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    Publications de l’Institut de recherches historiques du Septentrion
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    Plan

    Plan détaillé Texte intégral Le contexte de la fondation du pensionnat de Dohem La formation des institutrices au pensionnat de Dohem Le cours normal féminin de Dohem de 1854 à 1914 : Entre développement soutenu par les pouvoirs publics et repli sur la formation des maîtresses du privé Notes de bas de page Auteur

    Éducation, Religion, Laïcité (xvie-xxe s.). Continuités, tensions et ruptures dans la formation des élèves et des enseignants

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    Table des matières

    Le pensionnat de Dohem (Pas-de-Calais) et la formation des institutrices

    Un modèle d’éducation chrétienne de 1814 à 1914 ?

    Caroline Darnaux

    p. 143-157

    Texte intégral Le contexte de la fondation du pensionnat de Dohem L’éducation des filles au XIXe siècle Les différentes structures du pensionnat Le statut des filles du Saint-Cœur de Marie de Dohem La formation des institutrices au pensionnat de Dohem Le choix du Pas-de-Calais pour la formation des institutrices (1842-1850) La vie quotidienne d’une aspirante institutrice au cours normal de Dohem La valeur religieuse du cours normal de Dohem Le cours normal féminin de Dohem de 1854 à 1914 : Entre développement soutenu par les pouvoirs publics et repli sur la formation des maîtresses du privé Un cours normal féminin qui donne satisfaction aux Autorités (1854 à 1883) Une différenciation financière entre cours normal masculin et féminin L’application dans le Pas-de-Calais de la loi Paul Bert La pérennité de l’école normale libre des filles de Dohem (1883-1914) Notes de bas de page Auteur

    Texte intégral

    1La particularité du pensionnat de Dohem repose sur son caractère précurseur et pionnier dans la mesure où il s’attache à donner un enseignement aux jeunes filles au lendemain de la Révolution. Une des originalités de cet établissement est déterminée par sa double étiquette qui est à la fois un lieu d’éducation avec son pensionnat et un lieu de formation avec son cours normal puis son école normale libre. Les directrices qui se succèdent à la tête de l’établissement poursuivent deux objectifs : la volonté de former une élite de femmes et le souci de la prise en compte de la dimension religieuse. Dans quelle mesure ce pensionnat a-t-il contribué au développement de l’éducation des filles et à la formation des enseignantes du Pas-de-Calais ? Cette gestion mixte c’est-à-dire un enseignement religieux mené par une laïque a-t-elle favorisé le développement de la religion ?

    Le contexte de la fondation du pensionnat de Dohem

    2L’éducation des filles n’a pas trouvé écho auprès des politiques au début du XIXe ; ainsi la femme se trouve négligée et se voit donc écartée des réformes. Il faut dire que l’image de la femme demeure stéréotypée : « l’image de la mère chrétienne élevant ses enfants dans la piété et de la femme gouvernante de la maison sont deux leitmotivs de l’âge moderne »1. Si bien que cette réalité est encore d’actualité en ce début de XIXe siècle où la femme est cantonnée à un rôle de mère et d’épouse.

    L’éducation des filles au XIXe siècle

    3L’Église, dans ce contexte post-révolutionnaire, souhaite reconquérir les hommes et la société par l’intermédiaire des femmes. Elle comprend que ce processus est possible grâce à l’enseignement des filles qui se dispense par le biais des écoles congréganistes. Les couvents se multiplient et favorisent également l’implantation d’écoles réservées aux filles. L’éducation des jeunes filles est aux mains des religieuses durant la première moitié du XIXe siècle mais elles n’exercent pas encore totalement un monopole. Une enquête ministérielle menée en 1850 établit que 65 % des filles recensées dans le primaire sont instruites et éduquées par des congréganistes, soit deux filles sur trois2. De nombreuses jeunes filles sont aussi envoyées dans des pensions ou des institutions dirigées par des maîtresses laïques3. La naissance du pensionnat de Dohem n’est pas la conséquence de la loi Guizot du 28 juin 1833. La loi Guizot reste en définitive muette sur l’enseignement des filles. En 1835, Justine Fiolet s’installe à Dohem dans une maison de ferme très modeste. Son objectif initial est de faire la classe aux fillettes du village et elle se résout rapidement à ouvrir la porte à des pensionnaires. Le recteur de l’académie de Douai signe le 18 novembre 1841 l’autorisation nominative de Justine Fiolet à tenir une école primaire de filles à Dohem4. En 1840, le nombre d’écoles de filles s’élève à 40 sur un total de 858 écoles dans le département du Pas-de-Calais. Vingt ans plus tard, elles sont 97 sur 980 écoles5. Cette inégalité sexuelle face à l’enseignement dure jusqu’aux lois de Jules Ferry où les filles sont moins scolarisées que les garçons. Cette politique menée à l’égard des jeunes filles entraîne un retard en termes d’alphabétisation et de scolarisation.

    Les différentes structures du pensionnat

    4La transformation du pensionnat en congrégation ou en association religieuse devient un enjeu où chaque représentant du clergé cherche à influencer la décision de la directrice. Justine Fiolet prend connaissance de la possibilité de former une association où des jeunes filles se réunissent en vue de visiter, soigner les malades, instruire les ignorants et s’occuper des filles en ouvrant un externat. Justine Fiolet y adhère et cette société lui permet d’assurer l’existence de son pensionnat. Ce compromis convient parfaitement aux sous-maîtresses qui décident de s’y associer. En 1843, elles prennent le titre de Filles du Saint-Cœur de Marie et ne fondent pas un institut religieux. Le choix pour la confrérie des Filles du Saint-Cœur de Marie s’inscrit dans le développement du culte marial au XIXe siècle6. Le pensionnat de Dohem se fait inscrire au culte marial en 1843. Il n’est pas surprenant que Justine Fiolet et ses maîtresses placent leur œuvre sous le patronage de Marie qui est le modèle de l’éducation des jeunes enfants. Les institutrices s’appellent désormais les Filles du Saint-Cœur de Marie. L’exaltation de Marie ne prend pas seulement la forme d’influences religieuses. Le XIXe siècle correspond à une sacralisation de la femme. En exaltant Marie, les catholiques contribuent à leur manière, à une réhabilitation et à une promotion de la femme7. Cette association comporte un règlement qu’il est nécessaire d’étudier afin de percevoir réellement les objectifs principaux et ses finalités.

    Le statut des filles du Saint-Cœur de Marie de Dohem

    5Chaque société, qu’elle soit civile ou religieuse, a besoin d’un règlement pour fonctionner. Les institutrices de Dohem adoptent une constitution qui gère la société des Filles du Saint-Cœur de Marie. Cette constitution est régie par 49 articles qui se répartissent en différents thèmes. Ce fonctionnement original pourrait laisser à penser que cette société est bien une congrégation religieuse. Elle possède toutes les conditions nécessaires pour y appartenir : le célibat, le vœu de chasteté, l’obéissance et la pauvreté. Mais la société fondée par Justine Fiolet n’est pas une congrégation religieuse car ses membres ne prononcent pas de vœux et sont libres de reprendre la vie civile ; elles n’ont pas non plus de maison conventuelle. Cependant, la fondatrice veut imiter la manière de vivre des religieuses. L’article 1er des Constitutions de Dohem pour les institutrices de la société sous le nom des filles du Saint-Cœur de Marie, signale que « la société a pour but principal la sanctification des personnes qui la composent et pour but secondaire de procurer aux paroisses de la campagne, des institutrices vertueuses capables d’élever chrétiennement et convenablement les jeunes filles »8. L’article 2 relève que, « dans ce double but, les membres de la société prennent pour leur patronne et pour leur modèle la très sainte Vierge et adoptent le nom de : Filles du très saint Cœur de Marie ». La société a pour premier supérieur « Monseigneur l’évêque d’Arras, de Boulogne et de Saint-Omer » (article 3).

    La formation des institutrices au pensionnat de Dohem

    6La première école normale de filles est ouverte le 29 mai 1838 à Argentan en Normandie par le Conseil général de l’Orne sous la direction des Dames religieuses de l’Éducation chrétienne9. L’école d’Argentan forme des institutrices laïques et non des religieuses. Cette installation coïncide avec la mise en application de l’ordonnance du 23 juin 1836 sous le ministère de Pelet de la Lozère. Cette ordonnance laisse aux conseils généraux la responsabilité de la création des écoles communales de filles et des écoles normales d’institutrices. Ce retard découle de l’absence du caractère légal pour les filles. Bien que le ministre soutienne la fondation d’écoles normales pour les filles, rien n’est obligatoire pour celles-ci10. La mise en application de la loi Falloux en 1850 ne remet pas en cause la présence des religieuses dans les écoles primaires publiques mais consolide au contraire le phénomène. Le retard apporté à la formation des institutrices laïques laisse aux congréganistes une place prépondérante dans l’enseignement primaire féminin11. Ce décalage entraîne la faiblesse de la scolarisation féminine et l’infériorité de statut qui persiste entre l’instituteur et l’institutrice. Cet écart correspond exactement aux idées de ce XIXe siècle où l’objectif n’est pas de préparer la femme à exercer une profession mais de la réduire à un rôle d’épouse et de mère. En 1863, existent en France écoles normales d’institutrices (9 catholiques et 2 protestantes) contre 53 cours normaux féminins (47 catholiques, 3 protestants, le cours normal Israélite de Strasbourg et deux cours interconfessionnels dans le Rhône et les Deux-Sèvres). 7 écoles normales et 35 cours normaux sont confiés à des congrégations de sœurs. Ces 64 établissements regroupent au total 1 021 élèves. En 1870, on compte désormais 74 établissements dont 10 écoles normales et 64 cours normaux pour 1 289 élèves. Sur ce total, 6 écoles normales et 42 cours normaux sont toujours sous direction congréganiste12.

    Le choix du Pas-de-Calais pour la formation des institutrices (1842-1850)

    7Le Pas-de-Calais, par l’intermédiaire des autorités ecclésiastiques et des notables conservateurs, refuse la création d’une école normale de filles et de garçons. Les fortes réticences nationales, affirmées entre 1849 et 1850 au moment de la discussion de la loi Falloux, s’appliquent également au niveau départemental et le Pas-de-Calais décide de placer les instituteurs et les institutrices dans des cours normaux par souci d’économie. Dès 1 842 pourtant, la commission de l’Instruction publique du Conseil général souhaite la création d’une école normale de filles. L’établissement conduit par Justine Fiolet est sérieusement dirigé et il présente l’avantage d’être situé dans le département du Pas-de-Calais, près de Saint-Omer. La surveillance par les membres de la commission d’examen et par les conseillers généraux est ainsi plus facile. L’atout du pensionnat de Dohem est de se situer à la campagne ce qui permet une éducation plus proche de la vie que vont mener ces futures institutrices communales. Enfin, le prix de pension est seulement de 350 francs contre 400 francs à Douai. Pour des raisons d’économie et de situation plus centrale dans le département, le Conseil général donne sa préférence à l’établissement de Dohem.

    8Le 2 septembre 1849, les membres du Conseil général proposent « de voter un crédit de 3 500 francs pour le prix de dix bourses dans une école pendant l’année 1850 »13. Le 17 septembre 1849, un traité est conclu entre le Conseil général du Pas-de-Calais et la directrice du pensionnat de Dohem qui fait désormais office de cours normal de jeunes filles pour le département. Ce contrat permet d’approuver le vote émis par le Conseil général. Neuf articles composent ce traité dont le but est d’établir les règles matérielles et humaines de fonctionnement du cours normal. La distribution des bourses est arrêtée dans le second article : « le montant des bourses sera payé par trimestre et d’avance sur la liste nominative des élèves boursières arrêtée par la directrice et suivant le mode de comptabilité qui sera indiqué ultérieurement par M. le préfet »14. Des qualités minimales sont demandées aux élèves boursières : « Elles seront admises à l’âge de 17 ans après concours et rendues capables d’obtenir le brevet de capacité à l’expiration de trois années de séjour à l’école »15. Comme toute boursière, la jeune fille s’engage à servir pendant dix ans le département en qualité d’institutrice communale. La directrice peut accueillir des élèves pensionnaires libres mais « elles sont soumises comme les boursières à l’examen d’admission aux mêmes conditions d’âge et de discipline »16. Justine Fiolet doit couvrir les dépenses de chaque élève pour l’année par la bourse de 300 francs octroyée par le département. Elle accepte de se placer sous la direction du ministre de l’Instruction publique et doit suivre les méthodes d’enseignement tout en se conformant aux programmes d’examen. Cet accord entre le département et Justine Fiolet constitue l’acte de naissance du cours normal de Dohem en 1850. Cette nouvelle responsabilité conférée au pensionnat de Dohem prouve la confiance des instances départementales. À la rentrée de 1850, le Conseil général offre dix bourses et le ministre de l’Instruction publique cinq bourses. Par cette décision, l’assemblée départementale opte pour les cours normaux pour la formation des institutrices.

    La vie quotidienne d’une aspirante institutrice au cours normal de Dohem

    9L’emploi du temps de la journée d’une aspirante institutrice est fixé par le règlement rédigé par la commission et la directrice. La journée commence au lever du soleil vers 5 h 15 l’été et vers six heures l’hiver. Les jeunes filles se lèvent très tôt afin d’effectuer leur prière qui est suivie d’une lecture et de l’étude. Les élèves prennent ensuite leur petit-déjeuner à 7 h 45. Elles rejoignent ensuite l’église pour une demi-heure d’office. Après 2 h 30 d’activités à caractère essentiellement spirituel, elles arrivent en classe à 8 h 45. Jusque midi, elles se consacrent à la lecture et à l’écriture. Elles s’adonnent aussi à l’arithmétique durant quarante-cinq minutes et la matinée se termine par de la grammaire. À cet instant, elles gagnent le réfectoire car elles sont toutes internes. Au cours du repas, une élève a en charge la lecture qui est de temps en temps analysée et commentée de vive voix ou par écrit. La récréation accompagne la digestion. À partir de 13 h 30, elles se consacrent à des activités manuelles et culturelles. Elles ont la possibilité de pratiquer le chant ou le dessin. Elles regagnent la classe à 14 h 30 jusque 17 heures. À chaque après-midi correspond un programme spécifique. Les aspirantes institutrices étudient tour à tour la lecture d’un devoir de style, l’histoire de France, la géographie et la pédagogie. Le mardi, au lieu de la classe, se déroule la composition hebdomadaire qui dure 2 h 30. Aucune récréation n’entrecoupe l’après-midi. Elles doivent attendre 17 heures pour bénéficier du goûter et de la récréation17. L’étude commence à 17 h 30 et permet aux élèves de préparer leurs devoirs. À 19 heures, les aspirantes institutrices ont un cours d’instruction religieuse jusque l’heure du souper à 19 h 30 où une élève s’occupe de la lecture. Le coucher a lieu à 21 h 30. Il est précédé par une prière pour conclure la journée. La vie au cours normal est rythmée par les heures de cours et par l’instruction religieuse qui occupe une place prépondérante dans la formation de l’aspirante institutrice. Il faut y ajouter l’histoire sainte qui est incluse au temps consacré à l’enseignement.

    Une journée type au cours normal de Dohem

    5 h 15 – 7 H 45

    Prière, lecture, étude

    7 h 45

    Petit-déjeuner

    8 h 15 – 8 h 45

    Église

    8 h 45 – 12 h

    Lecture, écriture, arithmétique, grammaire

    12 h - 13 h 30

    Déjeuner avec lecture

    13 h 30 – 14 h 30

    Activités manuelles et culturelles (chant, dessin)

    14 h – 17 H

    Histoire de France, géographie, pédagogie

    17 h 30 – 19 h

    Étude

    19 h – 19 h 30

    Instruction religieuse

    19 h 30

    Dîner avec lecture

    21 h 30

    Prière et coucher

    10Les autres jours de la semaine ont également un emploi du temps fixé par la commission. Le dimanche, les vêpres et la récréation sont les moments forts de la journée dominicale et des jours de fêtes18.

    La valeur religieuse du cours normal de Dohem

    11La formation religieuse et intellectuelle de ces institutrices laïques atteint un niveau honorable. La condition de survie du cours normal de Dohem dirigée par Justine Fiolet, laïque catholique, repose sur l’éducation chrétienne dispensée qui est équivalente à celle des établissements tenus par des religieuses19. Ces aspirantes institutrices doivent suivre un règlement où les exercices religieux sont obligatoires. Le matin, la prière est consacrée à la méditation ou à une lecture méditée et elle est suivie par la récitation d’une partie de l’office de l’immaculée Conception. Après le déjeuner, les aspirantes récitent la seconde partie de l’office de l’immaculée Conception et du chapelet soit en entier soit en partie. Le soir, elles s’adonnent à la lecture spirituelle qui est accompagnée de la prière. De plus, le premier ou le dernier dimanche de chaque mois est un jour particulier. Les élèves doivent le consacrer à une petite retraite dans laquelle elles examinent leur fidélité au règlement des institutrices et au respect de leurs bonnes résolutions contractées durant la retraite annuelle20. Chaque dimanche soir et lors d’une fête consacrée à Marie, elles récitent en commun le chapelet.

    12Une autre spécificité des cours normaux réside dans la place qu’ils accordent à la religion dans la formation des élèves. On les compare souvent à des séminaires ou des noviciats. À leur tête, les laïcs occupent une place privilégiée mais on leur reconnaît une bonne moralité avec une sérieuse pratique religieuse. Le choix pour ce type d’établissement que ce soit pour le Nord ou le Pas-de-Calais s’explique par le besoin de transmettre aux futurs enseignants une influence religieuse et chrétienne. Les institutrices reçoivent également une formation religieuse et intellectuelle assez poussée. Les rapports des conseils généraux insistent sur « la piété sincère, la modestie vraie, la pureté des mœurs irréprochables et le dévouement sans bornes des institutrices »21. Les valeurs morales et religieuses doivent être très fortes chez les institutrices puisqu’elles transmettent une éducation à leurs élèves en tant que futures épouses et futures mères. Elles sont élevées dans ces « principes solides de religion et de vertu seules garanties du bonheur domestique »22. Les aspirantes institutrices de Dohem reçoivent un enseignement religieux important alors que l’établissement n’est pas dirigé par des religieuses. Cependant à côté des vocations d’institutrices, l’établissement de Dohem est à la source d’un nombre de vocations religieuses importantes également. L’éducation religieuse est renforcée par la présence d’un aumônier qui est spécialement rattaché à l’école. Les exercices religieux sont à l’origine assurés par M. Mielet. Son successeur est l’abbé Gustave Briois. L’aumônier occupe une place centrale au sein de l’établissement puisqu’il œuvre à la formation spirituelle des aspirantes institutrices.

    Le cours normal féminin de Dohem de 1854 à 1914 : Entre développement soutenu par les pouvoirs publics et repli sur la formation des maîtresses du privé

    13Les deux cours normaux de Dohem ont une destinée différente et, si le cours normal de garçons ferme ses portes en 1883, l’établissement des jeunes filles continue de prospérer en se transformant en lieu de formation des maîtresses des écoles libres après 1883.

    Un cours normal féminin qui donne satisfaction aux Autorités (1854 à 1883)

    14Les cours normaux de garçons et de filles de Dohem marquent le paysage scolaire du département. Ils correspondent à l’impulsion donnée par le gouvernement pour étendre l’enseignement à toutes les couches sociales. Ces lieux de formation sont au cœur du débat politique durant leur existence. Tantôt louangés, soutenus, tantôt condamnés, ils animent la vie politique du Conseil général de 1850 à 1883. Des différences sensibles vont exister entre le cours normal destiné aux hommes et celui des femmes. Est-ce en corrélation avec la volonté nationale ou est-ce une particularité régionale ?

    15Le cours normal des filles de Dohem ne semble pas être le principal souci du Conseil général dans la mesure où peu d’interventions des conseillers généraux le concernent. Au cours des 33 années de son fonctionnement, les procès-verbaux des délibérations du Conseil général demeurent très modestes à son propos. Sous le Second Empire, le cours normal masculin de l’abbé Panet est très critiqué tandis que l’établissement de Justine Fiolet continue de donner satisfaction. Cette attitude tient sans doute plus au rôle respectif assigné à l’éducation des hommes et des femmes. Le cours normal de filles est à l’abri des attaques et bénéficie du soutien du Conseil général. Ce phénomène se retrouve dans l’attitude favorable à l’égard des congrégations enseignantes et hospitalières féminines. Les rapports des inspecteurs et des conseillers généraux sont souvent favorables au cours normal des filles. L’autorité académique se plaît à rendre hommage à la tenue régulière et au travail des jeunes filles et de la directrice en collaboration avec ses maîtresses. « les sujets qu’elle forme, mieux doués peut-être que ceux des cours de garçons, attestent aussi des études plus solides et plus complètes en même temps qu’un très bon esprit »23. La qualité de l’enseignement dispensé dans le cours normal de filles est reconnue par la Commission de l’Instruction publique. Elle considère que « les jeunes gens, viennent aux examens sans avoir assuré par un travail persévérant les conditions de succès, de là les nombreux échecs que nous avons à signaler »24. Les jeunes filles ont plus de circonspection et témoignent d’un vif intérêt à la formation.

    16Cette différence se traduit par des résultats contrastés entre les aspirants instituteurs et les aspirantes institutrices pour l’obtention du brevet de capacité. En 1862, 189 aspirants se sont présentés et 63 ont obtenu le brevet de capacité. Sur les 45 aspirantes présentes, 35 ont réussi les épreuves25. Le taux de réussite atteint chez les garçons 33,3 % alors qu’il s’élève à 77,7 % chez les filles. Les élèves maîtresses conservent leur supériorité dans les examens et elles se placent dans les premiers rangs. Le nombre d’aspirants instituteurs est plus élevé car ce métier donne l’opportunité d’échapper au service militaire. Les examinateurs à l’admission doivent être vigilants et sélectionner les candidats qui souhaitent briguer réellement la carrière d’instituteur. En 1869, les lacunes des aspirants instituteurs en ce qui concerne l’instruction sont soulignées par le préfet, Alphonse Paillard. Celui-ci a fait ses études à l’École des Chartes et devient avocat puis magistrat à Douai. Il quitte cette fonction en 1848 et prend la charge de secrétaire particulier du préfet de police Rebillot26. Il est préfet du Pas-de-Calais de 1866 à 1870. Alphonse Paillard condamne l’habitude prise de recruter des jeunes gens sans brevet ou hors d’état d’y prétendre au détriment des brevetés27. Selon le préfet, cette situation à l’avenir ne peut continuer car elle risque de nuire à l’enseignement. La qualité des enseignants se révèle lors des examens mais la différence entre les aspirants et les aspirantes reste bien marquée. La commission n’est pas convaincue par les prestations des élèves maîtres : « les jeunes gens qu’ils sortent de Dohem ou se soient formés ailleurs, ont, à l’examen l’air d’écoliers embarrassés, plutôt que de maîtres capables de faire une leçon et d’imposer leur parole »28. Toutefois, les élèves maîtresses arrivent à convaincre la commission d’examen malgré la timidité qui les prive de leurs moyens. « Elles ont le langage plus facile et plus ferme et si leur instruction n’est pas supérieure, elles savent du moins se faire mieux valoir, montrent qu’elles possèdent les meilleurs procédés, en un mot que la pratique dans leur préparation, n’a point été négligée au bénéfice de la théorie »29.

    17Le programme des deux cours normaux est proche pour les matières fondamentales à savoir l’instruction morale et religieuse, la lecture, l’écriture, les éléments de la langue française, l’arithmétique, l’histoire de France, la géographie de la France, le dessin et le chant30. Cependant, il faut y ajouter les matières spécifiques à chaque sexe. Les jeunes filles ont des cours relatifs aux travaux d’aiguille et aux travaux du ménage. Les jeunes hommes ont des notions de sciences physiques et d’histoire naturelle. Ils étudient l’horticulture avec des connaissances en agriculture, en industrie et hygiène31. Les jeunes instituteurs sont destinés à remplir des fonctions administratives et reçoivent donc une formation pour la tenue de l’état civil, car les instituteurs cumulent les fonctions dans la commune. Ils peuvent être à la fois chantre, greffier de mairie et instituteur. Ce double emploi est une nécessité pour pallier la modicité de leur traitement. La spécificité de l’enseignement féminin s’inscrit disciplinairement dans les différents programmes que ce soit en éducation physique ou en travaux manuels. Le programme des soins d’hygiène et de propreté est commun aux deux sexes. Une des disparités qui existe entre le cours normal de garçons et de filles réside dans l’aide financière accordée par l’assemblée départementale.

    Une différenciation financière entre cours normal masculin et féminin

    18Le Conseil général apporte un soutien financier inégalitaire aux deux cours normaux. Dès son ouverture en 1850, le Conseil général offre 30 bourses de 500 francs au cours normal de garçons. Le concours ouvert à Arras reçoit 33 candidats. Les 11 premières bourses sont données aux élèves qui ont terminé leur première année d’étude à Douai, le Pas-de-Calais envoyant auparavant ses « boursiers » à l’école normale du département du Nord (Douai) ouverte en 1834. Les 19 autres sont données à 20 nouveaux élèves32. Cette répartition des bourses se justifie soit par l’octroi d’une bourse entière, soit par la division de cette bourse en trois-quart ou en demi. Cela permet d’aider plus d’élèves. En revanche, le Conseil général vote un crédit de 10 bourses de 350 francs pour le cours normal d’institutrices (jusqu’en 1872)33 et il faut y ajouter les 5 bourses financées par l’État. Dès la création des cours normaux, le Conseil général décide donc de privilégier le cours normal de garçons. Il verse ainsi 15 000 francs en 1850 pour les bourses masculines et 3 500 francs pour les filles.

    19En 1854, le cours normal de filles obtient une réévaluation du montant des bourses octroyées par le département. Il passe de 350 à 400 francs. Cette augmentation est justifiée par un des rapporteurs du Conseil général : « il a été déterminé qu’un minimum de boursières serait placé dans l’établissement de Justine Fiolet, moyennant un prix tellement réduit d’abord, qu’on a cru devoir l’élever plus tard, sur la preuve donnée qu’il ne couvrait pas la dépense ; pour subvenir au logement ainsi qu’à l’enseignement de ses nouvelles élèves »34. L’accroissement du taux de chaque bourse ne satisfait pas pleinement Justine Fiolet qui demande en 1863 la prise en compte de la hausse des denrées. « Madame la directrice, avec l’appui d’un de ses collègues, demande que le taux des bourses soit porté de 400 à 450 francs. Elle fait valoir la cherté des vivres, les dépenses de toutes sortes occasionnées par les boursières pour la literie, les fournitures et les médicaments et la nécessité où elle se trouve de venir en aide à quelques-unes d’entre elles jusqu’à ce qu’elles aient reçu une partie de leur modique traitement »35. Les arguments de Justine Fiolet ne trouvent pas écho auprès du Conseil général qui invoque l’état des fonds départementaux. Il maintient ainsi les 10 bourses de 400 francs. Ce refus est très contradictoire. Le cours normal de Justine Fiolet reçoit toujours les éloges et la confiance de l’assemblée départementale mais celui-ci ne consent pas à accomplir un effort financier. En 1863, le rapport du préfet prend la forme suivante : « le cours normal d’institutrices n’a point démérité de la confiance qu’il s’est justement acquis, et les sujets qu’il forme, mieux doués peut-être que ceux des cours de garçons, attestent aussi des études plus solides et plus complètes en même temps qu’un très bon esprit »36. En 1873, le département passe un nouveau contrat avec la direction du cours normal masculin et celle du cours normal féminin. Le Conseil général accroît le nombre de bourses aux deux établissements. La pension des boursières s’élève à 5 500 francs ce qui équivaut à 11 bourses à 500 francs37 alors que les aspirants instituteurs reçoivent 30 bourses de 600 francs d’une valeur totale de 18 000 francs. Enfin, le Conseil général réévalue le nombre de bourses pour les aspirants instituteurs. En 1877, la maison de Dohem bénéficie de 60 bourses et les dépenses du Conseil général pour cet établissement sont évaluées à 22 050 francs38. En 1877, le cours normal de Justine Fiolet reçoit 5 500 francs de pension pour les boursières. La croissance du montant des bourses correspond aux années de la signature d’un nouveau contrat avec le cours normal de garçons.

    20Les cours normaux doivent former des institutrices pour la campagne qui gardent les habitudes de leurs classes sociales et leurs sentiments de piété. Félix Ponteil met en avant que les jeunes institutrices « doivent se contenter de l’humble traitement et de l’humble vie auxquels la nature de leur profession les condamne invinciblement »39. Leur formation se base sur des conditions de vie qui allient des habitudes frugales, la simplicité et un travail personnel considérable.

    L’application dans le Pas-de-Calais de la loi Paul Bert

    21En réponse aux mécontentements de nombreux acteurs éducatifs et par la volonté politique des républicains, est promulguée, la loi Paul Bert du 9 août 1879 qui décide l’obligation, pour chaque département, de se munir et d’entretenir une école normale de garçons et de filles dans un délai de quatre ans. Cette loi cherche à instituer un véritable esprit de corps dans l’enseignement public. Elle constitue l’une des premières lois républicaines sur l’école. Cette prise en charge de la formation des enseignants est un moyen de lutter contre les congréganistes et devient la priorité des républicains. La loi Paul Bert entraîne la nécessité pour le département du Pas-de-Calais de créer deux écoles normales pour assurer le recrutement et la formation du personnel enseignant. Le financement de ces établissements est à la charge du Conseil général en ce qui concerne les dépenses de mobilier, d’entretien des bâtiments40. Cependant, la construction et l’installation des écoles normales peuvent être assurées par une subvention de l’État. Au cours de la session extraordinaire du 27 mai 1881, le vote des conseillers se solde par la victoire d’Arras avec 20 voix contre 15 pour Béthune. Seuls les conseillers républicains participent activement au débat alors que les conservateurs sont encore majoritaires. La question des écoles normales les intéresse peu. La décision est prise très vite et le Conseil général vote un emprunt de 600 000 francs à la Caisse des Écoles, remboursable en 30 ans au moyen d’annuités de 24 000 francs41. Le succès des républicains aux élections législatives et cantonales entraîne la fin des cours normaux. Désormais, le clergé ne forme plus les maîtres de l’enseignement public. Les élèves boursières et les élèves boursiers quittent les deux cours normaux pour rejoindre les nouvelles écoles normales.

    La pérennité de l’école normale libre des filles de Dohem (1883-1914)

    22L’application de cette législation marque la fermeture définitive du cours normal de garçons. En revanche, l’établissement féminin, désormais dirigé par Célina de Corbie assure toujours la formation d’aspirantes institutrices qui se destinent à œuvrer pour le diocèse d’Arras et non pour les écoles communales publiques. Le passage du cours normal à l’école normale diocésaine semble avoir peu perturbé le fonctionnement de l’établissement. Les effectifs sont toujours présents et ils confortent la primauté de Dohem dans l’enseignement féminin. La transition opérée semble réussir au pensionnat de Dohem. Il maintient un nombre d’aspirantes institutrices compris entre 15 et 20 de 1884 à 1901. Ces chiffres sont équivalents à ceux enregistrés lorsque le pensionnat formait les institutrices publiques du département. La directrice suivante, Philomène Petit, diversifie les formations en préparant aux examens du brevet élémentaire et du brevet supérieur qui constituent les examens officiels. Il faut y ajouter les examens diocésains c’est-à-dire le brevet d’instruction religieuse, le certificat supérieur, le certificat complémentaire et le certificat élémentaire. À l’issue de la classe de seconde, les élèves passent le brevet élémentaire pour l’enseignement primaire. Ces compositions durent plusieurs jours. Elles regagnent Dohem pour attendre les résultats et pour préparer l’oral. Le taux de réussite à Dohem est satisfaisant mais il ne peut être quantifié par manque de sources. Les élèves recalées peuvent se rattraper à la session de septembre.

    23L’obtention de ce diplôme marque, pour la majorité des jeunes filles, la fin des études. Les élèves boursières des compagnies minières trouvent un travail auprès de ces mêmes compagnies qui recrutent en majorité leur personnel enseignant à Dohem. Les autres institutrices trouvent une place dans l’enseignement privé. Relativement peu de jeunes filles reviennent à la rentrée de septembre pour préparer le brevet supérieur. Le nombre des aspirantes au brevet supérieur oscille annuellement, entre 1878-1879 et 1900-1901, entre quinze et vingt-deux élèves42. Ce brevet supérieur se prépare initialement en deux ans. À la suite de la Première Guerre mondiale, les programmes de l’enseignement changent en 1921 et la formation passe à trois ans. Ce nouveau programme prévoit également un passage d’épreuves orales « par anticipation » chaque année43 qui comprend toutes les matières prévues pour l’année. À la fin de la seconde année, les élèves passent en plus l’épreuve écrite de mathématiques. Au terme de la troisième année, le programme est plus littéraire et les mathématiques sont remplacées par la cosmographie.

    24L’examen comprend au départ une dissertation sur la littérature française, une dissertation sur la morale ou la pédagogie, une dissertation de sciences naturelles, une épreuve de langues vivantes, une épreuve de dessin, une autre de coupe et de couture et une épreuve de solfège44. À ces épreuves écrites s’adjoint l’oral de toutes les matières. La nouveauté de 1921 concerne les disciplines scientifiques qui sont validées par des manipulations en laboratoire. Les élèves doivent réaliser par exemple un herbier pour les sciences naturelles. Certains professeurs accordent un crédit supplémentaire au brevet supérieur : « un professeur de philosophie d’un établissement secondaire dit que le brevet supérieur surpasse le baccalauréat, parce que plus complet, et plus approfondi »45. Les autorités académiques penchent dans la même direction puisqu’elles prévoient l’équivalence du baccalauréat à toute candidate ayant obtenu plus de douze points aux épreuves écrites de mathématiques et de dissertation. Après l’obtention du diplôme, les aspirantes institutrices se dirigent vers l’enseignement public ou privé. Le pensionnat de Dohem s’adapte aux exigences du temps. Le Conseil général ne soutient pas financièrement le cours normal de filles de Dohem tout en se félicitant de la qualité de l’enseignement et du sérieux des élèves.

    25Rien ne prédestinait le pensionnat féminin de Dohem à devenir ce haut lieu de l’enseignement chrétien. Pourtant, lorsque la fondatrice – Justine Fiolet - décide de donner aux jeunes filles une éducation religieuse, le choix de Dohem n’est pas innocent. Cette cité conserve les marques de la chrétienté et la ferveur de la population reste très vivace. Contrairement à d’autres établissements libres, cette institution n’a jamais été inquiétée par les décisions gouvernementales en matière d’éducation. Justine Fiolet a ainsi dispensé un enseignement religieux et scolaire tout en étant considérée comme une laïque. En ce XIXe siècle, l’envie d’offrir aux jeunes filles une éducation soignée et un projet professionnel abouti est un projet novateur et entreprenant puisqu’il n’est pas encore prioritaire sur la scène politique. L’action de cette maison d’éducation a contribué à la consolidation du sentiment religieux mais aussi à la meilleure formation scientifique et pédagogique des maîtresses du Pas-de-Calais pendant de nombreuses décennies. Même si ce n’est pas la vocation initiale du cours normal financé par le Conseil général, de nombreuses élèves embrassent ensuite une carrière religieuse. Le cours normal de Dohem participe ainsi du renouveau catholique important qui se manifeste dans le département après 1850, affirmant ainsi le rôle fondamental de l’école et de ses maîtres et maîtresses dans la transmission de savoirs mais aussi de valeurs.

    Notes de bas de page

    1 Roger Chartier, Marie-Madeleine Compère et Dominique Julia, L’éducation en France du XVIIe siècle au XVIIIe siècle, Paris, Sedes, 1976, p. 232.

    2 Françoise et Claude Lelievre, Histoire de la scolarisation des filles, Paris, Nathan, 1991, p. 68.

    3 Voir Rebecca Rogers, Les Bourgeoises au pensionnat. L’éducation féminine au XIXe siècle, Rennes, Presses Universitaire de Rennes, 2007.

    4 Archives diocésaines d’Arras, 3J 18/6, Instruction primaire de filles, Autorisation pour tenir une école primaire élémentaire de filles dans la commune de Dohem, 18 novembre 1841.

    5 Jean-Marie Robidet, La scolarisation dans le département du Pas-de-Calais au XIXe siècle, maîtrise d’histoire, Université de Lille 3, 1969, p. 52.

    6 Voir Yves-Marie Hilaire, Une chrétienté au XIXe siècle. La vie religieuse des populations du diocèse d’Arras (1840-1914), Lille, PUL, 1977, 2 tomes.

    7 Coraline Loison, Mgr Haffreingue et la restauration catholique à Boulogne-sur-Mer au XIXe siècle, maîtrise d’histoire, septembre 1999, p. 33.

    8 Archives diocésaines d’Arras, 3J18/3, Constitutions pour les institutrices de la société sous le nom des filles du Saint-Cœur de Marie, sans date.

    9 Pierre Zind, L’enseignement religieux dans l’instruction primaire publique en France de 1850 à 1873, Lyon, Centre d’histoire du catholicisme, 1971, p. 45.

    10 Françoise et Claude Lelievre, Histoire de la scolarisation des filles, op. cit., p. 157.

    11 Antoine Prost, Histoire de l’enseignement en France de 1800 à 1967, Paris, Armand Colin, réédition 1986, « Les maîtres d’école », p. 132 et suivantes.

    12 Pierre Zind, L’enseignement religieux dans l’instruction primaire publique de 1850 à 1873, centre d’histoire du catholicisme, Lyon, 1971, p. 51-52 (carte p. 51).

    13 Archives départementales du Pas-de-Calais, U 12, Délibérations du Conseil général, session du 2 septembre 1849, p. 62.

    14 Ibid.

    15 Ibid.

    16 Ibid.

    17 Archives diocésaines d’Arras, 3J18/15, grand registre du pensionnat (1849-1891) comprend la copie du traité conclu entre le département et la directrice de l’école normale de Dohem, le règlement de la maison.

    18 Ibid.

    19 Pierre Zind, L’enseignement religieux dans l’instruction primaire publique de 1850 à 1873, op cit., p. 55.

    20 Archives diocésaines d’Arras, 3J18/22, pièce citée.

    21 Pierre Zind, L’enseignement religieux dans l’instruction primaire publique de 1850 à 1873, op. cit., p. 54.

    22 Régis Renoncourt, « Le Conseil général du Pas-de-Calais et la formation des instituteurs (1833-1871) », Revue du Nord, no 316, 1996, p. 529-543. (ici, p. 542).

    23 AD du Pas-de-Calais, U 26, délibérations du Conseil général, session de 1863, p. 157.

    24 AD du Pas-de-Calais, U 19, délibérations du Conseil général, session de 1856, p. 367.

    25 AD du Pas-de-Calais, U 26, délibérations du Conseil général, session de 1863, p. 158.

    26 Jean-Marc Dissaux, Les préfets du Pas-de-Calais, Arras, Direction des Archives, 1996, p. 21.

    27 AD du Pas-de-Calais, U 32, délibérations du Conseil général, session du 28 août 1869, p. 467.

    28 AD du Pas-de-Calais, U 26, délibération du Conseil général, session de 1863, p. 410.

    29 Ibid., p. 411.

    30 AD du Pas-de-Calais, T 113, cours normal primaire de filles annexé à l’institution de Dohem.

    31 AD du Pas-de-Calais, U 35, délibérations du Conseil général, session d’août 1872, p. 581.

    32 AD du Pas-de-Calais, T 108.

    33 AD du Pas-de-Calais, T 114, bourses et pensions des élèves boursières, 1845-1871.

    34 AD du Pas-de-Calais, U 17, délibérations du Conseil général, séance du 27 août 1854, p. 321.

    35 AD du Pas-de-Calais, U 26, délibérations du Conseil général, session de 1863, p. 157.

    36 Ibid., p. 157.

    37 AD du Pas-de-Calais, U 36, délibérations du Conseil général, séance du 21 août 1873, p. 597.

    38 AD du Pas-de-Calais, U 47, délibérations du Conseil général, séance du 22 décembre 1877, p. 203

    39 Félix Ponteil, Histoire de l’enseignement 1789-1965 : les grandes étapes, Paris, Sirey, 1966, p. 202.

    40 AD du Pas-de-Calais, U 51 délibérations du Conseil général et rapports supplémentaires, écoles normales primaires, session d’août 1879, p. 783.

    41 Régis Renoncourt, op. cit, p. 210.

    42 Archives diocésaines d’Arras, 3J18/33, registre des élèves par classe et par année de 1883 à 1919 ; AD du Pas-de-Calais, U 51, délibérations du Conseil général, séance du 22 août 1879, p. 1039. (20 en 1878-1879, 15 en 1884-1885, 20 en 1886-1887,15 en 1890-1891, 16 en 1900-1901).

    43 Archives diocésaines d’Arras, 3J18/120, Souvenirs sur Dohem de Mme Bourdon, p. 8.

    44 Ibid., p. 8.

    45 Ibid., p. 9.

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    • Caroline Darnaux
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    1 Roger Chartier, Marie-Madeleine Compère et Dominique Julia, L’éducation en France du XVIIe siècle au XVIIIe siècle, Paris, Sedes, 1976, p. 232.

    2 Françoise et Claude Lelievre, Histoire de la scolarisation des filles, Paris, Nathan, 1991, p. 68.

    3 Voir Rebecca Rogers, Les Bourgeoises au pensionnat. L’éducation féminine au XIXe siècle, Rennes, Presses Universitaire de Rennes, 2007.

    4 Archives diocésaines d’Arras, 3J 18/6, Instruction primaire de filles, Autorisation pour tenir une école primaire élémentaire de filles dans la commune de Dohem, 18 novembre 1841.

    5 Jean-Marie Robidet, La scolarisation dans le département du Pas-de-Calais au XIXe siècle, maîtrise d’histoire, Université de Lille 3, 1969, p. 52.

    6 Voir Yves-Marie Hilaire, Une chrétienté au XIXe siècle. La vie religieuse des populations du diocèse d’Arras (1840-1914), Lille, PUL, 1977, 2 tomes.

    7 Coraline Loison, Mgr Haffreingue et la restauration catholique à Boulogne-sur-Mer au XIXe siècle, maîtrise d’histoire, septembre 1999, p. 33.

    8 Archives diocésaines d’Arras, 3J18/3, Constitutions pour les institutrices de la société sous le nom des filles du Saint-Cœur de Marie, sans date.

    9 Pierre Zind, L’enseignement religieux dans l’instruction primaire publique en France de 1850 à 1873, Lyon, Centre d’histoire du catholicisme, 1971, p. 45.

    10 Françoise et Claude Lelievre, Histoire de la scolarisation des filles, op. cit., p. 157.

    11 Antoine Prost, Histoire de l’enseignement en France de 1800 à 1967, Paris, Armand Colin, réédition 1986, « Les maîtres d’école », p. 132 et suivantes.

    12 Pierre Zind, L’enseignement religieux dans l’instruction primaire publique de 1850 à 1873, centre d’histoire du catholicisme, Lyon, 1971, p. 51-52 (carte p. 51).

    13 Archives départementales du Pas-de-Calais, U 12, Délibérations du Conseil général, session du 2 septembre 1849, p. 62.

    14 Ibid.

    15 Ibid.

    16 Ibid.

    17 Archives diocésaines d’Arras, 3J18/15, grand registre du pensionnat (1849-1891) comprend la copie du traité conclu entre le département et la directrice de l’école normale de Dohem, le règlement de la maison.

    18 Ibid.

    19 Pierre Zind, L’enseignement religieux dans l’instruction primaire publique de 1850 à 1873, op cit., p. 55.

    20 Archives diocésaines d’Arras, 3J18/22, pièce citée.

    21 Pierre Zind, L’enseignement religieux dans l’instruction primaire publique de 1850 à 1873, op. cit., p. 54.

    22 Régis Renoncourt, « Le Conseil général du Pas-de-Calais et la formation des instituteurs (1833-1871) », Revue du Nord, no 316, 1996, p. 529-543. (ici, p. 542).

    23 AD du Pas-de-Calais, U 26, délibérations du Conseil général, session de 1863, p. 157.

    24 AD du Pas-de-Calais, U 19, délibérations du Conseil général, session de 1856, p. 367.

    25 AD du Pas-de-Calais, U 26, délibérations du Conseil général, session de 1863, p. 158.

    26 Jean-Marc Dissaux, Les préfets du Pas-de-Calais, Arras, Direction des Archives, 1996, p. 21.

    27 AD du Pas-de-Calais, U 32, délibérations du Conseil général, session du 28 août 1869, p. 467.

    28 AD du Pas-de-Calais, U 26, délibération du Conseil général, session de 1863, p. 410.

    29 Ibid., p. 411.

    30 AD du Pas-de-Calais, T 113, cours normal primaire de filles annexé à l’institution de Dohem.

    31 AD du Pas-de-Calais, U 35, délibérations du Conseil général, session d’août 1872, p. 581.

    32 AD du Pas-de-Calais, T 108.

    33 AD du Pas-de-Calais, T 114, bourses et pensions des élèves boursières, 1845-1871.

    34 AD du Pas-de-Calais, U 17, délibérations du Conseil général, séance du 27 août 1854, p. 321.

    35 AD du Pas-de-Calais, U 26, délibérations du Conseil général, session de 1863, p. 157.

    36 Ibid., p. 157.

    37 AD du Pas-de-Calais, U 36, délibérations du Conseil général, séance du 21 août 1873, p. 597.

    38 AD du Pas-de-Calais, U 47, délibérations du Conseil général, séance du 22 décembre 1877, p. 203

    39 Félix Ponteil, Histoire de l’enseignement 1789-1965 : les grandes étapes, Paris, Sirey, 1966, p. 202.

    40 AD du Pas-de-Calais, U 51 délibérations du Conseil général et rapports supplémentaires, écoles normales primaires, session d’août 1879, p. 783.

    41 Régis Renoncourt, op. cit, p. 210.

    42 Archives diocésaines d’Arras, 3J18/33, registre des élèves par classe et par année de 1883 à 1919 ; AD du Pas-de-Calais, U 51, délibérations du Conseil général, séance du 22 août 1879, p. 1039. (20 en 1878-1879, 15 en 1884-1885, 20 en 1886-1887,15 en 1890-1891, 16 en 1900-1901).

    43 Archives diocésaines d’Arras, 3J18/120, Souvenirs sur Dohem de Mme Bourdon, p. 8.

    44 Ibid., p. 8.

    45 Ibid., p. 9.

    Éducation, Religion, Laïcité (xvie-xxe s.). Continuités, tensions et ruptures dans la formation des élèves et des enseignants

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    Darnaux, C. (2010). Le pensionnat de Dohem (Pas-de-Calais) et la formation des institutrices. In J.-F. Condette (éd.), Éducation, Religion, Laïcité (xvie-xxe s.). Continuités, tensions et ruptures dans la formation des élèves et des enseignants. Villeneuve d’Ascq: Publications de l’Institut de recherches historiques du Septentrion. https://doi.org/10.4000/books.irhis.2774
    Darnaux, Caroline. « Le pensionnat de Dohem (Pas-de-Calais) et la formation des institutrices ». In Éducation, Religion, Laïcité (xvie-xxe s.). Continuités, tensions et ruptures dans la formation des élèves et des enseignants, édité par Jean-François Condette. Villeneuve d’Ascq: Publications de l’Institut de recherches historiques du Septentrion, 2010. doi:10.4000/books.irhis.2774.
    Darnaux, Caroline. « Le pensionnat de Dohem (Pas-de-Calais) et la formation des institutrices ». Éducation, Religion, Laïcité (xvie-xxe s.). Continuités, tensions et ruptures dans la formation des élèves et des enseignants, édité par Jean-François Condette, Publications de l’Institut de recherches historiques du Septentrion, 2010, https://doi.org/10.4000/books.irhis.2774.

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    Condette, J.-F. (éd.). (2010). Éducation, Religion, Laïcité (xvie-xxe s.). Continuités, tensions et ruptures dans la formation des élèves et des enseignants. Villeneuve d’Ascq: Publications de l’Institut de recherches historiques du Septentrion. https://doi.org/10.4000/books.irhis.2757
    Condette, Jean-François, éd. Éducation, Religion, Laïcité (xvie-xxe s.). Continuités, tensions et ruptures dans la formation des élèves et des enseignants. Villeneuve d’Ascq: Publications de l’Institut de recherches historiques du Septentrion, 2010. doi:10.4000/books.irhis.2757.
    Condette, Jean-François, éditeur. Éducation, Religion, Laïcité (xvie-xxe s.). Continuités, tensions et ruptures dans la formation des élèves et des enseignants. Publications de l’Institut de recherches historiques du Septentrion, 2010, https://doi.org/10.4000/books.irhis.2757.
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