• Contenu principal
  • Menu
OpenEdition Books
  • Accueil
  • Catalogue de 16451 livres
  • Éditeurs
  • Auteurs
  • Facebook
  • X
  • Partager
    • Facebook

    • X

    • Accueil
    • Catalogue de 16451 livres
    • Éditeurs
    • Auteurs
  • Ressources numériques en sciences humaines et sociales

    • OpenEdition
  • Nos plateformes

    • OpenEdition Books
    • OpenEdition Journals
    • Hypothèses
    • Calenda
  • Bibliothèques

    • OpenEdition Freemium
  • Suivez-nous

  • Lettre d’information
OpenEdition Search

Redirection vers OpenEdition Search.

À quel endroit ?
  • Publications de l’Institut de recherches...
  • ›
  • Histoire et littérature du Septentrion (...
  • ›
  • De nouvelles élites ? Une nouvelle socié...
  • ›
  • Le renouvellement du personnel municipal...
  • Publications de l’Institut de recherches...
  • Publications de l’Institut de recherches historiques du Septentrion
    Publications de l’Institut de recherches historiques du Septentrion
    Informations sur la couverture
    Table des matières
    Liens vers le livre
    Informations sur la couverture
    Table des matières
    Formats de lecture

    Plan

    Plan détaillé Texte intégral Un système politique complexe, qui a subi en quelques années des chocs répétés Les élections (1945, 1947, 1953) Démarches prosopographiques Conclusion Notes de bas de page Auteur

    De nouvelles élites ? Une nouvelle société ? L’apport de la Résistance

    Ce livre est recensé par

    Précédent Suivant
    Table des matières

    Le renouvellement du personnel municipal du Pas-de-Calais, de la Libération à 1953

    Philippe Roger

    Texte intégral Un système politique complexe, qui a subi en quelques années des chocs répétés Les élections (1945, 1947, 1953) Démarches prosopographiques Conclusion Notes de bas de page Auteur

    Texte intégral

    1En comparant les dossiers relatifs aux élections municipales de 1945, 1947 et 1953 conservés aux archives départementales du Pas-de-Calais et ceux qui sont consacrés aux cantonales de 1945, 1949 et 1951, il apparaît assez vite que les municipales ont été moins bien suivies que les élections départementales par les Renseignements généraux ou les services de la préfecture. Les dossiers sont moins complets et certaines pièces semblent manquer. Sans doute l’analyse des résultats était-elle plus difficile à l’échelle locale : suivre en détail plus de 900 élections municipales était à peu près inenvisageable, alors qu’il était possible d’étudier de manière plus approfondie la situation dans les 46 cantons que comportait alors le département. Peut-être l’étroite imbrication entre les pouvoirs du préfet et ceux du conseil général poussait-elle aussi à approfondir l’étude des scrutins cantonaux.

    2L’analyse du personnel municipal pose un problème, voire plusieurs problèmes, de nature quantitative. Le personnel municipal, ce sont les maires, déjà passablement nombreux dans le Pas-de-Calais, mais aussi, il ne faut pas l’oublier, la cohorte plus fournie des adjoints et celle, beaucoup plus importante encore, des conseillers municipaux. Autant que faire se peut, il convient de ne pas négliger ces deux autres catégories, même si les éléments dont on dispose à leur sujet sont bien sûr moins abondants. Étant donné le nombre élevé des individus concernés, une étude approfondie nécessiterait cependant un travail de longue haleine dépassant de loin les dimensions de cette étude. Reste que nombre d’itinéraires apparaissent fort intéressants et que, dans l’absolu, on aimerait pouvoir les aborder. On pense à la formule de Marc Bloch sur l’historien et l’ogre de la fable qui, tous les deux, savent que leur gibier se trouve là où l’on flaire la chair humaine…

    3L’étude du personnel municipal pendant la période abordée nécessite de croiser celle des élections, qui nous renseignent bien sûr sur les aspects proprement politiques du sujet, en particulier l’évolution des rapports de force, et une approche prosopographique couvrant les années 1945-1953. La césure de la guerre s’accompagne inévitablement d’une transformation partielle du monde politique. À des degrés divers, l’ensemble des élus sont touchés. Par ailleurs, les hommes changent nécessairement en permanence. Cependant, comme le précisait Vilfredo Pareto, si un membre de l’élite dirigeante est remplacé par un autre individu qui présente des caractéristiques identiques, on peut considérer que cette élite reste globalement inchangée en tant que groupe historique. Qu’en est-il dans le Pas-de-Calais au cours de la période considérée ? Si, d’évidence, un renouvellement intervient, son ampleur et sa nature méritent d’être précisées. Il convient, par ailleurs, de s’interroger sur les effets concrets des évolutions qui se produisent alors.

    Un système politique complexe, qui a subi en quelques années des chocs répétés

    4S’il y a des facteurs de transformation, il ne faut cependant pas oublier qu’existent au minimum deux facteurs de continuité (au moins relative).

    • Il est d’abord nécessaire de mentionner, dans une certaine mesure, le cadre légal. L’État confie à des conseils désignés par les citoyens et qui élisent eux-mêmes un maire un certain nombre de fonctions de nature administrative. Globalement, c’est la loi municipale de 1884 qui s’applique, et qui continue à le faire jusqu’aux lois de décentralisation de 1983, même si certains changements peuvent se produire, par exemple l’allongement de la durée du mandat des conseillers municipaux et, en conséquence, de celui des maires. La commune et le département ne sont pas fondamentalement bouleversés entre 1945 et 1953, alors que le conseil d’arrondissement, disparu en 1940, n’est pas rétabli par la suite. La période étudiée est cependant exceptionnelle et quelques textes remettent partiellement en cause cette continuité des institutions municipales. La loi du 16 novembre 1940 supprime l’élection du maire et des adjoints pour les communes de plus de 2 000 habitants. Pour la plupart des communes, les élus sont donc maintenus, leur mandat étant prorogé jusqu’à la fin de la guerre, mais, dans le cas des villes, le préfet ou le ministre de l’Intérieur nomme le maire, qui choisit un conseil municipal. Ces différentes dispositions n’empêchent pas le pouvoir local de subsister, les conseils continuant de délibérer, et pas toujours dans le sens souhaité par le gouvernement. L’ordonnance du 21 avril 1944, sans doute davantage connue pour le droit de vote et d’éligibilité des femmes, a d’abord pour objet l’organisation des pouvoirs publics en France après la Libération. Le titre premier est consacré aux assemblées municipales. Il prévoit le maintien des conseils existants avant le 1er septembre 1939 (la date choisie permet bien sûr de ménager les communistes), la dissolution des conseils et des délégations créés après cette date, la possibilité pour le préfet, sur avis du Comité départemental de libération, de compléter les municipalités, la couleur politique de la commune devant être prise en compte (l’article 3 introduit toutefois la notion un peu floue de « tendances manifestées dans la commune lors de la libération ». Sans doute s’agit-il d’anticiper ainsi des situations délicates). La constitution d’octobre 1946 reconnaît par la suite l’existence de collectivités territoriales parmi lesquelles figurent les communes, dont l’article 87 rappelle qu’elles s’administrent librement. L’article 89 prévoit que des « lois organiques étendront les libertés départementales et municipales ». Dans un contexte marqué par la Guerre froide et la décolonisation, cela reste cependant jusqu’à la chute du régime une simple déclaration d’intention. Il faut aussi préciser que la guerre et l’après-guerre conduisent les municipalités à prendre en charge, au moins partiellement, des fonctions qui ne leur sont évidemment pas confiées en temps ordinaire.
    • L’autre facteur de continuité est encore beaucoup plus net : c’est le maillage territorial, qui ne change pas au cours de la période considérée. On peut toutefois signaler qu’une nouvelle commune est apparue juste avant la guerre : c’est Équihen, auparavant une section d’Outreau, qui est élevée au rang de commune en avril 1939. Avec, comme cela a déjà été précisé, 906 unités (en comptant Équihen), ce maillage est d’une densité exceptionnelle, même pour un pays caractérisé par le grand nombre de ses communes.

    5Le Pas-de-Calais constitue par ailleurs un espace varié. C’est certes vrai, dans une assez large mesure, de tous les départements, mais il convient de prendre en compte l’existence d’au moins quatre ensembles assez différents.

    6Le plus vaste, est celui des communes rurales, qui représentent à peu les neuf dixièmes du total si on considère que toute commune de plus de 2 000 habitants constitue une ville, ce qui est bien sûr arbitraire mais ne l’est a priori pas plus qu’une autre limite.

    7Le littoral a toujours abrité une population un peu différente (ses caractères démographiques sont ainsi durablement restés très originaux). Encore faut-il prendre en compte qu’il ne constitue pas un espace particulièrement uni (Boulogne-sur-Mer et Calais, cités qui sont plus ou moins concurrentes, se sont ainsi longtemps regardées en chiens de faïence).

    • Quelques villes anciennes (Arras et Saint-Omer) sont des espaces à dominante tertiaire. Elles ont connu un passé glorieux, se sont plus ou moins endormies au milieu du dix-neuvième siècle (la crise particulièrement sévère de 1846-1851 a joué un rôle) et se réveillent à peu près au moment où commence cette étude.
    • Enfin, bien sûr tard venu, mais au cœur de l’activité des années 1850 au moins jusqu’aux années 1960 et 1970, le Bassin minier. C’est d’abord un ensemble constitué de villes petites et moyennes, même si quelques-unes se détachent du lot (Lens, Liévin, Bruay-en-Artois). Les plus grandes communes abritent une population relativement diverse (moins toutefois que les anciennes cités de Douai ou Valenciennes que le Pays noir du Nord a englobées au cours de sa croissance) mais les autres abritent des sociétés ouvrières assez homogènes.

    8À chacun de ces espaces correspond bien sûr une tradition politique au moins partiellement spécifique. À la veille de la guerre, la droite sous ses différentes formes est globalement bien implantée dans les zones rurales, les radicaux contrôlent certains des centres assez traditionnels, par exemple Arras, ville à la fois administrative et bourgeoise. Ils sont cependant aussi à la tête de la très active Boulogne-sur-Mer. Les socialistes dirigent une grande partie du Bassin minier, mais les communistes dominent un certain nombre de localités qui sont quelquefois des bastions traditionnels de l’extrême gauche comme Avion. Ces différentes forces politiques, présentes à l’échelle nationale, peuvent manifester des spécificités locales plus ou moins marquées : les radicaux-socialistes commencent dès la Belle Époque à se déporter lentement plus à droite, ce processus étant cependant plus rapide dans le Nord que dans le Pas-de-Calais. À partir de 1938, cette droitisation (ou ce recentrage), qui s’effectue en grande partie sous la pression des événements nationaux (et internationaux), tend à s’accélérer. Depuis l’émergence du parti communiste, les socialistes, quels que soient leur ligne officielle (la conquête du pouvoir, donc la révolution est encore théoriquement à l’ordre du jour) et leurs discours, sont quant à eux mécaniquement rejetés vers le centre gauche. Dans le Bassin minier central, et particulièrement à Lens, dès les premières années du siècle, Émile Basly avait d’ailleurs ancré le socialisme dans le camp républicain, les éléments les plus durs se tournant vers l’anarcho-syndicalisme. Pendant l’entre-deux-guerres, par opposition aux communistes, les socialistes font figure d’hommes d’ordre.

    9Évidemment, le personnel politique municipal ne commence pas sa mue avec le second conflit mondial (celle-ci est par nature plus ou moins constante, même si son rythme est très variable). Globalement, l’entre-deux-guerres, qui succède au choc majeur qu’a représenté le premier conflit mondial, semble toutefois caractérisé par une certaine stabilité, que traduit l’âge moyen assez élevé des maires pas-de-calaisiens à la veille du second conflit. Pourtant, les élections municipales de mai 1935 sont déjà relativement inhabituelles. Elles interviennent alors que les gauches ont entrepris de se rapprocher et le résultat leur est globalement favorable, tout spécialement dans le cas des communistes. Dans le Pas-de-Calais, leur poussée se traduit par la conquête de Liévin face à des socialistes qui se sont divisés (Silas Goulet, maire depuis 1930 était favorable au néo-socialisme) et présentent deux listes.1 Henri Thiébault devient alors maire de Liévin. C’est évidemment une perte sérieuse pour la SFIO.

    10L’âge moyen relativement avancé des maires signifie que, pour de simples raisons biologiques, une assez large relève des édiles se serait de toute façon produite lors des élections de 1941, 1947 et 1953 pour citer les dates auxquelles elles auraient normalement dû se tenir. À titre de confirmation, on peut préciser qu’environ un dixième des maires (92 sur 906) en fonction au début du conflit est décédé au cours de la guerre. Même si le maire est encore en vie, l’âge rend quelquefois la retraite inévitable : quand Henri Cadot, maire de Bruay-en-Artois depuis 1919 et resté en fonction pendant l’Occupation, démissionne après la Libération, c’est d’abord en raison de son âge (il est né en avril 1864). Henri Cadot était en effet un personnage qui faisait à peu près l’unanimité : le préfet était ainsi favorable en 1942 à sa nomination au conseil départemental, tout en considérant déjà que son âge et sa santé étaient susceptibles de poser problème.

    11Il ne faut toutefois naturellement pas sous-estimer la suite exceptionnelle de chocs que subit ensuite le personnel politique pas-de-calaisien sur une durée correspondant en gros à un sixtennat :

    • L’entrée en guerre et la déchéance des élus communistes. La loi du 26 septembre 1939 sur la répression des menées communistes conduit à l’installation de 11 délégations spéciales dans le Pas-de-Calais, les élus communistes étant remplacés par des socialistes.
    • Le choc de l’invasion. Certains maires partent ou démissionnent. C’est par exemple le cas de celui de Fruges, qui allègue des raisons de santé au moment de l’arrivée des Allemands. Ce n’est pas impossible, cet édile étant en place depuis 1912. Cela ne convainc toutefois pas vraiment ses administrés qui conservent par la suite une certaine réserve à son égard, considérant qu’il s’était dérobé aux devoirs de sa charge en raison de la peur que lui inspirait l’envahisseur. Les Allemands sont par ailleurs opposés au retour des maires qui ont quitté leur commune.
    • Le régime de Vichy procède ensuite, ainsi que cela a déjà été évoqué, à la réorganisation des conseils municipaux urbains. C’est un jeu complexe : pour que les personnalités choisies soient acceptables par la population, l’État français, quelles que soient les dispositions légales en vigueur, est bien obligé de prendre en compte la couleur politique locale. Or, dans les villes, elle lui est rarement favorable et la situation est d’autant plus délicate que les Allemands sont massivement présents et que, dans un premier temps au moins, ils manifestent d’inquiétantes velléités d’annexion ou, du moins, de large transformation territoriale (le Pas-de-Calais constituant avec le Nord la zone rattachée). Les maires, y compris parfois ceux de la SFIO, restent donc souvent en place. Globalement, sur 112 communes soumises à réorganisation, le maire est maintenu dans 82 cas. Pour tous, il s’agit de nourrir la population et de la protéger dans la mesure du possible des conséquences de la guerre. Quant aux autorités d’occupation, elles souhaitent avant tout que la population se tienne tranquille d’autant que le Pas-de-Calais, espace intéressant pour l’économie de guerre, revêt évidemment aussi une très grande importante stratégique. Pour les édiles municipaux, rien de tout cela n’est simple et il faut gérer les relations avec les Allemands mais aussi avec les résistants. Or, si l’envahisseur, dont les exigences pèsent fortement sur les Pas-de-Calaisiens, est rejeté par presque tous, la Résistance ne fait pas toujours l’unanimité, en particulier dans les campagnes (le maire SFIO d’Achicourt est d’ailleurs abattu par la Résistance). Beaucoup de maires démissionnent donc, mettant souvent en avant, comme celui de Fruges qui a été précédemment cité, des soucis de santé, ce que leur âge rend tout à fait possible (celui de Fosseux, qui démissionne en 1943, est né en 1873) mais ce qui peut aussi correspondre au refus ou à l’impossibilité pratique de rester en fonction. Ce sont en tout 232 démissions qui sont enregistrées pendant l’Occupation, la majorité intervenant en 1940 et 1941 (précisons que des adjoints peuvent bien sûr aussi démissionner). Lorsque le régime de Vichy choisit un nouvel édile, ses décisions ne se révèlent pas nécessairement heureuses. En 1943, le maire PPF de Méricourt fait l’objet d’une instruction judicaire à la suite d’une affaire de ravitaillement.2 Parmi les maires démis de leurs fonctions, la moralité constitue en fait la cause la plus fréquente.

    12On peut par ailleurs citer le cas de Paul Lefebvre. Celui-ci est appelé au poste de maire de Montreuil-sur-Mer à la suite des événements de mai 1940 mais, comme le précise le préfet il n’a pas répondu « aux espoirs que l’administration fondait sur lui… »3 Pour le sous-préfet, Paul Lefebvre, « N’a pas justifié la confiance que l’administration avait placé en lui – Impulsif, versatile, intéressé, peu scrupuleux dans le choix des moyens »4. À Lens, Marcel Hanotel, militant socialiste de longue date (depuis le temps du POF !), avait été adjoint au maire à partir de 1935. Il semble donc bien choisi pour remplacer Alfred Maës décédé en 1941, mais la greffe ne prend pas. En fait, on ne trouve pas dans les communes importantes du Pas-de-Calais (on verra que c’est différent dans les campagnes), d’exemple comparable à celui de Jean Moreau à Auxerre : celui-ci, maire de 1941 à 1944, perd son poste à la Libération mais le retrouve en 1947 et exerce son mandat municipal jusqu’en 1971 tout en entamant une carrière départementale et même gouvernementale. Il est cependant possible de mentionner l’exemple d’Auguste Bar à Aire-sur-la-Lys (8.213 habitants en 1946). Cet avocat, né en 1875, n’avait pas, avant la guerre, manifesté une très grande activité politique, même s’il était adjoint au maire et honorablement connu dans les rangs de la Fédération républicaine. Pendant l’Occupation, il est vice-président du conseil départemental et reste neutre vis-à-vis de la Résistance. Il est cependant élu maire au printemps 1945, ce qui montre que son rôle pendant l’Occupation ne constituait pas un obstacle infranchissable pour les Airois.

    13Intervient la Libération. 359 conseils municipaux sont alors réorganisés ou complétés conformément aux dispositions de l’ordonnance d’avril 1944, ce qui représente un peu plus d’un tiers du total, cette proportion variant considérablement en fonction des différentes parties du département. L’arrondissement de Béthune, qui, à un moment où celui de Lens n’existe pas encore, correspond assez largement au Bassin minier, celui-ci débordant alors cependant un peu sur le nord de l’arrondissement d’Arras, est massivement concerné. Dans le canton de Lens-Est, sur quinze communes, le conseil municipal est modifié dans douze communes. Il ne reste inchangé qu’à Bénifontaine, Loison-sous-Lens, Noyelles-sous-Lens. Dans le canton de Norrent-Fontes, sur trente communes, dix-sept conseils municipaux sont maintenus, mais dix réorganisés et trois complétés. Ce sont les communes les plus importantes qui sont les plus touchées. En revanche, à peine plus d’un conseil municipal sur huit est complété ou réorganisé dans le très rural canton d’Avesnes-le-Comte. Prenons à présent un exemple précis, celui d’une commune un peu exceptionnelle mais très affectée par la guerre, Le Touquet. Son conseil municipal, qui avait été nommé par décret le 11 juin 1941, est dissout. Le nouveau comporte huit anciens conseillers élus et cinq nouveaux, dont deux femmes. Deux adjoints, qui font partie des anciens conseillers municipaux, sont élus. Le Touquet récupère par ailleurs son ancien maire, Jules Pouget, qui avait été arrêté par les Allemands en 1942, d’abord emprisonné à Boulogne-sur-Mer, puis placé en résidence surveillée à Paris.5 Le Touquet montre que la réorganisation des conseils est l’occasion d’y introduire des femmes. Un autre exemple révèle cependant que cette présence féminine peut encore correspondre à des situations un peu particulières : à Fillièvres, Yvon Legendre est nommé en novembre 1944 au conseil municipal provisoire. Toutefois, dans la mesure où il est prisonnier de guerre, son épouse le remplace jusqu’à son retour. Les conseillers municipaux nommés après la Libération semblent avoir été globalement acceptés par la population, sauf là où ils ont été imposés par le comité local de libération contre l’avis général (Boisjean, Frencq ou Verton).6

    14Même si cela n’est pas directement en lien avec la composition des municipalités, il convient de rappeler que la Libération permet aux communistes de prendre le contrôle du syndicalisme des mineurs, ce qui modifie assez sensiblement les rapports de force dans le Bassin houiller (cette situation n’est par la suite que partiellement modifiée par l’émergence de FO en 1947-1948, la CGT restant dominante, en particulier dans des catégories-clés comme les mineurs de fond).

    Les élections (1945, 1947, 1953)

    15Pendant toute la période étudiée, la commune et son fonctionnement semblent intéresser les électeurs. Du moins le taux de participation aux élections municipales est-il élevé, celles de 1945 constituant cependant en raison des circonstances une relative exception sur laquelle on aura l’occasion de revenir.

    Le pourcentage de votants dans le Pas-de-Calais

    19 octobre 1947 85
    26 avril 1953 87,23
    3 mai 1953 88,28
    17 juin 1951 (législatives) 87,6

    16Les chiffres de 1951 montrent d’ailleurs que les électeurs se déplacent alors volontiers pour l’ensemble des consultations. Les Pas-de-Calaisiens participent initialement aussi en grand nombre aux réunions politiques, par exemple celles qui sont organisées à la veille des élections. L’assistance tend toutefois à s’éclaircir quelque peu au fil des ans : le préfet remarque en 1953 que les meetings organisés par les différents candidats n’ont pas attiré les foules.7

    17Les élections de 1945 se déroulent évidemment dans des conditions très spécifiques. Comme dans le cadre des élections précédentes, les conseillers municipaux sont élus au scrutin de liste majoritaire, deux tours étant organisés à sept jours d’intervalle mais le corps électoral s’est largement renouvelé depuis 1935. Il convient de prendre en compte la disparition de dix générations au sens démographique du terme et, de manière symétrique, le fait que de nombreux jeunes n’ont encore jamais pu passer par l’isoloir (si l’on ne prend pas en compte les sénatoriales, les dernières élections de la Troisième République s’étaient tenues en 1937). C’est également la première fois que les femmes françaises participent à des élections politiques. La situation suscite la perplexité du préfet : « La consultation électorale qui va avoir lieu se présente dans des circonstances exceptionnelles qui rendent impossibles les pronostics sérieux. »8 Au moins depuis la Belle Époque, la perspective du vote féminin suscite de nombreux fantasmes et, en 1945, celui d’un électorat féminin largement soumis au clergé transparaît encore quelquefois. Pour le sous-préfet de Boulogne-sur-Mer, il ne fait pas de doute que « les partis de droite bénéficieront de l’apport de voix féminines susceptibles d’être influencées par l’Église. »9 C’est dans ce contexte que Guy Mollet rappelle le 29 avril dans Libre-Artois que les partis et mouvements clandestins se sont tous prononcés pour le vote féminin, « parce que les femmes ont leur mot à dire sur la gestion de la nation ou de leur commune. » S’adressant directement aux intéressées, il précise :

    « Vous avez gagné votre place dans la vie du pays. Cette place, il faut la tenir. »10 Les élections municipales viennent démontrer que les femmes entendent effectivement user de leur droit nouvellement acquis. Comme le constate le sous-préfet de Béthune après le deuxième tour, « Il ne paraît pas que les femmes se soient abstenues davantage que les hommes… ».11

    18Alors que la guerre n’est pas encore terminée, les réfugiés sont par ailleurs loin d’être tous rentrés chez eux. C’est bien sûr particulièrement le cas sur le littoral, où une grande partie de la population avait été évacuée vers le reste du Pas-de-Calais ou vers d’autres départements. L’état des villes écrasées par les bombardements rend bien sûr difficile un retour rapide de l’ensemble de la population. Dans ces conditions, si le taux de participation (80 %) apparaît à l’échelle du département un peu moins élevé que lors des élections suivantes mais malgré tout très honorable, il n’est pas étonnant que l’abstention soit en 1945 très sensiblement plus élevée dans l’arrondissement de Boulogne-sur-Mer (60 % de votants). Le nombre de réfugiés ayant voté par correspondance est par ailleurs infime.12

    19Prisonniers et déportés ne sont bien sûr eux aussi pas encore tous rentrés en France et c’est en particulier le cas d’un certain nombre de responsables politiques locaux. C’est à nouveau particulièrement net dans l’arrondissement le plus marqué par la guerre, celui de Boulogne-sur-Mer où les partis semblent n’avoir manifesté qu’une activité relativement réduite à l’occasion de ces échéances électorales. Le 24 avril, le sous-préfet remarque ainsi que « les candidatures se manifestent assez difficilement13.

    « Le 16 avril 1945, dans l’éditorial de Libre-Artois, Guy Mollet, analyse l’enjeu des élections : « La raison essentielle qui semble animer le gouvernement est le besoin qu’il éprouve de connaître la volonté réelle du pays… L’étranger doit savoir sur quelle base populaire le gouvernement provisoire s’appuie. La France elle-même doit savoir et dire si elle approuve le programme du CNR… Elle doit dire si les vieilles équipes choisies en 1935 représentent toujours sa volonté… Disons que des « anciens » ont failli à leur devoir, mais avouons aussi qu’il est des places où des « nouveaux » se sont imposés sans grand titre et où l’ordre républicain doit être rétabli. »

    20Le conflit encore en cours pèse naturellement sur les programmes. Pour le parti communiste, il s’agit d’abord de gagner la guerre et, pour cela, de mobiliser toutes les ressources du pays. Il faut aussi mener à bien l’épuration et appliquer le programme du CNR. La SFIO met en avant la nécessité de maintenir l’ordre et la discipline, ainsi que la socialisation des industries-clés. Le parti radical apparaît quelque peu essoufflé : « Partisan de réformes modérées, devient plutôt conservateur. Et espère ainsi regrouper en sa faveur les ex-éléments du centre. »14 Le MRP manifeste sa confiance dans le gouvernement en place et propose un certain nombre de réformes de structure, en particulier des nationalisations. La défense de l’enseignement libre constitue en 1945 la principale originalité de ce courant politique.

    21Les élections aboutissent à une percée des listes UPRA (Union Patriotique Républicaine Antifasciste) dirigées en pratique par le parti communiste. Celui-ci profite en particulier d’une éclipse de la SFIO dans le Bassin minier. Cette situation s’explique par le fait qu’une partie des édiles socialistes sont, comme on a pu le voir, restés aux commandes pendant l’Occupation mais aussi après la Libération, ce qui, évidemment, dans une période très difficile, en a fait la cible de tous les mécontentements. Le contre-exemple de Liévin vient le démontrer. Comme cela a déjà été précisé, les communistes l’ont emporté dans cette ville en 1935. Le bilan de leur action pendant la période 1935-1939 est diversement évalué : les Liévinois pris dans leur ensemble ne paraissent pas trop sévères mais les socialistes sont évidemment d’un avis différent. Il est vrai que les communistes, comme on a pu le voir, succédaient à Silas Goulet dont la gestion avait été extrêmement prudente puisqu’on a pu dire qu’il gérait Liévin comme un village de vingt-sept feux ou du moins en bon père de famille15 ! Thiébault est interné en 1939, dans des conditions qui ne sont d’ailleurs pas trop pénibles, ce qui semble avoir laissé les Liévinois quelque peu dubitatifs. C’est un communiste, Henri Bertin, qui est placé à la tête de la municipalité après la Libération (la couleur politique de la commune est donc a priori respectée). Or son action ne fait pas l’unanimité, une partie de ses administrés lui reprochant de trop s’occuper d’épuration et pas assez de ravitaillement. Pour les élections de 1945, les socialistes liévinois sont unis, combattifs et décidés. Alliés au MRP, ils présentent un bon candidat, Florimond Lemaire, résistant et deuxième adjoint au maire dans la municipalité provisoire. Le parti communiste (en fait Maurice Thorez) impose la candidature Thiébault pour les municipales comme, ultérieurement, pour les cantonales de septembre 1945 alors même qu’elle suscite les réticences de la section de Liévin et de la fédération du Pas-de-Calais. La SFIO l’emporte donc et les socialistes contrôlent depuis lors sans interruption la municipalité.

    22Dans l’ensemble, la victoire de l’UPRA est incontestable dans le Bassin minier mais il est évident qu’une grande confusion a régné. Le MRP en cours de formation s’allie ainsi tantôt aux communistes tantôt aux socialistes. À Noyelles-sous-Lens, c’est avec les Républicains populaires que les socialistes conservent la majorité (et l’exemple de Liévin a déjà été mentionné). D’autres alliances sont possibles, comme à Bully-les-Mines « où a triomphé une curieuse coalition de communistes et de modérés. »16 Si, entre les deux tours, communistes comme socialistes insistent sur la nécessité de lutter contre la réaction (concept d’ailleurs passablement flou), cela n’empêche pas, très souvent, les socialistes de se maintenir face aux UPRA. Dans le Bassin minier, en fait, ils ne se désistent en leur faveur qu’à Hersin-Coupigny. À Noyelles-Godault, socialistes et communistes font bloc contre le MRP, qui l’emporte quand même. À Montigny-en-Gohelle, MRP et SFIO s’unissent contre le communiste Gustave Lecointe, qui est cependant victorieux.

    23Un document conservé aux Archives départementales du Pas-de-Calais mais dépourvu d’indications précises quant à son origine évoque une réunion qui se tient à Lille le 30 mai 1945 et à laquelle participent un certain nombre de responsables administratifs, au cours de laquelle est évoquée cette poussée de l’UPRA. Celle-ci suscite bien sûr une certaine inquiétude, qui reste toutefois relativement mesurée : les circonstances sont considérées comme tout à fait exceptionnelles et, d’autre part, « Il est évident que la présentation des listes U.P.R.A. a provoqué une certaine confusion parmi les électeurs et il apparaît que les importants succès remportés par le parti communiste ne correspondent que partiellement à la force réelle de ce parti. »17 La percée réalisée par les communistes ne signifie donc pas qu’ils puissent dominer durablement la vie politique pas-de-calaisienne ou nordiste (sans même parler de l’échelon national).

    24Globalement, le MRP, qui a seulement amorcé son effort d’organisation, ne joue qu’un rôle assez réduit. Comme on l’a déjà mentionné, les élections de 1945 sont les premières auxquelles participent les femmes et, celles-ci étant alors a priori nettement plus catholiques que les hommes, la situation pouvait sembler favorable aux démocrates-chrétiens. Il convient en fait de nuancer. Pour les Renseignements généraux d’Arras, les effets du suffrage féminin paraissent peu leur profiter dans le chef-lieu du Pas-de-Calais : « Le vote des femmes à Arras était pourtant attendu avec beaucoup d’espoir par ce parti et malgré cela, les gauches ont obtenu un net succès »18 Cette cité connaît en fait tout de même une poussée marquée du MRP, même si celle-ci ne correspond sans doute pas uniquement à l’instauration du suffrage féminin. Au premier tour, alors que le corps électoral a doublé par rapport à 1935, les républicains et les radicaux-socialistes perdent la moitié de leurs voix, les socialistes et les communistes progressent fortement cependant que les démocrates-chrétiens font plus que quintupler leurs voix. Au deuxième tour, la droite ne présente pas de liste et la gauche se regroupe. Une liste unique (URSA, Union Républicaine Socialiste et Antifasciste) est formée en tenant compte des résultats du premier tour et elle l’emporte. Parmi les conseillers figurent deux Front National, quatre OCM, deux Libération-Nord, une UFF, un Voix du Nord. Ceux-ci n’ont bien sûr pas été élus seulement en tant que résistants : il suffit pour le montrer de citer l’exemple de Guy Mollet. Celui-ci devenant maire d’Arras, faut-il considérer que les élections de 1945 constituent une rupture ? Dans une certaine mesure oui, mais il convient de nuancer l’ampleur de l’alternance : le maire d’avant-guerre, Fernand Lobbedez, était radical-socialiste.

    25Les conservateurs sous leurs différentes formes résistent assez bien dans la plupart des zones rurales. Ce n’est pas négligeable, si l’on prend en compte que cela représente la majorité écrasante des communes et du territoire (mais bien sûr pas celle de la population). Certains cantons apparaissent même remarquablement stables. Dans le cas de celui de Saint-Pol-sur-Ternoise, qui compte quarante-trois communes, dix-sept maires étaient déjà en fonction en 1939. Un seul édile, celui de Saint-Pol-sur-Ternoise, peut être classé à gauche. Encore est-il radical-socialiste. Six maires, donc un peu moins du septième de la cohorte, semblent appartenir à la noblesse. Il ne s’agit pourtant pas d’un canton resté à l’écart de la guerre, bien au contraire : Saint-Pol-sur-Ternoise est assez largement détruit par les bombardements qui anéantissent aussi un village comme Siracourt.

    26Les socialistes, d’autre part, s’ils reculent dans le Bassin minier, sont évidemment loin d’être marginalisés à l’échelle du département, d’autant qu’ils profitent de l’affaiblissement global des radicaux-socialistes. À la tête de coalitions de gauche, la SFIO prend le contrôle d’Arras et de Boulogne-sur-Mer, ce qui n’est évidemment pas négligeable.

    27En ce qui concerne la Résistance, dont la représentation politique constituait un des enjeux, les résultats de ces premières élections postérieures à la Libération sont ambigus. Si l’on prend l’exemple de l’arrondissement de Béthune, où la Résistance a été très active, aucune liste exclusivement composée de membres appartenant aux différents réseaux ne se présente. À l’échelle de l’arrondissement, c’est-à-dire, dans une assez large mesure, ainsi qu’on a déjà pu le préciser, à l’échelle du Bassin minier du Pas-de-Calais, la Résistance participe aux listes UPRA, ce qui signifie en pratique presque partout une alliance avec les communistes. Faut-il donc parler d’un effacement ? Cela paraît tout de même excessif : pour le sous-préfet de Béthune, sur 2 331 conseillers municipaux élus dans l’arrondissement, 731 (chiffre dont il avoue cependant qu’il convient de le considérer comme très approximatif) appartiendraient à la Résistance. Parmi eux figureraient 50 CGT, 16 CFTC, 68 UFF, 13 FUJP (Forces Unies de la Jeunesse Patriotique), 390 FN, 15 OCM, 51 Libération Nord, 128 VDN.19 Ce sont donc un peu plus de 31 % des conseillers municipaux qui ont appartenu à la Résistance. C’est évidemment un pourcentage considérable et c’est sans doute un facteur de renouvellement du personnel politique même si une partie d’entre eux auraient vraisemblablement fait partie des assemblées communales si la guerre ne s’était pas produite.

    28Sans doute le poids de la Résistance est-il parfois relativement difficile à percevoir dans la mesure où ses membres se fondent très vite dans le cadre partisan, mais, ne serait-ce que pour des raisons pratiques, la participation directe des résistants au jeu politique a toujours avant tout relevé du rêve. Ajoutons que, pour les diverses forces politiques du Pas-de-Calais, la Résistance n’a jamais été le seul critère pris en compte.

    29Pour que la classe politique renouvelée sous sa forme municipale s’ancre dans la durée, il faut évidemment qu’elle corresponde aux attentes de la population. Ce n’est pas nécessairement toujours évident, comme le montre l’exemple de Fléchin. Le maire élu en 1945 est un instituteur, ancien commandant FFI de son secteur, décoré pour faits de Résistance. Le conseil municipal est cependant très composite et si quelques-uns de ces membres penchent vers la gauche, d’autres sont clairement conservateurs. Les tensions aboutissent à une démission collective et, en avril 1946, à de nouvelles élections qui aboutissent au choix d’un nouveau maire qui avait quant à lui été favorable à Vichy.20 C’est sans doute à Hendecourt-lès-Ransart que la population manifeste le plus nettement son refus de se voir imposer un changement qui ne lui convient pas. En 1935, une seule liste se présente aux élections municipales. La vie politique locale est clairement dominée par Louis de Diesbach, qui est par ailleurs conseiller général du canton de Beaumetz-les-Loges depuis 1926 et député de la première circonscription d’Arras depuis 1932. À l’exception des conseillers décédés, la composition de l’assemblée municipale ne change pas pendant la guerre. Diesbach vote les pleins pouvoirs au maréchal Pétain en 1940. Ce valeureux pilote de la Première Guerre mondiale, très conservateur, est nommé au Conseil national en 1941, ce qui ne signifie d’ailleurs pas qu’il soit un inconditionnel du nouveau régime (il est par exemple très hostile au STO). À la Libération, Diesbach est suspendu de ses fonctions de maire par arrêté préfectoral. Cette décision est plutôt mal accueillie par la population d’Hendecourt-lès-Ransart qui refuse de considérer Diesbach comme un collaborateur et lui conserve sa confiance. Diesbach continue donc de remplir sa fonction de maire, ce qui finit par provoquer en janvier 1945 les protestations du CDL. Il est alors remplacé par Douchet, qui avait déjà été désigné par l’arrêté préfectoral. Aux élections de 1945, seule la « liste républicaine des intérêts de la commune » se présente à Hendecourt-lès-Ransart. Conduite par Diesbach, elle comporte les conseillers sortants. Diesbach est élu dès le premier tour, avec cependant relativement peu de voix, ce qui est peut-être le signe d’une forme de réserve de la part de certains électeurs. Diesbach étant inéligible, des difficultés sont prévisibles. Son épouse se présente en conséquence au second tour et est élue. Louis de Diesbach est par la suite réélu maire mais son élection est invalidée le 25 mai 1945. C’est alors Madame Diesbach qui est élue à la place de son mari, celui-ci continuant en pratique d’exercer la fonction majorale.21 Fléchin ou Hendecourt-lès-Ransart sont évidemment de petites communes et dans une certaine mesure des cas-limites. Ces deux exemples rappellent cependant qu’en démocratie on ne saurait contraindre les électeurs à accepter une transformation du personnel politique qui va à l’encontre de leurs souhaits.

    30Les élections de 1945 ont-elles donné leur chance à des personnalités un peu atypiques ? Sans doute est-il possible de trouver quelques exemples. À Berck-sur-Mer, le docteur Jean Doux, né à Paris en 1899, a été un résistant actif dans le cadre du Front national. En 1941-1942, il est par ailleurs inculpé pour avortement et emprisonné quelques mois à la prison de Boulogne-sur-Mer avant d’être acquitté par le tribunal correctionnel de Montreuil-sur-Mer. Relativement influent après la Libération, il se présente aux élections municipales du printemps 1945 sous l’étiquette Front national sans que son positionnement politique soit très clair et il est élu maire de la ville. Jean Doux profite aussi du fait que l’ancien maire Michel Malingre, ne peut plus assumer cette fonction : celui-ci, né en 1866, membre du conseil municipal depuis 1896, faisant déjà fonction de maire pendant le premier conflit mondial, élu en 1919, très actif (il accueille plusieurs dizaines de milliers de réfugiés dans sa commune en 1940), reste en fonction jusqu’en 1944 mais sa santé est déjà précaire et il a été proche du régime du Vichy. La place était donc libre pour Jean Doux, qui ne s’enracine cependant pas puisqu’il ne fait qu’un seul mandat.

    31Si les élections de 1945 sont de toute évidence exceptionnelles, celles de 1947 et de 1953 ont pu être décrites comme un processus de retour à l’ordre. C’est sans doute partiellement vrai, peut-être plus encore pour 1953 que pour 1947, quoique certaines nuances soient encore nécessaires en 1953, mais il faut préciser que ces scrutins marquent aussi la mise en place d’un nouvel équilibre qui n’est pas un retour pur et simple à la situation d’avant-guerre. En gros, après l’état initial de 1935 et l’antithèse de 1945, on s’achemine vers une forme de synthèse qui s’avère ensuite relativement durable (même s’il convient évidemment de répéter que, dans le détail, les évolutions sont incessantes).

    32La loi du 6 septembre 1947 modifie le mode de scrutin, introduisant pour les communes de plus de 9 000 habitants la représentation proportionnelle avec vote préférentiel. La mise en place de ce système complique d’ailleurs les opérations de dépouillement. C’est ainsi qu’en 1947 « La rédaction du procès-verbal de Lievin n’a été terminée que le mardi 21 octobre à midi. »22

    33Évidence rarement rappelée, si le retour des réfugiés n’est pas encore complètement terminé, il est largement amorcé en 1947, année qui marque bien sûr le début de la Guerre froide. Faut-il à cette date parler de rupture entre communistes et socialistes ? De part et d’autre, les relations n’ont à vrai dire jamais été extrêmement chaleureuses et on a vu que, du moins dans le Bassin minier, l’affrontement a été plus courant que l’alliance en 1945. En 1947 et 1948, la perspective d’une rupture complète pose cependant aux deux partis des questions délicates. Si certains socialistes, comme Bernard Chochoy, sont alors des anticommunistes à peu près inconditionnels, un certain nombre de militants ne sont pas indifférents à la perspective de l’unité ouvrière. La Troisième Force est une notion qui s’impose en fait assez difficilement dans le Pas-de-Calais (comme dans le Nord). Par ailleurs, constatation bien sûr tautologique mais qu’il convient tout de même de répéter, les élections locales sont… locales, ce qui signifie qu’elles se prêtent à des combinaisons très variées en fonction des rapports de force, des intérêts, des ambitions et même des caractères (ou des convictions) des individus. C’est ainsi qu’à Hesdin, ville dirigée par la droite avant 1939, des pourparlers aboutissent en 1947 entre les deux tours à la constitution d’une liste socialiste-radicale-socialiste-communiste qui s’oppose à celle du MRP, qui l’emporte cependant.

    34En 1947, à l’échelle départementale, le succès socialiste est net. Les revers subis en 1945 sont effacés, cependant que les gains qui avaient été alors enregistrés sont en partie conservés (c’est le cas d’Arras, mais pas celui de Boulogne-sur-Mer). Lens, dont la perte avait été, à la fois pratiquement et symboliquement, un coup dur pour la SFIO, redevient socialiste et n’a plus jamais cessé de l’être depuis. Une partie de ce redressement correspond bien sûr à un effet en quelque sorte mécanique ou plutôt isostatique : les élections de 1945 étaient, comme on l’a vu, exceptionnelles. En outre, il n’est pas simple de diriger une commune, en particulier dans le Bassin minier, dans les circonstances particulièrement difficiles de l’après-guerre et le contexte politique général ne peut manquer d’exercer ses effets. Les communistes, depuis le mois de mai, ne sont plus associés au pouvoir, ils combattent à visage découvert et les bruits qui proviennent d’Europe centrale (zone avec laquelle une partie non négligeable de la population, issue d’une immigration récente, entretient des liens étroits) sont passablement inquiétants. Un autre facteur intervient également : le rebond socialiste passe par l’émergence de nouvelles équipes, dont le lien avec la mine est souvent plus ténu qu’avant la guerre. À Lens, Ernest Schaffner est d’origine alsacienne. Certes socialiste depuis toujours, il n’incarne cependant pas exactement la version septentrionale du socialisme (protestant, il ne partage pas le laïcisme généralement virulent des militants locaux). C’est par ailleurs un médecin-phtisiologue. Schaffner appartenait déjà à l’équipe municipale d’avant-guerre mais son profil est également idéal pour attirer un électorat situé plus à droite, dans une commune où le rapport de force entre socialistes et communistes apparaît d’abord plutôt favorable à ceux-ci.23 Il convient aussi de noter la montée en puissance des enseignants, déjà amorcée avant la guerre mais qui se poursuit après le conflit. On peut ainsi mentionner l’exemple d’Henri Darras, qui ne devient cependant maire de Liévin qu’en 1952. Darras est d’ailleurs fils de mineur, ce qui laisse supposer la persistance de certains liens.24

    35Dans ce nouveau rapport de force, la poussée du RPF reste beaucoup plus modeste que dans d’autres parties de la France, par exemple le Nord. Comme peut l’écrire le préfet Georges Phalempin, (à vrai dire lui-même assez proche des socialistes), dans le Pas-de-Calais, les anticommunistes sérieux votent plutôt SFIO. On peut d’ailleurs considérer le succès des socialistes dans le Bassin houiller comme une forme de Troisième Force devant les urnes.25 Il convient cependant de nuancer un peu le constat de l’échec du RPF. Même dans l’arrondissement qui lui y est le moins favorable, celui de Béthune, Le Rassemblement, à la surprise des Renseignements généraux, obtient un certain nombre de sièges dans les centres essentiellement ouvriers de Bully-les-Mines, Marles-les-Mines, Mazingarbe, ainsi qu’à Bruay-en-Artois ou à Lens.26

    Élections municipales Pas-de-Calais, 1947, les nuances politiques des maires

    Arrondissement Communistes SFIO RGR MRP RPF Droites diverses Total
    Arras 14 70 86 25 20 186 401
    Béthune 22 68 10 14 4 25 143
    Boulogne 15 9 2 12 64 102
    Montreuil 19 46 12 1 64 142
    Saint-Omer 18 18 10 13 59 118
    Total 36 190 169 63 50 398 906

    36Si on prend seulement en compte les communes les plus importantes, on obtient le tableau suivant :

    Les principales municipalités (1947-1953)

    6 communistes homogènes : Avion, Calonne-Ricouart, Harnes, Marles, Rouvroy et Sallaumines
    1 gauche indéterminée (PCF et divers gauche, à direction divers gauche) : Mazingarbe
    2 SFIO homogènes : Calais et Lens
    9 centre gauche à direction socialiste, dont : 1 SFIO-RGR : Barlin
    8 SFIO-MRP : Arras, Billy-Montigny, Bruay, Carvin, Divion, Hénin-Liétard, Liévin et Nœux
    2 ententes anticommunistes à direction socialiste : SFIO-MRP-RPF : Auchel et Bully
    1 concentration républicaine (RGR-MRP-Rép nationaux) à direction rad-soc : Berck-sur-Mer
    3 centre, dont : 1 RGR-MRP-Rép nat-RPF à direction rad soc : Béthune
    1 RGR-MRP-ARS-RPF à direction RPF : Boulogne
    1 MRP-RPF à direction RPF : Saint-Omer

    37Les élections d’avril-mai 1953 interviennent dans un contexte politique national qui s’est à nouveau assez profondément renouvelé. La Troisième Force s’est dissoute après les élections de 1951. L’opposition entre les communistes et les autres forces politiques reste la summa divisio qui structure le champ politique mais la question de la laïcité revient en force sous sa forme scolaire avec les lois Marie et Barangé (1951). Si, pour la plupart des autres questions, les lignes de démarcation entre les socialistes et les forces politiques situées plus à droite existent mais sont en fait assez floues et passablement mouvantes, le vote de subventions, même assez modestes, aux écoles libres fait rejouer les failles anciennes. Fondamentalement, c’est la distinction ami/ennemi qui structure le champ politique. Dès lors, que faire lorsque cette distinction devient complexe ? Par ailleurs, alors que la France est gouvernée à droite, la situation d’une partie au moins du Pas-de-Calais apparaît assez préoccupante : la reconstruction reste parfois désespérément lente (par exemple à Boulogne-sur-Mer) et une partie de la population loge encore dans des baraquements. La production des mines plafonne, le plan Schuman suscitant de fortes inquiétudes qui sont au moins en partie fondées : face à la concurrence allemande, il devient nécessaire d’accroître la productivité, ce qui ne peut passer que par la fermeture d’un certain nombre de fosses, en particulier à l’extrémité occidentale du Bassin. Les mines de la Clarence cessent ainsi leur activité au milieu des années 1950. La dégradation de la situation sociale explique en grande partie les grèves qui vont éclater au mois d’août 1953 et qui sont largement suivies dans le Pas-de-Calais.27 Le parti communiste pourrait sembler bien placé pour profiter de ce mécontentement, d’autant qu’il a obtenu de bons résultats dans le département lors des législatives de juin 1951 et que sa campagne contre la guerre d’Indochine suscite certains échos dans une population de plus en plus lasse de ce conflit. Le rapport de police consacré aux réunions préélectorales qui se tiennent à Wingles et Billy-Berclau en avril 1953 montre que le parti essaie effectivement de s’appuyer sur ces différents éléments : le gouvernement Mayer (janvier-mai 1953) est évidemment attaqué. Défendre la paix est une priorité. Les accords de Bonn (qui rétablissent la souveraineté allemande en mai 1952) et de Paris (qui instituent la CED) font l’objet de vives critiques, de même que le plan Schuman. Ce dernier point permet de faire la jonction avec les revendications des mineurs, la tactique communiste ayant toujours été d’allier questions de politique générale et défense des intérêts quotidiens. Au cours du meeting, la police fait l’objet d’une animosité particulière, ce qui est alors assez traditionnel dans le cas du parti communiste et sans doute plus ou moins une constante à l’extrême gauche, cette opposition, dont les racines sont anciennes, ayant d’ailleurs été encore renforcée dans le Pas-de-Calais par l’Occupation et plus récemment par les événements de 1947 et 1948 : le budget alloué à la police est naturellement considéré comme excessif, d’autant qu’il est payé par les ouvriers. L’orateur précise d’ailleurs « qu’il est inéligible parce qu’il s’est battu contre les C.R.S. de MOCH [et insiste] particulièrement sur la récupération des locaux communaux occupés par la police d’état. »28 Même si elle ne participe plus au gouvernement, la SFIO, est-elle aussi sévèrement attaquée : dans le fond, elle est devenue un parti de droite.

    38La fédération communiste est cependant en proie à de fortes tensions (la complexe affaire Pronnier, qui a éclaté en 1951, est l’occasion pour la direction du parti d’affaiblir certains éléments qui lui déplaisent dans le Pas-de-Calais). Les oppositions se manifestent quelquefois à l’échelle municipale. En mars 1953, la fédération envoie des directives précises aux sections : les sortants qui ont négligé les consignes, fait preuve d’opportunisme ou adopté des positions trop personnelles, doivent être mis de côté. Or, l’application de ces directives se révèle parfois impossible. C’est par exemple le cas à Haillicourt : le maire Aimable Beauvois, auquel la fédération avait adressé plusieurs rappels à l’ordre, est cependant à nouveau investi par le parti. La situation est très comparable à Marles-les-Mines. Le maire Gabriel Pignon, a fait l’objet de nombreuses remontrances de la part des secrétaires fédéraux Alfred Ooghe et Léandre Letoquart qui lui reprochent d’avoir fait preuve d’opportunisme depuis 1948. C’est cependant le candidat désigné par le parti. À Béthune, l’assemblée locale comporte une fraction communiste conduite par Édouard Carlier, militant à la fois politique et syndical (CGTU puis CGT) de longue date, présent au conseil municipal depuis 1945. Or, en février 1953, il perd son poste au comité fédéral. Le parti estime en effet qu’il a manqué de vigueur dans la dénonciation des agissements d’André Marty (l’affaire Marty-Tillon avait éclaté en 1952, Marty étant exclu en décembre). Les cellules béthunoises lui restent cependant favorables. Carlier est donc malgré tout intronisé tête de liste. Joue clairement dans ces choix la spécificité de l’échelon municipal : à Haillicourt ou Marles-les-Mines, les maires sortants risquent en effet de constituer des listes dissidentes. À Béthune, négliger l’influence personnelle de Carlier aurait affaibli le parti dans les milieux ouvriers.29

    39Comme dans le reste de la France, le RPF est en voie d’effacement et les notables locaux qui l’avaient rejoint pour bénéficier de son dynamisme, retournent au centre ou à la droite qui étaient leurs familles politiques d’origine (Jules Pouget est un exemple de ces affiliations un peu fluctuantes. Il avoue d’ailleurs lui-même ne pas accorder à cette question une importance excessive). Le MRP est lui aussi en proie à de grandes difficultés. L’avis des Renseignements généraux et du préfet sur les Républicains populaires est d’ailleurs très sévère : dans le fond, ce parti n’a jamais su s’ancrer dans le département, où la plupart de ses cadres se sont en fait révélés assez médiocres.30

    40En vue des municipales de 1953 le MRP décide d’insister avant tout sur les questions familiales ou sociales.31 L’analyse des discours prononcés par les candidats MRP de Boulogne-sur-Mer lors d’une réunion organisée le 22 avril 1953 salle des Pipots, montre que la politique internationale, sans être totalement évacuée, est abordée rapidement : l’événement important, c’est la mort de Staline, survenue le 5 mars, qui est susceptible d’ouvrir la voie à une entente internationale, ce qui fait écho à la ligne défendue par Beria. Il convient cependant de faire preuve de prudence, afin d’éviter de faire le jeu de la propagande communiste. L’action conduite par Schuman dans le domaine des relations internationales est présentée comme le modèle à suivre, celui d’une politique de nature essentiellement constructive. C’est l’occasion de souligner que le même esprit doit inspirer l’action locale du Mouvement. La reconstruction constitue évidemment sur le littoral une question primordiale. La situation est complexe : les faibles moyens dont dispose la municipalité sont mis en avant, ce qui correspond d’ailleurs en grande partie à la réalité mais n’apparaît évidemment pas de nature à enthousiasmer l’électeur potentiel. Il s’agit bien sûr d’assurer aussi rapidement que possible à l’ensemble de la population un logement décent en construisant ou en réhabilitant les habitations ainsi que les bâtiments municipaux, les écoles et les églises. Lorsque cela aura été accompli, il s’agira de mener à bien l’embellissement de la cité afin qu’elle puisse retrouver son rôle touristique d’avant-guerre. L’action sociale est également mise en avant : l’objectif est de construire des crèches tout en modernisant l’hospice pour aider les personnes âgées. Une commission municipale pourrait par ailleurs être créée afin de lutter contre le chômage. Les Républicains populaires préconisent d’autre part la mise en place d’un système qui fait un peu penser à celui qui existe alors dans certaines communes du Bassin minier, c’est-à-dire la mise en place à la mairie d’un service d’assistantes sociales chargées de renseigner le public et de l’aider dans les diverses démarches à accomplir : d’évidence, une partie de la population boulonnaise se trouve en position de difficulté lorsqu’elle doit entrer en contact avec l’administration sous ses différentes formes. Sont également évoquées des questions spécifiquement boulonnaises, comme le monopole des pompes funèbres qui semble provoquer des abus et qu’il s’agit donc de remettre en cause ainsi que la nécessité de construire à l’échelle intercommunale un abattoir et une usine d’incinération. Ce programme à l’apparence très raisonnable se termine par des considérations politiquement un peu étranges, un des orateurs affirmant « que le M.R.P. après son élection sous son étiquette politique devait dans la gestion des affaires commerciales [sans doute faut-il comprendre communales] abandonner toute préoccupation politique pour ne se préoccuper que des intérêts de la ville et de ses habitants. »32

    41Les modérés, qui correspondent à peu près au CNIP, entendent bien sûr profiter de l’effacement ou du recul du MRP et du RPF. Ils restent puissants dans les petites communes, en particulier dans les arrondissements les moins industrialisés, où c’est surtout la considération dont leurs candidats, « cultivateurs et commerçants connus, font l’objet dans leur résidence » qui assure leur influence.33 À une échelle géographique un peu plus large, ils semblent cependant manquer de personnalités suffisamment connues, même s’il peut y avoir des exceptions telles que Pierre Guillain (qui devient maire de Saint-Omer en 1953).

    42Dans ce paysage départemental, même si la formule ne correspond a priori pas à leur famille politique, les socialistes se présentent un peu comme le juste milieu : pour la fédération du Pas-de-Calais il s’agit de prendre toutes dispositions utiles pour faire échec à toutes les formes de réaction, au « cléricalisme de combat » ainsi qu’au « totalitarisme stalinien. » 34

    43Les élections aboutissent à une nouvelle poussée de la gauche, en particulier des socialistes, ce qui renforce l’orientation politique déjà dominante dans le département. Le recul communiste est réduit (en voix comme, dans une assez large mesure, en nombre d’élus). La SFIO réalise ses gains avant tout au détriment des modérés. Elle progresse dans un certain nombre de communes semi-rurales (ce qui prolonge donc la tendance amorcée depuis 1945) et récupère Boulogne-sur-Mer. La mise en place des équipes municipales révèle l’hégémonie socialiste, dessinant un paysage politique qui se renouvelle tout en restant assez compliqué.

    Les municipalités urbaines après les élections de 1953

    6 communistes homogènes : Avion, Calonne-Ricouart, Divion, Marles, Rouvroy et Sallaumines.
    2 gauches indéterminées. 1 PCF-SFIO à direction socialiste : Boulogne.
    1 PCF-SFIO-Radicaux à direction rad soc : Berck-sur-Mer.
    4 socialistes homogènes : Barlin, Calais, Lens, Liévin.
    10 centre gauche, dont : 1 divers gauche-SFIO à direction divers gauche : Harnes.
    9 SFIO-MRP à direction SFIO : Arras, Auchel, Billy-Montigny, Bruay- Bruay-en-Artois, Bully, Carvin, Hénin-Liétard, Nœux.
    2 ententes anticommunistes (SFIO-RGR-MRP-Rép nat), dont : 1 à direction socialiste : Mazingarbe.
    1 à direction rad soc : Béthune.
    1 rép nat à Saint-Omer.

    44Le RPF n’est plus associé à aucune équipe municipale, le MRP parvenant assez bien à sauver les meubles, même s’il doit mesurer ses ambitions : à Auchel, par exemple, après le scrutin, 14 socialistes et Républicains populaires s’opposent à 13 communistes. Lorsque les Républicains populaires demandent deux adjoints au maire, dont le premier, c’est un communiste qui est élu.

    45La droite conserve bien sûr la plupart des communes rurales. Encore faut-il prendre en compte que celle-ci ne sont pas nécessairement imperméables à l’influence de certains notables socialistes tels que Bernard Chochoy. Le maire de Lumbres a su bâtir un remarquable réseau relationnel (ne dit-on pas qu’il connaît par leur nom toutes les vaches de son arrondissement ?).35 C’est par ailleurs un homme très utile lorsqu’il est question des travaux publics qui constituent alors une des préoccupations majeures des communes rurales, par exemple les adductions d’eau, qui peinent à se généraliser dans le Pas-de-Calais mais aussi l’électrification et l’entretien des routes. Ses multiples interventions « ouvrent la voie, dans une certaine mesure, à la pénétration socialiste dans les communes agricoles. »36 Laïque intransigeant, c’est aussi, comme cela a déjà été évoqué, un anticommuniste très décidé, qui a fait preuve d’une grande prudence pendant la guerre et peut difficilement faire figure de repoussoir pour des populations globalement conservatrices.

    46Le rapport de forces que traduisent les élections de 1953 correspond dans le fond assez bien à la situation d’un département qui, à l’image de la France dans son ensemble bien sûr, mais avec une intensité particulière, a traversé au cours de la quinzaine d’années précédentes de redoutables épreuves mais dont l’économie et la société n’ont pas encore été fondamentalement transformées. Si l’on ajoute à cela l’enracinement ancien et profond des différentes cultures politiques septentrionales, l’absence d’un bouleversement politique de grande ampleur est somme toute assez logique. Pour le préfet Phalempin, le département reste, comme à la veille de la guerre, divisé en trois tiers à peu près comparables : socialistes, communistes, et droite. Les changements les plus notables sont ceux qui se produisent à l’intérieur de la droite (flux et reflux du MRP et du RPF) mais ils ne modifient pas vraiment l’équilibre global. La stabilité s’observe à l’échelle départementale mais aussi, dans une large mesure, à celle de chacune des grandes zones définies au début de ce travail : après les municipales de 1953, l’agent des Renseignements généraux qui fait la synthèse des résultats précise ainsi que, de toute façon, dans le Bassin minier, socialistes et communistes recueillent ensemble, élection après élection, entre 75 et 80 % des voix.37 Dans ces conditions, le champ des possibles n’est pas démesurément ouvert et la domination d’un pôle SFIO placé nolens volens en position de centralité apparaît logique. Pour que les plaques tectoniques bougent de manière significative, il faut que se produisent des événements politiques majeurs (l’union de la gauche en 1972 d’ailleurs difficile à réaliser dans certaines parties du Pas-de-Calais, par exemple à Lens), des changements culturels essentiels (l’effacement du catholicisme à partir de Vatican II) et, probablement plus encore, l’effondrement de pans entiers de l’économie départementale qui modifie très nettement la structure sociale. Encore ces évolutions, toutes nettement postérieures à la période envisagée, sont-elles parfois très lentes à se traduire au niveau des mairies ou du conseil général/départemental.

    Démarches prosopographiques

    47Plusieurs études de groupe sont également possibles afin de mieux cerner les caractéristiques des maires du Pas-de-Calais.

    48Parmi les documents utilisables, les fiches remplies par les maires élus en 1947 (ou exceptionnellement en 1948 ou 1949) sont conservées à Arras, sous la cote 1405W370. Le corpus présente quelques lacunes. Devant l’impossibilité d’utiliser les 906 fiches, les 91 premières fiches disponibles ont été dépouillées, ce qui correspond à la lettre A (sauf Avion), et au début de la lettre B. Pour l’essentiel, il s’agit bien sûr de communes rurales, même s’il convient de nuancer un peu : il y a en effet quelques bourgs (par exemple Ardres, qui compte 2 901 habitants en 1946) ou Bapaume (2 748 habitants), une commune de la banlieue d’Arras (Achicourt, 3 637 habitants) ainsi que deux villes assez importantes, Aire-sur-la-Lys et un centre minier, Auchel, qui, avec 14 168 habitants, est alors proche de son apogée démographique. Il convient de toute façon de de ne pas négliger l’influence politique qu’exercent alors les maires ruraux. Même si cela dépasse un peu la période envisagée, il est possible de mentionner l’exemple d’Émile Durieux. Celui-ci, à la tête d’une grande exploitation agricole, est maire de Bertincourt (798 habitants en 1946) de 1945 à 1983 mais aussi conseiller général du canton du même nom de 1945 à 1982 et sénateur du Pas-de-Calais de 1948 à 1983. À la tête de l’association des maires du département, réseau dont l’influence n’est pas négligeable, il devient, dans un contexte il est vrai assez particulier, président du conseil général en 1954 et le reste jusqu’en 1966. C’est d’ailleurs la première et jusqu’à présent la seule fois où cette fonction ait été exercée par un agriculteur.38

    49À quelle génération les édiles ainsi choisis appartiennent-il ? Les dates de naissance s’échelonnent de 1869 à 1913, la médiane correspondant à 1897. Si on entreprend de classer ces maires par tranches décennales, on obtient le résultat suivant.

    Les dates de naissance des maires pas-de-calaisiens.

    Années 1860 et 1870 6
    Années 1880 22
    Années 1890 29
    Années 1900 29
    Années 1910 5

    50C’est en 1899 et 1900 que l’on enregistre les nombres les plus élevés de naissances. Plusieurs facteurs peuvent expliquer ces résultats. Il faut prendre en compte que ces deux générations sont moins affectées par les conséquences de la guerre que les précédentes (la classe 1914, qui avait déjà vu disparaître 28 % de ses effectifs au début de la guerre du fait de la mortalité infantile et juvénile, en perd à nouveau 24 % alors que ce taux aurait vraisemblablement été de 2 % en l’absence de conflit. Dès la fin 1918, 52 % des hommes nés en 1894 ont donc déjà été éliminés). L’âge moyen est de 49 ans mais les maires ayant 70 ans ou plus ne représentent que 4 % du total, ce qui montre donc un incontestable rajeunissement par rapport à 1939. Dans l’ensemble, les maires de 1947 n’apparaissent toutefois pas comme une cohorte particulièrement juvénile.

    51Le lieu de naissance n’est pas toujours indiqué, ou quelquefois de manière un peu vague. Ceci étant, au moins 47 d’entre eux, donc plus de la moitié, sont originaires de la commune qu’ils dirigent. Plus d’un cinquième vient sûrement du reste du Pas-de-Calais, souvent d’une commune proche. Si l’on ajoute à cela les maires nés dans le Nord ou la Somme, on peut conclure que le maire de 1947 est un indigène, un homme du cru, même s’il y a évidemment quelques exceptions : on peut ainsi signaler Paul Hantz, né en 1876 dans le Doubs. Ce capitaine du génie, qui semble avoir accompli une grande partie de sa carrière dans les chemins de fer, en retraite depuis 1933, dirige la commune d’Achicourt. En-dehors du corpus utilisé, rappelons le cas déjà mentionné d’Ernest Schaffner, d’origine alsacienne.

    52Si l’on s’intéresse à présent au moment où ces maires ont entamé leur carrière municipale, deux critères un peu différents peuvent être utilisés.

    53Quand sont-ils devenus conseillers municipaux ? Sur 82 cas, on constate que 6 % étaient déjà conseillers avant le premier conflit mondial, 12 % y entrent au lendemain de la Grande Guerre, 24 % dans les années 1920, 37 % dans la décennie 1930 et 21 % en 1945-1947. La date médiane de l’entrée au conseil municipal se situe en 1934-1935. Un des maires est membre de son conseil municipal depuis 1902. Attention, cependant, tous n’ont pas siégé en continu.

    54Si l’on adopte à présent comme critère la date de l’élection en tant que maire, le tableau apparaît un peu différent. Il convient d’abord de signaler que certains parcours sont compliqués, cette complexité s'expliquant très probablement souvent par la guerre, celle-ci n’étant toutefois pas l’unique facteur explicatif.

    55Présentons quelques mandats atypiques :

    • 1919-1924 puis 1944
    • 1932-1941 puis 1944

    56Quelques maires perdent provisoirement leur mandat en 1945 mais le retrouvent en 1947 :

    • 1935-1945, puis 1947
    • 1936-1945 puis 1947
    • 1942-1944, puis 1947

    57Il y a aussi un itinéraire particulièrement compliqué :

    • 1925-1938 puis 1944-1947 puis 1948

    58Si l’on prend en compte uniquement les mandats simples, 9 % des édiles sont en place depuis la Belle Époque ou la période 1919-1929. Celui de Bailleul-aux-Cornailles est ainsi en fonction depuis 1908. La part des maires en place depuis les années 1930 apparaît plutôt restreinte (8 %). On peut émettre l’hypothèse que c’est la catégorie qui a politiquement le plus souffert du conflit. En revanche, ceux qui sont entrés en fonction de 1940 au début de l’année 1944, donc avant la Libération, constituent 13 % de l’ensemble. Contrairement à ce qui s’est passé dans les villes, la greffe a donc quelquefois pris dans les zones rurales du Pas-de-Calais. Les maires nommés après la Libération ne représentent plus que 5 % du total à partir de 1947. En revanche, la cohorte de loin la mieux représentée est celle des édiles élus en 1945, qui forment 38 % de l’ensemble. 27 % des maires accèdent par ailleurs à cette fonction de 1946 à 1949, la date essentielle étant bien sûr 1947.

    59En choisissant le critère de l’accession au mandat majoral, la rupture provoquée par la guerre apparaît donc beaucoup plus nettement. En gros, les deux tiers des communes sont dirigés à la fin des années 1940 par un maire qui a accédé à cette fonction en 1945 ou dans les années suivantes. Les maires nouveaux l’emportent nettement, même s’il convient de préciser qu’une forte proportion d’entre eux a déjà une expérience de la politique municipale (ou exceptionnellement à une échelle plus vaste comme le maire de Bapaume qui est conseiller d’arrondissement avant la guerre). Dans l’échantillon analysé, une seule commune est dirigée par une femme. Née en 1910, elle est maire de Baralle, qui compte 438 habitants en 1946. Élue en 1945, elle est reconduite dans sa fonction en 1947.

    60Étant donné leur date de naissance, il n'est pas très surprenant qu'un nombre élevé de maires soient des anciens combattants (situation que l'on retrouve à la même époque chez les conseillers généraux).39 Sur 91 maires, au moins 33 ont combattu pendant le premier conflit mondial, 17 au cours du second, 5 pendant les deux guerres. Certains, n’ayant pas participé aux combats, entreprennent de justifier cette situation : l’un d’eux a été frappé par une infirmité après son service militaire. Un autre, agent de la SNCF, a été mobilisé dans les chemins de fer. Les anciens combattants manifestent souvent une évidente fierté d’avoir été décorés. C’est une des rares occasions où ils semblent remplir plus volontiers la fiche envoyée par la préfecture. Dix-sept d’entre eux ont reçu la Croix de guerre, en grande majorité pendant la Première Guerre mondiale. Six ont eu la médaille militaire, trois la Légion d’honneur. Il est vrai que celle-ci n’est pas nécessairement attribuée à titre militaire, ou du moins à titre exclusivement militaire. Quelques-uns cumulent évidemment les décorations : Léonce Verdrel, maire de Bapaume, qui a déjà reçu la Croix de guerre et la médaille militaire, obtient la Légion d’honneur en 1937. Ce grand blessé de guerre est également président adjoint de la Fédération départementale des anciens combattants. Le réseau des anciens combattants revêt d’évidence une grande importance pour les maires pas-de-calaisiens, même si elle est difficile à mesurer pour la période envisagée. On pense en effet à la thèse d’Antoine Prost mais elle est consacrée à l’entre-deux-guerres.40 Il convient de se souvenir qu’une forte proportion des itinéraires politiques étudiés ont commencé avant 1939 et que les anciens combattants de la Grande Guerre restent actifs dans leurs associations au moins jusqu’à la fin des années 1950. La Seconde Guerre mondiale génère aussi bien sûr certaines formes de sociabilité mais celles-ci obéissent à des logiques un peu différentes. L’aide apportée aux prisonniers ou aux anciens prisonniers est quelquefois mentionnée : en-dehors de notre échantillon, on peut mentionner l’exemple de Georges Lecoutre, né en 1899, qui devient maire de Wacquinghen en 1945. Engagé volontaire pendant la Première Guerre mondiale, il prend part à la campagne de 1939-1940. Fait prisonnier au mois de juin, il s’évade. Pendant l’Occupation, il participe à l’évasion de Britanniques, de Belges et aussi d’Alsaciens incorporés dans l’armée allemande. Ce MRP ne faisait pas de politique avant la guerre mais était très engagé dans le scoutisme. Lecoutre est aussi président du comité d’assistance aux prisonniers de Wacquinghen et Maninghen. Titulaire des Croix de guerre française et américaine, il est également chevalier de la Couronne de Belgique. Certains maires précisent à quelle occasion ils ont été décorés. Celui d’Aix-en-Ergny indique ainsi qu’il a obtenu sa Croix de Guerre à Verdun en 1916. Les maires peuvent aussi détailler leurs différentes décorations. Celui d’Auchy-lès-Hesdin mentionne ainsi la Croix de guerre, la médaille de Verdun, la médaille militaire et la médaille interalliée.

    61Comme cela a déjà été mentionné pour la Légion d’honneur, les maires n’ont bien sûr pas uniquement reçu des médailles à titre exclusivement ou partiellement militaire. Au moins onze d’entre eux sont, à la fin des années 1940, titulaires du Mérite agricole, soit à peu près 12 % du total, cette situation n’étant d’ailleurs pas très surprenante étant donné le nombre de communes rurales dans l’échantillon étudié. C’est une des voies d’accession à la notabilité locale qui se dessine, certains maires mentionnant aussi la présidence du syndicat agricole local (Affringues) ou la fonction de délégué du syndicat agricole (Agny). Autre élément traditionnel qu’il ne convient pas de négliger, les liens avec le système d’enseignement.
    Trois des maires sont médaillés de l’Instruction publique. Il est vrai que celui d’Audresselles est un ancien instituteur : Louis Danquin, né en 1870 à Vaudringhen, ancien combattant de la Première Guerre mondiale, a exercé cette profession 37 ans et demi. Médaillé de l’Instruction publique en 1924, à peu près à la fin de sa carrière, il devient maire en 1925, donc vraisemblablement au moment de sa retraite. En-dehors de notre échantillon, mentionnons le maire de Bois-Bernard, lui aussi ancien instituteur, qui précise qu’il a été secrétaire de mairie pendant 20 ans, ce qui peut avoir facilité son élection au poste majoral. Anecdote qui rappelle que la modernité technologique pénètre encore de manière très inégale le département (et le développement du réseau téléphonique a été de toute façon particulièrement laborieux en France), il tient à préciser dans sa fiche qu’il attend le téléphone depuis plusieurs mois… Également en-dehors de notre échantillon, le maire de Béthune, Anselme Beuvry, né en 1874, dirige la fédération des œuvres laïques de sa commune. Il préside par ailleurs depuis 1944 l’association des maires du Pas-de-Calais, fonction dont on a déjà précisé qu’elle ne devait pas être négligée. Parmi les maires médaillés, citons à nouveau Georges Lecoutre : le maire de Wacquinghen est en effet également officier d’Académie et chevalier du Mérite agricole. C’est aussi le président-fondateur de la caisse des écoles de sa commune.

    62Dans quelques (rares) cas, c’est toute une carrière qui dessine à partir de la fiche préfectorale. Émile Leroy, né en 1875, est directeur-économe de l’hôpital de Saint-Pol-sur-Mer et Zuydcoote41 de 1900 à 1920, et dirige l’hôpital ainsi que le centre de rapatriement pendant la Première Guerre mondiale. Décoré de la médaille de l’Assistance publique par le président Poincaré, il est par ailleurs cité à l’ordre de l’armée par Foch. À partir de 1935, il est conseiller municipal d’Ambleteuse. On peut supposer qu’il est alors à la retraite. Celle-ci n’a probablement pas toujours été paisible : pendant la guerre, en effet, Ambleteuse est une des communes où l’organisation Todt est particulièrement active. Il n’est cependant pas possible de savoir ce que fait alors Émile Leroy. En février 1945, il devient maire, ce qui n’est probablement pas une tâche facile, la commune étant détruite à 40 %.42 Il est vrai que d’autres parties du littoral pas-de-calaisien et quelquefois de l’intérieur du département avaient subi des destructions encore plus importantes. Georges Lamiot, né en 1880, est conseiller municipal à partir de 1908 de sa commune natale, Aubigny-en-Artois, puis maire en 1919. Il a combattu pendant la Première Guerre mondiale. Titulaire du Mérite agricole en 1923 ou 1924 (il ne se souvient pas de la date exacte), il est aussi récompensé au titre de l’Instruction publique en 1930 et obtient la Légion d’honneur en 1939. Dans les années difficiles de l’Occupation, il semble avoir fait son possible pour assurer au mieux l’approvisionnement des populations. Il est en tout cas récompensé en avril 1944 par la médaille d’argent du ravitaillement national. Georges Lamiot est également suppléant du juge de paix du canton d’Aubigny.

    63Une autre approche prosopographique est possible en s’appuyant sur les fiches des maires, adjoints et conseillers municipaux de l’arrondissement d’Arras en 1945 et 1947.43 Cette liste correspond uniquement aux communes de plus de 1 000 habitants. Elle complète donc en partie la précédente dans laquelle les plus petites communes pèsent évidemment d’un poids considérable. Sur trente-cinq communes qui, dans l’arrondissement d’Arras, comptent plus de 1 000 habitants, seize sont des communes urbaines. Parmi ces villes figurent bien sûr le chef-lieu du département mais aussi plusieurs entités du Bassin minier, dont Avion, ainsi que Méricourt ou Rouvroy. Certaines communes appartiennent à la banlieue d’Arras (Saint-Laurent-Blangy) ou de Lens (Éleu-dit-Leauwette). Il y a enfin des bourgs ruraux, parfois assez peuplés (Saint-Pol-sur-Ternoise). Les fiches permettent cette fois de bien appréhender l’évolution politique de 1947. En 1945 comme en 1947, socialistes et communistes sont ensemble à la tête de vingt-trois mairies sur trente-cinq, donc presque exactement les deux tiers de l’ensemble. D’une élection à l’autre, le recul des communistes est net, puisque, contrôlant onze mairies en 1947, ils n’en ont plus que sept en 1947. La SFIO connaît une poussée symétrique, passant de douze à seize mairies. Sans doute ne faut-il toutefois pas exagérer l’ampleur de cette correction. Dans l’arrondissement d’Arras, les communistes conservent en effet les municipalités qui sont les plus importantes pour eux : Avion, Drocourt, Méricourt, Rouvroy. Au reste, il est possible de noter un petit déplacement vers la droite, mais d’ampleur assez réduite : de 1945 à 1947 les radicaux-socialistes régressent, cependant qu’apparaissent un indépendant de droite et un MRP. Tout cela s’accompagne d’une relative stabilité des personnes. Certaines étiquettes politiques sont d’ailleurs un peu flottantes. Le maire d’Auchy-les-Hesdin, Louis Lagache, est ainsi socialiste indépendant en 1945 et SFIO en 1947.

    64Les fiches de l’arrondissement d’Arras permettent d’esquisser une étude des adjoints qui corrige partiellement l’image que donne une étude uniquement centrée sur les maires : c’est ainsi que, si l'on tient seulement compte des maires, le MRP peut être considéré comme une force secondaire dans l’arrondissement d’Arras, mais c’est moins vrai si l’on prend en considération les adjoints. Ceux-ci sont par ailleurs assez révélateurs de l’évolution politique qui se produit entre 1945 et 1947 (et de sa complexité). La situation la plus courante est celle que l’on rencontre à Arras et qui revêt évidemment une importance particulière étant donné la présence de Guy Mollet à la tête de la municipalité : les socialistes s'associent en 1947 au MRP pour consolider leur position. La municipalité élue en 1945 comptait deux adjoints communistes, deux socialistes, deux radicaux socialistes. En 1947 sont élus douze conseillers RPF, sept SFIO, six MRP, cinq communistes. C’est donc le MRP qui est en mesure de faire pencher la majorité d’un côté ou de l’autre. Les Républicains populaires choisissant l’alliance avec les socialistes, Guy Mollet est réélu. Conséquence du nouveau rapport de force, le conseil municipal compte désormais deux adjoints MRP (dont l’archiviste Georges Besnier).44

    65Il y a toutefois des cas inverses qui montrent à nouveau qu’au plan local les équilibres politiques peuvent être différents de ceux qui prévalent aux niveaux départemental ou national. En 1945 comme en 1947, le maire d'Avesnes-le-Comte est socialiste. En 1945, son adjoint est socialiste mais en 1947 il est communiste. Par ailleurs, les changements d’étiquette, déjà mentionnés pour les maires, peuvent bien sûr également être le fait des adjoints. On peut reprendre l’exemple Auchy-les-Hesdin où Zéphyr Tilliette, adjoint en 1945 puis en 1947, est classé MRP en 1945 et indépendant de droite en 1947.

    66Quelles sont les principales caractéristiques des maires des communes de plus de 1 000 habitants de l’arrondissement d’Arras ?

    67En 1947, l’âge moyen est un peu supérieur à 50 ans, le maire le plus jeune ayant 26 ans, le plus âgé 72. À peu près deux tiers des maires ont entre 40 et 59 ans.

    68Si on examine à présent les professions exercées, on constate qu’en 1945, il y a huit ouvriers en activité dont cinq mineurs. Ceux-ci sont bien sûr élus par les communes du Bassin minier ou celles qui se situent en périphérie (Vimy). Pour l’essentiel, ce sont des communistes. Il y a trois agriculteurs qui sont, sans surprise, à la tête de bourgs ruraux. Les retraités sont assez nombreux : ils ont travaillé dans les mines, les chemins de fer, l’enseignement. En revanche, enseignants et fonctionnaires en activité sont peu représentés (même s’il faut bien sûr à nouveau citer Guy Mollet) et il n’y a qu’un seul médecin. La catégorie la plus nombreuse est celle des chefs d’entreprise, commerçants et indépendants de diverses natures. Globalement, on peut donc considérer que c’est une petite et moyenne bourgeoisie, d’ailleurs assez hétérogène, qui domine. La part des catégories populaires apparaît supérieure à la moyenne française, mais c’est à peu près exclusivement le résultat de la spécificité du Bassin minier.

    69Tous sont des hommes. Certes, les femmes s’introduisent dans la politique communale mais le mouvement est timide. Sur les fiches utilisées figure le nombre de femmes appartenant au conseil municipal, ces documents n’étant cependant pas nécessairement remplis très clairement. La première évidence est que la moitié des communes ne comprennent pas encore de conseillère municipale. Leur nombre total n’atteint pas quarante. Seuls quatre conseils comportent plus de deux femmes. À l’exception de celui de Frévent (socialiste), il s’agit de municipalités communistes. Avion, avec six conseillères, fait figure d’exception. Le bilan est encore plus maigre si l’on s’intéresse aux adjointes au maire. Ici encore, il faut se tourner vers les municipalités communistes pour découvrir quelques femmes. Drocourt est exceptionnelle. On y trouve deux adjointes : Éléonore Luc, ménagère et, en 1947, Blanche Journée, elle aussi ménagère. Méricourt, qui compte quatre adjoints, n’a qu’une adjointe, Eugénie Tissot, veuve Legroux, mais elle est reconduite en 1947. Ailleurs, la présence féminine apparaît éphémère : Brebières et Vitry-en-Artois ont chacune une adjointe en 1945, respectivement Adrienne Despinoy, qualifiée de gérante et Joséphine Delcroix, institutrice honoraire. En 1947 cependant, lorsque ces municipalités sont conquises par la SFIO, les adjointes disparaissent. Même à Avion, dont la couleur politique ne change pas, l’adjointe au maire de 1945, Julie Darras, présentée comme ménagère, n’apparaît plus en 1947. Il est vrai qu’il s’agit sans doute d’un cas spécifique : elle est devenue députée en janvier 1947 et, permanente de l’UFF, passe beaucoup de temps avec Paris où elle travaille avec Claudine Chomat. Elle est, par ailleurs, en butte à l’hostilité d’Auguste Lecoeur, ce qui pose évidemment problème dans le Pas-de-Calais. En-dehors de l’échantillon étudié, mais dans un espace proche, il est possible de citer le cas de Montigny-en-Gohelle dont le maire, Gustave Lecointe, a déjà été mentionné. Lorsqu’il meurt en 1948, c’est sa première adjointe, Ezia Leblond qui assure l’intérim puis est élue maire trois mois plus tard. Il est très difficile d’avancer des éléments précis à son sujet. C’est ainsi que ni son âge ni son métier ne sont connus. Montigny-en-Gohelle, qui compte 7 683 habitants en 1946, paraît être une commune communiste classique, qui apporte par exemple son soutien aux mineurs grévistes à la fin de l’année 1948. Ezia Leblond démissionne fin 1951, sans qu’il soit possible de dire pourquoi. Peut-être, mais ce n’est absolument pas une certitude, convient-il d’évoquer des difficultés de gestion. La municipalité est en effet par la suite confrontée à un déficit assez considérable.45

    70Il existe encore un moyen différent permettant d’aborder l’étude du personnel municipal. Si l’électeur effectue la sélection finale, les partis opèrent dans une certaine mesure un choix préalable, du moins dans les villes (on a cependant déjà pu voir qu’ils devaient tous en pratique tenir compte du poids des notables locaux). Pour les organisations politiques, il s’agit de trouver un nombre suffisant de volontaires, qui soient à peu près en adéquation avec le projet global du parti et qui apparaissent susceptibles d’attirer l’électorat ou, du moins, le segment du marché électoral qui est visé. Boulogne-sur-Mer est une grande ville comptant 41 870 habitants en 1954, chiffre d’ailleurs en forte baisse par rapport à l’avant-guerre, dont l’économie et la société sont très diversifiées. En 1953, la situation politique y est assez originale si on la compare à celle du reste du Pas-de-Calais. C’est probablement pour cette raison que les Renseignements généraux établissent les listes détaillées des candidats présentés cette année-là par les différents partis.46 Ces informations sont vraisemblablement recueillies sur les bulletins ou les affiches électorales. Il faut donc accepter les indications qui sont données en se souvenant qu’elles ont été filtrées par les candidats puis par les partis. D’un autre côté, cela permet bien sûr de savoir sur quelles caractéristiques les candidats et les formations auxquelles ils appartiennent entendent insister.

    71Six listes sont en présence, ce qui correspond à un large éventail politique :

    • Liste d’Union ouvrière et démocratique de défense des intérêts communaux dans la Paix et l’Indépendance nationale présentée par le parti communiste.
    • Liste SFIO.
    • Liste de concentration républicaine (radicale, avec un candidat UDSR).
    • Liste d’action familiale et sociale (MRP).
    • Liste d’union des Républicains indépendants.
    • Liste des candidats du Rassemblement du Peuple Français.

    72Ces différentes listes présentent une identité assez marquée et ne sont aucunement interchangeables.

    73Celle du parti communiste est marquée par le poids du syndicalisme : six syndiqués y figurent. L’un d’eux est membre du syndicat des dockers poissonniers, sans que le sigle CGT soit présent. Les cinq autres sont explicitement des cégétistes. C’est d’abord le cas de la tête de liste, Auguste Defrance, secrétaire général de l’Union locale CGT (et personnalité-clé du communisme à Boulogne-sur-Mer depuis le début des années 1930 : il est d’ailleurs le candidat du parti à toutes les élections depuis 1936). Les autres représentent diverses branches de la Confédération : bâtiment, marins-pêcheurs, cheminots, alimentation, employés. La liste entend clairement correspondre autant que possible aux différentes catégories populaires de Boulogne-sur-Mer et en particulier refléter la variété du monde ouvrier : la mer (docker, ouvrière de marée…), la sidérurgie, alors très active sur le port (trois métallurgistes), le bâtiment (sept ouvriers) dans une ville où, ainsi que cela a déjà été mentionné, la reconstruction est un enjeu majeur, les cheminots (trois ou quatre si l’on prend en compte celui qui est retraité). Figurent aussi sur la liste quelques artisans et petits commerçants et au moins un élément, Joseph Caux, appartenant à une catégorie plus aisée. Dans son cas, c’est la dimension proprement politique qui prime, ce chirurgien-dentiste étant le président de la section France-URSS.

    74La présence ouvrière est nettement plus réduite sur la liste socialiste. On y trouve toutefois deux ouvriers du bâtiment et deux cheminots. En revanche, les employés et en particulier les fonctionnaires sont nombreux. La liste compte cinq enseignants. Le secteur des HLM est par ailleurs bien représenté, ce qui peut à nouveau être considéré comme un signe de l’importance particulière que revêt la question du logement. La liste radicale présente elle aussi cinq enseignants, peut-être plus âgés puisqu’y figurent une institutrice honoraire ainsi qu’une directrice d’école et un principal de collège eux aussi honoraires : il est possible qu’il faille prendre en compte le moindre dynamisme dont fait preuve le parti radical depuis la guerre. Sinon, les catégories dominantes sont les employés et les cadres du secteur privé, les commerçants et les professions libérales (deux avocats et un pharmacien). La liste MRP comporte des représentants assez variés de la classe moyenne. Les comptables, au nombre de cinq, constituent la profession la mieux représentée. Dans le cas des Républicains indépendants, les entrepreneurs sont particulièrement nombreux, en particulier ceux qui sont liés au monde de la mer : il y a en effet quatre armateurs, dont le maire sortant, et cinq mareyeurs (les deux catégories se confondant cependant dans un cas). Il y a aussi beaucoup de cadres, commerçants et négociants. Trois comptables figurent sur la liste. Trois candidats précisent par ailleurs qu’ils sont pères de famille nombreuse. Les Républicains indépendants insistent volontiers sur leur participation à différentes associations ayant pour but le bien-être social. Seize d’entre eux précisent qu’ils ont combattu, qu’ils ont été prisonniers de guerre, qu’ils se sont évadés. Ils signalent aussi leurs décorations. On peut citer l’exemple de Philogone Boucher, en quatrième place sur la liste : ce charcutier est membre de la Chambre de Commerce, secrétaire de l’association des sinistrés, président de l’UNC et a reçu la médaille militaire ainsi que la Croix de guerre.

    75Le RPF est marqué par une certaine diversité sociale et compte quelques représentants des catégories populaires. Le trait le plus caractéristique est cependant que, plus encore que celle des Républicains indépendants, cette liste prend l’allure d’une association d’anciens combattants.

    • Le premier candidat est Croix de guerre 39-45 et a obtenu la médaille des évadés.
    • Le deuxième est officier de réserve, combattant volontaire, Croix de guerre 39-45.
    • La troisième est une femme sur laquelle on reviendra.
    • Le quatrième est un ancien de la 2e DB, Croix de guerre, médaille de la Résistance, médaille des évadés.
    • Le cinquième a été membre d’un groupement de Résistance.
    • Le sixième a obtenu la Croix de guerre au titre de la Résistance.
    • Le septième a reçu la médaille d’Orient.
    • Le huitième est ancien combattant 14-18, Croix de Guerre.

    76Les différentes forces politiques placent évidemment en tête de liste les éléments les plus prestigieux : Auguste Defrance pour les communistes, Pierre Baron et Louis Thérouanne pour le MRP, Jean Febvay, le maire sortant, pour les Républicains indépendants. L’ordre adopté pour la liste socialiste semble a priori plus surprenant. Henri Henneguelle n’y figure en effet qu’en quatrième position. Peut-être faut-il prendre en compte le fait que son mandat majoral, de 1945 à 1947, n’avait pas forcément convaincu les Boulonnais. On verra que cette situation suscite quelques remous après l’élection…

    77Et les candidatures féminines ?

    78Toutes les listes présentent des femmes, mais celles-ci constituent toujours une petite minorité.

    Les candidates boulonnaises en 1953.

    Force politique Nombre de candidates Professions (suivant l’ordre de la liste) Place sur la liste de la première femme
    Parti communiste 3

    Ouvrière de marée

    Ménagère

    Dactylo

    17
    SFIO 4

    Institutrice honoraire

    Secrétaire

    Commerçante

    Ménagère

    4
    Radicaux 4

    Professeure

    Membre du bureau de bienfaisance

    Institutrice honoraire

    Directrice d’école honoraire

    4
    MRP 2

    Infirmière

    Veuve de guerre

    5
    Républicains indépendants. 2

    Professeure de chant

    Armatrice

    11
    RPF 5

    Médecin

    Résistante internée

    Sans profession

    Employée de mairie

    Sans profession

    3

    79Les forces politiques présentent donc des femmes qui correspondent à leur identité générale, ce qui ne constitue évidemment pas une surprise. Si la section communiste ne les met guère en avant, c’est différent dans le cas du RPF. Sans doute la candidature de Geneviève Jaillette-Aubrun est-elle susceptible d’attirer l’attention : c’est un médecin, qui a obtenu la médaille du dévouement, la Croix de guerre, la Croix d’honneur britannique et la médaille de la Croix rouge 14-18 (Lille). Cette candidature illustre cependant à nouveau le caractère assez changeant que peuvent revêtir les appartenances politiques : Geneviève Jaillette-Lebrun avait en effet auparavant milité dans les rangs du MRP et n’avait pas eu d’activité au sein du RPF.

    80La constitution des différentes listes fait bien sûr forcément l’objet de tractations diverses. C’est ainsi que le président du comité RPF de Boulogne-sur-Mer ne figure pas sur la liste de son mouvement. Directeur des Glacières du parc, il est en relation avec de nombreux armateurs et subit des pressions de la part des Républicains indépendants qui le dissuadent de se présenter. Il ne faut pas sous-estimer l’importance des egos : Le responsable local de la propagande du RPF, n’ayant pas obtenu la tête de liste, préfère se retirer purement et simplement.47

    81Les susceptibilités jouent aussi leur rôle dans la constitution de la liste radicale. Le général Joseph Hassler, mécontent de la place qui lui a été attribuée, refuse de se présenter. Le comité place alors en quatrième position le seul représentant de l’UDSR, qui apparaît « susceptible d’apporter un certain nombre de voix d’anciens prisonniers de guerre parmi lesquels il est très sympathiquement connu. M. Tachon a d’ailleurs posé cette condition expresse pour le maintien de sa candidature. »48

    82Les résultats des élections boulonnaises sont relativement inattendus.

    Les élections à Boulogne-sur-Mer de 1947 à 1953.

    Scrutins Inscrits Suffrages exprimés Communistes SFIO RGR MRP Indépendants RPF
    Élections municipales 1947 21835 16495 26,8 % 19,4 % 19,5 % 32,8 %
    Élections cantonales 1949 21272 14138 26,2 % 21,4  % 16,7 % 35,8 %
    Élections législatives 1951 21442 17293 27,1 % 20,5 % 8,3 % 6% 38 %
    Élections municipales 1953 17281 23,5 % 26,3 % 5,9 % 11,3 % 26,5% 4,8 %

    83Sont élus 9 conseillers communistes, 10 SFIO, 2 radicaux socialistes, 4 MRP, 10 ARS. La poussée socialiste qui s’effectue au détriment du parti communiste et de la droite surprend les Renseignements généraux dont la réaction première est d’estimer que cette situation nouvelle va obliger les socialistes boulonnais à quitter l’opposition et à s’entendre avec la droite. « Sans eux, rien ne pourrait être fait, car il est fort improbable que les communistes sortent de l’isolement dans lequel ils se sont cantonnés jusqu’alors pour soutenir une municipalité à direction socialiste. » 49

    84Le rapprochement entre les deux formations, en dépit de l’opposition de la fédération et de Guy Mollet, constitue donc une surprise que la position politique d’Henri Henneguelle, SFIO très marqué à gauche, explique d’ailleurs en partie. Henneguelle redevient donc maire de Boulogne-sur-Mer à la suite de la première réunion du conseil fraîchement élu, le 3 mai 1953, qui consacre la victoire des partis marxistes et le nouveau partage des dépouilles. Auguste Defrance devient premier adjoint, la socialiste Gabrielle Hielle deuxième adjointe, le communiste Maurice Demaret troisième adjoint, le socialiste Hautefeuille quatrième adjoint.

    85Ce résultat provoque quelques remous dans la section. Se mêlent en fait questions personnelles et considérations politiques. Comme on l’a vu, ce n’est en effet pas Henneguelle qui était à la tête de la liste socialiste, cette place étant occupée par le docteur Albert Degand. Celui-ci, fort de son nombre de voix et de sa popularité, s’estime le mieux placé pour devenir le premier édile de la ville, dans la mesure où celui-ci est socialiste. La section SFIO est cependant nettement dominée par Henneguelle qui, lors d’une réunion organisée le 28 avril et consacrée au choix du candidat, obtient 52 voix contre 19 voix au docteur Degand. Dans ces conditions, celui-ci démissionne de la section socialiste quelques minutes avant l’élection du maire, son geste étant imité par un autre membre qui le soutient et se verrait bien adjoint. Ces départs sont justifiés par la fidélité à la ligne du parti : la décision de s’allier aux communistes est inacceptable. Cela n’empêche d’ailleurs pas les démissionnaires de voter ensuite en faveur d’Henneguelle : ils ne veulent pas, en effet, qu’on puisse ultérieurement leur reprocher d’avoir entravé l’action de leurs colistiers. « Ils espèrent, d’ailleurs, que la nouvelle administration socialo-communiste n’étant pas viable, un retour en arrière des élus socialistes se fera selon eux, dans un laps de temps plus ou moins bref, et qu’il sera, à nouveau, fait appel à eux. »50 L’alliance entre socialistes et communistes se révèle effectivement assez éphémère (les adjoints communistes perdent leurs délégations en 1956) mais Henri Henneguelle reste maire jusqu’en 1977.

    86Un tableau extrait d’un mémoire de maîtrise peut permettre in fine de visualiser les rythmes du changement, à l’échelle de l’arrondissement le plus important du département.

    Pourcentage des maires réélus d’une élection à l’autre dans l’arrondissement de Béthune

    1945 1947 1953 1959 1965 1971
    1939 20 25 18 15 11 3
    1945 50 34 22 18 8
    1947 69 45 31 17
    1953 60 43 22
    1959 68 34
    1965 61

    8720 % des maires en place en 1939 sont réélus en 1945, 25 % en 1947…51

    88Il faut bien sûr rappeler que la situation de l’arrondissement de Béthune n’est pas forcément généralisable. Une fois cette précaution prise, il apparaît que le pourcentage des maires d’avant-guerre réélus en 1945 est faible mais pas négligeable, surtout si l’on tient compte du fait que les élections précédentes avaient eu lieu en 1935 et que certains d’entre eux avaient déjà effectué plusieurs mandats. Quelques maires effectuent par ailleurs leur retour en 1947, un phénomène comparable pouvant être observé dans le cas des conseillers généraux du Pas-de-Calais : c’est évidemment un signe de l’élasticité du système politique.

    89Sans doute convient-il par ailleurs de s’interroger sur l’action des municipalités. La couleur politique de la liste ou des listes qui emportent les élections est très loin d’être dépourvue d’importance. Elle impose à la tête de la municipalité une classe politique, si on veut une micro-classe politique, qui présente des caractéristiques spécifiques. Les vainqueurs recrutent un personnel local, mettent en place des réseaux de solidarité et donnent une empreinte, souvent durable, à l’identité symbolique de la commune (par exemple par le biais des noms attribués aux rues ou des plaques qui accompagnent l’inauguration des bâtiments neufs et feront peut-être la joie des épigraphistes de l’avenir). Tout cela explique que les élections municipales soient souvent âprement disputées. La politique concrète conduite par les communes doit cependant tenir compte de nombreuses contraintes, en particulier financières, qui encadrent étroitement l’action menée. Pendant les dernières années du conflit indochinois, les municipalités communistes équilibrent quelquefois leur budget de manière fictive en incluant dans les recettes des subventions supplémentaires liées à l’arrêt de la guerre en Extrême-Orient. C’est cependant simplement un moyen de capitaliser sur l’impopularité croissante de ce conflit et le préfet rappelle évidemment à l’ordre les communes concernées.52 Dans le fond, il faut à nouveau rappeler que le champ des possibles n’est alors (comme c’est d’ailleurs le plus souvent le cas), pas démesurément ouvert. La marge de manœuvre des municipalités reste relativement limitée, d’autant qu’elles ne maîtrisent que très partiellement une partie des grands dossiers auxquels elles sont confrontées. C’est par exemple le cas de la reconstruction, dont on a souligné à quel point elle constituait une question primordiale dans le Pas-de-Calais, en particulier, mais pas seulement, sur le littoral : il suffit de mentionner les difficultés que rencontrent les maires de Lens pour rebâtir l’hôtel de ville. Leurs projets successifs se heurtent aux problèmes de financement mais aussi à la mauvaise qualité d’un terrain abîmé par l’exploitation minière et les guerres. Une certaine mauvaise volonté des Houillères vient semble-t-il encore compliquer le dossier… Ce n’est qu’au milieu des années 1960 que le nouveau bâtiment, qui ne ressemble qu’assez peu à ce qui était initialement prévu, est enfin achevé.53

    Conclusion

    90L’on peut donc, à titre de conclusion, citer le discours prononcé par Henneguelle lorsqu’il est élu maire de Boulogne-sur-Mer en 1953, discours retranscrit par les Renseignements généraux : l’objectif est de faire revivre la ville et « malgré les embuches certaines que je rencontrerai, je lutterai ». De grands travaux doivent être mis en œuvre : reconstruire les écoles, les bâtiments publics et bâtir par tous les moyens. Un programme de construction H.L.M. doit être lancé pour reloger toute la population. Il faut aussi fournir un emploi aux chômeurs tout en développant les œuvres en faveur des vieux et de l’enfance. Henneguelle entend marquer son action dans un sens social, humain, raisonnable. Le tourisme doit être encouragé sous toutes ses formes. Il faut aussi aider le plus possible les autorités portuaires et la chambre de commerce pour donner au port une place toujours plus grande. Il termine ainsi son intervention : « Chassons l’esprit partisan pour travailler dans la plus stricte équité avec la volonté de servir. Boulogne doit revivre, Boulogne revivra », paroles saluées par les applaudissements du conseil municipal.54

    91À très peu de choses près (la mention de la chambre de commerce, qui a sans doute pour but de rassurer les cadres de l’économie boulonnaise qui appréciaient probablement assez médiocrement l’élection d’Auguste Defrance comme premier adjoint et l’omission des églises, qui auraient déparé dans la bouche d’un laïque), on retrouve donc les thèmes de campagne du MRP…

    Notes de bas de page

    1 Éric Decarcique, La vie politique à Liévin de 1944 à 1977, Mémoire de maîtrise, université de Lille III, 1979, 216 pages.

    2 État nominatif des démissions de conseillers départementaux, maires, adjoints, présidents de délégations spéciales, conseillers municipaux en 1943, AD Pas-de-Calais, 1W5186/1

    3 Cabinet du préfet, le préfet du Pas-de-Calais à monsieur le chef du gouvernement, ministre secrétaire d’État à l’Intérieur, Arras, le 18 novembre 1942, objet : propositions en vue de la constitution du conseil départemental du Pas-de-Calais, arrondissement de Montreuil-sur-Mer, AD Pas-de-Calais, 1W730/1.

    4 Le sous-préfet de Montreuil-sur-Mer à monsieur le préfet du Pas-de-Calais, 6 octobre 1942, liste des maires des chefs-lieux de canton de l’arrondissement de Montreuil-sur-Mer, AD Pas-de-Calais, 1W730/1.

    5 Arrêté du préfet du Pas-de-Calais, Arras, le 30 novembre 1944, AD Pas-de-Calais, M4962/2.

    6 Sous-Préfecture de Montreuil-sur-Mer, rapport du sous-préfet sur les résultats des élections municipales du deuxième tour le 14 mai 1945, AD Pas-de-Calais, 1W5185/1.

    7 Rapport mensuel d’information du préfet du Pas-de-Calais, le 5 mai 1953, AD Pas-de-Calais, 1W8147.

    8 Le préfet du Pas-de-Calais au ministre de l’Intérieur, le 25 avril 1945, objet : élections municipales, AD Pas-de-Calais, 1W5185/1.

    9 Sous-Préfecture de Boulogne-sur-Mer, le 24 avril 1945, le sous-préfet à monsieur le préfet du Pas-de-Calais, AD Pas-de-Calais, 1W5185/1.

    10 Libre-Artois, 28 avril 1945.

    11 Le sous-préfet de Béthune à monsieur le préfet du Pas-de-Calais, le 15 mai 1945, rapport sur les résultats des élections municipales après le deuxième tour, AD Pas-de-Calais, 1W5185/1.

    12 Département du Pas-de-Calais, rapport sur les résultats des élections municipales après le deuxième tour de scrutin, AD Pas-de-Calais, 1W5185/1.

    13 Sous-Préfecture de Boulogne-sur-Mer, le 24 avril 1945, le sous-préfet à monsieur le préfet du Pas-de-Calais, AD Pas-de-Calais, 1W5185/1.

    14 Sous-Préfecture de Boulogne-sur-Mer, le 24 avril 1945, le sous-préfet à monsieur le préfet du Pas-de-Calais, AD Pas-de-Calais, 1W5185/1.

    15 Éric Decarcique, « La vie politique à Liévin du Front populaire à la déclaration de guerre », Gauheria, décembre 1991, n° 24, p. 77 à 86.

    16 Le sous-préfet de Béthune à monsieur le préfet Pas-de-Calais, le 15 mai 1945, rapport sur les résultats des élections municipales après le deuxième tour, AD Pas-de-Calais, 1W5185/1.

    17 Réunion du 30 mai 1945 à Lille (pas d’autres indications), AD Pas-de-Calais, 1W5185/1.

    18 Le commissaire de police chef du service des Renseignements généraux à Arras à monsieur le directeur des Renseignements généraux, le 30 avril 1945, AD Pas-de-Calais, 1W 683.

    19 Le sous-préfet de Béthune à monsieur le préfet du Pas-de-Calais, le 15 mai 1945, rapport sur les résultats des élections municipales après le deuxième tour, AD Pas-de-Calais, 1W5185/1.

    20 Le sous-préfet de Saint-Omer à monsieur le préfet du Pas-de-Calais, le 20 mai 1946, AD Pas-de-Calais, 1W5185/2.

    21 Ministère de l’Intérieur, Renseignements généraux Arras, le 6 août 1946, le commissaire de police chef des Renseignements généraux d’Arras à monsieur le préfet du Pas-de-Calais, cabinet, objet : situation municipale de la commune de Hendecourt-lès-Ransart AD Pas-de-Calais, 1W5186/1.

    22 Sous-Préfecture de Béthune, le 27 octobre 1947, rapport sur les résultats des élections municipales après le 2e tour, AD Pas-de-Calais1W 5186/2.

    23 Philippe Roger, « Ernest Schaffner homme politique et maire de Lens », Gauheria, 2013, p. 39-68.

    24 Frédéric Sawicki, Les réseaux du Parti socialiste Sociologie d’un milieu partisan, Paris, Belin, 1997, 336 pages.

    25 Jean Vavasseur-Desperriers, « Les socialistes septentrionaux et leurs alliances, de la Libération à la fin des années 1960 », in Bernard Ménager, Jean-François Sirinelli, Jean Vavasseur-Desperriers, Cent ans de socialisme septentrional, Lille, Publications de l’université de Lille III et du Centre d’Histoire de la Région du Nord et de l’Europe du Nord-Ouest, 1995, p. 305 à 313.

    26 Sous-Préfecture de Béthune, le 27 octobre 1947, rapport sur les résultats des élections municipales après le 2e tour, AD Pas-de-Calais, 1W 5186/2.

    27 Philippe Roger, « Les grèves de 1953 dans Pas-de-Calais », Revue du Nord, n°369, p. 105-138.

    28 Le commissaire de police, chef de la circonscription de Wingles, à monsieur le directeur départemental chef des services de police du Pas-de-Calais, le 25 avril 1953, objet : réunions préélectorales organisées par le parti communiste à Wingles et Billy-Berclau, le 24-4-53, AD Pas-de-Calais, 1W 8142.

    29 Note de renseignements, Béthune, 16 avril 1953, objet : A/S de l’élaboration des listes d’Union ouvrière et démocratique présentée par le PCF en vue des prochaines élections municipales, AD Pas-de-Calais, 1W 8142.

    30 Rapport mensuel d’information du préfet du Pas-de-Calais, le 5 mai 1953, AD Pas-de-Calais 1W8147.

    31 Rapport mensuel d’information du préfet du Pas-de-Calais, le 5 mai 1953, AD Pas-de-Calais 1W8147.

    32 Renseignements généraux, Boulogne-sur-Mer, le 23 avril 1953, objet : réunion électorale publique et contradictoire tenue par le MRP le 22 avril dans la salle des Pipots à Boulogne-sur-Mer, AD Pas-de-Calais, 1W8142.

    33 Renseignements généraux, le 16 février 1953, objet : situation politique dans l’arrondissement de Saint-Omer, en vue des élections municipales de mai 1953, AD Pas-de-Calais, 1W8142.

    34 Arras, le 2 février 1953, objet : instructions de la Fédération socialiste du Pas-de-Calais en vue des prochaines élections municipales, AD Pas-de-Calais, 1W 8142.

    35 Jack Ténèbre, Bernard Chochoy, un notable SFIO, mémoire de maîtrise, université de Lille, 1987, p. 50.

    36 Renseignements généraux de Calais, le 16 février 1953, objet : situation politique dans l’arrondissement de Saint-Omer, en vue des élections municipales de mai 1953, AD Pas-de-Calais, 1W 8142.

    37 Arras, le 9 mai 1953, à l’adresse du directeur des Renseignements généraux, du préfet du Pas-de-Calais et du directeur départemental des services de police, objet : commentaires sur les élections municipales dans le Pas-de-Calais et comparaison des résultats avec ceux des élections similaires de 1947 et des élections législatives de 1951, AD Pas-de-Calais, 1W25864.

    38. Marie-Christine Allart, « Société et micropolis villageoise : valorisation et marginalisation des agriculteurs au XXe siècle », Revue du Nord, 2008, 2/3, p. 575 à 601.

    39. Philippe Roger, « Les conseillers généraux du Pas-de-Calais de 1945 à 1958 : le renouvellement d’un groupe notabiliaire », Revue du Nord, 2001/1, p. 125 à 144.

    40. Antoine Prost, Les anciens combattants et la société française, 1914-1939, Paris, Presses de la Fondation nationale des sciences politiques, 1977, 3 vol., 237, 261 et 268 pages.

    41 Georges Vancauwenberghe fonde dans les années 1880 un sanatorium à Saint-Pol-sur-Mer. En raison de l’agrandissement du port de Dunkerque, l’établissement doit cependant être transféré à Zuydcoote.

    42 Liste des communes les plus sinistrées du Pas-de-Calais, AD Pas-de-Calais, 1W7031.

    43 Fiches des maires, adjoints et conseillers municipaux de l’arrondissement d’Arras, 1945 et 1947, communes de plus de 1000 habitants, AD Pas-de-Calais, 1W5186/1.

    44 Françoise Fatoux, Les élections municipales à Arras de 1945 à 1971, Mémoire de maîtrise, université de Lille III, 1975, 179 pages.

    45 Maitron en ligne, notice Ezia Leblond, consultation le 27 juin 2022. 

    46 Ville de Boulogne-sur-Mer, élections municipales du 26 avril 1953, composition des différentes listes, sans indication supplémentaire, AD Pas-de-Calais, 1W25864.

    47 Renseignements généraux de Boulogne-sur-Mer, le 16 avril 1953, objet : A/S de la liste RPF à Boulogne-sur-Mer, AD Pas-de-Calais, 1W25864.

    48 Renseignements généraux de Boulogne-sur-Mer, formation de la liste de concentration républicaine, AD Pas-de-Calais, 1W25864.

    49 Renseignements généraux, Boulogne, le 27 avril 1953, objet : résultats des élections municipales du 27 avril dans le secteur de Boulogne-sur-Mer, AD Pas-de-Calais, 1W25864.

    50 Renseignements généraux de Boulogne sur Mer, le 4 mai 1953, objet : démission de la section socialiste de deux conseillers municipaux MM Degand et Coquerel, AD Pas-de-Calais, 1W25864.

    51 Marie-Odile Dassonneville et Marc Dujardin, Les maires de l’arrondissement de Béthune de 1939 à 1971, Mémoire de maîtrise soutenu en 1978 à l’université de Lille sous la direction d’Yves-Marie Hilaire, p. 53.

    52 Philippe Roger, « La guerre d’Indochine et les populations du Pas-de-Calais », in Frédéric Angleviel, Chants pour l’au-delà des mers, Mélanges en l’honneur du professeur Jean Martin, Paris, L’Harmattan, 2008, 525 pages.

    53 Philippe Roger, « Une reconstruction problématique : l’hôtel de ville de Lens de 1944 à 1965 », Gauheria, n° 80, mars 2012, p. 41 à 54.

    54 Renseignements généraux de Boulogne-sur-Mer, objet : réunion du nouveau conseil municipal de Boulogne-sur-Mer en vue de l’élection du maire et des adjoints, le 3 mai 1953 AD Pas-de-Calais, 1W25864.

    Auteur

    • Philippe Roger

      IRHIS–UMR 8529, ULille

      philippe.roger@univ-lille.fr

    Précédent Suivant
    Table des matières

    Le texte seul est utilisable sous licence Licence OpenEdition Books. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont « Tous droits réservés », sauf mention contraire.

    Voir plus de livres
    Se vêtir à la cour en Europe 1400-1815

    Se vêtir à la cour en Europe 1400-1815

    Cultures matérielles, cultures visuelles du costume dans les cours européennes

    Isabelle Paresys et Natacha Coquery (dir.)

    2011

    Les lettrés de la République

    Les lettrés de la République

    Les enseignants de la Faculté des Lettres de Douai puis Lille sous la Troisième République (1870-1940)

    Jean-François Condette

    2006

    Héros militaire, culture et société (XIXe-XXe siècles)

    Héros militaire, culture et société (XIXe-XXe siècles)

    Claude d'Abzac-Épezy et Jean Martinant de Préneuf (dir.)

    2012

    Archives, archivistes, archivistique dans l'Europe du Nord-Ouest du Moyen Âge à nos jours

    Archives, archivistes, archivistique dans l'Europe du Nord-Ouest du Moyen Âge à nos jours

    Entre gouvernance et mémoire

    Martine Aubry, Isabelle Chave et Vincent Doom (dir.)

    2007

    Les Cardinaux de la Renaissance et la modernité artistique

    Les Cardinaux de la Renaissance et la modernité artistique

    Frédérique Lemerle, Yves Pauwels et Gennaro Toscano (dir.)

    2009

    Élites et sociabilité au XIXe siècle

    Élites et sociabilité au XIXe siècle

    Héritages, identités

    Hervé Leuwers, Jean-Paul Barrière et Bernard Lefebvre (dir.)

    2001

    Bède le Vénérable

    Bède le Vénérable

    Entre tradition et postérité

    Stéphane Lebecq, Michel Perrin et Olivier Szerwiniak (dir.)

    2005

    De Georges Clemenceau à Jacques Chirac : l'état et la pratique de la Loi de Séparation

    De Georges Clemenceau à Jacques Chirac : l'état et la pratique de la Loi de Séparation

    Robert Vandenbussche (dir.)

    2008

    L'engagement dans la Résistance (France du Nord - Belgique)

    L'engagement dans la Résistance (France du Nord - Belgique)

    Robert Vandenbussche (dir.)

    2003

    4000 bourgeois de Lille au xive siècle

    4000 bourgeois de Lille au xive siècle

    Le premier Registre aux Bourgeois (1291-1355). Édition et commentaire

    Martine Aubry

    1999

    Un ministre artésien dans la crise du 16 mai

    Un ministre artésien dans la crise du 16 mai

    La correspondance entre Auguste et Lucie Paris (16 mai - 23 novembre 1877)

    Jean-Marc Guislin

    2002

    L'épuration en Belgique et dans la zone interdite (1944-1949)

    L'épuration en Belgique et dans la zone interdite (1944-1949)

    Robert Vandenbussche (dir.)

    2017

    Voir plus de livres
    1 / 12
    Se vêtir à la cour en Europe 1400-1815

    Se vêtir à la cour en Europe 1400-1815

    Cultures matérielles, cultures visuelles du costume dans les cours européennes

    Isabelle Paresys et Natacha Coquery (dir.)

    2011

    Les lettrés de la République

    Les lettrés de la République

    Les enseignants de la Faculté des Lettres de Douai puis Lille sous la Troisième République (1870-1940)

    Jean-François Condette

    2006

    Héros militaire, culture et société (XIXe-XXe siècles)

    Héros militaire, culture et société (XIXe-XXe siècles)

    Claude d'Abzac-Épezy et Jean Martinant de Préneuf (dir.)

    2012

    Archives, archivistes, archivistique dans l'Europe du Nord-Ouest du Moyen Âge à nos jours

    Archives, archivistes, archivistique dans l'Europe du Nord-Ouest du Moyen Âge à nos jours

    Entre gouvernance et mémoire

    Martine Aubry, Isabelle Chave et Vincent Doom (dir.)

    2007

    Les Cardinaux de la Renaissance et la modernité artistique

    Les Cardinaux de la Renaissance et la modernité artistique

    Frédérique Lemerle, Yves Pauwels et Gennaro Toscano (dir.)

    2009

    Élites et sociabilité au XIXe siècle

    Élites et sociabilité au XIXe siècle

    Héritages, identités

    Hervé Leuwers, Jean-Paul Barrière et Bernard Lefebvre (dir.)

    2001

    Bède le Vénérable

    Bède le Vénérable

    Entre tradition et postérité

    Stéphane Lebecq, Michel Perrin et Olivier Szerwiniak (dir.)

    2005

    De Georges Clemenceau à Jacques Chirac : l'état et la pratique de la Loi de Séparation

    De Georges Clemenceau à Jacques Chirac : l'état et la pratique de la Loi de Séparation

    Robert Vandenbussche (dir.)

    2008

    L'engagement dans la Résistance (France du Nord - Belgique)

    L'engagement dans la Résistance (France du Nord - Belgique)

    Robert Vandenbussche (dir.)

    2003

    4000 bourgeois de Lille au xive siècle

    4000 bourgeois de Lille au xive siècle

    Le premier Registre aux Bourgeois (1291-1355). Édition et commentaire

    Martine Aubry

    1999

    Un ministre artésien dans la crise du 16 mai

    Un ministre artésien dans la crise du 16 mai

    La correspondance entre Auguste et Lucie Paris (16 mai - 23 novembre 1877)

    Jean-Marc Guislin

    2002

    L'épuration en Belgique et dans la zone interdite (1944-1949)

    L'épuration en Belgique et dans la zone interdite (1944-1949)

    Robert Vandenbussche (dir.)

    2017

    Voir plus de chapitres

    Conseils municipaux et conseil général du Pas-de-Calais face à la loi Barange

    Philippe Roger

    Le Pas-de-Calais de l’épuration extra-légale aux premiers bilans (1944-1946)

    Philippe Roger

    Un exemple d’épuration extra-légale : le premier attentat contre Julien Priem (1941)

    Philippe Roger

    L’épuration à Lens

    Philippe Roger

    Les Neutralistes et la paix : l’exemple d’Esprit

    Philippe Roger

    Introduction

    Philippe Roger

    L’opinion publique dans le Pas-de-Calais pendant la crise de 1958 (du début de l’année 1958 à la fin du mois d’août)

    Philippe Roger

    Les enjeux des élections au Conseil de la République dans le Pas-de-Calais pendant la Quatrième République

    Philippe Roger

    Voir plus de chapitres
    1 / 8

    Conseils municipaux et conseil général du Pas-de-Calais face à la loi Barange

    Philippe Roger

    Le Pas-de-Calais de l’épuration extra-légale aux premiers bilans (1944-1946)

    Philippe Roger

    Un exemple d’épuration extra-légale : le premier attentat contre Julien Priem (1941)

    Philippe Roger

    L’épuration à Lens

    Philippe Roger

    Les Neutralistes et la paix : l’exemple d’Esprit

    Philippe Roger

    Introduction

    Philippe Roger

    L’opinion publique dans le Pas-de-Calais pendant la crise de 1958 (du début de l’année 1958 à la fin du mois d’août)

    Philippe Roger

    Les enjeux des élections au Conseil de la République dans le Pas-de-Calais pendant la Quatrième République

    Philippe Roger

    Accès ouvert

    Accès ouvert freemium

    ePub

    PDF

    PDF du chapitre

    Suggérer l’acquisition à votre bibliothèque

    Acheter

    ePub / PDF

    1 Éric Decarcique, La vie politique à Liévin de 1944 à 1977, Mémoire de maîtrise, université de Lille III, 1979, 216 pages.

    2 État nominatif des démissions de conseillers départementaux, maires, adjoints, présidents de délégations spéciales, conseillers municipaux en 1943, AD Pas-de-Calais, 1W5186/1

    3 Cabinet du préfet, le préfet du Pas-de-Calais à monsieur le chef du gouvernement, ministre secrétaire d’État à l’Intérieur, Arras, le 18 novembre 1942, objet : propositions en vue de la constitution du conseil départemental du Pas-de-Calais, arrondissement de Montreuil-sur-Mer, AD Pas-de-Calais, 1W730/1.

    4 Le sous-préfet de Montreuil-sur-Mer à monsieur le préfet du Pas-de-Calais, 6 octobre 1942, liste des maires des chefs-lieux de canton de l’arrondissement de Montreuil-sur-Mer, AD Pas-de-Calais, 1W730/1.

    5 Arrêté du préfet du Pas-de-Calais, Arras, le 30 novembre 1944, AD Pas-de-Calais, M4962/2.

    6 Sous-Préfecture de Montreuil-sur-Mer, rapport du sous-préfet sur les résultats des élections municipales du deuxième tour le 14 mai 1945, AD Pas-de-Calais, 1W5185/1.

    7 Rapport mensuel d’information du préfet du Pas-de-Calais, le 5 mai 1953, AD Pas-de-Calais, 1W8147.

    8 Le préfet du Pas-de-Calais au ministre de l’Intérieur, le 25 avril 1945, objet : élections municipales, AD Pas-de-Calais, 1W5185/1.

    9 Sous-Préfecture de Boulogne-sur-Mer, le 24 avril 1945, le sous-préfet à monsieur le préfet du Pas-de-Calais, AD Pas-de-Calais, 1W5185/1.

    10 Libre-Artois, 28 avril 1945.

    11 Le sous-préfet de Béthune à monsieur le préfet du Pas-de-Calais, le 15 mai 1945, rapport sur les résultats des élections municipales après le deuxième tour, AD Pas-de-Calais, 1W5185/1.

    12 Département du Pas-de-Calais, rapport sur les résultats des élections municipales après le deuxième tour de scrutin, AD Pas-de-Calais, 1W5185/1.

    13 Sous-Préfecture de Boulogne-sur-Mer, le 24 avril 1945, le sous-préfet à monsieur le préfet du Pas-de-Calais, AD Pas-de-Calais, 1W5185/1.

    14 Sous-Préfecture de Boulogne-sur-Mer, le 24 avril 1945, le sous-préfet à monsieur le préfet du Pas-de-Calais, AD Pas-de-Calais, 1W5185/1.

    15 Éric Decarcique, « La vie politique à Liévin du Front populaire à la déclaration de guerre », Gauheria, décembre 1991, n° 24, p. 77 à 86.

    16 Le sous-préfet de Béthune à monsieur le préfet Pas-de-Calais, le 15 mai 1945, rapport sur les résultats des élections municipales après le deuxième tour, AD Pas-de-Calais, 1W5185/1.

    17 Réunion du 30 mai 1945 à Lille (pas d’autres indications), AD Pas-de-Calais, 1W5185/1.

    18 Le commissaire de police chef du service des Renseignements généraux à Arras à monsieur le directeur des Renseignements généraux, le 30 avril 1945, AD Pas-de-Calais, 1W 683.

    19 Le sous-préfet de Béthune à monsieur le préfet du Pas-de-Calais, le 15 mai 1945, rapport sur les résultats des élections municipales après le deuxième tour, AD Pas-de-Calais, 1W5185/1.

    20 Le sous-préfet de Saint-Omer à monsieur le préfet du Pas-de-Calais, le 20 mai 1946, AD Pas-de-Calais, 1W5185/2.

    21 Ministère de l’Intérieur, Renseignements généraux Arras, le 6 août 1946, le commissaire de police chef des Renseignements généraux d’Arras à monsieur le préfet du Pas-de-Calais, cabinet, objet : situation municipale de la commune de Hendecourt-lès-Ransart AD Pas-de-Calais, 1W5186/1.

    22 Sous-Préfecture de Béthune, le 27 octobre 1947, rapport sur les résultats des élections municipales après le 2e tour, AD Pas-de-Calais1W 5186/2.

    23 Philippe Roger, « Ernest Schaffner homme politique et maire de Lens », Gauheria, 2013, p. 39-68.

    24 Frédéric Sawicki, Les réseaux du Parti socialiste Sociologie d’un milieu partisan, Paris, Belin, 1997, 336 pages.

    25 Jean Vavasseur-Desperriers, « Les socialistes septentrionaux et leurs alliances, de la Libération à la fin des années 1960 », in Bernard Ménager, Jean-François Sirinelli, Jean Vavasseur-Desperriers, Cent ans de socialisme septentrional, Lille, Publications de l’université de Lille III et du Centre d’Histoire de la Région du Nord et de l’Europe du Nord-Ouest, 1995, p. 305 à 313.

    26 Sous-Préfecture de Béthune, le 27 octobre 1947, rapport sur les résultats des élections municipales après le 2e tour, AD Pas-de-Calais, 1W 5186/2.

    27 Philippe Roger, « Les grèves de 1953 dans Pas-de-Calais », Revue du Nord, n°369, p. 105-138.

    28 Le commissaire de police, chef de la circonscription de Wingles, à monsieur le directeur départemental chef des services de police du Pas-de-Calais, le 25 avril 1953, objet : réunions préélectorales organisées par le parti communiste à Wingles et Billy-Berclau, le 24-4-53, AD Pas-de-Calais, 1W 8142.

    29 Note de renseignements, Béthune, 16 avril 1953, objet : A/S de l’élaboration des listes d’Union ouvrière et démocratique présentée par le PCF en vue des prochaines élections municipales, AD Pas-de-Calais, 1W 8142.

    30 Rapport mensuel d’information du préfet du Pas-de-Calais, le 5 mai 1953, AD Pas-de-Calais 1W8147.

    31 Rapport mensuel d’information du préfet du Pas-de-Calais, le 5 mai 1953, AD Pas-de-Calais 1W8147.

    32 Renseignements généraux, Boulogne-sur-Mer, le 23 avril 1953, objet : réunion électorale publique et contradictoire tenue par le MRP le 22 avril dans la salle des Pipots à Boulogne-sur-Mer, AD Pas-de-Calais, 1W8142.

    33 Renseignements généraux, le 16 février 1953, objet : situation politique dans l’arrondissement de Saint-Omer, en vue des élections municipales de mai 1953, AD Pas-de-Calais, 1W8142.

    34 Arras, le 2 février 1953, objet : instructions de la Fédération socialiste du Pas-de-Calais en vue des prochaines élections municipales, AD Pas-de-Calais, 1W 8142.

    35 Jack Ténèbre, Bernard Chochoy, un notable SFIO, mémoire de maîtrise, université de Lille, 1987, p. 50.

    36 Renseignements généraux de Calais, le 16 février 1953, objet : situation politique dans l’arrondissement de Saint-Omer, en vue des élections municipales de mai 1953, AD Pas-de-Calais, 1W 8142.

    37 Arras, le 9 mai 1953, à l’adresse du directeur des Renseignements généraux, du préfet du Pas-de-Calais et du directeur départemental des services de police, objet : commentaires sur les élections municipales dans le Pas-de-Calais et comparaison des résultats avec ceux des élections similaires de 1947 et des élections législatives de 1951, AD Pas-de-Calais, 1W25864.

    38. Marie-Christine Allart, « Société et micropolis villageoise : valorisation et marginalisation des agriculteurs au XXe siècle », Revue du Nord, 2008, 2/3, p. 575 à 601.

    39. Philippe Roger, « Les conseillers généraux du Pas-de-Calais de 1945 à 1958 : le renouvellement d’un groupe notabiliaire », Revue du Nord, 2001/1, p. 125 à 144.

    40. Antoine Prost, Les anciens combattants et la société française, 1914-1939, Paris, Presses de la Fondation nationale des sciences politiques, 1977, 3 vol., 237, 261 et 268 pages.

    41 Georges Vancauwenberghe fonde dans les années 1880 un sanatorium à Saint-Pol-sur-Mer. En raison de l’agrandissement du port de Dunkerque, l’établissement doit cependant être transféré à Zuydcoote.

    42 Liste des communes les plus sinistrées du Pas-de-Calais, AD Pas-de-Calais, 1W7031.

    43 Fiches des maires, adjoints et conseillers municipaux de l’arrondissement d’Arras, 1945 et 1947, communes de plus de 1000 habitants, AD Pas-de-Calais, 1W5186/1.

    44 Françoise Fatoux, Les élections municipales à Arras de 1945 à 1971, Mémoire de maîtrise, université de Lille III, 1975, 179 pages.

    45 Maitron en ligne, notice Ezia Leblond, consultation le 27 juin 2022. 

    46 Ville de Boulogne-sur-Mer, élections municipales du 26 avril 1953, composition des différentes listes, sans indication supplémentaire, AD Pas-de-Calais, 1W25864.

    47 Renseignements généraux de Boulogne-sur-Mer, le 16 avril 1953, objet : A/S de la liste RPF à Boulogne-sur-Mer, AD Pas-de-Calais, 1W25864.

    48 Renseignements généraux de Boulogne-sur-Mer, formation de la liste de concentration républicaine, AD Pas-de-Calais, 1W25864.

    49 Renseignements généraux, Boulogne, le 27 avril 1953, objet : résultats des élections municipales du 27 avril dans le secteur de Boulogne-sur-Mer, AD Pas-de-Calais, 1W25864.

    50 Renseignements généraux de Boulogne sur Mer, le 4 mai 1953, objet : démission de la section socialiste de deux conseillers municipaux MM Degand et Coquerel, AD Pas-de-Calais, 1W25864.

    51 Marie-Odile Dassonneville et Marc Dujardin, Les maires de l’arrondissement de Béthune de 1939 à 1971, Mémoire de maîtrise soutenu en 1978 à l’université de Lille sous la direction d’Yves-Marie Hilaire, p. 53.

    52 Philippe Roger, « La guerre d’Indochine et les populations du Pas-de-Calais », in Frédéric Angleviel, Chants pour l’au-delà des mers, Mélanges en l’honneur du professeur Jean Martin, Paris, L’Harmattan, 2008, 525 pages.

    53 Philippe Roger, « Une reconstruction problématique : l’hôtel de ville de Lens de 1944 à 1965 », Gauheria, n° 80, mars 2012, p. 41 à 54.

    54 Renseignements généraux de Boulogne-sur-Mer, objet : réunion du nouveau conseil municipal de Boulogne-sur-Mer en vue de l’élection du maire et des adjoints, le 3 mai 1953 AD Pas-de-Calais, 1W25864.

    De nouvelles élites ? Une nouvelle société ? L’apport de la Résistance

    X Facebook Email

    De nouvelles élites ? Une nouvelle société ? L’apport de la Résistance

    Ce livre est diffusé en accès ouvert freemium. L’accès à la lecture en ligne est disponible. L’accès aux versions PDF et ePub est réservé aux bibliothèques l’ayant acquis. Vous pouvez vous connecter à votre bibliothèque à l’adresse suivante : https://freemium.openedition.org/oebooks

    Suggérer l’acquisition à votre bibliothèque Acheter ce livre aux formats PDF et ePub

    Si vous avez des questions, vous pouvez nous écrire à access[at]openedition.org

    De nouvelles élites ? Une nouvelle société ? L’apport de la Résistance

    Vérifiez si votre bibliothèque a déjà acquis ce livre : authentifiez-vous à OpenEdition Freemium for Books.

    Vous pouvez suggérer à votre bibliothèque d’acquérir un ou plusieurs livres publiés sur OpenEdition Books. N’hésitez pas à lui indiquer nos coordonnées : access[at]openedition.org

    Vous pouvez également nous indiquer, à l’aide du formulaire suivant, les coordonnées de votre bibliothèque afin que nous la contactions pour lui suggérer l’achat de ce livre. Les champs suivis de (*) sont obligatoires.

    Veuillez, s’il vous plaît, remplir tous les champs.

    La syntaxe de l’email est incorrecte.

    Référence numérique du chapitre

    Format

    Roger, P. (2025). Le renouvellement du personnel municipal du Pas-de-Calais, de la Libération à 1953. In R. Vandenbussche (éd.), De nouvelles élites ? Une nouvelle société ? L’apport de la Résistance. Villeneuve d’Ascq: Publications de l’Institut de recherches historiques du Septentrion. https://doi.org/10.4000/13x2l
    Roger, Philippe. « Le renouvellement du personnel municipal du Pas-de-Calais, de la Libération à 1953 ». In De nouvelles élites ? Une nouvelle société ? L’apport de la Résistance, édité par Robert Vandenbussche. Villeneuve d’Ascq: Publications de l’Institut de recherches historiques du Septentrion, 2025. doi:10.4000/13x2l.
    Roger, Philippe. « Le renouvellement du personnel municipal du Pas-de-Calais, de la Libération à 1953 ». De nouvelles élites ? Une nouvelle société ? L’apport de la Résistance, édité par Robert Vandenbussche, Publications de l’Institut de recherches historiques du Septentrion, 2025, https://doi.org/10.4000/13x2l.

    Référence numérique du livre

    Format

    Vandenbussche, R. (éd.). (2025). De nouvelles élites ? Une nouvelle société ? L’apport de la Résistance. Villeneuve d’Ascq: Publications de l’Institut de recherches historiques du Septentrion. https://doi.org/10.4000/13x2v
    Vandenbussche, Robert, éd. De nouvelles élites ? Une nouvelle société ? L’apport de la Résistance. Villeneuve d’Ascq: Publications de l’Institut de recherches historiques du Septentrion, 2025. doi:10.4000/13x2v.
    Vandenbussche, Robert, éditeur. De nouvelles élites ? Une nouvelle société ? L’apport de la Résistance. Publications de l’Institut de recherches historiques du Septentrion, 2025, https://doi.org/10.4000/13x2v.
    Compatible avec Zotero Zotero

    1 / 3

    Publications de l’Institut de recherches historiques du Septentrion

    Publications de l’Institut de recherches historiques du Septentrion

    • Mentions légales
    • Plan du site
    • Se connecter

    Suivez-nous

    • LinkedIn
    • Bluesky
    • Flux RSS

    URL : https://irhis.univ-lille.fr

    Email : irhis-recherche@univ-lille.fr

    OpenEdition
    • Candidater à OpenEdition Books
    • Connaître le programme OpenEdition Freemium
    • Commander des livres
    • S’abonner à la lettre d’OpenEdition
    • CGU d’OpenEdition Books
    • Accessibilité : partiellement conforme
    • Données personnelles
    • Gestion des cookies
    • Système de signalement