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    Plan

    Plan détaillé Texte intégral Introduction La genèse d’un prieuré urbain (xe-xiiie siècles) Les stratégies économiques victorines dans les faubourgs de Corbeil (xive-xvie siècles) Un prieuré au cœur de la production et des échanges commerciaux entre Corbeil et la capitale Conclusion Bibliographie Notes de bas de page Auteur

    Administrer la ville dans et hors les murs

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    Table des matières

    Le prieuré victorin Saint-Guénault de Corbeil : un établissement religieux intra-muros aux bases économiques situées dans les faubourgs de la ville (xive-milieu xvie siècles)

    Julie Colaye

    Résumés

    Saint-Guénault est une collégiale comtale devenue église royale, donnée en 1134 par Louis VI à Saint-Victor de Paris comme dépendance directe. C’est un établissement situé sur les bords de la Seine, à l’intérieur des murailles de la ville. Le prieuré possède des droits paroissiaux et seigneuriaux étendus, d’abord en intramuros au xiie siècle, puis en extra-muros à partir du xiiie siècle, dans le faubourg Saint-Jacques, aux fonctions économiques très développées. C’est une position stratégique qui permet au prieuré de faire transiter le blé et les autres marchandises jusqu’à l’abbaye parisienne. L’étude permet de discerner des périodes d’extension et de rétractation des faubourgs de cette petite ville du bassin parisien, en fonction des stratégies économiques canoniales. L’objectif est de montrer les liens complexes tissés entre une communauté religieuse intra-muros et sa seigneurie extra-muros.

    Saint-Guénaut is a county collegiate which became royal church, given in 1134 by Louis VI to Saint-Victor de Paris as direct affiliation. It is an establishment located on the banks of the Seine, inside the walls of the city. The priory owns extensive parish and seigneurial rights, first within the city in the 12th century, and then outside the city from the 13th century, in the suburb of Saint-Jacques, with highly developed economic functions. It is a strategic location allowing the priory to transit wheat and others goods to the parisian abbey. This study makes it possible to discern periods of extension and retraction of the outskirts of this small Parisian Basin city, according to canonical economic strategies. The objectif is to show complex links between religious comunity from the inside and its seigneury from the outside.

    Entrées d’index

    Mots-clés : chanoines réguliers, faubourg, économie, bassin parisien

    Keywords : canons regular, suburb, economy, Paris Basin

    Texte intégral Introduction La genèse d’un prieuré urbain (xe-xiiie siècles) Les stratégies économiques victorines dans les faubourgs de Corbeil (xive-xvie siècles) Contexte global Le faubourg Saint-Jacqueset la chapelle du Petit-Saint-Guénault Le faubourg des Bordes : culture maraîchère et viticole et acquisition de biens immobiliers Un prieuré au cœur de la production et des échanges commerciaux entre Corbeil et la capitale Les infrastructures hydrauliques du prieuré Le transport fluvial des marchandises : le port Saint-Guénault Conclusion Bibliographie Notes de bas de page Auteur

    Texte intégral

    Introduction

    1Les paroisses où sont implantés les chanoines réguliers ont des physionomies diverses. Généralement, les communautés canoniales privilégient les espaces ruraux isolés, mais certaines sont fondées dans les faubourgs des villes ou dans de gros bourgs (fig. 1). Les milieux urbains posent des problèmes spécifiques, dans un contexte de saturation de l’espace intra-muros au moment du développement du monde canonial au xie siècle. La nécessité de faire face à une concurrence plus affirmée entre communautés religieuses, a pu conduire des congrégations à s’installer dans de petites paroisses autour d’une église devenue prieuré-cure. Bien qu’en position marginale dans les villes les plus importantes, les chanoines réguliers obtiennent des droits économiques sur certains faubourgs. Cela a été montré notamment par Y. Veyrenche pour la communauté de Saint-Ruf : le mouvement canonial est teinté d’érémitisme, donc la majorité de leur implantation est à l’écart des villes1. Pourtant, cela ne signifie pas que les chanoines n’ont aucun contact avec le milieu urbain. En réalité, malgré une orientation rurale de l’économie canoniale, fondée sur l’exploitation des terres agricoles, les chanoines sont partis prenants dans les réseaux d’échanges urbains où ils commercialisent leurs productions. L’espace investi par les rares prieurés urbains est en priorité la périphérie des villes qu’ils contribuent à mettre en valeur (cultures maraîchères et vignobles surtout)2.

    Fig. 1. Typologie des implantations victorines

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    © Julie Colaye

    2Ainsi, comment considérer la présence des chanoines réguliers victorins dans les villes ou leurs faubourgs ? Comment le contexte urbain local pèse sur le développement de ces établissements ? L’ordre des chanoines réguliers de Saint-Victor de Paris possède 16 dépendances directes qui suivent le schéma classique d’implantation géographique des communautés canoniales. Il n’a existé que deux prieurés urbains, Notre-Dame de Puiseaux et Saint-Guénault de Corbeil, situés tous deux dans des petites villes du Bassin parisien. Nous proposons de dresser un tableau de la situation de ce second prieuré, implanté à proximité de Paris. La documentation pour traiter le sujet est particulièrement riche par rapport aux autres établissements victorins. Il y a également des liens économiques et religieux tissés intra et extra-muros qui sont inédits pour cette communauté canoniale.

    3Corbeil est une petite ville située à la confluence d’un fleuve, la Seine, et d’une rivière, l’Essonne. C’est aujourd’hui une conurbation dense qui s’étend sur plusieurs kilomètres jusqu’aux communes de Villabé et d’Ormoy, rendant difficile la lecture du paysage agraire ancien. Dans la Chronique du religieux de Saint-Denys, Corbeil est qualifiée de « villa murata », c’est-à-dire de « place-forte »3. Elle a surtout eu une vocation militaire durant la première moitié du xve siècle4. On peut estimer qu’il s’agit d’une petite ville dont la population est d’environ 300 habitants dans les années 1450. Essonnes, située à quelques kilomètres, n’était encore qu’un petit village à la fin de l’époque médiévale.

    4Corbeil était le centre d’un comté créé en 946. Elle est ensuite intégrée précocement, en 1120, au domaine royal qui s’étend d’Orléans à Compiègne (fig. 2). Elle a été le lieu de résidence de plusieurs rois de France, comme Philippe le Bel qui y a séjourné 14 fois5. C’est ensuite le siège d’une circonscription, l’une des sept prévôtés qui composent le bailliage de Paris. Il s’agit d’une ville administrée par un prévôt, donc sans maire ni échevins, ce n’est pas une commune, mais avec tout de même un embryon d’organisation municipale. Six paroisses composent la ville et ses faubourgs à la fin du Moyen Âge. On y trouve deux églises collégiales, Saint-Spire et Notre-Dame.

    Fig. 2. L’implantation des prieurés victorins dans le domaine royal (fin xiie siècle)

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    © Julie Colaye

    5Cet article propose de restituer les rapports tissés entre la ville et un petit prieuré de taille modeste, mais rattaché à une abbaye de fondation royale. Cela permet de s’intéresser au contexte particulier des petites villes du Bassin parisien, orientées vers le commerce fluvial à destination de Paris. Le prieuré Saint-Guénault est particulièrement intéressant pour plusieurs raisons : il est implanté intra-muros à une époque où il peut uniquement se développer extra muros et il est contemporain du développement de la ville aux xiiie-xive siècles, en implantant une chapelle dans le faubourg Saint-Jacques, point de départ de ses acquisitions. Il est révélateur ensuite des modes de gestion économique et des biens que peuvent acquérir les prieurés : achat de maisons et de jardins pour développer la culture maraîchère et production de vin et de grains réacheminés, en partie, vers Paris. Enfin, ses stratégies économiques durant la période de reconstruction économique témoignent de son adaptabilité en contexte de crises, notamment par le biais d’un investissement renouvelé dans les faubourgs.

    La genèse d’un prieuré urbain (xe-xiiie siècles)

    6Il s’agit de présenter l’évolution historique de la ville et la genèse du prieuré victorin (xe-xiiie siècles), pour comprendre son milieu d’implantation et les facteurs qui ont pu conduire à son développement économique dans les faubourgs de la ville à partir de la fin du xiiie siècle.

    7L’église Saint-Guénault n’est pas fondée par les Victorins, il s’agit d’une collégiale séculière mise en place par le comte de Corbeil Haymon, dans la deuxième moitié du xe siècle, pour recevoir les reliques de l’abbé Guénault6. On a conservé un acte de Bouchard Ier, comte de Corbeil, non daté, de la fin du xe siècle, confirmant des donations du comte Haymon, et en fournissant d’autres à la collégiale séculière Saint-Guénault7. Ces biens sont ensuite transmis aux Victorins après la fondation du prieuré. Il s’agit de tous les droits sur Courcouronnes, l’église et la terre in suburbio appartenant au comte et à sa femme Élisabeth, la terre de Mondeville, un hôte (hospites)8, une terre labourable et deux arpents et demi de pré, des terres, un moulin, des prés et des droits sur la rivière. En 1125, donc avant la fondation du prieuré, Saint-Victor reçoit les annates9 des prébendes vacantes de la collégiale Notre-Dame et de l’église Saint-Guénault10. Il s’agit d’une première étape dans l’implantation victorine en ville.

    8Enfin, en 1134, Louis VI transmet aux Victorins tous les droits qu’il possède sur l’église ainsi que toutes les prébendes qui leur reviendront après la disparition des derniers chanoines séculiers11. On a conservé un acte non daté d’Étienne, évêque de Paris (1123-1142), qui souhaite que le dernier chanoine séculier présent à Corbeil, Baudoin, soit fait chanoine régulier victorin et que l’abbaye possède désormais l’ensemble des terres, des dîmes et des bâtiments du lieu12. Dans l’acte de donation de 1134 il est dit que le roi donne ecclesiam beati Guenaldi de castro Corboilo. Il s’agissait donc d’une collégiale castrale. En effet, les deux propriétés sont jointives, l’église a été récupérée par le roi pour ses propres besoins spirituels au moment de la disparition du comté. Vers 1140, après la fondation du prieuré, les Victorins reçoivent en plus de leur dotation initiale déjà conséquente, une prébende dans Saint-Spire, confirmant la volonté royale d’implanter les Victorins de manière durable à Corbeil13.

    9En 1255, l’évêque de Paris, Renaud de Corbeil, donne au prieuré Saint-Guénault une épine de la Sainte-Couronne qui lui avait été donnée par Blanche de Castille. Louis IX l’avait détachée de la relique en revenant de croisade. L’évêque Renaud, originaire de la ville, ordonne qu’elle soit exposée tous les vendredis et le jour des Saints-Innocents avec concession d’indulgences pour ceux qui viennent la vénérer14. C’est donc un sanctuaire prestigieux qui attire les chrétiens.

    10En 1258, peut-être à cause de la présence de cette relique prestigieuse, une chapelle est fondée à côté de la résidence royale de Corbeil, contenant un étage dédié à Notre-Dame avec deux autels à droite et à gauche dédiés à saint François et saint Pierre, situés au-dessus d’un oratoire inférieur dédié à saint Jean-Baptiste. Le roi décide que les chanoines victorins, dont le prieuré est attenant, desserviront cette chapelle en faisant venir trois chanoines supplémentaires de l’abbaye, en plus des quatre présents sur place en permanence. Ils doivent célébrer trois messes dans la chapelle royale et deux messes de requiem à Saint-Spire et à Notre-Dame, c’est-à-dire dans les autres églises de Corbeil où les Victorins possèdent des prébendes, confirmant leur prééminence par rapport aux autres communautés religieuses locales. À cette occasion, les Victorins reçoivent 40 livres parisis de rente annuelle, à prendre sur la prévôté, pour la subsistance des chanoines supplémentaires et l’ornementation de leur église15. C’est une somme très conséquente qui permet à l’abbaye d’entretenir davantage de frères dans ce prieuré que dans les autres dépendances. Il est précisé dans l’acte de 1258 que la chambre du roi donne au-dessus du pressoir du prieuré et que l’escalier qui mène de ses appartements à sa cour est au-dessus des étables priorales. Une entrée commune joint d’ailleurs la maison du prieuré et celle du roi. Ce dernier se réserve donc un droit de passage au sein du prieuré pour ses propres besoins. En échange, les chanoines reçoivent les clés de la chapelle castrale et du préau royal situé au bord de l’eau pour pouvoir aller desservir le lieu de culte et se promener sous le préau lorsque le roi est absent de Corbeil16. Ainsi, les liens avec le pouvoir royal sont une donnée cruciale pour comprendre l’implantation et le rôle des chanoines forains dans la ville.

    11Les droits et les possessions du prieuré sont étendus et sont répartis entre deux pôles seigneuriaux que sont Corbeil et Courcouronnes, avec une implantation privilégiée des biens dans le terroir de Corbeil et celui du petit village d’Essonnes (fig. 3). À l’intérieur des murs de Corbeil, le prieur possède uniquement des droits de cens et de rente sur quelques maisons situées autour du prieuré. Aux xiie-xiiie siècles, le prieuré acquiert surtout ces biens immobiliers par donation ou achat. En 1160, a lieu une première donation de trois maisons intra-muros. Les Victorins développent une censive réduite qui s’étend aux quelques rues autour de leur église, de la chapelle royale et de leur accès au port, jusqu’à la porte de Paris, point de passage commercial terrestre important en direction de la capitale.

    Fig. 3. La seigneurie du prieuré de Corbeil et ses principaux terroirs de possessions

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    © Julie Colaye

    12À partir de la décennie 1220, les acquisitions sont rares dans l’enceinte de la ville et fréquentes dans les faubourgs de la rive droite. Intra-muros, il y a encore quelques acquisitions au xiiie siècle mais elles restent minoritaires. Le prieuré étend sa seigneurie là où il reste de la place, c’est-à-dire dans les faubourgs qui sont également des pôles artisanaux et économiques de production de premier ordre (fig. 4).

    Fig. 4. L’implantation victorine dans les faubourgs de Corbeil, rive droite à la fin du Moyen Âge

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    © Julie Colaye

    Les stratégies économiques victorines dans les faubourgs de Corbeil (xive-xvie siècles)

    Contexte global

    13À partir de 1315, le Parisis entre dans une période de crises successives. La crise frumentaire de 1317 n’a pas durement entamé l’économie régionale mais à partir des années 1330, les difficultés monétaires se font sentir. Les contemporains mentionnent systématiquement deux facteurs responsables de leurs maux dans les sources : les épidémies et les guerres. L’ensemble des prieurés victorins s’est trouvé en zone sensible durant les conflits, c’est-à-dire sur le terrain immédiat des opérations militaires, des chevauchées anglaises ou des exactions des compagnies de routiers. En 1348, le Bassin parisien est atteint par la peste noire, avec des récurrences de l’épidémie comme en 1363. En 1357, les Grandes Compagnies pillent et détruisent les villages. En mai 1358, se déclenche la Jacquerie, qui n’épargne que le sud-ouest de la région parisienne. De 1361 à 1363, c’est surtout cet espace géographique qui est en difficulté, notamment la région de Corbeil, à la suite de la prise du château de Murs, d’où les routiers établissent une base pour exercer des pillages dans les villes et villages voisins. Au début du xve siècle, Louis d’Orléans et Jean sans Peur tentent de se rendre maîtres de la capitale, ce qui est désastreux pour la banlieue parisienne à partir de 1405. Le Parisis souffre des destructions occasionnées par les Armagnacs et les Bourguignons de 1410 à 1416 ; de dévaluations monétaires en 1417 et d’une nouvelle épidémie en 141817.

    14La reprise économique ne commence vraiment qu’à partir de 1441, elle est lente et délicate à mettre en place par les différentes autorités. Deux phases se dégagent ensuite pour la reconstruction économique du prieuré Saint-Guénault : une première reconstruction dès la fin des années 1430 jusqu’à la fin des années 1450, avec les premiers procès pour récupérer des redevances qui ne sont plus payées depuis plusieurs années et surtout une augmentation du nombre de baux à cens et à rente. On ne peut donc pas clairement distinguer une période de réacensement qui succèderait à une période de procès pour récupérer des droits perdus. Les deux processus se font en parallèle sur le temps long, propriété par propriété. La deuxième phase de reconstruction commence à la fin des années 1460 et se termine à la fin des années 1530.

    Le faubourg Saint-Jacques et la chapelle du Petit-Saint-Guénault

    15Le faubourg Saint-Jacques constitue, avec le faubourg Saint-Léonard, l’un des deux espaces extra muros situés au sud de la ville de Corbeil. Le prieur y possède une hostise18 (fig. 4), où les habitants sont tous ses sujets et justiciables. Les droits seigneuriaux sont exercés le long des deux rues principales du faubourg, celles de la Déguide et de la Poterie. Dans le faubourg Saint-Jacques, on trouve plusieurs maisons remarquables comme l’hôtel de la Clé, une maison à l’enseigne du Plat d’étain et une maison à l’enseigne du Dauphin ; toutes mentionnées dans des baux datant du xve siècle19. Il y a également une acquisition privilégiée de jardins dans les quartiers extra-muros, une sorte de ceinture verte maraîchère. Au bout de la rue de la Poterie, juste avant le faubourg Saint-Léonard, on trouve les jardins de la Poterie, portion d’espace libre entre les quartiers faubouriens qui est baillée à des habitants des faubourgs ou de la ville. Ces petites pièces de terre sont parfois closes de murs et ne sont pas baillées avec une maison.

    16La chapelle Saint-Guénault est une petite annexe priorale témoignant de l’ancrage du prieuré dans le faubourg Saint-Jacques. Elle est associée à un cimetière. Aucun lieu d’inhumation victorin n’est signalé intra-muros, simplement des inhumations ad sanctos, ce qui laisse supposer que le cimetière du faubourg Saint-Jacques est celui du prieuré. Il y a encore une fois un problème de places disponibles à l’intérieur de la ville. En 1226, on trouve la première mention distinguant Sancti Guenaili Magni et Sancti Guenaili Parvi, c’est-à-dire le prieuré intra-muros et la chapelle extra muros qui ont le même vocable20. En 1403, Richard Clément est qualifié de prêtre et chapelain du Petit-Saint-Guénault21. Le petit lieu de culte est desservi par un vicaire séculier rémunéré. La création d’une chapelle annexe est rare pour les établissements victorins. Cette fondation exceptionnelle est liée au contexte urbain et au développement des faubourgs de la ville au xiiie siècle. Mais les chanoines ne semblent pas revendiquer des droits paroissiaux importants dans les faubourgs, l’implantation religieuse est surtout à motif économique.

    17En effet, la chapelle du Petit-Saint-Guénault n’est ni le seul établissement religieux du faubourg, ni le plus important. L’église paroissiale Saint-Jacques est certainement à l’origine du développement de la ville en dehors de ses murailles. Il s’agit au départ d’une simple chapelle templière, bâtie au xiiie siècle, dans l’étendue de la paroisse Saint-Germain, dont la propriété est transférée au prieuré Saint-Jean-en-l’Isle de Corbeil au début du xive siècle. Le roi de France, Philippe V Le Long, dans les années 1310-1320, la transforma en église dépendant de celle de Saint-Germain, paroisse de rattachement des habitants du faubourg. Le curé de Saint-Germain décida alors d’habiter le faubourg Saint-Jacques et de la desservir lui-même, laissant l’église Saint-Germain à son vicaire paroissial. L’élévation de Saint-Jacques au rang d’église paroissiale et l’installation de la chapelle victorine sont donc tardives. Le faubourg s’est constitué de manière embryonnaire et anarchique au xiiie siècle à cause du développement des activités artisanales et commerciales de la ville. Ensuite, les deux chapelles, templière et victorine, ont été fondées, et enfin, au milieu du xive siècle, le faubourg s’est structuré en véritable paroisse autour de l’église Saint-Jacques.

    18En 1528, la chapelle du Petit-Saint-Guénaut n’existe plus, sa place est dite « en ruine et décadence », elle est baillée à un vigneron de Corbeil. Néanmoins, il est prévu dans le bail de la place que le preneur ne construise pas sur la totalité de la propriété. Le bail peut être résilié si « on venait à réédifier, refaire ou réparer la chapelle »22. La destruction et l’abandon de la chapelle datent de la fin du xve ou du début du xvie siècle. Ce peut être une conséquence de la guerre de Cent Ans ou bien de la proximité de l’église Saint-Jacques qui s’affirme comme seule détentrice des droits paroissiaux du faubourg. On ne peut pas, en tout cas, en déduire un repli du faubourg à la fin du Moyen Âge, consécutif aux crises, puisque d’autres documents témoignent de la poursuite des investissements en extra muros. En 1537, le Petit-Saint-Guénault est encore un toponyme utilisé dans le faubourg, mais cela ne veut pas dire que les bâtiments sont à nouveau en élévation23.

    Le faubourg des Bordes : culture maraîchère et viticole et acquisition de biens immobiliers

    19Les Bordes forment un autre faubourg de Corbeil, au nord de la ville, composé essentiellement de jardins et de maisons possédés par le prieuré24. Le terme « borde » est employé pour qualifier ce territoire extra muros à partir du xiiie siècle. Il s’agit d’anciens domaines agricoles progressivement peuplés car ils sont proches du centre urbain en pleine expansion. Les habitations s’y déploient de manière très simple, le long de deux axes principaux, laissant une grande place à la végétation tout autour (fig. 5). Ce faubourg est donc moins développé à la fin du Moyen âge que ceux de la rive droite de la Seine. Sur la rive gauche, l’implantation paroissiale reste plus diffuse, on trouve surtout le village d’Essonnes, alors que sur l’autre rive, la proximité des paroisses de Saint-Germain et de Saint-Pierre-du-Perray est attractive. Les Bordes vont donc se développer en même temps que la culture maraîchère autour de la ville, à partir de la fin du xiiie siècle. Il s’agit de l’arrière-pays agricole alors que la rive droite est davantage tournée vers l’artisanat et le commerce. Dans un acte datant de 153125, un habitant de Corbeil a pris en bail à loyer deux jardins dans les Bordes dont l’un est clos de murs. Il lui est interdit de couper les arbres à l’intérieur des deux propriétés et des clauses d’entretien assez précises sont mentionnées. Le preneur doit payer la délimitation d’un des deux jardins par un fossé et une haie d’aubépines. Les murailles de l’autre jardin doivent être entretenues et il doit y ménager une ouverture donnant vue sur les habitations des Bordes. De plus, le prieur se réserve une hotte de poires lorsque le poirier est en fruits. Ce contrat témoigne de la vigilance des chanoines dans l’entretien de leurs jardins extra-muros, clairement délimités les uns avec les autres et soignés par les tenanciers.

    Fig. 5. L’implantation victorine dans les faubourgs de Corbeil, rive gauche à la fin du Moyen Âge

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    © Julie Colaye

    20Dans ce faubourg, on trouve également des vignerons qui habitent non loin de leurs petites pièces de vigne situées dans le clos Lecomte ou les Tarterêts (fig. 5). Ils se livrent parfois en complément à la culture maraîchère. Nous sommes dans le grand terroir viticole du sud de Paris, le long de la Seine et de ses affluents. On y produit les « vins de France » qui sont ensuite acheminés par voie d’eau jusqu’à Paris pour être vendus. Les religieux sont peu nombreux dans ce petit prieuré et pour entretenir les vignes ils s’associent aux laïcs, dont les contrats comprennent des clauses pour définir les attributions de chacun (transport du vin, plantation des échalas etc.). Les surfaces baillées sont généralement modestes, mais les vignes sont une priorité car elles rapportent plus que les céréales. La remise en état est plus longue, il faut attendre en moyenne trois ans avant la première vendange.

    21Les contrats passés dans les Bordes témoignent du dépeuplement des faubourgs au sortir de la guerre de Cent Ans. Un indicateur majeur est le bail de pièces de terre dites en friche ou de maisons en ruine. À cette époque, le terme de « masure » prend son sens de maison délabrée qu’il n’avait pas forcément aux siècles précédents. Les baux sont majoritairement à cens et à rente, mais on trouve des contrats qui ne stipulent qu’un seul type de redevance. Ainsi, dans un acte sous le sceau de la prévôté de Corbeil datant de 140726, une pièce de terre est louée en friche alors qu’elle est dite jadis en vigne. On trouve des clauses de labours et d’entretien, symptomatiques de cette période de reconstruction ou alors des clauses de construction de maisons à la place de masures pour les baux de biens immobiliers. On ne trouve d’ailleurs plus de masures mais uniquement des maisons qui sont baillées à partir des années 1480 à cause des clauses de reconstruction des contrats précédents qui ont été efficaces.

    22À partir des années 1480, on trouve des baux passés avec une minoration de rente pour les premières années de versement. Comme les baux sont longs, il n’est pas possible de louer une pièce de terre en friche au même prix qu’une pièce de terre déjà remise en état. Cela permet aussi d’inciter les tenanciers à redresser rapidement leur propriété. Par exemple, dans un acte sous le sceau de la prévôté de Corbeil datant de 1484, un laboureur demeurant à Ivry-sur-Seine, a pris en bail à rente une pièce de vigne située dans le terroir de Corbeil. Le prieur consent que le preneur ne paye que 7 sous parisis au lieu de 10 sous parisis de rente les quinze premières années. Il peut également transférer cette rente durant le laps de temps indiqué sur un autre héritage pour décharger la pièce de vigne27. Le nombre de déclarations, de plus en plus important dans les années 1520 à 1540, témoigne de la solidité retrouvée de la base foncière priorale. En effet, il s’agit généralement de nouvelles déclarations qui sont établies grâce à l’arrivée d’un nouveau tenancier ou à cause d’un renouvellement de bail. Cela témoigne de la volonté de fixation de la population par le prieuré dans les faubourgs, les nouveaux tenanciers possèdent généralement un lopin de terre dans les Bordes où une maison sur l’autre rive de la Seine.

    23Toutes les bases économiques et religieuses développées par le prieuré Saint-Guénault en milieu urbain sont exceptionnelles pour la communauté victorine qui investit majoritairement en milieu rural. Cela est à replacer à plus grande échelle, dans le contexte de développement de Corbeil au Moyen âge pour pouvoir comprendre les réseaux économiques dans lesquels s’insèrent le prieuré et son abbaye-mère.

    Un prieuré au cœur de la production et des échanges commerciaux entre Corbeil et la capitale

    Les infrastructures hydrauliques du prieuré

    24Corbeil est géographiquement située en position de carrefour pour recueillir les productions de grains provenant des grandes régions céréalières, comme la Beauce, qui alimentent le Bassin parisien. Dans un premier temps, aux xiie-xiiie siècles, on ne trouve que des moulins à blé, sûrement à cause de ce rôle privilégié de Corbeil28.

    25Il y a peu de moulins intra-muros dans cette ville au Moyen Âge, mais ils ont une production importante. Il s’agit des moulins du Roi de France et du moulin Martin, appelé plus tard moulin de la Boucherie. Nous avons déjà mentionné l’importante production des moulins royaux. Le moulin Martin est possédé par le prieuré Saint-Guénault, comme nous l’apprend le registre de compte de la ville de Pierre Barré, procureur de Corbeil, couvrant quatre années comptables, de 1482 à 148629. Il s’agit peut-être du moulin donné par le neveu du comte de Corbeil dans les années 990 à la collégiale ayant précédé l’implantation victorine30. Il s’agit donc du seul établissement religieux de la ville à posséder une installation hydraulique à l’intérieur de l’enceinte. Le village d’Essonnes est également bien équipé en moulins, auxquels il faut ajouter ceux situés entre les territoires de Corbeil et d’Essonnes, les moulins d’Angoulême, encore appelés les moulins de Normandie, le moulin Galand et le moulin de Chantereine31. On a associé des pêcheries aux complexes hydrauliques pour avoir une activité piscicole en parallèle.

    26Au cours du xive siècle, une certaine diversité apparait : des moulins à papier s’installent à l’emplacement d’anciens moulins à blé32. Ils ne nécessitent pas de chutes d’eau plus puissantes, en revanche, les bâtiments occupent une surface au sol plus conséquente pour pouvoir préparer et sécher le papier. Prenons l’exemple des moulins du Perray sur le bras nord de l’Essonne. On a conservé un procès datant de 1466 entre les chanoines victorins, possesseurs de l’un des trois moulins du Perray, et le détenteur du moulin voisin, le moulin du Taulay, possédé par le papetier Jean Maquereau, qui a transformé l’ancien moulin à blé en moulin à papier33. Le troisième moulin, appartient à la commanderie Saint-Jean en l’Île de Corbeil, qui est resté moulin à blé au moins jusqu’en 153334.

    27Le moulin Saint-Guénault-du-Perray est l’une des plus anciennes possessions victorines. On a conservé un acte de donation de ce moulin à la collégiale en 1109 par Philippe, chevalier de Corbeil, avec quatre boulangers qui étaient tenus de l’utiliser35. En 1466, les chanoines accusent Jean Maquereau d’avoir agrandi son installation au point de recouvrir un chemin commun qui longeait le bief. On a conservé une illustration des trois moulins intitulée « l’ancienne figure des moulins du temps passé, la nouvelle figure des moulins du temps présent ». Cela permet de mieux comprendre la physionomie et le mode de fonctionnement de ces infrastructures. K. Berthier a montré que les moulins à papier sont plus gourmands en place et en eau que les moulins à blé. Ils ne requièrent pas une énergie hydraulique plus importante, mais tout le processus de fabrication du papier nécessite plus d’eau, de personnel et d’espace que celui de la farine. Les litiges sont donc toujours possibles entre les anciennes et les nouvelles installations36. Le moulin à blé des Victorins est lui-même converti à une date inconnue en moulin à papier, il est déjà qualifié ainsi en 1533. Les Victorins se sont donc eux aussi lancés dans le commerce du papier à partir de la ville de Corbeil (fig. 4).

    Le transport fluvial des marchandises : le port Saint-Guénault

    28On pourrait être étonné du nombre de moulins à blé et à papier présents à Corbeil et qui paraît disproportionné par rapport au nombre d’habitants. Cela est dû au rôle éminemment commercial de ces marchandises, à destination de Paris. Récemment, des travaux collectifs ont mis l’accent sur les relations entre Paris et sa périphérie immédiate37. Il y a une forte intensité des rapports qui s’inscrivent en termes juridiques et économiques. K. Berthier fait le lien entre l’augmentation de la population parisienne et le suréquipement de la ville de Corbeil au Moyen âge. La capitale n’a ni les moyens ni les capacités d’installer de nombreux moulins sur la Seine dans Paris. Il faut laisser le fleuve libre pour ne pas entraver la circulation, de plus les conditions hydrologiques sont moins favorables qu’à Corbeil. C’est donc une voie toute trouvée pour approvisionner Paris en produits issus de l’énergie hydraulique38.

    29Corbeil fait partie, avec les villes de Melun et de Poissy, du réseau de ravitaillement de Paris. On achemine des produits utilisés quotidiennement (bois, vin et céréales surtout) par la Seine sur des bateaux à fond plat. Comme nous l’avons vu, la production de papier est aussi importante. Les moulins d’Essonnes en fournissent à Paris depuis les années 1380, c’est-à-dire depuis la première reconstruction économique et dans le cadre du développement de l’administration royale39. En dehors de la voie fluviale privilégiée, on trouve la route royale qui passe à Essonnes et qui favorise le développement des fonctions artisanales et commerciales de Corbeil. La censive du prieuré se trouve en limite de cet accès principal.

    30Le prieuré Saint-Guénault possède son propre port d’où partent les marchandises à destination de Saint-Victor de Paris, appelé le port « Saint-Guénault ». C’est également à cet endroit qu’une partie du poisson du prieuré est pêché dans la Seine. En 1204, le prieuré reçoit le droit de pêche dans le fleuve par une donation de Dreux de Macholy, confirmée par Adèle reine de France40. Il est certain que le poisson était en partie consommé par les chanoines sur place et en partie envoyé à l’abbaye. Le port est aussi le lieu de paiement de certaines redevances en nature. Dans un acte datant de 1512, le chevalier tenant à ferme les droits seigneuriaux des Victorins sur la paroisse de Bourray, doit rendre tous les ans au prieur de Saint-Guénault une rente en nature de 14 setiers de blé qu’il paye au port de Corbeil41.

    31Ces quais sont particulièrement bien localisés car ils sont situés à quelques mètres au sud de la clôture du prieuré. En 1442, une maison est baillée sur le port à un particulier. Elle jouxte le jardin du prieuré. Il est précisé que le bâtiment ne doit pas être rehaussé trop haut pour ne pas empêcher le soleil de passer à travers les verrières de l’église42. Cette clause est renouvelée lors d’une nouvelle mise en location en 1517. La maison, baillée à cens et à rente, ne doit pas servir à accueillir des animaux qui sentent forts, comme des pourceaux ou des vaches. Les preneurs doivent aussi construire un mur entre leur propriété et le jardin du prieuré. Ils ne doivent y ménager aucune ouverture43. Ainsi, au fil du temps, les chanoines se sont protégés des nuisances possibles du voisinage (sonores, olfactives…) en ajoutant des clauses contraignantes dans leurs baux. La proximité du port a donc des avantages commerciaux pour peux mais le manque d’isolement entraîne beaucoup de difficultés pour maintenir une vie communautaire correcte.

    Conclusion

    32La ville de Corbeil est de taille relativement modeste mais elle joue un rôle important dans le sud-est du Bassin parisien à l’époque médiévale. Le prieuré Saint-Guénault est dans une position particulière au moment de son implantation dans la ville. Son origine lui permet d’avoir quelques droits et possessions intra-muros héritées de la collégiale du xe siècle qu’il remplace, mais son installation au xiie siècle l’empêche de s’étendre davantage à l’intérieur des murailles de la ville. Il s’agit de l’un des rares prieurés victorins implanté en milieu urbain. Il va alors développer ses ressources domaniales et accumuler des droits dans deux faubourgs de la ville à partir du xiiie siècle : le faubourg Saint-Jacques et les Bordes. Il profite du développement urbain de la période pour assurer son économie de rente. Les chanoines forains possèdent des vignes, des terres, des biens immobiliers et une censive étendue hors les murs. L’implantation faubourienne est favorable à l’économie victorine, tournée vers l’exploitation agricole. Dans le faubourg Saint-Jacques, la création de la chapelle du Petit-Saint-Guénault, annexe pour le service religieux, permet de matérialiser et d’affirmer la présence victorine. C’est un poste avancé de contrôle et de gestion des biens extra-muros, mise en abîme s’il en est, puisque le prieuré est lui-même un poste avancé de son abbaye-mère. Le prieur de Corbeil développe des stratégies économiques et religieuses propres au milieu urbain, tournées vers le commerce parisien, dont on ne retrouve pas d’équivalent parmi les 15 autres dépendances directes de Saint-Victor. Il a la responsabilité de faire acheminer les grains, les poissons et le vin à Paris par voie fluviale grâce à son port sur la Seine. En témoigne l’importance du nombre de moulins sur lesquels le prieuré possède des droits. La guerre de Cent Ans a entraîné une rétraction des faubourgs de la ville et des pertes économiques et matérielles importantes pour Saint-Guénault. Néanmoins, la période de reconstruction économique a été menée efficacement par les prieurs et a permis de repeupler les maisons des faubourgs, bailler les terres et tout remettre en état entre la fin du xve et la première moitié du xvie siècle. C’est donc l’un des acteurs du développement et des transformations de la ville tout au long de l’époque médiévale. Sa position est éminemment stratégique pour l’abbaye-mère qui compte sur les ressources de ses dépendances pour assurer sa propre subsistance. On comprend alors pourquoi il s’agit de l’un des quatre établissements qui gèrent les plus grandes parts du domaine abbatial. Le prieuré possède également de nombreux droits à Courcouronnes, qui représente le deuxième pôle de sa seigneurie. Les chanoines y ont implanté un hôtel seigneurial qui est le point de contrôle de leurs possessions à l’intérieur de la ville. C’est un autre aspect à creuser pour comparer les stratégies d’implantation victorine en milieu urbain.

    Bibliographie

    Bellaguet 1842 : Bellaguet (L.-Fr.) [éd.], Chronique du religieux de Saint-Denys contenant le règne de Charles VI de 1380 à 1422, 19842, Paris.

    Berthier et Benoît 2004 : Berthier (K.) et Benoît (P.), « Les aménagements hydrauliques au Moyen Âge et au xvie siècle à Corbeil-Essonnes », dans Burnouf (J.) et Leveau (Ph.) [dir.], Fleuves et marais, une histoire au croisement de la nature et de la culture. Actes du colloque (Baume-lès-Aix, avril 2002), Paris, CTHS, 2004, p. 321-330.

    Berthier et Benoît 2007 : Berthier (K.) et Benoît (P.), « Corbeil-Essonnes, naissance et développement d’un site industriel sur la rivière », dans Douétil (J.-M.) [éd.], Des rivières, des hommes, une longue histoire. Actes du colloque du SIARCE (Corbeil-Essonnes, 4-5 novembre 2005), Paris, AEDEH, 2007, p. 189-197.

    Fourquin 1964 : Fourquin (G.), Les campagnes de la région parisienne à la fin du Moyen Âge, du milieu du xiiie siècle au début du xvie siècle, Paris, Presses universitaires de France, 1964.

    Guittoneau 2016 : Guittoneau (P.-H.), Dans l’ombre de la capitale, les petites villes sur l’eau et Paris au xve siècle, Paris, Classiques Garnier, 2016.

    Lalou 2007 : Lalou (É.), Itinéraire de Philippe le Bel (1285-1314), Paris, diff. De Boccard, 2007.

    Lohrmann 1989 : Lohrmann (D.) [éd.], Papsturkunden in Frankreich. Neue Folge. 8, Diözese Paris. 1, Urkunden und Briefsammlungen der Abteien Sainte-Geneviève und Saint-Victor, Göttingen, Vandenhoeck und Ruprecht, n° 4, 1989, p. 148-149.

    Luchaire 1964 : Luchaire (A.) [éd.], Études sur les actes de Louis VII, Bruxelles, Culture et civilisation, acte n°166, 1964.

    Michel et Verger 2002 : Michel (M.-J.) et Verger (J.) [dir.], À l’ombre de Paris. Les échanges entre Paris et ses périphéries (xive-xviiie siècle). Actes de la table ronde (Villetaneuse, 29 septembre 2000), Paris, Nolin, 2002.

    Stein 1894 : Stein (H.), « La papeterie d'Essonnes », Annales de la Société Historique et Archéologique du Gâtinais, t. 12, 1894, p. 335-372.

    Veyrenche 2009 : Veyrenche (Y.), « Une abbaye chef d’ordre face à deux cités : les chanoines réguliers de Saint-Ruf à Avignon et à Valence », dans Moines et religieux dans la ville (xiie-xve siècle). Actes du 44e colloque de Fanjeaux, Toulouse, Privat (Cahiers de Fanjeaux, t. 44), 2009, p. 79-106.

    Veyrenche 2010 : Veyrenche (Y.), « Chanoines réguliers et paroisses du milieu du xiiie siècle au début du xvie siècle. Le cas des réseaux paroissiaux de Saint-Ruf, Saint-Félix de Valence et Saint-Vallier », dans Cauchies (J.-M.) [coord.], L’Église et la vie religieuse, des pays bourguignons à l’ancien royaume d’Arles (xive-xve siècle). Actes des rencontres (Avignon, 17-20 septembre 2009), Neuchâtel, Centre Européen d'Études Bourguignonnes (Publications du Centre Européen d'Études Bourguignonnes, n° 50), 2010, p. 145-163.

    Notes de bas de page

    1 Veyrenche 2009, p. 79-106.

    2 Veyrenche 2010, p. 145-163.

    3 Bellaguet 1842, t. 3, p. 337.

    4 Guittonneau 2016, p. 168. L’auteur fait une présentation très complète de la ville de Corbeil au Moyen Âge.

    5 Lalou 2007.

    6 Bibliothèque nationale de France, ms. fr. 22397, p. 433.

    7 Archives nationales, S 2115A, sans date. Lettre de Bouchard, comte de Corbeil, qui, pour le remède de son âme et de celle de ses ancêtres, a donné, en présence de Gulland chanoine dudit lieu et de Renaud, son fils, évêque de Paris, à Saint-Guénault : des terres que le comte Haymon avait donné au prieur et qu’il concède à son tour. Il confirme aussi deux sous de rente annuelle donnés par Hardouin et Joscer son neveu, Hardouin servant le comte et Joscer étant prieur de l’église Saint-Guénault. On s’aperçoit donc clairement que la collégiale séculière est intimement liée à la famille comtale puisque le neveu du comte la dirige.

    8 Les défrichements ont pu donner naissance à de nouveaux terroirs et à de nouveaux villages. Les paysans sont appelés hôtes et cultivent généralement des nouvelles terres qui sont comprises dans la réserve seigneuriale.

    9 Taxe prélevée au moment d’un changement de bénéfice correspondant à une année de revenus de ce dernier.

    10 Archives nationales, K 181, un acte 1125. Lohrmann, 1989, p. 148-149, n° 4.

    11 Archives nationales, K 22, n° 76, 1134.

    12 Archives nationales, K 23, n° 616, sans date.

    13 Luchaire 1964, n° 166, 1146.

    14 Bibliothèque nationale de France, ms. fr. 22397, p. 434.

    15 Bibliothèque nationale de France, ms. lat. 14680, fol. 171-172.

    16 Archives nationales, K 181, n° 5, 1258 ; S 2115B, 1258.

    17 Fourquin 1964, p. 229-258.

    18 Les hostises sont des tenures gagnées sur la forêt durant la grande période de défrichements. Généralement, on les confond avec des tenures à cens classiques à partir de la fin du xiiie siècle, lorsque l’aménagement du nouveau village est terminé.

    19 Archives nationales, S 2116, 1459, 1470 et 1489.

    20 Archives nationales, S 2115B, 1226.

    21 Archives nationales, S 2116, 1403.

    22 Archives nationales, S 2117, 1528.

    23 Archives nationales, S 2117, 1537.

    24 Archives nationales, Z2 925, 1490.

    25 Archives nationales, S 2117, 1531.

    26 Archives nationales, S 2116, 1407.

    27 Archives nationales, S 2116, 1484.

    28 Berthier et Benoît 2004, p. x321.

    29 Archives municipales de Corbeil, CC-1, compte de Pierre Barré, procureur de Corbeil, couvrant les années comptables 1482-1486.

    30 Archives nationales, S 2115A, sans date.

    31 Berthier et Benoît 2004, p. x323.

    32 Stein 1894, p. x335-372.

    33 Archives nationales, S 2116, 1466. Archives nationales, réserves du Département à l'action culturelle et éducative. Les moulins de Corbeil. Dessin à la plume, colorié, sur parchemin, vers 1475. Taille : 77,5 x 55 cm. Côte : AE/II/2481. Côte originelle : S 2116, n° 10 bis.

    34 Archives nationales, S 2117, 1533.

    35 Archives nationales, S 2115A, vidimus de la prévôté de Corbeil datant de 1310 de l’acte de 1109. On ne possède pas l’acte original.

    36 Cf. pour l’étude du document iconographique, Berthier et Benoit, 2007.

    37 Michel et Verger 2002.

    38 Berthier et Benoît 2007.

    39 Guittonneau 2016, p. 397-398.

    40 Archives nationales, S 2115A, 1204.

    41 Archives nationales, S 2117, 1512.

    42 Archives nationales, S 2116, 1 acte 1442.

    43 Archives nationales, S 2117, 1 acte 1517.

    Auteur

    • Julie Colaye

      Agrégée d’histoire, docteure en histoire médiévale, TrAme (EA 4284)
      juliecolaye@gmail.com

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    1 Veyrenche 2009, p. 79-106.

    2 Veyrenche 2010, p. 145-163.

    3 Bellaguet 1842, t. 3, p. 337.

    4 Guittonneau 2016, p. 168. L’auteur fait une présentation très complète de la ville de Corbeil au Moyen Âge.

    5 Lalou 2007.

    6 Bibliothèque nationale de France, ms. fr. 22397, p. 433.

    7 Archives nationales, S 2115A, sans date. Lettre de Bouchard, comte de Corbeil, qui, pour le remède de son âme et de celle de ses ancêtres, a donné, en présence de Gulland chanoine dudit lieu et de Renaud, son fils, évêque de Paris, à Saint-Guénault : des terres que le comte Haymon avait donné au prieur et qu’il concède à son tour. Il confirme aussi deux sous de rente annuelle donnés par Hardouin et Joscer son neveu, Hardouin servant le comte et Joscer étant prieur de l’église Saint-Guénault. On s’aperçoit donc clairement que la collégiale séculière est intimement liée à la famille comtale puisque le neveu du comte la dirige.

    8 Les défrichements ont pu donner naissance à de nouveaux terroirs et à de nouveaux villages. Les paysans sont appelés hôtes et cultivent généralement des nouvelles terres qui sont comprises dans la réserve seigneuriale.

    9 Taxe prélevée au moment d’un changement de bénéfice correspondant à une année de revenus de ce dernier.

    10 Archives nationales, K 181, un acte 1125. Lohrmann, 1989, p. 148-149, n° 4.

    11 Archives nationales, K 22, n° 76, 1134.

    12 Archives nationales, K 23, n° 616, sans date.

    13 Luchaire 1964, n° 166, 1146.

    14 Bibliothèque nationale de France, ms. fr. 22397, p. 434.

    15 Bibliothèque nationale de France, ms. lat. 14680, fol. 171-172.

    16 Archives nationales, K 181, n° 5, 1258 ; S 2115B, 1258.

    17 Fourquin 1964, p. 229-258.

    18 Les hostises sont des tenures gagnées sur la forêt durant la grande période de défrichements. Généralement, on les confond avec des tenures à cens classiques à partir de la fin du xiiie siècle, lorsque l’aménagement du nouveau village est terminé.

    19 Archives nationales, S 2116, 1459, 1470 et 1489.

    20 Archives nationales, S 2115B, 1226.

    21 Archives nationales, S 2116, 1403.

    22 Archives nationales, S 2117, 1528.

    23 Archives nationales, S 2117, 1537.

    24 Archives nationales, Z2 925, 1490.

    25 Archives nationales, S 2117, 1531.

    26 Archives nationales, S 2116, 1407.

    27 Archives nationales, S 2116, 1484.

    28 Berthier et Benoît 2004, p. x321.

    29 Archives municipales de Corbeil, CC-1, compte de Pierre Barré, procureur de Corbeil, couvrant les années comptables 1482-1486.

    30 Archives nationales, S 2115A, sans date.

    31 Berthier et Benoît 2004, p. x323.

    32 Stein 1894, p. x335-372.

    33 Archives nationales, S 2116, 1466. Archives nationales, réserves du Département à l'action culturelle et éducative. Les moulins de Corbeil. Dessin à la plume, colorié, sur parchemin, vers 1475. Taille : 77,5 x 55 cm. Côte : AE/II/2481. Côte originelle : S 2116, n° 10 bis.

    34 Archives nationales, S 2117, 1533.

    35 Archives nationales, S 2115A, vidimus de la prévôté de Corbeil datant de 1310 de l’acte de 1109. On ne possède pas l’acte original.

    36 Cf. pour l’étude du document iconographique, Berthier et Benoit, 2007.

    37 Michel et Verger 2002.

    38 Berthier et Benoît 2007.

    39 Guittonneau 2016, p. 397-398.

    40 Archives nationales, S 2115A, 1204.

    41 Archives nationales, S 2117, 1512.

    42 Archives nationales, S 2116, 1 acte 1442.

    43 Archives nationales, S 2117, 1 acte 1517.

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    Colaye, J. (2022). Le prieuré victorin Saint-Guénault de Corbeil : un établissement religieux intra-muros aux bases économiques situées dans les faubourgs de la ville (xive-milieu xvie siècles). In M. Béghin & C. Xandry (éds.), Administrer la ville dans et hors les murs. Villeneuve d’Ascq: Publications de l’Institut de recherches historiques du Septentrion. https://doi.org/10.4000/books.irhis.7002
    Colaye, Julie. « Le prieuré victorin Saint-Guénault de Corbeil : un établissement religieux intra-muros aux bases économiques situées dans les faubourgs de la ville (xive-milieu xvie siècles) ». In Administrer la ville dans et hors les murs, édité par Mathieu Béghin et Catherine Xandry. Villeneuve d’Ascq: Publications de l’Institut de recherches historiques du Septentrion, 2022. doi:10.4000/books.irhis.7002.
    Colaye, Julie. « Le prieuré victorin Saint-Guénault de Corbeil : un établissement religieux intra-muros aux bases économiques situées dans les faubourgs de la ville (xive-milieu xvie siècles) ». Administrer la ville dans et hors les murs, édité par Mathieu Béghin et Catherine Xandry, Publications de l’Institut de recherches historiques du Septentrion, 2022, https://doi.org/10.4000/books.irhis.7002.

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    Béghin, M., & Xandry, C. (éds.). (2022). Administrer la ville dans et hors les murs. Villeneuve d’Ascq: Publications de l’Institut de recherches historiques du Septentrion. https://doi.org/10.4000/books.irhis.6729
    Béghin, Mathieu, et Catherine Xandry, éd. Administrer la ville dans et hors les murs. Villeneuve d’Ascq: Publications de l’Institut de recherches historiques du Septentrion, 2022. doi:10.4000/books.irhis.6729.
    Béghin, Mathieu, et Catherine Xandry, éditeurs. Administrer la ville dans et hors les murs. Publications de l’Institut de recherches historiques du Septentrion, 2022, https://doi.org/10.4000/books.irhis.6729.
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