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    Plan

    Plan détaillé Texte intégral 1. Introduction 2. Historique des recherches 3. Les ateliers du bas Moyen Âge 4. Les ateliers du XVIe siècle 5. Les ateliers du XVIIe siècle 6. Conclusion Bibliographie Notes de bas de page Auteurs

    50 nuances de grès : 600 ans de production en France et en Belgique

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    Table des matières

    Le grès en Puisaye. Un état de la question des origines et du développement aux XVIe et XVIIe siècles

    Stoneware in Puisaye. Origins and development in the 16th  and 17th  centuries.

    Véronique Durey, Marie-Christine Lacroix et Mélinda Bizri (collaboration)

    Résumés

    La Puisaye est un terroir bocager marqué par une activité potière intense entre le XVIe siècle et le milieu du XXe siècle. Contrairement à d’autres régions, le grès semble y apparaître plus tardivement malgré une abondante ressource en argile. Depuis 2017, le programme de recherches vise à identifier et caractériser les sites potiers et leur production en reprenant les données anciennes des travaux de prospections et fouilles, couplées d’analyses chimiques et archéomagnétiques. Il existe aux frontières de la Puisaye, dès le bas Moyen Âge, une connaissance fine des techniques potières sur des productions non grésées. Ces ateliers pourraient constituer les antécédents des grès du XVIe siècle, dont la production est déjà parfaitement maîtrisée.

    The Puisaye is a bocage region marked by intense pottery activity between the 16th century and the mid-20th century. Unlike other regions, stoneware seems to appear later despite an abundant clay resource. Since 2017, the research program aims to identify and characterize pottery sites and their production by using old data from prospecting and excavation work, coupled with chemical and archaeomagnetic analyses. There has been a detailed knowledge of pottery techniques on non-glazed productions on the borders of Puisaye since the late Middle Ages. These workshops could constitute the antecedents of 16th century stoneware, the production of which was already perfectly mastered.

    Entrées d’index

    Mots-clés : Puisaye, Bourgogne, grès, céramique, atelier de potier, Moyen Âge, époque moderne

    Keywords : Puisaye, Burgundy, stoneware, ceramic, potters workshop, Middle Ages, modern age

    Texte intégral 1. Introduction 1.1. Présentation générale 2. Historique des recherches 3. Les ateliers du bas Moyen Âge 3.1. Treigny (Yonne)–Les Poteries d’en Bas 3.2. Tracy-sur Loire (Nièvre)–Les Poteries 3.3. Auxerre (Yonne)–Place des Véens 4. Les ateliers du XVIe siècle 4.1. Saint-Vérain (Nièvre)–Le Bois Bardelet 4.2. Moutiers-en-Puisaye (58)–L’Étang Malade 5. Les ateliers du XVIIe siècle 6. Conclusion Bibliographie Notes de bas de page Auteurs

    Texte intégral

    1. Introduction

    1La Puisaye constitue un centre potier majeur de production de grès pour les périodes moderne et contemporaine dont les origines et le développement sont encore mal cernés. C’est un terroir bocager dont le paysage reste encore fortement marqué par l’activité potière qui y fut très intense depuis le début du XVIe siècle jusqu’au milieu du XXe siècle. Depuis 2018, dans le cadre d’un Projet collectif de recherches, la reprise d’ensembles céramiques issus de fouilles anciennes et les dépouillements documentaires permettent désormais d’esquisser un panorama des productions de grès aux XVIe et XVIIe siècles.

    1.1. Présentation générale

    2Le territoire de la Puisaye se trouve aux confins de l’Orléanais, du Nivernais et de la Bourgogne. Comme le souligne Marcel Poulet, auteur de plusieurs ouvrages dédiés à la production des grès de Puisaye, il « s’agit d’une notion populaire de pays », qui ne correspond à aucune division administrative ou religieuse. La Puisaye des potiers, zone de production connue des grès pour l’époque moderne, se localise sur les deux départements de la Nièvre et de l’Yonne, principalement autour des communes de Saint-Sauveur-en-Puisaye (Yonne) et de Saint-Amand-en-Puisaye (Nièvre) (fig. 1).

    Fig. 1 : Localisation générale de la Puisaye

    © DAO : M. BLARY, 2024

    3Les études récentes sur la région ont été impulsées par les travaux du Projet collectif de recherches (PCR) conduit depuis 20171 et portant sur « La céramique médiévale et moderne (XIIe - XVIIe siècles) en Bourgogne : production, consommation, diffusion ». Ce programme a notamment consisté à élaborer un Système d’information géographique (SIG) où ont été recensées de la manière la plus exhaustive possible toutes les mentions de production céramique, potière et tuilière du Moyen Âge jusqu’à l’époque contemporaine. Les sources sont variées. Elles sont documentaires, cartographiques, toponymiques ou archéologiques.

    4Ce sont 857 entrées concernant tout type de production potières et tuilières jusqu’au milieu du XXe siècle, qui ont été référencées sur l’ensemble de l’ancienne région administrative de la Bourgogne avec ses quatre départements.

    5Dans ce corpus, les sites de productions de poteries entre l’an mil et la fin du XVIIIe siècle (1799) représentent 268 entrées connues, 132 jusqu’à la fin du XVIIe siècle (1699) soit environ 31 % de l’ensemble de la région dans le premier cas et environ 15 % dans le second cas (fig. 2).

    Fig. 2 : Sites potiers référencés en Bourgogne du Moyen Âge à la fin du XVIIe siècle

    © Données UB-ARTEHIS, BRGM, IGN – DAO : M. BIZRI 2024

    6Dans ce groupe de 132 ateliers antérieurs au XVIIIe siècle, un tiers (44 occurrences soit 33 % des ateliers antérieurs à 1699) se situent en Puisaye. De six occurrences pointées au début du XVIe siècle, le nombre d'ateliers de production potière atteint une trentaine de références autour de 1700 puis plus de soixante à la fin du XVIIIe siècle (fig. 3).

    Fig. 3 : Évolution du nombre de sites de production en Puisaye entre le Moyen Âge et le XVIIIe siècle

    © M.C. LACROIX

    7Cette forte croissance de l’activité potière s’inscrit dans un contexte très favorable avec une abondante ressource en argile, dans une région très boisée et très humide. La proximité de la Loire, axe de circulation majeur de marchandises, a sans doute été déterminante dans cet essor2. La cartographie détaillée de la diffusion des productions de Puisaye par période reste à faire. Elle est néanmoins très largement avérée dans l’ouest de la France avec une attestation formelle grâce à des analyses chimiques sur des tessons issus de contextes du XVIe siècle à Fontevraud-l’Abbaye (Maine-et-Loire). Ainsi, les grès mis au jour sur ce site, localisé entre Tours et Angers à près de 300 kilomètres de la Puisaye sont issus des ateliers de Saint-Vérain3. Au XVIIIe siècle, les grès de Puisaye sont exportés jusqu’au Canada.

    8Les sites d’ateliers sont implantés sur la formation de l’Albien inférieur des argiles de Myennes dont la couche, très épaisse, est localement affleurante. Malgré l’abondance de la matière première, et contrairement aux régions détentrices d’argiles grésantes comme le Beauvaisis, la Normandie et la Rhénanie où la découverte du grésage apparaît dès le bas Moyen Âge, le grès semble apparaître plus tardivement en Puisaye. En revanche, dans l’état actuel des recherches, la chronologie d’apparition du grès semble similaire dans le nord du Berry tout proche, avec le développement des ateliers autour du village de La Borne (Cher)4.

    2. Historique des recherches

    9Depuis le début du XXe siècle, dans la région de Saint-Amand-en-Puisaye, des collectionneurs ont commencé à s’intéresser aux pièces de grès émaillées en bleu. Ce sont des pièces très décorées avec des motifs représentatifs des productions luxueuses de la Renaissance, des blasons, des fleurs de lys, des décors religieux ou profanes. Il s’agit de gourdes, souvent estampées, de plats et d’assiettes, d’épis de faîtages, de chevrettes, de carreaux de poêles.

    10Parmi ces collectionneurs, figure notamment Paul Jeanneney (1861-1920), amateur d’art et céramiste de l’école dite de Carriès ou de Saint-Amand5. Il s’intéresse à la géologie locale et aux tessons bleus qu’il récolte où qu’il récupère, notamment sur le site de production du Bois Bardelet à Saint-Vérain, à la suite d’un arrachage des souches de la parcelle en 1905. Ses collections sont déposées au musée du Berry à Bourges et au musée d’Art et d’Histoire de Villiers Saint-Benoît (Yonne). Un médecin de Saint-Amand-en-Puisaye, Paul Mallet (1892-1978) amateur de céramiques, continue les recherches sur les productions de grès bleus dans les années 1950-19606. Ils sont à l’origine de l’appellation des « bleus de Saint-Vérain » qui deviendra par la suite les « bleus de Puisaye » puisque ces productions se retrouvent sur une grande partie du territoire de la Puisaye potière.

    11À partir des années 1970, des chercheurs locaux se sont intéressés aux sites potiers autour de Saint-Amand-en-Puisaye, anciennement reconnus ou repérés par de nouvelles prospections. Entre 1976 et 1997, plusieurs sites ont fait l’objet de fouilles archéologiques. Ces fouilles ont permis de mettre au jour quelques fours et leur production, des grès bleus notamment, mais également une production de grès utilitaires. Ainsi, grâce aux nombreux travaux de fouilles et de recherches en archives qu’il a menés, Marcel Poulet a constitué une importante base documentaire sur le patrimoine potier de Puisaye. Celle-ci recense des lieux de production et des familles potières présentes sur le territoire depuis le XVIe siècle jusqu’à la fin du XXe siècle7. Par ailleurs, il a élaboré un répertoire des formes céramiques produites. Il s’est également fortement intéressé aux bleus de Puisaye dont il a tenté d’en retracer l’origine8.

    12D’autres, comme Alice De Vinck, qui a longuement arpenté et prospecté le territoire, avec son époux céramiste Antoine De Vinck, ont contribué à la connaissance des grès de Puisaye. Des fouilles ont été menées également sur plusieurs sites, comme présenté ci-après. Son approche, différente de celle de Marcel Poulet, a conduit Alice De Vinck à replacer les potiers dans leur environnement. Elle mène également des recherches sur les glaçures posant la question des approvisionnements en matière première, notamment l’oxyde de cobalt, et les rapports avec les verriers9.

    13Dans le cadre du PCR, le travail de recensement des sites de production de Puisaye a été repris10. D’un point de vue chronologique, il a semblé important de tracer leur existence dès le bas Moyen Âge afin de cerner le contexte de la production potière au moment de l’apparition des grès. La reprise des études de tous ces sites a consisté à rechercher les diverses documentations écrites, le mobilier provenant des prospections, retrouver les lieux de conservation, mettre en place des chantiers des collections, avec inventaires et reconditionnement par lots. Ces recherches se poursuivent, une partie importante du produit des fouilles du site potier de Tracy-sur-Loire vient par exemple d’être localisé dans un dépôt de la Charité-sur-Loire et doit prochainement bénéficier d’un chantier des collections.

    3. Les ateliers du bas Moyen Âge

    14Concernant le bas Moyen Âge, cinq occurrences ont été dénombrées (fig. 4). Sur Saint-Amand-en-Puisaye, la seule mention provient des archives. Un certain Salé, potier à Saint-Amand, achète une coupe de bois des domaines de la comtesse Jeanne de Toucy en 1316. Cet atelier n’est pas localisé.

    Fig. 4 : Carte de situation des ateliers du bas Moyen Âge

    © Données UB-ARTEHIS, BRGM, IGN – DAO : M. BIZRI 2024

    15Les données sur les autres ateliers proviennent de fouilles. Il s’agit du site des Poteries d’en Bas à Treigny11 en plein cœur de la Puisaye, auxquels s’ajoutent l’atelier des Poteries à Tracy-sur-Loire12 et celui de la Place des Véens à Auxerre13. Ces deux sites n’appartiennent pas strictement à la Puisaye mais en sont proches géographiquement, localisés à une quarantaine de kilomètres. Surtout, les fours longitudinaux mis au jour sur ces sites peuvent constituer des références importantes quant à l’apparition du grès. En outre, ces sites emploient pour leur production, d’après les données géologiques disponibles, les mêmes argiles grésantes que celles exploitées en Puisaye14. Les données sur ces ateliers sont donc susceptibles de faire le lien technique avec les productions plus tardives de grès (fours, argiles).

    3.1. Treigny (Yonne)–Les Poteries d’en Bas

    16Le site se localise dans un bois le long de la route départementale entre Saint-Amand-en-Puisaye et Saint-Sauveur-en-Puisaye, face au chantier de Guédelon, sur lequel se déroule la reconstruction expérimentale d’un château médiéval15. Découvert par prospection en 1983, le site fait l’objet de sondages archéologiques en 1989 sous la responsabilité d’Alice de Vinck16. En 1991, en raison de risques de débardage, une fouille de sauvetage est menée par Aude de Vinck17.

    17L’atelier se caractérise par la présence d’un four de potier longitudinal (fig. 5) et de deux tessonnières, l’une dans l’alandier du four comportant un dépôt de coquemars ayant vraisemblablement été utilisés dans la construction du four, la seconde au sud du four, plus fragmentaire.

    Fig. 5 : Treigny. Les Poteries-d’en-Bas. Plan du four

    © DAO : Au. DE VINCK, V. DUREY, 2024

    18Il s’agit d’une production en pâte claire, beige à orangée, très peu cuite. Une partie de la production est glaçurée. Les formes recensées sont des coquemars, des pichets à col droit cannelé, des cruches à deux anses et à bec tubulaire, des cruches à bec ponté ainsi que quelques tasses, jattes et peut-être des couvre-braises (fig. 6). L’ensemble de ce mobilier a fait l’objet d’un inventaire normalisé et est désormais conservé au Centre de Conservation et d’Études de Bibracte en attente d’une reprise de l’étude.

    Fig. 6 : Treigny. Les Poteries-d’en-Bas. Coquemar, cruche à bec ponté et jattes

    © DAO : V. DUREY, 2024

    19Dès que possible, des analyses chimiques de pâtes pourront positionner cette production potière médiévale au cœur de la Puisaye en comparaison avec les analyses effectuées sur les productions de Tracy-sur-Loire ainsi que les productions de grès des XVIe et XVIIe siècles. Une analyse archéomagnétique18 est également envisagée pour préciser la datation des lots et permettra de mieux cerner, voire trancher, cet aspect. En effet, un fragment de branchette brûlée encore conservé dans un contexte enregistré a été envoyé pour une datation radiocarbone au centre de datation de l’université de Lyon. Le résultat indique une probabilité à 95 % sur l’intervalle 1225-1295. Cette datation du XIIIe siècle, à partir d’une branchette proche du fait archéologique, donc sans effet « vieux bois », tend à remettre en question la datation plus tardive, du XIVe siècle, jusqu’alors envisagée pour le mobilier, reposant sur des critères typologiques.

    3.2. Tracy-sur Loire (Nièvre)–Les Poteries

    20Tracy-sur-Loire est une commune située à l'ouest du département de la Nièvre, au sud de Cosne-sur-Loire. Les ateliers de potiers médiévaux ont été révélés par une découverte fortuite en 1969 sur un plateau à 800 m de la Loire, face à la ville de Sancerre. Plusieurs campagnes de fouilles ont ensuite été conduites sur ces sites, dont l’une en 1970 par Philippe Andrieux, dans le cadre de son travail universitaire de maîtrise sous la direction de Jean Chapelot, fouille reprise par l’association Condate de Cosne-Cours-sur-Loire alors dirigée par Alain Bouthier19. Deux fours ont pu être fouillés, sur deux parcelles distinctes à 250 m l’une de l’autre. Les deux productions sont bien distinguées.

    21En ce qui concerne le four 1, le plus ancien, attribué au XIIIe siècle, nous pouvons confirmer une production majoritaire de formes fermées de type cruches à deux anses et à bec tubulaire, cruches à bec ponté et pot globulaires. La présence en assez grand nombre de formes de grandes dimensions de type couvre-braises agrandit le catalogue de produits.

    22Le four 2 est un four longitudinal d’environ 4,50 m de longueur avec un alandier de 2 m de long (fig. 7).

    Fig. 7 : Tracy-sur-Loire. Les Poteries. Plan et coupe du four 2

    © DAO : P. ANDRIEUX, V. DUREY, 2024

    23Il est comblé par une large tessonnière qui fournit un catalogue de formes plus diversifié (fig. 8). La cruche à bec ponté devient l’élément majeur de la production, ainsi que les coquemars et les pichets. On trouve aussi des tasses. Mais ce sont surtout les formes ouvertes de grande dimensions, jattes, bassins, cuviers, lèchefrites, qui peuvent surprendre par leur importance quantitative. Il y aurait peut-être une possibilité de spécialisation de l’atelier sur des pièces de grand volume. La production est datée du XIVe siècle par typochronologie, datation confirmée de la seconde moitié de ce siècle par une analyse archéomagnétique20.

    Fig. 8 : Tracy-sur-Loire. Les Poteries. Sélection de formes céramiques de la tessonnière : cruche à bec ponté, coquemar, tasse, tasse quadrilobée, plat creux décoré et jatte à anse

    © DAO : V. DUREY, 2024

    3.3. Auxerre (Yonne)–Place des Véens

    24Des sondages réalisés en 2008 par l’Inrap et une fouille de sauvetage réalisée en 2010 par le Centre d’Études médiévales d’Auxerre (CEM) ont mis en évidence une production potière sur la place des Véens à Auxerre21. Cette place se situe au cœur de la ville d’Auxerre, dans l’emprise de l’enceinte du XIIe siècle.

    25Deux périodes de productions ont été distinguées. Une production des XIIIe-XIVe siècles évoquée par une tessonnière et une production moderne pour laquelle ont été fouillés un four longitudinal et deux tessonnières.

    26La structure du four présente différentes phases de construction et d’aménagement qui semblent se situer entre la seconde moitié du XVe siècle et la fin du XVIe siècle (fig. 9). Le premier four est partiellement construit en tuiles, notamment le muret et les pilettes de séparation du foyer et de la chambre de cuisson. À partir de la seconde phase d’aménagement et jusqu’à la fin d’utilisation du four, des coquemars ont été utilisés comme pots de pilettes, en s’appuyant sur les tuiles. Les coquemars ont également été utilisés dans la construction des parois du four et sont donc fortement représentés dans ces dépôts. Au fur et à mesure des réaménagements du four, la pente s’amenuise pour totalement disparaître dans son dernier état, ce qui laisse supposer l’ajout d’une cheminée dans les dernières utilisations.

    Fig. 9 : Auxerre. Place des Véens. Plan et coupe du four. Phase I : fin du XVe siècle et Phase IV : XVIe siècle

    © DAO : V. DUREY, 2024

    27Les deux tessonnières correspondent à l’abandon de la structure. Les formes sont des coquemars, des cruches à anse panier, des tasses, et sans doute des jattes (fig. 10).

    Fig. 10 : Auxerre. Place des Véens. Coquemars ayant servi de pots de pilette

    © DAO : V. DUREY, 2024

    28La construction du four présente la particularité d’inclure une petite coupelle en terre cuite très semblable aux coupelles en grès produites dans le Beauvaisis au XVIe siècle (fig. 11).

    Fig. 11 : Auxerre. Place des Véens. Sélection de formes céramiques produites dans le four du XVIe siècle : cruche à bec tubulaire et anse panier, coquemar, tasses, coupelle

    © DAO : V. DUREY, 2024

    29Concernant le XVe siècle, hormis ce four d’Auxerre qui n’est pas un four de production de grès, et qui est un peu extérieur à la Puisaye, aucune trace d’implantation potière n’a pour le moment été détectée.

    4. Les ateliers du XVIe siècle

    30Les premiers signes d’une production de grès interviennent à l’extrême fin du XVe siècle, voire au tout début XVIe siècle. D’après les différents chercheurs qui ont travaillé sur le sujet22, le démarrage de la production de grès serait à mettre en lien avec François de Rochechouart qui hérite de la terre de Saint-Amand par son mariage avec Blanche d’Aumont en 1478. Ce mariage a lieu à Méru (Oise), village tout proche du Beauvaisis dont était originaire la famille de Blanche d’Aumont. Un certain nombre de gourdes estampées émaillées en bleu, ornées d’armoiries de grandes familles françaises, conservées dans différentes collections de musées ont probablement été produites en Puisaye. La généalogie montre un lien entre ces différentes familles : De Ferrières, Rollin, De Rochechouart, D’Aumont et Bochetel.

    31Six sites sont attestés au XVIe siècle (fig. 12). Quatre se trouvent sur la commune de Saint-Vérain et deux sur la commune de Moutiers. Trois d’entre eux ont été fouillés : le site du Bois Bardelet à Saint-Vérain, de l’Étang Malade et de la Détrouble à Moutiers-en-Puisaye. L’étude des deux premiers sites a pu être reprise.

    Fig. 12 : Carte de situation des ateliers au XVIe siècle

    © Données UB-ARTEHIS, BRGM, IGN – DAO : M. BIZRI 2024

    32Le travail concernant ces deux ateliers consiste en une reprise des données écrites de fouilles complétées par l’étude des collections anciennes. Actuellement une partie seulement du mobilier du Bois Bardelet a été retrouvée, déposée par Marcel Poulet au musée du grès de Saint-Amand-en-Puisaye. Celui-ci est complété par des collections provenant de prospections.

    4.1. Saint-Vérain (Nièvre)–Le Bois Bardelet

    33En Puisaye, le grès est absent au Moyen Âge, par conséquent le site potier du Bois Bardelet est pour l’instant le premier site connu de production de grès en Puisaye. Dans les autres régions où le grès est produit, dès le Moyen Âge, en France dans le Beauvaisis et en Normandie mais également en Allemagne, on remarque une lente évolution dans la cuisson de la matière première pour finalement obtenir une vitrification totale des argiles. Le grès proprement dit apparaît dans le courant du XIVe siècle, mais dès le XIIIe siècle, des pièces sont produites qui s’apparentent à des proto-grès. Au début du XVIe siècle, la production est bien maîtrisée dans ces régions.

    34Le site du Bois Bardelet est découvert en 1905, lors du dessouchage de la parcelle. Il a été régulièrement prospecté par les amateurs locaux. Une fouille est réalisée en 1976 sous la direction de Marcel Poulet.

    35Deux fours ont été dégagés. Un four rond à tirage vertical interprété comme un four de basse température pour des pièces glaçurées vertes et un four longitudinal qui ne semble pas avoir été complètement fouillé, d’une longueur d’environ 4,50 m pour les cuissons de haute température (fig. 13).

    Fig. 13 : Saint-Vérain. Le Bois Bardelet. Plan du four

    © DAO : M. POULET, V. DUREY, 2024

    36Le site du Bois Bardelet a fait l’objet de beaucoup d’attention et fut largement prospecté car on y trouve de très nombreux fragments décorés émaillés avec une glaçure brillante bleue colorée au cobalt, décors qui peuvent être pour certains rapprochés des gourdes estampées et des gourdes bouteille à bouchons en pas de vis conservées dans différents musées en France, Sèvres, Limoges, Bourges, Écouen (fig. 14). Certaines de ces gourdes sont datées par les décors, armoiries notamment. Ce qui permet de préciser la date de la production de cet atelier des trois premiers quarts du XVIe siècle.

    Fig. 14 : Saint-Vérain. Le Bois Bardelet. Éléments de gourdes à pas de vis et de gourdes estampées

    © V. DUREY, 2024

    37Il y a également une production d’objets utilitaires avec de nombreuses formes répertoriées dont la typologie reste à compléter (voir plus loin). Techniquement, il s’agit d’une vaisselle en grès cuite à 1280-1300°. Elle peut être brute ou émaillée en bleu avec un mélange de verre broyé avec du cobalt, ou émaillée en vert à la cendre. On trouve aussi des pièces sous-cuites aux alentours de 1200° qui correspondent à des produits placés en fond de four23. Dans ce cas, les émaux peuvent contenir du plomb. On retrouve alors du bleu de cobalt ou du vert de cuivre (fig. 15).

    Fig. 15 : Saint-Vérain. Le Bois Bardelet. Différents aspects de terres et émaux selon les températures de cuisson des grès

    © V. DUREY, 2024

    38Malgré la présence sur ce site d’une production de terres cuites de basse température glaçurées vertes (qui pourrait rappeler les « plommures » du Beauvaisis) nous avons trouvé très peu de tessons pouvant être qualifiés de dégourdi24. Il est possible alors qu’une grande partie des pièces en grès soient cuites en monocuisson, même les pièces bleues et qu’il y ait très peu de dégourdi sauf pièces d’exception. On peut aussi envisager que des pièces non-émaillées sous-cuites à 1200° (on en trouve sur ce site) soient ensuite émaillées et recuites à plus haute température25.

    4.2. Moutiers-en-Puisaye (58)–L’Étang Malade

    39Découvert par des prospections, le site est fouillé en 1987 sous la direction d’Alice de Vinck et en 1997 sous la direction de Jean-Paul Delor. La documentation vient principalement des rapports de fouilles26. Un four couché et plusieurs tessonnières ont été fouillés.

    40Le four, plus grand que les précédents, mesure 5,30 m de long (fig. 16). Il devient beaucoup plus élaboré également. Le foyer est séparé de la chambre de chauffe par un mur cintré en briques d’une hauteur de 1,10 m formant ainsi un important dénivelé entre le foyer et la chambre de cuisson.

    Fig. 16 : Moutiers. L’Étang Malade. Plan et coupe du four

    © DAO : J.P. DELOR, V. DUREY, 2024

    41Les grès sont bruts ou émaillés à la cendre et au bleu de verre. Ces productions voient apparaître des objets émaillés au laitier, un résidu de fonte du minerai de fer qui ressemble à un caillou de pâte de verre bleuté. Posé en poudre mélangée à de l’eau sur la pièce de grès et cuit au-delà de 1250° il fond et forme une glaçure qui varie du brun au noir. Il peut également être mélangé à du plomb pour fondre à plus basse température et devient alors un peu jaune27.

    42Les éléments de datation sont minces mais un certain nombre de comparaisons peut être établi avec le Bois Bardelet, même si le mobilier comporte moins de pièces émaillées décorées. Le corpus céramique issu de ces structures est très important. De nombreuses formes archéologiquement complètes permettent d’élaborer une typologie solide sur laquelle s’appuyer pour l’étude des céramiques du Bois Bardelet où les formes sont assez incomplètes. Ainsi, des fiches comparatives des formes provenant des deux sites ont été créées et seront complétées par la suite avec les formes du XVIIe siècle (fig. 17).

    Fig. 17 : Fiche de comparaison des formes fermées entre le Bois Bardelet et l’Étang Malade. Les pichets à bord en bandeau

    © DAO : V. DUREY, 2024

    43On recense différents types de pichets, des coquemars, des pots à col court, des saloirs, des cruches à bec tubulaire ou à bec ponté, des cruches à anse panier avec un petit bec tubulaire appelé « brechet » ou « berchet », des albarelles décorées à la molette et une grande variété de gourdes dont beaucoup sont décorées et estampées (fig. 18). Les formes ouvertes sont surtout des assiettes et plats à marli souvent décorés à la molette, des plats creux, des jattes et quelques formes de grande taille de type cuviers. Des formes spécifiques de type biberons, chapiteaux d’alambics, épis de faîtage et carreaux de poêle sont également présents sur ces sites.

    Fig. 18 : Fiche de comparaison des formes fermées entre le Bois Bardelet et l’Étang Malade. Les cruches à bec tubulaire

    © DAO : V. DUREY, 2024

    5. Les ateliers du XVIIe siècle

    44Au XVIIe siècle, le volume de production explose. Trente-trois ateliers sont répertoriés, répartis sur onze communes (fig. 19). La majorité des données provient des archives consultées par Marcel Poulet28. Il s’agit essentiellement de mentions de potiers ou de familles potières. Nous les trouvons sur les communes d’Arquian, Bitry, Dampierre-sous-Bouhy, Mézilles, Moutiers-en-Puisaye, Ronchères, Saint-Amand-en-Puisaye, Saint-Fargeau, Saint-Sauveur-en-Puisaye, Saint-Vérain et Treigny.

    Fig. 19 : Carte de situation des ateliers au XVIIe siècle

    © Données UB-ARTEHIS, BRGM, IGN – DAO : M. BIZRI 2024

    45Deux ateliers ont été fouillés. Le site des Bardollats à Saint-Sauveur-en-Puisaye29, découvert par prospection par Alice et Antoine De Vinck sur le lieu-dit « La Poterie » du cadastre napoléonien. Le site fut fouillé par Marcel Poulet en 1976 et 1977. Un grand fossé et un four, comblés par des tessonnières, ont été mis en évidence. Une partie du mobilier a été déposée au musée du grès de Saint-Amand-en-Puisaye.

    46Également le site du Grand Talon à Saint-Fargeau qui a fait l’objet d’un diagnostic en 1996 car le lieu avait été choisi par Michel Guyot pour implanter la construction d’un château qui finalement sera construit à Guédelon sur la commune de Treigny. Mais le rapport de fouille et le mobilier n’ont pas été retrouvés. D’après Marcel Poulet, qui a vu le mobilier, la typologie des pièces renvoie aux XVIIe-XVIIIe siècles30.

    47Trois autres sites ont été repérés par prospection, Le Bois Baulard à Dampierre-sous-Bouhy31, La Trancherie à Saint-Fargeau32 et le moulin de Jendin à Moutiers-en-Puisaye33. Des travaux sont en cours sur les céramiques issues de ces prospections, actuellement conservées dans des collections privées (fig. 20).

    Fig. 20 : Saint-Fargeau. La Trancherie. Mobilier provenant de prospection. Coll privée

    © DAO : V. DUREY, 2024

    48On peut rajouter le site d’Argenoux sur Arquian où a été découverte fortuitement une chevrette du XVIIe siècle en dégourdi, attestant la présence d’un atelier de production, confirmé par des données d’archives34 (fig. 21).

    Fig. 21 : Chevrette découverte à Argenoux. Coll privée

    © DAO : V. DUREY, 2024

    49Sur ces productions du XVIIe siècle, tout reste à faire. Le travail le plus conséquent consistera à reprendre l’étude du site fouillé des Bardollats pour compléter les données typologiques.

    6. Conclusion

    50Aucune réponse certaine concernant la date de l’apparition des grès en Puisaye ne peut être avancée pour le moment. La présence de productions plus anciennes non grésées, dans des ateliers utilisant des fours couchés de grande taille montre une connaissance élaborée des techniques de production potière (fig. 22) depuis le bas Moyen Âge. En outre, la production de grès des ateliers du XVIe siècle apparaît comme une production complètement maîtrisée avec une parfaite connaissance technique des argiles grésantes locales.

    Fig. 22 : Comparaison des différents fours longitudinaux

    © DAO : V. DUREY, 2024

    51Ce bilan permet néanmoins de donner un aperçu de l’étendue des recherches qui restent à mener sur le sujet du grès en Puisaye. Le PCR initié en 2017 sur la Bourgogne est terminé, avec une publication envisagée en 2025-202635. La poursuite des recherches, centrées sur la Puisaye, est en cours de réflexion. Il conviendrait de continuer les travaux sur les collections anciennes et de développer le sujet des argiles en poursuivant les caractérisations physico-chimiques et pétrographiques des différents sites de productions, à travers les analyses de tessons et aussi des prélèvements d’argiles sur sites.

    52De nombreux sites sont encore à explorer ou à découvrir. La Puisaye demeure une région rurale peu développée, les travaux d’urbanisme y sont rares et de faible ampleur, ne permettant pas la mise en œuvre d’opérations au titre de l’archéologie préventive. La ville de Saint-Amand en Puisaye où se trouvent peut-être les origines de cette production reste et restera encore longtemps exempte de données sur ces périodes car les premiers ateliers ont sans doute été absorbés par l’activité potière plus récente. Au XVIIIe siècle, dans le faubourg des potiers, cette activité prend une telle envergure que les anciens ateliers sont soit totalement détruits soit enterrés sous d’épaisses couches de tessons. Il faudrait des travaux d’ampleur que rien ne justifie actuellement pour retrouver les traces de ces productions.

    Bibliographie

    Bocquet-Liénard, Dupré 2022 : Anne Bocquet-Liénard, Juliette Dupré, « Travaux d’analyses dans la cadre du PCR », dans collectif, La céramique médiévale et moderne (XIIe-XVIIe siècles) en Bourgogne : production, consommation, diffusion. Projet collectif de recherches bilan 2022, rapport non publié, p. 38-54.

    Bouthier 1975 : Alain Bouthier, « L’officine de poterie médiévale des « Poteries » à Tracy-sur-Loire », Les Annales du pays Nivernais, n° 10-11, 1975, p. 37-42.

    Clément 1991 : René Clément, « Les grès bleus de Puisaye. Origine, histoire et techniques », Bulletin de la Société des sciences historiques et naturelles de l’Yonne, Auxerre, vol. 123, 1991, p. 143-165.

    De Vinck 1989 : Alice de Vinck, Fouille de sauvetage des Poteries d’en Bas, Treigny, Yonne, rapport de fouille déposé au SRA - DRAC Bourgogne Franche-Comté, 1989, 20 p.

    De Vinck 1991 : Aude de Vinck, Fouille de sauvetage des Poteries d’en Bas, Treigny (Yonne), rapport de fouille déposé au SRA – DRAC Bourgogne-Franche-Comté, 1991, 18 p.

    De Vinck 1999 : Alice de Vinck, « Etude d’un site potier dans la Puisaye nivernaise (XVIe siècle) », Bulletin de la Société des Sciences Historiques et Naturelles de l’Yonne, n° 131, 1999, p. 299-309.

    De Vinck 2001 : Alice De Vinck, « Potiers et verriers de Puisaye au XVIe et XVIIe siècles. Une histoire des glaçures », Bulletin de la société des sciences historiques et naturelles de l’Yonne, Auxerre, Tome 133, 2001, p. 401-424.

    De Vinck 2014 : Alice De Vinck, Production et commerce des poteries de Puisaye sous l’ancien régime, Ateliers potiers, marchands sur le port et négociants hollandais en Val de Loire, Société des sciences historiques et naturelles de l’Yonne, Auxerre, 2014, 259 p.

    Genevey 2022 : Agnès Genevey, « Rapport d’analyses archéomagnétiques de deux lots de fragments de céramiques mis au jour à Tracy-sur-Loire (58) », dans collectif, La céramique médiévale et moderne (XIIe-XVIIe siècles) en Bourgogne : production, consommation, diffusion. Projet collectif de recherches 2018-2021, rapport non publié, p. 91-96.

    Mallet 1961 : Paul Mallet, « Du bleu de Saint-Vérain », Cahiers de la céramique, du verre et des arts du feu, n° 21, 1961, p. 31-39.

    Mercier 2013 : Jérôme Mercier (avec la collaboration de Stéphane Büttner et Sylvain Aumard), « À l’ombre des remparts : 1 600 ans d’évolution urbaine à Auxerre. La fouille de la place des Véens », Bulletin du centre d’études médiévales d’Auxerre | BUCEMA [En ligne], 17.1 | 2013, mis en ligne le 18 juin 2013, consulté le 15 octobre 2024. URL : http://journals.openedition.org/cem/13131 ; DOI : https://doi.org/10.4000/cem.13131

    Poulet 1998 : Marcel Poulet, « Une vaisselle oubliée… Les bleus de Puisaye à la table des hauts et puissants seigneurs du XVIe siècle d’après les documents archéologiques », Les Cahiers du Grès de Puisaye, n° 1, 1998.

    Poulet 2000 : Marcel Poulet, Poteries et potiers de Puisaye et du Val de Loire. XVIe-XXe siècles, Merry-La-Vallée, 2000.

    Poulet 2015 : Marcel Poulet, Les grès bleus de Puisaye XVIe, XVIIe, XVIIIe siècle – Origines, production, évolution, Les Cahiers du Grès de Puisaye, n° 5, 2015, 112 p.

    Rigault 2024 : Clément Rigault, « L’artisanat potier de grès et son implantation dans le Cher (XVIIe - milieu XIXe siècle) : l’apport de la documentation écrite », dans Revue archéologique du centre de la France, tome 63, 2024, mis en ligne le 3 avril 2024. https://journals.openedition.org/racf/6634.

    Notes de bas de page

    1Le Projet Collectif de Recherches a fait l’objet de cinq rapports d’opérations (2018 à 2023) déposés au Service régional de l’archéologie de Bourgogne-Franche-Comté.

    2De Vinck 2014.

    3Analyses effectuées par le laboratoire du Craham. Bocquet-Liénard, Dupré 2022, p. 38-54.

    4Rigault 2024.

    5Jean Carriès (1855-1894), sculpteur et céramiste, a contribué au renouveau de la céramique en Puisaye.

    6Mallet 1961.

    7Poulet 2000.

    8Poulet 1998 et Poulet 2015.

    9De Vinck 2001.

    10Notamment à travers le dépouillement de ces sources érudites, versées dans une base de données, travaux menés par Alix Badel et Mathias Boudot.

    11De Vinck 1989, De Vinck 1991.

    12Bouthier 1975.

    13Mercier 2013.

    14L’analyse fine des affleurements et de leur signature chimique est une piste de recherche privilégiée pour l’étude de ces productions.

    15Guédelon est un chantier scientifique, historique, pédagogique, situé au cœur de la Puisaye, où une quarantaine d’œuvriers construisent depuis le début des années 1995-2000 un château fort selon les techniques et avec les matériaux utilisés au Moyen Âge.

    16De Vinck 1989.

    17De Vinck 1991.

    18Analyses effectuées sous la direction d’Agnès Genevey, Laboratoire d’archéologie moléculaire et structurale (LAMS), UMR 8220 – CNRS, faculté des sciences de Sorbonne Université.

    19Bouthier 1975.

    20Genevey 2022, p. 91-96.

    21Mercier 2013.

    22Clément 1991. Poulet 2015.

    23Dans un four longitudinal ou four couché, du fait que la flamme traverse le four dans sa longueur, la température n’est pas homogène et on peut avoir une différence de 100° à 150° entre l’avant et l’arrière du four.

    24Le dégourdi est une pièce cuite à basse température vers 950°, pour être ensuite émaillée et recuite à haute température. La terre est encore poreuse à cette température ce qui facilite la pose de l’émail.

    25L’émaillage est plus compliqué dans ce cas, mais n’est pas impossible.

    26De Vinck 1999.

    27Cet émail deviendra le principal utilisé par la suite, les sites de ferriers gallo-romains et médiévaux pouvant approvisionner les potiers en laitier étant très nombreux et importants en Puisaye.

    28Voir le travail de recherches sur les familles potières de Puisaye dans le livre de Marcel Poulet 2000.

    29Des poteries sont citées en 1661 et 1663 puis jusqu’à la fin du XVIIIe s, Poulet 2000, p. 148-150.

    30Marcel Poulet 2015, p. 91.

    31Une famille de potiers est présente entre 1660 et 1680, Poulet 2000, p. 77.

    32Un potier est cité en 1650, Poulet 2000, p. 145.

    33Une poterie est citée en 1680/1690, en activité jusqu’en 1735, Poulet 2000, p. 93.

    34Un unique potier mentionné en 1684, Edme Laurent (Poulet 2000, p. 134). C’est peut-être le même Edme Laurent dont on retrouve la signature de 1655 sur l’épi de faîtage qui était sur l’église de Saint-Vérain.

    35Publication prévue dans la Revue Archéologique de l’Est.

    Auteurs

    • Véronique Durey

      Indépendante, céramologue-potière, La poterie des grands bois, La Chapelle-Saint-André, UMR 6298 ARTEHIS

      veronique.durey@orange.fr

    • Marie-Christine Lacroix

      Ingénieure d’études, Service régional de l’Archéologie de Bourgogne-Franche-Comté, UMR 6298 ARTEHIS

      marie-christine.lacroix@culture.gouv.fr

    • Mélinda Bizri (collaboration)

      Ingénieure d'études en archéologie, Université de Bourgogne, UMR 6298 ARTEHIS

      melinda.bizri@ube.fr

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    1Le Projet Collectif de Recherches a fait l’objet de cinq rapports d’opérations (2018 à 2023) déposés au Service régional de l’archéologie de Bourgogne-Franche-Comté.

    2De Vinck 2014.

    3Analyses effectuées par le laboratoire du Craham. Bocquet-Liénard, Dupré 2022, p. 38-54.

    4Rigault 2024.

    5Jean Carriès (1855-1894), sculpteur et céramiste, a contribué au renouveau de la céramique en Puisaye.

    6Mallet 1961.

    7Poulet 2000.

    8Poulet 1998 et Poulet 2015.

    9De Vinck 2001.

    10Notamment à travers le dépouillement de ces sources érudites, versées dans une base de données, travaux menés par Alix Badel et Mathias Boudot.

    11De Vinck 1989, De Vinck 1991.

    12Bouthier 1975.

    13Mercier 2013.

    14L’analyse fine des affleurements et de leur signature chimique est une piste de recherche privilégiée pour l’étude de ces productions.

    15Guédelon est un chantier scientifique, historique, pédagogique, situé au cœur de la Puisaye, où une quarantaine d’œuvriers construisent depuis le début des années 1995-2000 un château fort selon les techniques et avec les matériaux utilisés au Moyen Âge.

    16De Vinck 1989.

    17De Vinck 1991.

    18Analyses effectuées sous la direction d’Agnès Genevey, Laboratoire d’archéologie moléculaire et structurale (LAMS), UMR 8220 – CNRS, faculté des sciences de Sorbonne Université.

    19Bouthier 1975.

    20Genevey 2022, p. 91-96.

    21Mercier 2013.

    22Clément 1991. Poulet 2015.

    23Dans un four longitudinal ou four couché, du fait que la flamme traverse le four dans sa longueur, la température n’est pas homogène et on peut avoir une différence de 100° à 150° entre l’avant et l’arrière du four.

    24Le dégourdi est une pièce cuite à basse température vers 950°, pour être ensuite émaillée et recuite à haute température. La terre est encore poreuse à cette température ce qui facilite la pose de l’émail.

    25L’émaillage est plus compliqué dans ce cas, mais n’est pas impossible.

    26De Vinck 1999.

    27Cet émail deviendra le principal utilisé par la suite, les sites de ferriers gallo-romains et médiévaux pouvant approvisionner les potiers en laitier étant très nombreux et importants en Puisaye.

    28Voir le travail de recherches sur les familles potières de Puisaye dans le livre de Marcel Poulet 2000.

    29Des poteries sont citées en 1661 et 1663 puis jusqu’à la fin du XVIIIe s, Poulet 2000, p. 148-150.

    30Marcel Poulet 2015, p. 91.

    31Une famille de potiers est présente entre 1660 et 1680, Poulet 2000, p. 77.

    32Un potier est cité en 1650, Poulet 2000, p. 145.

    33Une poterie est citée en 1680/1690, en activité jusqu’en 1735, Poulet 2000, p. 93.

    34Un unique potier mentionné en 1684, Edme Laurent (Poulet 2000, p. 134). C’est peut-être le même Edme Laurent dont on retrouve la signature de 1655 sur l’épi de faîtage qui était sur l’église de Saint-Vérain.

    35Publication prévue dans la Revue Archéologique de l’Est.

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    Durey, V., Lacroix, M.-C., & Bizri (collaboration), M. (2025). Le grès en Puisaye. Un état de la question des origines et du développement aux XVIe et XVIIe siècles. In H. Agostini, S. Mouny, & V. Vincent (éds.), 50 nuances de grès : 600 ans de production en France et en Belgique. Villeneuve d’Ascq: Publications de l’Institut de recherches historiques du Septentrion. https://doi.org/10.4000/15jx4
    Durey, Véronique, Marie-Christine Lacroix, et Mélinda Bizri (collaboration). « Le grès en Puisaye. Un état de la question des origines et du développement aux XVIe et XVIIe siècles ». In 50 nuances de grès : 600 ans de production en France et en Belgique, édité par Hélène Agostini, Sandrine Mouny, et Vaiana Vincent. Villeneuve d’Ascq: Publications de l’Institut de recherches historiques du Septentrion, 2025. doi:10.4000/15jx4.
    Durey, Véronique, et al. « Le grès en Puisaye. Un état de la question des origines et du développement aux XVIe et XVIIe siècles ». 50 nuances de grès : 600 ans de production en France et en Belgique, édité par Hélène Agostini et al., Publications de l’Institut de recherches historiques du Septentrion, 2025, https://doi.org/10.4000/15jx4.

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    Agostini, H., Mouny, S., & Vincent, V. (éds.). (2025). 50 nuances de grès : 600 ans de production en France et en Belgique. Villeneuve d’Ascq: Publications de l’Institut de recherches historiques du Septentrion. https://doi.org/10.4000/15jxd
    Agostini, Hélène, Sandrine Mouny, et Vaiana Vincent, éd. 50 nuances de grès : 600 ans de production en France et en Belgique. Villeneuve d’Ascq: Publications de l’Institut de recherches historiques du Septentrion, 2025. doi:10.4000/15jxd.
    Agostini, Hélène, et al., éditeurs. 50 nuances de grès : 600 ans de production en France et en Belgique. Publications de l’Institut de recherches historiques du Septentrion, 2025, https://doi.org/10.4000/15jxd.
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