne au ministère daté du 3 novembre 1942.

    35 Archives municipales de Lille, 5 H 12/2, lettre du vice-recteur Deconinck au maire de Lille, 22 août 1940.

    36 Joseph Deconinck, « Cinq années d’histoire en un court récit », Facultés catholiques de Lille, Bulletin trimestriel, nouvelle série, n° 1, janvier 1945, p. 18.

    37 Catherine Masson, La Catho, Un siècle d’histoire de l’Université catholique de Lille (1877-1977), Lille, Septentrion, 2011, p. 333.

    38 Jean-François Condette, La Faculté des lettres de Lille de 1887 à 1945.Une faculté dans l’histoire, Lille, Septentrion, 1999, p. 359 et suivantes.

    39 Étienne dejonghe et Yves Le Maner, Le Nord-Pas-de-Calais dans la main allemande…, op. cit., p. 334.

    40 Ibid., p. 336.

    41 René Bargeton, Étienne dejonghe, Yves Le Maner Yves et Patrick Oddone (éde), Rapports du préfet Carles (1940-1944), Tome 2 : 3 août 1942-13 mai 1944, Bulletin d’information Mémor, n° 28, 1998, Université Charles-de-Gaulle-Lille 3, rapport du 5 décembre 1942, p. 486-488.

    42 Ibid., p. 508.

    43 Ibid., rapport du 5 octobre 1943, p. 639

    44 AD du Nord, 1897 W 2292, lettre de l’inspecteur d’académie du Pas-de-Calais au recteur Duez, 16 novembre 1943.

    45 Brigitte Cochennec, Hazebrouck pendant les années sombres (1938-1945), Université de Lille 3, maîtrise, 1992, 439 p.

    46 Bernard Delmas (dir.), Denise Delmas-Decreus. Journal de guerre d’une institutrice du Nord (1939-1945), Villeneuve d’Ascq, Septentrion, 2015, p. 152.

    47 Ibid., p. 193-194.

    48 Ibid., p. 206-207.

    49 Ibid., p. 229-230.

    50 Ibid., p. 233-234.

    51 Dominique Veillon, Vivre et survivre en France (1939-1947), Paris, Payot, 1995, 371 p. ; Fabrice Grenard, La France du marché noir (1940-1949), Paris, Payot, 2008, 351 p.

    52 Archives municipales de Lille, 5 H 11/22, Index du coût de la vie, rapport du directeur départemental du ravitaillement général du Nord au maire de Lille, 2 octobre 1945.

    53 Jean-François Condette, « Former des maîtres sous Vichy : Les instituts de formation professionnelle et leur échec (1940-1944) » dans Antoine Prost (dir.), La formation des maîtres de 1940 à 2010, Rennes, PUR, 2014, p.39-54.

    54 A.D du Nord, 1897 W 1909, lettres de parents à l’inspecteur d’académie du Nord, décembre 1942.

    55 AD du Nord, 1897 W 1909, lettres de parents au recteur Duez, 30 novembre 1942.

    56 AD du Nord, 1897 W 1912, lettre de l’élève institutrice Baudet à l’inspecteur d’académie, 3 novembre 1944.

    57 Chanoine Léon Detrez, Quand Lille avait faim (1940-1944), Lille, SILIC, 1945, p. 5 et suivantes

    58 Archives municipales de Lille, 5H11/8, Comité de ravitaillement, premier procès-verbal daté du 24 juillet 1940.

    59 Chanoine Léon Detrez, Quand Lille avait faim (1940-1944), Lille, SILIC, 1945, p. 96.

    60 Archives municipales de Lille, 5H11/27, procès-verbaux des réunions du Conseil d’exploitation du Comité de ravitaillement puis de la Régie municipale entre le 20 juillet 1940 et le 9 juin 1942 ; 5H11/28, (29 juin 1942-1944).

    61 Archives municipales de Lille, 5H5/2, restaurants populaires, 1940-1944 (avec photographies).

    62 Ibid., rapport manuscrit du 24 avril 1941.

    63 Archives municipales de Lille, 5H5/2, restaurants populaires, 1940-1944.

    64 Archives municipales de Lille, 5 H 6/5, écoles en guerre (1939-1945), lettre du 22 avril 1941.

    65 Ibid., lettre au recteur, 29 mai 1941 (voir aussi 5H 6/4).

    66 Ibid., lettre de mai 1941, mairie de Lille.

    67 Bernard Delmas (dir.), Denise Delmas-Decreus. Journal de guerre d’une institutrice du Nord (1939-1945), Villeneuve d’Ascq, Septentrion, 2015, p.164.

    68 Ibid., p. 202.

    69 AD du Nord, 1897 W 2289, Affaires de guerres, documents issus du conseil de discipline, février 1942.

    70 Archives nationales, F17 13376, extraits des rapports des préfets, rapport du préfet Carles du 2 mars 1942

    71 AD du Nord, 1897 W 2289, conseil de discipline du lycée Fénelon, 21 avril 1942.

    72 Jean-Marc Baileul et Philippe Montagne, Lycée Gambetta et lycée Fénelon : deux établissements scolaires en zone interdite, Lille 3, maîtrise, 1989, p. 153.

    73 Étienne Dejonghe et Yves Le Maner, Le Nord-Pas-de-Calais dans la main allemande…, op. cit., p. 257-265.

    74 AD du Nord, 1 W 1225, lettre du préfet du Nord à l’OFK 670, 3 octobre 1940.

    75 AD du Nord, 1W 1225, rapport de l’inspecteur du travail de Roubaix au préfet du Nord, 21 novembre 1940.

    76 AD du Pas-de-Calais, M 5102/2, activités communistes, STO, surveillance de la police.

    77 Raphaël Spina, Histoire du STO, Paris, Perrin, 2017, 570 p. ; Patrice Arnaud Patrice, Les STO : Histoire des Français requis en Allemagne nazie, Paris, CNRS Éditions, 2010, 592 p.

    78 Ibid., chapitre 3, « L’appel du 22 juin 1942 et la relève volontaire », p. 50-76.

    79 Ibid., chapitre 7, « La loi du 16 févier 1943 : le STO par classes d’âge », p. 107-116.

    80 AD du Nord, 1W 1289, Comité d’action antibolchévique, rapport du commissaire au préfet du Nord, 7 février 1942.

    81 Ibid., rapport du Commissaire aux RG du 12 juin 1943 (brochure : Images de la vie de ceux qui sont partis), 1943, 48 p.

    82 Ibid., tract « Jeunes de France, sachez choisir », septembre 1943.

    83 Ibid., rapport du commissaire des RG au directeur des RG à Vichy, 3 décembre 1943.

    84 Archives nationales, F17 13382, Service du travail obligatoire ; lettres, rapports et brochures diverses.

    85 Patrice Arnaud, Les STO : Histoire des Français requis en Allemagne nazie (1942-1945), op. cit., p.19.

    86 AD du Nord, 1W 1401, rapport au préfet sur le déroulement des opérations de STO, état de la question au 5 avril 1943.

    87 AD du Nord, 1 W 1222, lettre de l’OFK 670 au préfet du Nord, 23 février 1943.

    88 Ibid., rapport de M. Hornez au maire, 25 mars 1943.

    89 AD du Nord, 1W 769, réquisition de travail, lettre du commissaire au RG de Lille au préfet du Nord, 6 mai 1943.

    90 AD du Nord, 1 W 1411, gros dossier STO, rapport des RG de Valenciennes, 26 août 1943.

    91 Ibid., rapport du sous-préfet de Dunkerque au préfet du Nord, 24 juin 1943.

    92 Ibid., rapport du commissaire de police de Dunkerque, 9 septembre 1943.

    93 Ibid., rapport du préfet du Pas-de-Calais au préfet de région, 25 juin 1943.

    94 Ibid., rapport du commissaire de police de Lille, 13 avril 1943.

    95 Archives nationales, F17 13382, lettre d’Achille Bertrand à l’IG Roy, 3 mai 1944.

    96 Archives nationales, F17 13347, rapport d’André Meyer, 12 novembre 1943.

    97 AD du Nord, 1897 W 2288, circulaire sur les étudiants astreints au STO, 20 septembre 1943, 23 p.

    98 Patrice Arnaud, Les STO : Histoire des Français requis en Allemagne nazie (1942-1945), op. cit., p. 73.

    99 Académie de Lille, Bulletin de l’instruction primaire du département du Nord, n°8, décembre 1943, p. 6.

    100 AD du Nord, 1W 1391, STO (listes multiples, rapports de police, etc.).

    101 AD du Nord, 1 W 1405, Listes des étudiants défaillants : des centaines de cas.

    102 AD du Nord, 1897 W 2291, affaires de guerre, recteur au préfet du Nord, 3² février 1944.

    103 AD du Nord, 1897 W 2291, Affaires de guerre, Télégramme du 11 mai 1943.

    104 AD du Nord, 1897 W 2290, lettre type du recteur Duez à l’étudiant X, 21 juillet 1943.

    105 AD du Nord, 1897 W 2291, lettre du recteur aux quatre doyens des facultés lilloises, 21 juillet 1943

    106 AD du Nord, 1897 W 2290, lettre du recteur Duez au directeur régional du STO, 26 août 1943.

    107 Ibid., lettre du recteur Duez au directeur régional du STO, 26 août 1943.

    108 AD du Nord, 1897 W 2291, lettre du recteur au préfet de région, 20 septembre 1943.

    109 René Bargeton, Étienne Dejonghe, Yves Le Maner et Patrick Oddone (éds), Rapports du préfet Carles (1940-1944), tome 2 …, op. cit., rapport du 5 avril 1943, p. 566.

    110 AD du Nord, 1897 W 2290, lettre circulaire du recteur Duez aux étudiants, 25 septembre 1943.

    111 AD du Nord, 1897 W 2286, circulaire du 23 novembre 1943.

    112 AD du Nord, 1897 W 2286, lettre du recteur Duez au ministre, secrétaire d’État à l’Education nationale, 6 décembre 1943.

    113 AD du Nord, 1897 W 2288, tableaux de situation face au STO pour les établissements secondaires, 24 décembre 1943.

    114 AD du Nord, 1897 W 2291, lettre du recteur Duez au directeur régional à la main-d’œuvre, 27 avril 1944.

    115 Pierre Pruvost, « Rapport général sur la situation de l’enseignement supérieur à Lille en 1943-1944 », dans Annales de l’université de Lille, année 1943-1944, p.13.

    116 Pierre Pruvost (doyen des sciences), « rapport sur la situation de la faculté des sciences pendant l’année scolaire 1943-1944 », dans Annales de l’Université de Lille, année 1943-1944, p.101 et suivantes.

    117 Ibid., p. 103.

    118 AD du Nord, 1W 1374, lettre du commissaire central de police de Tourcoing au préfet du Nord, 19 juillet 1943.

    119 Ibid, « Jeunes du Nord » Tract joint au rapport de police.

    120 AD du Nord, 1W 490, lettre du directeur régional à la main-d’œuvre au préfet du 19 juillet 1944.

    121 AD du Nord, 1W 85, note datée du 18 mai 1944.

    122 AD du Nord, J 59, Paul Duez, registre de documents, don de Monsieur Pierre Barbe, secrétaire de la faculté de droit de Lille, discours du doyen Combemale, 14 mars 1947.

    123 Ibid., article de presse lié à ses obsèques.

    124 Bernard Delmas (dir.), Denise Delmas-Decreus…, op. cit., p.182-185.

    125 Rémy Handourtzel, Vichy et l’École (1940-1944), Paris, Noësis, 1997, 329 p.

    126 Jean-François Condette, « Culture scolaire et Révolution nationale. Les ambitions contrariées du régime de Vichy dans le Nord et le Pas-de-Calais (1940-1944) », dans Robert Vandenbussche (dir.), Culture, occupation et résistance en Belgique et dans le Nord de la France, Musée de la Résistance de Bondues, IRHiS-Lille 3, n° 56, pp.89-145.

    127 François et René Bedarida, « La persécution des Juifs », dans Jean-Pierre Azéma et François Bedarida (dir.), La France des années noires, tome 2 : De l’occupation à la Libération, Paris, Seuil, 2000, p. 149-182.

    128 AD du Nord, 1W 2300, lettre du 29 septembre 1942.

    129 Ibid., lettre du recteur au préfet du 7 octobre 1942 et lettre du préfet au ministre du 11 octobre 1942.

    130 Archives nationales, F17 13346, lettre de 1943 d’Abel Bonnard au doyen Audra.

    131 AD du Nord, 1 W 302, rapport du 18 juin 1943 ; Archives nationales, F17 13379, rapport du préfet du Nord, 24 juin 1943.

    132 Archives nationales, F17 13376, extraits des rapports des préfets, rapport du préfet Carles, 2 janvier 1942.

    133 AD du Pas-de-Calais, 1W 952, rapport de l’inspecteur d’académie daté de janvier 1942.

    134 AD du Nord, 1897 W 2292, lettre du recteur Duez au ministre, 19 août 1941.

    135 AD du Nord, 1897 W 2828-1, lettre du secrétaire d’État à l’Éducation nationale au recteur Duez, le 6 mars 1942.

    136 Ibid., lettre du recteur au secrétaire d’État à l’Éducation nationale, 2 mars 1942.

    137 AD du Nord, 1897 W2828-1, lettre du directeur de l’Enseignement secondaire à Paul Duez, 9 juillet 1943.

    138 Ibid., lettre du secrétaire général à l’Instruction publique au recteur Duez, 14 octobre 1943.

    139 Bernard Delmas (dir.), Denise Delmas-Decreus…, op. cit., p.142.

    140 Ibid., p. 268.

    141 Ibid., p. 269.

    142 Hélène Eck (dir.), La guerre des ondes. Histoire des radios de langue française pendant la Deuxième Guerre mondiale, Bruxelles, Complexe Éditions, 1985, 384 p.

    143 AD du Nord, 1 W 1256, rapport du commissaire de police au préfet du 30 décembre 1940.

    144 Archives municipales de Lille, 5 H 4/18, rapports de police et lettres diverses.

    145 AD du Nord, 1 W 531, lettre de l’OFK 670 au préfet du 28 mars 1941.

    146 René Bargeton, Étienne Dejonghe, Yves Le Maner et Patrick Oddone Patrick (éds), Rapports du préfet Carles (1940-1944), tome 1 : 25 juillet 1940-3 juin 1942, Bulletin d’information Mémor, n° 26-27, 1998, Université Charles-de-Gaulle-Lille 3, rapport du 5 mars 1941, p. 131.

    147 Ibid., rapport du 7 juin 1941, p. 160.

    148 Ibid., tome 2, rapport du 5 juin 1943, p. 602.

    149 AD du Nord, 1W 2287, rapport du recteur Duez sur les fonctionnaires du département du Nord, avril-mai 1943.

    150 Jean-François Condette, « Affirmer la force des mouvements clandestins : usages résistants des fêtes et commémorations dans le Nord (1940-1944) », dans Robert Vandenbussche (éd.), La clandestinité en Belgique et en Zone interdite (1940-1944), IRHiS-Lille 3, CEGES, 2009, p.9-49.

    151 Bernard Delmas (dir.), Denise Delmas-Decreus…, op. cit., p.161.

    152 Ibid., p. 162.

    Auteur

    • Jean-François Condette

      CREHS Université d’Artois

    Précédent Suivant
    Table des matières

    Le texte seul est utilisable sous licence Licence OpenEdition Books. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont « Tous droits réservés », sauf mention contraire.

    Voir plus de livres
    Se vêtir à la cour en Europe 1400-1815

    Se vêtir à la cour en Europe 1400-1815

    Cultures matérielles, cultures visuelles du costume dans les cours européennes

    Isabelle Paresys et Natacha Coquery (dir.)

    2011

    Les lettrés de la République

    Les lettrés de la République

    Les enseignants de la Faculté des Lettres de Douai puis Lille sous la Troisième République (1870-1940)

    Jean-François Condette

    2006

    Héros militaire, culture et société (XIXe-XXe siècles)

    Héros militaire, culture et société (XIXe-XXe siècles)

    Claude d'Abzac-Épezy et Jean Martinant de Préneuf (dir.)

    2012

    Archives, archivistes, archivistique dans l'Europe du Nord-Ouest du Moyen Âge à nos jours

    Archives, archivistes, archivistique dans l'Europe du Nord-Ouest du Moyen Âge à nos jours

    Entre gouvernance et mémoire

    Martine Aubry, Isabelle Chave et Vincent Doom (dir.)

    2007

    Les Cardinaux de la Renaissance et la modernité artistique

    Les Cardinaux de la Renaissance et la modernité artistique

    Frédérique Lemerle, Yves Pauwels et Gennaro Toscano (dir.)

    2009

    Élites et sociabilité au XIXe siècle

    Élites et sociabilité au XIXe siècle

    Héritages, identités

    Hervé Leuwers, Jean-Paul Barrière et Bernard Lefebvre (dir.)

    2001

    Bède le Vénérable

    Bède le Vénérable

    Entre tradition et postérité

    Stéphane Lebecq, Michel Perrin et Olivier Szerwiniak (dir.)

    2005

    De Georges Clemenceau à Jacques Chirac : l'état et la pratique de la Loi de Séparation

    De Georges Clemenceau à Jacques Chirac : l'état et la pratique de la Loi de Séparation

    Robert Vandenbussche (dir.)

    2008

    L'engagement dans la Résistance (France du Nord - Belgique)

    L'engagement dans la Résistance (France du Nord - Belgique)

    Robert Vandenbussche (dir.)

    2003

    4000 bourgeois de Lille au xive siècle

    4000 bourgeois de Lille au xive siècle

    Le premier Registre aux Bourgeois (1291-1355). Édition et commentaire

    Martine Aubry

    1999

    Un ministre artésien dans la crise du 16 mai

    Un ministre artésien dans la crise du 16 mai

    La correspondance entre Auguste et Lucie Paris (16 mai - 23 novembre 1877)

    Jean-Marc Guislin

    2002

    L'épuration en Belgique et dans la zone interdite (1944-1949)

    L'épuration en Belgique et dans la zone interdite (1944-1949)

    Robert Vandenbussche (dir.)

    2017

    Voir plus de livres
    1 / 12
    Se vêtir à la cour en Europe 1400-1815

    Se vêtir à la cour en Europe 1400-1815

    Cultures matérielles, cultures visuelles du costume dans les cours européennes

    Isabelle Paresys et Natacha Coquery (dir.)

    2011

    Les lettrés de la République

    Les lettrés de la République

    Les enseignants de la Faculté des Lettres de Douai puis Lille sous la Troisième République (1870-1940)

    Jean-François Condette

    2006

    Héros militaire, culture et société (XIXe-XXe siècles)

    Héros militaire, culture et société (XIXe-XXe siècles)

    Claude d'Abzac-Épezy et Jean Martinant de Préneuf (dir.)

    2012

    Archives, archivistes, archivistique dans l'Europe du Nord-Ouest du Moyen Âge à nos jours

    Archives, archivistes, archivistique dans l'Europe du Nord-Ouest du Moyen Âge à nos jours

    Entre gouvernance et mémoire

    Martine Aubry, Isabelle Chave et Vincent Doom (dir.)

    2007

    Les Cardinaux de la Renaissance et la modernité artistique

    Les Cardinaux de la Renaissance et la modernité artistique

    Frédérique Lemerle, Yves Pauwels et Gennaro Toscano (dir.)

    2009

    Élites et sociabilité au XIXe siècle

    Élites et sociabilité au XIXe siècle

    Héritages, identités

    Hervé Leuwers, Jean-Paul Barrière et Bernard Lefebvre (dir.)

    2001

    Bède le Vénérable

    Bède le Vénérable

    Entre tradition et postérité

    Stéphane Lebecq, Michel Perrin et Olivier Szerwiniak (dir.)

    2005

    De Georges Clemenceau à Jacques Chirac : l'état et la pratique de la Loi de Séparation

    De Georges Clemenceau à Jacques Chirac : l'état et la pratique de la Loi de Séparation

    Robert Vandenbussche (dir.)

    2008

    L'engagement dans la Résistance (France du Nord - Belgique)

    L'engagement dans la Résistance (France du Nord - Belgique)

    Robert Vandenbussche (dir.)

    2003

    4000 bourgeois de Lille au xive siècle

    4000 bourgeois de Lille au xive siècle

    Le premier Registre aux Bourgeois (1291-1355). Édition et commentaire

    Martine Aubry

    1999

    Un ministre artésien dans la crise du 16 mai

    Un ministre artésien dans la crise du 16 mai

    La correspondance entre Auguste et Lucie Paris (16 mai - 23 novembre 1877)

    Jean-Marc Guislin

    2002

    L'épuration en Belgique et dans la zone interdite (1944-1949)

    L'épuration en Belgique et dans la zone interdite (1944-1949)

    Robert Vandenbussche (dir.)

    2017

    Voir plus de livres
    Les lettrés de la République

    Les lettrés de la République

    Les enseignants de la Faculté des Lettres de Douai puis Lille sous la Troisième République (1870-1940)

    Jean-François Condette

    2006

    Voir plus de livres
    Les lettrés de la République

    Les lettrés de la République

    Les enseignants de la Faculté des Lettres de Douai puis Lille sous la Troisième République (1870-1940)

    Jean-François Condette

    2006

    Voir plus de chapitres

    Réformer l’école pour former une nouvelle élite. Les projets scolaires et universitaires des forces résistantes françaises (1940–1944)

    Jean-François Condette

    Culture scolaire et Révolution nationale. Les ambitions contrariées du Régime de Vichy dans le Nord-Pas-de-Calais (1940-1944)

    Jean-François Condette

    Résister au travail forcé dans le Nord occupé (1914-1918)

    Jean-François Condette

    Les deux « guerres » des manuels scolaires dans le Nord et le Pas-de-Calais (1882-1883 et 1908-1910)

    Jean-François Condette

    De la foi catholique à la « foi laïque »

    La religion dans la formation des instituteurs et des institutrices du département du Nord (1834-1914)

    Jean-François Condette

    Introduction. Former le chrétien, éduquer le citoyen

    Questionner l’évidence pour mieux s’en affranchir

    Jean-François Condette

    Un « Nordiste » candidat à l’élection présidentielle de décembre 1958

    Albert Châtelet contre Charles de Gaulle. La toge contre l’uniforme ?

    Jean-François Condette

    Les manifestations de ménagères dans le département du Nord de 1940 à 1944

    Révolte frumentaire ou résistance ?

    Jean-François Condette

    Enseigner, étudier et résister dans l’Académie de Lille (1940-1944)

    Jean-François Condette

    Le peuple des villes à l’Université ? Les universités populaires dans la France du Nord-Ouest à la Belle Époque

    La difficile rencontre de la toge et du bourgeron

    Jean-François Condette

    L’idée de paix chez les universitaires français de 1900 à 1939

    Jean-François Condette

    De Douai à Lille

    Les enjeux du transfert contesté de 1887

    Jean-François Condette

    Voir plus de chapitres
    1 / 12

    Réformer l’école pour former une nouvelle élite. Les projets scolaires et universitaires des forces résistantes françaises (1940–1944)

    Jean-François Condette

    Culture scolaire et Révolution nationale. Les ambitions contrariées du Régime de Vichy dans le Nord-Pas-de-Calais (1940-1944)

    Jean-François Condette

    Résister au travail forcé dans le Nord occupé (1914-1918)

    Jean-François Condette

    Les deux « guerres » des manuels scolaires dans le Nord et le Pas-de-Calais (1882-1883 et 1908-1910)

    Jean-François Condette

    De la foi catholique à la « foi laïque »

    La religion dans la formation des instituteurs et des institutrices du département du Nord (1834-1914)

    Jean-François Condette

    Introduction. Former le chrétien, éduquer le citoyen

    Questionner l’évidence pour mieux s’en affranchir

    Jean-François Condette

    Un « Nordiste » candidat à l’élection présidentielle de décembre 1958

    Albert Châtelet contre Charles de Gaulle. La toge contre l’uniforme ?

    Jean-François Condette

    Les manifestations de ménagères dans le département du Nord de 1940 à 1944

    Révolte frumentaire ou résistance ?

    Jean-François Condette

    Enseigner, étudier et résister dans l’Académie de Lille (1940-1944)

    Jean-François Condette

    Le peuple des villes à l’Université ? Les universités populaires dans la France du Nord-Ouest à la Belle Époque

    La difficile rencontre de la toge et du bourgeron

    Jean-François Condette

    L’idée de paix chez les universitaires français de 1900 à 1939

    Jean-François Condette

    De Douai à Lille

    Les enjeux du transfert contesté de 1887

    Jean-François Condette

    Accès ouvert

    Accès ouvert freemium

    ePub

    PDF

    PDF du chapitre

    Suggérer l’acquisition à votre bibliothèque

    Acheter

    Édition imprimée

    • decitre.fr
    • placedeslibraires.fr
    ePub / PDF

    1 Étienne Dejonghe, « Les départements du Nord et du Pas-de-Calais », dans Jean-Pierre Azéma et François Bédarida, La France des années noires, tome 1. De la défaite à Vichy, Paris, Seuil, 2000, p.524 ; Étienne Dejonghe, « Le Nord isolé. Occupation et opinion (mai 1940-mars 1942) », Revue d’histoire moderne et contemporaine, 1979/1, n°26-1, p. 48-97.

    2 Robert O Paxton, La France de Vichy (1940-1944), Paris, Le Seuil, 1974, 388 p. ; François Broche et Jean-François Muracciole, Histoire de la collaboration (1940-1945), Paris, Tallandier, 2017, 620 p.

    3 Voir Étienne Dejonghe et Yves Le Maner, Le Nord-Pas-de-Calais dans la main allemande (1940-1944), Lille, la Voix du Nord, 2000, 400 p. (les chapitres sur les résistances) ; Robert Vandenbussche, La Résistance dans le Nord-Pas-de-Calais, Paris, De Borée, 2012, 383 p. ; Robert Vandenbussche (dir.), L’engagement dans la résistance (France du Nord-Belgique), Villeneuve d’Ascq, Université de Lille 3, IRHiS-Lille 3, 2003, 210 p. ; Robert Vandenbussche (dir.), Les services publics et la résistance en zone interdite et en Belgique, Villeneuve d’Ascq, IRHiS-Lille 3-CEGES de Bruxelles, 2005, 216 p. ; Robert Vandenbussche (dir.), Femmes et résistance en Belgique et en zone interdite, Villeneuve d’Ascq, IRHiS-Lille 3-CEGES de Bruxelles, 2008, 247 p. ; Robert Vandenbussche (dir.), La clandestinité en Belgique et en zone interdite, Villeneuve d’Ascq, IRHiS-Lille 3-CEGES de Bruxelles, 2009, 266 p.

    4 Jean-François Condette, « La résistance universitaire en zone rattachée de 1940 à 1944 (France et Belgique) », dans Robert Vandenbussche (dir.), L’engagement dans la Résistance (France du Nord-Belgique), Lille, Université de Lille 3, CRHEN-O-CEGES, 2003, p. 31-70 ; Jean-François Condette, « Enseigner, étudier et résister dans l’académie de Lille (1940-1944) », dans Robert Vandenbussche (dir.), Les Services publics et la résistance en zone interdite et en Belgique (1940-1944), Université de Lille 3, CRHEN-0 et CEGES, 2005, p. 101-136

    5 Marie Granet et Henri Michel, Combat. Histoire d’un mouvement de résistance de juillet 1940 à juillet 1943, PUF, 1957, p. 37-38.

    6 AD du Nord, 1W 890, lettre du principal du collège de Le Quesnoy au recteur, 5 octobre 1940.

    7 Ibid., lettre de l’ingénieur en chef au préfet du Nord, 7 août 1940.

    8 AD du Nord, 1W 890, lettre de l’OFK 670 au préfet du Nord, 13 août 1940.

    9 Ibid., lettre du directeur de l’Institut industriel au préfet, 10 septembre 1940.

    10 Ibid., lettre de la Feldkommandantur 569 au préfet Carles, 21 octobre 1940.

    11 Ibid., lettre du recteur Duez au préfet du Nord, 24 octobre 1940.

    12 Ibid., lettre de l’OFK 670 du 7 novembre 1940.

    13 AD du Nord, 1 W 918, lettre du proviseur du lycée Faidherbe au maire, 9 octobre 1940.

    14 AD du Nord, 1W 890, lettre du proviseur du lycée Faidherbe au préfet du Nord, 22 août 1940.

    15 Ibid, lettre de la directrice du lycée de Douai à l’inspecteur d’académie du Nord, 29 août 1940.

    16 AD du Nord, 1W 733, lettre du directeur de l’École nationale des Arts et métiers de Lille à l’inspecteur d’académie du Nord, 25 septembre 1940.

    17 AD du Nord, 1W 732, lettre du préfet du Nord à l’OFK 670, 24 septembre 1941.

    18 AD du Nord, 1 W 732, lettre du préfet régional au directeur de l’ENP d’Armentières, 13 décembre 1941.

    19 Ibid, lettre de l’OFK 670 au préfet du Nord, 10 novembre 1941.

    20 Archives municipales de Lille, 5 H 12/2, lettre du directeur de l’Institut Diderot au maire de Lille, 8 juillet 1940.

    21 AD du Nord, 1897 W 2289, lettre du préfet Carles au recteur Duez, 17 janvier 1942.

    22 AD du Nord, 1 W 918, lettre du préfet du Nord à l’OFK 670, 12 février 1942.

    23 Ibid., lettre de la directrice de l’école normale de Douai au recteur, 12 décembre 1940.

    24 Ibid., lettre du directeur de l’école annexée à l’école normale masculine de Douai, 12 décembre 1940.

    25 AD du Nord, 1W 374, réquisitions des écoles, lettre du maire de Ronchin, 8 octobre 1943.

    26 AD du Nord, 1 W 2397, rapports des inspecteurs d’académie du Nord, mai 1942-31 octobre 1943.

    27 AD du Pas-de-Calais, 1 W 951/1, rapport de l’inspecteur d’académie du Pas-de-Calais au préfet, 21 septembre 1940.

    28 Ibid., rapport du 9 mai 1941.

    29 AD du Pas-de-Calais, 1 W 951/2, rapport de l’inspecteur d’académie au préfet, 26 juin 1941.

    30 AD du Pas-de-Calais, 1W 953/1, rapport de l’inspecteur d’académie au préfet daté du 27 janvier 1943

    31 Ibid., rapport de l’inspecteur d’académie au préfet daté du 27 mars 1943.

    32 AD du Pas-de-Calais, 1W 954, rapport de l’inspecteur d’académie daté du 25 janvier 1944.

    33 Ibid., rapport de l’inspecteur d’académie daté du 27 mars 1944.

    34 Archives nationales, F17 13379, locaux scolaires occupés, rapport interne au ministère daté du 3 novembre 1942.

    35 Archives municipales de Lille, 5 H 12/2, lettre du vice-recteur Deconinck au maire de Lille, 22 août 1940.

    36 Joseph Deconinck, « Cinq années d’histoire en un court récit », Facultés catholiques de Lille, Bulletin trimestriel, nouvelle série, n° 1, janvier 1945, p. 18.

    37 Catherine Masson, La Catho, Un siècle d’histoire de l’Université catholique de Lille (1877-1977), Lille, Septentrion, 2011, p. 333.

    38 Jean-François Condette, La Faculté des lettres de Lille de 1887 à 1945.Une faculté dans l’histoire, Lille, Septentrion, 1999, p. 359 et suivantes.

    39 Étienne dejonghe et Yves Le Maner, Le Nord-Pas-de-Calais dans la main allemande…, op. cit., p. 334.

    40 Ibid., p. 336.

    41 René Bargeton, Étienne dejonghe, Yves Le Maner Yves et Patrick Oddone (éde), Rapports du préfet Carles (1940-1944), Tome 2 : 3 août 1942-13 mai 1944, Bulletin d’information Mémor, n° 28, 1998, Université Charles-de-Gaulle-Lille 3, rapport du 5 décembre 1942, p. 486-488.

    42 Ibid., p. 508.

    43 Ibid., rapport du 5 octobre 1943, p. 639

    44 AD du Nord, 1897 W 2292, lettre de l’inspecteur d’académie du Pas-de-Calais au recteur Duez, 16 novembre 1943.

    45 Brigitte Cochennec, Hazebrouck pendant les années sombres (1938-1945), Université de Lille 3, maîtrise, 1992, 439 p.

    46 Bernard Delmas (dir.), Denise Delmas-Decreus. Journal de guerre d’une institutrice du Nord (1939-1945), Villeneuve d’Ascq, Septentrion, 2015, p. 152.

    47 Ibid., p. 193-194.

    48 Ibid., p. 206-207.

    49 Ibid., p. 229-230.

    50 Ibid., p. 233-234.

    51 Dominique Veillon, Vivre et survivre en France (1939-1947), Paris, Payot, 1995, 371 p. ; Fabrice Grenard, La France du marché noir (1940-1949), Paris, Payot, 2008, 351 p.

    52 Archives municipales de Lille, 5 H 11/22, Index du coût de la vie, rapport du directeur départemental du ravitaillement général du Nord au maire de Lille, 2 octobre 1945.

    53 Jean-François Condette, « Former des maîtres sous Vichy : Les instituts de formation professionnelle et leur échec (1940-1944) » dans Antoine Prost (dir.), La formation des maîtres de 1940 à 2010, Rennes, PUR, 2014, p.39-54.

    54 A.D du Nord, 1897 W 1909, lettres de parents à l’inspecteur d’académie du Nord, décembre 1942.

    55 AD du Nord, 1897 W 1909, lettres de parents au recteur Duez, 30 novembre 1942.

    56 AD du Nord, 1897 W 1912, lettre de l’élève institutrice Baudet à l’inspecteur d’académie, 3 novembre 1944.

    57 Chanoine Léon Detrez, Quand Lille avait faim (1940-1944), Lille, SILIC, 1945, p. 5 et suivantes

    58 Archives municipales de Lille, 5H11/8, Comité de ravitaillement, premier procès-verbal daté du 24 juillet 1940.

    59 Chanoine Léon Detrez, Quand Lille avait faim (1940-1944), Lille, SILIC, 1945, p. 96.

    60 Archives municipales de Lille, 5H11/27, procès-verbaux des réunions du Conseil d’exploitation du Comité de ravitaillement puis de la Régie municipale entre le 20 juillet 1940 et le 9 juin 1942 ; 5H11/28, (29 juin 1942-1944).

    61 Archives municipales de Lille, 5H5/2, restaurants populaires, 1940-1944 (avec photographies).

    62 Ibid., rapport manuscrit du 24 avril 1941.

    63 Archives municipales de Lille, 5H5/2, restaurants populaires, 1940-1944.

    64 Archives municipales de Lille, 5 H 6/5, écoles en guerre (1939-1945), lettre du 22 avril 1941.

    65 Ibid., lettre au recteur, 29 mai 1941 (voir aussi 5H 6/4).

    66 Ibid., lettre de mai 1941, mairie de Lille.

    67 Bernard Delmas (dir.), Denise Delmas-Decreus. Journal de guerre d’une institutrice du Nord (1939-1945), Villeneuve d’Ascq, Septentrion, 2015, p.164.

    68 Ibid., p. 202.

    69 AD du Nord, 1897 W 2289, Affaires de guerres, documents issus du conseil de discipline, février 1942.

    70 Archives nationales, F17 13376, extraits des rapports des préfets, rapport du préfet Carles du 2 mars 1942

    71 AD du Nord, 1897 W 2289, conseil de discipline du lycée Fénelon, 21 avril 1942.

    72 Jean-Marc Baileul et Philippe Montagne, Lycée Gambetta et lycée Fénelon : deux établissements scolaires en zone interdite, Lille 3, maîtrise, 1989, p. 153.

    73 Étienne Dejonghe et Yves Le Maner, Le Nord-Pas-de-Calais dans la main allemande…, op. cit., p. 257-265.

    74 AD du Nord, 1 W 1225, lettre du préfet du Nord à l’OFK 670, 3 octobre 1940.

    75 AD du Nord, 1W 1225, rapport de l’inspecteur du travail de Roubaix au préfet du Nord, 21 novembre 1940.

    76 AD du Pas-de-Calais, M 5102/2, activités communistes, STO, surveillance de la police.

    77 Raphaël Spina, Histoire du STO, Paris, Perrin, 2017, 570 p. ; Patrice Arnaud Patrice, Les STO : Histoire des Français requis en Allemagne nazie, Paris, CNRS Éditions, 2010, 592 p.

    78 Ibid., chapitre 3, « L’appel du 22 juin 1942 et la relève volontaire », p. 50-76.

    79 Ibid., chapitre 7, « La loi du 16 févier 1943 : le STO par classes d’âge », p. 107-116.

    80 AD du Nord, 1W 1289, Comité d’action antibolchévique, rapport du commissaire au préfet du Nord, 7 février 1942.

    81 Ibid., rapport du Commissaire aux RG du 12 juin 1943 (brochure : Images de la vie de ceux qui sont partis), 1943, 48 p.

    82 Ibid., tract « Jeunes de France, sachez choisir », septembre 1943.

    83 Ibid., rapport du commissaire des RG au directeur des RG à Vichy, 3 décembre 1943.

    84 Archives nationales, F17 13382, Service du travail obligatoire ; lettres, rapports et brochures diverses.

    85 Patrice Arnaud, Les STO : Histoire des Français requis en Allemagne nazie (1942-1945), op. cit., p.19.

    86 AD du Nord, 1W 1401, rapport au préfet sur le déroulement des opérations de STO, état de la question au 5 avril 1943.

    87 AD du Nord, 1 W 1222, lettre de l’OFK 670 au préfet du Nord, 23 février 1943.

    88 Ibid., rapport de M. Hornez au maire, 25 mars 1943.

    89 AD du Nord, 1W 769, réquisition de travail, lettre du commissaire au RG de Lille au préfet du Nord, 6 mai 1943.

    90 AD du Nord, 1 W 1411, gros dossier STO, rapport des RG de Valenciennes, 26 août 1943.

    91 Ibid., rapport du sous-préfet de Dunkerque au préfet du Nord, 24 juin 1943.

    92 Ibid., rapport du commissaire de police de Dunkerque, 9 septembre 1943.

    93 Ibid., rapport du préfet du Pas-de-Calais au préfet de région, 25 juin 1943.

    94 Ibid., rapport du commissaire de police de Lille, 13 avril 1943.

    95 Archives nationales, F17 13382, lettre d’Achille Bertrand à l’IG Roy, 3 mai 1944.

    96 Archives nationales, F17 13347, rapport d’André Meyer, 12 novembre 1943.

    97 AD du Nord, 1897 W 2288, circulaire sur les étudiants astreints au STO, 20 septembre 1943, 23 p.

    98 Patrice Arnaud, Les STO : Histoire des Français requis en Allemagne nazie (1942-1945), op. cit., p. 73.

    99 Académie de Lille, Bulletin de l’instruction primaire du département du Nord, n°8, décembre 1943, p. 6.

    100 AD du Nord, 1W 1391, STO (listes multiples, rapports de police, etc.).

    101 AD du Nord, 1 W 1405, Listes des étudiants défaillants : des centaines de cas.

    102 AD du Nord, 1897 W 2291, affaires de guerre, recteur au préfet du Nord, 3² février 1944.

    103 AD du Nord, 1897 W 2291, Affaires de guerre, Télégramme du 11 mai 1943.

    104 AD du Nord, 1897 W 2290, lettre type du recteur Duez à l’étudiant X, 21 juillet 1943.

    105 AD du Nord, 1897 W 2291, lettre du recteur aux quatre doyens des facultés lilloises, 21 juillet 1943

    106 AD du Nord, 1897 W 2290, lettre du recteur Duez au directeur régional du STO, 26 août 1943.

    107 Ibid., lettre du recteur Duez au directeur régional du STO, 26 août 1943.

    108 AD du Nord, 1897 W 2291, lettre du recteur au préfet de région, 20 septembre 1943.

    109 René Bargeton, Étienne Dejonghe, Yves Le Maner et Patrick Oddone (éds), Rapports du préfet Carles (1940-1944), tome 2 …, op. cit., rapport du 5 avril 1943, p. 566.

    110 AD du Nord, 1897 W 2290, lettre circulaire du recteur Duez aux étudiants, 25 septembre 1943.

    111 AD du Nord, 1897 W 2286, circulaire du 23 novembre 1943.

    112 AD du Nord, 1897 W 2286, lettre du recteur Duez au ministre, secrétaire d’État à l’Education nationale, 6 décembre 1943.

    113 AD du Nord, 1897 W 2288, tableaux de situation face au STO pour les établissements secondaires, 24 décembre 1943.

    114 AD du Nord, 1897 W 2291, lettre du recteur Duez au directeur régional à la main-d’œuvre, 27 avril 1944.

    115 Pierre Pruvost, « Rapport général sur la situation de l’enseignement supérieur à Lille en 1943-1944 », dans Annales de l’université de Lille, année 1943-1944, p.13.

    116 Pierre Pruvost (doyen des sciences), « rapport sur la situation de la faculté des sciences pendant l’année scolaire 1943-1944 », dans Annales de l’Université de Lille, année 1943-1944, p.101 et suivantes.

    117 Ibid., p. 103.

    118 AD du Nord, 1W 1374, lettre du commissaire central de police de Tourcoing au préfet du Nord, 19 juillet 1943.

    119 Ibid, « Jeunes du Nord » Tract joint au rapport de police.

    120 AD du Nord, 1W 490, lettre du directeur régional à la main-d’œuvre au préfet du 19 juillet 1944.

    121 AD du Nord, 1W 85, note datée du 18 mai 1944.

    122 AD du Nord, J 59, Paul Duez, registre de documents, don de Monsieur Pierre Barbe, secrétaire de la faculté de droit de Lille, discours du doyen Combemale, 14 mars 1947.

    123 Ibid., article de presse lié à ses obsèques.

    124 Bernard Delmas (dir.), Denise Delmas-Decreus…, op. cit., p.182-185.

    125 Rémy Handourtzel, Vichy et l’École (1940-1944), Paris, Noësis, 1997, 329 p.

    126 Jean-François Condette, « Culture scolaire et Révolution nationale. Les ambitions contrariées du régime de Vichy dans le Nord et le Pas-de-Calais (1940-1944) », dans Robert Vandenbussche (dir.), Culture, occupation et résistance en Belgique et dans le Nord de la France, Musée de la Résistance de Bondues, IRHiS-Lille 3, n° 56, pp.89-145.

    127 François et René Bedarida, « La persécution des Juifs », dans Jean-Pierre Azéma et François Bedarida (dir.), La France des années noires, tome 2 : De l’occupation à la Libération, Paris, Seuil, 2000, p. 149-182.

    128 AD du Nord, 1W 2300, lettre du 29 septembre 1942.

    129 Ibid., lettre du recteur au préfet du 7 octobre 1942 et lettre du préfet au ministre du 11 octobre 1942.

    130 Archives nationales, F17 13346, lettre de 1943 d’Abel Bonnard au doyen Audra.

    131 AD du Nord, 1 W 302, rapport du 18 juin 1943 ; Archives nationales, F17 13379, rapport du préfet du Nord, 24 juin 1943.

    132 Archives nationales, F17 13376, extraits des rapports des préfets, rapport du préfet Carles, 2 janvier 1942.

    133 AD du Pas-de-Calais, 1W 952, rapport de l’inspecteur d’académie daté de janvier 1942.

    134 AD du Nord, 1897 W 2292, lettre du recteur Duez au ministre, 19 août 1941.

    135 AD du Nord, 1897 W 2828-1, lettre du secrétaire d’État à l’Éducation nationale au recteur Duez, le 6 mars 1942.

    136 Ibid., lettre du recteur au secrétaire d’État à l’Éducation nationale, 2 mars 1942.

    137 AD du Nord, 1897 W2828-1, lettre du directeur de l’Enseignement secondaire à Paul Duez, 9 juillet 1943.

    138 Ibid., lettre du secrétaire général à l’Instruction publique au recteur Duez, 14 octobre 1943.

    139 Bernard Delmas (dir.), Denise Delmas-Decreus…, op. cit., p.142.

    140 Ibid., p. 268.

    141 Ibid., p. 269.

    142 Hélène Eck (dir.), La guerre des ondes. Histoire des radios de langue française pendant la Deuxième Guerre mondiale, Bruxelles, Complexe Éditions, 1985, 384 p.

    143 AD du Nord, 1 W 1256, rapport du commissaire de police au préfet du 30 décembre 1940.

    144 Archives municipales de Lille, 5 H 4/18, rapports de police et lettres diverses.

    145 AD du Nord, 1 W 531, lettre de l’OFK 670 au préfet du 28 mars 1941.

    146 René Bargeton, Étienne Dejonghe, Yves Le Maner et Patrick Oddone Patrick (éds), Rapports du préfet Carles (1940-1944), tome 1 : 25 juillet 1940-3 juin 1942, Bulletin d’information Mémor, n° 26-27, 1998, Université Charles-de-Gaulle-Lille 3, rapport du 5 mars 1941, p. 131.

    147 Ibid., rapport du 7 juin 1941, p. 160.

    148 Ibid., tome 2, rapport du 5 juin 1943, p. 602.

    149 AD du Nord, 1W 2287, rapport du recteur Duez sur les fonctionnaires du département du Nord, avril-mai 1943.

    150 Jean-François Condette, « Affirmer la force des mouvements clandestins : usages résistants des fêtes et commémorations dans le Nord (1940-1944) », dans Robert Vandenbussche (éd.), La clandestinité en Belgique et en Zone interdite (1940-1944), IRHiS-Lille 3, CEGES, 2009, p.9-49.

    151 Bernard Delmas (dir.), Denise Delmas-Decreus…, op. cit., p.161.

    152 Ibid., p. 162.

    Vivre sous l'occupation : illégalités, collaborations et résistance

    X Facebook Email

    Vivre sous l'occupation : illégalités, collaborations et résistance

    Ce livre est diffusé en accès ouvert freemium. L’accès à la lecture en ligne est disponible. L’accès aux versions PDF et ePub est réservé aux bibliothèques l’ayant acquis. Vous pouvez vous connecter à votre bibliothèque à l’adresse suivante : https://freemium.openedition.org/oebooks

    Suggérer l’acquisition à votre bibliothèque Acheter ce livre aux formats PDF et ePub

    Si vous avez des questions, vous pouvez nous écrire à access[at]openedition.org

    Vivre sous l'occupation : illégalités, collaborations et résistance

    Vérifiez si votre bibliothèque a déjà acquis ce livre : authentifiez-vous à OpenEdition Freemium for Books.

    Vous pouvez suggérer à votre bibliothèque d’acquérir un ou plusieurs livres publiés sur OpenEdition Books. N’hésitez pas à lui indiquer nos coordonnées : access[at]openedition.org

    Vous pouvez également nous indiquer, à l’aide du formulaire suivant, les coordonnées de votre bibliothèque afin que nous la contactions pour lui suggérer l’achat de ce livre. Les champs suivis de (*) sont obligatoires.

    Veuillez, s’il vous plaît, remplir tous les champs.

    La syntaxe de l’email est incorrecte.

    Référence numérique du chapitre

    Format

    Condette, J.-F. (2024). Difficultés de la vie quotidienne et pratiques illégales des acteurs éducatifs sous l’occupation allemande dans les départements du Nord et du Pas-de-Calais (1940-1944). In Vivre sous l’occupation : illégalités, collaborations et résistance. Villeneuve d’Ascq: Publications de l’Institut de recherches historiques du Septentrion. https://doi.org/10.4000/books.irhis.8301
    Condette, Jean-François. « Difficultés de la vie quotidienne et pratiques illégales des acteurs éducatifs sous l’occupation allemande dans les départements du Nord et du Pas-de-Calais (1940-1944) ». In Vivre sous l’occupation : illégalités, collaborations et résistance. Villeneuve d’Ascq: Publications de l’Institut de recherches historiques du Septentrion, 2024. doi:10.4000/books.irhis.8301.
    Condette, Jean-François. « Difficultés de la vie quotidienne et pratiques illégales des acteurs éducatifs sous l’occupation allemande dans les départements du Nord et du Pas-de-Calais (1940-1944) ». Vivre sous l’occupation : illégalités, collaborations et résistance, Publications de l’Institut de recherches historiques du Septentrion, 2024, https://doi.org/10.4000/books.irhis.8301.

    Référence numérique du livre

    Format

    Vandenbussche, R. (2024). Vivre sous l’occupation : illégalités, collaborations et résistance. Villeneuve d’Ascq: Publications de l’Institut de recherches historiques du Septentrion. https://doi.org/10.4000/books.irhis.3728
    Vandenbussche, Robert. Vivre sous l’occupation : illégalités, collaborations et résistance. Villeneuve d’Ascq: Publications de l’Institut de recherches historiques du Septentrion, 2024. doi:10.4000/books.irhis.3728.
    Vandenbussche, Robert. Vivre sous l’occupation : illégalités, collaborations et résistance. Publications de l’Institut de recherches historiques du Septentrion, 2024, https://doi.org/10.4000/books.irhis.3728.
    Compatible avec Zotero Zotero

    1 / 3

    Publications de l’Institut de recherches historiques du Septentrion

    Publications de l’Institut de recherches historiques du Septentrion

    • Mentions légales
    • Plan du site
    • Se connecter

    Suivez-nous

    • LinkedIn
    • Bluesky
    • Flux RSS

    URL : https://irhis.univ-lille.fr

    Email : irhis-recherche@univ-lille.fr

    OpenEdition
    • Candidater à OpenEdition Books
    • Connaître le programme OpenEdition Freemium
    • Commander des livres
    • S’abonner à la lettre d’OpenEdition
    • CGU d’OpenEdition Books
    • Accessibilité : partiellement conforme
    • Données personnelles
    • Gestion des cookies
    • Système de signalement